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  • il y a 5 mois
À LA UNE / Dérèglement climatique : et si tout s'accélérait ?

Deux semaines après une canicule inédite pour un mois de mai, la France connaît une nouvelle vague de chaleur précoce. Selon Météo-France, les températures pourraient atteindre 40 °C dans certaines régions. « Ces vagues de chaleur de plus en plus fréquentes, de plus en plus nombreuses et de plus en plus intenses sont un signe manifeste du changement climatique », résume Matthieu Sorel, climatologue. Les scientifiques alertent sur les scénarios climatiques à venir, notamment le phénomène El Niño. Cet épisode climatique réchauffe les températures de surface dans le Pacifique équatorial, entraînant des changements à l'échelle mondiale dans les régimes de vents, de pression et de précipitations. Les projections évoquent l'un des épisodes les plus puissants jamais documentés pour l'année 2027. Les températures de surface pourraient grimper jusqu'à 3,8 °C au-dessus de la normale d'ici décembre. À quoi faut-il s'attendre face à l'intensification du réchauffement climatique ?

Invités :
- Fanny Agostini, journaliste experte des questions climat
- Benoît Granier, porte-parole du Réseau Action Cimat
- Agnès Ducharne, hydro-climatologue, directrice de recherche au CNRS

Chroniques :
- « La petite histoire dans la grande » : Climat, pourquoi la crise ne profite pas aux écolos ? par Anna Cabana
- « Quelle histoire ! » : Trump et l'Iran : revers historique pour les États-Unis ? par Olivier Ravanello

LA QUESTION QUI FÂCHE / Ecarts de salaires : faut-il plus de transparence ?

Après son approbation en 2023, la France avait jusqu'au 7 juin 2026 pour inscrire dans le droit national la directive européenne sur la transparence salariale. Présenté pour lutter contre les inégalités de salaires entre hommes et femmes, le texte impose aux employeurs de produire un rapport sur les écarts de rémunération et de communiquer à tout salarié qui en fait la demande les rémunérations moyennes des postes équivalents. Alors que cette nouvelle directive prévoit plusieurs sanctions en cas de non-respect par les entreprises, le patronat français dénonce un nouveau « monstre de complexité » et une mesure qui devrait « nuire au bon fonctionnement des entreprises », prévient Patrick Martin, président du Medef. Les syndicats de salariés, en faveur de la mesure, accusent quant à eux, le gouvernement de « procrastination ». Cette nouvelle obligation de transparence peut-elle réellement faire reculer les inégalités de salaires ?

Invités :
- Sandrine Dorbes, experte en stratégie de rémunération, fondatrice du cabinet « How Much »
- Eva Sas, députée écologiste de Paris
- En visioconférence : Philippe Coy, porte-parole de la CPME

« Bourbon express » par Marco Paumier

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News
Transcription
00:00:06Musique
00:00:24Bonsoir à tous et bienvenue dans Chaque Voix Compte sur LCP.
00:00:26On est ensemble pour une heure de décryptage de l'actualité et de débats.
00:00:29En direct de l'Assemblée Nationale, avec à mes côtés ce soir, ils sont très dissipés.
00:00:33Anna Cabana, bonsoir Anna.
00:00:35Oui, bonsoir Charadine.
00:00:36Et Olivier Ravanello, bonsoir Olivier.
00:00:38Bonsoir.
00:00:39Peut-être est-ce parce qu'un orage vient d'éclater sur Paris et que la température s'est soudainement
00:00:44rafraîchie ?
00:00:45Ben oui.
00:00:45Ils sont si dissipés.
00:00:46C'est parti pour le sommaire de Chaque Voix Compte avec à la une ce soir, cette vague de chaleur
00:00:50qui commence donc à toucher la France.
00:00:52Les 40 degrés ont déjà été atteints cet après-midi dans l'Indre.
00:00:56L'improbable devient-il la norme ?
00:00:58Ce soir, on ne parle pas des piscines municipales ou des climatiseurs.
00:01:01On regarde ce que nous dit la science.
00:01:04Que va devenir le climat français dans les 10, 20, 30 prochaines années ?
00:01:08Les 40 degrés sont-ils un accident ou un aperçu du futur ?
00:01:132026, le climat s'emballe.
00:01:15On en parle avec vous ce soir, Fanny Agostini.
00:01:17Bonsoir.
00:01:18Bonsoir.
00:01:18Journaliste spécialiste du climat et de la biodiversité.
00:01:21Merci d'être là aux côtés de Benoît Granier, porte-parole du réseau Action Climat.
00:01:26Bonsoir.
00:01:27Bonsoir.
00:01:27Et bonsoir Agnès Ducharn.
00:01:29Vous êtes directrice de recherche au CNRS, hydrologue et climatologue.
00:01:33Merci de votre présence.
00:01:34À suivre aussi la petite histoire dans la grande avec Anna Cabana.
00:01:38Et oui, je vais vous raconter l'histoire des écologistes qui devraient être les grands gagnants
00:01:41et qui sont les grands effacés.
00:01:45Quelle histoire aussi à suivre avec vous, Olivier Ravanello ?
00:01:47Vous allez nous raconter quelle histoire ce soir ?
00:01:49L'histoire de cet accord avec l'Iran qui est sans doute le plus grand aveu de faiblesse des Etats
00:01:54-Unis
00:01:55depuis la Deuxième Guerre mondiale.
00:01:56Dans la deuxième partie de chaque voix qu'on me place à la question qui fâche.
00:01:59Voulez-vous savoir combien gagne votre voisin de bureau ?
00:02:02Question ce soir sur la transparence salariale alors que la France devra transposer dans son droit
00:02:07une directive européenne pour renforcer la transparence des salaires dans les entreprises.
00:02:12Les patrons sont très en colère et dénoncent une énième usine à gaz.
00:02:15On va en débattre tout à l'heure avec Philippe Coye qui est le porte-parole de la CPME,
00:02:20avec Eva Sasse qui est députée écologiste de Paris
00:02:22et on sera aussi avec Sandrine Dorbe qui est experte des rémunérations
00:02:26et autrice du livre « La rémunération n'est pas qu'une question d'argent »
00:02:30paru chez Duneau.
00:02:31On aimerait bien d'ailleurs qu'elle nous dise de quoi est une question autre que d'argent.
00:02:35Vous pouvez d'ailleurs vous aussi interroger nos invités ce soir
00:02:38ou nous faire part de vos réflexions.
00:02:39Vous flashez le petit QR code là, il est là.
00:02:41Et c'est Olivier Ravanello qui se charge de nous transmettre toutes vos questions au plateau.
00:02:45Et puis tout à l'heure il y aura aussi Bourbon Express, le journal de l'Assemblée nationale,
00:02:48avec Marco Pommier bien sûr.
00:02:50Voilà pour le menu de ce soir.
00:02:51Installez-vous confortablement, chaque voix compte c'est parti.
00:03:01D'ailleurs ce soir ce n'est pas chaque voix compte, c'est chaque degré compte.
00:03:05Parce que pour commencer je voulais vous proposer un petit voyage dans le temps.
00:03:08Pas le temps qu'il fait mais le temps qui passe.
00:03:10On est en 1961 et Paris suffoque.
00:03:14Tout à l'heure lorsque Anne-Marie Pesson vous a donné les températures du jour,
00:03:18vous avez pu voir qu'il a fait aujourd'hui à Paris par exemple 31,7 degrés.
00:03:24Record battu puisque hier il ne faisait à Paris que 31,3 degrés.
00:03:28Pourquoi cette chaleur tropicale à quelques jours de l'automne ?
00:03:32Et c'est ce que nous avons demandé à Monsieur Klaus qui est chargé d'informations auprès de la météo.
00:03:37Pourquoi cette chaleur tropicale ? 31,7 degrés à Paris, la chaleur fait la une des journaux parce qu'il
00:03:43fait 31 à Paris.
00:03:44Et 65 ans plus tard, les 30 degrés ne sont plus un événement.
00:03:48On regarde maintenant la barre des 40 qui a été franchie dès aujourd'hui dans l'Indre et qui le
00:03:53sera sans doute à Paris lundi prochain.
00:03:55Même question à tous les trois ce soir.
00:03:57Comment est-ce que vous qualifiez d'abord l'événement météo que nous sommes en train de vivre Fanny Agostini
00:04:02?
00:04:02Il est majeur, il est majeur puisqu'on a déjà eu un mois de mai historique.
00:04:07Là on commence à faire des comparaisons avec l'été 2003.
00:04:11Et on pourrait s'acheminer vers ce qu'on peut appeler le Big One, c'est-à-dire un événement
00:04:14jamais connu, un événement caniculaire jamais connu, sauf qu'il fallait s'y attendre.
00:04:19Le Big One c'est notamment la façon dont on parle d'un séisme à Los Angeles ou en Californie.
00:04:24Et là on en parle comme une bombe météorologique par exemple ?
00:04:29Un seuil supplémentaire franchi.
00:04:33Quand on regarde la trajectoire de référence de l'adaptation au changement climatique de Météo France, on est clairement sur
00:04:39les trajectoires.
00:04:402,7 degrés en 2050, d'augmentation de température pour la France hexagonale.
00:04:454 degrés à la fin du siècle et ça c'est si on reste dans le consensus international de réduction
00:04:51des émissions de gaz à effet de serre.
00:04:52Benoît Grenier.
00:04:54Oui alors c'est vrai que là c'est un épisode qu'on vit qui est vraiment, c'est le
00:04:58début d'une vague de chaleur qui pourrait être historique en intensité, en sa longueur également.
00:05:03C'est vrai qu'on commence à s'habituer presque avec une vague de chaleur précédente à la fin du
00:05:08mois de mai.
00:05:09Et c'est quelque chose auquel on risque d'être de plus en plus exposé, qui pourrait devenir la norme
00:05:13dans les prochaines années.
00:05:14Ça pourrait même être parmi finalement les étés pas si chauds que ça en moyenne par rapport aux étés qu
00:05:19'on aura dans 10 ans, dans 20 ans ou dans 30 ans.
00:05:21Mais ça c'est quelque chose qui n'est pas encore écrit.
00:05:22Je crois que c'est aussi ça qu'il faut bien retenir.
00:05:24C'est que l'ampleur du changement climatique et l'ampleur des impacts qu'on va subir va dépendre de
00:05:31l'action des États, de la France en particulier.
00:05:34Alors ça c'est intéressant.
00:05:34À la fois pour réduire les émissions et aussi pour s'adapter à ces nouvelles chaleurs et aux autres impacts.
00:05:38Ça fait partie des points qu'on va évidemment développer ce soir.
00:05:41Agnès Ducharn, quel regard porte la climatologue que vous êtes sur ce qu'on est en train de vivre là
00:05:46en ce moment ?
00:05:47Je suis venue en vélo, j'ai trouvé ça désagréable, mais comme l'a dit mon voisin, c'est quelque
00:05:54chose qui n'est pas surprenant pour nous les scientifiques qui travaillons sur ces sujets.
00:05:59Alors si on replace dans l'histoire, cet événement a des chances d'être à un record pour un mois
00:06:06de juin.
00:06:09Mais par contre, tous les records de chauds sont destinés à être battus dans les années, les décennies qui viennent.
00:06:17C'est vraiment ce que nous dit la science.
00:06:19Et si je peux me permettre de continuer sur les causes, le petit reportage audio là, c'était en 1961.
00:06:28Moi je suis née en 1971.
00:06:31En 1971, la teneur en CO2 dans l'atmosphère, c'était 325 ppm.
00:06:36C'est l'unité qu'on utilise pour compter les concentrations atmosphériques en ce gaz à effet de serre.
00:06:42Cette année, on vient de dépasser les 425 ppm.
00:06:46Donc on a pris 100 ppm, on a augmenté de presque 30 et quelques pourcents en 55 ans.
00:06:55Et c'est la raison pour laquelle il fait si chaud.
00:06:58Et tant qu'on continuera à injecter du dioxyde de carbone, d'autres gaz à effet de serre dans l
00:07:03'atmosphère,
00:07:03la température de la planète continuera d'augmenter.
00:07:06Et le pire, c'est que l'été n'a même pas commencé.
00:07:09Cette vague de chaleur, on le disait, c'est déjà la deuxième de ce printemps.
00:07:12Certains rappellent que c'est aussi la 52e depuis 1947.
00:07:16Sauf que plus de la moitié de ces 52 vagues ont eu lieu ces 15 dernières années.
00:07:20Nicolas Fleury.
00:07:28Avec 42 degrés dans ces rues ensoleillées, on guette le moindre recoin d'ombre,
00:07:33alors que les températures caniculaires continuent d'augmenter.
00:07:38Jusqu'à 38 degrés annoncés aujourd'hui sur une grande partie du pays, du sud-ouest à la Bourgogne.
00:07:44Et la chaleur restera ces prochains jours.
00:07:47Dimanche, une masse d'air très chaud fera même encore monter le thermomètre,
00:07:51à tel point que lundi, les températures pourraient dépasser les 40 degrés.
00:07:56On s'attend donc à battre des records.
00:07:59L'indicateur thermique national, la moyenne du pays, culminerait à 29,9 degrés.
00:08:05Un niveau jamais atteint, même au plus fort de la canicule de 2003.
00:08:11Un symptôme du dérèglement climatique auquel il faudra s'habituer, estime la ministre de l'écologie.
00:08:17On doit commencer à vivre avec une réalité qui est que notre pays se réchauffe.
00:08:25Et à mesure qu'il se réchauffe, les événements extrêmes se multiplient, s'intensifient,
00:08:31et bien évidemment sont de plus en plus précoces.
00:08:34Une tendance nette, en moyenne, il a fait aussi chaud à Paris dans l'année écoulée qu'à Montpellier en
00:08:411980.
00:08:43Et ce phénomène s'accélère.
00:08:45Le rythme actuel du réchauffement induit par les activités humaines, il est sans précédent.
00:08:52Les émissions de gaz à effet de serre aujourd'hui atteignent des niveaux encore.
00:08:55Et par ailleurs, on a fait des efforts pour diminuer, réduire les émissions de particules dans l'atmosphère,
00:09:01les aérosols, qui eux avaient un effet masquant.
00:09:04Et donc désormais, cette réduction de la pollution vient contribuer au réchauffement de la planète.
00:09:10Le réchauffement amplifie les phénomènes extrêmes, sécheresse, inondations, mais aussi les feux de forêt.
00:09:17La vigilance est de mise alors que cette vague de chaleur pourrait, selon certains modèles,
00:09:21durer jusqu'à la fin de semaine prochaine.
00:09:24– Agnès Ducharn, les experts du climat, quand ils regardaient les modèles il y a 20 ans,
00:09:29est-ce qu'ils avaient imaginé voir des 40 degrés aussi fréquents en 2026 ?
00:09:33– Oui.
00:09:34– Oui, oui, on a entendu dire qu'ils auraient pu prévoir,
00:09:39mais enfin nous, on prévoit ce genre de situation depuis bien longtemps,
00:09:43depuis, je dirais, une bonne trentaine d'années.
00:09:46– Qu'est-ce qui vous inquiète le plus dans les données actuelles ?
00:09:49– Ah ben c'est le fait que les émissions en gaz à effet de serre,
00:09:53donc la cause, l'essence dans le moteur du réchauffement, ne s'arrête pas, quoi, voilà.
00:09:59Donc, comme le disait mon voisin, on peut agir, on sait quoi faire.
00:10:06Tout le monde le sait, je crois, parce que le GIEC et tous les scientifiques
00:10:09ont fait un travail extraordinaire pour expliquer la relation qui est très simple.
00:10:14Plus on met de gaz à effet de serre dans l'atmosphère, plus ça chauffe.
00:10:16Et si on en met moins, ça chauffe moins.
00:10:18Et si on réussit à capter le CO2, on peut espérer refroidir, pardon.
00:10:25Malheureusement, capter le CO2, c'est très difficile.
00:10:28Donc la solution qui nous reste, mais qui n'est pas si difficile à faire à mon sens,
00:10:32c'est d'émettre moins de gaz à effet de serre et donc de brûler moins de combustible.
00:10:37– Et les dernières données pour la France ont montré qu'on avait émis moins
00:10:40de ces gaz à effet de serre en 2024 et en 2025.
00:10:44Ça veut dire qu'on est capable de progrès ?
00:10:47– On est capable de progrès, mais ils sont trop longs.
00:10:49Et en fait, tant qu'on émet des gaz à effet de serre, au-delà de ce que la biosphère
00:10:54terrestre,
00:10:55les arbres et la biosphère marie sont capables d'absorber quand ils font la photosynthèse,
00:11:00c'est ce qu'on appelle le puits de carbone par le vivant.
00:11:04Donc tant qu'on émet davantage que le puits, la concentration en dioxyde de carbone atmosphérique augmente
00:11:11et le climat se réchauffe.
00:11:13– Benoît Grenier ?
00:11:14– Oui, c'est vrai qu'on a pu voir ces derniers jours des résultats de la baisse des émissions
00:11:17de gaz à effet de serre en France
00:11:19par rapport à l'année dernière.
00:11:20Une baisse de 2,1%, ce qui est encourageant.
00:11:23Mais à partir de 2026, la baisse annuelle des émissions pour la France
00:11:27devrait être entre 5 et 6% pour les années suivantes.
00:11:30Donc ça veut dire que l'effort de réduction devrait être multiplié par 3.
00:11:33Et quand on regarde les rapports notamment du Haut Conseil pour le climat,
00:11:36on se rend compte que les actions structurelles, les investissements pour permettre d'avoir des politiques
00:11:41qui permettent de réduire les émissions de gaz à effet de serre de manière durable et rapide
00:11:45ne sont pas réalisées ces dernières années.
00:11:48Donc c'est très probable que dans les prochaines émissions, dans un an, deux ans, trois ans,
00:11:51on se rende compte plutôt que les émissions baissent, mais pas du tout autant qu'elles devraient baisser
00:11:56pour que la France atteigne ses objectifs de neutralité carbone en 2050.
00:12:00Parfois, Fanny, on se dit trop peu, trop tard.
00:12:02C'est beaucoup trop lent.
00:12:04Et le souci, c'est que sur votre petit reportage, vous mettiez en avant les méga-feux,
00:12:09les inondations, les sécheresses, évidemment.
00:12:12Mais s'il n'y avait que ça, il y a aussi les soucis de ruissellement,
00:12:16les soucis de production agricole, d'accès à l'eau,
00:12:19les soucis aussi d'augmentation de la sinistralité.
00:12:22Les compagnies d'assurance ne pourront bientôt plus assurer les biens.
00:12:25On le voit, même, on en a parlé ces dernières heures avec le réseau SNCF
00:12:29qui ne peut plus faire circuler les trains compte tenu la déformation des rails.
00:12:34Ça devient problématique.
00:12:35Voilà pourquoi il est important de parler d'atténuation,
00:12:37mais aussi, c'est le mot-clé, d'adaptation.
00:12:39Je vais paraphraser l'ancien ministre de l'écologie, Christophe Béchut,
00:12:42qui disait que les politiques d'atténuation sont difficiles à mettre en œuvre
00:12:46car il faut un consensus international.
00:12:48L'adaptation n'a pas cette excuse.
00:12:50Il faut réagir tout de suite et très fort.
00:12:52Alors, justement, depuis quelques mois, l'État français a adopté un document
00:12:55qui n'est pas très connu du grand public,
00:12:57la TRAC, la trajectoire de réchauffement de référence
00:12:59pour l'adaptation au changement climatique.
00:13:01Cette TRAC se double d'un autre acronyme,
00:13:04le PNAC, le Plan National d'Adaptation au Changement Climatique.
00:13:07Est-ce que ça veut dire que, petit à petit, il y a eu une prise de conscience ?
00:13:11On avait beaucoup entendu, lors de la canicule du mois de mai,
00:13:16des accusations contre le pouvoir politique qui ne réagissaient pas assez vite
00:13:20et qui semblaient regarder cet épisode de chaleur
00:13:23comme un accident qui allait passer.
00:13:25Il faut se mettre en ordre de bataille et aucun acteur ne peut activer
00:13:28les bons leviers à lui tout seul.
00:13:30Donc, ça doit nécessairement passer par de la coopération,
00:13:33par de la stratégie dans les territoires.
00:13:35Et on a les solutions, on a les solutions techniques
00:13:38et je pense qu'il faut absolument voir les deux volets,
00:13:41l'aspect climatique, mais aussi la biodiversité.
00:13:44La biodiversité et sa préservation, c'est notre meilleur allié
00:13:47pour faire face au changement climatique.
00:13:49Quand on reméandre une rivière, par exemple,
00:13:51quand on empêche, on augmente le cycle de l'eau,
00:13:54quand on redonne de la vie dans les sols,
00:13:57on augmente leur capacité d'absorption et on limite le ruissellement.
00:14:01Quand on va, par exemple, en Outre-mer, reconstituer une mangrove,
00:14:04on sait qu'une mangrove absorbe 30% d'une onde cyclonique.
00:14:07Donc, évidemment qu'il faut préserver le vivant
00:14:09pour être en mesure de faire face au changement climatique,
00:14:13s'organiser collectivement et dans les territoires
00:14:14et bien sûr miser sur les solutions fondées sur la nature.
00:14:17Dans la trajectoire, cette fameuse traque adoptée par l'État français,
00:14:22il est prévu une France à plus 4 degrés,
00:14:25un réchauffement pouvant aller jusqu'à plus 4 degrés d'ici 2100.
00:14:29D'abord, est-ce que, Agnès Duchamp, ça vous semble réaliste ?
00:14:32Et une France à plus 4 degrés, ça veut dire quoi ?
00:14:36Alors, la France à plus 4 degrés, ce que ça veut dire ?
00:14:39Je crois qu'il n'y a pas grand monde qui est capable de s'imaginer
00:14:43vraiment, complètement ce que ça peut représenter.
00:14:44Pour les Français, 4 degrés, on se dit, bon, 4 degrés, ça va.
00:14:46Alors que 4 degrés, c'est énorme.
00:14:48Alors, ce que je peux déjà donner à dire, c'est qu'à l'heure actuelle,
00:14:52on est déjà à plus 2,2 degrés en France,
00:14:55en moyenne sur le territoire hexagonal,
00:14:57par rapport au climat qui prévalait avant la révolution industrielle,
00:15:01au XIXe siècle.
00:15:02Donc, on a déjà fait la moitié du chemin, plus de la moitié du chemin,
00:15:06et sachant que la cible pour l'adaptation de 4 degrés,
00:15:12elle se situe en 2100.
00:15:14D'accord ?
00:15:14Ça correspond à un réchauffement global de plus 3 degrés.
00:15:18Et plus 3 degrés par rapport aux pré-industriels,
00:15:21en moyenne globale sur la Terre,
00:15:23ça fait partie, c'est pas du tout une des trajectoires,
00:15:25un des scénarios les pires parmi ceux qui sont analysés par le GIEC
00:15:31depuis que le GIEC existe.
00:15:34Donc, c'est un scénario médian, on va dire,
00:15:37sachant que le plus pessimiste des scénarios qui sont analysés,
00:15:43où on continue d'émettre énormément de gaz à effet de serre,
00:15:46qui n'est pas cohérent avec la mise en place,
00:15:50la généralisation de l'accord de Paris.
00:15:52Mais d'un autre côté, peut-on croire que l'accord de Paris
00:15:56continuera à prévaloir ?
00:15:57Dans le monde d'aujourd'hui, c'est pas sûr.
00:15:59Donc, en tout cas, le scénario le plus pessimiste,
00:16:01il amène à plus 4,4 degrés en moyenne globale.
00:16:06Et donc, la moyenne française, elle est plus élevée que la moyenne globale.
00:16:10Ça, c'est quelque chose qu'on constate, qui se comprend bien.
00:16:13Les continents se réchauffent plus vite que les océans.
00:16:15Et puis, l'Europe et la France, comme la neige, les glaciers fondent,
00:16:19leur pouvoir refroidissant s'atténue.
00:16:22Et ça contribue beaucoup à booster le réchauffement de notre pays.
00:16:26Ce sont les boucles de rétroaction, tout simplement.
00:16:28Donc, des effets d'emballement supplémentaires.
00:16:30Et ce que j'aimerais rajouter, c'est que là,
00:16:32ce qu'on est en train de vivre, cette vague de chaleur insensée,
00:16:35pour un mois de juin,
00:16:36elle se déroule indépendamment du gros El Nino,
00:16:40qui est en train de se manifester.
00:16:41On y viendra tout à l'heure, El Nino.
00:16:43Parce que ça y est, il a commencé.
00:16:44Il faut insister là-dessus, parce que cette chaleur diffuse,
00:16:46ce transfert de chaleur, il n'est pas encore sous nos latitudes.
00:16:49Mais il va arriver en 2027, en 2028, en 2029.
00:16:53Et là, je pense qu'on va rentrer dans le dur.
00:16:54On en parlera tout à l'heure de El Nino.
00:16:56Il y avait une question téléspectateur, Olivier.
00:16:58Oui, absolument.
00:16:58Une question qui posait par Assène
00:16:59et qui s'interroge sur les impacts sur la santé publique.
00:17:04On est tous gênés parce qu'il fait chaud.
00:17:06Est-ce que ça va plus loin ?
00:17:07Est-ce qu'il y a des impacts importants ?
00:17:09Et quelles peuvent être les pistes pour les atténuer ?
00:17:11Benoît Granier.
00:17:12Oui, les impacts sont énormes.
00:17:15Quand on regarde la revue scientifique,
00:17:16le Lancet, en 2009, disait que le changement climatique
00:17:19était la menace numéro un pour la santé publique au XXIe siècle.
00:17:22L'OMS a lancé un appel à l'action
00:17:24pour préserver la santé publique également il y a quelques années.
00:17:27C'est quelque chose qui est très largement documenté aujourd'hui.
00:17:31Notamment par un livre écrit par Kevin Jean
00:17:33qui montre bien tous les impacts du changement climatique sur la santé.
00:17:36Si on pourra en reparler,
00:17:37tous les gains pour la santé qu'on a à agir
00:17:40pour limiter le changement climatique, même si on a juste...
00:17:42Vous avez quelques exemples ?
00:17:43Alors, des exemples, oui.
00:17:44Aujourd'hui, par exemple,
00:17:46dès que vous avez la température qui augmente,
00:17:49vous avez une hausse des risques d'AVC,
00:17:51d'infarctus du myocarde.
00:17:54Chaque année, à cause des excès de chaleur en France,
00:17:57on se retrouve à avoir 5 à 6 000 décès
00:18:00qui n'auraient pas lieu sans ces vagues de chaleur exceptionnelles.
00:18:03Au niveau de l'Europe, en 2022,
00:18:04c'est 64 000 personnes qui sont mortes
00:18:07à cause du changement climatique.
00:18:08Et ça pose des problèmes non seulement sur la santé publique,
00:18:11sans parler même des maladies infectieuses
00:18:13qui sont de plus en plus présentes.
00:18:14La maladie de Lyme, le chikungunya, la dengue,
00:18:19toutes les maladies véhiculées par des insectes,
00:18:22on va être de plus en plus concernés en France.
00:18:25Et il y a un autre rapport à ce sujet
00:18:27qui est sorti d'ailleurs aujourd'hui par Oxfam,
00:18:29qui s'appelle Santé et climat,
00:18:31comment le changement climatique menace notre santé,
00:18:35qui montre que les impacts sont aussi majeurs,
00:18:37pas uniquement sur la santé humaine,
00:18:39mais aussi sur le système de santé.
00:18:40Et le système de santé aujourd'hui,
00:18:42dont 60% des bâtiments approchent du seuil de vétusté,
00:18:46ne sont pas du tout équipés pour faire face
00:18:48au changement climatique.
00:18:49D'autant plus que, qui dit changement climatique
00:18:51et vague de chaleur, dit sur un été,
00:18:53plus de 33 000 personnes ces dernières années,
00:18:56chaque été, qui se retrouvent à aller aux urgences
00:18:58à cause des épisodes de forte chaleur.
00:19:00Mais on parlait d'adaptation tout à l'heure.
00:19:01Est-ce que nos organismes s'habituent ?
00:19:04C'est-à-dire, nous, quand on était petit,
00:19:05quand on atteignait 30 degrés,
00:19:07effectivement, c'était un événement.
00:19:08Là, on commence à atteindre les 40 degrés.
00:19:11Est-ce que nos corps, eux aussi, s'adaptent ?
00:19:14Si c'est toute la question, on plonge dans l'inconnu.
00:19:16On parle d'habitabilité de la planète Terre.
00:19:20Est-ce que, jusqu'où l'adaptation est-elle possible ?
00:19:23Est-ce que, Agnès Ducharne,
00:19:25un enfant qui entre aujourd'hui à l'école primaire,
00:19:27il va connaître une journée à 50 degrés en France ?
00:19:30Ce n'est pas du tout exclu.
00:19:32Surtout s'il habite dans le sud de la France.
00:19:34Mais même à Paris, ça fait partie des choses
00:19:36qui sont envisagées sérieusement.
00:19:37La mairie de Paris a fait toute une analyse
00:19:40sur 50 degrés à Paris
00:19:43pour s'adapter, justement,
00:19:44pour essayer de mettre en place
00:19:46des modes de réaction.
00:19:49Mais je pense que, par rapport au fait
00:19:51que nos organismes puissent s'habituer ou pas,
00:19:54il y a deux éléments à garder en tête.
00:19:57Premièrement, le changement climatique,
00:19:58il ne s'arrête pas.
00:20:00Donc, on peut peut-être s'adapter,
00:20:02mais il y a quelque chose qui ne fait que bouger.
00:20:04La flèche, elle bouge,
00:20:05et puis nous, on doit la suivre.
00:20:07Et par ailleurs, il y a des seuils
00:20:09de température et d'humidité
00:20:11qui sont absolus pour la santé humaine.
00:20:13Quand on dépasse 37 degrés,
00:20:16ça ne va pas du tout.
00:20:17C'est la température de notre corps.
00:20:19Exactement.
00:20:21Si ça dépasse 41, 42,
00:20:24on est en hyperthermie, c'est tout.
00:20:26Et il n'y a rien d'autre à faire.
00:20:27Vivre à 50 degrés, c'est impossible ?
00:20:30Alors, c'est possible.
00:20:31Dans les pays les plus...
00:20:33Si l'air est sec,
00:20:35en buvant beaucoup, on se refroidit.
00:20:37On a une capacité à se refroidir
00:20:39par notre transpiration.
00:20:40Mais si l'air est humide, c'est impossible.
00:20:42On meurt.
00:20:43Pourquoi d'ailleurs cette idée des 50 degrés,
00:20:45elle choque encore ?
00:20:46Alors qu'on parlait déjà des 40 degrés
00:20:47comme d'un fantasme il y a 12 ans,
00:20:49on a tous en tête la fameuse carte météo
00:20:51de 2050 d'Evelyne Delia.
00:20:53C'était sur TF1 et c'était une simulation
00:20:56qu'elle avait présentée en 2014.
00:20:57A l'époque d'ailleurs,
00:20:59beaucoup s'étaient moqués de cette carte.
00:21:01On s'est amusé à regarder la carte météo
00:21:03de lundi prochain,
00:21:04il se trouve que c'est celle-là.
00:21:06Est-ce qu'on est comme ces grenouilles
00:21:08qu'on plonge dans l'eau froide
00:21:09et qui ne se rendent pas compte
00:21:11que l'eau va bouillir ?
00:21:12L'analogie est superbe, oui,
00:21:14c'est un petit peu ça
00:21:15et ça expliquerait peut-être aussi
00:21:16notre inaction,
00:21:17ou en tout cas la mollesse de l'action.
00:21:19Mais est-ce que c'est un problème
00:21:21de prise de conscience ?
00:21:23C'est un problème d'alerte ?
00:21:24Parce qu'encore une fois,
00:21:25je pense à tous les experts du GIEC
00:21:27qui alertent depuis tant d'années
00:21:29aux climatologues
00:21:30et pourtant on est encore à rire
00:21:33quand on se dit
00:21:33bientôt il fera 50 degrés.
00:21:35Je ne sais pas si on rit,
00:21:37pardon, vous vouliez répondre,
00:21:38mais je pense à Sébastien Boller,
00:21:39ce docteur en neurosciences
00:21:40qui a écrit ce best-seller
00:21:42Le Bug Humain
00:21:42et qui explique pourquoi
00:21:43effectivement malgré ce que l'on sait,
00:21:45au regard de ce que l'on sait,
00:21:46on continue perpétuellement
00:21:48à émettre des gaz à effet de serre
00:21:49ou en tout cas on continue
00:21:51cette gabegie insensée
00:21:53des ressources naturelles.
00:21:56Là, il a écrit un dernier ouvrage
00:21:58sur les mécanismes de la peur
00:21:59et pourquoi aujourd'hui
00:22:01nous entrons dans l'ère
00:22:02des polycrises,
00:22:03dans l'ère des fluctuations
00:22:04et pourquoi ça a tendance
00:22:06à inhiber encore plus l'action
00:22:08et à nous crisper.
00:22:10Donc, je n'ai pas de réponse
00:22:14très réjouante à donner,
00:22:15mais peut-être que ça expliquerait
00:22:16effectivement,
00:22:17est-ce que l'humain
00:22:17est en capacité
00:22:19d'encaisser toutes ces menaces
00:22:21à l'échelle globale ?
00:22:22Oui, je pense que sur ce sujet,
00:22:23il faut bien se rendre compte
00:22:25qu'aujourd'hui,
00:22:25les émissions de gaz à effet de serre,
00:22:27elles sont ici
00:22:27de la combustion
00:22:28des énergies fossiles.
00:22:30Donc, on a des acteurs économiques
00:22:31qui aujourd'hui font le choix
00:22:32de continuer
00:22:33à utiliser
00:22:35des énergies fossiles.
00:22:36On a aussi des politiques publiques,
00:22:38donc des États,
00:22:38des gouvernements
00:22:39qui aussi pourraient agir.
00:22:41Si vous regardez
00:22:41au niveau de la population,
00:22:42tous les sondages montrent
00:22:43qu'il y a un soutien massif
00:22:45de la population,
00:22:46peu importe les générations,
00:22:47peu importe les partis politiques,
00:22:49pour une action forte
00:22:50pour le climat.
00:22:51Donc, là où ça bloque
00:22:52aussi aujourd'hui,
00:22:53c'est des choix politiques
00:22:54des gouvernements
00:22:55en place,
00:22:56c'est aussi des intérêts,
00:22:58des intérêts économiques,
00:22:59sectoriels,
00:22:59qui sont défendus
00:23:00par des entreprises,
00:23:01qui sont défendus aussi
00:23:02par leur relais
00:23:03au Parlement
00:23:03et au gouvernement,
00:23:05parce qu'aujourd'hui,
00:23:06on sait exactement
00:23:06comment agir
00:23:07et on sait que l'adaptation
00:23:08ne peut pas être individuelle.
00:23:09On ne peut pas continuer
00:23:10à demander aux gens
00:23:11quand il fait très chaud
00:23:11d'aller dans un endroit frais,
00:23:14trouver l'ombre,
00:23:15hydratez-vous.
00:23:16L'adaptation,
00:23:16c'est quelque chose
00:23:17qui doit être collectif,
00:23:18c'est de se dire comment,
00:23:19alors qu'on aura
00:23:19de plus en plus
00:23:20de vagues de chaleur
00:23:21qui sont plus intenses,
00:23:23plus longues
00:23:23et plus précoces,
00:23:25comment est-ce qu'on fait
00:23:25pour faire face
00:23:26à tout ça ?
00:23:27Aujourd'hui,
00:23:28on sait ce qu'il faut faire.
00:23:29Il faut végétaliser les villes
00:23:30plus l'espace vert,
00:23:31plus d'arbres,
00:23:33plus d'eau.
00:23:33Il faut aussi rénover
00:23:34les bâtiments
00:23:35avec plus d'isolation,
00:23:37avec plus de protection solaire.
00:23:39Il faut aussi agir
00:23:40au niveau de comment est-ce
00:23:42qu'on pense le travail.
00:23:44Aujourd'hui,
00:23:45quand on est travailleur
00:23:46à l'extérieur...
00:23:46Pardon,
00:23:47je ne vous entends pas
00:23:47parler de climatisation.
00:23:49Quand il fait 40 degrés
00:23:51à l'ombre.
00:23:52La climatisation...
00:23:53L'isolation,
00:23:54c'est bien,
00:23:54mais ça enferme aussi
00:23:55la chaleur à l'intérieur.
00:23:56La climatisation,
00:23:57c'est une solution
00:23:58qui est indispensable
00:23:59dans certains cas.
00:24:00Vous êtes dans des hôpitaux
00:24:01avec des personnes malades
00:24:02où il fait 35 ou 40 degrés.
00:24:04Vous avez des personnes malades
00:24:05ou vulnérables à domicile.
00:24:07Dans certains cas,
00:24:07la climatisation,
00:24:08parce qu'on n'est pas préparé,
00:24:10parce que depuis 30 ans,
00:24:11alors ce qu'on sait,
00:24:11on ne s'est pas préparé
00:24:13pour pouvoir faire face
00:24:13à la chaleur sans clim.
00:24:15Aujourd'hui,
00:24:15on en a besoin à court terme.
00:24:17Mais si on met en place
00:24:18toutes ces politiques
00:24:18pour isoler,
00:24:20pour végétaliser,
00:24:21etc.,
00:24:22demain,
00:24:22la climatisation
00:24:23sera plus nécessaire.
00:24:24Ou alors,
00:24:24dans certains cas,
00:24:25d'appoint,
00:24:25mais pas du tout
00:24:26comme aujourd'hui.
00:24:27Et là,
00:24:27ce qui est vraiment dommageable,
00:24:28c'est que l'action du gouvernement
00:24:31pour justement s'adapter,
00:24:32elle est largement insuffisante.
00:24:34Je vais vous donner
00:24:34juste un exemple.
00:24:35Le fonds vert
00:24:36qui a été mis en place
00:24:37par le gouvernement
00:24:38il y a quelques années
00:24:39pour permettre financièrement
00:24:40aux collectivités
00:24:41de venir isoler,
00:24:43rénover le bâti.
00:24:44Le bâti,
00:24:45on parle des hôpitaux,
00:24:46on parle des écoles
00:24:47qui sont en grande difficulté
00:24:48aujourd'hui.
00:24:49Ce fonds vert
00:24:49avait 2,4 milliards d'euros
00:24:51il y a deux ans.
00:24:53Son budget a été divisé
00:24:54par deux l'année dernière.
00:24:55Il a encore été réduit
00:24:57au lendemain
00:24:57de la canicule de mai.
00:24:59Donc on a un fonds
00:25:00qui est censé aider
00:25:00les collectivités
00:25:01à s'adapter
00:25:02au changement climatique.
00:25:03Il a été réduit
00:25:03par trois
00:25:04en l'espace de trois ans.
00:25:05Olivier Ravanello,
00:25:06question.
00:25:06Une question de Marilyn
00:25:07qui se demande
00:25:09si l'avenir n'est pas
00:25:09au nomadisme.
00:25:11Allez vers le nord.
00:25:12Les réfugiés climatiques.
00:25:14Une transhumance
00:25:15saisonnière
00:25:15pour les humains.
00:25:16Pourquoi pas.
00:25:17Allez vivre ailleurs.
00:25:18C'est dramatique.
00:25:18Il est très chaud
00:25:18dans le nord aussi.
00:25:19Si vous vous souvenez,
00:25:20il y a quelques années,
00:25:21les incendies en Sibérie,
00:25:24au Québec,
00:25:26au Canada,
00:25:28au nord de New York,
00:25:29etc.
00:25:30En fait,
00:25:31le changement climatique
00:25:32affecte l'intégralité
00:25:34de la planète
00:25:34et les pôles
00:25:35bien plus que le reste.
00:25:3620 degrés en Antarctique
00:25:37la semaine dernière,
00:25:39par exemple.
00:25:40Donc même là-bas,
00:25:40on aura chaud en fait.
00:25:42Vous ne parlez pas
00:25:43dans les causes
00:25:43du plastique,
00:25:44du microplastique.
00:25:46Il y a beaucoup d'études
00:25:46qui sont en train
00:25:47de le pointer
00:25:48et qui disent
00:25:48qu'il y a aussi
00:25:49dans ces microparticules
00:25:50qui sont dans l'air,
00:25:52un des leviers principaux
00:25:54du réchauffement climatique.
00:25:56Moi,
00:25:57je n'ai jamais entendu
00:25:58parler de ça.
00:25:59Tout à l'heure,
00:26:00on parlait de El Nino
00:26:00et c'est vrai
00:26:01que depuis quelques jours,
00:26:02le El Nino réapparaît
00:26:03dans toutes les agences
00:26:05météo du monde
00:26:05parce qu'il vient
00:26:06de commencer
00:26:07dans le Pacifique.
00:26:08Alors,
00:26:08si vous avez oublié
00:26:09vos cours de géo,
00:26:11piqûre de rappel
00:26:12d'abord avec
00:26:12Dario Borgogno.
00:26:15sécheresse,
00:26:16inondation
00:26:16et température record,
00:26:19voilà à quoi
00:26:19pourrait ressembler
00:26:20le monde entier
00:26:21dans les prochains mois.
00:26:22La faute
00:26:23au phénomène naturel
00:26:24nommé El Nino
00:26:25de retour depuis mai.
00:26:27Tout se passe
00:26:27au centre
00:26:28et à l'est
00:26:28du Pacifique.
00:26:30En temps normal,
00:26:30les vents chassent
00:26:31les eaux chaudes
00:26:32de surface
00:26:32dans ces régions
00:26:33mais tous les 2 à 7 ans,
00:26:35ces vents faiblissent
00:26:36ou se renversent.
00:26:37Conséquence,
00:26:38les températures
00:26:39de ces eaux
00:26:39se réchauffent.
00:26:40De quoi favoriser
00:26:42les événements
00:26:42météorologiques extrêmes
00:26:44dans plusieurs parties
00:26:45du globe.
00:26:46Sécheresse en Afrique,
00:26:47Australie et Asie,
00:26:48pluie abondante
00:26:49aux Etats-Unis
00:26:50et dans le Pacifique équatorial.
00:26:51Pour la France,
00:26:52la Nouvelle-Calédonie
00:26:53et les Antilles
00:26:54devraient être
00:26:54particulièrement touchées.
00:26:56L'Hexagone aussi,
00:26:57indirectement,
00:26:58avec des vagues
00:26:59de chaleur anormales.
00:27:00El Nino
00:27:01a pour conséquence
00:27:02sur la planète
00:27:03de causer
00:27:04un réchauffement
00:27:05même s'il est temporaire.
00:27:06On prend le dernier
00:27:08en 2023.
00:27:09L'année qui a suivi
00:27:10a été l'année
00:27:10la plus chaude
00:27:11jamais enregistrée,
00:27:122024.
00:27:14De manière générale,
00:27:15les températures
00:27:16planétaires
00:27:16devraient être élevées.
00:27:18El Nino
00:27:19atteint généralement
00:27:19son pic en fin d'année
00:27:20et cette fois-ci,
00:27:22il s'ajoutera
00:27:22à un climat
00:27:23déjà très réchauffé
00:27:24par les activités humaines.
00:27:25Les spécialistes alertent.
00:27:27En 2026,
00:27:28le phénomène
00:27:29pourrait avoir
00:27:29une intensité inédite
00:27:31depuis plus de 70 ans.
00:27:33Agnès Dugernes,
00:27:34on se fait peur
00:27:35avec Super El Nino ?
00:27:37Non,
00:27:38on ne se fait pas peur.
00:27:39Ce n'est pas encore sûr
00:27:40que ce sera
00:27:41le Nino du siècle.
00:27:43Il va falloir attendre
00:27:44l'automne
00:27:45pour voir.
00:27:47C'est le moment
00:27:48où ces événements
00:27:49sont les plus importants.
00:27:52Non,
00:27:53on ne se fait pas peur.
00:27:54C'est la réalité.
00:27:56C'est la variabilité naturelle
00:27:58du climat
00:27:58qui est ces événements
00:27:59périodiquement.
00:28:01Il peut être
00:28:02particulièrement fort
00:28:03ou pas.
00:28:03Mais ça se rajoute
00:28:05à une ligne de base
00:28:06croissante
00:28:07de température
00:28:08dont on connaît
00:28:09parfaitement les causes
00:28:10et dont on connaît
00:28:12parfaitement aussi
00:28:13les possibles possibilités
00:28:14de correction.
00:28:16Pourquoi est-ce que
00:28:17certains modèles
00:28:17évoquent un épisode
00:28:18parmi les plus intenses
00:28:20depuis 1950 ?
00:28:22Ce qui est certain,
00:28:23c'est vrai qu'il reste encore...
00:28:25On ne peut pas prédire encore
00:28:27que ce sera
00:28:28le El Nino du siècle.
00:28:29En revanche,
00:28:29ce que l'on sait,
00:28:30c'est qu'à chaque fois
00:28:30qu'un El Nino se produit,
00:28:31on franchit des sauts
00:28:32de température,
00:28:34des effets cliqués,
00:28:36des effets de seuil.
00:28:37Donc,
00:28:37on peut s'imaginer
00:28:38qu'il va y avoir
00:28:39une surcouche,
00:28:40un climat qui se réchauffe déjà,
00:28:42un El Nino qui se superpose.
00:28:44On va avoir
00:28:46des phénomènes caniculaires
00:28:49forcément.
00:28:49Alors,
00:28:49peut-être pas sous nos latitudes,
00:28:50mais les années à venir...
00:28:51Les antifrançaises,
00:28:52par exemple ?
00:28:53Bien sûr,
00:28:54bien sûr.
00:28:54Mais voilà,
00:28:55c'est un petit peu difficile
00:28:56d'avoir vraiment
00:28:57une perception d'ensemble.
00:28:58où est-ce que ça va chauffer
00:28:59en 2027-2028 ?
00:29:01Mais voilà,
00:29:01le El Nino devrait venir
00:29:02renforcer en tout cas
00:29:03cette sensation.
00:29:04Mais est-ce que c'est
00:29:05le dérèglement climatique
00:29:06qui renforce El Nino
00:29:07ou est-ce que c'est l'inverse ?
00:29:09L'océan absorbe
00:29:11la chaleur excédentaire
00:29:12à plus de 90%.
00:29:13Donc,
00:29:14cette chaleur,
00:29:15cette chaleur contenue
00:29:16dans l'océan
00:29:17va être transférée.
00:29:18Et il faut bien
00:29:18qu'à un moment donné,
00:29:19elle se répartisse
00:29:20sur le globe.
00:29:21Et c'est ainsi
00:29:22qu'on parle
00:29:23d'emballement
00:29:24et de dérive climatique.
00:29:26Je lisais ce matin
00:29:27que Paris est en train
00:29:28de se méditerranéiser.
00:29:31C'est-à-dire qu'on a
00:29:32là,
00:29:33les températures à Paris
00:29:34qui sont celles
00:29:35de Montpellier
00:29:36il y a 40 ans.
00:29:38Je ne sais pas
00:29:38si on peut voir
00:29:38cette courbe
00:29:39qui a été publiée
00:29:39par le Parisien ce matin.
00:29:41Est-ce que c'est
00:29:42ce qui est en train
00:29:43de se passer ?
00:29:43On a un décalage climatique
00:29:45qui fait que
00:29:46des zones du nord
00:29:47de la France
00:29:48deviennent
00:29:49des villes du sud
00:29:50d'il y a 40 ans ?
00:29:51La courbe le montre
00:29:52très clairement.
00:29:53C'est ce qui est
00:29:54en train de se passer.
00:29:55Et le point
00:29:55qui est quand même
00:29:56le plus inquiétant
00:29:57dans tout ça,
00:29:58c'est que la courbe
00:29:59elle va continuer.
00:30:00Et bientôt,
00:30:01Paris pourra atteindre
00:30:03les températures
00:30:04de...
00:30:04Avec toutes les conséquences
00:30:05climatiques les plus graves.
00:30:07de Rome.
00:30:07Regardez en 2022
00:30:08les incendies en Bretagne
00:30:10sur les monts d'Arrée.
00:30:12Les pompiers bretons
00:30:13commencent à se former
00:30:14au contact des pompiers
00:30:15du sud de la France.
00:30:16Mais ça veut dire aussi
00:30:17que le sud de la France
00:30:18ça va devenir
00:30:20le nord de l'Afrique ?
00:30:21Aussi ?
00:30:22Bah oui,
00:30:23c'est ça.
00:30:23Le fait que ça se réchauffe
00:30:24de manière continue
00:30:25partout et tout le temps
00:30:27depuis plus de 50 ans.
00:30:30C'est ça les conséquences.
00:30:31Il faut l'affronter en face,
00:30:32je crois,
00:30:33il serait temps.
00:30:34Est-ce que les politiques
00:30:35tiennent le bon discours ?
00:30:36Non.
00:30:38C'est-à-dire ?
00:30:39C'est-à-dire que...
00:30:41Qu'est-ce qu'ils devraient faire ?
00:30:42Qu'est-ce qu'ils devraient dire ?
00:30:43Qu'est-ce qu'ils ne disent pas ?
00:30:45Ils disent beaucoup de choses.
00:30:47Donc sans doute
00:30:47que dans tout ce qu'ils disent,
00:30:48il y a peut-être
00:30:49le bon discours.
00:30:50Mais comme ils ne font pas
00:30:51grand-chose,
00:30:51c'est là, à mon sens,
00:30:53le problème.
00:30:56Fanny ?
00:30:57Qu'en rajouter
00:30:58ce qu'on vient de dire Agnès ?
00:30:59C'est désolant.
00:31:00Moi, ça fait
00:31:00depuis une quinzaine d'années
00:31:01que je suis de près
00:31:04ces sujets.
00:31:05Je suis happée par ces sujets,
00:31:06inquiète par ces sujets,
00:31:08pour ne pas dire anxieuse
00:31:09à cause de ces sujets.
00:31:10Évidemment que je...
00:31:12C'est pour ça que j'insistais
00:31:13tout à l'heure
00:31:13quand vous parliez
00:31:14d'atténuation,
00:31:15j'insistais sur le volet
00:31:16d'adaptation
00:31:16puisque nous n'avons plus le choix.
00:31:17C'est une nécessité absolue
00:31:19de s'adapter à présent
00:31:20puisqu'on est embarqué,
00:31:21le climat est embarqué
00:31:22vers un réchauffement inéluctable.
00:31:24Oui, Benoît ?
00:31:25Oui, sur ce sujet-là,
00:31:26c'est vrai qu'il faut rappeler déjà
00:31:27que la France a été condamnée
00:31:29en 2021
00:31:30pour inaction climatique,
00:31:31ce qui montre bien
00:31:31le manque d'action.
00:31:34Et c'est vrai
00:31:35qu'il y a un enjeu
00:31:36primordial d'adaptation.
00:31:37Le changement climatique
00:31:38va se poursuivre,
00:31:39on ne sait pas encore
00:31:39dans quelle ampleur,
00:31:40il faudra être adapté.
00:31:42Et cet enjeu
00:31:42de l'atténuation,
00:31:43donc de réduire les émissions,
00:31:44il est aussi indispensable
00:31:46parce que quand vous avez
00:31:47une baignoire qui déborde,
00:31:49vous pouvez éponger,
00:31:50il faut éponger,
00:31:51mais si vous ne fermez pas
00:31:52le robinet,
00:31:53elle va continuer à déborder
00:31:54et vous ne pourrez plus éponger.
00:31:56Et ce qui est une bonne nouvelle,
00:31:58encore une fois,
00:31:58c'est qu'on sait
00:31:59ce qu'il faut faire
00:32:00pour réduire les émissions
00:32:01de gaz à effet de serre
00:32:01et on sait aussi
00:32:02que ça peut avoir
00:32:03des impacts très positifs,
00:32:04même au niveau de la France,
00:32:06même dans l'hypothèse
00:32:07très improbable
00:32:08où seule la France agissait,
00:32:10très improbable,
00:32:11parce que beaucoup
00:32:12d'autres pays agissent,
00:32:13bougent beaucoup
00:32:14parce qu'on comprend
00:32:15quand même
00:32:15tous les impacts
00:32:16de ce phénomène,
00:32:17mais si seule la France
00:32:18agissait pour atteindre
00:32:19la neutralité carbone
00:32:20en 2050,
00:32:21on pourrait avoir
00:32:2215 à 20%
00:32:23de décès évités.
00:32:26Pourquoi ?
00:32:27Parce que les politiques
00:32:28climatiques,
00:32:28c'est des politiques
00:32:29où on développe
00:32:29les mobilités actives,
00:32:31c'est des politiques
00:32:31où on a moins
00:32:32de voitures thermiques,
00:32:33donc moins de pollution
00:32:34de l'air,
00:32:34c'est des politiques
00:32:35où on va aller vers
00:32:36moins de viande
00:32:36et moins d'élevage intensif
00:32:38et donc tout ça,
00:32:39ça permet,
00:32:39non seulement ça baisse
00:32:40les émissions de gaz à effet de serre,
00:32:41mais aussi ça améliore
00:32:42la santé de la population,
00:32:43ça permet aussi
00:32:44de créer davantage d'emplois.
00:32:46À horizon 2030,
00:32:47on parle de 150 000
00:32:48à 500 000 emplois
00:32:50créés par la transition écologique.
00:32:51Puisqu'on parle de politique
00:32:52et d'écologie,
00:32:53la petite histoire
00:32:54dans la grande
00:32:54tout de suite
00:32:55avec Anna Cabana.
00:33:00Oui, c'est ce que
00:33:01vous vouliez nous dire
00:33:01ce soir, Anna,
00:33:02l'histoire des écologistes
00:33:03qui devraient être
00:33:05sur le devant de la scène
00:33:06aujourd'hui
00:33:06et qui sont les grands effacés.
00:33:08Il y a quelque chose
00:33:08de paradoxal,
00:33:09presque cruel
00:33:10dans l'histoire récente
00:33:11de l'écologie politique.
00:33:12Les écologistes ont été,
00:33:13on le sait,
00:33:14les premiers à alerter
00:33:15sur l'ébouversement climatique,
00:33:16l'épuisement des ressources,
00:33:17la fragilité des écosystèmes
00:33:19et j'en passe.
00:33:20Et au moment où le réel
00:33:21leur donne mille fois raison,
00:33:23canicules, sécheresse,
00:33:24incendies, inondations,
00:33:24que l'urgence climatique
00:33:26n'est plus un concept
00:33:28mais une expérience
00:33:28vécue par chacun
00:33:30et chacune d'entre nous,
00:33:32eh bien le poids électoral
00:33:33des écolos
00:33:34est marginalissime.
00:33:36L'écologie est partout
00:33:37et les écologistes, eux,
00:33:39pénètrent quelque part.
00:33:40Ils ont perdu,
00:33:40vous l'avez vu,
00:33:41six grandes villes
00:33:42qui avaient été conquises
00:33:43en 2020,
00:33:44notamment Bordeaux,
00:33:45Strasbourg et Poitiers.
00:33:47Et alors que leur secrétaire
00:33:48nationale, Marine Tondelier,
00:33:49est omniprésente
00:33:50sur les plateaux
00:33:51devant tous les micros,
00:33:52eh bien sa candidature
00:33:53éventuelle
00:33:54à la présidentielle
00:33:55est chiffrée autour
00:33:57de 4%.
00:33:58Marine Tondelier,
00:33:59d'ailleurs,
00:34:00symbolise à elle seule
00:34:01au fond une forme
00:34:01de rendez-vous manqué.
00:34:03Rendez-vous manqué,
00:34:04que voulez-vous dire ?
00:34:05Eh bien,
00:34:06elle a du talent,
00:34:07de la sincérité,
00:34:07un sens de la répartie,
00:34:09une capacité
00:34:10à occuper
00:34:10l'espace médiatique.
00:34:12Sa veste verte
00:34:12est devenue
00:34:13presque une signature.
00:34:15Vous vous souvenez,
00:34:15elle a éclos médiatiquement
00:34:16il y a deux ans
00:34:17tout juste,
00:34:17en juin 2024,
00:34:19pendant la campagne
00:34:20législative express
00:34:21qui avait suivi
00:34:21l'annonce de la dissolution.
00:34:23Et elle s'était à l'époque
00:34:24imposée comme la révélation
00:34:26de cette campagne,
00:34:26mais dans un rôle très précis.
00:34:28Elle était l'artisane,
00:34:29la porte-voix
00:34:30du nouveau Front populaire.
00:34:32Elle ne s'était pas économisée
00:34:33à ce moment-là.
00:34:34On va regarder.
00:34:35Un front contre
00:34:36le climato-scepticisme,
00:34:38contre la haine,
00:34:38contre l'intolérance,
00:34:39contre la violence,
00:34:40contre la stigmatisation.
00:34:42Parce que oui,
00:34:42la victoire du nouveau
00:34:43Front populaire
00:34:44est possible !
00:34:47Elle avait tout donné.
00:34:48elle était devenue
00:34:49au fond une figure
00:34:50de rassemblement politique
00:34:52davantage qu'une porte-parole
00:34:54de la cause écologique.
00:34:56Cela dit,
00:34:57cet accord de la NFP
00:34:58avec LFI,
00:34:59le PS et les communistes,
00:35:00il a quand même
00:35:00un peu été profitable
00:35:01aussi à Europe Écologie.
00:35:03Oui, je vous confirme,
00:35:04les écologistes ont,
00:35:05grâce à ça,
00:35:05pu garder un groupe
00:35:06à l'Assemblée nationale,
00:35:0739 députés,
00:35:08en comptant les ex-insoumis
00:35:10qui y siègent.
00:35:11Mais ce succès tactique
00:35:12a produit, au fond,
00:35:14un effacement stratégique.
00:35:15Parce que les écologistes
00:35:16se sont en quelque sorte
00:35:17perdus dans leur volonté
00:35:19d'être le trait d'union
00:35:20entre la France insoumise
00:35:22et le Parti socialiste.
00:35:23Vous vous souvenez,
00:35:24Marine Tondelier,
00:35:25elle avait donc
00:35:26plein de ferveur,
00:35:27elle lançait des phrases
00:35:28comme « on va rallumer
00:35:29la flamme de l'espoir ».
00:35:30C'était lors du grand lancement
00:35:31du nouveau Front populaire.
00:35:33Mais deux ans après,
00:35:35le défi des écologistes,
00:35:37au fond,
00:35:37c'est quand même
00:35:37d'essayer de retrouver
00:35:38leur propre lumière.
00:35:40Parce que dans le même temps,
00:35:41le message s'est brouillé.
00:35:42La visibilité médiatique
00:35:44des écolos
00:35:44a souvent été associée
00:35:45à des prises de position
00:35:46sur des crises
00:35:47internationales,
00:35:48notamment autour de Gaza,
00:35:50davantage qu'à
00:35:51ces combats historiques
00:35:52sur le climat,
00:35:53la biodiversité
00:35:53ou la transition énergétique.
00:35:55Et au fond,
00:35:55ces engagements ont contribué
00:35:57à diluer
00:35:58l'identité d'un parti
00:35:59dont la vocation première
00:36:01était de faire
00:36:02de l'urgence écologique
00:36:03le cœur du débat public.
00:36:05Mais Marine Tondelier
00:36:06est-elle la seule responsable
00:36:08de cette situation ?
00:36:09Évidemment non,
00:36:10Adeline.
00:36:11Cette situation,
00:36:11elle pose aussi la question
00:36:12notamment de la responsabilité
00:36:14d'un Nicolas Hulot,
00:36:15par exemple.
00:36:15parce qu'il avait,
00:36:16souvenez-vous,
00:36:16quand même représenté
00:36:17un immense,
00:36:18siime espoir
00:36:18parce qu'il avait réussi
00:36:20à rendre ses enjeux
00:36:21environnementaux populaires
00:36:22auprès d'un public
00:36:23infiniment plus large
00:36:24que le seul électorat écologiste.
00:36:27Aujourd'hui,
00:36:27les écolos se retrouvent,
00:36:29le parti,
00:36:29se retrouvent dans une impasse
00:36:30parce qu'on est à l'approche
00:36:31de la présidentielle
00:36:32et Marine Tondelier
00:36:33a compris maintenant
00:36:34qu'il ne lui reste plus
00:36:35que des mauvaises solutions.
00:36:36C'est-à-dire,
00:36:36soit elle présente
00:36:37une candidature écologiste autonome
00:36:39et dans ce cas-là,
00:36:39elle renie son rôle
00:36:41de rassembleur,
00:36:42de rassembleuse,
00:36:43soit elle s'efface
00:36:44derrière ses partenaires
00:36:45et elle confirme
00:36:46que les écologistes
00:36:47sont désormais
00:36:48une force d'appoint.
00:36:49Et le parti en est réduit
00:36:51en ce moment
00:36:51à menacer d'exclure
00:36:52la très populaire
00:36:53Sandrine Rousseau
00:36:54en raison de son soutien
00:36:55à Jean-Luc Mélenchon
00:36:56et à menacer
00:36:58d'exclure aussi
00:36:59le seul qui a fait
00:37:00un très gros score électoral
00:37:01aux européennes de 2019
00:37:02Yannick Jadot
00:37:03en raison, lui,
00:37:04de son soutien
00:37:05à Raphaël Glucksmann.
00:37:07Vous connaissez la phrase
00:37:08de Michel Rocard,
00:37:09chère Adeline,
00:37:10un parti politique meurt
00:37:12lorsqu'il cesse
00:37:13de répondre à la question
00:37:14pourquoi existe-t-il ?
00:37:16Merci Anna.
00:37:17Un dernier mot,
00:37:17Agnès Ducharn,
00:37:18vous vouliez réagir
00:37:19tout à l'heure
00:37:19quand on parlait
00:37:19d'écologie et de politique
00:37:21et du discours
00:37:22que tiennent aujourd'hui
00:37:22les responsables politiques.
00:37:24Oui,
00:37:24sur le dire et le faire,
00:37:26on pourrait reprendre
00:37:27l'exemple de la TRAC,
00:37:28la trajectoire
00:37:29de référence,
00:37:30d'adaptation
00:37:30au changement climatique.
00:37:32Il ne suffit pas
00:37:33de définir une TRAC
00:37:34pour avoir fait
00:37:35quelque chose,
00:37:36en fait.
00:37:36C'est juste
00:37:37le début de l'action
00:37:39et l'action,
00:37:39on l'attend encore.
00:37:41Et j'espère
00:37:42que les enjeux climatiques
00:37:43seront quand même
00:37:44au menu
00:37:44des débats
00:37:45des hommes
00:37:46et des femmes politiques
00:37:47d'ici à 2027.
00:37:48Oui,
00:37:48on est à 10 mois
00:37:49de la présidentielle.
00:37:50Merci infiniment
00:37:51à tous les trois
00:37:51d'être venus ce soir
00:37:52en parler sur le plateau
00:37:54de chaque degré compte.
00:37:55donc merci beaucoup.
00:37:57Dans un instant,
00:37:58toute autre chose.
00:37:59Chaque euro compte.
00:38:00La question qui fâche,
00:38:01on va parler
00:38:02de la transparence salariale
00:38:04avec nos trois prochains invités.
00:38:05Mais avant cela,
00:38:06c'est quelle histoire
00:38:06et c'est Olivier Rabanello ?
00:38:16Olivier Escoche à Versailles.
00:38:17Sachez-le,
00:38:18on en parlait hier,
00:38:19on parlait hier
00:38:19du traité de Versailles.
00:38:21On n'imaginait pas hier soir
00:38:23à cet instant précis
00:38:24qu'un autre traité
00:38:25serait signé
00:38:26quelques heures plus tard
00:38:27sous les ors du château.
00:38:28Donald Trump
00:38:29ayant décidé
00:38:30à la fin du repas
00:38:31avec Emmanuel Macron
00:38:31de sortir le mémorandum
00:38:33conclu avec l'Iran
00:38:34et de le signer officiellement.
00:38:36Là, sur la table,
00:38:37tout le monde applaudit.
00:38:39Mais applaudit quoi,
00:38:40au juste, Olivier ?
00:38:41Ce sont des applaudissements
00:38:42de soulagement.
00:38:43Tout ça est terminé.
00:38:46Et au final,
00:38:47on est soulagé,
00:38:48même si lorsque vous mettez
00:38:50le nez précisément
00:38:51dans ce mémorandum,
00:38:52vous vous apercevez
00:38:52que les seuls grands gagnants,
00:38:54ce sont les Iraniens.
00:38:55D'abord sur l'argent.
00:38:56Les avoirs gelés de l'Iran
00:38:57vont être débloqués.
00:38:59On parlait de 24 milliards,
00:39:00mais étant donné
00:39:00qu'il y en a 100 milliards
00:39:01de bloqués,
00:39:02rien ne dit que
00:39:03la note ne va pas encore monter.
00:39:04Il y a aussi
00:39:05ce fantastique hold-up
00:39:06qui est réalisé
00:39:07par les Iraniens.
00:39:08La création d'un fonds
00:39:09de 300 milliards
00:39:11pour aider le régime,
00:39:13ce régime qu'on présentait
00:39:14d'ailleurs assez justement
00:39:16comme une des pires dictatures
00:39:18de la planète,
00:39:19eh bien pour aider ce régime
00:39:21à reconstruire le pays
00:39:22et à reconstruire
00:39:23ce qui a été détruit
00:39:24par les missiles de Trump.
00:39:26En parlant de ce qui a été détruit
00:39:28de missiles,
00:39:29vous avez vu quelque chose
00:39:30sur les missiles balistiques ?
00:39:31Pas entendu parler, non ?
00:39:32Ça a disparu
00:39:33de la négociation.
00:39:34Ces mêmes missiles balistiques
00:39:35qui sont pourtant
00:39:36la seule raison
00:39:37pour laquelle le régime
00:39:38a pu tenir,
00:39:39c'est parce qu'ils avaient
00:39:40ces missiles.
00:39:41Eh bien non,
00:39:41ils ne sont pas concernés
00:39:42par l'accord,
00:39:42donc les Iraniens
00:39:43vont pouvoir en racheter
00:39:44des nouveaux,
00:39:45des plus neufs,
00:39:45des plus performants,
00:39:46peut-être même d'ailleurs
00:39:47avec les 300 milliards
00:39:48qui vont être débloqués,
00:39:49comme ça la boucle
00:39:50sera bouclée.
00:39:51En échange de quoi ?
00:39:53En échange du déblocage
00:39:54du détroit d'Hormuz.
00:39:55C'est bête,
00:39:55parce qu'avant la guerre,
00:39:56il n'était pas bloqué.
00:39:57Et puis en échange
00:39:58de pas de péage.
00:39:59C'est bête,
00:40:00parce qu'avant la guerre,
00:40:00il n'y avait pas de péage
00:40:01non plus.
00:40:02Par contre,
00:40:02si vous écoutez bien
00:40:03les Iraniens,
00:40:03ils n'ont pas perdu de vue
00:40:04une idée qui est
00:40:05de faire payer
00:40:07un petit quelque chose
00:40:08au titre de l'entretien.
00:40:10Un peu comme les Turcs
00:40:11le font sur le détroit
00:40:14des Dardanelles
00:40:15et sur le Bosphore
00:40:16où chaque bateau
00:40:17qui passe pour payer
00:40:18les balises,
00:40:20les indications
00:40:21de navigation
00:40:22payent une taxe.
00:40:23Et là,
00:40:23les Iraniens
00:40:24ont évoqué
00:40:25le chiffre
00:40:26d'un dollar par tonne,
00:40:27sachant qu'il y a
00:40:28à peu près 4 millions
00:40:29de tonnes
00:40:29qui passent par jour.
00:40:30Le calcul est assez vite fait.
00:40:32Vous voyez,
00:40:32c'est une rente
00:40:32assez régulière.
00:40:34Ça,
00:40:34ça n'est pas fini.
00:40:35Donc au final,
00:40:36vous voyez quand même,
00:40:37ils sont gagnants
00:40:37sur toute la ligne.
00:40:38Est-ce que politiquement,
00:40:39les choses changent
00:40:40avec cet accord ?
00:40:41Alors oui,
00:40:41ça change à Téhéran.
00:40:43D'ailleurs,
00:40:43la télévision iranienne
00:40:45a montré la signature
00:40:46aussi de cet accord,
00:40:47très officiel.
00:40:48Ça change,
00:40:48mais alors je serais tenté
00:40:49de dire en mieux
00:40:50pour le régime.
00:40:51C'est-à-dire que
00:40:51la campagne de bombardement
00:40:56qui commençait à être
00:40:56un peu vieillissant,
00:40:57elle commençait par
00:40:58l'Ayatollah Ramenei,
00:40:59énormément de gardiens
00:41:00de la Révolution.
00:41:00Ça a fait monter
00:41:01une nouvelle génération
00:41:02qui est plus jeune,
00:41:03qui est plus radicale,
00:41:04qui est plus déterminée
00:41:06et qui surtout est dopée
00:41:08à une drogue dure
00:41:09qui est celle
00:41:10d'avoir tenu tête
00:41:11aux Américains,
00:41:12chose que leurs parents
00:41:13ou grands-parents
00:41:14n'avaient jamais réussi
00:41:15à faire.
00:41:16Vous verrez,
00:41:16dans quelques mois,
00:41:17ils paraderont dans les rues
00:41:18comme des héros
00:41:19et d'ailleurs,
00:41:20ça devrait commencer
00:41:20avec les obsèques
00:41:21de l'Ayatollah Ramenei.
00:41:22Est-ce que pour les Américains,
00:41:23au fond,
00:41:26l'effritement du mythe
00:41:27de leur hyperpuissance ?
00:41:28Un nouvel effritement,
00:41:29vous avez raison.
00:41:29Le plus gros,
00:41:30celui qu'on a en tête,
00:41:31c'était évidemment
00:41:32après la Deuxième Guerre mondiale
00:41:33où les États-Unis
00:41:34étaient sortis hyper victorieux.
00:41:35C'est la guerre du Vietnam.
00:41:36C'est une guerre qui dure 10 ans
00:41:38où les Américains
00:41:39perdent 60 000 soldats.
00:41:41Il y a des centaines
00:41:42de milliers de soldats
00:41:42qui reviennent blessés
00:41:44physiquement
00:41:45et aussi psychologiquement.
00:41:46Le cinéma l'a raconté
00:41:49très en longueur.
00:41:50150 milliards de dollars
00:41:51évaporés.
00:41:52Et pour laisser
00:41:53une société meurtrie
00:41:54et surtout une image
00:41:55d'une hyperpuissance américaine
00:41:57vraiment remise en danger.
00:41:59Là, l'Amérique
00:42:00est humiliée
00:42:01mais sans avoir perdu
00:42:02militairement.
00:42:03La campagne,
00:42:04elle aurait pu continuer
00:42:05à durer.
00:42:05Il n'y a quasiment pas eu
00:42:06de perte du côté américain.
00:42:07Pourquoi, en fait,
00:42:09est-ce qu'il y a cette défaite ?
00:42:10Parce que le patron
00:42:11a changé d'avis.
00:42:12Parce que finalement,
00:42:13au bout de 2-3 mois,
00:42:14il trouvait que ça n'allait
00:42:14pas assez vite,
00:42:15que les résultats
00:42:16n'étaient pas assez probants.
00:42:17Et donc, il a essayé
00:42:18de se ressortir
00:42:19de ce mauvais pas
00:42:20dans lequel il s'était mis
00:42:21tout seul.
00:42:22Donc oui,
00:42:22le leadership américain
00:42:23en a pris un coup.
00:42:24Et le nucléaire dans tout ça ?
00:42:25Là, on va rentrer
00:42:26dans les vraies affaires sérieuses.
00:42:27La dernière fois
00:42:28qu'on a trouvé un accord
00:42:29avec les Iraniens,
00:42:30il a fallu négocier
00:42:30d'arrache-pied
00:42:31sans s'arrêter
00:42:32pendant deux ans.
00:42:33Là, on se dit
00:42:34qu'en deux mois,
00:42:35on va y arriver.
00:42:35Donc je souhaite bonne chance
00:42:36à tous les diplomates
00:42:37qui vont s'y coller.
00:42:38À ce stade,
00:42:38la seule chose que Trump
00:42:39a obtenue,
00:42:40c'est que les Iraniens
00:42:41renoncent au fait
00:42:42d'avoir la bombe atomique.
00:42:43C'est dommage
00:42:44parce qu'il l'avait déjà dit
00:42:45en 1970
00:42:47en signant le traité
00:42:48de non-prolifération.
00:42:49Donc vous voyez
00:42:50que Trump repart
00:42:51avec quelque chose
00:42:52qu'il avait déjà
00:42:53dans la poche
00:42:53en arrivant.
00:42:54Chapeau l'artiste.
00:42:55Merci.
00:42:56Olivier,
00:42:57on passe à la question
00:42:57qui fâche.
00:43:06Le MEDEF parle
00:43:08d'un truc de dingue.
00:43:09La France doit transposer
00:43:10une directive européenne
00:43:12sur la transparence salariale
00:43:13dans les entreprises.
00:43:14Directive qui prévoit
00:43:16notamment que les salariés
00:43:17soient mieux informés
00:43:18sur la rémunération
00:43:20de leurs collègues.
00:43:20Sujet hautement sensible
00:43:22dont on débat ce soir
00:43:24avec vous,
00:43:24Sandrine Dorb.
00:43:25Bonsoir.
00:43:26Bonsoir.
00:43:26Vous êtes experte
00:43:27en stratégie de rémunération.
00:43:28Vous accompagnez
00:43:29des dirigeants
00:43:30des DRH
00:43:31sur les politiques
00:43:31de rémunération
00:43:32dans leur entreprise
00:43:33et vous publiez
00:43:33chez Duneau
00:43:34La rémunération
00:43:35n'est pas qu'une question
00:43:36d'argent.
00:43:37Merci d'être là.
00:43:38Vous nous direz d'ailleurs
00:43:38de quoi il s'agit
00:43:39si ce n'est pas
00:43:40qu'une question d'argent.
00:43:41Bonsoir,
00:43:41Eva Sass.
00:43:42Bonsoir.
00:43:42Députée écologiste de Paris,
00:43:44économiste de formation,
00:43:45merci de votre présence
00:43:46ce soir.
00:43:47Et je salue également
00:43:48Philippe Coy
00:43:48qui est le porte-parole
00:43:49de la CPME,
00:43:50la Confédération
00:43:51des petites et moyennes entreprises.
00:43:52Merci d'être en visio
00:43:54avec nous.
00:43:55C'est Hélène Bonduel
00:43:56qui vous pose ce soir
00:43:57à tous les trois
00:43:57la question qui fâche.
00:44:01La question qui fâche
00:44:03ce soir
00:44:03concerne la transparence salariale.
00:44:06Cette directive européenne
00:44:07qui vise à renforcer
00:44:08l'égalité salariale
00:44:09entre les femmes
00:44:10et les hommes
00:44:11et que la France
00:44:12aurait dû transposer
00:44:13dans la loi
00:44:13le 7 juin dernier.
00:44:15En France,
00:44:16le revenu des femmes
00:44:16est inférieur
00:44:17de 14%
00:44:18à celui des hommes.
00:44:20Le texte,
00:44:21adopté par l'Union européenne
00:44:22en avril 2023,
00:44:24prévoit que les entreprises
00:44:25précisent le salaire
00:44:26ou une fourchette de salaire
00:44:28dans leurs offres d'emploi.
00:44:30Les salariés
00:44:30pourront aussi
00:44:31obtenir des informations
00:44:32sur les niveaux
00:44:33de rémunération
00:44:34de leurs collègues
00:44:35à travail égal.
00:44:36Et en cas d'écart
00:44:38de salaire supérieur
00:44:38à 5%
00:44:39entre hommes et femmes,
00:44:40l'entreprise
00:44:41devra prendre des mesures.
00:44:43Mais depuis 3 ans,
00:44:44les discussions
00:44:45entre entreprises
00:44:45et partenaires sociaux
00:44:46patinent,
00:44:47notamment face
00:44:48aux réticences
00:44:49du patronat.
00:44:50Ce truc est dingue,
00:44:52animé par de bonnes intentions
00:44:53mais avec des résultats
00:44:54catastrophiques.
00:44:55La transparence salariale,
00:44:56c'est dingue pour vous ?
00:44:56C'est complètement dingue.
00:44:58C'est le summum
00:44:59de ce qu'on n'a jamais vu
00:45:00en termes de complexité.
00:45:01Je peux vous dire
00:45:02qu'on va embaucher
00:45:03pour le coup
00:45:03des palanqués de DRH
00:45:05au même moment
00:45:06où ce gouvernement
00:45:07veut simplifier.
00:45:08Donc nous,
00:45:09on dénonce
00:45:09cette mauvaise réponse
00:45:11à un vrai problème.
00:45:13Résultat,
00:45:13le projet de loi
00:45:14sur l'égalité salariale
00:45:16vient à peine
00:45:17d'être transmis
00:45:18au Conseil d'État
00:45:18par le ministre du Travail.
00:45:20On va engager
00:45:21dans la discussion
00:45:21de la loi
00:45:22autour de l'été.
00:45:23J'espère qu'elle sera votée
00:45:24à la fin de l'année.
00:45:25Il faudra presque un an
00:45:26pour créer
00:45:27les instruments
00:45:28nécessaires à l'application.
00:45:29Donc disons
00:45:30que cette loi
00:45:30est votée fin de l'année
00:45:31et elle sera en fait
00:45:33activée
00:45:33au 1er janvier
00:45:3428.
00:45:35La copie du gouvernement
00:45:37risque d'être
00:45:38âprement discutée
00:45:39dans les mois qui viennent.
00:45:40Alors la question
00:45:41qui fâche la voici.
00:45:42Faut-il imposer
00:45:44la transparence salariale ?
00:45:46Eva Sass,
00:45:47question de procédure d'abord.
00:45:48La France avait jusqu'au 7 juin
00:45:50pour transposer cette directive.
00:45:51Pourquoi est-ce que
00:45:51ce n'est toujours pas fait ?
00:45:52On a déjà 11 jours de retard.
00:45:54On voit qu'il y a eu
00:45:55des négociations
00:45:56qui ont été assez longues
00:45:57et puis il n'est pas faux
00:45:58que de dire
00:45:59que l'agenda parlementaire
00:46:01est très encombré
00:46:02et qu'il faut trouver
00:46:03de l'espace
00:46:03pour pouvoir discuter
00:46:04de ce projet de loi
00:46:05qui me paraît
00:46:06extrêmement important.
00:46:07J'espère que vraiment
00:46:08d'ici la fin de l'année
00:46:09ça pourra enfin être fait.
00:46:11Philippe Coy,
00:46:11vous qui êtes le porte-parole
00:46:12de la CPME,
00:46:13qu'est-ce qui bloque ?
00:46:16Alors qu'est-ce qui bloque ?
00:46:17D'abord,
00:46:17je rappelle que c'est
00:46:18une transposition européenne.
00:46:21Dans l'Union des 27,
00:46:22seuls deux pays ont,
00:46:24aujourd'hui,
00:46:24vous l'avez dit
00:46:25dans le reportage de lancement,
00:46:26deux pays ont transposé
00:46:27cette directive.
00:46:29Ce que nous disons
00:46:30à la CPME,
00:46:31nous sommes bien évidemment
00:46:32favorables
00:46:32à l'égalité salariale
00:46:34hommes-femmes.
00:46:35Ce que nous dénonçons,
00:46:36ce que nous refusons,
00:46:37c'est la machine infernale
00:46:39qui peut être
00:46:40demain déclinée
00:46:41dans nos entreprises
00:46:42pour appliquer
00:46:43ces nouveaux dispositifs.
00:46:45La France a aussi
00:46:46surtransposé
00:46:47ou souhaite
00:46:48surtransposé
00:46:48ces textes,
00:46:49puisque le texte européen
00:46:50prévoit ce dispositif
00:46:52à partir de 100 salariés,
00:46:54la France souhaite
00:46:54l'abaisser
00:46:55à 50 salariés.
00:46:56Alors oui,
00:46:57à ces dispositifs,
00:46:58mais non
00:46:59à une charge complémentaire,
00:47:00une charge administrative,
00:47:02une charge financière
00:47:03avec du personnel
00:47:04pour gérer ce dispositif.
00:47:06Là où nous voulons,
00:47:08nous,
00:47:08une politique de bon sens,
00:47:10nous demandons
00:47:10à ne pas préciser
00:47:13dans nos entreprises
00:47:14et qu'il y ait des outils.
00:47:17Sandrine Dorbe,
00:47:18c'est un problème
00:47:19d'impréparation
00:47:20des entreprises.
00:47:21Vous y êtes confronté
00:47:22avec les dirigeants
00:47:23que vous accompagnez.
00:47:24Il faut du temps
00:47:25pour mettre en place
00:47:26cet outil, en fait ?
00:47:27Alors oui et non.
00:47:29Non parce que
00:47:30cette directive,
00:47:31elle date de 2023.
00:47:32Donc en théorie,
00:47:33nous avions trois ans
00:47:34pour préparer le terrain
00:47:35et commencer à lancer
00:47:37le chantier.
00:47:37Pourquoi ?
00:47:38Il y a de la mauvaise volonté ?
00:47:39Alors, il y a un an,
00:47:40je vous aurais dit,
00:47:41moi je rencontre
00:47:41trois types de dirigeants,
00:47:42dirigeantes.
00:47:43Il y a ceux qui sont
00:47:44dans la béconnaissance
00:47:45complète du texte.
00:47:46Quand je parlais
00:47:47de la directive,
00:47:47on me disait
00:47:48je n'ai jamais entendu
00:47:48parler de ça,
00:47:49dans mon monde,
00:47:50ça n'existe pas.
00:47:51Il y a celles et ceux
00:47:52qui me disaient
00:47:52je vois de quoi vous parlez
00:47:53mais la bannette est pleine.
00:47:55Les urgences se pilotent
00:47:57les unes après les autres.
00:47:58Vous me dites
00:47:58que ce sera pour jour 2026,
00:48:00dont acte,
00:48:00on attendra jour 2026.
00:48:02Et les troisièmes,
00:48:03minoritaires certes,
00:48:04mais qui existaient,
00:48:05qui croyaient profondément
00:48:08que ça ne se ferait pas.
00:48:10Qui me disaient
00:48:10ça ne se fera pas,
00:48:11cette histoire est dingue,
00:48:12pour en citer qu'un,
00:48:13ça ne se fera pas,
00:48:14donc je ne fais rien.
00:48:16Et moi vivant,
00:48:16il y a même un dirigeant
00:48:17qui dit moi vivant,
00:48:18jamais je ferai ça
00:48:18dans mon entreprise.
00:48:19C'est la loi,
00:48:20il faut l'appliquer.
00:48:21Donc tout ça,
00:48:22ça a amené
00:48:22à une forme d'impréparation
00:48:23et on ne s'est pas saisis
00:48:25du débat, je trouve.
00:48:26Il y a plein de choses
00:48:27dans cette directive
00:48:28qui l'a fait passer
00:48:29pour une machine infernale.
00:48:31On aurait pu, je pense,
00:48:32commencer à introduire
00:48:33dans la loi
00:48:33des obligations
00:48:34et y aller progressivement
00:48:35pour que ça soit moins,
00:48:37ça soit moins vécu
00:48:38comme un choc.
00:48:38Et ce que vous dites,
00:48:39c'est que le fond du problème,
00:48:40ce n'est pas des chefs d'entreprise
00:48:41qui vous disent
00:48:41ça va mettre le bazar
00:48:42dans ma boîte.
00:48:43C'est essentiellement,
00:48:44je n'ai pas le temps.
00:48:45Il manque de temps.
00:48:47Toutes les personnes
00:48:48qui me disent
00:48:48ça va mettre le bazar
00:48:48dans ma boîte
00:48:50ne connaissent pas le texte.
00:48:53À chaque fois qu'on me dit ça,
00:48:55la personne, en vrai,
00:48:55ne connaît pas vraiment le texte
00:48:57et a en tête
00:48:57tout un tas d'idées reçues
00:48:59qui circulent
00:48:59sur les réseaux sociaux
00:49:00et sur les médias.
00:49:01Par exemple,
00:49:01ça ne me concerne pas
00:49:03parce que j'ai une entreprise
00:49:04de moins de 50 personnes.
00:49:05Félicitations,
00:49:06vous n'avez pas à faire
00:49:06le reporting
00:49:07mais tout le reste
00:49:08ça s'adresse à vous.
00:49:10Je vais être obligée
00:49:10de réduire
00:49:11tous les écarts de salaire.
00:49:12Je ne pourrai plus décider
00:49:13qui mérite de quoi.
00:49:14Non, non,
00:49:15la directive elle est claire.
00:49:16On a le droit
00:49:16de faire des différenciations
00:49:17juste il faut les expliquer
00:49:18et les assumer.
00:49:19Donc ça aussi
00:49:20c'est plein d'idées reçues
00:49:21qui circulent
00:49:21et justement
00:49:22le titre de la directive
00:49:24alors le titre
00:49:24est très très long
00:49:25mais se termine par
00:49:27transparence des salaires
00:49:27et c'est le titre
00:49:28qu'on reprend beaucoup
00:49:31qu'il n'aurait pas fallu
00:49:32appeler ça transparence.
00:49:33À aucun moment
00:49:34il est question
00:49:34que les salaires
00:49:35soient transparents
00:49:36et donc on a l'impression
00:49:37quand on parle
00:49:38de transparence de salaire
00:49:39qu'on ouvre une boîte
00:49:39de Pandore
00:49:40et que tous les mots
00:49:42vont se répandre
00:49:43sur l'entreprise
00:49:43des revendications
00:49:44des pertes de pouvoir
00:49:45etc.
00:49:46Eva Sass,
00:49:47on a mal nommé les choses ?
00:49:48Oui c'est sûr
00:49:49ce n'est pas de la transparence salariale
00:49:51c'est un reporting
00:49:51sur les écarts de rémunération
00:49:53principalement d'ailleurs
00:49:54sur les écarts de rémunération
00:49:55hommes-femmes
00:49:56et c'est effectivement
00:49:57une objectivation
00:49:58des critères
00:49:59de ces écarts
00:50:01de rémunération.
00:50:02Il y a les chefs d'entreprise
00:50:04qui crient à la complexité
00:50:06j'ai envie de dire
00:50:06ils crient avant d'avoir mal
00:50:07il faut d'abord
00:50:08qu'ils regardent
00:50:09dans leur système
00:50:10de reporting
00:50:10qui existe déjà
00:50:11il y a bien sûr
00:50:12des systèmes d'information sociale
00:50:13dans toutes les entreprises
00:50:14si ça va être compliqué
00:50:16de mettre en oeuvre
00:50:17cette directive
00:50:18en l'occurrence
00:50:20moi je pense
00:50:20que c'est la moindre des choses
00:50:21de rendre compte
00:50:22des écarts salariaux
00:50:24et des raisons
00:50:25pour lesquelles
00:50:26il y a des écarts salariaux
00:50:28il faut objectiver
00:50:28ça redonne confiance aussi
00:50:30dans le système
00:50:31de rémunération
00:50:32il y a 46%
00:50:34des cadres
00:50:34qui pensent en France
00:50:36que le système
00:50:37de rémunération
00:50:37est opaque
00:50:38c'est beaucoup plus
00:50:39qu'en Italie
00:50:39ou qu'en Espagne
00:50:40par exemple
00:50:41où c'est de l'ordre
00:50:42de 30%
00:50:42donc on a besoin
00:50:44de remettre
00:50:44de la confiance
00:50:45dans le système
00:50:46de rémunération
00:50:47et je pense
00:50:48que cette directive
00:50:49est tout à fait bienvenue.
00:50:50C'est un des objectifs
00:50:51de la directive
00:50:52de ramener de la confiance
00:50:52justement
00:50:53en contraignant les entreprises
00:50:54à être très claires
00:50:55sur les règles du jeu
00:50:56comment on définit les salaires
00:50:57et la rémunération
00:50:58au sens large
00:50:58et comment ils évoluent
00:50:59dans le temps
00:50:59l'idée c'est aussi
00:51:01de ramener de la confiance
00:51:01dans les entreprises
00:51:02cette confiance
00:51:03elle influence
00:51:03dans l'ensemble de la société
00:51:04mais il y a un enjeu de confiance.
00:51:06Philippe Coyqueux
00:51:07que vous disent
00:51:07les patrons des PME
00:51:09que vous interrogez
00:51:11à ce propos
00:51:11on le disait
00:51:12la directive
00:51:13elle interdit pas
00:51:13de rémunérer différemment
00:51:15des salariés
00:51:15mais elle impose
00:51:16de leur dire
00:51:16pourquoi un tel
00:51:18est mieux rémunéré
00:51:19qu'un autre.
00:51:21Bien évidemment
00:51:22on ne peut être
00:51:23que favorable
00:51:23à rééquilibrer
00:51:24d'abord
00:51:24la rémunération
00:51:26homme-femme
00:51:26je tiens à dire
00:51:27que sur les emplois privés
00:51:29l'écart n'est pas aussi élevé
00:51:31qu'il a été dit tout à l'heure
00:51:32c'est de l'ordre
00:51:33de 3,6%
00:51:35emploi égal
00:51:35dans la même entreprise
00:51:36Vous savez forcément
00:51:38Philippe Coyque
00:51:38qu'il y a un débat
00:51:39sur ces chiffres
00:51:39et que le vrai chiffre
00:51:40c'est 22%
00:51:43Alors le 22%
00:51:44il faut l'expliquer
00:51:45aux téléspectateurs
00:51:46c'est quand vous faites
00:51:47la moyenne
00:51:47et vous avez raison
00:51:48de le préciser
00:51:49mais il est quand même
00:51:50de notoriété
00:51:51de dire que malheureusement
00:51:53les femmes
00:51:54aujourd'hui
00:51:54ont des emplois
00:51:55moins bien qualifiés
00:51:56donc moins bien rémunérés
00:51:57ont aussi des temps partiels
00:51:58ce qui n'est pas
00:51:59dans l'égalité
00:52:00homme-femme
00:52:01à comparer
00:52:01Pourquoi le temps partiel
00:52:02est féminin ?
00:52:03C'est peut-être ça aussi
00:52:04qu'il faut compenser
00:52:05C'est un autre débat
00:52:07peut-être de société
00:52:09moins bien valorisé
00:52:10mais en tout cas
00:52:10c'est peut-être
00:52:11un débat de société
00:52:12Ce que je veux dire
00:52:13pour la CPME
00:52:13c'est que nous sommes favorables
00:52:14à des évolutions
00:52:15à un débat
00:52:16installé dans l'entreprise
00:52:18pour avoir cette équité
00:52:19mais ce que nous dénonçons
00:52:21je vous redis
00:52:21c'est la lourdeur administrative
00:52:23on ne peut pas avoir
00:52:24milité pendant des mois
00:52:25à la simplification administrative
00:52:26et aujourd'hui
00:52:27rajouter une couche
00:52:28aux mille feuilles
00:52:29et encore être
00:52:30les premiers d'Europe
00:52:31puisque je rappelle
00:52:32deux pays seulement
00:52:33dans l'Union Européenne
00:52:33ont fait cette transposition
00:52:34pourquoi on prend toujours
00:52:36l'exemple aussi
00:52:37d'alourdir
00:52:38les dispositions européennes
00:52:39je crois que le bon sens
00:52:40dans la vie de l'entreprise
00:52:41elle passe par le dialogue
00:52:42elle passe par la considération
00:52:44des salariés
00:52:44vous l'avez dit
00:52:45à l'instant
00:52:46elle passe par une relation
00:52:47de confiance
00:52:48et dans nos petites entreprises
00:52:49je ne parle pas
00:52:50des multinationales
00:52:51qui ont des services RH
00:52:52à qui mieux mieux
00:52:53nos petites entreprises
00:52:55de 50-60 salariés
00:52:56aujourd'hui
00:52:57leur matière
00:52:58première
00:52:58c'est produire
00:52:59développer une économie
00:53:01dans une période
00:53:02je le rappelle
00:53:02ô combien trouble
00:53:04et ô combien inquiétante
00:53:05donc oui
00:53:06à des dispositifs
00:53:07oui
00:53:08à des évolutions
00:53:09non à la précipitation
00:53:11vous voyez
00:53:11ce que ça m'inspire
00:53:13je suis tout à fait d'accord
00:53:13avec ce qui vient d'être dit
00:53:15le problème
00:53:15c'est quand on regarde
00:53:16l'histoire de la rémunération
00:53:18tout ce qu'on fait
00:53:18en matière de rémunération
00:53:20est né d'une contrainte légale
00:53:22on n'a pas décidé
00:53:22de mettre le SMIC en place
00:53:23parce qu'on a trouvé
00:53:24que c'était une bonne idée
00:53:25on n'a pas décidé
00:53:26de rendre la mutuelle obligatoire
00:53:27dans toutes les entreprises
00:53:28parce qu'on se disait
00:53:29c'est quand même bien sympa
00:53:30que c'est une bonne idée
00:53:31socialement
00:53:31c'est une avancée
00:53:32qu'on le fasse collectivement
00:53:34la participation
00:53:35l'intéressement
00:53:35toutes les choses
00:53:37qu'on fait en rémunération
00:53:38c'est parce qu'on est contraint
00:53:39par la loi
00:53:39et donc pour moi
00:53:40c'est un élément de plus
00:53:41parce qu'on n'arrive pas
00:53:42vous pouvez aussi citer
00:53:42les écarts de salaire
00:53:43entre les hommes et les femmes
00:53:44qui étaient de 40%
00:53:46il y a 20 ans
00:53:46qui sont encore de 22%
00:53:48mais on a progressé
00:53:49et c'est pas par
00:53:50le philanthropisme
00:53:52des entreprises
00:53:52c'est par la loi
00:53:54et c'est vrai
00:53:54quand on disait
00:53:54il y a toujours des débats
00:53:55sur ces chiffres
00:53:56sur les écarts
00:53:57et c'est un des points
00:53:58de la directive
00:53:58la directive elle fait le constat
00:54:00que malgré tout un tas
00:54:01de dispositifs
00:54:02malgré des lois
00:54:03malgré une directive précédente
00:54:04on n'arrive pas à réduire
00:54:05les écarts de rémunération
00:54:05entre les hommes et les femmes
00:54:06pourquoi ?
00:54:07parce que ces écarts
00:54:08ils se créent
00:54:08et ils se perpétuent
00:54:09à différents moments
00:54:10de la vie des salariés
00:54:10la directive elle dit
00:54:11ok on va taper
00:54:12ces différents moments là
00:54:14ensuite elle dit
00:54:14effectivement
00:54:15les emplois
00:54:16majoritairement tenus
00:54:17par des hommes
00:54:18sont les mieux valorisés
00:54:19sur le marché
00:54:19pourquoi ?
00:54:20parce qu'on a pris
00:54:21l'habitude de mieux valoriser
00:54:22les métiers techniques
00:54:23et donc la directive
00:54:24et le projet de loi français
00:54:26nous en jouons
00:54:27à réfléchir
00:54:28aux compétences non techniques
00:54:29à la charge mentale
00:54:30à la charge psychique
00:54:32etc etc
00:54:32pour que dans quelques années
00:54:34ça va prendre du temps
00:54:35pas naïf
00:54:36finalement des métiers
00:54:37qui aujourd'hui
00:54:38sont sous-valorisés
00:54:38sur le marché
00:54:40soient presque aussi bien
00:54:41valorisés
00:54:41que des métiers très techniques
00:54:42qui peuvent valoir très cher
00:54:43en fait ça pose vraiment
00:54:44la question de la valeur
00:54:45qu'est-ce qu'on vaut
00:54:46dans une entreprise
00:54:47tout à fait
00:54:48et c'est sans doute
00:54:49que je rejoins
00:54:50l'interrogation
00:54:51d'Olivier tout à l'heure
00:54:52ça va quand même
00:54:53créer un joyeux bazar
00:54:55à l'étage
00:54:56des ressources humaines
00:54:57quand un salarié
00:54:58va se dire
00:54:58mais moi je ne suis pas
00:54:59dans la fourchette
00:55:00de la grille de rémunération
00:55:02et il va falloir
00:55:03m'expliquer
00:55:04pourquoi je vaux moins
00:55:05que celui qui est mieux payé
00:55:06que moi
00:55:06à post-égal
00:55:07je crois que ça va créer
00:55:08de l'équité déjà
00:55:09au niveau individuel
00:55:10on va pouvoir avoir
00:55:12un référentiel
00:55:13qui sera juste
00:55:14et je voudrais insister
00:55:15sur une chose
00:55:16d'abord
00:55:16quand monsieur dit
00:55:17que c'est l'écart
00:55:19de salaire
00:55:20entre les femmes
00:55:20et les hommes
00:55:21et le droit d'agricité
00:55:21on voit qu'il y a encore
00:55:23une forme de déni
00:55:24quand même
00:55:24sur la question
00:55:25de l'égalité salariale
00:55:27femmes-hommes
00:55:28on a du mal
00:55:29à objectiver ces chiffres
00:55:30voilà
00:55:30à temps de travail égal
00:55:32l'écart est de 14%
00:55:34et effectivement
00:55:35il se réduit
00:55:36très lentement
00:55:37donc on a besoin
00:55:38d'aller beaucoup plus vite
00:55:38et l'intérêt
00:55:39de ce projet de loi
00:55:40c'est que justement
00:55:41comme vous l'avez dit
00:55:42on ne raisonne plus
00:55:43à métier comparable
00:55:46mais bien
00:55:46à poste de travail
00:55:48à valeur équivalente
00:55:50et donc on va pouvoir
00:55:51mixer des métiers
00:55:52vous l'avez dit
00:55:53les métiers féminins
00:55:56majoritairement féminisés
00:55:57et bien
00:55:57ce sont ceux
00:55:58qui sont les moins valorisés
00:55:59et qui ont les salaires
00:56:00les plus faibles
00:56:01et bien là
00:56:01on va sortir
00:56:02de cette logique métier
00:56:03et réfléchir à poste
00:56:04à valeur équivalente
00:56:05et donc on va pouvoir
00:56:07comparer ce qui est comparable
00:56:08et on va peut-être
00:56:09progresser enfin
00:56:10sur l'égalité femmes-hommes
00:56:11c'est un enjeu majeur
00:56:12sauf que
00:56:13ce projet de loi
00:56:14il sera débattu
00:56:15dans l'hémicycle
00:56:16pardon
00:56:16il a été transmis
00:56:17il y a quelques jours
00:56:17au conseil d'état
00:56:19il permet
00:56:20aux employeurs
00:56:21d'invoquer
00:56:21un critère
00:56:22de la performance
00:56:23pour justifier
00:56:24les écarts salariaux
00:56:27c'est là
00:56:28qu'il y a
00:56:28un flou
00:56:29dans le texte
00:56:30qui a été transmis
00:56:31au conseil d'état
00:56:32comment on mesure
00:56:33précisément
00:56:34la performance
00:56:35c'est là-dessus
00:56:35que les députés
00:56:36vont devoir
00:56:37un peu préciser
00:56:38les choses
00:56:38ça va être un enjeu
00:56:39effectivement
00:56:40il faut que ce soit
00:56:40objectif
00:56:41mais ça peut être
00:56:41objectif
00:56:42des critères
00:56:42de productivité
00:56:43on en connaît
00:56:44il y en a
00:56:44dans tous les métiers
00:56:45donc il y a tout à fait
00:56:46une possibilité
00:56:47d'objectiver
00:56:48cette performance
00:56:49ça peut être
00:56:50en matière commerciale
00:56:50ça peut être
00:56:51en matière de production
00:56:52de dossier
00:56:53il y a tout un tas
00:56:54d'indicateurs
00:56:55qui permettent
00:56:55d'objectiver
00:56:56cette performance
00:56:57la seule chose
00:56:58que fait le projet de loi
00:56:58c'est de contraindre
00:56:59justement
00:57:00à objectiver
00:57:01cet écart
00:57:02et c'est la moindre
00:57:02des choses
00:57:03qu'on peut attendre
00:57:04d'un DRH
00:57:06quand il explique
00:57:07un écart de rémunération
00:57:09Philippe Coy
00:57:09en dehors du fait
00:57:10que ça va être
00:57:11une usine à gaz
00:57:12à mettre en place
00:57:12dans les entreprises
00:57:13est-ce que les patrons
00:57:14redoutent
00:57:14un climat délétère
00:57:16que ferait naître
00:57:17cette transposition
00:57:19de la directive européenne
00:57:21un climat délétère
00:57:23vous savez
00:57:23dans nos petites entreprises
00:57:25il y a déjà
00:57:25une entente
00:57:26je dirais
00:57:27assez sympathique
00:57:28les écarts de salaire
00:57:29j'ai suivi attentivement
00:57:31les deux interventions
00:57:31elles sont aussi
00:57:32le fruit
00:57:33je pense
00:57:34de l'histoire
00:57:35et que
00:57:35dans nos entreprises
00:57:36en tous les cas
00:57:37dans la mienne
00:57:38je me suis toujours
00:57:40évertué
00:57:40à rapprocher
00:57:41ces salaires
00:57:41parce que
00:57:42à travail égal
00:57:43il doit y avoir
00:57:44salaire égal
00:57:44le débat n'est pas là
00:57:45nous devons le faire
00:57:46après que la loi
00:57:47l'impose
00:57:48parce que
00:57:48c'est peut-être pas
00:57:49la bonne règle
00:57:50le bon usage
00:57:51dont acte
00:57:52cela ne doit pas peser
00:57:53en tous les cas
00:57:53sur la mise en oeuvre
00:57:54dans nos entreprises
00:57:55le débat de fond
00:57:57il n'est pas d'opposer
00:57:57le salaire masculin
00:57:59au salaire féminin
00:58:00il faut parer
00:58:01à la performance
00:58:02et pour le comparer
00:58:03à la charge de travail
00:58:03mais il doit y avoir
00:58:05du respect
00:58:06dans la mise en oeuvre
00:58:07de cette disposition
00:58:08de cette transposition
00:58:09elle ne doit pas peser
00:58:11sur le coût
00:58:12de fonctionnement
00:58:13administratif
00:58:14des entreprises
00:58:14c'est là
00:58:15où la CPME
00:58:16nous voulons attirer
00:58:17l'attention
00:58:18non pas pour gagner du temps
00:58:19mais pour qu'aujourd'hui
00:58:20quand même chacun le sait
00:58:22nous sommes dans une période économique
00:58:23comme jamais
00:58:25nous l'avons connue
00:58:25des défaillances d'entreprise
00:58:27comme jamais
00:58:28nous l'avons connue
00:58:29alors oui
00:58:29à l'évolution
00:58:30oui à la considération
00:58:31de toute façon
00:58:32ça serait se mentir
00:58:33aujourd'hui
00:58:34si ce débat
00:58:34n'était pas dans l'actualité
00:58:36mais en tous les cas
00:58:37il y a un temps
00:58:37où nous devons
00:58:38adapter nos entreprises
00:58:39nous devons considérer
00:58:40la charge administrative
00:58:42et la surtransposition
00:58:43doit se poser
00:58:44sur nos entreprises
00:58:45Sandrine Dord
00:58:46les DRH
00:58:47ils sont prêts
00:58:48à répondre
00:58:48à toutes les questions
00:58:49et à dire toute la vérité ?
00:58:51Alors
00:58:52tous les DRH
00:58:53non
00:58:53mais il y a quand même
00:58:54des entreprises
00:58:54qui ont pris le chemin
00:58:55de la transparence
00:58:56et qui ont commencé
00:58:57à structurer des choses
00:58:58moi le fond
00:58:59de mon action
00:59:00c'est de travailler
00:59:01sur les politiques
00:59:02de rémunération
00:59:02une politique
00:59:03c'est parfois
00:59:04on me dit
00:59:04mais nous on est tout petit
00:59:05on n'a pas besoin
00:59:05d'une politique
00:59:06une politique
00:59:06c'est un ensemble de règles
00:59:07qu'on applique à tout le monde
00:59:09et on n'est pas
00:59:09jamais trop petit
00:59:10comme entreprise
00:59:11pour réfléchir
00:59:12à l'ensemble de règles
00:59:13qu'on veut appliquer
00:59:13à toute l'entreprise
00:59:14en matière de rémunération
00:59:15et donc ça
00:59:16c'est le premier point
00:59:17que je trouve très sain
00:59:18c'est de s'interroger
00:59:19sur au final
00:59:20quelles sont les règles
00:59:21qu'on doit appliquer
00:59:22dans toute notre entreprise
00:59:24aujourd'hui
00:59:24il y a déjà
00:59:25des personnes
00:59:25qui revendiquent
00:59:26il y a déjà
00:59:26des personnes
00:59:27qui sont mécontentes
00:59:28de leur salaire
00:59:28il y a déjà
00:59:28des personnes
00:59:29qui quittent
00:59:29leur employeur
00:59:30parce qu'elles
00:59:30ne sont pas assez rémunérées
00:59:31c'est le cas aujourd'hui
00:59:33ça sera le cas après
00:59:34est-ce que les DRH
00:59:35sont prêts ?
00:59:36pas tous
00:59:36pas toutes
00:59:37et ils doivent se mettre
00:59:37en marche
00:59:38pour définir
00:59:39la politique de rémunération
00:59:40pour réfléchir
00:59:41à comment est-ce
00:59:41qu'on définit
00:59:42les critères
00:59:42pour les fameux
00:59:43postes de valeur équivalente
00:59:44justement
00:59:45pour pouvoir répondre
00:59:46aux salariés
00:59:47et quand on parle
00:59:47de performance
00:59:48ce que moi je trouve
00:59:49intéressant
00:59:49avec ces termes-là
00:59:50c'est que finalement
00:59:50ils veulent tout et rien dire
00:59:51que la loi
00:59:52elle est vague
00:59:53et quelque part
00:59:54c'est normal
00:59:55mais qu'ensuite
00:59:55en entreprise
00:59:56on doit préciser
00:59:57ok pour nous
00:59:57la performance
00:59:58cette année
00:59:58qu'est-ce que c'est
00:59:59pour pouvoir répondre
01:00:00aux questions des gens
01:00:01il n'est pas question
01:00:02qu'ensuite les salariés
01:00:03soient toujours d'accord
01:00:04avec le fond de la décision
01:00:05mais au moins
01:00:05qu'ils comprennent
01:00:06le fond de l'idée
01:00:07on espère un débat
01:00:09dans l'hémicycle
01:00:09à l'automne
01:00:10j'espère aussi
01:00:12oui parce qu'on a déjà
01:00:13pris beaucoup de retard
01:00:14et je pense que les enjeux
01:00:15dans l'hémicycle
01:00:16ça va être justement
01:00:17de définir ces catégories
01:00:18et qu'aujourd'hui
01:00:21dans le projet de loi
01:00:22ce que je comprends
01:00:23c'est que ces catégories
01:00:25ces postes à valeur équivalente
01:00:26et bien ils sont définis
01:00:27par accord d'entreprise
01:00:28mais à défaut
01:00:29ils sont malheureusement
01:00:31faits par décision
01:00:32unilatérale de l'employeur
01:00:33et là ça pourrait
01:00:34vraiment biaiser
01:00:36absolument les comparaisons
01:00:37donc on a un enjeu majeur
01:00:39à ce que dans l'hémicycle
01:00:40on progresse sur cette question
01:00:41et que ce soit
01:00:42par accord d'entreprise
01:00:43ou à défaut
01:00:44par l'accord de branche
01:00:46parce que c'est la seule façon
01:00:47d'avoir des comparaisons objectives
01:00:48merci à toutes les deux
01:00:49d'être venus en parler ce soir
01:00:50sur le plateau de Javois Comte
01:00:51merci à Philippe Coy
01:00:52d'avoir été aussi en direct avec nous
01:00:54tout de suite
01:00:54c'est Bourbon Express
01:00:55et c'est Marco Pommier
01:00:56le journal de l'Assemblée Nationale
01:01:03bonsoir Marco
01:01:03bonsoir Aline
01:01:04à la une ce soir
01:01:05d'abord cette passe d'armes
01:01:06entre deux députés
01:01:07à propos de la réforme constitutionnelle
01:01:09sur l'autonomie de la Corse
01:01:10c'était hier soir
01:01:11dans l'hémicycle
01:01:12les députés débattaient
01:01:13de la répartition
01:01:14des pouvoirs en Corse
01:01:15lorsque le socialiste
01:01:16Marc Pénas
01:01:17s'en est pris
01:01:17au Rassemblement National
01:01:18avec une référence
01:01:20à la seconde guerre mondiale
01:01:21et à la collaboration
01:01:23pendant la seconde guerre mondiale
01:01:25c'est une île
01:01:26qui a été une île de résistance
01:01:29pendant que vos ancêtres
01:01:30eux
01:01:31ne l'étaient sans doute pas
01:01:32ne fantasmez pas
01:01:34une identité corse
01:01:36qui vous rejette
01:01:38depuis toujours
01:01:38c'est pas possible
01:01:39monsieur de dire ça
01:01:40ma grand-mère
01:01:41elle est morte en 1940
01:01:42mon grand-père
01:01:43il était résistant
01:01:44alors vos propos
01:01:46sont inadmissibles
01:01:48inadmissibles
01:01:49inadmissibles
01:01:50moi je ne parle pas
01:01:51à vos grands-parents
01:01:51je ne sais pas
01:01:53qui sont vos grands-parents
01:01:53mais je m'en contrefous
01:01:55mais c'est inadmissible
01:01:57bon vous voyez
01:01:58c'était vraiment tendu
01:01:59et la tension était telle
01:02:00que la présidente de séance
01:02:01a dû suspendre la séance
01:02:03justement pour quelques minutes
01:02:04le temps que le calme
01:02:05revienne dans l'hémicycle
01:02:07et puis ensuite
01:02:07les débats ont repris
01:02:08et les députés
01:02:09ont achevé l'examen
01:02:10de ce texte
01:02:11sur l'autonomie de la Corse
01:02:12et pour rappel
01:02:12ce projet de loi constitutionnelle
01:02:14vise à accorder à la Corse
01:02:15un statut d'autonomie
01:02:16au sein de la République
01:02:17alors hier
01:02:18les députés
01:02:19se sont accordés
01:02:19sur les grands principes
01:02:20de cette autonomie
01:02:21aujourd'hui
01:02:22ils ont notamment voté
01:02:23à l'unanimité
01:02:24un amendement
01:02:25pour exclure
01:02:26des nouveaux pouvoirs
01:02:27accordés à l'île
01:02:28les compétences régaliennes
01:02:30comme la police
01:02:31ou l'armée
01:02:31le vote solennel
01:02:32sur l'ensemble du texte
01:02:33est prévu mardi
01:02:34ensuite ce texte
01:02:35il ira au Sénat
01:02:36pour rappel
01:02:37il s'agit d'un projet
01:02:38de loi constitutionnel
01:02:39qui devra
01:02:39in fine
01:02:40en dernière étape
01:02:41être approuvé
01:02:42par les 3 cinquièmes
01:02:43du Parlement
01:02:43réunis en congrès
01:02:44à Versailles
01:02:46on s'était dit
01:02:46avant hier soir
01:02:47en en parlant
01:02:47que c'était pas gagné
01:02:48on poursuit avec
01:02:49cette question
01:02:50les députés
01:02:51et leurs collaborateurs
01:02:53utilisent-ils
01:02:53l'intelligence artificielle
01:02:55pour travailler
01:02:55à l'Assemblée
01:02:56la réponse est oui
01:02:57Adeline
01:02:57ils en font même
01:02:58un usage massif
01:02:59hier lors d'une conférence
01:03:01de presse
01:03:01l'écologiste
01:03:02Nicolas Bonnet
01:03:03et le député
01:03:04du bloc central
01:03:04Denis Maceglia
01:03:05qui ont présenté
01:03:06un rapport consacré
01:03:08à l'usage de l'IA
01:03:09au palais Bourbon
01:03:10et bien ils ont dit
01:03:11en fait ce qu'ils avaient fait
01:03:12et ils ont proposé
01:03:13un questionnaire envoyé
01:03:14à tous les députés
01:03:15et leurs collaborateurs
01:03:16résultat
01:03:17regardez
01:03:17plus de 85%
01:03:19des répondants
01:03:20déclarent utiliser
01:03:21des outils
01:03:21de l'intelligence artificielle
01:03:23près d'un sur deux
01:03:24il y a recours
01:03:25tous les jours
01:03:25alors pour des synthèses
01:03:27de documents
01:03:27des reformulations
01:03:28des recherches
01:03:29sur internet
01:03:30en revanche
01:03:31quand ils utilisent l'IA
01:03:32ils sont pas vraiment
01:03:33patriotes
01:03:33ils utilisent beaucoup
01:03:34Tchad GPT
01:03:36plutôt que Mistral
01:03:37son concurrent français
01:03:38alors fort de ce constat
01:03:40les deux députés
01:03:41ont alerté
01:03:41sur les risques
01:03:42en matière
01:03:43de protection
01:03:43des données
01:03:44oui aujourd'hui
01:03:45il y a de l'usage
01:03:46de l'IA
01:03:47au sein de l'Assemblée nationale
01:03:48qui peut être
01:03:49à mon sens
01:03:50et à notre sens
01:03:52problématique
01:03:52mais néanmoins
01:03:53le sujet
01:03:54ce n'est pas d'interdire
01:03:55c'est de mettre
01:03:56à disposition
01:03:57des outils sécurisés
01:03:59permettant
01:04:00de répondre
01:04:00aux besoins
01:04:02et parmi les solutions
01:04:03et bien les deux députés
01:04:04proposent dans un premier temps
01:04:05de diffuser
01:04:06un guide
01:04:07de bonne pratique
01:04:08avant une formation
01:04:09plus large
01:04:10destinée aux députés
01:04:11et à leurs collaborateurs
01:04:12avec pourquoi pas
01:04:13ensuite des outils
01:04:14IA spécifiques
01:04:15aux travaux de l'Assemblée
01:04:16On finit avec de la musique
01:04:18Marco
01:04:18la fête de la musique
01:04:19ce sera aussi
01:04:20à l'Assemblée nationale
01:04:21tout le week-end
01:04:22oui ce week-end
01:04:22c'est portes ouvertes
01:04:24à l'Assemblée nationale
01:04:25regardez la présidente
01:04:26Yael Braun-Pivet
01:04:27a annoncé l'événement
01:04:29en début de semaine
01:04:30sur ses réseaux sociaux
01:04:31alors je préfère
01:04:32vous prévenir tout de suite
01:04:32les inscriptions
01:04:33sont déjà closes
01:04:34mais les chanceux
01:04:36qui ont des places
01:04:36et bien ils pourront
01:04:37découvrir l'hémicycle
01:04:39la magnifique bibliothèque
01:04:40restaurée
01:04:41ou encore l'hôtel de Lassé
01:04:42la résidence officielle
01:04:43de la présidente
01:04:44de l'Assemblée
01:04:45et tout cela en musique
01:04:46il y aura un parcours musical
01:04:47sur la visite
01:04:49au programme
01:04:50notamment
01:04:50les musiciens
01:04:51de la garde républicaine
01:04:53ou encore
01:04:53vous allez le voir
01:04:54et surtout vous allez l'entendre
01:04:56la fanfare de Varennes
01:05:10je suis hyper déçue Marco
01:05:12parce que je pensais
01:05:12qu'ils allaient jouer
01:05:13bon anniversaire
01:05:14c'est l'anniversaire
01:05:16de Marco Pommier
01:05:17aujourd'hui
01:05:17je suis très bien informée
01:05:19merci
01:05:20Marco
01:05:20rendez-vous à l'Assemblée nationale
01:05:22pour la fête de la musique
01:05:23merci à chacune
01:05:24d'être venue ce soir
01:05:25sur le plateau
01:05:25de chaque voix compte
01:05:26Sandrine Dorme
01:05:26je rappelle votre livre
01:05:27La remuneration
01:05:28n'est pas qu'une question d'argent
01:05:29paru chez Duneau
01:05:31merci Eva Sass
01:05:32merci Anna
01:05:33et merci Olivier
01:05:35merci à vous
01:05:36de nous avoir suivis
01:05:36bonne anniversaire
01:05:38cette émission est rediffusée
01:05:39tout à l'heure
01:05:40à 23h30
01:05:41on sera en train de fêter
01:05:41l'anniversaire de Marco Pommier
01:05:43à cette heure là
01:05:43je vous assure
01:05:45et vous la retrouvez aussi
01:05:46sur lcp.fr
01:05:47demain on se retrouve
01:05:48à 19h30
01:05:49émission en public
01:05:51émission en public
01:05:52demain consacrée
01:05:52au foot amateur
01:05:53le ciel est-il si bleu
01:05:55pendant cette coupe du monde
01:05:56pour les amateurs
01:05:57pour le foot amateur
01:05:58on en parlera demain
01:05:59d'ici là je vous souhaite
01:06:00une excellente soirée
01:06:01sur la 8
01:06:01à demain

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