00:00Et elle ne date pas d'aujourd'hui.
00:02Depuis la montée en division 1 il y a 4 ans,
00:04Toulon n'a jamais fait dans la dentelle,
00:06à croire que les joueurs étaient dressés
00:08comme les fauves du Montfaron.
00:10Aller à Toulon n'avait donc rien
00:12du déplacement touristique.
00:14Un match au stade Mayol
00:15était redouté par les autres équipes.
00:18Aujourd'hui, les Toulonnais ne veulent plus
00:20ressembler à des bandits.
00:21Ils ont envie de montrer
00:23un tout autre visage.
00:28Effectivement, je pense que Toulon
00:29a une mauvaise réputation qui n'est pas fondée.
00:32Peut-être que ça a été
00:34pendant
00:36une ou deux saisons, une équipe
00:37aux mauvaises têtes, aux enfants terribles,
00:39mais je pense que ce n'est plus le cas.
00:41Je pense même qu'on a une équipe qui n'est pas trop vaillante
00:43et qui est plus technique que physique.
00:45Mauvaise réputation,
00:48faut-il encore savoir pourquoi on l'a eu.
00:50Mais disons qu'on ne doit pas
00:52trouver ça comme une excuse,
00:53on doit quand même trouver ça comme une motivation
00:55à la faire disparaître complètement,
00:57cette éventuelle mauvaise réputation.
00:59pour arriver à devenir
01:01un club professionnel
01:04de A à Z.
01:06À Toulon, on ne fait pas les choses comme tout le monde.
01:08Roland Courbis, le manager, joue par exemple
01:11à la pétanque avec les pieds.
01:12Au-delà de cette anecdote,
01:14après le limogé en deux temps de Christian D'Alger
01:17la saison dernière et le déballage
01:19d'histoires pas très claires,
01:20Toulon a décidé de s'acheter une conduite.
01:22pour repartir sur de nouvelles bases,
01:25le sporting a fait venir de Besançon
01:27comme entraîneur Paul Orsati,
01:29un ancien de la maison.
01:30Orsati dispose cette année d'un groupe rajeuni.
01:33Motté est venu remplacer dans les buts Olmeta.
01:36Bernard Pardot a quitté Saint-Etienne
01:38pour se refaire une santé.
01:40Dominguez a rejoint Ramos.
01:42Des jeunes comme Testa, Ginola ou Difraya
01:45ont amené un enthousiasme nouveau et bénéfique.
01:51Il ne faut pas oublier qu'ils sont professionnels.
01:53Le mot professionnel est un grand mot pour moi,
01:55mais avant tout ce sont des hommes.
01:56Je crois que ma première mission ici,
01:58c'est changer l'état d'esprit
02:00et un petit peu rompre avec cette monotonie,
02:02ses habitudes et cette résignation
02:04qui semble avoir envahi petit à petit les joueurs
02:06au niveau du club.
02:08L'équilibre, l'équilibre, l'équilibre,
02:11l'équilibre, l'équilibre.
02:12Il aura un rôle énorme à jouer au milieu de terrain,
02:15en vis-d'hommes, tout ça.
02:16Je vous dégage un petit peu de ces responsabilités-là,
02:18mais il faudra faire le premier geste.
02:20Ça, il faudra le faire après.
02:22Pour Toulon, qui ne possède pas les ressources financières
02:24d'un Marseille ou d'un Paris Saint-Germain,
02:26l'avenir passe par les jeunes.
02:28Avec la création, il y a un an, d'un centre de formation,
02:31la municipalité est venue une fois encore soutenir le club.
02:38Il est important qu'on trouve maintenant d'autres ressources,
02:40parce que le football, ça se joue à 11, mais ça se dirige à 4.
02:43Le public, lui, finalement, apprécie.
02:46Il vient, il ne vient pas, il paye ou il ne paye pas.
02:47Mais c'est entre les footballeurs, les professionnels du football d'un côté,
02:52les collectivités locales et aussi les financiers
02:55que se joue maintenant l'avenir de l'organisation du football.
02:59Et incontestablement, les nouveaux financiers qui apparaissent
03:01seront bienvenus dans la mesure où, je ne pense pas,
03:04beaucoup de maires le pensent d'ailleurs comme ça,
03:06que les communes doivent continuer à financer autant
03:09leur club de première division ou de deuxième division.
03:11Nous sommes en première division depuis quatre ans,
03:14on attaque la quatrième année.
03:16Notre centre de formation est ouvert depuis un an.
03:19Donc, les éventuels fruits qu'on pourrait sortir de ce centre de formation
03:23ne peuvent pas être d'ici deux, trois ans.
03:26Donc, je crois qu'il faut travailler d'arrache-pied
03:29pour arriver à une certaine stabilité vers 1988-1989.
03:35L'avenir, l'avenir, l'avenir.
03:37Vous savez, il reste 34 matchs, bon, on a un déplacement à Bordeaux.
03:43Pour affronter l'équipe d'Emme Jacquet,
03:45Toulon a développé une organisation plus attrayante
03:47en alignant une équipe à vocation offensive.
03:50Un changement important.
03:52Je ne suis pas tellement pour l'attentisme,
03:55je ne suis pas tellement pour supporter la pression de match.
03:59Et puis d'abord, mes joueurs ne le supportent pas.
04:01Nous n'avons pas les structures pour ça.
04:03Donc, à partir de là, j'ai choisi délibérément
04:05de se faire plaisir sur un terrain,
04:06et même si c'est à Bordeaux,
04:07le risque, c'est moi qui le prends, et puis on verra bien.
04:10Non, eh, ça va, je ne tombe pas dans ce genre de panneau non plus.
04:15Malgré la bonne volonté des Toulonnais,
04:17les partenaires de Patrick Batiston ne sont pas tombés dans le piège.
04:20Ils se sont rapidement imposés en ouvrant la marque par Vujovic
04:24et en doublant la mise 11 minutes plus tard
04:27grâce à un superbe tir de René Girard.
04:32Mais les Toulonnais ont tout de même réussi à battre pour la première fois de la saison Dominique Dropsy
04:37grâce aux jeunes Testa.
04:39Malgré cette défaite, Toulon peut espérer des jours meilleurs.
04:43« On a réussi ! On a réussi ! On a réussi ! »
04:48Quelles sont vos ambitions pour cette saison ?
04:51Écoutez, j'ai un proverbe et un dicton corse qui dit
04:55« Vaut mieux 100 francs de dette qu'un centime de honte,
04:59c'est que je n'ai jamais honte de mes joueurs,
05:01c'est que je n'ai jamais honte de mon travail, de ce que je fais.
05:03Mes ambitions, c'est redonner une image de marque, surtout à Toulon. »
05:06« Ma ! Ma ! Ma ! Ma ! »