00:00Dans le cas de Liana, nous avions les preuves, et c'est ça qui me met particulièrement dans une colère
00:05froide,
00:06parce que je crois que là, franchement, et ce n'est pas de jeter l'opprobre sur l'immense majorité
00:10des magistrats qui font leur travail,
00:11on a le droit aussi de dire que c'est la justice des hommes, qu'elle est faillible,
00:15et quand elle est faillible, comme un médecin rate un examen médical et qu'il entraîne parfois des difficultés graves,
00:21il est en responsabilité, et c'est normal.
00:24Notre difficulté, Madame la Présidente, c'est qu'une plainte déposée à Toulouse, en août 2025,
00:32qui a un certifié médical qui montre, avec une convention entre le parquet, la gendarmerie nationale et le tribunal,
00:40qui montre les faits de viol, un auteur identifié qui est dans tous nos fichiers,
00:45et par ailleurs un expert qui, en moins de 10 jours, avouez que c'est d'ailleurs assez étonnant
00:50que nous ayons trouvé à Toulouse un expert en moins de 10 jours, et j'en salue la sédérité de
00:54tout le monde pour voir cette petite fille,
00:56incompréhensible que 9 mois après, la personne n'ait toujours pas été mise en garde à vue,
01:01ses téléphones toujours pas saisis, travailler dans un milieu scolaire,
01:05nous n'avons eu pas de relation avec l'éducation nationale, ni d'un côté d'ailleurs, ni de l
01:10'autre,
01:10que des signalements, paraît-il, puisque maintenant l'enquête le dira,
01:13mais c'est ce qui remonte des procureurs généraux de l'ASEU,
01:16n'avait pas été fait, puisqu'il y aurait des sujets autour également de l'aide sociale à l'enfance,
01:20que lui-même était père de famille,
01:22et dont on constate malheureusement,
01:25que par ailleurs, il y avait dans son giron familial,
01:29comme vous l'avez vu dans l'actualité,
01:31d'autres faits de violences sexuelles.
01:34Donc pour répondre à votre question, Madame la Présidente,
01:37c'est à ma connaissance, et selon la remontée des procureurs généraux,
01:40selon ce que j'enlis la presse,
01:41une défaillance grave, et donc, du point de vue qui m'est remontée des procureurs généraux,
01:48je crains qu'effectivement, dans l'affaire Liana,
01:52il y ait eu une défaillance des services déparqués,
01:56peut-être d'autres services de l'État,
01:58on en a parlé avec M. le ministre intérieur et M. l'éducation nationale,
02:00et on aurait dû appliquer de manière prioritaire,
02:03même en cas de dessaisissement de Toulouse-Pouroche,
02:05parce que l'auteur et parce que les faits étaient dans un autre département,
02:08on aurait dû appliquer le principe de précaution pour mettre de côté M. Barrella
02:14et regarder s'il était ou non l'auteur de ces viols.
02:17Ce monsieur était connu, à ma connaissance, M. le sénateur,
02:20était connu deux fois des services de justice et de police.
02:24D'une plainte en 2017, classée,
02:28parce qu'une maman, là encore je dis ce que m'ont remontée les procureurs généraux,
02:32une maman a déposé plainte pour viol sur sa fille,
02:36elle avait 17 ans, cette fille, quand elle a été auditionnée,
02:41a dit qu'elle était consentante,
02:42qu'il n'y avait pas eu de relation sexuelle de simple baiser,
02:45je mets des guillemets puisque c'est ce qui s'est dit,
02:49et il y a eu un classement à la suite de ça, 2017.
02:52Quand arrive ce genre d'affaires même classées,
02:54vous êtes dans deux endroits, vous êtes otage,
02:58donc le fichier des auteurs pour lesquels il y a eu une plainte,
03:01ça ne veut pas dire que vous êtes condamné,
03:02c'est-à-dire qu'il y a une plainte qui a été déposée contre vous,
03:03et vous êtes dans Cassiopée,
03:05qui est un applicatif du ministère de la Justice,
03:08que les parquetiers ont,
03:11et qui sont consultés pour voir quels étaient les antécédents,
03:14non pas de condamnation judiciaire,
03:16mais de relation avec la justice.
03:18Et tout le monde a bien fait son travail,
03:20il y a un inscrit dans ces deux fichiers.
03:22En 2020, une autre plainte est déposée,
03:24d'une petite fille,
03:26dans le Pas-de-Calais,
03:27qui explique qu'un ami de son papa,
03:29en l'occurrence ce monsieur,
03:32elle avait été violée.
03:35Elle l'a écrite sur un bout de papier,
03:36tout le monde est auditionné,
03:38les gens de la police, les gendarmes,
03:39les magistrats font leur travail,
03:40y compris ce monsieur,
03:42la femme de ce monsieur,
03:42qui dit qu'il n'y a pas de problème,
03:45il y a une enquête médicale,
03:47qui ne démontre manifestement pas,
03:49encore une fois je dis ce que me disent les procureurs généraux,
03:52c'est une séparation conflictuelle,
03:54c'est l'ex-ami de son papa,
03:56c'est classé.
03:57Là aussi c'est dans le Taj,
03:58là aussi c'est en Cassiopée,
03:59j'ai bien vérifié que les deux étaient inscrits.
04:01Donc quand arrive la troisième plainte,
04:03qui n'est pas celle de l'Iyana,
04:04mais celle de Toulouse,
04:06nous connaissons dans le Taj,
04:09donc les gendarmes peuvent le consulter,
04:10quand quelqu'un vient déposer plainte contre monsieur X,
04:13on regarde ses antécédents,
04:15et on voit qu'il a déjà deux plaintes classées,
04:17certes,
04:17mais deux plaintes,
04:18elles sont mineures,
04:19c'est pas extrêmement courant.
04:21Et dans Cassiopée,
04:23pour le parquet,
04:23quand on prévient le parquet,
04:24pour dire voilà,
04:25on a une plainte contre monsieur X,
04:27le parquetier regarde l'otage,
04:29et il regarde aussi ce qu'il y a dans le Cassiopée,
04:31ses applicatifs marchaient,
04:32fonctionnaient,
04:32il n'y avait pas de bug,
04:33on constate que cette personne
04:35est donc connue des services de police et de justice,
04:37mais n'a jamais été condamnée.
04:39Donc la question que vous posez,
04:40monsieur le sénateur,
04:41c'est est-ce que ça a fonctionné ?
04:44Oui, ça a fonctionné,
04:44les services étaient informés
04:45de son passé judiciaire,
04:47même s'il n'a pas été condamné,
04:49il a été informé de ses antécédents.
04:51Pour répondre à votre question,
04:52non, les applicatifs dans le cadre de la loi
04:53ont totalement marché,
04:55dans le cadre de la loi,
04:56les magistrats appliquent la loi,
04:57ils ont fait leur travail d'inscrire.
04:58Ce qu'on n'a pas fait,
04:59et c'est notre problème,
05:01c'est que quand on a vu les antécédents,
05:03on ne s'est pas dit,
05:04il y a plusieurs points,
05:05ça fait une ligne,
05:06et on devrait se dire,
05:07là, ce n'est pas une simple dénonciation,
05:08pardon de dire mot simple,
05:09parce qu'il y a plein de choses
05:10qui sont graves à un mot simple,
05:11mais là, on a l'examen médical,
05:13on a l'examen psy,
05:15on a le nom du GUS,
05:17on a ses antécédents judiciaires,
05:18ça fait beaucoup,
05:19on devrait peut-être aller se dépêcher
05:19pour le mettre en garde à vue.
05:21Voilà ce qui n'a pas marché.
05:22Ce ne sont pas les fichiers
05:22qui n'ont pas marché,
05:23c'est l'interprétation de cela.
05:25Dans l'affaire Liana,
05:28objectivement,
05:28ce n'est pas comme ça
05:29que ça doit fonctionner.
05:30Du temps d'enquêteurs,
05:31il y en avait,
05:32parce qu'on a entendu
05:32à peu près tout le monde
05:33sauf le mis en cause.
05:35Des OPJ,
05:36la gendarmerie,
05:36il y en avait.
05:37Des parquetiers au tribunal d'Oche,
05:39il y en avait.
05:39Des mails qui fonctionnaient,
05:40une procédure pénale numérique,
05:42il y en avait.
05:43On a eu pris du temps,
05:44on a fait d'innombrables
05:45d'actes d'enquête
05:46dans l'affaire Rosa ou Tabara.
05:48Simplement,
05:49on n'a jamais mis
05:50en garde à vue l'auteur.
05:52On n'a jamais fait
05:52les perquisitions
05:54sur ce téléphone.
05:55Donc,
05:55ce n'est pas qu'on n'a pas
05:56traité l'affaire.
05:57Ce n'est pas qu'on a décidé
05:58de la classer
05:59par manque d'éléments.
06:00C'est qu'on a fait
06:00des actes d'enquête
06:01qui ne correspondent pas
06:02à un viol sur un enfant.
06:03C'est tout ce que je dis.
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