Passer au playerPasser au contenu principal
  • il y a 8 heures
Un épisode caniculaire "étendu, durable et intense" est en cours en France. Ce lundi 22 juin, les températures dépasseront les 40°C du Centre-Val de Loire à la Nouvelle-Aquitaine, jusqu'à Bayonne.

Catégorie

📺
TV
Transcription
00:00Il faut dire que ça fait depuis plus de 25 ans que les sciences du climat ont établi avec clarté
00:06que lorsqu'on ajoute des gaz à effet de serre dans l'atmosphère,
00:10notamment en brûlant des énergies fossiles, on a de la chaleur qui s'accumule et qu'une conséquence directe d
00:15'un climat moyen plus chaud,
00:16c'est une augmentation de la fréquence et de l'intensité des vagues de chaleur, qui est d'ailleurs disproportionnée
00:21pour les événements les plus rares et les plus chauds.
00:23Et malheureusement, c'est ce que l'on voit à nouveau. Et donc un événement comme celui-ci, bien sûr,
00:29historiquement, il est inédit, il est exceptionnel,
00:31notamment parce qu'il se produit tôt dans l'été, au tout début de l'été. Et en même temps,
00:37c'est quelque chose qui est attendu et qui avait été annoncé à mesure des connaissances des sciences du climat.
00:45Je me demande même, en fait, comment je pourrais expliquer mieux les choses pour qu'elles soient bien comprises, parce
00:51que j'ai consacré beaucoup d'efforts à cela.
00:54Et pourtant, j'ai l'impression qu'à chaque fois qu'il y a un épisode chaud exceptionnel, on gère
00:59la crise en improvisant.
01:01Et puis, une fois que c'est passé, eh bien, on retarde les réflexions structurantes qui sont nécessaires et qui
01:07seront nécessaires, notamment pour protéger les personnes les plus fragiles.
01:11– Madame Masson-Delmotte, enfin, votre voix est très importante. Je vais aussi rappeler que vous avez co-présidé le
01:16groupe numéro 1 du GIEC.
01:18Et c'est vrai que pendant des années et des années, la voix de spécialiste comme la vôtre, eh bien,
01:25elle n'a pas été entendue.
01:27Est-ce que vous diriez, madame, que nous sommes confrontés, toutes et tous, pour la première fois, à un épisode
01:34climatique inédit ou pas ?
01:38– Non. On a fait l'expérience d'événements exceptionnels, répétés.
01:44Je pense, par exemple, à la canicule de 2003, mais aussi à celle de 2019,
01:49qui avait d'ailleurs fait atteindre le niveau record qui était mentionné tout à l'heure.
01:542022, vous vous souvenez de l'été 2022, vagues de chaleur, sécheresse et conditions propices aux incendies.
01:592025, une surmortalité de 5 700 personnes avec deux vagues de chaleur au cœur de l'été.
02:05Le brevet des collèges avait déjà été décalé en 2019.
02:08Et à nouveau, cela touche le temps du travail, le temps de l'activité scolaire cette année.
02:16Moi, je pense en fait que la réalité, elle est très claire.
02:19La France est dotée d'un trajectoire de référence pour l'adaptation au changement climatique.
02:24Si le réchauffement planétaire atteint 2 degrés vers 2050, en France, Hexagone et Corse,
02:31on aura cinq fois plus de jours de vagues de chaleur, plus fréquents, plus intenses, sur une saison plus longue.
02:37Les faits, ils sont très clairs et ils sont là.
02:39– Vous dites que la canicule, c'est une affaire politique, Valérie Masson-Dalmotte ?
02:43– Je dis qu'en fait, on a un manque de délibération collective démocratique
02:49pour bien définir quelles sont les priorités.
02:52On en a parlé tout à l'heure, il n'y a pas que la chaleur dans un climat qui
02:54se réchauffe.
02:55Il y a la chaleur, le cycle de l'eau plus intense, plus variable,
02:59avec une augmentation à la fois des épisodes secs qui s'aggravent lorsqu'il fait chaud
03:03et puis des épisodes de pluie intense, y compris lors des orages et le reste.
03:08Et par rapport aux priorités, par exemple par rapport à la chaleur,
03:11il y a bien sûr le droit à l'ombre, à la ventilation, à la fraîcheur,
03:15qui sont des points essentiels pour le confort, pour pouvoir travailler,
03:19se reposer, se soigner, étudier correctement.
03:22Mais aujourd'hui, en fait, on n'a pas eu un débat approfondi, collectif,
03:27ne serait-ce qu'à l'Assemblée nationale et au Sénat.
03:29On n'a pas un cadre clair de financement dans la durée.
03:32Même après la dernière vague de chaleur, l'épisode chaud du mois de mai,
03:36le budget du fonds vert a été coupé à nouveau.
03:39– Donc on paye aujourd'hui en quelque sorte ce que nous avons refusé de voir
03:43ou l'ampleur des décisions qu'il aurait fallu prendre depuis des décennies en fait.
03:48– Il faut bien comprendre que plus le climat change,
03:52plus on va avoir une augmentation de l'intensité d'événements.
03:56Et quand on voit qu'on arrive dans une plage comme maintenant,
03:58à 38, 40 degrés ou davantage, c'est dangereux.
04:02C'est dangereux pour les activités humaines,
04:05même pour des personnes jeunes et en bonne santé.
04:07C'est dangereux pour les écosystèmes, pour les cultures,
04:10pour les forêts, pour la végétation.
04:13Et l'enjeu c'est de comprendre qu'on a tout intérêt à limiter le réchauffement
04:17à un niveau bas d'une part, en réduisant massivement les émissions de gaz à effet de serre
04:21et d'autre part que le changement climatique et y faire face,
04:25ça demande en fait des investissements, ça a un coût.
04:28Mais ce coût de la prévention, il sera moins important
04:31que le coût des dommages ou des perturbations
04:33si on ne fait que gérer crise après crise.
04:36Merci d'avoir regardé cette vidéo !
Commentaires

Recommandations