00:00C'est cette image-là que je garderais de ce garçon qui était focus tout le temps sur ses perfs,
00:04ses trucs et tout ça,
00:05mais qui était super attachant, qui ne parlait pas beaucoup, mais qui était un garçon adorable, gentil comme tout.
00:12Sur l'eau, c'était un bagarreur dingue et à terre, c'était un homme charmant.
00:22Il a vécu deux émotions incroyables sur le Vendée, puisque le premier, Vendée, il le gagne,
00:27dans le sens où vous êtes le premier sur la ligne, mais au jeu, entre guillemets,
00:30c'est pas un jeu, mais c'est le règlement des compensations.
00:33Yannick Bestaven, qui s'était dérouté pour le sauvetage de Kevin Escoffier,
00:38il bénéficiait d'à peu près dix heures de compensation, donc Charlie n'avait pas gagné,
00:42il passe la ligne en premier, mais c'est pas lui qui gagne.
00:44Et là aussi, ça dit beaucoup du personnage, c'est qu'il avait une classe incroyable, d'une élégance dingue,
00:48il aurait pu pester, râler, en marin qu'il était, en humain qu'il était,
00:52quelqu'un de très humain, très loyal, très humble et très noble,
00:56il avait accepté, évidemment, le truc, avoir gagné sur l'eau, mais pas sur le papier,
01:00quatre ans avant, ça lui a mis une rage dingue, mais une rage positive,
01:03pour toujours aller chercher la performance.
01:05Et après, quatre ans après, il le gagne, après une bataille incroyable avec Yvon Richaume,
01:10qui est un de ses grands copains d'enfance, ils avaient fait 60 ans ensemble,
01:14l'école d'architecture, ils s'étaient retrouvés dans le team massif, tous les deux,
01:17ils font une course incroyable, à tel point qu'il le doit aussi à l'adversité,
01:21mais il le doit surtout à lui-même.
01:23Charlie, il explose le record qui était déjà celui de Cléache,
01:26quand on sait qu'en plus, il a fait ce Vornay Globe avec un cancer qu'il avait caché,
01:30et dans un sport d'image et de com' comme la voile,
01:34d'autres se seraient peut-être servis comme argument de com' et tout ça,
01:37il l'aurait peut-être dit avant.
01:38Et Charlie, c'était bien comme il était, il était humble, très pudique aussi, il ne l'a pas dit.
01:43Et quand on regarde les images de l'arrivée, on voit sa joie,
01:47et après coup, on se dit, on comprend mieux,
01:49on sent que c'est une délivrance et une victoire sur lui-même.
01:52Naviguer avec un cancer sur un tour du monde,
01:54sur des bateaux d'une extrême violence et très physique pour les marins,
01:59c'est une performance incroyable, même presque impossible pour des gens normaux,
02:05mais les marins ne sont pas des gens normaux,
02:06ils sont extraterriens, c'est complètement autre chose.
02:10Saréos, aussi la trace qu'il va laisser et qui restera pour tout le monde,
02:15cet accomplissement ultime dans la course ultime d'un gars qui va au bout de lui-même
02:20et même au-delà de tout ce qu'on pouvait imaginer.
02:22Et surtout, ce qui est encore, je trouve, plus beau,
02:24c'est qu'il ne le dit pas avant de partir, il ne le dit pas à l'arrivée, il
02:27attend un peu.
02:28Et ça, c'est incroyable d'humanité, d'humilité, tout ce qu'il était.
02:34C'est vrai, tout ce qu'il était.
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