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  • il y a 11 heures
La hausse du prix du gasoil pêche, premier poste de dépenses de son activité, érode sensiblement les revenus de cet artisan dans l’attente d’aides qui, déplore-t-il, tardent à se mettre concrètement en place. Pour mieux comprendre sa situation, nous l’avons accompagné durant toute une journée en mer puis à terre.
Les maisons aux façades claires du village de Carro se distinguent à peine derrière la bruine. Ça chagrine Jérôme Vernier qui aime tant son décor en pleine lumière. Comme il le fait du lundi au vendredi, il s’en était éloigné au beau milieu de la nuit. Son bateau, l'AngEvann, contraction des prénoms de ses deux enfants, avait filé plein Sud, à 3 milles nautiques (*) d’ici pour y dérouler ses filets avant de les tirer sur 6 milles nautiques supplémentaires pour une première pêche en compagnie des dauphins (https://www.laprovence.com/article/ecoplanete/1261912059428714/baleine-dauphin-requin-les-bons-reflexes-a-adopter-quand-on-rencontre-un-animal-marin), opération renouvelée à deux reprises d’Ouest en Est vers Marseille (https://www.laprovence.com/article/sortie-loisirs/1110955139186914/debut-dete-a-marseille-coucher-de-soleil-sur-leau-apero-petanque-nos-5-spots-pour-profiter-du-mois-de-juin).
Crevettes, merlans, rougets, poulpes, soles, lottes, limandes, raies, Saint-Pierre… sans être exceptionnelle, la pêche devait être correcte. Le moment était venu de rentrer au port, au bout de quatorze heures en mer. Le quotidien d’une profession. D’une passion. Celle que Jérôme transmet à ses deux garçons de 7 et 4 ans qui, malgré le crachin, l’attendent sur le quai à la sortie de l’école avec leur grand-mère, une ancienne poissonnière.
"Peut-être qu’ils prendront la suite, on l’espère", glisse-t-il après les avoir embrassés dès son retour à terre. Lui-même représente la quatrième génération de la lignée familiale. "Sur l’eau, on a un véritable sentiment de liberté. La routine n’y a pas de place non plus, car nos journées sont toujours différentes. La chasse au poisson est une remise en question permanente et ça nous pousse à nous perfectionner sans arrêt."

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Transcription
00:00Là, avec un gasoil à 1€, on travaille, oui, on travaille pratiquement à perte, on sort des salaires dérisants depuis
00:063 mois.
00:07Quand on fait 80 heures par semaine, on peut pas toucher les smic.
00:13Ça, il faut bien l'entendre, c'est pas possible.
00:21Port de carreau, 3h du matin, Jérôme et son équipage embarquent pour une grosse journée de travail.
00:27Jusqu'à 17h, ils partent au large avec l'espoir de ramener de belles prises dans leurs filets.
00:32Même si depuis la crise dans le détroit d'Hormuz, prendre du poisson en quantité ne suffit plus pour être
00:36en table.
00:37Car l'augmentation du prix de l'essence liée au conflit au Moyen-Orient, impacte le travail de ce pêcheur
00:42passionné,
00:43obligé de piocher dans ses réserves pour partir avec son chalut.
00:46Avant le problème à Hormuz, on était entre 60 et 60 centimes d'euros le litre.
00:52Et au jour d'aujourd'hui, on est encore à 1€.
00:53C'est invivable quoi, en sachant qu'on consomme 800 litres par jour.
00:58800 litres par jour, ça fait 800 euros, il faut pêcher en conséquence.
01:02J'ai perdu 40% de matière d'orée depuis 3 mois.
01:05Donc là, pour l'instant, on vit sur nos réserves.
01:06Cette survie devrait être atténuée grâce au plan de soutien de l'État envers la filière.
01:10Le gouvernement a fixé une aide de 20 centimes par litre de carburant pour le mois d'avril
01:14et de 35 centimes par litre de carburant pour le mois de mai.
01:17En attendant que ces dossiers soient complétés et traités, Jérôme doit prendre son mal en patience.
01:22Il a d'ailleurs réduit sa part pour la reverser à ses employés,
01:25afin qu'ils ne subissent pas une perte de salaire conséquente.
01:27Mais pour ce pêcheur, propriétaire d'une poissonnerie avec sa femme,
01:31cette crise affecte les ventes de ses poissons, que ce soit en crier ou dans son commerce.
01:35On ne peut pas augmenter le prix du poisson parce qu'il y a un plafond de verre.
01:38Les gens vont se déplacer pour venir acheter une autre production sur le marché à carreaux.
01:42Ils sont obligés de faire des kilomètres en voiture.
01:44Donc eux aussi, ils sont impactés parce qu'ils mettent du gazole dans leur voiture.
01:48Donc forcément, ils payent la différence de prix.
01:54Oui, il y a de la baisse.
01:55On le sent qu'à partir du 20, par exemple, les gens, ils accusent le coup, ils ralentissent.
02:02Ils vont prendre des poissons un peu moins onéreux.
02:05Donc on essaye de varier parce que la sole, elle a flambé.
02:10Et ça, je suis obligée de suivre.
02:12Si les ajustements sont faits à la marge,
02:14s'élevant à quelques dizaines de centimes pour les poissons pêchés par Jérôme,
02:17ils ne permettent pas de maintenir le niveau de vie de ce couple.
02:19Mais ces difficultés n'entendent pas la volonté de ceux du haut
02:22prêts à continuer leur métier dont ils sont passionnément mordus.
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