00:00Une canicule particulièrement difficile, on l'a dit, sur toute la France, mais aussi forcément dans les grandes agglomérations, dont
00:07Paris.
00:08On vous retrouve, monsieur le maire de Paris, Emmanuel Grégoire, merci d'être en direct avec nous.
00:12Vous êtes sur les bords du canal Saint-Martin. On vient d'apprendre à l'instant que c'est la
00:17moitié de la France qui allait être en rouge demain.
00:20C'est historique, c'est un épisode d'une dureté exceptionnelle. Est-ce que vous êtes inquiet pour les Parisiens
00:25?
00:28On est inquiet, on est surtout très vigilants. Notre rôle, c'est d'être vigilants et de mobiliser tout le
00:32monde pour faire en sorte, évidemment, de prévenir.
00:34Et puis, quand il y a des problèmes, de les gérer. On a beaucoup travaillé avec la préfecture de police,
00:39avec les services de santé, avec les pompiers.
00:42Et puis, on a pu anticiper certaines mesures qui permettent un peu de soulager. C'est d'abord l'accès
00:48à la baignade où je me trouve, où je suis venu voir si ça se passait bien.
00:50C'est des centaines de mètres du canal qui sont ouverts à la baignade en anticipation.
00:56Et je voudrais en profiter pour annoncer que dès demain, grâce au ministre des Transports que je tiens à remercier,
01:01nous étendrons les horaires de baignade autorisés de 15h à 21h.
01:06On est face à une vague de chaleur, vous l'avez dit, inédite, auquel il va falloir se préparer pour
01:12l'avenir.
01:12Chaque fois, on s'améliore. Mais je crois que ce que ça souligne vraiment, c'est d'abord le sujet
01:18de l'isolement et des personnes vulnérables.
01:19Et deuxièmement, de la nécessaire adaptation des logements. Il faut pouvoir accélérer la rénovation thermique du bâti.
01:26C'est là qui est sans doute le moment critique où les gens ne peuvent pas être protégés chez eux.
01:30Alors, en ce qui concerne la baignade, on le voit derrière vous, ça va faire du bien à tout le
01:34monde.
01:35Mais c'est noir de monde. En 24h, il y a eu 4 adolescents qui sont morts en France, qui
01:39se sont noyés.
01:40Et quelles mesures de sécurité sont prises ?
01:45D'abord, la première des mesures, c'est la précaution.
01:48Donc, il faut que les parents nous aident un peu à encadrer les enfants.
01:52On a des maîtres nageurs-sauveteurs. Il faut aussi essayer de suivre les consignes.
01:56On n'a heureusement pas eu d'accident grave à Paris.
01:58Mais lors des sauts de passerelle, il y a parfois des enfants qui se blessent.
02:01On se réceptionne mal dans l'eau. Je sais que c'est très sympa.
02:04Mais ce n'est pas pour rien qu'on l'interdit.
02:07C'est difficile, quand on a la chaleur, de raisonner les enfants.
02:11Mais on doit essayer de faire attention.
02:13Et moi, j'ai été élevé à la campagne, en charge maritime, que j'évoquais à l'instant.
02:18Je me suis baigné dans des conditions pas tout à fait de sécurité.
02:21Je sais ce que c'est. Mais voilà, c'est les appels à la prudence.
02:24Et je crois surtout à la surveillance croisée.
02:27C'est quand même la meilleure des choses.
02:28C'est la prévention et la capacité à intervenir rapidement s'il se passe quelque chose.
02:32Alors, vous faites partie des maires qui ont préféré maintenir la fête de la musique et l'encadrer plutôt que
02:36de l'annuler.
02:38Est-ce qu'au vu des températures et du monde, vous êtes inquiet ou vous vous dites que ça va
02:42tenir et que le dispositif est suffisant ?
02:46Alors, non, je suis inquiet.
02:47D'abord, à Paris, ce n'est pas le maire de Paris qui décide de cela.
02:50C'est le préfet de police qui est seul compétent.
02:53Mais moi, je soutiens la décision du préfet de police.
02:55On en a parlé ensemble avec le ministre de l'Intérieur et avec le préfet de police.
02:58Et plutôt que de se retrouver avec une fête de la musique pirate qui, de toute façon, aurait eu lieu
03:04parce que, notamment, on a de très nombreux visiteurs étrangers qui sont venus.
03:08On a préféré maintenir les choses et prendre un certain nombre de dispositions.
03:13C'est le préfet de police qui les a pris.
03:14Mais je le dis, je le soutiens.
03:16C'est l'arrêté d'interdiction de consommation d'alcool dans l'espace public.
03:19Il est strictement interdit de boire dans la rue.
03:21C'est vraiment réservé aux hôtels, aux bars, aux restaurants et chez soi.
03:26Tout simplement, non pas pour être ennuyeux, mais parce que le cocktail, chaleur, beaucoup de monde et fête de la
03:33musique et alcool, c'est un peu trop explosif.
03:35Donc, c'est des mesures de précaution, de prévention.
03:37On ne veut pas empêcher la fête de se dérouler, mais on veut qu'elle se fasse dans des bonnes
03:40conditions.
03:41Je vais juste après aller visiter le centre de crise qui appelle les personnes âgées isolées.
03:46Nous aurons après la visite des PC de sécurité de la police municipale.
03:51Nous irons ensuite dans les services de secours au centre de régulation du SAMU avec la ministre de la Santé.
03:57Bref, je vous assure qu'on est tous sur le pont, mais aidez-nous à vous aider.
04:00Alors, tous sur le pont, on l'a entendu.
04:01On a entendu aussi l'interdiction de la consommation d'alcool sur la voie publique.
04:05Vous n'avez pas l'impression que c'est un vœu pieux et que les forces de l'ordre auront
04:08du mal à faire respecter ça ce soir dans Paris ?
04:12Alors, le principe de la norme et de la loi, c'est que c'est un vœu pieux qu'on
04:15espère que les gens respectent.
04:17Il y en a toujours qui ne le respectent pas, mais c'est quand même mieux de mettre des règles
04:20et au moins de conseils, de pédagogie.
04:23Après, on ne va pas... La police nationale n'a pas que ça à faire ce soir de courir après
04:27tous ceux qui vont boire.
04:28Mais c'est une interdiction qui est une interdiction de pédagogie.
04:32C'est comprendre qu'on ne doit pas s'enivrer sur l'espace public quand il fait 40.
04:35Pourquoi ? Parce que je rappelle que dans tous les grands événements qu'on a eus ces dernières semaines,
04:39les morts qu'on a eus, ce sont des personnes alcoolisées qui sont tombées à l'eau,
04:43qui ont fait des arrêts cardio-respiratoires.
04:45Et donc, c'est vraiment un facteur de risque.
04:47Et même quand on est quelqu'un de bien portant, même quand on pense résister à l'alcool et tout
04:50ça,
04:51quand on est sous et qu'on tombe dans l'eau, on peut se noyer, on peut mourir.
04:54Quand on est sous et qu'on est sur des chaleurs pareilles, on peut se déshydrater à une vitesse folle.
04:58Bref, je sais bien que tout ça, ça a l'air d'être un peu des paroles de prophètes de
05:03malheur.
05:04Mais la réalité, c'est que nous, on est confrontés à des vies brisées qui sont liées à ces phénomènes
05:08-là.
05:08Notre travail, c'est de le réguler.
05:10Un dernier mot, Emmanuel Grégoire.
05:12Les personnes en grande précarité, les sans-abri ou les personnes qui dorment dans leur voiture,
05:16ce sont les premières victimes des très fortes chaleurs.
05:18Est-ce que la ville de Paris ouvre des endroits aérés où elles peuvent se reposer ?
05:26Alors oui, d'abord, elles peuvent aller dans tous les réseaux des salles réfrigérées de la ville de Paris.
05:30On en a habituellement, mais on en a ouvert en complément.
05:34Je rappelle que dans le cadre du déclenchement du niveau rouge canicule,
05:37il y a des dispositifs d'ouverture supplémentaires.
05:40Mais c'est vrai qu'il y a trop de gens à la rue qui souffrent.
05:42Donc on a les maraudes sociales.
05:44Les maraudes de nuit ont été étendues jusqu'à minuit.
05:46On distribue de façon massive des gourdes d'eau.
05:50Il y a évidemment le lien avec les services de secours.
05:52Je vous le dis, on est vraiment tous sur le pont.
05:54On essaye de faire au mieux.
05:56Mais la question des personnes vulnérables, elle est critique en période de canicule.
05:59C'est d'abord les enfants.
06:01C'est ensuite les personnes âgées en particulier isolées.
06:03Et enfin les personnes qui sont à la rue et qui souffrent terriblement.