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  • il y a 2 jours
Suivez en Exclusivité ce temps fort de la vie politique et parlementaire sur LCP-Assemblée nationale !
Tous les mardis, LCP-Assemblée nationale propose une grande session d'actualité parlementaire à l'occasion des Questions au Gouvernement à l'Assemblée nationale. Interviews, duplex, reportages... un panorama complet avant d´entrer dans l'Hémicycle où les députés questionnent les membres du Gouvernement.

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00:01Bonjour à tous, on se retrouve dans un instant sur LCP pour les questions au gouvernement.
00:05On reviendra sur l'onde de choc après l'affaire. Liana, à tout de suite.
00:22Et bienvenue pour les questions au gouvernement.
00:25Séance à suivre en direct en intégralité à partir de 15h.
00:28Séance qui sera très largement consacrée à l'affaire Liana.
00:32Le nom de cet enfant de 11 ans tué dans le Gers, de l'émotion et surtout beaucoup de questions.
00:38Les députés vont interpeller le gouvernement lors de la séance des questions.
00:42Émission entièrement consacrée à ce thème aujourd'hui.
00:45Tout au long de cette émission justement, on va retrouver Stéphanie Despierre et Dario Borgogno depuis la salle des 4
00:50colonnes.
00:51Avec à leur micro les députés qui vont interpeller le gouvernement.
00:54Nicolas Fleury et lui d'ores et déjà dans l'hémicycle de l'Assemblée nationale.
00:58Avec les thèmes dont l'affaire Liana évidemment.
01:01Et puis quelques minutes avant 15h, on suivra en direct l'arrivée du Premier ministre Sébastien Lecornu et des membres
01:07de son gouvernement.
01:09Nicolas, je le disais, vous êtes dans l'hémicycle.
01:11La séance sera très largement consacrée à l'affaire Liana et à ses conséquences politiques.
01:18Oui Elsa, c'est une chose particulièrement rare.
01:21Ici dans l'hémicycle, tous les groupes politiques poseront aujourd'hui une question sur l'affaire Liana.
01:26Alors le suspect a été visé par plusieurs procédures, notamment une plainte pour viol sur mineur pour laquelle il n
01:31'a jamais été entendu ni mis en garde à vue.
01:33Alors aurait-on pu empêcher ce drame ?
01:36Les députés de tous bords y voient en tout cas un dysfonctionnement très grave de la justice.
01:40L'Assemblée observera aussi une minute de silence pour la petite Liana, mais aussi pour le jeune Noam mort après
01:47une agression homophobe à Metz.
01:48Il y aura également un hommage à l'adjudant Dorian Larigauderie, un gendarme décédé dimanche lors d'un accident d
01:54'hélicoptère.
01:56Merci beaucoup Nicolas pour justement parler de ce sujet très sensible et très grave.
02:01J'accueille sur ce plateau Maude Petit, députée Les Démocrates du Val-de-Marne.
02:05Bonjour Isabelle Santiago, bonjour députée socialiste et apparentée du Val-de-Marne également.
02:10Je précise que vous êtes l'une et l'autre très engagée sur ces questions de la protection de l
02:14'enfance.
02:15Vous avez été ou êtes rapporteur de commission d'enquête, vous sur les défaillances en matière de protection de l
02:20'enfance
02:21et vous Maude Petit sur la question du traitement judiciaire de l'inceste.
02:24Je suis présidente.
02:25Présidente, excusez-moi, merci pour la rectification.
02:28On va retrouver Stéphanie Despierre.
02:30On voit bien Stéphanie que le gouvernement est sous pression des oppositions en réaction justement à cette affaire Liana.
02:36Oui, pression de la France insoumise qui réclame clairement la démission de Gérald Darmanin, le ministre de la Justice.
02:43Marine Le Pen, elle, dénonce une longue dérive et demande une introspection du système judiciaire.
02:49Il y a aussi une pression de l'opinion.
02:51Hier soir, 60 000 personnes ont manifesté partout en France devant les tribunaux dans une centaine de villes.
02:57Alors, le gouvernement enchaîne les réunions.
03:00Ce matin, le Premier ministre a réuni ses cinq ministres concernés par la mort de Liana.
03:05Il veut renforcer la loi sur la protection de l'enfance.
03:09Elle a été présentée il y a une dizaine de jours en Conseil des ministres.
03:11Elle sera discutée ici à l'Assemblée nationale en juillet.
03:13Et il annonce d'ores et déjà Sébastien Lecornu sa volonté de durcir deux points.
03:19Il veut alourdir les peines, passer de 20 ans à la perpétuité lorsqu'un individu a violé plusieurs victimes.
03:25Et puis, il veut aussi tenter de raccourcir les délais.
03:28Vous l'avez compris, c'est ce qui fait débat dans cette affaire Liana.
03:32La police et la justice n'auraient plus que trois mois pour effectuer les actes d'enquête en cas de
03:37crime contre un enfant.
03:39Et dans le cas, évidemment, où un suspect est identifié.
03:41Il y a eu aussi une pression, Stéphanie, de la part des députés avec une initiative transpartisane.
03:48Oui, hier, conférence de presse de plusieurs députés, dont Yaël Braun-Pivelle, la présidente de l'Assemblée nationale.
03:53Il réclamait la mise à l'ordre du jour de la proposition de loi dite intégrale contre les violences sexuelles
03:59et sexistes envers les femmes et les enfants.
04:02Plus de 100 députés de 8 groupes l'avaient signé lors de son dépôt en novembre par le Parti socialiste.
04:07L'exécutif s'est engagé à transmettre cette proposition de loi au Conseil d'Etat.
04:13Une manière d'accélérer le processus en vue d'une éventuelle discussion au Parlement.
04:17Même si, souligne Matignon, ces dispositions n'auraient probablement pas pu éviter le drame de la petite Liana.
04:24Merci beaucoup. On va revenir justement sur ces différents textes et différentes propositions.
04:29Une des premières réactions du gouvernement a été de dire qu'il faut qu'on réexamine les 70 000 plaintes
04:35qui concernent des crimes sur des mineurs.
04:37Maude Petit, est-ce que vous avez été surprise par ce chiffre ? Est-ce que c'est la priorité
04:42de réexaminer tous ces cas ?
04:44C'est absolument une priorité. On ne peut plus aujourd'hui faire l'économie de ce genre de propositions.
04:51J'ai été surprise par l'ampleur, bien évidemment. Et ça, 70 000, ce sont des affaires uniquement en cours.
04:58Les dépôts de plaintes qui sont déposés et qui ne sont pas classés.
05:02Donc imaginez un petit peu le nombre si vous additionnez tout ce qui a été classé sans suite, par exemple.
05:07C'est dramatique et ça donne véritablement un sentiment d'impunité aux agresseurs.
05:11C'est Isabelle Santiago d'accord sur cette question. On dit en fait qu'on arrête tous ces 70 000
05:17dossiers. C'est la priorité absolue ?
05:19En fait, moi, je suis en colère parce qu'en effet, ces chiffres, nous, on ne les découvre pas.
05:25Donc la réalité factuelle, c'est qu'en 2021, on a dit aux enfants en France, je te crois, je
05:30te protège.
05:32Et Maude était avec moi, parlementaire, en 2021, quand on votait des premiers textes de loi autour de la question
05:39de l'inceste et des agressions sexuelles.
05:41Du coup, faites aux mineurs, où on avait fait bouger des premiers textes de loi avec justement la raison qui
05:50était je te crois, je te protège,
05:52y compris que le président avait pu dire la création de la civile.
05:55Et la difficulté, c'est qu'aujourd'hui, face à un drame incommensurable qui nous glace le sang, pour lequel
06:03je veux témoigner évidemment auprès de la famille,
06:05toute notre compassion, notre mobilisation et notre colère.
06:09Il est évident que ces chiffres de 70 000, eh bien, quand la commission d'enquête avait, en tout cas,
06:16le rapport de la civile avait rendu les 89 préconisations,
06:21on parlait déjà de ce que vous entendez aujourd'hui, c'est-à-dire 160 000 enfants, on parlait déjà
06:26du nombre d'enfants par classe.
06:27Et qu'est-ce qu'on a fait depuis 2023 ?
06:30Donc, les chiffres, je ne les découvre pas, c'est normal que ce soit une priorité absolue, mais on a
06:35perdu du temps.
06:36On a perdu du temps, Maude Petit, vous faites le même constat, Gérald Darmanin dit,
06:40j'avais fait passer une circulaire justement pour dire que les violences contre les enfants, c'était la priorité.
06:46Qu'est-ce qui s'est passé ? Est-ce que c'est une priorité parmi d'autres ?
06:50C'est peut-être une priorité parmi d'autres, c'est vrai, mais le garde des Sceaux a eu ce
06:56courage de mettre les pieds dans le plat.
06:59Et je pense qu'avant lui, il n'y en a pas beaucoup qui ont eu ce courage déjà de
07:02faire un constat de l'état des lieux, de la situation de notre justice aujourd'hui.
07:07Il a parlé devant la commission d'enquête sur l'inceste du Moyen-Âge.
07:11C'est une réalité et nous devons avancer sur ce sujet-là aussi, bien évidemment, des moyens, les sujets des
07:18moyens.
07:19Et je m'oppose à la parole du président de la République quand il dit qu'il ne veut plus
07:23entendre parler des moyens.
07:25Lui, il dit qu'il y a des dysfonctionnements, mais le budget de la justice est en hausse, il ne
07:28faut pas qu'on vienne lui parler de moyens.
07:30Alors, nous avons fait quelque chose qui n'avait pas été fait précédemment, qui est relativement important, et ça, il
07:35faut le dire et le répéter.
07:36Nous avons voté une loi de programmation de la justice pour donner des moyens supplémentaires, des magistrats supplémentaires, des greffiers
07:44supplémentaires.
07:45Mais nous partons de tellement loin, en fait, que ça n'est pas suffisant.
07:49Donc, il y a encore, malheureusement, des besoins humains et des besoins financiers.
07:54Et donc, il faudra qu'on y travaille dans le prochain budget.
07:57Dans le prochain budget, Isabelle Santiago, la question des moyens, beaucoup la mettent aussi au cœur des défaillances.
08:03Est-ce que c'est une question de moyens ? Est-ce que c'est une question aussi de responsabilité
08:07individuelle ?
08:08Est-ce que c'est un peu, malheureusement, tout en même temps ?
08:11Il y a un peu tout en même temps, mais c'est aussi une question de moyens.
08:14Il y a des fautes, peut-être, individuelles, mais ça, elles sont montrées dans le cadre de l'enquête qui
08:19est en cours.
08:19Donc, ce n'est pas à nous de juger de ce qui va se passer.
08:21Il y a une enquête administrative qui rendra ses conclusions.
08:23Il y a une enquête administrative, elle rendra ses conclusions.
08:25Le garde des Sceaux a dit qu'elle serait publique, donc tous les concitoyens pourront voir ce qu'il en
08:29est.
08:29La seule chose, c'est que, bien évidemment, les moyens, on part de très loin.
08:34Donc, il faut des lois pluriannuelles pour faire la formation, pour avoir plus de magistrats, plus de capacité à travailler.
08:43Nous avons ouvert des UAP, des salles Mélanie, mais la formation n'est pas toujours au rendez-vous.
08:48Les salles Mélanie, ce sont des salles particulières pour pouvoir accueillir la parole de l'enfant.
08:51Parce qu'en fait, il faut aussi protéger cette parole de l'enfant.
08:55Et donc, quand il parle et quand on dit « je te crois »,
08:58et donc, bien évidemment, il faut qu'on évite de les avoir à faire répéter les drames qu'ils ont
09:05vécu,
09:05y compris sur le plan psychique qui est mauvais pour eux.
09:08Et par ailleurs, ce reste des enfants.
09:10Donc, il faut des professionnels formés pour entendre la parole et accueillir celle de l'enfant.
09:14Et justement, on se demandera s'il faut même des juridictions spécialisées.
09:17Il y a quelques années qu'on le dit, et c'est vrai que là, en effet, je pense que
09:21l'urgence est absolue.
09:23Urgence absolue, mot de petit.
09:25Il y a aussi sur ce débat entre responsabilité individuelle et dysfonctionnement de la justice en général,
09:33des magistrats qui disent « on ne peut pas être jeté non plus en pâture aujourd'hui ».
09:36Est-ce que vous avez ce sentiment-là, que certains cherchent à se défausser aussi sur certains magistrats ?
09:41Ou est-ce qu'au contraire, ils doivent aussi prendre une forme de responsabilité dans ce qui s'est passé
09:45?
09:45Je crois absolument qu'il faut qu'ils prennent aussi leurs responsabilités.
09:48Les responsabilités ne sont pas toujours et uniquement des responsabilités politiques.
09:52Chaque fois qu'il y a un drame, chaque fois qu'il y a quelque chose de tragique,
09:56on pointe du doigt les politiques en disant « il n'y a pas suffisamment de lois, pas suffisamment de
09:59textes ».
10:00Ces dernières années, on n'a pas arrêté de légiférer sur les sujets.
10:03Ce n'est peut-être pas suffisant.
10:04Mais aujourd'hui, il y a de la législation, il y a des textes de loi qui permettent justement d
10:09'avancer, de protéger les enfants.
10:11Donc que chacun prenne leur responsabilité.
10:13Et je ne veux pas entendre parler de personnes qui seraient jetées en pâture
10:17ou de personnes qui seraient stigmatisées, pointées du doigt.
10:20Simplement, dans cette affaire-là, on les a pris la main dans le sac.
10:25Il faut qu'ils assument leur responsabilité.
10:27Même position chez vous, Isabelle Santiago.
10:30On a entendu la conférence de presse de la famille de Rosa, une des victimes justement,
10:37qui avait porté plainte avant, qui avait été auditionnée,
10:40mais le mis en cause n'avait jamais été interpellé.
10:43La famille porte plainte contre l'État, contre les magistrats, contre les policiers.
10:48Ils ont tout à fait raison.
10:49Contre le système finalement.
10:50Oui, complètement.
10:51Et puis surtout, vous savez, on dit toujours, on a entendu, y compris dans les médias,
10:54que la parole de celui qui est pointée, en tout cas, sur la partie de l'agresseur,
11:03arrive en dernier.
11:05Il faut inverser le droit quand il s'agit des enfants.
11:08Il faut que ce soit de capacité d'abord d'auditionner.
11:10Il faut protéger les enfants.
11:12C'est ce qu'on dit beaucoup.
11:13C'est que parfois, dans une enquête sur autre chose, on enquête et à la toute fin, on interpelle.
11:17Il y a besoin d'éléments pour pouvoir interpeller cette personne.
11:19Donc c'est pour ça que ça se passe dans cet ordre-là.
11:21Mais ce qu'on a pu constater aussi, pardon de prendre la parole, mais ce qu'on a pu constater
11:26aussi dans la commission d'enquête sur le traitement judiciaire des violences incestueuses,
11:30c'est que malheureusement, ce temps d'audition de la personne qui est mise en cause tarde.
11:35Parfois, ça met des années.
11:37Et ça, ça n'est pas normal.
11:38Mais pour l'enfance, les forces de l'ordre peuvent les récupérer, par exemple, les outils numériques, les ordinateurs, etc.,
11:46les mettre sous scellés avant peut-être d'auditionner cette personne.
11:48Et juste une précision, Maud Petit, quand vous avez dit qu'ils ont été pris la main dans le sac,
11:52c'est tout le monde des gendarmes au procureur dans cette affaire ?
11:56Mais là, l'enquête déterminera exactement qui a fait quoi.
11:59Mais malheureusement, c'est parce qu'il y a des situations comme ça qui se répètent sur l'ensemble du
12:03territoire que nous en sommes là aussi aujourd'hui.
12:06Pas que ça, mais aussi que ça.
12:08Santiago, vous dites, dans le cas de l'enfance, il faut parfois inverser la méthode dont on fait l'enquête.
12:13J'ai porté certains textes de loi.
12:14Et en fait, quand on a fait le seuil d'âge et le non-consentement, le droit français, on était
12:19le seul pays d'Europe à ne pas avoir de seuil d'âge pour le non-consentement.
12:22Donc, en fait, c'est déjà grande fierté.
12:24On était le seul pays d'Europe.
12:26En février 2021, on inverse le droit.
12:28On dit, en dessous de 15 ans, l'enfant n'est pas responsable d'une relation qu'il n'a
12:32pas souhaitée avec un adulte.
12:33Ça, c'est inverser le droit.
12:34C'est courageux.
12:35On l'a voté d'ailleurs avec Maude.
12:37Moi, je déposais ce texte.
12:38Maude l'a suivi.
12:39Et on est plusieurs à l'avoir voté.
12:40Il a été voté à l'unanimité.
12:40Et on le frappe peut-être sur l'imprescriptibilité bientôt ?
12:43On reviendra sur ce débat ?
12:44Il faut le faire quand il s'agit des enfants.
12:46On doit inverser le droit.
12:48Quand on a fait le texte sur le retrait de l'autorité parentale dans le cadre des féminicides et de
12:52l'inceste,
12:53on a inversé le droit.
12:54On a dit, les juges doivent maintenant être en capacité de dire pourquoi ils ne le feront pas.
12:59En matière de droit, il y a capacité à faire mieux pour les enfants.
13:04C'est une priorité absolue.
13:06Après, bien sûr, dans le respect du droit.
13:08Mais c'est important de le faire.
13:09Des choses qui peuvent évoluer.
13:10Alors, je vous le rappelle, tous les groupes politiques vont consacrer au moins une de leurs questions à cette affaire.
13:14Je vous propose de retrouver la députée de droite républicaine, Émilie Bonivard.
13:18Celle des quatre colonnes.
13:19Bonjour, Émilie Bonivard.
13:20Vous avez travaillé sur ces sujets.
13:21Qu'allez-vous demander au gouvernement ?
13:24Eh bien, nous allons demander au gouvernement la manière dont il entend travailler pour améliorer la prise en compte de
13:30la parole de l'enfant.
13:31C'est le cœur du sujet.
13:33En réalité, est-ce que nos institutions judiciaires arrivent à prendre réellement au sérieux la parole de l'enfant ?
13:39Quand je dis réellement sérieux, c'est qu'est-ce qu'il en découle derrière ?
13:42Est-ce qu'une protection de l'enfant est mise en place ?
13:44Est-ce que le principe de précaution pour éviter qu'il soit en contact avec son agresseur présumé soit possible
13:51?
13:51Est-ce qu'on accélère l'audition et l'instruction pour pouvoir voir ce qu'il en est et aller
14:00au bout de l'enquête ?
14:01Donc c'est que la parole de l'enfant soit au cœur du mécanisme judiciaire et dès qu'un enfant
14:06parle, il faut qu'il y ait un code rouge qui s'allume.
14:09Un enfant qui parle, c'est déjà un miracle.
14:12Les enfants qui sont victimes d'incestes ou de violences sexuelles, dans 8 cas sur 10, ils ne parlent pas.
14:18Donc quand ils parlent, notre rôle, le rôle de l'État, le rôle de l'institution judiciaire, c'est de
14:23les protéger.
14:24Donc qu'est-ce qu'on met en place pour les protéger immédiatement ?
14:27Vous avez aussi des propositions liées à l'imprescribilité des crimes contre les mineurs, c'est ça ?
14:31Oui, alors le ministre s'est engagé à travailler sur le sujet, à présenter une loi sur le sujet.
14:37Ce qu'on regrette un petit peu, c'est que fin janvier 2025, il y a un an et demi,
14:41on a eu la possibilité de voter sur une proposition de loi sur l'imprescriptibilité.
14:46Le ministre Darmanin, qui est très mobilisé sur ces sujets, il faut le dire,
14:50avait donné un avis favorable à cette proposition de loi.
14:53Et malheureusement, le Rassemblement national, l'UDR et la gauche a voté contre.
14:57Alors pourquoi ?
14:58Tout simplement, nous, on a voté pour.
15:00Pour une transformation de notre système judiciaire, pour une inversion des choses.
15:05C'est difficile à changer le système judiciaire.
15:08On l'a vu lorsqu'on a débattu sur cette loi.
15:11Les choses sont difficiles à bouger, parce que, comme s'il y avait des principes immuables de la justice,
15:16et même nos collègues, ce que j'avais dit à l'époque, j'espère que vous allez cheminer,
15:21vraiment écouter la parole des victimes, écouter les associations,
15:24pour comprendre que notre système judiciaire ne peut pas être immuable sur ces questions,
15:29notamment sur la prise en compte de la parole de l'enfant et de l'imprescriptibilité.
15:33Les choses bougent, vont bouger, mais il faut qu'on soit tous unis.
15:38Et on ne peut pas jeter l'anathème les uns sur les autres.
15:41C'est un peu facile, parce que moi, je renvoie aussi les groupes politiques à leur propre responsabilité.
15:44Il y a quelques mois, quand il fallait se prononcer sur des sujets aussi importants.
15:48Merci beaucoup.
15:49Merci.
15:50Merci beaucoup, Stéphanie Despierre.
15:52Sur cette question, l'imprescriptibilité des crimes sexuels pour les enfants,
15:56ça pourrait être en débat dans le texte sur la protection de l'enfance qui arrive à la mi-juillet.
16:01Pour ou contre, Isabelle Santiago ?
16:03Moi, je suis pour.
16:04Et alors, du coup, là aussi, en fait, ce qui est impressionnant,
16:07c'est que quand on est là depuis quelques années, et c'est le cas avec Maud,
16:11la réalité, c'est qu'on l'a défendu plusieurs fois depuis 2021.
16:15Alors, du coup, nous, on peut ressortir tous les débats publics, et qui sont publics,
16:19pour montrer comment les gardes des Sceaux de l'époque nous expliquaient comment il ne fallait pas le faire.
16:23On a déjà avancé 30 ans après la majorité, jusqu'à 48 ans.
16:28Oui, c'était avec Laurence Rossignol qu'on avait avancé sur ces sujets-là.
16:32Donc, du coup...
16:3330 ans, c'est plus récent.
16:3430 ans, c'était sous Marlène Schiappa.
16:36Il y a eu 30 ans.
16:36Mais pour vous, il ne faut pas mettre fin à la prescriptibilité, à la prescription.
16:40Oui, tout à fait.
16:41Mais ce que je veux vous dire, et c'est très ça qui est important,
16:44c'est bien de se situer sur les débats dans lesquels ils ne sont pas nouveaux.
16:48Depuis 2021, nous sommes plusieurs à les avoir déposés en amendement, débattus.
16:52Et vous l'aviez dit, plusieurs mesures déjà ont fait glisser cette prescription.
16:55Vous déposiez des propositions de loi.
16:56Maude Petit.
16:57C'est important.
16:58Il y a eu la prescription glissante pour éviter, justement, à voter l'imprescribilité.
17:03Moi, aujourd'hui, je n'ai pas de soucis pour la voter.
17:05On l'a débattu il y a longtemps.
17:07Certains, pour certains.
17:08On a entendu aussi la présidente de l'Assemblée nationale, Yaël Braun-Pivet,
17:11défendre cet argument.
17:12La prescription est un principe de notre droit qu'on doit conserver.
17:17Qu'est-ce que vous répondez à ceux qui s'interrogent, justement,
17:20sur votre volonté, à vous comme à d'autres, justement, de revenir sur ces questions ?
17:24Je veux dire que ceux qui sont pour l'imprescriptibilité
17:26ont travaillé le sujet.
17:29Donc, on sait, en fait, en démontrant tous les arguments d'opposition,
17:34on sait qu'on peut aller au-delà de ces arguments d'opposition.
17:38Mais il n'y a plus de sujet, en fait.
17:40La question, aujourd'hui, elle est uniquement politique.
17:43Et on verra s'il y aura une majorité,
17:45puisque ça pourrait être abordé dans le cadre du projet de loi
17:48sur la protection de l'enfance.
17:49Il y a vraiment dans ce texte-là, peut-être un texte à part entière,
17:52parce que le sujet est suffisamment important et lourd.
17:54Et ça, c'est important.
17:55Vous aussi, Isabelle Santiago, vous dites, il faut, voilà,
17:57il ne faut pas forcément tout mettre dans un même texte.
18:00Et surtout, je rappelle qu'il y a des collègues,
18:04de manière transpartisane, le groupe socialiste,
18:07à travers Céline Martinez, du coup, portent un texte intégral.
18:11Justement, on va y revenir dans un instant.
18:13Je vous propose de retrouver avant ça,
18:15mais on reviendra sur cette proposition de loi.
18:17Exactement.
18:17On va retrouver Karine Lebon, députée du groupe GDR,
18:21évidemment, qui porte aussi ses sujets à l'Assemblée.
18:23On la retrouve au micro de Dario Borgogno.
18:26Oui, Madame Lebon, qu'est-ce que vous allez demander au gouvernement cet après-midi ?
18:30Cet après-midi, je vais demander l'inscription à l'ordre du jour
18:33de la loi intégrale contre les violences sexistes et sexuelles.
18:36Ça n'a que trop duré.
18:37Il y a 160 000 victimes, tous les ans, de violences sexuelles.
18:41Il est temps que ça devienne une priorité nationale.
18:44Parce que pour vous, le gouvernement n'en fait pas assez.
18:45Là, on voit que Sébastien Lecornu veut renforcer les mesures,
18:49enfin, les peines, pour les violeurs en série.
18:51Vous trouvez qu'ils n'en font pas assez ?
18:53En fait, il faut une réponse globale.
18:54Je veux bien, moi, des petites mesurettes par-ci, par-là.
18:57Mais ce qu'il nous faut, c'est réinterroger
18:59la place de la parole des victimes dans notre société.
19:02Qu'est-ce qu'on en fait ?
19:02Comment on la traite ?
19:03Quels sont les moyens qui vont avec ?
19:05Ce matin, Gérald Darmanin nous a dit qu'il n'y avait pas de moyens.
19:08Mais en fait, c'est une question de priorité politique.
19:10Quand on vote 36 milliards pour les armées,
19:12on peut trouver 4 milliards pour la protection des enfants et des femmes.
19:16Et en quoi, concrètement, la loi dont vous êtes co-signataire,
19:19la loi intégrale, elle va changer les choses ?
19:20Je ne dirais pas qu'elle va changer les choses du jour au lendemain.
19:23Ce serait mentir que de dire ça.
19:25Mais elle va apporter une réponse globale.
19:28Depuis le moment où les victimes parlent,
19:30depuis même avant la prévention, l'éducation,
19:32la formation des magistrats, des forces de l'ordre.
19:35Ensuite, au moment où les victimes parlent,
19:37comment elles sont écoutées, comment elles sont prises en charge,
19:40comment les agresseurs sont jugés,
19:42comment ils sont soignés aussi.
19:44Tout ça, cette loi intégrale, elle comporte 79 articles.
19:47Donc, vous vous rendez bien compte que les mesures sont pléthoriques,
19:52j'ai envie de dire.
19:53Je ne pourrais pas les détailler toutes ici.
19:54Mais en tout cas, elles changent enfin le paradigme.
19:57Elle apporte une réponse globale à ce problème de société.
20:00Et en cité juste une, par exemple, une très concrète ?
20:02Une très concrète, par exemple, redonner des moyens à la justice.
20:05Voilà.
20:06Très concrètement.
20:07Merci beaucoup, madame Lebon.
20:09On verra la réponse du gouvernement tout à l'heure.
20:10Merci beaucoup, Dario Borgogno.
20:12Vous êtes l'une et l'autre signataire de cette proposition de loi.
20:16Redites-nous, Isabelle Santiago, on dit intégrale.
20:19C'est un bouleversement, police, justice, une révolution
20:23qu'elle propose justement ce texte ?
20:25Oui, ce qui est intéressant, c'est qu'il aborde évidemment
20:27tout d'abord un ensemble de sujets en faveur des femmes et des enfants.
20:32Par ailleurs, ce matin, la présidente de l'Assemblée nationale,
20:35sur une radio, a indiqué qu'elle demandait au président Emmanuel Macron
20:39de l'inscrire sur un temps qui n'était pas prévu à partir de septembre.
20:45Donc, au Colombien, il y a une session extraordinaire.
20:47Une session extraordinaire, mais qui avancerait un peu dans le temps
20:49pour pouvoir avoir le temps de travailler ce texte,
20:51qui, je crois, va partir au Conseil d'État
20:53et qui permettrait de le travailler.
20:55De toute façon, c'est un texte où, y compris,
20:57il y a des mesures actuellement qui sont à modifier
21:00puisque, du coup, elles sont aussi, pour certaines,
21:02en cours d'adoption, si on prend le texte sur l'avocat ou d'autres.
21:06Mais en tout cas, ce qui est certes...
21:07Et donc intégrale ?
21:07Intégrale, c'est une pensée globale.
21:09Et je pense que, cette fois-ci, nous pouvons et nous devons
21:13avoir cette capacité, de manière transpartisane,
21:16à nous mobiliser sur un sujet majeur.
21:18Le texte du PJL qui arrive en juillet.
21:21Je rappelle son contexte.
21:23Il fait suite à la commission d'enquête dont j'étais rapporteur
21:25sur la protection de l'enfance.
21:27Suite aux 400 000 enfants de l'ASE,
21:29avec une crise systémique, au même titre que, globalement,
21:33on a pu décrire la crise systémique qui nous préoccupe aujourd'hui.
21:36Mais tout ça, c'est global.
21:38Pour autant, sur l'ASE, on doit garder ce texte de la PJL.
21:42Et d'ailleurs, on doit le modifier, puisqu'on a besoin d'une refondation.
21:46Maud Petit, sur cette proposition de loi intégrale,
21:49il s'agit notamment de créer des officiers de police judiciaire spécialisés,
21:53des juridictions spécialisées,
21:55parce qu'on traite la question des violences contre les enfants différemment.
21:57Il faut que tout un pan du système judiciaire soit consacré à cette question ?
22:02Je vais vous dire, moi, j'aimerais même aller au-delà de ce qui est proposé
22:06dans certains articles de la proposition de loi.
22:09Mais il faut déjà qu'on commence à travailler sur le texte.
22:12Moi, je suis, par exemple, favorable, comme beaucoup de personnes,
22:15à un parquet national, soit de la protection des femmes et des enfants,
22:19soit un parquet national de la protection des mineurs.
22:22Comme ça peut exister dans les affaires de terrorisme ou de narcotrafic.
22:24Exactement. Il faut qu'on arrête avec les demi-mesures,
22:27de dire on va peut-être faire des parquets spécialisés.
22:30Non. Allons-y, Franco, et mettons en place un parquet spécialisé.
22:35Ça permettra d'avoir un budget spécialisé.
22:39Ça permettra de traiter les sujets vraiment à part entière.
22:42Donc, il faut avancer sur la proposition de loi de Céline.
22:46Il faut probablement aussi vous dire qu'il y aura d'autres textes,
22:50peut-être une deuxième loi intégrale.
22:51Moi, j'aimerais qu'elles portent exclusivement sur la protection des mineurs.
22:55Et pourquoi j'en parle ?
22:56Parce qu'après la commission d'enquête sur le traitement judiciaire de l'inceste,
23:01il y aura encore d'autres préconisations qui ne sont déjà pas présentes
23:05dans la proposition de loi intégrale.
23:06Donc, vous rentrez les conclusions le 7 juillet, me semble-t-il.
23:07Le rapporteur présentera le rapport et ça sera présenté à la presse une semaine plus tard.
23:12Il y a également, dans cette proposition de loi intégrale,
23:14vous citiez donc Céline Thiebo-Martinez, votre collègue socialiste,
23:18le fait d'avoir un socle minimal d'actes d'enquête.
23:21C'est-à-dire, on dirait, on listerait des choses minimum.
23:26Il faudrait que dans chaque enquête, chaque plainte,
23:28il y ait au moins le déclenchement de ces actes-là.
23:30Isabelle Santiago.
23:31Oui, oui, parce qu'en fait, je l'avais dit aussi
23:33sur la question de la protection de l'enfance au sens des mineurs.
23:35La réalité en France, c'est qu'on n'a pas un socle de base de compétences.
23:40Donc, c'est valable autour de l'enfant quand on fait une enquête.
23:43C'est valable en protection de l'enfance quand on fait un travail autour de l'enfance en danger.
23:48En fait, j'ai souvent dit que l'enfance était un impensé des politiques publiques en France.
23:53C'est en train de changer depuis quelques années.
23:56Et là, il y a un boost encore plus rapide.
23:59On ne peut que s'en féliciter.
24:01Et quand on regarde les autres pays, c'est toujours très intéressant de faire du droit comparé
24:05et aussi des expériences à l'étranger.
24:07Mais par exemple, l'Australie sur les sujets des violences sexuelles
24:10a fait un plan sur 10 ans pour changer radicalement l'ensemble des politiques publiques
24:17et un plan pluriannuel, y compris de formation, etc.
24:20Et donc, du coup, nous, le temps doit être plus restreint, je le souhaite.
24:24Mais en tout cas, ça s'inscrit forcément dans des politiques et les lois.
24:27Et puis ensuite, il faut qu'elles soient appliquées.
24:28Et pour qu'elles soient appliquées, il faut que les professionnels soient formés, etc.
24:31Donc dire, il n'y a qu'à Faucon, ça ne va pas fonctionner.
24:34Par contre, il faut que ça change réellement, tout de suite, maintenant,
24:38pour qu'on puisse enclencher des vraies réformes de fonds
24:41et qui vont se mettre très rapidement en place.
24:44Est-ce que vous demandez également, est-ce que cette proposition de loi
24:46puisse être examinée en septembre, par exemple ?
24:49Votre collègue le disait, il y a 179 articles.
24:52Ça traite de l'école, du travail, de la justice, de la police, évidemment.
24:55Donc, il faut un certain temps de débat.
24:56En juillet, vous demandez au président de la République
24:59d'avoir une session extraordinaire pour vous permettre de travailler.
25:01Alors, ce que je ne savais pas, c'est qu'il est possible d'ouvrir en session extraordinaire
25:05juste à l'Assemblée nationale et pas impliquer aussi le Sénat,
25:08puisqu'ils vont être en période électorale.
25:10En septembre.
25:11Donc, il est possible qu'on puisse, nous, travailler, déjà.
25:16Ça peut être mi-septembre, à partir du 15 septembre, probablement.
25:21Ça peut être aussi courant du mois de juillet.
25:24Ça dépendra, en fait, de ce que voudra faire le gouvernement avec l'ordre du jour.
25:29Mais bien sûr, nous poussons tous, en fait, pour ça.
25:31Il nous faut, à minima, une semaine pour travailler sur ce texte,
25:35parce qu'effectivement, il est conséquent.
25:37Près de 80 articles, c'est rarement le nombre d'articles que nous avons sur le débat.
25:42D'une proposition de loi, c'est très conséquent.
25:43D'une proposition de loi, exactement.
25:45Vous parliez, Isabelle Santiago, d'un principe de précaution quand il s'agit de l'enfance.
25:50Certains disent, oui, mais comment on peut le conjuguer avec la présomption d'innocence ?
25:54Et j'ai envie de vous demander si, vous, au cours de vos travaux, à l'une comme à l
25:57'autre,
25:57c'est quelque chose qu'on vous rétorque souvent.
25:59Il y a une présomption d'innocence, donc on ne peut pas non plus inverser le droit comme vous le
26:04souhaitiez parfois.
26:06On a pu le faire.
26:07Donc, en fait, on a pu travailler et inverser le droit, justement, pour mieux protéger les enfants.
26:12À l'époque, je rappelle que quand on a fait le texte sur le seuil d'âge et le non
26:15-consentement,
26:16dire qu'en dessous de 15 ans, on ne posait plus la question à un enfant,
26:20considérant qu'il n'était pas, du coup, un enfant qui absectait une relation avec un adulte
26:25dans le cadre des agressions sexuelles ou de l'inceste, c'était une petite révolution.
26:29Et c'est 2021.
26:30Donc, en fait, c'est récent dans notre histoire, la prise en compte de la parole de l'enfant
26:35et aussi la capacité des parlementaires à prendre le droit tel qu'il est
26:41et à le contourner, non pas pour qu'il soit hors la Constitution,
26:46parce que nos textes de loi ne passent pas si on est hors la Constitution,
26:49mais on arrive à travailler des choses qui protègent les enfants.
26:53Et je rappellerai toujours que, personnellement, moi, je suis quelqu'un qui travaillait beaucoup
26:59avec Édouard Durand et la présomption d'innocence...
27:01Il était président de la fameuse civile, la commission, justement,
27:04qui a investigué sur ces questions des violences.
27:06D'ailleurs, à qui on a mis fin en 2023 de la pire manière,
27:10au moment où il présentait ses recommandations,
27:12qui, aujourd'hui, font le débat que nous avons tous ensemble,
27:16y compris quand les journalistes ou les politiques donnent des chiffres,
27:19ce sont les chiffres de la civile.
27:20Donc, ce travail, il a été puissant, mais on n'en a pas fait ce qu'on aurait dû en
27:25faire,
27:25c'est-à-dire tout de suite démarrer avec Édouard Durand la mise en application des propositions.
27:31Réticence, Maud Petit, vous aussi, dans vos travaux, on vous dit,
27:34« Attention, il y a la présomption d'innocence, c'est difficilement compatible avec ce principe de précaution ? »
27:40Ben non. Moi, je vais vous dire, la présomption d'innocence n'empêche pas de faire des enquêtes
27:44et la présomption d'innocence n'empêche pas non plus de mettre en détention provisoire.
27:51Alors, ça suffit, en fait, de l'utiliser comme un...
27:54C'est ce qu'on vous brandit un petit peu quand vous faites des propositions ?
27:57Pour ne pas trop aller chercher, je vais prendre l'exemple de ce qu'on a travaillé à la commission
28:03d'enquête sur l'inceste.
28:05Attention, c'est ces parents qui seraient mis en accusation et qui, peut-être, seraient innocents.
28:11Il ne faut pas trop les brusquer, etc.
28:13Il ne faut peut-être pas leur enlever l'enfant pendant quelques semaines, pendant quelques mois.
28:20Mais c'est ça qui est dramatique, en fait.
28:23C'est que, probablement, la justice met les parents dits protecteurs dans une situation insoutenable.
28:30Le parent se dit « la loi me contraint à protéger mon enfant »
28:33et la justice me dit « remets cet enfant à son père parce que sinon tu seras sanctionné ».
28:39C'est inadmissible de fonctionner comme ça.
28:42Donc, on doit adapter cette présomption d'innocence.
28:44Une dernière question à l'une comme à l'autre.
28:46On va le voir lors de la séance, il y aura chaque groupe politique qui va interpeller le gouvernement sur
28:50le sujet.
28:51Alors, il y aura évidemment beaucoup de politique, des règlements de comptes, ça c'est habituel.
28:54Mais est-ce qu'Isabelle Santiago, vous avez le sentiment que là, il y a une prise de conscience collective,
28:58que l'Assemblée va pouvoir avancer sur ce sujet ensemble ?
29:01Je dirais que l'Assemblée, elle est plutôt très mobilisée depuis quelques années sur ce sujet-là,
29:05de manière très transpartisane, parce qu'on a voté toujours les textes à l'unanimité.
29:09Donc, en fait, je crois que la prise de conscience, elle est plutôt côté gouvernement.
29:14Maud Petit, même question pour vous.
29:15On dit que cette Assemblée, parfois, elle a bien du mal à s'entendre sur cette question de la protection
29:19de l'enfance.
29:19Vous pouvez aboutir ?
29:21Ah mais j'en suis sûre, en fait, parce que nous avons, comme Isabelle l'a dit à l'instant,
29:26nous avons cette capacité, quand il s'agit de protéger les plus fragiles d'entre nous,
29:30de parler à l'unisson, en fait.
29:31Et nous avons adopté beaucoup de textes à l'unanimité, souvent, pour protéger les plus fragiles.
29:38Mais je ne sais pas si c'est terminé.
29:40Oui, oui.
29:41Moi, je voudrais dire quelque chose.
29:42Vous voyez, il y a des prises de parole un petit peu diverses sur tous les bancs.
29:45Elles vont toutes dans le même sens.
29:47Chacun, il va un petit peu de sa proposition de loi, son projet de loi.
29:50Moi, je demanderais, en fait, et j'ai préparé un courrier en ce sens,
29:53que je vais proposer à co-signature à mes collègues.
29:56Mais je demanderais au Premier ministre de mettre en place un grenelle de la protection des mineurs d'ici à
30:04la fin de l'année.
30:05Donc, une grande réunion avec tous les ministres.
30:07Oui, il faut que tout le monde se coordonne et aille ensemble dans le même sens.
30:11Merci, Maud Petit.
30:12Merci beaucoup, Isabelle Santiago.
30:14On va rester sur ce sujet dans le focus dans cette émission.
30:21On va retrouver en direct le député David Topiak, mercredi dernier.
30:26Il interpellait d'ores et déjà le gouvernement sur cette question.
30:28Il va renouveler son interpellation lors de la séance des questions au gouvernement.
30:32On va le retrouver au côtier de Dario Borgogno.
30:35Alors, M. Topiak, vous êtes le député de la circonscription.
30:38Où s'est passée cette tragédie, cette mort de l'INA ?
30:41Vous avez passé, je suppose, le week-end là-bas, à Florence.
30:43Vous avez participé à la marche au blanc, si je ne me trompe pas.
30:46Comment ça s'est passé ?
30:47Est-ce que vous pouvez un peu nous raconter ce que vous disent les citoyens de votre circonscription là-bas
30:50?
30:50Oui, effectivement.
30:51Dimanche, j'étais aux côtés de la famille et des nombreuses personnes.
30:54Plus de 6 000 qui étaient venus pour cette marche blanche.
30:57C'était un moment de recueillement, de deuil auprès de la famille, l'accompagné.
31:01Un moment de pensée pour l'INA.
31:03Puis ça a été aussi un moment de protestation silencieuse.
31:06Parce qu'il y a des choses qui se sont passées dans une enquête sur une plainte de l'année
31:09dernière
31:09qui ne sont pas normales. Il faut le regarder en face.
31:12C'était aussi un moment de colère froide.
31:14Les gens attendent des réponses, la vérité et de l'action.
31:17Et donc, moi, mon rôle aujourd'hui, c'est aussi de traduire cette forte attente du territoire
31:22à l'Assemblée nationale lors d'une question au gouvernement que je poserai tout à l'heure.
31:26Et qu'est-ce qu'ils attendent concrètement de la justice, de l'État, face à ce qui s'est
31:30passé ?
31:30Il y a d'un côté l'enquête judiciaire liée au suspect.
31:34Donc, de déterminer les causes de la mort maintenant que le corps a été retrouvé.
31:38De déterminer sa responsabilité.
31:40Donc, ça, c'est une enquête. Je ne ferai pas de commentaire là-dessus.
31:43Je laisse faire la justice. Je lui fais confiance.
31:45Il y a derrière l'enquête administrative du ministère de la Justice et du ministère de l'Intérieur
31:51qui, elle, doit déterminer les dysfonctionnements qu'il y a eu sur cette affaire,
31:55notamment la plainte de 2025 non traitée encore à ce jour
31:59et qui devra faire la lumière sur ces dysfonctionnements
32:01mais qui traduiront, de mon point de vue,
32:04défaillance d'une chaîne judiciaire du ministère jusqu'au terrain
32:07qui est probablement, pour certaines parties, liée à des moyens,
32:11mais ça sera déterminé,
32:12mais qu'il y ait peut-être une culture, une appréhension
32:14des violences sexuelles envers les enfants
32:16et d'une réforme systémique nécessaire
32:18pour qu'on soit pleinement mobilisé, prioritairement mobilisé
32:21sur cet enjeu-là qui est devenu un enjeu sociétal très fort
32:24sur lequel nos concitoyens nous attendent très légitimement
32:27et on se doit d'être à la hauteur en tant que législateur.
32:30Vous êtes d'accord avec la maman de Rosa,
32:33cette fillette de 10 ans qui aurait été violée par Jérôme Barrella.
32:36Est-ce que vous êtes d'accord sur le fait qu'elle a expliqué
32:38il y a quelques minutes que la justice n'a pas été faite ?
32:40Elle porte plainte contre le garde des Sceaux, contre les procureurs ?
32:43Vous êtes d'accord ? La justice n'a pas fait son travail ?
32:45Écoutez, je ne connais pas le dossier dans les détails.
32:47Je l'ai appris par voie de presse
32:49et j'ai eu quelques informations par la procureure de la République
32:52lors de son interview.
32:54Donc, effectivement, si ce dossier-là a bien été déposé,
32:57la plainte du moins en août 2025,
32:59et qu'aujourd'hui, le suspect, du moins le mis en cause
33:02n'a pas été entendu,
33:03on peut considérer que ce n'est pas une réponse satisfaisante.
33:06On ne peut pas laisser dans la nature
33:07un prédateur sexuel qui a déjà commis un viol
33:10et qui pourrait récidiver.
33:11Donc, on ne peut pas accepter cet état de fait.
33:13Il y aura sûrement des dysfonctionnements établis
33:15à différents niveaux de la chaîne judiciaire.
33:18C'est l'enquête qui le dira.
33:19En tout cas, moi, je n'attends pas seulement de cette enquête
33:22qu'elle identifie des responsables, notamment locaux,
33:25qui porteront le chapeau,
33:26qui joueront le rôle de bouc émissaire
33:27et que le ministère referme derrière le dossier.
33:30Le but, c'est d'identifier les dysfonctionnements,
33:32en quoi ils traduisent des défaillances systémiques,
33:35quels sont les leviers actionnés,
33:37quelles sont les causes de ces dysfonctionnements.
33:39Nos concitoyens attendent que ça ne se reproduise pas.
33:41D'ailleurs, en tête de manifestation dimanche,
33:44il y avait une grande bande-rôles,
33:46plus jamais ça,
33:47derrière lesquels les parents et les élus locaux
33:48se tenaient droits
33:49en attente de réponses
33:51de notre système judiciaire,
33:53du ministère, mais aussi des parlementaires.
33:55Merci beaucoup, M. Topiak.
33:57On verra la réponse du gouvernement à votre émotion.
34:01Et bienvenue à vous.
34:02Si vous nous rejoignez sur LCP,
34:03nous sommes à 25 minutes de la séance des questions au gouvernement,
34:06séance qui sera très largement consacrée à l'affaire Liana.
34:10Les députés vont demander des comptes au gouvernement.
34:13On va retrouver au long de cette émission
34:15Stéphanie Despierre et Dario Borgogno
34:17depuis la salle des quatre colonnes.
34:18Nicolas Fleury est lui dans l'hémicycle de l'Assemblée nationale.
34:21Et puis quelques minutes avant 15h,
34:23on vous fera vivre l'arrivée par la cour d'honneur du Premier ministre
34:26et des membres de son gouvernement.
34:28Nicolas, je le disais,
34:30vous êtes d'ores et déjà dans l'hémicycle.
34:32La séance sera très largement consacrée à l'affaire Liana.
34:36Oui, Elsa, chacun des 11 groupes de l'Assemblée
34:39s'apprête à interroger le gouvernement sur cette affaire.
34:41C'est extrêmement rare.
34:43Et c'est dire à quel point cette affaire secoue le monde politique.
34:46Car le suspect était déjà visé par plusieurs plaintes,
34:49dont une pour viol sur mineurs.
34:50Une enquête était en cours depuis près d'un an,
34:52sans qu'il n'ait jamais été entendu,
34:54ni même placé en garde à vue.
34:56Une dérive de la justice.
34:58Voilà les mots qu'a utilisé Marine Le Pen
34:59pour qualifier cette affaire.
35:02La présidente du groupe RN interrogera
35:04elle-même le Premier ministre
35:05cet après-midi dans l'hémicycle.
35:06Il y aura aussi notamment David Topiak
35:08pour le groupe Lyot ou Karine Lebon,
35:10côté GDR,
35:11qui feront partie des députés
35:12qui vont aborder ce sujet.
35:14Et face à eux,
35:14un gouvernement sous pression.
35:16Gérald Darmanin avait reconnu
35:18des défaillances extrêmement graves
35:20et promis des sanctions.
35:21Alors, faut-il renforcer
35:23les procédures disciplinaires
35:24contre les magistrats,
35:25alourdir la réponse pénale
35:26ou encore accorder plus de moyens
35:28à la justice ?
35:29Autant de sujets sur lesquels
35:31les échanges promettent
35:32d'être très vifs ici,
35:34dans l'hémicycle.
35:35Merci beaucoup Nicolas.
35:38On suivra évidemment la séance
35:39en direct et en intégralité sur LCP
35:41pour revenir sur ce thème principal.
35:43Marianne Maximi, bonjour.
35:44Bonjour.
35:44Députée de la France Insoumise
35:45du Puy-de-Dôme,
35:46Jean-René Cazeneuve, bonjour.
35:47Bonjour.
35:48Députée ensemble pour la République
35:49du Gers, le département
35:51où a lieu justement le drame.
35:53Il va être question,
35:54lors de la séance des questions
35:55au gouvernement,
35:56des responsabilités
35:57des uns et des autres.
35:58Marianne Maximi,
35:59est-ce que la faillite,
36:00elle est après tout collective ?
36:01Est-ce que les responsabilités,
36:03elles sont individuelles ?
36:05La responsabilité,
36:06les responsabilités,
36:07elles sont celles de la société,
36:09de cette société
36:10qui n'écoute pas les enfants.
36:12Moi, je refuse que nous pensions,
36:14que nous disions
36:15que collectivement,
36:16il y aurait un problème
36:17de dysfonctionnement ponctuel
36:19de la justice.
36:20Ce qui s'est passé,
36:21c'est le fonctionnement
36:21malheureusement habituel
36:22d'une justice qui manque
36:24de moyens de manière structurelle,
36:25mais aussi traversée
36:26par les rapports de domination,
36:28notamment patriarcaux,
36:29qui sont dans la société.
36:30Donc en fait,
36:31c'est tous ensemble
36:32qu'on doit s'interroger.
36:33Mais évidemment,
36:33il y a des responsabilités politiques.
36:35Quand on est au gouvernement
36:36depuis 9 ans,
36:37quand M. Darmanin a été
36:39ministre des Comptes publics,
36:40ministre de l'Intérieur
36:41et maintenant garde des Sceaux,
36:42on ne peut pas découvrir
36:43ce phénomène,
36:44on ne peut pas découvrir
36:45les violences faites aux enfants.
36:46On les connaît,
36:47elles sont documentées,
36:48il y a eu des commissions d'enquête,
36:49il y a eu les rapports
36:49de la civile,
36:50il y a des données
36:51que tout le monde a dans les mains
36:52et que personne n'a réagi.
36:54Jean-René Cazeneuve,
36:55Marianne Maximi dit
36:57que c'est la société entière
36:58qui doit s'interroger,
36:59mais dit aussi
37:00qu'il y a des responsabilités politiques.
37:02Est-ce que oui,
37:03effectivement,
37:04si la justice a dysfonctionné,
37:06le ministre, par exemple,
37:07en est en partie responsable ?
37:09Moi, je suis assez d'accord
37:12avec ma collègue Maximi
37:14sur le fait que c'est un problème
37:16d'abord systémique de notre société.
37:18Il y a une multiplication par trois
37:21des plaintes pour violences sur enfants
37:26en dix ans,
37:28donc c'est colossal.
37:29Donc il y a une responsabilité,
37:30je crois, vraiment globale.
37:32Il y a un déni collectif
37:34par rapport à ces 160 000,
37:37ce sont les chiffres de la civile,
37:38sur 160 000 enfants
37:40qui sont agressés chaque année.
37:42Donc oui,
37:43il y a une prise de conscience
37:44qui n'est pas à la hauteur
37:46de ce drame,
37:48en particulier dans le Gers,
37:49mais de manière générale,
37:50on voit que ça dépasse complètement.
37:51Donc oui,
37:52il y a une prise de conscience
37:53qui doit être faite,
37:54qui doit être collective.
37:55Après,
37:56sur la responsabilité
37:57d'un tel ou d'un tel,
37:59je crois qu'il faut attendre
37:59les inspections
38:00qui ont été annoncées
38:02par le ministre,
38:03qui sont en cours.
38:04Il a promis de rendre
38:05les conclusions très rapidement
38:07et en toute transparence.
38:09Est-ce que, Marianne Maximi,
38:11ce n'est pas une façon
38:12de déresponsabiliser
38:14parfois les uns ou les autres
38:15de pointer cette question
38:17des moyens ?
38:18On a une jeune fille,
38:19les parents étaient en conférence
38:21de presse tout à l'heure,
38:22qui dépose plainte,
38:23qui est entendue,
38:24des constatations médicales
38:25prouvent,
38:25en tout cas corroborent
38:26son témoignage.
38:28qu'est-ce qui empêche
38:29de convoquer le suspect ?
38:31Ce n'est pas qu'une question
38:31de moyens de Marianne Maximi.
38:33Je suis d'accord avec vous.
38:34La décision n'a pas été prise
38:35comme il fallait.
38:35Je vais vous dire quelque chose.
38:36Même si on avait les moyens
38:37les plus formidables
38:39dans notre société,
38:40si on ne change pas de lecture,
38:41si on n'écoute pas les enfants,
38:43si on n'écoute pas les femmes
38:44qui parlent de ces violences sexuelles
38:46et je le redis,
38:46qui sont documentées,
38:47le résultat serait le même.
38:49Ce que nous avons besoin aujourd'hui,
38:50c'est de sortir
38:51de cette culture du viol,
38:52de lutter contre ce système
38:53patriarcal qui est partout,
38:55partout et aujourd'hui,
38:57je pense que personne
38:58ne découvre ça
38:59mais tout le monde s'interroge
39:00pourquoi il n'y a pas eu
39:00de réponse politique avant.
39:03Mais il y a aussi
39:03un problème de moyens
39:04et je ne veux pas quand même
39:04laisser dire aux macronistes
39:06nous dire que tout est formidable
39:07et que les moyens augmentaient.
39:08Nous avons un sous-investissement
39:10chronique dans la justice.
39:11Il suffit de voir les moyens
39:12que nous avons en France
39:13et on aime beaucoup se comparer
39:14au niveau de l'Allemagne.
39:16Regardez comme nous sommes
39:16des mauvais élèves en Europe
39:18par rapport aux moyens
39:19que nous avons sur la justice,
39:20que ce soit au niveau du parquet
39:21ou du siège,
39:22mais aussi sur la formation
39:24que nous peuvent bénéficier
39:26les forces de l'ordre,
39:26ne bénéficient pas d'ailleurs
39:27les forces de l'ordre.
39:27C'est vrai que sur cette question
39:28des moyens,
39:29Emmanuel Macron,
39:29le président de la République,
39:31a réagi tout de suite
39:31en disant que c'est des dysfonctionnements
39:32mais ne venez pas me parler de moyens.
39:34Quand on se compare,
39:35on a beaucoup moins de magistrats
39:37que dans d'autres pays,
39:37c'est parfois quatre fois moins.
39:39Il y a quand même
39:40un problème chronique
39:40de manque d'humains
39:42dans cette justice.
39:44Alors, ça a été dit
39:45très clairement
39:46et je crois qu'on sera aussi
39:47d'accord là-dessus.
39:48Ce qui a dysfonctionné
39:49dans l'affaire Liana,
39:51ce n'est pas un problème
39:54qui lance un viol sur enfant
39:57caractérisé,
39:58reconnu par un psychologue
40:00et derrière,
40:01toute une série
40:01de dysfonctionnements
40:03qui font que ce pédocaminal
40:05n'est pas arrêté,
40:06en tous les cas,
40:07n'est pas entendu.
40:08Mais sur les 70 000 plaintes
40:10qui vont être réexaminées,
40:12on peut se demander
40:13pourquoi ça prend autant de temps.
40:14Oui, mais il faut toujours plus
40:18et vu l'ampleur du phénomène,
40:21il faudra certainement
40:22continuer à augmenter
40:23de manière très significative
40:24le budget.
40:24Mais je ne peux pas laisser dire
40:25non plus que nous n'avons
40:26rien fait.
40:27Le budget a augmenté
40:28de 40 %,
40:29ce qui est colossal
40:30depuis 2017.
40:32C'est un des budgets
40:32qui a augmenté le plus,
40:33même peut-être celui
40:34qui a augmenté le plus
40:35parce que c'est une priorité.
40:37Il y a plus de magistrats
40:38aujourd'hui,
40:39il y a plus de greffiers,
40:40il y a une loi de programmation
40:41de la justice
40:42sur plusieurs années.
40:45Dans le département du Gers,
40:46il y a aussi
40:47une unité médico-judiciaire,
40:50il y a un pôle d'accueil
40:51pour l'enfance.
40:52Il y a beaucoup de choses
40:53qui sont faites
40:54et pas assez
40:55et jamais assez.
40:56Et d'autres choses
40:56qui vont peut-être aussi
40:58être proposées.
40:59On l'a vu,
40:59le Premier ministre
40:59a fait différentes réunions.
41:01Là, il s'agit,
41:02parce qu'il y a deux textes
41:03de loi un peu en parallèle,
41:05d'augmenter le projet de loi
41:06que vous allez examiner
41:07avant la fin juillet
41:08sur la protection
41:09de l'enfance.
41:10Le Premier ministre dit
41:12perpétuité pour les violeurs
41:13en série
41:14et trois mois maximum
41:16pour les actes d'enquête
41:17quand c'est des crimes
41:17contre les mineurs.
41:18Est-ce que ces deux propositions
41:19vont dans le beau sens ?
41:20Est-ce que les insoumis,
41:21vous pourriez les voter ?
41:22Non, ça ne va pas
41:23dans le bon sens.
41:24La réponse ne peut pas
41:25être la surenchère pénale.
41:26Vous savez,
41:27les passages à l'acte
41:27ne seront pas dissuadés
41:29par une augmentation des peines.
41:31Sinon, je vais vous dire,
41:32dans les pays
41:32où il y a la peine de mort,
41:33on n'aurait plus
41:33de paix de criminels.
41:34Si ça fonctionnait comme ça,
41:35ça serait très simple
41:35et ce n'est pas le cas.
41:36Ce qu'il faut,
41:37c'est des moyens
41:37sur la prévention.
41:38Ce qu'il faut,
41:39c'est des moyens
41:39sur l'éducation.
41:40Ce qu'il faut,
41:41c'est un changement de culture.
41:42C'est un changement profond
41:44de pratique,
41:45d'éducation.
41:46Et ça, je suis désolée,
41:48mais je n'ai aucune annonce
41:48là-dessus.
41:50Sur les trois mois,
41:51pour faire les trois mois
41:52d'actes d'enquête ?
41:53Évidemment qu'il faut
41:54accélérer les enquêtes
41:55quand il s'agit d'enfants.
41:56Il faut entendre très rapidement.
41:57Il faut...
41:58Et ce qu'on voit d'ailleurs
41:59dans le rapport
42:00que M. Darmanin semble découvrir
42:01qui date de 2022,
42:02c'est qu'en fait,
42:03dans 70%,
42:04il n'y avait pas
42:04d'enquête concernant
42:06les violences sexuelles
42:06faites aux mineurs,
42:07il n'y avait pas d'acte pris.
42:09Et donc,
42:09on a un problème,
42:10effectivement,
42:10pour que les choses
42:11aillent rapidement,
42:12dans le respect
42:13de l'état de droit aussi.
42:14Mais je crois que
42:15de faire croire
42:16que parce qu'on augmenterait
42:17les peines,
42:18qu'on irait dans quelque chose
42:19de très lourd,
42:20on réglerait le problème
42:21et c'est un aveu d'échec.
42:22Parce que là,
42:23on a la réponse
42:23après les passages à l'acte.
42:24Moi, ce que je veux,
42:25c'est une société
42:25qui protège les enfants
42:26et qui fait en sorte
42:28que la culture du viol
42:28disparaisse.
42:29Jean-René Cazeneuve,
42:30sur ces annonces
42:31du Premier ministre
42:32et sur le début de réponse
42:33que fait Marianne Maximi
42:34en disant
42:35on va aller vers la répression,
42:37ce qu'il faut,
42:37c'est plutôt aller vers la prévention,
42:39justement,
42:39éviter ce genre de drame.
42:42Je suis aussi assez d'accord
42:43sur le fait
42:45que la répression,
42:46en aucune manière,
42:47ne peut être
42:47l'unique réponse.
42:49C'est malade,
42:50parce qu'on peut parler
42:51d'un malade,
42:52je ne suis pas sûr
42:53qu'ils intériorisent
42:54le niveau de peine
42:55qu'ils risquent
42:57quand ils font
42:59leurs crimes odieux.
43:00Donc,
43:02maintenant,
43:02il ne faut pas non plus
43:03de laxisme
43:03et je ne crois pas
43:04qu'il faille faire passer
43:05un message de laxisme
43:06de la justice.
43:07Oui,
43:08il faut tout ça.
43:09Il faut aussi probablement
43:10une juridiction spécialisée.
43:12Donc,
43:13il y a beaucoup de mesures.
43:14Je suis content
43:14que le Premier ministre
43:15en ait annoncé deux.
43:16Dans la loi
43:17qui est portée aujourd'hui
43:17par une centaine
43:19de députés...
43:19Voilà,
43:20la loi dite intégrale
43:21pour qu'on fasse bien
43:22la distinction
43:22avec le projet de loi
43:23et sexuelle,
43:24que notre groupe soutient.
43:27Gabriel Attal
43:27l'a annoncé.
43:29Il y a beaucoup
43:29d'autres mesures.
43:30Donc,
43:30voilà,
43:30il faut piocher
43:31dans ces différents textes
43:32pour rapidement
43:33avoir une réponse
43:34et agir.
43:35Justement,
43:36sur cette réponse,
43:37vous parliez
43:37d'un changement
43:38de société.
43:38Est-ce que cette loi
43:39dite intégrale,
43:41globale,
43:41où on voit
43:42qu'il y a vraiment
43:42des mesures
43:43sur tous les pans
43:44de la société
43:44sur cette question
43:45des violences
43:45faites aux enfants
43:46et aux femmes,
43:47est-ce que pour vous
43:47elle va dans le bon sens ?
43:48Est-ce qu'il faut que
43:49vous puissiez l'examiner
43:50très rapidement
43:51en septembre,
43:52par exemple ?
43:52Il y a des choses
43:52qui vont évidemment
43:53dans le bon sens,
43:54mais moi,
43:54je n'entends pas
43:54de programmation budgétaire,
43:55par exemple.
43:56Je prends le modèle
43:57de l'Espagne.
43:58L'Espagne a réussi
43:59à faire baisser
43:59les violences faites
44:00aux femmes
44:00et notamment
44:00les féminicides
44:01en mettant des milliards
44:02sur la table
44:03parce que ça ne se fera
44:04pas sans moyens.
44:05Et ça,
44:05c'est un impensé
44:06encore une fois.
44:07Je crois que la proposition
44:08de loi,
44:08c'est 2 milliards et demi
44:10de budget.
44:10J'attends de voir
44:11comment ça va passer
44:11à l'Assemblée nationale
44:12avec les défenseurs
44:14de l'austérité
44:14en permanence
44:15parce qu'il y a
44:16un autre texte
44:16qui suit,
44:17vous en avez parlé,
44:17de la protection
44:18de l'enfance.
44:18Moi,
44:19mon travail,
44:19c'est éducatrice spécialisée
44:20avant d'être députée.
44:21J'ai travaillé,
44:22je travaillais en protection
44:22de l'enfance
44:23et je m'occupais
44:23des enfants victimes
44:24de violences.
44:25Je peux vous dire
44:25que le PJL
44:26que porte le gouvernement
44:26est une catastrophe.
44:28Ne règlera rien
44:28voire va aggraver
44:29la situation
44:30de l'aide sociale
44:30à l'enfance.
44:31Donc aujourd'hui,
44:32on a des députés
44:32qui travaillent,
44:33qui font des commissions
44:33d'enquête,
44:34qui rendent des rapports.
44:35Aucune préconisation
44:36ne sont reprises
44:36parce que tout le monde,
44:37par exemple,
44:37découvre la civise.
44:39Qu'est-ce qui a été repris
44:39du rapport de la civile ?
44:41Quelles préconisations
44:42ont été mises en place
44:43par ce gouvernement ?
44:44C'était justement
44:44une commission
44:45qui a investigué
44:45sur la question
44:46des violences sexuelles
44:47et sexuelles
44:48contre les enfants.
44:48C'est d'immoger
44:48le juge Durand
44:49qui portait la civise.
44:50On va retrouver justement,
44:59Oui, Mme Thibault-Martinez,
45:01pourquoi votre texte
45:02de loi intégrale
45:03est essentiel,
45:04une urgence actuellement ?
45:06Alors, le texte
45:07de loi intégrale
45:08est important aujourd'hui,
45:09il est important
45:10de l'inscrire
45:11à l'ordre du jour
45:11de l'Assemblée nationale
45:12parce que la situation
45:13de la petite Liana
45:15n'est pas à proprement parler
45:17liée à des dysfonctionnements.
45:18Ce qu'a vécu
45:19la famille de Liana,
45:20ce que vit aujourd'hui
45:21la maman de Rosa
45:23qui vient de déposer plainte
45:25contre l'Etat,
45:26est une situation
45:27que beaucoup de victimes
45:28et beaucoup de familles
45:29rencontrent.
45:30Cette situation,
45:30elle est liée au fait
45:32que depuis des années maintenant,
45:33on dit aux victimes,
45:35qu'il s'agisse des enfants
45:35ou des femmes,
45:36de parler, de s'exprimer.
45:38On leur dit qu'on les croit.
45:39Mais notre système judiciaire,
45:40il n'est pas en mesure,
45:41il montre qu'il n'est pas
45:42en capacité de faire face
45:44à ces demandes
45:45qui sont absolument massives.
45:47Et quel est le budget nécessaire
45:49pour que ce texte-là
45:50puisse s'appliquer correctement ?
45:51Le budget tel qu'il est estimé
45:53par les associations
45:53qui ont porté en grande partie
45:55les propositions
45:56qui sont dans la loi intégrale,
45:57c'est un budget
45:58de 2,7 milliards d'euros.
46:00Il faut savoir
46:01que des estimations
46:02faites par des chercheurs
46:03montrent que les violences
46:05faites aux femmes
46:05et aux enfants
46:06coûtent à notre société
46:07plus de 90 milliards d'euros
46:09par an.
46:10Et c'est faisable
46:10ce budget selon vous ?
46:12Eh bien c'est faisable
46:13d'une part
46:13parce qu'un bon nombre
46:15des mesures
46:16qui sont dans la loi
46:16concernent la justice
46:18et on sait,
46:19et les chiffres maintenant
46:20sont largement publics,
46:21on sait que notre système
46:22judiciaire dispose
46:24de moins de moyens
46:24que celui de tous
46:25nos voisins européens.
46:27Déjà on pourrait faire
46:28une sorte de rattrapage massif
46:29et il y a une autre manière
46:30de voir aussi,
46:31d'appréhender les violences
46:32qui sont faites
46:33aux enfants et aux femmes.
46:35Merci beaucoup
46:35madame la députée.
46:37Merci Dario Borgogno,
46:38Jean-René Cazeneuve,
46:402,7 milliards.
46:41On sait que la France
46:43n'a pas forcément
46:44beaucoup d'argent.
46:45Est-ce que vous dites,
46:47oui, là-dessus,
46:48eh bien c'est un budget
46:49qu'on doit absolument
46:49préserver, renforcer,
46:51doubler s'il le faut ?
46:52Écoutez, d'abord je voudrais
46:53répondre.
46:55Moi je regrette
46:56que ce soit un sujet
46:56de polémique
46:57et que vous en fassiez
46:59un sujet politique.
47:02Je pense que sur un sujet
47:03aussi grave,
47:04qui est un sujet systémique,
47:05avec un problème systémique,
47:06sociétal,
47:07de comportement
47:08des hommes en particulier,
47:10je crois qu'il faudrait
47:11vraiment une union sacrée
47:13sur ces sujets.
47:13Il y a aujourd'hui
47:14plusieurs textes,
47:15plusieurs propositions.
47:16Je crois qu'il faut
47:18réfléchir collectivement
47:19pour trouver les mesures
47:20qui le plus rapidement possible
47:21vont permettre de lutter.
47:22Est-ce qu'il faut
47:23augmenter les budgets ?
47:24Oui.
47:252,7 milliards,
47:26je n'ai absolument pas vu
47:27le chiffrage de cette loi.
47:30Mais on sait que ça coûte
47:31extrêmement d'argent.
47:32L'Espagne,
47:33quand a voulu changer
47:33cette question des mentalités,
47:35a investi énormément.
47:36Il faut le faire.
47:36On ne peut pas accepter
47:38que notre pays,
47:39que notre France,
47:41ne protège pas
47:42chacun de ses enfants.
47:44Donc ça doit être
47:44la priorité absolue.
47:46La réponse n'est pas
47:47que budgétaire.
47:47Elle est en termes
47:48d'organisation,
47:49elle est en termes
47:49d'informatisation des process.
47:52On voit bien
47:52qu'il y a des ruptures
47:53de charges en permanence
47:55sur ce genre de suivi.
47:56Donc oui,
47:57ce sont de très nombreuses
47:58mesures que nous devons
47:59construire collectivement,
48:00avec les différents
48:01partis politiques,
48:02avec les associations.
48:03Il y a beaucoup
48:04de contributions,
48:04c'est ça qu'il faut faire.
48:05Marianne Maximi,
48:06est-ce que vous êtes prête
48:07à travailler de manière
48:09transpartisane
48:09ou est-ce que selon
48:10les accusations
48:11de Jean-Dené Cazinat,
48:11vous en faites
48:12une question politique ?
48:14Il y a des choses
48:15que je peux entendre
48:16et d'autres qui vont
48:16me mettre très fortement
48:17en colère.
48:18Mais cette somme
48:19des milliards d'euros
48:20qu'on demande,
48:21les associations les demandent,
48:22ça fait des années.
48:23Alors aujourd'hui,
48:24je vous entends dire
48:24que c'est possible,
48:25ça fait des années
48:26et depuis que je suis députée,
48:27tous les ans,
48:28nous défendons des amendements
48:29dans le budget
48:29pour augmenter le budget
48:30justement de lutte
48:31contre les violences
48:32faites aux femmes
48:32et aux enfants.
48:33Et je peux vous dire,
48:342,7 milliards,
48:35c'est pas suffisant.
48:36C'est pas suffisant
48:37parce qu'on sait
48:38qu'il faut un investissement
48:40massif,
48:40sachant que ce chiffrage
48:41a été fait au début
48:42pour les associations
48:43féministes,
48:44qui n'intégraient pas
48:44réellement la question
48:45des luttes
48:46contre les violences
48:46faites aux enfants,
48:47c'est-à-dire l'adultisme,
48:49le fait que la domination
48:50des adultes s'exerce
48:51essentiellement sur les enfants
48:52et donc il faudrait
48:53largement augmenter.
48:55C'est pas de faire
48:55de la polémique,
48:56mais c'est de déplorer
48:57que cette revendication,
48:58elle est ancienne
48:59et elle n'a jamais
49:00été entendue.
49:01Vous dites,
49:02Jean-René Cazeneuve,
49:03que certains groupes
49:04vont faire de la politique.
49:06Il y aura certainement
49:07beaucoup de politique
49:07dans l'hémicycle
49:08tout à l'heure,
49:09mais de rappeler quand même
49:10que certains faits
49:11sont connus.
49:11On a beaucoup cité
49:12la civise,
49:13la commission justement
49:14qui a été chargée
49:15de recueillir des témoignages
49:16sur les violences incestueuses.
49:18Ces chiffres,
49:19on ne les découvre pas.
49:20Est-ce que ce n'est pas
49:21ce drame
49:22qui pousse à réagir
49:24alors que ça fait
49:24plusieurs années
49:25que beaucoup de spécialistes
49:26interpellent ?
49:26Il y a eu beaucoup de travaux
49:27dans cette même
49:28Assemblée nationale.
49:29Mais bien sûr,
49:31et ce drame
49:32nous interpelle tous
49:33et ce drame
49:34n'aurait pas dû se passer.
49:35Une fois de plus,
49:37on est tous d'accord
49:38sur ce constat.
49:39Le budget de la justice
49:40a augmenté
49:41de plus de 3 milliards.
49:42Donc,
49:43une nouvelle marche
49:43doit être de 2,7 milliards
49:45dans les prochaines années.
49:47Je crois qu'il faut le faire.
49:48Maintenant,
49:48je ne me fais plus,
49:49il faut rentrer dans le détail
49:50à quel rythme.
49:51Je dis simplement,
49:52c'est que le sujet
49:53est tellement structurel
49:54que nous avons tout intérêt
49:55à travailler collectivement.
49:57C'est une loi transpartisane
49:58aujourd'hui
49:58qui regroupe
49:59un certain nombre
50:01de partis.
50:01j'espère qu'elle fera
50:03l'unanimité
50:03pour essayer
50:04de régler ce problème.
50:05Et je vous propose
50:06de retrouver en duplex
50:07ce que je vous le disais.
50:07Chaque groupe va interpeller
50:08le gouvernement.
50:09On va retrouver
50:09la députée apparentée
50:11au groupe Horizon.
50:12Nathalie Collin,
50:12Austerlé au micro
50:13de Stéphanie Despierres.
50:14Bonjour.
50:15Qu'allez-vous demander
50:16au gouvernement ?
50:17Écoutez,
50:18les Français sont aujourd'hui
50:19bouleversés par cette affaire.
50:20Ce n'est pas la première.
50:22donc il s'agit aujourd'hui
50:23de demander
50:23quels vont être
50:24les moyens mis en place
50:27pour mettre fin
50:28à ces dysfonctionnements
50:29puisque des dysfonctionnements
50:30ont été révélés.
50:31Nous attendons bien sûr
50:32les suites de l'enquête
50:34administrative qui est lancée
50:35mais il s'agit aujourd'hui
50:36effectivement de comprendre
50:38quels ont été
50:39ces dysfonctionnements
50:40et bien sûr de faire en sorte
50:42qu'ils ne se reproduisent plus
50:43pour que plus jamais
50:43un drame pareil ne se produise.
50:45Le gouvernement a d'ores et déjà
50:47annoncé qu'il voulait
50:48faire en sorte
50:48d'accélérer les délais
50:49par exemple que la police
50:50la justice aurait trois mois
50:52pour réaliser tous les actes
50:54d'enquête en cas de crime
50:55contre les enfants
50:56et si évidemment
50:57le suspect est identifié.
50:58Est-ce que ça,
50:59ça vous paraît une bonne mesure ?
51:00Ce qui est sûr
51:01c'est qu'il faut davantage
51:01de réactivité,
51:03il faut davantage de fluidité
51:04dans l'information,
51:05de transmission d'informations
51:06beaucoup plus rapide
51:07et effectivement
51:08il va falloir être
51:08beaucoup plus réactif
51:09parce que la cause des enfants
51:11doit être une cause
51:13absolument majeure,
51:14absolument prioritaire
51:15pour les prochaines années.
51:16Je rappelle quand même
51:17que toutes les trois minutes
51:18un enfant est victime
51:20de violence
51:21et notamment de violence sexuelle.
51:23Merci beaucoup
51:23et on écoutera la réponse
51:24que vous fera le gouvernement.
51:26Merci beaucoup Stéphanie.
51:27J'aimerais vous entendre
51:28l'un comme l'autre
51:29sur deux sujets
51:30alors que le garde des Sceaux
51:31Gérald Darmanin
51:32est en train d'arriver
51:33par la cour d'honneur.
51:34La question de la prescription,
51:36on y reviendra
51:36et on va en revenir tout de suite.
51:38Il va y avoir ce débat
51:39sur l'imprescriptibilité
51:41des crimes sexuels
51:42contre les enfants.
51:43C'est 30 ans après
51:44la majorité aujourd'hui,
51:45donc 48 ans.
51:46Marianne Maximi,
51:47on sait qu'il peut y avoir
51:48des réticences,
51:49notamment d'en vendre camp.
51:50Est-ce qu'il faut aller
51:51vers une imprescriptibilité ?
51:52Je crois qu'il y a des débats
51:53dans beaucoup de camps politiques
51:54en fait sur cette question
51:55parce qu'elle n'est pas anodine
51:56dans notre droit
51:57et dans l'histoire
51:58de notre droit.
51:58Donc effectivement,
51:59c'est un débat
51:59qui traverse mon groupe parlementaire
52:01comme beaucoup d'autres.
52:02Je ne donnerai pas
52:03mon avis personnel
52:04parce que je reste
52:06dans ce que mon groupe
52:07va produire comme décision
52:08mais vous pouvez donner
52:09beaucoup de gens
52:10engagés sur la question.
52:11Mais sur les deux députés
52:12qu'on avait avant dit,
52:13ça fait quasiment l'unanimité
52:15parmi les associations.
52:16La présence de l'Assemblée nationale
52:16qui disait qu'elle,
52:17elle n'était pas du tout favorable.
52:19Donc vous voyez,
52:19ce n'est pas qu'une question
52:20de positionnement
52:21sur l'échec et politique,
52:22c'est aussi une histoire du droit
52:23et que moi,
52:24je respecte ce débat.
52:25Il doit se tenir
52:25dans nos groupes parlementaires
52:26et l'Assemblée sera sûrement saisie
52:28parce qu'il y a des textes
52:28qui sont en construction là-dessus.
52:30Jean-René Cazeneuve,
52:30sur cette question
52:31de l'imprescriptibilité,
52:33on voit que beaucoup poussent
52:34pour avoir cette réponse-là.
52:36Vous l'aviez dit,
52:36Marianne Maximi,
52:37la présidente de l'Assemblée
52:38dit attention,
52:39la prescription,
52:39c'est un principe
52:40de notre droit
52:40qui est important.
52:42Moi, je ferais sauter
52:43cette barrière intuitivement
52:44mais là aussi,
52:46il faut s'appuyer
52:46sur un dialogue
52:47avec les magistrats.
52:49De manière générale,
52:51je crois qu'il faut avoir
52:52le courage
52:53de regarder
52:54toutes ces procédures judiciaires
52:57même si elles sont fondamentales
52:58aujourd'hui
52:59dans notre République
53:00et dans l'équilibre
53:01de notre justice
53:02à l'aune
53:03de ce crime absolument odieux.
53:05La protection des enfants
53:06doit parfois primer
53:08sur certaines balles.
53:08Probablement.
53:09Il faut se reposer la question
53:10sur la présomption d'innocence.
53:11Jusqu'où on va
53:11sur la présomption d'innocence
53:12quand on a des évidences
53:13comme ça
53:14d'un crime
53:15et d'un pedophilité ?
53:17Il faut se reposer la question
53:19sans préjuger
53:20de ce que sera l'occasion.
53:21Mais c'est tellement odieux
53:22qu'il faut vraiment
53:23se poser cette question.
53:24Marianne Maximi,
53:24est-ce que vous êtes d'accord ?
53:25C'est vrai que certains disent
53:26le principe de précaution
53:28sur la protection
53:30des enfants
53:32effectivement
53:32il met à mal
53:33parfois la présomption
53:34d'innocence
53:34mais c'est nécessaire.
53:35C'est pas incompatible.
53:36Je suis très engagée
53:37pour la défense
53:38des droits des enfants
53:38mais je peux vous dire
53:39que je suis aussi
53:40une grande défenseuse
53:41de la présomption d'innocence
53:42qui n'est pas incompatible
53:43avec le fait de protéger,
53:44de prendre des mesures
53:45conservatoires.
53:45quand il y a des suspicions
53:47Marianne Maximi
53:47soit il faut mettre de côté
53:49avant que ce soit jugé.
53:50Ce que je vous dis
53:50c'est de prendre des mesures
53:51conservatoires
53:52c'est un débat là encore
53:53qui traverse la société
53:54mais je crois
53:54comme dans l'affaire
53:55Patrick Bruel
53:55il est présumé
53:56et je pense que c'est important
53:58qu'il ne soit pas en public
53:59qu'il ne soit pas
54:00que d'autres femmes
54:01ne soient pas exposées
54:02à sa présence
54:03donc non
54:04on peut garder
54:04nos grands principes du droit
54:05tout en améliorant
54:06la protection des victimes.
54:08Il y a eu aussi un débat
54:09sur la responsabilité
54:11des magistrats
54:12est-ce que selon vous
54:13Jean-René Cazeneuve
54:14on a beaucoup parlé
54:15de cette enquête
54:16à l'administrative
54:16on attendra évidemment
54:17les conclusions
54:18mais est-ce qu'il y a eu
54:19des défaillances
54:19il faut qu'il y ait des sanctions ?
54:21Ecoutez là aussi
54:23moi je ne veux pas spéculer
54:24sur les défaillances
54:27d'un tel ou d'un tel
54:27il y a des inspections
54:29en cours
54:29et elles devront déterminer
54:30les responsabilités.
54:31Mais beaucoup de procureurs
54:31diront attention
54:32on a l'impression
54:33d'être jetés en pâture
54:34certains procureurs
54:36la Conférence nationale
54:36et procureurs de France
54:37alertent aussi.
54:38Je connais la procureure d'Urges
54:39c'est quelqu'un
54:40de très grande qualité
54:42qui a beaucoup fait
54:43pour la protection
54:44depuis qu'elle est en poste
54:45des violences
54:46qui sont faites
54:47contre les femmes
54:47et les enfants
54:48elle a beaucoup fait
54:49personnellement
54:50dans ce combat-là
54:51donc si vous voulez
54:51moi je ne veux pas
54:52comme ça
54:53jeter en pâture
54:54qui que ce soit
54:55l'enquête
54:56devra déterminer
54:56les responsabilités
54:57s'il y a des responsabilités
54:58il faudra qu'elles soient sanctionnées.
54:59Le Premier ministre
55:01Sébastien Lecornu
55:01qui arrive
55:02Marianne Maximi
55:03sur cette question
55:03de la responsabilité
55:04des magistrats
55:06est-ce que
55:06s'il y a eu des défaillances
55:07il faut qu'individuellement
55:08il puisse y avoir des sanctions ?
55:09Je voudrais quand même dire
55:10qu'un garde des Sceaux
55:10qui jette comme ça
55:12la responsabilité
55:13sur une magistrate
55:14c'est extrêmement grave
55:15qui après en plus
55:16va dire que ce n'est pas normal
55:17qu'elle soit menacée
55:18de menaces
55:20donc je veux vous dire
55:21que ça c'est un problème
55:22fondamental aussi
55:23quand un garde des Sceaux fait ça.
55:24Ensuite sur les sanctions
55:25ça existe déjà
55:25enfin dire que
55:26Monsieur Rotaio n'est peut-être
55:27pas au courant
55:27mais il y a déjà des conseils
55:29il y a déjà des choses
55:29qui existent
55:30donc moi je ne suis pas
55:31pour revoir ça
55:32par contre je le redis
55:33ce n'est pas un dysfonctionnement
55:34c'est malheureusement
55:35le fonctionnement normal
55:36d'une justice
55:37pris dans un système patriarcal.
55:39Marianne Maximi
55:40Jean-René Cazeneuve
55:41merci infiniment
55:42je vous laisse rejoindre l'émission
55:43puisque vous avez
55:45voulu l'un comme l'autre
55:46à pouvoir être présent
55:46dès le début de la séance
55:47qui commencera par un hommage
55:49on va retrouver Stéphanie Despierres
55:50on voit qu'il y a beaucoup de pression
55:52sur le gouvernement
55:52de la part des oppositions
55:54de l'opinion publique
55:54mais même des députés.
55:56Oui la pression des oppositions
55:58la France Insoumise
55:59réclame la démission
56:00de Gérald Darmanin
56:01pression de l'opinion
56:02vous l'avez dit
56:0260 000 personnes
56:03ont manifesté hier
56:05devant les tribunaux
56:06devant plusieurs dizaines
56:08de villes en France
56:08alors le gouvernement
56:09enchaîne les réunions
56:11ce matin
56:11le Premier ministre
56:12a fait savoir
56:14qu'il y aurait
56:14des modifications
56:15dans le projet de loi
56:16sur la protection de l'enfance
56:17il a été présenté
56:18il y a une dizaine de jours
56:18et bien désormais
56:19le gouvernement veut l'amender
56:21avec ces deux mesures
56:22un durcissement des peines
56:23les peines passerait
56:24de 20 ans
56:25à la perpétuité
56:26lorsqu'un individu
56:26viole plusieurs victimes
56:28et puis une mesure
56:30pour raccourcir les délais
56:31la police et la justice
56:32auraient trois mois
56:34pour mener
56:34les actes d'enquête
56:35dans le cas de crime
56:36contre un enfant
56:37et dans le cas évidemment
56:38où le suspect est identifié
56:40et puis
56:40pression des députés
56:42c'est le sujet numéro 1
56:43de conversation
56:44ici à l'Assemblée nationale
56:45et hier
56:46des députés
56:47ont fait une conférence de presse
56:48pour demander la mise
56:50à l'ordre du jour
56:50de leur proposition de loi
56:52intégrale
56:52contre les violences sexuelles
56:53et sexistes
56:54envers les femmes
56:55et les enfants
56:55elle avait été déposée
56:56en novembre
56:57signée par une centaine
56:58de députés
56:59de huit groupes politiques
57:00l'exécutif a annoncé
57:02qu'il allait tenter
57:03d'accélérer
57:04la mise
57:05à l'agenda
57:05de cette proposition de loi
57:08merci Stéphanie
57:09nous sommes à moins d'une minute
57:10de la séance des questions
57:11au gouvernement
57:11on va la suivre
57:12évidemment en direct
57:13en intégralité
57:14on vous retrouve Nicolas
57:15vous êtes
57:15cours d'honneur
57:16séance quasiment intégralement
57:18consacrée à l'affaire Liana
57:21oui Elsa
57:21c'est une chose très rare
57:22ici dans l'assemblée
57:23la totalité
57:24des onze groupes parlementaires
57:26poseront une question
57:27au moins
57:28sur cette affaire Liana
57:29c'est dire
57:29à quel point
57:30elle secoue
57:30le monde politique
57:31avec un suspect principal
57:33qui était visé
57:34par plusieurs procédures
57:35notamment une plainte
57:36pour viol sur mineurs
57:37pour laquelle
57:38il n'a jamais été entendu
57:39ni placé en garde à vue
57:41alors aurait-on pu
57:42empêcher ce drame
57:43c'est en tout cas
57:43un grave dysfonctionnement
57:45dénoncent de nombreux
57:46députés de tous bords
57:47on pense notamment
57:48à Marine Le Pen
57:49la présidente du groupe RN
57:50qui interrogera
57:51le premier ministre
57:52il y aura aussi
57:52David Topiak pour Lyot
57:53ou encore Karine Le Bon
57:54pour GDR
57:55parmi les nombreux députés
57:57à se saisir du sujet
57:58et puis l'assemblée
57:59commencera cette séance
58:00par une minute de silence
58:01pour la petite Liana
58:03mais aussi pour le jeune Noam
58:05mort des suites
58:05d'une agression homophobe
58:06à Metz
58:07ainsi qu'un hommage
58:08à l'adjudant
58:09Dorian Larigauderie
58:10c'est un gendarme
58:10qui est décédé dimanche
58:11lors d'un accident d'hélicoptère
58:14Merci beaucoup Nicolas
58:16on va suivre ses questions
58:17gouvernement avec
58:18vous l'avez dit Nicolas
58:19voilà ce moment
58:20d'hommage commun
58:20en début de séance
58:21mais tout de suite
58:22on vit en direct
58:22le passage de la présidente
58:24de l'assemblée
58:24ça ne l'est pas perdu
58:25on va suivre ensemble en direct
58:46en intégralité
58:47cette séance des questions
58:48gouvernement
58:48fait rarissime
58:50chacun des onze groupes politiques
58:52posera une question
58:54sur l'affaire Liana
58:55cette jeune fille
58:56tuée dans le Gers
58:58de onze ans
58:58le principal suspect
59:00avait été mis en cause
59:01dans des affaires de viol
59:03il n'avait pas été
59:04interpellé
59:05qui est de l'affaires de l'affaires de l'affaires
59:08– Sous-titrage FR 2021
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