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  • il y a 2 jours
Un déjeuner partagé avec le député écologiste des Yvelines Benjamin Lucas-Lundy pour parler des poulaillers géants. Pour produire plus de poulets et d'oeufs, le gouvernement veut 2200 poulaillers supplémentaires d'ici 2035, mais les projets d'installations font parfois des mécontents. Comment atteindre la souveraineté alimentaire alors que certains rejettent l'agrandissement de ces méga poulaillers.
Au programme également la sécheresse. Confrontés à des épisodes de plus en plus rudes et longs, les agriculteurs remplacent d'anciennes cultures par de nouvelles, moins gourmandes en eau et davantage résistantes à la chaleur ; voilà pourquoi la pistache et la grenade s'invitent dans nos paysages et nos vergers notamment dans le Gard ...

Elsa Mondin-Gava et Jean-Pierre Montanay partagent un repas avec une personnalité : politiques, chefs cuisiniers, artistes.... L'occasion d'aborder un thème d'actualité, autour de reportages et d'un menu élaboré avec des plats typiques de leur région, souvenirs d'enfance ou qu'ils apprécient particulièrement. Comment le contenu de nos assiettes impacte-t-il nos modes de vie ? Tout en parlant gastronomie, c'est l'avenir de notre société et les enjeux de demain qu'ils questionnent.

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Transcription
00:01Générique
00:04...
00:17Bonjour à tous et bienvenue dans Politique à table,
00:20notre restaurant sur la chaîne parlementaire.
00:23La recette est simple, des bons plats et des discussions
00:26autour de l'alimentation et de l'agriculture.
00:28Notre invité aujourd'hui, le député Benjamin-Luc Alundi.
00:32Bonjour.
00:32Bonjour.
00:33Bonjour.
00:33Et bonjour Jean-Pierre Montanet.
00:34Bonjour Elja.
00:35Alors Benjamin-Luc Alundi, vous avez grandi à Amiens avec des parents profs.
00:39Vous qualifiez votre famille de Bobo Picard.
00:42Votre engagement politique remonte à ce soir du 21 avril 2002,
00:45la qualification de Jean-Marie Le Pen au second tour.
00:48Vous manifestez ensuite contre le CPE,
00:50le contrat première embauche d'un certain Dominique de Villepin.
00:53Puis vous prenez la tête des jeunes socialistes
00:55et vous suivez enfin Benoît Hamon quand il crée son mouvement Génération.
00:59En 2022, vous entrez à l'Assemblée,
01:01élu dans la 8e circonscription des Yvelines,
01:04réélu après la dissolution.
01:06Vous êtes un des porte-parole du groupe écologiste et social ici à l'Assemblée.
01:10Vous avez ajouté à votre nom Lucas,
01:12le nom de votre compagne, lundi.
01:14Et c'est vraiment un menu Lucas lundi que vous nous proposez aujourd'hui, n'est-ce pas Jean-Pierre
01:18?
01:18Exactement Elsa, avec une ticour babine,
01:20plat traditionnel de Kabylie, ça c'est du côté de votre épouse.
01:23Et en dessert, une mousse au chocolat.
01:25Mais attention, pas n'importe laquelle Elsa, la recette de sa gros-mère.
01:29Et oui, en cuisine, les mamies font de la résistance.
01:31Dans le dessous des plats, on va s'intéresser aux Français
01:33qui consomment de plus en plus de poulets et d'œufs.
01:36Mais l'installation de poulaillers tourne parfois au conflit entre agriculteurs et riverains.
01:41Dans les pieds dans le plat cultivés traditionnellement en Iran ou encore aux Etats-Unis,
01:44la pistache résistante aux fortes chaleurs fait son retour en France,
01:47notamment dans le sud où elle remplace des cultures victimes du réchauffement climatique.
01:52Reportage à suivre dans le Gard.
01:54Voilà pour notre menu du jour, Benjamin Lucas lundi.
01:56On va commencer tout de suite par Cuisine et Confidence.
02:05Cet exercice m'obligeant à comprendre pourquoi vous avez choisi ce plat,
02:08c'est vrai qu'en découvrant que c'était une petite courbabine,
02:10d'emblée j'ai été un peu démuni, car je l'avoue franchement,
02:13je n'avais jamais entendu parler de cette spécialité berbère de Kabylie,
02:17donc forcément je ne l'avais jamais goûté.
02:20Bref, j'ai aussitôt appelé mon ami Karim du Paname ou Racine Kabylie,
02:23qui m'a répondu ça dans un vocal, je cite texto.
02:25Ouais, je connais, c'est des grosses boulettes de semoule.
02:29Kabylie, c'est, waouh, c'est fat, mais c'est bon.
02:33Sur Internet, j'ai lu aussi l'émouvante déclaration d'amour
02:36de l'écrivain français Mabrouk Rachedi
02:39à la petite courbabine de sa mère algérienne,
02:41mais ce n'est pas votre cas.
02:42Mais pourtant, vous avez déjà convoqué votre grand-mère pour le dessert,
02:46donc je me suis dit, ça suffit.
02:48Eh bien non, pourtant, cette histoire de famille continue,
02:51et j'appelle cette fois-ci la grand-mère Kabylie de votre épouse Roxane.
02:55Hommage donc à cette spécialité du pays qu'elle a préparée, attention, rien que pour nous.
03:00Beau geste, mais gare à vous, les plats choisis ici disent toujours quelque chose de vous ou sur vous.
03:06Et là, vous prenez des risques au moment où vous lancez dans la présidentielle.
03:09Attention à ne pas passer pour le roi de la boulette
03:11et de donner le sentiment de pédaler dans la semoule.
03:14Ça arrive à quelques-uns.
03:15À vous désormais d'assumer vos choix et de bien nous vendre cette petite courbabine
03:19qu'elle ne prête donc pas à confusion.
03:21Alors, on vous écoute.
03:22Pourquoi ce plat et on va le goûter ?
03:24C'est vous qui l'avez amené ce matin, Benjamin-Luc Alundi.
03:27Oui, donc c'est la grand-mère de mon épouse qui l'a préparée.
03:30Je l'en remercie.
03:31Elle en a préparé en plus des portions qui sont généreuses,
03:34qui nous permettent de bien manger ensemble aujourd'hui.
03:37Voilà, nourriture, c'est souvent lié.
03:38On réfléchit à ce qu'il faut amener chez vous.
03:40C'est un peu stressant parce que, vous l'avez dit,
03:42on voit qu'on est passé sur le grill, sans mauvais jeu de mots.
03:45Et la nourriture, c'est quand même souvent une histoire de grand-mère.
03:47En tout cas, moi, j'ai grandi...
03:49De transmission, en tous les cas.
03:50De transmission.
03:51Et puis, les grand-mères, quand elles cuisinent,
03:52ce n'est pas juste de la cuisine.
03:53Il y a de l'amour, il y a de la transmission,
03:55il y a du dialogue qui naît de la cuisine.
03:58Et moi, je me suis senti intégré dans la famille de mon épouse
04:02totalement le jour où Mami Aksas, c'est comme ça qu'on l'appelle,
04:06m'a fait tico le babine
04:09et que j'ai adoré ça.
04:10Et voilà, c'est maintenant une espèce de tradition entre nous
04:15quand on se voit.
04:16Et j'ai hâte que mon fils, qui a 18 mois maintenant,
04:18puisse découvrir bientôt...
04:19Il commence à avoir de belles dents
04:20qui vont lui permettre de mâcher tout ça.
04:22Il puisse découvrir ça.
04:22La smooth, ça va encore.
04:23C'est une transmission.
04:24Rendez-lui hommage, justement.
04:26Goûtez-la.
04:26Avec plaisir.
04:26Vous avez l'habitude, mais dites-nous
04:29pourquoi elle est particulièrement fantastique.
04:30J'en ai Lucas la connaît.
04:31Et vous, Elsa, comment vous trouvez ?
04:33C'est très bon.
04:34C'est vrai que moi non plus, je ne connaissais pas.
04:35Alors, on retrouve quand même
04:37des fondamentaux de la cuisine maghrébine.
04:40Donc, on a la smooth.
04:41Mais c'est vrai qu'elle est sous forme de boulettes.
04:43Et on a les légumes et la viande.
04:45Très bon.
04:46Tiens, un de ses meilleurs.
04:47Moi, j'aime bien la menthe dans la boulette.
04:49Elle est un peu dense.
04:52Karim, il avait un peu raison.
04:53C'est fat, mais c'est bon.
04:56Fat, je ne sais pas si c'est...
04:57Ça se mange.
04:58Ah oui, oui.
04:59Et puis, il y a les petits légumes.
05:01C'est vrai que la menthe, du coup,
05:02apporte beaucoup de fraîcheur.
05:04Oui.
05:04Moi, j'aime beaucoup les plats dans lesquels on ajoute de la menthe.
05:07Donc, j'avoue qu'il y avait une petite prédisposition aussi
05:09à choisir celui-là.
05:10Et alors, parfois, vous le disiez,
05:12c'était important pour vous de nous donner un plat
05:15avec une histoire de famille.
05:17Est-ce que c'est aussi...
05:17Parce que dans les Yvelines, en région parisienne,
05:19il y a moins de spécialités culinaires,
05:21peut-être que dans d'autres endroits en France.
05:23Et vous le disiez, il y a des villes
05:25où il y a aussi énormément de nationalités.
05:27Donc, c'est pour ça que vous avez choisi un plat qui vient d'ailleurs ?
05:29Oui, mais moi, j'ai le bonheur d'être élu d'une circonscription
05:31d'un territoire qui représente la France, si je puis dire.
05:34Parce que dans la huitième circonscription des Yvelines,
05:36qui correspond au Mantois,
05:37au territoire autour de Mante-la-Jolie,
05:39vous avez les petits villages du Vexin,
05:41vous avez le quartier du Val-Fouré à Mante-la-Jolie.
05:44Si vous vous promenez sur le marché du Val-Fouré
05:47un dimanche ou un vendredi,
05:49vous allez sentir des odeurs différentes,
05:51goûter des plats différents,
05:53des choses qui viennent de partout
05:55et qui montrent la richesse, la diversité,
05:57la pluralité de ce qu'on peut manger et découvrir.
06:00Et donc, oui,
06:02je trouve qu'il y a une forme d'hommage aussi à rendre
06:04à l'idée que notre gastronomie, notre cuisine,
06:06elle se nourrit de découvertes, de rencontres
06:08et qu'on peut toujours découvrir des choses.
06:10Vous avez découvert aujourd'hui ce plat ?
06:13Est-ce que vous, vous la faites ?
06:14Parce que vous aimez la déguster ?
06:16Est-ce que ça vous arrive, vous, avec votre épouse,
06:19d'essayer de challenger la grand-mère ?
06:21Non, je vais apprendre.
06:21Je ne me permettrai pas de challenger la grand-mère.
06:24Ça ne se fait pas.
06:24Non, ça ne se fait pas.
06:25Il y a des us et coutumes, il y a des règles à respecter.
06:28Et je la ferai beaucoup moins bien, évidemment.
06:29Et je suis beaucoup plus doué pour déguster
06:31que pour faire, globalement.
06:32Donc, je m'en tiens aux experts.
06:34Alors, on a parfois un peu les idées très arrêtées ici,
06:37un peu les poncifs.
06:38Je me suis dit, tiens, un écolo,
06:41il ne va pas vouloir manger un plat avec de la viande
06:43parce que ça nous arrive.
06:44Et je pensais donc que c'était un plat végé.
06:45Pas du tout.
06:46Mais ça peut être aussi un plat végé.
06:48Il y a de la viande.
06:49Alors, expliquez-nous le rôle de la viande.
06:50Parce que j'ai lu, je me suis intéressé à ce plat
06:53parce que c'est intéressant, c'est une tradition berbère.
06:55Ça permet de donner du goût.
06:57Il y a du mouton, de la viande séchée parfois,
06:59souvent du mouton séché, parfois du poulet.
07:01Mais on mange aussi la viande.
07:03Oui, en tout cas, la recette qu'on m'a enseignée
07:06et que je déguste avec vous,
07:07mais que je déguste aussi en famille,
07:09elle est avec de la viande, évidemment.
07:10Comme sur beaucoup de plats, d'ailleurs.
07:12Vous avez reçu une collègue qui vous a fait déguster
07:14des lasagnes végétariennes.
07:15On peut faire une version végétarienne, évidemment.
07:18Moi, je suis en matière d'alimentation carnée,
07:20croyant mais non pratiquant.
07:22Donc, j'essaye de réduire ma consommation de viande.
07:24Mais je dois avouer que...
07:25Pas assez.
07:27Mais je dois avouer que j'aime beaucoup manger une bonne viande.
07:30Moins, peut-être, mais mieux.
07:32C'est vrai qu'au sein du groupe écolo, notamment,
07:35c'est quoi ?
07:35Ça se divise entre les véganes, les végétariens
07:39et ceux qui continuent à manger un peu de viande ?
07:41Ça se divise, mais en tout cas, on voit bien
07:43quand on est à table ensemble
07:43qu'effectivement, il y a des habitudes alimentaires
07:45qui peuvent être différentes.
07:46Mais comme chez tout le monde
07:47et comme partout, en réalité,
07:48il y a une affaire de goût,
07:49il y a une affaire de conviction.
07:50Et puis, il y a comment on articule aussi
07:51ses convictions et puis son goût, ses envies.
07:54Donc, tout ça, je pense,
07:55une réflexion aussi chez chacun
07:57qui évolue aussi avec le temps.
07:59On a des amis qui sont devenus végétariens,
08:02des gens qui l'étaient,
08:02qui ont repris des habitudes avec de la viande.
08:05Donc, voilà, ça évolue assez vite.
08:07Et quand on est picard,
08:08c'est pas évident aussi de ne pas aimer la viande
08:10parce que c'est quand même une terre d'élevage,
08:12une terre de...
08:12C'est vrai, c'est vrai, c'est vrai.
08:14Et du coup, on a l'impression
08:16de tirer un peu contre son camp
08:17ou contre son terroir,
08:18contre son identité régionale.
08:20Donc, c'est vrai qu'on sent bien
08:21que certains députés sont un peu coincés
08:23entre toutes ces données
08:24parce que ça dit quelque chose
08:25de votre territoire,
08:26de ces hommes qui travaillent sur ce territoire.
08:28Et en même temps, effectivement,
08:30c'est pas forcément bon pour la planète.
08:31Donc, il faut passer entre les mailles.
08:33Et comme tous les sujets, d'ailleurs,
08:34qui ont trait à l'écologie,
08:36nous avons des comportements
08:37à changer sans doute.
08:38Nous avons un modèle à transformer.
08:40Et puis, nous avons des vies aussi
08:42qui dépendent de goût,
08:43qui dépendent de pratique.
08:43Mais c'est vrai sur la question de l'alimentation,
08:45c'est vrai sur l'usage de la voiture,
08:46c'est vrai sur les voyages, etc.
08:48On ne peut pas être 100% alignés.
08:49Toute la difficulté est d'articuler
08:50ses convictions et ce qu'il faut faire
08:53et ce vers quoi on doit tendre.
08:55C'est pourquoi j'essaye, moi,
08:55de manger peut-être un peu moins de viande,
08:57mais de manger de la bonne viande.
08:58Justement, c'est ça.
08:59Le choix de faire,
09:00c'est réduire la consommation de viande,
09:02mais s'assurer quoi ?
09:02Qu'elle est élevée en France, déjà ?
09:05On parlera du poulet
09:06dans la deuxième partie de l'émission.
09:07Mais qu'est-ce que vous regardez, justement,
09:09quand vous achetez une bonne viande ?
09:10Quand on a la chance
09:11d'avoir les moyens
09:11de pouvoir manger convenablement,
09:13on peut évidemment faire ces choix-là.
09:15C'est-à-dire privilégier
09:16un bon produit
09:18dont on connaît l'origine,
09:20dont on mesure la qualité,
09:22à prendre ce qui vous passe par la main
09:24et qui est souvent de moins bonne qualité,
09:26mais évidemment moins cher.
09:27Donc, évidemment,
09:28il faut privilégier,
09:29en tout cas, moi,
09:30j'essaye de privilégier
09:31les produits dont je sais
09:32qu'ils sont plus vertueux
09:33d'un point de vue environnemental,
09:34plus vertueux aussi
09:35d'un point de vue social,
09:36de rémunération de ceux
09:37qui les ont produits
09:39et puis qui ont une qualité gustative
09:41qui fait la différence
09:42avec des produits bon marché
09:44qu'on peut avoir dans le commerce.
09:45Alors, on connaît bien sûr
09:45les conséquences négatives
09:47sur l'environnement
09:48de l'élevage intensif,
09:50mais il y a une question
09:52qui rend les écologistes
09:54ou les végétariens
09:55un peu embarrassés,
09:56c'est quand on leur dit
09:57d'accord, on ne mange plus de viande,
09:58mais qu'est-ce qu'on fait de l'élevage ?
09:59Ça veut dire qu'il y a un pays en France
10:00où il n'y aura plus d'élevage ?
10:02Ça, vous l'imaginez ?
10:03Moi, j'ai entendu des députés dire
10:04bah oui, il n'y aura plus d'élevage,
10:05mais ce n'est pas possible ?
10:07Non, je ne l'imagine pas.
10:08Par ailleurs, je n'ai entendu
10:09aucun collègue dire
10:09qu'il faut interdire
10:10la consommation de viande.
10:12On peut avoir un discours
10:14et une réflexion
10:14sur la baisse nécessaire.
10:16Il faut la réduire à un tel point
10:17qu'on n'en mange quasiment plus.
10:18Moi, j'ai entendu des députés le dire.
10:20Ce n'est pas mon cas.
10:21Je pense qu'effectivement,
10:22il faut sans doute
10:23moins produire,
10:24mais mieux produire,
10:25et effectivement valoriser
10:26aussi nos savoir-faire,
10:27nos productions.
10:28Le problème aujourd'hui
10:29dans notre modèle,
10:29ce n'est pas la viande
10:30que nous produisons nous.
10:32Le problème, c'est ce qu'on importe
10:33de mauvaise qualité.
10:34Le problème, c'est
10:35le libre-échange débridé
10:36qui fait qu'on consomme
10:37beaucoup trop de viande,
10:39de mauvaise qualité,
10:40qui a fait un circuit
10:42extrêmement dramatique
10:42pour l'environnement
10:43et puis pour les droits
10:45et pour les conditions de vie
10:46aussi de ceux
10:47qui, chez nous,
10:47pourraient produire
10:48pour la population
10:49que nous sommes.
10:49Et on y reviendra justement
10:50sur la question des poulets.
10:51Qui cuisinait chez vous
10:52à Amiens ?
10:53Est-ce qu'on cuisinait
10:54un peu les spécialités
10:55aussi du coin ?
10:55Alors, il y a la ficelle Picarde
10:56notamment.
10:57Qu'est-ce qu'on mangeait
10:58chez vous ?
10:59Je parlais des grands-mères.
11:00C'était essentiellement
11:01ma grand-mère.
11:02Nous sommes un pays
11:03de pommes de terre.
11:04Donc, la purée,
11:05les frites, évidemment.
11:07La friteuse dans la cour,
11:09les odeurs de bonnes frites
11:11préparées par la mamie.
11:12La purée avec des aiguillettes
11:14de canard.
11:15Ça a bercé mon enfance.
11:16Et puis après,
11:16il y a eu une période
11:18rose-bif,
11:19une période poteau-feu.
11:20Ma grand-mère a eu
11:20des périodes comme ça
11:22d'alimentation pour nous
11:23avec pendant des années
11:25des plats comme ça
11:25qui n'étaient pas systématiques
11:27mais qui revenaient
11:27de façon assez récurrente.
11:28J'aurais dit les canards
11:29plutôt le sud-ouest.
11:30pourquoi la Picardie
11:31a une tradition du canard ?
11:33Non, pas du tout.
11:34C'était une spécialité
11:35de votre grand-mère.
11:35C'était un...
11:36Je pense qu'une fois,
11:37on a dû aimer
11:38et trouver ça agréable
11:39avec mon frère,
11:41mes cousins.
11:41Et donc,
11:41il y a eu une période
11:42de quelques années
11:43avec des aiguillettes de canard.
11:44Moi, j'aurais bien aimé
11:45une ficelle Picarde.
11:45Moi, j'aime bien
11:46la ficelle Picarde.
11:47Pas vous, Elsa ?
11:48Si, si, bien sûr.
11:49Effectivement.
11:49Et est-ce que vous disiez
11:51que vous préférez manger
11:52que cuisiner ?
11:53Mais vous cuisinez
11:53quand même un peu ?
11:54On sait que les députés
11:55nous disent souvent
11:55que par manque de temps,
11:57c'est plus compliqué.
11:58Mais est-ce que vous aimez bien
11:59quand même
12:00passer derrière les fourniers ?
12:01J'aime bien faire la moussaka.
12:03Si je reçois du monde
12:06ou si en famille,
12:07j'ai envie de prendre
12:09un peu de temps
12:09parce que d'abord,
12:10ça prend un peu de temps
12:10à faire.
12:11Donc, ça permet
12:11de penser à autre chose.
12:13Sous le contrôle de Jean-Pierre,
12:14plat grec, d'aubergine ?
12:16Exactement.
12:17Avec un peu de viande
12:17et puis de la méchamel.
12:20Et de la méchamel.
12:22C'est une bonne santé.
12:22Et puis, alors,
12:23il y a une variante
12:24avec les pommes de terre
12:24au fond du plat
12:25et une variante sans.
12:26Moi, je fais la variante
12:26avec les pommes de terre
12:27au fond du plat
12:28parce que quand même,
12:28je suis picard
12:29et donc, il y a
12:30des traditions
12:30de pommes de terre
12:31à respecter.
12:32Ça dépend des régions.
12:33Effectivement, en Grèce,
12:33il y a pommes de terre
12:34mais c'est quand même
12:34un plat là aussi.
12:35C'est un peu fat.
12:36Mais moi, j'aime bien
12:37une bonne moussaka.
12:38Vous aimez Venise.
12:39Vous avez des recettes vénitiennes
12:40que vous avez transportées
12:41jusqu'à chez vous.
12:42C'est un peu spécial
12:44la cuisine vénitienne.
12:44Ce n'est pas évident.
12:46Oui, le foie de veau
12:47à la vénitienne.
12:47Ça, c'est spécial.
12:48Tout le monde n'aime pas.
12:49Moi, j'aime beaucoup
12:50c'est du foie de veau
12:50mais en fine lamelle
12:51avec beaucoup d'oignons,
12:52de la polenta.
12:53J'adore ça.
12:54J'adore le foie de veau
12:55globalement
12:55et le foie de veau
12:55à la vénitienne.
12:56Je dois avouer
12:56que c'est vraiment
12:57mon plat préféré.
12:58Et ticou barbine moussaka,
13:00c'est plutôt des plats généreux
13:02comme disait Jean-Pierre
13:02et des plats conviviaux.
13:03C'est-à-dire que c'est un plat
13:04au milieu de la table.
13:06C'est ça aussi pour vous,
13:06le repas, l'alimentation,
13:08c'est avant tout
13:08la convivialité,
13:09le fait de pouvoir échanger
13:10avec des amis,
13:11de la famille.
13:12Oui, je pense que
13:13dans l'accélération du temps
13:14qui est la nôtre,
13:15tout s'accélère,
13:16l'information s'accélère,
13:17nos vies s'accélèrent,
13:17les rythmes,
13:18le rythme parlementaire,
13:20il est souvent un rythme
13:21fait d'accélération.
13:21Mais vous remarquerez
13:22qu'à l'Assemblée nationale,
13:23par exemple,
13:23il y a deux heures de sacré
13:25tous les midis pour déjeuner.
13:26La pause méridienne
13:27est un droit sacré
13:29du parlementaire,
13:30un droit sacré du travailleur,
13:30la séance s'arrête
13:31entre 13h et 15h.
13:33Et parce qu'elle permet,
13:34elle permet d'abord
13:35de se retrouver soi-même,
13:36parfois,
13:36parce qu'il arrive
13:37qu'on mange seul,
13:37mais elle permet aussi
13:38d'avoir un moment
13:39de convivialité
13:39qui peut aussi être
13:40un moment de travail,
13:41mais de façon plus détendue
13:42qu'une réunion.
13:42Donc je crois beaucoup
13:43au temps de repas
13:44comme des temps utiles
13:46et nécessaires
13:47pour être bien soi-même,
13:49pour être à l'aise,
13:49pour remettre un peu
13:50les choses sur pause
13:51et se retrouver soi-même.
13:52C'est aussi un plat de partage
13:53et puis c'est un plat populaire.
13:54La Ticourbamine,
13:55je ne connaissais pas,
13:56mais maintenant,
13:56je peux en parler
13:57parce que je me suis
13:58un petit peu enseigné.
13:59Mais c'est vrai que souvent,
14:00il y a un peu de viande
14:01pour les familles
14:02qui étaient les plus riches,
14:03mais parfois,
14:03on mettait quelques bouts d'os,
14:04quelques petits morceaux
14:05de viande
14:05qui donnaient un peu
14:06du goût à la sauce.
14:07Mais c'était un plat
14:08réconfortant l'hiver
14:10avec de la smooth
14:11qui ne coûtait pas grand-chose
14:11et puis c'était assez,
14:13j'allais dire,
14:14assez complet
14:16pour une famille
14:17et pour partager ça.
14:19Alors souvent,
14:20c'était fait les jours de fête.
14:21Je ne sais pas
14:22si dans votre belle famille,
14:23on fait ça,
14:23mais...
14:25Dans une famille,
14:25quand on se voit à plusieurs,
14:27surtout quand on est tous
14:27un peu les uns et les autres,
14:29c'est toujours une fête.
14:30Effectivement,
14:31c'est quelque chose de festif
14:32parce que la préparation
14:33de toute façon
14:34d'un plat
14:35qui est fait
14:35pour être mangé à plusieurs,
14:37qui est un plat généreux,
14:38vous l'avez dit,
14:39elle revêt toujours
14:40une dimension festive.
14:41Oui, surtout qu'on a vu
14:42la taille de la marmite,
14:43effectivement,
14:43il y en a pour nous,
14:44il y en a pour la totalité
14:45de l'équipe.
14:46Sur les plats du Maghreb,
14:47on connaît aussi davantage
14:48le couscous, etc.
14:50Est-ce que c'est des plats
14:50aussi que vous appréciez
14:52particulièrement ?
14:52Il y a la tchatchouka ?
14:54Oui.
14:55Moi, je suis globalement
14:57toujours curieux
14:58et j'aime les plats,
14:59vous l'avez compris,
15:00je crois,
15:00assez généreux.
15:01On en a dans l'assiette.
15:03Et donc, effectivement,
15:04je suis assez ouvert
15:05et éclectique
15:05dans mes choix alimentaires.
15:07On gagne toujours,
15:08d'ailleurs,
15:08même sur une même recette,
15:09sur des plats
15:10qu'on croit connaître,
15:10selon qui les cuisines,
15:12selon les produits
15:12qui sont mis dedans.
15:13On découvre toujours
15:13des saveurs un peu différentes,
15:16les dosages,
15:16plus ou moins de menthe
15:17dans le plat.
15:19Et puis,
15:19on redécouvre des choses.
15:20Donc, oui,
15:20toujours assez curieux.
15:21Et vous le disiez,
15:22la sacro-sainte pause,
15:23elle est hyper importante,
15:24mais à l'Assemblée nationale,
15:26les députés,
15:27ce n'est pas forcément
15:27le moment
15:28où ils peuvent cuisiner.
15:29Alors,
15:30comment vous faites ?
15:30Vous apportez des spécialités
15:31un peu chacun
15:32ou c'est plus souvent
15:33sandwich aussi
15:34et réunion de travail ?
15:36Non,
15:36je ne suis pas très partisan
15:38des sandwichs
15:38réunion de travail.
15:39Je préfère prendre le temps
15:40de manger
15:41ou dans ce cas-là
15:41d'attendre
15:42et de manger copieusement
15:43le soir.
15:45Mais nous,
15:46on a la chance
15:46dans le groupe écologiste
15:47et social
15:47d'avoir Sébastien Péitavi
15:48que vous avez reçu ici
15:49qui vient de Dordogne.
15:51Il nous a parlé
15:51de trafic.
15:53Qui parfois,
15:54effectivement,
15:55nous remontent
15:55de très bons produits
15:57de chez lui.
15:58Mais c'est vrai
15:58qu'on n'a pas le temps
15:59sur une semaine
15:59à l'Assemblée nationale
16:00de cuisiner.
16:01Nous n'avons pas de cuisine
16:02dans nos bureaux.
16:03Certains ont des douches
16:05et des lits,
16:05mais pas de cuisine.
16:06Mais bon,
16:07on est dans un endroit
16:07aussi de Paris
16:08où il y a beaucoup
16:09de restaurants variés,
16:11italiens,
16:12libanais,
16:13arméniens,
16:14plus traditionnels.
16:15Donc on peut aussi
16:17déguster
16:17et varier les plaisirs.
16:18Vous n'avez pas été
16:18très disère
16:19sur l'étendue
16:20de vos talents
16:20au fourneau.
16:21On a compris
16:22que vos mentors,
16:23c'était vos grands-mères.
16:25J'ai compris
16:25que vous alliez
16:26parfois régulièrement
16:26dans une enseigne
16:27de surgelée
16:28par commodité.
16:29Est-ce que vous prenez
16:30du plaisir quand même
16:31puisque vous avez
16:32l'air gourmand,
16:33vous en parlez
16:33avec les papilles
16:34et les yeux qui brillent.
16:35Est-ce que vous prenez
16:36du plaisir
16:36quand vous êtes en cuisine ?
16:38Et j'ai l'impression
16:38que dans le partage des rôles,
16:40c'est vous qui vous y collez
16:41quand même.
16:41Non, c'est varié,
16:43c'est équilibré.
16:43Oui, j'aime bien.
16:44D'abord,
16:45ça m'apprend la patience.
16:46Cuisiner,
16:47c'est un exercice
16:47de patience.
16:49Prendre les choses
16:50par étapes,
16:50ça met un peu de rigueur
16:52et on en manque
16:53parfois ici.
16:54On passe d'un sujet
16:55à l'autre,
16:56les choses vont vite,
16:56on a des rythmes de vie
16:58un peu accélérés.
16:58Donc la cuisine vous apprend
17:00à faire les choses
17:00par étapes.
17:01Il y a un jugement
17:01de ceux qui goûtent,
17:02donc une forme de pression
17:04aussi bienveillante.
17:05On essaie de faire plaisir
17:06aux gens qu'on nourrit.
17:08Ou intraitables.
17:09Mais oui,
17:10j'aime bien.
17:11Par exemple,
17:11je fais des gâteaux,
17:13ça m'arrive,
17:13ça fait longtemps
17:14parce qu'ils sont
17:14beaucoup trop gras
17:15et trop sucrés,
17:15donc je ne vais pas
17:16trop en faire.
17:16Mais j'aime bien
17:17faire un gâteau
17:18au chocolat,
17:19à la poire,
17:20des choses comme ça.
17:21Il y a une satisfaction
17:22de quelque chose
17:23qu'on a fait soi-même
17:23en plus qui est particulière,
17:25mais pas assez souvent
17:25que je l'aimerais.
17:27Justement,
17:27on reviendra au dessert,
17:28vous nous direz
17:29quelles sont vos habitudes
17:29dans le sucré.
17:30Mais si ça vous donne envie,
17:32cette ticour babine,
17:33on voit,
17:34on ne sait même plus
17:34si on dit le ou la,
17:35donc je vais dire ticour babine,
17:37ce sont les trois choses
17:37à savoir de Jean-Pierre Montané.
17:39Alors,
17:39c'est un plat d'origine berbère,
17:41traditionnellement servi
17:42en Kabylie,
17:43qui est une partie
17:44de l'Algérie,
17:46dont les petits secrets
17:46se transmettent
17:47de génération en génération.
17:49Hélas,
17:50on le voit très rarement
17:51à la carte
17:51des restaurants Kabyles
17:52ou Algériens à Paris.
17:53J'ai cherché
17:54et en vain,
17:55je n'en ai pas trouvé.
17:56Alors,
17:56si vous vous attaquez
17:57à la ticour babine,
17:59Elsa,
17:59il faut d'abord commencer
18:00par préparer la sauce
18:01dans laquelle
18:02vont ensuite cuire
18:03les fameuses boulettes.
18:04Il faut faire revenir
18:05dans une cocotte
18:05quelques morceaux de viande
18:06dans l'huile,
18:07alors généralement agneau,
18:08mouton,
18:09ou même viande de mouton séchée,
18:11voire maintenant,
18:11c'est aussi un peu à la mode,
18:13le poulet.
18:13On va ensuite rajouter
18:15des oignons,
18:15de la tomate,
18:16du concentré de tomate,
18:17des épices,
18:18comme le paprika,
18:18le ras et la noutre
18:19qu'on retrouve dans le couscous,
18:21la coriandre,
18:22des légumes,
18:22alors au choix,
18:23carottes,
18:23haricots verts,
18:24courgettes,
18:24navets,
18:25cardons,
18:25qu'on mange beaucoup
18:26dans le Maghreb,
18:27et pois chiches
18:28et un peu d'eau quand même
18:29parce qu'il faut que ça soit
18:30une sauce un peu,
18:31pas aqueuse,
18:31mais voluminée,
18:32c'est parce que c'est là
18:33que vont cuire les boulettes.
18:34Alors les fameuses boulettes,
18:35c'est un mélange
18:37de beaucoup d'herbes,
18:38coriandre, menthe,
18:38là il y a beaucoup de menthe,
18:39plus de menthe que de coriandre,
18:41il faut rajouter un peu d'huile,
18:43il y en a qui mettent des oeufs
18:45pour donner un peu de consistance,
18:46pour lier,
18:47un peu d'ail
18:48et puis un peu de sauce
18:49parce qu'il va falloir faire des boules.
18:50Alors là,
18:51votre grand-mère,
18:51elle est généreuse dans les boulettes,
18:52elle fait des grosses boulettes
18:53mais on peut les faire un peu
18:54de la taille d'une balle de ping-pong,
18:56d'un oeuf
18:56ou un peu plus grosse
18:57et ensuite,
18:58une fois qu'elles sont bien pétrées,
19:00comme ça qu'elles sont bien façonnées,
19:02eh bien on les fait cuire
19:02environ entre 45 minutes
19:04et une heure dans la sauce
19:05et on les sert
19:06comme elle a été servie ici
19:07et moi je la trouve délicieuse
19:08avec des pois chiches,
19:10des morceaux de viande
19:10et des légumes.
19:11C'est très bon,
19:12vous remercierez
19:13votre belle grand-mère
19:15et vous lui demanderez
19:15si les trois choses à savoir
19:17de Jean-Pierre
19:17étaient absolument justes.
19:19Je l'embrasse
19:19parce que j'imagine
19:19qu'elles nous regardent
19:20et je peux témoigner
19:22que les assiettes
19:22se vident assez rapidement.
19:23Elles se vident assez rapidement
19:24alors qu'elles sont quand même
19:25plutôt généreuses
19:26comme quoi ça veut dire
19:27que c'est très très bon.
19:28Donc se lèchent les babines
19:28j'allais dire.
19:29Les petits cours babines.
19:30Excellent.
19:32Vous nous avez proposé
19:33du vin avec,
19:34alors parlez-nous,
19:34c'est un vin assez spécial,
19:35c'est un vin qui vient de l'un,
19:37c'est la famille de votre père
19:39qui est originale.
19:39De mon papa,
19:40les origines familiales
19:40du côté de mon père
19:41viennent de l'un.
19:42Déjà la bouteille
19:43est très très belle.
19:44Bugé Manicle,
19:45alors dites-nous tout.
19:46Donc le Manicle
19:47qui se fait en vin rouge
19:49et en vin blanc
19:49est donc un vin blanc
19:51du Bugé,
19:51très difficile à trouver
19:52en dehors du caveau bugiste
19:54où je me le suis procuré.
19:57Et c'est un vin
19:59que nous buvons
19:59avec mon papa
20:00qui a des origines familiales
20:01dans l'Ain
20:02qui après avoir vécu
20:02quelques décennies en Picardie
20:04est retourné
20:05vivre dans l'Ain
20:06et donc c'était pour moi
20:07un clin d'œil
20:08parce que c'est souvent
20:09quand on se retrouve
20:11on boit un verre
20:14avec modération
20:15évidemment de Manicle
20:16et je trouve que c'est
20:17un vin
20:17qui est bon
20:20parce qu'il est
20:22une bonne synthèse
20:23ni trop minérale
20:24ni trop sucrée.
20:26Moi il m'évoque
20:26des bons souvenirs
20:27donc souvent en plus
20:27avec le vin
20:28on a à la fois des émotions
20:29et les papilles
20:30qui se mélangent
20:31et puis effectivement
20:32vous l'avez dit
20:33la bouteille est très jolie
20:34donc c'est toujours
20:35sur une table
20:35assez plaisant
20:36d'admirer
20:37cette jolie décoration.
20:38Vous dites avec modération
20:39évidemment
20:39est-ce que pour vous
20:40un bon repas
20:41ça s'accompagne
20:42forcément d'un verre de vin
20:43on sait que les députés
20:44qui sont de plus en plus jeunes
20:46par exemple
20:47ils ont banni quasiment
20:48l'alcool à table le midi.
20:51Oui alors
20:52là aussi
20:54croyant mais non pratiquant
20:57comment dire
20:57moi je
21:00la difficulté
21:01elle est effectivement
21:01dans les rythmes
21:02qui sont les nôtres
21:03je crois que si on boit le midi
21:03c'est compliqué quand même
21:04de faire correctement
21:05son travail l'après-midi.
21:06Donc ça c'est aussi
21:08une capacité
21:08à tenir le rythme
21:10alors au début
21:11quand vous arrivez
21:12vous êtes nouveau parlementaire
21:13il y a le plaisir
21:14d'accompagner un bon plat
21:15d'un bon vin
21:15moi je suis assez comme ça
21:16j'aime quand tout va ensemble
21:18un bon repas
21:19avec des bons amis
21:19avec un bon plat
21:20il faut l'accompagner
21:21aussi de quelque chose
21:22à boire qui est bon
21:23mais vous pouvez avoir
21:23des choses à boire
21:24qui sont bonnes
21:24et pas forcément alcoolisées
21:26mais c'est vrai
21:27qu'un bon vin
21:27ça accompagne
21:29après on a ici
21:30la particularité
21:30d'être à la fois
21:31dans une vie quotidienne
21:32à l'Assemblée nationale
21:33on est là
21:34une séance
21:35peut se terminer à minuit
21:36donc il faut aussi
21:37prendre un peu de plaisir
21:39et quand on partage
21:40un bon repas
21:41entre deux séances
21:42c'est vrai que souvent
21:43on l'accompagne
21:43d'un verre de vin
21:44mais il faut aussi
21:44faire attention
21:45parce qu'il y a
21:46une santé à préserver
21:47et puis des capacités
21:48à travailler
21:48à réfléchir
21:49à être réactifs
21:50qui ne sont pas toujours
21:51compatibles évidemment
21:52avec la prise d'alcool
21:52évidemment
21:53et alors là
21:54sur ce plateau
21:55c'est une exception
21:56mais non seulement
21:57vous nous avez proposé du vin
21:58mais vous nous proposez
21:59aussi un cocktail
22:00donc on va vous faire travailler
22:01avec plaisir
22:03tout le monde
22:04ou en tout cas
22:04beaucoup de gens
22:05connaissent le Spritz
22:07qui est plutôt normalement
22:09orange
22:09avec de l'apérole
22:11mais là
22:11c'est un Spritz
22:12un peu particulier
22:13vous nous disiez
22:14que vous aimiez Venise
22:15alors voilà
22:15on va vous donner nos verres
22:17et c'est vous
22:17qui allez faire
22:18le mixologue
22:19vous allez nous faire
22:20les cocktails
22:21et parlez-nous
22:21en même temps
22:22de ce que c'est
22:23c'est le vrai Spritz
22:24de Venise
22:25avec cette liqueur
22:27oui maintenant
22:27on trouve du Spritz
22:28je crois partout dans le monde
22:29y compris dans des endroits
22:30improbables
22:31le Spritz qu'on connaît
22:32à l'apérole
22:33notamment
22:35au Camp Paris
22:36un peu plus rare
22:36mais évidemment
22:37un peu partout
22:37et moi j'ai assez tardivement
22:40découvert une passion
22:41pour le cinard
22:42qui est comme de l'apérole
22:44ou du Camp Paris
22:44mais là c'est pas de l'orange
22:45c'est de l'artichaut
22:46on voit l'artichaut
22:47on ne trouve pas nécessairement
22:47le goût de l'artichaut
22:48mais il y a un goût
22:49qui est peut-être plus
22:50floral peut-être
22:51oui plus floral
22:52un peu plus amer
22:54et que je trouve
22:55moins sucré
22:55donc peut-être plus agréable
22:57évidemment là aussi
22:58avec modération
22:59c'est quand même un apéritif
23:00mais que moi j'aime
23:01voilà
23:02que j'aime beaucoup
23:02qui est peut-être moins
23:03d'ailleurs moins estival
23:04que l'orange
23:04qui va bien
23:06avec une terrasse
23:07l'été et du soleil
23:08celui-là peut se boire aussi
23:09je trouve l'hiver
23:10de façon assez réconfortante
23:11et à Venise
23:12on boit le Cinar Spritz
23:14c'est le...
23:15il faut le demander comme ça
23:15il faut le demander
23:17ça se fait maintenant
23:17un peu plus
23:18moi la première fois
23:19que j'ai découvert ça
23:19c'est en voyant
23:20dans un café
23:22des Vénitiens
23:23d'un certain âge
23:23un groupe de papys
23:244-5 papys
23:25qui buvaient ça
23:26j'ai trouvé
23:26la bouteille jolie
23:28intéressante
23:28la première fois
23:28j'ai pas aimé
23:29plus jeune
23:30et puis un jour
23:31j'ai repris ça
23:33dans un café
23:33et j'ai trouvé ça
23:34très très bon
23:35ce qui est intéressant
23:35c'est que ça a bouleversé
23:36le monde de l'apéritif
23:38c'est un de nos invités
23:40qu'on a reçu
23:40Massimo Mori
23:41qui a introduit le Spritz
23:44puisqu'il était Vénitien
23:45il y a quelques décennies
23:46en France
23:47et en pensant
23:48que ça pourrait plaire
23:49et ça n'a pas plu
23:49ça a été un tsunami
23:51on en trouve sur
23:52partout aujourd'hui
23:53et vous promenez dans Paris
23:54vous regardez les terrasses
23:55tout le monde boit des Spritz
23:55et c'est vrai qu'on connait le Spritz
23:57le Spritz Saint-Germain
23:58avec le sureau
23:59et celui-ci
24:00c'est vrai qu'à l'artichaut
24:01on le connait moins
24:02effectivement sur les cartes
24:03c'est vrai que ça a démarré très vite
24:05moi j'étais plus jeune
24:07il y avait un train de nuit
24:08à l'époque
24:08il y avait encore des trains de nuit
24:09c'est un beau combat
24:10qu'il faudra mener
24:10il y avait un train de nuit
24:11pour aller à Venise
24:13et donc on ne trouvait pas
24:13d'apérole
24:15même de camp Paris
24:15c'était très rare
24:16à Amiens
24:16on le trouvait dans quelques épiceries
24:17à Paris
24:18épicerie italienne
24:18donc je ramenais en train de nuit
24:20dans ma valise
24:20quelques bouteilles d'apérole
24:21pour faire des Spritz
24:28étillantes
24:28et je fais le service Jean-Pierre
24:32pour que vous puissiez goûter
24:33alors on va voir
24:34parce qu'effectivement
24:34ce qui est assez impressionnant
24:36c'est l'artichaut
24:37on se dit
24:37est-ce que ça va sentir l'artichaut
24:41alors moi je ne suis pas
24:42un spécialiste du Spritz
24:43mais vous me l'auriez servi
24:44comme ça
24:44sans me dire
24:44qu'il y avait du sida
24:46je vous aurais
24:47déjà la couleur
24:48n'est pas l'amère
24:49non mais la couleur
24:50c'est un peu plus amère
24:51je trouve quand même
24:52le camp Paris c'est amère
24:53ouais
24:56mais c'est très bon
24:57moi je trouve très bon
24:58on va se mettre au sida
24:59voilà
25:00comme ça ça fera très chic
25:01une mode est lancée
25:02de dire que c'est
25:04qu'à Venise
25:05traditionnellement
25:05on le boit comme ça
25:06mais à Paris si vous dites
25:07moi je ne veux
25:08je ne suis pas comme les autres
25:09je veux mon aper
25:09je ne crois pas qu'on en trouve
25:11même en Italie
25:11hormis à Venise
25:12j'en ai rarement vu proposer
25:13c'est quand même une niche
25:14c'est une niche
25:15pour l'instant
25:15mais l'apérole
25:16et le camp Paris
25:16était une niche au départ
25:17peut-être que dans quelques années
25:19tout le monde vous en apportera
25:20bien sûr
25:21on dira qu'à politique à table
25:22on en avait bu
25:23il y a déjà bien longtemps
25:24vous l'avez rappelé
25:26l'alcool c'est toujours
25:27avec modération
25:27en revanche
25:28ce qui se consomme
25:29sans modération
25:30ce sont nos quiz
25:35alors Benjamin Lucas
25:37vous avez été élève
25:38du lycée
25:38bon élève ou mauvais
25:39je ne sais pas
25:40Robert de Luzarche
25:41architecte médiéval
25:42à l'origine de la cathédrale
25:44Notre-Dame
25:45Damien
25:45bravo à lui
25:46la plus belle de France
25:47du monde même
25:48oui
25:48alors sauriez-vous nous dire
25:50si ces affirmations
25:51concernant la cuisine
25:52au Moyen-Âge
25:52sont vraies ou fausses
25:54faute d'assiette
25:55les plats étaient servis
25:56sur de grosses tranches de pain
25:57vrai ?
25:59oui vrai
25:59ensuite les paysans
26:00les mangeaient
26:01et les nobles
26:02par charité
26:03les donnaient
26:04aux plus pauvres
26:05chez les nobles
26:07lors des banquets
26:08du signe
26:09du signe
26:09était régulièrement
26:11servi
26:12vrai ou faux ?
26:14je dirais vrai
26:14vrai
26:15et il paraît
26:15que c'est absolument délicieux
26:17il a le goût
26:18du croisement
26:19d'un canard
26:20et d'une dinde
26:20avec juste
26:21une petite note
26:22légère
26:23de gibier
26:24les épices
26:25comme le poivre
26:26le safran
26:27le gingembre
26:27très appréciés
26:29à l'époque
26:29étaient surtout
26:31utilisés
26:31pour masquer
26:32le goût
26:33de la viande
26:33qui était souvent
26:34avariée
26:35ou un peu
26:36disons-le
26:36un peu pourrie
26:38faux ?
26:39oui
26:39faux
26:41effectivement
26:41c'était pas ça
26:42parce qu'on savait
26:43conserver la viande
26:44et on pouvait
26:45en manger
26:45de bonne qualité
26:46mais c'était
26:47pour la parfumer
26:48pour lui donner
26:48un peu de saveur
26:49et aussi
26:49pour la colorer
26:50notamment
26:50avec le safran
26:52par exemple
26:53incollable
26:54le chocolat
26:55le chocolat
26:57était un aliment
26:57de luxe
26:58très apprécié
26:59par les nobles
26:59au Moyen-Âge
27:00vrai ou faux ?
27:01je dirais vrai
27:01faux parce qu'il était
27:03inconnu
27:04le chocolat
27:05va arriver
27:05à la fin du 15e siècle
27:07après les voyages
27:07de Christophe Colomb
27:08en Amérique du Sud
27:09donc pas de bras
27:10pas de chocolat
27:11pas de nobles
27:11voilà
27:123 sur 4
27:13très honorable
27:14pour l'instant
27:15merci
27:16même si vous en dénoncez
27:17quelques insuffisances
27:18les écologistes
27:19approuvent le Nutri-Score
27:20visible sur les aliments
27:22pour établir
27:22leur valeur nutritionnelle
27:24alors dites-nous
27:25si ces affirmations
27:26sont vraies ou fausses
27:26le Nutri-Score
27:28a été mis en place
27:28en France
27:29en 2020
27:31vrai
27:31alors c'est faux
27:33c'est en 2017
27:34un peu avant
27:35pour établir son barème
27:37le Nutri-Score
27:38se base sur
27:3910 grammes
27:39d'aliments
27:41là c'est vrai
27:42c'est faux
27:43c'est faux encore
27:43100 grammes
27:44100 grammes
27:45faut dire que c'est piégeux
27:46c'est piégeux
27:46c'est piégeux
27:47c'est piégeux
27:48une précision
27:49les aliments considérés
27:50comme défavorables
27:51sont le sucre
27:52les acides gras saturés
27:54les additifs
27:55et le sel
27:56je serais tendré
27:57de dire vrai
27:58alors c'est faux
27:59mais c'est dur
28:00parce que tout est pris
28:01en compte
28:02sauf les additifs
28:03les additifs
28:04ne sont pas pris en compte
28:05et c'est seulement
28:06les édulcorants
28:07qui le sont
28:07pour les boissons
28:08avec le nouvel algorithme
28:09l'huile d'olive
28:10est passé de la lettre D
28:12à la lettre C
28:15là c'est vrai
28:16alors
28:16c'est encore faux
28:17c'est encore faux
28:18on est de la lettre C
28:19à la lettre B
28:21puisque
28:21il y a eu un
28:22oui
28:23l'intention était la bonne
28:24dans ma réponse
28:25l'intention est la bonne
28:25je savais qu'on était montés d'un cran
28:26comme je savais que vous seriez incollable
28:28sur le Moyen-Âge
28:30avec votre architecte
28:33je m'étais dit
28:33à le Nutri-Score
28:34on va faire serrer
28:36pourtant nous avons débattu des heures
28:38j'ai vraiment aucune excuse
28:39on a débattu des heures en séance
28:40pour défendre le Nutri-Score
28:42oui mais peut-être
28:43à votre décharge
28:44il n'était pas question de 10 grammes
28:45ou de 100 grammes
28:46peut-être davantage sur ces principes
28:48que sur la décharge
28:48je réviserai davantage
28:49bon
28:50et bien écoutez
28:51on a demandé à chaque invité
28:53qui prépare cette émission
28:54justement de se remémorer
28:55des souvenirs
28:56liés à des repas
28:57vous avez deux
28:58brefs de comptoir
28:59Benjamin-Luc Alain
29:00alors une première
29:05qui concerne les campagnes
29:06dans les Landes
29:07racontez-nous
29:07oui moi j'ai
29:08vous l'avez rappelé tout à l'heure
29:09j'ai commencé
29:10mon engagement militant
29:11chez les jeunes socialistes
29:12et quand même
29:13la politique est souvent
29:14une affaire aussi de convivialité
29:15c'est un réseau humain
29:17et affectif aussi
29:18on y rencontre des amis
29:19parfois
29:20pour la vie
29:21et nous avions
29:22à l'époque
29:23il y avait un parti socialiste
29:24qui était puissant
29:25qui était grand
29:25dans lequel il y avait
29:26ce sont appelé des courants
29:27je crois que ça existe
29:28toujours d'ailleurs
29:29et moi j'étais dans ce groupe
29:31qui était autour d'Henri Emmanuel
29:33notamment
29:33qui était président
29:34de l'Assemblée Nationale
29:34et nous nous retrouvions
29:35tous les ans
29:36pour la rentrée politique
29:36dans les Landes
29:37et c'est là que j'ai découvert
29:38les cœurs de canards
29:38à la plancha
29:39et donc le moment
29:40de rentrée politique
29:41le moment où on commençait
29:41à refaire de la politique
29:42après l'été et les vacances
29:43c'était le moment
29:44où on mangeait
29:44des cœurs de canards
29:46et moi j'ai mon collègue
29:47Sébastien Peitavi
29:48en Dordogne
29:49qui est un fournisseur
29:49de mes cœurs de canards
29:51aujourd'hui
29:51avec un peu de persil
29:53d'ail délicieux
29:54et ça délicieux
29:55c'est pas
29:56au début
29:56il n'y a pas d'appréhension
29:57à manger des cœurs de canards
29:58moi j'aime beaucoup
29:59et on voit
30:00parce qu'en politique
30:01de toute façon
30:02on ne peut pas tellement refuser
30:02et non
30:03quand on fait campagne
30:04ou quelque chose
30:05dès qu'on vous propose
30:06voilà
30:07c'est pas vrai
30:07parce que moi
30:08j'ai réussi
30:09à faire des vœux
30:11une campagne électorale
30:12au moment de la dissolution
30:13mon épouse était enceinte
30:14et j'avais pris l'engagement
30:16seul et pas sous la contrainte
30:17je le dis
30:18pour que personne
30:19ne l'en accuse
30:20de ne pas boire d'alcool
30:21pendant qu'elle n'en buvait pas
30:22et puis je me suis dit
30:23que ce serait bien aussi
30:23pour ma propre santé
30:24et donc j'ai réussi
30:25contrairement à ce qu'on dit
30:26à pouvoir faire de la convivialité
30:28participer à des événements
30:29des mondanités
30:30en circonscription
30:31en préfecture
30:31sans boire une seule goutte d'alcool
30:33pendant neuf mois
30:33et ça n'a posé de problème
30:35à personne
30:35c'est pas trop clivant
30:36les cœurs de canards
30:37où ils les font frire
30:38comme ça
30:38à la plancha
30:40parce que les chinois
30:41mangent aussi
30:41les langues de canards
30:42je crois
30:43jamais goûté
30:45et ce qui avait fait scandale
30:46c'est pas les cœurs de canards
30:47mais ce qui faisait scandale
30:48avec les socialistes
30:49à l'époque
30:49dans les langues
30:50c'était les ortholans
30:51jamais goûté
30:53oui oui
30:54il y a parfois
30:54des convictions politiques
30:56qui peuvent être compliquées
30:57avec la nourriture
30:57alors vous avez
30:59une deuxième anecdote
30:59vous parliez
31:00à l'Assemblée nationale
31:01il y a beaucoup de restaurants
31:02des déjeuners aussi
31:03vous êtes papa
31:03depuis un peu plus d'un an
31:05un an et demi
31:06et donc il arrive
31:06qu'on fasse des déjeuners
31:07vous avez rappelé
31:08que j'étais porte-parole
31:09de mon groupe
31:09on fait des déjeuners
31:10avec des journalistes
31:10ce qu'on appelle
31:11des déjeuners presse
31:11et il n'y a pas de crèche
31:12à l'Assemblée nationale
31:14et donc si vous voulez
31:15être là
31:15il faut jongler un peu
31:17avec les emplois du temps
31:18et donc il m'est arrivé
31:19d'aller dans des restaurants
31:21des beaux restaurants
31:21à côté de l'Assemblée nationale
31:22avec mon fils
31:23dans la poussette
31:24et dans une époque
31:25où il y a une grande tentation
31:26du no-kids
31:26dans les hôtels
31:28dans les restaurants
31:28dans les trains
31:29même j'ai vu qu'il y avait
31:30des propositions
31:31je l'ai porté ça
31:33un peu comme une revendication
31:34de dire bon ben voilà
31:34on va ensemble au restaurant
31:35et vous voyez quand même
31:36qu'il y a beaucoup de restaurateurs
31:38qui font un effort
31:38pour vous aider
31:40à vous sentir bien
31:40vous mettre une table au calme
31:41etc
31:41maintenant il marche
31:43il court
31:43et il chante un peu plus fort
31:44donc c'est plus compliqué
31:45dans un certain nombre de restaurants
31:46mais donc il a fait
31:47à six mois
31:48des déjeuners presse
31:50dans de très bons restaurants
31:51du quartier
31:51avec un menu enfant
31:52non
31:53à l'époque c'était
31:54le biberon
31:55le petit pot
31:57mais qui a été
31:58gentiment réchauffé
31:59par les restaurateurs
32:01du quartier
32:01Alors on va parler politique
32:03à l'Assemblée nationale
32:04c'est un projet de loi
32:05qui vous a occupé
32:06les députés
32:07le projet de loi
32:07d'urgence agricole
32:08une des mesures
32:09conseille la taille
32:10des élevages
32:11on en parle dans
32:11le dessous des plats
32:18Alors pour produire
32:20plus de poulets
32:21et plus d'eux
32:22le gouvernement veut
32:232200 poulaillers
32:24supplémentaires
32:25d'ici 2035
32:26mais les projets
32:27d'installation
32:27font parfois
32:28des mécontents
32:29reportage
32:30dans le Pas-de-Calais
32:31Nicolas Fleury
32:31et Raphaël Lisambard
32:33avec Maïté Frémont
32:36Saint-Aubin
32:37dans le Pas-de-Calais
32:38un petit village
32:39de 300 habitants
32:40et son champ
32:41de la discorde
32:42à 300 mètres
32:44des habitations
32:44c'est ici
32:45que 9000 poules
32:46devraient bientôt
32:47picorer en plein air
32:48C'est un beau projet
32:49c'est des poules
32:49qui vont être
32:50dans des bonnes conditions
32:50la belle rouge
32:51tout ça
32:52mais peut-être
32:54moins proche
32:54des maisons
32:55Pas l'idéal
32:56pour cet habitant
32:57mais pour d'autres
32:57c'est totalement
32:58une hérésie
32:59trop de bruit
33:00et trop d'odeur
33:01une pétition
33:03tourne même
33:03pour empêcher
33:04que le projet
33:04voit le jour
33:05même si le permis
33:06de construire
33:07est déjà validé
33:08On n'est pas
33:09autour d'un lotissement
33:10on n'est pas autour
33:11de si on ne peut plus
33:12faire ça ici
33:13c'est pas l'élevage
33:14intensif
33:15c'est rien
33:15Cette colère
33:16Valentin
33:1630 ans
33:17agriculteur bio
33:18ne la comprend pas
33:19Avec des volailles
33:20qui vont dehors
33:21qui ont 9000 mètres carrés
33:23par parcours
33:24qui sont élevés sur paille
33:26ventilation naturelle
33:27lumière naturelle
33:27pour moi c'est pas un élevage
33:28intensif
33:29Et alors qu'il nous montre
33:30le terrain où seront
33:31ces poules
33:33un coup de klaxon
33:34en guise de protestation
33:36On peut être contre
33:37un projet
33:38mais moi ce qui me choque
33:39c'est qu'on entend
33:40des propos
33:40de certaines personnes
33:42il faut être une pourriture
33:43pour faire ça
33:44et on y mettra le feu
33:46pour moi je prends ça
33:47comme des menaces
33:48c'est une intimidation
33:49De l'attention
33:50et des prises de baies
33:50contre les riverains
33:51sur un élevage
33:52de 8800 poules
33:54considéré
33:555 fois moins
33:56qu'un élevage
33:57extensif classique
33:58dont le seuil
33:59est de 40 000 bêtes
34:00On veut vivre
34:01à la campagne
34:02mais sans la campagne
34:05C'est habituel
34:06on le sait ça
34:06A la mairie
34:07on se désole
34:08de la situation
34:09C'est quelque chose
34:11qui fait vivre
34:12aussi le village
34:13quelque part
34:1353% des poulets
34:15sont importés
34:16hors d'Europe
34:17Moi je veux bien
34:18on mangera tout américain
34:20ou tout argentin
34:23La ministre de l'agriculture
34:24s'en est mêlée
34:25dénonçant l'attitude
34:26des habitants
34:27opposés au projet
34:28une caricature
34:30de l'individualisme
34:31selon ses termes
34:34Alors Benjamin Lucas
34:35on va revenir
34:36sur les grands élevages
34:38Là ici
34:39dans ce cas précis
34:39c'est 8 000 poules
34:41à l'air libre
34:42on a envie de dire
34:43c'est peut-être un modèle
34:44que vous les écologistes
34:45vous défendez
34:46on voit que c'est très compliqué
34:47Bien sûr
34:48c'est pourquoi
34:48moi je crois beaucoup
34:49au dialogue
34:50à la concertation
34:52c'est important
34:53et c'est un équilibre
34:55toujours à trouver
34:55sur ces sujets
34:56entre effectivement
34:57c'est simple pour moi
34:58sur un plateau de télévision
34:59fut-il sympathique
35:00et restauratif
35:01comme le vôtre
35:01de dire
35:01à des gens
35:02qui habitent
35:03dans ce village
35:04vous devriez accepter
35:05vous devriez refuser
35:06etc
35:06je ne suis pas riverain
35:08donc c'est là
35:08où je crois
35:09que la nécessité
35:10il y a une attaque
35:11contre les normes
35:12qui est
35:12on l'a vu
35:13dans la loi agricole
35:14qui est caricaturale
35:15qui est polématique
35:16le problème c'est pas les normes
35:17le problème c'est
35:19souvent aussi
35:19la capacité à dialoguer
35:21à concerter
35:22et donc ça effectivement
35:23il faut trouver des solutions
35:24qui sont les plus adaptées
35:25aussi au terrain
35:25au territoire
35:26puis parfois proposer
35:26des alternatives
35:27quand elles sont possibles
35:28qui permettent à tout le monde
35:28de s'y retrouver
35:29Alors le maire
35:30Alors le maire redit bien
35:30l'enjeu
35:31c'est qu'un poulet sur deux
35:32qu'on consomme
35:32il est importé
35:33la solution donc
35:34c'est de plus en produire
35:36en France
35:37il faut plus de poulailler
35:38ou alors il faut agrandir
35:39les structures
35:39qui existent aujourd'hui
35:40non ?
35:41Oui alors attention
35:42à l'agrandissement
35:43parce que nous
35:43on ne défend pas
35:44un modèle industriel
35:46intensif
35:47qui se fait au détriment
35:48souvent de la qualité
35:49des produits
35:51et puis de la qualité
35:52environnementale
35:53notamment
35:54je crois que
35:55ces 10%
35:56des accidents industriels
35:57sont liés
35:57à des structures
35:59comme celle-ci
36:00donc il faut là aussi
36:01mesurer et faire attention
36:02mais c'est vrai
36:03que c'est une nécessité
36:03de produire
36:04le plus possible
36:05localement
36:06et donc
36:06de construire
36:07les schémas
36:08qui permettent
36:09de le faire
36:09sur place
36:10Vous dites
36:11je ne suis pas riverain
36:11mais mettez-vous
36:12à la place d'un riverain
36:13vous votez
36:14la pétition
36:15contre l'installation
36:15de ces bimipoules
36:16la belle rouge
36:18Je ne crois pas
36:18après je n'ai jamais vécu
36:19à côté d'un élevage
36:21je ne mesure pas
36:21quelles sont
36:22les nuisances
36:23éventuelles
36:25Je ne sais pas
36:27je dis ça
36:28parce que ceux
36:28qui vivent à côté
36:30sont sans doute
36:31atteints
36:32par des nuisances
36:32beaucoup plus dures
36:34Sans doute
36:34c'est pourquoi
36:35je vous dis
36:35il faut du dialogue
36:36de la concertation
36:36des compensations aussi
36:38investir pour permettre
36:39parfois de l'isolation phonique
36:40il y a des choses
36:41qui existent
36:42ce qui compte
36:42c'est qu'il y a un accompagnement
36:43et qu'on ne laisse pas
36:44y compris souvent
36:44on le voit
36:45d'ailleurs le maire
36:46les élus locaux
36:46seuls face à ces problématiques
36:48c'est vrai sur ces questions-là
36:49comme c'est vrai
36:50sur des questions
36:50d'installation
36:51de diverses structures
36:52d'antennes relais
36:54c'est un thème très vaste
36:56et donc il faut là aussi
36:58un accompagnement
36:58des compensations
36:59et puis toujours
36:59essayer de concerter
37:00le plus possible
37:01Et est-ce qu'on peut
37:02tenir ce modèle
37:03où on dit
37:03il faut produire
37:04de plus en plus
37:05et garder des structures
37:06familiales
37:07comme on les appelle
37:08comme vous les défendez
37:09on rappelle qu'entre
37:10on rappelle qu'entre
37:10le petit modèle
37:10familial français
37:11et les grosses
37:12voilà
37:12fermes-usines
37:13est-ce qu'il n'y a pas
37:13un juste milieu
37:14pour produire un peu plus
37:16à des quantités
37:17voilà plus grandes
37:18et surtout à des prix
37:19forcément un peu moins
37:20importants que le poulet
37:22qui va être élevé
37:23dehors
37:24avec énormément d'espace
37:25Oui le modèle familial
37:26moi j'y crois
37:27il est précieux
37:27et la difficulté aujourd'hui
37:29c'est qu'il ne peut pas
37:29se perpétuer
37:30parce que c'est extrêmement
37:32douloureux
37:32difficile de reprendre
37:33une exploitation
37:33vous avez plein de gens
37:34qui au moment de passer la main
37:36supplient leurs enfants
37:37de ne pas reprendre l'exploitation
37:38parce qu'ils mesurent
37:38les difficultés financières
37:40mais aussi en termes
37:41de rythme de vie
37:41et d'organisation
37:42et donc il faut tout faire
37:42pour accompagner
37:44à la fois matériellement
37:45dans l'organisation
37:46mais aussi financièrement
37:47c'est le nerf de la guerre
37:48c'est ceux qui voudraient
37:49avoir des exploitations
37:50familiales
37:50et qu'on n'en ait plus
37:51c'est surtout qu'on arrête
37:51d'en avoir qui ferment
37:52qui disparaissent
37:53parce que c'est
37:54beaucoup plus rapide
37:55de faire disparaître
37:56une exploitation familiale
37:57que d'en recréer
37:57que de se réimplanter
37:58et ça fait partie je crois
37:59de notre patrimoine
38:00et de notre identité agricole
38:02j'en reviens
38:02à cette question
38:03qu'Elsa a un peu posée
38:04qui est mathématique
38:06à gauche comme à droite
38:06on défend la souveraineté alimentaire
38:08elle n'existe pas
38:09en ce qui concerne le poulet
38:10puisqu'on en importe
38:10avec des antibiotiques
38:12en Amérique du Sud
38:13en Pologne
38:14qu'est-ce que l'on fait
38:15concrètement
38:15pour augmenter
38:18la production de poulet
38:19pour satisfaire
38:20la consommation française
38:21je vous ai dit
38:22qu'on pouvait aussi réfléchir
38:23à une alimentation
38:24en termes de viande
38:25qui réduit un peu
38:26oui mais déjà
38:26on a une course
38:27on a déjà fait un travail
38:28sur la viande rouge
38:29qui a apporté ses fruits
38:29maintenant du coup
38:30les gens consomment
38:31de la viande blanche
38:32et les médecins
38:33s'en félicitent
38:33et ceux qui ne consomment
38:34pas de viande des oeufs
38:35il y a les oeufs
38:37pour les protéines
38:37déjà on permet
38:38qu'on maintienne
38:40et qu'on développe
38:41les exploitations familiales
38:42et qu'on les aide
38:43éventuellement
38:43à s'agrandir
38:44de façon raisonnable
38:45mais moi mon modèle
38:46n'est pas celui
38:47des fermes usines
38:47oui mais à partir
38:48de quand vous tiquez
38:50c'est pas avec
38:51des petites exploitations
38:54de 8000 poules
38:55qu'on va pouvoir
38:56revenir sur cette
38:58souveraineté alimentaire
38:59des exploitations
39:00de taille plus moyenne
39:01qui ne sont pas
39:01de la ferme usine
39:02qui sont de l'exploitation
39:02familiale
39:03mais de l'exploitation
39:03familiale
39:04qui peut progresser
39:05qui peut s'agrandir
39:06et surtout
39:07qu'on puisse favoriser
39:08aussi l'installation
39:09de nouvelles exploitations
39:10familiales
39:11ce qui aujourd'hui
39:11je vous le disais
39:12on en a plus qui ferment
39:13que qui se créent
39:14donc il y a un travail
39:15à faire très méticuleux
39:16et on imagine
39:17que ces produits-là
39:19effectivement
39:20mieux ils sont
39:21élevés en France
39:22plus à la fin
39:23ça a un coût
39:24est-ce qu'il faut aussi
39:25accepter de dire
39:26en fait un bon produit
39:27de la bande viande
39:27elle est forcément
39:28plus cher
39:29et ça c'est toujours compliqué
39:31quand c'est difficile
39:32de dire ça
39:32à des gens
39:32qui ont du mal
39:33à faire des courses
39:33à la fin du mois
39:34mais est-ce que
39:34c'est pas la réalité
39:35la viande
39:36c'est un produit
39:36qui coûte cher
39:37à produire
39:38et donc effectivement
39:39on peut pas être
39:39en concurrence
39:40avec des pays
39:40qui les vendent
39:42à très très bas
39:42bien sûr
39:42et la question c'est
39:43comment on supporte ce coût
39:44il y a une proposition
39:45qui est sur la table
39:45qui est celle portée
39:46notamment par mon collègue
39:47ami Boris Tavernier
39:48qui est un grand spécialiste
39:49de ces sujets
39:50qui porte la sécurité sociale
39:51de l'alimentation
39:53qui est un projet magnifique
39:54qui nous permet
39:55de façon universelle
39:56de cotiser
39:57de cotiser
39:58de répartir
39:59la richesse alimentaire
40:00si je puis dire
40:01et puis de façon démocratique
40:02c'est-à-dire que le choix
40:03de l'alimentation
40:03de la qualité qu'on veut mettre
40:05dans notre alimentation
40:06qui est indispensable
40:07pour notre santé
40:08qui est indispensable aussi
40:08pour notre bonheur
40:09enfin quand même
40:10bien manger
40:11c'est quand même toujours
40:12plus agréable
40:12que de manger
40:13même quand on y est contraint
40:14des choses qui sont
40:15de mauvaise qualité
40:15ça nous permet aussi
40:16de décider démocratiquement
40:18de ce qu'on mange
40:18et que ce soit pas
40:19la publicité
40:20les lobbies
40:21l'agro-industrie
40:22qui décide
40:22mais que ce soit
40:22une délibération collective
40:24une discussion collective
40:25au nom de l'intérêt général
40:26alimentaire
40:27si je puis dire
40:27donc c'est une très belle proposition
40:28moi que je soutiens
40:29de toutes mes forces
40:29cette sécurité sociale
40:31de l'alimentation
40:31voilà une manière aussi
40:32de réfléchir à la question
40:34des prix
40:34puis il y a des questions
40:35de régulation
40:35il y a des questions aussi
40:36d'actes d'autorité
40:38vis-à-vis
40:40la grande distribution
40:42qui aujourd'hui
40:43s'accapare en réalité
40:44la richesse alimentaire
40:45si je puis dire
40:45dans ce cas précis
40:46les écologistes
40:47n'ont-ils pas une responsabilité
40:48à force de toujours être
40:49dans une posture de refus
40:52de condamnation
40:52d'objection
40:53de critique
40:54finalement
40:55au final
40:56se développe
40:56dans ces petits villages
40:57le maire le dit
40:58si on est à la campagne
40:59une espèce de culture
41:00du non
41:00et on refuse même des choses
41:02quand elles sont plutôt
41:03acceptables
41:03et que c'est pas justifié
41:05c'est assez caricatural
41:06ce que vous dites
41:07c'est l'effet du sprit
41:12je ne crois pas
41:12qu'on soit
41:12dans la posture
41:13du refus
41:14de la contestation
41:15on est extrêmement consultés
41:15on propose justement
41:16des alternatives
41:18qui permettent
41:18de mieux vivre
41:19et qui sont bonnes
41:20pour tous
41:20pour celles et ceux
41:20qui élèvent
41:23le bétail
41:24pour celles et ceux
41:24qui produisent
41:25qui cultivent
41:25donc en réalité
41:28la transformation
41:28écologique de la société
41:29elle est vertueuse
41:30pour tout le monde
41:30peut-être qu'on ne l'explique
41:31pas assez bien
41:31c'est pas une question
41:32d'explication d'ailleurs
41:33les gens comprennent très bien
41:34peut-être qu'on ne le défend
41:34pas assez bien
41:35je veux bien prendre
41:36une part de cette critique
41:37je suis porte-parole de mon groupe
41:38mais je ne crois pas
41:38qu'on soit des gens
41:40sectaires bornés dans le refus
41:41comme je peux l'entendre
41:42souvent
41:42après oui il y a une tradition
41:44aussi du refus
41:45c'est bien
41:45moi je préfère avoir affaire
41:46à des citoyens
41:46qui sont exigeants
41:48vis-à-vis des décisions publiques
41:49qui sont prises
41:49que vis-à-vis des gens
41:50qui acceptent
41:51et qui subissent
41:52un certain nombre de choses
41:52ça ça donne toujours
41:53le pire à la fin
41:54Allez on va continuer
41:54à parler d'agriculture
41:55on va parler d'adaptation
41:56au réchauffement climatique
41:58dans les pieds dans le plat
42:05Confrontés à des épisodes
42:06de sécheresse
42:06de plus en plus rude
42:07et long
42:07les agriculteurs
42:09remplacent d'anciennes cultures
42:10par des nouvelles
42:10moins gourmandes en eau
42:12et davantage résistantes
42:13à la chaleur
42:14voilà pourquoi
42:14la pistache
42:15et la grenade
42:16s'invitent dans nos paysages
42:17et dans nos vergers
42:18notamment dans le sud
42:20reportage dans le Gard
42:21signé Katia Gilder
42:22Philippe Le Croix
42:23et Alicia Rogue
42:28viticulteur depuis 30 ans
42:30Stéphane a vu
42:31les épisodes
42:31de sécheresse
42:32fragiliser
42:33peu à peu
42:34ses cultures
42:34pour s'adapter
42:36au changement climatique
42:37il a choisi
42:38de diversifier
42:39son exploitation
42:40il y a 4 ans
42:41il a planté
42:42ses premiers pistachiers
42:44voilà
42:45c'est les arbres
42:46les plus âgés
42:47donc on voit
42:48sur les arbres
42:50les plus avancés
42:51les premières grappes
42:53qui vont donner
42:54les premiers fruits
42:55maintenant
42:55ce ne sera pas encore
42:57des arbres adultes
42:58pour faire une production
42:59raisonnable
43:00c'est encore trop tôt
43:02pour la récolte
43:03Stéphane doit encore
43:04patienter
43:05un pistachier
43:06met au moins 6 ans
43:07avant de produire réellement
43:08pour accompagner
43:10ces cultures émergentes
43:11la région Occitanie
43:12soutient leur implantation
43:13face au réchauffement climatique
43:15ici l'été dernier
43:16le thermomètre est monté
43:18jusqu'à 48,6 degrés
43:20à l'ombre
43:21et l'eau venait à manquer
43:22il y a quand même une volonté
43:24d'implanter des cultures
43:25qui sont déjà
43:27déjà connues
43:28de nos anciens
43:29ça il ne faut pas l'oublier
43:30on ne part pas
43:32à l'aventure
43:33mais surtout
43:35ce sont des cultures
43:37qui se prêtent très bien
43:38à notre territoire
43:39avec des sols
43:41très filtrants
43:41liés au galet
43:43de la Costière
43:44au total
43:45450 pistachiers
43:47ont été plantés
43:48sur le domaine
43:49Stéphane mise avant tout
43:50sur la diversité des espèces
43:52la polyculture
43:54c'est aussi une barrière
43:56contre les maladies
43:58autre atout de l'exploitation
43:59c'est grenadier
44:01cette variété
44:02ont été plantées
44:03ici il y a 8 ans
44:04et ils produisent déjà
44:06là on est au début
44:07au démarrage de la floraison
44:09vous avez les premières feuilles
44:10qui apparaissent
44:11comme la vigne
44:12vous avez des variétés
44:14qui se ramassent de bonheur
44:15d'autres un peu plus tard
44:16et ça se complète bien
44:17avec la vigne
44:18parce que ça vient
44:18à la suite des vendages
44:21en attendant
44:22les prochaines récoltes
44:23Stéphane fait découvrir
44:24aux visiteurs
44:25un autre goût du sud
44:26un verre de jus de grenade
44:28ni trop doux
44:29ni trop amer
44:33alors comment l'éco-juste
44:34que vous êtes
44:34plein de bon sens
44:35vous jugez ces changements
44:36de culture
44:37liés au dérèglement climatique
44:39un peu imposés
44:40quand même
44:40à marche forcée
44:41c'est du bon sens
44:42ou c'est une hérésie ?
44:44moi d'abord je crois
44:45à la diversification
44:46elle est précieuse
44:47elle est précieuse
44:47pour les biodiversités
44:48elle est précieuse aussi
44:49pour la pérennité
44:50de notre modèle agricole
44:51donc je vois d'un bon oeil
44:52tout ce qui permet
44:53de diversifier
44:54nos productions
44:55et nos modes de production
44:56et puis bah oui
44:57le réchauffement climatique
44:58il est une réalité
44:58à laquelle nous sommes
44:59contraints de nous adapter
45:00et d'évoluer
45:02et que les bouleversements
45:04du climat
45:05et de la biodiversité
45:06impliquent des changements
45:07des transformations
45:07ce qui compte
45:08c'est que la puissance publique
45:09et que le législateur
45:10que nous sommes
45:12puissent l'anticiper
45:13puissent l'accompagner
45:14et puissent être
45:15une forme de protection
45:16pour celles et ceux
45:16qui s'est risqué
45:17c'est un pari aussi
45:18de changer de nature
45:19de métier
45:20d'aller sur d'autres choses
45:21il faut que nous
45:22on soit en soutien
45:23en accompagnement de ça
45:23et puis en anticipation
45:24je crois que le gros problème
45:25en matière agricole
45:26comme écologique
45:27de ces dernières décennies
45:28c'est qu'on subit
45:29les événements
45:29on subit les catastrophes
45:30on subit les mutations
45:31et qu'on les anticipe pas
45:32il y a une forme
45:33de planification
45:34à réinventer aujourd'hui
45:35qui me paraît
45:35tout à fait indispensable
45:36c'est un pisalet
45:37pour colmater les brèches
45:38pour faire survivre
45:39ces exploitations
45:39ou c'est vraiment
45:40à vos yeux
45:41alors là on est sur
45:42la pistache et la grenade
45:43on a aussi d'autres exemples
45:45le sorgot qui remplace le maïs
45:46est-ce que c'est une solution
45:48d'avenir pour notre agriculture
45:49est-ce que c'est
45:50c'est une voie qui est tracée
45:51qu'il faut suivre ?
45:52ça peut l'être
45:53encore une fois
45:54en faisant confiance
45:55aux acteurs de terrain
45:56eux-mêmes
45:57ça peut l'être
45:58et ça doit l'être
45:59et voilà
45:59le retour de la pistache
46:01c'est une bonne chose
46:02il y en avait des pistaches avant
46:03c'est ça
46:03c'est une autre tour
46:04puisque les agriculteurs
46:05et donc c'est pas quelque chose
46:07d'incongru
46:07voilà
46:08puisqu'on revient à des choses
46:09qui finalement sont anciennes
46:11et existaient déjà
46:12dans notre histoire
46:13donc en plus
46:13je suis amateur de pistache
46:14donc je vois ça d'un bon oeil
46:15je pourrais consommer local
46:17mais oui
46:18c'est je crois
46:19quelque chose
46:19à accompagner
46:20à soutenir
46:21avec beaucoup plus d'ambition
46:23peut-être qu'on le fait aujourd'hui
46:24justement là
46:25la France
46:25a encore un petit poussé
46:27sur ce marché
46:28de l'or vert
46:28par rapport à l'Iran
46:29la Turquie
46:30les Etats-Unis
46:30est-ce qu'on peut arriver
46:31à concurrencer
46:33justement ces grandes puissances
46:34et on retrouve aussi
46:35la question que je vous posais
46:37tout à l'heure
46:37sur la question du coût
46:38la pistache française
46:39elle sera plus chère
46:40que la pistache
46:42produite en masse
46:43dans d'autres pays
46:44comment on fait ?
46:45là aussi
46:45encore une fois
46:46il y a ce qu'on peut faire
46:47sur les marges
46:47de la grande distribution
46:48il y a la façon
46:49dont on peut réguler
46:50encadrer
46:51sans interdire
46:52sans dire non à tout
46:54mais comment on peut
46:55remettre un peu d'ordre
46:55dans tout ça
46:56parce qu'effectivement
46:57il y a une bataille
46:57à mener au niveau international
46:58je suis d'accord
46:59la concurrence
47:00libre et non faussée
47:01comme on disait autrefois
47:02le marché totalement dérégulé
47:05le libre-échange à outrance
47:06effectivement
47:07nous ne pourrons jamais
47:08être moins cher
47:09et réussir à concurrencer
47:10des pays
47:11dont les normes
47:12environnementales
47:13et sociales
47:13sont totalement
47:17inférieures aux nôtres
47:18sont totalement
47:18inexistantes
47:19même parfois
47:20et moi je crois aux normes
47:21contrairement au discours ambiant
47:22parce que la norme
47:23c'est ce qui protège
47:24c'est ce qui régule
47:25c'est ce qui fait
47:26qu'on peut vivre en société
47:27en matière environnementale
47:29singulièrement
47:30on a besoin d'aujourd'hui
47:30de protéger
47:31notre santé
47:32notre environnement
47:32le climat
47:33et donc si on veut
47:34pouvoir assumer
47:35des normes
47:35qui sont exigeantes
47:36qui sont vertueuses
47:38pour la santé
47:38pour l'environnement
47:39pour les droits sociaux
47:40alors il faut assumer
47:41oui une forme
47:41de protection européenne
47:43de juste échange
47:44face au libre-échange
47:46débridé
47:46c'est le sens du combat
47:48que nous menons
47:48contre les traités
47:49de libre-échange
47:49comme le Mercosur
47:50notamment
47:50est-ce que la condition
47:51pour que ça marche
47:52c'est qu'il n'y ait pas
47:53une filière
47:53qui soit mature
47:54alors qu'elle débute
47:56cette filière
47:56n'existe pas vraiment
47:57très mature
47:58très maligne
47:59parce que
47:59comme l'a dit Elsa
48:00cette pistache française
48:02elle sera deux fois plus chère
48:03si jamais elle est excellente
48:05c'est la Rolls des pistaches
48:06on l'achètera peut-être
48:07mais il faut construire
48:07ce storytelling
48:08il faut construire
48:09une tradition
48:09de la pistache française
48:11alors qu'elle n'existe pas
48:12donc tout ça
48:13il faut l'accompagner
48:14oui mais je vais faire
48:15un petit pas de côté
48:16sortir de la question concrète
48:17je pense qu'on a besoin
48:18aussi de projets
48:19comme celui-ci
48:20dans une société
48:21un peu déprimée
48:22dans un moment
48:23où beaucoup de nos compatriotes
48:25ont le sentiment
48:25du déclin
48:26du déclassement de la France
48:26se dire qu'on se donne
48:28je ne suis pas spécialiste
48:29de la pistache
48:30amateur mais pas spécialiste
48:31mais qu'on se donne
48:32sur certains secteurs
48:32l'idée que dans quelques années
48:33nous serons un modèle
48:35nous serons excellents
48:36je pense que ça peut être
48:37aussi des manières
48:38de fédérer
48:38de nous réentraîner
48:39dans une aventure collective
48:40dont on manque
48:41en réalité aujourd'hui
48:42vous avez parlé de ce que peut faire
48:43la puissance publique
48:44est-ce qu'il y a aussi
48:45un travail à faire
48:46sur les consommateurs
48:47sans donner le sentiment
48:49de donner des leçons
48:50mais de dire
48:51oui effectivement
48:51il faut aussi encourager
48:53l'agriculture française
48:54alors parfois
48:55c'est acheter peut-être
48:55un peu moins
48:56parce que c'est un petit peu
48:57plus cher
48:58faire certains arbitrages
48:59vous parliez
49:00de subventions
49:01d'aider financièrement
49:02mais est-ce qu'il y a
49:02quelque chose aussi
49:03dans les mentalités
49:04et dans les actes
49:05des consommateurs
49:06à changer ?
49:07Oui alors après
49:08moi je ne suis pas du tout
49:08pour donner la leçon
49:09parce que souvent en plus
49:10la leçon
49:10on la donne toujours au même
49:11c'est au plus précaire
49:12à ceux qui n'ont pas le choix
49:12en réalité
49:13on ne donne jamais la leçon
49:14à ceux qui peuvent aller
49:15au restaurant tous les jours
49:16tous les midis
49:16de où ils doivent aller manger
49:17comment ils doivent consommer
49:18etc.
49:19et d'ailleurs ceux-là
49:19ont un comportement
49:20beaucoup plus dangereux
49:21pour le climat et l'environnement
49:23parce qu'ils considèrent
49:24que sans caricaturer personne
49:25mais qu'on peut manger
49:26en toute saison
49:27n'importe quoi
49:28puisqu'on peut y avoir accès
49:30et que le prix
49:30n'est pas un problème
49:32et un obstacle
49:32mais c'est pour ça
49:33que le projet de sécurité sociale
49:34de l'alimentation
49:35dont je parlais
49:35de mon collègue
49:36Boris Tavernier
49:37il n'est pas simplement
49:38un projet social
49:39il n'est pas simplement
49:39un projet financier
49:40il est aussi une manière
49:41de repenser
49:42notre rapport collectif
49:43à l'alimentation
49:44au choix que nous faisons
49:45collectivement
49:45à là où nous décidons
49:47d'investir
49:48d'aider
49:48d'accompagner
49:49de nous approvisionner
49:50et donc je pense
49:51que c'est un changement
49:51de modèle culturel
49:52mais qui ne se fait pas
49:53par la contrainte
49:54et qui ne se fait pas
49:54par l'injonction
49:55par le fait de donner des leçons
49:56qui se fait par la délibération
49:58collective et la démocratie
49:59ça aussi c'est un beau projet
50:00qui peut redonner
50:00un peu d'optimisme au pays
50:01je pense
50:02Allez on a parlé pistache
50:03on va continuer à parler
50:04sucré dans le péché mignon
50:09Alors vu comme ça
50:10Elsa cette mousse au chocolat
50:11elle ressemble
50:11à toutes les mousses
50:12au chocolat de Paris
50:13mais elle est particulière
50:15parce que derrière
50:16il y a la grand-mère
50:17de Benjamin Lucas
50:18avec sa recette
50:19grammée très précise
50:20hommage à cette mousse
50:21puisque je crois
50:21qu'elle a disparu
50:22votre grand-mère
50:24alors on a hâte
50:25de la goûter
50:26et de savoir
50:26quel est le secret
50:27de votre grand-mère
50:29alors le secret
50:30parce que j'ai l'impression
50:30qu'il y a du chocolat
50:31des oeufs
50:32du sucre
50:32Alors goûtez d'abord
50:34et dites-nous
50:35expliquez-nous
50:36ce qui s'est passé
50:36vous avez transmis
50:37la recette
50:40Parfait
50:41c'est très émouvant
50:42parce que je disais
50:43avant que
50:44les caméras s'allument
50:45que je n'ai pas mangé
50:46cette mousse
50:47depuis que ma grand-mère
50:48est décédée
50:48il y a trois ans maintenant
50:49parce que c'était
50:50le moment de
50:52la mousse était liée
50:53à ma grand-mère
50:53je ne pouvais pas
50:54en manger au restaurant
50:54je ne pouvais toujours
50:54pas en manger au restaurant
50:55j'étais toujours déçu
50:56elle est très simple
50:57cette mousse
50:58pas grand-chose de particulier
51:00mais il y avait
51:02j'arrivais chez ma grand-mère
51:03il y avait la mousse
51:03il m'est arrivé
51:04mes grands-parents
51:04passaient des mois
51:05dans le sud de la France
51:06vers Perpignan
51:08il m'est arrivé
51:08d'avoir un meeting
51:09dans les parages
51:10de rentrer à deux heures
51:11et demie du matin
51:12dans l'appartement
51:13il y avait une mousse
51:13qui m'attendait
51:14avec un petit mot
51:15de la part de ma grand-mère
51:16et donc on mangeait la mousse
51:17en toute occasion
51:18et la petite blague
51:18c'était quand j'arrivais
51:19de me dire qu'il n'y avait
51:20pas de mousse
51:20pour vérifier un peu
51:21si je repartais ou pas
51:22je restais évidemment
51:23il y en avait toujours
51:24mais elle est simple
51:26et c'est peut-être
51:27sa simplicité
51:27qui fait aussi le bonheur
51:29de la manger
51:29de la déguster
51:30et on va remercier le bourbon
51:31oui merci beaucoup
51:32d'avoir suivi cette recette
51:34de l'avoir réussi
51:35et de vous avoir
51:36replongé aussi
51:37dans ses souvenirs
51:38alors parfois on dit
51:40pour faire une bonne mousse
51:40au chocolat
51:41il suffit de battre
51:42les blancs en neige
51:43et de rajouter du chocolat
51:44est-ce que c'est le cas là
51:45est-ce qu'il y a autre chose ?
51:46moi je pense qu'elle est jaune
51:47oui il y a une jaune
51:49évidemment
51:49parce qu'on sent
51:50qu'elle est dense
51:51qu'elle est riche
51:51qu'elle tient au corps
51:53c'est pas une mousse
51:54de Mickey
51:55c'est une vraie mousse au chocolat
51:56de Mamie
51:58elle pense à vous faire plaisir
51:59elle pense aussi
52:00au fait que vous ayez
52:01l'estomac bien accroché
52:02pour affronter
52:03alors quand on est à l'école
52:04la séquence des devoirs
52:05après la classe
52:07un match de foot à faire
52:09si on va au terrain de foot
52:11voilà
52:11ou à leur rigueur
52:12ça lui est arrivé
52:13après une petite gueule de bois
52:14là aussi avec modération
52:15de vous reconstituer un peu
52:16donc une mousse au chocolat
52:17de Mamie
52:18elle a cette particularité-là
52:19d'être faite
52:20pour faire du bien
52:21mais aussi pour tenir au corps
52:22et je retrouve ça
52:23elle est délicieuse
52:24le chocolat
52:25c'est votre péché mignon
52:26ou dans les desserts
52:27qu'est-ce que vous appréciez d'autre ?
52:29je suis un amoureux
52:30des Paris-Brest
52:31un Paris-Brest bien fait
52:32c'est délicieux
52:32mais c'est plus
52:33d'abord je ne sais pas les faire
52:35c'est plus difficile
52:36mais vous savez le manger ?
52:37je sais le manger
52:38je sais très bien le manger
52:39le déguster
52:40en parler
52:41le commenter
52:41il n'y a pas de problème
52:42mais oui dans le chocolat
52:43le chocolat c'est merveilleux
52:45tout ce qu'on peut faire
52:45avec du chocolat
52:47de la petite tablette
52:48qu'on mange comme ça
52:49pour se réconforter
52:50un dimanche de pluie
52:51à des plats plus élaborés
52:52mais vous disiez
52:53quand vous faites votre gâteau
52:54au poire chocolat
52:55tout le monde vous dit
52:55qu'il est trop gras
52:56trop sucré
52:57pour vous une bonne pâtisserie
52:58c'est du gras du sucre ?
53:00non pas nécessairement
53:01ça c'est un peu caricatural
53:03de ma part
53:06mais non pas forcément
53:07mais c'est vrai que
53:07bon le moment du sucré
53:10voilà le moment qui vient
53:11je disais tout à l'heure
53:12que j'aime bien
53:13quand les choses vont ensemble
53:13c'est un bon plat
53:14une bonne ambiance
53:16une belle vue
53:17si vous avez la chance
53:17d'être en voyage etc
53:19et évidemment
53:20le petit moment sucré
53:21à la fin
53:21le moment qui sublime tout ça
53:22mais rapidement
53:22vous disiez tout à l'heure
53:23la cuisine c'est une affaire
53:24de transmission
53:24il faut que vous la fassiez
53:25cette mousse au chocolat
53:26parce que si vous la faites pas
53:27elle sera plus transmissible
53:29et plus transmettable
53:30donc vous êtes le chef
53:31en manquant pour l'instant
53:32et bien je vais la faire
53:33alors actez-le ici
53:35engagement pris
53:35et vous nous la ferez goûter
53:37je prends l'engagement ici
53:37je viendrai vous la faire goûter
53:38avec plaisir
53:39allez on va entendre
53:39ces quelques notes de musique
53:40on va tous reconnaître
53:41Bella Ciao
53:42mais après vous allez nous dire
53:43qui, quand, cette version
53:58alors Bella Ciao
53:59mais pas n'importe quelle
53:59Bella Ciao
54:00dites-nous
54:01oui c'est une version
54:01de Goran Brégovic
54:02que j'aime beaucoup
54:03j'ai eu l'occasion de voir
54:04un concert dans la Somme
54:05il y a quelques années
54:06à l'abbaye de Saint-Riquier
54:07un très beau festival
54:09et je l'aime bien
54:09parce que
54:10on m'a demandé
54:11de choisir une chanson
54:12je réfléchissais
54:14à ne pas être trop prévisible
54:15non plus
54:15et ce que j'aime
54:16c'est que c'est une chanson
54:17qui est politiquement très forte
54:18sur le combat antifasciste
54:19et je pense que
54:21sans plomber l'ambiance
54:22de se déjeuner
54:23qu'on est dans une période
54:24politique angoissante
54:26difficile
54:27et donc c'est un chant
54:29qui pour ceux comme moi
54:30qui viennent de la gauche
54:31veut dire beaucoup de choses
54:32on a parlé d'Italie
54:33en plus avec le Spritz
54:33donc ça éveille des choses fortes
54:36mais elle est festive
54:37elle est chantée
54:38de façon très festive
54:39moi je l'avais passée
54:40à mon mariage
54:40si vous voulez tout savoir
54:41parce que c'est une version
54:42qui se danse
54:42moi mon fils
54:43qui a 18 mois
54:44la danse
54:45il danse très bien
54:46d'ailleurs
54:46il a du rythme
54:47et donc elle est
54:48je pense
54:49ce dont l'époque a besoin
54:50du combat
54:51de la résistance
54:52de la détermination
54:53mais mettre de la joie
54:54et de l'envie aussi
54:55de se retrouver
54:55de fraterniser
54:56donc ça résume bien ça
54:57on l'a vu avec les femmes iraniennes
54:58aussi
54:58qui la dansaient
54:59dans les rues de Téhéran
55:00en jetant leur voile
55:00et c'était très très fort
55:01le combat
55:03qui est dur
55:04dans une période dure
55:05les combats écologiques
55:06qui sont durs
55:07les combats sociaux
55:07sont durs
55:07les combats démocratiques
55:08sont durs
55:09réussir à les faire
55:10en mettant un peu
55:10de la joie
55:10et de la volonté
55:11d'être ensemble
55:11je pense que c'est
55:12un beau message
55:12allez joie et volonté
55:14d'être ensemble
55:14c'est politique à table
55:15on se finit sur ces notes de musique
55:17on finit sur ces notes de musique
55:18merci beaucoup
55:19merci à vous
55:19à lundi
55:20merci Jean-Pierre Montanet
55:21Sous-titrage Société Radio-Canada
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