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  • il y a 6 jours
Adoptée par les députés le 5 mai dernier, puis par les sénateurs deux semaines plus tard, la proposition de loi "visant à renforcer la sécurité, la rétention administrative et la prévention des risques d'attentat" termine son parcours législatif. Le texte doit permettre d'allonger jusqu'à 210 jours la durée maximale de rétention administrative des étrangers sous le coup d'une obligation de quitter le territoire français (OQTF) qui ont été condamnés et qui sont jugés dangereux. Députés et sénateurs, réunis en commission mixte paritaire (CMP), ont trouvé un accord sur le texte le 4 juin. C'est cet accord que le rapporteur Charles Rodwell (EPR) détaille aux députés pour un dernier vote dans l'hémicycle, après son adoption par les sénateurs la veille. Retrouvez la position de chaque groupe et le vote final.

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Transcription
00:00:02Générique
00:00:07Bonjour et bienvenue dans la séance est ouverte.
00:00:10Mardi 16 juin, le député Charles Rodwell présente l'accord trouvé entre les députés et les sénateurs sur sa proposition
00:00:15de loi.
00:00:16Elle vise à renforcer la sécurité, la rétention administrative et la prévention des risques d'attentats.
00:00:21Les sénateurs l'ont approuvé la veille, c'est maintenant au tour des députés de se prononcer.
00:00:26C'est la dernière étape de son parcours législatif.
00:00:29Permettez-moi de commencer cet examen en rendant hommage à une famille, celle de Philippine, le noir de Carlan.
00:00:36Un soir de septembre 2024, il y a près de deux ans, Philippine a été enlevée et assassinée dans le
00:00:42bois de Boulogne.
00:00:43Philippine habitait ma circonscription, sa famille y habite toujours.
00:00:47Sa mort a endeuillé des milliers d'entre nous, chez nous, dans les Yvelines.
00:00:51Elle a bien sûr touché des millions de Français.
00:00:53C'est en mémoire de Philippine que nous portons ce texte sur lequel notre Assemblée exprime son vote final aujourd
00:01:00'hui,
00:01:00après l'accord trouvé en commission mixte paritaire et son adoption finale hier au Sénat.
00:01:06Ce vote s'inscrit dans un contexte très lourd dans lequel la mort de Philippine fait écho à celle d
00:01:11'une autre jeune femme,
00:01:12Liana et à celle de tant d'autres enfants tombés sous les coups d'un homme qui, jamais, n'aurait
00:01:18dû passer à l'acte.
00:01:19Les circonstances des meurtres de Liana et de Philippine n'ont a priori pas grand-chose en commun.
00:01:25Mais ces drames illustrent tous deux une seule et même réalité.
00:01:29Notre République a perdu la capacité de protéger ses enfants.
00:01:33C'est donc bien toute la République qui, de manière transpatisane, doit s'unir pour les protéger.
00:01:40C'est ce qui m'amène à apporter un soutien sans faille à la loi intégrale contre les violences sexuelles
00:01:46portée notamment par l'une de nos collègues socialistes.
00:01:49Un tel combat mérite mieux que des affrontements politiciens.
00:01:52Il mérite l'unité de la République et de ses représentants.
00:01:56Alors, chers collègues, permettez-moi de commencer par un regret.
00:01:59Je regrette amèrement que certains ici aient fait le choix de la politique du pire sur un texte qui aurait
00:02:04dû, lui aussi, susciter un consensus républicain.
00:02:07Dans nos débats, un député de la France Insoumise a parlé d'un texte, je le cite, de texte de
00:02:12déportation.
00:02:13Un autre a évoqué, je le cite, les camps de concentration.
00:02:17Un autre encore a défendu que l'honneur de la République, c'était de régulariser les terroristes plutôt que de
00:02:22les enfermer.
00:02:23Collègues dans la France Insoumise, je vous le dis droit dans les yeux, vous constituez un danger.
00:02:27La politique du pire, c'est aussi celle pratiquée par ceux qui ont fait le choix de se voter dans
00:02:33les pires compromissions.
00:02:34Les collègues socialistes, dans nos débats, motion après motion, amendement après amendement,
00:02:40pas une fois ne se sont-ils dissociés de la France Insoumise.
00:02:43Pas une fois n'ont-ils condamné le caractère inacceptable de leurs propos.
00:02:47Pas une fois n'ont-ils envisagé de soutenir des mesures parfaitement républicaines,
00:02:53même celles qui étaient pourtant soutenues il y a dix ans par la présidence socialiste de François Hollande.
00:02:58Les socialistes d'aujourd'hui rejettent ce que les socialistes d'hier portaient en étendard.
00:03:04Constat simple, chers collègues, entre la République et Mélenchon, ils ont choisi la soumission à Mélenchon.
00:03:09Face à de tels reniements, les Français doivent savoir que d'autres forces politiques républicaines font un autre choix,
00:03:15celui de continuer de mener le combat pour trouver un juste équilibre
00:03:20entre la protection de nos libertés publiques et la protection de nos familles et de nos enfants.
00:03:25C'est le choix de l'équilibre, ce choix de l'équilibre,
00:03:28c'est celui que nous avons fait avec Gabriel Attal et mon groupe Ensemble pour la République.
00:03:33C'est le choix qu'a fait le gouvernement, le Premier ministre Sébastien Lecornu
00:03:37et les ministres Bruno Rétaillot, Gérald Darmanin et Laurent Nunez.
00:03:40C'est le choix qu'avait fait en son temps Olivier Marlex.
00:03:43C'est le choix qu'ont fait des centaines de parlementaires de l'Assemblée nationale et du Sénat,
00:03:49notamment Michel Barnier et les quatre groupes du socle commun.
00:03:52Leur soutien constitue la preuve que l'union de nos forces est possible
00:03:57pour gagner ensemble les grands combats qui comptent pour notre pays.
00:04:01En portant ce texte, c'est bien le choix de l'équilibre que nous faisons.
00:04:06Oui, nous sommes fiers de renforcer la sécurité de nos familles et de nos enfants.
00:04:10Oui, nous renforcerons massivement notre arsenal de lutte contre le terrorisme
00:04:15en créant notamment la rétention de sûreté judiciaire pour les terroristes.
00:04:20Oui, nous longerons la rétention administrative pour les étrangers illégaux condamnés pour des faits de terrorisme
00:04:27et pour les étrangers illégaux condamnés pour des faits de torture, d'actes de barbarie, de viol ou d'assassinat.
00:04:34Oui, nous accompagnerons les individus malades atteints de troubles psychiatriques graves
00:04:40afin qu'ils soient soignés pour eux-mêmes et aussi plutôt que d'attendre un puissant qu'ils ne passent
00:04:46à l'acte.
00:04:47Oui, nous porterons ces mesures pour protéger coûte que coûte nos familles et nos enfants
00:04:52tout en protégeant coûte que coûte ce que nous avons d'aussi cher, nos libertés.
00:04:57En tout point, ce texte respecte l'état de droit car oui, la conviction qui nous anime,
00:05:03c'est que jamais le respect de l'état de droit ne doit nous condamner à l'impuissance.
00:05:08C'est habité de cette même conviction qu'unie.
00:05:11Nous porterons et nous voterons pour cette proposition de loi
00:05:15afin que les drames qui ont frappé Philippines et tant d'autres enfants
00:05:19soient épargnés aux autres familles de France.
00:05:22Chers collègues, protégeons nos libertés, protégeons nos familles, protégeons nos enfants.
00:05:28Votons pour ce texte. Je vous remercie.
00:05:30Madame la Présidente, Monsieur le Président de la Commission des lois, Monsieur le rapporteur,
00:05:35Mesdames et Messieurs les députés, je tiens d'abord au nom du gouvernement
00:05:38à me féliciter de l'accord trouvé en commission mixte paritaire sur cette proposition de loi
00:05:42visant à renforcer la sécurité, la rétention administrative et la prévention des risques d'attentats.
00:05:47Cet accord a permis d'aboutir à un texte à la hauteur des menaces opérationnelles
00:05:51et est respectueux de l'état de droit.
00:05:54Je veux ici remercier publiquement Monsieur le Président de la Commission des lois
00:05:58et Monsieur le rapporteur pour le travail constructif de rapprochement des points de vue
00:06:02qui a été effectué en liaison avec le rapporteur du Sénat
00:06:05et la Présidente de la Commission des lois, Madame Muriel Jourdat.
00:06:11Je souhaite également rendre ici un hommage appuyé aux auteurs de cette initiative législative,
00:06:15Monsieur Charles Ordouel, ainsi qu'à Monsieur le Premier ministre, Michel Barnier.
00:06:19Ils ont porté ce texte depuis de nombreux mois,
00:06:21se sont prêtés à l'exercice de soumettre le texte à l'avis du Conseil d'État
00:06:25pour en garantir la solidité juridique
00:06:27et enfin ont permis qu'il soit adopté en première lecture à l'Assemblée nationale le 5 mai dernier.
00:06:33Depuis l'automne, le gouvernement, de concert avec les auteurs de la proposition de loi,
00:06:38s'est assuré que ce texte soit conforme aux exigences constitutionnelles
00:06:41et qu'il réponde également aux exigences opérationnelles.
00:06:46Ces objectifs nous ont ainsi collectivement guidés tout au long de son examen.
00:06:51Mesdames et Messieurs les députés,
00:06:52le texte soumis à votre approbation définitive comprend deux volets distincts.
00:06:56La lutte contre le terrorisme et l'éloignement des étrangers dangereux.
00:07:01Dans ces deux domaines, il nous faut être lucide,
00:07:03des points d'amélioration existaient
00:07:06et des drames sont venus tragiquement nous le rappeler.
00:07:09Tout d'abord, concernant la lutte contre le terrorisme.
00:07:12Depuis dix ans, notre pays s'est progressivement doté d'un solide arsenal juridique,
00:07:16mais un angle mort devait être comblé,
00:07:20le passage à l'acte d'individus radicalisés présentant des troubles psychiques.
00:07:24Depuis 2020, la moitié des attentats terroristes perpétrés sur notre sol
00:07:28l'ont été par des individus qui présentaient ce profil.
00:07:31Sans stigmatiser les personnes présentant des troubles psychiques,
00:07:36qui ne s'engagent évidemment pas toutes dans des comportements violents,
00:07:39il est vrai que certaines fragilités peuvent favoriser la perméabilité aux thèses radicales.
00:07:47L'article 1er de la proposition de loi permettra au préfet d'obliger un individu,
00:07:53suivi pour radicalisation, à se soumettre à un examen psychiatrique.
00:07:58Le psychiatre sera choisi par l'individu à partir d'une liste définie par la Cour d'appel.
00:08:03Je remercie les membres de la commission Max Mix Paritaire d'être revenus à cette position
00:08:10qui était celle adoptée à l'origine par votre Assemblée.
00:08:13C'est ce que souhaitait le gouvernement pour maximiser les garanties d'indépendance,
00:08:17mais aussi de compétence, puisque ces listes sont actualisées régulièrement.
00:08:23Si l'individu refuse, le juge judiciaire pourra autoriser le préfet
00:08:27à recueillir les forces de l'ordre pour l'emmener devant un psychiatre.
00:08:30Il ne s'agit pas de conduire toute personne radicalisée devant un psychiatre.
00:08:34Le préfet prononcera une injonction d'examen uniquement en cas de menace pour la sécurité
00:08:39et uniquement si des troubles mentaux ont commencé à être identifiés par un premier psychiatre.
00:08:45Là encore, je remercie la commission Mix Paritaire qui a rétabli cet avis préalable.
00:08:50Je remercie là aussi M. le rapporteur Charles Rodwell d'avoir œuvré en faveur de ce retour
00:08:54à une version qui avait clairement la préférence du gouvernement.
00:08:57Par ailleurs, l'aménagement de la fin de peine pour les individus condamnés pour terrorisme
00:09:02ou des individus qui se sont radicalisés en détention peut encore être perfectionné.
00:09:09Les profils terroristes sont surveillés à la sortie de prison pour prévenir les passages à l'acte
00:09:13et le ministre de l'Intérieur que je suis peut à cet égard prononcer des micas.
00:09:18A leur rencontre, la proposition de loi permettra quant à elle de renforcer les leviers judiciaires.
00:09:25Ainsi, des individus condamnés pour terrorisme peuvent sortir de prison malgré un trouble grave de personnalité
00:09:30et une probabilité élevée de récidive.
00:09:33L'article 2 permettra aux juges, dans des conditions très encadrées,
00:09:37de prononcer à l'issue de la peine un placement dans un centre socio-médico-judiciaire de sûreté.
00:09:44Par ailleurs, des individus condamnés pour des faits de droit commun peuvent se radicaliser en détention
00:09:50et sortir de prison sans pouvoir faire l'objet d'une mesure judiciaire de prévention de la commission d'actes
00:09:55terroristes.
00:09:56L'article 3 permettra donc d'astreindre les condamnés pour de tels faits
00:10:00qui se sont radicalisés à une prise en charge sanitaire et sociale
00:10:04ou les obliger à répondre à des convocations par l'autorité judiciaire ou administrative.
00:10:09Enfin, en matière de lutte contre le terrorisme et les individus dangereux,
00:10:13l'article 6 permettra de corriger les effets de bord des procédures simplifiées du changement de l'état civil.
00:10:19Les criminels peuvent aujourd'hui changer de nom et de prénom avec un simple formulaire.
00:10:24Désormais, toute personne devra fournir un bulletin numéro 3 du casier judiciaire,
00:10:29une attestation d'inscription ou de non-inscription au fichier des auteurs d'infractions terroristes,
00:10:33mais aussi au fichier des auteurs d'infractions sexuelles.
00:10:37Le second volet de ce texte concerne l'éloignement des étrangers dangereux.
00:10:40Si chaque attentat commis est un échec pour les services de sécurité, il en va également ainsi des crimes.
00:10:46Je veux avoir ici une pensée toute particulière, évidemment, pour la jeune Philippine assassinée en septembre 2024,
00:10:52ainsi que pour sa famille.
00:10:54Tirant les leçons de ce drame, la proposition de loi, en tant qu'origer des dysfonctionnements objectifs
00:10:59qui ont été mis en lumière à cette occasion.
00:11:01Tout d'abord, grâce à la rétention des profils présentant un trouble à l'ordre public au-delà de 90
00:11:06jours.
00:11:07Actuellement, seuls les étrangers condamnés pour terrorisme peuvent être maintenus dans un centre de rétention au-delà de ces 90
00:11:15jours.
00:11:16Des étrangers dangereux peuvent donc sortir du CRA au 91e jour,
00:11:20alors même qu'ils ont pu être condamnés pour des crimes graves,
00:11:22qu'il s'agisse d'enlèvements, de tortures, de séquestrations, d'agressions ou de viols.
00:11:26La proposition de loi permettra donc de maintenir en rétention jusqu'à 210 jours les étrangers définitivement condamnés
00:11:33pour les crimes et les délits les plus graves,
00:11:36et dont le comportement représente encore une menace actuelle et particulièrement grave pour l'ordre public.
00:11:42La commission mixte paritaire a abouti à une réaction équilibrée, assortie de nombreuses garanties,
00:11:48et je veux en remercier ses membres.
00:11:49Le maintien en rétention jusqu'à 360 ou 540 jours est une autre disposition essentielle de cette proposition de loi.
00:11:56C'est avec la même exigence d'opérationnalité et de protection des droits
00:12:00que le régime de réitération du placement en rétention,
00:12:03sur la base de la même décision d'éloignement, a été perfectionné.
00:12:07L'article 8 bis permet le maintien en rétention d'un étranger sur le fondement d'une même décision d
00:12:12'éloignement
00:12:12s'il représente toujours une menace pour l'ordre public
00:12:16ou s'il s'est soustrait à des mesures de surveillance.
00:12:18Le régime retenu par les travaux de la commission mixte paritaire est très encadré
00:12:23et tire les conséquences de la censure intervenue avec la décision du Conseil constitutionnel du 16 octobre 2025.
00:12:30Censure qui devait entrer en vigueur le 1er novembre prochain.
00:12:34Avec le nouveau régime proposé, les étrangers ne pourront être maintenus en rétention
00:12:38que pour une durée maximum de 360 jours,
00:12:41alors que la directive retour permet aux États membres d'aller jusqu'à 540 jours,
00:12:45comme le font d'ailleurs un certain nombre de nos voisins.
00:12:48En France, cette durée maximale de 540 jours ne s'appliquera qu'aux étrangers condamnés pour terrorisme
00:12:53ou présentant une menace d'une particulière gravité pour l'ordre public.
00:12:57D'ailleurs, je note que le règlement retour examiné ce mercredi par le Parlement européen
00:13:01permettra aux États membres d'aller jusqu'à 720 jours.
00:13:04Nous proposons donc de rester en deçà de cette durée.
00:13:07En conclusion, dans le droit fil de ce que je viens d'exposer,
00:13:11je vous invite donc, mesdames et messieurs les députés,
00:13:13a voté largement cette proposition de loi qui permettra de mieux protéger les Français.
00:13:18Je vous remercie.
00:13:19Merci, monsieur le ministre.
00:13:23J'ai reçu de madame Mathilde Panot et des membres du groupe
00:13:26La France Insoumise Nouveau Front Populaire une motion de rejet préalable
00:13:29déposée en application de l'article 91 alinéa 5 du règlement.
00:13:34La parole est à monsieur Andy Kerbrat pour une durée de 10 minutes.
00:13:46Merci, madame la présidente, messieurs les ministres, chers collègues, monsieur le rapporteur.
00:13:51Avant de débuter mon propos sur le fond de ce texte, je veux répondre à monsieur le rapporteur.
00:13:56Vous avez affirmé dehors et ici que nous ne respecterions pas la mémoire des victimes.
00:14:01Je veux donc rappeler avec la plus grande solennilité notre soutien ému et respectueux à la famille
00:14:06et aux proches de Philippines, dont le meurtre nous a tous légitimement bouleversés.
00:14:10Mais monsieur le rapporteur, je ne souhaite pas rentrer sur ce terrain.
00:14:14Je vous réponds sur le plan strictement politique.
00:14:16Votre loi n'aurait pas sauvé sa vie.
00:14:19Son meurtrier présumé a été relâché au bout de 70 jours, bien avant le plafond légal actuel.
00:14:25Allonger la durée de rétention n'aurait absolument rien changé à ce drame.
00:14:29Notre République repose sur des principes inaliénables de liberté et d'égalité.
00:14:33Et je vais citer ici le premier article de notre Déclaration des droits de l'homme et des citoyens.
00:14:37Les hommes naissent et demeurent libres et égaux en droit.
00:14:40Ce message dépasse la seule figure des citoyens français pour embrasser toute l'humanité,
00:14:46se souhaitant peu du statut administratif ou de l'origine des femmes et des hommes qui vivent sur nos sols.
00:14:51Cet article fondateur a su se traduire dans toutes nos grandes avancées politiques et sociales.
00:14:55Mais malheureusement, des responsables politiques, ceux issus de la Startup Nation et ceux issus de Vichy,
00:15:00ne cessent de détruire cet universalisme.
00:15:02Les garanties procédurales sont méthodiquement démantelées les unes après les autres.
00:15:07Depuis en François Hollande, suivi avec zèle par son ancien ministre Emmanuel Macron,
00:15:11vous avez fait entrer l'état d'urgence dans le droit commun.
00:15:13Ce texte, aujourd'hui, s'inscrit dans cette logique funeste.
00:15:17En matière de lutte contre le terroriste, vous faites une distinction abjecte entre les Français
00:15:21et celles et ceux qui vous rendaient coupables de tout, les résidents étrangers de notre pays.
00:15:24Or, vous le savez comme moi, la tragique réalité de la dernière décennie nous a prouvé qu'une grande partie
00:15:30des terroristes qui ont frappé notre pays étaient des Français,
00:15:32qu'ils avaient fréquenté les écoles de la République et grandis dans nos villes.
00:15:36Mais votre texte vient renforcer le soupçon que sur vos boucs émissaires.
00:15:40Pendant des années, vous avez exigé les voix de la gauche dans les yeux en exigeant que, comme les castors,
00:15:46elles fassent un barrage républicain face à l'extrême droite.
00:15:48Mais dans cet hémicycle, au fil de cette insupportable fin de règne que vous faites subir à nos compatriotes,
00:15:54les masques sont tombés, votre fameux « en même temps » a toujours été une politique de droite.
00:15:59Rien ne change avec vous.
00:16:01La bourgeoisie que vous représentez fait toujours le même choix.
00:16:04En bradant ainsi nos libertés pour complaire à l'extrême droite,
00:16:07vous illustrez à la perfection la sinistre maxime de vos ancêtres politiques des années 30,
00:16:11plutôt Hitler que le Front populaire.
00:16:13Vous n'avez jamais été un barrage, vous êtes un pont, vous êtes le marchepied de la réaction.
00:16:17Et le boussole de ce texte indique résolument, obstinément, l'extrême droite.
00:16:22Les Françaises et les Français veulent vivre en paix et en sécurité, c'est une évidence,
00:16:25mais ils veulent aussi rester libres et protégés de l'arbitraire de l'État.
00:16:29Or, comment vous faire confiance ?
00:16:30Lors de l'étude de ce texte, un véritable scandale d'État a éclaté.
00:16:35Sous couvert d'apologie du terrorisme et de procédures d'exception,
00:16:37les services de police ont géolocalisé, pisté, épié les moindres faits et gestes d'une élue de la République,
00:16:43notre collègue eurodéputée Rima Hassan.
00:16:46Et quand nous avons demandé des comptes sur le sujet dans cet hémicycle,
00:16:48Monsieur le Ministre, qu'avez-vous fait ?
00:16:50Vous avez dégainé l'article 44 alinéa 2 pour pouvoir fuir les débats.
00:16:54Ce mépris de l'Assemblée, vous l'avez poussé jusqu'à l'absurde dans l'examen de ce texte,
00:16:58quand cette Assemblée, souverainement, a rejeté votre infâme article 8 sur l'allongement de la rétention,
00:17:03vous avez imposé une seconde délibération pour faire revoter l'Assemblée.
00:17:07Rien que pour cet affront fait au Parlement, ce texte issu de la Commission mixte paritaire mériterait d'être rejeté
00:17:12aujourd'hui.
00:17:12Mais il nous faut décortiquer le fond de ce texte.
00:17:16L'article 1er reste un modèle d'arbitraire.
00:17:19Il porte une mesure administrative d'injonction d'examen psychiatrique sans contrôle en amont du juge.
00:17:25Elle sera déclenchée parce qu'il existerait des raisons sérieuses de penser que le comportement de l'individu constitue une
00:17:31menace.
00:17:31Mais vous n'avez jamais été capable de définir ces raisons sérieuses.
00:17:35En procédant ainsi, vous laissez la main libre à l'administration policière.
00:17:38Vous allez jusqu'à recourir aux forces de l'ordre à domicile au petit matin pour imposer l'examen psychiatrique.
00:17:43Vous organisez la possible admission en soins sans le consentement de la personne.
00:17:47L'hospitalisation sans contrainte existe dans notre droit, oui.
00:17:49Mais elle existe de constater un péril médical éminent.
00:17:52Le médecin ne peut être une contrainte pénale ordonnée par un préfet pour pallier le manque de preuves judiciaires.
00:17:57Tous les professionnels de santé vous le crient depuis des mois, mais vous ne les écoutez pas.
00:18:01J'en vois d'ailleurs ici les pensées et le soutien de mon groupe, La France Insoumise,
00:18:04au personnel de l'hôpital psychiatrique Saint-Anne à Paris, en grève, pour dénoncer leurs conditions de travail indignes.
00:18:09J'en vois aussi des pensées personnelles aux soignants mobilisés à l'hôpital Saint-Jacques à Nantes,
00:18:14pour les mêmes raisons et partout ailleurs.
00:18:16Nous remettrons la psychiatrie sur pied à partir de 2027, tenez bon.
00:18:20Sans moyens pour la psychiatrie, votre texte finira au mieux à la poubelle,
00:18:24et au pire, il engorgera encore davantage des services à l'agonie et épuisera des soignants.
00:18:29Rappelons ce chiffre effarant.
00:18:31En Ile-de-France, il y a aujourd'hui 7 lits d'urgence pour 12 millions d'habitants d'urgence
00:18:36psychiatrique.
00:18:36Vous instrumentalisez la souffrance psychique au nom de la sécurité publique.
00:18:40Et que dire de l'article 4 qui transforme les directeurs d'hôpitaux en indique de la préfecture
00:18:44en les obligeant à faire remonter la moindre autorisation de sortie ?
00:18:47C'est la mort du secret médical.
00:18:49L'article A2, quant à lui, est un terrible échec.
00:18:52Ce que vous avez fait dans nos prisons est une honte.
00:18:55Elle ne réhabilite pas les condamnés.
00:18:57Elle ne faut qu'aux repunir, reproduire la violence et donc la récidive.
00:19:00Et dans le cas du terrorisme, vous le faites gagner,
00:19:03en empêchant toute possibilité de déradicalisation.
00:19:05C'est un article étant la rétention de sûreté à des individus ayant purgé leur peine.
00:19:10C'est la prison après la prison.
00:19:12Vous avez taillé à l'os les services de réinsertion depuis longtemps.
00:19:15Vous construisez des prisons, encore des prisons, toujours des prisons,
00:19:17tout en maltraitant l'administration pénitentiaire et les services de probation.
00:19:21Si des personnes condamnées ressortent, sont remises en cause et peuvent récidiver,
00:19:24c'est le résultat direct de votre politique de clochardisation de la justice.
00:19:28Parce que vous refusez la régulation carcérale,
00:19:30parce que vous refusez de concentrer les moyens humains sur la réinsertion pour éviter les sorties sèches,
00:19:35vous inventez les peines de sûreté quasiment automatiques.
00:19:37L'article 3 va dans le même sens pour les condamnés de droit commun.
00:19:40L'objectif de prévention est noble, mais sans moyens, c'est du pipeau.
00:19:43Prolonger l'enfermement hors de tout cadre pénal classique est une dérive inacceptable.
00:19:47De plus, l'article 5 va parachever cet arbitraire en réduisant les garanties de recours
00:19:51contre les mesures de contrôle administratif, les fameuses MICAS.
00:19:54Les préfets pourraient faire appel de la décision du juge, et pire, cet appel deviendrait suspensif.
00:19:59Vous permettez à l'administration de maintenir une privation de liberté que le juge vient pourtant de déclarer illégale.
00:20:06C'est la remise en cause totale de l'autorité de la justice face à la toute-puissance de Beauvau.
00:20:11J'en viens au fond profondément nauséabond de votre doigt,
00:20:15l'article 6 qui restreint le changement de nom et de prénom à l'état civil pour les personnes nées
00:20:19à l'étranger.
00:20:20Et la commission mixte paritaire a maintenu cette ignominie en exigeant des personnes l'autorisation d'un procureur
00:20:26si leur pays d'origine s'y oppose.
00:20:28Mes collègues, ça concerne qui essentiellement ?
00:20:31Les actions voulant hurler, ce sont les personnes transgenres exilées.
00:20:35Vous demandez à des personnes qui ont fui la torture et les persécutions
00:20:38d'aller quémander des papiers au régime dictatoriaux qui veut leur mort.
00:20:42Or, soyons sérieux, les terroristes internationaux se moquent bien de vos formulaires de changement de prénom en mairie.
00:20:48La grande criminalité utilise des faux papiers.
00:20:50Elle n'utilise pas l'article 60 du Code civil.
00:20:52Vous avez fondu une loi faussement antiterroriste pour mener une vraie traque administrative
00:20:56contre les minorités et les étrangers.
00:20:59Et maintenant, parlons du cœur de votre texte, la rétention administrative.
00:21:02Le rapporteur a trouvé une rustine pour allonger la durée et faciliter la renouvellement de la rétention
00:21:06en centre de rétention administrative.
00:21:08Rappelons que le Conseil constitutionnel a déjà tranché en 2025
00:21:11et a déclaré anticonstitutionnel des mesures identiques.
00:21:16Le législateur, aujourd'hui, décide siément de contourner cette décision.
00:21:19L'ombre du très réactionnaire Bruno Retailleau plane lourdement sur cet hémicycle.
00:21:23Il déclarait que l'état de droit n'était pas intangible.
00:21:27Vous le mettez en pratique.
00:21:29Or, la constitutionnalité ne se contourne pas.
00:21:31Elle se respecte.
00:21:32Avec la bénédiction de la CMP, vous allez enfermer des personnes sorties de prison
00:21:36dans des centres de rétention administrative pendant 10 ou 110 jours,
00:21:39renouvelables par tranche jusqu'à 540 jours.
00:21:42Monsieur le rapporteur, vous avez même osé vous vanter d'avoir créé un plafond pour protéger les libertés.
00:21:46Mais 540 jours, c'est un an et demi d'enfermement sans procès.
00:21:49Ce n'est pas un garde-fou, c'est la légalisation de l'arbitraire.
00:21:53C'est donc une peine supplémentaire d'un an et demi sans procès, la double peine.
00:21:57Tous vos rapports le disent.
00:21:58Les personnes retenues sont généralement expulsées dans les 30 premiers jours.
00:22:02Au-delà, la rétention s'éternise uniquement parce qu'il est impossible de tenir des laissés-passés consulaires.
00:22:09La contrôle générale des lieux de privation de liberté le déclarait en commission.
00:22:12L'état de certains crats est pire que celui de nos prisons.
00:22:15Ces lieux fabriquent de la violence et de la détresse psychiatrique.
00:22:17Cette rétention longue est inhumaine et inefficace.
00:22:22L'allongé de 540 jours constitue une atteinte irréversible aux libertés essentielles.
00:22:27Cette logique revient une nouvelle fois à faire de l'étranger un nuisible qu'il faut invisibiliser, extraire de l
00:22:33'espace public.
00:22:34Mes chers collègues, en votant ce texte, vous n'obtiendrez aucune garantie de sécurité supplémentaire pour nos concitoyens.
00:22:42Mais vous détricoterez ce qui fait les fils même de notre République.
00:22:45Vous validerez la fin de la proportionnalité des peines.
00:22:48Vous acterez la mort du secret médical.
00:22:50Vous inscrirez dans la loi la discrimination par la nationalité et l'acharnement contre la minorité de genre.
00:22:54Dans cet hémicycle, nous les députés de la France insoumise, nous sommes fiers d'être héritiers du bloc de constitutionnalité
00:22:59et des droits humains.
00:23:00Nous jouons des actes matériels, pas des probabilités.
00:23:02Nous défendons le soin, pas la punition médicale.
00:23:05Nous défendons une justice indépendante, pas une justice sous tutelle préfectorale.
00:23:08Ce texte est une atteinte pure et simple à l'état de droit.
00:23:12Il sera certainement balayé par le Conseil constitutionnel, mais il est de notre devoir de parlementaire de le balayer dès
00:23:18aujourd'hui politiquement.
00:23:20Pour la défense des libertés fondamentales, pour le respect de l'éthique médicale, pour la dignité des personnes exilées
00:23:25et pour faire barrage à l'argent d'acte xénophobe et autoritaire qui a inspiré ce projet,
00:23:29le groupe La France insoumise vous appelle à voter pour cette motion de rejet préalable.
00:23:34Merci.
00:23:40On va passer au vote sur la motion de rejet préalable.
00:23:43Je vous laisse regagner vos places.
00:23:46Je la mets donc au voie.
00:23:48Le scrutin est ouvert.
00:23:54Le scrutin est clos.
00:24:01Résultat du scrutin.
00:24:02Votant 322, exprimé 320.
00:24:05Majorité 161 pour 89 contre 231.
00:24:08L'Assemblée n'a pas adopté.
00:24:12Nous en arrivons donc à la discussion générale.
00:24:16La première oratrice pour le groupe Ensemble pour la République est Madame Marie Lebec.
00:24:23Madame la Présidente, Monsieur le Ministre, Monsieur le Rapporteur, mes chers collègues.
00:24:27Nous y voilà.
00:24:29Il y a six semaines, notre Assemblée a adopté en première lecture la proposition de loi portée par notre collègue
00:24:34Charles Rodwell.
00:24:35Le Sénat l'a examiné à son tour, l'a enrichi, puis un accord a été trouvé en CMP.
00:24:41Aujourd'hui, nous sommes réunis pour conclure ce travail parlementaire, après l'adoption des conclusions de la CMP au Sénat
00:24:46hier après-midi.
00:24:48Ce texte est l'illustration de ce que le Parlement sait faire lorsqu'il se hisse à la hauteur des
00:24:52enjeux.
00:24:52Car oui, il y a eu du débat.
00:24:55Oui, il y a eu des désaccords.
00:24:57Mais il y a surtout eu un travail transpartisan, exigeant, entre l'Assemblée nationale et le Sénat.
00:25:02Un travail de fond, sérieux, respectueux, des équilibres institutionnels qui a permis d'aboutir à un texte solide, juridiquement sécurisé
00:25:10et opérationnel.
00:25:11Ce n'est pas anodin.
00:25:12Dans une période où le débat public est souvent caricaturé, nous démontrons ici que sur les sujets essentiels, comme la
00:25:18sécurité de nos concitoyens et la lutte contre le terrorisme, le Parlement peut être constructif.
00:25:25Parce que derrière ce texte, il y a des réalités que personne ne peut ignorer.
00:25:29Il y a des victimes.
00:25:31Philippine, assassinée en septembre 2024.
00:25:34Lino, tuée à Mulhouse en février 2025.
00:25:37Et à chaque fois, une même question.
00:25:39Avions-nous tous les outils pour prévenir ce passage à l'acte ?
00:25:42La réponse, nous la connaissons.
00:25:43Et c'est précisément pour y répondre que ce texte a été construit.
00:25:47Il a été construit dans la durée, sur plus de deux années de travail.
00:25:50Il a été construit dans le dialogue avec le Conseil d'Etat.
00:25:53Et construit aussi avec du travail sérieux qui a permis d'ajuster, de sécuriser et d'améliorer chaque dispositif.
00:25:59Ce n'est pas une réaction, c'est une anticipation.
00:26:02Il prend en compte l'évolution de la menace, notamment celle des profils hybrides, à la frontière entre la radicalisation
00:26:07et troubles psychiatriques, qui échappent encore trop souvent à nos cadres juridiques.
00:26:12Il renforce nos capacités de prévention, de suivi, de contrôle, comme toujours sous l'autorité d'un juge, toujours dans
00:26:18le respect de nos principes constitutionnels.
00:26:20Et il comble surtout des vides juridiques identifiés.
00:26:23Mes chers collègues, face à cela, je vais exprimer une incompréhension.
00:26:28Car si une large partie de cet hémicycle a su travailler de manière constructive, certains ont fait un autre choix,
00:26:34celui de l'opposition systématique.
00:26:36Voir aujourd'hui une partie de la gauche, et notamment de la gauche républicaine, se ranger dans un vote d
00:26:41'opposition aux côtés de la France Insoumise interroge.
00:26:44Interroge parce que cette même gauche a longtemps été au rendez-vous de la lutte contre le terrorisme.
00:26:48Elle avait su prendre ses responsabilités par le passé.
00:26:51Aujourd'hui, elle choisit de ne pas accompagner un texte pourtant encadré, équilibré, contrôlé par le juge et construit dans
00:26:57le respect de l'état de droit.
00:26:58C'est un choix politique, mais c'est un choix que nous regrettons, car sur ces sujets, nous devrions être
00:27:03capables de faire bloc.
00:27:04Mes chers collègues, il est temps d'en finir, non pas parce que le sujet serait épuisé, car la menace
00:27:09terroriste ne l'est pas,
00:27:11mais parce que les outils sont prêts, parce que le texte est solide, parce que ses bases légales sont nécessaires
00:27:16pour combler les manques.
00:27:20Chaque jour qui passe, sans ce texte promulgué, c'est une lacune juridique qui demeure.
00:27:24C'est un profil dangereux qui pourrait en bénéficier.
00:27:27C'est un risque que nous pourrions réduire et que nous n'avons pas encore réduit.
00:27:30Alors votons avec sérieux et responsabilité.
00:27:33Le groupe Ensemble pour la République votera ce texte avec conviction.
00:27:36Je vous remercie.
00:27:39Merci Madame la députée.
00:27:40Pour le groupe La France Insoumise Nouveau Front Populaire, la parole est à Monsieur Antoine Léaumant.
00:27:50Présidente, Ministres, collègues, la lutte contre le terrorisme est un sujet trop sérieux pour être instrumentalisé par des discours politiciens.
00:27:57Nous le devons aux victimes, à leur famille et à notre peuple tout entier.
00:28:01J'adresse le soutien de la France Insoumise à toutes celles et ceux qui ont perdu un proche ou ont
00:28:05été blessés dans les attentats qui ont endeuillé notre République.
00:28:08Charlie Hebdo, l'Hypercacher, le Bataclan, Nice.
00:28:11Le terrorisme a un but contenu dans son nom, terrifié, faire peur et pour lui faire échec, c'est à
00:28:15cela qu'il faut résister.
00:28:16Mais la peur, vous vous en nourrissez.
00:28:18Pire, vous la suscitez et vous l'exploitez pour des motifs politiciens pour une raison simple.
00:28:23Quand la peur règne, on peut gouverner par la force.
00:28:25L'instrumentalisation de la peur, c'est ce que vous faites ici.
00:28:28En proposant d'enfermer les étrangers sans procès et surdécision du pouvoir exécutif pendant 210 jours en centre de rétention
00:28:34administrative.
00:28:35Vous savez bien que ça ne sert à rien, mais vous le faites quand même.
00:28:38Vous faites exactement ce que les terroristes attendent.
00:28:40Des lois irrationnelles, inutiles et qui contreviennent aux valeurs de la République.
00:28:45Terrifié, divisé, c'est là votre projet.
00:28:47Vous prétendez combattre le terrorisme, mais vous en reprenez les mécanismes intellectuels qui nourrissent les idéologies de haine.
00:28:53Selon la DGSI, la menace terroriste d'ultra-droite constitue aujourd'hui la deuxième plus importante en France.
00:28:58Depuis 1986, 59 personnes ont été tuées par des militants d'extrême droite dans notre pays.
00:29:03Philippe Brocard, Ibrahim Ali, Clément Méric, Federico Martin Arambourou, Jamel Benjabala, Hichem Miraoui, Ismaël Ahali.
00:29:10La liste est longue, malheureusement.
00:29:12Entre 2017 et 2024, une quinzaine de projets d'attentats d'ultra-droite ont été identifiés dans notre pays.
00:29:18Au 1er juillet 2024, 67 personnes de cette mouvance étaient écrouées, dont 17 dans des affaires terroristes.
00:29:24L'une d'elles visait d'ailleurs Jean-Luc Mélenchon et Christophe Castaner.
00:29:28Ainsi, l'ultra-droite et le djihadisme sont les deux faces d'une même pièce.
00:29:32Celle d'une radicalisation réciproque, d'une complicité mutuelle pour terrifier, diviser entre musulmans et non-musulmans et pousser notre
00:29:40peuple à la guerre civile.
00:29:42Le djihadiste Mohamed Hichem Mejoub avait d'ailleurs déposé un colis piégé devant une boulangerie de Lyon en mai 2019,
00:29:48dans le but avoué de faire monter le RN aux élections européennes.
00:29:51La France insoumise s'oppose à cette logique de guerre civile entre ces deux idéologies terroristes d'extrême droite.
00:29:59Ainsi, tandis que vous désignez les musulmans comme des suspects permanents,
00:30:02je vous rappelle que plus de 80% des victimes du terrorisme islamiste dans le monde sont des musulmans.
00:30:08Ainsi, tandis que vous jetez les étrangers aux pâtures aux xénophobes dans ce texte,
00:30:12je vous rappelle que 6 millions d'entre eux vivent dans notre pays.
00:30:14Et puisque les fascistes parlent sans arrêt du droit du sang, je partage avec vous les mots de mon camarade
00:30:20Nordine de Nanterre.
00:30:21Un jour, peut-être, on parlera du droit du sang que les étrangers ont versé pour libérer la France des
00:30:26nazis et pour la reconstruire après-guerre.
00:30:28Vous avez refusé d'évoquer le terrorisme d'extrême droite, je le fais donc à cette tribune,
00:30:33car il faut parler des dangers de l'idéologie masculiniste qui menace les femmes, les enfants et les personnes LGBT.
00:30:39En 2025, à Saint-Etienne, un jeune homme de 18 ans, se revendiquant masculiniste, a été interpellé avec deux couteaux
00:30:45dans son sac.
00:30:46Il voulait cibler quatre jeunes femmes de son lycée.
00:30:48Le courant INCEL est ainsi qualifié par la DGSI comme la forme la plus préoccupante du masculinisme.
00:30:53Selon les renseignements, ce courant est une fascination pour les tueurs de masse
00:30:57ayant commis des assassinats à motivation sexiste, raciste, antisémite ou xénophobe.
00:31:02Le procureur du parquet national antiterroriste évoque certains contenus qui appellent à attaquer des femmes sur notre territoire
00:31:09pour affirmer une suprématie masculine.
00:31:11Pourtant, vous avez refusé d'évoquer le suprémacisme et le masculinisme
00:31:15alors qu'ils s'inscrivent dans un système patriarcal dont les violences ciblent les femmes et les enfants.
00:31:19Alors, plutôt que de stigmatiser sans cesse les étrangers, retenez enfin ceci.
00:31:23Dans la plupart des violences faites aux femmes et aux enfants, l'agresseur ne sonne pas, il a la clé.
00:31:28Bref, vous voulez des policiers qui courent après les étrangers, nous voulons des policiers qui arrêtent les pédocriminels.
00:31:34Vous voulez des policiers qui courent après les manifestants, nous voulons des policiers qui déjouent les projets terroristes.
00:31:39Quand nous arriverons au pouvoir l'année prochaine avec Jean-Luc Mélenchon, voici ce que nous ferons.
00:31:44Pour lutter efficacement contre le terrorisme, nous renforcerons les moyens humains du renseignement
00:31:48dont je veux d'ailleurs saluer le travail.
00:31:50Pour assurer la sécurité de la population, nous augmenterons les effectifs de la police judiciaire de 6 000 agents
00:31:55et ceux de la magistrature de 13 000 magistrats.
00:31:57Et nous rétablirons la police de proximité, plébiscité par 95% des Français.
00:32:02Pour permettre à ces agents d'effectuer leur travail, nous les doterons enfin de logiciels de rédaction des procédures pénales
00:32:08fonctionnelles
00:32:09dans la police et dans la justice et nous les rendrons compatibles entre eux.
00:32:13Pour lutter contre les violences intrafamiliales, nous mettrons l'accès sur la prévention et la formation
00:32:17et nous créerons un pôle judiciaire spécialisé pour traiter rapidement les dossiers et accélérer les procédures.
00:32:22Enfin, pour lutter contre la violence du patriarcat, c'est-à-dire les violences sexistes et sexuelles faites aux femmes
00:32:27et aux enfants,
00:32:28nous consacrerons les 3 milliards d'euros par an demandés par les associations féministes.
00:32:32La France n'est pas condamnée à subir des politiques de sécurité racistes, stupides et inefficaces
00:32:39empruntées à l'extrême droite comme celles que vous nous proposez aujourd'hui.
00:32:42L'année prochaine, nous prendrons le pouvoir avec Jean-Luc Mélenchon avec un objectif simple, faire mieux.
00:32:50Merci monsieur le député.
00:32:52Pour le groupe socialiste et apparenté, la parole est à madame Céline Hervieux.
00:33:05Merci madame la présidente, monsieur le ministre, monsieur le rapporteur, chers collègues.
00:33:10Une vie en sécurité sans crainte d'attaques aléatoires est un droit fondamental que l'Etat doit défendre.
00:33:16L'émotion légitime que laissent derrière eux tous les drames ne doit pour autant pas l'emporter sur le sérieux.
00:33:23Cette proposition de loi, et nous l'avons dit, a de maintes reprises et bâclé.
00:33:27Pas d'études d'impact, pas d'études de faisabilité.
00:33:31Ne pas avoir réuni l'ensemble des parties prenantes, les magistrats, les professionnels de la santé mentale,
00:33:36les personnels des lieux de privation et de liberté pourtant tous concernés.
00:33:40Ce texte est contestable, à la fois sur le discours et sur la méthode.
00:33:44Un discours pseudo-psychiatrique, infondé, une méthode absurde,
00:33:49celle de l'arbitraire forcené contre l'évidence.
00:33:51Le risque zéro n'existe pas en démocratie.
00:33:54Notre conviction, c'est que ce texte est aussi inefficace que dangereux.
00:33:58Le texte issu de la commission mixte paritaire n'est pas sérieux, toujours pas,
00:34:02ni sur la lutte contre le terrorisme, ni sur l'éloignement des étrangers dangereux.
00:34:06Vous avez, monsieur le ministre, demandé de la lucidité.
00:34:09Ce texte est l'exemple même de l'illusion de lucidité que vous laissez planer sur ces débats.
00:34:14On ne lutte pas contre le terrorisme en externalisant à la psychiatrie
00:34:18ce que la police et la justice ne sont déjà pas en mesure de faire.
00:34:22Les fanatiques ne sont pas des malades mentaux qu'il suffirait de soigner pour défanatiser.
00:34:26Et leurs passages à l'acte, dans la très grande majorité,
00:34:29ne sont pas l'expression d'une pathologie psychiatrique.
00:34:32Pas plus, on ne lutte contre le terrorisme avec la rétention de sûreté.
00:34:35Vous mentez aux Français.
00:34:36La sûreté judiciaire doit avoir été décidée au moment du prononcé de la condamnation.
00:34:41Elle n'est donc applicable que dans les cas où elle a été prononcée,
00:34:43c'est-à-dire très rarement en pratique.
00:34:45Et le régime de prévention de récidives terroristes est aussi un leurre, en vérité,
00:34:49car des mesures de surveillance judiciaire en la matière sont souvent beaucoup plus efficaces.
00:34:53Quant à l'éloignement des étrangers dangereux, vous persistez dans la même direction.
00:34:57Vous choisissez la démagogie contre l'évidence.
00:35:00Vous allez encore allonger la durée de rétention.
00:35:03L'éloignement des personnes étrangères ne dépend pas du délai de rétention,
00:35:06mais de la qualité du dialogue entre les chancelleries,
00:35:09de la coopération entre les États d'origine pour obtenir les fameux laissés-passés consulaires.
00:35:13Et vous le savez, de manière générale, ces laissés-passés consulaires sont délivrés très rapidement,
00:35:17dans les premiers jours, ou alors ils ne sont pas délivrés du tout.
00:35:21L'augmentation de la durée de rétention ne permettra en aucun cas de mieux éloigner les ressortissants étrangers
00:35:26dont les pays d'origine ne veulent pas.
00:35:28Et les personnels de CRAS seront les premières victimes aussi de ce nouveau système.
00:35:33Les CRAS, et les personnels nous l'ont dit,
00:35:35ne sont pas adaptés à l'allongement indéfini de la période de rétention,
00:35:39ni prévu pour la rétention d'individus aussi dangereux,
00:35:42qui peuvent d'ailleurs influencer les autres.
00:35:44Alors oui, mes chers collègues, la République a le droit de se défendre
00:35:48par des moyens qui entravent parfois nos libertés.
00:35:51Mais ce doit toujours être de manière strictement adaptée, nécessaire et proportionnée.
00:35:57Et tel n'est précisément pas le cas avec ce texte.
00:35:59Et je le redis aux collègues du blog central.
00:36:02Posez-vous des questions quand vous votez main dans la main
00:36:05avec le Rassemblement national sur des mesures sécuritaires.
00:36:09Je vous l'ai dit, regardez les choses avec précision.
00:36:13Parce que vous êtes en train d'entrer sur une dérive qui est dangereuse,
00:36:16une pente extrêmement glissante, et ce n'est pas la première fois malheureusement.
00:36:21Malgré notre arsenal policier et judiciaire, je l'ai dit,
00:36:23le risque zéro n'existe pas, car nous sommes en démocratie et dans un état de droit.
00:36:27Seul un état totalitaire peut se prévaloir du risque zéro,
00:36:30et la France, elle, demeure encore un état de droit.
00:36:32Un état de droit ne se défend pas en renonçant à ses principes.
00:36:37Et c'est justement parce que, monsieur le rapporteur, pendant les débats,
00:36:39a souvent évoqué une certaine forme de nostalgie vis-à-vis du Parti socialiste de l'époque.
00:36:45C'est justement parce que nous avons été en responsabilité,
00:36:48avec François Hollande, Bernard Cazeneuve et bien d'autres,
00:36:50que nous savons que nous ne luttons pas contre le terrorisme
00:36:53sur des éléments extrêmement, des sujets extrêmement sensibles et graves,
00:36:57avec des lois d'affichage et de communication.
00:37:00C'est précisément parce que nous avons été en responsabilité,
00:37:02avec le Parti socialiste, que nous savons que vous mentez aux Français,
00:37:06et c'est ce que nous avons dit tout au long de ces débats.
00:37:09Il y a les lois utiles et efficaces, il y a les lois justes,
00:37:12il y a les lois d'affichage et de communication.
00:37:14C'est le cas pour celles-ci, c'est pourquoi, une fois de plus,
00:37:17je le redis, nous voterons résolument contre cette proposition de loi.
00:37:20Je vous remercie.
00:37:21Merci, madame la députée.
00:37:23Pour le groupe de la droite républicaine, la parole est à madame Elisabeth Demestre.
00:37:33Madame la Présidente, monsieur le ministre, monsieur le rapporteur,
00:37:37mes chers collègues, Thomas Hobbes, dont le Léviathan posait un constat fondateur,
00:37:42la première obligation de l'Etat envers ses citoyens, c'est de les protéger.
00:37:47C'est pour cela qu'ils ont accepté de lui obéir,
00:37:49c'est pour cela qu'ils lui ont confié une part de leur liberté.
00:37:53La sécurité n'est pas un service parmi d'autres,
00:37:56elle est le fondement même du contrat social.
00:37:58Quand l'Etat faillit à cette mission,
00:38:01ce n'est pas seulement une défaillance administrative,
00:38:03c'est une rupture de contrat.
00:38:06Philippine, le noir de Carlin, avait 19 ans.
00:38:08Elle sortait de son université Paris-Dauphine, près du bois de Boulogne.
00:38:12Son assassin était sous obligation de quitter le territoire français.
00:38:16Il avait été placé en rétention.
00:38:18Il avait été libéré, non parce qu'il était innocent,
00:38:21non parce qu'un juge l'avait acquitté,
00:38:23mais parce que le délai légal était expiré.
00:38:26Quelques jours avant l'obtention de son laissé-passer consulaire.
00:38:30Quelques mois plus tard, un Mulhouse, un homme radicalisé,
00:38:33condamné pour apologie du terrorisme,
00:38:36souffrant de troubles psychiatriques,
00:38:37était lui aussi libéré d'un centre de rétention.
00:38:39Pour la même raison, il a tué.
00:38:43Ces drames ne sont pas des accidents,
00:38:45ce sont les conséquences directes de nos renoncements.
00:38:49Solzhenitsyn nous avertissait depuis Harvard en 1978
00:38:52que le déclin du courage est le trait le plus frappant de nos sociétés.
00:38:58Non pas le courage physique, mais le courage moral.
00:39:01Celui de nommer le danger, celui de tracer des limites,
00:39:05celui de protéger les innocents sans trembler.
00:39:08Cet avertissement résonne ce soir avec une force particulière.
00:39:13Nous sommes au terme d'un long chemin.
00:39:15Ce combat, c'est Bruno Retailleau qui l'a ouvert
00:39:17depuis le ministère de l'Intérieur
00:39:19et Olivier Marlex qui l'a porté avec rigueur
00:39:22et l'exigence qui le caractérisait.
00:39:25Je veux ce soir lui rendre hommage.
00:39:27Quand le Conseil constitutionnel a censuré une partie du texte,
00:39:31d'autres ont relevé le flambeau.
00:39:33Charles Rodwell et Michel Barnier ont repris l'ouvrage
00:39:37avec courage et méthode, réécrivant, solidifiant, convaincant.
00:39:42Les deux chambres ont débattu.
00:39:45La commission mixte paritaire a trouvé un accord
00:39:47et hier, le Sénat a tranché 233 voix pour, 102 contre.
00:39:54C'est maintenant à notre tour et il est temps.
00:39:57Car pendant que nous débattions,
00:39:59pendant que la gauche s'opposait,
00:40:01pendant que les insoumis obstruaient et hurlaient,
00:40:05des familles attendaient.
00:40:06Elles nous regardaient, elles nous regardent encore.
00:40:10Ce texte ne part pas d'une idéologie,
00:40:12il part de la réalité.
00:40:14Chacun de ces articles porte l'empreinte d'un drame,
00:40:17d'un nom que nous connaissons d'une vie brisée
00:40:19qui aurait pu être épargnée.
00:40:21Il permet de retenir plus longtemps les individus dangereux
00:40:24qui font l'objet d'une expulsion.
00:40:26Le temps que les démarches consulaires aboutissent.
00:40:29La gauche a agité le risque de saturation des centres de rétention,
00:40:32mais la vraie question n'est pas là.
00:40:34Sur les laissés-passés consulaires,
00:40:35notamment avec l'Algérie qui en délivre à peine 7%,
00:40:38c'est à l'État de peser diplomatiquement.
00:40:41Ce n'est pas en relâchant des individus dangereux
00:40:44que nous résoudrons ce problème.
00:40:46Ce texte crée des outils pour traiter les profils les plus inquiétants,
00:40:50ceux qui mêlent radicalisation et troubles psychiatriques,
00:40:53ces individus qui profitent des failles de la justice
00:40:56et que personne ne peut aujourd'hui retenir
00:40:58avant qu'ils ne passent à l'acte.
00:41:00Ce texte empêche aussi les stratégies de dissimulation,
00:41:04les changements de noms qui permettent d'effacer un passé judiciaire
00:41:07et d'échapper aux fichiers de suivi.
00:41:09Ils sécurisent la surveillance des individus dangereux
00:41:12pour éviter que des recours juridiques
00:41:14ne provoquent des ruptures brutales de suivi.
00:41:18Cette proposition de loi n'est pas une loi d'exception,
00:41:20c'est une loi de responsabilité.
00:41:22Elle ne restreint pas la liberté, elle la protège.
00:41:25Elle ne s'attaque pas à l'État de droit.
00:41:27Elle lui redonne sa force.
00:41:29La semaine prochaine, Marc Bloch entrera au Panthéon.
00:41:34Historien, résistant, fusillé par la Gestapo en 1915,
00:41:37il a écrit dans l'étrange défaite
00:41:40que la France n'avait pas succombé à la force de l'ennemi
00:41:43mais à la paralysie de ses propres élites,
00:41:46à leur incapacité à voir le danger en face,
00:41:49à agir à temps, à assumer leurs responsabilités.
00:41:52Cette défaite-là n'était pas militaire,
00:41:55elle était le fruit d'une faillite administrative et morale.
00:41:58Mes chers collègues,
00:42:00quand un État prononce 130 000 expulsions
00:42:02et n'en exécute que 15 000,
00:42:04quand il libère des individus dangereux,
00:42:06faute d'outils juridiques pour les retenir,
00:42:09quand notre droit faillit à protéger Philippines,
00:42:12quand notre système judiciaire faillit à protéger Iliana,
00:42:16c'est cette même étrange défaite qui se rejoue,
00:42:19bureaucratique et silencieuse.
00:42:21Marc Bloch a choisi le courage jusqu'au sacrifice.
00:42:23Nous lui devons au moins ceci,
00:42:25ne pas répéter les errements qu'il a dénoncés,
00:42:28voir le danger,
00:42:30nommer les failles et agir.
00:42:32Le groupe de la droite républicaine votera ce texte,
00:42:35sans hésitation, parce que c'est notre devoir,
00:42:38parce que c'est pour cela que nous sommes ici.
00:42:41Merci, madame la députée.
00:42:43Pour le groupe écologiste et social,
00:42:45la parole est à madame Léa Balagel-Mariqui.
00:42:51Madame la présidente, monsieur le ministre,
00:42:54monsieur le rapporteur, chers collègues,
00:42:56Quand un texte parle d'attentats,
00:42:59de lutte contre le terrorisme,
00:43:01le débat est toujours révélateur.
00:43:03En 15 ans, des centaines de personnes
00:43:05ont été tuées dans les attentats.
00:43:07Dans le même temps, les services de renseignement
00:43:10ont déjoué des dizaines de projets d'attentats.
00:43:13Aujourd'hui, les attentats empêchés
00:43:15sont plus nombreux que ceux qui aboutissent,
00:43:17et c'est heureux.
00:43:19Nous savons que la République n'a jamais regardé
00:43:22cette menace les bras croisés.
00:43:25Alors, la question n'est pas
00:43:27« Faut-il lutter contre le terrorisme ? »
00:43:30Évidemment que oui.
00:43:32La question est plutôt « Comment ? »
00:43:37Et votre proposition de loi, monsieur Rodwell,
00:43:39offre une réponse aussi inutile qu'inefficace.
00:43:43Et je peux vous l'affirmer
00:43:45parce qu'en réalité, elle est tristement banale.
00:43:48Elle s'inscrit dans une histoire longue.
00:43:51Depuis 1986, une vingtaine de lois antiterroristes
00:43:54ont été adoptée après les attentats de 2015
00:43:56et l'état d'urgence.
00:43:58Beaucoup de mesures exceptionnelles
00:44:00ont même été intégrées au droit commun.
00:44:02À chaque attentat, à chaque émotion collective,
00:44:06nous avons ajouté une nouvelle couche de sécurité
00:44:08sans considérer ses effets sur l'ensemble de la société.
00:44:12Et contrairement à ce que suggère l'exposé des motifs du texte
00:44:16soumis à notre examen,
00:44:17nous ne sommes pas face à un vide juridique.
00:44:20Et je vais vous le démontrer.
00:44:22La vraie question qui aurait pu nous intéresser,
00:44:25c'est pourquoi les outils existants ne suffisent-ils plus ?
00:44:28Où sont les données établissant que notre législation actuelle
00:44:33empêcherait effectivement les autorités d'agir ?
00:44:35Et franchement, je vais vous le dire.
00:44:37Moi, j'en ai marre de légiférer sous le coup de l'émotion.
00:44:39J'aimerais plutôt être guidée autour de la raison.
00:44:42J'ai essayé d'appeler votre raison pendant le débat.
00:44:45Et vous n'avez jamais donné de réponse probant.
00:44:49Un exemple voulait tendre les mesures de sûreté dans l'article 2.
00:44:52Une mesure qui pourra s'appliquer dans 15 ans.
00:44:54On est loin de l'urgence d'agir face à une menace évidente.
00:44:59Ce n'était donc pas un vide juridique à combler.
00:45:02Un deuxième exemple.
00:45:04Votre texte permettrait d'imposer un examen psychiatrique
00:45:07à une personne soupçonnée de radicalisation.
00:45:09En cas de refus, une hospitalisation pourrait même être ordonnée
00:45:12afin de réaliser cet examen.
00:45:14Dit autrement, l'Etat pourrait contente quelqu'un
00:45:16à subir une expertise psychiatrique en raison de ses opinions supposées.
00:45:20Historiquement, c'est déjà une frontière extrêmement sensible.
00:45:24En démocratie, la psychiatrie, elle soigne.
00:45:27Elle n'enferme pas des coupables présumés.
00:45:29D'ailleurs, les dispositifs de soins sans consentement
00:45:33existent déjà pour soigner les personnes.
00:45:36Lorsqu'elles présentent un danger pour elles-mêmes
00:45:38ou pour autrui, le droit actuel permet déjà d'intervenir.
00:45:42Où était donc le vide juridique au juste ?
00:45:46Et pourquoi entretenir cette confusion dangereuse
00:45:48entre maladie mentale et radicalisation ?
00:45:50Les psychiatres eux-mêmes vous alertent depuis des années
00:45:52sur cette assimilisation.
00:45:54Le fanatisme est une idéologie, ce n'est pas une pathologie.
00:45:58Le troisième exemple, c'est que ce texte permettrait
00:46:02de maintenir certaines mesures de surveillance
00:46:05lorsque le juge les a annulées.
00:46:07Ça pourrait paraître un point technique, monsieur le ministre.
00:46:10Mais il touche à quelque chose de fondamental,
00:46:12la séparation des pouvoirs.
00:46:13Dans un état de droit, lorsqu'un juge estime
00:46:16qu'une mesure est illégale, elle doit cesser.
00:46:18Sinon, ça sert à quoi, le contrôle du juge ?
00:46:20Depuis Montesquieu, la démocratie repose précisément
00:46:23sur cette idée que le pouvoir doit être limité
00:46:25par d'autres pouvoirs.
00:46:26Quand l'administration peut continuer à appliquer
00:46:28une mesure annulée, même temporellement,
00:46:30ce principe s'affaiblit.
00:46:32Là, ce n'est pas un vide juridique que vous comblez,
00:46:34c'est le vide abyssal de vos convictions.
00:46:37Enfin, le texte allonge la durée de rétention administrative
00:46:40des étrangers.
00:46:41Petit rappel, la rétention administrative n'est pas une peine,
00:46:44c'est un enfermement destiné à organiser l'éloignement.
00:46:48Or, depuis 40 ans, sa durée maximale n'a pas cessé d'augmenter.
00:46:5130, 7 jours, 32 jours, 45, 145, etc.
00:46:56La vraie question est pourtant simple.
00:46:57Si une expulsion n'a pas pu être réalisée
00:46:59après plusieurs mois,
00:47:00pourquoi elle le serait davantage
00:47:02après quelques jours supplémentaires ?
00:47:04Les associations observent depuis des années
00:47:06que l'allongement de rétention
00:47:07n'améliore pas significativement
00:47:09le nombre d'éloignements.
00:47:10Il faudrait peut-être prononcer moins d'éloignements.
00:47:13En voici encore une mesure inutile.
00:47:16Il n'y avait en réalité pas de vide juridique
00:47:19à combler, mais des relations diplomatiques
00:47:21à travailler, et là-dessus aussi,
00:47:23vous êtes absent.
00:47:24En fait, vous avez l'illusion d'agir
00:47:26en comblant le vide de votre inaction
00:47:28par votre logorée législative.
00:47:30C'est bien ça le problème de ce texte.
00:47:33Et chers collègues,
00:47:34il y a deux ans à peine,
00:47:36lorsque le pays s'est retrouvé au bord du précipice
00:47:38et que l'extrême droite s'est rapprochée du pouvoir
00:47:40comme jamais sous la Vème République,
00:47:42des femmes et des hommes que tout opposé ont fait barrage,
00:47:44le mandat qui nous était confié était limpide.
00:47:47Votre mandat était limpide,
00:47:49d'empêcher l'extrême droite d'arriver au pouvoir
00:47:51et ses idées avec, à quoi nous assistons-nous aujourd'hui.
00:47:54Vous ferez adopter ce texte par l'appui de l'extrême droite.
00:47:57Remerciez-les, ils vous soutiennent.
00:47:59Merci, Madame la députée.
00:48:02Pour le groupe Les Démocrates,
00:48:05la parole est à Madame Anne Bergens.
00:48:16Merci, Madame la Présidente,
00:48:18Monsieur le Ministre,
00:48:19Monsieur le Rapporteur,
00:48:20mes chers collègues.
00:48:21Nous sommes aujourd'hui appelés à nous prononcer
00:48:24sur le texte issu de la Commission mixte paritaire
00:48:26pour renforcer la sécurité,
00:48:28la rétention administrative
00:48:29et mieux prévenir les risques d'attentat.
00:48:32Un texte exigeant
00:48:33qui répond à une menace grave.
00:48:35Je veux d'abord saluer le travail du rapporteur,
00:48:38cher Charles Rodwell,
00:48:39qui porte ce texte avec constance et détermination
00:48:43depuis de nombreux mois.
00:48:44J'ai une pensée évidemment également
00:48:45pour notre collègue Olivier Marnex,
00:48:48qui était aussi l'auteur de certaines dispositions
00:48:52et évidemment pour Philippine et sa famille.
00:48:55Les conclusions auxquelles est parvenue
00:48:57cette commission mixte paritaire
00:48:59témoignent une volonté commune.
00:49:01Mieux protéger les Français,
00:49:02tout en veillant à la solidité juridique
00:49:05des dispositions que nous adoptons.
00:49:07Car c'est bien notre responsabilité
00:49:10en tant que législateur.
00:49:11Depuis plusieurs années,
00:49:13notre pays fait face à une menace terroriste
00:49:15qui évolue.
00:49:16Les profils auxquels nous sommes confrontés
00:49:19sont parfois plus difficiles à appréhender.
00:49:21Individus radicalisés,
00:49:23souffrant de troubles psychiatriques,
00:49:25personnes condamnées pour des faits de terrorisme
00:49:27à l'issue de leurs peines,
00:49:28étrangers,
00:49:29représentant une menace particulièrement grave
00:49:31pour l'ordre public.
00:49:33Les drames récents nous rappellent
00:49:35qu'en matière de lutte contre le terrorisme,
00:49:37deux écueils doivent être évités.
00:49:39Le premier serait de nier
00:49:41les insuffisances de notre arsenal juridique
00:49:43et de renoncer à agir.
00:49:45Le second serait de céder
00:49:47à la précipitation
00:49:48en adoptant des mesures fragiles,
00:49:51excessives
00:49:51ou contraires à nos principes fondamentaux
00:49:53qui seraient demain censurés
00:49:55et perdraient toute efficacité.
00:49:57Notre ligne au groupe Les Démocrates
00:49:59est celle de la responsabilité,
00:50:01de l'efficacité et de l'état de droit.
00:50:03Oui, notre droit doit évoluer
00:50:06lorsque les lacunes apparaissent manifestement.
00:50:08Mais il doit le faire avec rigueur
00:50:10dans le respect des exigences constitutionnelles
00:50:12et conventionnelles
00:50:13qui fondent notre démocratie.
00:50:15C'est avec cette même exigence
00:50:17que la Commission mixte paritaire
00:50:18a trouvé un compromis.
00:50:20Le premier acquis majeur
00:50:22concerne le renforcement
00:50:23des garanties juridiques
00:50:24entourant plusieurs dispositifs sensibles.
00:50:27Ainsi, s'agissant des mesures judiciaires
00:50:29de prévention des actes terroristes,
00:50:31la possibilité d'interdire l'accès
00:50:33à certaines professions
00:50:34a été supprimée.
00:50:36Cette disposition exposait le texte
00:50:37à un risque sérieux de censure
00:50:39au regard de la liberté d'entreprendre
00:50:41et du droit au travail.
00:50:42Le compromis trouvé
00:50:43permet de préserver l'objectif poursuivi
00:50:46sans fragiliser l'ensemble des dispositifs.
00:50:49De la même manière,
00:50:50le régime dérogatoire
00:50:51de rétention administrative
00:50:52applique câble aux étrangers
00:50:54représentant une menace
00:50:55particulièrement grave
00:50:57a été ajusté
00:50:58afin de mieux justifier
00:50:59son caractère proportionnel.
00:51:01Ces évolutions ne tradisent pas
00:51:03un effluissement
00:51:04de notre ambition sécuritaire.
00:51:05Elles en assurent au contraire
00:51:06la réussite
00:51:07car une mesure censurée
00:51:09est une mesure inefficace.
00:51:11Une mesure juridiquement solide
00:51:13est une mesure qui protège
00:51:14durablement nos concitoyens.
00:51:16Je souhaite également souligner
00:51:18une avancée importante
00:51:19obtenue lors de cette CMP,
00:51:22la réintégration des articles 8 bis
00:51:25et 8 quater
00:51:25qui avaient été adoptés
00:51:27en commission des lois.
00:51:28Le premier consacre
00:51:29et encadre la possibilité
00:51:31de réitérer un placement
00:51:33au centre de rétention administrative
00:51:34sur le fondement
00:51:35d'une même décision
00:51:36d'éloignement.
00:51:37Dans certaines situations,
00:51:39les contraintes matérielles
00:51:40ou diplomatiques
00:51:41empêchent l'exécution immédiate
00:51:45des décisions
00:51:45pourtant légalement prononcées.
00:51:48Il était donc nécessaire
00:51:49de prévoir un mécanisme
00:51:50permettant d'éviter
00:51:51que ces mesures
00:51:52demeurent sans effet
00:51:53tout en l'autourant
00:51:54de garanties strictes
00:51:55et de limites
00:51:56clairement définies.
00:51:57Le second article
00:51:59crée un mécanisme
00:52:00de maintien
00:52:00à les dispositions
00:52:02de la justice
00:52:03de l'étranger
00:52:04dont la rétention
00:52:05prend fin
00:52:06à la suite
00:52:06d'une décision
00:52:07du juge judiciaire.
00:52:07Il vient combler
00:52:08un véritable angle mort
00:52:10procédural
00:52:10susceptible de compromettre
00:52:12l'action des autorités compétentes.
00:52:14Ces dispositions retravaillées
00:52:15à partir des observations
00:52:16formulées par le Conseil d'État
00:52:18bénéficient d'une rédaction
00:52:19juridiquement sécurisée.
00:52:21Elles répondent
00:52:22à des difficultés opérationnelles
00:52:23identifiées de longue date
00:52:25sans méconnaître
00:52:26les droits fondamentaux.
00:52:27Sur le reste du texte,
00:52:29nous soutenons
00:52:29l'amélioration
00:52:30des échanges d'informations
00:52:31entre les autorités compétentes
00:52:33et la possibilité
00:52:34de recourir
00:52:35à une injonction
00:52:36d'examen psychiatrique
00:52:37pour certains individus.
00:52:38Là encore,
00:52:39le texte prévoit
00:52:41des garanties importantes,
00:52:42l'intervention du juge
00:52:43et l'exigence
00:52:44des troubles psychiatriques
00:52:45suffisamment caractérisés
00:52:46permettent d'assurer
00:52:48l'équilibre nécessaire
00:52:49entre prévention
00:52:50et respect
00:52:51des libertés individuelles.
00:52:53Mes chers collègues,
00:52:54la lutte contre le terrorisme
00:52:55exige de la fermeté
00:52:56et de la lucidité.
00:52:58Ce texte apporte
00:53:00des réponses concrètes
00:53:01et des difficultés
00:53:02à des difficultés
00:53:03bien identifiées,
00:53:04tout en assurant
00:53:05la sécurité juridique
00:53:06des dispositifs proposés
00:53:07pour ne pas se heurter
00:53:08à la censure constitutionnelle.
00:53:22Le groupe
00:53:23est à M. Sylvain Berrius.
00:53:25Mme la Présidente,
00:53:27M. le ministre,
00:53:29M. le rapporteur,
00:53:29M. le président de la commission,
00:53:31chers collègues,
00:53:32lorsque nous avons examiné
00:53:33ce texte
00:53:34en première lecture,
00:53:36nous avons rappelé
00:53:37une réalité simple.
00:53:38la menace terroriste,
00:53:41la menace terroriste,
00:53:41élevée et diffuse,
00:53:44elle est durable.
00:53:46Elle frappe sans prévenir
00:53:48dans nos écoles,
00:53:49comme dans nos rues,
00:53:50la sortie d'un commissariat,
00:53:51comme autour d'une place publique.
00:53:55A l'issue de la commission
00:53:56mixte paritaire,
00:53:57nous sommes à nouveau réunis,
00:53:58M. le rapporteur,
00:53:59grâce à votre détermination
00:54:01que je crois
00:54:02que tout le monde peut saluer.
00:54:04Nous sommes à nouveau réunis
00:54:05pour nous prononcer
00:54:06sur la proposition de loi
00:54:07visant à renforcer
00:54:08la sécurité,
00:54:09la rétention administrative
00:54:10et la prévention
00:54:11des risques d'attentats.
00:54:12Mais in fine,
00:54:14la vraie question,
00:54:15la seule question
00:54:16qui nous est posée
00:54:17aujourd'hui,
00:54:18c'est la suivante.
00:54:19Qu'avons-nous retenu
00:54:21de la colère légitime
00:54:23des Français
00:54:24et de la douleur
00:54:26immense des familles ?
00:54:29A Mulhouse,
00:54:30lorsqu'un individu
00:54:31frappé de QTF,
00:54:32radicalisé
00:54:33et codu des services
00:54:34de police,
00:54:34circulant en toute liberté,
00:54:37a sauvagement assassiné
00:54:39un père de famille
00:54:39de 69 ans
00:54:41et blessé
00:54:42cet agent
00:54:43de sécurité ?
00:54:45Ou à Boulogne,
00:54:48lorsqu'un individu
00:54:49frappé de QTF,
00:54:51violeur récidiviste,
00:54:53circulant en toute liberté,
00:54:56a violé Philippine
00:54:58et l'a assassiné,
00:55:00une jeune étudiante
00:55:01de 19 ans.
00:55:04Entendre la colère,
00:55:05la comprendre,
00:55:07n'est rien
00:55:08si l'État demeure
00:55:10impuissant à agir,
00:55:12si un individu dangereux,
00:55:15devant quitter le territoire,
00:55:17récidiviste en puissance,
00:55:19peut se promener
00:55:21librement
00:55:23sur les Champs-Élysées,
00:55:25la place du Capitole,
00:55:27la promenade des Anglais,
00:55:29la place Stanislas,
00:55:31au Vieux-Port,
00:55:32bref,
00:55:33partout en France.
00:55:35Aussi,
00:55:35lorsqu'un terroriste
00:55:36radicalisé
00:55:37est à l'évidence
00:55:39atteint de troubles psychiatriques,
00:55:41bien sûr que le préfet
00:55:42doit pouvoir prononcer
00:55:44une mesure d'injonction
00:55:45d'examen psychiatrique,
00:55:46bien sûr,
00:55:48et bien sûr que la place
00:55:49d'un individu radicalisé
00:55:52faisant l'objet
00:55:52d'un OQTF,
00:55:54déjà condamné
00:55:55pour des crimes
00:55:55tels que des viols
00:55:56ou des actes terroristes,
00:55:58bien sûr que sa place
00:55:59n'est pas dans la rue,
00:56:01que sa place est dans un centre
00:56:02de rétention administrative,
00:56:04dans l'attente
00:56:05de son éloignement définitif.
00:56:07Il n'y a pas d'excuses
00:56:09au terrorisme,
00:56:10au viol,
00:56:11à la violence.
00:56:13La colère des Français
00:56:14et des Françaises
00:56:16est juste.
00:56:17Elle interroge
00:56:18la capacité de l'Etat
00:56:19à les protéger.
00:56:21Elle impose
00:56:22des réponses concrètes
00:56:23si nous voulons
00:56:24une France
00:56:25réconciliée
00:56:26et apaisée.
00:56:28C'est pourquoi
00:56:29le groupe
00:56:29Horizon Indépendant,
00:56:30monsieur le rapporteur,
00:56:32votera avec conviction,
00:56:34fermeté
00:56:34et détermination
00:56:35ce texte
00:56:37qui nous est proposé.
00:56:40Merci, monsieur le député.
00:56:41Pour le groupe
00:56:42Liberté Indépendant
00:56:43Outre-mer et Territoire,
00:56:44la parole est à monsieur
00:56:45Laurent Mazouri.
00:56:47Madame la Présidente,
00:56:48Monsieur le Ministre,
00:56:49mes chers collègues,
00:56:50aujourd'hui,
00:56:51je ne viens pas vous parler
00:56:51de chiffres
00:56:52ou de procédures.
00:56:53Je viens vous parler
00:56:54de vie brisée,
00:56:55de famille déchirée,
00:56:56de la République
00:56:57blessée dans sa chair.
00:56:59Écoutez ces noms
00:57:00à nouveau.
00:57:01Écoutez-les bien.
00:57:03Colin Poinardé,
00:57:04abattu sur le pont
00:57:05du Birakeim
00:57:06en décembre 2023.
00:57:07Philippine,
00:57:08violée,
00:57:09assassinée à 19 ans
00:57:10en septembre 2024.
00:57:12Philippine,
00:57:13un vrai drame
00:57:14pour nous
00:57:14dans notre circonscription.
00:57:16Lino,
00:57:17tué à Mulhouse
00:57:17en février 2025.
00:57:19Ces prénoms,
00:57:20ces prénoms
00:57:21ne sont pas
00:57:21des faits divers.
00:57:22Ce sont des échecs,
00:57:24des drames,
00:57:25des vies arrachées.
00:57:26Et derrière
00:57:27chacun de ces crimes
00:57:28une même question
00:57:28lancinante.
00:57:29Pourquoi notre droit
00:57:31reste-t-il
00:57:31désarmé
00:57:32face à ceux
00:57:33qui préparent
00:57:34les réparables ?
00:57:34Nos concitoyens
00:57:36ne supportent plus
00:57:37ces failles
00:57:37et ils ont raison.
00:57:39Quand un jeune homme
00:57:40est assassiné
00:57:40en rentrant chez lui,
00:57:42quand une jeune femme
00:57:42est massacrée
00:57:43en pleine rue,
00:57:44ce n'est pas seulement
00:57:45une famille qui pleure,
00:57:46c'est la République
00:57:47tout entière
00:57:47qui est mise en accusation.
00:57:49La sécurité
00:57:50n'est pas une option,
00:57:51c'est une exigence
00:57:52absolue,
00:57:53un devoir sacré
00:57:54de l'État
00:57:55qui doit transcender
00:57:56les clivages,
00:57:57les étiquettes
00:57:58et les calculs politiques.
00:58:00Regardez les faits.
00:58:01Depuis 2012,
00:58:0250 attaques terroristes
00:58:04ont ensanglé
00:58:05notre pays,
00:58:06274 morts,
00:58:07800 blessés,
00:58:08Paris, Nice,
00:58:09Toulouse,
00:58:10des villes marquées
00:58:11à jamais.
00:58:12Et en 2025,
00:58:13une dizaine
00:58:13de projets
00:58:14d'attentats
00:58:14déjoués.
00:58:15Mais combien d'autres
00:58:17se préparent
00:58:17dans l'ombre
00:58:18pendant que nous débattons
00:58:20ici même ?
00:58:21Et que dire
00:58:21de notre politique
00:58:22d'éloignement ?
00:58:23130 000,
00:58:24130 000 obligations
00:58:25de quitter
00:58:26et le territoire français
00:58:27prononcés en 2024.
00:58:29Mais combien d'exécutés ?
00:58:3115 000.
00:58:32Un échec ?
00:58:33Un scandale ?
00:58:34A quoi bon prononcer
00:58:35des mesures
00:58:35si on ne les applique pas ?
00:58:37Alors oui,
00:58:37alors oui,
00:58:38ce texte est nécessaire.
00:58:40Depuis 2023,
00:58:4110 des 43 individus
00:58:43impliqués
00:58:44dans des projets
00:58:44d'attentat
00:58:45présentaient
00:58:46des troubles mentaux
00:58:47avérés.
00:58:48Jusqu'à aujourd'hui,
00:58:49notre droit
00:58:50ne savait pas
00:58:50les prendre en charge
00:58:51avant le passage
00:58:52à l'acte.
00:58:53Aujourd'hui,
00:58:54ce texte nous propose
00:58:55d'y remédier.
00:58:56Premièrement,
00:58:57il crée l'injonction
00:58:58d'examen psychiatrique,
00:59:00un dispositif
00:59:01de minuit moins 5
00:59:02encadré,
00:59:03contrôlé par le juge
00:59:04pour agir
00:59:05avant le drame.
00:59:06Enfin,
00:59:07deuxièmement,
00:59:08il renforce
00:59:09les MICAS.
00:59:09Comment accepter
00:59:10qu'une personne dangereuse
00:59:11échappe à toute surveillance
00:59:13pendant des mois
00:59:13le temps d'un appel
00:59:14avec un taux de réformation
00:59:16d'appel de 57% ?
00:59:18Cette situation
00:59:18est inacceptable.
00:59:20Le mécanisme
00:59:20de sursis
00:59:21à exécution,
00:59:22limité à 72 heures
00:59:23et sous contrôle judiciaire
00:59:25y met fin.
00:59:26Troisièmement,
00:59:27il rétablit
00:59:28une base légale
00:59:28pour la rétention
00:59:29administrative
00:59:31disparue
00:59:32après la censure
00:59:34d'août 2025.
00:59:35Cinq terroristes
00:59:37condamnés
00:59:37ont déjà été libérés,
00:59:38faude de fondements
00:59:39juridiques.
00:59:40C'est donc là
00:59:41une urgence absolue.
00:59:43Quatrièmement,
00:59:44il étend
00:59:44le régime dérogatoire
00:59:45aux étrangers dangereux,
00:59:46condamné pour
00:59:47atteinte grave
00:59:48aux personnes.
00:59:49Nous ne pouvons
00:59:50plus tolérer
00:59:51que des individus
00:59:52dont la dangerosité
00:59:53est avérée
00:59:53circulent librement
00:59:55sur notre sol.
00:59:56Enfin,
00:59:56il ferme une porte
00:59:58aux stratégies
00:59:59de dissimulation
01:00:00d'identité
01:00:00en encadrant
01:00:01les changements
01:00:02de noms simplifiés
01:00:03utilisés
01:00:04pour échapper
01:00:05aux fichiers
01:00:05et aux mesures
01:00:06de surveillance.
01:00:07Ce texte
01:00:08est cohérent,
01:00:09proportionné.
01:00:10Il répond
01:00:11à des problèmes
01:00:11concrets,
01:00:12urgents.
01:00:13un pays
01:00:14qui ne protège
01:00:14pas ses citoyens
01:00:15contre ceux
01:00:16qui veulent
01:00:16les tuer
01:00:17ne mérite pas
01:00:18leur confiance.
01:00:19L'impuissance
01:00:19de l'État
01:00:20en mentière
01:00:20antiterroriste
01:00:21n'est plus tolérable.
01:00:23Alors,
01:00:23ce texte,
01:00:24évidemment,
01:00:24ne résoudra pas
01:00:25tout.
01:00:26Il ne se substituera
01:00:27pas à une politique
01:00:29diplomatique
01:00:30ambitieuse,
01:00:31à une politique
01:00:32pénitentiaire
01:00:32sérieuse,
01:00:33à des services
01:00:34de renseignement
01:00:35correctement dotés.
01:00:36Mais,
01:00:37mais il fait
01:00:38ce que la loi
01:00:39peut faire.
01:00:40Il comble
01:00:41des failles,
01:00:42il donne
01:00:42des outils pratiques,
01:00:44il envoie
01:00:45un signal clair.
01:00:47Alors,
01:00:48oui,
01:00:48oui,
01:00:48je voterai ce texte
01:00:49et j'invite
01:00:50tous ceux
01:00:50qui partagent
01:00:51cette conviction
01:00:51à en faire
01:00:52de même.
01:00:53Notre groupe,
01:00:54comme souvent
01:00:55sur ces sujets,
01:00:56et c'est là
01:00:56sa force,
01:00:57et elle peut
01:00:58parfois surprendre
01:00:59et déstabiliser,
01:01:00exprimera
01:01:01des sensibilités
01:01:02diverses.
01:01:02C'est là
01:01:03la richesse
01:01:04du débat
01:01:04démocratique
01:01:05en son sein.
01:01:06Mais,
01:01:07aujourd'hui,
01:01:08face à l'urgence,
01:01:10face
01:01:10à la menace,
01:01:12face
01:01:12à la souffrance
01:01:14des familles,
01:01:15il est temps
01:01:16d'agir.
01:01:17Je vous remercie.
01:01:19Merci,
01:01:20Monsieur le député.
01:01:21Avant de donner la parole
01:01:22aux trois derniers orateurs
01:01:23inscrits,
01:01:23je vous rappelle
01:01:24que la conférence
01:01:24des présidents
01:01:25a décidé
01:01:26qu'il serait procédé
01:01:27à un scrutin public
01:01:27sur cette proposition
01:01:29de loi telle qu'elle
01:01:29résulte du texte
01:01:30de la commission
01:01:31mixte paritaire
01:01:31dont je fais
01:01:32d'ores et déjà
01:01:33annoncer le scrutin
01:01:34dans l'ensemble
01:01:34de l'Assemblée nationale.
01:01:35Pour le groupe
01:01:36de la gauche démocrate
01:01:37et républicaine,
01:01:38la parole est à
01:01:38Monsieur Marcelin Nadeau.
01:01:42Madame la Présidente,
01:01:44Monsieur le Ministre,
01:01:46Monsieur le Président
01:01:47de la Commission,
01:01:48Monsieur le Rapporteur,
01:01:50chers collègues,
01:01:51nous examinons aujourd'hui
01:01:53les conclusions
01:01:53de la commission
01:01:54mixte paritaire
01:01:55sur cette proposition
01:01:56de loi
01:01:57visant à renforcer
01:01:58la sécurité,
01:01:59la rétention administrative
01:02:00et la prévention
01:02:01des risques d'attentats.
01:02:04A l'issue de la navette
01:02:05parlementaire,
01:02:06l'essentiel du texte
01:02:07a été conservé.
01:02:09Malgré les alertes
01:02:10de nombreuses associations
01:02:11de défense des droits,
01:02:12de juristes
01:02:13et de plusieurs groupes
01:02:14parlementaires,
01:02:15la CMP a choisi
01:02:17de confirmer
01:02:18une orientation
01:02:19toujours plus répressive
01:02:21qui fragilise
01:02:22l'équilibre
01:02:23entre la nécessaire
01:02:24protection
01:02:25de nos concitoyennes
01:02:26et concitoyens
01:02:27ainsi que le respect
01:02:29des libertés fondamentales.
01:02:31Ce texte repose donc
01:02:32sur une logique
01:02:33désormais bien connue.
01:02:35Face à chaque menace,
01:02:37il faudrait surveiller
01:02:38davantage,
01:02:39enfermer plus longtemps
01:02:40et étendre
01:02:42les pouvoirs
01:02:42de l'administration.
01:02:43Pourtant,
01:02:44depuis près de 20 ans,
01:02:46la France a adopté
01:02:48de nombreuses lois
01:02:49renforçant
01:02:50les dispositifs
01:02:51de surveillance,
01:02:52de contrôle
01:02:52et de police administrative
01:02:54sans que leur efficacité
01:02:56ne soit
01:02:57systématiquement évaluée
01:02:59avant d'en étendre
01:03:00encore le champ.
01:03:02Et cette proposition
01:03:03de loi
01:03:03poursuit cette fuite
01:03:04en avant.
01:03:05Elle étend
01:03:06des dispositifs
01:03:07de contrôle
01:03:08post-peine
01:03:08à des personnes
01:03:10condamnées
01:03:10pour des infractions
01:03:11de droits communs,
01:03:13notamment au regard
01:03:14d'une supposée
01:03:15dangerosité future.
01:03:17Nous assistons ainsi
01:03:19à un glissement
01:03:20préoccupant
01:03:21de notre droit
01:03:22qui fait
01:03:23que nous
01:03:23nous contentons
01:03:24plus
01:03:25de sanctionner
01:03:26des actes
01:03:27commis,
01:03:28nous multipliant
01:03:29des mesures
01:03:29fondées
01:03:30sur ce qu'une personne
01:03:31pourrait éventuellement
01:03:33faire demain.
01:03:34Le texte
01:03:35renforce également
01:03:36les mesures
01:03:37individuelles
01:03:37de contrôle
01:03:38administratif
01:03:38et de surveillance,
01:03:40les MICAS,
01:03:41issus de l'état
01:03:42d'urgence
01:03:42et désormais
01:03:43intégrés
01:03:44aux droits communs.
01:03:45Là encore,
01:03:46leur efficacité
01:03:47reste à ce jour
01:03:48insuffisamment
01:03:49démontrée
01:03:50alors que leurs
01:03:51conséquences
01:03:52sur les libertés
01:03:53individuels
01:03:54sont en revanche
01:03:55bien réelles
01:03:56et documentées.
01:03:57Ce texte
01:03:58facilite encore
01:03:59l'exploitation
01:04:00de données
01:04:01personnelles
01:04:02issues
01:04:02des téléphones,
01:04:03ordinateurs
01:04:04et autres supports
01:04:05numériques
01:04:05contribuant progressivement
01:04:07à l'installation
01:04:08d'une société
01:04:09de surveillance
01:04:10où les limites
01:04:11du contrôle
01:04:12exercées
01:04:13par les pouvoirs
01:04:14publics
01:04:14deviennent
01:04:15toujours plus
01:04:16floues.
01:04:17Par ailleurs,
01:04:18il entretient
01:04:18une confusion
01:04:19inquiétante
01:04:20entre radicalisation
01:04:22et troubles
01:04:23psychiques.
01:04:24Un tel amalgame
01:04:25est dangereux
01:04:26car il risque
01:04:27de stigmatiser
01:04:28les personnes
01:04:29vulnérables
01:04:30et nuits
01:04:31à la compréhension
01:04:32réelle
01:04:33des mécanismes
01:04:34de radicalisation.
01:04:36Mais c'est probablement
01:04:37sur la rétention
01:04:38administrative
01:04:39que cette proposition
01:04:40de loi
01:04:40franchit le seuil
01:04:42le plus préoccupant.
01:04:43La durée
01:04:44maximale
01:04:45de rétention
01:04:46pourra atteindre
01:04:47jusqu'à
01:04:47540 jours
01:04:49dans certaines situations.
01:04:51Nous parlons
01:04:52pourtant de personnes
01:04:53qui ne sont pas
01:04:53condamnées
01:04:54à une peine
01:04:55de prison
01:04:55mais privées
01:04:57de liberté
01:04:57dans le cadre
01:04:58d'une procédure
01:04:59administrative
01:05:00d'éloignement.
01:05:02Cette évolution
01:05:03transforme
01:05:04progressivement
01:05:04la rétention
01:05:06administrative
01:05:07en un enfermement
01:05:08de longue durée
01:05:09alors même
01:05:10que les chiffres
01:05:11démontrent
01:05:12les limites
01:05:12du système
01:05:13puisqu'une majorité
01:05:14de personnes
01:05:15placées en rétention
01:05:16ne sont finalement
01:05:18pas éloignées
01:05:19du territoire.
01:05:20Allonger encore
01:05:21les durées
01:05:22d'enfermement
01:05:22ne résout
01:05:23donc pas
01:05:23les difficultés
01:05:24structurelles
01:05:25de la politique
01:05:26migratoire
01:05:26mais cela
01:05:27accroît
01:05:28en retour
01:05:29de façon
01:05:29certaine
01:05:30les atteintes
01:05:31aux libertés
01:05:32fondamentales
01:05:33nous voici revenus
01:05:35au temps
01:05:36de l'arbitraire
01:05:37des lettres
01:05:37de cachet.
01:05:39Au fond
01:05:39finalement
01:05:40de ce texte
01:05:42ce texte
01:05:43illustre
01:05:43une tendance
01:05:45plus générale
01:05:45face à des phénomènes
01:05:47complexes
01:05:47comme le terrorisme
01:05:48la délinquance
01:05:49ou les enjeux
01:05:50migratoires
01:05:51la réponse
01:05:52apportée
01:05:52est presque
01:05:53exclusivement
01:05:54celle de
01:05:54l'extension
01:05:55des pouvoirs
01:05:56de contrôle
01:05:56de surveillance
01:05:57et d'enfermement.
01:05:59En revanche
01:05:59les politiques
01:06:00de prévention
01:06:01l'éducation
01:06:02la justice
01:06:03l'accompagnement
01:06:04social
01:06:05et les moyens
01:06:06humains
01:06:06demeurent
01:06:07trop souvent
01:06:08les grandes absentes
01:06:09de ces débats.
01:06:11Oui
01:06:11la sécurité
01:06:12est une exigence
01:06:13légitime
01:06:14elle est même
01:06:15une mission
01:06:15fondamentale
01:06:16de l'État
01:06:16mais croire
01:06:17qu'une démocratie
01:06:18forte
01:06:19se mesure
01:06:19seulement
01:06:20à sa capacité
01:06:21de protéger
01:06:22est une erreur
01:06:23elle se mesure
01:06:25également
01:06:25à sa capacité
01:06:27à protéger
01:06:28sans autant
01:06:29renoncer
01:06:29à ses principes
01:06:31fondamentaux.
01:06:32Oui
01:06:32mes chers collègues
01:06:33cet hémicycle
01:06:34en est témoin
01:06:35dans son histoire
01:06:35lorsque la peur
01:06:37devient
01:06:37la seule boussole
01:06:39de la loi
01:06:39c'est l'État
01:06:40de droit
01:06:41qui recule
01:06:42et ce texte
01:06:43faisant reculer
01:06:44l'État
01:06:44de droit
01:06:45nous voterons
01:06:46évidemment
01:06:46contre lui
01:06:47je vous remercie.
01:06:49Merci monsieur le député
01:06:51pour le groupe
01:06:51de l'union des droites
01:06:52pour la république
01:06:53la parole est à monsieur
01:06:54Mathieu Bloch
01:07:04Madame la Présidente
01:07:05Monsieur le ministre
01:07:06Monsieur le rapporteur
01:07:08mes chers collègues
01:07:08un an après
01:07:10nous voilà de nouveau
01:07:11réunis
01:07:11pour examiner
01:07:12et voter ce texte
01:07:13visant à renforcer
01:07:15la sécurité
01:07:15de nos concitoyens
01:07:16à améliorer
01:07:17les dispositifs
01:07:18de rétention
01:07:18administrative
01:07:19et à prévenir
01:07:20plus efficacement
01:07:21les risques
01:07:22d'attentats.
01:07:22Le 8 juillet dernier
01:07:24nous avions adopté
01:07:25ce texte
01:07:26à une très large
01:07:27majorité
01:07:27pourtant
01:07:28le conseil constitutionnel
01:07:30en a censuré
01:07:31les principales dispositions
01:07:32le privant
01:07:33de l'essentiel
01:07:34de sa portée
01:07:35et pourtant
01:07:37cette loi
01:07:38répondait
01:07:38à des drames
01:07:39qui ont profondément
01:07:40bouleversé
01:07:41notre pays
01:07:41cette loi
01:07:43nous la devions
01:07:44en Philippines
01:07:4519 ans
01:07:46assassinée
01:07:47en septembre
01:07:472024
01:07:48par un ressortissant
01:07:49marocain
01:07:50sous le coup
01:07:50d'une OQTF
01:07:51déjà condamnée
01:07:53pour viol
01:07:53et libérée
01:07:54du centre
01:07:55de rétention
01:07:55administrative
01:07:56quelques jours
01:07:57avant l'obtention
01:07:58du laissé-passer
01:07:59consulaire
01:07:59nécessaire
01:08:00à son expulsion
01:08:01cette loi
01:08:02nous la devions
01:08:04à Lino Souza
01:08:05Loureiro
01:08:05assassinée
01:08:06à Mulhouse
01:08:07le 22 février
01:08:082025
01:08:08par un terroriste
01:08:09algérien
01:08:10entrée illégalement
01:08:11sur le territoire
01:08:12français
01:08:13condamnée
01:08:14pour apologie
01:08:15du terrorisme
01:08:15faisant l'objet
01:08:16d'une obligation
01:08:17de quitter
01:08:18le territoire français
01:08:19mais remis en liberté
01:08:20après 90 jours
01:08:22de rétention
01:08:23cette loi
01:08:24nous la devions
01:08:25à Stéphanie
01:08:25Montfermé
01:08:26policière
01:08:27assassinée
01:08:27au commissariat
01:08:28de Rambouillet
01:08:29par un individu
01:08:30radicalisé en ligne
01:08:31et souffrant
01:08:32de graves troubles
01:08:33psychologiques
01:08:34cette loi
01:08:35finalement
01:08:35mes chers collègues
01:08:36nous la devions
01:08:37aux français
01:08:37à tous ceux
01:08:39qui nous demandent
01:08:39une chose simple
01:08:40protégez-nous
01:08:42car les français
01:08:43ne comprennent plus
01:08:44que leur sécurité
01:08:45puisse être menacée
01:08:46par des individus
01:08:47qui n'ont plus rien
01:08:48à faire en France
01:08:50monsieur le rapporteur
01:08:51vous avez pris
01:08:52l'initiative
01:08:53de reprendre
01:08:53les dispositions
01:08:54censurées
01:08:55par le conseil
01:08:55constitutionnel
01:08:56vous les avez
01:08:57entourées
01:08:57de toutes les garanties
01:08:58possibles
01:08:59vous avez consulté
01:09:00le conseil d'état
01:09:01vous avez suivi
01:09:02ces recommandations
01:09:03bref
01:09:03vous avez tout fait
01:09:04pour obtenir
01:09:05le visa préalable
01:09:07des gardiens
01:09:07du temple
01:09:08car dans la France
01:09:09de 2026
01:09:10chacun le sait désormais
01:09:11avant même
01:09:12de convaincre
01:09:13les députés
01:09:14il faut d'abord
01:09:14tenter de convaincre
01:09:15les neuf membres
01:09:16du conseil constitutionnel
01:09:17et pourtant
01:09:19rien n'est encore certain
01:09:21rien en effet
01:09:22dans la constitution
01:09:22de la cinquième république
01:09:24ne fixe la durée maximale
01:09:25de la rétention
01:09:26administrative
01:09:26rien
01:09:27et pourtant
01:09:28au nom de principes
01:09:30qu'il a lui-même élevés
01:09:31au rang constitutionnel
01:09:32le conseil constitutionnel
01:09:33s'arroge
01:09:34régulièrement
01:09:35le pouvoir
01:09:35d'empêcher la nation
01:09:36de se protéger
01:09:37voilà la vérité
01:09:39cette situation
01:09:40ne pourra pas durer
01:09:41éternellement
01:09:42il faudra bien
01:09:43qu'un jour
01:09:43le peuple souverain
01:09:44soit consulté
01:09:45afin que le contrôle
01:09:46de constitutionnalité
01:09:47retrouve pour seule
01:09:49boussole
01:09:49le texte constitutionnel
01:09:51lui-même
01:09:51et non des interprétations
01:09:53toujours plus extensives
01:09:54toujours plus politiques
01:09:55de principes
01:09:56qui ne figurent pas
01:09:57explicitement
01:09:58mais en attendant ce jour
01:10:00il faut bien légiférer
01:10:01à chaque fois
01:10:02qu'un individu
01:10:03sous OQTF
01:10:04échappe à son éloignement
01:10:05à chaque fois
01:10:06qu'un terroriste
01:10:07est remis en liberté
01:10:08faute de moyens juridiques
01:10:09appropriés
01:10:10à chaque fois
01:10:11qu'un drame
01:10:12survient
01:10:12alors qu'il aurait pu
01:10:13être évitées
01:10:14ce sont les français
01:10:15qui en paient le prix
01:10:17et parfois même
01:10:18au prix de leur vie
01:10:19ces français
01:10:20qui apprécieront
01:10:21à leur juste valeur
01:10:22les propos
01:10:23d'un député insoumis
01:10:24qui a osé assimiler
01:10:25toute volonté
01:10:26d'expulser
01:10:27un étranger condamné
01:10:28à une déportation
01:10:29quelle honte
01:10:30mes chers collègues
01:10:32lorsqu'il s'agit
01:10:33de protéger
01:10:34les français
01:10:35nous avons toujours
01:10:35considéré que le mieux
01:10:36ne devait jamais
01:10:37être l'ennemi
01:10:38du bien
01:10:39dès lors
01:10:40même si ce texte
01:10:41a été affaibli
01:10:42le groupe UDR
01:10:43le votera
01:10:44contrairement
01:10:45à la gauche
01:10:46et à la Macronie
01:10:47nous ne sommes pas sectaires
01:10:48et seul prévaut
01:10:49l'intérêt des français
01:10:50et c'est cette même boussole
01:10:52cette même exigence
01:10:54qui nous conduira
01:10:54demain
01:10:55jusqu'au grand rendez-vous
01:10:56d'avril 2027
01:10:58jusqu'au moment
01:10:59où les français
01:11:00auront l'occasion
01:11:00de reprendre
01:11:01leur destin en main
01:11:02jusqu'au moment
01:11:03où ils pourront
01:11:04faire le choix
01:11:05du rassemblement national
01:11:06et de l'UDR
01:11:07pour porter
01:11:08enfin
01:11:09le grand changement
01:11:10qu'ils attendent
01:11:11depuis tant d'années
01:11:13le changement
01:11:14pour restaurer
01:11:15l'autorité
01:11:16de l'Etat
01:11:16le changement
01:11:17pour rétablir
01:11:18la sécurité
01:11:19le changement
01:11:20pour remettre
01:11:20la volonté du peuple
01:11:21au coeur
01:11:22des décisions publiques
01:11:23le changement
01:11:24pour rendre
01:11:25à la France
01:11:26la maîtrise
01:11:26de son destin
01:11:27ce rendez-vous
01:11:28avec les français
01:11:29approche
01:11:29nous répondrons
01:11:31évidemment présents
01:11:34merci
01:11:34merci monsieur
01:11:35le député
01:11:37pour le groupe
01:11:38rassemblement national
01:11:39la parole est à monsieur
01:11:40Michael Taverne
01:11:54madame la présidente
01:11:56monsieur le ministre
01:11:56monsieur le président
01:11:57de la commission
01:11:58des lois
01:11:58monsieur le rapporteur
01:11:59chers collègues
01:11:59nous voici arrivés
01:12:01au vote solennel
01:12:02du texte
01:12:02sorti de la commission
01:12:03mixte paritaire
01:12:04qui vise à renforcer
01:12:05la sécurité
01:12:06la rétention administrative
01:12:07et la prévention
01:12:08des risques d'attentat
01:12:10il faut dire que le pays
01:12:11en a bien besoin
01:12:12car après quasiment
01:12:13dix ans de macronisme
01:12:14et de politique
01:12:14en même temps
01:12:15vous les macronistes
01:12:16dont vous faites partie
01:12:17monsieur le rapporteur
01:12:18l'avez incontestablement
01:12:20afflébi et humilié
01:12:21je vais vous épargner
01:12:22les chiffres de l'insécurité
01:12:24qui ne cessent d'exploser
01:12:25mais ce qu'il faut noter
01:12:26c'est qu'avec la politique
01:12:27que vous avez menée
01:12:28vous êtes à l'origine
01:12:29de la submersion migratoire
01:12:30que connaît notre pays
01:12:31vous détenez le record
01:12:33d'immigration légale
01:12:34et illégale
01:12:35jamais sous la 5ème république
01:12:37il n'y a eu autant
01:12:37de délivrance
01:12:38de titres de séjour
01:12:39puisque vous avez toujours
01:12:40considéré que l'immigration
01:12:42était une chance pour la France
01:12:43la submersion migratoire
01:12:45était votre projet politique
01:12:47vous avez été les pompiers
01:12:48pyromanes
01:12:49de l'effondrement de la France
01:12:50et cette loi
01:12:51que nous apprêtons à voter
01:12:52c'est pour vous donner
01:12:53bonne conscience
01:12:54mais elle n'enlèvera pas
01:12:56votre responsabilité
01:12:57de la situation
01:12:58dans laquelle se trouve
01:12:59notre pays
01:13:00qui avait dit
01:13:01je cite
01:13:01l'immigration est un fait
01:13:03qui fait aussi la France
01:13:04qui a fait son passé
01:13:05et qui fera sans doute
01:13:07son avenir
01:13:07il ne sert à rien
01:13:08d'être contre
01:13:09c'est le ministre de l'intérieur
01:13:11macroniste de l'époque
01:13:12Gérald Darmanin
01:13:13qui aujourd'hui
01:13:14dit absolument le contraire
01:13:15fait le lien
01:13:16entre immigration
01:13:17et insécurité
01:13:18et veut un référendum
01:13:19sur la question migratoire
01:13:20comme un très mauvais élève
01:13:21il a copié
01:13:22sur Marine Le Pen
01:13:23et Gendarme Bardella
01:13:24qui proposent
01:13:25depuis de nombreuses années
01:13:26un référendum aux français
01:13:27notre texte est prêt
01:13:29et si les françaises
01:13:30et les français
01:13:30nous accordent leur confiance
01:13:31ils seront consultés
01:13:33et leur volonté
01:13:34sera appliquée
01:13:35monsieur le rapporteur
01:13:36monsieur le ministre
01:13:37à l'Assemblée nationale
01:13:38le groupe Rassemblement National
01:13:40a déposé de nombreuses
01:13:41propositions de loi
01:13:42pour assurer la sécurité
01:13:43des français
01:13:44nous avons proposé
01:13:45de rétablir
01:13:46la double peine
01:13:47c'est à dire
01:13:47expulser automatiquement
01:13:49les délinquants étrangers
01:13:50comme le font
01:13:50tous les pays du monde
01:13:51qu'avez-vous fait ?
01:13:53vous vous y êtes opposé
01:13:54nous avons proposé
01:13:55de rétablir
01:13:56le contrôle aux frontières
01:13:57comme le fait l'Allemagne
01:13:58par exemple
01:13:58vous vous y êtes encore opposé
01:14:00nous avons proposé
01:14:02encore
01:14:02hors de rétablir
01:14:03le délit du séjour irrégulier
01:14:05mais comme d'habitude
01:14:06vous vous êtes opposé
01:14:07aux grandes mesures
01:14:08que souhaitent voir appliquer
01:14:09la grande majorité
01:14:10de nos compatriotes
01:14:11vous avez fait
01:14:11exactement le contraire
01:14:13aujourd'hui
01:14:14en proposant ce texte
01:14:15vous souhaitez rétablir
01:14:17une anomalie
01:14:17qu'au Rassemblement National
01:14:18nous dénonçons
01:14:19depuis plusieurs années
01:14:20il a fallu
01:14:21des faits de société
01:14:22particulièrement graves
01:14:24comme Lola
01:14:25Philippine
01:14:25les attentats de Birakem
01:14:27et de Mulhouse
01:14:28mais bien d'autres encore
01:14:28gouverner c'est prévoir
01:14:30mais sur les questions
01:14:31de sécurité
01:14:32de justice
01:14:33et d'immigration
01:14:34ce n'est pas un simple échec
01:14:35vous avez mis le pays
01:14:37dans un chaos généralisé
01:14:38le pays est en ruine
01:14:40et vous en êtes responsable
01:14:41vous macronistes
01:14:43qui du matin au soir
01:14:44donnez des sons
01:14:45à la terre entière
01:14:46l'heure est au bilan
01:14:47et il est loin d'être brillant
01:14:49en commission mixte paritaire
01:14:51j'ai rappelé le fait
01:14:52que nous devions revoir
01:14:54profondément
01:14:55notre politique migratoire
01:14:56et que les conséquences
01:14:58sur la sécurité
01:14:58des françaises et des français
01:14:59étaient le résultat
01:15:01de vos choix politiques
01:15:02pendant des années
01:15:04Marine Le Pen
01:15:04l'avait martelé
01:15:05vous l'avez ignoré
01:15:06et aujourd'hui
01:15:07vous la copiez
01:15:08mais les français
01:15:09ne sont pas dupes
01:15:10ils préfèrent
01:15:11l'original
01:15:11à la copie
01:15:12ils préfèrent
01:15:14les femmes
01:15:14et les hommes politiques
01:15:15qui défendent
01:15:16leurs convictions
01:15:16et ne font pas
01:15:17de calculs
01:15:18purement politiciens
01:15:19vous faites de belles promesses
01:15:21mais une fois aux responsabilités
01:15:22vous vous couchez
01:15:23et vous trahissez
01:15:24la volonté des français
01:15:25j'en veux pour preuve
01:15:27votre inconsidération
01:15:28envers nos compatriotes
01:15:29ultramarins
01:15:30et notamment de Mayotte
01:15:32qui voient tous les jours
01:15:33votre incompétence
01:15:34et votre soumission
01:15:36quant à la gauche
01:15:37oui car il faut
01:15:38malheureusement en parler
01:15:38on peut dire
01:15:39que l'erreur est humaine
01:15:40mais persévérée
01:15:41et diabolique
01:15:42vous êtes opposé
01:15:43à ce texte
01:15:44qui pourtant
01:15:44vise à protéger
01:15:45un peu plus les français
01:15:46car il prolonge
01:15:48la durée de rétention
01:15:49des étrangers
01:15:49condamnés et dangereux
01:15:51mais aussi
01:15:52instaure une rétention
01:15:53judiciaire
01:15:53pour les individus condamnés
01:15:54pour terrorisme
01:15:56et susceptibles de réitérer
01:15:57vous nous dites
01:15:57que cela peut concerner
01:15:58peut-être 10 personnes
01:16:00je rappelle
01:16:00qu'un seul individu armé
01:16:02peut faire un véritable carnage
01:16:03et que les commandos
01:16:04du Bataclan
01:16:05des terrasses du café
01:16:06et du Stade de France
01:16:08étaient composés
01:16:08de 9 personnes
01:16:10c'est 9 de trop
01:16:11il faut donc
01:16:11une tolérance zéro
01:16:12mais en ce qui concerne
01:16:14la lutte contre l'insécurité
01:16:15cela ne vous fait
01:16:16ni chaud ni froid
01:16:16car vous opposez
01:16:18absolument tout
01:16:18même aux textes
01:16:20visant à lutter
01:16:20contre le narcotrafic
01:16:21qui ganglène le pays
01:16:22qui menace
01:16:24des magistrats
01:16:24des élus
01:16:25qui entraînent la mort
01:16:26de nombreux jeunes
01:16:27vous avez quand même
01:16:28osé vous y opposer
01:16:29donc pour assurer
01:16:31leur sécurité
01:16:31les français n'ont rien
01:16:33à attendre de la gauche
01:16:34et de l'extrême gauche
01:16:35monsieur le rapporteur
01:16:36je vous prends au mot
01:16:37vous avez déclaré
01:16:38la république a perdu
01:16:39sa capacité
01:16:40à protéger nos enfants
01:16:41voilà l'aveu cinglant
01:16:43d'un échec
01:16:43qui caractérise
01:16:44bel et bien
01:16:44la politique macroniste
01:16:45nous votons donc ce texte
01:16:47car notre boussole
01:16:47restera toujours
01:16:48l'intérêt de la France
01:16:49et des français
01:16:49mais l'heure
01:16:50est à l'internance
01:16:51avec Marine Le Pen
01:16:52et Jordan Bardella
01:16:53nous l'incarnerons
01:16:54avec force
01:16:55et détermination
01:16:56je vous remercie
01:17:00merci monsieur le député
01:17:01la discussion générale
01:17:02est close
01:17:03monsieur le rapporteur
01:17:04vous souhaitiez
01:17:05prendre la parole
01:17:07merci madame la présidente
01:17:08je serai rapide
01:17:09ce qui me semble important
01:17:10de répondre à deux mensonges
01:17:11qui ont été proférés
01:17:13certains d'entre vous
01:17:14ont parlé de textes
01:17:15xénophobes, racistes
01:17:16et ont même parlé
01:17:17d'amalgame
01:17:18je rappelle chers collègues
01:17:20que sur les douze articles
01:17:21de cette proposition de loi
01:17:22il y en a neuf
01:17:24qui concernent
01:17:25et les citoyens étrangers
01:17:26et les citoyens français
01:17:28en revanche
01:17:29c'est bien vous
01:17:30qui avez parlé
01:17:31pendant le débat
01:17:32de textes de déportation
01:17:33c'est bien vous
01:17:34qui avez parlé
01:17:34pendant le débat
01:17:35de camps de concentration
01:17:36c'est bien vous
01:17:37qui pendant le débat
01:17:38avez expliqué
01:17:39que parce que j'avais
01:17:39un acte de naissance
01:17:40étranger
01:17:41je ne pouvais pas
01:17:42être a priori
01:17:43considéré comme un français
01:17:44si racisme
01:17:46et amalgame
01:17:46il y avait
01:17:47il ne se trouve
01:17:48clairement pas
01:17:48de notre côté
01:17:50deuxième point
01:17:51que je voulais faire
01:17:52l'état de droit
01:17:54chaque disposition
01:17:55de ce texte
01:17:57a fait l'objet
01:17:58non pas d'un
01:17:59mais de deux avis
01:18:00du conseil d'état
01:18:02chaque recommandation
01:18:03du conseil d'état
01:18:04a été suivie
01:18:04tout simplement
01:18:05parce que la conviction
01:18:06qui est la nôtre
01:18:07c'est que jamais
01:18:08l'état de droit
01:18:09ne nous condamnera
01:18:10à l'impuissance
01:18:10et que nous pouvons
01:18:11parfaitement
01:18:12trouver l'équilibre
01:18:13entre la protection
01:18:14de la liberté
01:18:15et la protection
01:18:16des français
01:18:16de nos familles
01:18:18et de nos enfants
01:18:19c'est la raison
01:18:20pour laquelle ce texte
01:18:20est pleinement constitutionnel
01:18:22et que vous pouvez le voter
01:18:23j'appelle chacun
01:18:24de nos collègues
01:18:25à adopter
01:18:26les deux amendements
01:18:27qui viendront
01:18:27avant le vote final
01:18:29afin d'assurer
01:18:30un la rédaction
01:18:31et deux
01:18:31la pleine constitutionnalité
01:18:33de ce texte
01:18:34enfin
01:18:35dernier mot
01:18:36chers collègues
01:18:36pour nos amis
01:18:38socialistes
01:18:39dans nos débats
01:18:40motion après motion
01:18:42amendement
01:18:43après amendement
01:18:44pas une fois
01:18:45ne vous êtes-vous
01:18:46dissociés
01:18:47de la France insoumise
01:18:48pas une fois
01:18:49vous n'avez condamné
01:18:50leurs propos
01:18:52inacceptables
01:18:53pas une fois
01:18:54n'avez-vous envisagé
01:18:55de soutenir
01:18:56des mesures
01:18:57parfaitement républicaines
01:18:58y compris celles
01:19:00qui étaient portées
01:19:00il y a dix ans
01:19:01par la présidence
01:19:02socialiste
01:19:03de François Hollande
01:19:04vous avez fait le choix
01:19:06entre la république
01:19:07et Mélenchon
01:19:08la soumission
01:19:09à Mélenchon
01:19:09nous n'avons
01:19:10aucune leçon
01:19:11à recevoir
01:19:12de votre part
01:19:13et nous vous pouvons
01:19:14pleinement
01:19:14soutenir ce texte
01:19:16en affirmant
01:19:17aux français
01:19:17que d'autres forces
01:19:18républicaines
01:19:19font le choix
01:19:20du juste équilibre
01:19:21entre la protection
01:19:22des français
01:19:22et la protection
01:19:24de nos libertés publiques
01:19:26merci
01:19:27monsieur le rapporteur
01:19:28nous en venons
01:19:29au texte
01:19:30de la commission
01:19:30mixte paritaire
01:19:31et conformément
01:19:32à l'article 113
01:19:33alinéa 3
01:19:34du règlement
01:19:35je vais appeler
01:19:36l'assemblée
01:19:37à statuer d'abord
01:19:38sur les amendements
01:19:39dont je suis saisie
01:19:40sur l'amendement
01:19:41numéro 2
01:19:42il y a une demande
01:19:43de scrutin public
01:19:43par le groupe
01:19:44ensemble pour la république
01:19:45sur l'amendement
01:19:46numéro 1
01:19:47une demande
01:19:47par le groupe
01:19:48LFINFP
01:19:48les scrutins
01:19:49sont annoncés
01:19:50dans l'enceinte
01:19:51de l'assemblée nationale
01:19:52les amendements
01:19:53donc sur le texte
01:19:54de la CMP
01:19:55amendement numéro 2
01:19:56monsieur le ministre
01:19:57c'est un amendement
01:19:57du gouvernement
01:20:02merci madame la président
01:20:03l'amendement
01:20:04que je présente
01:20:06au nom du gouvernement
01:20:07porte sur l'article 8 bis
01:20:10et il vise à renforcer
01:20:12la constitutionnalité
01:20:14de ce texte
01:20:15puisque je rappelle
01:20:17qu'il vise à prévoir
01:20:18la possibilité
01:20:19de procéder
01:20:19à plusieurs placements
01:20:21en rétention
01:20:21sur la même décision
01:20:22d'éloignement
01:20:23il y a deux plafonds
01:20:24qui ont été prévus
01:20:25dans le texte
01:20:26qui est présenté
01:20:27un plafond
01:20:29qui porte sur la durée
01:20:29maximale
01:20:30de rétention
01:20:31donc à 360
01:20:32ou 540 jours
01:20:33selon le cas
01:20:34et une limite
01:20:36pour la même décision
01:20:37d'éloignement
01:20:37à cinq placements
01:20:39ce que propose
01:20:40l'amendement
01:20:41c'est de rajouter
01:20:41un troisième plafond
01:20:42qui vise à fixer
01:20:43une durée maximale
01:20:44pour chaque nouvelle décision
01:20:46de placement
01:20:47en rétention
01:20:47soit 90 jours
01:20:49pour le régime
01:20:49de droit commun
01:20:50et 180
01:20:51ou 210 jours
01:20:52pour le régime
01:20:53dérogatoire
01:20:54voilà
01:20:55donc je vous invite
01:20:55à adopter
01:20:56cet amendement
01:20:57qui vise à renforcer
01:20:59de robustesse constitutionnelle
01:21:01tel qu'il a été adopté
01:21:02d'ailleurs au Sénat
01:21:03hier
01:21:04je vous remercie
01:21:05merci monsieur le ministre
01:21:06monsieur le rapporteur
01:21:07votre avis
01:21:08favorable aux deux amendements
01:21:10monsieur Léaumant
01:21:15celui-là
01:21:16merci madame la présidente
01:21:18je voudrais répondre
01:21:19aux propos
01:21:20qui viennent d'être tenus
01:21:21et qui sont extrêmement
01:21:22choquants
01:21:23parce que
01:21:24notre collègue
01:21:26du rassemblement national
01:21:27a dit que cette loi
01:21:28était nécessaire
01:21:28pour éviter que
01:21:29par exemple
01:21:30se reproduisent
01:21:31les attentats
01:21:32du Bataclan
01:21:32je rappelle
01:21:33que lors
01:21:34des attentats
01:21:35du Bataclan
01:21:35les terroristes
01:21:37étaient des français
01:21:37et que par conséquent
01:21:38les mesures
01:21:39que vous prévoyez
01:21:40précisément
01:21:40à l'intérieur
01:21:41de ce texte
01:21:42sont inefficaces
01:21:42et c'est bien
01:21:43la raison
01:21:43pour laquelle
01:21:44nous le combattons
01:21:46et je rappelle
01:21:47aux personnes
01:21:49du rassemblement national
01:21:50qu'il faudrait
01:21:51peut-être
01:21:51chercher
01:21:52de votre côté
01:21:53quand monsieur
01:21:54Claude Hermant
01:21:54est celui qui a fourni
01:21:55les armes
01:21:56aux terroristes
01:21:57de l'hyper-cachère
01:21:58oui
01:21:59oui
01:22:00oui
01:22:01vous avez
01:22:02une part
01:22:03de responsabilité
01:22:04lorsque ce sont
01:22:06vos amis
01:22:06qui fournissent
01:22:07les armes
01:22:08au terrorisme
01:22:08et nous
01:22:09nous les combattons
01:22:10tous
01:22:11voilà pourquoi
01:22:12nous voulons renforcer
01:22:13les moyens
01:22:14du renseignement
01:22:15et les moyens
01:22:16qui permettent
01:22:16de lutter précisément
01:22:18contre le trafic
01:22:19d'armes
01:22:19c'est à dire
01:22:20en l'occurrence
01:22:20contre vos amis
01:22:25merci
01:22:25nous passons donc
01:22:27au vote
01:22:28sur ce premier amendement
01:22:29c'est un scrutin public
01:22:30double avis favorable
01:22:32le scrutin est ouvert
01:22:36le scrutin est clos
01:22:41résultat du scrutin
01:22:43nombre de votants
01:22:44366
01:22:45exprimé 358
01:22:46majorité
01:22:47180 pour
01:22:48246
01:22:49contre 112
01:22:50l'Assemblée nationale a adopté
01:22:51amendement numéro 1
01:22:52monsieur le ministre
01:22:54c'est un amendement rédactionnel
01:22:57monsieur le rapporteur
01:22:58vous m'avez donné
01:22:58un avis favorable
01:22:59c'est un scrutin public
01:23:01double avis favorable
01:23:02commission et gouvernement
01:23:03le scrutin est ouvert
01:23:08le scrutin est clos
01:23:13résultat du scrutin
01:23:14votant 363
01:23:16exprimé 354
01:23:17majorité
01:23:18178
01:23:19pour
01:23:19245
01:23:20contre 109
01:23:21l'Assemblée nationale a adopté
01:23:23nous allons patienter
01:23:25une dizaine de secondes
01:23:26avant de procéder au scrutin public
01:23:27sur l'ensemble
01:23:28de la
01:23:28de la proposition
01:23:30de loi telle qu'elle est issue
01:23:31de la commission
01:23:31mixte paritaire
01:23:32modifiée par les amendements
01:23:34qui viennent d'être adoptés
01:23:36en séance
01:23:37et c'est donc bon
01:23:39le scrutin est ouvert
01:23:45le scrutin est clos
01:23:51résultat du scrutin
01:23:53votant 533
01:23:54exprimé 522
01:23:55majorité 262
01:23:57pour
01:23:58345
01:23:59contre
01:23:59177
01:24:01l'Assemblée nationale a adopté
01:24:04monsieur le rapporteur
01:24:06je vous laisse la parole
01:24:06un immense merci
01:24:07chers collègues
01:24:08je rends un dernier hommage
01:24:09à la famille de Philippines
01:24:10et à toutes les familles
01:24:12qui ont été endeuillées
01:24:12par ces attaques
01:24:13en leur disant
01:24:14qu'une fois de plus
01:24:15nous tiendrons le juste équilibre
01:24:16entre la protection
01:24:17de la liberté publique
01:24:18et la protection des français
01:24:19de nos familles
01:24:20et de nos enfants
01:24:20merci à tous
01:24:21chers collègues
01:24:22les députés ont voté le texte
01:24:24il est donc définitivement adopté
01:24:26c'est la fin de cet épisode
01:24:28à bientôt sur LCP
01:24:29Sous-titrage Société Radio-Canada
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