00:00Oui absolument. D'abord il y a une faute lourde au niveau des services de police, au niveau de l
00:05'institution judiciaire.
00:06Donc cette faute lourde doit donner lieu à une plainte contre l'État.
00:10On ne peut pas à proprement parler attaquer directement le ministère de la Justice,
00:14même si c'est le ministère de la Justice qu'il faudrait attaquer parce que c'est un mastodonte administratif
00:19qui est aujourd'hui défaillant.
00:20Donc on attaque l'État. D'un point de vue juridique, le ministère de la Justice et l'État sont
00:23rattachés.
00:24Donc on attaque l'État pour faute lourde parce qu'il y a un service public totalement défaillant.
00:27Ça c'est le premier point. Ensuite on attaque au pénal les enquêteurs qui n'ont pas fait leur travail,
00:32les procureurs qui n'ont pas fait leur travail et enfin celui qui est le capitaine du navire,
00:36qui prend l'eau depuis des années, qui est alerté depuis des années et qui aujourd'hui prétend découvrir la
00:40situation,
00:41l'ampleur des dégâts dans une hypocrisie qui est très pénible pour tous les auxiliaires de justice, les avocats, les
00:46magistrats
00:46qui font remonter ces informations, qui alertent la chancellerie depuis des années.
00:51Le président de la République lui-même ne semble pas donner beaucoup d'importance à l'institution judiciaire.
00:56On parle d'un manque de moyens mais c'est aussi une réalité.
00:59Il y a des magistrats exceptionnels qui se dévouent corps et âme et qui sont passionnés par leur métier,
01:04qui travaillent d'arrache-pied, qui sont submergés par le travail parce qu'il n'y a pas assez de
01:07moyens,
01:08parce qu'il n'y a pas assez de professionnels.
01:09Il y a aussi des enquêteurs qui font un travail exceptionnel, on l'a vu dans l'affaire Liana et
01:14dans plein d'autres affaires.
01:16Mais il y a aussi notre réalité, des magistrats et des enquêteurs qui travaillent quatre fois moins que leurs collègues,
01:20qui sont des paresseux, qui ne travaillent pas, qui sont désinvestis et qui portent une responsabilité très lourde dans cette
01:26affaire
01:26mais dans plein d'autres aussi. Dans l'affaire Liana, je parle de ces enquêteurs et de ces magistrats qui
01:31ont failli,
01:32qui ont une responsabilité lourde dans la mort de Liana et qui ont une responsabilité lourde dans le dysfonctionnement de
01:36la justice
01:37et dans des dizaines, dans des centaines d'affaires, de drames extrêmement lourds qui peuvent frapper le pays depuis des
01:42années
01:42et qui vont continuer malheureusement si rien ne change.
01:44Une dernière chose, Gérald Darmanin est l'invité ce soir de Pascal Praud à 20h45 sur notre antenne.
01:50Quelles questions avez-vous à lui poser ? Vous pouvez vous adresser directement à lui ce soir ?
01:55Oui, bien sûr. D'abord, on aurait apprécié, parce que quand on dit qu'on s'excuse, c'est le
02:01minimum,
02:02de ne pas dire que c'est la responsabilité de l'État parce que derrière l'État, il y a
02:05des hommes et des femmes.
02:06Donc on ne peut pas dire que c'est l'État, ce sont des hommes et des femmes.
02:09On aurait apprécié qu'il puisse appeler la famille pour s'excuser ou même se déplacer dans le Sud.
02:12Ça aurait donné l'impression que cette affaire était d'importance, comme il le dit.
02:17Moi, ma question, c'est à quand des actes concrets, durables, dans un souci d'humanisation de la justice,
02:23de simplicité et d'efficacité au niveau de l'administration de la justice ?
02:27C'est ça qu'il nous faut. En plus des moyens, c'est aussi plus d'humanité, plus de simplicité.
02:31Donc des actes, pourquoi pas des actes.
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