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  • il y a 2 jours
Elle n'avait jamais fait de politique avant 2017. Elle a ensuite gravi les échelons en quelques années: députée, présidente de commission, ministre... Mais Charlotte Parmentier-Lecocq a choisi de redevenir députée. Elle siège au groupe Horizons à l'Assemblée.

Pourquoi s'engage-t-on en politique ? Comment tombe-t-on dans le grand chaudron de l'Assemblée ?
Clément Méric, dans un entretien en tête à tête de 13 minutes, interroge un parlementaire sur les personnalités, les évènements - historiques ou personnels - qui l'ont conduit à choisir la vie publique.
Car on ne naît pas politique, on le devient !

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Transcription
00:00Elle a gravi les échelons de la politique en marche accélérée depuis 2017.
00:05Députée, présidente de commission puis ministre,
00:08elle a finalement choisi de redevenir députée
00:10et de siéger au sein du groupe Horizon à l'Assemblée.
00:27Bonjour Charlotte Parmentier-Lecoq.
00:29Bonjour.
00:30Alors vous avez été ministre chargée des personnes en situation de handicap
00:34pendant près d'un an et demi.
00:35Vous avez été nommée en septembre 2024.
00:37Mais on va voir que votre nomination s'est faite dans des conditions un peu particulières.
00:41On va revoir cela en image.
00:42Oui.
00:44Elle n'était pas à la table du premier conseil des ministres lundi dernier.
00:48En revanche, Charlotte Parmentier-Lecoq était hier sur la photo de famille du gouvernement Barnier
00:53dans les jardins de Matignon.
00:55Entre les deux images,
00:56cinq jours, c'est le temps qu'il aura fallu au Premier ministre
01:00pour trouver sa ministre déléguée au handicap.
01:03Une nomination sous la pression des associations pour les personnes en situation de handicap.
01:09satisfaites ce matin, mais vigilantes.
01:11C'est un peu comme si vous aviez été nommée ministre au rattrapage.
01:15Qu'est-ce qui s'est passé ?
01:16Ils avaient oublié les personnes en situation de handicap ?
01:19Non, ce n'était pas du tout oublié parce qu'il y avait bien un ministre de tutelle en charge
01:24du handicap
01:25parmi d'autres portefeuilles.
01:29Mais les associations en particulier étaient attachées à avoir un ministre dédié.
01:35Comme ça avait été le cas, et comme ça avait été le cas notamment sous Edouard Philippe avec Sophie Cluzel
01:40qui était rattachée à Matignon et tout au long du premier quinquennat
01:45a été vraiment ministre dédié aux personnes en situation de handicap.
01:51Alors comment est-ce que vous avez vécu cette annonce ?
01:52Parce qu'en général, quand on est sur la liste des ministrables,
01:55on sait le moment où va être nommé le nouveau gouvernement,
01:59on regarde son téléphone en attendant le coup de fil qui vient, qui ne vient pas.
02:02Là, le gouvernement avait été nommé, vous n'aviez pas été appelé et finalement, si.
02:07Alors comment ça s'est passé ?
02:08Oui, et puis c'est Edouard Philippe qui a fait cette proposition à Michel Barnier
02:13et au président de la République suite aux remontées des associations
02:17qui attendaient une ministre ou un ministre en charge du handicap.
02:21Et ensuite, j'ai eu le lendemain Michel Barnier au téléphone
02:25qui m'a confirmé cette proposition de nomination.
02:31Et ensuite, il y a eu 48 heures à peu près
02:34durant lesquelles j'attendais l'officialisation
02:37qui devait arriver dans les heures suivantes
02:39et qui n'est pas arrivé tout de suite, qui a encore duré 3-4 jours.
02:42Et là, c'était quand même quelques jours très difficiles
02:45parce que vous savez, en fait, il y avait eu tellement d'écho aussi
02:49d'autres collègues députés à qui on avait parfois dit
02:52« tu vas être nommé » et parfois même dans l'heure qui précédait l'annonce
02:58sur les marches du palais de l'Elysée.
03:00Et l'arbitrage des dernières minutes fait que parfois ça...
03:02Et vous savez que, en fait, tant que votre nom n'est pas officialisé,
03:06tout peut changer à la dernière minute.
03:08Alors, qu'est-ce qui est le plus dur ?
03:10Quand on a été député, je crois que c'est pendant 7 ans,
03:12pour vous, au moment où vous êtes nommé,
03:14et qu'on devient ministre, c'est quoi le plus dur ?
03:17Alors, pour moi, ce qui était un peu compliqué,
03:21c'est qu'il n'y avait pas de bureau, il n'y avait pas d'équipe,
03:25il n'y avait personne, en fait,
03:27puisque il n'y avait pas eu vraiment de passage à son relais
03:30et de continuité.
03:32Donc, il a fallu, dans une salle de réunion pendant 15 jours,
03:36monter un petit peu toute l'équipe, prendre les rênes.
03:39Mais je dois dire que mon expérience de députée
03:43et surtout de présidente de la Commission des Affaires Sociales,
03:46faisait que j'étais quand même très prête,
03:48parce que je connaissais parfaitement les rouages,
03:49les politiques, je ne connaissais pas tous les acteurs,
03:53mais je connaissais déjà certains acteurs,
03:54donc j'avais quand même une bonne formation.
03:57Votre nomination s'est faite quelques jours
03:59après avoir changé de parti, vous avez cité Edouard Philippe.
04:01Vous avez rejoint son groupe, le groupe Horizon,
04:04quelques jours avant de rentrer au gouvernement.
04:06Déjà, pourquoi ce changement ?
04:08Parce que vous étiez au sein du groupe Ensemble pour la République,
04:10donc macroniste.
04:12Je reste très attachée et loyale au président de la République,
04:17mais disons que, lors de la dissolution,
04:22il y a eu une position très claire d'Edouard Philippe
04:25de construire cette majorité allant de la gauche modérée
04:31jusqu'à la droite républicaine.
04:35Et moi, j'étais vraiment convaincue que c'était la bonne voie.
04:38Edouard Philippe est venu me soutenir aussi dans ma circonscription.
04:41Il a été très clair sur ni à Rennes ni à la fille.
04:45Donc, le post-dissolution faisait que, pour moi,
04:48on avait quand même fait un peu table rase, on va dire,
04:53d'une certaine époque, et que là, on se projetait
04:55vers une nouvelle époque.
04:56Et donc, là, j'ai voulu le suivre à ce moment-là.
04:58Alors, on a parlé des conditions de votre nomination au gouvernement.
05:00On va parler aussi des conditions de votre départ,
05:02parce que là aussi, c'était un peu particulier.
05:05Vous n'avez pas été écartée lors d'un remaniement.
05:07C'est vous qui avez décidé de quitter le gouvernement.
05:09Pourquoi ?
05:10Alors, en fait, c'est l'application de la loi de non-cumul des mandats,
05:15qui se fait de façon un petit peu inversée,
05:17puisque mon suppléant, et donc qui était député,
05:23puisque moi, j'étais ministre,
05:25avait prévu d'être candidat aux élections municipales,
05:31et d'une commune très importante dans ma circonscription.
05:37Et en devenant maire,
05:38il ne pouvait pas cumuler avec la fonction de député.
05:41Et donc, moi, je me posais la question
05:42de est-ce que je revenais à l'Assemblée en tant que député,
05:47à ce moment-là, et donc je quittais le gouvernement.
05:48Pour éviter une élection législative partielle.
05:51Ou est-ce que je partais dans une élection législative partielle.
05:55Et il y a plusieurs choses, en fait,
05:56qui sont rentrées en ligne de compte.
06:01D'abord, moi, je ne souhaitais pas d'élection partielle,
06:03parce que je trouvais qu'il y en a eu une,
06:07quand même, en 2022, d'élection législative.
06:10On en a eu une nouvelle en 2024.
06:11Nous en aurons une en 2027, ça ne fait aucun doute.
06:15Et donc, de redemander une encore en 2026,
06:18je trouve qu'il y a un moment,
06:19ça essouffle un peu aussi la démocratie.
06:22Donc, ça ne me semblait pas pertinent.
06:27C'est quand même un peu surprenant
06:28de renoncer à un portefeuille ministériel
06:31pour redevenir député, d'autant que, en 2024,
06:34vous avez été réélu confortablement
06:36avec plus de 60% des voix.
06:37Donc, cette législative partielle,
06:40il y avait quand même de fortes chances
06:41que vous la remportiez.
06:42Et qu'une fois réélu député,
06:45vous restiez ministre
06:46et votre nouveau suppléant siège à votre place.
06:48Il y avait cette possibilité-là.
06:50Vous comprenez que ça surprenne votre décision ?
06:52Oui. Alors, à l'inverse,
06:56j'aurais pu avoir aussi d'autres critiques.
06:58On peut dire, elle est prête à tout,
07:00elle refait une élection
07:02pour garder absolument son poste de ministre.
07:04C'est un peu ça qu'on avait dit pour d'autres
07:05qui avaient fait cette démarche inverse.
07:10Et moi, je suis très attachée aussi
07:12à ma circonscription à mon territoire.
07:15J'aime aussi la fonction de parlementaire.
07:19Et quand vous êtes parlementaire,
07:22vous avez aussi une liberté de parole,
07:23une liberté d'action.
07:25Le Premier ministre avait aussi indiqué
07:27que dans le cadre de la présidentielle,
07:29il allait demander au ministre
07:30de rester en retrait.
07:32Et moi, je considère que cette présidentielle,
07:36c'est un moment majeur
07:37pour l'avenir de notre pays.
07:39C'est un moment dans lequel
07:41j'ai envie de m'engager,
07:42sur lequel je m'engage,
07:43je veux derrière Edouard Philippe.
07:45Donc, il y avait un peu
07:46une concordance des temps.
07:47Si j'avais pu choisir exactement mon timing,
07:49j'aurais dit, écoutez,
07:50je pars en juillet-août.
07:51Mais là, il s'avère que les élections,
07:53ce n'était pas ça.
07:54En tout cas, vous avez fait ce choix.
07:55Vous êtes redevenu député.
07:57Et on va parler de votre mandat de député.
07:59Parce que vous avez été élu en 2017
08:01sans jamais avoir fait de politique avant.
08:03Enfin, sans jamais avoir été vraiment engagé
08:04en politique avant.
08:05Et alors, à l'époque,
08:06vous avez déplori qu'il n'y ait pas de formation
08:08pour les nouveaux députés.
08:09Vous avez dit, c'est comme si on vous jetait
08:10dans la piscine,
08:11puis qu'on vous disait,
08:11« Maintenant, apprends à nager ».
08:14C'est-à-dire que, député, pour vous,
08:16ça s'enseigne, ça doit s'apprendre.
08:18Il faudrait une formation ?
08:19Non, non.
08:20Je ne le déplorais pas.
08:21C'était plutôt un constat.
08:23Mais moi, j'aime bien ce genre de situation
08:25dans mon parcours professionnel.
08:28À partir du moment où j'ai atteint
08:30certains objectifs,
08:32j'ai besoin d'un nouveau projet,
08:34de me procher sur quelque chose.
08:35Vous l'avez vécu comme quelque chose
08:36de stimulant ?
08:36Oui, vraiment comme quelque chose
08:38de très stimulant.
08:39J'avais appris beaucoup de choses
08:40dans mon travail,
08:41dans ma vie professionnelle,
08:43où j'ai beaucoup travaillé
08:43auprès des associations,
08:46du secteur médico-social,
08:48des petites entreprises.
08:49Donc, j'avais la conviction
08:50qu'il y avait des choses à changer
08:52dans la loi, dans la réglementation
08:54et dans les politiques apportées.
08:57Et là, en fait,
08:57on me donnait l'opportunité de le faire.
08:59Emmanuel Macron a ouvert les portes
09:01à des novices en politique.
09:03Et donc, c'était une superbe aventure.
09:05De cette phase d'apprentissage,
09:07vous avez tiré une autre leçon,
09:08un autre enseignement
09:09sur le mandat de député.
09:10Vous avez dit,
09:11c'est comme être parent,
09:12vous l'êtes tout le temps.
09:13Lorsque vous êtes député,
09:14il n'existe plus de distinction
09:15entre la vie personnelle
09:17et la vie professionnelle.
09:18Ça aussi,
09:19vous pensez qu'il faudrait en parler
09:20aux candidats aux législatives
09:22avant qu'ils prennent la décision
09:23de se lancer là-dedans ?
09:24Oui, je pense qu'on ne mesure pas
09:25à quel point
09:26ce n'est pas un métier
09:27ou une profession.
09:30C'est véritablement une fonction.
09:32Donc, vous vous êtes attendus
09:34dans votre fonction en permanence.
09:36Y compris par le soir,
09:38si besoin,
09:38y compris les week-ends.
09:40Quand il y a des préoccupations,
09:44on a vécu le Covid,
09:46on a vécu la période
09:47des gilets jaunes,
09:49on a vécu comme ça
09:50des périodes qui étaient très fortes.
09:51Et je veux dire,
09:52dans ces moments-là,
09:53vous n'avez pas de coupure,
09:55en fait.
09:55Ce n'est pas,
09:56là, je rentre chez moi.
09:57Non, vous êtes vraiment
09:58dans votre fonction.
09:59Quand vous êtes ministre,
10:00ça prend encore
10:01un niveau encore supérieur.
10:03Votre apprentissage,
10:04il a été assez rapide
10:05parce qu'élu en 2017
10:07sans jamais avoir fait de politique.
10:082018, vous avez
10:09ces deux rapports
10:10sur la santé au travail.
10:112021, cette loi
10:12que vous faites voter,
10:13vous, en tant que député,
10:15sur la santé au travail.
10:162023, vous êtes élue
10:17présidente de commission.
10:19Vous y avez pris goût,
10:19à la politique.
10:20C'est bizarre
10:21de ne pas en avoir fait avant.
10:22Pourquoi ?
10:23Pourquoi ne pas
10:24vous êtes lancée
10:24avant 2017 ?
10:26Alors, j'ai essayé.
10:28C'est-à-dire que
10:31j'ai commencé
10:32par adhérer
10:33à certains partis,
10:34mais dans lesquels
10:35je suis restée
10:35très peu de temps.
10:36C'était
10:38les Républicains,
10:38c'est ça ?
10:39Non.
10:39C'était quoi ?
10:41Ça va vous faire rire,
10:43mais il y avait
10:43les Verts et le Modem
10:46et UDI, d'ailleurs,
10:47où j'ai adhéré.
10:48Verts, Modem, UDI,
10:49mais alors,
10:49à la primaire de la droite,
10:51vous avez voté Bruno Le Maire.
10:52Oui, c'est des partis
10:52dans lesquels j'ai adhéré,
10:53mais dans lesquels je n'ai...
10:54Vous n'êtes pas retrouvée.
10:55Je ne me suis pas du tout retrouvée
10:56parce que c'était hyper décalé.
10:58En fait, je sentais des aspérations.
11:02Chez les Verts,
11:03c'était trop à gauche
11:04de mon point de vue
11:06ou dans ce que j'entendais.
11:09Et en fait,
11:10je cherchais des aspérations,
11:12mais je ne les ai pas trouvées
11:13en politique.
11:13Et en fait,
11:14je me suis engagée plutôt
11:15dans le secteur associatif,
11:17dans l'économie sociale et solidaire,
11:18où là,
11:18j'ai trouvé finalement
11:20une voie pour militer
11:22pour des valeurs
11:23et des convictions.
11:24À travers ce qu'on appelle
11:24une cigale, c'est ça ?
11:26Alors, il y avait plusieurs choses.
11:27Il y avait l'association
11:28APES,
11:29c'était acteur
11:29pour une économie solidaire.
11:32Et aussi,
11:33à travers les cigales,
11:34qui sont des clubs
11:36de gestion d'épargne solidaire.
11:38C'est-à-dire,
11:38c'est des citoyens
11:39qui constituent une épargne.
11:40Et cette épargne,
11:42ils l'investissent
11:42dans des entreprises
11:43qui ont un projet
11:46avec une dimension
11:48sociétale,
11:50environnementale forte.
11:51C'était pour vous
11:52une façon de vous engager ?
11:53Et ça,
11:53je trouvais que c'était génial.
11:54On croisait économie
11:55avec la responsabilité sociale
11:57et environnementale.
11:59De par les cigales,
12:00où je me suis engagée,
12:01je me suis engagée aussi
12:03dans Acteur pour une économie solidaire.
12:04Et tout ça m'a emmenée
12:05beaucoup dans ce mouvement
12:07de l'économie sociale et solidaire,
12:09qui était un mouvement militant.
12:11Donc,
12:11je n'avais pas eu besoin
12:12vraiment d'aller en politique.
12:14Allez,
12:14on va conclure l'émission
12:15avec le quiz
12:16de La Politique et moi.
12:17Donc,
12:17je vais vous proposer des phrases
12:18et ce sera à vous
12:19de les compléter.
12:21Contrairement aux autres candidats
12:22à la présidentielle,
12:23Édouard Philippe ?
12:23Il est à la stature
12:25d'un homme d'État.
12:26Ce qui n'est pas le cas
12:27des autres pour vous ?
12:28Pas à son niveau.
12:30Être née à pointe à pitre
12:31et vivre dans le Nord ?
12:32J'avais mes racines
12:33des deux côtés.
12:34Je me sens hyper nordiste
12:36et ch'ti.
12:37Et je me sens aussi
12:38très proche de la Guadeloupe
12:39et des Outre-mer.
12:40Et d'ailleurs,
12:41je m'investis aussi beaucoup
12:42dans le champ des Outre-mer,
12:43dans mes actions politiques.
12:44Quand je suis avec un cheval ?
12:47Ah,
12:47je m'éclate.
12:48C'est le bonheur.
12:50Surtout quand c'est avec mon cheval.
12:51Ah,
12:51vous en avez un,
12:52d'accord.
12:52Oui,
12:52j'ai une jument
12:53que je monte très,
12:54très,
12:54très rarement,
12:55malheureusement.
12:56Merci à vous,
12:57Charlotte Parmentier-le-Cocq,
12:57d'être venue dans La Politique et moi.
12:58c'était sympa.
12:59Merci.
12:59Merci.
13:00Merci.
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