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  • il y a 9 heures
Laurent Nunez, ministre de l’Intérieur, et Gérald Darmanin, garde des Sceaux, étaient entendus au Sénat sur l’affaire Lyhanna, ce mardi 9 juin. Lyhanna, 11 ans, a été retrouvée morte jeudi 4 juin dans le Gers. Avant le drame, le principal suspect, Jérôme Barella, avait été visé par plusieurs accusations de viol et agression sexuelle sur mineure, sans avoir été entendu par les autorités.

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Transcription
00:00Dans le cas de Liana, nous avions les preuves, et c'est ça qui me met particulièrement dans une colère
00:05froide,
00:06parce que je crois que là, franchement, et ce n'est pas de jeter l'opprobre sur l'immense majorité
00:10des magistrats qui font leur travail,
00:11on a le droit aussi de dire que c'est la justice des hommes, qu'elle est faillible,
00:15et quand elle est faillible, comme un médecin rate un examen médical et qu'il entraîne parfois des difficultés graves,
00:21il est en responsabilité, et c'est normal.
00:24Notre difficulté, Madame la Présidente, c'est qu'une plainte déposée à Toulouse, en août 2025,
00:32qui a un certifié médical qui montre, avec une convention entre le parquet, la gendarmerie nationale et le tribunal,
00:40qui montre les faits de viol, un auteur identifié qui est dans tous nos fichiers,
00:45et par ailleurs un expert qui, en moins de 10 jours, avouez que c'est d'ailleurs assez étonnant
00:50que nous ayons trouvé à Toulouse un expert en moins de 10 jours, et j'en salue la sédérité de
00:54tout le monde pour voir cette petite fille,
00:56incompréhensible que 9 mois après, la personne n'ait toujours pas été mise en garde à vue,
01:01ses téléphones toujours pas saisis, travailler dans un milieu scolaire,
01:05nous n'avons eu pas de relation avec l'éducation nationale, ni d'un côté d'ailleurs, ni de l
01:10'autre,
01:10que des signalements, paraît-il, puisque maintenant l'enquête le dira,
01:13mais c'est ce qui remonte des procureurs généraux de l'ASEU,
01:16n'avait pas été fait, puisqu'il y aurait des sujets autour également de l'aide sociale à l'enfance,
01:20que lui-même était père de famille,
01:22et dont on constate malheureusement,
01:25que par ailleurs, il y avait dans son giron familial,
01:29comme vous l'avez vu dans l'actualité,
01:31d'autres faits de violences sexuelles.
01:34Donc pour répondre à votre question, Madame la Présidente,
01:37c'est à ma connaissance, et selon la remontée des procureurs généraux,
01:40selon ce que j'enlis la presse,
01:41une défaillance grave, et donc, du point de vue qui m'est remontée des procureurs généraux,
01:48je crains qu'effectivement, dans l'affaire Liana,
01:52il y ait eu une défaillance des services déparqués,
01:56peut-être d'autres services de l'État,
01:58on en a parlé avec M. le ministre intérieur et M. l'éducation nationale,
02:00et on aurait dû appliquer de manière prioritaire,
02:03même en cas de dessaisissement de Toulouse-Pouroche,
02:05parce que l'auteur et parce que les faits étaient dans un autre département,
02:08on aurait dû appliquer le principe de précaution pour mettre de côté M. Barrella
02:14et regarder s'il était ou non l'auteur de ces viols.
02:17Ce monsieur était connu, à ma connaissance, M. le sénateur,
02:20était connu deux fois des services de justice et de police.
02:24D'une plainte en 2017, classée,
02:28parce qu'une maman, là encore je dis ce que m'ont remontée les procureurs généraux,
02:32une maman a déposé plainte pour viol sur sa fille,
02:36elle avait 17 ans, cette fille, quand elle a été auditionnée,
02:41a dit qu'elle était consentante,
02:42qu'il n'y avait pas eu de relation sexuelle de simple baiser,
02:45je mets des guillemets puisque c'est ce qui s'est dit,
02:49et il y a eu un classement à la suite de ça, 2017.
02:52Quand arrive ce genre d'affaires même classées,
02:54vous êtes dans deux endroits, vous êtes otage,
02:58donc le fichier des auteurs pour lesquels il y a eu une plainte,
03:01ça ne veut pas dire que vous êtes condamné,
03:02c'est-à-dire qu'il y a une plainte qui a été déposée contre vous,
03:03et vous êtes dans Cassiopée,
03:05qui est un applicatif du ministère de la Justice,
03:08que les parquetiers ont,
03:11et qui sont consultés pour voir quels étaient les antécédents,
03:14non pas de condamnation judiciaire,
03:16mais de relation avec la justice.
03:18Et tout le monde a bien fait son travail,
03:20il y a un inscrit dans ces deux fichiers.
03:22En 2020, une autre plainte est déposée,
03:24d'une petite fille,
03:26dans le Pas-de-Calais,
03:27qui explique qu'un ami de son papa,
03:29en l'occurrence ce monsieur,
03:32elle avait été violée.
03:35Elle l'a écrite sur un bout de papier,
03:36tout le monde est auditionné,
03:38les gens de la police, les gendarmes,
03:39les magistrats font leur travail,
03:40y compris ce monsieur,
03:42la femme de ce monsieur,
03:42qui dit qu'il n'y a pas de problème,
03:45il y a une enquête médicale,
03:47qui ne démontre manifestement pas,
03:49encore une fois je dis ce que me disent les procureurs généraux,
03:52c'est une séparation conflictuelle,
03:54c'est l'ex-ami de son papa,
03:56c'est classé.
03:57Là aussi c'est dans le Taj,
03:58là aussi c'est en Cassiopée,
03:59j'ai bien vérifié que les deux étaient inscrits.
04:01Donc quand arrive la troisième plainte,
04:03qui n'est pas celle de l'Iyana,
04:04mais celle de Toulouse,
04:06nous connaissons dans le Taj,
04:09donc les gendarmes peuvent le consulter,
04:10quand quelqu'un vient déposer plainte contre monsieur X,
04:13on regarde ses antécédents,
04:15et on voit qu'il a déjà deux plaintes classées,
04:17certes,
04:17mais deux plaintes,
04:18elles sont mineures,
04:19c'est pas extrêmement courant.
04:21Et dans Cassiopée,
04:23pour le parquet,
04:23quand on prévient le parquet,
04:24pour dire voilà,
04:25on a une plainte contre monsieur X,
04:27le parquetier regarde l'otage,
04:29et il regarde aussi ce qu'il y a dans le Cassiopée,
04:31ses applicatifs marchaient,
04:32fonctionnaient,
04:32il n'y avait pas de bug,
04:33on constate que cette personne
04:35est donc connue des services de police et de justice,
04:37mais n'a jamais été condamnée.
04:39Donc la question que vous posez,
04:40monsieur le sénateur,
04:41c'est est-ce que ça a fonctionné ?
04:44Oui, ça a fonctionné,
04:44les services étaient informés
04:45de son passé judiciaire,
04:47même s'il n'a pas été condamné,
04:49il a été informé de ses antécédents.
04:51Pour répondre à votre question,
04:52non, les applicatifs dans le cadre de la loi
04:53ont totalement marché,
04:55dans le cadre de la loi,
04:56les magistrats appliquent la loi,
04:57ils ont fait leur travail d'inscrire.
04:58Ce qu'on n'a pas fait,
04:59et c'est notre problème,
05:01c'est que quand on a vu les antécédents,
05:03on ne s'est pas dit,
05:04il y a plusieurs points,
05:05ça fait une ligne,
05:06et on devrait se dire,
05:07là, ce n'est pas une simple dénonciation,
05:08pardon de dire mot simple,
05:09parce qu'il y a plein de choses
05:10qui sont graves à un mot simple,
05:11mais là, on a l'examen médical,
05:13on a l'examen psy,
05:15on a le nom du GUS,
05:17on a ses antécédents judiciaires,
05:18ça fait beaucoup,
05:19on devrait peut-être aller se dépêcher
05:19pour le mettre en garde à vue.
05:21Voilà ce qui n'a pas marché.
05:22Ce ne sont pas les fichiers
05:22qui n'ont pas marché,
05:23c'est l'interprétation de cela.
05:25Dans l'affaire Liana,
05:28objectivement,
05:28ce n'est pas comme ça
05:29que ça doit fonctionner.
05:30Du temps d'enquêteurs,
05:31il y en avait,
05:32parce qu'on a entendu
05:32à peu près tout le monde
05:33sauf le mis en cause.
05:35Des OPJ,
05:36la gendarmerie,
05:36il y en avait.
05:37Des parquetiers au tribunal d'Oche,
05:39il y en avait.
05:39Des mails qui fonctionnaient,
05:40une procédure pénale numérique,
05:42il y en avait.
05:43On a eu pris du temps,
05:44on a fait d'innombrables
05:45d'actes d'enquête
05:46dans l'affaire Rosa ou Tabara.
05:48Simplement,
05:49on n'a jamais mis
05:50en garde à vue l'auteur.
05:52On n'a jamais fait
05:52les perquisitions
05:54sur ce téléphone.
05:55Donc,
05:55ce n'est pas qu'on n'a pas
05:56traité l'affaire.
05:57Ce n'est pas qu'on a décidé
05:58de la classer
05:59par manque d'éléments.
06:00C'est qu'on a fait
06:00des actes d'enquête
06:01qui ne correspondent pas
06:02à un viol sur un enfant.
06:03C'est tout ce que je dis.
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