00:00Les chefs, qui depuis de nombreuses années sont à la tête des armées françaises, ont formé un gouvernement.
00:07Ce gouvernement, allégant la défaite de nos armées, s'est mis en rapport avec l'ennemi pour cesser le combat.
00:15Certes, nous avons été, nous sommes, submergés par la force mécanique, terrestre et aérienne de l'ennemi.
00:23Infiniment plus que leur nombre, ce sont les chars, les avions, la tactique des Allemands qui nous font reculer.
00:30Ce sont les chars, les avions, la tactique des Allemands qui ont surpris nos chefs au point de les amener
00:36là où ils en sont aujourd'hui.
00:39Mais le dernier mot est-il dit ? L'espérance doit-elle disparaître ? La défaite est-elle définitive ?
00:47Non, croyez-moi, moi qui vous parle en connaissance de cause et vous dis que rien n'est perdu pour
00:53la France.
00:54Les mêmes moyens qui nous ont vaincus peuvent faire venir un jour la victoire.
01:00Car la France n'est pas seule. Elle n'est pas seule. Elle n'est pas seule.
01:04Elle a un vaste empire derrière elle. Elle peut faire bloc avec l'empire britannique qui tient la mer et
01:11continue la lutte.
01:12Elle peut, comme l'Angleterre, utiliser sans limite l'immense industrie des États-Unis.
01:18Cette guerre n'est pas limitée aux territoires malheureux de notre pays.
01:22Cette guerre n'est pas tranchée par la bataille de France.
01:26Cette guerre est une guerre mondiale.
01:28Toutes les fautes, tous les retards, toutes les souffrances n'empêchent pas qu'il y a, dans l'univers,
01:34tous les moyens pour écraser un jour nos ennemis.
01:38Foudroyés aujourd'hui par la force mécanique, nous pourrons vaincre dans l'avenir par une force mécanique supérieure.
01:45Le destin du monde est là.
01:47Moi, général de Gaulle, actuellement à Londres, j'invite les officiers et les soldats français qui se trouvent en territoire
01:54britannique
01:55ou qui viendraient à s'y trouver, avec leurs armes ou sans leurs armes.
02:00J'invite les ingénieurs et les ouvriers spécialistes des industries d'armement
02:04qui se trouvent en territoire britannique ou qui viendraient à s'y trouver, à se mettre en rapport avec moi.
02:11Quoi qu'il arrive, la flamme de la résistance française ne doit pas s'éteindre.
02:16Et ne s'éteindra pas.
02:18Demain, comme aujourd'hui, je parlerai à la radio de Londres.
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