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  • il y a 2 jours
"VIP Very Important Paysans", une émission consacrée au monde agricole, du champ à l'assiette ! Ce nouveau numéro s'intéresse au vin, un patrimoine en danger, ainsi qu'au melon, le fruit le plus emblématique de l'été.

Frédérique Courtadon et ses chroniqueurs reçoivent en plateau :
- Angélique Lalande, viticultrice à Marcillac, en Gironde,
- Julien Denormandie, ancien ministre de l'Agriculture (2020 à 2022), auteur de Le chant du sol (Seuil),
- Jérôme Jausseran, producteur de melons dans l'Hérault.

Le vin, un patrimoine français en danger :
Le vin n'a plus la cote, et dans certaines régions historiques, on arrache même des milliers d'hectares de vignes. Depuis 2023, les vignerons bordelais ont retiré 18 000 hectares de leur vignoble. Dans les années 1960, un Français consommait plus de 120 litres de vin par an, alors qu'aujourd'hui la moyenne se situe autour de 40 litres. En une génération, la consommation a été divisée par trois.

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Transcription
00:01Musique
00:07Chaque matin, ils sont debout aux aurores.
00:10Ils prennent soin de leurs champs, de leurs bêtes, de leurs fermes,
00:13pour nourrir chacun d'entre nous.
00:15Ce sont nos 600 000 héros du quotidien, des VIP, des Very Important Paysans.
00:22Amis des campagnes, amis des villes, bonjour.
00:24Soyez les bienvenus sur LCP dans VIP, Very Important Paysans,
00:28la première émission d'information consacrée au monde agricole.
00:31Tout d'abord, un grand merci, parce que vous êtes de plus en plus nombreux à nous suivre.
00:35Donc, merci pour votre fidélité, l'intérêt que vous portez à notre émission,
00:39et surtout à nos agriculteurs.
00:41Ils vont nous rejoindre sur le plateau dans quelques instants
00:44pour partager leur quotidien et surtout leur vision de l'agriculture française.
00:48Mais pour l'instant, je vous partage mes VIP à moi.
00:51Oui, ce sont mes Very Important Paysans, partenaires.
00:54Et on commence toujours, bien sûr, avec Louise.
00:56Bonjour Louise L'Espart, comment ça va ?
00:58Bonjour Fred, ça va très bien, merci.
01:00Alors aujourd'hui, on vous a confié un exercice un petit peu particulier,
01:03puisqu'on vous a demandé de devenir critique littéraire.
01:06Je m'improvise critique littéraire, mais qu'est-ce que je ne ferai pas pour vous ?
01:09Donc, sur le champ du sol de Julien Denormandou.
01:11Et oui, notre ex-ministre de l'agriculture,
01:13que nous allons recevoir, bien sûr, dans notre émission.
01:16À vos côtés, il y a l'agriculteur, chef.
01:18C'est Jean-Baptiste Vervy, évidemment.
01:21J'ai des doutes, moi.
01:22Il était jaloux, tu as plantas.
01:23J'ouvre comme ça, l'agriculteur.
01:24C'est l'agriculteur, c'est le seul de ce plateau.
01:27Il est tellement sur les plateaux qu'on ne sait plus ce qu'il est dans les champs.
01:30Alors, est-ce qu'il est dans les champs ?
01:31En tout cas, il se diversifie, il communique, il modernise son activité.
01:36En ce moment, c'est les moissons qui ont commencé.
01:38Mais c'est super tôt cette année.
01:39Oui, on a 8, 10 jours, 15 jours d'avance.
01:42Dans le sud de la France, dans le Gers, ça y est, les bateaux sont partis.
01:47Et chez nous, nous, on est en train de préparer, nettoyer les machines, faire les carreaux.
01:51On comprend ses petits yeux un peu fatigués, mais tout aussi charmants.
01:54Voilà, voilà, Olivier.
01:56Bonjour.
01:56Bonjour, Olivier.
01:57Bonjour.
01:58Vous êtes notre spécialiste de la consommation et la grande distribution.
02:04Un sujet.
02:04Oui, un vrai sujet.
02:05Et puis un univers qui a été pas mal critiqué ces dernières semaines.
02:08Vous allez nous expliquer pourquoi.
02:10C'est certain, mais là, je veux surtout, Fred, vous expliquer que je suis venu avec le pinz du RCV,
02:15Rugby Club de Vannes,
02:16parce que la Bretagne est en fête, parce que le RCV monte en pro des deux.
02:20Donc, vive le rugby Queenie Hammond.
02:22Avant, on descend, parce que chaque année, il monte, il descend.
02:24Oui, on est pas mal comme Marcin, il descend un fédéral, je ne te remercie pas de me le rappeler.
02:27On va se battre contre le rugby Cattoulet.
02:29Oui, il monte en top 14, plutôt, c'est ça.
02:31C'est ça.
02:31Voilà, écoutez, on a hâte d'assister à ces débats, mais là, pour l'instant, on va continuer avec VIP
02:35et notre ami Antoine, bien sûr.
02:37Antoine Robin, vous, vous êtes un spécialiste du monde agricole, vous décryptez l'actualité, bien votre expérience, votre connaissance de
02:46cet univers.
02:47Et puis, on peut dire que vous attendez à chaque fois le débat avec notre invité politique, avec beaucoup d
02:52'impatience.
02:53C'est vrai, et surtout en ce moment, je trouve, je vis ma meilleure vie.
02:55Moi, je suis un petit peu Philippe Noiré dans, tu sais, Alexandre Le Bien de Roux, qui vous dit Robert.
03:00Tout le temps où il y a à manger, non, mais c'est qu'en ce moment, je fais des
03:03barbecues avec mes copains tous les week-ends en mode menu VIP.
03:06Je prends un invité, un produit, donc la carotte de l'arrière, la tomate de Vincent, le melon qu'on
03:13va prendre tout à l'heure, donc Jérôme Levin.
03:14Et je me fais des menus, je me dis un vrai carton.
03:17Je pense d'ailleurs qu'on devra peut-être même lancer notre restaurant VIP, le restaurant.
03:21C'est une très bonne idée.
03:22La boutique en ligne.
03:22La boutique en ligne.
03:23La boutique cuisine.
03:23On a tellement de bons produits, on en parle tellement bien.
03:26Ils sont tellement représentatifs que je vous dis, moi, je fais un cardon.
03:28Tu cuisines chez vous ?
03:29Bien sûr qu'il cuisine.
03:30Cet homme sait tout faire, vous allez voir.
03:31Cuisine de melon, alors.
03:33Allez, tout de suite le sommaire.
03:35Nous allons vous parler d'un patrimoine français en danger.
03:37Et oui, le vin n'a plus la cote.
03:39Et dans certaines régions historiques, on arrache même des milliers d'hectares de vignes.
03:43Et puis nous recevrons Julien Denormandie, ancien ministre de l'Agriculture de 2020 à 2022 et auteur du livre Le
03:49Chant du Sol.
03:50Et puis nous parlerons du fruit le plus emblématique de l'été qui approche, c'est bien sûr le melon.
03:56Mais d'abord, que s'est-il passé dans nos compagnes ces dernières semaines ?
04:00Et bien Antoine Robin a fait le tour des actualités agricoles.
04:02Et c'est bien sûr notre verrerie importante presse.
04:09Beaucoup d'actualités dans le monde agricole et pas que des bonnes.
04:15Dites-nous tout.
04:15Là en l'occurrence, c'était plutôt intéressant parce qu'on va parler de la loi d'urgence agricole.
04:19Vous vous souvenez, le 13 janvier dernier, j'ai créé agricole, les agriculteurs bloquent les routes.
04:23Et donc notre ministre Sébastien Lecornu décide de faire voter.
04:27Le premier décide donc de proposer des mesures pour aider le monde agricole en détresse.
04:34Et le moins que l'on puisse dire, c'est qu'aujourd'hui, le résultat de cette loi qui a
04:38été votée à 369 voix pour et seulement 178 contre,
04:42divise dans la société civile.
04:44Je vous rappelle cinq mesures importantes de cette loi agricole.
04:47La première, c'est les projets d'avenir agricole des territoires identifiés comme stratégiques pour la souveraineté alimentaire.
04:53Voilà pour le coup, on est d'accord là-dessus.
04:54C'est le consensus. Celle qui divise et qui va paraître diviser, il va continuer à diviser,
04:59même si c'est vrai qu'il a quand même pas mal plu ces derniers mois,
05:02c'est le texte qui supprime l'obligation des réunions publiques pour autoriser la construction d'ouvrage de stockage.
05:08Les méga-vacines, bien sûr.
05:10Évidemment, des méga-vacines.
05:12Donc là, les préfets gagnent en pouvoir de dérogation.
05:14Évidemment, là, ça crispe notamment du côté des écolos.
05:17Troisième, la lutte contre la concurrence déloyale.
05:19Je pense que là, on est à peu près tout le monde d'accord.
05:21Le vice-agriculture pourra désormais suspendre seule l'importation de denrées traitées avec des pesticides interdits en France.
05:26On l'a vu, c'est déjà le cas avec des produits, notamment qui viennent du Brésil.
05:29Donc là, on défend la souveraineté alimentaire et ça, ça fait consensus.
05:33Ce qui va débattre et ce qui fera l'objet, je crois, d'une future chronique peut-être de Louise
05:36dans une prochaine émission,
05:37c'est le loup et la prédation, qui est un sujet qui clive, un sujet hautement inflammable.
05:42Donc le texte inscrit dans la loi, une présomption de légitime défense pour les éleveurs face à une attaque imminente
05:48et donc étant même les tirs sans autorisation préalable.
05:51Et donc là, pour le coup, on peut s'attendre à des débats dans la société civile qui vont arriver.
05:56Et puis la cinquième, là aussi, qui tend ceux qui dénoncent de l'élevage intensif, je sais que tu n
06:01'es pas d'accord,
06:01c'est l'allègement des normes pour l'élevage et notamment la permission de pouvoir agrandir les élevages de poulets.
06:10On l'a vu avec Lucie dans une précédente émission.
06:12– Alors une deuxième information, là un petit peu plus légère, il est question de youtubeurs, d'influenceurs.
06:16– Oui, mais vous savez que chez nous, chez VIP, on fait beaucoup pour essayer de réenchanter, redorer, donner envie
06:22de devenir réculteur.
06:23Et bien d'autres le font, et c'est plutôt inattendu. Vous connaissez Inokstag et puis Amine ?
06:26– Absolument pas.
06:27– Alors expliquez à ce groupe qui est Inokstag.
06:31– C'est un youtubeur qui a notamment Gravil Everest et qui a fait un énorme doc et qui a
06:36donné envie aux…
06:37– Quelques millions d'abonnés.
06:38– Vous ne pouvez pas grand-chose.
06:39– Mais tu sais, ça n'arrive pas jusqu'à Brest, non.
06:41– Et donc, Inokstag et Amine, en mai dernier, ils ont passé dans le plus grand secret, 48 heures,
06:47avec des élèves du lycée agricole de Contamine-sur-âme.
06:50Pourquoi ? Pour fabriquer en 48 heures du reblochon de A à Z.
06:55Six mois après, plus d'un million et demi de vues.
06:58Et donc, c'était un outil de promotion.
07:00Je sais que tu n'es pas complètement d'accord avec ça, Olivier.
07:02Néanmoins, moi, je salue l'audace et puis surtout, être capable d'intéresser un jeune public autour de la fabrication
07:08du reblochon.
07:09– Je ne suis pas d'accord contre Inokstag.
07:10C'est simplement que tu parles des BTS et qu'aujourd'hui, on a besoin de retravailler les programmes de
07:15ces BTS
07:16pour les adapter à un schéma Bac plus 3 qui devient le schéma classique dans la réforme licence master.
07:22Et il faut que les BTS agricoles prennent une année en plus de façon à pouvoir, comme ça,
07:27s'inscrire dans l'enseignement supérieur pleinement.
07:30– En tout cas, bravo Lecnielle, bravo Inokstag et Amine qui ont fait plus d'un million de vues sur
07:33du rebloch.
07:34Moi, j'ai dit que c'est pas mal.
07:35– Ah bah oui, c'est une promotion plutôt bien réussie et bravo à vous, mon cher Antoine,
07:39pour partager toutes ces nouvelles du monde agricole.
07:42Alors, une autre nouvelle qui n'est pas une très bonne nouvelle, je dois l'avouer,
07:45c'est que l'un de nos symboles français est en danger.
07:49Eh oui, on achète en effet 34% de vins en moins qu'il y a 20 ans
07:53et la filière agricole est en pleine crise.
07:55Alors, pourquoi cette crise ? Est-ce que c'était inévitable et quelles sont les solutions ?
07:59Eh bien, on en parle tout de suite avec notre Very Important Produits.
08:03C'est notre premier Very Important Produits.
08:05– Et pour parler du vin, nous recevons Angélique Lalande,
08:12elle est viticultrice en Gironde, à Marciac.
08:15Bonjour. – Angélique.
08:16– Bonjour.
08:17– Merci d'être venue sur le plateau de VIP.
08:20Alors, le vin, on peut dire que vous êtes tombée dedans,
08:22un peu comme Obélix et la potion magique,
08:25puisque vous êtes issue d'une famille de viticulteurs, c'est ça ?
08:27– Tout à fait, c'est ça.
08:28Mes parents étaient viticulteurs, mes grands-parents,
08:30enfin voilà, dans le Blayé, dans le Bordeaux et depuis toujours en fait.
08:34– Et du coup, le vin, vous l'avez un peu quitté, avant d'y retourner, c'est ça ?
08:38– Alors en fait, je me suis installée jeune viticultrice en ce temps de l'école, après le BTS,
08:44et puis les années, la vie fait que c'est difficile.
08:49Donc je suis partie, j'ai audité et contrôlé les exploitations viticoles en Bordeaux,
08:53l'écriture du cahier des charges, tout ça pendant 15 ans.
08:56Et après, l'amour de la vigne m'y a fait revenir et j'y suis aujourd'hui.
09:01– Et il n'y a pas que l'amour de la vigne, il y a aussi l'amour tout
09:04court, je crois.
09:05Il y a eu une rencontre qui a fait des étincelles en tout cas.
09:09– Oui, tout à fait.
09:10– C'est votre compagnon que vous rencontrez.
09:11– C'est votre compagnon aujourd'hui, tout à fait.
09:12– Qui lui-même est agriculteur ?
09:14– Il est agriculteur, viticulteur, lui aussi tombé dedans, de parents et de grands-parents.
09:18Et voilà, on est viticulteur de père en fils, ou de père en fille, ou de mère en fille, mais
09:23voilà.
09:24– Je me tourne vers Olivier, parce qu'on dit que le vin est boudé par les jeunes générations,
09:29on dit que les consommateurs ont changé d'habitude.
09:32Est-ce que vous pouvez éclairer notre lanterne, s'il vous plaît Olivier ?
09:35– En fait, c'est simple, finalement, partout on me pose la question, les jeunes ont-ils tué le vin
09:39?
09:40Ce qui semblerait que les moins de 30 ans aujourd'hui sont fâchés avec le vin, et c'est vrai.
09:44Mais est-ce qu'ils sont fâchés avec le vin, ou avec l'absence aujourd'hui d'adaptation de la
09:49filière viticole
09:49aux nouveaux usages des jeunes ?
09:52Ça, c'est la vraie question.
09:54Alors, en gros, aujourd'hui, on peut dire que ça va mal partout.
09:58C'est-à-dire que la consommation mondiale de vin a baissé de 15% en 10 ans.
10:03Ça recule aux États-Unis, ça recule en Chine, ça recule en Italie, en Espagne et en France.
10:08Partout ça recule, et évidemment, quand une consommation recule,
10:11eh bien, il y a deux solutions. Soit on se différencie, soit on arrache pour diminuer ses coûts de production.
10:17Et beaucoup, aujourd'hui, de viticulteurs rentrent dans une logique d'arrachage.
10:22On a arraché à peu près 20% de nos vignes en l'espace de 10 ans.
10:26On a encore 26 000 hectares qui doivent être arrachés en 2026.
10:31Donc, on voit que ça va mal.
10:33Alors, on peut se poser la question, sur un viande que l'on connaît tous comme Bordeaux, de ce qui
10:38se passe.
10:38Et effectivement, à Bordeaux, on a arraché 18 000 hectares en 3 ans, soit à peu près 25 000 terrains
10:45de foot.
10:45C'est considérable.
10:46C'est énorme.
10:47Et la question, c'est de se dire, le vignoble bordelais, qui en 70 a été prévu pour une consommation
10:54de masse,
10:55aujourd'hui, saura-t-il s'adapter, finalement, en 2026, au nouveau mode de consommation ?
11:01Finalement, est-ce que ce sont les jeunes qui ont tué le vin, ou est-ce que le vignoble français
11:06saura s'adapter aux nouveaux usages de consommation ?
11:09On va en parler, justement, de ces nouveaux usages de consommation, de ces changements profonds.
11:14Merci beaucoup, Olivier.
11:16Angélique, vous, ces changements de consommation, vous les avez sentis venir ?
11:20C'est qu'en fait, les chiffres étaient mauvais.
11:22Les chiffres de consommation, les augmentations de stock, l'indicateur de stock est monté de mois en mois.
11:27C'était assez impressionnant.
11:28Donc, on voyait bien qu'on allait dans le mur.
11:31Quoi faire ? C'est pas toujours évident.
11:32Ça, c'était il y a...
11:34Oui, c'était il y a 10 ans, quoi.
11:36Il y a pas un peu de suffisance et de paresse de la part du monde agricole bordelais,
11:39qui était pendant des années assis sur un tas d'or,
11:42et qui bénéficiait d'une image formidable des grands vins de Bordeaux ?
11:45Et puis, c'est vrai que souvent, quand on rentrait dans ces villes-là bordelais,
11:48on a l'impression d'entrer dans un musée, il fallait parler cépages, il fallait avoir les codes,
11:52on rentrait quasiment avec des patins dans les vignes, on était très impressionnés.
11:56Et il n'y a pas un peu une part de ce lobisme qui les fondament un peu aujourd'hui
12:00?
12:00En fait, c'est l'image qu'on retourne rien qu'avec nos noms de château, en fait.
12:02C'est quelque chose que le consommateur a du mal à s'approprier,
12:06alors que nous, c'était naturel, en fait.
12:08Moi, j'ai un nom de château, mais je ne me suis jamais dit que je vivais dans un château.
12:11C'était ma maison, la photo du château.
12:13En fait, le nom de château, c'est notre identité.
12:16Et donc, rien que ça, en fait, rien que le nom de château,
12:18le mot qui est écrit sur la bouteille, porte à confusion.
12:21Les étiquettes des bouteilles, on a l'impression de parler au perforat un peu de temps.
12:25Et donc, en fait, moi, quand je me suis installée la première fois avec mes parents,
12:29en fait, j'ai enlevé le nom de château.
12:30Enfin, je l'ai gardé en identité parce que c'était aussi notre nom de famille un peu.
12:33Mais par contre, j'ai fait une cuvée angélique et j'ai modernisé l'étiquette et je me suis amusée.
12:38Et voilà, mais après, ça, ça dépend de chacun, en fait.
12:41Mais il y a des clients qui veulent la tradition.
12:43aussi, qui veulent ces bouteilles de vin comme ça.
12:45Dans le fond, ne faudrait-il pas mieux aujourd'hui être sur un marketing de l'invitation
12:49plutôt qu'un marketing de l'éducation au vin à l'heure où ce sont plutôt des femmes
12:53qui majoritairement achètent aujourd'hui le vin et qu'elles refusent cette complexité ?
12:58C'est vrai.
12:58C'est vrai qu'on donne la tendance.
12:59En fait, je pense que l'éducation, quand on l'a créée, quand on l'a créée il y a
13:0220 ans,
13:03en fait, on voulait l'éducation au vin par rapport à la loi de vin, par rapport à tout ça.
13:06Mais c'était parce qu'on voulait diminuer la consommation, enfin diminuer,
13:09dire que c'était avec modération parce que c'est pas bien de dire
13:12qu'on boit un verre de vin.
13:13Mais d'ailleurs, on voit bien pourquoi la loi de vin, la présentation est magnifique,
13:18mais les identités sont plus là, en fait, parce qu'on n'a pas le droit.
13:20C'est ça.
13:21Et c'est tout ça qu'on a voulu moderniser.
13:25L'alcoolisme est un fléau aussi, il faut aussi le dire.
13:27On parle de santé publique aussi.
13:28Oui, mais je ne suis pas sûre que ça soit avec du vin de Bordeaux.
13:31Moi, je me mets client à moi, ce n'est pas des alcooliques.
13:33Alors par contre, on aime bien boire un verre, on est d'accord.
13:35Je ne les considère pas comme des alcooliques.
13:36On peut être alcoolique en buvant des grands crus, si on a les moyens.
13:39Moi, j'en connais.
13:42J'ai fait quelque chose qui vous a déchiré le cœur, c'est que vous avez arraché vos vines.
13:47C'est ça ?
13:47Oui, c'est ça.
13:48C'était en 2023 ?
13:49Oui, en 2023, c'est ça.
13:52On a arraché...
13:52Alors moi, j'ai déjà arraché il y a 20 ans, en fait.
13:54Quand je suis partie de chez mes parents en 2007...
13:56Mais pas pour les mêmes raisons.
13:58Si, c'était la crise viticole.
14:00À Bordeaux aussi ?
14:00Bien sûr, on avait des primes à l'arrachage encore dans ces années-là.
14:03En fait, moi, j'ai manifesté à partir de l'année 2000, en fait,
14:05mon premier millésime que j'ai vinifié,
14:07j'ai été manifester à Bordeaux pour dire que je ne voulais pas qu'on vende le tonneau à moins
14:10de 2000 euros.
14:11Donc, ce n'est pas d'hier, quoi.
14:12Et souvent, il y a un côté familial, patrimonial.
14:17Quand tu prends cette décision-là,
14:19comment ça se passe, le repas de famille d'après ?
14:21On te dit, c'est toi qui es l'échec ?
14:26Souvent, c'est un peu dur.
14:27Comment ça se...
14:28Merci pour ta question, parce que du coup, j'étais stressée, mais pas émue.
14:32Donc, en fait, c'est quand on arrache nos vignes.
14:34Nos vignes, elles ne sont pas qu'à nous, en fait.
14:35Elles sont aussi à notre père, à notre grand-père.
14:37On les a aussi plantées.
14:40Les vignes, on parle du végétal, mais c'est humain.
14:42Enfin, c'est vital.
14:43C'est vivant.
14:44Voilà, c'est vivant.
14:45C'est ça, c'est ce que je voulais dire.
14:46C'est vrai que les poules, les vaches, ça se voit.
14:48Tout le monde le perçoit.
14:49C'est des animaux, c'est vivant.
14:50Le végétal aussi, quoi.
14:51Après, il faut se rendre compte du drame que vivent les viticulteurs,
14:54notamment dans la région de Bordeaux.
14:55Il y a eu, malheureusement, et on pense fort à eux et à leur famille,
14:58des cas de suicide.
14:59Oui, oui.
15:01On décidait de mourir.
15:02Et donc, il faut mesurer ce que c'est que cette crise viticole
15:05qui touche une des régions symbole de l'excellence du vin à la française.
15:08Mais on n'arrache pas partout, Angélique.
15:11On arrache à Bordeaux, on arrache dans le Loque-Doc,
15:14on arrache un peu dans les Côtes-du-Rhône,
15:16mais pas en Bourgogne, pas en Loire, pas en Champagne.
15:19Ça veut dire quoi, du coup ?
15:20Ça veut dire qu'en fin de compte,
15:22les vignobles qui ont été structurés pour le volume,
15:25ce sont eux qui souffrent.
15:27Et ceux qui se sont développés après
15:29et qui se sont différenciés,
15:31mais qui ont adapté leur production à la consommation,
15:33souffrent moins.
15:34Après, tu sais, ce n'est pas facile.
15:35Moi qui viens de la région Champagne,
15:37ce ne sont pas à l'arrachage,
15:40mais les baisses sont là.
15:41Et ceux qui ne se renouvellent pas,
15:43c'est le même sujet que toi.
15:44La vieillette, quand tu dis la vieille étiquette,
15:47la maison de Champagne...
15:49Ça ne parle plus consommateur.
15:50Celui qui, aujourd'hui, fonctionne dans ces vignobles-là,
15:53il revoit son style de production,
15:55son dosage, ses étiquettes.
15:57Et c'est fondamental, sinon,
15:59donc peut-être par rapport à la question
16:01que tu disais tout à l'heure,
16:02peut-être que le Bordeaux,
16:03c'est peut-être un petit peu reposé,
16:05un peu trop...
16:06Et puis après, il y a la concurrence étrangère,
16:08quand même, aussi.
16:09Ça dépend de la série des grands châteaux, aussi,
16:10qui ne sont pas les mêmes intérêts
16:12que vous,
16:13les neuro-indépendants, parfois, aussi.
16:14On n'a pas la même chose, oui.
16:15L'autre sujet, malheureusement,
16:16qui ne vous a pas aidé,
16:17c'est qu'il y a eu un petit bordeaux-bashing,
16:19récemment,
16:19sur l'utilisation des pesticides,
16:21notamment à proximité des écoles.
16:23Oui.
16:24Est-ce que, là aussi,
16:26en plus du reste,
16:27vous avez dû affronter,
16:29j'allais dire,
16:29l'ire et la colère des voisins
16:31qui vous considéraient
16:32comme d'infâmes pour le...
16:33Bien sûr,
16:34mais encore la semaine dernière,
16:35on traite...
16:36Forcément qu'on traite.
16:37Alors, on dit,
16:38on traite avec des produits phytosanitaires,
16:39avec des pesticides.
16:41Mais, en fait,
16:41c'est comme quand vous avez mal à la tête,
16:43vous prenez un doliprane.
16:44Enfin, si je vous mets un pansement sur la tête
16:46ou un morceau de pain avec du vinaigre
16:47comme mon arrière-grand-père,
16:49oui, c'est bien.
16:50Ce serait bien de lui faire.
16:51Oui, on est d'accord.
16:52Mais, en fait,
16:52il faut traiter,
16:53sinon on ne produirait pas de raisin.
16:55Mais il faut peut-être...
16:55Est-ce qu'il ne faut pas changer les pratiques ?
16:57Il y en a quand même beaucoup qui le font.
16:58Est-ce que vous pensez que c'est...
16:59Non, mais c'est fini.
17:00C'est réalisable.
17:01On a arrêté, ça.
17:02On existe...
17:03Enfin, je ne veux pas dire que ça va...
17:04On n'en est plus là, vous voulez dire ?
17:05Mais oui,
17:06on a énormément progressé.
17:07Ce qu'on peut rajouter,
17:08c'est qu'en fait,
17:09sur 10 ans,
17:10on a supprimé 40% des matières actives
17:13les plus dangereuses en agriculture.
17:14Oui, mais ça reste quand même encore
17:16une incompréhension de la part du grand public.
17:18Oui, mais il faut qu'il y ait une incompréhension.
17:19Oui, et c'est ça qu'il faut expliquer un peu.
17:21Et puis aussi,
17:22l'intérêt dans la diversification
17:23de remettre de l'élevage
17:24dans ces régions
17:25où il n'y en avait pas auparavant,
17:27ça permet aussi de réduire les intrants
17:28parce qu'on utilise le fumier et le lisier
17:30pour apporter de la fertilisation.
17:31Et ça, c'est aussi,
17:32c'est une vraie bonne nouvelle
17:33d'un point de vue écologique
17:34pour cette diversification,
17:35si on voit le positif.
17:37Je sais que c'est dur de le voir comme ça.
17:38Non, mais c'est parce qu'une fiante de poule
17:40par rapport à un hectare de lignes,
17:42c'est dérisoire.
17:43Oui, mais par exemple,
17:43je connais un éleveur de limousines
17:45en Gironde à côté de chez vous.
17:47Le fumier et le lisier,
17:48c'est 20% de son chiffre d'affaires quand même.
17:50La vente de fumier et de lisier
17:51parce que les viticulteurs en ont besoin
17:52pour diminuer l'utilisation d'engrais chimiques.
17:54Donc, on voit qu'il y a quand même
17:55besoin d'élevage aussi
17:56pour équilibrer végétal et élevage.
17:59Angélique, vous n'avez pas pensé
18:00à faire du vin bio ou en biodynamie ?
18:02Ça ne vous a pas traversé ?
18:04Je ne suis pas bio dans l'âme, moi.
18:06J'ai des amis producteurs
18:08qui sont bio et qui le font bien.
18:11Et qui souffrent pareil.
18:12Et qui souffrent pareil.
18:13Et il y en a qui sont bio
18:15mais qui ne sont pas bio dans l'âme
18:16et qui font...
18:17Donc, en fait, chacun fait comme il l'entend.
18:20On a plusieurs structures juridiques
18:22sur l'exploitation avec mon conjoint.
18:23Et en fait, on a une de nos structures
18:25qui est bio.
18:25On produit des raisins bio
18:27sur une des sociétés.
18:28Et donc, oui, on le fait.
18:29Et on le fait bien parce qu'il faut le faire.
18:31Après, moi, je n'en suis pas convaincue.
18:33Il y a une clientèle pour ce genre de produit.
18:35Il y a des gens qui pensent que c'est meilleur
18:37pour la santé et pour tout.
18:38Moi, je n'en suis pas persuadée.
18:39En termes de marketing,
18:40parce que, pardon,
18:41il va falloir séduire une nouvelle génération
18:42pour boire du vin
18:43mais qui veut moins boire d'alcool.
18:45Et tant mieux.
18:47Sur des formats différents,
18:48comme l'ont fait les Italiens
18:49avec le Prosecco et le Spritz.
18:51C'est quoi ?
18:52C'est des vins avec des taux d'alcool
18:53moins importants ?
18:54C'est changer les formats ?
18:55Faire des petites bouteilles ?
18:56C'est quoi, selon vous ?
18:57Alors, moi, mon avis perso,
18:59attention, c'est pas...
19:00Vous avez la pour ça.
19:01Oui, voilà, c'est ça.
19:02Je pense que, sincèrement,
19:05il y a 20 ans,
19:05on buvait tous du vin à table.
19:07Mais on buvait du vin à 8 degrés.
19:09On pouvait boire deux verres de vin.
19:11Enfin, c'était pas...
19:11On allait travailler l'après-midi.
19:13Aujourd'hui, moi,
19:14je peux même pas ouvrir une bouteille de vin.
19:15Elle fait 14.
19:16Ils sont bodybuildés.
19:17Et en fait, qu'est-ce que je fais ?
19:19Ah, je bois un verre de vin, oui,
19:19mais j'ai envie d'en boire un second
19:20et en aucun cas repartir au champ.
19:22On est d'accord.
19:23Je pense que vous aussi.
19:24Ça fait le même effet.
19:25C'est l'alcoolisme, je crois.
19:27Mais à quoi vous attribuez
19:28cette montée, finalement ?
19:29On a monté en qualité, en fait.
19:31On a monté les maturités,
19:33on a monté les hauteurs de feuillage,
19:34parce qu'on a toujours pensé
19:36qu'il fallait toujours plus, plus, plus
19:38pour avoir des vins de meilleure qualité.
19:39Parce qu'il y a tout le vocabulaire.
19:41C'est ce qu'on disait tout à l'heure.
19:42Le vocabulaire, la tradition, l'éducation.
19:44On a monté ça avec des vins
19:45qui sont magnifiques,
19:46qui sont hyper bons.
19:47Mais par contre,
19:48on boit une bouteille le dimanche, quoi.
19:50Mais ce n'est pas ça
19:51qui va nous faire vivre toute l'année.
19:52Louise, on revient sur la diversification.
19:54Vous avez réintroduit de l'élevage aussi,
19:56je crois, avec des vaches limousines
19:57et puis des poules pondeuses.
19:59Quel intérêt ça a aujourd'hui
20:00de remettre de l'élevage
20:02dans une exploitation
20:02et dans des territoires aussi
20:04où l'élevage a disparu ?
20:05Alors, c'est la diversification.
20:07C'est parce qu'en fait,
20:08on avait avec...
20:09Quand on a créé l'atelier Asperges,
20:10on avait une clientèle.
20:11On commençait à avoir
20:12une clientèle particulière.
20:13Et en fait, on s'est...
20:14Il fallait qu'on fasse autre chose
20:15parce qu'on avait une grosse exploitation viticole
20:17et on porte en CAF coopérative, nous.
20:19Donc, du coup, en fait,
20:20on n'était pas auprès du client
20:21et on n'est pas capables
20:24de gérer la partie
20:26coûts de production,
20:26enfin, coûts de production
20:27sur la maîtrise,
20:28mais achats et prix de vente.
20:30Et donc, du coup,
20:30on a cherché à aller plus près
20:32du consommateur.
20:33Et quand on a...
20:34Il fallait qu'on fasse d'autres choix
20:35il y a un an.
20:36Et donc, on a cherché
20:36quel secteur était possible
20:39dans notre exploitation
20:40de mettre en place
20:41parce qu'il faut aussi
20:42qu'on reste des viticulteurs.
20:43On a quand même du travail.
20:44On ne peut pas multiplier les ateliers.
20:46On a besoin d'avoir aussi
20:48une vie de famille,
20:49enfin, d'avoir des amis
20:49comme tout le monde.
20:50Et donc, on a essayé
20:52de prendre des productions
20:53qu'on était capable de gérer
20:54sur le temps de travail
20:55qu'on avait déjà.
20:56Qui sont donc des...
20:57Vous avez des poules pondeuses,
20:58c'est ça ?
20:59Et des poulets à chair ?
21:00Et les vaches limousines.
21:02Les limousines,
21:03l'asperge aussi.
21:04Alors, comment vous voyez
21:05l'avenir, justement, Angélique,
21:07pour vous,
21:07pour votre métier,
21:08pour vos enfants ?
21:10Mais moi, j'espère
21:10qu'on va trouver les codes
21:12et se diversifier en vain
21:13parce que je reste
21:15une productrice de raisins
21:16et une vénificatrice
21:17dans l'âme
21:18parce que j'aime mon métier.
21:20Mais si on n'a pas
21:21des études
21:22qui nous montrent
21:22un nouveau produit
21:23et avec de la communication
21:24et avec des écoles
21:25qui vont aller éduquer...
21:26Mais le mot éduquer
21:27ne correspond pas.
21:28Mais faire la promotion...
21:29Inviter, inviter.
21:30Oui, inviter
21:30à la consommation du vin.
21:32Et comme dans les années 70,
21:34quand la France a...
21:35Moi, j'avais une affiche
21:37dans mon bureau
21:37quand j'étais contrôleur
21:38à l'époque
21:38et c'était
21:39« La France soutient le vin ».
21:41Enfin, on buvait du vin
21:42dans les cantines scolaires
21:42jusqu'à dans les années 60.
21:44Oui, oui.
21:44On en buvait dans les champs aussi.
21:45Pourquoi ?
21:46Tu sais pourquoi ?
21:46C'était pour désinfecter l'eau.
21:48Ah, bien sûr.
21:49Heureusement,
21:49on n'est plus là.
21:50Donc, effectivement,
21:51peut-être remercier les pratiques.
21:52Mais peut-être qu'il faudrait...
21:54Ça fera l'objet
21:54d'un débat
21:56un petit peu plus tard.
21:57Merci beaucoup,
21:58Angélique Ladon,
21:58d'être venue nous voir
21:59sur le plateau de VIP.
22:00On vous souhaite
22:02plein de succès
22:03pour tout ce que vous avez mis en place.
22:05Et merci d'être venue
22:06nous parler
22:08de cette crise du vin
22:09de Bordeaux
22:10et de la manière
22:11dont vous,
22:11vous avez choisi
22:12de vous diversifier,
22:13de trouver des solutions.
22:15Merci, bon retour.
22:16Merci de m'avoir invitée.
22:18Avec grand plaisir.
22:19Alors, vous le savez,
22:20plus que jamais,
22:21l'agriculture,
22:21c'est politique.
22:22On vient de le voir là,
22:23à l'instant.
22:24Alors, quelles solutions
22:25nos élus proposent-ils
22:26pour aider l'agriculture française
22:27et surtout ses acteurs ?
22:28On en débat
22:29dans notre interview
22:30Vérée Importante Politique.
22:36Et aujourd'hui,
22:37nous avons le plaisir
22:38de recevoir Julien Denormandie,
22:40ancien ministre de l'Agriculture
22:41de 2020 à 2022.
22:43Bonjour, monsieur le ministre.
22:44Bonjour.
22:45Soyez le bienvenu
22:46sur le plateau de VIP,
22:47Vérée Importante Paysan.
22:48On a une petite tradition
22:49dans VIP,
22:50c'est le portrait agricole chinois.
22:52Vous avez envie d'y répondre ?
22:53Vous êtes prêts ?
22:54Avec plaisir.
22:54Allez, c'est parti.
22:54Je ne sais pas de quoi il s'agit.
22:55Vous allez voir,
22:56c'est charmant,
22:57ça se passe très bien en général.
22:58Pas de pied.
22:58Si vous étiez un animal
22:59de la ferme ?
23:03De la ferme,
23:05je crois que je dirais un cochon.
23:07Pourquoi ?
23:08Parce que c'est l'animal
23:09qui se rapproche le plus de l'homme
23:11et je trouve que c'est un animal
23:13qui est souvent peu
23:15ou pas bien considéré,
23:17alors qu'on voit
23:19tout ce qu'il peut nous apporter,
23:21y compris en termes
23:22de recherche médicale.
23:24Donc, ce n'est pas une image
23:24très glamour,
23:26mais je trouve que c'est une façon
23:29de reconsidérer cet animal
23:30qui est souvent très décrié.
23:33Et vous n'êtes pas le premier,
23:34d'ailleurs,
23:34à nous avoir donné cette réponse.
23:35je suis un cochon
23:36comme animal totem.
23:37Les bretons,
23:38les bretons,
23:38et puis peut-être une pensée aussi
23:41pour mon compère Éric Orsona
23:43qui a écrit un ouvrage fabuleux,
23:45Voyage au pays du cochon,
23:46et qui montre
23:48tous les défis liés
23:49à cette filière porcine.
23:52Si vous étiez un aliment fétiche ?
23:54La lentille.
23:55Ah, vous parlez.
23:57Je trouve qu'on est dans une...
24:00Donc, ça fait partie
24:01des légumineuses.
24:02Les légumineuses,
24:02ce sont des plantes incroyables
24:04parce qu'elles captent l'azote
24:05et donc elles permettent
24:06dans les rotations de culture
24:09d'enchérir et de renchérir le sol.
24:13Et cette lentille,
24:14aujourd'hui,
24:14je trouve que,
24:15pareil,
24:15elle est très abandonnée
24:17dans les pratiques culinaires
24:19de chacun d'entre nous.
24:21Donc, il faut manger des lentilles.
24:22Ça revient, mais pas assez.
24:26Même si les filières
24:26ne sont pas encore constituées,
24:27on a vu dans une précédente émission
24:29qu'aujourd'hui,
24:30la lentille redevient tendance.
24:31Il faut la pousser
24:33et notamment vis-à-vis
24:34des plus jeunes.
24:36Donc, la lentille,
24:37c'est au demeurant
24:37très facile à cuisiner.
24:39Julien Denormandie,
24:40vous avez quitté
24:40vos fonctions publiques
24:41il y a quatre ans
24:42et vous publiez
24:44un livre aux éditions du Seuil,
24:46Le chant du sol,
24:47un conte écologique et politique.
24:49Alors, avant d'en parler,
24:51je vais me tourner vers Louise,
24:52Louise L'Espard,
24:54puisqu'on vous a demandé
24:55de nous faire
24:56une petite fiche de lecture
24:57concernant le livre
24:58de Julien Denormandie.
25:00Racontez-nous.
25:01Oui, Julien Denormandie,
25:02vous avez sorti en début de l'année
25:03Le chant du sol,
25:04un roman d'anticipation
25:05presque dramatique,
25:06j'ai envie de dire,
25:07avec une idée de départ simple
25:09mais vertigineuse.
25:10Et si le sol se mettait en grève,
25:12le livre commence par une phrase
25:14« Je suis sol,
25:15je suis en grève ».
25:16Alors, à partir de là,
25:17plus rien ne fonctionne.
25:18À travers plusieurs personnages,
25:20un éleveur,
25:20une promotrice immobilière,
25:22un chef d'entreprise textile
25:23et un scientifique,
25:24on se rend compte
25:25à quel point nos modes de vie
25:26dépendent finalement
25:27de cet élément
25:28qui est aussi invisible
25:29que fondamental
25:30et qui est juste sous nos pieds.
25:32Alors, on voit
25:33que tous se retrouvent bouleversés
25:34quand le sol ne rend plus
25:35les services qu'il rendait avant.
25:37Les terres agricoles s'épuisent,
25:38les bâtiments se fissurent,
25:40les cours d'eau s'assèchent
25:41et débordent.
25:42Bref, plus rien ne va.
25:43Et puis finalement,
25:44ce livre,
25:44il nous questionne
25:45sans jamais nous culpabiliser
25:46sur notre responsabilité collective.
25:48Il nous amène
25:50à reconsidérer le sol
25:51comme le fondement même
25:52de notre société.
25:54Puis ce livre,
25:55Julien Denormandie,
25:56c'est aussi un cours
25:56d'agronomie vulgarisé.
25:58Au fil des pages,
25:59on découvre
26:00la vie microscopique des sols,
26:01le rôle des bactéries,
26:03des vers de terre,
26:04des racines
26:04et puis les principes
26:05de l'agriculture
26:06de conservation des sols
26:07auxquels je sais
26:08que vous êtes très attaché.
26:10Alors Julien,
26:10du coup,
26:11est-ce qu'on est vraiment prêt
26:11à changer nos modes de vie ?
26:13Quelle action prioritaire
26:14il faudrait mettre en place
26:14et est-ce que l'agriculture
26:15est en première ligne
26:16de ces actions ?
26:18Moi, je pense,
26:18et c'est pour ça
26:19que j'ai écrit ce livre,
26:20que le sol,
26:21vous l'avez dit,
26:22c'est un personnage central
26:23et pourtant,
26:24c'est un personnage ignoré.
26:26C'est un personnage central
26:27parce que le sol,
26:29c'est vraiment la vie.
26:31On dit dans notre pays
26:33qu'on enterre,
26:33que le diable
26:34et l'enfer
26:35est sous nos pieds.
26:36On a cette image
26:37d'un sol
26:38qui est un substrat inerte.
26:40Bref,
26:40le sol est beaucoup plus associé
26:42à la mort qu'à la vie.
26:43Or, c'est vraiment le sol
26:44qui est le cycle de la vie.
26:45Le sol,
26:45c'est la promesse
26:46d'une feuille automnale morte
26:48qui va se transformer
26:49en une fleur printanière vivante.
26:51Mais plus encore,
26:52ce qu'on ne sait pas,
26:53c'est que ce sol,
26:55c'est un vieux monsieur,
26:55il a 470 millions d'années
26:57quand la vie est sortie de l'eau
26:58pour aller taper la roche primaire
27:01et aider des mousses
27:02et des végétaux
27:03constitués de l'humus
27:04et au fur et à mesure
27:05se créer.
27:06Mais avant qu'il n'y avait le sol,
27:08il n'y avait pas de rivière
27:09sur notre planète.
27:10Il n'y avait pas de source d'eau.
27:12C'est le sol
27:12qui permet le cycle de l'eau.
27:14Et de la même manière,
27:16le sol contient
27:18une vie absolument débordante.
27:20Dans une cuillère à soupe de sol,
27:22il y a plus d'êtres vivants
27:24qu'il n'y a d'humains sur Terre.
27:26Et puis c'est intéressant,
27:27je vous coupe,
27:27mais dans le livre,
27:28vous dites que l'eau et l'air
27:29sont de droits communs
27:30à une séquence de tribunal.
27:31Et c'est vrai que le sol
27:31est de droits privés.
27:33Exactement,
27:33parce qu'on est attaché
27:35à cette propriété du sol,
27:37ce qui est bien normal.
27:38C'est un des articles fondamentaux
27:39de la Constitution des droits
27:40de l'homme et du citoyen.
27:42Mais donc ça vient peut-être
27:43biaiser notre rapport à ce sol.
27:44Mais plus encore, culturellement,
27:47le sol, depuis qu'on est tout petit,
27:49quand vous prenez une carte,
27:51les cartes IGN,
27:52les cartes Michelin,
27:52ou sur Waze,
27:54les applications,
27:54le sol est représenté en blanc,
27:57la couleur du vide,
27:58alors que c'est la source de vie.
28:01Et ce que j'ai voulu montrer
28:03par ce conte,
28:04c'est de dire,
28:06et si nous reconsidérions le sol
28:08pour ce qu'il est,
28:09c'est-à-dire le moteur de la vie,
28:11alors même que culturellement,
28:13on en est à des années-lumière.
28:14Jean-Baptiste, une réaction ?
28:15Du coup, là, c'est très romancé
28:17l'histoire du sol.
28:18Moi, j'aimerais faire un petit retour
28:20sur des événements
28:21un peu politiques, on va dire,
28:23sur cette prise de conscience du sol.
28:25Il y a eu, il y a quelques années,
28:27il y a eu une ambition du 4 pour 1000,
28:29en fait, l'objectif étant
28:31de faire augmenter
28:32le taux de matière organique des sols,
28:34puisque c'est ce qui donne la vie au sol,
28:35et de les faire passer de 2 à 4,
28:37et ce qui apporterait plein de réponses
28:39d'un point de vue changement climatique.
28:42Donc, on a un très beau livre
28:43qui en parle.
28:44On a une ambition de 4 pour 1000
28:46qui a été lancée il y a 10 ans,
28:47et finalement, moi, en tant qu'agriculteur,
28:48j'ai l'impression que tout le monde
28:49s'en fiche, en réalité.
28:51Et vous, qui avez été ministre de l'Agriculture,
28:53vous écrivez bien le livre,
28:55mais au fond, est-ce que vous pensez,
28:56franchement, que les gens s'y intéressent,
28:58et s'il y a des évolutions de pratiques ?
29:00– Alors, plusieurs points,
29:01et merci pour la question, Jean-Baptiste.
29:04Le premier élément, c'est qu'en reconsidérant le sol,
29:08moi, mon objectif, c'est de faire en sorte
29:09que les citoyens puissent reconsidérer
29:12ceux qui le protègent, c'est-à-dire les agriculteurs.
29:14Et ça, c'est pour moi très important.
29:17Parce que ce sont eux, principalement,
29:20pas qu'eux, il y a aussi toutes les personnes
29:21qui font des industries, de l'immobilier,
29:23mais enfin, les premiers acteurs en lien avec le sol,
29:26ce sont les agriculteurs.
29:27Donc, si on reconsidère le sol,
29:28je pense très sincèrement qu'on peut reconsidérer
29:31les agriculteurs, et cette chaîne me paraît pertinente.
29:34Le deuxième élément, je me souviens,
29:36quand j'étais ministre, avoir dit
29:37que les agriculteurs étaient des soldats du climat,
29:39précisément pour cela.
29:40Comment fait-on pour que l'agriculture
29:42capte plus de matières organiques,
29:44donc du carbone, et soit des soldats du climat ?
29:48Avec des sujets qui sont complexes,
29:49parce que ça renvoie à l'agriculture
29:51de conservation des sols,
29:53agriculture que je chéris,
29:54mais on sait bien que là, il y a des objectifs environnementaux
29:57qui viennent se percuter,
29:58parce qu'au moment où on se parle,
30:00modulo quelques pratiques,
30:01l'agriculture de conservation des sols
30:03a besoin d'utiliser des désherbants.
30:05Et sujet incroyable.
30:06Le fameux glibus.
30:07C'est un sujet incroyablement intéressant.
30:09Monsieur Normandie, sans vous l'arrêter désobligeant,
30:11vous avez été ministre de l'agriculture,
30:13vous écrivez un formidable bouquin sur les sols,
30:17le réseau intra-terrestre,
30:19et pourtant vous êtes celui qui, à un moment donné,
30:20a fait la promotion d'un insecticide,
30:22qui était un néonicotinoïde pour protéger la production de la betterave.
30:26Il n'y a pas un hiatus, quand même,
30:27entre ce que vous écrivez dans ce bouquin
30:29et l'épreuve, à un moment donné,
30:30que vous avez dû vivre en tant que ministre de l'agriculture.
30:33Je ne crois pas, je pense avoir une forme de cohérence
30:35dans mon engagement en faveur de l'environnement,
30:39mon engagement en faveur des agriculteurs
30:41et de nos agricultures.
30:43Ce que j'essaye de montrer par cet ouvrage,
30:45comme celui que j'avais écrit il y a deux ans
30:48avec Eric Orsona, Nourrir sans dévester,
30:50c'est qu'en fait, il faut sortir du simplisme.
30:54Les décisions relatives au monde agricole
30:56relèvent d'une complexité qui est celle de la nature,
30:59à laquelle vient de se confronter aussi
31:01celle du marché.
31:02Parce que celle de la nature,
31:04rien n'est zéro ou rien n'est blanc ou noir.
31:06Tout est plus complexe.
31:08Je viens de le dire, par exemple,
31:09sur les désherbants, le glyphosate,
31:11avec l'agriculture de conservation des sols.
31:13On a des objectifs environnementaux
31:14qui viennent se percuter.
31:16Et c'est sûr que si on est dans un débat simpliste,
31:18eh bien, un, on perd tout le monde,
31:19mais surtout, on est dans des paussures
31:21et des caricatures.
31:22Donc moi, mon plus gros combat,
31:23c'est de remettre la complexité
31:25au centre des débats.
31:26Qu'ont fait le départ d'Edgar Morin,
31:30chanteur de la complexité de la pensée,
31:31je pense qu'il nous faisait énormément de bien.
31:34Alors, j'aimerais qu'on prenne le temps aussi
31:35de parler d'un sujet d'actualité
31:37qu'Antoine vous avait évoqué.
31:38C'est bien sûr la loi d'urgence agricole.
31:41Elle vient d'être votée à l'Assemblée nationale.
31:42Elle est présentée comme une réponse
31:44à la crise agricole
31:45et aux récentes mobilisations.
31:47Là encore, certaines mesures font bondir
31:49la gauche et les écologistes,
31:51notamment avec le fait de faciliter
31:53la création de bassines, méga-bassines,
31:55un assouplissement, comme vous le disiez,
31:56Antoine, des contraintes légales
31:57pour lutter contre le loup,
31:59les règles qui encadrent aussi
32:00les élevages intensifs.
32:02Vous en pensez quoi ?
32:03Et est-ce que vous, vous auriez défendu cette loi ?
32:04Je vous prends un exemple
32:05sur la complexité de la pensée
32:07sur la question de l'eau.
32:08C'est un très bon exemple.
32:10C'est vraiment, pour moi, le plus clivre.
32:11Bah oui.
32:12Oui, et puis en même temps,
32:13le plus simple, je vais vous dire.
32:16Toute personne qui vous dit
32:18je suis pour les bassines
32:19ou je suis contre les bassines
32:20se trompe.
32:21On est dans de la posture.
32:22On est dans le simplisme de la pensée.
32:24Quel est l'angle
32:25et quel est le personnage
32:27qu'il faut écouter
32:28sur la question de l'eau ?
32:29Bah c'est le sol.
32:31Je peux vous dire que
32:33j'ai enseigné à bonne école.
32:35Moi, je suis ingénieur des eaux et forées
32:36et mon épouse est hydrogéologue.
32:38Donc j'en ai parlé
32:39des heures au carré
32:40avant même.
32:41À la maison.
32:42Ça ne tient pas
32:43les soirées chez les deux
32:44dans le monde.
32:45Entre la poire et le dessert,
32:46ça va être sympa.
32:47Et qu'est-ce que tu en penses ?
32:48Que fait l'eau ?
32:50Pourquoi je dis ça ?
32:51Parce que le seul personnage
32:53qui peut vous dire
32:54si oui ou non
32:54une bassine est possible,
32:56pertinente
32:57et même souhaitable ou non,
32:58c'est le sol.
32:59Quand vous avez un sol
33:00qui est gorgé d'eau,
33:02avec une nappe fratique
33:03qui est pleine
33:04ou qui est en totale capacité
33:05à se remplir,
33:07à ce moment-là,
33:08toute goutte d'eau supplémentaire
33:09qui va tomber sur ce sol
33:10va être de l'eau dite ruissellante,
33:12c'est-à-dire de l'eau
33:13qui finira à la mer.
33:15Cette eau-là,
33:16il n'y a aucun problème
33:18scientifiquement,
33:19écologiquement
33:19pour la récupérer.
33:21À l'utiliser ?
33:21Mais est-ce que c'est le cas du coup ?
33:22Est-ce qu'on est attentif
33:24à cette goutte d'eau
33:25qui fait déborder ?
33:27Il y a des tonnes
33:27d'études environnementales
33:28avant de construire.
33:29Et à l'inverse,
33:30une réserve d'eau
33:31qui est faite sur un sol
33:32qui est en incapacité totale
33:34à recharger
33:35ces nappes phréatiques,
33:37là,
33:37pose un vrai problème
33:39environnemental.
33:39Et donc,
33:40ce que je dis,
33:41c'est,
33:41pour moi,
33:41la politique,
33:42ça doit d'abord
33:42être une vision.
33:43Et la vision sur l'eau,
33:44c'est ce qu'on avait lancé...
33:45Donc, ça ne passe pas
33:46par un texte de loi ?
33:47Alors,
33:48la loi,
33:48c'est très bien.
33:49Après,
33:49c'est très bien.
33:51Et tout ce qui peut être fait
33:52pour aller dans ce sens
33:53d'une vision claire,
33:55c'est très bien.
33:55Mais moi,
33:56ce que je dis toujours,
33:57c'est que la politique,
33:58c'est avant tout
33:58une vision
33:59et l'eau quotidienne.
34:00Si les lois
34:02ou les outils
34:03étaient
34:05ce qui permettait
34:06de tout sauver,
34:07en France,
34:07on serait champion du monde
34:08et depuis bien longtemps.
34:10C'est clair.
34:11Mais concernant l'eau,
34:12excusez-moi,
34:13concernant l'eau,
34:13il y a aussi des régions
34:14où les agriculteurs
34:14n'ont pas d'eau,
34:15c'est ça ?
34:17pas du tout.
34:17On l'a évoqué d'ailleurs.
34:19Et c'est ça
34:20qui est incroyable,
34:20c'est que quand vous prenez
34:21un bassin versant,
34:23en fait,
34:23le bassin versant
34:24est incroyablement étendu.
34:26Et donc,
34:27ce qui va se passer
34:28en haute loire
34:29sur la gestion de l'eau
34:30peut avoir des conséquences
34:31500 ou 600 kilomètres
34:33plus en aval
34:35dans le bassin versant.
34:37Et donc,
34:37penser le système de l'eau,
34:39c'est évidemment
34:40un système
34:40qui doit être collégial
34:42et qui doit être
34:43dans sa globalité.
34:44Mais voyez,
34:44par cet exemple,
34:46en fait,
34:46la complexité,
34:47il faut oser l'aborder
34:49et quand on a
34:50des sujets complexes,
34:51il faut avoir
34:52une vision précise.
34:53Est-ce que vous comprenez
34:54ces associations
34:55environnementalistes
34:55qui voient
34:56cette loi
34:57comme un recul
34:57de l'environnement
34:58vis-à-vis du stockage
34:59de l'eau,
35:00de la construction
35:00des bâtiments,
35:01est-ce que cette peur
35:01elle est légitime
35:02selon vous ?
35:03On parle d'irrigation
35:03intensive de leur côté.
35:04C'est bon là,
35:05on n'est pas non plus...
35:07Il faut poser la question.
35:10Dans le cadre
35:10d'un dialogue
35:11et d'un consensus,
35:12il faut écouter aussi
35:12les lois qui s'expriment
35:13contre et c'est pour ça
35:14que c'est intéressant
35:14d'avoir la ville d'eau.
35:16C'est pour ça que moi je dis...
35:18Je vais vous faire
35:19une confidence.
35:20Quand j'ai lancé
35:20ce variant de l'eau
35:21et du changement climatique,
35:22j'ai expliqué,
35:23j'avais déjà cette position,
35:24j'ai expliqué cette position
35:25à des personnes
35:27qui je sentais tangents
35:29et ne voulaient pas
35:30participer à la...
35:32La consultation.
35:33La consultation.
35:34J'ai quand même une personne,
35:35un président d'association
35:36qui m'a appelé
35:37et qui m'a dit
35:37je vais vous dire
35:38monsieur le ministre,
35:39vous avez raison.
35:41Mais en interne
35:42dans mon association,
35:43c'est trop complexe
35:44pour nous de venir s'associer
35:46à ce travail
35:47où vous essayez
35:48de développer
35:48cette pensée complète.
35:49Mais ce que je dis là
35:50sur la posture,
35:51c'est vrai dans le domaine
35:52environnemental,
35:53c'est vrai aussi
35:54dans le domaine agricole.
35:55Et encore une fois,
35:56c'est pour ça que moi
35:57je reviens toujours
35:58à la vision.
35:58Une loi c'est bien
35:59mais c'est la vision
36:01qui compte le plus.
36:02Si sur l'eau,
36:02on peut avoir cette vision
36:03qui est guidée par le sol,
36:06eh bien on aura fait
36:06une avancée énorme.
36:08Monsieur le ministre,
36:08vous avez une vision,
36:09vous avez des convictions,
36:11vous avez visiblement
36:12la bonne méthode.
36:13Mais pourquoi vous avez
36:14quitté votre poste ?
36:15Non mais il y a un truc
36:16qu'on ne comprend pas.
36:17On a quelqu'un
36:17qui en plus
36:18est capable d'écrire
36:19sur le sol
36:20qui a des convictions
36:22qu'il y a du jour
36:23et vous avez laissé.
36:24Alors, sans être flagorneur,
36:26vous êtes un ministre regretté.
36:28Alors, je ne sais pas d'ailleurs
36:28si c'est apporté à votre crédit
36:29parce que quand le monde agricole
36:30regrette un ministre,
36:31ça veut dire qu'il était
36:31tête du bon côté du bon.
36:33Néanmoins,
36:34on se demande pourquoi
36:35vous avez abandonné votre poste.
36:36Peut-être aussi
36:37qu'en gouvernement,
36:38il y avait des gens
36:38qui ne voulaient pas aussi
36:39d'avoir Julien Normandie.
36:43quand Julien Normandie
36:44défendait aussi des prix
36:45en agricole
36:46et que Bercy disait
36:46« Oh là là, touche pas
36:47à l'inflation ! »
36:48Peut-être que c'était très bien
36:49que vous sortiez du ministre
36:50du gouvernement.
36:50Non mais répondez à la question.
36:51Pourquoi vous avez quitté
36:52votre poste ?
36:53Pour deux raisons.
36:53La première, c'est que
36:54j'ai quatre enfants
36:56et en bas âge.
36:57J'ai fait de la politique jeune
36:59et il y a un moment pour tout.
37:02J'ai commencé à travailler
37:03avec le président de la République
37:04avant qu'il ne soit même ministre.
37:06Mon deuxième enfant venait de naître.
37:07J'ai arrêté mon quatrième
37:08avec cinq ans.
37:09Je peux vous dire
37:10que c'est dix années
37:11où je ne les ai pas vues.
37:13Je n'étais pas là
37:13et je considère
37:14qu'il faut un temps pour tout.
37:16Première raison,
37:1695% de la raison.
37:18Et 5% de la raison,
37:19c'est que pour moi,
37:20la politique,
37:20ce n'est pas un métier.
37:21Vous ne devez pas
37:22en être dépendant.
37:23Le jour où vous en êtes dépendant,
37:24vous êtes cuit.
37:27Ce n'est plus un combat.
37:28Vous ne parlez pas
37:28avec votre trip
37:29parce que vous pensez
37:29à votre poste d'après.
37:31Vous allez à moins d'un an
37:33des présidentielles,
37:34vous allez vous positionner ?
37:36Vous présentez
37:36comme candidat
37:37de la politique jeune présidentielle ?
37:39Si on peut avoir un scoop,
37:40c'est super.
37:41Moi, j'adore.
37:42Pour être honnête,
37:44face à tout ce que vous venez de dire,
37:45je ne le ferai pas
37:46comme je l'ai fait
37:47les deux dernières campagnes.
37:49J'étais vraiment
37:50au cœur du cœur du cœur.
37:52Après,
37:53je vais vous dire,
37:54ma crainte,
37:54c'est que les uns
37:56et les autres
37:57soient tellement égocentrés
37:59qu'ils en oublient
37:59que les deux grandes menaces,
38:02enfin,
38:02la grande menace,
38:03c'est un second tour
38:03des deux extrêmes.
38:05Merci beaucoup,
38:06Julien Denormandie.
38:06Je peux me permettre
38:07un immense merci
38:08parce qu'enfin,
38:10une émission
38:10qui parle agriculture,
38:12qui le fait avec bienveillance,
38:14avec la complexité des sujets
38:16et voilà,
38:17je sais qu'il y en a
38:18qui y sont pour beaucoup
38:19et un grand,
38:20grand merci à vous
38:20de faire cela.
38:22Eh bien,
38:22merci pour votre retour,
38:23ça nous touche beaucoup
38:24et oui,
38:24on essaye vraiment
38:25de reconnecter
38:26les citoyens,
38:28les consommateurs
38:28avec notre agriculture française
38:30et d'encourager,
38:30bien sûr,
38:32cette agriculture.
38:33je rappelle votre livre
38:34Le Chant du Sol
38:35sorti aux éditions Seuil
38:36qu'on a lu
38:37et qu'on va lire
38:38bien évidemment
38:39et on vous souhaite
38:40validé par Louise,
38:42certifié par Louise
38:43et merci d'être venu
38:44sur le plateau de VIP
38:45et on vous souhaite
38:46une bonne continuation.
38:47Merci monsieur le ministre.
38:49Bon les amis,
38:49on a reçu un ancien ministre
38:51de l'Agriculture
38:51sur le plateau de VIP,
38:52c'est quand même la classe,
38:53non ?
38:53Oui,
38:54c'est pas des moindres.
38:55Peut-être le futur.
38:56Peut-être le futur,
38:57mais est-ce que vous croyez
38:58que du coup,
38:58on va choper le melon ?
39:01Transition facile,
39:02mais très efficace.
39:03Merci.
39:04Bravo.
39:04Merci beaucoup.
39:05Oui,
39:06parce que c'est le produit
39:07star de l'été
39:08qui arrive enfin
39:09et qu'on va déguster
39:10à l'apéro ou en dessert,
39:11c'est selon.
39:11On en consomme 4 kilos
39:13par personne et par an
39:14et c'est d'ailleurs
39:15un chiffre qui reste stable
39:16ces dernières années.
39:17Alors comment bien choisir
39:18son melon
39:19pour qu'il ait du goût ?
39:20Le melon,
39:21c'est notre deuxième
39:21vérité important de produit.
39:27Et pour plonger
39:28dans cet univers,
39:29nous avons le plaisir
39:30d'accueillir
39:30sur notre plateau
39:31Jérôme Josserand,
39:32producteur de melon
39:33dans l'Hérault.
39:34Bonjour Jérôme.
39:35Bonjour.
39:35Merci d'être avec nous
39:37dans VIP.
39:38Merci de me recevoir.
39:39Vous nous venez
39:39d'un petit coin.
39:41Oui,
39:42d'un petit village
39:43tout près de Béziers,
39:44entre Béziers et Montpellier,
39:45c'est ça.
39:46Il s'appelle ?
39:47Saint-Tibéry.
39:47Alors vous êtes producteur
39:49de melon,
39:49vous avez 55 ans,
39:51vous êtes marié,
39:52vous avez deux grands enfants
39:52d'ailleurs,
39:53ils travaillent avec vous ?
39:54Non,
39:54il y en a un
39:55qui est ingénieur agronome
39:56et qui pour le moment
39:57travaille chez un semencier
39:59justement spécialiste
40:00curcubitaceae pour melon.
40:01Ah,
40:02c'est pour récupérer
40:02des graines comme ça.
40:04En douce,
40:05c'est pas mal.
40:06Alors,
40:07vous n'êtes pas que producteur
40:08de melon dans l'Hérault
40:09puisque vous êtes aujourd'hui
40:10président d'un groupement
40:11de producteurs.
40:12C'est ça.
40:13Pourquoi vous avez décidé
40:15de créer ce groupement ?
40:17Tout simplement
40:18parce qu'ensemble
40:19on est un peu plus fort.
40:22C'était en 1998,
40:24les centrales d'achat
40:25étaient en train
40:25de se monter.
40:26Aïe.
40:28Et pour pouvoir
40:30proposer différents produits
40:32sur différents calendriers
40:33ou autres,
40:34il fallait qu'on se regroupe
40:35pour pouvoir justement
40:36proposer quelque chose
40:37de plus complet
40:39sur tout le calendrier.
40:41Vous représentez
40:42la majeure partie
40:42des volumes de melon
40:43en France
40:44avec votre organisation
40:44de producteurs ?
40:45Non,
40:46on est la seule
40:46organisation de producteurs
40:47par contre en melon
40:48parce que le maraîchage
40:49est très peu organisé,
40:50malheureusement.
40:52L'aspect collectif
40:52n'est pas très reconnu.
40:54Mais non,
40:55on représente environ
40:568% de la production nationale.
40:58Je ne voudrais pas énerver
40:59Jean-Baptiste Vervy
41:00qui est notre spécialiste
41:01bien sûr des fruits
41:02et des légumes.
41:02On a eu ce débat
41:03sur la tomate.
41:04Ça ne s'est pas très bien passé.
41:07Alors le melon,
41:08le melon,
41:08fruits ou légumes ?
41:10Je vais prendre
41:11la même définition
41:12que pour la tomate.
41:13Ça dépend si vous le prenez
41:14à l'entrée ou à l'essai.
41:15Ça c'est trop facile.
41:17Mais non,
41:17on veut savoir.
41:18C'est un curcubitacé
41:19donc c'est un légume.
41:20Donc c'est un légume.
41:21Et oui,
41:21aussi surprenant
41:22que cela puisse paraître.
41:23Alors ce légume,
41:24on aimerait bien connaître
41:25les grandes étapes
41:27de sa production.
41:29Comment naît un melon ?
41:30Expliquez-nous.
41:31Alors,
41:31le melon naît d'une graine.
41:33D'accord ?
41:33Dans un premier temps,
41:34donc on va faire un plan.
41:35Alors soit vous faites
41:36les plans chez vous,
41:37soit vous les donnez
41:38à un pépiniériste.
41:39Et en gros,
41:40c'est entre 15 jours
41:41et un mois
41:42suivant la période
41:44pour que vous ayez
41:45un plan
41:46qui va faire environ
41:46cette taille-là.
41:47et ensuite,
41:49vous le plantez
41:49et suivant les dates
41:51aussi de plantation,
41:52quand vous plantez
41:53au mois de mars
41:53comme chez nous,
41:54vous allez arriver
41:55en gros au 1er juin.
41:56Donc il faut 90 jours
41:57et quand vous plantez
41:59au mois d'avril ou mai
41:59chez nous,
42:00il fait plus chaud,
42:00vous allez avoir
42:01à peu près le melon
42:01à peu près 70 jours après.
42:03Très très court.
42:04C'est très court
42:04et encore plus court,
42:06c'est-à-dire le plus important
42:07pour savoir
42:08quand est-ce qu'on va le récolter,
42:09c'est le passage de l'abeille.
42:10Voilà,
42:11puisque c'est l'abeille
42:12qui va faire le fruit
42:13et donc vous avez
42:14l'abeille qui va
42:15dans un premier temps
42:16butiner une fleur mâle
42:18et ensuite
42:18une fleur femelle
42:19et c'est 5 semaines
42:21après le passage
42:22de l'abeille
42:22qu'on peut savoir
42:23qu'on va récolter le melon.
42:24Ce sont des abeilles
42:25d'élevage
42:26ou des abeilles sauvages ?
42:27Oui, on travaille
42:28énormément avec les...
42:29Donc vous maîtrisez
42:29la concentration d'abeilles
42:30qui vient polliniser...
42:32Bien sûr.
42:32On les fait venir
42:33en gros juste avant
42:34que les fleurs arrivent.
42:36Voilà,
42:36donc on travaille énormément.
42:38Et vous vivez
42:38sous tension permanente
42:39parce que toujours
42:40trois mois en fait.
42:41S'il y a une étape
42:42qui ne se passe pas
42:42très très bien,
42:43ça veut dire
42:43qu'à un moment donné
42:44la récolte...
42:44La meilleure preuve
42:45c'est au mois de mars.
42:45On a eu énormément
42:46de pluviométrie,
42:47on a dû retarder
42:48les plantations
42:49de 15 jours
42:51avec beaucoup d'inquiétude
42:52puisqu'impossibilité
42:53de rentrer dans les champs
42:54et donc des plantes
42:55qui grossissaient
42:58et donc on s'est dit
42:59on va avoir 15 jours
42:59de retard
43:00et vu les très fortes
43:02températures
43:03qu'on a eues
43:03au mois de mai,
43:04on a presque rattrapé
43:05le retard
43:05et là où on avait annoncé
43:06il y a un mois
43:07un retard dans la production
43:09en fait on est dans les temps.
43:10C'est de la culture
43:11de plein champ au plus ?
43:12Et pour la très grande majorité
43:14puisqu'il y a en gros
43:1440 hectares de serre
43:16pour 10 000 hectares
43:16de plein champ.
43:17Faciliter les choses
43:18comme si ce n'était pas
43:18assez compliqué.
43:19C'est ça.
43:19Qui aime le melon
43:20autour de cette table-là ?
43:21Levez la main si vous voulez.
43:22Tout le monde aime le melon.
43:24On est d'accord,
43:25c'est rare de rencontrer
43:26quelqu'un qui ne l'aime pas
43:27donc plutôt apéro
43:29jambon cru de baïonne
43:30ou plutôt en dessert ?
43:32Non, plutôt apéro
43:33avec un petit rosé
43:33du jambon de baïonne.
43:34C'est pas mal
43:35avec modération bien sûr
43:36mais on adore.
43:37Olivier en Bretagne,
43:37comment on mange le melon ?
43:39Le melon avec un jambon
43:40de montagne
43:41et puis un rose-écorce.
43:43Non mais c'est pas possible
43:44là aussi,
43:45c'est le grand écart
43:46qui se resserre.
43:47Il nous a pas assez
43:47de produits bretons pour y avoir.
43:48Non, pas encore.
43:49Non, c'est vrai.
43:49Profitez-en voir.
43:50Et vous, mon cher Antoine ?
43:53C'est tout simple,
43:53surtout le bâton.
43:54J'adore manger du melon le bâton.
43:55Un petit porto dedans.
43:58Non mais dis donc,
43:59c'est quoi cette équipe-là ?
44:01C'est ma grand-père
44:02dans un porto d'éco.
44:02Oui, oui, mais voilà.
44:03On a fait quand même
44:04des progrès
44:05de manière à ce qu'on évite
44:06d'avoir le porto à l'intérieur.
44:07C'est ça.
44:07Désolé.
44:08Mais c'est vrai que pour le coup,
44:09on parlait du melon porto,
44:10c'était souvent,
44:11c'était du porto
44:12pour masquer le goût
44:13d'un melon
44:13qui n'était pas toujours
44:14de qualité.
44:14Justement, parlons-en
44:15du goût du melon
44:16parce que c'est vrai
44:17que la saison est tellement courte
44:18et puis nous,
44:18on veut acheter des melons français.
44:20On ne veut pas les autres.
44:21On attend, on patiente
44:23mais parfois,
44:24on tombe sur des mauvais...
44:26La loterie.
44:26Oui, c'est la loterie
44:27comme vous dites.
44:29Pourquoi ?
44:29Pourquoi ?
44:30On a 93%
44:31de taux de satisfaction
44:33de la dernière étude
44:33du CTIFL.
44:3493% de taux de satisfaction.
44:36C'est énorme.
44:36Oui, mais ça,
44:36ce sont vos melons.
44:37Non, non, non.
44:39CTIFL au niveau national.
44:40Non, non, non.
44:41Du premier prix au label.
44:42Eh bien, écoutez,
44:43en tout cas,
44:44c'est ce qui est ressorti.
44:46Donc, ça veut dire
44:47quand même qu'il y a fait...
44:47Et on a eu...
44:50On a vraiment fait
44:50de très gros progrès
44:52en termes génétiques
44:54de manière à ce qu'on a pu
44:55avoir justement des produits.
44:57Alors, après,
44:58il reste à savoir
44:58ce que vous attendez
44:59dans le melon.
44:59Eh bien, on va en parler.
45:00Le consommateur, lui,
45:01en fin de compte,
45:02il a l'impression
45:03que des fois,
45:03il tire du pic,
45:04du trèfle et du carreau,
45:05pas toujours du cœur.
45:06Et en fait,
45:07vous dites que finalement,
45:08l'étude dit qu'il y a...
45:10Prouve le contraire.
45:11Prouve le contraire.
45:12Il y a plutôt
45:12un bon indice de satisfaction.
45:13Par contre, ça se fait
45:13que le consommateur
45:15quand même craint toujours
45:16et va enlever
45:17la petite...
45:19Ben voilà.
45:19Alors, comment choisir
45:20s'il faut...
45:21Merci, dites-nous tout.
45:23J'ai fait d'attendre ça
45:24depuis le début.
45:25En fait, vous en avez un
45:26qui est parfait.
45:27Voilà, vous avez un petit
45:29décollement pédonculaire
45:31Vous savez,
45:32la queue là,
45:33ça s'appelle...
45:34Donc, c'est le pédoncule.
45:35Et donc, quand il se détache,
45:37c'est véritablement
45:37un signe de maturité.
45:39D'accord.
45:39On dit aussi
45:40qu'il faut sentir
45:42la face nord du melon,
45:43si je puis dire,
45:43pour rester poli.
45:44Oui, le cul.
45:45Ça aussi,
45:47ça amène quelque chose ?
45:48Oui, alors après,
45:49il y a deux autres...
45:50Il faut vraiment
45:50que votre produit soit dense.
45:52Ce n'est pas le calibre
45:53qui va fermer.
45:54Voilà, plus il est dense,
45:55plus a priori,
45:55il va y avoir également
45:56du sucre et de l'arôme.
45:58Tu juges comme ça, du coup, toi ?
45:59Oui.
46:01Après, moi,
46:01je le choisis sur la plante,
46:02donc je sais un peu mieux.
46:04Oui, ça, malheureusement...
46:05Mais Jérôme,
46:06on avait dit, nous,
46:07à un moment donné,
46:08ici, que pour la tomate,
46:09elle craignait le frigo.
46:11Est-ce que le melon craint le frigo ?
46:12Oui, oui, oui.
46:13Très bonne question.
46:13Parce qu'on le conserve souvent
46:14en frigo, ce melon,
46:15qu'on a coupé en deux,
46:16qu'on a vidé.
46:16Il y a quand même
46:17un dégagement d'éthylène,
46:18et donc c'est vrai
46:19que ça peut être
46:19un peu désagréable.
46:20C'est quoi,
46:21le dégagement d'éthylène ?
46:22C'est le gaz naturel
46:24qui...
46:24D'ailleurs,
46:25ça ressent tout de suite.
46:26Vous en mettez un melon
46:26sur un plateau,
46:27vous le ressentez tout de suite.
46:28Il y a un goût,
46:29donc une odeur particulière,
46:30c'est ça ?
46:30Oui, ça peut être
46:31un peu particulier.
46:32Oui, si on peut éviter
46:33de le mettre au melon,
46:34c'est pas plus mal.
46:34Après, c'est meilleur
46:35qu'on siffrait.
46:36Circuit court, alors,
46:37pour le melon,
46:37pour avoir un bon melon ?
46:38Non, pas forcément,
46:39parce que sinon,
46:40les personnes de l'Est
46:40ne mangent jamais de melon.
46:42Même à Paris,
46:42vous n'en mangerez pas,
46:43donc c'est dommage.
46:44Non, on est sur un circuit court
46:46dans la mesure où,
46:47entre la date de récolte
46:48et la date de consommation,
46:50notamment sur un produit
46:51comme le Label Rouge,
46:52on conseille 8 jours.
46:53Et où se vend le melon
46:56principalement ?
46:5670% gros en grande distribution,
46:59quand même,
46:59à peu près comme les autres
47:01fruits et légumes,
47:01et puis après,
47:02un peu de primeur.
47:03Jérôme,
47:04produit de qualité,
47:05besoin de main-d'oeuvre,
47:07grande tension,
47:08grande fragilité,
47:09produit publicité,
47:10pourquoi les cipos chers
47:11en grande distribution ?
47:12Pourquoi parfois
47:12on le trouve à moins d'un euro ?
47:15Là, tu appuies
47:16là où ça fait mal.
47:17Je ne sais pas,
47:17on pose attention.
47:18Je pose attention.
47:19Pourquoi ?
47:19C'est bien d'appuyer.
47:20Non, je ne suis absolument pas
47:23conditionné par mon voisin.
47:25Alors, qu'est-ce qui vaut
47:25ce melon à moins d'un euro ?
47:27Ce produit-là,
47:28c'est véritablement
47:29le produit
47:31marketé de l'enseigne.
47:32C'est le plus promotionné
47:33de tous les fruits et légumes
47:35de tout l'été.
47:35C'est celui qui fait bien
47:36le client au magasin ?
47:37A priori.
47:38Voilà.
47:39Avec la fraise, non ?
47:40La fraise,
47:41elle a pratiquement terminé.
47:42Tout l'été,
47:43c'est déjà...
47:44C'est vraiment le melon.
47:45C'est bien placé
47:46pour le savoir.
47:47Quand tu tiens ton liné
47:48en grande surface,
47:50tu as besoin
47:51d'un melon promotionné
47:52régulièrement.
47:53C'est ça.
47:53C'est ça.
47:54Et malheureusement,
47:55nous, on a besoin
47:56de promotion.
47:57Mais quand on est
47:57en pic de production,
47:58voilà.
47:58Et pouvoir avoir des promos
48:01alors qu'on est en creux
48:02ou autre,
48:02et donc,
48:03on souhaite pouvoir sortir,
48:05améliorer cette image prix
48:06qui va véritablement
48:08nous aider à respirer
48:09puisqu'on a quand même perdu
48:10énormément d'hectares
48:11quand même en France.
48:11On a perdu 33%
48:12de la production
48:13en 10 ans
48:15justement
48:16et dans les autres pays aussi.
48:18Ce n'est pas lié à l'importation.
48:19À cause du prix
48:20que vous proposiez ?
48:21Oui, oui.
48:22Ce n'est pas le prix
48:23que l'on propose,
48:24c'est le prix
48:24que l'on vous propose.
48:26Il ne propose rien,
48:27on lui négocie férocement.
48:28Non, j'ai bien compris.
48:30À 0,99,
48:31personne ne gagne de l'argent.
48:33Ni le distributeur,
48:34parce qu'il a marge de zéro,
48:36ni le magasin,
48:38ni le producteur.
48:40Donc, c'est totalement ridicule.
48:41On parle de plafond
48:42dans la loi d'urgence agricole
48:43en ce moment.
48:44Si on devait,
48:44là, donner un exemple
48:45aux téléspectateurs,
48:47quel serait le plafond
48:48à fixer ?
48:49Après, il faut qu'on parle
48:50de calibre aussi.
48:51Voilà, mais on va dire
48:52sur le cœur de l'offre.
48:54Quel serait le...
48:54Un melon en vrai promo,
48:56c'est-à-dire en plein
48:57de pics de production,
48:58encore une fois,
48:58pas une fausse promo
48:59qui ait la nécessité
49:02de l'enseigne.
49:041,29, 1,39,
49:05au détail.
49:06Vous vivez.
49:07Au détail.
49:08Et c'est un bon prix,
49:10encore une fois,
49:10quand on est en pic de production.
49:12Vous avez développé
49:14avec votre groupement
49:15de producteurs
49:16une nouvelle gamme
49:17de melons.
49:18Oui.
49:18Il y a les melons bio,
49:19il y a aussi les melons
49:20Labelle Rouge.
49:21Oui.
49:22Et ça, c'est à vous
49:22qu'on le doit ?
49:23Oui.
49:25Oui, grâce à votre groupement.
49:26Oui, à votre groupement.
49:27Alors, melons bio,
49:27on a développé ça
49:29dans les années 2005-2006
49:32et melons Labelle Rouge
49:33dans les 2008-2009.
49:35En fait,
49:36très régulièrement,
49:38ce qu'on nous reprochait
49:38également,
49:40nos clients nous reprochait
49:42qu'on manquait
49:42de segmentation.
49:43D'accord ?
49:44On achetait un melon
49:45à la pièce
49:45et basta.
49:46Donc, justement,
49:48pour sortir aussi
49:49de cette guerre
49:49des prix des enseignes,
49:50on s'est dit,
49:51tiens,
49:51on va essayer
49:52de développer
49:52un peu de melons bio.
49:53Expliquez juste,
49:54on manquait de segmentation,
49:55dire que vous cherchez
49:56un melon plus premium.
49:57Non, mais même,
49:58pourquoi pas,
49:58un premier prix
49:59avec un petit calibre.
50:00On proposait juste
50:01un produit à la pièce.
50:02Voilà,
50:02puisque, en fait,
50:03le melon est vendu
50:03à la pièce.
50:05Et donc,
50:05on manquait un peu
50:06justement de segmentation
50:08et de gamme.
50:09Et donc,
50:09on a essayé
50:10de proposer
50:11un melon premium,
50:12qui peut être
50:12soit Labelle Rouge,
50:13soit Melon de Cavaillon
50:16de manière à pouvoir répondre
50:18ou à Melon ZRP,
50:19qui était le juste moyen...
50:21Zéro résidu de pesticides.
50:22Pardon, oui.
50:23ZRP.
50:23Voilà, zéro résidu,
50:24qui était juste le milieu
50:25entre le bio
50:26et le conventionnel.
50:27Enfin, bon, voilà,
50:27on a essayé de travailler
50:28sur la gamme,
50:30on va dire, qualitative
50:31et sur la gamme environnementale.
50:33Cette gamme qualitative,
50:34quel pourcentage
50:35de votre chiffre d'affaires
50:36ça représente ?
50:36Parce qu'Olivier,
50:37je prends le site en contrôle,
50:38mais ça reste...
50:38En gros, 24%.
50:39Ah oui, c'est pas mal.
50:41C'est pour ça
50:41que le groupement
50:42ne va pas trop mal.
50:42En gros, le bio...
50:44Les Français mettent le prix
50:45pour aller chercher de la qualité.
50:46Oui.
50:47Comme quoi ?
50:47Contrairement.
50:48C'est possible.
50:48C'est ce qu'on nous raconte aujourd'hui.
50:50C'est ce qu'on nous raconte aujourd'hui.
50:51Mais c'est faux.
50:52Ça coûte combien
50:52un melon label rouge ?
50:54En gros,
50:55alors,
50:55qu'est-ce qui va distinguer
50:56un melon conventionnel
50:58standard
50:58et d'un melon label rouge
50:59ou premium ?
51:00Ça tombait bien,
51:01c'était ma question.
51:02Je n'arrivais pas à poser...
51:04Ah, vous savez,
51:05c'est terrible.
51:06Un melon,
51:06ça ressemble à un melon.
51:07On est bien d'accord.
51:08C'est un choix variétal, déjà.
51:09C'est un choix variétal.
51:10Oui, parce que vous,
51:11vous faites du charanté,
51:12mais vous êtes dans les rots,
51:13donc le charanté,
51:14c'est une variété.
51:15On est d'accord ?
51:15Non, ça,
51:15c'est un type variétal.
51:16On reviendra...
51:18D'accord.
51:19Eh bien, justement.
51:20Oui, voilà.
51:20On va éclaircir la question.
51:21C'est un choix variétal
51:22avec des variétés
51:24qui vont être plus sélectionnées
51:25par rapport à l'aspect gustatif
51:27et non par rapport
51:28à l'aspect agronomique
51:29et rendement.
51:30Donc ça,
51:30c'est le premier point.
51:32Ce sont également,
51:33après,
51:33un taux de sucre minimum
51:35puisque tous mes melons
51:37vont être topés.
51:38En tout cas,
51:38on va mesurer le taux de sucre
51:40de chaque melon.
51:41Plus c'est cher,
51:41plus c'est sucré.
51:43Non.
51:44Après,
51:44ce n'est pas la course au sucre non plus.
51:46Ce qu'on recherche
51:46dans un melon charanté,
51:47c'est un juste milieu
51:48entre l'aromatique
51:49et le sucre.
51:51Un melon à 17 degrés
51:52mais qui n'a pas d'arôme,
51:53franchement,
51:53c'est du sucre.
51:54Aucun intérêt,
51:55en tout cas pour nous.
51:56Et le label rouge,
51:57pour finir son prix,
51:58alors, Jérôme ?
51:59Au détail ?
52:00Il a du mal à le dire,
52:00le prix, Jérôme.
52:01Non, non,
52:05pour un melon premium,
52:07un 39 pour le cœur de gamme
52:09et un premier prix ?
52:11A 0,99 avec un petit calibre,
52:14oui,
52:14mais un petit calibre,
52:15pas un melon qui fait un kilo.
52:17Vous voyez ?
52:18Donc un melon qui va faire
52:19600 grammes,
52:19700 grammes,
52:20voilà.
52:20Eh bien,
52:21mon cher Jean-Baptiste,
52:22c'est votre moment,
52:23votre moment de gloire
52:25puisque nous allons parler
52:26non pas du melon
52:27ou des déchets du melon
52:29mais en tout cas
52:29des déchets des agriculteurs
52:30parce qu'il faut bien
52:31faire quelque chose
52:32de ces matières
52:33et vous allez nous expliquer
52:35que les agriculteurs
52:37ont beaucoup évolué
52:38ces derniers temps
52:38sur le sujet.
52:40Vous êtes les champions ?
52:41On est les champions.
52:41Eh bien,
52:41on va voir ça.
52:43C'est bien sûr
52:44notre very important pratique.
52:50Eh oui,
52:51on est les champions du monde
52:52du recyclage
52:53et éco-corico.
52:54C'est bon,
52:55c'est les agriculteurs
52:55et je vais vous dire pourquoi
52:57parce qu'en fait,
52:58dans les fermes,
52:59on utilise plein de produits
53:00et donc là aussi,
53:01dans les melons,
53:01il y a aussi des plastiques
53:02qui sont utilisés
53:03mais dans les fermes
53:04au sens large,
53:05il y a des bidons,
53:05il y a des ficelles,
53:06il y a des bâches
53:07à ensilage,
53:08bref,
53:08il y a un tas de plastique
53:09et tout.
53:10Votre chambre n'est pas
53:10bien rangée, quoi ?
53:11Non,
53:12justement,
53:13on range bien nos chambres
53:15parce que depuis 20 ans,
53:17c'est une filière,
53:18le monde agricole,
53:19c'est vachement organisé
53:20et c'est très structuré
53:22sous l'égide d'Adivalor
53:24qui est une structure
53:25qui encadre un peu tout le monde
53:26et qui permet d'organiser
53:27auprès des producteurs,
53:29des collecteurs
53:29et aussi de ceux
53:30qui produisent ces plastiques
53:31et ces bidons,
53:32en fait,
53:33un système pour récupérer
53:34tout ça.
53:35Et donc,
53:36les agriculteurs
53:37trient d'un côté,
53:39font des tas
53:40comme ça
53:40et puis deux à trois fois
53:42suivant l'année,
53:43en fait,
53:43on va redonner ça
53:44aux distributeurs
53:44en disant,
53:45reprends tous tes trucs là
53:46et ça va partir
53:47dans des filières
53:48de recyclage
53:49et on ne va pas juste
53:50les brûler
53:50dans des incinérateurs,
53:51non,
53:52non,
53:52non,
53:52parce qu'en fait,
53:53ça va partir potentiellement
53:54à recréer des tubes,
53:56des tuyaux,
53:57refaire d'autres plastiques,
53:58refaire des vestes polaires,
54:00enfin bref,
54:00c'est réutilisé
54:01et donc,
54:01les chiffres parlent d'eux-mêmes,
54:0390% des emballages phyto
54:05sont recyclés,
54:0680% des plastiques agricoles
54:08sont recyclés
54:09et comme je vous l'ai dit
54:10tout à l'heure,
54:11les agriculteurs,
54:12ça fait 20 ans
54:12qu'on s'organise
54:13et d'ailleurs,
54:14maintenant,
54:14il y a d'autres filières
54:15qui vont suivre le pas
54:17de cette organisation bien faite
54:19et donc,
54:20des fois,
54:20on est critiqués
54:21mais là,
54:21nous,
54:21franchement,
54:22on est les meilleurs
54:22d'Europe
54:23et je crois même du monde
54:24dans le recyclage.
54:26Vous triez,
54:27enfin,
54:27de toute façon,
54:27vous triez,
54:28vous avez une obligation
54:29de tri et des solutions.
54:32Via Exavalor,
54:33la même chose,
54:34donc c'est le même groupement.
54:35La seule différence,
54:36c'est que nous,
54:37on l'envoie directement
54:37puisqu'on est plutôt
54:39gros producteurs
54:39donc on ne va pas passer
54:40par le distributeur,
54:41on va l'envoyer directement
54:42justement aux usines
54:44de recyclage
54:46et on fait le tri
54:47entre justement
54:47les plastiques sales,
54:48les plastiques propres aussi,
54:49c'est ce qui nous est demandé
54:51puisqu'on ne va pas,
54:52il va y avoir
54:53un tout petit retour
54:54au producteur
54:54donc il ne va pas y avoir
54:55le même retour justement
54:56en suivant la qualité du plastique.
54:57Eh bien,
54:58merci beaucoup Jérôme Josserand
54:59d'avoir été avec nous.
55:01On vous souhaite
55:01de faire une très très belle saison
55:03dans l'Hérault
55:04pour ces melons
55:05qu'on adore,
55:06ces melons français
55:07qu'on va déguster d'ailleurs
55:08dans quelques instants.
55:09Oui, oui, oui, oui, oui, justement.
55:11Alors, c'est la fin de cette émission.
55:13Voilà, on a appris encore
55:14beaucoup de choses.
55:15On a reçu un homme politique
55:19et des invités agricoles passionnants.
55:22Merci à tous ceux
55:23qui nous ont aidé
55:24à préparer cette émission.
55:26Et pendant que vous allez déguster,
55:28je vais quand même demander
55:28un petit tour de table.
55:29C'est un petit peu la tradition,
55:31ma chère Louise.
55:32Qu'est-ce qui vous a marqué aujourd'hui ?
55:34Moi, c'est les mots forts
55:35de Julien Denormandie
55:36sur le fait qu'il veut faire
55:37de la politique
55:38à condition de ne pas être dépendant
55:40de ces fonctions-là.
55:42Voilà, je trouve que
55:42ça serait une belle règle
55:44à appliquer pour tous
55:44les hommes politiques.
55:45Bien vu.
55:46Jean-Baptiste ?
55:47Moi, c'est le melon.
55:49Et tout est bon dans le melon.
55:51On est bien d'accord.
55:53Olivier ?
55:53Moi, j'étais ravi
55:54des propos de Jérôme
55:56parce qu'en fait,
55:57quand Jérôme nous dit
55:58que le melon se vend bien
55:59dans ses trois gammes,
56:01le label rouge,
56:01le cœur de gamme
56:02et le premier prix,
56:03ça veut dire
56:04qu'il est dans son
56:04consentement à payer.
56:06Et ça veut dire aussi
56:07que dans le fond,
56:07le distributeur est raisonnable
56:09sur sa prise de marge
56:10et on connaît
56:10d'autres productions
56:11comme le chou-fleur,
56:12par exemple,
56:13ou au contraire,
56:14effectivement,
56:14la prise de marge
56:15est trop importante
56:16et le produit est en dehors
56:17du consentement à payer
56:18du consommateur.
56:19Donc, c'est très rassurant
56:20de voir que le melon français,
56:22finalement,
56:22tout le monde joue le jeu.
56:24Et enfin, Antoine
56:25qui a presque fini son melon ?
56:26Moi, c'est sur le vin.
56:28C'est hyper intéressant
56:29ce débat sur le vin
56:31et notamment
56:31dans cette capacité
56:32à vouloir se réinventer.
56:33C'est quand même
56:34un secteur d'activité
56:34qui s'est endormi,
56:35assis sur un tas d'or,
56:37qui s'est un petit peu
56:38embourgeoisé, pépère,
56:39alors qu'ils vont chercher
56:40du côté de l'innovation,
56:41boire du vin
56:42avec modération.
56:43Et je pense qu'on peut
56:44rapidement sauver
56:45ce patrimoine en péril.
56:47Et c'est très bien
56:48la manière dont elle
56:48nous en a parlé.
56:49Et pas qu'avec le melon.
56:50Et pas qu'avec le melon.
56:52Mais non,
56:52avec tous les fruits,
56:53les légumes,
56:54bien sûr,
56:54de notre belle France
56:56et de notre agriculture française
56:57qui n'a pas fini
56:58de vous surprendre
56:59et on vous le prouve
57:00tous les 15 jours
57:01sur LCP.
57:02Il est bon ce melon apparemment,
57:03je vais le goûter aussi.
57:04Ils ont pas coupé
57:05tout le trou.
57:07Tous les 15 jours
57:08à la même heure
57:09et on va se retrouver
57:10pour un nouveau numéro.
57:11D'ici là,
57:11vous pouvez nous retrouver
57:12en replay
57:13sur les réseaux sociaux
57:14de LCP.
57:15A très bientôt.
57:16Merci de votre fidélité.
57:17On a du melon.
57:19Excellent.
57:20Alors,
57:20je vais le goûter moi ce melon.
57:21Sous-titrage Société Radio-Canada
57:27Sous-titrage Société Radio-Canada
57:30Sous-titrage Société Radio-Canada
57:32Sous-titrage Société Radio-Canada
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