- il y a 2 semaines
Dans « LCP-Lundi C'est Politique », en partenariat avec Radio Classique et Challenges, Francis Letellier reçoit :
- Céline Hervieu, députée Parti Socialiste de la 11e circonscription de Paris
- Erwan Balanant, député Mouvement Démocrate de la 8e circonscription du Finistère
- Marie-Charlotte Garin, députée Les Écologistes de la 3e circonscription du Rhône
- Gaëtan Dussausaye, député Rassemblement National de la 2e circonscription des Vosges
Présentation par Francis Letellier
Avec :
- Thierry Fabre pour Challenges
- Laurie-Anne Toulemont pour Radio Classique
- Stéphanie Depierre pour LCP
- Hugo au Perchoir pour Twitch
Alors que l'Assemblée nationale figure plus que jamais au coeur de la vie politique, Francis Letellier interroge chaque lundi les ténors du parlement et du gouvernement, en partenariat avec Radio Classique et Challenges.
En première partie de l'émission : un tête-à-tête avec une grande personnalité politique, pour mettre en perspective l'ouverture de la semaine parlementaire, avant les Questions au Gouvernement du mardi.
Francis Letellier est ensuite rejoint en plateau par trois chroniqueurs, journalistes politiques des rédactions de LCP, Radio Classique et Challenges, pour un échange avec l'invité.
Pour conclure l'émission, le face à face : une personnalité issue du monde culturel, économique ou social (écrivain, artiste, expert...) interpelle l'invité et réagit à ses propos.
Hugo au Perchoir, « streamer » politique et parlementaire sur Twitch, intervient également en relayant les questions de sa communauté.
Diffusée le lundi à 19h30 et rediffusée à 23h30, l'émission est également disponible en replay sur LCP.fr et la chaîne YouTube de LCP. Les moments forts seront aussi relayés sur Radio Classique et Challenges.
- Céline Hervieu, députée Parti Socialiste de la 11e circonscription de Paris
- Erwan Balanant, député Mouvement Démocrate de la 8e circonscription du Finistère
- Marie-Charlotte Garin, députée Les Écologistes de la 3e circonscription du Rhône
- Gaëtan Dussausaye, député Rassemblement National de la 2e circonscription des Vosges
Présentation par Francis Letellier
Avec :
- Thierry Fabre pour Challenges
- Laurie-Anne Toulemont pour Radio Classique
- Stéphanie Depierre pour LCP
- Hugo au Perchoir pour Twitch
Alors que l'Assemblée nationale figure plus que jamais au coeur de la vie politique, Francis Letellier interroge chaque lundi les ténors du parlement et du gouvernement, en partenariat avec Radio Classique et Challenges.
En première partie de l'émission : un tête-à-tête avec une grande personnalité politique, pour mettre en perspective l'ouverture de la semaine parlementaire, avant les Questions au Gouvernement du mardi.
Francis Letellier est ensuite rejoint en plateau par trois chroniqueurs, journalistes politiques des rédactions de LCP, Radio Classique et Challenges, pour un échange avec l'invité.
Pour conclure l'émission, le face à face : une personnalité issue du monde culturel, économique ou social (écrivain, artiste, expert...) interpelle l'invité et réagit à ses propos.
Hugo au Perchoir, « streamer » politique et parlementaire sur Twitch, intervient également en relayant les questions de sa communauté.
Diffusée le lundi à 19h30 et rediffusée à 23h30, l'émission est également disponible en replay sur LCP.fr et la chaîne YouTube de LCP. Les moments forts seront aussi relayés sur Radio Classique et Challenges.
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NewsTranscription
00:00:01L'onde de choc provoquée après la mort de Liana ne retombe pas.
00:00:04Tous les candidats à la présidentielle, tous les partis politiques y vont de leurs propositions pour renforcer les lois contre
00:00:08les crimes sexuels.
00:00:09Le ministre de la Justice se retrouve au cœur des critiques.
00:00:12Gérald Darmanin a du coup demandé à ce que les 70 000 plaintes concernant la mise en danger d'enfants
00:00:16soient réexaminées d'ici mi-juillet.
00:00:19Sébastien Lecornu, de son côté, a reçu aujourd'hui les partis qui défendent une loi intégrale et ambitieuse,
00:00:24mais le Premier ministre laisse planer le doute sur la nécessité d'une nouvelle loi dès maintenant.
00:00:28Pendant ce temps, les manifestations à l'appel des associations engagées dans la lutte contre les violences faites aux enfants
00:00:33et aux femmes maintiennent la pression sur le gouvernement.
00:00:53Bonsoir et bienvenue dans ce spécial L'indice et politique.
00:00:56Les partis politiques, je le disais, rivalisent de propositions.
00:00:59Après l'affaire Liana, ça ressemble parfois à une course destinée à marquer l'opinion à 10 mois de la
00:01:03présidentielle.
00:01:04On va faire du coup le tour de représentants de différents partis politiques dans cette émission pour voir qui dit
00:01:10réellement quoi.
00:01:11Et avec moi sur ce plateau ce soir, Lauriane Toulemont.
00:01:14Bonsoir Lauriane pour Radio Classique.
00:01:15A vos côtés Thierry Fah, bonsoir Thierry.
00:01:17Bonsoir.
00:01:18Bonsoir Stéphanie, Stéphanie Despierre pour LCP.
00:01:21Et Hugo, Hugo Couturier.
00:01:22Bonsoir Hugo.
00:01:23Hugo au perchoir en direct sur la chaîne Twitch LCP Assemblée Nationale pour faire vivre le débat aussi sur ce
00:01:28plateau.
00:01:28Si vous avez des questions, des remarques, n'hésitez pas, nos invités sont là pour répondre.
00:01:32Preuve en tout cas que l'affaire Liana soulève l'indignation à tous les niveaux.
00:01:36Ce midi, sur TF1, Emmanuel Macron a évoqué les suites à donner.
00:01:41Il estime que justice doit passer.
00:01:44Il faut que la justice, avec les services enquêteurs, on lui donne les moyens d'aller le plus vite possible
00:01:50pour que justice soit faite.
00:01:51Pour que les parents aient la vérité sur ce qui s'est passé.
00:01:54Et que celui qui a commis tout cela puisse être puni le plus sévèrement possible.
00:01:59Notre premier invité ce soir est Céline Hervieux.
00:02:01Bonsoir.
00:02:01Bonsoir.
00:02:02Vous êtes député PS de Paris. Le PS qui mène la bataille pour une loi intégrale.
00:02:07Qui regrouperait différents dispositifs, je le fais en résumé, pour lutter contre les violences et les abus faits contre les
00:02:13enfants ou contre les femmes en majorité.
00:02:15Hier, dans le Parisien, le Premier ministre Sébastien Lecornu a plaidé pour une réponse intégrale.
00:02:19Mais dit-il qu'il ne passe pas forcément par une loi intégrale.
00:02:23Propos que Maude Bréjon, porte-parole du gouvernement, a précisé ce matin sur RTL.
00:02:28Le gouvernement est favorable à une réponse intégrale.
00:02:31Et cette réponse qui devra se baser sur les conclusions des rapports qui seront remis le 22 juin, pourra être
00:02:39d'ordre législatif.
00:02:40Nous avions nous-mêmes présenté un projet de loi sur la protection en France.
00:02:43Nous avons annoncé, amendé ce projet de loi, consolidé ce projet de loi.
00:02:48C'est une première forme de réponse.
00:02:50Ces réponses, elles pourront être aussi budgétaires.
00:02:54Céline Hervieux, quand vous entendez la porte-parole du gouvernement qui reprend les propos, je le disais, du Premier ministre
00:02:58sur la loi intégrale, est-ce que vous êtes inquiète sur l'adoption de cette loi ?
00:03:02Oui, je suis inquiète d'abord d'entendre qu'on attend les conclusions de rapports qui, en réalité, ont déjà
00:03:09été commis.
00:03:10Il y a eu de nombreux rapports, de nombreuses alertes.
00:03:13Et si on en est là aujourd'hui, et s'il y a ce soulèvement citoyen, et aujourd'hui, là
00:03:17encore, à l'heure où on se parle,
00:03:19il y a des gens qui sont mobilisés devant les paliers de justice, sous les fenêtres de Darmanin, du ministre
00:03:24de la Justice,
00:03:26pour témoigner de leur volonté que ça change, c'est parce qu'en réalité, des alertes, elles ont été lancées,
00:03:30elles ont été posées depuis de très nombreuses années déjà.
00:03:33Donc, c'est inquiétant de voir qu'on attend encore les conclusions de rapports qui ont déjà été connues.
00:03:37On l'a entendu, dans l'affaire Liyana, le gouvernement répète qu'une nouvelle loi n'aurait rien changé.
00:03:42En quoi, vous, vous pensez qu'une nouvelle loi aurait changé quelque chose ?
00:03:46Alors, d'abord, je veux répondre qu'on ne cherche pas à légiférer dans l'émotion, parce qu'en général,
00:03:52c'est ce qu'on combat.
00:03:53On cherche simplement à reconnaître qu'il y a un problème systémique dans la société,
00:03:58qui est relatif aux violences sexistes et sexuelles en direction des enfants et des femmes dans ce pays.
00:04:04L'affaire Liyana est un drame absolu, et je pense que ça a été le déclencheur, si vous voulez,
00:04:09d'une prise de conscience collective, peut-être qu'il en faut, malheureusement.
00:04:12C'est simplement regrettable d'attendre qu'il y ait des victimes et des enfants.
00:04:16Là, ça fait dix jours aujourd'hui qu'on a retrouvé le corps de Liyana,
00:04:19et donc on a une prise de conscience qui se fait suite à ce drame.
00:04:22La loi n'a pas vocation à répondre à l'affaire Liyana en particulier.
00:04:26La loi a vocation à entendre les milliers de femmes qui témoignent sur les violences dont elles font l'objet,
00:04:33et les enfants, et la parole des enfants, qui n'est pas entendue, ou en tout cas pas suffisamment prise
00:04:38en compte...
00:04:38Donc ça veut dire que le gouvernement a un peu raison sur l'affaire Liyana, ça n'aurait rien changé
00:04:42?
00:04:42Non, mais parce que derrière la loi intégrale, qu'est-ce qu'on demande ?
00:04:46C'est des milliards d'euros d'investissement.
00:04:48Donc oui, ça aurait changé la donne, à partir du moment où vous avez une personne,
00:04:52donc l'auteur de ce crime odieux, qui a fait l'objet de neuf procédures,
00:04:57six plaintes, qui n'ont pas été entendues, qui n'ont pas été prises en compte,
00:05:00et qui étaient en pleine liberté, en toute impunité, au contact d'enfants.
00:05:03Donc oui, ça aurait changé les choses, parce que ce qu'on demande,
00:05:06c'est un changement structurel de société.
00:05:08C'est-à-dire qu'on ne répond pas simplement à ce qui s'est passé pour la petite Liyana,
00:05:13on essaye de proposer une solution face à un phénomène de société
00:05:17qui est complexe et qui est transversal.
00:05:19Prenons justement un autre exemple, le scandale du périscolaire
00:05:22qui en ce moment passe un peu au second plan.
00:05:25Le maire du PS de Paris, Emmanuel Grégoire,
00:05:27veut et doit s'attaquer aux violences dans le périscolaire.
00:05:30Est-ce que là, la loi intégrale peut être une solution ?
00:05:33Alors oui, je rappelle d'abord, dans un premier temps,
00:05:3680% des violences faites aux enfants se font dans le cadre familial avec des proches.
00:05:41Donc ça, c'est important de l'avoir en tête.
00:05:42Le maire de Paris, et demain, je prendrai la parole aussi en son nom,
00:05:46à l'ouverture du Conseil de Paris, va faire voter un vœu
00:05:49demandant une coalition de l'ensemble des collectivités
00:05:52pour demander l'inscription à l'heure du jour de la loi intégrale
00:05:55et la déclinaison dans les collectivités,
00:05:58c'est-à-dire que les élus locaux,
00:06:00toutes les strates politico-administratives de la société sont concernées.
00:06:03Et donc le maire de Paris prend des engagements dans ce sens également.
00:06:06Demain, il y aura une initiative particulière ?
00:06:08Demain, il y a une initiative spécifique qui va être portée par le maire de Paris
00:06:11à l'ouverture du Conseil de Paris
00:06:12pour demander l'inscription de la loi intégrale.
00:06:15Et lui prend des engagements en tant que maire de Paris,
00:06:18mais comme tous les maires et toutes les maires de France
00:06:21doivent le faire, je pense,
00:06:22pour créer une coalition aussi de maires en France
00:06:26pour dire, nous nous engageons contre les violences faites aux femmes et aux enfants.
00:06:29Et c'est très important, ça se joue aussi à l'échelle locale,
00:06:32même si on sait que les budgets, les transformations structurelles
00:06:35se passent au niveau national.
00:06:36Justement, vous estimez qu'il faut 3 milliards d'euros
00:06:38pour financer cette loi intégrale.
00:06:40Est-ce que vous en faites la condition pour voter le prochain budget ?
00:06:44Écoutez, en tout cas, ce qui est sûr,
00:06:46c'est qu'aujourd'hui, on ne peut plus attendre.
00:06:48Cette loi intégrale, puisqu'on considère qu'il y a un problème systémique
00:06:52et structurel des violences faites aux enfants de notre société,
00:06:55il faut une loi globale.
00:06:57Cette loi, elle a le mérite d'avoir un regard 360,
00:07:00de s'attaquer à toutes les sphères là où s'exercent les violences.
00:07:04Le travail, la cyber, le numérique, la justice, la police.
00:07:08S'il n'y a pas les 3 milliards nécessaires à cette loi intégrale...
00:07:10Il faut des moyens adossés.
00:07:12S'il n'y a pas ce budget-là dans le budget de l'année prochaine,
00:07:14est-ce que vous dites, vous, député socialiste,
00:07:16dans ces cas-là, on ne votera pas le budget ?
00:07:17Ça, c'est une chose.
00:07:18Mais si même il y a censure,
00:07:19on est capable de voter la censure sur ce sujet-là.
00:07:22Mais là, aujourd'hui, ce n'est pas la censure dont il est question
00:07:24parce qu'on peut changer les moyens.
00:07:27On va parler du budget très vite dans les mois qui viennent.
00:07:29On peut changer les incarnations, si vous voulez.
00:07:32Les gens qui appellent à la démission de Darmanin...
00:07:33Non, mais là, on parle des moyens.
00:07:34Oui, Darmanin pourrait démissionner,
00:07:36mais ce serait mentir de dire aux familles en France
00:07:38que si Darmanin démissionne,
00:07:40ça va régler le problème des violences faites aux femmes dans ce pays.
00:07:42C'est faux.
00:07:43Donc oui, il devrait démissionner de lui-même.
00:07:44Et oui, le gouvernement pourrait être censuré sur cette question,
00:07:47même si vous n'avez pas les 3 milliards.
00:07:48Mais je pense que ce n'est pas l'objet.
00:07:49En fait, notre objectif, là,
00:07:51et je pense que c'est possible,
00:07:52parce que je vais vous dire,
00:07:53la loi intégrale, c'est une loi transpartisane.
00:07:56Et ça, c'est très important.
00:07:57On n'est pas là dans des batailles politiciennes.
00:08:00C'est un enjeu fondamental de société dont on parle.
00:08:03C'est un enjeu qui est instauré dans la société,
00:08:06les violences faites aux femmes aux enfants,
00:08:07qui est séculaire, qui est de longue date.
00:08:09Les alertes récentes se sont multipliées.
00:08:11L'aide sociale à l'enfance, les associations, la civise.
00:08:14Il y a des commissions d'enquête.
00:08:16Tout le monde alerte.
00:08:17Donc à un moment donné, je pense que,
00:08:18peu importe notre couleur politique,
00:08:20je pense que tout le monde veut que ces pédocriminels
00:08:23soient emprisonnés, soient hors d'état de nuire.
00:08:25Et ça, c'est un sujet qui concerne toute la société,
00:08:27quelle que soit votre obédience politique.
00:08:29Donc j'espère que le gouvernement va l'entendre.
00:08:31C'est peut-être le moment qu'Emmanuel Macron,
00:08:33d'ailleurs le président de la République lui-même,
00:08:34entende ce que lui demande la société.
00:08:36Ce serait un geste très fort avant son départ.
00:08:39Qu'il puisse mettre les moyens réels,
00:08:41voter cette loi intégrale,
00:08:42ce serait un pas très important.
00:08:43Ces dix dernières années,
00:08:44le budget de la justice a pourtant augmenté d'un tiers.
00:08:48On n'a encore pourtant que 3 procureurs pour 100 000 habitants.
00:08:52La moyenne européenne, c'est 12 procureurs pour 100 000 habitants.
00:08:55À votre avis, combien d'années il faudra encore
00:08:57pour que la France rattrape son retard ?
00:09:01Écoutez, c'est difficile de le quantifier.
00:09:03Ce qui est sûr que, oui, il y a une hausse des budgets,
00:09:06mais manifestement, ça n'a pas suffi,
00:09:08puisque aujourd'hui,
00:09:09pullule sur les réseaux sociaux et Internet,
00:09:11et on le voit, et les magistrats en premier lieu le dénoncent,
00:09:14les dossiers qui s'accumulent,
00:09:15les logiques de priorisation terribles.
00:09:18À l'Office des mineurs,
00:09:19ils expliquent qu'ils priorisent les dossiers
00:09:21des enfants les plus jeunes.
00:09:22Ils reçoivent plus de 530 signalements par jour.
00:09:26L'Office des mineurs qui traite sur les enjeux
00:09:28de cyberpédocriminalité.
00:09:29Donc, ce sont des professionnels qui sont extrêmement engagés
00:09:32et eux-mêmes sont obligés de prioriser.
00:09:34Il faudra des années pour obtenir des résultats concrets
00:09:39et une transformation réelle dans la société.
00:09:42Par contre, les décisions politiques, c'est maintenant.
00:09:44Et les moyens alloués, c'est maintenant.
00:09:45Parce que ça prend du temps de former des magistrats.
00:09:47Évidemment, ça ne se fera pas du jour au lendemain.
00:09:49Et pour autant, les décisions politiques,
00:09:51à très court terme, elles peuvent être prises.
00:09:53Et c'est pour ça qu'on attend beaucoup du gouvernement.
00:09:55– Les magistrats qui disent
00:09:56qu'on est en situation proche de la submersion,
00:09:59en 10 ans, les plaintes pour violences sexuelles
00:10:01ont été multipliées par 3.
00:10:03Qu'est-ce que ça dit de notre société ?
00:10:05– Ça dit qu'il y a d'un côté une parole qui se libère
00:10:08et de l'autre, une parole qui n'est pas suffisamment entendue.
00:10:11Quand vous voyez qu'on a, je crois qu'il y a 97%
00:10:14selon les chiffres qui varient peu ou prou,
00:10:17de plaintes pour viols qui sont classées sans suite.
00:10:20Comment voulez-vous qu'on entende ça raisonnablement ?
00:10:23– Pour infraction non caractérisée.
00:10:24– Oui, parce que c'est difficile.
00:10:25Ce sont des enquêtes qui sont complexes.
00:10:27Mais alors, prenons le temps de ces enquêtes.
00:10:29Et pour ça, il faut des moyens humains.
00:10:30Il faut évidemment des moyens financiers.
00:10:32Il faut des moyens accordés aux enquêtes.
00:10:33Et d'ailleurs, dans la loi intégrale,
00:10:35parce que vous posez la question sur l'affaire Liana,
00:10:37il y a un volume d'actes, un nombre d'actes d'enquête
00:10:40minimum obligatoire dans les affaires de VSS.
00:10:44Si ça avait été appliqué, le cas d'espèce,
00:10:48ça aurait aidé parce que là, la question n'a même pas été traitée.
00:10:52Donc oui, ça prend du temps, mais c'est possible
00:10:53à condition de volonté politique.
00:10:55– Oui, madame la députée, il y a une question pour vous
00:10:57dans le chat de Maski qui vous demande
00:10:58« Pensez-vous que les VSS faites aux enfants
00:11:00sont intrinsèques à l'espèce humaine
00:11:02et que seule la répression doit s'exercer ? »
00:11:05Ou bien qu'il y a d'autres leviers d'action
00:11:06comme l'EVARS, l'éducation à la vie affective,
00:11:08relationnelle et à la sexualité, par exemple ?
00:11:10– Bien sûr, dans la loi intégrale,
00:11:12il y a des mesures relatives à la prévention,
00:11:13à la détection précoce,
00:11:15l'entretien annuel obligatoire avec un enfant,
00:11:18avec chaque enfant, tous les ans.
00:11:21Donc oui, bien sûr, il y a des mesures de prévention.
00:11:23Maintenant, honnêtement, moi, je suis très inquiète
00:11:25quand je vois les chiffres.
00:11:26La France est, je crois, quatrième pays dans le monde
00:11:29en termes de téléchargement de contenus cyberpédocriminels.
00:11:33D'accord ?
00:11:33– Mais pourquoi la France, justement ?
00:11:34– Ce que vous disiez, Lauriane, ça dit quoi ?
00:11:36– On a un problème sociétal,
00:11:37on a un problème structurel de violence sexuelle
00:11:40en direction des enfants.
00:11:41– C'est bizarre, pourquoi la France ?
00:11:42– On a des pédocriminels qui sont en toute impunité.
00:11:44Il y a l'affaire encore de ce professeur,
00:11:46il y a peu de temps, qui a été piégé sur Internet
00:11:49par l'intelligence artificielle,
00:11:51qui discutait avec une adolescente de 14 ans
00:11:53sur un réseau social public.
00:11:56Enfin, je veux dire, ces gens se sentent en totale impunité.
00:11:58Donc, à un moment donné, c'est une prise de conscience
00:12:01collective qu'il faut qu'on ait et qu'on mette les moyens.
00:12:04– Alors, Sébastien Lecornu, notre Premier ministre,
00:12:06veut augmenter les moyens,
00:12:07mais il veut aussi mettre la pression sur les magistrats.
00:12:09Il veut exiger, et il prépare des décrets là-dessus,
00:12:13qu'un classement sans suite soit justifié.
00:12:16Il veut aussi, il exige qu'au bout de trois mois
00:12:18pour les crimes sur les enfants,
00:12:20il y ait au moins une procédure d'enquête qui soit lancée.
00:12:23Est-ce qu'il a raison de mettre cette pression sur les magistrats ?
00:12:26– Alors, il a raison dans les mesures qui sont demandées,
00:12:29c'est-à-dire le délai de traitement
00:12:30dans le cadre de ces enquêtes et de ces plaintes.
00:12:33Ça, je pense que c'est approprié,
00:12:35puisque c'est ce que nous demandons aussi.
00:12:37Maintenant, je veux, à ce moment du débat,
00:12:40dire ma solidarité et notre solidarité,
00:12:42au nom du Parti Socialiste et de bien d'autres,
00:12:44en direction des juges, des magistrats dans ce pays
00:12:47et de notre justice, et notre confiance dans la justice.
00:12:50– Petite information, Gérald Darmanin vient d'envoyer une lettre aux magistrats,
00:12:52justement, pour leur redire aussi qu'il avait confiance en eux
00:12:56et qu'il fallait aussi tenir comme principe certain
00:12:59l'indépendance de la justice.
00:13:01– Absolument, il a tout à fait, dans ce sens, raison,
00:13:03parce que si vous voulez, on a vu dans des manifestations
00:13:05des velléités de la violence dirigée en direction des magistrats,
00:13:11ça n'est pas tolérable, les magistrats ne sont pas comptables
00:13:17des centaines de dossiers qu'ils ont à traiter
00:13:19dans la mesure où, en fait, humainement, ça n'est pas possible.
00:13:22Donc, ils le disent, ils ont alerté,
00:13:23d'ailleurs, les magistrats avaient signé, il me semble, une tribune,
00:13:26la justice ne protège pas suffisamment ses enfants,
00:13:29la République ne protège pas suffisamment ses enfants,
00:13:30ils avaient alerté.
00:13:31– Au-delà de la confiance, est-ce qu'ils doivent plus rendre de compte ?
00:13:35C'est ça l'idée de Sébastien Lecornu,
00:13:37c'est visiblement qu'il y ait plus de justification à leurs actes,
00:13:40de ne pas classer sans suite une affaire sans dire pourquoi ?
00:13:43– Bien sûr, non, mais les magistrats doivent rendre des comptes,
00:13:45comme toute administration,
00:13:47en garantissant, évidemment, leur indépendance
00:13:49vis-à-vis du pouvoir politique, ça, c'est évident.
00:13:53Mais ce qu'on dit, c'est qu'en fait,
00:13:55la sonnette d'alarme a été tirée à de nombreuses reprises.
00:13:57Et c'est vrai qu'on parle beaucoup des défaillances
00:13:59et des dysfonctionnements judiciaires, il y en a, sans doute.
00:14:01Et oui, peut-être qu'il faut améliorer,
00:14:03et nous, nous demandons à améliorer plutôt le droit,
00:14:05plutôt que l'application des peines
00:14:07et la position des magistrats.
00:14:09Mais on parle assez peu, je trouve,
00:14:11des dysfonctionnements dans le monde du ministère de l'Intérieur
00:14:13et de la police aussi.
00:14:15La façon dont les plaintes sont reçues au commissariat,
00:14:17je sais qu'on a progressé.
00:14:18Il y a des formations qui ont eu lieu,
00:14:20mais aujourd'hui, ce n'est pas encore suffisant.
00:14:21Et nous, sur nos circonscriptions parlementaires,
00:14:23on a beaucoup de témoignages sur des plaintes
00:14:26de familles ou de femmes qui sont victimes de violences
00:14:29ou d'enfants qui ne sont pas traitées de la bonne manière.
00:14:31– Une toute dernière question sur ce que vous avez dit tout à l'heure
00:14:33à propos de ce qui se dit dans les manifestations
00:14:36devant les tribunaux.
00:14:37Vous disiez tout à l'heure,
00:14:37il y a parfois des mises en cause des magistrats,
00:14:40même peut-être des propos, des slogans
00:14:42qui dépassent ce que vous imaginez, vous.
00:14:44Est-ce que vous diriez que ces manifestations sont infiltrées ?
00:14:48Qu'il y a des gens qui en profitent
00:14:49pour peut-être pousser un agenda politique ?
00:14:52– Alors, toujours dans les manifestations,
00:14:54on pousse toujours plus ou moins un agenda politique.
00:14:57Cela dit, en tout cas, ce qui est sûr,
00:14:59c'est que ceux qui viennent dans les mobilisations
00:15:01qui sont aujourd'hui, je le sais, à Paris,
00:15:03mais dans plein d'autres communes en France,
00:15:05ils viennent pour des bonnes raisons.
00:15:06Et d'ailleurs, on voit des gens dans ces manifestations
00:15:07qu'on n'avait pas vues ailleurs,
00:15:09pour dire stop, ça suffit l'impunité,
00:15:11ça suffit les pédocriminels,
00:15:12et à un moment donné, donnons les moyens à notre justice,
00:15:15à notre police, à nos associations,
00:15:18de traiter ces sujets,
00:15:19de prendre en charge les victimes,
00:15:21et on pourra avancer comme ça.
00:15:23– Merci Céline Hervieux d'avoir été notre première invitée
00:15:26dans ce spécial, l'indicé politique,
00:15:27et maintenant vous allez laisser la place à votre collègue député,
00:15:31Erwann Balanant, député modem du Finistère,
00:15:34qui va prendre votre place et qui arrive sur ce plateau.
00:15:36Merci beaucoup, bonsoir Erwann Balanant,
00:15:38je vous laisse vous installer.
00:15:40Vous sortez, vous, clairement, il y a une heure,
00:15:43une heure et demie à peu près,
00:15:44du bureau du Premier ministre,
00:15:46qui recevait tous les représentants des partis politiques
00:15:49qui sont pour la loi intégrale,
00:15:50qui ont travaillé dessus et qui ont signé cette loi intégrale.
00:15:53Alors vous allez nous dire ce que vous avez entendu,
00:15:55les informations que vous avez eues,
00:15:56mais vous allez voir deux de vos collègues,
00:15:58du Parti Socialiste et des Républicains,
00:15:59qui sortaient de cette réunion.
00:16:01– Il y a une volonté exprimée assez clairement
00:16:05par le Premier ministre
00:16:06pour que ce texte soit inscrit à l'ordre du jour.
00:16:09Aucune date n'a été fixée pour le moment,
00:16:11mais évidemment, nous resterons très vigilants sur ce point,
00:16:14puisque c'est un point, comme vous le savez,
00:16:15qui est absolument décisif pour la suite.
00:16:17– On est venus tous et on a reçu, je pense aussi,
00:16:20l'idée qu'il faut vraiment un choc culturel.
00:16:23Et en tous les cas, je pense que nous tous,
00:16:25on ne relaissera pas la pression redescendre,
00:16:28même s'il y a le foot, même s'il y a le G7.
00:16:32On sera là pour rappeler qu'il faut aller jusqu'au bout cette fois
00:16:36et qu'il faut ce changement culturel.
00:16:38– Il va falloir, Arouane Balanon,
00:16:39maintenir la pression sur le gouvernement.
00:16:41– Oui, évidemment, tout le temps.
00:16:45Mais il y a une détermination, visiblement,
00:16:47de prendre en compte ce que nous avons dit
00:16:49et ce que nous portons avec cette loi intégrale depuis un moment.
00:16:52Moi, j'ai senti quand même une volonté du Premier ministre
00:16:55et une volonté de l'ensemble du gouvernement.
00:16:57Il y avait autour de la table, je crois, sept ministres.
00:17:00– Est-ce qu'au-delà de la volonté,
00:17:02vous avez obtenu des garanties sur la loi intégrale ?
00:17:05Est-ce qu'elle sera bien à l'agenda ?
00:17:07– Alors, on a obtenu, on a discuté d'une méthode,
00:17:10de comment on allait travailler ensemble,
00:17:13le gouvernement plus les parlementaires, pour avancer.
00:17:18Il faut rappeler que cette loi intégrale,
00:17:19elle est issue de la société civile,
00:17:22fruit d'un travail transpartisan porté par Céline Thiebaud-Martinez.
00:17:26– Déjà déposé en novembre dernier.
00:17:27– Déjà déposé en novembre dernier, effectivement.
00:17:30Donc, c'est ce que je disais,
00:17:31ce n'est pas une loi d'émotion, cette loi intégrale.
00:17:33C'est une loi de détermination.
00:17:35– C'est quoi le calendrier que vous imaginez ?
00:17:36– Alors, le calendrier, le calendrier, il est simple,
00:17:38c'est que dès la semaine prochaine,
00:17:39on se revoit avec certains ministres
00:17:42pour travailler article par article.
00:17:44On fait ça dès la semaine prochaine,
00:17:46on n'attend pas l'avis du Conseil d'État.
00:17:48Mais l'avis du Conseil d'État va être déterminant
00:17:50pour, par contre, l'inscription au calendrier.
00:17:53Donc, une fois qu'on aura l'avis du Conseil d'État,
00:17:56on se reverra dans ce format-là avec le Premier ministre
00:17:59et l'ensemble des ministres concernés
00:18:01pour continuer le travail
00:18:02et pour avancer, voilà.
00:18:05– Vous allez travailler tout l'été
00:18:06pour quelque chose de concret à la rentrée ?
00:18:08– On va, je veux dire,
00:18:11ça fait deux ans qu'on travaille sur le sujet.
00:18:12– Mais en clair, quand est-ce que vous imaginez
00:18:14cette loi intégrale à l'ordre du jour de l'Assemblée ?
00:18:16– Moi, j'ai bon espoir
00:18:18qu'on puisse avoir ce texte en automne.
00:18:21Voilà, à l'automne.
00:18:21– Mais vous pensez que c'est possible au milieu du budget ?
00:18:23– Mais le budget, on sait, il y a le budget,
00:18:26mais il y a des interstices dans le budget.
00:18:28Enfin, pour ceux qui sont un peu les habitués.
00:18:30– Il y a des temps morts.
00:18:31– Exactement, il y a des pauses.
00:18:33Et j'ai entendu le Premier ministre dire
00:18:36que les pauses budgétaires pourraient être le moment du texte.
00:18:41– Est-ce que lors de cette réunion à Matignon,
00:18:43vous avez parlé de l'imprescriptibilité des crimes sur mineurs ?
00:18:46– Oui, on en a parlé avec quelque chose qui semble se dégager,
00:18:51de se dire que la question de l'imprescriptibilité,
00:18:54c'est un sujet grave, c'est un sujet important,
00:18:56c'est un sujet où il y a une évolution de la société sur ce sujet.
00:18:59Il y a une évolution des personnes,
00:19:01les sachants sur ces questions-là sont aussi en train d'évoluer.
00:19:03– Pourquoi ?
00:19:04– Tout simplement parce que je crois qu'il y a une prise de conscience
00:19:06que ça peut être quelque chose qui serait un marqueur symbolique.
00:19:09Moi, j'ai longtemps été contre l'imprescriptibilité et j'évolue.
00:19:13Et donc, ce qui s'est dit plus tôt, c'est que l'imprescriptibilité…
00:19:16– Qu'est-ce qui vous gênait ?
00:19:17– Qu'est-ce qui me gêne, c'est que…
00:19:22Franchement, j'ai un quart d'heure, il me faudrait deux heures, je crois.
00:19:24– Mais qu'est-ce qui vous gênait sur le fait que ce soit imprescriptible ?
00:19:29– Parce que, pour plein de raisons,
00:19:32mais franchement, je ne vais pas rentrer dans le débat maintenant
00:19:34puisque je suis justement en train d'évoluer sur cette question.
00:19:36Et je crois que justement, ce qu'on s'est convenu,
00:19:38on a convenu que l'imprescriptibilité, c'est un sujet à part
00:19:42qu'il faudra traiter mais qui n'est pas dans notre texte de la loi intégrale.
00:19:45Je rappelle que nous n'avons pas de…
00:19:46nous avons la prescription glissante qui est un autre sujet.
00:19:50– C'était le Premier ministre qui avait dit
00:19:52qu'il fallait effectivement aborder ce sujet avec beaucoup de précautions.
00:19:55– Voilà, et il en faut parce que c'est un sujet qui emporte beaucoup de conséquences juridiques
00:20:02et qu'on ne pourra pas faire non plus contre l'ensemble des magistrats de notre pays.
00:20:06Enfin voilà, essayons d'être sérieux, déterminés pour faire avancer cette…
00:20:12– C'est intéressant ce que vous dites parce que c'est peut-être l'explication.
00:20:14Quand on dit crime imprescriptible, ça veut dire que les magistrats ne peuvent pas dire
00:20:18« on donne par exemple une chance à l'auteur de tel ou tel acte, une chance de se refaire
00:20:25», j'allais dire.
00:20:26– Non, ce n'est pas ça. Le sujet de l'imprescriptibilité, il est très complexe.
00:20:31Il y a la question des preuves, il y a la question de « est-ce qu'on rouvre des
00:20:35dossiers qui sont très anciens ? »
00:20:37Tout ça est compliqué.
00:20:38– On découvre de nouveaux éléments ?
00:20:39– Voilà, mais est-ce qu'on…
00:20:41– Donc si c'est imprescriptible, s'il y a des nouveaux éléments qui se découvrent, c'est trop tard.
00:20:44– C'est vrai que c'est trop tard. Et on a parfois même des…
00:20:47– Non mais c'est un vrai tournant dans le droit français.
00:20:49– Ah ben c'est un tournant, mais il y a plein de tournants dans notre société en ce moment.
00:20:52– Mais ça va très vite, parce que jusqu'à maintenant…
00:20:53– Ça va très très vite, vous dites qu'il ne faut pas légiférer sous l'émotion, mais il y
00:20:57a plein de choses…
00:20:57– Non mais ça fait…
00:20:58– Gabriel Attal dit « je veux supprimer les juges d'application des peines qui existent depuis 1958 quand même
00:21:02»,
00:21:02on sent quand même qu'il y a plein de choses qui sont en train d'être balayées en vie.
00:21:04– Oui, mais enfin justement, c'est aussi ce qu'on s'est dit aujourd'hui,
00:21:08qu'on allait faire les choses avec sérieux,
00:21:09et que tous les dispositifs qu'on allait mettre sur la table,
00:21:14on ne va pas le faire comme ça sous le coup de l'émotion.
00:21:16Je le redis, ce texte est un texte de détermination de la société civile
00:21:21avec quelques députés qui depuis deux ans travaillent sans arrêt sur ces questions-là.
00:21:25– Alors sur les moyens, on peut dire que le budget de la justice a quand même pas mal augmenté
00:21:29ces dernières années,
00:21:3021% ces quatre dernières années, le budget que vous avez voté,
00:21:33aujourd'hui comme d'autres vous dénoncez, enfin vous déplorez l'absence, le manque de moyens,
00:21:38finalement est-ce qu'on n'a pas fait assez ?
00:21:40Est-ce qu'on aurait dû en faire une plus grande priorité finalement ?
00:21:44– Je veux dire, vous vous tombez bien,
00:21:46j'étais le rapporteur de la loi de programmation et d'orientation de la justice sur les volets budgétaires,
00:21:50donc j'ai participé aux débats qui ont augmenté les budgets de la justice de 40%,
00:21:55c'est déjà énorme, et faire plus, on est tous pour faire plus,
00:22:00et même le Premier ministre a dit aujourd'hui qu'il faudra continuer dans cette trajectoire d'augmentation.
00:22:05Le budget de la justice, depuis trop longtemps, en fait le tournant c'était 2020,
00:22:12voilà 2017 même, depuis trop longtemps le budget de la justice était la variable d'ajustement,
00:22:17c'est-à-dire que quand il fallait finir un budget,
00:22:20et que c'était la justice et d'autres qui prenaient le petit, voilà,
00:22:24et puis on ne développait pas la justice.
00:22:26On a une justice, ce n'est pas moi qui le dis,
00:22:29c'était l'ancien garde des Sceaux qui était en voie de clochardisation.
00:22:32– Alors aujourd'hui, même avec la hausse de budget,
00:22:35on dépense deux fois moins que les Allemands rapprochés au nombre de la population,
00:22:40donc de combien faudrait-il augmenter pour avoir une justice acceptable ?
00:22:44– Alors il faut qu'on augmente les moyens,
00:22:47il faut qu'on revoie un certain nombre de procédures judiciaires,
00:22:50on a un vrai problème aujourd'hui, alors c'est très, c'est terrible de dire ça,
00:22:54on a un problème avec le stock, c'est-à-dire qu'on a de multitudes d'affaires
00:22:59qui ne sont pas encore traitées, qui n'ont pas été jugées.
00:23:03Et tout ça embolise parfaitement notre système,
00:23:07ce qui fait que les juges, quand ils ont des dossiers,
00:23:10pour que ça arrive, ils veulent être sûrs, ils veulent que le dossier soit carré,
00:23:14donc on a vraiment une embolisation du système.
00:23:16Et oui, il faut continuer à mettre les moyens.
00:23:17– Le chiffre de 3 milliards, vous le reprenez ?
00:23:19– Moi je ne sais pas si c'est 3 milliards,
00:23:21je sais qu'on a augmenté de 4 le budget dans son ensemble,
00:23:26on a augmenté de 40%, est-ce qu'il faut encore 3 milliards ?
00:23:29La question c'est, est-ce qu'on en aura les moyens ?
00:23:31– Oui mais j'ai entendu que le Premier ministre avait dit,
00:23:33il fallait mettre tous les moyens.
00:23:34– Le Premier ministre a dit qu'il faisait partie de cette majorité
00:23:39qui avait augmenté les moyens de l'armée, de l'école,
00:23:42de la justice, du ministère de l'Intérieur,
00:23:44et donc il n'y avait pas de raison qu'on ne continue pas le travail sur ce sujet-là.
00:23:47– Vous parliez du stock des dossiers,
00:23:49le garde des Sceaux a annoncé que les 70 000 plaintes en souffrance,
00:23:52ce qui portait sur des crimes contre les enfants,
00:23:55allaient être passées au crible,
00:23:57mais après, une fois que ce sera fait, vous espérez quoi ?
00:23:59– Ce travail va avoir une grande vertu,
00:24:06c'est d'accélérer déjà,
00:24:08et aussi de voir quelles sont les typologies de ces plaintes.
00:24:13Il y a des plaintes anciennes qui ont été classées,
00:24:17il y a des choses qui sont…
00:24:18Je vous dis, on est dans une justice embolisée,
00:24:23avec une multiplication des dépôts de plaintes par les auteurs,
00:24:31par les victimes, pardon.
00:24:34Donc, c'est embolisé,
00:24:36je pense que ce screening de l'ensemble des plaintes
00:24:39va permettre d'avoir des données un peu plus fiables
00:24:42sur où on en est aujourd'hui, sur quoi on peut avancer.
00:24:45Et moi, j'ai entendu…
00:24:45– Mais est-ce qu'on aura assez de magistrats
00:24:46pour les inscrire pour la suite ?
00:24:48– La question du nombre de magistrats, c'est un vrai sujet.
00:24:52Question du nombre de magistrats,
00:24:53question des magistrats qui veulent travailler sur ces sujets-là,
00:24:57parce que ce n'est pas toujours ce qui est…
00:25:00C'est dur, c'est long, ce sont des procédures éprouvantes.
00:25:05Mais on a aussi une question, tout simplement,
00:25:06de l'ensemble de la chaîne,
00:25:08question des avocats,
00:25:09les avocats pénalistes pour traiter ces sujets.
00:25:11On a un vrai sujet, effectivement, justice,
00:25:14mais ce n'est pas le seul.
00:25:16Ne croyons pas que la justice est la seule responsable
00:25:19d'un problème qui est un problème de société.
00:25:22Notre société a un problème avec les violences sexistes, sexuelles,
00:25:26notre société a un problème avec les violences envers les femmes,
00:25:28envers les enfants, et c'est ça qu'il faut dire,
00:25:30et c'est pour ça que la loi était dite intégrale.
00:25:33– Le garde des Sceaux a beaucoup mis l'accent
00:25:34sur les dysfonctionnements,
00:25:35même si on attend les résultats de l'inspection,
00:25:38sur une éventuelle responsabilité individuelle.
00:25:41Édouard Philippe, lui qui est candidat à la présidentielle,
00:25:43veut que le garde des Sceaux puisse désormais
00:25:45donner des instructions individuelles au parquet,
00:25:47et donc, en fait, c'est remettre en cause la loi Taubira de 2003.
00:25:50Est-ce que vous le suivez ?
00:25:522013, pardon.
00:25:53Est-ce que vous le suivez, Édouard Philippe, sur ce sujet ?
00:25:55– Je crois que c'est les idées qui sont justement
00:25:59des idées qui sont émises sous le sceau de l'émotion.
00:26:03Je ne crois pas que ce soit la bonne solution.
00:26:05– Il ne faut pas toucher à l'indépendance de la justice.
00:26:07– Je pense qu'il ne faut pas toucher à l'indépendance de la justice.
00:26:10Il faut donner des moyens supplémentaires à la justice.
00:26:12Il faut l'aider à s'organiser.
00:26:15Il faut peut-être qu'on revoie un certain nombre de procédures.
00:26:17Peut-être qu'il y a des procédures qui devraient être accélérées,
00:26:20qui devraient être prioritisées par la loi,
00:26:22ou par les circulaires, mais pas par des injonctions individuelles
00:26:27d'un garde des Sceaux sur une affaire.
00:26:29On retomberait dans des traverses dont on est en train d'essayer de sortir
00:26:33et dont on n'a pas été jusqu'au bout.
00:26:35– Donc la proposition d'Édouard Philippe, c'est non pour vous ?
00:26:37– Pour moi, c'est non.
00:26:38– Mais le garde des Sceaux dit, moi, je ne suis pas comptable,
00:26:41je ne suis pas responsable parce que je n'ai pas autorité
00:26:43sur les fonctionnaires de la justice.
00:26:44– Et je pense que c'est heureux, je pense que c'est mieux.
00:26:48Je pense qu'il faut une grande politique publique
00:26:50autour des violences sexistes et sexuelles,
00:26:52mais je ne crois pas que ça appartient uniquement
00:26:54aux ministres et aux gardes des Sceaux.
00:26:56– La campagne électorale présidentielle qui arrive
00:26:58va certainement ouvrir tous les discours possibles et imaginables.
00:27:01Vous le craignez, c'est un peu ?
00:27:02On voit déjà, il y a une foire.
00:27:03C'est la foire aux propositions dans tous les sens.
00:27:04– C'est la foire aux propositions radicales.
00:27:07J'ai vu que le Rassemblement national lance l'idée
00:27:11de ne pas être opposé à un rétablissement de la peine de mort.
00:27:14Moi, ce n'est pas ce que j'entends des citoyens.
00:27:17Je n'ai pas entendu.
00:27:19J'ai fait une réunion publique lundi,
00:27:20qui était prévue de longue date.
00:27:21Pas ce lundi-là, lundi d'avant,
00:27:24qui était prévue de longue date sur le sujet.
00:27:26Je n'ai entendu personne ne parler de la peine de mort.
00:27:29Personne.
00:27:31– Oui, M. Balanant, question au rapporteur de la commission d'enquête
00:27:34sur les violences dans le monde de la culture.
00:27:37Est-ce que la France a tiré les leçons de la période des années post-68,
00:27:41tard-70, où des auteurs faisaient l'apologie
00:27:43de la pédophilie ?
00:27:44On pense à Gabriel Matzneff,
00:27:46on pense, moi, dans mon village,
00:27:47on avait Tony Duvert, qui est décédé,
00:27:48qui est un auteur, qui faisait aussi l'apologie de la pédophilie,
00:27:51qui a créé cet écosystème, cette culture de la pédophilie.
00:27:54Est-ce qu'on a tiré les leçons de tout ça ?
00:27:56– On avance.
00:27:59Moi, ce n'est pas la première fois que j'entends un « plus jamais ça ».
00:28:02C'est d'ailleurs ce qui me met en colère.
00:28:03J'ai entendu un « plus jamais ça » sur l'affaire Le Squarnec
00:28:06dans ma circonscription.
00:28:09Le docteur Le Squarnec était à Quimperlé, entre autres.
00:28:12On a entendu un « plus jamais ça » au moment du Me Too dans le cinéma.
00:28:18Avant, on a entendu d'autres « plus jamais ça ».
00:28:20– Ou trop, exactement.
00:28:23Et donc, je crois qu'aujourd'hui, il faut qu'on…
00:28:25Et c'est la détermination que l'on a à cette équipe parlementaire
00:28:28et portée par l'ensemble des associations,
00:28:31portée par la société civile,
00:28:33qu'aujourd'hui, ce drame, ce drame absolu pour notre société,
00:28:38pour cette famille,
00:28:39permette de se dire, ce coup-ci,
00:28:41on avancera avec détermination et avec force
00:28:45et on ira jusqu'au bout des changements qui doivent être faits,
00:28:47qui sont des changements de l'appareil judiciaire,
00:28:50de la prévention, de l'éducation,
00:28:52mais aussi, je le redis, un changement sociétal.
00:28:55Notre société doit changer de regard,
00:28:58notre société doit changer,
00:29:00et notre société, je vais le dire,
00:29:01doit sortir d'un patriarcat qui, aujourd'hui,
00:29:04est violent à l'égard des femmes et à l'égard des enfants.
00:29:06– Vous parliez tout de suite de la société civile.
00:29:08Il y a des manifestations et des appels à manifester
00:29:10tous les lundis devant les tribunaux.
00:29:11Il y en a ce soir.
00:29:12On verra si c'est la même mobilisation que la semaine dernière
00:29:14ou si déjà ça descend un peu la mobilisation.
00:29:17On verra ça ce soir.
00:29:19Donc, vous, qui êtes membre d'un parti politique,
00:29:21vous dites, on n'appelle pas à manifester,
00:29:24on n'appelle pas à se mettre ça ?
00:29:24– Moi, je ne vous ai pas dit ça.
00:29:25– Je vous pose la question.
00:29:26– Moi, je pense que c'est très important
00:29:29que la pression sociétale continue.
00:29:32Vous savez, les hommes et les femmes politiques,
00:29:35nous sommes des éponges.
00:29:37Nous répondons à ce que nous dit la société.
00:29:39Et aujourd'hui, si la société nous dit,
00:29:41maintenant, ça suffit, il faut changer,
00:29:44les hommes et les femmes politiques changeront, je l'espère.
00:29:47Moi, c'est le souhait que j'ai.
00:29:51Là, on a des annonces qui vont vraiment dans le bon sens.
00:29:53On est sortis tous, on s'est réunis pendant un petit moment
00:29:56avant de sortir sur le perron, et vous nous attendiez.
00:29:59On s'est vus quelques minutes avant de sortir.
00:30:02On était plutôt dans un état d'esprit d'avoir été écoutés,
00:30:06de sentir une détermination commune, mais on ne lâchera pas.
00:30:10C'est-à-dire qu'on continuera, et que les associations,
00:30:13que les manifestants nous portent et continuent à nous porter,
00:30:17et qu'elles portent aussi le gouvernement.
00:30:18Eh bien, je trouve ça très bien.
00:30:19– Venons un peu, quand même, sur Gérald Darmanin,
00:30:21qui a eu un système de défense différent au cours des jours.
00:30:24D'abord, en s'en prenant au magistrat, puis aux enquêteurs,
00:30:27avant de dire qu'il avait une part de responsabilité.
00:30:29Il y a des appels à la démission de Gérald Darmanin.
00:30:31Vous, vous le soutenez ?
00:30:32Vous pensez que c'est le bon ministre à la bonne place ?
00:30:34– Moi, je pense que, franchement, ça changerait quoi qu'il démissionne ?
00:30:38– Est-ce que c'est le bon ministre à la bonne place ?
00:30:39– En tout cas, aujourd'hui, il a montré que, un,
00:30:43il connaissait parfaitement les sujets,
00:30:44et vous pourrez interroger toutes les personnes
00:30:46qui étaient autour de la table.
00:30:48On a fait un premier tour du texte.
00:30:51Il est favorable à un certain nombre de...
00:30:54et plutôt, dans son ensemble, à beaucoup de nos propositions.
00:30:57Il a des mises en garde, et ça va être tout le sujet du travail
00:30:59qu'on va enclencher maintenant.
00:31:01Voilà.
00:31:01Et moi, je...
00:31:03Enfin, franchement, voilà, c'est pas...
00:31:07La responsabilité, elle est collective.
00:31:08Et c'est l'ensemble de la société.
00:31:10C'est nous tous, qui n'avons pas, depuis des années et des années,
00:31:15eu cette volonté de sortir de ce que je vous disais tout à l'heure,
00:31:19de cette société encore trop patriarcale,
00:31:22trop violente envers les femmes et les enfants.
00:31:24– Merci, Erwan Balanant.
00:31:26Merci d'être venu sur le plateau de LCP.
00:31:28Vous avez laissé la place, comme tout à l'heure,
00:31:30le chassé-croisé, avec une de vos collègues de l'Assemblée nationale,
00:31:33Marie-Charlotte Garin, qui arrive sur ce plateau.
00:31:35Bonsoir.
00:31:35– Bonsoir.
00:31:36– Merci d'être avec nous.
00:31:36Vous êtes députée des écologistes du Rhône.
00:31:38– Tout à fait.
00:31:39– Et vous faites partie des députées mobilisées sur ces enjeux
00:31:41depuis longtemps, depuis des années,
00:31:43n'hésitant pas d'ailleurs à hausser le ton, parfois,
00:31:45comme il y a un mois, lorsque vous accusiez le gouvernement,
00:31:47mais c'est pas péjoratif,
00:31:48quand vous accusiez le gouvernement d'être responsable de morts
00:31:51qui auraient pu être évitées en parlant de féminicide.
00:31:53Et mardi dernier, lors de la séance des questions au gouvernement,
00:31:56ça a été tendu aussi.
00:31:57Et là, c'est les députés Ensemble pour la République,
00:32:00donc Macroniste, Laure Miller,
00:32:01qui s'est plaint de s'y se passer à l'Assemblée nationale.
00:32:04– J'ai honte.
00:32:06Depuis qu'on a commencé cette séance de questions au gouvernement,
00:32:09j'ai honte de l'image qu'on donne.
00:32:11Hier, il y a des hommes, des femmes, beaucoup de femmes,
00:32:14qui se sont déplacées probablement pour la première fois de leur vie
00:32:17devant un palais de justice pour nous demander d'agir en responsabilité
00:32:22et de protéger nos enfants.
00:32:23Et depuis 15 heures, on se renvoie la balle comme des gamins
00:32:27dans une cour d'école.
00:32:28On cherche des responsabilités individuelles.
00:32:31J'ai honte et je voudrais m'excuser
00:32:33parce qu'on a donné une image mais déplorable.
00:32:35Il y a déjà plus beaucoup de Français qui croient encore en la politique,
00:32:38mais je crois que ce qu'on est en train de donner encore à voir
00:32:41comme image de la politique, c'est vraiment un désastre.
00:32:45Marie-Charlotte Guérin, une députée qui tacle ses collègues députés.
00:32:48Comment vous vivez ça, vous ?
00:32:49Alors, on a eu l'occasion d'avoir une discussion
00:32:51avec ma collègue Milleur à la sortie de cette séance de questions au gouvernement
00:32:54qui était surtout très émouvante
00:32:56puisque beaucoup, on a été nombreux à poser la question...
00:32:58Étendu, parce qu'il y avait de l'émotion aussi ?
00:32:59Bien sûr, et puis parce qu'en fait, on sait pourquoi on se bat,
00:33:01mais moi, je vais vous dire de quoi j'ai honte.
00:33:03J'ai honte qu'il faille qu'une énième enfant meure
00:33:06pour qu'un débat national soit provoqué.
00:33:09Et vous parliez tout à l'heure de la question de séance au gouvernement
00:33:12sur les féminicides.
00:33:14Moi, quand j'allère, t'en mets sur les six femmes
00:33:17qui sont tuées en neuf jours.
00:33:18Il n'y a aucune réaction.
00:33:20Il n'y a aucune réaction.
00:33:21Et il faut que la petite Liana meure
00:33:22pour qu'il y ait enfin une vague réaction
00:33:25du président de la République et du Premier ministre.
00:33:27Mais on est où ?
00:33:28On est dans quel pays où il faut une enfant de plus pour qu'on réagisse ?
00:33:31Laure Miller, elle couvre le gouvernement en faisant ça ?
00:33:33Non, je ne pense pas.
00:33:34Je pense qu'elle était aussi tout à fait outrée
00:33:36de l'absence de prise de responsabilité.
00:33:38Quand elle parle de responsabilité individuelle,
00:33:40je pense qu'elle parle aussi du ministre de la Justice,
00:33:43ex-ministre de l'Intérieur,
00:33:44qui a lancé une espèce de chasse à l'homme sur ses magistrats,
00:33:47plutôt que de prendre sa responsabilité,
00:33:49qui est une responsabilité institutionnelle
00:33:51et une responsabilité collective,
00:33:53qui doit être exemplaire.
00:33:53Et c'était quoi sa responsabilité ?
00:33:54C'était de démissionner ?
00:33:56Franchement, dans toute démocratie
00:33:59normalement constituée en Europe,
00:34:00les ministres auraient démissionné.
00:34:02Parce que ce qui s'est passé est trop grave.
00:34:04Et qu'il a une responsabilité en tant que ministre.
00:34:06Mais très franchement, moi, à titre personnel,
00:34:08j'en ai absolument rien à faire
00:34:10de l'histoire des personnes et des postes.
00:34:12Et j'ai été assez outrée et assez désolée
00:34:14par cette espèce d'opération,
00:34:16ce one-man show du ministre Darmanin
00:34:17qui essaye, on sent en fait,
00:34:19entre le dimanche soir, le mardi,
00:34:21et ça continue dans la semaine qui suit,
00:34:23il essaye à tout prix de sauver son poste.
00:34:24Mais ce qu'il ne comprend pas,
00:34:25c'est que toutes les femmes, les pères, les hommes,
00:34:28les enfants qui étaient dans la rue là,
00:34:30ces derniers jours,
00:34:30on n'en a rien à cirer de son poste.
00:34:32Nous, ce qu'on veut, c'est des actions,
00:34:34mais pas que des actions aussi,
00:34:35des moyens financiers.
00:34:36Thierry, alors ce drame a posé la question
00:34:38des moyens de la justice,
00:34:39mais il a aussi posé la question des sanctions
00:34:41quand il y a des dysfonctionnements.
00:34:43Alors, le garde des soirs répondu
00:34:44en disant qu'il y avait un certain nombre de sanctions,
00:34:46certains les ont jugées insuffisantes en nombre,
00:34:48certains ont critiqué le Conseil supérieur de la magistrature.
00:34:51Quelle est votre position là-dessus ?
00:34:52Est-ce que vous pensez qu'on est assez sévère
00:34:54avec les magistrats qui ne font pas bien leur boulot ?
00:34:57Mais je trouve que poser cette question-là,
00:34:59c'est regarder le problème par le petit bout de la lorgnette.
00:35:01Parce qu'on est dans un système
00:35:02qui ne permet pas aux magistrats
00:35:03de faire leur travail correctement.
00:35:05Moi, je reviens d'un déplacement en Espagne
00:35:07qui est un pays qui a investi massivement
00:35:09et depuis 20 ans.
00:35:10La première loi, elle date des années 2000
00:35:11pour lutter contre les violences faites aux femmes
00:35:13et en particulier les violences conjugales.
00:35:15Et on voit bien que la justice
00:35:16n'a pas les mêmes moyens qu'en France.
00:35:18Donc, moi, je veux bien comprendre
00:35:19les responsabilités individuelles.
00:35:21Moi, ce qui m'intéresse surtout,
00:35:22c'est comment est-ce que les magistrats sont formés.
00:35:24Et ça, c'est une question que je ne fais que poser
00:35:25depuis 4 ans.
00:35:26Parce qu'en fait, on a besoin de professionnels
00:35:28qui savent accueillir la parole,
00:35:29qui savent accompagner
00:35:29et qui savent se positionner sur un fait de société.
00:35:33Les violences faites aux femmes et aux enfants,
00:35:35c'est un fait de société.
00:35:36Et si on a des magistrats
00:35:37qui doivent juger d'un fait
00:35:38qu'ils ne comprennent pas,
00:35:40c'est normal que la justice fonctionne mal.
00:35:42Mais pour ça, il faut des moyens.
00:35:43Ce n'est pas un sujet pour vous, en fait ?
00:35:44Renforcer les sanctions ou mieux les cibler,
00:35:46ce n'est pas un sujet ?
00:35:47Mais c'est prendre que la moitié du problème.
00:35:50Si on ne parle que des sanctions,
00:35:51mais qu'on n'a pas parlé de la prévention,
00:35:52qu'on n'a pas parlé de la formation
00:35:53et des moyens pour les magistrats
00:35:54d'exercer dignement leur métier,
00:35:57alors qu'on passe à côté.
00:35:58Et je veux dire, je ne crois pas
00:36:00que ce soit une réponse satisfaisante
00:36:02à offrir non plus aux familles des victimes.
00:36:05De dire, on va sanctionner
00:36:06et on sera content
00:36:07parce qu'on aura sanctionné.
00:36:08L'autre question porte sur cette loi intégrale
00:36:10qui est en préparation.
00:36:12Est-ce que vous trouvez cohérent
00:36:13de mettre dans une même loi
00:36:15les violences faites aux femmes
00:36:16et les crimes sur les enfants ?
00:36:17Est-ce que ça a une vraie cohérence
00:36:19ou est-ce qu'il n'y a pas un risque de fourre-tout
00:36:21d'essayer d'additionner des mesures
00:36:22qui n'auraient pas toujours
00:36:23une cohérence suffisante ?
00:36:26La logique de cette loi intégrale,
00:36:29c'est de se dire que les violences faites aux enfants
00:36:31et les violences faites aux femmes
00:36:33appartiennent au même continuum.
00:36:35Ça veut dire que c'est la prolongation
00:36:37d'une même violence qu'ils exercent,
00:36:39qui est en fait l'expression
00:36:40d'une domination
00:36:41et je sais que c'est un mot
00:36:42qui peut faire peur
00:36:43pour les personnes qui nous écoutent
00:36:44mais ce qu'on veut dire
00:36:44c'est que dans la société
00:36:46il y a des personnes qui ont le pouvoir
00:36:47et il y en a d'autres qui en ont moins.
00:36:48Et souvent celles qui ont le pouvoir
00:36:49elles vont l'exercer
00:36:50de manière disproportionnée
00:36:52et violente sur les autres.
00:36:54Et de manière très calme,
00:36:56très froide, très statistique,
00:36:58aujourd'hui nous avons 96% des agresseurs
00:37:02qui sont des hommes
00:37:02et donc il y a quelque chose
00:37:04qui est systémique,
00:37:05qui est un système dans notre société
00:37:06de la violence des hommes
00:37:08sur les femmes et sur les enfants.
00:37:09Et donc il est normal
00:37:11que la réponse qu'on apporte
00:37:12soit une réponse
00:37:13qui soit systémique et globale,
00:37:14on le disait,
00:37:16prévention, justice, police,
00:37:18éducation, santé, etc.
00:37:19Sauf que là,
00:37:20ce qui est inscrit à l'ordre du jour
00:37:21alors qu'il est à l'Assemblée nationale,
00:37:23c'est une loi
00:37:23contre les infanticides
00:37:24et pour protéger les enfants.
00:37:26Est-ce que vous dites
00:37:27que cette loi, du coup,
00:37:28elle n'a plus lieu d'être
00:37:29parce qu'il faut attendre
00:37:30la loi intégrale
00:37:30ou est-ce qu'il faut faire
00:37:31une loi pour les enfants
00:37:32et on y revient
00:37:33dans la loi intégrale ?
00:37:34Le fait qu'on ait cette loi,
00:37:35c'est très symptomatique
00:37:36justement de l'absence
00:37:37de considération du gouvernement
00:37:39des violences
00:37:40comme quelque chose de systémique
00:37:41et auquel il faut s'attaquer
00:37:42de manière globale
00:37:43et pas juste
00:37:43par petits secteurs comme ça.
00:37:45Justement,
00:37:45alors sur la méthode,
00:37:46puisqu'il y a une première loi
00:37:47concernant les enfants
00:37:48et puis une loi ensuite,
00:37:49loi intégrale,
00:37:50qui concernera,
00:37:51comme le disait Thierry,
00:37:51les enfants,
00:37:52les femmes,
00:37:52les victimes,
00:37:53est-ce qu'il faut arrêter
00:37:55la loi sur la protection
00:37:57de l'enfance maintenant
00:37:57pour mieux se concentrer
00:37:58sur la loi intégrale ?
00:37:59Moi, je vais vous dire
00:38:00très franchement,
00:38:01cette loi sur la protection
00:38:02de l'enfance,
00:38:02elle m'inquiète
00:38:03parce que les retours
00:38:03qu'on a eus des acteurs
00:38:04de terrain,
00:38:05ils sont plutôt négatifs.
00:38:07On a notamment l'UNICEF
00:38:08qui a qualifié cette loi
00:38:09d'anecdotique
00:38:10par rapport aux besoins.
00:38:11Et donc, spontanément,
00:38:13moi, je pourrais aussi
00:38:14soutenir ce fait
00:38:15de se dire,
00:38:15bon, peut-être qu'on ne perd
00:38:16pas de temps sur une loi
00:38:17qui n'est pas à la hauteur
00:38:18à ce stade.
00:38:18Et d'ailleurs,
00:38:19même les mesures
00:38:19qui ont été proposées
00:38:20d'être ajoutées
00:38:21à la suite à la mort de Liana
00:38:24ne sont pas non plus à la hauteur.
00:38:25C'est de la répression à gogo
00:38:26alors qu'on sait très bien
00:38:27que ce n'est pas ça
00:38:28qui va empêcher les gens
00:38:28de violer ou d'agresser.
00:38:30La question de mener
00:38:31les enquêtes en trois mois,
00:38:33mais c'est irréaliste.
00:38:35On a vu l'état
00:38:36de la justice
00:38:37et de la police aujourd'hui.
00:38:38Donc, on est vraiment
00:38:39sur un projet
00:38:39qui est en deçà.
00:38:40Donc, si vous me demandez
00:38:41si moi j'ai le choix,
00:38:43effectivement,
00:38:43moi, je préfère
00:38:43qu'on se concentre
00:38:44sur une loi globale,
00:38:45concertée, bien travaillée
00:38:46avec le Conseil d'État
00:38:47et surtout qu'on ait un débat
00:38:49dans les semaines
00:38:49qui viennent avant l'été
00:38:50sur la question des moyens.
00:38:52Et c'est ce que je disais
00:38:53au Premier ministre.
00:38:54Une loi intégrale sans moyens,
00:38:55ça ne sert à rien.
00:38:57Et par voie de conséquence,
00:38:58la loi sur la protection
00:38:59de l'enfance,
00:39:00dans ce cas,
00:39:01tomberait d'elle-même ?
00:39:02Alors, en tout cas,
00:39:03elle serait largement couverte.
00:39:04En tout cas,
00:39:04les besoins seraient
00:39:05largement couverts
00:39:06dans la loi intégrale.
00:39:06Donc, si vous allez jusqu'au bout
00:39:07de votre idée, c'est quoi ?
00:39:08L'idée, c'est évidemment
00:39:09d'avoir une loi intégrale
00:39:10qui soit suffisamment ambitieuse.
00:39:11D'ailleurs, j'ai...
00:39:12Pour se passer de la loi
00:39:13sur la protection de l'enfance.
00:39:14Je pense que sur la loi intégrale,
00:39:14on peut même aller plus loin
00:39:15et intégrer plus de recommandations
00:39:17de la civile.
00:39:18Aujourd'hui, il y en a
00:39:19un certain nombre
00:39:19qui sont dans la loi intégrale,
00:39:21mais je pense qu'on peut
00:39:21aller plus loin.
00:39:23Et vraiment,
00:39:24posons-nous la question.
00:39:25Pourquoi est-ce qu'on a eu
00:39:27Mitouinceste,
00:39:27la familia grande D,
00:39:29un espèce de raz-de-marée
00:39:30dans la vie publique française,
00:39:33une commission qui donne
00:39:3482 mesures
00:39:34et on en a à peine
00:39:35un tiers appliqué aujourd'hui ?
00:39:36C'est pour ça que je vous repose
00:39:37la question.
00:39:37Pour vous, la loi
00:39:39pour la protection de l'enfance,
00:39:40là, elle est inopérante
00:39:42et même inutile à ce stade.
00:39:44Mais je ne peux pas...
00:39:45Moi, je ne suis pas au gouvernement.
00:39:46Non, mais je vous demande
00:39:47en tant que députée.
00:39:48Oui, mais n'étant pas au gouvernement,
00:39:49je suis bien dans l'incapacité
00:39:50de vous dire si,
00:39:51en septembre,
00:39:52on aura vraiment une loi
00:39:53qui sera étudiée
00:39:54avec des moyens sur la table
00:39:54qui seront à la hauteur
00:39:55et qui auront le temps
00:39:57de finir la navette parlementaire
00:39:58avant 2027.
00:39:59Donc, pour les personnes
00:40:00qui nous regardent,
00:40:01il faut que le texte passe
00:40:02à l'Assemblée puis au Sénat,
00:40:03qu'il soit adopté à l'identique
00:40:05avant que tout ça soit validé.
00:40:06On sait très bien
00:40:07qu'il y a des échéances électorales
00:40:09qui arrivent
00:40:09et nous, on a très peur
00:40:11que tout ce qui nous a été promis
00:40:13depuis 10 jours,
00:40:14que ce soit que du vent.
00:40:15Parce que jusqu'à maintenant,
00:40:16on n'a jamais eu aucune raison
00:40:17de croire que le gouvernement
00:40:19allait dire
00:40:19ce qu'il allait dire
00:40:20qu'il ferait.
00:40:21Pourtant, vous avez entendu
00:40:21Erwan Balanant,
00:40:22peut-être, je ne sais pas
00:40:23si vous l'avez entendu,
00:40:24qui sortait de chez le Premier ministre
00:40:25qui dit que le Premier ministre
00:40:27envisage une discussion possible
00:40:29entre deux périodes de budget
00:40:30en septembre.
00:40:31Vous n'y croyez pas ?
00:40:32Alors, une première lecture
00:40:33en septembre,
00:40:34ça ne gâche pas
00:40:35d'une lecture au Sénat
00:40:36et encore d'une nouvelle lecture
00:40:37à l'Assemblée
00:40:39et ça ne gâche pas
00:40:40de la question des moyens.
00:40:41Pour revenir au ministre de la Justice,
00:40:43sur l'affaire Liana,
00:40:44Gérald Darmanin l'assure,
00:40:46ces circulaires
00:40:47sur le traitement
00:40:47des violences sexuelles
00:40:49n'ont pas été respectées.
00:40:51Pour vous, pourquoi ?
00:40:52C'est un problème d'autorité
00:40:54du garde des Sceaux ?
00:40:55Alors, à nouveau,
00:40:57déjà les circulaires,
00:40:58il y en a régulièrement.
00:40:59Je pense que les juges
00:41:00croulent un petit peu
00:41:01sous les consignes
00:41:02avec des priorités
00:41:03qui sont parfois contradictoires.
00:41:04Entre d'autres priorités,
00:41:05par exemple ?
00:41:05Exactement,
00:41:06c'est ce qu'on a beaucoup entendu
00:41:08de la part des magistrats
00:41:09eux-mêmes ces derniers temps.
00:41:10On nous dit que tout est prioritaire
00:41:11mais on n'a pas les moyens
00:41:12du coup d'appliquer
00:41:12toutes les priorités,
00:41:13ce qui semble assez logique.
00:41:15Moi, je suis députée,
00:41:15je ne peux pas siéger
00:41:16et je ne peux pas travailler
00:41:16sur le fond,
00:41:18sur 40 dossiers en même temps.
00:41:19Ça n'existe pas.
00:41:20C'est la même chose
00:41:20pour les magistrats.
00:41:21Aujourd'hui,
00:41:22moi je vais vous le dire,
00:41:23on a voté une loi
00:41:23sur le consentement en novembre.
00:41:26J'ai tanné le ministre,
00:41:27mais quand je dis tanné,
00:41:28je dis tanné,
00:41:29pour qu'on ait la circulaire
00:41:30qui aille avec.
00:41:32On l'a eu la semaine dernière
00:41:33parce qu'il était auditionné
00:41:35devant la délégation
00:41:35aux droits des femmes.
00:41:37Donc, est-ce que c'est une priorité
00:41:37pour le ministre lui-même ?
00:41:39Moi, c'est ça ma question.
00:41:40Et ces derniers mois,
00:41:41je n'ai pas eu le sentiment
00:41:41que lutter sérieusement
00:41:43contre les violences
00:41:44était une priorité du ministre.
00:41:45Qu'est-ce que vous attendez
00:41:46de la part du garde des Sceaux
00:41:48quand le rapport
00:41:49sur l'affaire Liana
00:41:50lui sera rendu lundi prochain ?
00:41:52Alors, j'aurais déjà voulu
00:41:53qu'il agisse
00:41:54quand il a eu des premiers rapports
00:41:55en 2022 et en 2023
00:41:57sur l'état de la magistrature
00:41:58et sur les difficultés
00:41:59liés au manque de moyens.
00:42:01Là, on attend simplement
00:42:02qu'il agisse
00:42:03en son rôle de ministre
00:42:04s'il y a effectivement
00:42:06des sanctions à prendre
00:42:07parce qu'il y a eu des manquements
00:42:08ou surtout des améliorations.
00:42:09C'est peut-être ça la question.
00:42:11Évidemment,
00:42:11qu'il y aura du disciplinaire,
00:42:12c'est son rôle.
00:42:13Mais comment est-ce qu'on améliore
00:42:14le système en place
00:42:15pour que ça ne se reproduise pas ?
00:42:16En Espagne,
00:42:17quand il y a un féminicide,
00:42:18il y a un comité ministériel
00:42:20qui est convoqué
00:42:20dans la foulée.
00:42:22Ici, ça n'existe pas.
00:42:23Six féminicides
00:42:23en neuf jours en mai,
00:42:25aucune prise de parole
00:42:26du gouvernement.
00:42:27J'entends que s'il y a
00:42:27des sanctions à prendre,
00:42:28vous attendez à ce que
00:42:30le ministre de la Justice
00:42:31prenne ces sanctions.
00:42:32Mais qui dirait autre chose ?
00:42:34Qui dirait autre chose ?
00:42:36Je ne vois pas dire
00:42:37non, bien sûr,
00:42:38il y a eu des erreurs,
00:42:39ne faisons rien.
00:42:40Vous disiez tout à l'heure
00:42:41que vous aviez des doutes
00:42:42sur le fait de pouvoir avancer
00:42:43sur ces sujets-là,
00:42:44que ce soit pour le projet
00:42:45de loi de protection de l'enfance
00:42:46ou la loi intégrale
00:42:47d'ici la fin du quinquennat.
00:42:48La loi intégrale
00:42:49que vous avez co-signée
00:42:50fait 79 articles.
00:42:52Est-ce que vous n'auriez pas
00:42:52eu intérêt à faire quelque chose
00:42:54de plus resserré
00:42:55pour avoir des chances
00:42:56que ce soit voté
00:42:58d'ici la fin du quinquennat ?
00:42:59Mais ça, c'est toujours
00:43:00ce qu'on nous demande
00:43:01à nous, parlementaires,
00:43:02encore plus quand on n'est pas
00:43:03dans la majorité,
00:43:04de faire des propositions de loi
00:43:06qui soient les plus petites possibles
00:43:08pour essayer de les faire rentrer
00:43:09dans un petit trou de souris
00:43:10et espérer avoir une adoption.
00:43:12Ce n'est pas l'esprit de cette loi.
00:43:14Là, ce que proposent
00:43:15les parlementaires
00:43:15avec les associations
00:43:16qui accompagnent les victimes
00:43:18et les associations de victimes,
00:43:19c'est une loi qui est ambitieuse.
00:43:21Je ne dis pas qu'elle est parfaite
00:43:22et probablement que
00:43:23dans nos débats parlementaires,
00:43:24il y a des choses
00:43:25que nous enlèverons,
00:43:26d'autres mesures que nous rajouterons,
00:43:27mais je dis qu'elle est
00:43:28à la hauteur de l'enjeu.
00:43:30Et donc oui, on ne va pas...
00:43:32Nous, parlementaires,
00:43:33et encore plus les parlementaires féministes,
00:43:35on ne va pas s'excuser
00:43:35d'avoir fait une loi
00:43:37à la hauteur de la crise
00:43:38des violences sexuelles.
00:43:40On a parlé tout à l'heure
00:43:41de la séance de questions
00:43:42au gouvernement
00:43:43de cette semaine
00:43:43qui a été agitée.
00:43:44Marine Le Pen,
00:43:45elle, a ciblé une société
00:43:46trop permissive.
00:43:47Elle a mis en cause, je cite,
00:43:48des idées perverses
00:43:49sur la sexualisation des enfants
00:43:51dans les années 70,
00:43:52dans certains milieux culturels.
00:43:54Vous qui êtes de gauche,
00:43:55progressiste,
00:43:56est-ce que vous vous êtes sentie
00:43:57clairement visée ?
00:43:58Alors, pas du tout.
00:44:00Et en plus,
00:44:00je pense que j'étais à peine née,
00:44:01moi, à l'époque.
00:44:02Mais dans les faits,
00:44:04moi, ce que je constate
00:44:04aujourd'hui dans le paysage
00:44:05politique français,
00:44:06c'est que la droite,
00:44:08une certaine partie de la droite
00:44:09très dure et l'extrême droite
00:44:11s'opposent à quoi ?
00:44:12S'opposent à l'éducation
00:44:13à la vie affective,
00:44:14relationnelle et sexuelle.
00:44:15Il y a des signataires de droite
00:44:16dans la proposition
00:44:17de loi intégrale.
00:44:17Tout à fait.
00:44:18C'est pour ça que j'ai précisé
00:44:19mon propos en disant
00:44:20droite dure.
00:44:21L'éducation à la vie affective,
00:44:23relationnelle et sexuelle,
00:44:24avec une mobilisation politique
00:44:26des réseaux d'extrême droite
00:44:27pour empêcher
00:44:28qu'elle puisse avoir lieu
00:44:29dans les établissements,
00:44:30aujourd'hui,
00:44:31c'est notre meilleur outil
00:44:32pour apprendre aux enfants
00:44:33le consentement
00:44:34pour lutter contre
00:44:35les stéréotypes filles-garçons,
00:44:37pour leur apprendre
00:44:38ce que les adultes
00:44:39ont le droit de faire
00:44:40ou ne pas faire,
00:44:41comment est-ce qu'ils n'ont
00:44:41pas le droit de toucher leur corps
00:44:42s'ils ne sont pas d'accord,
00:44:43etc.
00:44:44Ça, ça passe par les varses.
00:44:45Et l'éducation à la vie affective,
00:44:47relationnelle et sexuelle,
00:44:48on a une loi depuis 2001,
00:44:49ça n'a pas été mis en place
00:44:51de manière effective
00:44:52et moi, je vais vous dire,
00:44:53j'ai une obsession.
00:44:54Je pense à tous les gosses
00:44:55qu'on aurait pu sauver
00:44:56depuis 2001
00:44:57si cette loi avait été appliquée
00:44:59parce que les enfants
00:44:59auraient eu trois heures par an
00:45:01dans chaque classe
00:45:02pour leur dire
00:45:03ce qui est normal
00:45:03ou pas normal
00:45:04qu'un adulte fasse sur eux.
00:45:05Hugo ?
00:45:05Oui, Mme Garin,
00:45:07ça débat dans le chat
00:45:08sur qu'est-ce qu'on fait
00:45:09des pédocriminels,
00:45:10notamment après la condamnation
00:45:12s'il y a,
00:45:13ou même sur ceux
00:45:14qui ne sont pas condamnés
00:45:15mais qui reconnaissent les faits.
00:45:16On en a discuté,
00:45:17on sait ensemble en live,
00:45:18mais qu'est-ce qu'on fait
00:45:19des pédocriminels après,
00:45:21une fois qu'ils sont libres
00:45:21ou une fois qu'ils sont en liberté ?
00:45:24Déjà, ce serait bien
00:45:25qu'on mette le paquet
00:45:25sur la prévention
00:45:26pour éviter qu'on ait
00:45:27autant de pédocriminels
00:45:28qui existent
00:45:29mais aussi qu'ils passent à l'acte
00:45:30et ensuite, en fait,
00:45:31on les accompagne.
00:45:32Il y a des centres
00:45:32de prise en charge
00:45:33pour les auteurs
00:45:33et ça, c'est un budget aussi
00:45:35qu'il faut financer
00:45:36et je terminerai peut-être
00:45:37en disant qu'il est très important
00:45:39aujourd'hui plus que jamais
00:45:40de soutenir les associations
00:45:41qui font un travail extraordinaire
00:45:43sans lequel l'État
00:45:44ne pourrait pas lui-même compter
00:45:47et donc il est très, très important
00:45:48qu'on finance les associations
00:45:49à la hauteur de leur travail.
00:45:50Une dernière petite question.
00:45:51Il y a une ministre
00:45:52qui est un peu discrète,
00:45:53je trouve,
00:45:53c'est un point de vue personnel,
00:45:54vous allez me dire si j'ai raison.
00:45:55Dans ce débat,
00:45:56c'est Aurore Berger,
00:45:57ministre de l'égalité,
00:45:57femme, homme,
00:45:58on ne l'entend pas beaucoup,
00:45:58on entend parler de justice,
00:45:59du ministre de l'Intérieur.
00:46:01Est-ce qu'elle vous semble
00:46:02mobilisée sur ces dossiers-là ?
00:46:04Oui ou non ?
00:46:06Oui, sans langue de bois.
00:46:08La ministre,
00:46:08elle avait enclenché
00:46:09un travail de concertation
00:46:11déjà avec les parlementaires
00:46:12sur la loi intégrale
00:46:13l'année dernière.
00:46:14Finalement,
00:46:15ça n'a débouché sur rien.
00:46:16Moi, je fais un constat
00:46:17et c'est d'ailleurs,
00:46:18vous remarquerez peut-être
00:46:18qu'en question au gouvernement,
00:46:20je ne m'adresse plus
00:46:21ni au ministre de la Justice,
00:46:22ni au ministre de l'Intérieur,
00:46:23ni à la ministre à l'égalité,
00:46:25tout simplement parce que
00:46:26j'estime que ce ne sont pas
00:46:27eux qui ont le pouvoir.
00:46:29Donc, je parlerai
00:46:30au Premier ministre
00:46:31tant qu'il le faudra
00:46:32jusqu'à ce qu'il nous écoute
00:46:33puisqu'aujourd'hui,
00:46:34ce qu'on constate,
00:46:34c'est qu'on a un président
00:46:35Emmanuel Macron,
00:46:36un Premier ministre,
00:46:37M. Lecornu,
00:46:38qui refuse de renverser le système
00:46:40et qui ne sont pas concernés
00:46:41par la question.
00:46:42Donc, on va leur rappeler
00:46:43qu'il y a urgence
00:46:43de renverser le système.
00:46:44C'est eux les blocages ?
00:46:46On voit bien que c'est
00:46:47une question de priorité politique.
00:46:48Sinon, j'ose espérer
00:46:49que des parlementaires
00:46:50qui posent la question
00:46:51de la lutte contre les violences
00:46:52depuis des années et des années
00:46:53auraient été entendus.
00:46:54Donc, s'il y a une absence
00:46:55de volonté politique,
00:46:56c'est bien le fait
00:46:57d'hommes qui sont au pouvoir.
00:46:58Et à ma connaissance,
00:47:00les hommes qui sont au pouvoir
00:47:01aujourd'hui,
00:47:01c'est le président de la République
00:47:02et le Premier ministre.
00:47:03Merci Marie-Charlotte Garin
00:47:05d'être venue sur le plateau
00:47:07de LCP.
00:47:07Vous allez laisser votre place
00:47:08à Gaëtan Dussaucet
00:47:10qui est député RN des Vosges
00:47:11et qui nous rejoint
00:47:12sur ce plateau.
00:47:13Bonsoir.
00:47:14Merci d'être avec nous.
00:47:15Bonsoir.
00:47:15Après quelques moments
00:47:17de flottement,
00:47:18tout le monde est sur la même
00:47:19le gordon désormais
00:47:20au Rassemblement national
00:47:20pour demander la démission
00:47:22de Gérald Darmanin,
00:47:23ministre de la Justice.
00:47:24Pour vous,
00:47:25Liana, dites-vous,
00:47:26c'est d'abord une question
00:47:27de responsabilité politique.
00:47:29Et Jordan Bardella,
00:47:31candidat potentiel
00:47:32à la présidentielle,
00:47:33y est revenu hier soir
00:47:34sur BFM.
00:47:35Dans cette affaire,
00:47:37le ministre de la Justice
00:47:39aurait dû par honneur
00:47:40pour reconnaître
00:47:41la faute de son administration
00:47:42et pour simplement dire
00:47:43aux Français
00:47:44qui sont dans une détresse
00:47:46inconsidérable depuis des mois,
00:47:48pour simplement leur dire
00:47:49les yeux dans les yeux
00:47:50« je vous ai compris »,
00:47:51remettre sa lettre de démission
00:47:53au président de la République.
00:47:55Alors, on a tout entendu
00:47:56au RN.
00:47:57Certains qui disaient
00:47:58comme Jordan Bardella
00:47:59dès le début
00:47:59« il faut que Gérald Darmanin
00:48:00démissionne »,
00:48:01Marine Le Pen qui disait
00:48:01« ça ne sert à rien,
00:48:03finalement,
00:48:03il n'y a pas d'urgence »
00:48:05avant de revenir dessus hier
00:48:06en disant
00:48:07« oui, il aurait dû démissionner ».
00:48:08Si Gérald Darmanin
00:48:10ne démissionne pas,
00:48:11vous,
00:48:12quelles conclusions
00:48:12vous en tirerez ?
00:48:14Alors, je sais
00:48:15que c'est la grande mode
00:48:16dans le milieu médiatique
00:48:17de jouer un peu
00:48:17au jeu des sept différences
00:48:18entre Marine Le Pen
00:48:19et Jordan Bardella.
00:48:20Non, mais c'était réglé hier,
00:48:21je vous dis.
00:48:21Il se trouve qu'hier,
00:48:22pour le coup,
00:48:22les deux ont fait
00:48:23des émissions politiques
00:48:24et ont tous deux
00:48:24dit la même chose,
00:48:25à savoir que c'est
00:48:26une question d'honneur.
00:48:27Parce qu'en réalité,
00:48:28sur ce qui arrive
00:48:29sur l'affaire
00:48:29et le drame de Liana,
00:48:30si vous me permettez,
00:48:32le seul problème
00:48:32que l'on y voit,
00:48:33l'un des gros problèmes
00:48:34que l'on y voit,
00:48:35c'est que finalement,
00:48:36tout le monde est responsable,
00:48:37sauf les responsables politiques
00:48:38et sauf ceux
00:48:39qui sont au gouvernement
00:48:40depuis tout.
00:48:40D'où ma question
00:48:40que je vous repose.
00:48:41Si Gérald Darmanin
00:48:42ne démissionne pas,
00:48:43quelles conclusions
00:48:43vous en tirerez ?
00:48:45On conclura que,
00:48:47eh bien,
00:48:47en complément d'avoir déjà
00:48:49un bilan
00:48:49qui ne soit pas
00:48:50des plus honorables,
00:48:51qui est catastrophique,
00:48:52aussi bien lorsqu'il était
00:48:53ministre des Comptes publics,
00:48:54également ministre de l'Intérieur
00:48:56et puis ensuite
00:48:56ministre de la Justice,
00:48:58eh bien,
00:48:58il ajoutera à ça
00:48:59le déshonneur,
00:48:59celui de ne pas avoir
00:49:00suffisamment de considération
00:49:02pour le poste
00:49:03qui est le sien,
00:49:04celui de ministre du gouvernement,
00:49:05de quelqu'un
00:49:05qui doit rendre des comptes
00:49:06justement de l'efficacité
00:49:08des institutions
00:49:08à pouvoir garantir
00:49:10la sécurité au quotidien
00:49:11de l'intégralité des Français
00:49:12et en particulier
00:49:13des plus vulnérables d'entre eux
00:49:14que sont les enfants,
00:49:15que sont les femmes,
00:49:16que sont les personnes
00:49:17en situation de handicap
00:49:18ou les personnes âgées
00:49:19et que donc,
00:49:20en ne tirant pas
00:49:20cette conclusion-là,
00:49:22eh bien,
00:49:22il rajoute du déshonneur
00:49:23à son incompétence.
00:49:24Le Rassemblement national
00:49:25n'était pas la réunion
00:49:26cet après-midi à Matignon
00:49:27car vous n'avez pas signé
00:49:28la proposition de loi intégrale.
00:49:30Est-ce qu'avec le recul,
00:49:31vous n'avez pas raté une occasion ?
00:49:32Cela ne nous a pas été proposé,
00:49:34tout simplement.
00:49:35Non, mais vous n'avez pas signé
00:49:36la loi intégrale.
00:49:37Il ne nous a pas été proposé
00:49:38de signer la loi intégrale.
00:49:39Ah, de signer, pardon, pardon.
00:49:40Parce que je vous dis
00:49:40pardon si je n'ai pas été assez clair.
00:49:41Non, je n'avais pas compris.
00:49:42Comment ?
00:49:43Vous l'auriez signé
00:49:44si vous l'avez proposé ?
00:49:45Si vous voulez,
00:49:45il y a quelque chose
00:49:46qui me désole énormément
00:49:47et d'ailleurs,
00:49:48j'avais entendu
00:49:48la présidente de l'Assemblée nationale
00:49:49aussi sur une chaîne
00:49:51du service public
00:49:51il y a quelques jours
00:49:53se féliciter
00:49:53qu'il existe cette loi
00:49:54dite transpartisane
00:49:56qui rassemble des députés,
00:49:57je cite,
00:49:57de l'intégralité
00:49:58des groupes politiques
00:49:58ce à quoi elle ajoute
00:49:59sans les extrêmes.
00:50:01Sans les extrêmes,
00:50:01c'est qui ?
00:50:02C'est sur cette loi
00:50:02vous ne retrouvez
00:50:03ni le Rassemblement national,
00:50:04l'Ile-UDR,
00:50:05ni la France insoumise.
00:50:06Vous voyez,
00:50:07je ne plaide pas
00:50:07que pour ma paroisse.
00:50:08Et il se trouve
00:50:09que cela pose
00:50:09un véritable problème politique
00:50:11parce que je pense
00:50:12que la question
00:50:12de la sécurité,
00:50:13notamment de nos enfants,
00:50:15la lutte politique
00:50:16que l'on doit mener
00:50:16contre les violences sexuelles
00:50:18ne devrait pas souffrir
00:50:18du sectarisme politique
00:50:20ou d'intérêt politicien
00:50:21en l'occurrence.
00:50:22Donc si elle arrive
00:50:22dans l'hémicycle,
00:50:23vous pourriez la voter ?
00:50:24Nous pourrions d'abord
00:50:25surtout travailler
00:50:26sur ce qu'il y a dedans
00:50:26parce que,
00:50:27est-ce que vous savez
00:50:28combien de lois
00:50:29ont été votées
00:50:30depuis 2019
00:50:31notamment pour mieux qualifier
00:50:33ou mieux sanctionner
00:50:35les violences sexuelles
00:50:36contre les mineurs ?
00:50:37Quatre lois depuis 2019.
00:50:38Donc,
00:50:39il y a un moment donné,
00:50:41voter de nouvelles lois
00:50:42mais qui reposerait
00:50:43sur des institutions
00:50:44absolument vides
00:50:44parce que nous n'avons pas
00:50:45les moyens en face,
00:50:46parce que nous ne sommes pas
00:50:47mis les moyens
00:50:47à la justice
00:50:48pour faire son travail,
00:50:49aux enquêteurs
00:50:50pour faire leur travail,
00:50:51à la capacité de sanctionner
00:50:52avec notamment
00:50:53des peines de prison ferme
00:50:54parce que nous avons
00:50:55le nombre de places
00:50:56de prison suffisantes.
00:50:57Tant que nous n'avons pas
00:50:58ces moyens-là,
00:50:59alors tout ceci malheureusement
00:51:00est de l'objet de communication
00:51:01et on refuse nous
00:51:02de faire de la communication
00:51:03sur un sujet aussi essentiel
00:51:05que celui de la protection
00:51:06des enfants.
00:51:06Vous parliez de sectarisme,
00:51:07je reprends votre mot
00:51:08parce que vous n'êtes pas
00:51:08invité autour de la table
00:51:09par le Premier ministre.
00:51:10Est-ce que vous demandez
00:51:11clairement au Premier ministre
00:51:12désormais de vous inviter ?
00:51:13Évidemment.
00:51:14Je pense que la sécurité
00:51:16encore une fois
00:51:16et la protection de nos enfants
00:51:17quand on voit en plus
00:51:18les défaillances totales
00:51:20du système
00:51:20parce qu'on parle évidemment
00:51:22des défaillances
00:51:23dans les procédures judiciaires,
00:51:24dans la capacité
00:51:25à mener le travail d'enquête,
00:51:27de la capacité
00:51:28à coordonner les services
00:51:29de l'État.
00:51:29On va y revenir.
00:51:30Clairement,
00:51:30qu'est-ce que vous demandez
00:51:31au Premier ministre ?
00:51:31On demande en la matière
00:51:33à ce que tous les partis politiques,
00:51:35tous les groupes politiques
00:51:36qui représentent
00:51:37des millions de Français
00:51:38puissent être invités
00:51:39autour de la table
00:51:40pour travailler sur le sujet.
00:51:41Parce qu'encore une fois,
00:51:42c'est un sujet
00:51:43qui devrait aujourd'hui
00:51:44tous nous réunir,
00:51:45tous nous unir
00:51:46pour pouvoir agir là-dessus.
00:51:48Alors évidemment...
00:51:48C'est une demande formelle
00:51:49que vous faites.
00:51:50C'est une demande formelle
00:51:50mais après évidemment
00:51:51on n'est pas dupe
00:51:53et on n'est pas naïf
00:51:53sur l'incapacité
00:51:54à ceux qui ont généré
00:51:55aussi cette situation,
00:51:57à ceux qui sont un peu
00:51:58à la cause des conséquences
00:51:59et notamment
00:52:00le drame de Liana,
00:52:01le drame de Philippine,
00:52:02le drame de la petite Lola.
00:52:04Eh bien,
00:52:04il y a aussi
00:52:04des responsables politiques
00:52:05derrière ces drames
00:52:07qui ont secoué
00:52:08plus d'un Français.
00:52:09Dès le mois de juillet,
00:52:11les députés vont devoir
00:52:11se prononcer
00:52:12sur le projet de loi
00:52:13sur la protection de l'enfance.
00:52:14Le gouvernement va l'amender.
00:52:15Il a annoncé
00:52:15qu'il allait durcir les peines
00:52:17pour les violeurs en série
00:52:18sur mineurs.
00:52:19La peine passerait
00:52:20de 20 ans à la perpétuité.
00:52:22Est-ce que ça vous suffit
00:52:23pour la voter
00:52:23ou est-ce que vous attendez
00:52:24d'autres mesures ?
00:52:25Pour une fois,
00:52:26il y a d'abord et avant tout
00:52:27une question de moyens.
00:52:28Parce que je ne veux pas évacuer
00:52:30pour le coup votre question
00:52:31et je vous le dis d'ailleurs
00:52:32très clairement,
00:52:32comme ça on pourra passer ensuite
00:52:33sur les véritables sujets,
00:52:34mais tout ce qui permettra
00:52:36de renforcer et de durcir
00:52:37les sanctions
00:52:38contre les pédocriminels,
00:52:39tout ce qui permettra
00:52:40de défendre les parents protecteurs,
00:52:41tout ce qui permettra
00:52:42de raccourcir les délais
00:52:43des procédures judiciaires
00:52:45ou encore de multiplier,
00:52:47développer, renforcer
00:52:48les lieux d'accueil
00:52:49pour les personnes victimes
00:52:50de violences sexuelles,
00:52:51évidemment nous les soutiendrons.
00:52:52Mais il y a un moment donné,
00:52:54si vous ne faites que de la loi,
00:52:55si vous ne faites que de la réglementation
00:52:57et qu'en face,
00:52:58vous ne donnez pas les moyens
00:52:59à la justice,
00:53:00aux travailleurs d'enquête
00:53:01de pouvoir justement
00:53:02faire respecter cette loi
00:53:03qui émane de la représentation nationale,
00:53:05c'est-à-dire qui émane
00:53:06des représentants du peuple français,
00:53:08alors malheureusement
00:53:08tout ceci ne sert à rien.
00:53:10On a énormément parlé
00:53:11des moyens de la justice,
00:53:12mais on a raison
00:53:13de parler des moyens de la justice.
00:53:14Et je note d'ailleurs
00:53:14qu'il y a une différence
00:53:15pour le coup d'appréciation
00:53:16de la part du président
00:53:17de la République.
00:53:18Il y a une semaine,
00:53:19Emmanuel Macron nous disait
00:53:20qu'on avait absolument
00:53:22interdiction de critiquer
00:53:23la politique en matière
00:53:24de moyens donnés
00:53:25à la justice.
00:53:26Eh bien aujourd'hui,
00:53:27au trésor d'une chaîne
00:53:28concurrente,
00:53:29je suis heureux de voir
00:53:29qu'il est revenu là-dessus
00:53:30en disant en effet
00:53:31nous manquons de moyens
00:53:32parce que nous ne sommes pas
00:53:33du tout au niveau
00:53:33en comparaison ne serait-ce
00:53:34qu'avec nos partenaires européens.
00:53:35Sur les garanties du coup,
00:53:37qu'est-ce que vous demandez
00:53:37comme garantie
00:53:38pour voter cette loi intégrale ?
00:53:41Écoutez, on aura évidemment
00:53:42on aura évidemment
00:53:43mais on aura toute l'occasion
00:53:45de dire au moment des débats
00:53:47et des discussions parlementaires.
00:53:49Est-ce qu'il y a un point ou deux
00:53:50que vous demandez précisément ?
00:53:52Ce qu'il nous faut impérativement
00:53:53c'est qu'on ait une garantie
00:53:54de la part du gouvernement
00:53:54que l'on mette enfin
00:53:55les moyens en face.
00:53:56Vous savez,
00:53:57avant le drame de l'IANA...
00:53:58Donc de l'argent.
00:54:00Ce n'est pas moi qui le lit,
00:54:00vous avez déjà 3 milliards
00:54:01à peu près 3 milliards
00:54:02et 2 milliards d'euros
00:54:03qui banquent
00:54:04ne serait-ce que pour rattraper
00:54:05la moyenne européenne.
00:54:06Ce ne c'est même pas être
00:54:06le meilleur des élèves européens,
00:54:07c'est ne serait-ce que
00:54:08pour rattraper la moyenne européenne.
00:54:11Et à un moment donné,
00:54:12si vous voulez,
00:54:13on ne peut pas s'engager
00:54:14à soutenir des personnes,
00:54:15à soutenir des projets,
00:54:16des conclusions, des lois
00:54:17si derrière,
00:54:18on ne s'assure pas
00:54:19de l'effectivité
00:54:20de ce que nous votons.
00:54:21C'est pour ça aussi
00:54:21qu'il y a un grand problème
00:54:22de confiance
00:54:23entre le peuple français
00:54:24et la capacité des politiques
00:54:25à assurer leur sécurité,
00:54:27à garantir leur sécurité.
00:54:28Parce qu'on les entend
00:54:29énormément parler,
00:54:30on les entend
00:54:31énormément communiquer.
00:54:32On voit le gouvernement
00:54:33et notamment le ministre
00:54:34de la Justice,
00:54:35Gérald Larmanin,
00:54:35qui multiplie les interventions
00:54:37devant la représentation nationale,
00:54:39sur les plateaux télé,
00:54:40mais derrière,
00:54:40où sont les actes ?
00:54:41La seule chose
00:54:41que l'on considère aujourd'hui,
00:54:42c'est qu'il y a chaque année
00:54:43160 000 violences sexuelles
00:54:45sur des mineurs.
00:54:47C'est ça la réalité aujourd'hui.
00:54:48Comment traiter
00:54:49les pédocriminels ?
00:54:50C'est une question
00:54:51qui a été posée
00:54:51avec un certain nombre
00:54:52de propositions,
00:54:53et notamment celle
00:54:54de Bruno Rotaillot,
00:54:55qui se prononce
00:54:56pour la castration chimique.
00:54:57Là-dessus,
00:54:58quelle est votre position précise ?
00:55:00On aimerait bien
00:55:00la comprendre.
00:55:02Le problème
00:55:03avec cette mesure
00:55:04de M. Bruno Rotaillot,
00:55:06c'est que nous,
00:55:06on voudrait surtout
00:55:07des peines,
00:55:08des sanctions,
00:55:09et notamment
00:55:09de la prison ferme.
00:55:10La castration chimique,
00:55:11c'est d'abord un soin.
00:55:13Moi, je veux
00:55:13que l'on punisse,
00:55:15que l'on sanctionne,
00:55:16que l'on condamne
00:55:17fermement aujourd'hui
00:55:18les pédocrinaires.
00:55:19Vous savez,
00:55:19on parlait des violences sexuelles,
00:55:20je vous donnais ce chiffre.
00:55:21Donc, vous entendez juste
00:55:22sur la castration chimique,
00:55:23que vous n'êtes pas opposé.
00:55:24On n'y est pas opposé,
00:55:25mais encore une fois,
00:55:26décréter quelque chose
00:55:27sur le papier.
00:55:28Et si derrière,
00:55:28on ne se donne pas les moyens
00:55:29de mieux appréhender
00:55:30les pédocriminels,
00:55:31d'aller les chercher,
00:55:32de réussir à les identifier,
00:55:34de pouvoir les traîner
00:55:34devant la justice,
00:55:35de réaliser les enquêtes,
00:55:37et ensuite d'être capable
00:55:37de les condamner.
00:55:38Puis de les soigner,
00:55:39ce que vous avez dit.
00:55:40Vous n'avez que 3% des viols aujourd'hui
00:55:43qui aboutissent à une condamnation réelle.
00:55:46En ce qui concerne l'inceste,
00:55:47c'est pire,
00:55:47c'est seulement 1% des viols
00:55:49dans un cadre incestueux
00:55:51qui aujourd'hui font l'objet
00:55:52d'une condamnation ferme.
00:55:53Donc, vous voyez bien
00:55:54que l'ampleur du travail
00:55:56qu'il est à mener
00:55:56est sur la capacité
00:55:57d'appréhender les pédocriminels,
00:55:59de mener les enquêtes,
00:56:00de les arrêter
00:56:01et surtout de les condamner
00:56:02à la fin.
00:56:02Thierry,
00:56:04vous avez ressorti le sujet
00:56:06de la peine de mort
00:56:07avec ce drame.
00:56:08Mais on a du mal à comprendre
00:56:09quelle est votre position.
00:56:10D'après ce qu'on a compris,
00:56:11vous ne vous opposeriez pas.
00:56:12Je ne crois pas vous en avoir parlé
00:56:13là tout de suite sur ce plateau.
00:56:15Non, mais pas vous.
00:56:17Votre mouvement,
00:56:17votre parti,
00:56:19M. Jacobelli,
00:56:20pour être précis,
00:56:20a dit que s'il y avait
00:56:22un référendum d'initiative citoyen
00:56:24demandant le rétablissement
00:56:25de la peine de mort,
00:56:26il ne s'y opposerait pas.
00:56:28Est-ce que c'est la position
00:56:29de votre parti ?
00:56:30Non, vous savez pertinemment
00:56:31que le Rassemblement national,
00:56:33Marine Le Pen
00:56:33et Jordan Bardella
00:56:34ont tous deux dit
00:56:35qu'il n'était pas favorable
00:56:37au rétablissement
00:56:38de la peine de mort.
00:56:38Nous sommes, il est vrai,
00:56:39favorables à la mise en place
00:56:40d'un référendum
00:56:41d'initiative citoyenne,
00:56:42le fameux RIC,
00:56:43qui, à partir d'un certain nombre
00:56:45de signatures, de suffrages,
00:56:46permet l'organisation
00:56:47d'un référendum.
00:56:48Mais pas sur ce sujet-là.
00:56:48Nous avons déjà dit
00:56:49avec Marine Le Pen,
00:56:50notamment en 2022,
00:56:52que toute réforme
00:56:53qui serait des réformes
00:56:54dites sociétales,
00:56:55et je pense que la question
00:56:56de la peine capitale
00:56:57est aussi une réforme sociétale,
00:56:59n'aurait pas lieu
00:57:00dans les cinq premières années
00:57:01du mandat
00:57:01parce que nous avons tellement
00:57:02de travail à faire
00:57:03que pour ça,
00:57:03on a besoin de l'unité nationale
00:57:04et de l'unité de tous les Français.
00:57:06Donc, évitons les sujets
00:57:07qui divisent,
00:57:09les sujets qui polémiquent
00:57:10pour aller vers l'essentiel
00:57:11parce que, croyez-moi,
00:57:11en 2027,
00:57:12et nous le savons pertinemment
00:57:13avec Marine Le Pen
00:57:13et Jordan Bardella,
00:57:14le travail sera immense.
00:57:16Alors, il y a des propositions,
00:57:17il y en a plein.
00:57:17Il y en a plein.
00:57:18Alors, revenons sur la justice.
00:57:19La justice, il y en a une
00:57:20qui monte,
00:57:21c'est sur le syndicat
00:57:22de la magistrature
00:57:22où certains proposent
00:57:23de le supprimer
00:57:24pour le remplacer
00:57:25par un conseil
00:57:26formé par des citoyens.
00:57:27Derrière cette proposition,
00:57:29il y a la critique
00:57:29du corporatisme
00:57:30de ce syndicat
00:57:31qui ne prendrait pas
00:57:32assez de sanctions.
00:57:33Est-ce que vous partagez
00:57:34ce diagnostic ?
00:57:35Alors, sauf erreur de ma part
00:57:37dans votre question,
00:57:38il y a eu une petite confusion
00:57:39entre le Haut Conseil
00:57:39de la magistrature
00:57:40qui permet de prendre
00:57:41des sanctions à l'égard
00:57:42et ensuite le syndicat
00:57:43de la magistrature
00:57:44qui est un syndicat
00:57:44qui est, en théorie,
00:57:46censé défendre
00:57:47la corporation
00:57:47C'est sur le syndicat
00:57:48de la magistrature
00:57:48que vous voulez aller Thierry ?
00:57:50Sur le syndicat
00:57:50de la magistrature
00:57:51qui est donc un syndicat
00:57:52aujourd'hui de magistrats,
00:57:54vous savez...
00:57:55David Wisnard, par exemple,
00:57:56qui dit qu'il faut le supprimer.
00:57:57Vous savez pertinemment
00:57:58que nous nous sommes
00:57:58très opposés
00:57:59à la politisation
00:58:00des syndicats
00:58:01et en particulier
00:58:02des syndicats
00:58:02qui rendent justice
00:58:04au nom du peuple français
00:58:05parce que quand on rend justice
00:58:07au nom du peuple français,
00:58:08il faut le faire
00:58:08avec une hauteur,
00:58:09il faut le faire
00:58:10avec une objectivité
00:58:11et une neutralité
00:58:12qu'impose la loi
00:58:12et le fait que l'on représente
00:58:13l'intégralité des Français.
00:58:15Et si à ce moment-là,
00:58:17vous ajoutez de la politique,
00:58:18vous ajoutez de la discorde,
00:58:20vous ajoutez de la subjectivité,
00:58:21moi je n'en veux pas
00:58:22à un juge
00:58:22d'avoir les idées qu'il veut
00:58:23et de glisser le bulletin
00:58:24de vote qu'il veut.
00:58:25Ou même d'être syndiqué
00:58:26pour ses conditions de travail,
00:58:27pas forcément de façon idéologique.
00:58:28Ça ne fonctionne pas.
00:58:29Il peut être syndiqué
00:58:30pour défendre ses conditions de travail,
00:58:31pas forcément
00:58:32pour des questions idéologiques.
00:58:33Et donc tout simplement,
00:58:34et c'est exactement
00:58:34ce que vous nous dites,
00:58:35un syndicat qui travaille
00:58:36pour défendre la profession,
00:58:37c'est une chose.
00:58:38Un syndicat qui se mobilise...
00:58:39C'est le cas du syndicat
00:58:40de la magistrature.
00:58:40Oui, mais c'est aussi
00:58:41le cas du syndicat
00:58:42de la magistrature
00:58:42qui appelle à se mobiliser
00:58:44contre Marine Le Pen
00:58:45dans le cadre de l'entre-deux-tours
00:58:46qui l'opposait à Emmanuel Macron.
00:58:47C'est le syndicat
00:58:48de la magistrature
00:58:55tout faire pour empêcher
00:58:56la victoire du gouvernement national.
00:58:57Est-ce que ça justifie
00:58:57sa demande de dissolution
00:58:58comme le demande du ministère ?
00:58:59Ceci n'est pas le rôle du syndicat,
00:59:00vous l'avez dit d'ailleurs vous-même.
00:59:01Mais est-ce que ça justifie
00:59:01sa demande de dissolution ?
00:59:03Ce qui justifie surtout,
00:59:04c'est de refuser
00:59:05la politisation des syndicats.
00:59:06C'est ça que nous demandons.
00:59:07Avoir des syndicats,
00:59:08nous le souhaitons.
00:59:09Et c'est très bien
00:59:09pour défendre
00:59:10les différentes professions.
00:59:11On parle évidemment des magistrats,
00:59:12mais il y en a tant d'autres
00:59:13et on a besoin d'eux pour cela.
00:59:14Mais un syndicat est là
00:59:16pour faire son boulot.
00:59:17Celui de défendre
00:59:25à savoir celui des élections
00:59:26et des campagnes électorales.
00:59:26L'Oréal.
00:59:27Sur les propositions,
00:59:28cette fois-ci du côté
00:59:29d'Edouard Philippe,
00:59:29candidat à la présidentielle.
00:59:31Et vous allez me dire
00:59:32si vous aussi
00:59:32vous êtes éventuellement pour,
00:59:34ce serait revenir
00:59:35sur la loi Taubira de 2013
00:59:37qui interdit aux gardes des Sceaux
00:59:39de donner des instructions
00:59:40aux magistrats
00:59:41sur les affaires personnelles.
00:59:43Est-ce que c'est une bonne proposition
00:59:45selon vous ?
00:59:46Oui, mais Edouard Philippe
00:59:47oublie malheureusement
00:59:48qu'il a été le premier
00:59:49des premiers ministres
00:59:50d'Emmanuel Macron.
00:59:51Et je trouve qu'il y a
00:59:52quelque chose d'assez indécent.
00:59:53On a longtemps parlé
00:59:54de Gérald Darmanin,
00:59:55on pourrait en parler
00:59:56de tant d'autres,
00:59:56de Gabriel Attal,
00:59:57d'Edouard Philippe en l'occurrence.
00:59:58Et je trouve qu'il y a
00:59:59une certaine indécence
01:00:00d'avoir des personnes
01:00:00qui aujourd'hui sont responsables.
01:00:02Responsables de cette situation,
01:00:03responsables des défaillances
01:00:04de notre système judiciaire,
01:00:06responsables du fait
01:00:07qu'aujourd'hui
01:00:07nous avons une violence sexuelle
01:00:09toutes les trois minutes
01:00:10qui est faite sur un mineur
01:00:11dans notre pays.
01:00:12Et d'avoir des personnes
01:00:13qui sont responsables de tout
01:00:14et qui viennent nous dire
01:00:15il faut tout changer,
01:00:16voici mes propositions.
01:00:18Ils ont été au pouvoir.
01:00:19Revenir sur la loi de 2013,
01:00:20c'est une...
01:00:21Encore une fois,
01:00:24ou même étant donné sa proximité
01:00:26avec Emmanuel Macron
01:00:26et le président de la République.
01:00:27Qu'est-ce que vous en pensez ?
01:00:28Est-ce qu'il faut revenir
01:00:28sur la loi de 2013 ?
01:00:29Vous savez très bien
01:00:30ce que nous avions pensé
01:00:31notamment de la loi Taubira
01:00:32et de celle qui a fait en sorte
01:00:34qu'aujourd'hui,
01:00:34notamment sur les aménagements de peine,
01:00:36lorsque vous êtes condamné
01:00:36à une peine inférieure à deux ans,
01:00:38vous êtes quasiment certain
01:00:39à 2000% de ne pas passer
01:00:41un seul jour en prison
01:00:42ou dans un centre de rétention
01:00:43de sûreté.
01:00:44Donc si vous voulez,
01:00:44sur le bilan
01:00:45et sur l'histoire
01:00:46et tout ce qu'a porté
01:00:48Christian Taubira,
01:00:49nous nous portons en faux
01:00:50et ce depuis très longtemps.
01:00:54aujourd'hui Édouard Philippe
01:00:55nous dire que finalement
01:00:56il n'était responsable de rien,
01:00:57qu'il n'avait rien pu faire
01:00:58et qu'aujourd'hui
01:00:59il veut tout changer.
01:01:00Dernier mot.
01:01:00Surtout que cette mesure
01:01:01est censée garantir
01:01:02l'indépendance de la justice.
01:01:04Vous qui attendez
01:01:04la décision concernant
01:01:06Marine Le Pen
01:01:07le 7 juillet,
01:01:08est-ce que vous souhaitez
01:01:09justement la permanence
01:01:11de cette indépendance
01:01:12de la justice ?
01:01:13Je ne vous aurais pas fait
01:01:14toute une diatribe
01:01:15pour vous dire
01:01:16à quel point il est important
01:01:17que les magistrats
01:01:19rendent justice,
01:01:19que les juges rendent justice
01:01:20en gardant une certaine neutralité
01:01:21pour vous dire l'inverse
01:01:22par la suite.
01:01:23Merci Gaëtan Dussaucet
01:01:24d'avoir accepté notre invitation.
01:01:25Un mot Hugo ?
01:01:26Comment l'ERN peut-il
01:01:27prétendre protéger les femmes ?
01:01:29Vous avez voté
01:01:29contre le consentement
01:01:30dans la loi.
01:01:31Nous avons eu toute la possibilité
01:01:33de nous défendre
01:01:34à ce sujet.
01:01:34Encore une fois,
01:01:35ce n'est pas ça
01:01:35qui réglera la sécurité
01:01:37et les violences sexuelles
01:01:38contre les femmes.
01:01:39Donc on les renvoie plutôt
01:01:40à notre programme
01:01:41et à nos propositions
01:01:41pour l'année prochaine.
01:01:42Merci Gaëtan Dussaucet.
01:01:43C'est la fin de ce lundi
01:01:44C'est politique spécial.
01:01:45Lundi C'est politique revient
01:01:46lundi prochain.
01:01:47Merci Thierry de nous avoir accompagnés
01:01:48pendant cette saison.
01:01:49C'est votre dernière.
01:01:50Merci, ça a été un plaisir.
01:01:51A la semaine prochaine.
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