00:00Je voulais parler de ton papa. Ton papa était tailleur, il avait travaillé pour Guy Laroche,
00:05il avait fait les costumes d'Alain Delon pour Borsalino, c'était une très grande fierté.
00:11Et quand tu as rencontré Delon pour la première fois, tu lui as raconté ?
00:14Je lui ai dit, en fait, je savais que mon père ne me mentait pas, mais j'avais un petit
00:18doute quand même,
00:19parce que moi j'avais jamais vu Delon. Il y avait sa petite photo au-dessus de la table où
00:23il coupait,
00:24il repassait, il y a la machine à coudre, tout ça.
00:27Et je lui ai dit, bon, je vais le dire à Delon, mais Delon ne s'en souviendra pas.
00:30Et on était à la Sorbonne, je me souviens, c'était une entrée de conf de presse d'une saison
00:35où je devais parler de la Starac ou un truc.
00:38Et je lui ai dit, bon, mon père dit qu'il vous est habillé.
00:40Il me dit, ah bon, c'est qui ton père ? Il m'a habillé quand ?
00:43Ben, je suis dans Borsalino. Ah bon, attends, il s'appelle comment ?
00:47Andréas, c'est un grec. Ah, le grec, oui, appelle-le.
00:51Et j'appelle mon père.
00:53Et j'ai dit, ben, baba, je suis avec Alain Delon, t'es anglais.
00:58Il me dit, arrête, t'es connerie, il me dit, je vais te le passer.
01:01Non, non, je passe Delon.
01:03Et quand il me rend le téléphone, Delon, il a les larmes aux yeux.
01:05Mais oui.
01:06Mon père ne m'avait jamais menti.
01:10Et Delon avait une très, très grande mémoire.
01:13Alors.