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Les députés de la commission des lois auditionnent le ministre de la Justice Gérald Darmanin sur le projet de loi sur la justice criminelle et le respect des victimes et le projet de loi organique qui en découle et prévoit le renforcement des juridictions criminelles. Les textes, présentés en conseil des ministres le 18 mars dernier, ont été examinés puis adoptés par les sénateurs le 14 avril. Ce 8 juin, c'est au tour des députés d'en débuter l'examen en commission. Le projet de loi principal prévoit notamment l'instauration d'un "plaider coupable" criminel. Nombre d'acteurs du secteur, parmi lesquels la Ligue des droits de l'Homme et le collectif #NousToutes, sont vent debout contre ce texte. Suivez l'audition du garde des Sceaux par les députés, sur fond du drame qui a secoué la France quelques jours plus tôt : la mort de la jeune Lyhanna, 11 ans, dans le Gers et pour lesquelles le ministre a reconnu des "défaillances graves" de la justice.

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Transcription
00:00:01Générique
00:00:07Bonjour à tous et bienvenue dans la séance est ouverte.
00:00:10Direction la commission des lois pour l'audition de Gérald Darmanin, le garde des Sceaux,
00:00:15sur le projet de loi sur la justice criminelle.
00:00:18Le texte instaure notamment un plaidé coupable criminel, une mesure qui fait débat.
00:00:23Regardez.
00:00:24Monsieur le garde des Sceaux, mes chers collègues, nous vous recevons aujourd'hui,
00:00:28Monsieur le Ministre, pour que vous nous présentiez bien sûr le projet de loi sur la justice criminelle et le
00:00:34respect des victimes,
00:00:35ainsi que le projet de loi organique relatif au renforcement des juridictions criminelles.
00:00:39Ces deux textes ont notamment pour objectif, vous le savez mes chers collègues,
00:00:42de désengorger la justice pénale à un moment où notre système judiciaire est au cœur des débats.
00:00:48La légitime émotion qui s'est emparée du pays ces derniers jours,
00:00:53en apprenant les circonstances de la mort de l'IANA et les dysfonctionnements
00:00:56qui ont entouré, semble-t-il, le traitement des plaintes déposées contre son meurtrier présumé,
00:01:03ne peuvent, mes chers collègues, bien sûr, pas être absents de nos discussions aujourd'hui,
00:01:09alors que vous avez vous-même, Monsieur le Ministre, évoqué des dysfonctionnements,
00:01:14je reprends votre expression, des dysfonctionnements graves.
00:01:17Au-delà de la présentation des mesures des deux projets de loi,
00:01:21qui ont d'ailleurs pour objectif de traiter un certain nombre d'aspects
00:01:24qui sont en résonance avec l'actualité,
00:01:26vous aurez donc l'occasion, Monsieur le Ministre,
00:01:28de vous exprimer devant notre commission,
00:01:32après la rencontre que vous avez organisée ce matin avec les procureurs généraux,
00:01:38et bien sûr les députés qui le souhaitent,
00:01:40pourront vous interroger en lien avec cette actualité.
00:01:44Et j'observe par ailleurs que je convoquerai une commission des lois spécifiques
00:01:49pour pouvoir vous interroger, Monsieur le Garde des Sceaux,
00:01:52mais également le Ministre de l'Intérieur sur cette affaire.
00:01:57Monsieur le Garde des Sceaux, je vous donne donc immédiatement la parole,
00:02:00après quoi les rapporteurs s'exprimeront,
00:02:03et l'ensemble des interventions au niveau des groupes pourront ensuite s'inscrire.
00:02:09Je vous remercie.
00:02:11Merci, Monsieur le Président de la Commission des lois,
00:02:13Mesdames les rapporteurs, Mesdames et Messieurs les parlementaires de la Commission des lois.
00:02:18Effectivement, l'actualité dramatique nous bouscule,
00:02:20et vous m'avez demandé, Monsieur le Président de la Commission,
00:02:23de revenir succinctement, mais je suis évidemment à votre disposition,
00:02:26comme je suis du Sénat, puisque je suis auditionné demain matin, 9h30,
00:02:29et je pense juste après, Monsieur le Ministre de l'Intérieur,
00:02:31sur l'actualité absolument terrible,
00:02:34qui bouscule toute la France,
00:02:36et tous les Français depuis la semaine dernière,
00:02:40et qui en fait fait assez écho,
00:02:42non pas aux dispositions du texte projet de loi criminelle
00:02:45que nous vous présentons aujourd'hui,
00:02:46qui était l'objet de la convocation de votre commission,
00:02:48mais qui fait écho en effet au traitement des affaires criminelles
00:02:52dans notre pays.
00:02:53Ce n'est pas une nouvelle loi,
00:02:54même si on peut toujours être favorable à une nouvelle loi,
00:02:56y compris qui touche les violences sexuelles,
00:03:00qui aurait changé quelque chose ici même.
00:03:02Il n'y a pas de défaut législatif, à ma connaissance,
00:03:06dans la procédure qui a manifestement été malmenée,
00:03:11au sens large du terme, sans vouloir incriminer personne,
00:03:14mais un système qui manifestement n'a pas appliqué.
00:03:17Ce ne sont pas des moyens supplémentaires
00:03:19qui auraient changé les choses.
00:03:21Effectivement, Monsieur le député Dujer,
00:03:22d'ailleurs ici présent, m'avait interpellé
00:03:24sur le manque d'effectifs au tribunal d'Oche,
00:03:27et à la suite de son intervention,
00:03:28nous sommes passés de 3 à 4 magistrats au parquet d'Oche,
00:03:31et la brigade territoriale qui a été saisie
00:03:34a, à ma connaissance, sur 8 gendarmes, 3 OPJ,
00:03:36ce qui est une brigade qui connaît un certain nombre d'OPJ
00:03:39assez nombreux pour avoir été mise à l'intérieur
00:03:41pendant 4 ans.
00:03:42Je ne pense pas que ce soit le cas
00:03:43dans toutes les brigades de la gendarmerie.
00:03:44Et il y a 2 affaires criminelles sur mineurs
00:03:46dans cette brigade.
00:03:47Et donc on ne peut pas dire
00:03:49que c'est soit un manque d'OPJ,
00:03:50que c'est soit un manque de magistrats,
00:03:53qu'il y a la procédure pénale numérique
00:03:55dans ces 2 tribunaux,
00:03:57que par ailleurs, entre Toulouse et Hoche,
00:03:59on a du mal à comprendre comment la poste,
00:04:01mais 13 jours pour envoyer un courrier,
00:04:04et que ça n'empêche pas un coup de téléphone
00:04:05ou un mail dont les services sont équipés
00:04:07depuis les années 90.
00:04:09Évidemment, même s'il y a des tas de projets,
00:04:11des tas de difficultés,
00:04:12ou des tas de remontées
00:04:13qui peuvent être ici ou là
00:04:14répondre à d'autres affaires.
00:04:16Mais dans ce cas extrêmement précis,
00:04:17alors que la plainte a été très bien prise,
00:04:19manifestement, par les services
00:04:20de la gendarmerie nationale
00:04:21et le Parquet de Toulouse à son début,
00:04:23alors qu'en moins de 48 heures,
00:04:25cette jeune fille a vu un médecin
00:04:27qui a constaté les difficultés,
00:04:29c'est le moins qu'on puisse dire,
00:04:31qui étaient consécutifs,
00:04:32manifestement, à viol.
00:04:33Qu'en moins de 10 jours,
00:04:34un expert psy a pu constater
00:04:36et rendre son rapport,
00:04:38on sait tous que ce n'est pas
00:04:39le délai moyen en général
00:04:40dans les juridictions,
00:04:41a pu dire à quel point
00:04:42cette jeune fille était choquée
00:04:44et qu'on devait croire sa parole.
00:04:45On a du mal à comprendre,
00:04:47alors que sans doute,
00:04:48ce sont des moments
00:04:49qui auraient été
00:04:50correspondés différemment ailleurs,
00:04:51puisqu'il existe effectivement
00:04:53ici ou là un certain nombre
00:04:54de problèmes d'experts,
00:04:55de problèmes numériques
00:04:55ou de problèmes de magistrats.
00:04:56On a du mal à comprendre,
00:04:57ou d'enquêteurs,
00:04:58M. le Président de la Commission des lois,
00:04:59comment on en arrivait là.
00:05:00Une fois que j'ai dit ça,
00:05:01M. le Président de la Commission des lois,
00:05:03le texte que je présente aujourd'hui,
00:05:05hasard malheureux du calendrier,
00:05:06ne résoudra aucun de ces problèmes,
00:05:08puisque nous avons un deuxième problème,
00:05:10qui est une fois que la justice,
00:05:12la police a fait son travail
00:05:15et que nous avons une instruction
00:05:17qui est allée à son terme.
00:05:18En moyenne, mesdames et messieurs les députés,
00:05:20vous le savez bien,
00:05:202,9 années en moyenne
00:05:22d'une instruction en France.
00:05:24Et parfois, nous avons des délais
00:05:25plus longs qu'ailleurs en Europe,
00:05:27et nous sommes quasiment les seuls,
00:05:28vous le savez,
00:05:28à avoir un juge d'instruction
00:05:29depuis Napoléon.
00:05:30Donc c'est notre spécificité particulière.
00:05:32Nous n'avons pas de système accusatoire.
00:05:34Nous avons un autre problème
00:05:36qui peut faire naître
00:05:37les mêmes difficultés dans un autre style,
00:05:39qui sont les délais d'audiencement.
00:05:42Et les mêmes difficultés,
00:05:43je l'ai dit depuis maintenant un an,
00:05:45en responsabilité,
00:05:46c'est ce qu'ont dit tous les magistrats,
00:05:47je crois, dans vos rentrées d'audience.
00:05:51Notre difficulté,
00:05:51c'est que quelqu'un pourrait être,
00:05:53aujourd'hui,
00:05:54libéré de détention provisoire,
00:05:56parce qu'on ne garde pas ad vitam
00:05:57des gens en détention provisoire.
00:05:58Il y en a 23 000 détenus
00:06:01en détention provisoire aujourd'hui.
00:06:0323 000.
00:06:04Nous avons des personnes
00:06:06qui peuvent sortir de prison,
00:06:09et c'est normal,
00:06:09puisque, au bout d'un certain temps,
00:06:11on ne peut pas enfermer à vie
00:06:13quelqu'un sans qu'un juge
00:06:14ait rendu définitivement son jugement,
00:06:16qui pourrait,
00:06:18c'est tout à fait possible,
00:06:21meurtuer,
00:06:22ou commettre un crime sexuel,
00:06:25alors qu'on attend son audience
00:06:27et qu'on sait
00:06:28qu'il a des raisons graves
00:06:29et concordantes de penser
00:06:31qu'il est l'auteur
00:06:32d'un ou plusieurs crimes précédemment.
00:06:35Ces délais d'audiencement,
00:06:37ils font écho à plusieurs choses.
00:06:40Et je vais peut-être enchaîner,
00:06:41M. le Président de la Commission des lois,
00:06:42sur le texte que je vous présente.
00:06:45D'abord, c'est vous dire
00:06:46qu'en 2017,
00:06:48quand le Président de la République
00:06:49était élu,
00:06:507 % des détenus
00:06:51étaient des détenus
00:06:53pour violences sexuelles et viols.
00:06:57Aujourd'hui,
00:06:5921 % des détenus
00:07:01sont des détenus
00:07:02pour violences sexuelles et viols.
00:07:03Nous avons triplé
00:07:05le nombre de personnes
00:07:05en détention,
00:07:06détention provisoire
00:07:07et condamné définitivement
00:07:08pour violences sexuelles et viols.
00:07:10Et par ailleurs,
00:07:11la base
00:07:12sur laquelle sont calculés
00:07:13ces pourcentages
00:07:14a augmenté
00:07:14puisque nous avons augmenté
00:07:15la population carcérale.
00:07:17C'est tellement vrai
00:07:18que si nous regardons
00:07:19un autre sujet
00:07:20qui est l'ouverture
00:07:21des informations judiciaires
00:07:22pour viols,
00:07:24pour la qualification de viols,
00:07:26pas d'agressions sexuelles,
00:07:27de viols,
00:07:27on est passé de 10 000 hommes
00:07:29en informations judiciaires
00:07:31pour viols
00:07:31à aujourd'hui 32 000.
00:07:33Donc non seulement
00:07:34il y a beaucoup de gens
00:07:35en détention provisoire
00:07:37et en détention définitive
00:07:38pour condamnation pour viols,
00:07:40mais par ailleurs,
00:07:42ce montant
00:07:43ne va que continuer
00:07:44à augmenter.
00:07:45Sachant que nous savons tous
00:07:46qu'un très grand nombre
00:07:47de plaintes sont classées,
00:07:49on a déjà eu l'occasion
00:07:49d'en parler,
00:07:50par manque de moyens
00:07:51ou par manque
00:07:52de preuves de culpabilité
00:07:54et que le travail collectif
00:07:56que nous faisons
00:07:56ne fera que,
00:07:58je l'espère,
00:07:58augmenter
00:07:59le chiffre d'informations judiciaires,
00:08:01que la cour criminelle
00:08:02imaginée par Mme Belloubet
00:08:04puis par M. Dupond-Moretti
00:08:05sous l'autorité du président
00:08:06de la République
00:08:06a fonctionné,
00:08:08puisque le tribunal correctionnel
00:08:09qui hier jugeait
00:08:10la quasi-intégralité des viols
00:08:12condamnait en moyenne
00:08:12quelqu'un pour viol
00:08:14à 23 mois de prison ferme.
00:08:16Aujourd'hui,
00:08:16c'est 10 ans de prison ferme
00:08:17en moyenne prononcée
00:08:18pour un viol.
00:08:19Donc en plus,
00:08:19ce quantum de peine,
00:08:20non seulement il y a plus de gens,
00:08:21mais le quantum de peine
00:08:22a très largement augmenté
00:08:23et que nous savons tous
00:08:25que par ailleurs,
00:08:26la libération de la parole
00:08:27des enfants,
00:08:28en plus de l'accompagnement
00:08:29de la parole des adultes,
00:08:31va créer une augmentation
00:08:34très importante
00:08:36des décisions criminelles
00:08:37et donc de l'audience criminelle.
00:08:39Se rajoute à cela
00:08:39le fait
00:08:41que la justice criminelle
00:08:42est face à un autre
00:08:43contentieux extrêmement important
00:08:44qui a augmenté
00:08:45de plus de 50%
00:08:46en 5 ans,
00:08:47qui est le nombre de personnes
00:08:48mis en examen
00:08:49et écrouées
00:08:49pour narcotrafic.
00:08:51Il y a actuellement
00:08:5217 000 personnes
00:08:54en criminalité organisée
00:08:56pour une infraction
00:08:56de criminalité organisée
00:08:57en prison
00:08:57et plus de 5 000
00:08:59qui ont été condamnés
00:08:59de façon définitive
00:09:00à 50 prisons et plus.
00:09:03Ça a triplé
00:09:04depuis 2017.
00:09:06Donc nous avons
00:09:07deux grands mouvements
00:09:08que la société
00:09:09n'arrêtera
00:09:10sans doute pas,
00:09:12même s'il y avait
00:09:12un changement législatif
00:09:14ou de politique pénale,
00:09:15me semble-t-il,
00:09:16que sont à la fois
00:09:17les augmentations
00:09:17des viols et violences sexuelles
00:09:19sur les adultes
00:09:20et notamment,
00:09:21bien sûr,
00:09:21les femmes et les enfants
00:09:22et, par ailleurs,
00:09:24le narcotrafic.
00:09:25Donc notre contentieux,
00:09:26il a quasiment quadruplé
00:09:28en 7 ans.
00:09:30C'est d'ailleurs
00:09:31l'une des difficultés
00:09:33qui a poussé
00:09:34la CEDH
00:09:35à nous dire
00:09:36à deux reprises
00:09:36en 2025,
00:09:37jugeant des affaires
00:09:38de 2020,
00:09:392021 et 2022,
00:09:40que la France
00:09:41ne jugeait pas
00:09:43dans les délais raisonnables,
00:09:44dit la Cour européenne
00:09:45des droits de l'homme,
00:09:48les crimes
00:09:49qui étaient
00:09:49en attente
00:09:51d'être
00:09:51audiencés.
00:09:53Pourquoi ?
00:09:54J'y vois
00:09:55au moins trois raisons
00:09:56que le texte
00:09:56essaye
00:09:57d'éclaircir.
00:09:58La première,
00:09:59c'est que si la Cour criminelle
00:10:01départementale
00:10:01a eu
00:10:02l'incroyable réussite
00:10:04de juger
00:10:04des viols
00:10:05en tant que crimes
00:10:06et monter
00:10:07le quantum de peine
00:10:08attendu,
00:10:09je crois,
00:10:09par la société,
00:10:11elle a eu
00:10:11comme difficulté,
00:10:12soit d'une part,
00:10:13d'avoir des difficultés
00:10:14de conception,
00:10:15j'y reviendrai,
00:10:16mais d'autre part,
00:10:17de manger,
00:10:18je le dis
00:10:19avec un langage populaire,
00:10:20une partie
00:10:21des magistrats professionnels
00:10:22qui,
00:10:23hier,
00:10:24pouvaient être trois
00:10:25pour juger
00:10:26la correctionnelle
00:10:27ou trois pour être
00:10:28au cours d'assises
00:10:28avec des jurés populaires
00:10:29et qui,
00:10:30aujourd'hui,
00:10:30sont cinq.
00:10:31Nous augmentons
00:10:32de manière considérable
00:10:33le nombre de magistrats
00:10:33dans vos juridictions.
00:10:35441 magistrats
00:10:36nouveaux en septembre prochain.
00:10:37Tout le monde s'accorde
00:10:38à dire que
00:10:38des super promos
00:10:39de l'UNM,
00:10:39on a triplé
00:10:40la formation
00:10:41des magistrats
00:10:42depuis 2020
00:10:44dans l'École nationale
00:10:45de la magistrature.
00:10:46Une partie
00:10:47de ces augmentations
00:10:48de magistrats
00:10:49vise à venir
00:10:50être présents
00:10:51dans des cours criminels
00:10:53composés
00:10:54de cinq magistrats
00:10:54professionnels
00:10:55et, évidemment,
00:10:57délaissent ainsi
00:10:58soit le correctionnel
00:10:59soit le civil
00:10:59dans vos tribunaux
00:11:01juridictionnels.
00:11:03Ces difficultés
00:11:04se rajoutent,
00:11:05et c'est l'objet
00:11:05de l'article 2,
00:11:06M. le Président,
00:11:07au fait que
00:11:08le législateur
00:11:09a souhaité
00:11:10qu'une seule cour criminelle
00:11:11soit créée par département.
00:11:13C'est une difficulté
00:11:15puisque nous pourrions créer
00:11:16d'un coup d'un seul
00:11:16plus de 60 cours criminels
00:11:18sur l'ensemble
00:11:19du territoire national,
00:11:20notamment avec l'ensemble
00:11:21des magistrats
00:11:22que nous formons
00:11:23par ailleurs.
00:11:24Et je prends
00:11:25le département du Nord
00:11:26par hasard.
00:11:27Nous avons
00:11:28une seule cour criminelle
00:11:29dans tout le département du Nord
00:11:30et un stock de criminels
00:11:31en attente extrêmement important,
00:11:33alors que nous pourrions créer
00:11:34une cour criminelle
00:11:35à Venn-sur-Elpe,
00:11:35une cour criminelle à Douai,
00:11:37une cour criminelle à Cambrai,
00:11:38une cour criminelle à Dunkerque,
00:11:39une cour criminelle à Valenciennes
00:11:42avec évidemment
00:11:43des tribunaux
00:11:43qui existent déjà,
00:11:44simplement parce que
00:11:45la loi aujourd'hui
00:11:46m'empêche de le faire.
00:11:47C'est une seule cour criminelle
00:11:48par département.
00:11:49Donc nous vous demandons
00:11:51par exemple
00:11:51de nous permettre
00:11:52de créer 64 autres
00:11:54cours criminels
00:11:55avec d'autres modifications.
00:11:57Par exemple,
00:11:58aujourd'hui,
00:11:58seul un président d'assises
00:11:59peut présider
00:12:00la cour criminelle.
00:12:00Expressis verbis,
00:12:01c'est la loi qui le dit,
00:12:03alors que nous n'avons
00:12:05qu'une centaine
00:12:06de présidents d'assises
00:12:08disponibles.
00:12:09Combien même
00:12:09j'aurai des cours criminels
00:12:11libres,
00:12:12si seuls les présidents d'assises
00:12:13peuvent présider
00:12:14des cours criminels,
00:12:15je ne peux pas
00:12:16faire audienceer
00:12:17par les chefs de cour
00:12:19et de juridiction
00:12:20ces cours criminels.
00:12:22Donc nous avons
00:12:22un certain nombre
00:12:22de modifications
00:12:23qui relèvent
00:12:24de l'article 2
00:12:24qui visent à modifier
00:12:26fondamentalement
00:12:27l'organisation
00:12:28de la cour criminelle
00:12:29pour une bonne
00:12:30et simple raison,
00:12:31c'est qu'il faut répondre
00:12:31à ces délégancements
00:12:32et je veux ici dire
00:12:33que l'objet,
00:12:34l'article le plus important
00:12:35pour réduire
00:12:36les délégancements
00:12:37de mon projet de loi,
00:12:38c'est cet article 2
00:12:39qui est massif,
00:12:40qui connaît
00:12:41un certain nombre
00:12:41de différences
00:12:42de compositions
00:12:43de la cour,
00:12:44qui crée parfois
00:12:45des choses originales
00:12:46en lien avec la loi organique,
00:12:48notamment sur les citoyens
00:12:48et ses soeurs
00:12:49comme on en a
00:12:49dans les tribunaux
00:12:51pour enfants,
00:12:51qui fait naître
00:12:52légitimement des débats
00:12:53pour lesquels je suis
00:12:54parfaitement ouvert
00:12:54évidemment à la discussion,
00:12:56mais la proposition
00:12:57principale du gouvernement
00:12:58c'est de multiplier
00:12:59le nombre de cours
00:13:00sur le territoire national
00:13:01pour pouvoir répondre
00:13:02à ces délais
00:13:03d'audiencement.
00:13:05Le deuxième sujet
00:13:06sur lequel je voudrais
00:13:07évoquer
00:13:08et pour lequel
00:13:09le projet de loi
00:13:09essaie de porter une réponse,
00:13:11c'est la question
00:13:12des nudités
00:13:13de procédure.
00:13:14Nous avons déjà parlé
00:13:15à très nombreuses reprises
00:13:17de ces faits,
00:13:18notamment lors
00:13:19de la loi narcotrafic,
00:13:20puisqu'une partie
00:13:21des dispositions de nudité
00:13:22que nous vous présentons
00:13:23aujourd'hui
00:13:23ont été refusées
00:13:25par le Parlement
00:13:25dans le cadre
00:13:26du narcotrafic,
00:13:27pour la raison d'ailleurs
00:13:28évoquée souvent
00:13:29par les parlementaires
00:13:30et notamment au Sénat,
00:13:31qu'elles ne concernaient
00:13:31que les narcotrafiquants
00:13:33et qu'on ne pouvait pas
00:13:33faire des modifications
00:13:34de procédures de nudité
00:13:35que pour les narcotrafiquants,
00:13:37dont actes,
00:13:37on les a proposées
00:13:38au Conseil d'État,
00:13:39dont vous avez constaté
00:13:39l'avis positif
00:13:41pour l'État de droit,
00:13:42on leur remercie,
00:13:43le travail de la Commission
00:13:45des lois du Sénat
00:13:45et du Sénat,
00:13:46et effectivement,
00:13:47nous avons trois articles
00:13:49qui visent
00:13:50à permettre
00:13:51pour la justice criminelle
00:13:53de fonctionner
00:13:54pour la Chambre de l'instruction,
00:13:55comme pour les procédures,
00:13:57si j'ose dire,
00:13:57classique,
00:13:58soit une réduction
00:13:59de délai,
00:13:59soit une simplification
00:14:00de ces nudités
00:14:01avec évidemment
00:14:02un équilibre à trouver
00:14:02et je pense
00:14:03que nous devons le trouver
00:14:04dans le débat parlementaire
00:14:05entre les nécessaires droits
00:14:06de la défense,
00:14:07évidemment qu'il nous faut
00:14:10absolument préserver,
00:14:11et le travail
00:14:11d'instruction
00:14:13ou d'audiencement
00:14:14qui parfois,
00:14:16par le travail
00:14:17que nous constatons,
00:14:19puisque ce sont des propositions
00:14:19faites par les magistrats,
00:14:21nous empêchent
00:14:22de pouvoir audience
00:14:22dans des délais raisonnables,
00:14:24comme dit la Cour européenne
00:14:25des droits de l'homme.
00:14:26Le troisième sujet,
00:14:27c'est évidemment
00:14:27la place des victimes,
00:14:28avec un certain nombre
00:14:30de sujets importants.
00:14:31Je pense à la généalogie génétique
00:14:34qui fait bien sûr
00:14:34couler beaucoup d'encre,
00:14:35mais qui est demandée
00:14:36par le pôle cocaïs de Nanterre,
00:14:37mais aussi par les victimes
00:14:38comme par les avocats
00:14:39de cette juridiction.
00:14:43Cette généalogie génétique,
00:14:44elle n'est réservée
00:14:45que pour les crimes sériels
00:14:46qui évidemment font appel
00:14:49à un certain passé.
00:14:51On aura l'occasion
00:14:52d'y revenir si vous le souhaitez,
00:14:53mais d'autres dispositions
00:14:53également qui concernent
00:14:54les victimes.
00:14:55Je pense au dépôt de plainte
00:14:57avec l'avocat payé
00:14:58par l'aide juridictionnelle.
00:14:59C'est une discussion importante
00:15:01à quasiment 100 millions d'euros
00:15:03budgétairement
00:15:04sur lesquels
00:15:04le gouvernement fait un effort
00:15:06ayant été le ministre
00:15:07qui a mis dans la code
00:15:08de procédure pénale
00:15:09quand j'étais à l'intérieur
00:15:09le fait que l'avocat
00:15:11pouvait, sans refus
00:15:12des forces de l'ordre,
00:15:13être présent lors du dépôt
00:15:14de plainte de la victime.
00:15:15Désormais,
00:15:15si vous acceptez la loi
00:15:17que nous vous proposons,
00:15:18c'est également évidemment
00:15:20aussi des personnes
00:15:21qui peuvent demander
00:15:22l'aide juridictionnelle
00:15:23pour ce point,
00:15:24ce qui me paraît très important
00:15:25et demandé depuis très longtemps
00:15:27par les associations de victimes,
00:15:29par exemple,
00:15:29ou par les barreaux.
00:15:31Mais aussi,
00:15:31un deuxième point très important,
00:15:32la formation obligatoire
00:15:33des magistrats
00:15:34pour aller juger
00:15:35des crimes sexuels.
00:15:36Aujourd'hui,
00:15:36la formation de ces magistrats
00:15:38est obligatoire,
00:15:39mais s'ils ne la suivent pas,
00:15:40on ne peut pas
00:15:41en tirer des conséquences
00:15:43ni sur leur fonctionnement
00:15:45comme magistrats,
00:15:46ni dans leur action
00:15:48pour siéger dans des cours
00:15:49comme les cours criminels
00:15:50ou les cours d'assises.
00:15:51Nous avons prévu,
00:15:52vous l'avez vu,
00:15:53le fait que si les magistrats
00:15:54ne suivent pas ces formations,
00:15:55notamment autour du consentement,
00:15:57du contrôle coercitif
00:15:58et de tous les sujets
00:15:58pour lesquels le Parlement évolue
00:16:00et pour lesquels la jurisprudence
00:16:02évolue également,
00:16:03ils ne pourront pas siéger
00:16:04en cours criminels
00:16:04ou en cours d'assises.
00:16:06Là aussi,
00:16:06je pense que c'est une demande
00:16:07extrêmement ancienne
00:16:09qui est mise
00:16:11dans le marbre
00:16:13de la loi,
00:16:13de la loi organique.
00:16:14Enfin,
00:16:15je terminerai,
00:16:16M. le Président,
00:16:17sans faire trop long
00:16:18puisque j'imagine
00:16:18les très nombreuses questions
00:16:20des parlementaires
00:16:21sur un texte qui est court,
00:16:23qui ne prévoit
00:16:23aucune nouvelle infraction,
00:16:25qui n'évoque ni les mineurs
00:16:26ni les étrangers,
00:16:27qui vise à réorganiser
00:16:29notre justice criminelle
00:16:30pour répondre
00:16:31à ce flot
00:16:32très important
00:16:34d'audience
00:16:34qui nous attendent
00:16:36et pour lequel
00:16:37les victimes
00:16:37comme les auteurs
00:16:38qui ont détention provisoire
00:16:39attendent,
00:16:40je crois,
00:16:40des réponses.
00:16:41Il s'agit évidemment
00:16:42de ce qu'on appelle
00:16:43la procédure
00:16:44de PJCR,
00:16:46la procédure
00:16:47pour jugement
00:16:48de crimes reconnus.
00:16:50Inspiré par tous
00:16:51les pays
00:16:52qui nous entourent,
00:16:54mon prédécesseur,
00:16:55Didier Migaud,
00:16:56avait demandé
00:16:57à des magistrats
00:16:57et à des avocats
00:16:58de se réunir
00:17:00dans un rapport
00:17:00que j'ai d'ailleurs
00:17:00rendu public
00:17:01à mon arrivée
00:17:02au ministère de la Justice.
00:17:03Vous avez eu copie
00:17:04dans votre boîte mail
00:17:05quelques jours
00:17:06après mon installation
00:17:07à la chancellerie
00:17:09au début de l'année 2025.
00:17:13L'une des propositions phares
00:17:15était l'instauration
00:17:16d'une forme
00:17:17de plaidé coupable,
00:17:18même si ce terme
00:17:18est impropre
00:17:19dans la discussion
00:17:19mais qu'il a été vulgarisé
00:17:21ainsi,
00:17:22pour l'ensemble
00:17:22des crimes
00:17:24et dans des conditions
00:17:26qui sont semblables
00:17:27à ce que font
00:17:28un certain nombre
00:17:28de pays.
00:17:30Évidemment,
00:17:30récemment,
00:17:31l'Espagne
00:17:31en ce qui concerne
00:17:32la matière criminelle
00:17:32mais c'est le cas
00:17:33en Allemagne,
00:17:34c'est le cas en Belgique,
00:17:36c'est le cas aux Pays-Bas,
00:17:37c'est le cas en Italie
00:17:39et je pourrais citer
00:17:39bien d'autres exemples
00:17:40y compris anglo-saxons
00:17:42mais ce n'est pas du tout
00:17:43notre modèle
00:17:43donc je ne les citerai pas.
00:17:45La CEDH,
00:17:46par plusieurs arrêts,
00:17:48a considéré
00:17:50comme étant
00:17:50tout à fait important
00:17:52cette procédure
00:17:53de plaidé coupable
00:17:53conforme à la conventionnalité
00:17:55de notre Convention européenne
00:17:56des droits de l'homme
00:17:57et surtout permettant
00:17:58soit évitant
00:17:59la victimisation secondaire
00:18:00ou rendant
00:18:01dans les délais
00:18:02raisonnables
00:18:02une partie
00:18:03de procès
00:18:04dont je rappelle
00:18:05d'ailleurs ici
00:18:06dit à la CEDH
00:18:06que les choses
00:18:08peuvent être jugées
00:18:08plus simplement
00:18:09à partir du moment
00:18:10où la victime
00:18:11reconnaît
00:18:12dans la suite
00:18:15d'une instruction
00:18:16ce qui est profondément
00:18:16différent de la CRPC
00:18:17délictuelle
00:18:18sa culpabilité
00:18:20et l'entièreté
00:18:21de sa culpabilité.
00:18:22J'ai compris
00:18:23les interrogations
00:18:24que posait
00:18:24cette procédure
00:18:25de justice
00:18:26de la crime reconnue
00:18:27qui ne concernait
00:18:28que 10%
00:18:29des procédures possibles
00:18:30et donc certes
00:18:31nous aurait fait gagner du temps
00:18:32mais qui n'était pas l'essentiel
00:18:33puisque l'essentiel
00:18:34c'est comme je vous l'ai dit
00:18:35l'article 2
00:18:36et sans doute aussi
00:18:37un peu
00:18:37l'énudité
00:18:38mais pour la modernisation
00:18:40de notre justice
00:18:40et à l'écoute
00:18:41d'une partie
00:18:42des demandes
00:18:43des magistrats
00:18:43puisque ce texte
00:18:44a été validé
00:18:45pour la première fois
00:18:46depuis un certain nombre
00:18:47d'années
00:18:4815 ans exactement
00:18:48en conseil social
00:18:51du ministère
00:18:52de la justice
00:18:53d'imaginer
00:18:54cette disposition
00:18:55dont le conseil d'état
00:18:56a jugé
00:18:56qu'elle était conforme
00:18:57à notre constitution
00:19:00j'ai entendu
00:19:00que sur les crimes sexuels
00:19:01comme sur les crimes
00:19:02en revendant la cour d'assises
00:19:03des questions pouvaient se poser
00:19:04j'ai proposé
00:19:04monsieur le président
00:19:05par une lettre
00:19:06que je vous ai adressée
00:19:07ainsi qu'à l'ensemble
00:19:07des parlementaires
00:19:08de le restreindre
00:19:09très fortement
00:19:10pour que nous nous aient
00:19:10discuté
00:19:10autour d'un projet
00:19:14de PJCR
00:19:15et dont vous avez vu
00:19:16que j'ai déposé
00:19:16un amendement
00:19:17pour restreindre son champ
00:19:19en retirant
00:19:20l'ensemble
00:19:20des éléments
00:19:21de la cour d'assises
00:19:22donc il n'y aura
00:19:23aucun élément
00:19:24qui passera
00:19:25en cour d'assises
00:19:25qui pourrait être
00:19:26en PJCR
00:19:26et tous les crimes sexuels
00:19:28relevant de la cour criminelle
00:19:30c'est à dire 85%
00:19:31des cas
00:19:31de la cour criminelle
00:19:32on aura je l'imagine
00:19:33une discussion
00:19:34ici
00:19:35et dans l'hémicycle
00:19:37sur ce moment
00:19:39très important
00:19:39bien évidemment
00:19:40je terminerai par dire
00:19:42que j'ai vu
00:19:42de nombreux amendements
00:19:43dans l'alias
00:19:44qui m'a été transmis
00:19:45je suis tout à fait prêt
00:19:46à les entendre
00:19:48et à les adopter
00:19:49au nom du gouvernement
00:19:50si les parlementaires
00:19:52les soutiennent
00:19:52on y reviendra
00:19:54j'imagine
00:19:54dans la discussion
00:19:55vous dire également
00:19:56que je suis à votre disposition
00:19:57cette semaine
00:19:57monsieur le président
00:19:58vous souhaitez que
00:19:59comme en habitude
00:20:00comme j'ai l'habitude
00:20:01de le faire
00:20:01la commission des lois
00:20:01souhaite ma présence
00:20:02pour étudier les amendements
00:20:03et éclairer les commissaires aux lois
00:20:06merci beaucoup
00:20:07monsieur le ministre
00:20:08pour ces précisions
00:20:09je vais immédiatement
00:20:10donner la parole
00:20:10à nos deux rapporteurs
00:20:11après quoi les orateurs
00:20:12des différents groupes
00:20:13pourront bien sûr
00:20:13s'exprimer
00:20:14madame la rapporteure
00:20:15je vous en prie
00:20:16merci beaucoup
00:20:17monsieur le président
00:20:17monsieur le ministre
00:20:18mes chers collègues
00:20:20risque de paralysie
00:20:21des juridictions criminelles
00:20:22justice au bord du gouffre
00:20:24risque de remise en liberté
00:20:26des accusés
00:20:26en détention provisoire
00:20:28risque de déni de justice
00:20:29avec des affaires
00:20:30dont l'audiencement
00:20:31est repoussé
00:20:31s'inédié
00:20:32quand les accusés sont libres
00:20:33voici les constats
00:20:34établis
00:20:35par les acteurs
00:20:36du monde judiciaire
00:20:37que nous avons auditionné
00:20:38ces dernières semaines
00:20:38avec ma collègue
00:20:40Anne Bergant
00:20:40des constats
00:20:41qui rejoignent d'ailleurs
00:20:42les conclusions
00:20:42de plusieurs rapports
00:20:43récents
00:20:43tous alarmants
00:20:45sur l'engorgement
00:20:45des juridictions criminelles
00:20:46le ministre a évoqué
00:20:48plusieurs chiffres
00:20:49qui sont extrêmement parlants
00:20:50peut-être deux de plus
00:20:51vous l'avez dit
00:20:52plus de 6000 dossiers criminels
00:20:54qui sont aujourd'hui
00:20:54en attente de jugement
00:20:56soit plus du double
00:20:56du chiffre
00:20:58qu'on avait
00:20:58et qu'on connaissait
00:20:59avant la crise sanitaire
00:21:00alors même que les juridictions
00:21:01n'ont jamais rendu
00:21:02autant de décisions
00:21:03les délais explosent
00:21:046 ans en moyenne
00:21:05vous l'avez dit
00:21:05pour juger un viol
00:21:068 ans pour un homicide
00:21:07et fin 2025
00:21:0819 accusés
00:21:09pour des faits
00:21:10extrêmement graves
00:21:11viols aggravés
00:21:11assassinats
00:21:12ont dû être remis
00:21:13en liberté provisoire
00:21:14faute d'avoir été jugés
00:21:15dans des délais légaux
00:21:16c'est le sens même
00:21:18de la peine
00:21:18qui est remis en cause
00:21:19pour l'accusé
00:21:20pour la victime
00:21:20et pour la société
00:21:21tout entière
00:21:22ces délais
00:21:23minent la confiance
00:21:24de nos concitoyens
00:21:24dans la justice
00:21:25les causes
00:21:26elles sont identifiées
00:21:26les juridictions criminelles
00:21:28font face à un afflux
00:21:28de dossiers sans précédent
00:21:30alimentés notamment
00:21:31par la libération salutaire
00:21:32de la parole des victimes
00:21:33de crimes sexuels
00:21:34les plaintes pour viol
00:21:35ont augmenté de 152%
00:21:36en 6 ans
00:21:37que faire ?
00:21:38une partie de la solution
00:21:39réside naturellement
00:21:40dans l'augmentation
00:21:41des moyens de la justice
00:21:42trop longtemps
00:21:42par empauvres
00:21:43de nos politiques publiques
00:21:44ce rattrapage
00:21:45il est en cours
00:21:46depuis 2017
00:21:471500 magistrats supplémentaires
00:21:48ont été recrutés
00:21:49et cette dynamique
00:21:49devra évidemment
00:21:50se poursuivre
00:21:51il manque évidemment
00:21:52encore des moyens
00:21:53personne ne le nie
00:21:54mais cela va prendre du temps
00:21:55du temps pour arriver
00:21:56au niveau d'autres pays européens
00:21:58du temps pour recruter
00:21:59pour former
00:21:59pour construire
00:22:00des salles d'audience
00:22:01et c'est précisément
00:22:02pourquoi on ne peut pas
00:22:02attendre 10 ans
00:22:03que ces moyens arrivent
00:22:04pour répondre
00:22:05aux 6000 familles
00:22:06qui attendent aujourd'hui
00:22:07d'ailleurs
00:22:08si l'on subordonnait
00:22:09toute réforme procédurale
00:22:10à la résolution préalable
00:22:11du manque de moyens
00:22:12on n'aurait absolument
00:22:13rien réformé
00:22:14probablement depuis 20 ans
00:22:15dans notre pays
00:22:16ce n'est pas une position
00:22:17c'est parfois
00:22:18et même souvent
00:22:19un veto permanent
00:22:20qui est déguisé
00:22:21en une forme
00:22:22d'exigence légitime
00:22:23nous devons donc
00:22:24faire face
00:22:25à une crise
00:22:25profonde et structurelle
00:22:27avant d'entrer dans le détail
00:22:29des deux premiers articles
00:22:29que je rapporte
00:22:30je veux rappeler
00:22:31ce que nous faisons ici
00:22:31et ce que nous avons fait
00:22:33depuis toujours
00:22:34en tant que législateur
00:22:34depuis des décennies
00:22:36notre mission
00:22:37de législateur
00:22:38en matière pénale
00:22:39a été de rechercher
00:22:40un équilibre
00:22:41exigeant
00:22:42et jamais définitif
00:22:43entre les droits
00:22:44de la défense
00:22:45l'efficacité de la justice
00:22:46la protection de la société
00:22:48et la réparation des victimes
00:22:49cet équilibre
00:22:50nous l'avons construit
00:22:51réforme
00:22:51après réforme
00:22:52nous avons encadré
00:22:53la garde à vue
00:22:54ouvert l'accès
00:22:55au dossier d'instruction
00:22:55créé le statut
00:22:56de témoins insisté
00:22:57instauré le JLD
00:22:58imposer la motivation
00:22:59des arrêts d'assises
00:23:00ouvert l'appel
00:23:00en matière criminelle
00:23:01chacune de ces réformes
00:23:02elle a rencontré
00:23:03des résistances
00:23:04chacune a été présentée
00:23:06comme une rupture
00:23:07et pourtant
00:23:07chacune a perfectionné
00:23:09notre modèle
00:23:10de procès équitable
00:23:11c'est exactement
00:23:12dans cette continuité
00:23:13que s'inscrit
00:23:13ce projet de loi
00:23:14sur la procédure
00:23:15de jugement
00:23:15des crimes reconnus
00:23:16je souhaite insister
00:23:17sur trois points
00:23:17en premier lieu
00:23:19nous ajoutons
00:23:20une procédure
00:23:20la PJCR
00:23:22n'est pas imposée
00:23:22à qui que ce soit
00:23:23elle requiert
00:23:24l'accord de la victime
00:23:25vous l'avez vu
00:23:25de l'accusé
00:23:26et du procureur
00:23:27la victime dispose
00:23:28d'ailleurs d'un droit
00:23:28de veto absolu
00:23:29ce qui est inédit
00:23:30dans notre système juridique
00:23:32le deuxième élément
00:23:33c'est que c'est une procédure
00:23:34qui respecte pleinement
00:23:35les droits fondamentaux
00:23:36c'est en effet
00:23:36un des arguments
00:23:37que nous avons le plus entendu
00:23:39cette procédure
00:23:40porterait atteinte au droit
00:23:41à un procès équitable
00:23:42or le conseil d'état
00:23:43dans son avis du 12 mars dernier
00:23:44y répond point par point
00:23:45il rappelle
00:23:46que le conseil constitutionnel
00:23:48a jugé la CRPC
00:23:49conforme à la constitution
00:23:50sans faire de la gravité
00:23:51des faits un obstacle
00:23:52la cour européenne
00:23:53des droits de l'homme
00:23:54juge quant à elle
00:23:55que la possibilité
00:23:56d'obtenir une réduction
00:23:56de peine en échange
00:23:57d'une reconnaissance
00:23:58de culpabilité
00:23:59ne porte pas atteinte
00:24:00à un droit
00:24:01en procès équitable
00:24:01garantie par l'article 6
00:24:03paragraphe 1
00:24:04de la convention
00:24:04audience publique
00:24:05collégialité de trois magistrats
00:24:07exposé oral des faits
00:24:09partie civile entendue
00:24:10ministère public
00:24:11évidemment en ses réquisitions
00:24:12publicité, oralité, collégialité
00:24:14les piliers du procès équitable
00:24:16sont ainsi préservés
00:24:17troisième élément
00:24:18c'est une mesure
00:24:20de protection des victimes
00:24:20au sens de la jurisprudence européenne
00:24:22on nous dit que la PJCR affaiblirait
00:24:24les droits des victimes
00:24:25c'est précisément
00:24:26me semble-t-il
00:24:27le contraire
00:24:27que nous enseigne d'ailleurs
00:24:28la jurisprudence
00:24:29de la cour européenne
00:24:30des droits de l'homme
00:24:30qui a construit depuis 2015
00:24:32une doctrine de plus en plus
00:24:33affirmée sur la victimisation
00:24:35secondaire
00:24:36cette situation
00:24:36vous le savez
00:24:37dans laquelle ce n'est plus
00:24:38l'infraction qui blesse
00:24:38mais la procédure elle-même
00:24:39France Victime
00:24:41nous les avons auditionnés
00:24:42la semaine dernière
00:24:42le dit sans ambiguïté
00:24:43la victime
00:24:44elle a besoin d'une reconnaissance
00:24:45par la société
00:24:46à travers l'oeuvre de justice
00:24:47elle a besoin d'entendre la vérité
00:24:49de pouvoir raconter sa vérité
00:24:51et son traumatisme
00:24:52d'obtenir une réparation
00:24:53aucune de ces attentes
00:24:55n'est sacrifiée
00:24:55par la PJCR
00:24:56à condition évidemment
00:24:57que la victime soit informée
00:24:58que son consentement soit donné
00:25:00et que l'auteur reconnaisse
00:25:01pleinement sa responsabilité
00:25:02ce sont exactement
00:25:03les garanties
00:25:04qui sont prévues
00:25:05par ce texte
00:25:06la PJCR
00:25:07le ministre l'a dit
00:25:07s'inscrit d'ailleurs
00:25:08dans un mouvement observé
00:25:09dans 27 des 30 pays
00:25:10membres du Conseil de l'Europe
00:25:11présenter cette réforme
00:25:13comme un recul
00:25:14civilisationnel
00:25:14est difficile à soutenir
00:25:15face à cette réalité
00:25:16du droit comparé
00:25:18je salue par ailleurs
00:25:19l'esprit de conciliation
00:25:20du ministre
00:25:21qui a accepté
00:25:22de restreindre
00:25:22ce champ d'application
00:25:24de la PJCR
00:25:24en excluant les crimes sexuels
00:25:26ça permettra aux acteurs
00:25:27du monde judiciaire
00:25:28de s'acculturer
00:25:29finalement à cette nouvelle procédure
00:25:30l'article 2
00:25:32de ce projet de loi
00:25:33vous le savez
00:25:34le rapport de Stéphane Mazard
00:25:36et de Madame Borde
00:25:36qui avait été rendu
00:25:37en juillet 2025
00:25:38avait établi
00:25:39que les cours criminels départementales
00:25:41avaient fait leur oeuvre
00:25:42leur preuve
00:25:43elles rendent désormais
00:25:44près de 50%
00:25:44des arrêts criminels
00:25:45de première instance
00:25:46et ont permis
00:25:46un recul significatif
00:25:47de la correctionnalisation
00:25:49des viols
00:25:49grâce à ces cours criminels
00:25:51les viols sont jugés
00:25:52pour ce qu'ils sont
00:25:53des crimes
00:25:53et c'est évidemment
00:25:54une avancée majeure
00:25:55mais ces cours
00:25:56le ministre l'a dit
00:25:57souffre de règles
00:25:58trop contraignantes
00:25:58composition
00:25:59localisation
00:26:00compétence
00:26:01qui nuisent
00:26:01à leur célérité
00:26:03l'article 2
00:26:04y remédie
00:26:04il assouplit
00:26:05les règles d'audiencement
00:26:06élargit le vivier
00:26:07des magistrats non professionnels
00:26:08crée le statut
00:26:09de citoyen assesseur
00:26:10et pérennise
00:26:10celui d'avocat honoraire
00:26:11exerçant les fonctions
00:26:12juridictionnelles
00:26:14le projet de loi organique
00:26:15le ministre l'a dit également
00:26:16prévoit en outre
00:26:16une formation spécifique
00:26:17de l'ENM
00:26:18aux violences sexistes
00:26:19et sexuelles
00:26:19nécessaires
00:26:20dès lors que 85%
00:26:21des affaires
00:26:21devant ces cours
00:26:22sont des viols
00:26:23ces mesures ont d'ailleurs
00:26:24je préfère le préciser
00:26:26été saluées
00:26:26par la quasi totalité
00:26:27des personnes
00:26:28que nous avons auditionnées
00:26:29ces dernières semaines
00:26:30un mot de conclusion
00:26:31très bref
00:26:31ce texte n'est pas
00:26:32le grand soir
00:26:32de la justice criminelle
00:26:33mais il apporte
00:26:34des solutions pragmatiques
00:26:36à une crise
00:26:36que nous ne pouvons plus
00:26:37ignorer
00:26:37ce n'est pas une capitulation
00:26:39devant la pénurie
00:26:40ce n'est pas une atteinte
00:26:41aux droits fondamentaux
00:26:42nous l'avons dit
00:26:42c'est une réforme
00:26:43validée par le Conseil d'Etat
00:26:44conforme à la jurisprudence
00:26:46européenne
00:26:46soutenue par les praticiens
00:26:47du droit
00:26:48et fondée sur un diagnostic
00:26:49parlementaire rigoureux
00:26:50dans la longue lignée
00:26:51des réformes
00:26:52que nous avons conduites
00:26:52ensemble pour perfectionner
00:26:54notre état de droit
00:26:54elle apporte une réponse
00:26:55à la hauteur
00:26:56d'une urgence réelle
00:26:57l'urgence notamment
00:26:58des 6000 victimes
00:26:59supplémentaires
00:26:59qui attendent encore
00:27:01que leur dossier
00:27:02passe devant un tribunal
00:27:05merci madame la rapporteure
00:27:06Laure Miller
00:27:06je donne la parole
00:27:07à la rapporteure
00:27:08Anne Bergens
00:27:08pour la suite
00:27:09madame la rapporteure
00:27:10je vous en prie
00:27:14merci monsieur le président
00:27:16monsieur le ministre
00:27:17mes chers collègues
00:27:18je ne peux débuter
00:27:19évidemment cette intervention
00:27:19sans évoquer le drame
00:27:21absolu de la mort de Liana
00:27:22j'exprime à la famille
00:27:23mes sincères condoléances
00:27:24perdre un enfant
00:27:25est un terrible malheur
00:27:26mais perdre son enfant
00:27:27dans ces circonstances
00:27:28est profondément tragique
00:27:30l'enquête administrative
00:27:31que vous avez diligentée
00:27:32monsieur le ministre
00:27:33permettra évidemment
00:27:33de faire la lumière
00:27:34sur les dysfonctionnements
00:27:36éventuels
00:27:37de l'institution judiciaire
00:27:38plus généralement
00:27:40et suite aux auditions
00:27:40que nous avons pratiquées
00:27:42sur la situation
00:27:43de la justice
00:27:43notamment en termes
00:27:44d'audiencement
00:27:45ici je veux également
00:27:46témoigner comme
00:27:47ma collègue
00:27:48co-rapporteur
00:27:49la situation
00:27:49extrêmement difficile
00:27:50dans laquelle se trouve
00:27:51tous les jours
00:27:52la justice
00:27:53tous les auditionnés
00:27:54ont pu en attester
00:27:55magistrats
00:27:55comme avocats
00:27:56le code de procédure pénale
00:27:57par lequel
00:27:58s'inscrit leur action
00:27:59se distingue
00:28:00par une grande complexité
00:28:01dont la lourdeur
00:28:02s'est vue renforcée
00:28:03par les législateurs
00:28:04successifs
00:28:05nous disposons donc
00:28:05d'une responsabilité
00:28:06celle de proposer
00:28:07des clarifications
00:28:08des simplifications
00:28:09quand cela est nécessaire
00:28:10pour que cette procédure pénale
00:28:12soit compréhensible
00:28:13intelligible
00:28:14et tenable
00:28:14pour notre justice
00:28:15cela ne signifie en rien
00:28:18de renier
00:28:19les principes fondamentaux
00:28:20de notre état de droit
00:28:21ni les garanties essentielles
00:28:22que sont les libertés individuelles
00:28:23les droits de la défense
00:28:24et le droit à un procès équitable
00:28:25mais il faut je le crois
00:28:27permettre à la justice
00:28:28de se concentrer davantage
00:28:30sur l'essentiel
00:28:31ce texte peut apporter
00:28:32quelques réponses
00:28:33à ces enjeux
00:28:34et il me revient
00:28:35de vous présenter
00:28:36les articles 3 à 12
00:28:38l'article 3 d'abord
00:28:39prévoit diverses dispositions
00:28:40visant à faciliter
00:28:41les enquêtes criminelles
00:28:42en premier lieu
00:28:43il légalise
00:28:44la généalogie génétique
00:28:45d'investigation
00:28:46consacrant une pratique
00:28:47qui a déjà permis
00:28:48d'identifier des auteurs
00:28:49de crimes sériels
00:28:50non élucidés
00:28:51il s'agit de rechercher
00:28:53à titre exceptionnel
00:28:54et subsidiaire
00:28:55dans les bases
00:28:56de données génétiques privées
00:28:58les correspondances
00:28:58même éloignées
00:28:59avec les empreintes génétiques
00:29:01établies
00:29:02à partir de traces biologiques
00:29:03de personnes inconnues
00:29:07les garanties prévues
00:29:08me semblent d'ailleurs importantes
00:29:09son champ serait restreint
00:29:11au seul crime
00:29:12dont la nature sérielle
00:29:13peut être présumée
00:29:13et à ceux qui n'ont pas été
00:29:15élucidés au bout de 18 mois
00:29:17ainsi qu'aux actes
00:29:18de terrorisme
00:29:18les plus graves
00:29:20l'article 3
00:29:20prévoit également
00:29:22une extension des infractions
00:29:23justifiant l'inscription
00:29:24au FNAEG
00:29:25le but est là encore
00:29:26d'améliorer les capacités
00:29:28d'investigation
00:29:28des services enquêteurs
00:29:29le gouvernement propose
00:29:31étendre le champ du FNAEG
00:29:32à de nouvelles infractions
00:29:33qui je le précise
00:29:34sont toutes punies
00:29:35d'emprisonnement
00:29:35critères retenus
00:29:36par le conseil constitutionnel
00:29:38pour déterminer
00:29:39la conformité
00:29:40du fichier
00:29:40à la constitution
00:29:41par ailleurs
00:29:42l'article 3
00:29:42crée une habilitation générale
00:29:44à consulter
00:29:44des fichiers de police
00:29:45au bénéfice
00:29:47des officiers
00:29:47et des agents
00:29:48de police judiciaire
00:29:49il s'agit d'une mesure
00:29:50de simplification
00:29:51bienvenue
00:29:52c'est suffisamment rare
00:29:53pour que cela
00:29:54doivent être notés
00:29:55toutefois
00:29:56si les OPJ
00:29:57bénéficient
00:29:58d'une formation
00:29:58spécifique
00:29:59et sont habilités
00:29:59par le procureur général
00:30:00ce n'est pas le cas
00:30:01des agents
00:30:02de police judiciaire
00:30:03il me semble donc
00:30:04important de revenir
00:30:05à l'équilibre initial
00:30:06du projet de loi
00:30:07à savoir une habilitation
00:30:08générale
00:30:08attachée
00:30:09à la qualité
00:30:10d'OPJ
00:30:12plusieurs articles
00:30:13visent ensuite
00:30:14à fluidifier
00:30:15le traitement
00:30:15des affaires criminelles
00:30:16l'article 5
00:30:17permet au juge pénal
00:30:19d'utiliser
00:30:19certains outils
00:30:20issus
00:30:20de la procédure civile
00:30:21plus adaptés
00:30:22à la nature
00:30:23de ces demandes
00:30:24l'article suisse
00:30:25poursuit une logique
00:30:26comparable
00:30:26il crée un cadre
00:30:27juridique
00:30:28pour les psychologues
00:30:29de police judiciaire
00:30:30l'objectif
00:30:32est simplement
00:30:32de mieux définir
00:30:33les missions
00:30:34de ces professionnels
00:30:35et de distinguer
00:30:35clairement
00:30:36leur rôle
00:30:37d'appui à l'enquête
00:30:38de celui des experts judiciaires
00:30:40désignés par les juridictions
00:30:41l'article 7
00:30:42concerne les nullités
00:30:43de procédure
00:30:44et fait comme pour
00:30:45la PJCR
00:30:46l'objet d'une certaine
00:30:47mobilisation des avocats
00:30:48il prévoit d'abord
00:30:49la réduction du délai
00:30:50pour présenter
00:30:51des requêtes en nullité
00:30:52de 6 mois
00:30:53à 3 mois
00:30:54au cours
00:30:54de l'information judiciaire
00:30:56cette mesure
00:30:57m'apparaît certes
00:30:58bienvenue
00:30:58mais pourrait conduire
00:30:59à la multiplication
00:31:00des demandes d'actes
00:31:01permettant à rouvrir
00:31:02les délais
00:31:02de dépôt de requêtes
00:31:03en nullité
00:31:04et afin de limiter
00:31:05cet effet pervers
00:31:06je vous proposerai donc
00:31:07de passer ce délai
00:31:09de 3 mois
00:31:09à 4 mois
00:31:10à compter de la notification
00:31:12de la mise en examen
00:31:13et des interrogatoires
00:31:15ultérieurs
00:31:16l'article 7
00:31:17prévoit par ailleurs
00:31:18l'introduction
00:31:19des délais butoirs
00:31:20pour la production
00:31:20de mémoire
00:31:20concernant les requêtes
00:31:21en nullité
00:31:22devant la chambre
00:31:22d'instruction
00:31:23et le tribunal
00:31:24correctionnel
00:31:24il me semble
00:31:25que cela constitue
00:31:26une mesure
00:31:26de bonne administration
00:31:27de la justice
00:31:28même si j'entends
00:31:29les difficultés opérationnelles
00:31:31notamment devant
00:31:32le tribunal correctionnel
00:31:34nous aurons l'occasion
00:31:35d'en débattre
00:31:36et d'en échanger
00:31:37lors de cette commission
00:31:39à son article 8
00:31:40le projet de loi
00:31:41étend les pouvoirs
00:31:42du président
00:31:42de la chambre
00:31:43de l'instruction
00:31:43afin de juger
00:31:44de la recevabilité
00:31:45des requêtes
00:31:45en nullité
00:31:46présentées devant
00:31:47cette juridiction
00:31:47il me semble
00:31:48qu'il s'agit
00:31:48d'une simplification
00:31:49là aussi bienvenue
00:31:50par la suppression
00:31:51de l'existence
00:31:52de la collégialité
00:31:53lorsqu'elle n'apparaît
00:31:55pas pertinente
00:31:56enfin
00:31:57l'article 9
00:31:58introduit un mécanisme
00:31:59contradictoire
00:32:01d'urgence
00:32:01en matière
00:32:02de détention provisoire
00:32:03lorsque les juridictions
00:32:05se rendent compte
00:32:06qu'elles ne pourront
00:32:06pas statuer
00:32:07dans les délais
00:32:08je suis plus réservé
00:32:10sur un tel dispositif
00:32:12le gouvernement
00:32:13propose ici
00:32:14de prolonger
00:32:15la détention provisoire
00:32:16de quelques jours
00:32:16le temps que la juridiction
00:32:18puisse statuer
00:32:18sur la prolongation
00:32:19ou répondre
00:32:20à la demande
00:32:21de mise en liberté
00:32:22c'est une distinction
00:32:24importante
00:32:24je pense que la réponse
00:32:26ne peut être la même
00:32:27donc là aussi
00:32:28nous en discuterons
00:32:29lors de cette commission
00:32:31je suis en revanche
00:32:32tout à fait favorable
00:32:33au principe
00:32:34selon lequel
00:32:34une demande
00:32:35de mise en liberté
00:32:36ne peut être formée
00:32:37tant qu'il n'a pas été
00:32:38statué définitivement
00:32:39sur une précédente demande
00:32:41il s'agit d'une mesure
00:32:42évidente de bonne
00:32:43administration de la justice
00:32:44l'article 10
00:32:45répond quant à lui
00:32:46à une préoccupation
00:32:47plus récente
00:32:48la réutilisation massive
00:32:49des données judiciaires
00:32:50rendue possible
00:32:51par les outils numériques
00:32:52et l'intelligence artificielle
00:32:54s'appuyant sur les travaux
00:32:55conduits en 2025
00:32:56par la mission
00:32:57présidée par Daniel Luda
00:32:58il prévoit
00:32:58de mieux protéger
00:33:00l'identité
00:33:00des professionnels
00:33:01de justice
00:33:01dans les décisions
00:33:02diffusées en open data
00:33:04elle vise à prévenir
00:33:05les pratiques
00:33:06de profilage
00:33:06de notation
00:33:07et d'évaluation
00:33:08automatisée
00:33:09des magistrats
00:33:09et des autres professionnels
00:33:11concourant
00:33:12à l'œuvre de justice
00:33:13certains ne manqueront pas
00:33:15au cours de nos débats
00:33:16d'évoquer la question
00:33:16des moyens
00:33:17mis à disposition
00:33:18de la justice
00:33:19mais nous aurions tort
00:33:20d'opposer
00:33:21les deux démarches
00:33:22la situation actuelle
00:33:23de la justice
00:33:24ne peut être analysée
00:33:25sans tenir compte
00:33:26de l'effort
00:33:27engagé depuis 2017
00:33:29le budget du ministère
00:33:30de la justice
00:33:31a augmenté
00:33:31de plus de 60%
00:33:32permettant le recrutement
00:33:34de plusieurs milliers
00:33:35de magistrats
00:33:35greffiers
00:33:36agents de justice
00:33:37ainsi que le renforcement
00:33:39des capacités
00:33:39des juridictions
00:33:40les adaptations
00:33:41procédurales
00:33:42proposées par ce texte
00:33:44ne se substituent
00:33:45donc pas
00:33:45à l'effort budgétaire
00:33:47elle le complète
00:33:48afin de garantir
00:33:49une réponse pénale
00:33:50plus rapide
00:33:51et plus efficace
00:33:52il nous revient donc
00:33:54de nous saisir
00:33:55de ces dispositions
00:33:56si nous souhaitons agir
00:33:57contre l'embolie
00:33:58de notre justice criminelle
00:33:59je vous remercie
00:34:01merci madame la rapporteure
00:34:03nous en venons
00:34:03aux orateurs
00:34:04des différents groupes
00:34:05je vais immédiatement
00:34:06donner la parole
00:34:07à Sylvie Josserand
00:34:08pour le groupe
00:34:08rassemblement national
00:34:09et pour 4 minutes
00:34:12merci monsieur le président
00:34:13monsieur le garde des Sceaux
00:34:14monsieur le président
00:34:15de la commission des lois
00:34:16mesdames les rapporteurs
00:34:17chers collègues
00:34:18dans son rapport
00:34:19d'évaluation
00:34:20publié en 2024
00:34:21la commission européenne
00:34:22pour l'efficacité
00:34:23de la justice
00:34:24émanation du comité
00:34:25des ministres
00:34:26du conseil de l'Europe
00:34:27rappelle que la France
00:34:28compte 11,3 magistrats
00:34:30pour 100 000 habitants
00:34:31tandis que l'Allemagne
00:34:32en compte plus du double
00:34:3324,17
00:34:34et que la moyenne
00:34:35des 46 pays membres
00:34:36du conseil de l'Europe
00:34:37sonne à 17,6 magistrats
00:34:40pour 100 000 habitants
00:34:41en 1840
00:34:42la France comptait
00:34:4316 magistrats
00:34:44pour 100 000 habitants
00:34:45c'est donc
00:34:46d'une baisse drastique
00:34:47du nombre de magistrats
00:34:48que se sont accompagnés
00:34:49en France
00:34:50à la fois l'augmentation
00:34:51de la population
00:34:52et l'augmentation
00:34:53de la délinquance
00:34:54dans ce contexte
00:34:55de pénurie
00:34:56faute d'ambition
00:34:57et de courage
00:34:58des gouvernements
00:34:58au fil des décennies
00:34:59nul ne s'étonne
00:35:01de l'engorgement chronique
00:35:02des juridictions pénales
00:35:03qui aboutit aujourd'hui
00:35:04à un diagnostic partagé
00:35:06d'asphyxie
00:35:06faut-il pour autant
00:35:08dans l'enceinte judiciaire
00:35:09en charge de juger
00:35:10les atteintes
00:35:11les plus graves
00:35:11à l'ordre public
00:35:12celles que la société
00:35:13réprouve
00:35:14au point de priver
00:35:15un condamné de liberté
00:35:16pour plusieurs décennies
00:35:17renoncer
00:35:19aux principes cardinaux
00:35:20de la justice criminelle
00:35:21déclinaison
00:35:22des principes démocratiques
00:35:24et miroir
00:35:25des libertés publiques
00:35:26car
00:35:27ne nous voilons pas
00:35:28la face
00:35:28c'est un basculement
00:35:30culturel
00:35:30voire civilisationnel
00:35:32que porte la PJCR
00:35:34partie poursuivante
00:35:35au nom de la cause générale
00:35:37le parquet
00:35:38se métamorphoserait
00:35:39en partie contractante
00:35:40aux fins de règlements
00:35:41confidentiels
00:35:42de ce qu'il conviendrait
00:35:43de considérer
00:35:44comme un litige
00:35:45et non plus
00:35:46comme une infraction pénale
00:35:47quant au juge du siège
00:35:49en charge
00:35:49de l'audience
00:35:50d'homologation
00:35:51il serait relégué
00:35:52au rang de simple
00:35:52vérificateur formel
00:35:54de l'accord
00:35:54négocié par le parquet
00:35:56sur la qualification
00:35:57et la peine
00:35:58or
00:35:59cette transactionnalisation
00:36:01de la justice pénale
00:36:02priverait de leur quintessence
00:36:04les principes cardinaux
00:36:05maintenus
00:36:06à l'état de vernis
00:36:06par le projet de loi
00:36:07comme un aveu implicite
00:36:09de leur importance
00:36:10la publicité des débats
00:36:12l'oralité
00:36:12et la confrontation
00:36:13outils incontournables
00:36:15dans la quête
00:36:16de vérité
00:36:16et de justesse
00:36:17seraient sacrifiés
00:36:19sur l'autel
00:36:19d'une justice
00:36:20de tarification
00:36:21dans l'histoire
00:36:23du droit pénal
00:36:23l'abandon
00:36:24de la justice pénale
00:36:25négociée
00:36:25entre la victime
00:36:26et l'auteur
00:36:27de l'infraction
00:36:27a été conçu
00:36:28comme un progrès
00:36:29parce que l'ordre public
00:36:31n'est pas une marchandise
00:36:32qu'une peine encourue
00:36:33ne peut faire l'objet
00:36:34d'un rabais
00:36:35et que le contrôle
00:36:36du peuple
00:36:36participe
00:36:37du contrat social
00:36:38c'est donc un retour
00:36:40en arrière
00:36:40que porte ce projet
00:36:41de loi
00:36:42admettre le premier temps
00:36:44de ce retour en arrière
00:36:45serait acté
00:36:46le renoncement
00:36:47de l'état
00:36:47à exercer
00:36:48ses prérogatives
00:36:49régaliennes
00:36:50et ce
00:36:51au mépris
00:36:51à terme
00:36:52de la sûreté
00:36:53des citoyens
00:36:54aussi
00:36:55le groupe
00:36:55rassemblement national
00:36:56votera-t-il
00:36:57pour la suppression
00:36:58de cet article
00:36:59premier
00:36:59parce que l'oeuvre
00:37:00de justice criminelle
00:37:01ne se résume pas
00:37:02à la fixation
00:37:03d'un prix du crime
00:37:04négocié
00:37:05comme un objet
00:37:06contractuel
00:37:07dès lors
00:37:08que les dossiers
00:37:09concernés par la réforme
00:37:10sont peu nombreux
00:37:10un tel basculement
00:37:12ne peut se justifier
00:37:13par la nécessité
00:37:14de réduire
00:37:15les délais d'audiencement
00:37:16du stock
00:37:16d'affaires pendante
00:37:17comment dès lors
00:37:19ne voir dans ce projet
00:37:20de loi
00:37:20qu'une expérimentation
00:37:22qui ne dit pas son nom
00:37:23une brèche ouverte
00:37:24qu'un futur proche
00:37:26pourra élargir
00:37:27par l'allongement
00:37:28de la liste
00:37:29des crimes concernés
00:37:30et le renoncement
00:37:31des esprits
00:37:32il ne pourra davantage
00:37:33être soutenu
00:37:34que d'autres pays
00:37:35en Europe
00:37:35ont adopté
00:37:36ce schéma transactionnel
00:37:37qui ne concerne
00:37:38à l'étranger
00:37:38que des infractions mineures
00:37:40punies de peines délictuelles
00:37:41d'emprisonnement
00:37:42et non pas
00:37:43de la réclusion criminelle
00:37:44il ne pourra non plus
00:37:46être soutenu
00:37:47que la réparation
00:37:47qui doit être accordée
00:37:49à la victime
00:37:49de l'infraction
00:37:50justifierait une réponse pénale
00:37:52contractualisée
00:37:52et donc plus rapide
00:37:53dès lors que la civi
00:37:55peut être saisie
00:37:56sans attendre
00:37:57l'arrêt
00:37:57de la cour d'assises
00:37:58en revanche
00:38:00le groupe
00:38:00rassemblement national
00:38:01bien conscient
00:38:02de la nécessité
00:38:03d'oxygène
00:38:04face à l'asphyxie
00:38:05est favorable
00:38:05à l'augmentation
00:38:06des moyens
00:38:07de l'institution judiciaire
00:38:08à la distribution
00:38:09des dossiers
00:38:10dans une cour d'assises
00:38:11limitrophe
00:38:11de la cour d'assises
00:38:12territorialement compétente
00:38:14quant au portrait
00:38:15robot génétique
00:38:16approuvé par la chambre
00:38:17criminelle
00:38:18dans un arrêt
00:38:18du 25 juin 2014
00:38:19sa consécration
00:38:21par la loi
00:38:21permettra
00:38:22au service d'enquête
00:38:23une identification
00:38:24plus rapide
00:38:25de l'auteur
00:38:25de l'infraction
00:38:26je vous remercie
00:38:27Sébastien Huyck
00:38:28pour le groupe EPR
00:38:31merci monsieur le président
00:38:33monsieur le ministre
00:38:34mesdames les rapporteurs
00:38:35chers collègues
00:38:36au 31 décembre 2025
00:38:38près de 6000 affaires criminelles
00:38:40étaient en attente
00:38:41de jugement
00:38:42soit plus du double
00:38:42qu'avant la crise sanitaire
00:38:44de 2019
00:38:45il faut désormais
00:38:466 ans
00:38:47pour obtenir une audience
00:38:48pour une affaire de viol
00:38:49et 8 ans
00:38:50pour un homicide
00:38:51en première instance
00:38:52notre justice criminelle
00:38:54est aujourd'hui engorgée
00:38:55au point de créer
00:38:56une véritable paralysie
00:38:57de certaines juridictions
00:38:59cette situation
00:39:00est dénoncée
00:39:00tant par les justiciables
00:39:02et les victimes
00:39:02qui attendent souvent
00:39:03plusieurs années
00:39:04avant qu'un procès
00:39:05ne puisse se tenir
00:39:06que par les professionnels
00:39:08de justice
00:39:08confrontés quotidiennement
00:39:10à cet encondrement
00:39:12l'augmentation
00:39:13du nombre
00:39:13de procédures criminelles
00:39:14traduit d'abord
00:39:15des évolutions
00:39:15qui doivent être
00:39:16regardées positivement
00:39:18la libération
00:39:19de la parole des femmes
00:39:20a permis
00:39:20à davantage
00:39:22de victimes
00:39:22de violences sexuelles
00:39:23de franchir
00:39:24les portes
00:39:24de la justice
00:39:25cette évolution
00:39:26s'accompagne
00:39:27d'un recul
00:39:28de la pratique
00:39:28de la correctionnalisation
00:39:30des crimes
00:39:30favorisé notamment
00:39:32par la mise en place
00:39:32des cours criminels
00:39:34départementales
00:39:35les moyens
00:39:36de notre justice
00:39:36sont aujourd'hui
00:39:37considérables
00:39:381500 magistrats
00:39:39supplémentaires
00:39:40en 7 ans
00:39:41déploiement d'un plan
00:39:42d'audiencement criminel
00:39:42avec 35 magistrats
00:39:44supplémentaires
00:39:45de cours d'assises
00:39:4680 agents
00:39:47de greffe
00:39:47et 12 millions d'euros
00:39:48dédiés à la justice
00:39:49criminelle
00:39:50je salue à ce titre
00:39:51les professionnels
00:39:52de justice
00:39:53mobilisés au quotidien
00:39:54dans un contexte
00:39:55de fortes tensions
00:39:56pour les juridictions
00:39:57criminelles
00:39:57ces moyens
00:39:59ne suffiront pas
00:40:00les risques
00:40:01d'une embolisation
00:40:02générale
00:40:02et de la libération
00:40:04d'accusés dangereux
00:40:05en détention provisoire
00:40:06sont une réalité
00:40:08que nous ne vous
00:40:09pouvons plus ignorer
00:40:10le texte
00:40:11justice criminelle
00:40:12et respect des victimes
00:40:13présenté par le garde
00:40:14des Sceaux
00:40:15validé par le conseil
00:40:16d'état
00:40:16et adopté au Sénat
00:40:17proposera de nouvelles
00:40:18dispositions visant
00:40:19à apporter des réponses
00:40:20à la saturation
00:40:21actuelle
00:40:22des juridictions
00:40:23criminelles
00:40:24la mesure emblématique
00:40:25proposée est la création
00:40:26d'une procédure
00:40:27de jugement
00:40:27des crimes reconnus
00:40:28qui constitue
00:40:30un plaidé coupable
00:40:31en matière criminelle
00:40:32il s'agit
00:40:33d'une évolution
00:40:34majeure
00:40:34de notre procédure pénale
00:40:36visant à apporter
00:40:37une réponse
00:40:37plus rapide
00:40:38lorsque les faits
00:40:40sont établis
00:40:41et reconnus
00:40:42le texte
00:40:43pardon
00:40:44complété
00:40:45par un projet
00:40:45de loi organique
00:40:46qui engageait
00:40:46également une réforme
00:40:47du fonctionnement
00:40:47des cours criminels
00:40:48départementales
00:40:49notamment au travers
00:40:51de l'instauration
00:40:51d'un nouveau statut
00:40:52du citoyen
00:40:53assesseur
00:40:54plusieurs dispositions
00:40:56visant à renforcer
00:40:56les moyens d'enquête
00:40:57en matière criminelle
00:40:58notamment pour mieux
00:40:59encadrer et développer
00:41:00le recours aux outils
00:41:01offerts par la généalogie
00:41:03génétique
00:41:04en matière pénale
00:41:05dans un cadre juridique
00:41:07protecteur des libertés
00:41:08individuelles
00:41:09enfin ce texte apporte
00:41:10des réponses
00:41:11attendues
00:41:12pour sécuriser
00:41:13certaines procédures
00:41:14notamment en matière
00:41:15de nullité
00:41:15et de détention
00:41:16provisoire
00:41:17ces contentieux
00:41:18sont aujourd'hui
00:41:19largement utilisés
00:41:20par certaines formes
00:41:21de criminalité
00:41:22organisées
00:41:22pour exploiter
00:41:23les fragilités
00:41:24de notre justice
00:41:25criminelle
00:41:26je tiens à saluer
00:41:28le travail conséquent
00:41:29de nos deux rapporteurs
00:41:30sur ce projet de loi
00:41:31sans surprise
00:41:32le groupe ensemble
00:41:33pour la république
00:41:34se prononcera
00:41:35favorablement à ce texte
00:41:36nous voterons
00:41:37pour un texte
00:41:38d'équilibre
00:41:38qui conjugue
00:41:39l'exigence
00:41:40d'une justice criminelle
00:41:41plus efficace
00:41:42avec l'impératif
00:41:43de mieux protéger
00:41:44les victimes
00:41:44et de soutenir
00:41:46les professionnels
00:41:46qui la font vivre
00:41:47chaque jour
00:41:48avant cela
00:41:49j'ai une question
00:41:50pour vous
00:41:50monsieur le garde
00:41:50des Sceaux
00:41:51ministre de la justice
00:41:53certaines dispositions
00:41:54du texte
00:41:54élargissent
00:41:55les possibilités
00:41:55de recours
00:41:56aux données génétiques
00:41:57dans le cadre
00:41:57des investigations
00:42:00quel équilibre
00:42:01le gouvernement
00:42:01a-t-il recherché
00:42:02entre la nécessité
00:42:03de renforcer
00:42:04les capacités
00:42:05d'enquête
00:42:05et les enjeux
00:42:06de protection
00:42:07des données
00:42:07personnelles
00:42:08et de respect
00:42:09de la vie privée
00:42:11je vous remercie
00:42:11merci
00:42:12la parole est à
00:42:13Gabriel Catella
00:42:14pour la France
00:42:14Insoumise
00:42:17merci président
00:42:18monsieur Darmanin
00:42:19437 000 personnes
00:42:20dont 160 000 enfants
00:42:22sont victimes
00:42:22de violences sexuelles
00:42:23par an
00:42:23soit une victime
00:42:24toutes les 72 secondes
00:42:26en France
00:42:26sans compter les mortes
00:42:27car en 2026
00:42:29on meurt toujours
00:42:29d'être une enfant
00:42:30on meurt d'être une femme
00:42:31et alors que nous sommes
00:42:33toutes et tous
00:42:33accablés par la disparition
00:42:35de la jeune Liana
00:42:35dont je veux de nouveau
00:42:36saluer la mémoire
00:42:37et les proches
00:42:38et dont la mort
00:42:39est une question politique
00:42:40centrale
00:42:40vous avez le culot
00:42:41de maintenir votre projet
00:42:42de loi justice criminelle
00:42:43à l'assemblée aujourd'hui
00:42:44vous avez présenté
00:42:46vos excuses à la famille
00:42:47et dit être terrifié
00:42:48par un dysfonctionnement
00:42:49dans n'importe quel pays
00:42:50où il reste de la dignité
00:42:51en politique
00:42:52vous auriez pris la parole
00:42:53pour annoncer votre démission
00:42:54en utilisant le mot
00:42:55dysfonctionnement
00:42:56vous souhaitez faire
00:42:57du traitement tristement
00:42:59banal des violences sexuelles
00:43:00par les institutions
00:43:01judiciaires et policières
00:43:02quelque chose d'extraordinaire
00:43:03entretenant ainsi
00:43:04précisément l'aveuglement
00:43:05sur le caractère systémique
00:43:06de ces violences
00:43:07car à force de chercher
00:43:08l'extraordinaire
00:43:09on ne voit pas l'ordinaire
00:43:10et c'est cela
00:43:11qui permet l'impunité
00:43:12ce qui est terrifiant
00:43:13c'est plutôt que la lutte
00:43:14contre ces violences sexuelles
00:43:15systémiques
00:43:15ne soit toujours pas
00:43:16une politique publique
00:43:17que tous les services publics
00:43:18soient démantelés
00:43:19que la justice soit toujours
00:43:20aussi patriarcale
00:43:21près de 10 ans après MeToo
00:43:22vous avez ensuite cherché
00:43:24à esquiver vos responsabilités
00:43:25en blâmant la procureure d'Oche
00:43:27désigner des responsables
00:43:28et annoncer des sanctions
00:43:29avant même que l'enquête
00:43:30de l'inspection générale
00:43:31de la justice
00:43:31que vous avez vous-même ordonné
00:43:33rendre ses conclusions
00:43:34il fallait oser
00:43:35pire vous vous étonnez
00:43:36qu'elle soit menacée de mort
00:43:37après l'avoir jetée en pâture
00:43:38s'il y a des responsables
00:43:40nous les connaissons
00:43:40vous vos prédécesseurs
00:43:43de l'économie
00:43:44premier ministre
00:43:44jusqu'à Emmanuel Macron
00:43:45pour qui comme vous
00:43:46il ne faut surtout pas
00:43:47parler de moyens
00:43:47lorsque la France compte
00:43:48pourtant trois fois moins
00:43:49de procureurs par habitant
00:43:50que la moyenne européenne
00:43:52vous et celles et ceux
00:43:53qui ont déconsidéré
00:43:54les corps des femmes
00:43:54et des enfants
00:43:55et considéré que leur parole
00:43:56n'avait aucune valeur
00:43:57votre cas est particulier
00:43:59car vous avez appartenu
00:44:00à la quasi-totalité
00:44:01des gouvernements
00:44:01depuis 2017
00:44:02dont les priorités
00:44:03ont toutes été patriarcales
00:44:04vous avez d'abord été
00:44:05trois ans ministre
00:44:06des comptes publics
00:44:07et par conséquent
00:44:07responsable de coupes budgétaires
00:44:09puis ministre de l'intérieur
00:44:10pendant quatre ans
00:44:11vos priorités
00:44:12mettre plus de bleu
00:44:13sur le terrain
00:44:13le maintien de l'ordre
00:44:14la petite délinquance
00:44:15soit la politique
00:44:16du chiffre sarkoziste
00:44:17je ne vous ai jamais
00:44:18entendu parler
00:44:18pendant quatre ans
00:44:19de recueil de la parole
00:44:20de l'enfant
00:44:20de formation des policiers
00:44:22de renforcement des brigades
00:44:23pour mineurs
00:44:23car il vous a toujours été
00:44:24plus pertinent
00:44:25de poursuivre des objectifs
00:44:26xénophobes
00:44:27et de sévir
00:44:28contre toutes les formes
00:44:28de contestation
00:44:29je donne un exemple
00:44:30qui illustre le sens
00:44:31des priorités politiques
00:44:32et par conséquent budgétaires
00:44:33des gouvernements successifs
00:44:35en tant que ministre
00:44:36de l'intérieur
00:44:37vous avez dépensé
00:44:37plus de 18 millions
00:44:38d'euros par an
00:44:39pour des armes mutilantes
00:44:40grenades et LBD
00:44:41vous avez commandé
00:44:4270 millions d'euros
00:44:43de blindés centaures
00:44:44de gendarmerie
00:44:44les associations féministes
00:44:46ne demandent elles
00:44:47que 12 petits millions
00:44:48d'euros supplémentaires
00:44:49par an
00:44:49pour renforcer
00:44:50les unités médico-judiciaires
00:44:51qui recueillent
00:44:52les preuves de violences sexuelles
00:44:53c'est ensuite
00:44:54la réforme de la police judiciaire
00:44:55que vous avez conduit
00:44:56qui a eu pour conséquence
00:44:57de dévaloriser
00:44:57la filière investigation
00:44:58au profit de la filière
00:45:00voie publique
00:45:01et de les réorienter
00:45:02vers vos pathétiques
00:45:03et inutiles opérations
00:45:04place nette
00:45:05même schéma
00:45:06pour vos successeurs
00:45:07des officiers
00:45:08de police judiciaire
00:45:08ont même été mobilisés
00:45:10pour la finale
00:45:10de la ligue des champions
00:45:11car les abribus
00:45:12et les poubelles
00:45:12qui brûlent
00:45:13restent prioritaires
00:45:14et que dire de monsieur Retailleau
00:45:15plus préoccupé
00:45:17par les rafles
00:45:17de personnes migrantes
00:45:18et les circulaires
00:45:19pour rendre aux étrangers
00:45:20la vie impossible
00:45:21que par la chasse
00:45:22aux agresseurs
00:45:22enfin depuis un an et demi
00:45:24vous êtes ministre
00:45:25de la justice
00:45:25vous dites avoir inscrit
00:45:27la lutte contre les violences
00:45:27faites aux enfants
00:45:28comme une priorité
00:45:29dans une circulaire récente
00:45:30il s'agit en réalité
00:45:31de trois lignes
00:45:32parmi tellement de priorités
00:45:33que cela n'en est pas une
00:45:34sans compter
00:45:35toutes les circulaires
00:45:36qui se sont accumulées
00:45:37jusque là
00:45:37comme par exemple
00:45:38celle sur l'apologie
00:45:39du terrorisme
00:45:40car il est toujours préférable
00:45:41dans votre monde
00:45:42de placer des gens
00:45:42en garde à vue
00:45:43pour un tweet
00:45:43que pour un viol
00:45:44dans votre budget
00:45:45soi-disant historique
00:45:46on trouve de l'immobilier
00:45:47pénitentiaire
00:45:48mais rien pour recruter
00:45:49des magistrats spécialisés
00:45:50davantage de juges et enfants
00:45:51rien pour mieux les former
00:45:53rien pour donner aux associations
00:45:54les moyens de mieux
00:45:55accompagner les victimes
00:45:56rien pour que les enquêtes
00:45:57soient mieux indigentes
00:45:58tous nos amendements
00:45:59en ce sens
00:46:00ont été rejetés
00:46:01chaque année
00:46:02maintenant vous intimez
00:46:03au procureur
00:46:04d'examiner les 70 000
00:46:05plaintes concernant
00:46:06les violences sexuelles
00:46:07faites aux enfants
00:46:07d'ici le 14 juillet
00:46:08sous-entendu
00:46:09la justice est lente
00:46:10car ses agents
00:46:10ne travaillaient pas
00:46:11correctement
00:46:12jusqu'à présent
00:46:12monsieur le ministre
00:46:13vous êtes décidément
00:46:14la dernière personne
00:46:15à qui nous faisons confiance
00:46:16pour lutter contre
00:46:16les violences sexuelles
00:46:19bien
00:46:20alors mes chers collègues
00:46:22mes chers collègues
00:46:23on va essayer
00:46:25malgré les interventions
00:46:27des uns et des autres
00:46:29de garder s'il vous plaît
00:46:30notre calme
00:46:32mes chers collègues
00:46:33est-ce qu'il y a un mot
00:46:34dans ce que je viens de dire
00:46:34qui n'est pas compréhensible
00:46:36est-ce que ce serait le mot calme
00:46:37par exemple
00:46:38monsieur Pénat
00:46:39on se calme
00:46:41chacun va intervenir
00:46:42chacun va intervenir
00:46:45madame Catala a fait une intervention
00:46:46qui a été notée
00:46:48et nous allons écouter maintenant
00:46:50Céline Thievo-Martinez
00:46:51pour le groupe socialiste
00:47:03merci monsieur le président
00:47:05monsieur le président
00:47:06mesdames les rapporteurs
00:47:07monsieur le garde des Sceaux
00:47:08chers collègues
00:47:09la question qui nous est posée
00:47:11aujourd'hui est simple
00:47:12quel avenir voulons-nous
00:47:13pour notre justice
00:47:14l'affaire Liana
00:47:15qui secoue nos concitoyens
00:47:16et la société tout entière
00:47:17vient de manière criante
00:47:19nous rappeler
00:47:19que notre système judiciaire
00:47:21et particulièrement
00:47:22sa chaîne pénale
00:47:22ne répondent plus
00:47:23aux besoins de justice
00:47:24que tout un chacun
00:47:26peut attendre
00:47:26d'un état de droit
00:47:27ce soir
00:47:28le texte examiné
00:47:29porte un choix politique
00:47:30clair
00:47:31la gestion des stocks
00:47:32de dossiers
00:47:33l'économie des moyens
00:47:34et la réduction des délais
00:47:35mais est-ce la bonne voie
00:47:37pour rendre justice
00:47:37aux victimes
00:47:38depuis plusieurs mois
00:47:39monsieur le ministre
00:47:41vous nous présentez
00:47:41la procédure de jugement
00:47:43des crimes reconnus
00:47:44ou plaidé coupable
00:47:45comme un progrès
00:47:46pour les victimes
00:47:47en réalité
00:47:47c'est exactement
00:47:48l'inverse
00:47:49que nous allons faire
00:47:50elle donnerait le choix
00:47:51aux victimes
00:47:51entre vivre un procès
00:47:52ou s'en protéger
00:47:53mais quel choix y a-t-il
00:47:54lorsqu'une victime
00:47:55doit choisir en réalité
00:47:56entre une procédure raccourcie
00:47:58ou 6 à 8 années
00:47:59d'attente devant
00:48:00des juridictions
00:48:01déjà saturées
00:48:02la victime serait au coeur
00:48:04du dispositif
00:48:04peut-on vraiment le soutenir
00:48:06au regard de la place
00:48:07marginale qui lui est laissée
00:48:08certes la portée
00:48:09de la PJCR
00:48:10a été réduite
00:48:10par l'exclusion
00:48:11des crimes sexuels
00:48:12il n'en reste pas moins
00:48:13que ce plaidé coupable
00:48:14en matière criminelle
00:48:15constitue une brèche conséquente
00:48:17dans les principes
00:48:18de notre édifice pénal
00:48:19pour quelques dizaines
00:48:20d'affaires d'abord
00:48:21nous allons introduire
00:48:22une logique de justice
00:48:23négociée
00:48:24inspirée du modèle américain
00:48:26où le guilty plea
00:48:26est associé
00:48:27à 20% d'erreurs judiciaires
00:48:29un tel système
00:48:30ne manquera pas
00:48:31de renforcer
00:48:31les inégalités
00:48:32entre les citoyens
00:48:33qui pourront s'offrir
00:48:34les meilleurs avocats
00:48:35et les autres
00:48:36d'autre part
00:48:37avec l'instauration
00:48:38de la CRPC délictuelle
00:48:39en 2011
00:48:40on nous a déjà joué
00:48:41le scénario
00:48:42de l'outil exceptionnel
00:48:43qui avec le temps
00:48:44devient la règle
00:48:45il est aujourd'hui
00:48:46devenu un mode
00:48:47de jugement massif
00:48:48des délits
00:48:49nous nous opposerons
00:48:50également à l'article 2
00:48:51qui poursuit
00:48:52l'effacement
00:48:52des jurys populaires
00:48:53la justice criminelle
00:48:55ne peut pas être
00:48:55réservée aux seuls experts
00:48:57le jury populaire
00:48:58est une garantie
00:48:59démocratique essentielle
00:49:00il permet à la société
00:49:02de participer
00:49:03au jugement
00:49:03des crimes
00:49:04les plus graves
00:49:04et contribuer
00:49:05à la compréhension
00:49:06collective
00:49:06de la réponse pénale
00:49:08nous voterons donc
00:49:09contre l'extension
00:49:10des cours criminels
00:49:11départementales
00:49:12au cas de récidive
00:49:13pour les affaires
00:49:14les plus graves
00:49:14la place du jury
00:49:15doit être maintenue
00:49:16nous contestons
00:49:18également l'article 2 bis
00:49:19sur la vision
00:49:20conférence des magistrats
00:49:21la présence physique
00:49:22des juges
00:49:23n'est pas un détail
00:49:23d'organisation
00:49:24le procès pénal
00:49:25est un moment solennel
00:49:26qui engage
00:49:27la vie des victimes
00:49:28comme celle des accusés
00:49:29un jugement
00:49:30ne peut pas se rendre
00:49:31via un écran
00:49:33l'article 3
00:49:34soulève quant à lui
00:49:34des inquiétudes majeures
00:49:35en matière de liberté publique
00:49:37avec la généalogie génétique
00:49:39on ne recherche plus seulement
00:49:40un suspect
00:49:40on enquête aussi
00:49:42sur sa famille biologique
00:49:43concernée par une enquête
00:49:44du seul fait
00:49:45de ses liens génétiques
00:49:46le FNAEG
00:49:47créé à l'origine
00:49:48pour les infractions
00:49:49les plus graves
00:49:50poursuit ainsi
00:49:51son extension continue
00:49:52un fichier exceptionnel
00:49:54devient progressivement
00:49:55un fichier de masse
00:49:56la question n'est pas seulement
00:49:58ce qui est techniquement possible
00:49:59mais ce qui est
00:50:00démocratiquement acceptable
00:50:02enfin l'article 5
00:50:03illustre un autre déséquilibre
00:50:05le transfert de charges
00:50:06vers des juridictions civiles
00:50:07déjà sous tension
00:50:08sans moyens supplémentaires
00:50:10on déplace le problème
00:50:11sans le résoudre
00:50:13de même
00:50:13les dispositions sur les nullités
00:50:15fragilisent les droits
00:50:16et la défense
00:50:17de la défense
00:50:18pardon
00:50:18au nom de l'efficacité
00:50:20pour autant
00:50:21notons qu'il y a
00:50:22quelques avancées
00:50:23sur la formation
00:50:23des magistrats
00:50:24aux violences sexistes
00:50:25sexuelles et intrafamiliales
00:50:27mais cela ne peut s'arrêter là
00:50:28il faudrait former
00:50:29tous les acteurs
00:50:30de la chaîne judiciaire
00:50:31il faudrait intégrer
00:50:32pleinement la psychotraumatologie
00:50:34et la question de la dissociation
00:50:35pour mettre fin
00:50:37à la victimisation secondaire
00:50:38il faudrait créer
00:50:39des juridictions spécialisées
00:50:41et rêvons un peu
00:50:42débattre d'une loi intégrale
00:50:44que nous avons redéfendue
00:50:45avec des collègues
00:50:46juste avant cette commission
00:50:47notre position est claire
00:50:49la crise de la justice
00:50:50ne se résoudra
00:50:51ni par la négociation
00:50:53pardon
00:50:54la crise de la justice
00:50:55ne se résoudra pas
00:50:55par la négociation
00:50:56pardon
00:50:56ni par l'abaissement
00:50:58des moyens donnés
00:50:59aux différents tribunaux
00:51:00pour toutes ces raisons
00:51:01le groupe socialiste
00:51:02et apparenté
00:51:02votera contre ces deux projets de loi
00:51:04merci
00:51:05merci
00:51:05la parole est à Philippe Gosselin
00:51:07pour le groupe droite républicaine
00:51:08merci
00:51:09pardon
00:51:10je prends le mauvais micro
00:51:11merci monsieur le président
00:51:12oui moi je voudrais revenir
00:51:14quelques
00:51:15alors
00:51:22voilà
00:51:22on va y arriver
00:51:23il y avait un problème de micro
00:51:24je vous prie de m'excuser
00:51:25oui je voudrais revenir
00:51:26à mon tour
00:51:27monsieur le président
00:51:28sur l'affaire de la petite Liana
00:51:30je crois qu'il y a une émotion
00:51:31très grande
00:51:31la droite républicaine
00:51:34partage la douleur
00:51:35et l'émotion
00:51:36de la famille
00:51:37et tous
00:51:38nous éprouvons
00:51:39ce besoin
00:51:40d'une grande vérité
00:51:42sur les circonstances
00:51:43et avec
00:51:44transparence
00:51:45il y a de nombreuses questions
00:51:46qui se posent
00:51:47comme le traitement
00:51:48des
00:51:48des signalements
00:51:50entre les différents acteurs
00:51:51les décisions prises
00:51:53à chaque étape
00:51:53les moyens mis en oeuvre
00:51:55pour protéger
00:51:56les personnes
00:51:56les plus vénérables
00:51:57et si des erreurs
00:51:59ou des fautes
00:51:59ont été commises
00:52:00elles doivent être
00:52:02identifiées
00:52:02avec rigueur
00:52:03avec transparence
00:52:05sans chercher
00:52:06à trouver
00:52:07des boucs émissaires
00:52:09et je voulais dire
00:52:10avec aussi
00:52:11une certaine gravité
00:52:12que nous avons été nombreux
00:52:14c'est pour ça
00:52:14que vous avez été obligé
00:52:15de faire un rappel
00:52:16un peu au calme
00:52:16monsieur le président
00:52:17à ces nombreux
00:52:18à ne pas trouver
00:52:20satisfaisant et convenable
00:52:21les propos de notre collègue
00:52:22nous pouvons avoir des points
00:52:23le collègue Catala
00:52:24pour être très clair
00:52:25nous pouvons avoir
00:52:26des points de divergence
00:52:26nous pouvons vouloir
00:52:28régler des comptes
00:52:29chacun est libre de le faire
00:52:30mais je crois que
00:52:31on doit appeler
00:52:32dans cette affaire
00:52:32à beaucoup de dignité
00:52:34beaucoup de dignité
00:52:36pensons à la douleur
00:52:37de cette famille
00:52:38à cette pauvre petite
00:52:40nous sommes quelques-uns
00:52:41ici à avoir perdu
00:52:42des enfants
00:52:42et je peux vous dire
00:52:43que ça ne laisse pas
00:52:44indifférent
00:52:45donc un peu de dignité
00:52:46je crois que ça serait
00:52:47préférable
00:52:48venons-en donc
00:52:49aux faits
00:52:51nous avons effectivement
00:52:52un système judiciaire
00:52:54qui est au bord
00:52:55de l'effondrement
00:52:56les chiffres ont été donnés
00:52:58avec des affaires pendantes
00:53:00qui ont été multipliées
00:53:01par deux
00:53:03en dix ans
00:53:04avec des délais de jugement
00:53:06qui sont parfois très longs
00:53:07de six à huit années
00:53:09entre les faits constatés
00:53:11et le jugement
00:53:12et dans ces conditions
00:53:14est-ce qu'on peut estimer
00:53:15que la justice est satisfaisante
00:53:16est-ce que c'est qu'une question
00:53:17de moyens
00:53:17je ne le crois pas
00:53:18bien sûr la question des moyens
00:53:20peut se poser
00:53:20personne ne dit le contraire
00:53:22mais est-ce qu'il est aussi
00:53:24acceptable de laisser des prévenus
00:53:25remis en liberté
00:53:26faute de jugement
00:53:27dans un délai raisonnable
00:53:29on a été condamné
00:53:30par la CEDH
00:53:31est-ce une faute
00:53:32que de laisser
00:53:34sans réponse
00:53:35oui
00:53:35des victimes
00:53:37parce qu'il n'y a pas
00:53:38de jugement
00:53:38bien sûr
00:53:39le texte
00:53:40par ailleurs
00:53:41venant du Sénat
00:53:42est un texte
00:53:42qui nous semble protéger
00:53:43les victimes
00:53:44donc il est important
00:53:45d'insister sur ce point
00:53:47c'est un point
00:53:47qui n'est pas négociable
00:53:49c'est vrai que le texte
00:53:50initial
00:53:50allait au-delà
00:53:52et on ne pouvait
00:53:53s'en satisfaire
00:53:54le plaidé coupable
00:53:56permettra
00:53:57nous le pensons
00:53:58le désengorgement
00:53:59des tribunaux
00:54:01il est resserré
00:54:02et c'est sans doute heureux
00:54:03monsieur le ministre
00:54:04d'avoir été dans ce sens
00:54:05il y avait quelques
00:54:06quelques éléments
00:54:07qui étaient mal
00:54:08mal contrôlés
00:54:10jusque là
00:54:10et je crois
00:54:11qu'il fallait
00:54:12il fallait avancer
00:54:13et puis
00:54:13le plaidé coupable
00:54:15voit son périmètre
00:54:17resserré
00:54:17je le disais
00:54:18je suis encore
00:54:18sous le coup de l'émotion
00:54:19et de la colère
00:54:20d'une certaine façon
00:54:21bref
00:54:21pour les crimes sexuels
00:54:23pour le viol aggravé
00:54:24comme pour les crimes
00:54:25qui touchent à l'intimité
00:54:26la plus profonde
00:54:27des victimes
00:54:27l'audience solennelle
00:54:29n'est pas une option
00:54:30parmi d'autres
00:54:30c'est une nécessité
00:54:31absolue
00:54:32et vous le direz
00:54:33et vous le redirez
00:54:34une reconnaissance publique
00:54:35de la gravité des faits
00:54:36à un moment
00:54:37que les victimes attendent
00:54:38et dont elles ont besoin
00:54:40mais si nous sommes
00:54:41pour ce texte
00:54:42tel qu'il nous vient
00:54:44du Sénat
00:54:44avec des modifications
00:54:45à porter
00:54:46s'il y a un certain
00:54:47nombre de questions
00:54:47qui concernent
00:54:48la généalogie
00:54:49l'ADN
00:54:50qui concerne aussi
00:54:52les psychologues
00:54:53judiciaires
00:54:53il faudra
00:54:54que le second volet
00:54:56qui était prévu
00:54:57initialement
00:54:58puisse être ajouté
00:55:00car on a
00:55:01une volonté
00:55:02d'une politique
00:55:02ferme
00:55:03d'exécution
00:55:04des peines
00:55:05il faudra
00:55:05vraiment que ce volet
00:55:07puisse se faire
00:55:08on a un sentiment
00:55:09parfois
00:55:09que partage la population
00:55:11que les peines prononcées
00:55:12ne sont pas exécutées
00:55:13que la réponse pénale
00:55:14peut manquer de fermeté
00:55:16que la sanction
00:55:16ne suit pas
00:55:17donc ce premier volet
00:55:19est important
00:55:20il est intéressant
00:55:21nous le soutiendrons
00:55:22avec quelques nuances
00:55:23mais il est nécessaire
00:55:24mais attention
00:55:26n'oublions pas
00:55:26le second étage
00:55:27de la fusée
00:55:28qui devra venir
00:55:29assez rapidement
00:55:29je vous remercie
00:55:30merci
00:55:31Léa Balagel-Mariqui
00:55:33pour le groupe
00:55:33écologiste et social
00:55:34et voilà
00:55:40merci monsieur le président
00:55:42monsieur le ministre
00:55:43mesdames les rapporteurs
00:55:44avant toute chose
00:55:45je veux avoir
00:55:46également une pensée
00:55:47pour la famille
00:55:48de Liana
00:55:48pour ses proches
00:55:49et je ne comprends pas
00:55:51l'interdiction
00:55:52de la mobilisation
00:55:53des associations
00:55:54qui devaient se tenir
00:55:54devant votre ministère
00:55:56à 19h
00:55:57est-ce que vous avez fait
00:55:58cette demande
00:55:59au ministre
00:55:59de l'intérieur
00:56:00en tout cas
00:56:01je le regrette
00:56:02car les voix
00:56:03des femmes
00:56:04des enfants victimes
00:56:05doivent être entendues
00:56:06y compris
00:56:06place Vendôme
00:56:08je veux également
00:56:09avoir un mot
00:56:10pour les magistrates
00:56:11les magistrats
00:56:12les greffières
00:56:12les greffiers
00:56:13et l'ensemble
00:56:13des personnels
00:56:15judiciaires
00:56:15depuis plusieurs jours
00:56:17beaucoup de choses
00:56:17ont été dites
00:56:18sur la justice
00:56:19mais il ne faudrait pas
00:56:20que l'émotion légitime
00:56:22suscitée par ce drame
00:56:23conduise à faire porter
00:56:24à celles et ceux
00:56:25qui enquêtent
00:56:26et rendent la justice
00:56:26dans des conditions
00:56:27extrêmement difficiles
00:56:28que cette responsabilité
00:56:30pèse sur leurs épaules
00:56:31la responsabilité
00:56:33des défaillances
00:56:33qui sont d'abord
00:56:35celles de vos choix politiques
00:56:36monsieur le ministre
00:56:37vous avez déclaré
00:56:37que notre justice
00:56:38était parfois
00:56:39une honte
00:56:40pour les victimes
00:56:41et qu'elle les maltraité
00:56:42et il faut prendre
00:56:43cette affirmation
00:56:44au sérieux
00:56:45mais alors
00:56:46il faut regarder
00:56:47précisément
00:56:48ce qui aujourd'hui
00:56:49maltraite les victimes
00:56:50oui les délais de jugement
00:56:52en font partie
00:56:52mais ce n'est pas tout
00:56:54c'est l'enfant
00:56:55qui révèle les violences
00:56:56et dont la parole
00:56:57n'est pas entendue
00:56:58c'est la victime
00:56:59qui traverse
00:57:00et se l'est
00:57:00plusieurs années
00:57:01d'instruction
00:57:02c'est l'absence
00:57:03d'accompagnement
00:57:04au moment du dépôt
00:57:05de plainte
00:57:05c'est l'absence
00:57:06d'avocat
00:57:07pour nombreux d'enfants
00:57:08concernés par une procédure
00:57:09d'assistance éducative
00:57:10c'est le manque
00:57:11d'accompagnement
00:57:12psychologique
00:57:13social
00:57:13associatif
00:57:14durant toute la procédure
00:57:16c'est l'insuffisance
00:57:17des moyens
00:57:18mis en oeuvre
00:57:18pour éviter
00:57:19une victimisation
00:57:20secondaire
00:57:20et apporter
00:57:21d'autres réponses
00:57:22aux besoins
00:57:23des victimes
00:57:23que celle
00:57:24d'une sanction
00:57:25du mis en cause
00:57:26or sur tous ces sujets
00:57:28votre texte
00:57:29a été silencieux
00:57:30j'en veux pour preuve
00:57:31que tous les amendements
00:57:32que nous avions déposés
00:57:33sur ces améliorations
00:57:35ont été jugés
00:57:36irrecevables
00:57:36car votre texte
00:57:38n'en parlait pas
00:57:38pourtant
00:57:39les associations
00:57:40et les juges
00:57:41que nous avons auditionné
00:57:42nous ont rappelé
00:57:43que les attentes
00:57:43des victimes
00:57:44ne se résument pas
00:57:45à la rapidité
00:57:46d'une décision judiciaire
00:57:47elles parlent aussi
00:57:49d'écoute
00:57:49de reconnaissance
00:57:50de compréhension
00:57:51des faits
00:57:51de possibilité
00:57:52d'être pleinement actrice
00:57:53au processus judiciaire
00:57:55elles nous ont également
00:57:56rappelé l'intérêt
00:57:56de la justice restaurative
00:57:58pour répondre
00:57:59à une partie
00:57:59de ces attentes
00:58:01notre second désaccord
00:58:03monsieur le ministre
00:58:03sur votre projet de loi
00:58:04porte sur la procédure
00:58:05de jugement
00:58:06des crimes reconnus
00:58:07qui constitue
00:58:08la mesure
00:58:08qui a fait l'objet
00:58:09de toute votre attention
00:58:10et de votre communication
00:58:12surtout
00:58:12concernant ce texte
00:58:14vous expliquez
00:58:15que la justice criminelle
00:58:16est engorgée
00:58:17vous expliquez
00:58:17que les délais
00:58:18sont devenus excessifs
00:58:20vous reconnaissez
00:58:21que les juridictions
00:58:22manquent de moyens
00:58:22vous aviez même
00:58:24devant la commission
00:58:25des lois au Sénat
00:58:26qu'il s'agissait là
00:58:27du coeur du problème
00:58:28dès lors plusieurs questions
00:58:30demeurent sans réponse
00:58:31que pensez-vous
00:58:32du surgel des crédits
00:58:33du ministère de la justice
00:58:34pourquoi ne pas avoir
00:58:35réorienté une partie
00:58:36des crédits consacrés
00:58:37à la construction
00:58:37de nouvelles places
00:58:39de prison
00:58:39vers les juridictions
00:58:41judiciaires
00:58:42pourquoi ne pas avoir
00:58:43investi davantage
00:58:44dans les outils numériques
00:58:45alors que la justice française
00:58:46est structurellement
00:58:47en retard dans ce domaine
00:58:49la procédure
00:58:50de jugement
00:58:50des crimes reconnus
00:58:51est présentée
00:58:52comme une réponse
00:58:52à la crise de l'agencement
00:58:53alors qu'elle ne concernera
00:58:55qu'un nombre
00:58:55très limité d'affaires
00:58:56disent tout au plus
00:58:58soit c'est une révolution
00:58:59pour rien
00:59:00soit c'est un début
00:59:01de révolution
00:59:02qui ne dit pas son nom
00:59:03et là j'entends
00:59:04la rapporteure
00:59:05nous parler
00:59:05d'acculturation
00:59:06à la procédure
00:59:07et c'est bien là
00:59:08votre stratégie
00:59:08qui était voilée
00:59:09vos maigres concessions
00:59:11obtenues par la pression
00:59:12de vos oppositions
00:59:13au Sénat
00:59:13n'est pas un gage
00:59:14d'équilibre
00:59:15mais bien que pour vous
00:59:16l'essentiel est de marquer
00:59:17de votre nom
00:59:18une nouvelle procédure
00:59:19judiciaire
00:59:20peu importe le coup
00:59:21monsieur le ministre
00:59:22je me permets également
00:59:23de vous corriger
00:59:23vous avez indiqué
00:59:24que le conseil d'état
00:59:25jugeait ce texte
00:59:26constitutionnel
00:59:27et je m'inquiète
00:59:27de cet abus de langage
00:59:28le conseil d'état
00:59:29estime
00:59:30il ne juge pas
00:59:31en l'espèce
00:59:32avec ce texte
00:59:33vous ne traitez pas
00:59:34les causes de la crise
00:59:35vous tentez d'en gérer
00:59:36les conséquences
00:59:37et c'est la raison
00:59:38pour laquelle nous avons
00:59:38une divergence de fond
00:59:39avec ce texte
00:59:40une divergence de fond
00:59:41avec la méthode
00:59:42et que nous nous y opposerons
00:59:45oui merci
00:59:46madame la députée
00:59:47je juge de l'article 45
00:59:48et des irrecevabilités
00:59:49et c'est la règle
00:59:51et c'est ainsi
00:59:51que c'est écrit
00:59:52dans la constitution
00:59:52au regard du texte initial
00:59:54bien sûr
00:59:55et je ne peux donc pas faire
00:59:56autrement
00:59:57madame Blandine Brocard
00:59:59pour le groupe Les Démocrates
01:00:01merci à monsieur le président
01:00:03monsieur le garde des Sceaux
01:00:04mes chers collègues
01:00:05nous examinons aujourd'hui
01:00:07un texte
01:00:07qui touche le coeur même
01:00:09de notre pacte républicain
01:00:10la capacité de notre justice
01:00:12à juger les crimes
01:00:13les plus graves
01:00:14dans des délais raisonnables
01:00:15tout en préservant pleinement
01:00:17les droits des victimes
01:00:19le constat est malheureusement
01:00:20connu
01:00:21des milliers d'affaires criminelles
01:00:22sont aujourd'hui
01:00:22en attente de jugement
01:00:23les délais s'allongent
01:00:25parfois jusqu'à 6 ou 8 ans
01:00:27pour les victimes
01:00:28cette attente
01:00:29est une épreuve supplémentaire
01:00:31pour notre justice
01:00:32elle constitue un défi majeur
01:00:34et pour notre société
01:00:35elle nourrit le doute
01:00:37et la mort dramatique
01:00:38de Yana
01:00:39vient ajouter
01:00:42légitimement
01:00:42à la douleur
01:00:44une terrible défiance
01:00:45et face à cette situation
01:00:47nous partageons
01:00:48l'objectif du gouvernement
01:00:49accélérer le traitement
01:00:50des affaires criminelles
01:00:51sans pour autant renoncer
01:00:53aux garanties fondamentales
01:00:54de notre état de droit
01:00:55c'est tout l'enjeu
01:00:57de la procédure de jugement
01:00:58des crimes reconnus
01:00:59dit plaidé coupable
01:01:00lorsqu'un auteur
01:01:01reconnaît les faits
01:01:01lorsqu'il accepte
01:01:02leur qualification pénale
01:01:04lorsqu'une condamnation
01:01:05est inéluctable
01:01:06il peut être légitime
01:01:07de rechercher
01:01:08une procédure plus rapide
01:01:09afin d'éviter
01:01:11des années d'attente
01:01:12et certaines victimes
01:01:13aspirent avant tout
01:01:14à une reconnaissance rapide
01:01:15des faits
01:01:16et à une condamnation
01:01:17effective
01:01:17de leur agresseur
01:01:19et nous devons entendre
01:01:20cette attente
01:01:21mais cette recherche
01:01:23d'efficacité
01:01:23ne doit jamais
01:01:24jamais conduire
01:01:25à affaiblir
01:01:26la place des victimes
01:01:27car derrière
01:01:28les dispositions techniques
01:01:29que nous examinons
01:01:30il y a des femmes
01:01:31il y a des hommes
01:01:32il y a des enfants
01:01:33qui ont subi
01:01:34les réparables
01:01:35et nous devons nous assurer
01:01:36que cette nouvelle procédure
01:01:38ne conduise jamais
01:01:39à invibiliser
01:01:40les victimes
01:01:41ni à réduire leur place
01:01:42dans le processus judiciaire
01:01:44et nous devons nous poser
01:01:45une question simple
01:01:46dans toutes les situations
01:01:48la victime sera-t-elle
01:01:49réellement libre
01:01:50d'accepter
01:01:51ou de refuser
01:01:52cette procédure
01:01:53pour le groupe
01:01:54Les Démocrates
01:01:55cette interrogation
01:01:55est particulièrement importante
01:01:57lorsqu'il s'agit
01:01:58de violences sexuelles
01:01:59et de violences
01:02:00intrafamiliales
01:02:01nous savons que dans ces affaires
01:02:02la relation entre l'auteur
01:02:03et la victime
01:02:04ne s'arrête pas
01:02:05avec le dépôt de plainte
01:02:06l'emprise peut perdurer
01:02:07les pressions peuvent subsister
01:02:09elles peuvent être
01:02:10directes ou indirectes
01:02:11elles peuvent venir
01:02:11de l'auteur lui-même
01:02:12mais aussi de l'entourage
01:02:13de la famille
01:02:14d'un contexte social
01:02:15qui pousse la victime
01:02:17à vouloir tourner la page
01:02:19au plus vite
01:02:19et dans ces circonstances
01:02:21nous devons veiller
01:02:22à ce que l'accord
01:02:23de la victime
01:02:23ne soit jamais
01:02:25le résultat d'une contrainte
01:02:26d'une fatigue
01:02:27ou d'un renoncement
01:02:28c'est pourquoi notre groupe
01:02:30a déposé plusieurs amendements
01:02:31visant à renforcer
01:02:32la protection
01:02:33et l'accompagnement
01:02:34des victimes
01:02:35nous souhaitons d'abord
01:02:36qu'elles disposent
01:02:37d'une information renforcée
01:02:38et complète
01:02:38avant de prendre
01:02:39leurs décisions
01:02:40une victime
01:02:41ne peut consentir
01:02:42librement
01:02:42à une procédure
01:02:43que si elle en comprend
01:02:45toutes les conséquences
01:02:46nous souhaitons également
01:02:48renforcer le rôle
01:02:49des associations
01:02:49d'aide aux victimes
01:02:50afin qu'aucune personne
01:02:51ne soit laissée seule
01:02:52face à une procédure
01:02:53souvent complexe
01:02:54et éprouvante
01:02:55nous proposons aussi
01:02:57de mieux protéger
01:02:57l'identité des victimes
01:02:58de violences sexuelles
01:02:59dès le dépôt de plainte
01:03:01afin d'éviter
01:03:02toute forme de pression
01:03:03de représailles
01:03:04ou d'intimidation
01:03:05enfin
01:03:06nous voulons améliorer
01:03:07la coordination
01:03:08entre les différents acteurs
01:03:09qui accompagnent
01:03:09les victimes
01:03:10pour leur éviter
01:03:11un parcours fragmenté
01:03:12où elles doivent
01:03:13sans cesse répéter
01:03:14leur histoire
01:03:15et revivre
01:03:15leur traumatisme
01:03:16mes chers collègues
01:03:18une justice
01:03:19plus rapide
01:03:20est nécessaire
01:03:20mais une justice
01:03:21plus rapide
01:03:22ne sera acceptée
01:03:23que si elle demeure
01:03:24une justice
01:03:24attentive
01:03:25protectrice
01:03:26et respectueuse
01:03:27la réussite
01:03:29de cette réforme
01:03:29ne se mesurera
01:03:30pas uniquement
01:03:30au nombre
01:03:31de dossiers traités
01:03:31ou au temps gagné
01:03:32sur les calendriers
01:03:33judiciaires
01:03:34elle se mesurera
01:03:35à la confiance
01:03:36que les victimes
01:03:37accorderont
01:03:37à notre institution
01:03:38judiciaire
01:03:40accélérer la justice
01:03:41oui
01:03:41mais jamais
01:03:42au prix du silence
01:03:43des victimes
01:03:43jamais au prix
01:03:44de leur protection
01:03:45jamais au prix
01:03:46de leur liberté
01:03:47et de choix
01:03:47et c'est dans cet esprit
01:03:49exigeant
01:03:49vigilant
01:03:50et équilibré
01:03:50que le groupe
01:03:51Les Démocrates
01:03:52abordera
01:03:52l'examen
01:03:53de ce texte
01:03:54je vous remercie
01:03:55merci
01:03:55merci
01:03:55madame la députée
01:03:56Agnès
01:03:56ferme
01:03:56le baudot
01:03:57pour le groupe
01:03:57horizon
01:03:58et indépendant
01:03:59merci monsieur
01:04:00le président
01:04:01monsieur le ministre
01:04:01mesdames les rapporteurs
01:04:02chers collègues
01:04:03l'engorgement
01:04:04de nos tribunaux
01:04:05n'est ni une donnée
01:04:06comptable
01:04:06ni une statistique
01:04:07administrative
01:04:08mais une réalité
01:04:09aux conséquences
01:04:10tragiques
01:04:11le drame de l'IANA
01:04:12en est l'illustration
01:04:13la plus douloureuse
01:04:14notre système judiciaire
01:04:15emprunt une paralysie
01:04:16chronique
01:04:17commet des erreurs
01:04:18dont les conséquences
01:04:19sont souvent irréparables
01:04:20cette situation
01:04:21est insupportable
01:04:22intolérable
01:04:23et permettez-moi
01:04:24de dire à la famille
01:04:25de l'IANA
01:04:25l'émotion
01:04:25qui est la nôtre
01:04:26aujourd'hui
01:04:26alors que nous
01:04:27nous apprêtons
01:04:28à examiner un texte
01:04:29visant à accélérer
01:04:30le temps judiciaire
01:04:31et de m'associer
01:04:32aux propos
01:04:33de notre collègue
01:04:34gaussien
01:04:34contre l'indignité
01:04:35des propos
01:04:35de notre collègue
01:04:36catalan
01:04:37les difficultés
01:04:38pour ne pas dire
01:04:39l'incapacité
01:04:39de notre système judiciaire
01:04:41à traiter les dossiers
01:04:41dans les délais
01:04:42raisonnables
01:04:43se situent
01:04:44sur l'ensemble
01:04:44de la chaîne
01:04:45au pénal
01:04:46comme au civil
01:04:47en matière correctionnelle
01:04:48comme en matière criminelle
01:04:49du dépôt de la plainte
01:04:50délibéré
01:04:52puisque c'est la justice
01:04:53criminelle
01:04:53qui nous intéresse
01:04:54aujourd'hui
01:04:54je voudrais mentionner
01:04:55les chiffres alarmants
01:04:56mis à disposition
01:04:57par le ministère
01:04:58de la justice
01:04:59avec près de 6 000
01:05:00affaires criminelles
01:05:00en attente de jugement
01:05:01en 2025
01:05:02soit plus du double
01:05:03qu'avant la crise sanitaire
01:05:04les délais d'audiencement
01:05:05criminel
01:05:06atteignent 6 à 8 ans
01:05:086 à 8 ans
01:05:09posons la question
01:05:10simplement
01:05:11comment garantir
01:05:12que d'autres drames
01:05:13ne se produisent pas
01:05:14dans ce laps de temps
01:05:14comment expliquer
01:05:16à nos concitoyens
01:05:16victimes d'infractions
01:05:17aussi graves
01:05:18qu'ils devront attendre
01:05:19près de 10 ans
01:05:20avant que leur agresseur
01:05:21ne soit condamné
01:05:21les conséquences
01:05:23de ce délai
01:05:23ne sont pas moins lourdes
01:05:24pour les accusés
01:05:25alors qu'un nombre
01:05:26croissant de juridictions
01:05:27ne parvient plus
01:05:28à audioncer les affaires
01:05:29au cours de la période
01:05:30initiale de détention
01:05:31provisoire
01:05:32ni pour la société
01:05:34quand la lenteur
01:05:34de la justice
01:05:35conduit à la remise
01:05:36en liberté
01:05:37de détenus dangereux
01:05:38plus largement
01:05:40une justice
01:05:41qui n'est pas rendue
01:05:41dans les délais raisonnables
01:05:42est une justice
01:05:43qui perd sa capacité
01:05:44à épaiser les conflits
01:05:45et à restaurer
01:05:46la paix sociale
01:05:47et c'est la confiance
01:05:48même
01:05:49de nos concitoyens
01:05:50envers l'Etat
01:05:51qui s'en trouve fragilisé
01:05:52l'accélération
01:05:54du temps judiciaire
01:05:55c'est précisément
01:05:56l'ambition
01:05:56de ces deux projets
01:05:57de loi
01:05:57dont le groupe
01:05:58Horizon et Indépendance
01:05:59salue le dépôt
01:06:00par le gouvernement
01:06:01inspirés du terrain
01:06:02ces textes
01:06:03portent des mesures
01:06:04techniques utiles
01:06:05la facilitation
01:06:07des appels criminels
01:06:08le transfert
01:06:09de certains pouvoirs
01:06:09des chambres
01:06:10de l'instruction
01:06:10à leur président
01:06:11ou encore
01:06:12l'instauration
01:06:12d'un principe
01:06:13de solidarité
01:06:13entre les avocats
01:06:14de la défense
01:06:15ces textes
01:06:16portent également
01:06:17des réformes innovantes
01:06:18davantage structurelles
01:06:19que notre groupe soutient
01:06:21telles que
01:06:22la pérennisation
01:06:22des avocats honoraires
01:06:23exerçant des fonctions
01:06:24juridictionnelles
01:06:25et l'intégration
01:06:26de citoyens assesseurs
01:06:27au sein des cours
01:06:28criminels départementales
01:06:29la mesure la plus ambitieuse
01:06:31de ces textes
01:06:32est la création
01:06:33d'une procédure
01:06:33de jugement
01:06:34des crimes reconnus
01:06:35cette procédure
01:06:36répond à un constat réel
01:06:38nombre de victimes
01:06:39souhaitent
01:06:40que la procédure
01:06:41aille vite
01:06:41et que les faits
01:06:42soient reconnus
01:06:43pour faciliter
01:06:43leur reconstruction
01:06:44ce souhait
01:06:45mérite d'être entendu
01:06:47mais l'accélération
01:06:48du temps judiciaire
01:06:49ne saurait s'opérer
01:06:50au détriment
01:06:51des garanties fondamentales
01:06:52du procès équitable
01:06:53c'est pourquoi
01:06:54notre groupe
01:06:54proposera deux amendements
01:06:55le premier vise
01:06:56à prévoir l'accord
01:06:57de la victime
01:06:58en lieu et place
01:06:58de sa simple absence
01:06:59d'opposition
01:07:00le second propose
01:07:01que l'accord
01:07:02de l'accusé
01:07:02soit recueilli
01:07:03par déclaration manuscrite
01:07:04signée en présence
01:07:05de son avocat
01:07:06ces mesures garantiront
01:07:08que le choix
01:07:08de chacune des parties
01:07:09soit éclairé
01:07:10et librement consenti
01:07:12nous savons également
01:07:13la décision du garde
01:07:14des Sceaux
01:07:14d'exclure les crimes sexuels
01:07:15du champ d'application
01:07:16de cette procédure
01:07:17et soutiendra
01:07:18les amendements
01:07:19en ce sens
01:07:19ces crimes relèvent
01:07:21en effet
01:07:21d'un contentieux
01:07:21trop spécifique
01:07:22pour y être soumis
01:07:24enfin
01:07:24notre groupe
01:07:25sera particulièrement
01:07:26attentif
01:07:26au cours des débats
01:07:27aux dispositions
01:07:28de l'article 9
01:07:29instituant un mécanisme
01:07:30d'urgence
01:07:30en cas de dépassement
01:07:31des délais d'examen
01:07:32d'une demande
01:07:33de mise en liberté
01:07:34que le Conseil d'Etat
01:07:35a jugé contraire
01:07:36à l'article 66
01:07:37de la Constitution
01:07:38un dispositif
01:07:39pleinement conforme
01:07:40aux exigences
01:07:41constitutionnelles
01:07:41devra être retenu
01:07:43le groupe
01:07:44Horizon et Indépendants
01:07:45prendra toute sa part
01:07:46à l'évolution du texte
01:07:48et votera en sa faveur
01:07:49je vous remercie
01:07:50merci
01:07:50la parole est à David Topiak
01:07:52pour le groupe
01:07:52Liot
01:07:54merci monsieur le président
01:07:55le maquilleur
01:07:56dans votre commission
01:07:56monsieur le garde
01:07:57des Sceaux
01:07:58mes chers collègues
01:07:59près de 6 000 affaires
01:08:01criminelles
01:08:01attendent aujourd'hui
01:08:02d'être jugées
01:08:03ce stock de dossiers
01:08:05ce sont autant
01:08:05de vies suspendues
01:08:06de familles en attente
01:08:07de justice
01:08:08et de réparation
01:08:10une réponse pénale
01:08:11qui arrive 6, 7
01:08:12voire 8 ans
01:08:13après les faits
01:08:14devient étrangère
01:08:15au vécu des victimes
01:08:16ces délais font
01:08:17que la distance
01:08:18se creuse
01:08:19entre l'institution judiciaire
01:08:21et ceux
01:08:22qu'elle est censée protéger
01:08:23face à cette mécanique
01:08:25judiciaire grippée
01:08:26qui accumule
01:08:26les dysfonctionnements
01:08:28vous présentez
01:08:29deux projets de loi
01:08:29sur la justice criminelle
01:08:31plusieurs dispositions
01:08:32visent à desserrer
01:08:33l'étau autour
01:08:34de nos juridictions
01:08:35l'extension des compétences
01:08:36des cours criminelles
01:08:37et départementales
01:08:38le renforcement
01:08:39des capacités d'enquête
01:08:40d'autres suscitent
01:08:41de vives oppositions
01:08:42comme le plaidé coupable
01:08:44criminel
01:08:44qui altère profondément
01:08:46la pratique
01:08:47de nos juridictions
01:08:47la recherche d'efficacité
01:08:49ne peut pas conduire
01:08:50à effacer
01:08:50la voix des victimes
01:08:52lors du procès
01:08:52ou à diminuer
01:08:53la sévérité des peines
01:08:55mais au-delà
01:08:55des dispositions techniques
01:08:56une réalité s'impose
01:08:57une procédure plus rapide
01:08:59ne remplacera jamais
01:09:00le manque de moyens
01:09:02je ne nie pas
01:09:02les efforts menés
01:09:03mais la réalité
01:09:04est qu'aujourd'hui encore
01:09:05la France met chaque année
01:09:0677 euros par habitant
01:09:08dans sa justice
01:09:09contre 85 euros
01:09:10chez nos voisins européens
01:09:12conséquence
01:09:13notre pays
01:09:13compte moins de 12 juges
01:09:15pour 5000 habitants
01:09:16contre une ration européenne
01:09:17de 22 juges
01:09:19rien d'étonnant
01:09:20à ce que notre chaîne pénale
01:09:22soit en crise
01:09:23et en matière criminelle
01:09:24tout dysfonctionnement
01:09:25a un coût humain
01:09:26c'est à ce titre
01:09:27que je souhaite évoquer
01:09:28le décès de la petite
01:09:29Liana
01:09:30depuis quelques jours
01:09:32le Gers
01:09:32s'est traversé
01:09:33par une immense émotion
01:09:34cette collégienne
01:09:35a perdu la vie
01:09:36dans des circonstances
01:09:37d'une gravité
01:09:39particulière
01:09:40marquée par
01:09:41des manquements
01:09:42de votre ministère
01:09:42notamment
01:09:44il y a un an
01:09:45je vous avais alerté
01:09:45sur les difficultés
01:09:46de fonctionnement
01:09:47du tribunal d'Auch
01:09:47en sous-effectif chronique
01:09:48la réponse
01:09:49de votre ministère
01:09:50n'a pas été
01:09:51totalement satisfaisante
01:09:53dans ces conditions
01:09:53comment peut-on dire
01:09:54que l'on a fait
01:09:56comme l'a fait
01:09:57le président de la république
01:09:57que le manque de moyens
01:09:58n'est pas un sujet
01:10:01l'émotion collective
01:10:02autour de cette affaire
01:10:03révèle une inquiétude
01:10:04plus profonde
01:10:05sur les angles morts
01:10:06de la protection
01:10:06des mineurs
01:10:07la marche blanche
01:10:08organisée
01:10:09a été un hommage
01:10:09à cette petite fille
01:10:10et à sa famille
01:10:11elle a aussi exprimé
01:10:12une profonde colère
01:10:14et de fortes attentes
01:10:15de protection
01:10:15de nos enfants
01:10:18monsieur le garde des Sceaux
01:10:20l'enquête administrative
01:10:20fera la lumière
01:10:21sur les dysfonctionnements
01:10:22dans le traitement
01:10:23de la plaine déposée
01:10:24en 2025
01:10:25mais ces dysfonctionnements
01:10:26ne sauraient être
01:10:27de la seule responsabilité
01:10:29de l'échelon local
01:10:30car il relève également
01:10:31des défaillances systémiques
01:10:33de la chaîne judiciaire
01:10:34nous sommes nombreux
01:10:35à appeler
01:10:36l'inscription à l'ordre du jour
01:10:38de l'Assemblée nationale
01:10:39la proposition de loi intégrale
01:10:40visant à lutter
01:10:41contre les violences
01:10:42sexistes et sexuelles
01:10:44contre les femmes
01:10:44et les enfants
01:10:46aujourd'hui
01:10:47je ne vois rien
01:10:48de ces deux projets de loi
01:10:49qui auraient permis
01:10:49d'éviter ce drame
01:10:50et surtout
01:10:51d'en éviter de nouveau
01:10:52je vous remercie
01:10:57merci
01:10:57la parole est
01:10:59à Emeline Carmidi
01:11:00pour le groupe GDR
01:11:01je vous en prie
01:11:04merci monsieur le président
01:11:05monsieur le ministre
01:11:06mesdames les rapporteurs
01:11:06mes chers collègues
01:11:07lors de son annonce
01:11:08ce projet de loi
01:11:09devait assurer
01:11:10une sanction utile
01:11:11rapide
01:11:12et effective
01:11:12il portait alors
01:11:13l'acronyme SUR
01:11:14aujourd'hui
01:11:15il est devenu
01:11:16un projet de loi
01:11:16relatif à la justice criminelle
01:11:18et au respect des victimes
01:11:19pourtant derrière
01:11:20ces intitulés successifs
01:11:21il s'agit surtout
01:11:22d'un nouveau texte
01:11:23de gestion
01:11:24de la pénurie judiciaire
01:11:25car monsieur le ministre
01:11:26rien dans ce projet de loi
01:11:27ne répond aux difficultés
01:11:28structurelles
01:11:29de notre justice criminelle
01:11:30et encore moins
01:11:31aux attentes des victimes
01:11:32nos débats
01:11:33prennent aujourd'hui
01:11:34une résonance particulière
01:11:35au regard de l'actualité
01:11:36qui bouleverse notre pays
01:11:37après le meurtre
01:11:38de la petite Liana
01:11:39et les révélations
01:11:40sur le parcours judiciaire
01:11:42ou plutôt l'absence
01:11:43de parcours judiciaire
01:11:44du principal suspect
01:11:45je souhaite d'abord
01:11:46avoir une pensée
01:11:47pour cet enfant
01:11:47pour sa famille
01:11:48et pour l'ensemble
01:11:49de celles et ceux
01:11:49qui se rassemblent aujourd'hui
01:11:50ils sont nombreux
01:11:51en hexagone
01:11:52comme en outre-mer
01:11:53afin d'honorer sa mémoire
01:11:54et de réclamer une justice
01:11:55capable de protéger
01:11:56les enfants
01:11:57et de traiter
01:11:58les situations de danger
01:11:59avant qu'il ne soit trop tard
01:12:01il faut le dire
01:12:01avec clarté
01:12:02aucune des dispositions
01:12:03que nous examinons aujourd'hui
01:12:05ne répond aux défaillances
01:12:06déjà identifiées
01:12:07dans cette affaire
01:12:07le débat serait
01:12:09principalement cristallisé
01:12:10autour de la procédure
01:12:12de jugement
01:12:12des crimes reconnus
01:12:13la PJCR
01:12:14beaucoup y ont vu
01:12:15une forme de justice
01:12:16criminelle négociée
01:12:17face aux critiques
01:12:18le gouvernement
01:12:19a considérablement
01:12:19revu sa copie
01:12:20la PJCR est désormais
01:12:22limitée aux violences volontaires
01:12:24ayant entraîné la mort
01:12:24sans intention de la donner
01:12:25et à certains vols
01:12:26à main armée
01:12:27mais nous connaissons
01:12:28ce mécanisme
01:12:28nous l'avons déjà observé
01:12:30avec la comparution
01:12:30sur reconnaissance préalable
01:12:32de culpabilité
01:12:32puis avec les cours
01:12:33criminels départementales
01:12:35ce qui est présenté
01:12:36comme une exception
01:12:36finit souvent
01:12:37par devenir la norme
01:12:38c'est d'ailleurs
01:12:39dans cette logique
01:12:39que l'article 2
01:12:40étend les compétences
01:12:41des cours criminels
01:12:42départementales
01:12:43aux crimes commis
01:12:44en état de récidive légale
01:12:45notre groupe
01:12:46s'y opposera
01:12:46une nouvelle fois
01:12:48car derrière
01:12:49ces réformes successives
01:12:50l'objectif
01:12:50demeure le même
01:12:51juger davantage
01:12:52plus vite
01:12:52et à moindre coût
01:12:53pourtant la PJCR
01:12:54n'apporte aucune réponse
01:12:55sérieuse à l'allongement
01:12:56des délais judiciaires
01:12:57elle peut permettre
01:12:58de réduire certaines dépenses
01:12:59en supprimant
01:13:00la présence
01:13:01des jurés populaires
01:13:01ou la comparution
01:13:02de certains experts
01:13:03et témoins
01:13:04mais elle ne réduit
01:13:05ni les délais d'enquête
01:13:06ni ceux de l'instruction
01:13:07elle soulève même
01:13:08une difficulté supplémentaire
01:13:10en faisant peser
01:13:10sur les victimes
01:13:11une responsabilité nouvelle
01:13:12dans l'appréciation
01:13:13de la peine proposée
01:13:14un mécanisme inédit
01:13:16dans notre droit pénal
01:13:17qui n'existe pas même
01:13:18devant les juridictions
01:13:19correctionnelles
01:13:20au-delà de cette procédure
01:13:21ce texte traduit
01:13:22une conception préoccupante
01:13:23des libertés fondamentales
01:13:24et des droits de la défense
01:13:25l'article 7
01:13:26en est l'illustration
01:13:27sous couvert de lutte
01:13:28contre les manœuvres dilatoires
01:13:29il réduit à 3 mois
01:13:30le délai pour soulever
01:13:31les nullités de procédure
01:13:32or chacun sait
01:13:33que cette disposition
01:13:34n'accèlera ni l'enquête
01:13:35ni l'instruction
01:13:36son effet principal
01:13:37sera de limiter
01:13:38les possibilités
01:13:39pour la défense
01:13:39de faire constater
01:13:40les irrégularités
01:13:41commises au cours
01:13:42de la procédure
01:13:42l'objectif
01:13:43n'est non pas
01:13:44de réduire les délais
01:13:44de la justice
01:13:45mais de réduire
01:13:46le nombre de nullités
01:13:50aujourd'hui
01:13:50lorsqu'un juge
01:13:51ne statue pas
01:13:52dans les délais
01:13:52prévus par la loi
01:13:53sur une demande
01:13:54de mise en liberté
01:13:54la conséquence
01:13:55est immédiate
01:13:56demain il disposerait
01:13:57d'un délai supplémentaire
01:13:58de 5 jours
01:13:59pour réunir
01:14:00une formation collégiale
01:14:01et statuée
01:14:01autrement dit
01:14:02lorsque la justice
01:14:03ne respecte pas
01:14:04les délais qu'elle s'impose
01:14:05elle-même
01:14:05vous lui accordez
01:14:06une seconde chance
01:14:07ce faisant
01:14:08vous inverse un principe
01:14:09fondamental
01:14:09la liberté cesse
01:14:10d'être la règle
01:14:11et la détention
01:14:12l'exception
01:14:12alors où nos établissements
01:14:14pénitentiaires
01:14:14connaissent une surpopulation
01:14:15historique
01:14:16cette disposition
01:14:17ne résout
01:14:18aucune des difficultés
01:14:19de notre système judiciaire
01:14:21je vais également
01:14:22évoquer l'article 3
01:14:23relatif à la généalogie génétique
01:14:24ce texte autorise
01:14:26le recours
01:14:26à des bases
01:14:27de données génétiques
01:14:27y compris étrangères
01:14:28sans apporter
01:14:29de garanties suffisantes
01:14:30sur leur contrôle
01:14:31nous avons de nombreuses
01:14:32questions à ce sujet
01:14:33j'y reviendrai
01:14:34au cours de la discussion
01:14:35la vérité monsieur le ministre
01:14:36c'est que votre projet de loi
01:14:37ne traite pas
01:14:38les causes profondes
01:14:38des difficultés
01:14:39de notre justice
01:14:40le manque de moyens
01:14:41les chiffres ont été rappelés
01:14:42ces chiffres sont encore
01:14:44plus défavorables
01:14:44dans les territoires
01:14:45ultramarins
01:14:46pour juger
01:14:47il faudrait davantage
01:14:47d'officier de poids judiciaire
01:14:49de procureur
01:14:49de magistrat
01:14:50davantage de greffiers
01:14:51monsieur le ministre
01:14:52si la justice
01:14:53est aveugle
01:14:54le garde des Sceaux
01:14:55lui ne devrait pas
01:14:56détourner le regard
01:14:56merci
01:14:58merci
01:14:58la parole est à Antoine Valentin
01:15:00pour le groupe UDR
01:15:02merci monsieur le président
01:15:03monsieur le garde des Sceaux
01:15:05Montesquieu dans l'esprit
01:15:06des lois
01:15:06écrivait que l'impunité
01:15:07est la mère de tous les crimes
01:15:08deux siècles et demi plus tard
01:15:10la France criminelle
01:15:11n'attend plus
01:15:12ceux qui les commettent
01:15:13elle attend les magistrats
01:15:15six à huit ans
01:15:15de délai moyen
01:15:16avant une audience
01:15:1786 000 affaires
01:15:18en souffrance
01:15:19et dans le seul ressort
01:15:20d'Aix-en-Provence
01:15:2119 accusés
01:15:23remis en liberté
01:15:24faute d'avoir pu
01:15:25être jugés
01:15:25à temps
01:15:26ce n'est pas une crise
01:15:27de la justice
01:15:28c'est l'effondrement
01:15:29de la promesse républicaine
01:15:31elle-même
01:15:31sur le diagnostic
01:15:33le groupe UDR
01:15:33est à vos côtés
01:15:34ce texte porte
01:15:36des avancées réelles
01:15:37le renforcement
01:15:37des capacités d'investigation
01:15:39l'encadrement
01:15:40des protections
01:15:41accordées
01:15:41aux professionnels
01:15:42de la justice
01:15:43les dispositions
01:15:44relatives à l'indemnisation
01:15:46provisoire
01:15:46nous les soutiendrons
01:15:48mais au-delà de cela
01:15:50il me faut
01:15:50monsieur le ministre
01:15:51évoquer la terrible affaire
01:15:52Liana
01:15:53le groupe UDR
01:15:54et son président
01:15:55Éric Ciotti
01:15:55partagent la peine
01:15:57de ses proches
01:15:58elle avait 11 ans
01:15:59son corps
01:16:00sans vie
01:16:01a été retrouvé
01:16:01dans un silo agricole
01:16:03le suspect
01:16:04Jérôme Barrella
01:16:05était connu
01:16:06des services
01:16:07depuis 2017
01:16:08signalé
01:16:09mis en cause
01:16:10pour viol
01:16:10en 2022
01:16:11mis en cause
01:16:12à nouveau
01:16:13en 2025
01:16:14jamais entendu
01:16:16ce n'est pas
01:16:16une erreur
01:16:17d'appréciation
01:16:18ce n'est pas
01:16:18un dysfonctionnement
01:16:19localisé
01:16:20c'est l'aboutissement
01:16:21logique
01:16:22d'un système
01:16:22qui a choisi
01:16:23par habitude
01:16:24bureaucratique
01:16:25devenu doctrine
01:16:26implicite
01:16:26de classer
01:16:27plutôt que
01:16:28d'instruire
01:16:29de gérer
01:16:30plutôt que
01:16:30de protéger
01:16:31or monsieur le ministre
01:16:32vous avez déclaré
01:16:33ce matin
01:16:34que la crise
01:16:34de la justice
01:16:35n'est pas
01:16:35une question
01:16:36de moyens
01:16:36les chiffres
01:16:37vous contredisent
01:16:38avec une clarté
01:16:39qui devrait
01:16:40vous inquiéter
01:16:41la France
01:16:42compte à peine
01:16:42trois procureurs
01:16:43pour 100 000
01:16:44habitants
01:16:44en deçà
01:16:45de toutes
01:16:46les normes
01:16:46européennes
01:16:47comparables
01:16:47la justice
01:16:49ne représente
01:16:49que 5 euros
01:16:50sur 1000
01:16:51du budget
01:16:51de l'état
01:16:52l'une des
01:16:53nombreuses raisons
01:16:54qui nous avait
01:16:54d'ailleurs
01:16:54contraint
01:16:55de refuser
01:16:55votre budget
01:16:562026
01:16:57les syndicats
01:16:58de votre ministère
01:16:59documentent
01:17:00depuis deux ans
01:17:00une inflation
01:17:01documentaire
01:17:02sans précédent
01:17:0342 circulaires
01:17:04et 72 dépêches
01:17:06depuis 2025
01:17:07dont certaines
01:17:08prennent plus
01:17:08l'apparence
01:17:09d'un fusible
01:17:10ou d'une couverture
01:17:11politique
01:17:11que d'une réelle
01:17:12volonté
01:17:12de faire évoluer
01:17:13les choses
01:17:14puisque la fermeté
01:17:15que vous prenez
01:17:16ne peut être
01:17:17mise en oeuvre
01:17:18sans moyens
01:17:18politiques
01:17:19et financiers
01:17:20ce n'est pas
01:17:21de la philosophie
01:17:22pénale
01:17:23c'est de l'arithmétique
01:17:24et l'arithmétique
01:17:25elle ne ment pas
01:17:26sur le fond
01:17:27de ce texte
01:17:28le plaidé coupable
01:17:29criminel
01:17:30nous interroge
01:17:30sérieusement
01:17:31nous ne sommes pas
01:17:32opposés à une justice
01:17:33plus rapide
01:17:33l'urgence des délais
01:17:35est incontestable
01:17:36mais la frontière
01:17:37entre crime et délit
01:17:38n'est pas une catégorie
01:17:39procédurale commode
01:17:40c'est une décision
01:17:41de civilisation
01:17:42si notre droit
01:17:44a érigé
01:17:44certains actes
01:17:45en crime
01:17:45c'est précisément
01:17:46parce que leur gravité
01:17:48irréductible
01:17:48appelle un procès
01:17:49une audience
01:17:50une confrontation
01:17:51publique
01:17:52avec la vérité
01:17:54transactionnaliser
01:17:54le jugement
01:17:55des faits les plus graves
01:17:56c'est risquer
01:17:57d'adapter la justice
01:17:58à sa propre insuffisance
01:17:59au lieu de lui donner
01:18:01les moyens
01:18:01de son ambition
01:18:02une justice rapide
01:18:04construite sur la pénurie
01:18:05n'est pas une réforme
01:18:06c'est une capitulation
01:18:08je conclue donc
01:18:10par trois questions
01:18:11monsieur le ministre
01:18:11premièrement
01:18:12quels moyens budgétaires
01:18:13et humains concrets
01:18:14accompagneront
01:18:15cette réforme
01:18:16au delà du seul
01:18:17réagencement procédural
01:18:19deuxièmement
01:18:20pouvez-vous garantir
01:18:21que le plaidé coupable
01:18:22criminel
01:18:23n'a pas vocation
01:18:24à compenser
01:18:25par la procédure
01:18:26un sous-investissement
01:18:27structurel
01:18:28et durable
01:18:28dans la justice
01:18:30troisièmement
01:18:30après Liana
01:18:31après Karine
01:18:32après Yanis
01:18:33et tant d'autres
01:18:34quelles mesures précises
01:18:35entendez-vous
01:18:36pour mettre en place
01:18:37pour que les signalements
01:18:38touchant à la protection
01:18:39des enfants
01:18:40soient enfin
01:18:41systématiquement
01:18:41et sans exception
01:18:43suivi des faits
01:18:44la république
01:18:45doit pouvoir regarder
01:18:46ses enfants
01:18:46dans les yeux
01:18:47pour l'instant
01:18:48elle leur tourne le dos
01:18:49je vous remercie
01:18:50monsieur le ministre
01:18:51je vous laisse
01:18:52apporter vos réponses
01:18:53assez nombreuses
01:18:55et différentes
01:18:56interpellations
01:18:57monsieur le ministre
01:18:57c'est à vous
01:18:58merci monsieur le président
01:18:59je propose de répondre
01:19:00en deux parties
01:19:01la première relevant
01:19:02de l'affaire affreuse
01:19:04qui nous touche
01:19:05toutes et tous
01:19:05Liana
01:19:06en essayant
01:19:07bien évidemment
01:19:07de ne pas répondre
01:19:08à un certain
01:19:08de provocation politicienne
01:19:10qui je crois
01:19:10ne sont pas du tout
01:19:11à la hauteur
01:19:12de l'émotion légitime
01:19:14et de la question
01:19:14que l'on doit tous
01:19:15se poser
01:19:16et puis peut-être
01:19:17sur le texte
01:19:18en lui-même
01:19:19avec j'imagine
01:19:20en complément
01:19:20mesdames les rapporteurs
01:19:21dont je remercie le travail
01:19:22les observations
01:19:24et dont je peux comprendre
01:19:25les interrogations
01:19:26voire les demandes
01:19:28d'amendements
01:19:28de modification
01:19:29du texte
01:19:30peut-être répondre
01:19:30tout de suite
01:19:31au groupe
01:19:32Europe Ecologie
01:19:33et Les Verts
01:19:33ou écologistes
01:19:35pardon
01:19:35d'abord le ministre
01:19:36de la Justice
01:19:36il n'appelle pas
01:19:37le préfet de police
01:19:38pour parler d'ordre public
01:19:39donc je n'ai pas appelé
01:19:40le préfet de police
01:19:41ce n'est pas moi
01:19:42qui décide
01:19:43qui manifeste où
01:19:45personnellement
01:19:45en neuf ans
01:19:46de gouvernement
01:19:47j'ai dû connaître
01:19:48des réformes difficiles
01:19:49quand j'ai fait
01:19:49l'impôt à la source
01:19:50que tout le monde
01:19:50combattait
01:19:51quand j'ai organisé
01:19:51les Jeux Olympiques
01:19:52lorsqu'on a mis en place
01:19:54un certain nombre
01:19:55de réformes importantes
01:19:55au ministère de l'Intérieur
01:19:56et quand bien même
01:19:57quand je suis arrivé
01:19:57au ministère de la Justice
01:19:58un certain nombre
01:19:59de réformes
01:19:59a été combattu
01:20:00celle sur le narcotrafic
01:20:01il y a eu des manifestations
01:20:02celle sur les directeurs
01:20:03de grève
01:20:03qui avaient été oubliés
01:20:04dans les réformes précédentes
01:20:05personnellement
01:20:06moi je suis évidemment
01:20:07favorable à le manifester
01:20:08mais ce n'est pas
01:20:09le juge administratif
01:20:11qui se substitue
01:20:12au garde des Sceaux
01:20:12ou l'inverse
01:20:13d'abord
01:20:13la justice administrative
01:20:14ne dépend pas de moi
01:20:15vous l'aurez constaté
01:20:16puisque je ne défends
01:20:16même pas ses crédits
01:20:17c'est le ministre
01:20:17de la Sion du Parlement
01:20:18qui les défend
01:20:19et je n'appelle pas
01:20:20préfet de police
01:20:20pour les manifestations
01:20:21qui se déroulent
01:20:21sur la place Vendôme
01:20:22donc vous avez votre réponse
01:20:24j'ai croisé d'ailleurs
01:20:25même la présidente
01:20:25de l'Assemblée nationale
01:20:26dans les couloirs
01:20:27et je lui ai dit
01:20:27que c'était quelque chose
01:20:28qui relevait du préfet de police
01:20:30et je crois que c'est normal
01:20:31d'ailleurs que ce soit
01:20:32le public qui gère
01:20:32l'ordre public
01:20:32et pas le garde des Sceaux
01:20:33parce qu'on serait
01:20:34dans une drôle de république
01:20:34vous avez donc tout à fait
01:20:36ma réponse
01:20:37et moi je suis pour le coup
01:20:38pour l'état de droit
01:20:39absolument
01:20:40c'est le préfet de police
01:20:40qui donne les autorisations
01:20:41quand on n'est pas d'accord
01:20:42on va dans la juridiction administrative
01:20:44on casse ou pas
01:20:45la décision qui a été prise
01:20:46par le préfet de police
01:20:47qui répond je crois
01:20:48au renseignement de la DRPP
01:20:50si je me souviens bien
01:20:50de mes fonctions de ministère
01:20:51de l'intérieur
01:20:52et qu'il y a des raisons
01:20:53pour lesquelles
01:20:53il dit ou il dit pas
01:20:55d'autoriser telle ou telle manifestation
01:20:56et la justice est là
01:20:57pour voir si le préfet de police
01:20:58n'a pas fait d'excès de pouvoir
01:20:59voilà
01:20:59je constate par ailleurs
01:21:01qu'il y a beaucoup de manifestations
01:21:02qui sont déclarées
01:21:04elles sont déclarées
01:21:04dans les tribunaux
01:21:05dans des mairies
01:21:06dans des préfectures
01:21:07et c'est ainsi fait
01:21:08que la France fonctionne ainsi
01:21:09les préfets les autorisent
01:21:10ou non dans chaque département
01:21:11je peux vous assurer
01:21:12que depuis ce matin
01:21:13à 8h30
01:21:13j'ai pas passé mon temps
01:21:14à appeler les préfets de la République
01:21:16puisque j'ai oublié
01:21:17cette partie de la fonction
01:21:18que j'ai pu occuper
01:21:19dans 4 ans et demi
01:21:20et que je suis désormais
01:21:20à la tête de la chancellerie
01:21:21donc vous ne trouverez pas en moi
01:21:23sauf à faire de la politique déplacée
01:21:24ce qui ne vous ressemblerait pas
01:21:26une réponse
01:21:28qui serait contraire
01:21:29vous avez ma réponse
01:21:30je n'ai pas appelé
01:21:31les préfets de police
01:21:34deuxième sujet
01:21:35je crois que
01:21:35si on a ce débat
01:21:37sur l'affaire Liana
01:21:38et je comprends tout à fait
01:21:39qu'on l'est
01:21:41je pense que depuis
01:21:42la semaine dernière
01:21:43s'il y a bien quelque chose
01:21:44que vous pouvez me reconnaître
01:21:46c'est d'assumer
01:21:47mes responsabilités
01:21:47d'aller médiatiquement
01:21:48et devant le Parlement
01:21:50j'ai déjà dit à M. le Président
01:21:51de la Commission des lois
01:21:51que je suis à sa disposition
01:21:52évidemment pour prendre
01:21:53la toute question
01:21:54comme on m'interroge
01:21:55aux questions au gouvernement
01:21:55mais comme on le fait aussi
01:21:57à plusieurs reprises
01:21:58par les journalistes
01:21:59qui posent des questions
01:22:00et je ne me défile pas
01:22:01j'aurais très bien pu faire
01:22:02un communiqué de presse
01:22:03pour dire
01:22:03ce sont des magistrats indépendants
01:22:06et rendent compte
01:22:07de leurs décisions
01:22:08ce qui serait
01:22:08la stricte vérité constitutionnelle
01:22:11je ne me défile pas
01:22:12devant les responsabilités
01:22:13qui sont les miennes
01:22:13et parfois la vérité
01:22:14qu'il faut dire
01:22:15crûment aux Français
01:22:16dans ce que je considère être
01:22:18comme je l'ai rappelé
01:22:19qu'il n'y a pas de juges du siège
01:22:20qui se sont prononcés
01:22:21dans cette terrible affaire
01:22:22un dysfonctionnement
01:22:24de l'ensemble des services
01:22:25de l'État
01:22:25dont le service public
01:22:27de la justice
01:22:28et ne pas le dire
01:22:29c'est pas rendre service
01:22:31à la confiance
01:22:31de nos concitoyens
01:22:32dans la justice
01:22:34pour cela
01:22:34il faut qu'on parle du principe
01:22:35je dis au président Houillier
01:22:37qui a été président
01:22:37de la commission des lois
01:22:38et qui connaît parfaitement
01:22:39la différence
01:22:39entre une dépêche
01:22:40de la DACG
01:22:41et une circulaire
01:22:41du ministre de la justice
01:22:43monsieur le président
01:22:44de la commission des lois
01:22:44j'ai pris deux circulaires
01:22:45politiques générales
01:22:47deux circulaires politiques générales
01:22:48depuis janvier
01:22:49depuis janvier 2025
01:22:51et voyez
01:22:52c'est là où je pense
01:22:53que le débat doit être
01:22:54entre nous
01:22:56quand la commission
01:22:58d'enquête
01:22:59parlementaire
01:23:00me demande
01:23:02de groupes politiques
01:23:03qui vous sont proches
01:23:04et de votre groupe politique
01:23:05de prendre
01:23:06une dépêche
01:23:07de la DACG
01:23:08qui a été prise
01:23:08le soir du vote
01:23:10de la loi sur le consentement
01:23:12pour expliquer aux magistrats
01:23:13ce qu'est le consentement
01:23:14et quand je dis
01:23:15à la commission
01:23:16vous êtes un certain nombre
01:23:17d'entre vous
01:23:17qui étiez à cette commission
01:23:19quand je dis
01:23:19la DACG a pris
01:23:21une dépêche
01:23:22pour expliquer
01:23:22ce que souhaitaient
01:23:23exactement les parlementaires
01:23:24et qu'on me dit
01:23:25non il faut une circulaire
01:23:26politique pénale
01:23:27et que je réponds
01:23:28la dépêche de la DACG
01:23:29suffit
01:23:30puisqu'il s'agit
01:23:30d'expliquer un point
01:23:31de droit
01:23:32et que monsieur le président
01:23:33de la commission des lois
01:23:34met deux circulaires
01:23:35que deux
01:23:36alors il se trouve
01:23:36que j'ai été nommé
01:23:37deux fois ministre de la justice
01:23:38puisque j'ai connu
01:23:39deux premiers ministres différents
01:23:40ça ne vous a pas échappé
01:23:41j'ai repris exactement la même
01:23:42la deuxième
01:23:43vous prenez la deuxième
01:23:43et la première
01:23:44ce qui a changé
01:23:44c'est la date
01:23:45je m'en suis d'ailleurs
01:23:47publiquement évoquée
01:23:48et je vous les ai fait parvenir
01:23:48d'ailleurs par mail
01:23:49mesdames et messieurs
01:23:50les parlementaires
01:23:50il n'y a pas 40 priorités
01:23:52il n'y en a que deux
01:23:53le narcotrafic en un
01:23:54qui peut ici dire
01:23:55que ce n'est pas une priorité
01:23:56pour nos concitoyens
01:23:57et deux
01:23:58les violences faites
01:23:58aux femmes et aux enfants
01:23:59ça veut donc dire
01:24:00que ces priorités
01:24:01sont celles demandées
01:24:02par le garde des Sceaux
01:24:03qui définit
01:24:04les politiques
01:24:04non deux
01:24:05pas 58
01:24:06deux
01:24:06on peut les reprendre ensemble
01:24:07vous pouvez les relire
01:24:08je vous les ai envoyées
01:24:09objectivement
01:24:10de votre part
01:24:11confondre dans ce moment
01:24:12si sensible
01:24:13une circulaire politique
01:24:14générale prise par le garde des Sceaux
01:24:16et les dépêches
01:24:17de la DACG
01:24:17parce que dedans
01:24:18vous mettez aussi
01:24:19les dépêches
01:24:19de la direction d'affaires civiles
01:24:20et du Sceaux d'ailleurs
01:24:21par exemple
01:24:23par exemple
01:24:23par exemple
01:24:24lorsque il y a
01:24:25des jurisprudences
01:24:26d'un cours de cassation
01:24:27sur le devoir conjugal
01:24:28lorsqu'il y a par exemple
01:24:29la question des enfants
01:24:30nés hors GPA
01:24:31nous confondons tout
01:24:33nous confondons tout
01:24:34et n'importe quoi
01:24:34dans ce débat
01:24:35il y a eu deux
01:24:35circuits de politique pénale général
01:24:36vous avez le droit
01:24:37de ne pas être d'accord
01:24:37avec mes priorités
01:24:38ça politiquement
01:24:40on peut tout à fait en parler
01:24:41mais les circuits de politique
01:24:42général que j'ai signé
01:24:43il n'y en a que deux
01:24:43donc on se partage
01:24:45si vous le souhaitez
01:24:46avec plaisir
01:24:47monsieur le président
01:24:47de la commission des lois
01:24:48et je crois que venant de vous
01:24:50oui mais on l'est toujours
01:24:51et j'imagine que 5 ans
01:24:53enfin quelques années
01:24:53après la commission des lois
01:24:56apprend une différence
01:24:57entre une dépêche
01:24:57de la DACG
01:24:58ou de la DACS
01:24:59et une circuit de politique
01:24:59générale signée
01:25:00par le garde des Sceaux
01:25:01je pense que c'est
01:25:03un point important
01:25:03puisque beaucoup
01:25:04de nos concitoyens
01:25:05monsieur le président
01:25:06Ouyé nous écoute
01:25:07nous évoquons
01:25:09nous évoquons
01:25:09des questions intéressantes
01:25:11et finalement diversifiées
01:25:14sur toutes les réformes
01:25:15et tous les péchés
01:25:16que nous aurions eu
01:25:17j'oserais pas dire
01:25:18péché d'Israël
01:25:20puisque c'est un mot
01:25:21dans le langage courant
01:25:22pour être pas
01:25:23d'être mal compris
01:25:25je voudrais dire
01:25:26et répondre
01:25:27en quoi cela n'a strictement
01:25:28rien à voir
01:25:29avec l'affaire Liana
01:25:30même si la question
01:25:31peut se poser
01:25:32j'entends dire
01:25:33que la réforme
01:25:34de la police nationale
01:25:34est responsable
01:25:35de ce point
01:25:37bien
01:25:38alors la forme
01:25:38de la police nationale
01:25:39comme son nom l'indique
01:25:40elle concerne la police nationale
01:25:41il se trouve que là
01:25:42c'est quelque chose
01:25:43qui a été vu
01:25:43par la gendarmerie nationale
01:25:45qui depuis fort longtemps
01:25:48est dans le fonctionnement
01:25:49d'une réforme
01:25:49de la police nationale
01:25:50telle que nous avons
01:25:51telle que nous avons imaginé
01:25:52c'est-à-dire 13 groupements
01:25:53de régions
01:25:54qui correspondent
01:25:54vers la région
01:25:55et une chaîne pyraminale
01:25:56avec une section
01:25:57de recherche
01:25:58ou des brigades de recherche
01:25:59il se trouve que dans la brigade
01:26:01la plus petite
01:26:01du département du Gers
01:26:02qui a été saisi
01:26:03par le procureur de la république
01:26:04sur 8 gendarmes
01:26:05plus un gendarme
01:26:06adjoint volontaire
01:26:07il y a 3 OPJ
01:26:10et il se trouve
01:26:10qu'il y a 4 ans
01:26:13il n'y avait pas 3 OPJ
01:26:14parce que nous avons
01:26:15augmenté
01:26:16effectivement
01:26:17les mises d'intérêt successifs
01:26:18par la loi
01:26:18que vous nous avez accordé
01:26:19la loi de programmation
01:26:20du ministère d'intérieur
01:26:21que vous n'avez pas voté
01:26:22pour ceux qui m'ont interrogé
01:26:23sur cette question
01:26:24comment à la fois
01:26:26reprocher tout
01:26:26et son contraire
01:26:27en 4 ans de temps
01:26:29ces enquêteurs
01:26:30ont 2 affaires criminelles
01:26:32qui mettent en cause
01:26:33les mineurs
01:26:34dans cette brigade
01:26:35donc non seulement
01:26:36ce n'est pas une réforme
01:26:36de la police nationale
01:26:37qui est responsable
01:26:38de cette situation
01:26:39ce cela serait passé
01:26:40en zone de police
01:26:40on pourrait encore
01:26:41en discuter
01:26:42ce n'est pas le cas
01:26:43et deuxièmement
01:26:44il y avait 3 OPJ
01:26:45dans cette brigade de 9
01:26:46la question est de savoir
01:26:47mais c'est une question
01:26:48pour ceux qui connaissent
01:26:49qui sont avocats
01:26:50magistrats
01:26:50et qui nous écoutent
01:26:51pourquoi on saisit
01:26:52la plus petite brigade
01:26:54territoriale
01:26:55d'un département
01:26:55s'agissant d'un crime
01:26:56commis sur un enfant
01:26:59est-ce que c'est
01:27:00normal
01:27:01naturel
01:27:01habituel
01:27:02en 4 ans et demi
01:27:03mise en intérieur
01:27:04je peux vous assurer
01:27:05que ce n'est pas le cas
01:27:06voilà pour ce numéro
01:27:07de la séance
01:27:07est ouverte
01:27:08à très bientôt
01:27:09sur LCP
01:27:09habituel
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