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  • il y a 1 minute
Premier à l'arrivée mais deuxième sur le podium en 2021, Charlie Dalin a fini par remporter quatre ans plus tard ce Vendée Globe qui le faisait rêver.  Notre journaliste Anouk Courge raconte ces deux aventures inoubliables, alors que le marin est décédé ce jeudi, à 42 ans.

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Sport
Transcription
00:00C'est cette image-là que je garderais de ce garçon qui était focus tout le temps sur ses perfs,
00:04ses trucs et tout ça,
00:05mais qui était super attachant, qui ne parlait pas beaucoup, mais qui était un garçon adorable, gentil comme tout.
00:12Sur l'eau, c'était un bagarreur dingue et à terre, c'était un homme charmant.
00:22Il a vécu deux émotions incroyables sur le Vendée, puisque le premier, Vendée, il le gagne,
00:27dans le sens où vous êtes le premier sur la ligne, mais au jeu, entre guillemets,
00:30c'est pas un jeu, mais c'est le règlement des compensations.
00:33Yannick Bestaven, qui s'était dérouté pour le sauvetage de Kevin Escoffier,
00:38il bénéficiait d'à peu près dix heures de compensation, donc Charlie n'avait pas gagné,
00:42il passe la ligne en premier, mais c'est pas lui qui gagne.
00:44Et là aussi, ça dit beaucoup du personnage, c'est qu'il avait une classe incroyable, d'une élégance dingue,
00:48il aurait pu pester, râler, en marin qu'il était, en humain qu'il était,
00:52quelqu'un de très humain, très loyal, très humble et très noble,
00:56il avait accepté, évidemment, le truc, avoir gagné sur l'eau, mais pas sur le papier,
01:00quatre ans avant, ça lui a mis une rage dingue, mais une rage positive,
01:03pour toujours aller chercher la performance.
01:05Et après, quatre ans après, il le gagne, après une bataille incroyable avec Yvon Richaume,
01:10qui est un de ses grands copains d'enfance, ils avaient fait 60 ans ensemble,
01:14l'école d'architecture, ils s'étaient retrouvés dans le team massif, tous les deux,
01:17ils font une course incroyable, à tel point qu'il le doit aussi à l'adversité,
01:21mais il le doit surtout à lui-même.
01:23Charlie, il explose le record qui était déjà celui de Cléache,
01:26quand on sait qu'en plus, il a fait ce Vornay Globe avec un cancer qu'il avait caché,
01:30et dans un sport d'image et de com' comme la voile,
01:34d'autres se seraient peut-être servis comme argument de com' et tout ça,
01:37il l'aurait peut-être dit avant.
01:38Et Charlie, c'était bien comme il était, il était humble, très pudique aussi, il ne l'a pas dit.
01:43Et quand on regarde les images de l'arrivée, on voit sa joie,
01:47et après coup, on se dit, on comprend mieux,
01:49on sent que c'est une délivrance et une victoire sur lui-même.
01:52Naviguer avec un cancer sur un tour du monde,
01:54sur des bateaux d'une extrême violence et très physique pour les marins,
01:59c'est une performance incroyable, même presque impossible pour des gens normaux,
02:05mais les marins ne sont pas des gens normaux,
02:06ils sont extraterriens, c'est complètement autre chose.
02:10Saréos, aussi la trace qu'il va laisser et qui restera pour tout le monde,
02:15cet accomplissement ultime dans la course ultime d'un gars qui va au bout de lui-même
02:20et même au-delà de tout ce qu'on pouvait imaginer.
02:22Et surtout, ce qui est encore, je trouve, plus beau,
02:24c'est qu'il ne le dit pas avant de partir, il ne le dit pas à l'arrivée, il
02:27attend un peu.
02:28Et ça, c'est incroyable d'humanité, d'humilité, tout ce qu'il était.
02:34C'est vrai, tout ce qu'il était.
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