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  • il y a 2 jours
Invité : Émilien GANGEMI, président CAPEB Moselle

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Transcription
00:01La rubrique éco en partenariat avec la semaine. La rubrique éco avec la chambre de commerce et d'industrie de
00:09Moselle.
00:17Bonjour, le bâtiment traverse une période complexe. Inflation, hausse des coûts, ralentissement du marché, évolution permanente des réglementations.
00:26Les entreprises du bâtiment doivent de plus en plus composer dans un environnement incertain. Pourtant, elle reste un maillon essentiel
00:35de notre économie locale.
00:36Pour en parler, je reçois le président de la CAPE de Moselle, Émilien Gangemy. Bonjour.
00:40Bonjour, Jérôme.
00:41Lors de votre toute récente assemblée générale, vous avez choisi un titre un peu provocateur. Rien ne va plus, les
00:48jeux sont faits. La situation en est à ce point-là ?
00:51Oui, tout à fait. On s'était en même temps un petit peu pour rigoler. Mais l'idée, c'est
00:57qu'aujourd'hui, on vit une période compliquée.
01:00Mais on voulait en même temps leur dire que rien n'est fini et que l'avenir de nos belles
01:05entreprises et de nos artisans sont là et demain également.
01:09Vous voulez leur dire, alors, à vos adhérents, évidemment, à Artisan, mais aussi à des invités politiques, puisqu'il y
01:14avait des députés et des représentants de collectivités.
01:17La crise que vous traversez aujourd'hui, elle est vraiment différente des autres ?
01:22Dans les faits, ce n'est pas différent. Mais c'est l'accumulation des crises depuis des années qui fait
01:28qu'on se pose la question si ce n'est pas la crise de trop.
01:30Aujourd'hui, nos entreprises ont subi une multitude depuis le Covid de crise et nos trésoreries, notre effet amortisseur de
01:40crise n'est pas infini.
01:44Et nos entreprises ont vraiment de gros manques, en tout cas actuellement, de trésorerie et de sérénité pour l'avenir.
01:51Alors, vous avez cité un certain nombre de crises. Qu'est-ce qui distingue celles que nous traversons des précédentes
01:55que votre profession, que vos adhérents ont su absorber malgré les difficultés ?
02:01C'est la chronologie, la rapidité où elle est arrivée. Quelques semaines après la crise, en tout cas la guerre
02:08dans le Moyen-Orient, tout de suite des augmentations de coûts,
02:11tout de suite des augmentations des matières premières avec nos devis qu'on ne peut pas modifier auprès de nos
02:16clients.
02:17Et c'est tout ça, toute cette rapidité qui est venue d'un seul coup, fait qu'à un moment
02:22donné, nos entreprises subissent nos clients qui ont peur de l'investissement,
02:27qui ont peur de l'avenir actuellement, donc les investissements coupés de suite, des projets signés qui n'ont même
02:32pas commencé.
02:33Voilà une preuve de cette crise qui est peut-être un peu différente de celle précédente.
02:39Vous parlez de l'augmentation des coûts très rapide. Il faut expliquer à ceux qui nous suivent que lorsqu'un
02:44artisan fait signer un devis à un particulier,
02:46puisqu'on est dans le domaine du particulier, il ne peut pas, si jamais le lendemain, ces coûts de matière
02:52première augmentent,
02:53il ne peut pas les répercuter le temps que le devis dure. Généralement, c'est quoi ? 90 jours ?
02:58120 jours ?
02:59Aujourd'hui, la moyenne, c'est entre 30 et 60 jours de validité de devis. Mais ce n'est pas
03:04que vers les particuliers, entre professionnels aussi,
03:06il y a des dates de validité de devis. Aujourd'hui, des marchés plus petits et moyens qui durent dans
03:12le temps,
03:12aujourd'hui, c'est des prix, ça reste du marché privé, pas public, un marché privé, qui ne sont pas
03:16révisables.
03:17Donc ça reste quand même, et c'est pour ça aussi qu'on a fait un thème de le casino
03:22et les jeux, parce que ça reste des paris sur l'avenir.
03:25Et nos entreprises, depuis ces crises, n'avaient jamais vécu, en tout cas pour beaucoup, des jeunes générations ou des
03:31choses,
03:32jamais vécu sur une ère d'inflation. Et ce n'est pas des habitudes que nos entreprises avaient,
03:37ce n'est pas des trésoreries qui étaient habituées. Et ça reste ces problématiques que nos entreprises vivent aujourd'hui.
03:42Alors durant cette Assemblée Générale, il y avait un thème assez provocateur, travailler plus pour gagner moins.
03:49Vous affirmez quelque chose d'assez fort, le travail est là, mais est-ce qu'il rapporte autant qu'il
03:52devrait ?
03:53Eh bien, si on le dit, c'est que c'est non.
03:56C'est ressenti.
03:56Mais c'est un ressenti qui est réel. Aujourd'hui, c'est un fin mélange entre réellement la productivité et
04:03forcément les marges économiques.
04:05Mais c'est un ressenti aussi physique. Aujourd'hui, beaucoup de chefs d'entreprise sont fatigués.
04:10Les redressements passent directement et très souvent en liquidation, parce que nos entreprises n'en peuvent plus.
04:16Ils n'ont plus la « foi » pour continuer leurs entreprises, les risques, de prendre des risques et faire
04:21des efforts.
04:22Parce que vous savez, les 35 heures pour un chef d'entreprise, ce n'est pas du tout le cas.
04:25Et tous ces efforts-là liés à ces crises, à un moment donné, ils n'en peuvent plus.
04:31Un autre sujet que vous avez mis sur la table lors de cette Assemblée Générale, ce sont les règles.
04:37Et comme on est en pleine Coupe du Monde, vous avez pris une image assez simple.
04:42C'est comme s'ils ont changé les règles d'un match en cours de partie.
04:46Eh bien, c'est tout à fait ça.
04:47On aime bien à la CAPEB faire des liens et pousser nos discours avec des images fortes que tout le
04:55monde peut comprendre.
04:56C'est ce qu'on vit actuellement.
04:58Les règles changent en permanence.
05:01Les règles aussi bien pour nos entreprises, mais que pour nos clients.
05:04C'est la grosse problématique qu'on peut avoir.
05:06Aujourd'hui, les règles du MaPrimeRénov' et j'en passe ne font que changer.
05:12Donc, la volonté politique est là de bien montrer qu'il y a des choses à faire et qu'économiquement,
05:17il faut faire des choses.
05:18Mais ils le changent trop souvent au gré du vent et au gré de leur volonté.
05:23Est-ce que vous avez le sentiment que ce soit en Moselle, dans le Grand Est, puisque le président de
05:27la CAPEB Grand Est était là, mais aussi au niveau national ?
05:29Vous êtes entendu par les politiques qui, visiblement, jouent sur les règles en fonction de leur budget.
05:35Et on le sait très bien, le budget de l'État en ce moment n'est pas au mieux.
05:37Mais je peux le comprendre et il faut rappeler que les aides ne sont pas pour les entreprises.
05:42C'est important de le rappeler parce que trop souvent, les gens font l'amalgame, pensent que les entreprises du
05:46bâtiment sont aidées.
05:47Les entreprises du bâtiment ne sont pas aidées.
05:49C'est une filière qui est aidée, mais c'est surtout le maître d'ouvrage, donc le client final, les
05:55particuliers qui peuvent nous écouter, qui sont aidés.
05:58Et c'est ces aides qui ne font que changer et qui perturbent en permanence des volontés d'investissement, aussi
06:04bien pour les particuliers, et des besoins.
06:06Alors là, on parle toujours de ma prime rénov', des besoins d'isoler ou de changer certains systèmes de chauffage
06:12dans leur maison.
06:13De particulier, enfin, celui qui veut faire un acte de rénovation, il est perdu parce qu'il ne sait plus
06:19vraiment à quel sein se vouer.
06:21C'est tout à fait ça.
06:22Le choix du chauffage au gage électrique, le solaire, etc. C'est un peu ce que vous...
06:27Les énergies changent. Il y a 30 ans, l'électricité était proscrite, tout était sur le gaz.
06:34Aujourd'hui, c'est l'inverse. On entend des particuliers qui pensent que le gaz va être interdit.
06:38Voilà, c'est toutes ces problématiques en permanence qui ont un impact sur nos entreprises,
06:42qu'on a fait former depuis des années sur le gaz ou dans d'autres domaines, par exemple.
06:47Et c'est cette problématique qui, aujourd'hui, en permanence, à chaque fois, du changement et du changement.
06:53– Alors, dernière question. On arrive au terme de cette interview, Emilien Gangemy.
06:58Qu'est-ce que vous attendez pour l'avenir ?
07:00Quels seraient les signaux que vous aimeriez qu'ils soient émis par nos dirigeants ?
07:08– De la stabilité. Aujourd'hui, les règles, moins les changer.
07:13Parce que tout le monde veut toujours simplifier, modifier, rénover des fonctionnements qu'on peut avoir.
07:21Juste aujourd'hui, avoir une stabilité, déjà politique, ça serait déjà bien.
07:26Donc, 2027 arrive. On verra si la stabilité promise sera.
07:30Mais la stabilité de normes, également, c'est un changement permanent.
07:35Et on a déjà des entreprises à faire tenir financièrement pour l'impact, également,
07:41en tout cas, de nos entreprises de proximité.
07:42Mais c'est cette difficulté qui est là, ce changement permanent.
07:46– Merci, Emilien Gangemy. Je rappelle que vous êtes le président de la CAPEB Moselle.
07:51L'information continue sur Moselle TV.
07:53– Sous-titrage ST' 501
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