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  • il y a 3 mois
Dernier scrutin au suffrage universel direct avant l'élection présidentielle, les municipales de mars 2026 ont ouvert la voie à une nouvelle ère politique. Toutes les forces en présence ont jeté leurs forces dans la bataille dans l'espoir d'apparaître comme la véritable alternance après les deux mandats d'Emmanuel Macron. Du concept de la "nouvelle France" incarné par la victoire de LFI à Saint-Denis aux conquêtes du Rassemblement National à Carcassonne ou Liévin, en passant par la réélection d'Edouard Philippe au Havre, ce vote dessine la France politique de demain.

Comment les partis et formations politiques ont tenté d'imposer le récit de leur victoire à l'issu de cette élection ? Et dans quelle mesure la course à la présidentielle s'est accélérée depuis ? La baisse de l'influence des partis traditionnels au niveau national se ressent-elle à l'échelon le plus local de la démocratie française ?

Pour en débattre Jean-Pierre Gratien reçoit Brice Soccol, politologue et essayiste ; Rémi Lefebvre, professeur de sciences politiques à l'université de Lille et chercheur au CERAPS et Astrid de Villaines, journaliste et productrice de l'Esprit public sur France Culture.

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Transcription
00:00:10Générique
00:00:16Bienvenue à tous dans des Badocs.
00:00:18Les 15 et 22 mars derniers se sont déroulées les élections municipales.
00:00:22Et être maire s'avère tout sauf un long fleuve tranquille,
00:00:25en particulier dans les villes de moins de 9000 habitants
00:00:29qui constituent pourtant 96% des communes françaises.
00:00:34En témoigne le documentaire qui va suivre.
00:00:36Maire ruraux à l'épreuve du réel d'un mandat à l'autre,
00:00:41écrit et réalisé par Laurent Lutot.
00:00:43Je vous laisse tout de suite le découvrir.
00:00:45Et je vous retrouverai juste après,
00:00:47en compagnie des politologues Brice Socol et Rémi Lefebvre
00:00:50et la journaliste Astrid De Villene,
00:00:52avec cette question, pour qui ces élections municipales
00:00:56ont-elles constitué une bonne rampe de lancement
00:00:59pour la présidentielle ?
00:01:01Bon doc.
00:01:16Bonjour.
00:01:17Est-ce que vous auriez une minute pour répondre à des questions ?
00:01:20Bonjour.
00:01:21Bonjour.
00:01:28Quelle image as-tu des maires de France ?
00:01:35Je n'ai pas trop d'avis sur la question.
00:01:37Moi, la politique, ce n'est pas mon truc.
00:01:39Le maire, c'est l'élu le plus proche de nous autres,
00:01:44les communs des mortels.
00:01:45Le maire, dans une petite bourgade,
00:01:47connaît à peu près tout le monde.
00:01:48C'est plus proche d'un ami ou d'un ennemi.
00:01:52C'est quoi ta relation avec ton maire ?
00:01:54Ma relation avec mon maire, comment dire, c'est compliqué.
00:01:59Je suis plutôt du genre pochiste et il n'est pas tellement de gauche.
00:02:03C'est quelqu'un d'abord qui écoute ses administrés.
00:02:05Pour moi, être un bon maire,
00:02:07c'est être au clair et être en paix avec ses blessures narcissiques
00:02:12pour pouvoir se consacrer à l'intérêt général
00:02:15et non pas utiliser le conseil municipal comme un hochet névrotique.
00:02:27C'est le premier service public.
00:02:31La mairie, c'est le premier des services publics.
00:02:33Parce qu'effectivement, quand on a un problème,
00:02:35on peut rentrer en mairie.
00:02:37Alors moi, je suis mère et mère, c'est ça.
00:02:38J'ai trois enfants, trois enfants en bas âge.
00:02:41Mes journales commencent à 6h et elles finissent souvent vers minuit
00:02:45parce que je sors de réunion très tard.
00:02:47Les gens aujourd'hui me demandent conseils pour plein de choses,
00:02:50même à la limite si c'est bien de se marier ou pas, etc.
00:02:54On n'est plus des notables.
00:02:55Vous savez, quand vous étiez maire en 1950,
00:02:57vous représentiez quand même quelque chose.
00:02:59Aujourd'hui, le maire, c'est tombé dans le quotidien des gens.
00:03:03Le maire, c'est le maire, quoi.
00:03:04Bon, c'est tout.
00:03:06Voilà.
00:03:06Et puis c'est bien que ça soit comme ça aussi
00:03:08parce que, voilà, on ne cherche pas la gloire.
00:03:23Je me déplaçais dans le village.
00:03:24On est venu me voir en me disant
00:03:25« Est-ce que tu souhaites te présenter avec nous
00:03:26sur la liste partielle pour les municipales ? »
00:03:28Au début, j'ai dit non.
00:03:30Puis ensuite, j'ai dit oui.
00:03:32Et je me suis retrouvé élu de 2005 à 2008.
00:03:36Et j'étais adjoint en charge des associations.
00:03:39Et j'étais élu communautaire aussi.
00:03:41Tout ça, ça m'a pris la main,
00:03:44et puis le coude, et puis l'épaule.
00:03:46Et puis ça m'a passionné, ça m'a plu.
00:03:49Et du coup, voilà, c'est comme ça que ça s'est fait.
00:03:53Par hasard.
00:03:57La vie de terrain que j'ai ici, en ayant les pieds sur terre,
00:04:00ça m'aide énormément pour prendre des décisions ensuite
00:04:03au niveau des collectivités.
00:04:04Et vice-versa.
00:04:07Il faut arriver à combiner les deux.
00:04:09Et souvent, la vie publique prend le dessus
00:04:12sur la vie professionnelle et la vie familiale.
00:04:16En 2020, en plein pendant le Covid,
00:04:18j'avais des problèmes de santé.
00:04:20Du coup, j'ai demandé à un membre de l'équipe municipale
00:04:23de prendre ma place en tant que maire,
00:04:24en pensant que ça allé alléger ma charge de travail.
00:04:27Mais un an après, j'ai candidaté pour le conseil départemental.
00:04:32Et du coup, je me suis remis une charge de travail supplémentaire.
00:04:36Et du coup, ce qui fait que aussi, ça a contribué
00:04:39au fait que notre couple est exposé.
00:05:09On voit que c'est les vacances.
00:05:11Le courrier se ralentit singulièrement.
00:05:14On parle souvent du maire,
00:05:16mais je ne pourrais pas vous parler du rôle de secrétaire.
00:05:25secrétaire de mairie, vous savez,
00:05:27c'est vraiment le double du maire.
00:05:31Je la sollicite quotidiennement.
00:05:35Lola, est-ce que tu peux me renseigner sur le droit de préhension
00:05:41sur un terrain en zone artisanale ?
00:05:44Savoir s'il y a un droit de préhension communale dessus.
00:05:46Ils ne sont pas encore j'allés chez le notaire
00:05:49pour faire le droit de préhension.
00:05:53Oui, bonjour à la mère.
00:05:54Éric Jacoté, maire d'Esenier, près de Charme.
00:05:58Voilà, il y a une transaction qui s'effectue sur ma commune.
00:06:02Je n'avais pas du tout en tête un jour d'être maire.
00:06:06Ma compagne était conseillère municipale.
00:06:09Et le maire de l'époque,
00:06:10comme il était patron d'une boîte,
00:06:12il a souhaité recentrer ses activités
00:06:14et revenir à la pérennité de son entreprise.
00:06:17Et donc, trois mois avant l'élection,
00:06:18la liste constituée était orpheline,
00:06:20il n'y avait plus de maire.
00:06:22Et ma compagne, qui était sympathique,
00:06:24elle leur a glissé à l'oreille,
00:06:25il va être en retraite.
00:06:27Et quand ils sont arrivés chez moi,
00:06:28j'ai donc ouvert la porte
00:06:30et puis, je suis lancé à ma compagne,
00:06:32je lui dis, tiens, ils viennent te voir,
00:06:33c'est pour la liste sûrement.
00:06:34Elle me dit, non, non,
00:06:35c'est pas elle qu'on vient voir, c'est toi.
00:06:38J'ai beaucoup moins.
00:06:39Elle me dit, on a une liste,
00:06:40mais on n'a plus de maire.
00:06:55Moi, j'ai grandi à Annemasse,
00:06:58donc à côté de Genève,
00:06:59en quartier prioritaire de la ville.
00:07:01Puis après, j'ai fait mes études à Lyon,
00:07:02puis à Paris.
00:07:04Rien ne me prédisposait à être maire
00:07:05de mon village.
00:07:07Et en fait, j'ai rencontré mon compagnon
00:07:08qui, à l'époque, venait du Trièvre.
00:07:11Et donc, c'est comme ça qu'après,
00:07:12j'ai fait la rencontre de mon village
00:07:13parce que je cherchais un travail.
00:07:15Et donc, j'ai d'abord été recrutée
00:07:16en tant que secrétaire de mairie.
00:07:17On a créé la Commune Nouvelle
00:07:18et il y a eu toute cette dynamique.
00:07:20Aussi, une très grande amitié
00:07:21avec le maire qui m'a recrutée.
00:07:23Et puis, en 2018,
00:07:25j'ai eu envie vraiment de plus
00:07:26m'impliquer encore sur ce village
00:07:28parce qu'il s'était fait plein de choses
00:07:29et je me sentais coincée
00:07:30derrière mon bureau de secrétaire de mairie.
00:07:32Donc, j'ai changé de travail.
00:07:33Et là, je me suis vraiment investie aussi
00:07:35dans le tissu associatif.
00:07:36Et puis après, assez naturellement,
00:07:38quand les élections de 2020 sont arrivées,
00:07:39mon ancien maire m'a dit
00:07:40« Moi, je suis trop âgée.
00:07:41Ça ne va pas être moi.
00:07:42Ce sera toi qui prendras la relève
00:07:44et on sera derrière toi. »
00:07:46Et c'est comme ça que je suis devenue maire
00:07:48en 2020.
00:07:52Bonjour.
00:07:53On vient voir comme vous travaillez bien.
00:07:56On peut rentrer ou pas ?
00:07:58C'est bon ? Merci.
00:08:00Hello, ça va ?
00:08:02Ouais.
00:08:05Ah, donc là, il y a les meubles
00:08:06qui sont arrivés.
00:08:07D'accord.
00:08:09Donc là, ça va être la cantine
00:08:11pour les enfants de l'école
00:08:12mais aussi pour les habitants.
00:08:14Là, il va y avoir un frigo.
00:08:16Et ici, il y a un petit plan de travail
00:08:19avec des meubles.
00:08:22Ça commence à prendre forme.
00:08:31Et là, on est dans la salle associative
00:08:33qui est à l'étage
00:08:34et qui pourra aussi servir
00:08:36de salle de motricité
00:08:37si par aventure,
00:08:38un jour, on ouvre une maternelle.
00:08:40On a quand même fait
00:08:41des choses un peu particulières
00:08:42sur ce chantier.
00:08:43Là, vous voyez,
00:08:44c'est un enduiteur.
00:08:45Et derrière l'enditeur,
00:08:47c'est une isolation paille
00:08:48avec la paille du Trièvre.
00:08:49C'est la terre du Trièvre aussi.
00:08:51Et si on regarde derrière,
00:08:55on voit qu'il y a une grande emprise
00:08:56avec la rue Balise.
00:08:57C'est de la géothermie de surface
00:08:59pour chauffer le bâtiment.
00:09:06En l'espace d'un mandat,
00:09:07tout a changé.
00:09:08Et je me dis,
00:09:09dans un moment où
00:09:10il y a tellement d'enjeux
00:09:11qui se posent devant nous,
00:09:13où moi, quand j'étais plus jeune,
00:09:14j'avais l'impression
00:09:15que l'histoire s'écrivait à côté
00:09:16et qu'on n'avait aucun moyen
00:09:18de pouvoir prendre les choses en main,
00:09:20c'est en faisant la rencontre
00:09:21de ce village
00:09:22que je me suis dit
00:09:23qu'en fait,
00:09:23on peut changer la vie.
00:09:35Là, on va monter
00:09:36un projet de maison de santé
00:09:38à 5 millions d'euros.
00:09:40C'est un investissement considérable
00:09:42entre la recherche de financement,
00:09:45le montage juridique du dossier
00:09:48et puis aussi ce que ça va apporter
00:09:49à la population,
00:09:50c'est-à-dire un accès aux soins pour tous.
00:09:52Il y a quand même une satisfaction humaine
00:09:56à tirer de cette mission-là.
00:09:58Quand on a fait le lotissement,
00:10:00on a reçu 14 familles,
00:10:03quasiment tous des jeunes,
00:10:05qui ont des bébés
00:10:05et qui ont agrandi le village.
00:10:07et on leur a fait
00:10:09le maximum qu'on a pu,
00:10:11c'est le pied.
00:10:13On a un pôle scolaire
00:10:14qui réunit 7 communes.
00:10:16Avant, chaque commune
00:10:17avait son instituteur
00:10:19avec une classe à plusieurs niveaux.
00:10:20Là, il y a des moyens
00:10:21qui ont été mis ensemble.
00:10:22Je pense que pour les parents
00:10:23qui ont maintenant
00:10:24un vrai périscolaire,
00:10:26il y a une vraie structure,
00:10:27c'est une aide.
00:10:28On rend service
00:10:30et on va combler des besoins
00:10:32pour les habitants du territoire.
00:10:34C'est ça la satisfaction.
00:10:36construire une vision partagée
00:10:37sur un territoire
00:10:38qui emmène tout un collectif.
00:10:40Moi, c'est ça qui me plaît.
00:10:42Avec des réalisations
00:10:43très concrètes
00:10:43et qui se font assez rapidement
00:10:44et qui ont beaucoup de sens
00:10:46et beaucoup de cohérence.
00:10:47Je crois qu'il faut aimer les gens, d'abord.
00:10:49On ne peut pas être maire
00:10:50si on n'aime pas les gens.
00:10:52Madame Lucie Laure Pointillard,
00:10:54consentez-vous
00:10:55à prendre pour être vous
00:10:56M. Arnold André Clouseau,
00:10:58ici présent.
00:11:01Au nom de la loi,
00:11:02je déclare M. Arnold André Clouseau
00:11:05et Mme Lucie Laure Pointillard
00:11:06unies par le mariage.
00:11:08Sous-titrage Société Radio-Canada
00:11:23Sous-titrage Société Radio-Canada
00:11:43Sous-titrage Société Radio-Canada
00:11:53qui rassemble ces 100%.
00:11:55Et donc, on doit tout faire.
00:11:56Et alors, nous,
00:11:57dans les communes moyennes,
00:11:59parce que je suis maire
00:12:00d'une commune de 5 000 habitants,
00:12:01on a la chance
00:12:01de pouvoir s'appuyer
00:12:02quand même sur des services
00:12:04qui sont quand même
00:12:04assez étoffés.
00:12:05Moi, j'ai une direction générale,
00:12:06j'ai un service financier,
00:12:08donc avec des techniciens
00:12:09qui quand même ont une approche
00:12:10assez fine de ces dossiers-là.
00:12:12Mais quand vous avez
00:12:13des maires qui ont
00:12:14200-300 habitants
00:12:15et qui se retrouvent
00:12:16avec une secrétaire de mairie
00:12:18à 5 ou 6 heures par semaine,
00:12:20franchement,
00:12:21c'est extrêmement compliqué.
00:12:22Alors, je ne dirais pas
00:12:23qu'on est un papa
00:12:24parce que ce n'est pas l'image
00:12:25du tout que je veux avoir.
00:12:27Ça ne me plaît pas du tout.
00:12:29Mais en tout cas,
00:12:30on est là pour accompagner les gens,
00:12:33pour les aider dans le quotidien.
00:12:35Et c'est épuisant.
00:12:43Actuellement,
00:12:43on a un gros chantier
00:12:44sur la commune.
00:12:45Il y a des éléments
00:12:46que je connais,
00:12:46mais moi, je ne suis pas
00:12:48dans les travaux publics
00:12:49et tout ça.
00:12:50on fait des réunions
00:12:51de chantier.
00:12:52Mais c'est formateur
00:12:52parce qu'on apprend des choses,
00:12:54on découvre des choses.
00:13:07Voilà, on n'est pas en retard,
00:13:09on est pile poil à l'heure.
00:13:12Pile poil.
00:13:14C'est vraiment un adjoint
00:13:15qui est déjà là.
00:13:18Allez, c'est parti.
00:13:23J'ai juste une question
00:13:24ici, là.
00:13:26Comment ça se fait
00:13:27que c'est décalé comme ça ?
00:13:29Ah, ok.
00:13:30Ça, c'est la traversée du village.
00:13:32Notre souhait,
00:13:33c'est de se mettre un peu
00:13:34à l'air du temps
00:13:36avec à la fois
00:13:37la gestion intégrée
00:13:38des eaux pluviales,
00:13:39ce qui est quand même
00:13:40quelque chose d'important
00:13:41pour le futur.
00:13:43Ça va permettre
00:13:43de faire brisser
00:13:44la température aussi
00:13:45puisqu'on met des arbres
00:13:46et puis de la verdure.
00:13:47On n'aura plus
00:13:47cet aspect minéral.
00:13:49Dans cet espace-là,
00:13:50ça sera un espace
00:13:51de verdure,
00:13:52de l'herbe.
00:13:54Voilà.
00:13:55Donc l'eau de la route
00:13:56qui sera légèrement
00:13:57en pente comme ça,
00:13:57enfin comme une route classique,
00:13:59et l'eau donc
00:13:59sera absorbée ici.
00:14:01On n'aura plus
00:14:01ce phénomène
00:14:02d'eau stagnante
00:14:03ou d'eau qui va aller
00:14:04chez les voisins, etc.
00:14:05Tout sera rassemblé ici
00:14:06et absorbé.
00:14:11Oh, c'est des petits joueurs,
00:14:12bien sûr que ça passe.
00:14:29Quand on est mère,
00:14:30on apprend tous les jours.
00:14:32On est DRH,
00:14:34on est chef de travaux,
00:14:38conciliateur, médiateur.
00:14:39Presque toutes les semaines,
00:14:40on apprend un nouveau concept.
00:14:42Il faut savoir
00:14:43ce que c'est que le motovoltaïque,
00:14:44il faut savoir
00:14:46tous les acronymes,
00:14:48les SCOT,
00:14:50comment on fait
00:14:50la mobilité durable, etc.
00:14:52On peut faire du service
00:14:53dans une inauguration,
00:14:55on peut faire aussi
00:14:56de l'installation
00:14:57de tables et chaises.
00:14:58On fait des dossiers
00:14:59à 4 millions d'euros,
00:15:00des dossiers de subvention.
00:15:01Parfois, on ne comprend pas
00:15:02trois lignes.
00:15:04Non, mais franchement,
00:15:05on fait de tout.
00:15:06Alors, il faut être compétent
00:15:07en matière de droits funéraires,
00:15:10en matière de droits familiales,
00:15:11en matière de droits fiscals.
00:15:13pour moi-même,
00:15:14on a un jour téléphoné
00:15:16pour me demander
00:15:16comment s'écrivait un mot.
00:15:25Je suis professeur,
00:15:26professeur dans l'éducation nationale,
00:15:28de catalan et d'espagnol,
00:15:29au lycée climatique et sportif
00:15:31de Fort Rome.
00:15:33Entre les trajets
00:15:34pour aller au lycée
00:15:35et les réunions,
00:15:36je suis tout le temps
00:15:37sur la route.
00:15:39En moyenne,
00:15:41pour la mairie,
00:15:43je vais à Perpignan
00:15:45quatre fois par mois.
00:15:47C'est souvent des réunions
00:15:48qui durent une heure.
00:15:49Il faut savoir que pour aller à Perpignan,
00:15:51il faut quasiment deux heures
00:15:53et deux heures pour remonter.
00:15:55Donc,
00:15:56c'est très, très,
00:15:57très fatigant.
00:15:59Si on parle en temps
00:16:00de réunion,
00:16:01il y a les réunions
00:16:02en comité de commune,
00:16:03en syndicat, etc.
00:16:04Là, ça représente
00:16:05deux à trois réunions
00:16:07par semaine.
00:16:15Je le dis souvent,
00:16:16je connais,
00:16:16sur les 500 habitants,
00:16:17je connais tout le monde,
00:16:19mais je connais quasiment aussi
00:16:20tous les chiens de tout le monde
00:16:21parce que quand je vois ce chien,
00:16:23je sais que c'est à Madame Untel,
00:16:24donc il faut que j'appelle
00:16:25Madame Untel.
00:16:26Des fois,
00:16:26il va falloir aller
00:16:27chercher les médicaments
00:16:28pour Juliette
00:16:29ou emmener Robert
00:16:32faire des courses
00:16:33parce qu'il n'aura pas
00:16:33de quoi se véhiculer.
00:16:35Donc, ça fait partie aussi
00:16:35de ce qu'on a dans la tête
00:16:37tout le temps,
00:16:38les violences intrafamiliales.
00:16:40On y pense peu,
00:16:41mais nous,
00:16:41on gère ça aussi.
00:16:42Vous avez la personne
00:16:43qui vous appelle
00:16:43à 9h du soir
00:16:45qui veut qu'on enferme
00:16:46sa femme.
00:16:47Vous avez les drones
00:16:48qui tournent
00:16:49et qu'il vient filmer
00:16:50des gens
00:16:51qui sont en petite tenue
00:16:53dans leur salle de marche.
00:16:54Le maire doit tout régler.
00:16:56On a l'impression
00:16:56qu'on sert vraiment
00:16:57à quelque chose
00:16:58parce que dans la journée,
00:16:59on va arriver
00:17:00à solutionner
00:17:01plein de petites choses.
00:17:02On a retrouvé le chien
00:17:03même à la mentelle.
00:17:04Quelqu'un s'est perdu,
00:17:05on va le renseigner.
00:17:07Et après,
00:17:07il y a toute la question
00:17:08aussi de la gestion
00:17:09des risques naturels,
00:17:10des crues torrentielles,
00:17:12de l'adaptation
00:17:13au réchauffement climatique,
00:17:15de la gestion
00:17:15des canicules
00:17:16parce qu'on est quand même
00:17:17l'acteur quand il y a
00:17:17une crise
00:17:18qu'on vient chercher.
00:17:19Aujourd'hui,
00:17:19on demande à un élu
00:17:20d'être à la fois politique
00:17:22mais aussi technicien.
00:17:23Donc ça devient très compliqué
00:17:25et donc certains démissionnent
00:17:27et il y a énormément de maires
00:17:28qui aujourd'hui
00:17:31considèrent que
00:17:31c'est un sincère dos
00:17:34d'être élu local.
00:17:53Viennent se relier
00:17:55dans notre vie d'élu
00:17:56énormément d'interactions,
00:17:58une richesse
00:17:59d'interactions sociales
00:18:00énormes
00:18:01et puis des sujets
00:18:02de quotidien
00:18:03et des sujets de long terme
00:18:04pour préparer
00:18:05l'avenir de la commune.
00:18:07J'ai l'impression
00:18:08qu'on va se prendre
00:18:09le rage.
00:18:14C'est quoi les commerces,
00:18:15c'est quoi la vie de village,
00:18:16pourquoi est-ce qu'on a envie
00:18:17de vivre ensemble ?
00:18:19Comment est-ce qu'on fait
00:18:19le jour où on a
00:18:20une énorme crise sociale
00:18:21et où ça va nous retomber dessus ?
00:18:22Comment est-ce qu'on fait
00:18:23le jour où on a
00:18:24des incendies monstres,
00:18:25le jour où on a
00:18:25des inondations ?
00:18:26Comment est-ce qu'on va
00:18:27se nourrir ?
00:18:28Bonjour, ça va très bien et vous ?
00:18:31Ça fait quelques années
00:18:32qu'on essaye de gérer
00:18:33la collectivité
00:18:34comme une entreprise.
00:18:35Le résultat quand même,
00:18:36c'est une casse
00:18:38sur les services publics
00:18:39sans nous.
00:18:41Je pense plutôt
00:18:42que quand on est
00:18:43dans une commune,
00:18:44le service public
00:18:45doit être efficace
00:18:46pour faire les trucs
00:18:47qui ne sont pas rentables
00:18:47parce que les trucs
00:18:48qui sont rentables,
00:18:49ils sont pris par les entreprises.
00:18:50Si on pousse cette logique
00:18:51encore plus loin
00:18:52de se dire que la France
00:18:54doit être l'entreprise
00:18:55la plus efficace
00:18:56et la plus rentable,
00:18:57la plus rentable qui existe,
00:18:59qu'est-ce qu'on fait ?
00:19:01On se retrouve
00:19:01avec un expert
00:19:02qui vient nous voir
00:19:03qui nous dit
00:19:03qu'il faut fermer
00:19:03les campagnes
00:19:04parce que ça coûte trop cher.
00:19:31Quelle image avez-vous
00:19:32des maires de France ?
00:19:34L'image que j'ai
00:19:35des maires de France,
00:19:36c'est une charge
00:19:38très lourde pour eux
00:19:39et ils ont de plus en plus
00:19:41de difficultés
00:19:41à gérer leur commune.
00:19:43C'est eux qui prennent cher
00:19:44en tout premier lieu,
00:19:45c'est quand même
00:19:47le premier rentard.
00:19:50Je crois que la difficulté
00:19:51aujourd'hui,
00:19:52c'est que les gens
00:19:54sont dans une attente
00:19:55du tout et tout de suite.
00:19:57Et quand je veux
00:19:58tout et tout de suite,
00:19:59le temps de l'administration
00:20:00c'est pas le même.
00:20:03Moi, je trouve
00:20:03que c'est triste
00:20:04aujourd'hui
00:20:05quand on entend
00:20:05des maires
00:20:06qui démissionnent.
00:20:07Non, moi,
00:20:08je pense que c'est important
00:20:09qu'on ait des maires
00:20:09après.
00:20:11Entre le temps
00:20:12à la mairie,
00:20:13le temps dans les réunions,
00:20:14le temps où il faut
00:20:15aller partout
00:20:16voir tout le monde,
00:20:17etc.,
00:20:17c'est un boulot de fou.
00:20:25Allez, viens voir,
00:20:27je te règle ton problème
00:20:28tout de suite.
00:20:29Comment elle s'appelle
00:20:30la personne ?
00:20:30Tu sais.
00:20:33Allez, sauvez-vous,
00:20:34chers amis.
00:20:35Merci, monsieur.
00:20:36C'est bien.
00:20:37Donc, on va donc
00:20:39ouvrir officiellement
00:20:40la réunion
00:20:41de conseil municipal.
00:20:42Un ordre du jour,
00:20:44somme toute,
00:20:44pas très important,
00:20:45mais des questions diverses.
00:20:46vous verrez où il faudra
00:20:49donner un petit habit
00:20:50qui est important pour nous.
00:20:51On parle beaucoup du maire.
00:20:52Le maire est seul.
00:20:53Le maire prend des décisions
00:20:54seuls, souvent, etc.,
00:20:55mais il a quand même
00:20:56un conseil municipal
00:20:57et c'est avec le conseil municipal
00:20:58qu'il délibère
00:20:59sur quand même
00:21:0090% des choses.
00:21:01Un maire seul
00:21:02ne fait rien.
00:21:03En fait,
00:21:05le maire, son job,
00:21:05c'est un chef d'orchestre.
00:21:08Dans mon conseil municipal,
00:21:09j'ai de l'extrême gauche
00:21:10à l'extrême droite,
00:21:12en passant par le centre,
00:21:13en passant par des apolitiques,
00:21:15des verts, etc.
00:21:16Mais quand il s'agit
00:21:18de discuter
00:21:18de la couleur
00:21:19de la peinture
00:21:20de la salle polyvalente
00:21:21ou de savoir
00:21:22si on fait le marché
00:21:23le jeudi ou le vendredi,
00:21:24on n'a pas besoin
00:21:25d'être de droite
00:21:25ou de gauche, voilà.
00:21:26Donc, au sujet
00:21:27de l'antenne 5G,
00:21:29on a reçu
00:21:30une demande préalable
00:21:31de travaux,
00:21:31toute simple,
00:21:32sans explication.
00:21:34Je ne vous cache pas
00:21:35que j'étais un peu colère.
00:21:37On ne peut pas s'opposer.
00:21:38On ne peut pas
00:21:39s'opposer à l'antenne.
00:21:39Ils ont le droit
00:21:40d'implanter leurs antennes
00:21:41où ils veulent, en gros.
00:21:43Et dès l'instant
00:21:43que vous dites non,
00:21:44tac, avocat.
00:21:46Donc, qu'est-ce qu'on a fait ?
00:21:47On a dit
00:21:48on va prendre des mesures
00:21:49préservatoires.
00:21:50On va dire
00:21:50qu'on est défavorable
00:21:52en leur disant
00:21:53que je souhaitais
00:21:54qu'ils reviennent vers moi.
00:21:56Un, déjà,
00:21:57je voudrais qu'elles soient
00:21:57implantées sur le domaine communal
00:21:59parce qu'il n'y a pas de raison
00:22:00qu'un mec qui n'habite pas
00:22:01la commune
00:22:01touche des subsides
00:22:02alors que si on la met
00:22:03sur nos terrains,
00:22:04c'est la commune
00:22:04qui en garde le bénéfice.
00:22:08Et puis deux,
00:22:08on voudrait qu'ils la mettent
00:22:09plus loin.
00:22:10Qui est contre ?
00:22:11Sur l'homme salle.
00:22:14Bon, j'ai noté
00:22:15que le conseil municipal,
00:22:16si ça devait revenir
00:22:17officiellement en délibération,
00:22:20on serait rentré
00:22:20vers un choix négatif.
00:22:22Hein ?
00:22:36Je viens de la banlieue parisienne,
00:22:38dans le 78 plus précisément.
00:22:40Je me suis installée
00:22:41aux trangers
00:22:42du fait de la qualité de vie
00:22:44pour les enfants.
00:22:45Et on a trouvé une maison
00:22:46qui nous plaisait bien,
00:22:47donc on s'est dit
00:22:48pourquoi pas.
00:22:56Au tranger,
00:22:57ça faisait un an et demi
00:22:59qu'on n'avait plus de maire.
00:23:01Il n'y avait personne
00:23:01qui voulait se présenter
00:23:02par rapport aux responsabilités.
00:23:04Ils cherchaient un maire
00:23:05désespérément.
00:23:09Je me suis dit
00:23:10que je tente.
00:23:15Il y avait déjà
00:23:15un début de liste
00:23:16qui avait été fait.
00:23:17Mais personne ne voulait
00:23:18être maire
00:23:19et elle était lue
00:23:20à l'unanimité.
00:23:21Après, vu que personne
00:23:22ne voulait être maire
00:23:23en même temps,
00:23:23ils n'avaient pas
00:23:24beaucoup de choix non plus.
00:23:25Et oui,
00:23:26si on pouvait faire
00:23:26les PV délibres
00:23:27et la trésorerie.
00:23:29Je peux signer ça
00:23:30et puis c'est bon.
00:23:33Il n'y a pas eu
00:23:33de passation
00:23:34de commandement
00:23:35ou de passation
00:23:36d'information.
00:23:37Il n'y a personne
00:23:38qui m'avait appris
00:23:39directement
00:23:40ce qu'il fallait faire.
00:23:42Il n'y a pas eu
00:23:44d'apprentissage.
00:23:46En compta,
00:23:46il n'y a pas de problème.
00:23:47J'ai déjà bossé là-dedans,
00:23:48en plus en compta public.
00:23:50Mais tout ce qui
00:23:51urbanisme voirie,
00:23:52j'ai dû apprendre.
00:23:53Et puis l'histoire
00:23:53de la commune,
00:23:54j'ai dû l'apprendre
00:23:55totalement.
00:23:55Donc c'était un peu compliqué
00:23:57les débuts.
00:23:58Et puis vous êtes une femme.
00:23:59C'est ça.
00:24:01Femme, jeune.
00:24:02Des fois,
00:24:02on ne me prend pas au sérieux.
00:24:03Ou je ne suis pas crédible
00:24:04aussi quand les gens
00:24:05rentrent dans la mairie
00:24:06et pensent que je suis
00:24:06la secrétaire.
00:24:08Souvent, c'est ça.
00:24:08Quand on parle d'un maire,
00:24:09c'est monsieur le maire.
00:24:11Donc j'en reprends certains.
00:24:13C'est compliqué.
00:24:21Est-ce que vous avez
00:24:21tous la note de synthèse ?
00:24:23C'est bon ?
00:24:23On peut démarrer ?
00:24:25Oui.
00:24:26Alors,
00:24:26qui veut être secrétaire
00:24:27de séance ?
00:24:28C'est toi ?
00:24:32Donc c'est bon.
00:24:33Allez,
00:24:34c'est donc toi
00:24:34qui t'occuperas
00:24:35du PV du conseil.
00:24:37Quand vous êtes élu,
00:24:38vous vous retrouvez
00:24:39dans un espèce
00:24:40d'entonnoir
00:24:41où vous subissez
00:24:42les réunions,
00:24:44les thématiques,
00:24:45les sujets.
00:24:46Et il y a vraiment
00:24:46un très gros travail
00:24:47de prise de hauteur
00:24:48et de prise de liberté politique
00:24:50pour construire
00:24:50son propre agenda.
00:24:51Et je trouve
00:24:52qu'il y a assez peu d'élus
00:24:53qui ont cette audace.
00:24:54C'est-à-dire de dire
00:24:55« Moi, ce sujet-là,
00:24:56il y a des agents
00:24:57de la fonction publique
00:24:58qui peuvent très bien le suivre.
00:24:59Je ne sais pas,
00:25:00je parle d'entretien de voirie,
00:25:01d'éclairage,
00:25:02c'est ce qui me vient
00:25:03tout de suite en tête.
00:25:04Et de choisir
00:25:05pourquoi j'ai été élue moi,
00:25:06c'était quoi mon projet
00:25:07et c'est quoi
00:25:08qui me tient à cœur
00:25:09et de prendre le temps
00:25:10pour avancer
00:25:10sur mes dossiers,
00:25:12avancer sur ma vision
00:25:13des choses,
00:25:14porter de l'innovation,
00:25:15ouvrir des champs
00:25:16qui n'existaient pas avant.
00:25:18Qu'est-ce que je veux dire
00:25:18par là,
00:25:19c'est que demain,
00:25:20si on décide
00:25:20de relancer un centre
00:25:22de vacances,
00:25:22si ce n'est pas la commune
00:25:23de Châtel qui le fait,
00:25:24ça ne se fera pas.
00:25:25Ça demande vraiment
00:25:26une énergie politique,
00:25:27une volonté politique,
00:25:29un équilibre économique
00:25:30qui n'est pas facile
00:25:31à trouver.
00:25:31Mais nous,
00:25:31on peut y arriver
00:25:32et je pense que
00:25:32si on le fait,
00:25:33on peut rouvrir
00:25:34ce centre de vacances.
00:25:35Donc là,
00:25:35je pense qu'on comprend
00:25:36pourquoi on met
00:25:37de l'argent public,
00:25:37c'est absolument essentiel
00:25:38sur la vie du village.
00:25:40Vivre,
00:25:40c'est bouger,
00:25:41c'est pas rester
00:25:42avec des villes
00:25:43qui s'effondrent
00:25:43sur la tête des gens.
00:25:45Puis,
00:25:45il faut respecter
00:25:46les gens qui vont
00:25:46vivre de là
00:25:47dans ce qui est
00:25:48devenu totalement insalubre.
00:25:49Attendez,
00:25:50attendez,
00:25:50portez pas de là !
00:25:51Vous n'avez comprenez
00:25:51ici.
00:25:53Je pense que c'est
00:25:54manier de prolonger
00:25:56le partage.
00:25:56Il y a vraiment
00:25:57un côté très nourrissant
00:26:00de voir
00:26:00des moments d'effervescence
00:26:02sur le village
00:26:02avec les gens
00:26:05qui construisent ensemble.
00:26:06Moi,
00:26:06je sais qu'il n'y a rien
00:26:07de plus beau
00:26:08que de voir un collectif
00:26:10qui a envie
00:26:10de faire des projets
00:26:12ensemble,
00:26:13de les concrétiser
00:26:14et avec une convivialité,
00:26:16une joie de vivre
00:26:17retrouvée.
00:26:20Après,
00:26:20sur le côté négatif,
00:26:24je dirais
00:26:25que c'est la difficulté
00:26:27de concilier tout
00:26:29avec des journées
00:26:30qui n'arrivent pas
00:26:31à faire plus de 24 heures.
00:26:32La fonction de maire,
00:26:33dans le temps,
00:26:33elle a beaucoup évolué.
00:26:35Les anciens maires,
00:26:37il n'y avait pas
00:26:38Internet,
00:26:38par exemple.
00:26:39Internet,
00:26:40c'est une arme redoutable.
00:26:41C'est-à-dire qu'aujourd'hui,
00:26:42on peut vous joindre
00:26:43à toutes les heures
00:26:43du jour et de la nuit,
00:26:44vous envoyer des mails.
00:26:45Avant,
00:26:46quand on voulait
00:26:46discuter avec le maire,
00:26:47il fallait se déplacer,
00:26:49il fallait venir.
00:26:50Le métier a complètement
00:26:52été transformé.
00:26:53Mon prédécesseur,
00:26:54lui,
00:26:54qui avait une activité,
00:26:56il passait un peu
00:26:58le soir.
00:27:00Il discutait un petit peu
00:27:01avec la secrétaire
00:27:01le temps qu'elle était là.
00:27:03Il travaillait une heure
00:27:04le soir.
00:27:05Voilà.
00:27:09Moi,
00:27:10je veux dire,
00:27:10c'est mon quotidien,
00:27:11la mairie.
00:27:12C'est vrai qu'être réus,
00:27:13ça a un impact
00:27:14assez important,
00:27:15en fait,
00:27:15sur notre vie privée.
00:27:16Les réunions,
00:27:16en fait,
00:27:17ça peut être
00:27:17un petit peu tout le temps.
00:27:19Il y a des choses la semaine,
00:27:20il y a des choses le soir,
00:27:21il y a des choses le week-end.
00:27:23Et ça nécessite
00:27:24de s'organiser un petit peu
00:27:26et c'est pas toujours évident
00:27:27pour les gens
00:27:27qui sont autour.
00:27:35Est-ce que ce recrutement
00:27:37va aussi bénéficier
00:27:38à ces problématiques-là
00:27:40ou est-ce qu'il y a
00:27:42un autre...
00:27:51On va s'acter
00:27:51un principe.
00:28:02Tout dépend de son.
00:28:04On va s'en faire.
00:28:13Il y a eu quand même un tournant dans la fonction de maire.
00:28:17Moi, je suis maire depuis 2017 et je vois que depuis 2020, la fonction a totalement changé.
00:28:22Et il y a eu un événement qui s'appelle le Covid.
00:28:25Et ce Covid, vraiment, il a eu un impact sur le comportement,
00:28:30ou plutôt l'attente des concitoyens par rapport à leur élu de proximité.
00:28:36Aujourd'hui, on me contacte 24 heures sur 24, 7 jours sur 7.
00:28:40On peut m'envoyer des messages à 3 heures du matin, 4 heures du matin.
00:28:44Si à 7 heures du matin, je n'ai pas répondu, je vais recevoir 18 points d'interrogation en me
00:28:47disant « mais vous pouvez me répondre ».
00:28:49J'entends des maires de petites communes, ils sont désespérés.
00:28:53Des fois, je les vois, je regarde sur leur bureau, ils ont 500, 600 mails d'hortard.
00:28:57Parce que ça leur fait peur d'ouvrir le truc. Ils ont peur.
00:29:01Non mais c'est vrai, c'est une réalité.
00:29:02On parle toujours de la charge mentale pour les maires de famille,
00:29:05mais la charge mentale des maires, M-A-I-R-E, est, je pense, similaire.
00:29:08C'est 7 jours sur 7, 365 jours par an.
00:29:11Il n'y a aucun arrêt à aucun moment.
00:29:14On a tous des situations, on est en vacances,
00:29:17on a oublié de couper notre portable alors qu'on est en train de faire une marche.
00:29:21Et d'un seul coup, on apprend que tel agent communal s'est blessé
00:29:24ou qu'il y a eu quelque chose d'important.
00:29:27On ne s'arrête jamais, en fait.
00:29:28Moi, ça fait 25 ans que je dors avec le portable sur la table de nuit.
00:29:32Tant qu'on n'est pas maire, on ne se rend pas compte de ce que c'est d'être
00:29:35maire.
00:29:35Quoi qu'on peut être adjoint, on peut être premier adjoint, deuxième adjoint.
00:29:39Le sens de la responsabilité n'est pas le même.
00:29:42Parce que tout repose sur toi et s'il y a un problème, c'est toi qui payes.
00:29:45Et qui payes pénalement.
00:29:47Il est notamment responsable de la sécurité, de l'hygiène, de la tranquillité.
00:29:52Vous êtes censé tout savoir.
00:29:54Et vous avez surtout, le maire a une responsabilité terrible.
00:29:58C'est-à-dire qu'au bout, il est responsable.
00:30:01Ce qui se passe, c'est que je veux que ma fille, elle vienne chez moi, là.
00:30:05Oui, qu'est-ce qu'elle a ?
00:30:06Elle roule dessus.
00:30:08Il n'y a pas assez de place.
00:30:09Pourquoi, elle a un camion ?
00:30:11Quand elle vient avec la camionnette, oui.
00:30:14Elle ne peut pas rentrer avec la camionnette chez vous ?
00:30:17Comment tu veux rentrer là-dedans ?
00:30:18Autoportée, la tourneuse.
00:30:20Oui.
00:30:21Ce n'est pas possible de tourner, là.
00:30:25Soit on pète l'entrée là et puis on la fait plus large.
00:30:28On pète l'entrée là, oui, tu vas laisser comme c'est, là.
00:30:36De toute manière, ma fille, elle a dit, si elle ne peut pas mettre la voiture là,
00:30:40elle rentre sous ton machin d'herbe.
00:30:42Moi, je voudrais seulement qu'on puisse mettre la camionnette et descendre au moins le truc.
00:30:48Qu'elle puisse au moins mettre une voiture comme ça.
00:30:51On ne peut pas mettre la camionnette, là.
00:30:53Comme ça, je ne peux pas la faire rentrer pour décharger.
00:30:56On sera à niveau, les deux ?
00:30:58On sera à niveau sur cette voiture.
00:30:58Oui, ça va s'arranger.
00:30:59Ne vous inquiétez pas.
00:31:01C'est pour ça que je ne vous ai pas pris au téléphone.
00:31:03Il vaut mieux qu'on en parle devant.
00:31:04Parce qu'au téléphone, vous mourriez en guirlandais au téléphone.
00:31:07Ah bah oui, je rigolais.
00:31:08Ah bah oui, je vous connais.
00:31:09C'est tout à fait légitime de râler quand on n'a pas pu dormir parce qu'il y avait
00:31:12un concert sur la place du village.
00:31:14Mais en même temps, c'est bien aussi d'avoir un concert sur la place du village parce que c
00:31:18'est de l'animation culturelle.
00:31:19Et voilà, donc le maire, il est là pour justement, quand c'est possible, régler ce genre de problème.
00:31:28Généralement, c'est des problématiques qui sont privées.
00:31:30La commune qui doit ou qui peut intervenir.
00:31:32Et puis, il y a du juridique qui peut venir et se mettre là-dedans qui fait qu'on marche
00:31:36toujours un petit peu sur des oeufs.
00:31:38Et il y a des situations qui ont commencé en 2020 qui ne sont toujours pas réglées.
00:31:41Et quand on voit qu'on patine comme ça, c'est parfois difficile parce que ça prend en fait énormément
00:31:45d'énergie pour pas grand-chose en termes de résultats et en termes collectifs.
00:31:50J'ai des collègues qui se sont retrouvés avec des coups de poing, des trucs comme ça, en disant «
00:31:54Attends, je suis le maire, tu sais pas qui je suis, je suis le maire, moi ici. »
00:31:57Ça me voit un peu le shérif.
00:31:57Et paf ! C'est le côté sombre de la fonction de maire, ça.
00:32:23Ça, c'est une bibliothèque municipale.
00:32:26Tout le monde peut venir chercher des livres.
00:32:28Nous avons une adscène qui fait bibliothécaire.
00:32:32Bon, là, c'est la salle de, une petite salle de brassage où il y a les ordinateurs, il y
00:32:37a tout ça.
00:32:39Ici, c'est maternelle, grande section.
00:32:42Pour le moment, je pense qu'on est tranquille encore trois ou quatre ans avec les enfants que nous avons
00:32:47qui sont rentrés.
00:32:48Mais je ne me fais pas d'illusions, je pense qu'à long terme, il y aura une école cantonale
00:32:52à Dampère avec le peu d'enfants qui restera.
00:32:57On a eu la chance avec notre lotissement de nous faire amener du personnel, des enfants.
00:33:02Mais ça va être très compliqué dans les années à venir.
00:33:05Mon premier mandat de 2014 à 2020, ça s'était pas trop mal passé.
00:33:12Bon, il y a toujours des petites bisbrouilles, le coq qui chante, ça, ça allait.
00:33:16Mais à partir du Covid, là, ça s'empirait.
00:33:19Les gens sont devenus très agressifs.
00:33:21On vous traite de gros cons, on vous dit que vous n'auriez jamais dû être maire parce qu'incompétence,
00:33:26etc.
00:33:27Et ça me surprend surtout, ce sont des gens que j'ai côtoyés à l'école, avec qui j'étais
00:33:31à l'école,
00:33:32et qui deviennent intolérants comme ça, et ça, c'est inadmissible.
00:33:34Moi, j'ai un cas particulier qui me vient en tête.
00:33:37J'avais refusé un permis de construire puisqu'il ne répondait pas à la législation.
00:33:42Eh bien, on est venus dans mon bureau avec un petit cadeau assez hors-durier.
00:33:50Mais je veux dire, voilà, on applique la législation.
00:33:54Enfin, un maire est quand même avant tout un représentant de l'État.
00:33:57Il y a quand même un certain nombre de personnes qui viennent,
00:34:00j'aurais du mal à dire un pourcentage,
00:34:02mais qui viennent en disant, voilà, la règle c'est ça,
00:34:05mais comme toi tu es maire, tu peux déroger.
00:34:09Donc, en fait, ils demandent de déroger, en fait.
00:34:11Donc, voilà, les gens savent la règle, mais ils disent, nous, nous, non,
00:34:16comme tu es maire, tu peux déroger.
00:34:18Et donc là, voilà, j'ai expliqué pourquoi nous, on ne peut pas déroger, justement.
00:34:23Mais ce n'est pas toujours facile.
00:34:25On sert d'éponge.
00:34:26Moi, je vois la différence entre le début de mon premier mandat 2014 et aujourd'hui.
00:34:32C'est beaucoup plus compliqué aujourd'hui.
00:34:33Les gens sont beaucoup plus agressifs.
00:34:35partent du principe que tout est dû et que la mairie leur doit tout.
00:34:39À partir du moment où ils paient des impôts,
00:34:41ils pensent que la mairie leur doit tout.
00:34:43Mais il y a un petit nombre qui pensent que vu qu'on est payé par la commune,
00:34:46c'est eux qui peuvent nous donner des ordres.
00:34:49Voilà.
00:34:50Mais à tous, que ce soit la secrétaire, l'agent communal, technique, moi, les adjoints.
00:34:55Voilà.
00:34:56On est payé par la commune, donc ils peuvent nous donner des ordres.
00:34:59Bah non.
00:34:59Un maire qui peut dire oui à tout, c'est le rêve absolu.
00:35:05Mais malheureusement, ça n'existe pas.
00:35:07Et l'intérêt collectif, c'est pas la somme des intérêts individuels.
00:35:15Non.
00:35:48On prend beaucoup de coups, on est percuté à longueur d'année, y compris sur les petites choses.
00:35:54Voilà, donc un exemple.
00:35:57Pour illustrer ça, je suis arrivé un matin en mairie, je travaille, je suis passé un petit peu en décalé.
00:36:04Et d'un seul coup, il y a une personne hyper énervée qui rentre dans la mairie et qui hurle
00:36:07après moi.
00:36:08Et en fait, ce qui s'était passé, c'est que c'est une personne qui voulait se faire mettre
00:36:12la fibre.
00:36:14Et l'installateur, qui est délégué par la région, puisque c'est la région qui a la compétence,
00:36:19donc avait simplement dit, j'arrive pas à mettre la fibre, c'est de la faute du maire, il n
00:36:23'a pas déclaré votre maison,
00:36:24et donc c'est de sa faute, donc adressez-vous à lui.
00:36:28Et ça, c'est une vraie violence, parce qu'en fait, on a une certaine formation, on a une certaine
00:36:32connaissance,
00:36:33mais il y a des sujets comme celui-là, par exemple, il tombe dessus et la violence, elle reste.
00:36:38Et puis, limite, sur l'instant, on n'a pas de réponse, en fait, puisque c'est pas nous.
00:36:42Mais, je vais l'appuyer quand même, parce que...
00:36:51Ouh !
00:36:51Il faut écouter, les enfants, hein !
00:37:00Il faut écouter, sinon je viens vous voir, moi !
00:37:02Non, mais...
00:37:10J'ai vécu un moment très difficile, une expérience avec un enfant.
00:37:14Je vais pas trop rentrer dans le détail, parce que c'est un enfant qui avait un parcours de vie
00:37:18horrible,
00:37:19mais ça, on le sait pas quand on est maire.
00:37:20C'est quelqu'un qui était pas du village, et il avait frappé un jeune du village, et il l
00:37:24'avait blessé au sang.
00:37:25Donc, les gamins viennent, et puis ils me disent, ouais, il a mis un coup de poing.
00:37:30Donc, je sors, et le gamin sait pas que je suis le maire.
00:37:33Et moi, je lui dis pas tout de suite que je suis le maire.
00:37:36Je sors, et lui, il m'agresse tout de suite.
00:37:39Il était déchaîné, le gamin, il avait...
00:37:41Voilà, il a passé le cap, comme on dit.
00:37:44Et il a voulu me frapper aussi.
00:37:47Donc, j'ai mis ma main en opposition comme ça, pour pas que...
00:37:50Voilà, et il m'a donné le téléphone de sa maman, parce qu'on n'arrivait pas, j'arrivais pas
00:37:56à le calmer.
00:37:57Et sa maman est venue, on s'est retrouvés dans le bureau, le gamin était dehors, et puis on a
00:38:01discuté.
00:38:02Elle nous a raconté le parcours de vie, les gendarmes m'ont dit, vous portez plainte.
00:38:05Je dis, vous savez, non.
00:38:07Non, non, non, ce que je viens d'entendre, c'est juste très dur.
00:38:11C'est encore une émotion quand j'en parle, parce que c'est un moment qui m'a marqué profondément.
00:38:16Dans ma fonction de maire, c'est un moment que je ne souhaite pas aux autres,
00:38:19parce qu'étant agressé par un enfant de 13 ans, certes, on avance certainement sur son âge,
00:38:25mais un parcours de vie difficile.
00:38:27Et quand il était calmé, le gamin, il est venu et on a discuté, tous les deux.
00:38:31Voilà.
00:38:32Et aujourd'hui, on se salue, il a grandi, il a 4 ans de plus, il a 17 ans, et
00:38:37on est en bon terme.
00:38:41Il faut savoir encaisser des coups, parce que c'est une fonction qui peut être très rude, quelquefois.
00:38:50J'ai eu des menaces de mort à plusieurs reprises.
00:38:54Le premier sentiment, c'est un sentiment de culpabilité, parce que vous vous dites finalement,
00:38:58mais qu'est-ce que j'ai pu faire à quelqu'un pour qu'il souhaite ma mort ?
00:39:01On se sent coupable.
00:39:05J'ai découvert ça dans la boîte aux lettres.
00:39:08Et par la suite, j'ai eu d'autres menaces, des photos de moi avec le crâne fendu, du sang
00:39:16qui coulait,
00:39:17et plusieurs fois dans la nuit, des appels anonymes, du style,
00:39:25on décroche, on ne sait jamais ce qui peut arriver, qu'est-ce que vous voulez, on veut ta mort,
00:39:30etc.
00:39:31J'achoute aussi que, peu de temps avant, il y a eu des coups de fil chez ma maman âgée
00:39:38de 92 ans.
00:39:40Donc là, vous voyez, il y a un moment où on ne peut plus accepter.
00:39:45Et puis on banalise, si on accepte, on banalise.
00:39:49Après, on se dit, pourquoi ai-je accepté cette fonction ?
00:39:52Est-ce que je n'aurais pas été mieux chez moi, en famille, à faire mon jardin ?
00:39:56Et voilà, c'est quand même compliqué, surtout chez les proches, qui le vivent très mal.
00:40:03Ma famille l'a mal vécu.
00:40:30Le premier conseil municipal que j'avais fait, on a décidé de nouveaux tarifs pour l'allocation de la salle
00:40:35des fêtes.
00:40:36Je me suis dit, autant commencer par un truc assez facile,
00:40:40mais cette décision votée à l'unanimité du conseil est mal passée dans la population.
00:40:45Et certains ont monté une campagne contre moi.
00:40:50Et puis, de là, en fait, il y a eu un harcèlement constant.
00:40:53Chaque décision que je prenais, de toute façon, il fallait me faire taper sur les doigts tout le temps.
00:40:57Donc ça commençait à bien faire.
00:40:59Et là, dernièrement, il y a eu menace de mort en disant,
00:41:03si jamais il se produit ça, je vais sortir le fusil, je vais les dézinguer.
00:41:06Donc moi et mon compagnon, du coup, il y en a qui sont tellement agressifs
00:41:10qu'ils ont envoyé leurs enfants harceler les miens.
00:41:11Donc, ce n'est pas une vie.
00:41:14Ce n'est pas une vie ni pour moi, ni pour mes enfants.
00:41:17On parle de fin de téléport, c'était la 51, et donc la 52,
00:41:22c'est là.
00:41:29À ce moment-là, avec tout ce que je subissais comme harcèlement,
00:41:32rien qu'à aller à la mairie, je n'arrivais pas à réfléchir.
00:41:36Bêtement, j'allais derrière la salle des fêtes avec la musique dans les oreilles,
00:41:39je m'allongeais dans l'herbe, je n'arrivais plus à remonter.
00:41:41Mais forcément, je ne vais pas mentir, il y a des jours où ça va,
00:41:44il y a des jours où ça ne va pas,
00:41:45mais parce qu'une dépression, on n'en sort jamais indemne.
00:41:51En fait, on se raccroche aux gens de la commune qui sont sympas.
00:41:55Par exemple, à la mairie, on a tout un mur avec des petits mots gentils,
00:41:58des gens soit qui sont passés avec leur camping-car,
00:42:00soit des administrés qui ont bien aimé un truc qu'on a fait,
00:42:06la livraison du colis des aînés, on a reçu une lettre derrière de remerciements et tout.
00:42:11Donc, on se raccroche à ça.
00:42:20Aujourd'hui en France, 20% des mères sont des femmes.
00:42:23Comment vous expliquez ça ?
00:42:25C'est déjà dur pour tous les mères et je pense que c'est deux fois plus vrai pour les
00:42:29femmes.
00:42:30C'est compliqué de se faire une place toujours, je pense, en tant que femme.
00:42:35Et aussi, j'imagine que ça doit faire plus peur.
00:42:39Une femme qui a des enfants jeunes ne peut pas le faire.
00:42:51Alors, là, je suis sur qui ? Colin ?
00:42:57Donc, il faut qu'on fasse l'histoire géo.
00:43:00Quand je suis devenue mère, mes enfants avaient 6 et 8 ans.
00:43:04Il faut aussi savoir que j'ai divorcé,
00:43:06donc c'est moi qui élève mes enfants la majeure partie du temps,
00:43:08donc toute la semaine et puis un week-end sur deux, la moitié des vacances.
00:43:12Mais t'as vu, il s'appelle Monsieur Pélicier, exactement comme notre amour.
00:43:16C'est marrant.
00:43:17Et c'est vrai que le problème, c'est qu'en fait,
00:43:20tout le mandat électif se construit le soir, après le travail.
00:43:24Et sauf que c'est le moment où tout le monde vous attend à la maison
00:43:26pour aller chercher les enfants à l'école,
00:43:29pour les accompagner à faire les devoirs,
00:43:30pour vivre sa vie de famille normale, jouer,
00:43:33faire à manger, être présent.
00:43:36Pour vendredi, t'as de l'anglais ?
00:43:38L'anglais, c'est déjà fait, j'ai déjà fait.
00:43:40Le français et des maths.
00:43:42Aujourd'hui, la vie politique,
00:43:43qui est dominée quand même par des hommes d'un certain âge,
00:43:47n'est pas du tout adaptée à une vie familiale épanouie.
00:43:50Et c'est vrai que bien souvent, on nous dit,
00:43:51et ça a été un peu les débats sur le statut de l'élu,
00:43:53on va vous rembourser plus de frais de garde, etc.
00:43:56Mais moi, ce que je demande, c'est pas ça,
00:43:58c'est que je demande le fait d'être présente avec mes enfants le soir.
00:44:01J'ai envie d'être mère et mère en même temps.
00:44:04Épanouie.
00:44:07Moi, j'ai eu à connaître d'une situation en 2018,
00:44:10lorsque je suis tombée enceinte,
00:44:12où je me suis vue appeler l'assurance maladie pour leur demander,
00:44:16écoutez, je suis mère d'une commune de 5000 habitants,
00:44:19j'attends un enfant.
00:44:21Est-ce que vous pouvez m'expliquer comment je vais assurer mes missions
00:44:26ou comment je vais être indemnisée durant ce congé maternité ?
00:44:31Et là, on m'a dit, écoutez, ma petite dame, on n'a pas de réponse à vous donner,
00:44:35on ne sait pas.
00:44:36En gros, il n'y avait absolument rien de prévu dans le statut de l'élu,
00:44:40qui est quand même un statut qui a été écrit il y a très longtemps
00:44:43par les hommes pour les hommes,
00:44:45rien qui prévoyait en fait une situation où une femme tombait enceinte.
00:44:50Et du coup, je suis venue avec mes jumeaux dans mon bureau,
00:44:54et puis j'ai exercé mes fonctions tout à fait normalement,
00:44:57sans prendre un seul jour de congé maternité.
00:45:04Moi, depuis le début du mandat à l'interco,
00:45:06je demande des conditions de visioconférence
00:45:07pour ne pas être obligée de traverser le territoire tout le temps
00:45:10et de pouvoir rester avec mes enfants le soir.
00:45:12Et ça fait six ans que je demande ça,
00:45:14il n'y a toujours pas les conditions de visioconférence
00:45:16qui ont été mises en place.
00:45:19Le portrait type du maire,
00:45:22c'est quand même un homme qui va avoir plus de 60 ans,
00:45:25qui est à la retraite, etc.
00:45:27Et pour eux, faire des réunions à 18h, c'est parfait,
00:45:29ça va très bien,
00:45:30et on n'a pas envie de changer tout ça.
00:45:33Sauf que ça bloque l'arrivée des nouveaux,
00:45:36des nouvelles énergies.
00:45:39Et c'est en ça que j'aimerais beaucoup demain
00:45:40que ce soit une présidente qui prenne la place
00:45:43sur l'intercommunalité,
00:45:44parce que je me dis,
00:45:45ça lèverait énormément de frais à l'engagement,
00:45:48et puis ça impulserait une autre manière de faire la politique,
00:45:51ça j'en suis sûre.
00:45:58Il faut une vraie énergie pour porter des projets,
00:46:01aller chercher des subventions,
00:46:02mobiliser ses équipes,
00:46:03mobiliser les habitants,
00:46:04faire les choses ensemble, en collectif.
00:46:06Et en même temps,
00:46:08une indemnité si faible
00:46:09qui fait qu'on est obligé
00:46:10de cumuler d'autres fonctions en tant qu'élu,
00:46:13de continuer une activité professionnelle
00:46:14pour remplir le frigo,
00:46:15et en même temps,
00:46:16toutes les charges familiales,
00:46:18et ça, en fait,
00:46:21ça colle pas.
00:46:34On lit de nos moutons,
00:46:36les rivières chantent notre liberté,
00:46:40les coteaux réveillent notre ferme.
00:47:10Pour aujourd'hui,
00:47:12être élu et faire correctement son boulot,
00:47:15il faut avoir un peu d'argent.
00:47:16Parce que la bouffe et le loyer,
00:47:18ça se paye pas tout seul.
00:47:19Le revenu d'un maire d'une commune de 600 habitants,
00:47:21c'est de l'ordre de 650 euros par mois,
00:47:24et ça vous prend 30 heures par semaine,
00:47:27qu'il faut cumuler en plus de votre travail.
00:47:29Mon indemnité de maire passe quasiment
00:47:32dans les frais de garde d'enfants.
00:47:34Au-delà des difficultés personnelles que ça pose,
00:47:37moi, ce qui me fâche et me rend en colère,
00:47:41c'est de penser que la démocratie,
00:47:43elle est pas accessible à tous.
00:47:44Je pense qu'on est à la fin d'un système,
00:47:46comme on est à la fin de la Ve République,
00:47:48et qu'il va falloir revoir sa copie
00:47:50pour arriver à être plus efficace.
00:47:52Moi, je suis assez radicale,
00:47:54c'est que moi,
00:47:54je suis pour une professionnalisation du mandat.
00:47:56Alors après, il y a certains qui vous diront,
00:47:58« Mais c'est comme ça qu'après,
00:48:00on va avoir des élus
00:48:01qui seront des professionnels de la politique ».
00:48:03Mais c'est déjà le cas, en fait.
00:48:05On a déjà des élus
00:48:06qui sont des professionnels de la politique.
00:48:07En fait, c'est certaines personnes
00:48:09qui peuvent se permettre.
00:48:10Donc on détourne le regard.
00:48:12Moi, je pense qu'au contraire,
00:48:14d'offrir les conditions de professionnalisation
00:48:16de la fonction, c'est l'ouvrir à tous.
00:48:17Et après, si vous voulez pas
00:48:18qu'il y ait de cumul dans le temps,
00:48:20vous encadrez les mandats dans la durée.
00:48:22C'est-à-dire un mandat pour apprendre,
00:48:25deux mandats pour faire,
00:48:26trois mandats pour transmettre,
00:48:27et après, c'est terminé.
00:48:28Et puis, vous retournez à la vie active.
00:48:30Moi, je suis pas contre
00:48:31que le statut de l'élu
00:48:32soit inscrit dans le code du travail,
00:48:34vous voyez,
00:48:34parce que je considère
00:48:35qu'un élu et un maire,
00:48:39au quotidien, ils travaillent.
00:48:40On n'enfile pas des perles.
00:48:42Non.
00:48:43Que serait la République
00:48:45sans ses maires ?
00:49:10À boutique.
00:49:11Merci.
00:49:16Moi, j'arrête parce que je considère
00:49:18qu'il y a un âge pour tout.
00:49:20Je suis à l'aube de mes 70 ans,
00:49:22donc je pense que, voilà,
00:49:23parce que les mandats de maire,
00:49:24c'est long.
00:49:25Oui, ça y est, ça tire à sa fin.
00:49:27Je suis content parce que, bon,
00:49:28il y a quand même des gens
00:49:30qui laissent un petit mot,
00:49:31tu vois, en disant,
00:49:31voilà, vous avez fait du bon boulot,
00:49:32vous pouvez partir,
00:49:34le sentiment du devoir accompli.
00:49:35Ça va vous faire drôle,
00:49:37quand même, un petit peu, hein ?
00:49:38Non.
00:49:39Non, mais c'est vrai.
00:49:40Non, non, sincèrement.
00:49:40Mais ça fait six ans
00:49:41que je dis que j'arrête,
00:49:42donc je suis préparé.
00:49:43Ah, les jeunes mariés !
00:49:44Ça va, ça se passe bien ?
00:49:47Toujours en coup ?
00:49:48Toujours amoureux ?
00:49:49Ça va, vous allez bien ?
00:49:51Très bien, très très bien.
00:49:53Ça va bien ?
00:49:58Diaboro.
00:50:02Chaumont.
00:50:14Donc, félicitations
00:50:15au nouveau conseil municipal.
00:50:23Rendez-vous pour l'élection
00:50:24du maire et des adjoints.
00:50:26Samedi prochain,
00:50:27on sera le 21 de même mois
00:50:29à 10h en mairie.
00:50:31Ce sera en mairie.
00:50:33Pas ici, hein ?
00:50:34À partir de là,
00:50:35je serai en vacances.
00:50:39Félicitations.
00:50:40Bonne chance.
00:50:40C'est bien fait, j'enviens.
00:50:42C'est une bonne chance.
00:50:53Ah, mon remplaçant.
00:50:55Mes félicitations.
00:50:56Bravo à toi.
00:50:57Belle campagne.
00:50:58Méritée.
00:50:59Donc, bienvenue à toi.
00:51:00Ben voilà.
00:51:01Ça sera ta deuxième maison.
00:51:03Le boulot va commencer.
00:51:04Tu vas passer beaucoup de temps ici.
00:51:05Donc, tu vas t'organiser.
00:51:07Tu te montrerai un petit peu
00:51:09comment moi je fonctionne.
00:51:11Tu feras comme tu voudras.
00:51:13Puis voilà.
00:51:13Puis après, on regardera
00:51:14mais tranquillement.
00:51:15Il y a les futurs adjoints
00:51:17qui vont venir en partie aussi.
00:51:18Oui.
00:51:19Ben, quand ils seront là,
00:51:21on fera une petite réunion à côté.
00:51:23Et puis, le sujet,
00:51:24le premier sujet
00:51:25qu'il va falloir prendre en compte
00:51:27et dès ce matin,
00:51:28c'est l'école.
00:51:29Ce matin,
00:51:29on va prendre le numéro
00:51:30de l'académie
00:51:30et on va appeler
00:51:31Mme Bizet
00:51:32et puis on va lui dire
00:51:33voilà,
00:51:34le nouveau maire,
00:51:35il est presque installé
00:51:38et on vous écoute
00:51:39sur ce qui va le devenir
00:51:41de notre école.
00:51:42Qu'est-ce qu'ils ont dans la tête
00:51:43parce que ça,
00:51:43on ne sait pas
00:51:44ce qu'ils ont dans la tête.
00:51:48On ne peut pas arrêter
00:51:53du jour au lendemain.
00:51:55Là, j'ai dit
00:51:55que je ne me représentais pas
00:51:57comme maire
00:51:57mais j'ai quand même
00:51:58le souci de la transmission
00:52:00et c'est important
00:52:01de transmettre.
00:52:02Les formations de maire,
00:52:03ça n'existe pas.
00:52:05Donc, c'est vrai
00:52:06que ceux qui font
00:52:07un peu le cursus
00:52:08conseillers municipaux,
00:52:10adjoints
00:52:11et après maire,
00:52:13il y a une logique
00:52:15mais celui qui fait maire
00:52:16comme ça,
00:52:18et surtout,
00:52:20si on savait avant
00:52:21ce que ça comporte,
00:52:23je ne suis pas certain
00:52:24qu'on dirait oui.
00:52:32Bonjour,
00:52:33est-ce que vous auriez
00:52:34une minute pour répondre
00:52:35d'un micro-trottoir filmé ?
00:52:36C'est sur les maires
00:52:38de Fouse.
00:52:39Écoutez,
00:52:39votre question
00:52:40est assez extraordinaire
00:52:42parce que je suis là
00:52:43en vacances
00:52:44et j'ai été moi-même
00:52:46maire de Genève.
00:52:47Alors, on a l'avantage,
00:52:48si vous voulez,
00:52:48nous, en Suisse,
00:52:49de ne pas avoir
00:52:50une sorte
00:52:51de reconduction tassée.
00:52:53Nous avons
00:52:54l'habitude
00:52:55en ce qui nous concerne
00:52:57d'être élu
00:52:58pour cinq ans
00:52:58mais d'être maire
00:52:59une année
00:53:00parce que nous sommes
00:53:01collégialement élus.
00:53:02Il faut savoir
00:53:03trouver un dénominateur commun
00:53:05pour faire passer
00:53:06ces idées.
00:53:07Mieux partager le pouvoir,
00:53:09c'est aussi garantir
00:53:10une sécurité
00:53:11pour celles et ceux
00:53:13qui l'exercent.
00:53:14Sous-titrage Société Radio-Canada
00:53:52Les 15 et 22 mars derniers
00:53:54se sont donc déroulées
00:53:56les élections municipales
00:53:57et être maire
00:53:58s'avère tout
00:53:59sauf un long fleuve tranquille
00:54:00en particulier
00:54:02dans les villes
00:54:02de moins de 9000 habitants
00:54:04qui constituent pourtant
00:54:0596%
00:54:07des communes françaises
00:54:08comme en témoignait
00:54:10à l'instant
00:54:10ce documentaire
00:54:11réalisé par
00:54:13Laurent Luteau
00:54:14l'occasion
00:54:14pour nous maintenant
00:54:15avec nos invités
00:54:16dans ce débat doc
00:54:17de se demander
00:54:18pour qui
00:54:19ces élections municipales
00:54:20ont constitué
00:54:21une bonne rampe
00:54:22de lancement
00:54:23pour la présidentielle.
00:54:25Brice Socol
00:54:27est avec nous
00:54:27bienvenue à vous
00:54:29vous êtes politologue
00:54:31auteur avec Frédéric Dhabi
00:54:32de ce livre
00:54:33L'écharpe
00:54:34et les tempêtes
00:54:35face aux mers
00:54:37la défiance inattendue
00:54:38c'est un ouvrage
00:54:39qu'on peut se procurer
00:54:40aux éditions
00:54:41de l'aube
00:54:42Astrid De Vilaine
00:54:43est également avec nous
00:54:44bienvenue à vous
00:54:45Astrid De Vilaine
00:54:45vous êtes journaliste
00:54:47sur France Culture
00:54:47où vous présentez
00:54:48notamment l'esprit public
00:54:49émission de référence
00:54:51il en a un d'ailleurs
00:54:52chez nos confrères
00:54:53de France Culture
00:54:54et auteur de ce livre
00:54:55Les 7 péchés capitaux
00:54:57de la gauche
00:54:58c'est un ouvrage
00:54:59lui disponible
00:55:00aux éditions
00:55:00Jean-Claude Lattès
00:55:03et puis enfin
00:55:03Rémi Lefebvre
00:55:04est avec nous
00:55:05bienvenue à vous
00:55:06Rémi Lefebvre
00:55:07vous êtes enseignant
00:55:07chercheur
00:55:08professeur
00:55:09de sciences politiques
00:55:10à l'université
00:55:11de Lille
00:55:12et auteur de
00:55:13Faut-il désespérer
00:55:14de la gauche
00:55:16un ouvrage
00:55:16toujours d'actualité
00:55:17semble-t-il
00:55:18on va sans doute
00:55:19en parler d'ailleurs
00:55:19sur ce plateau
00:55:21il est publié
00:55:21aux éditions textuelles
00:55:23on va commencer
00:55:24avec vous
00:55:24Rémi Lefebvre
00:55:25avec un constat
00:55:26s'il en est un
00:55:27qui a capitalisé
00:55:28et très vite
00:55:29sur ces municipales
00:55:30c'est Édouard Philippe
00:55:31parce qu'il a été réélu
00:55:33assez largement
00:55:34d'ailleurs au Havre
00:55:35et tout de suite après
00:55:37effectivement
00:55:37il s'est lancé
00:55:38dans cette campagne
00:55:39présidentielle
00:55:39c'est le premier
00:55:40finalement à avoir
00:55:41capitalisé très fortement
00:55:42sur une réélection
00:55:43à l'occasion
00:55:43de ces municipales
00:55:44dans une ville
00:55:45importante
00:55:46le Havre
00:55:46dans une ville
00:55:47plutôt de gauche
00:55:48donc c'était pas facile
00:55:49d'être élu
00:55:50même s'il a un bon bilan
00:55:52alors moi je capitaliser
00:55:53effectivement c'est une rampe
00:55:54de lancement pour lui
00:55:55mais c'est pas ça
00:55:56qui va faire son élection
00:55:57c'est à dire que
00:55:58alors Édouard Philippe
00:55:59il a une image
00:56:00quand même
00:56:00de premier ministre
00:56:03ancré dans le local
00:56:04dans une ville
00:56:05de gauche
00:56:06populaire
00:56:06industrielle
00:56:07voilà donc
00:56:08il y a un côté proximité
00:56:09sur lequel il va jouer
00:56:11c'est clair que
00:56:12s'il avait perdu
00:56:13au Havre
00:56:13c'était fini pour lui
00:56:15après
00:56:16est-ce que ça lui donne
00:56:17vraiment
00:56:17une valeur ajoutée
00:56:19considérable
00:56:20dans l'élection présidentielle
00:56:21d'avoir été lieu au Havre
00:56:22c'est pas sûr en fait
00:56:23mais en tout cas
00:56:24ça lui a permis
00:56:25de donner
00:56:26déjà d'être présidentiel
00:56:28de confirmer
00:56:28sa présidentialité
00:56:29et ensuite
00:56:30effectivement
00:56:31de lancer
00:56:32sa pré-campagne
00:56:33sa candidature
00:56:34Alors
00:56:35lancement peut-être
00:56:36de ce qu'est la candidature
00:56:38du bloc central
00:56:39c'est peut-être
00:56:40la figure
00:56:41qui sort le plus
00:56:42aujourd'hui
00:56:43de ce fameux bloc central
00:56:44on pourrait rajouter
00:56:45Gabriel Attal
00:56:46qui lui aussi
00:56:46n'a pas tardé d'ailleurs
00:56:47à officialiser sa candidature
00:56:49après évidemment
00:56:50Édouard Philippe
00:56:51on pourrait peut-être
00:56:52y mettre aussi
00:56:53Bruno Retailleau
00:56:54après tout
00:56:54dans ce bloc central
00:56:55qui lui représente
00:56:56les LR
00:56:56et qui s'est fait
00:56:57désigner
00:56:58par sa formation politique
00:56:59comme étant
00:57:00le candidat
00:57:01des républicains
00:57:02à l'occasion
00:57:02de ses présidentielles
00:57:03qu'est-ce qu'on peut dire
00:57:04de l'implantation locale
00:57:05telle qu'elle est sortie
00:57:06de ses élections municipales
00:57:08et de ses trois candidats
00:57:09déjà en liste
00:57:10pour cette présidentielle
00:57:11à l'intérieur
00:57:12de ce bloc central
00:57:13au sens large
00:57:14on va dire
00:57:14ce qui est intéressant
00:57:15c'est que par rapport
00:57:17aux dernières élections municipales
00:57:19le bloc central
00:57:21finalement
00:57:22s'inscrit
00:57:23sur le plan territorial
00:57:25il gagne des villes
00:57:25comme Bordeaux
00:57:26il gagne des villes
00:57:27comme Annecy
00:57:28mais ça ne raconte pas
00:57:30un récit national
00:57:31on voit bien
00:57:32que ces élections municipales
00:57:33on a retrouvé
00:57:35un peu le clivage
00:57:35droite-gauche
00:57:36alors il y a eu
00:57:36beaucoup de turn-over
00:57:37malgré tout
00:57:37notamment dans les villes
00:57:38moyennes
00:57:39on voit la droite
00:57:41et le parti socialiste
00:57:42qui reste quand même
00:57:43très ancré
00:57:44dans les territoires
00:57:45notamment LR
00:57:46notamment LR
00:57:47alors ce qui est intéressant
00:57:47c'est que lorsqu'on fait
00:57:48l'analyse un peu
00:57:49des résultats
00:57:50c'est qu'on ne sait pas
00:57:51très bien
00:57:51il y a ceux qui sont LR
00:57:52il y a ceux qui sont
00:57:53divers droite
00:57:53il y a ceux qui sont
00:57:56proches d'Edouard Philippe
00:57:57mais qui sont au centre
00:57:57et à la fois à droite
00:57:58donc c'est très difficile
00:57:59d'avoir une photographie
00:58:00j'allais dire
00:58:01très dichotomique
00:58:02droite et gauche
00:58:03de ces élections municipales
00:58:05néanmoins
00:58:05on voit bien que
00:58:06notamment dans les villes
00:58:07moyennes
00:58:07ou dans les petites villes
00:58:09de moins de 20 000 habitants
00:58:11on ressent
00:58:11on retrouve ce clivage
00:58:12droite-gauche
00:58:13et c'est un peu le paradoxe
00:58:14c'est-à-dire qu'on a
00:58:15des élections municipales
00:58:16où les partis traditionnels
00:58:19sont encore présents
00:58:20sont inscrits
00:58:20dans nos territoires
00:58:22alors qu'à l'échelle nationale
00:58:23si on regarde
00:58:23le parti socialiste
00:58:24si on regarde
00:58:25les républicains
00:58:26ce sont des partis
00:58:27qui se sont depuis
00:58:2810 ans
00:58:28considérablement affaiblis
00:58:29LR c'est
00:58:331267 maires
00:58:348,7 millions de voix
00:58:36et à la sortie
00:58:38de ces élections
00:58:39sont la première
00:58:40implantation locale
00:58:41et avec ce paradoxe
00:58:43effectivement
00:58:43c'est sur le plan national
00:58:45le leader de LR aujourd'hui
00:58:46il y a un vrai décalage
00:58:48n'a pas cette force
00:58:50c'est pour ça
00:58:50que tirer des conclusions
00:58:51comme ça immédiates
00:58:52des élections municipales
00:58:54les projeter
00:58:55sur les élections présidentielles
00:58:56je pense que
00:58:57ça ne suffit pas
00:58:58je pense qu'il y a
00:58:59d'autres éléments
00:58:59on en parlera
00:59:00il y a la sociologie
00:59:00des territoires
00:59:01moi je crois beaucoup
00:59:01à la sociologie
00:59:02des territoires
00:59:03mais on en parlera
00:59:04dans l'analyse
00:59:04et puis il y a les récits
00:59:06voilà
00:59:06et aujourd'hui
00:59:07les deux récits
00:59:08depuis 2022
00:59:10que l'on voit apparaître
00:59:11à l'échelle nationale
00:59:11c'est le récit
00:59:12évidemment
00:59:13de la France insoumise
00:59:14et c'est le récit
00:59:15du rassemblement national
00:59:16entre cette nouvelle France
00:59:17et puis
00:59:18ce que d'autres qualifient
00:59:19cette France plutôt territoriale
00:59:21ou cette France éternelle
00:59:21on va revenir sur le cas
00:59:23du rassemblement national
00:59:24et de la gauche
00:59:25et principalement
00:59:26de l'EFI
00:59:28néanmoins
00:59:28on s'interrogeait beaucoup
00:59:29sur cette implantation locale
00:59:31de ce qu'on a appelé
00:59:32le macronisme
00:59:32alors c'était
00:59:33la république en marche
00:59:34aujourd'hui c'est horizon
00:59:35plus renaissance
00:59:36et peut-être plus
00:59:37le LR
00:59:39cette implantation locale
00:59:40du macronisme
00:59:42elle ne s'est pas
00:59:43franchement effectuée
00:59:45en réalité
00:59:45quand on regarde
00:59:46les chiffres
00:59:47si ?
00:59:47non c'est vrai
00:59:48mais en même temps
00:59:49c'est un parti jeune
00:59:49entre guillemets
00:59:50qui n'a que 10 ans
00:59:51c'est vrai que ça n'a pas été
00:59:52sa priorité
00:59:53de s'implanter dans les territoires
00:59:54mais je trouve quand même
00:59:56que cette élection municipale
00:59:57n'est pas si ratée
00:59:58on s'attendait quand même
00:59:59à pire je trouve
01:00:00la victoire de Bordeaux
01:00:01est quand même symbolique
01:00:02avec Thomas Cazenave
01:00:03Annecy vous en avez parlé
01:00:04et puis même
01:00:05quelques communes
01:00:06un petit peu plus
01:00:07dans des zones
01:00:07un petit peu plus rurales
01:00:09on voit bien
01:00:09quand vous parliez
01:00:10du bloc central
01:00:11qui est en train de se déchirer
01:00:12en vue de cette présidentielle
01:00:13que Gabriel Attal
01:00:14lui capitalise aussi
01:00:15sur des maires amis
01:00:16en Occitanie
01:00:17où il a fait
01:00:17son lancement
01:00:18de campagne
01:00:20sa déclaration de candidature
01:00:22ce qui n'était pas gagné
01:00:23pour un parti
01:00:24qu'on disait quand même
01:00:25assez urbain
01:00:26voire mondialisé
01:00:27vous voyez Gabriel Attal
01:00:28il avait plus cette image
01:00:29quand même de jeune
01:00:30global
01:00:31plus qu'avec un ancrage local
01:00:33donc il joue là-dessus
01:00:33là où je mettrais
01:00:34quand même une mesure
01:00:35c'est je trouve
01:00:35qu'Edouard Philippe
01:00:36en effet fait une très belle victoire
01:00:37au Havre
01:00:38qui n'était pas gagné
01:00:39en tout cas les sondages
01:00:40n'étaient pas aussi
01:00:42enthousiastes au début
01:00:43face notamment
01:00:44à un candidat communiste
01:00:45vous l'avez souligné
01:00:46tout à l'heure
01:00:46un candidat de gauche
01:00:47qui plus est communiste
01:00:48et avec évidemment
01:00:49sur place une volonté
01:00:50de se payer
01:00:52le présidentiable
01:00:53donc il a vraiment
01:00:54bien géré ce second tour
01:00:55et pour autant
01:00:56je trouve qu'il s'effondre
01:00:57un peu
01:00:57d'un point de vue
01:00:58de la stratégie derrière
01:00:59c'est-à-dire que
01:01:00moi j'aurais enclenché
01:01:01la mécanique
01:01:01j'aurais vraiment
01:01:02profité de cette rame de lancement
01:01:03je trouve qu'il y a eu
01:01:04un flottement un peu
01:01:05qu'on a pu sentir
01:01:06dans ses équipes
01:01:06là il y a un meeting
01:01:07qui va arriver le 5 juillet
01:01:09mais on sent que lui
01:01:09ce qui est difficile pour lui
01:01:10c'est la gestion du temps
01:01:12vous voulez rajouter
01:01:12quelque chose
01:01:13oui ce qui est très frappant
01:01:14quand même globalement
01:01:15si on a un paysage global
01:01:17c'est qu'en gros
01:01:18on a les parties
01:01:19du vieux monde politique
01:01:22LRPS
01:01:22qui continuent à être
01:01:23ultra hégémoniques localement
01:01:24c'est quand même
01:01:25très très impressionnant
01:01:26et puis on a
01:01:27les trois parties
01:01:28plus récents
01:01:29donc Renaissance
01:01:31l'ERN
01:01:32et l'FI
01:01:33qui en fait
01:01:33sont des nains politiques
01:01:35sur le plan local
01:01:35il faut être clair
01:01:36Renaissance c'est 100 mères
01:01:38l'ERN c'est 70 mères
01:01:40LFI c'est 10 mères
01:01:42à l'échelle de 35 000 communes
01:01:43donc on est dans une vie politique
01:01:45quand même très étonnante
01:01:46pendant très très longtemps
01:01:47souvenez-vous
01:01:48municipale
01:01:49de 2008 au 2014
01:01:50il y avait l'EPS et LR
01:01:52qui se partageaient
01:01:53tous les pouvoirs
01:01:54et en gros
01:01:54quand l'EPS était
01:01:55aux manettes nationales
01:01:57il prenait une raclée
01:01:58aux élections municipales
01:01:59et quand c'était
01:02:00la droite
01:02:01c'était l'inverse
01:02:01on n'est plus du tout
01:02:02sur ce schéma là
01:02:03et du coup
01:02:04les relations entre local
01:02:05et national
01:02:05sont quand même
01:02:07sacrément
01:02:07sacrément bousculées
01:02:08ce qui ne veut pas dire
01:02:09que pour ces partis politiques
01:02:11émergents
01:02:12c'est pas très important
01:02:13de jouer la carte du local
01:02:14parce que
01:02:15Horizon est un parti
01:02:16malgré tout
01:02:17d'élus locaux
01:02:17Renaissance avait besoin
01:02:19de mettre
01:02:20d'accrocher des victoires
01:02:21on a vu qu'ELEFI
01:02:22a fortement investi
01:02:24des élections municipales
01:02:25et l'ERN pareil
01:02:26l'ERN
01:02:27bon voilà
01:02:27a beaucoup joué aussi
01:02:28l'image de l'implantation
01:02:30dans les territoires
01:02:31donc les relations
01:02:32entre local et national
01:02:33sont à la fois changeantes
01:02:35mais en même temps
01:02:35avec des fondamentaux
01:02:36qui est la proximité
01:02:37le local
01:02:38ça reste important
01:02:39pour les partis politiques
01:02:39alors ce qui va compter
01:02:40par nature
01:02:41dans cette élection présidentielle
01:02:42c'est l'incarnation politique
01:02:43on va revenir à ELEFI
01:02:44ELEFI n'avait jamais
01:02:45autant investi
01:02:46sur une élection municipale
01:02:48que celle
01:02:48que nous avons vécue
01:02:49avec les résultats
01:02:51que nous connaissons
01:02:51autrement dit
01:02:52quelques villes de gagnés
01:02:53et puis
01:02:54très bon score
01:02:55du côté urbain
01:02:57des grandes villes
01:02:58notamment
01:02:58et puis un Jean-Luc Mélenchon
01:02:59qui lui aussi
01:03:01prend ce leadership
01:03:02sur la gauche
01:03:03depuis ces élections municipales
01:03:05c'était calculé
01:03:06c'est assez justifié
01:03:08de voir Jean-Luc Mélenchon
01:03:09essayer de capitaliser
01:03:10sur ce qu'ont été
01:03:11à la fois les résultats
01:03:12et à l'occasion
01:03:14de ces municipales
01:03:15de sa formation
01:03:15et l'investissement
01:03:16mis par cette formation
01:03:18c'était du jamais vu
01:03:19sur des municipales
01:03:19du côté d'ELEFI
01:03:20on vous a absolument raison
01:03:22c'est du jamais vu
01:03:22c'est la première fois
01:03:23qu'on assiste
01:03:23à une territorialisation
01:03:25d'ELEFI
01:03:26mais Jean-Luc Mélenchon
01:03:28l'a toujours dit
01:03:29c'est-à-dire qu'il a perdu
01:03:31la qualification
01:03:32au second tour
01:03:33de l'élection présidentielle
01:03:34la dernière fois
01:03:35à peu près
01:03:36450
01:03:38500 000 voix
01:03:38donc il a dit
01:03:39je vais aller chercher
01:03:41ce qu'il appelle lui
01:03:42cette nouvelle France
01:03:43notamment dans les quartiers
01:03:44populaires
01:03:46dans les métropoles
01:03:47je vais aller chercher
01:03:48de nouveaux électeurs
01:03:49c'est ce qu'il a fait
01:03:49c'est ce qu'il a fait
01:03:50aux européennes
01:03:52déjà pardon
01:03:53législatives de 2022
01:03:55aux européennes
01:03:56aux législatives de 2024
01:03:58qui s'est concrétisé
01:03:59dans certains territoires
01:04:01aux municipales
01:04:02pour ça que moi je parle
01:04:03quand vous dites territoire
01:04:03ça s'est surtout
01:04:04concrétisé dans les grandes villes
01:04:06et certaines grandes villes
01:04:07et certaines grandes villes
01:04:08c'est pour ça que je parle
01:04:09de territorialisation
01:04:10et si vous voulez
01:04:11ce qui est intéressant
01:04:11c'est que moi je pense
01:04:12qu'il ne faut plus
01:04:13qu'on fasse uniquement
01:04:14une analyse politique du vote
01:04:15il faut qu'on fasse
01:04:16une analyse sociologique du vote
01:04:18Bourdieu disait
01:04:19vous savez il y a le capital économique
01:04:21il y a le capital culturel
01:04:22et bien aujourd'hui
01:04:23moi dans les études que je fais
01:04:24il y a ce qu'on appelle
01:04:25le capital résidentiel
01:04:26c'est-à-dire que
01:04:27quand vous regardez
01:04:28les résultats notamment
01:04:28des LFI
01:04:29vous le regardez à la Courneuve
01:04:30vous le regardez à Roubaix
01:04:31vous le regardez à Saint-Denis
01:04:33en fait
01:04:34ce sont des territoires
01:04:35bien sûr
01:04:36ce sont des territoires
01:04:36qui ont des caractéristiques particulières
01:04:38c'est un territoire
01:04:39où le taux de pauvreté
01:04:39est le plus élevé
01:04:41ce sont les territoires
01:04:42quand je parle
01:04:43du capital résidentiel
01:04:44où le nombre
01:04:45de personnes
01:04:46qui vivent en HLM
01:04:47est le plus élevé
01:04:48et c'est le nombre
01:04:49de territoires
01:04:50où vous avez le plus grand nombre
01:04:51de HLM
01:04:51c'est le nombre de territoires
01:04:53où la jeunesse
01:04:54est surreprésentée
01:04:55par rapport
01:04:56à la population
01:04:57de ces territoires
01:04:57donc vous voyez bien
01:04:58que LFI s'implante
01:04:59là où vous avez
01:05:00des caractéristiques
01:05:02sociologiques
01:05:02très particulières
01:05:04avec quand même
01:05:04un plafond de verre
01:05:05pour LFI
01:05:06dans les grandes villes
01:05:07pas toutes
01:05:07mais prenons Toulouse
01:05:08qui a quand même été
01:05:09le cas emblématique
01:05:10de ces élections
01:05:13François Piquemal
01:05:13n'y arrive pas
01:05:14n'arrive pas
01:05:15à l'emporter
01:05:16et on a vu
01:05:17je crois
01:05:17dans les analyses
01:05:18post-second tour
01:05:19que c'est le RN
01:05:20aussi qui est allé
01:05:21faire barrage
01:05:22à LFI
01:05:22qui s'est surmobilisé
01:05:24par rapport à d'habitude
01:05:24pour élire
01:05:26et réélire
01:05:26Jean-Luc Moudinck
01:05:27il y a eu le cas
01:05:28de Limoges aussi
01:05:29Union de la gauche
01:05:29qui pensait pouvoir
01:05:30l'emporter
01:05:31dans une ville
01:05:31historiquement à gauche
01:05:32qu'il a laissée
01:05:33à la droite
01:05:34mais il y a l'inverse
01:05:36il y a Nantes
01:05:36Nantes avec cette union
01:05:38du Parti Socialiste
01:05:40et de LFI
01:05:40qui a été très critiquée
01:05:41de la part de la maire
01:05:43sur place
01:05:44et qui l'emporte
01:05:44quand même
01:05:45donc sans doute
01:05:45avec le soutien
01:05:46de LFI
01:05:47donc attention aussi
01:05:47je trouve
01:05:48à ne pas faire
01:05:49trop de prédictions
01:05:51c'est-à-dire que
01:05:51c'est pas un scrutin local
01:05:53on dit souvent
01:05:53c'est 35 000 élections
01:05:55c'est pas ça
01:05:56qui va forcément
01:05:57donner le résultat
01:05:57de l'élection présidentielle
01:05:58pour moi
01:05:58ce sont des signaux faibles
01:06:00ce sont des symboles
01:06:00c'est évidemment
01:06:01un signal
01:06:02et il y a beaucoup de choses
01:06:03qui se concrétisent
01:06:04dans les 3 mois
01:06:05qui se sont passés
01:06:05mais ça ne fera pas tout
01:06:07Est-ce qu'à votre avis
01:06:08on a là le résultat
01:06:09d'une véritable stratégie
01:06:11mise en place
01:06:11par le leader de LFI
01:06:13je mise beaucoup
01:06:14sur ces municipales
01:06:15et derrière
01:06:15je vais pouvoir capitaliser
01:06:17sur un segment
01:06:20bien ciblé
01:06:20bien défini
01:06:23est-ce qu'on peut
01:06:24traduire les choses
01:06:24comme ça
01:06:25ou pas ?
01:06:25D'abord si on reprend
01:06:27il y a eu 2 élections
01:06:27municipales pour LFI
01:06:282020-2026
01:06:29Mélenchon n'avait pas
01:06:30le choix
01:06:31il ne pouvait pas
01:06:31enjamber les élections
01:06:32municipales
01:06:32parce qu'il y avait
01:06:33les élections présidentielles
01:06:34et il a été chirurgical
01:06:36c'est-à-dire qu'il s'est dit
01:06:37je vais cibler
01:06:38en fait ma stratégie
01:06:40sur les grandes villes
01:06:41les villes avec des banlieues
01:06:42avec des populations
01:06:43issues d'immigration
01:06:44c'est très clair
01:06:44il n'y a eu que 500 candidats
01:06:47LFI
01:06:48sur 35 000
01:06:49donc il n'a pas
01:06:50LFI
01:06:50il n'a pas la capacité
01:06:52il n'a pas le maillage
01:06:53territorial
01:06:54pour présenter
01:06:54beaucoup de candidats
01:06:55par contre
01:06:55très clairement
01:06:56ils ont visé
01:06:57les villes
01:06:58où ils pouvaient
01:06:59gagner
01:07:00Roubaix-Saint-Denis
01:07:01et ça a marché
01:07:02puisqu'ils ont gagné
01:07:02100 000 habitants
01:07:03150 000 habitants
01:07:04et puis ensuite
01:07:05les grandes villes
01:07:06les grandes villes
01:07:07Toulouse
01:07:08Montpellier
01:07:08Marseille
01:07:09Lyon
01:07:10où ils ont fait
01:07:11des scores importants
01:07:12même s'ils n'ont pas
01:07:12converti ces scores
01:07:13en partant tout seul
01:07:14très souvent
01:07:15dès le premier tour
01:07:16sans alliance
01:07:17avec une stratégie
01:07:18avec les autres formations
01:07:19de gauche
01:07:19d'affirmation
01:07:20par rapport
01:07:21au vert
01:07:22par rapport
01:07:22aux socialistes
01:07:23donc moi
01:07:24ce que je trouve
01:07:25assez fabuleux
01:07:26dans la séquence municipale
01:07:27pour Mélenchon
01:07:28c'est qu'au fond
01:07:28il a gagné
01:07:299 villes
01:07:29et il est apparu
01:07:31comme
01:07:31il a réussi
01:07:32en fait
01:07:32à donner l'impression
01:07:33qu'il avait
01:07:34fait une percée
01:07:35aux élections municipales
01:07:36alors qu'il n'a que
01:07:369 villes
01:07:37et puis effectivement
01:07:38il y a
01:07:39Bailly Bagayoko
01:07:40qui est le maire
01:07:41de Saint-Denis
01:07:41qui est devenu
01:07:41un an
01:07:42à l'issue
01:07:42de ces élections municipales
01:07:43un emblème de LFI
01:07:45et qui est très très valorisé
01:07:46et c'est pas un hasard
01:07:48si Jean-Luc Mélenchon
01:07:49organise son premier meeting
01:07:50son premier meeting
01:07:53électoral
01:07:54à Saint-Denis
01:07:55avec les images
01:07:55spectaculaires
01:07:56du haut de la basilique
01:07:58les 26 000 personnes
01:07:59donc il y a
01:08:00très clairement
01:08:01une stratégie
01:08:02de communication
01:08:03de Mélenchon
01:08:03qui a été très habile
01:08:04et ce premier meeting
01:08:07c'était le 7 juin dernier
01:08:08vous l'avez dit
01:08:09à Saint-Denis
01:08:09en Saint-Denis
01:08:10ce qui est intéressant
01:08:11c'est que
01:08:11depuis 2022
01:08:14LFI
01:08:14semble avoir gagné
01:08:16si vous voulez
01:08:16le combat idéologique
01:08:18à gauche
01:08:18premier tour
01:08:19des élections municipales
01:08:20le parti socialiste
01:08:22quand on regarde
01:08:22premier tour
01:08:23en nombre de voix
01:08:24je crois que c'est 7 millions
01:08:256 ou 7 millions
01:08:26LFI c'est 650 000
01:08:28et pourtant
01:08:28le récit
01:08:29le récit
01:08:30c'est LFI
01:08:30a remporté
01:08:31le premier tour
01:08:32des élections municipales
01:08:33et le second
01:08:34c'est-à-dire qu'en politique
01:08:35parfois
01:08:36et souvent
01:08:37la symbolique
01:08:38et le récit
01:08:39est plus fort
01:08:40que la réalité électorale
01:08:41et c'est le cas
01:08:42et c'est le cas aujourd'hui
01:08:43c'est
01:08:45LFI
01:08:46préempte
01:08:46la gauche
01:08:47on l'a vu
01:08:47lors des élections législatives
01:08:49de 2022
01:08:50on l'a vu en 2024
01:08:52le parti socialiste
01:08:53est contraint
01:08:53à l'époque
01:08:54de faire alliance
01:08:54avec LFI
01:08:55ça nous amène
01:08:56à parler de la gauche
01:08:57on va dire
01:08:57non-mélenchoniste
01:08:58s'il faudrait bien
01:09:00classifier un tant soit peu
01:09:01les choses
01:09:02on met évidemment
01:09:03les écologistes
01:09:04et le PS
01:09:05qui reste un parti pivot
01:09:07localement le PS
01:09:07et les écologistes
01:09:09rien que le fait
01:09:11de s'appeler
01:09:11la gauche non-mélenchoniste
01:09:12ça veut bien dire
01:09:13ce que vous étiez
01:09:14en train de nous dire
01:09:14c'est-à-dire
01:09:14qu'il se positionne
01:09:15contre quelqu'un
01:09:16au lieu de se positionner
01:09:17en propre
01:09:19elle est difficile à lire
01:09:20cette gauche non-mélenchoniste
01:09:22parce que
01:09:22par exemple
01:09:22les écologistes
01:09:23je trouve qu'il y a eu aussi
01:09:24beaucoup de résultats
01:09:24en trompe-l'œil
01:09:25dans cette élection
01:09:25les écologistes
01:09:26qui perdent quand même
01:09:27des villes symboliques
01:09:28Poitiers, Strasbourg, Bordeaux
01:09:30et pourtant
01:09:30qui gagnent quand même
01:09:31à Lyon
01:09:32c'était pas simple
01:09:33face à Jean-Michel Aulas
01:09:34avec une alliance
01:09:35avec LFI
01:09:35et là où je trouve
01:09:37qu'il y a aussi
01:09:37un autre enseignement
01:09:38important de cette élection
01:09:39c'est moi
01:09:40ce que j'observe
01:09:41depuis longtemps
01:09:41et qui me désespère
01:09:42le clivage Paris-Province
01:09:43et notamment
01:09:44le clivage
01:09:45plateau télé-parisiens
01:09:46ce qui se passe
01:09:47vraiment dans le pays
01:09:48et vous vous souvenez
01:09:49quand même
01:09:50de la mort de Quentin Deran
01:09:51la France insoumise
01:09:53les dérapages
01:09:53il y a eu énormément
01:09:54de critiques
01:09:55et souvent à juste titre
01:09:56et c'est pas pour ça
01:09:57que la France insoumise
01:09:58s'effondre
01:09:58je vous rejoins
01:09:59je pense que
01:10:00la France insoumise
01:10:01elle capitalise sur
01:10:02c'est pas que de la communication
01:10:03c'est-à-dire que c'est aussi
01:10:04du symbole très fort
01:10:06Balibaga Yoko
01:10:06c'est un maire
01:10:07c'est un personnage
01:10:08politique qui a émergé
01:10:09c'est quelqu'un
01:10:10qui est élu
01:10:11au premier tour
01:10:12donc en effet
01:10:13en chiffres
01:10:13c'est pas beaucoup
01:10:14mais ce qui compte
01:10:15souvent dans le récit
01:10:16c'est la nouveauté
01:10:16c'est les symboles
01:10:18c'est là où ça se passe
01:10:19c'est vrai que les autres parties
01:10:20sont tellement anciens
01:10:22que bon
01:10:22qui conservent des villes moyennes
01:10:24ça ne surprend personne
01:10:25en revanche
01:10:27j'ajoute quand même
01:10:27une nuance aussi
01:10:28qui permet pas
01:10:29de lire ce scrutin
01:10:30c'est ce que
01:10:31Gilles Finkelstein
01:10:32appelle la vague sous-marine
01:10:33c'est-à-dire
01:10:34toutes ces villes
01:10:35de moins de 9000 habitants
01:10:36qui vous le disiez
01:10:37en introduction
01:10:37constituent le gros
01:10:38en fait des troupes
01:10:3996% des communes françaises
01:10:41et oui
01:10:41et on l'oublie
01:10:42voyez encore une fois
01:10:42sur les plateaux télé
01:10:43dans le débat national
01:10:44on parle beaucoup
01:10:45des grandes villes
01:10:45et en effet
01:10:46grand succès
01:10:47pour la gauche
01:10:47non-mélenchoniste
01:10:49Marseille
01:10:50Paris
01:10:52Lyon
01:10:52on le disait
01:10:53mais en revanche
01:10:54enfin ils étaient en alliance
01:10:55avec Mélenchon
01:10:56mais en tout cas
01:10:56c'est un écologiste
01:10:57qui l'emporte
01:10:58mais c'est que 15%
01:11:00de la population française
01:11:01les grandes métropoles
01:11:02donc ça il ne faut jamais l'oublier
01:11:03et dans ces 9000
01:11:05dans ces villes
01:11:05de moins de 9000 habitants
01:11:06beaucoup de maires
01:11:07sont sans étiquette
01:11:08alors attention
01:11:08les sans étiquette
01:11:09qu'est-ce qu'ils votent
01:11:10qu'est-ce qu'ils vont voter
01:11:11ces élus sans étiquette
01:11:12au sénatorial
01:11:13peut-être RN
01:11:13c'est déjà arrivé
01:11:14alors même qu'ils ne sont pas
01:11:15avec une étiquette RN
01:11:17peut-être LFI
01:11:18et ils n'ont pas
01:11:19l'étiquette LFI
01:11:20les sans étiquette
01:11:20donc ça ça va être
01:11:21très très intéressant
01:11:23de scruter ça
01:11:23puisqu'on ne sait pas
01:11:25en fait ce qui se cache
01:11:26derrière ces sans étiquette
01:11:28alors qu'est-ce qu'il manque
01:11:29à cette gauche
01:11:30non-mélenchoniste
01:11:32pour traduire
01:11:32ce leadership local
01:11:34même titre que le LR
01:11:35on l'a dit
01:11:36dans cette émission
01:11:38sur le plan national
01:11:39c'est une incarnation
01:11:40justement
01:11:40c'est un leader
01:11:41un leadership
01:11:42qui n'existe pas
01:11:43au moment où nous nous parlons
01:11:44beaucoup de choses
01:11:44il manque déjà
01:11:46un leadership
01:11:47un leadership
01:11:48et effectivement
01:11:49ce qui domine là
01:11:50c'est la multiplication
01:11:51des candidatures
01:11:52il y a un côté un peu
01:11:53burlesque
01:11:55et puis
01:11:56c'est aussi
01:11:57une régulation
01:11:58de logique
01:11:58de boutique
01:11:59en fait
01:11:59et d'individualité
01:12:01qui se démultiplie
01:12:03c'est-à-dire qu'en fait
01:12:04on a l'impression
01:12:04en fait
01:12:05que chaque
01:12:06beaucoup de gens
01:12:07jouent leur partition
01:12:07François Ruffin
01:12:09Marine Tondelier
01:12:10le Parti Socialiste
01:12:12n'arrive pas
01:12:12à maîtriser
01:12:14le jeu
01:12:14de concurrence
01:12:16en interne
01:12:17et
01:12:19donc
01:12:19l'image
01:12:20que donne cette gauche
01:12:21c'est celle
01:12:21de la fragmentation
01:12:22et du coup
01:12:23quand vous êtes fragmenté
01:12:24quand le bruit médiatique
01:12:26qu'on entend
01:12:27c'est que celui
01:12:27de la division
01:12:28c'est très difficile
01:12:29de défendre des idées
01:12:30qui existent
01:12:31pourtant
01:12:31le PS
01:12:32a posé un projet
01:12:34qui est intéressant
01:12:34travaillé par Chloé Riedel
01:12:36Boris Vallot lance
01:12:37la démarchandisation
01:12:38il y a des choses intéressantes
01:12:39en fait ça passe pas
01:12:40le mur du son
01:12:41parce que
01:12:41le bruit qu'on entend
01:12:43qui est assourdissant
01:12:44c'est effectivement
01:12:45les déclarations intempestives
01:12:48et puis
01:12:48l'incapacité de la gauche
01:12:50à opposer
01:12:51un récit
01:12:52une incarnation
01:12:53un discours
01:12:55à cette espèce
01:12:56de
01:12:56de machine
01:12:58très très rodée
01:12:59et très
01:13:01très carrée
01:13:02je reprends les termes
01:13:03de Mélenchon
01:13:03de la France Insoumise
01:13:04voilà
01:13:05donc
01:13:05franchement
01:13:06c'est très étonnant
01:13:07ces actions municipales
01:13:08ont été
01:13:09plutôt très très bonnes
01:13:10pour la gauche
01:13:11non-mélenchoniste
01:13:11mais en fait
01:13:12elle ne convertit pas
01:13:13cette implantation
01:13:14en une posture nationale
01:13:16crédible
01:13:16il y a un manque
01:13:19d'incarnation
01:13:20et puis on voit bien
01:13:21que tous les thèmes
01:13:23portés par la gauche
01:13:24depuis des années
01:13:25aujourd'hui
01:13:26sont préemptés
01:13:26par Jean-Luc Mélenchon
01:13:27vous prenez
01:13:28le conflit israélo-palestinien
01:13:29c'est Jean-Luc Mélenchon
01:13:30qui l'a préempté
01:13:31vous prenez
01:13:32la lutte anticapitaliste
01:13:34la lutte contre
01:13:35la marchandisation
01:13:36même si Boris Vallot
01:13:37a fait un travail
01:13:38intéressant
01:13:39voilà
01:13:39c'est pour une majorité
01:13:40d'électeurs de gauche
01:13:42notamment les jeunes
01:13:42aujourd'hui
01:13:43celui qui représente
01:13:44l'alternative
01:13:45parce qu'on va rentrer
01:13:46dans une élection
01:13:47présidentielle
01:13:48ça on l'a peut-être
01:13:48pas assez souligné
01:13:49pour moi
01:13:49d'alternative
01:13:50et de radicalité
01:13:51et donc
01:13:52qui incarne
01:13:52cette radicalité
01:13:53et cette alternative
01:13:54c'est pas le parti socialiste
01:13:55pour les gens de gauche
01:13:57aujourd'hui
01:13:57c'est LFI
01:13:59et d'ailleurs
01:13:59je pense quand même
01:14:01qu'on pourrait très bien
01:14:02se dire qu'il y a une place
01:14:03aussi pour la non-radicalité
01:14:04parce qu'il y a aussi
01:14:05un centre
01:14:07qui espère
01:14:07une non-radicalité
01:14:09mais c'est vrai
01:14:10quand on voit
01:14:10la liste de tous ces personnages
01:14:12qui incarnent la gauche
01:14:13non-mélenchoniste
01:14:13on se dit que ce serait
01:14:14de très bons ministres
01:14:15de gauche
01:14:16mais qu'il leur manque
01:14:17en fait leur chef
01:14:17leur leader
01:14:18Le Rassemblement National
01:14:19on va finir par ça
01:14:20l'extrême droite
01:14:21peut-être d'une manière
01:14:22plus générale
01:14:23au regard de ces élections
01:14:25avec un point
01:14:25pour l'interrogation majeure
01:14:27évidemment
01:14:27ça sera le 7 juillet prochain
01:14:29le résultat d'un procès
01:14:30en appel
01:14:30c'est l'affaire
01:14:31des parlementaires européens
01:14:33appelons-la comme ça
01:14:34on va savoir
01:14:35si Marine Le Pen
01:14:36sera inéligible ou pas
01:14:37à nouveau
01:14:38à l'issue de ce jugement
01:14:41en appel
01:14:41ou si
01:14:42et si
01:14:43ça sera elle
01:14:44ou Jordan Bardella
01:14:45qui sera candidat
01:14:46à la fonction suprême
01:14:48néanmoins
01:14:49à l'institut de ces municipales
01:14:50position de force
01:14:51pour ERN
01:14:52confirmation
01:14:53progression
01:14:55implantation
01:14:56notabilisation
01:14:56profonde
01:14:57alors il y a
01:14:58sur le papier
01:14:5970 villes
01:15:00donc c'est pas énorme
01:15:01mais quand on regarde
01:15:01les scores
01:15:03importants
01:15:03même dans les grandes villes
01:15:04Marseille
01:15:05un très très gros score
01:15:06qui s'attendait
01:15:07à un ERN
01:15:08aussi élevé
01:15:09à Marseille
01:15:09et puis globalement
01:15:10les conseils
01:15:11l'ERN
01:15:12rentrent dans les conseils municipaux
01:15:13rentrent dans les intercommunalités
01:15:15ça c'est aussi important
01:15:16s'implantent
01:15:17très très fortement
01:15:18dans certains territoires
01:15:19moi je viens du nord de la France
01:15:20le bassin de Minier
01:15:21c'est 15 villes
01:15:22détenues aujourd'hui
01:15:23par l'ERN
01:15:24c'est-à-dire que globalement
01:15:25à terme
01:15:25c'est des sénateurs
01:15:27des conseils départementaux
01:15:28peut-être des départements
01:15:29et des structures
01:15:31enfin
01:15:31une structuration territoriale
01:15:33on a eu quand même
01:15:34plus de 30 députés ERN
01:15:36qui se sont présentés
01:15:37qui du coup
01:15:37s'implantent
01:15:38se notabilisent
01:15:39banalisent en fait
01:15:40les idées d'extrême droite
01:15:41donc voilà
01:15:43le ERN
01:15:43ça a été une très bonne opération
01:15:44pour eux
01:15:45alors
01:15:45l'implantation continue
01:15:47l'implantation continue
01:15:48le mouvement continue
01:15:48et effectivement
01:15:50ils maillent le territoire
01:15:52et donc
01:15:53leur dynamique continue
01:15:55l'implantation continue
01:15:56bien évidemment
01:15:57vous l'avez souligné
01:15:58après
01:15:59beaucoup sur des logiques locales
01:16:01moi j'ai regardé
01:16:02vous avez beaucoup de maires
01:16:03qui ont été élus
01:16:04qui étaient parlementaires
01:16:05et lorsqu'on discute
01:16:06avec un certain nombre
01:16:07de gens du Rassemblement National
01:16:08ils me disent
01:16:08mais c'est dommage
01:16:09par exemple
01:16:09je prends l'exemple de Nîmes
01:16:10que le député
01:16:11n'ait pas voulu y aller
01:16:12assez tôt
01:16:13voilà
01:16:13donc on voit bien
01:16:15que l'influence aussi
01:16:15des législatives
01:16:16quand une circonscription
01:16:18est prise par le Rassemblement National
01:16:19derrière
01:16:20vous avez des chances
01:16:21que des communes
01:16:22basculent sur cette circonscription
01:16:23on l'a vu
01:16:24lors de ces élections municipales
01:16:26et ce qui est intéressant
01:16:26c'est que
01:16:27quand on regarde
01:16:27les résultats du Rassemblement National
01:16:31pas de 2020
01:16:31mais de 2014
01:16:33en fait
01:16:34c'est à peu près 15%
01:16:35à l'échelle nationale
01:16:36aujourd'hui
01:16:37c'est 18,5%
01:16:38ça veut dire
01:16:38qu'ils sont encore
01:16:39à l'échelle locale
01:16:40un score très inférieur
01:16:42aux intentions de vote
01:16:43d'une majorité de français
01:16:44à l'échelle nationale
01:16:45et puis des endroits
01:16:46où le Front
01:16:47le Front Républicain
01:16:49comme on l'appelait
01:16:50jadis
01:16:51en tout cas
01:16:51on l'a appelé comme cela
01:16:52en 2024
01:16:53a fonctionné
01:16:55et dans des villes importantes
01:16:56regarder Toulon
01:16:57regarder Marseille
01:16:58le RN
01:16:59on sentait bien
01:16:59un an de l'élection présidentielle
01:17:00aurait aimé
01:17:01avoir au moins
01:17:02une de ces grandes villes
01:17:03à mettre en étendard
01:17:04et on voit
01:17:04qu'il y a quand même
01:17:05un plafond de verre
01:17:05avec je suis d'accord
01:17:06quand même
01:17:07de nouvelles implantations importantes
01:17:08et une progression incontestable
01:17:10Liévin en effet
01:17:11dans le Nord
01:17:12mais on pourrait parler aussi
01:17:13de la Flèche
01:17:14dans la Sarthe
01:17:15des territoires
01:17:16où le RN
01:17:17n'avait pas forcément
01:17:18l'habitude de l'emporter
01:17:19mais quand même
01:17:20vous l'avez dit
01:17:21Nîmes
01:17:21plafond de verre
01:17:22aussi parce que
01:17:22attention
01:17:23il capitalisait souvent
01:17:24le RN sur
01:17:25de toute façon
01:17:26quoi qu'il arrive
01:17:27avec une étiquette RN
01:17:28vous êtes élu
01:17:28et bien on voit
01:17:29que pas forcément
01:17:29on voit que les incarnations
01:17:30personnelles
01:17:31pour un maire
01:17:32ça compte
01:17:32à Nîmes
01:17:33ils ont mis
01:17:34le maire d'à côté
01:17:35c'était pas forcément
01:17:36très habile
01:17:36et à l'inverse
01:17:37le candidat de la gauche
01:17:39c'était un prof
01:17:39d'histoire géo
01:17:40assez charismatique
01:17:40donc ça joue aussi
01:17:41à Nice
01:17:42Eric Ciotti
01:17:43on l'a beaucoup interprété
01:17:44comme une victoire du RN
01:17:45attention
01:17:45moi qui viens de cette ville
01:17:47je pense qu'avec n'importe
01:17:48quelle étiquette
01:17:49peut-être qu'Eric Ciotti
01:17:50l'aurait emporté
01:17:50ça valide tout de même
01:17:51sa stratégie
01:17:52mais il y a vraiment
01:17:53des considérations
01:17:54des personnages locaux
01:17:55des personnalités
01:17:55parfois une usure du pouvoir
01:17:57donc encore une fois
01:17:58attention aux lectures nationales
01:18:00de scrutins très locaux
01:18:00la question du leadership
01:18:01elle va se poser
01:18:02l'avenir du RN
01:18:04cette présidentielle
01:18:05vous la voyez comment
01:18:06selon si c'est Marine Le Pen
01:18:08qui se présente
01:18:09ou si c'est Jordan Bardella
01:18:10il y a un problème
01:18:11il peut y avoir
01:18:12un problème de leadership
01:18:13ou pas ?
01:18:14on a vu ces dernières semaines
01:18:16que sur les retraites
01:18:17il y a très clairement
01:18:18des divergences
01:18:19que sur la stratégie
01:18:20il y a des divergences
01:18:20très clairement
01:18:21Jordan Bardella
01:18:22est de plus en plus
01:18:23sur une stratégie libérale
01:18:25de droite
01:18:25d'union avec la droite
01:18:26tandis que
01:18:27Marine Le Pen
01:18:28est plutôt sur un
01:18:29ni droite ni gauche
01:18:29voilà
01:18:30est-ce que
01:18:30en fonction du candidat
01:18:33cette polyphonie
01:18:34va tenir ?
01:18:35c'est les mois
01:18:35qui vont le dire
01:18:36dans les mois à venir
01:18:37quelqu'un veut rajouter
01:18:37quelque chose
01:18:38très court
01:18:39oui c'est l'enjeu
01:18:40de ces prochaines élections
01:18:40présidentielles
01:18:41voilà
01:18:41c'est-à-dire que
01:18:42vous avez les deux grands récits
01:18:43de droite
01:18:44d'extrême droite
01:18:44et d'extrême gauche
01:18:45alors le challenge
01:18:46c'est que
01:18:46est-ce que le centre
01:18:47les centres
01:18:48vont être capables
01:18:49aujourd'hui
01:18:49de présenter aux français
01:18:50un nouveau récit
01:18:51bon je vous acquistez
01:18:52et que donne
01:18:53la fameuse tripolarisation
01:18:55dans une élection
01:18:56à deux tours
01:18:56avec des législatives
01:18:58derrière
01:18:58qui sont loin d'être acquises
01:18:59pour le vainqueur
01:18:59ou la gagnante
01:19:00ça sera le mot de la fin
01:19:02Astrid de Vilaine
01:19:02merci beaucoup
01:19:03vraiment
01:19:04à tous les trois
01:19:04de ne pas participer
01:19:05à ce débat d'hoc aujourd'hui
01:19:06après ce très beau reportage
01:19:08sur les maires de France
01:19:10et notamment les maires
01:19:11des petites communes
01:19:13qui étaient très bien illustrées
01:19:15dans ce film
01:19:16et la problématique
01:19:17auxquelles sont confrontées
01:19:18ces femmes et ces hommes
01:19:20qui dirigent ces mairies
01:19:22dans nos villages français
01:19:23vos réactions
01:19:25ça sera sur hashtag
01:19:26débat d'hoc
01:19:27merci aussi à
01:19:28Emmerich Colagnier
01:19:29et bien sûr
01:19:31félicité Gavalda
01:19:32qui m'ont aidé
01:19:33comme à l'accoutumée
01:19:34à préparer cette émission
01:19:35et je vous donne rendez-vous
01:19:36pour un prochain
01:19:37Lébadoc
01:19:37ça sera bien entendu
01:19:38avec son documentaire
01:19:40et son débat
01:19:41à très bientôt
01:19:41Sous-titrage Société Radio-Canada
01:19:48Sous-titrage Société Radio-Canada
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