- il y a 36 minutes
Dans « LCP-Lundi C'est Politique », en partenariat avec Radio Classique et Challenges, Francis Letellier reçoit Jean-Pierre Farandou, Ministre du Travail et des Solidarités de France.
Avec :
- Gaëlle Macke pour Challenges,
- Hervé Gattegno pour Radio Classique,
- Elsa Mondin-Gava pour LCP,
- Hugo au perchoir pour Twitch.
Face à vous :
Dylan Ayissi : Fondateur de l'association « Une voie pour tous »
"La Revanche des pros".
En première partie de l'émission : un tête-à-tête avec une grande personnalité politique, pour mettre en perspective l'ouverture de la semaine parlementaire, avant les Questions au Gouvernement du mardi.
Francis Letellier est ensuite rejoint en plateau par trois chroniqueurs, journalistes politiques des rédactions de LCP, Radio Classique et Challenges, pour un échange avec l'invité.
Pour conclure l'émission, le face à face : une personnalité issue du monde culturel, économique ou social (écrivain, artiste, expert...) interpelle l'invité et réagit à ses propos.
Hugo au Perchoir, « streamer » politique et parlementaire sur Twitch, intervient également en relayant les questions de sa communauté.
Diffusée le lundi à 19h30 et rediffusée à 23h30, l'émission est également disponible en replay sur LCP.fr et la chaîne YouTube de LCP. Les moments forts seront aussi relayés sur Radio Classique et Challenges.
Avec :
- Gaëlle Macke pour Challenges,
- Hervé Gattegno pour Radio Classique,
- Elsa Mondin-Gava pour LCP,
- Hugo au perchoir pour Twitch.
Face à vous :
Dylan Ayissi : Fondateur de l'association « Une voie pour tous »
"La Revanche des pros".
En première partie de l'émission : un tête-à-tête avec une grande personnalité politique, pour mettre en perspective l'ouverture de la semaine parlementaire, avant les Questions au Gouvernement du mardi.
Francis Letellier est ensuite rejoint en plateau par trois chroniqueurs, journalistes politiques des rédactions de LCP, Radio Classique et Challenges, pour un échange avec l'invité.
Pour conclure l'émission, le face à face : une personnalité issue du monde culturel, économique ou social (écrivain, artiste, expert...) interpelle l'invité et réagit à ses propos.
Hugo au Perchoir, « streamer » politique et parlementaire sur Twitch, intervient également en relayant les questions de sa communauté.
Diffusée le lundi à 19h30 et rediffusée à 23h30, l'émission est également disponible en replay sur LCP.fr et la chaîne YouTube de LCP. Les moments forts seront aussi relayés sur Radio Classique et Challenges.
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NewsTranscription
00:00:01Près de 8 %, jamais le chômage n'était remonté aussi haut en France depuis 5 ans.
00:00:05A un an de la fin du mandat d'Emmanuel Macron à l'Elysée, la courbe peut-être s'inverser.
00:00:09L'emploi va être l'un des enjeux de la présidentielle avec la question des salaires et des retraites.
00:00:14Pour certains, il va falloir travailler plus longtemps.
00:00:15D'autres vendiquent au contraire un retour à la retraite à 62 ans, voire 60 ans.
00:00:19Des débats clivants, des choix de société et politiques aussi.
00:00:23Jean-Pierre Ferrandou, ministre du Travail et Solidarité, l'invité de LCP, lundi c'est politique.
00:00:42Sous-titrage Société Radio-Canada
00:01:00Et bonsoir Hugo, Hugo Couturier, Hugo Perchoir avec la chaîne Twitch LCP Assemblée Nationale.
00:01:06Hugo, lui, il vous relira les questions, les commentaires en votre direction, M. Ferrandou.
00:01:12Et en fin d'émission, nous recevrons face à vous Dylan Haïssi, il est fondateur de l'association Une Voix
00:01:17pour Tous pour parler d'enseignement professionnel.
00:01:19Parce que même s'il a été revalorisé ces dernières années, il ne mâche pas ses mots, l'auteur du
00:01:24livre qu'on recevra.
00:01:26Il estime qu'il reste encore du travail pour redorer le blason de l'enseignement professionnel.
00:01:30On va d'abord commencer par cette affaire qui suscite une indignation nationale, qui pose des questions sur la justice,
00:01:37aussi sur les responsabilités politiques.
00:01:39C'est l'affaire Liana, cette jeune fille de 11 ans retrouvée morte à Pucasquier dans le Gers.
00:01:44La présidente de l'Assemblée Nationale ce matin, Yael Brun-Pivet, a réagi.
00:01:48Je demande au gouvernement, au président de la République, d'inscrire ce texte de loi, cette proposition de loi intégrale,
00:01:57co-signée par plus de 100 députés, à l'ordre du jour de la session extraordinaire, dont l'Assemblée Nationale
00:02:05sera saisie, soit en juillet, soit en septembre.
00:02:09Jean-Pierre Farrandou, quand Yael Brun-Pivet dit qu'il va falloir relancer le débat et l'inscrire d'urgence,
00:02:14à l'ordre du jour de l'Assemblée Nationale,
00:02:15sur la loi globale sur les violences sexistes et sexuelles contre les enfants et contre les adultes et les femmes
00:02:21en particulier.
00:02:22Est-ce que ça concerne aussi, j'allais dire même surtout, le monde du travail ?
00:02:26C'est un drame, on parle d'un drame qui nous a tous bouleversés, qui nous a tous choqués.
00:02:30On se sent tous un peu parents et voilà, on est vraiment aux côtés de cette famille éplorée par ce
00:02:36drame, par ce crime.
00:02:38Dans le monde du travail, oui bien sûr, notamment les violences sexuelles et sexistes faites aux femmes.
00:02:42D'ailleurs, je l'ai repris comme un des quatre priorités du nouveau plan de santé au travail que j
00:02:46'ai lancé la semaine dernière, pour les quatre ans qui viennent.
00:02:49Oui, parce qu'il y a encore du travail à faire, c'est pas gagné quand on est en entreprise.
00:02:52J'étais moi-même en entreprise, même à la SNCF, une grande entreprise publique.
00:02:55On sait qu'il y a encore des problèmes de ce registre-là et c'est pas possible, c'est
00:02:58intolérable.
00:02:59Oui, il faut continuer à travailler pour que cesse toute forme de violences sexistes ou sexuelles faites aux femmes dans
00:03:04l'entreprise.
00:03:05Les gens passent beaucoup de temps dans les entreprises, il faut qu'on soit irréprochable dans l'ensemble des entreprises
00:03:09françaises.
00:03:10Quand il y a eu le Brun Pivet, il dit qu'il va falloir une loi globale, c'est-à
00:03:13-dire qui concerne vraiment tous les secteurs.
00:03:15Vous avez dit le monde du travail en particulier.
00:03:17Vous disiez, effectivement, il y a des problèmes dans le monde du travail, mais est-ce qu'il y a
00:03:21plus de problèmes dans le monde du travail qu'ailleurs ?
00:03:23Non, je pense pas. Généralement, c'est quand même les problèmes de société qui arrivent dans le travail.
00:03:27C'est pas le travail qui amende des problèmes de société, mais la société transpire dans le travail.
00:03:31Il n'y a pas des barrières étanches à l'entrée des entreprises.
00:03:35C'est pareil pour la santé mentale, par exemple. La santé mentale est un problème de société, il arrive dans
00:03:39l'entreprise.
00:03:39Les violences sexuelles et sexistes faites aux femmes, les enfants, il y en a beaucoup moins dans les entreprises.
00:03:44C'est un problème de société qui arrive aussi dans les entreprises.
00:03:46L'entreprise, davantage, c'est un endroit plus clos, plus fermé, plus maîtrisé, où il y a des responsables, il
00:03:51y a des chefs d'entreprise,
00:03:51il y a du dialogue social, il y a des représentants du personnel.
00:03:54On peut agir certainement de manière plus organisée et plus puissante.
00:03:57Faisons-le, mais c'est pas dans l'entreprise non plus qu'on réglera tous les problèmes de société.
00:04:01– Bien sûr, et quand Yael Brunpivet dit qu'il faut faire vite, il faut l'inscrire à l'ordre
00:04:04du jour de l'Assemblée nationale maintenant,
00:04:06vous pensez aussi que ça fait partie des textes d'urgence maintenant ?
00:04:09– Je pense que ce drame illustre qu'il y a bien un problème global.
00:04:13Alors c'est une loi intégrale, c'est une loi effectivement qui a pour objet de passer en revue tous
00:04:16les aspects du dossier.
00:04:18On sait qu'il y a déjà un projet qui a été préparé, une proposition qui est souvent repoussée.
00:04:22Est-ce que maintenant ça doit être sur le haut de la pile ?
00:04:25– Je pense que le débat, le débat il est posé bien évidemment.
00:04:28Donc oui, je suis favorable à ce qu'une initiative parlementaire soit prise autour de ce sujet.
00:04:33– Le plus vite possible.
00:04:34– Et assez rapidement parce qu'effectivement, on voit bien que les Français attendent des solutions.
00:04:38– Oui, l'enquête pénale est en cours,
00:04:41mais il semble d'ores et déjà qu'un certain nombre de failles soient mises au jour,
00:04:46des failles dans le fonctionnement de la justice qui ont conduit en partie à cette situation.
00:04:50Je voudrais savoir quelle est votre position, vous qui ne venez pas de la politique,
00:04:54vous qui êtes ce qu'on appelle un ministre de la société civile,
00:04:57je voudrais connaître votre position sur la question de la responsabilité ministérielle.
00:05:01Est-ce que vous considérez, vous, qu'un ministre doit forcément être responsable
00:05:06d'éventuelles fautes commises par son administration ?
00:05:09– Moi ce que je pourrais vous répondre, c'est l'entreprise.
00:05:11Ce que je connais mieux, ce qui se passe dans une entreprise, une grande entreprise comme la SNCF,
00:05:15ce n'est pas un ministère, mais c'est quand même un bout de la France.
00:05:18C'est une question réelle, fondamentale.
00:05:20Je pense d'abord qu'il faut prendre le temps de comprendre,
00:05:23je pense qu'il faut faire attention quand on s'engage sur ces sujets de recherche de responsabilité,
00:05:27votre question fait aller dans ce sens-là, il faut se poser là,
00:05:30il faut se poser et être sûr des faits.
00:05:32Là, une enquête en cours, elle a été diligentée par le ministre de la Justice
00:05:35et le ministre aussi de l'Intérieur, puisqu'il y a aussi le sujet des gendarmes,
00:05:39il y a la justice d'un côté et les gendarmes de l'autre,
00:05:42prenons le temps d'avoir des faits caractérisés, c'est très très important.
00:05:45Sur le fond, est-ce qu'un ministre est responsable de l'entièreté des agissements des membres de son administration
00:05:52?
00:05:53Comme ça, par principe de l'entièreté, quoi qu'il arrive, non, il n'y a pas de raison.
00:05:57Il faut regarder fondamentalement ce qui se passe.
00:05:59Si le ministre ou un chef d'entreprise a pris les bonnes décisions à organiser les choses,
00:06:03à donner les bonnes instructions, à donner les moyens d'y arriver,
00:06:06on ne peut pas lui reprocher grand-chose.
00:06:08Donc je pense qu'il faut faire attention.
00:06:10Après la répétition, s'il y a répétition d'une erreur connue,
00:06:13est-ce qu'il a pris les bonnes décisions pour corriger ?
00:06:15La question que Hervé vous pose, c'est parce que vous avez entendu les appels à la démission
00:06:18concernant votre collègue Gérald Darmanin.
00:06:20Il y a des appels à la démission, très clairement.
00:06:23Comment vous recevez ça ? Vous êtes solidaire de votre collègue ?
00:06:27Moi, je suis solidaire de mon collègue, déjà par principe.
00:06:29C'est une équipe, un gouvernement.
00:06:30Vous savez, potentiellement, on a tous des mauvais moments qu'on peut passer.
00:06:34Ça peut nous arriver à tous ou à toutes.
00:06:36Donc ma posture principale, c'est bien sûr une posture de solidarité
00:06:39par rapport au garde des Sceaux.
00:06:40Je crois qu'il est sincère.
00:06:42On a tous compris, d'ailleurs, sa peine.
00:06:44Elle est absolument sincère.
00:06:45On a compris qu'il prenait la mesure de la situation et qu'il l'exprimait.
00:06:49Je crois qu'il a eu un grand courage à dire les mots qu'il a dit.
00:06:51Il faut beaucoup de courage pour le faire.
00:06:52Et on voit bien qu'il est en train d'agir avec puissance et rapidité
00:06:55pour rapidement prendre la mesure de ses problèmes et apporter des solutions.
00:06:58Hugo ?
00:06:59Oui, ça réagit dans le chat.
00:07:01Il y a Stéphane qui parle de la formation, de la gestion des violences sexistes et sexuelles
00:07:04pour les Sceaux, avec une sensibilisation minimum obligatoire pour les salariés.
00:07:08Est-ce qu'il faudrait renforcer ces cursus ?
00:07:10On a l'évars à l'école.
00:07:11Est-ce qu'il faudrait une sorte d'évars en milieu professionnel ?
00:07:14L'éducation à la vie sexuelle et affective.
00:07:17La vie relationnelle et sexuelle.
00:07:19Non, mais peut-être.
00:07:21Mais le plus important, vous savez, il faut prendre les violences sexuelles et sexistes
00:07:26comme un risque, un risque de santé au travail.
00:07:28Il faut le prendre avec la même méthode.
00:07:30Et quand on le prend comme ça, tout part de l'analyse du risque.
00:07:34C'est quoi le risque ? Il faut caractériser le risque.
00:07:35Les entreprises ne sont pas les mêmes.
00:07:37Les métiers ne sont pas les mêmes.
00:07:38Les situations et riches ne sont pas les mêmes.
00:07:39Les histoires des entreprises ne sont pas les mêmes.
00:07:40Les tailles des entreprises ne sont pas les mêmes.
00:07:42Etc.
00:07:43Donc déjà, toute approche trop générale qui ne tiendrait pas compte des réalités
00:07:47de chacune des entreprises me paraîtrait potentiellement passer à côté de la plaque.
00:07:51Donc une fois que vous avez compris ça, ensuite vous regardez.
00:07:53Donc par exemple, je vous donne l'exemple.
00:07:54Excusez-moi, je vais rester à la SNC, je la connais bien.
00:07:56Vous avez parfois des équipages mixtes qui peuvent se retrouver loin de leur siège.
00:08:03C'est une situation à risque.
00:08:04Il faut le regarder.
00:08:05Vous voyez, c'est spécifique.
00:08:06Dans ces moments-là, pour les personnels concernés, bien sûr qu'il faut faire de la formation et des sensibilisations.
00:08:11Bien évidemment.
00:08:12Bien évidemment.
00:08:13Vous voyez, donc moi je suis pour des choses analysées, ciblées, pragmatiques, qui collent à la réalité du terrain.
00:08:18Vous avez raison.
00:08:19Il y a le dialogue social.
00:08:20Il faut aussi en parler avec les organisations syndicales, bien évidemment.
00:08:22Parce que nous sommes des partenaires sur ce sujet-là.
00:08:25Quand je dis nous, c'est les chefs d'entreprise qui s'expriment.
00:08:27Parce que c'est les entreprises, ça se passe.
00:08:28Bien évidemment, les chefs d'entreprise veulent lutter contre les violences sexuelles et sexistes, les syndicats, bien sûr.
00:08:35Et c'est ensemble qu'il faut trouver les bonnes solutions adaptées à chacune des entreprises.
00:08:38Une autre actualité.
00:08:40SFR va être acheté et partagé par les trois opérateurs téléphoniques qui restent sur le marché.
00:08:44Orange, Bouillet, Free.
00:08:45Le gouvernement a mis en garde contre le risque de fausser la concurrence et de voir les tarifs augmenter, ce
00:08:49désabonnement notamment.
00:08:51Vous, vous êtes ministre du Travail.
00:08:52Êtes-vous inquiet pour l'avenir des 8000 salariés de SFR ?
00:08:56On sait que c'est donc une opération de reprise très importante.
00:09:00Les trois acteurs que vous mentionnez, Orange, Bouillet et Free, ont fait une offre d'achat pour récupérer SFR.
00:09:08Il y avait des tractations encore ce week-end à très haut niveau, je ne sais pas exactement où elles
00:09:11en sont d'ailleurs.
00:09:12Il est bien évident qu'il faut faire très attention au volet social de ce type d'opération.
00:09:178000 salariés SFR qui se demandent de quoi leur lendemain va être fait.
00:09:20Est-ce que les repreneurs doivent s'engager dans les négociations à conserver ce personnel ?
00:09:25Vous savez, déjà, ça commence à... l'opération n'est pas faite encore.
00:09:30Déjà, je pense qu'il faut traiter tout de suite tous les salariés de SFR.
00:09:34Quelle information on peut leur donner ? Quelle explication on peut leur donner ?
00:09:37Ce qu'on sait ou ce qu'on ne sait pas d'ailleurs, parce que parfois on ne sait pas
00:09:39tout d'un genre d'opération.
00:09:40Je pense que d'ores et déjà, effectivement, il y a une qualité d'information nécessaire et suffisante
00:09:45qui doit être donnée aux salariés concernés.
00:09:47Ensuite, quand l'opération de reprise sera conclue, si elle est conclue,
00:09:50j'entends que les pourparlers ne sont pas terminés, c'est bien engagé.
00:09:53Oui, c'est bien engagé, on arrive à la fin là.
00:09:55À ce moment-là, on connaîtra l'objet, c'est-à-dire que cette opération de reprise, elle aura été
00:09:58formatée.
00:09:59Et donc, pour le coup, les repreneurs, vous avez raison, on va changer d'employeur à terme.
00:10:03Les employeurs devront effectivement caractériser ce qu'ils entendent faire en matière d'organisation,
00:10:07regarder les effets sur l'emploi, vous avez raison,
00:10:09et mettre en place des processus d'accompagnement des gens.
00:10:12Est-ce que vous craignez de la casse sociale, très clairement ?
00:10:148000 salariés des CFR, il y aura des doublons ?
00:10:17Est-ce que vous craignez de la casse sociale dans ce domaine, dans ce secteur ?
00:10:20En tout cas, on sait très bien que dans ce genre d'opération, oui, il y a un risque de
00:10:23réduire son emploi.
00:10:24Effectivement. Donc, il faut l'appréhender, il faut le quantifier.
00:10:26Vous, vous suivrez ça de près en tant que ministre du Travail ?
00:10:27Moi, je suis déjà au contact, je ne vous cache pas que je suis déjà un peu au contact,
00:10:30et des organisations syndicales qui m'ont appelé tout à fait légitimement,
00:10:33et certains des dirigeants des entreprises que je connais de par mes activités précédentes.
00:10:39Oui, effectivement, moi, je leur plaide un discours déjà de dialogue.
00:10:42Je vous dis, même quand on ne sait pas tout, il faut quand même se parler et se le dire.
00:10:45Ça fait tomber un peu la pression, et c'est bien normal.
00:10:47Et deuxièmement, je resterai attentif, effectivement, à ce que toutes les procédures de droit du travail,
00:10:52d'accompagnement du travail, j'espère encore mieux que le droit du travail,
00:10:54on connaît ces entreprises, je connais leurs dirigeants,
00:10:57ce sont des gens qui ont une vraie fibre sociale dans leur entreprise aujourd'hui.
00:11:00Et qui ont de l'argent pour garder des salariés, normalement.
00:11:02On verra. Après, vous savez, il y a ce qu'on appelle le business model,
00:11:05c'est l'équation économique de la future entreprise.
00:11:07Tout ça comptera dans la décision.
00:11:09Il ne faut pas non plus voiler les choses aux gens, je pense,
00:11:12qu'ils sont capables de l'entendre.
00:11:13Par contre, j'espère que les dirigeants de ces entreprises seront potentiellement capables
00:11:19de s'investir, de s'engager sur un plan social de grande qualité.
00:11:22On va parler des écarts de salaire entre les femmes et les hommes qui sont loin d'être réglés.
00:11:26Ça reste un sujet sensible.
00:11:27Et d'ailleurs, le texte sur la transparence salariale en France a pris du retard.
00:11:31On va faire le point avec vous et Elsa.
00:11:33Exactement. On n'arrivera pas à transposer dans les temps la directive européenne.
00:11:36Vous aviez promis que le texte sera déposé au Conseil d'État dimanche.
00:11:40L'a-t-il été ?
00:11:41Oui, c'est fait. Il est bien déposé. C'est parti.
00:11:43La machine est lancée.
00:11:45La machine est lancée, mais on voit que ça prend du temps.
00:11:47Il y a notamment beaucoup de réticences côté patronal.
00:11:49Est-ce que vous avez un peu cédé aux pressions du patronat ?
00:11:52Est-ce que c'est pour ça qu'on est si en retard ?
00:11:55Non, on a pris un peu de temps.
00:11:58Pourquoi ? Parce qu'on a discuté, on a concerté.
00:12:00Et moi, vous savez, vous avez avec moi quelqu'un qui est toujours favorable à la discussion.
00:12:04On a l'air de perdre du temps au début, mais on en gagne beaucoup après.
00:12:07Quand on va aller très vite, on est très surpris après de constater qu'il y a des blocages.
00:12:10Quand les blocages sont installés, c'est très compliqué de les surmonter.
00:12:14Moi, je pense, sur un sujet comme ça, il faut discuter.
00:12:15Les blocages, ils viennent plutôt du patronat ou des syndicats ?
00:12:19On pourrait dire presque des deux côtés.
00:12:22Vous avez d'un côté, effectivement, les organisations patronales.
00:12:25Elles ont des avis un peu nuancés les unes avec les autres, quand vous écoutez bien.
00:12:28Il y a des petits signaux faibles qui montrent que les positions ne sont pas tout à fait les mêmes.
00:12:32Mais qui légitimement craignent une surtransposition, un allondissement administratif,
00:12:37une perte de capacité managériale.
00:12:40Il y a même une vision un peu idéologique en disant
00:12:42que les salariés du privé vont être traités comme les salariés du public,
00:12:44comme si les salariés du public étaient maltraités d'ailleurs.
00:12:46Enfin bref, il y a tout un tas d'arguments qui sont lancés
00:12:49visant au fait d'en faire le moins possible, voire pas du tout.
00:12:52Et vous avez d'un autre côté les organisations syndicales
00:12:54qui, elles, au contraire, sont dans le jeu d'en faire encore plus.
00:12:56Puisqu'on va discuter d'égalité salariale,
00:12:59renforçons les sanctions, renforçons les procédures.
00:13:01Vous voyez, chacun tire de son côté.
00:13:03Le gouvernement est au milieu.
00:13:04On a deux missions.
00:13:05D'abord, sur le fond, bien évidemment, je suis à fond pour l'égalité.
00:13:07Transposer.
00:13:08Bien sûr.
00:13:08D'abord, je suis pour la cause, pour l'égalité salariale entre les hommes et les femmes.
00:13:12Je pense que c'est très clair.
00:13:13Je pense que c'est très moderne.
00:13:14Il faut y aller.
00:13:14Je suis pour transposer la directive.
00:13:16Et je suis pour trouver une ligne d'équilibre
00:13:18entre les aspirations des syndicats d'un côté
00:13:20et les craintes du patronat de l'autre.
00:13:21Et sur un moratoire de deux ans,
00:13:23réclamé par certaines organisations patronales,
00:13:25ça vous dit non ?
00:13:26On prendra le temps, mais on ne prendra pas deux ans.
00:13:28On ne prendra pas deux ans.
00:13:29Par contre, déjà, en termes de calendrier,
00:13:31parce qu'il faut revenir au calendrier,
00:13:33on va engager dans la discussion de la loi autour de l'été.
00:13:36J'espère qu'elle sera votée à la fin de l'année.
00:13:38Après, de toute manière, on a déjà dit
00:13:39qu'on laisserait du temps aux entreprises,
00:13:41notamment au DRH.
00:13:42Au DRH, il faudra presque un an
00:13:43pour créer les instruments nécessaires à l'application.
00:13:47Donc, disons que cette loi est votée fin de l'année
00:13:49et elle sera en fait activée au 1er janvier, 28.
00:13:53Vous voyez ?
00:13:53Donc, on a un an de transposition,
00:13:55alors pour le coup pratique,
00:13:57qui n'est plus juridique,
00:13:58dans les entreprises pour préparer tous les TRH
00:14:00à mettre en place cette nouvelle loi.
00:14:01Gaëlle ?
00:14:02Oui, on voit qu'il n'y a que deux pays en Europe
00:14:04qui avaient réussi à transposer
00:14:05cette directive européenne dans les temps.
00:14:07Donc, ça a quand même l'air un peu compliqué.
00:14:09C'est une usine à gaz, en fait, cette directive ?
00:14:13Comment ça se passe ?
00:14:14Comment ça se fait que tous les pays
00:14:15ont tant de mal à la transposer ?
00:14:17Moi, je ne vous répondrai pas pour tous les pays.
00:14:20Déjà, nous, non, je trouve que ce n'est pas une usine à gaz.
00:14:22Déjà, ça enlève le procédus Pénicaud.
00:14:25Donc, on remplace quelque chose.
00:14:26Les autres pays, il n'y avait pas grand-chose.
00:14:27Alors, comme ils n'avaient pas grand-chose,
00:14:29le fait de mettre quelque chose
00:14:30peut donner peut-être l'impression
00:14:31qu'on renforce un peu la norme sociale.
00:14:34Nous, on avait quelque chose.
00:14:35Bon, on enlève ce qu'il y avait avant,
00:14:36on met quelque chose à la place.
00:14:37Donc, déjà, voilà, vous voyez,
00:14:38on n'alourdit pas, on substitue.
00:14:41La logique n'est pas tout à fait la même.
00:14:42Deuxièmement, comme d'habitude,
00:14:43il y a toujours des fake news.
00:14:46Chaque salarié va pouvoir savoir
00:14:47ce que gagne son collègue.
00:14:48Non, vous pourrez savoir
00:14:50ce que gagne la moyenne des gens
00:14:52qui font le même travail que vous.
00:14:53Point.
00:14:53Vous n'aurez pas d'informations nominatives.
00:14:55Après, comme je vous le disais,
00:14:56il n'y aura plus d'avancement au mérite,
00:14:59ça sera l'avancement à l'ancienneté.
00:15:00Non, ça s'appelle le courage malasierial.
00:15:02Si vous voulez payer davantage
00:15:04un salarié par rapport à un autre
00:15:05et que vous avez des raisons,
00:15:06vous l'expliquez.
00:15:07Ce n'est pas très compliqué.
00:15:08Vous voyez, donc au fond,
00:15:09je trouve qu'on entend
00:15:10beaucoup de mauvais arguments.
00:15:11Les choses sont assez simples.
00:15:13Ça consiste finalement
00:15:14à vous donner une information importante.
00:15:15Comment votre rémunération se positionne
00:15:17par rapport à la moyenne des gens
00:15:18qui font le même travail que vous.
00:15:19Il y a une deuxième idée
00:15:20qui me plaît bien
00:15:20parce qu'elle est très moderne.
00:15:21C'est donner une fourchette
00:15:23de rémunération
00:15:23au moment du recrutement.
00:15:26Je trouve que là,
00:15:26c'est un peu tabou l'argent dans ce pays.
00:15:28Il faut parler argent,
00:15:29il faut parler rémunération.
00:15:30C'est un choix important pour un salarié
00:15:32et c'est aussi un acte de transparence
00:15:35et d'honnêteté, j'allais dire,
00:15:36pour une entreprise
00:15:37de donner des fourchettes de rémunération
00:15:38des postes qu'elle met sur le marché du travail.
00:15:41– Hervé ?
00:15:42– Si on comprend bien,
00:15:44dans le projet de transposition,
00:15:47les entreprises devront déclarer
00:15:50des écarts, l'existence d'écarts
00:15:53à l'intérieur des catégories professionnelles
00:15:55bien déterminées,
00:15:57on ne va pas rentrer dans les détails ici,
00:15:59mais je voudrais comprendre
00:16:00comment vous allez fixer,
00:16:02vous, parce que ça va vous incomber
00:16:04à vous, ministre du Travail,
00:16:05comment vous allez fixer
00:16:06ce qui est un écart trop important
00:16:08qui vous conduirait
00:16:09à exiger d'une entreprise
00:16:11qu'elle se mette en conformité
00:16:12et qu'elle corrige ces écarts ?
00:16:14Ce sera quoi ?
00:16:15Un écart trop important ?
00:16:17– Non, ce n'est pas nous
00:16:18qui allons le fixer.
00:16:19L'esprit de la directive
00:16:20et donc de la loi,
00:16:21c'est la transparence.
00:16:23Il y a beaucoup d'exigences
00:16:24sur la transparence.
00:16:25Pour le coup,
00:16:25la directive prévoit
00:16:26des systèmes de sanctions
00:16:27pour une entreprise
00:16:28qui ne jouerait pas le jeu
00:16:28de la transparence.
00:16:30Mais après,
00:16:31quand vous constatez les choses,
00:16:33la directive n'oblige pas
00:16:35la mise en place
00:16:35d'un plan d'action.
00:16:36Le plan d'action doit être conduit
00:16:37ou pas par l'entreprise
00:16:38et c'est un autre système de droit
00:16:40si un salarié se sent dévalorisé
00:16:42ou dénigré,
00:16:43c'est un autre système de droit
00:16:44qui rentrera en ligne de mire.
00:16:45– Ça veut dire qu'on rentre
00:16:46dans la même logique
00:16:47que l'index précédent.
00:16:49Au fond,
00:16:49l'entreprise doit simplement
00:16:50faire la transparence
00:16:51sur la moyenne
00:16:53des rémunérations
00:16:53et donc si une entreprise,
00:16:55en publiant cette déclaration,
00:16:58révèle que des écarts
00:16:59très importants existent
00:17:01au sein de ses salariés,
00:17:04le gouvernement ne fera rien
00:17:06et personne ne pourra rien faire,
00:17:07on l'aura juste constaté.
00:17:08C'est ça que vous nous dites.
00:17:09– Pas à travers cette loi,
00:17:10d'ailleurs sur Pénicaud,
00:17:12vous aviez parfois
00:17:13des obligations quand même.
00:17:14– Oui, mais là vous avez l'air
00:17:15de dire qu'il n'y en aurait pas.
00:17:17– Vous avez des obligations,
00:17:18mais il y en a,
00:17:18des obligations de transparence,
00:17:19vous voyez bien,
00:17:20sinon s'il n'y avait pas d'obligation,
00:17:21vous n'entendriez pas,
00:17:23les organisations patronales
00:17:24réagirent comme ça.
00:17:25S'il n'y avait pas d'obligation,
00:17:27je pense que les organisations patronales
00:17:28ne réagiraient pas,
00:17:28elles réagissent
00:17:29parce qu'il y a bien
00:17:29des obligations quand même.
00:17:31Donc il y a bien des obligations
00:17:32effectivement très complètes
00:17:33en matière de transparence.
00:17:34Ensuite, à partir de là,
00:17:36bien sûr que la loi
00:17:38transposant la directive
00:17:40encouragera un plan,
00:17:41mais c'est un plan au fond
00:17:42qui est un plan individuel,
00:17:44ça dépendra là aussi
00:17:45des arguments
00:17:45qu'aura le chef d'entreprise
00:17:46par rapport au salaire
00:17:47de la personne
00:17:48versus la moyenne.
00:17:48Il y a peut-être
00:17:49des bonnes raisons,
00:17:50moi je n'en suis rien.
00:17:50Une fois de plus,
00:17:51le gouvernement
00:17:51et le ministre de Travail
00:17:52encore moins
00:17:52n'est pas installé
00:17:54dans toutes les entreprises françaises.
00:17:55– Et donc je résume,
00:17:56s'il y a des écarts
00:17:57très importants
00:17:57dans une même entreprise,
00:17:58on se contentera
00:17:59de le savoir
00:18:00grâce à la transparence,
00:18:01mais il n'y aura pas
00:18:02de conséquences.
00:18:02– Il n'y aura pas
00:18:03de sanctions là-dessus.
00:18:05– Seulement,
00:18:05s'il y a un manque
00:18:06de transparence,
00:18:06il y a des sanctions,
00:18:07mais pas sur les écarts.
00:18:08Elsa,
00:18:08on va parler maintenant
00:18:09avec vous
00:18:09des ruptures conventionnelles.
00:18:11Ça a changé
00:18:11parce que l'indemnisation chômage
00:18:13liée à des ruptures conventionnelles
00:18:14va être moins avantageuse.
00:18:16– Voilà, c'est bon,
00:18:16vous avez réussi
00:18:17à réduire la durée maximale
00:18:19d'indemnisation.
00:18:19Pareil, c'était un accord
00:18:20des certains partenaires sociaux.
00:18:22La contrepartie,
00:18:23ce n'était pas touchée
00:18:24à l'assurance chômage.
00:18:25Est-ce que vous nous confirmez
00:18:26que les règles
00:18:27ne bougeront pas
00:18:28jusqu'à la fin du quinquennat ?
00:18:29– Oui, on revient
00:18:30en deux minutes,
00:18:31enfin une minute
00:18:32sur la rupture conventionnelle.
00:18:33Ce n'est pas moi
00:18:33qui ai décidé,
00:18:38mais ça a été voté
00:18:38par les députés.
00:18:39– Comment ?
00:18:40– Et ça a été transposé.
00:18:41– Et ça a été effectivement
00:18:41des votés conformes.
00:18:43– Oui, il a fallu
00:18:44s'y reprendre à une fois,
00:18:45mais ça a été voté.
00:18:46– Donc c'est important
00:18:47de dire ça
00:18:47parce que moi,
00:18:47je crois beaucoup
00:18:48à l'alignement
00:18:49en matière de droit social,
00:18:50de la démocratie sociale
00:18:51et démocratie parlementaire.
00:18:52Quand ça marche bien ensemble,
00:18:53ça produit…
00:18:54– Sauf que les syndicats
00:18:55consignés ont dit
00:18:56on signe pour ça,
00:18:57OK, pour les ruptures conventionnelles,
00:18:58mais en contrepartie,
00:18:59on ne touche pas
00:18:59aux règles d'assurance chômage
00:19:01en général.
00:19:01– Pas de réforme
00:19:02de l'assurance chômage ?
00:19:03– Non, alors ce qui concerne
00:19:04effectivement l'assurance chômage,
00:19:06jusqu'aux élections
00:19:07de l'année prochaine,
00:19:07on n'y touchera pas,
00:19:08bien évidemment.
00:19:09On sort de deux réformes.
00:19:10Il y en a une qui n'était pas vieille,
00:19:11qui était à peine sortie,
00:19:12qui était déclenchée en 24.
00:19:14On a cette réforme
00:19:15maintenant de la rupture conventionnelle.
00:19:17Les partenaires sociaux
00:19:18ont fait le travail.
00:19:19Je rappelle que la dernière réforme
00:19:20de la rupture conventionnelle
00:19:20va rapporter 1 milliard d'euros
00:19:22d'économies à l'UNEDIC.
00:19:24– Donc ce que vous dites,
00:19:25c'est que c'est la dernière réforme
00:19:26de l'assurance chômage
00:19:26du quinquennat.
00:19:27– Oui.
00:19:28– Il y a une proposition de loi
00:19:30qui fait débat,
00:19:31déposée par un député,
00:19:33Éric Pogé,
00:19:33des Républicains,
00:19:34pour monétiser la cinquième semaine
00:19:35de congés payés.
00:19:36Vous, vous avez renvoyé
00:19:37au dialogue social,
00:19:38mais est-ce qu'à titre personnel,
00:19:39vous êtes favorable
00:19:40à ce type de mesures ?
00:19:41– Vous savez, moi, là encore,
00:19:42je suis, comment dire,
00:19:45toujours un peu plus
00:19:45dans la nuance
00:19:47et l'analyse en profondeur
00:19:48des sujets.
00:19:48Comme j'ai dit,
00:19:49le droit social,
00:19:50il est comme ça.
00:19:50C'est le droit social.
00:19:51C'est le code du travail.
00:19:51Alors je rappelle
00:19:52qu'on peut monétiser ces RTT,
00:19:56les congés en tant que tels,
00:19:57les congés annuels, non.
00:19:59Pourquoi ?
00:19:59Il y a des raisons à chaque fois.
00:20:00Vous savez,
00:20:01c'est comme ça,
00:20:02c'est qu'il y a des raisons.
00:20:02Les raisons, c'est quand même
00:20:03que les congés,
00:20:04c'est fait pour se reposer,
00:20:05fondamentalement.
00:20:06Voilà.
00:20:06Et donc, si on commence
00:20:07à rogner les jours de congés,
00:20:08la question de
00:20:09est-ce que j'ai ma quantité
00:20:10de repos suffisant se pose.
00:20:11Là encore,
00:20:12ça peut dépendre des métiers,
00:20:13des entreprises, etc.
00:20:14Mais on ne touche pas
00:20:15à ces choses-là,
00:20:16vous voyez,
00:20:16de manière un peu brutale.
00:20:17Donc moi, à coup sûr,
00:20:18si jamais,
00:20:26je ne donnerai pas d'avis.
00:20:27Ah ben moi, non, non.
00:20:27C'est comment ça marche.
00:20:28Les ministres,
00:20:28c'est pour contre ou à l'une salle.
00:20:29Je ne donnerai pas d'avis.
00:20:30Avant de donner un avis,
00:20:31je réunirai les partenaires sociaux
00:20:33et je les écouterai.
00:20:34Ah ben vous avez la réponse.
00:20:35Vous avez la réponse déjà.
00:20:36Les syndicats de salariés,
00:20:37c'est très opposés à cette mesure.
00:20:37Vous avez déjà la réponse.
00:20:38C'est non.
00:20:39Donc quel sera l'avis du gouvernement
00:20:40sur ce sujet ?
00:20:41Non, non, non.
00:20:42Moi, la réponse,
00:20:42il faudra qu'on me la donne,
00:20:43il faudra qu'on l'argumente,
00:20:44il faudra qu'on examine les situations.
00:20:46Non, non, non.
00:20:46Les syndicats de salariés
00:20:47ont déjà dit qu'ils étaient opposés
00:20:48avec les congés payés
00:20:49et qu'ils étaient pour se reposer.
00:20:50J'aurai donc les réponses en direct,
00:20:51les arguments des uns et des autres
00:20:53parce que les horizons patrons-là
00:20:54seront là elles aussi.
00:20:55Donc on écoutera vraiment
00:20:56les partenaires sociaux
00:20:57et on verra les convergences,
00:20:58les divergences.
00:20:59Et à partir de ce moment-là,
00:21:00je prendrai une position.
00:21:01Hugo.
00:21:02Oui, monsieur le ministre,
00:21:03moi j'avais une question.
00:21:04On a parlé effectivement
00:21:05de toutes ces réformes
00:21:06qu'il y en a eues.
00:21:06Il y en a eu cinq.
00:21:07Il y a eu sept ministres du travail
00:21:09depuis le début du quinquennat.
00:21:10Est-ce qu'il n'y a pas trop
00:21:10d'instabilité pour le marché du travail
00:21:12et surtout pour les salariés
00:21:14avec des réformes
00:21:14qu'on change à peu près tous les ans
00:21:16sans pouvoir forcément
00:21:17avoir les conséquences
00:21:18sur le chômage en particulier ?
00:21:20Sur le chômage en particulier.
00:21:22La stabilité, c'est ça la question.
00:21:24Oui, oui.
00:21:25La stabilité, elle est relative.
00:21:27Je veux dire, les choses s'appréhendent.
00:21:29Je ne suis pas sûr
00:21:30que les salariés suivent
00:21:32à l'être prêt des réformes.
00:21:34Les réformes, souvent,
00:21:34elles ont des objectifs économiques.
00:21:36Elles ont des objectifs
00:21:37d'incitation au retour au travail.
00:21:38C'est le cas de la réforme
00:21:40sur les ruptures conventionnelles
00:21:42puisqu'elle fait un milliard d'euros d'économie,
00:21:43ce qui n'est quand même pas rien.
00:21:44Et elle ramène à l'emploi
00:21:4615 000 personnes de plus par an
00:21:48avec d'ailleurs un accompagnement
00:21:49sans forcer sur les seniors.
00:21:50Vous voyez, donc,
00:21:51on voit bien que là, en tout cas,
00:21:52je vais vous parler
00:21:52de la réforme que j'ai portée.
00:21:54Il y a une justification économique
00:21:55que j'assume.
00:21:56Oui, il faut conserver
00:21:57l'équilibre de l'UNEDIC.
00:21:59Et deuxièmement,
00:22:00ce n'est quand même pas une mauvaise chose
00:22:01de se bouger
00:22:02pour remettre à l'emploi
00:22:0315 000 personnes,
00:22:03en particulier les seniors.
00:22:04Puisque vous parlez des seniors,
00:22:06Jean-Pierre Farandou,
00:22:06Gaëlle, les seniors qui travaillent.
00:22:08Oui, alors,
00:22:09il y a dans vos cartons,
00:22:10manifestement,
00:22:11un projet un peu de tour de vie
00:22:12sur le cumul emploi-retraite
00:22:14et notamment l'idée
00:22:15que, en fait,
00:22:16les personnes qui trouveraient un emploi,
00:22:18ça baisserait leur niveau de pension.
00:22:20Et donc, on se dit,
00:22:22mais c'est un peu injuste
00:22:23parce que, d'un côté,
00:22:24elles ont certainement cotisé
00:22:26toute leur vie
00:22:26pour avoir ce niveau de retraite
00:22:28et, en plus,
00:22:30elles se maintiennent en activité
00:22:32et elles arrondissent
00:22:33leur fin de mois.
00:22:34Donc, quelle est la justification
00:22:35de ce durcissement ?
00:22:38D'abord,
00:22:38ce n'est pas du tout dans les cartons,
00:22:39c'est dans la loi de finances
00:22:41dont c'est fait.
00:22:42D'accord.
00:22:42La réforme du cumul emploi-retraite,
00:22:44elle a été votée
00:22:45par le Parlement.
00:22:46C'est pareil,
00:22:46Jean-Pierre Farandou.
00:22:47Alors, j'ai mis un avis favorable.
00:22:48Je ne vais pas...
00:22:49Oui, oui.
00:22:49Mais c'est quand même voté
00:22:50par le Parlement.
00:22:51Non, mais ça,
00:22:51c'est pas...
00:22:52Voilà.
00:22:52Alors, pourquoi ?
00:22:54Toujours pareil.
00:22:55Et parfois,
00:22:55les gens sont un peu contradictoires.
00:22:57L'intérêt général du pays,
00:22:59c'est que les gens
00:22:59travaillent un peu plus longtemps
00:23:00pour les caisses
00:23:01de la sécurité sociale
00:23:03et pour la production.
00:23:04D'où les accords
00:23:05sur les seniors.
00:23:06On est là-dedans.
00:23:07Ce qui n'est pas
00:23:08l'intérêt du pays,
00:23:09c'est que les gens
00:23:09s'arrêtent plus tôt.
00:23:10Ils peuvent le faire,
00:23:11c'est possible,
00:23:12mais on ne va pas
00:23:12les encourager.
00:23:14Et donc,
00:23:14avec ces deux éléments-là,
00:23:16bien évidemment,
00:23:17on voit bien
00:23:18qu'il n'y a aucune raison
00:23:19d'inciter les gens
00:23:21à arrêter plus tôt,
00:23:22de type avant 64 ans,
00:23:23d'autant plus que
00:23:24quand ils arrêtent,
00:23:25ils reprennent un travail.
00:23:26Dans ce cas-là,
00:23:27s'ils pouvaient travailler,
00:23:28pourquoi ils n'ont pas
00:23:28de continuer à travailler ?
00:23:29Le raisonnement est simple,
00:23:30mais c'est celui-là.
00:23:31De notre côté,
00:23:32entre 64 et 67 ans,
00:23:35on fait une possibilité
00:23:36de compléter son revenu
00:23:38à hauteur de 7000 euros par an.
00:23:40Et au-delà de 67 ans,
00:23:41là, on considère
00:23:41que vraiment,
00:23:42vous avez apporté
00:23:42votre lot de cotisations
00:23:44au système de retraite français
00:23:45et là,
00:23:46vous pouvez faire
00:23:46ce que vous voulez.
00:23:47Donc finalement,
00:23:48c'est ça.
00:23:48Et au passage...
00:23:49Est-ce que ce n'est pas
00:23:50plus simple
00:23:50de supprimer
00:23:50le cumul emploi retraite ?
00:23:51Vous voulez arrêter
00:23:52ce système
00:23:53de cumul emploi retraite ?
00:23:54Je ne peux pas l'arrêter.
00:23:55Je dis qu'on le conserve
00:23:55comme je vous l'ai expliqué.
00:23:56Au passage,
00:23:57quand même,
00:23:57c'est une mesure
00:23:58qui fait gagner
00:23:582 milliards et demi d'euros.
00:24:00Ah, c'est ça le sujet, donc.
00:24:01Ah oui, mais oui.
00:24:02Oui, c'est ça le sujet.
00:24:03Et c'est quasiment
00:24:04la seule mesure d'économie
00:24:05qu'on a réussi
00:24:05à faire passer
00:24:06dans ce budget.
00:24:07Donc on ne peut pas dire
00:24:08tout et son contraire.
00:24:09On ne peut pas dire
00:24:09à la fois,
00:24:10ah, les comptes dérapent
00:24:11et quand on a une mesure
00:24:12votée par le Parlement,
00:24:13lui trouver tous les problèmes.
00:24:14Il y a beaucoup
00:24:14d'effet domaine là-dedans.
00:24:15Quand vous regardez bien
00:24:16ce qui se passe,
00:24:16parce que je l'ai fait,
00:24:17il y a 60% des gens
00:24:18pour qui ça sera
00:24:19statu quo ou mieux.
00:24:20Et c'est beaucoup
00:24:21des carrières hachées,
00:24:22des petites retraites,
00:24:23etc.,
00:24:24ça sera mieux.
00:24:24En fait,
00:24:25ceux qui sont un peu lésés,
00:24:26c'est les 2 milliards d'euros,
00:24:27ils viennent d'où ?
00:24:27Parce que cette économie,
00:24:28ils viennent d'où ?
00:24:29Eh bien, d'abord,
00:24:29des gens qui vont travailler
00:24:30davantage ou des gens
00:24:31qui vont choisir
00:24:31d'autres formules
00:24:32comme la retraite progressive.
00:24:34Et d'ailleurs,
00:24:34comme par hasard,
00:24:35à l'annonce de cette réforme-là,
00:24:37il y avait 25 000 progressives
00:24:38l'année dernière,
00:24:39il y en a 125 000 maintenant.
00:24:40Et c'est beaucoup mieux
00:24:41de la réforme progressive
00:24:41parce que là,
00:24:42vous fixez un curseur
00:24:43entre travail et retraite.
00:24:44Voilà,
00:24:44vous travaillez à 60%,
00:24:45vous êtes à retraite à 40%.
00:24:47Ça, c'est un très bon système
00:24:48qui ne laisse personne
00:24:49et qui ne laisse pas
00:24:49les 15 000 retraites.
00:24:50Et ça a explosé
00:24:51depuis l'annonce
00:24:52depuis quelques mois.
00:24:53Il y a une corrélation
00:24:54qui s'est faite.
00:24:54Voilà, elle est curieuse
00:24:55et moi, je pense qu'elle est liée.
00:24:56Et n'oublions pas
00:24:57qu'il y a la décote aussi,
00:24:57en fait,
00:24:58ou la surcote plutôt.
00:24:59Quelqu'un qui veut rester
00:25:00plus longtemps,
00:25:00il y a déjà un mécanisme
00:25:01de casiste,
00:25:01c'est la surcote.
00:25:02Disons que le cumul
00:25:03emploi-retraite
00:25:03est un outil
00:25:04qu'on met à disposition
00:25:05des gens
00:25:06qui veulent combiner
00:25:07leur manière
00:25:07de terminer leur retraite.
00:25:08Il y a eu des abus,
00:25:08vous voulez dire ?
00:25:09Oui, on a vu,
00:25:10on a vu notamment
00:25:11dans des grosses entreprises
00:25:12plutôt,
00:25:12des cadres qui négociaient
00:25:14un départ
00:25:14et a été mis au départ
00:25:15et étaient réembauchés
00:25:16comme consultants
00:25:17et le delta de rémunération
00:25:18qui le prenait,
00:25:19c'était la caisse de retraite.
00:25:20Ce n'est pas fait pour.
00:25:21Voilà, donc là encore,
00:25:22un peu comme
00:25:22les ruptures conventionnelles,
00:25:23on régule
00:25:24certaines exagérations.
00:25:25Mais vous ne voulez pas
00:25:26aller plus loin
00:25:26au-delà de ce qui a été fait là ?
00:25:28Non, non, on restera comme ça.
00:25:29Vous ne dites pas
00:25:30que vous allez supprimer
00:25:31ce régime ?
00:25:31Pas du tout,
00:25:32on le laissera comme ça.
00:25:33Alors on va continuer
00:25:33sur les retraites
00:25:34avec vous Hervé,
00:25:35avec le Conseil d'orientation
00:25:37des retraites
00:25:37qui refait parler de lui.
00:25:38Le Conseil d'orientation
00:25:40des retraites
00:25:40doit publier
00:25:41un rapport jeudi
00:25:42qui est très attendu.
00:25:44Il semblerait,
00:25:45d'après les premières informations
00:25:46qui en sont extraites
00:25:47ces jours-ci,
00:25:49qu'il conclut
00:25:51à un panorama
00:25:53assez pessimiste
00:25:54sur l'aggravation
00:25:55du déficit
00:25:56de notre système
00:25:57de retraite,
00:25:58principalement en raison
00:25:59de la baisse
00:25:59de la natalité
00:26:00que nous connaissons
00:26:01en France.
00:26:02Une des solutions,
00:26:03d'après nos confrères
00:26:04du Parisien,
00:26:05préconisées par le corps,
00:26:08serait de reculer
00:26:09l'âge de départ
00:26:09à la retraite
00:26:10jusqu'à 67,6 ans
00:26:13en 2070.
00:26:15Est-ce que vous êtes
00:26:16informé
00:26:17de cette perspective
00:26:18et est-ce qu'elle
00:26:19vous paraît bonne
00:26:20ou est-ce qu'elle
00:26:21vous fait dresser
00:26:22les cheveux
00:26:22sur la tête ?
00:26:23Non, je ne suis pas
00:26:24au courant
00:26:25de ce rapport,
00:26:26j'en ai entendu parler
00:26:26comme vous,
00:26:27dans le cours
00:26:28de la journée,
00:26:28voilà,
00:26:29j'avais attendu
00:26:30d'avoir le rapport,
00:26:31vous savez,
00:26:31le diable est dans les détails
00:26:32dans les rapports,
00:26:32on va attendre
00:26:33d'avoir le rapport,
00:26:34le rapport doit d'abord
00:26:34être présenté
00:26:35aux partenaires sociaux,
00:26:36c'est une très bonne chose,
00:26:37il y a une suppose,
00:26:38on y va d'abord
00:26:38avec les partenaires,
00:26:39après il sera
00:26:40communiqué officiellement.
00:26:41C'est peut-être comme ça
00:26:42qu'il a atterré
00:26:42chez nos confrères
00:26:43du Parisien ?
00:26:44Peut-être, peut-être.
00:26:44Allez savoir.
00:26:45Après, le sujet,
00:26:46moi je n'ai pas les détails,
00:26:46je n'ai pas fait des calculs
00:26:47et je ne peux pas
00:26:48contre-expertiser les calculs.
00:26:49Après, l'idée
00:26:50qu'il faille travailler
00:26:51davantage,
00:26:51plus longtemps,
00:26:52pour équilibrer
00:26:53les caisses de retraite,
00:26:53ça n'est pas nouvelle celle-là.
00:26:54Mais 67 ans et demi,
00:26:55là on est à 67 ans et demi,
00:26:56certes en 2070,
00:26:57mais quand même.
00:26:582070 quand même,
00:26:59on est d'accord.
00:27:00Mais quand même 67 ans et demi,
00:27:01ça met des choses dans la tête.
00:27:02L'idée de reculer
00:27:03l'âge de la retraite,
00:27:04en effet,
00:27:05elle n'est pas nouvelle,
00:27:05mais est-ce que vous la trouvez bonne ?
00:27:07Ben oui,
00:27:08bonne je ne sais pas,
00:27:09mais je pense qu'il faut
00:27:10l'envisager.
00:27:11Je redis quand même
00:27:11que le principal,
00:27:12la mission numéro 1,
00:27:13faire travailler les seniors
00:27:14un peu plus
00:27:14et faire travailler
00:27:15les jeunes plus tôt.
00:27:16Franchement,
00:27:17si on faisait déjà ça,
00:27:19les gains pour les financements
00:27:21publics français
00:27:22seraient considérables.
00:27:23Si on se mettait
00:27:23au niveau de l'Allemagne,
00:27:24c'est des dizaines de milliards
00:27:24qu'on gagnerait.
00:27:25Donc vraiment,
00:27:26ça c'est plus concret,
00:27:27les jeunes plus tôt
00:27:29dans le marché du travail
00:27:30et les seniors plus longtemps.
00:27:32Franchement déjà.
00:27:32Ça suffirait ?
00:27:33Ça fait un gros pas quand même.
00:27:34Ça fait un gros pas.
00:27:35Ensuite,
00:27:35après l'idée
00:27:36qu'il faille travailler
00:27:37plus longtemps pour tout le monde,
00:27:38celle-là n'est pas nouvelle.
00:27:39Oui,
00:27:40je pense qu'il faut se résoudre
00:27:42à cette idée-là.
00:27:42Pourquoi ?
00:27:43C'est la proportion d'actifs
00:27:44et de retraités.
00:27:44Le système par répartition,
00:27:45vous le savez bien,
00:27:46c'est les actifs
00:27:46qu'il fait pour les retraités.
00:27:47Le nombre d'actifs diminue
00:27:48de plus en plus en plus.
00:27:49Le nombre de retraités,
00:27:50il en monte de plus en plus.
00:27:51On voit bien que là,
00:27:51il y a un déséquilibre.
00:27:52Il faut arriver à le traiter.
00:27:53Pour autant,
00:27:54mon opinion personnelle,
00:27:56puisque vous m'interrogez,
00:27:57je pense que l'idée
00:27:57qui avait été approchée,
00:27:59notamment au niveau du conclave,
00:28:00de dire,
00:28:00est-ce qu'il n'y a pas
00:28:01quand même quelques métiers
00:28:02où l'usure professionnelle
00:28:03est plus importante que d'autres
00:28:04dans la durée d'exercice
00:28:05de ces métiers ?
00:28:06Est-ce qu'il ne faut pas en parler ?
00:28:07Moi, je pense que ça,
00:28:08c'est une idée intéressante.
00:28:09Et d'ailleurs,
00:28:09là encore,
00:28:10excusez-moi d'en venir à l'SNCF,
00:28:11j'avais fait un accord fin de carrière
00:28:12qui était un peu dans cette idée.
00:28:13Mais qui payait l'accord fin de carrière ?
00:28:15La SNCF.
00:28:15Ce n'était pas les cases de retraite.
00:28:17Donc là aussi,
00:28:17je pense que les entreprises
00:28:18peuvent aussi peut-être
00:28:19jouer un rôle
00:28:20dans l'accompagnement
00:28:20des métiers compliqués
00:28:21lorsqu'on les fait très longtemps
00:28:23dans la durée.
00:28:24C'est-à-dire que les entreprises payent ?
00:28:25En tout cas,
00:28:26les fins de carrière
00:28:27sur des métiers usants,
00:28:29qu'est-ce qu'on fait ?
00:28:29Non, mais ce que vous dites,
00:28:30c'est que les entreprises payent
00:28:31et que ce ne soit pas
00:28:32le système de solidarité nationale.
00:28:34Ce n'est pas nouveau.
00:28:36Oui, en tout cas,
00:28:36le système de solidarité nationale,
00:28:38je dirais à l'envers,
00:28:38il n'est pas fait pour ça.
00:28:39Il n'est pas fait pour payer
00:28:40les pré-retraites, vous voyez.
00:28:41Il est fait pour payer la retraite.
00:28:43Non, mais c'est important
00:28:44ce que vous dites, mine de rien.
00:28:45C'est l'expérience de la SNCF,
00:28:46mais ça ne se fait pas
00:28:46dans d'autres entreprises, ça.
00:28:47Que les entreprises payent
00:28:49des pré-retraites,
00:28:50alors il y a eu des plans
00:28:50de départ à la retraite
00:28:51qui ont été valorisés financièrement,
00:28:53mais payer les pré-retraites,
00:28:55en général, non.
00:28:55Les entreprises,
00:28:56elles mettent les gens dehors
00:28:56et puis c'est le système
00:28:58de retraite qui paye.
00:29:00C'est-à-dire que l'usure au travail,
00:29:02elle vient du travail.
00:29:03Bon, voilà.
00:29:04Donc les entreprises doivent payer ?
00:29:06En tout cas,
00:29:07c'est une piste
00:29:08sur laquelle il faut considérer.
00:29:09Il y a pas mal
00:29:09de grandes entreprises qui le font.
00:29:11Les grandes entreprises
00:29:12qui ont des métiers
00:29:13justement très durs,
00:29:14dont il est difficile,
00:29:14objectivement,
00:29:15de les tenir dans la durée
00:29:16à partir de 60 ans,
00:29:1762 ans,
00:29:17physiquement, tout simplement.
00:29:18Sinon, on risque quoi ?
00:29:19C'est l'inaptitude,
00:29:20c'est l'incapacité de travailler.
00:29:21Vous voyez,
00:29:21vous avez d'autres problématiques,
00:29:23c'est exactement la logique
00:29:24qui a prévalué
00:29:24au fait qu'à la SNCF,
00:29:25effectivement,
00:29:26j'ai trouvé plus intelligent,
00:29:27plus intelligent pour tout le monde,
00:29:29y compris pour la gestion
00:29:30de l'entreprise,
00:29:30pour certains métiers,
00:29:31d'avoir des politiques
00:29:32où on pourrait partir
00:29:32un peu plus tôt,
00:29:33mais le coût financier
00:29:34de la mesure
00:29:35étant supporté par la SNCF.
00:29:36Et ça, vous souhaiteriez
00:29:36que les entreprises
00:29:37aillent vers ça ?
00:29:39Ça peut être une piste
00:29:40de discussion
00:29:40puisque c'est pratiqué
00:29:41dans certaines entreprises.
00:29:42La santé au travail,
00:29:43les accidents du travail,
00:29:44l'apprentissage,
00:29:45tout ça,
00:29:45c'est dans votre portefeuille.
00:29:46Gaëlle, on va commencer
00:29:47par les accidents du travail.
00:29:48Oui, la France est quand même
00:29:49une assez mauvaise élève
00:29:50sur ce front des accidents du travail.
00:29:52824 accidents mortels
00:29:54au travail en 2024.
00:29:56Alors, pourquoi ?
00:29:57Pourquoi ça ne baisse pas ?
00:29:58Et il y a quand même,
00:30:00on a l'impression
00:30:01qu'il y a un problème particulier
00:30:02de la France
00:30:03et notamment,
00:30:04il y a eu des sujets aussi
00:30:05sur les jeunes en stage
00:30:07avec quelques tragédies.
00:30:08Donc, bon,
00:30:10que fait-on ?
00:30:11On va prendre juste 30 secondes
00:30:13pour dire que
00:30:13ce n'est pas acceptable,
00:30:15ce n'est pas tolérable
00:30:16qu'un salarié puisse
00:30:17se blesser gravement
00:30:18et pire,
00:30:19décéder au travail.
00:30:20On est sur les fondamentaux
00:30:22de toute politique du travail.
00:30:23Assurer la santé
00:30:24des travailleurs
00:30:25et des travailleuses,
00:30:25c'est fondamental.
00:30:27Donc, on ne peut pas
00:30:27jouer avec ça.
00:30:28Donc, on est sur
00:30:29quelque chose
00:30:30qui est très important.
00:30:31Deuxièmement,
00:30:31ceci étant dit,
00:30:33quand on se compare,
00:30:33les comparaisons européennes
00:30:34ne sont pas flatteuses,
00:30:35mais on a une manière
00:30:36de compter en France
00:30:37qui nous désavantage.
00:30:37Alors, ce n'est pas pour ça
00:30:38que je veux en changer,
00:30:39je ne veux pas casser le thermomètre,
00:30:40mais au moins être clair.
00:30:41Donc, quand on se rend entre nous,
00:30:42on fera toujours à la française.
00:30:43Quand on se compare
00:30:44à d'autres pays
00:30:45comme l'Italie,
00:30:45il faut voir que nous,
00:30:47quand une personne décède
00:30:48d'un malaise cardiaque
00:30:49sur le lieu de travail,
00:30:50c'est considéré immédiatement
00:30:51comme un accident du travail.
00:30:52On ne cherche pas de causalité.
00:30:54Or, en Italie,
00:30:55ce n'est pas le cas.
00:30:56Or, les accidents
00:30:58par malaise cardiaque,
00:30:59en France,
00:30:59ce n'est plus de la moitié
00:31:00des accidents du travail.
00:31:01Donc, vous voyez que
00:31:01si vous les comptez,
00:31:02et que vous ne les comptez pas,
00:31:02ça ne donne pas
00:31:03la même statistique.
00:31:04Si on les compte,
00:31:04on est avant-avant-dernier,
00:31:06si on ne les comptait pas,
00:31:07on serait dans la moyenne supérieure.
00:31:09Donc, ça,
00:31:10c'est la comparaison
00:31:10avec l'Europe.
00:31:11Une fois qu'on a dit ça,
00:31:11je ne veux pas changer.
00:31:12C'est une manière aussi
00:31:13de protéger davantage
00:31:14le salarié
00:31:15qui décède dans l'entreprise,
00:31:16de le protéger
00:31:16par le système
00:31:17d'accident du travail
00:31:18qui est plus protecteur.
00:31:19Je ne veux rien changer,
00:31:20mais c'est pour éclairer
00:31:21votre propos,
00:31:21pour le nuancer.
00:31:22Pour autant,
00:31:23chaque accident du travail mortel,
00:31:24c'est vraiment un de trop.
00:31:25Alors, là-dessus,
00:31:26le maître mot,
00:31:27c'est la prévention,
00:31:29c'est éviter les accidents,
00:31:30tout simplement.
00:31:31Si on veut moins d'accidents
00:31:32graves et mortels,
00:31:32mais même des petits accidents,
00:31:34il faut les éviter.
00:31:34Comment on fait pour les éviter ?
00:31:35C'est exactement ce que je disais
00:31:36tout à l'heure
00:31:37pour les violences sexuelles et sexistes
00:31:38qui font partie aussi
00:31:39des accidents du travail,
00:31:40dans le travail.
00:31:41C'est d'avoir une idée claire
00:31:42sur les risques,
00:31:43à la fois les dirigeants,
00:31:44les managers et les salariés.
00:31:46Qu'est-ce qui est risqué
00:31:47dans le métier ?
00:31:47Là, je suis sur un tabouret,
00:31:48c'est risqué.
00:31:49Si jamais je fais un faux mouvement,
00:31:50je peux tomber,
00:31:50je peux me faire...
00:31:52Quand on fait lire aux jeunes,
00:31:54par exemple,
00:31:54un prospectus de prévention,
00:31:56est-ce qu'on ne reporte pas
00:31:57la responsabilité sur eux
00:32:01alors que, bon,
00:32:03il faudrait que...
00:32:04C'est pour les élèves
00:32:04en stage dans les entreprises.
00:32:05La responsabilité,
00:32:06c'est le chef d'entreprise.
00:32:07Pour le coup,
00:32:08c'est le droit
00:32:09et ça ne peut être que ça.
00:32:10Quoi qu'il va se passer,
00:32:11même si le salarié ne lit pas,
00:32:13c'est le chef d'entreprise
00:32:13qui doit veiller à ce qu'il lise.
00:32:15Donc, le chef d'entreprise,
00:32:16il a une responsabilité totale
00:32:17sur la santé au travail,
00:32:19au-delà des travailleurs,
00:32:20même des gens
00:32:20qui pénètrent dans l'entreprise.
00:32:21Vous avez raison,
00:32:22c'est quand même très choquant.
00:32:24On a un jeune stagiaire
00:32:25en observation,
00:32:25un troisième,
00:32:26qui s'est retrouvé
00:32:27sur un chariot-élévateur.
00:32:29Qu'est-ce qu'il faisait
00:32:29sur un chariot-élévateur ?
00:32:30A conduire un chariot-élévateur.
00:32:32Le chariot-élévateur se renverse,
00:32:33il est écrasé par l'engin,
00:32:34il décède, vous voyez.
00:32:35Alors là, la CGT,
00:32:36elle veut carrément supprimer
00:32:37les stages en troisième
00:32:38et en seconde
00:32:39en disant que c'est trop dangereux.
00:32:40Est-ce qu'on veut faire ça ?
00:32:41Non, mais là encore,
00:32:43il faut juste appliquer le droit.
00:32:44Quand vous êtes stagiaire,
00:32:45vous ne devez pas être exposé
00:32:47à aucun risque.
00:32:48C'est de l'observation.
00:32:49Est-ce que les stages
00:32:50de troisième ou de seconde,
00:32:51vous souhaitez les maintenir ?
00:32:53Alors ça, on va changer de sujet,
00:32:55mais on peut aussi...
00:32:55Pas vraiment.
00:32:56Comme vous voulez.
00:32:57Oui, alors ce que je veux maintenir,
00:32:59voire renforcer,
00:33:00c'est le lien entre les jeunes
00:33:01et les entreprises.
00:33:02On a en France
00:33:03un problème d'orientation majeur
00:33:04parce que les jeunes
00:33:05ne connaissent pas les entreprises,
00:33:06la richesse des entreprises,
00:33:07toutes les occasions des entreprises.
00:33:09Ce n'est pas les enfermants
00:33:10dans les salles de classe
00:33:11qui vont découvrir l'entreprise.
00:33:12Donc quand la CGT dit
00:33:13qu'il faut supprimer...
00:33:14Voilà.
00:33:14Donc on les garde,
00:33:15ces stages...
00:33:16Oui.
00:33:16On les sécurise, bien sûr.
00:33:18On les sécurise,
00:33:18mais on les garde à tout prix.
00:33:20En troisième et en seconde.
00:33:21Oui, oui, oui, bien sûr.
00:33:22Et comment on fait ?
00:33:23Alors, il ne faut pas le négliger.
00:33:24Il peut y avoir une sensibilisation
00:33:25qui est faite dans l'école
00:33:26ou dans le collège
00:33:27ou dans le lycée.
00:33:28Mais dès que le jeune va arriver,
00:33:29il faut qu'il y ait un parcours adapté
00:33:31qui soit hyper sécurisé
00:33:32et respecté
00:33:33avec beaucoup d'attention.
00:33:34Bien évidemment.
00:33:35Bien évidemment.
00:33:36Et enfin, moi, je trouve
00:33:37qu'il y a un dispositif,
00:33:37alors moi, je l'ai appliqué là aussi,
00:33:39donc je sais qu'il marche,
00:33:40c'est d'avoir un signe distinctif
00:33:41pour que le jeune se redise
00:33:43qu'il est un peu à part.
00:33:45Le casque bleu.
00:33:46Le casque bleu.
00:33:46Voilà, le casque bleu
00:33:47à la SNCF Réseau.
00:33:48Ils ont tous des casques oranges
00:33:49pour se très maler
00:33:49sur les ouvrages d'art,
00:33:50sur les ponts et dans les voies.
00:33:52On a dit maintenant
00:33:52tout nouvel arrivant,
00:33:53mais même moi,
00:33:54parce que moi,
00:33:54je ne connaissais pas...
00:33:55Ce n'est pas une mesurette, ça.
00:33:56Je mettais un casque bleu.
00:33:57Parce que déjà,
00:33:57en le mettant,
00:33:58j'étais conscient
00:33:59que j'allais rentrer
00:34:00dans un univers à risque
00:34:00et surtout,
00:34:01la surveillance collective
00:34:02joue beaucoup.
00:34:03Tous les autres compagnons
00:34:04vont regarder,
00:34:04tiens, ce petit jeune,
00:34:05et moi,
00:34:05je n'étais pas un petit jeune,
00:34:06mais en tout cas,
00:34:06j'étais nouveau dans cet univers-là.
00:34:07Ça, ce sera en place
00:34:08à partir de quand ?
00:34:09Alors ça, c'est une recommandation,
00:34:10ce n'est pas une obligation,
00:34:11mais nous allons travailler
00:34:12à des entreprises volontaires
00:34:13pour qu'elles réfléchissent
00:34:14à l'élargissement de ce domaine.
00:34:15Pourquoi ce n'est pas une obligation ?
00:34:16Ça pourrait être une obligation.
00:34:17En tout cas,
00:34:18ça pourrait le devenir.
00:34:19On va discuter avec les entreprises
00:34:20parce que là aussi,
00:34:20on prend son temps.
00:34:21Le signe distinctif,
00:34:22ça peut être très large.
00:34:22Chez Dassault, par exemple,
00:34:23ils ont une casquette,
00:34:24une casquette de sécurité
00:34:25avec un gros A comme apprenti,
00:34:27vous voyez ?
00:34:28Peu importe,
00:34:29après, chaque entreprise
00:34:29peut trouver la manière
00:34:30de le faire,
00:34:30mais je trouve que c'est
00:34:31une idée intéressante.
00:34:32Mais c'est bizarre
00:34:32que ce ne soit pas obligatoire.
00:34:33Ça pourrait être obligatoire,
00:34:35quand même.
00:34:35Alors pourquoi pas ?
00:34:36Ce n'est pas compliqué
00:34:36que ce soit obligatoire
00:34:37de mettre un casque
00:34:38ou un signe distinctif.
00:34:39Alors le port du casque
00:34:40peut être obligatoire.
00:34:41Il est certainement.
00:34:42Le signe distinctif,
00:34:42aujourd'hui,
00:34:43il ne l'est pas dans le droit.
00:34:44C'est une recommandation
00:34:45que nous faites.
00:34:52Oui, question du tchat
00:34:53sur la sécurité des travailleurs.
00:34:55Monsieur le ministre,
00:34:55suite à la canicule passée,
00:34:57mais celles qui vont venir,
00:34:58ainsi qu'à l'inverse,
00:34:58les périodes de grand froid
00:34:59en hiver,
00:35:00êtes-vous favorable
00:35:00au télétravail encouragé
00:35:02plus, plus, plus,
00:35:03pour ne pas dire obligatoire,
00:35:05tout simplement ?
00:35:08Le télétravail,
00:35:09ça renvoie à des emplois tertiaires,
00:35:11qui se tiennent d'habitude
00:35:12dans des locaux.
00:35:13Ça va dépendre, par exemple,
00:35:14si les locaux sont climatisés ou pas.
00:35:15Déjà, là encore,
00:35:17toute règle générale,
00:35:18elle peut tomber à côté
00:35:19de la plaque
00:35:20dans certaines réalités.
00:35:21Et là encore,
00:35:22faisons confiance aux entreprises
00:35:24pour prendre les bonnes mesures.
00:35:25Vous savez,
00:35:25des normes dans ce pays,
00:35:26il y en a énormément.
00:35:27Donc, voilà.
00:35:28Donc, donnons aux objectifs
00:35:29l'objectif de résultat.
00:35:30L'objectif de résultat,
00:35:31c'est que les salariés
00:35:32doivent être bien traités
00:35:33et les problèmes de santé au travail
00:35:34doivent être pris à bras-le-corps.
00:35:35Le comment,
00:35:36on va faire des recommandations.
00:35:37La loi, d'ailleurs,
00:35:38prévoit des choses,
00:35:39par exemple,
00:35:39sur les grandes chaleurs.
00:35:41L'année dernière,
00:35:41un décret a été pris.
00:35:42Ce n'est pas moi qui étais là.
00:35:43Je ne tire pas du tout
00:35:44à avoir la gloire
00:35:45de cette décision
00:35:45qui oblige.
00:35:47Alors, pour le coup,
00:35:47c'est une obligation
00:35:48par rapport aux alertes météo.
00:35:50Vous savez, jaune, orange, rouge.
00:35:52De déclencher des plans.
00:35:53C'est-à-dire que
00:35:53quand une entreprise,
00:35:54c'est par département,
00:35:55elle est dans un département jaune,
00:35:56elle doit déclencher un plan.
00:35:58Orange, encore plus fort.
00:35:59Rouge, encore plus fort.
00:36:00Voilà.
00:36:00Donc, vous voyez
00:36:00qu'il y a bien une capacité de normer.
00:36:02Mais cette capacité de normer
00:36:03doit être adaptée.
00:36:04Il faut le croiser
00:36:05avec la réalité des entreprises
00:36:06et des métiers.
00:36:06Hervé.
00:36:08Des associations
00:36:08ont déposé des plaintes
00:36:10contre les plateformes
00:36:11Uber et Deliveroo.
00:36:13Ces plaintes sont formulées
00:36:15pour dénoncer le délit
00:36:17de traite d'êtres humains.
00:36:19Autrement dit,
00:36:20une locution
00:36:22pas trop désagréable
00:36:23pour parler d'esclavage,
00:36:25en quelque sorte.
00:36:26Une étude montre
00:36:27que certains livreurs
00:36:28de ces plateformes
00:36:29peuvent travailler
00:36:30jusqu'à 63 heures par semaine
00:36:31pour 5,83 euros de l'heure.
00:36:36Est-ce que le gouvernement
00:36:37a une position dans ce débat ?
00:36:38Est-ce que vous soutenez
00:36:39les associations
00:36:40qui ont déposé ces plaintes ?
00:36:41D'abord, c'est illégal.
00:36:42Si les faits sont adhérés,
00:36:43c'est juste illégal
00:36:44dont ça sera sanctionné.
00:36:45Puisqu'il y a des plaintes
00:36:46qui ont été déposées,
00:36:47donc il y aura
00:36:47une instruction judiciaire
00:36:48et ils seront sanctionnés.
00:36:49Et vous, ministre du Travail,
00:36:50vous serez derrière ces actions ?
00:36:52Moi, effectivement.
00:36:53D'ailleurs,
00:36:54ce n'est pas du tout
00:36:54dans mes valeurs.
00:36:55Bien évidemment,
00:36:56la manière de traiter
00:36:57les travailleurs de la sorte
00:36:58n'est pas acceptable.
00:37:00Et c'est pour ça d'ailleurs,
00:37:01dans le cadre d'une transposition,
00:37:02à nouveau,
00:37:03d'une directive européenne,
00:37:04on va créer
00:37:04un vrai cadre social de qualité
00:37:06pour protéger ces travailleurs,
00:37:07bien évidemment.
00:37:08On a essayé un peu
00:37:09par la négociation sociale
00:37:10à travers une autorité,
00:37:12l'ARP,
00:37:14plateforme,
00:37:14ça n'a pas trop bien marché.
00:37:16Il y a un certain nombre
00:37:16de sujets qui n'ont pas été traités.
00:37:18Il faut qu'on le reprenne.
00:37:19Et à l'occasion
00:37:19de cette transposition,
00:37:20là pour le coup,
00:37:21dans la loi française,
00:37:22on fera en sorte
00:37:22qu'on donne ce cadre
00:37:24dont les travailleurs
00:37:25ont besoin dans ces métiers-là.
00:37:26On a juste qu'il y a des sommes pour le faire.
00:37:26Est-ce qu'on sera autant en retard
00:37:27que sur la transparence salariale ?
00:37:30Alors là encore,
00:37:31on prochète avec méthode.
00:37:31La méthode, c'est important.
00:37:32Il y a trois experts
00:37:34qui font le tour
00:37:34de toutes les parties prenantes
00:37:35qui ont des choses à dire là-dessus.
00:37:36On va rassembler ce matériau,
00:37:37on va produire la loi.
00:37:38Elle ne sera peut-être pas votée
00:37:39à la fin de l'année,
00:37:40mais le texte de loi sera là.
00:37:41Donc les débats seront commencés.
00:37:44Mais moi, mon intention,
00:37:45on va dire politique,
00:37:46mais presque humaine,
00:37:47c'est de donner un cadre social
00:37:48de qualité à ces travailleurs.
00:37:50Demain, vous serez à Genève
00:37:52pour le G7 social
00:37:53qui réunit plusieurs pays.
00:37:55Hervé, on en a parlé tout à l'heure
00:37:57en préparant l'émission,
00:37:58des pays comme l'Allemagne,
00:38:00le Japon,
00:38:01les Etats-Unis,
00:38:02l'Italie,
00:38:03le Canada,
00:38:03des grands pays libéraux.
00:38:04On est un peu décalé
00:38:05par rapport à ça, non Hervé ?
00:38:07En tout cas,
00:38:07dans tous ces pays,
00:38:09on part à la retraite
00:38:09plus tard qu'en France,
00:38:12souvent beaucoup plus tard
00:38:13qu'en France.
00:38:14À la suite de ce que vous nous avez
00:38:15expliqué tout à l'heure,
00:38:17j'aimerais bien avoir
00:38:18votre sentiment
00:38:18sur notre incapacité française
00:38:20à convaincre la population
00:38:22que c'est à peu près
00:38:23la seule voie possible.
00:38:25Pourquoi est-ce qu'en France,
00:38:26on n'y arrive pas
00:38:26alors que dans tous les pays voisins
00:38:28ou comparables à la France,
00:38:30même s'ils ne sont pas voisins,
00:38:31les gouvernants y arrivent
00:38:32quelle que soit leur couleur politique ?
00:38:35C'est compliqué de répondre
00:38:36à votre question,
00:38:36mais moi, je pense que...
00:38:38Moi, je vous dis
00:38:38ce que j'essaie de faire,
00:38:39modestement,
00:38:40pour résoudre ce type
00:38:40de problèmes compliqués.
00:38:42Et on retrouve toujours
00:38:43cette idée-là du dialogue
00:38:44et de la discussion
00:38:44entre des gens
00:38:45qui, au départ,
00:38:45n'ont pas les mêmes avis.
00:38:46Il faut l'accepter.
00:38:47Sur la question des retraites,
00:38:48du dialogue,
00:38:48il y en a eu beaucoup quand même.
00:38:49Ça a duré des années.
00:38:51Oui, mais la preuve,
00:38:52ça n'a pas fonctionné.
00:38:53Là, j'ai relancé,
00:38:54je ne sais pas si vous avez perçu ça,
00:38:55une conférence sociale
00:38:56travail-emploi-retraite
00:38:57qui a démarré au mois d'octobre
00:38:58et qui chemine.
00:38:59Et l'élément nouveau
00:39:00dans la méthode,
00:39:01c'est que justement,
00:39:02on parle de travail
00:39:02et d'emploi.
00:39:03Moi, je remarque
00:39:04que les deux dernières réformes
00:39:05qui n'ont...
00:39:08celle de 19-20
00:39:10n'a pas abouti.
00:39:10Celle de 19-23,
00:39:11elle a fini par être votée
00:39:12dans les circonstances
00:39:13que nous connaissons.
00:39:13Elle est suspendue.
00:39:14Et on voit bien
00:39:14qu'elle est suspendue
00:39:15parce qu'au fond,
00:39:16il y a quand même
00:39:16une partie de la population
00:39:17qui a du mal à l'accepter,
00:39:18du mal à comprendre.
00:39:19Voilà, elle n'est pas digérée.
00:39:20Bon.
00:39:21Et je pense que,
00:39:22en termes...
00:39:24Pourquoi ?
00:39:24On n'a pas assez...
00:39:25Par les travails,
00:39:26on n'a pas assez passé de temps
00:39:27à discuter
00:39:28comment ça se fait
00:39:29qu'il y a autant
00:39:29de Françaises
00:39:30et de Français salariés
00:39:31qui arrivaient à 61 ans
00:39:33ont envie de partir.
00:39:34L'idée de faire 2 ans de plus
00:39:35est insupportable.
00:39:37Ça, ce n'est pas pareil
00:39:37dans les autres pays.
00:39:38C'est vraiment très différent.
00:39:40J'ai quelques expériences
00:39:40d'ailleurs sur le sujet.
00:39:41Si vous le souhaitez,
00:39:42je pourrais vous en parler.
00:39:43Et je voudrais qu'on passe
00:39:43du temps là-dessus.
00:39:44Donc demain,
00:39:45vous serez bien seul
00:39:45au milieu des autres dirigeants
00:39:46du G7.
00:39:48Vous serez un peu particulier.
00:39:49Vous serez le Français
00:39:50au milieu de tout ça.
00:39:51La cigale.
00:39:51La cigale française.
00:39:52Oui, oui.
00:39:53La cigale, peut-être pas.
00:39:54En domaine de travail,
00:39:55il y a quand même des...
00:39:55C'est le pays haute.
00:39:57Oui, on sera le pays
00:39:59organisateur du G7.
00:40:04Moi, j'ai vraiment proposé
00:40:05au président de la République
00:40:06de rajouter cet atelier social
00:40:08parce qu'au fond,
00:40:09même par rapport
00:40:09à la thématique
00:40:10de la réduction
00:40:10des grands déséquilibres,
00:40:12c'est ce que le président Macron
00:40:13a souhaité cette thématique,
00:40:14je pense que le social
00:40:15peut faire partie
00:40:16des grands déséquilibres.
00:40:17Je pense en particulier
00:40:18au dumping social
00:40:19venant d'Asie.
00:40:20Il faut qu'effectivement,
00:40:21on soit capable
00:40:22de mieux se protéger
00:40:22par rapport au dumping social.
00:40:24En tout cas,
00:40:24le temps passe vite.
00:40:25Il faut qu'on soit à l'heure
00:40:26comme les trains.
00:40:27Exactement.
00:40:27Vous voyez ce que...
00:40:28Vous avez rappelé,
00:40:29vous avez été...
00:40:30Prêtons sur la bonne voie.
00:40:31SNCF,
00:40:32Jean Castex,
00:40:33vous avez succédé.
00:40:34Vous avez souhaité
00:40:35bonne chance.
00:40:35Est-ce que vous lui dites
00:40:36bonne chance
00:40:36pour la grève
00:40:37qu'il doit affronter
00:40:38mercredi,
00:40:38première grève unitaire
00:40:39depuis près de deux ans ?
00:40:41Moi, je suis très modeste
00:40:42sur ces sujets-là.
00:40:43Je connais les talents
00:40:44de Jean Castex
00:40:44en matière de loge sociale.
00:40:45Ils sont connus.
00:40:46Après, je connais aussi
00:40:47les syndicats de la SNCF.
00:40:48Ils sont exigeants
00:40:50et dynamiques.
00:40:53Bien sûr, l'idéal,
00:40:53c'est de prévenir les grèves
00:40:54et de les éviter.
00:40:56J'ai fait ça à la SNCF.
00:40:57Jean Castex,
00:40:58certainement aussi,
00:41:00s'y essaye.
00:41:00On verra la réalité
00:41:01du mouvement
00:41:02et je ne connais pas
00:41:03bien les causes profondes
00:41:04et les amis qui pourront y aller.
00:41:05Dans les causes,
00:41:06il y a beaucoup de causes
00:41:06mais il y a notamment
00:41:07l'ouverture à la concurrence.
00:41:08C'est un dossier
00:41:08que vous avez géré.
00:41:10Est-ce que, finalement,
00:41:10cette grève,
00:41:11elle est contre Jean Castex
00:41:12ou elle est aussi
00:41:12un peu contre vous ?
00:41:13Gentil.
00:41:14C'est à cause de moi
00:41:15qu'elle grève.
00:41:16Bon, écoutez...
00:41:17Vous avez géré aussi
00:41:18l'ouverture à la concurrence.
00:41:19Les syndicats aussi.
00:41:20C'est l'héritage
00:41:22de Jean-Pierre Farandou.
00:41:23Oui, oui.
00:41:23Bon, écoutez,
00:41:24je ne sais pas, moi.
00:41:24Peut-être.
00:41:25Non, c'est surtout
00:41:26la concurrence
00:41:26et d'où elle vient.
00:41:27Ce n'est pas Jean-Pierre Farandou
00:41:28qui a inventé la concurrence
00:41:29dans les services publics
00:41:30en Europe.
00:41:31Ce sont des directives européennes.
00:41:33C'est vieux.
00:41:33C'est vraiment...
00:41:34C'est le soir.
00:41:35C'est de 1991,
00:41:37la décision d'ouvrir
00:41:38à la concurrence.
00:41:38On est un des derniers pays
00:41:39en Europe à le faire.
00:41:41Partout s'est fait ailleurs.
00:41:41Ça a commencé, d'ailleurs.
00:41:43On parle de ce sujet
00:41:43qui a commencé.
00:41:44Dans le régional,
00:41:45il y a déjà Transdev
00:41:46qui a récupéré des lignes.
00:41:47RATP, d'ailleurs,
00:41:48aussi en Normandie.
00:41:49On a Trenitalia
00:41:50qui roule entre Paris et Marseille.
00:41:52Qui est aussi en panne parfois.
00:41:54Oui, ça lui arrive
00:41:54comme les autres.
00:41:55Donc, la concurrence
00:41:56est un état de fait.
00:41:57Moi, quand j'étais à la SNCF,
00:41:58j'ai dit que je ne suis pas là
00:41:59pour faire les lois,
00:42:00ni européennes, ni françaises.
00:42:01C'est le cas dans lequel on est.
00:42:02On doit s'adapter à la concurrence
00:42:03et s'organiser
00:42:04pour gagner dans la concurrence.
00:42:05Et la SNCF a tous les atouts
00:42:06pour le faire.
00:42:07Une dernière question
00:42:08sur Bernadette Chirac
00:42:10qui nous a quittés ce week-end.
00:42:11Elle voulait un TGV
00:42:13entre Paris et Limoges.
00:42:14Est-ce que ce sera un jour le cas
00:42:15pour les usagers de cette ligne ?
00:42:17Non, je crains
00:42:17qu'on doive la décevoir
00:42:19mais cette information est donnée.
00:42:21Donc, ce qui va se faire
00:42:21c'est entre Paris et Limoges.
00:42:22Alors, ce n'est pas moi
00:42:23qui l'ai inauguré
00:42:23mais c'est moi qui aurais
00:42:24pas mal travaillé sur le sujet
00:42:25et d'autres.
00:42:26D'abord, on a refait
00:42:27complètement la voie ferrée,
00:42:27les rails, les caténaires,
00:42:29tout est neuf.
00:42:30Donc, il n'y aura plus
00:42:30de panne de la voie.
00:42:31Et deuxièmement, l'État,
00:42:32pour le coup, a acheté
00:42:33des rams neufs, tout de neufs.
00:42:34Oui, parce que les trains
00:42:35ne sont pas neufs.
00:42:35Ils sont très vieux.
00:42:46Il n'y aura pas de TGV Paris-Limoges.
00:42:48Mais il n'y aura pas de TGV Paris-Limoges.
00:42:49C'est une promesse
00:42:50de Bernadette Chirac.
00:42:51Il y aura des trains rapides
00:42:52et confortables
00:42:53qui relieront Paris-Limoges.
00:42:54de Bernadette Chirac au Corésia.
00:42:55Mais bon.
00:42:56Alors, on reste dans la politique
00:42:57pour parler de la présentielle
00:42:59qui arrive.
00:42:59Et la semaine dernière,
00:43:01Gabriel Attal,
00:43:02candidat pour Renaissance,
00:43:03était en meeting
00:43:04et il a parlé
00:43:05d'immigration de travail.
00:43:07Notre ligne est claire.
00:43:09Ce que nous voulons,
00:43:10c'est accueillir moins
00:43:11pour accueillir mieux.
00:43:12Ce que nous voulons,
00:43:13c'est la préférence travail
00:43:14où l'on accueille
00:43:16les compétences,
00:43:17les talents
00:43:17dont nous avons besoin.
00:43:18Ce que nous voulons,
00:43:19c'est un système à points
00:43:20comme au Canada,
00:43:22fondé sur des critères simples,
00:43:23une offre d'emploi,
00:43:24un logement,
00:43:25parler français,
00:43:26connaître nos valeurs
00:43:27et les respecter.
00:43:29Gervé.
00:43:30Gabriel Attal veut encourager
00:43:32une forme d'immigration
00:43:33de travail.
00:43:34En même temps,
00:43:35Gérald Darmanin,
00:43:36votre collègue du gouvernement,
00:43:37appelle à un moratoire
00:43:39de trois ans
00:43:39sur toute immigration légale,
00:43:41donc y compris
00:43:42l'immigration de travail.
00:43:43entre ces deux positions,
00:43:44est-ce qu'il y en a une
00:43:45que vous faites vôtre ?
00:43:47Moi, je serais un peu
00:43:48entre les deux,
00:43:49mais peut-être plus près d'Attal
00:43:50et un peu plus éloigné
00:43:51de mon collègue
00:43:52sur ce sujet-là
00:43:52parce que je suis réaliste
00:43:54tout simplement.
00:43:54Vous voyez,
00:43:54c'est pas moi,
00:43:55je suis réaliste
00:43:56et je pense qu'on a besoin
00:43:57d'une immigration de travail
00:43:57dans ce pays.
00:43:59C'est la démographie
00:44:00qui nous le dit
00:44:00et la baisse de la natalité.
00:44:02Comment on fait ?
00:44:02On a besoin de travailleurs
00:44:04qui arrivent d'ailleurs
00:44:05pour compléter
00:44:06un certain nombre de postes
00:44:06dont on a besoin.
00:44:07Deuxièmement,
00:44:08on voit que les Français
00:44:08répugnent à faire
00:44:09un certain travail.
00:44:10On parlait dans le BTP,
00:44:12la part des travailleurs
00:44:13très importantes,
00:44:13les entreprises de nettoyage,
00:44:15que ce soit des bureaux
00:44:16ou des matériels roulants
00:44:16comme la SNCF
00:44:17ou la RATP,
00:44:18on a besoin
00:44:19d'une immigration du travail.
00:44:20Donc, il faut bien l'organiser,
00:44:22il faut la structurer.
00:44:22Là-dessus, je pense
00:44:23qu'il ne faut pas faire
00:44:23n'importe quoi.
00:44:24Il faut l'intégrer.
00:44:24Seriez-vous favorable
00:44:25à des quotas, par exemple,
00:44:26pour aider à cette structuration ?
00:44:28En tout cas, pourquoi pas ?
00:44:29Effectivement, pourquoi pas ?
00:44:30Mais je pense aussi
00:44:30qu'il faut s'occuper
00:44:31des étrangers
00:44:34qui sont sur notre sol.
00:44:34C'est ce qu'on appelle,
00:44:35d'ailleurs, on a entrepris
00:44:36avec mon collègue
00:44:37de l'intérieur,
00:44:38Laurent Nunes,
00:44:39une application
00:44:41de l'intégration
00:44:42par le travail,
00:44:43une régularisation
00:44:43par le travail.
00:44:44Je pense que c'est très important.
00:44:45C'est demandé
00:44:45par les entreprises
00:44:47qu'il y ait une attention.
00:44:48On a quelqu'un
00:44:48qui travaille chez nous
00:44:49depuis 10 ans.
00:44:50Il faudrait quand même
00:44:50qu'il puisse continuer.
00:44:51Et on a les métiers en tension.
00:44:52On y revient là.
00:44:53On a vraiment des salariés
00:44:54qui sont prêts,
00:44:55pardon, des étrangers
00:44:56qui sont prêts
00:44:56à faire ces métiers-là.
00:44:57Il faut faire ce qu'il faut,
00:44:58une enquête, etc.
00:44:59Mais si les gens
00:45:04Botaillot,
00:45:05l'ancien ministre de l'Intérieur,
00:45:06sur la régularisation
00:45:07des étrangers
00:45:07en situation régulière
00:45:08dans les métiers en tension,
00:45:10de la vie patronale
00:45:11comme syndicale,
00:45:12elle ne fonctionne pas.
00:45:13Pourquoi ?
00:45:13Elle est trop restrictive.
00:45:15Comment il faut faire ?
00:45:16Il faut allonger
00:45:16la liste des métiers en tension
00:45:17dont les personnes
00:45:18pourraient bénéficier
00:45:19justement d'une régularisation ?
00:45:21Déjà, il faut la prolonger
00:45:21parce que la directive,
00:45:22elle s'arrêtait à la fin de l'année.
00:45:23Donc, si on ne faisait rien,
00:45:24elle tombait,
00:45:25il n'y avait plus de cadre.
00:45:26Bon, on a décidé
00:45:27avec le ministre de l'Intérieur
00:45:28qui est quand même
00:45:28en responsabilité sur ces sujets
00:45:30de la poursuivre.
00:45:31Ça, c'est une bonne nouvelle
00:45:31et je dois dire
00:45:32que les entrepreneurs
00:45:33et les syndicats
00:45:34étaient très rassurés
00:45:35à l'idée qu'on allait poursuivre.
00:45:36Deux, puisqu'on la poursuit,
00:45:37on peut réfléchir à son cadre.
00:45:39La liste des métiers,
00:45:39effectivement,
00:45:40peut être discutée.
00:45:40C'est par région.
00:45:41On peut la croiser aussi
00:45:42au plan géographique.
00:45:43Par exemple,
00:45:43il peut y avoir des anomalies.
00:45:44Les entreprises de nettoyage
00:45:45à Paris ne seraient pas dedans.
00:45:46Ce n'est pas possible.
00:45:47Bon, voilà.
00:45:47On voit bien qu'il faut effectivement,
00:45:49là encore,
00:45:49avec beaucoup de pragmatisme,
00:45:50regarder les situations
00:45:52du marché du travail
00:45:52région par région.
00:45:53et on peut aussi peut-être
00:45:55assouplir certains critères
00:45:56de présence dans le pays,
00:45:57etc.
00:45:58Il y a peut-être
00:45:58quelques paramètres
00:45:59qu'il faut faire bouger
00:45:59parce qu'il faut, voilà.
00:46:01Et il y a aussi un autre sujet
00:46:02et le ministre Nunes
00:46:03est d'accord pour avancer,
00:46:05c'est faciliter
00:46:07la remise de taxes de séjour,
00:46:08le renouvellement
00:46:09des titres de séjour
00:46:11pour des salariés
00:46:13qui sont en situation régulière
00:46:14dont le titre de séjour
00:46:15va expirer.
00:46:16Donc ça aussi,
00:46:16on va le faire.
00:46:17La philosophie,
00:46:17c'est de régulariser davantage
00:46:19et de l'assumer.
00:46:20C'est de régulariser
00:46:21par le travail,
00:46:22en particulier,
00:46:23dans les secteurs d'activité
00:46:25où on a vraiment besoin
00:46:26d'une immigration du travail
00:46:27pour fonctionner.
00:46:28Donc en clair,
00:46:28plutôt la ligne,
00:46:29Gabriel Attal,
00:46:30que celle de Gérald Darmanin,
00:46:31ce que vous nous avez dit.
00:46:32Gaëlle.
00:46:33Emmanuel Macron avait promis
00:46:34de revenir au semi-plein d'emploi,
00:46:37disons,
00:46:37avec 5% de chômage
00:46:39et là,
00:46:39on s'en éloigne
00:46:40puisqu'on passait
00:46:42les 8% de chômage.
00:46:43Donc, souhaitez-vous,
00:46:45est-ce que c'est un piège
00:46:46pour un candidat
00:46:47à la présidentielle
00:46:48que de s'engager
00:46:49sur un chiffre précis
00:46:50en termes de chômage
00:46:51puisqu'on avait bien vu
00:46:52que François Hollande,
00:46:53lui,
00:46:54avait promis
00:46:54d'inverser la courbe ?
00:46:57Donc,
00:46:57est-ce que on peut,
00:46:59est-ce que c'est un engagement
00:47:00qui est tenable
00:47:01et est-ce que c'est
00:47:02un but
00:47:03qui reste à poursuivre
00:47:04de manière aussi précise,
00:47:05on va dire ?
00:47:07On voit bien
00:47:07qu'il y a l'objectif
00:47:09global
00:47:09et puis il y a les chiffres
00:47:10qu'on met avec.
00:47:11L'objectif global
00:47:12qui est moins de chômage
00:47:13dans le pays
00:47:14en général
00:47:15et décliner à nouveau
00:47:16sur les seniors
00:47:17et les jeunes,
00:47:17c'est un bon objectif
00:47:18et on l'a fait.
00:47:19Emmanuel Macron pourra dire
00:47:21qu'il a effectivement
00:47:22amélioré sensiblement
00:47:23le taux d'emploi des jeunes
00:47:24et le taux d'emploi des seniors
00:47:25et globalement,
00:47:26structurellement,
00:47:27il aura baissé
00:47:27le taux du chômage
00:47:28dans ce pays.
00:47:28C'est pas moi qui le dit,
00:47:30c'est la Banque de France
00:47:30qui a sorti une étude
00:47:31qui dit que le taux
00:47:32structurel du chômage
00:47:33a baissé de 1,3 point.
00:47:34Il est passé
00:47:35d'un peu plus de 9
00:47:35un peu en dessous de 8.
00:47:37Après,
00:47:38ce qu'un président de la République
00:47:38ne maîtrise pas,
00:47:39c'est la conjoncture internationale
00:47:40qui pourrait prévoir
00:47:41Romousse,
00:47:42qui pourrait prévoir
00:47:43l'arrivée de Trump
00:47:44et l'État édouanier.
00:47:45Ça, ce sont des éléments
00:47:46dans la durée.
00:47:46Donc, promettre 5% de chômage,
00:47:48ça ressemble à rien.
00:47:49Mais en tout cas...
00:47:50Ça ne lui profite pas
00:47:53cette assertion
00:47:54et même de mettre
00:47:56un chiffre en face,
00:47:57c'est plutôt risqué, en fait.
00:47:59Je vous dis,
00:47:59l'objectif est là.
00:48:00Il y a un gros bout
00:48:01qui a été fait
00:48:02et donc,
00:48:03objectivement,
00:48:03les gouvernements successifs
00:48:06sous le président Macron
00:48:07ont œuvré,
00:48:08ont travaillé
00:48:08pour une réduction structurelle
00:48:10du chômage dans notre pays.
00:48:11En gros,
00:48:11de la barre des 10,
00:48:12on est passé plutôt
00:48:13autour des 8.
00:48:13Après,
00:48:14les éléments conjoncturels
00:48:15qu'il y a autour,
00:48:15ils vous poussent en dessous,
00:48:16ils vous poussent au-dessus.
00:48:17Ça, c'est des éléments
00:48:18qui sont difficiles à maîtriser
00:48:20et surtout à anticiper.
00:48:21Allez-vous prendre position,
00:48:23vous, personnellement,
00:48:24pour soutenir un candidat ?
00:48:25Ou une candidate pour 2027 ?
00:48:27Oui, moi, je vais...
00:48:28Non, d'abord,
00:48:29je vais faire mon métier de ministre
00:48:30du travail et des solidarités.
00:48:31Vous avez vu,
00:48:32les sujets ne manquent pas.
00:48:33J'ai beaucoup travaillé
00:48:34depuis que je suis là,
00:48:35depuis 8 mois,
00:48:36et le rythme,
00:48:36je peux vous dire,
00:48:37est tout à fait comparable,
00:48:38voire supérieur
00:48:39à président de la SNCF.
00:48:41J'ai réussi à faire passer
00:48:42trois projets de loi,
00:48:43je me suis occupé
00:48:43de l'emploi des jeunes,
00:48:44j'ai lancé ma conférence sociale,
00:48:45enfin, bref.
00:48:46Et là, j'ai devant moi
00:48:47encore pas mal de lois
00:48:48et je veux les mener
00:48:49à leur terme.
00:48:49On aura le projet
00:48:50de loi de finances
00:48:50de la sécurité sociale.
00:48:52Oui, mais à un moment,
00:48:52on viendra le temps
00:48:53de la présidentielle.
00:48:54Est-ce que vous soutiendrez
00:48:55un candidat ou une candidate ?
00:48:56Ça vous laisse le temps
00:48:57de réfléchir ?
00:49:03Il est vraisemblable
00:49:04que le moment venu,
00:49:05oui, je soutiendrai
00:49:06le ou la candidate
00:49:07la mieux placée,
00:49:08on va dire du bloc central,
00:49:09c'est quand même
00:49:10ma famille de valeurs,
00:49:11donc c'est de ce côté-là
00:49:12que si j'ai à m'engager,
00:49:13et je le ferai certainement,
00:49:14les enjeux sont trop graves,
00:49:15bon, les enjeux sont lourds,
00:49:17c'est pas la même chose.
00:49:17Vous avez en gros à la sortie
00:49:19ou quelqu'un du RN,
00:49:21il y a le doute
00:49:21entre deux personnes encore,
00:49:23à l'inverse,
00:49:23c'est M. Mélenchon,
00:49:24bon, et au milieu,
00:49:26le bloc central.
00:49:26Vous n'allez pas nous le dire
00:49:29tout de suite ?
00:49:30Non, non, je ne vais pas vous le dire tout de suite,
00:49:31je ne le sais pas moi-même aujourd'hui,
00:49:32donc je ne veux pas vous le dire.
00:49:32À la fin, bien.
00:49:33En tout cas,
00:49:34on va s'intéresser à demain aussi,
00:49:36avec quels seront les emplois de demain ?
00:49:38Ce n'est pas facile à dire,
00:49:38les métiers de demain.
00:49:39Les lycées professionnels,
00:49:40par ailleurs,
00:49:41sont-ils la bonne porte d'entrée
00:49:42ou sont-ils considérés encore
00:49:43comme des voies de garage ?
00:49:44Notre invité face à vous,
00:49:46Dylan Haïssi,
00:49:47s'est penché sur la question
00:49:48et Stéphanie Despierre
00:49:49nous en fait le portrait.
00:49:52Face à vous,
00:49:53Jean-Pierre Farandou,
00:49:54un jeune homme qui voudrait
00:49:55que le lycée pro
00:49:56ne soit plus une voie de garage.
00:49:58Ancien bachelier professionnel,
00:50:00il réintègre le parcours général
00:50:01et décroche un master en communication.
00:50:04En 2021,
00:50:05il fonde le collectif
00:50:06Une Voie pour tous,
00:50:07alors qu'un jeune sur trois
00:50:08est scolarisé en lycée professionnel.
00:50:10Aujourd'hui,
00:50:12il publie un livre,
00:50:13La Revanche des pros,
00:50:14pour changer le regard
00:50:15sur cet enseignement.
00:50:16Il y fait des propositions concrètes,
00:50:18de réformes en profondeur.
00:50:20Son principal combat,
00:50:21ce sont les inégalités
00:50:22face à l'orientation,
00:50:23son mantra,
00:50:25ne plus subir.
00:50:26On a au moins la moitié des élèves
00:50:28qui déclarent ne pas totalement
00:50:30avoir choisi leur orientation
00:50:31vers la voie professionnelle.
00:50:32Le problème du lycée professionnel,
00:50:34finalement,
00:50:35ce n'est pas tant celui de l'instruction.
00:50:36Parce qu'un élève
00:50:37qui choisit une filière
00:50:38qui le passionne,
00:50:39il réussira.
00:50:39C'est plutôt la conséquence
00:50:41de l'orientation subie
00:50:43et donc de l'image qu'on va avoir.
00:50:45Les élèves issus
00:50:46d'un milieu défavorisé
00:50:47ont 93% de chances
00:50:49d'être orientés
00:50:50en lycée professionnel.
00:50:51Notre invité défend donc
00:50:53des idées radicales,
00:50:54par exemple,
00:50:55la suppression des orientations
00:50:56par les notes
00:50:57au profit des motivations
00:50:58et en privilégiant
00:51:00le choix de l'élève
00:51:00et de sa famille.
00:51:02Alors,
00:51:02Jean-Pierre Farandou,
00:51:03comment faire pour que
00:51:04le lycée pro
00:51:05ne soit pas une fatalité ?
00:51:06Comment revaloriser
00:51:07cet enseignement ?
00:51:09Comment faire pour qu'il devienne
00:51:10une voie d'avenir
00:51:11et d'insertion ?
00:51:12Avec quel métier ?
00:51:13Face à vous ce soir,
00:51:15Dylan Aïssi.
00:51:17Et nous accueillons
00:51:18Dylan Aïssi.
00:51:20Bonsoir.
00:51:20Je vous laisse saluer
00:51:21le ministre Jean-Pierre Farandou.
00:51:23Bonsoir.
00:51:23Merci d'être avec nous
00:51:23sur ce plateau.
00:51:25Et je vous laisse vous installer
00:51:26pour parler notamment
00:51:28en premier lieu
00:51:28peut-être des lycées professionnels
00:51:29justement.
00:51:30Absolument.
00:51:31Je vous laisse face au lycée.
00:51:34Nous, on travaille sur la question
00:51:35du lycée professionnel
00:51:35depuis quatre ans,
00:51:36depuis que nous-mêmes
00:51:37en étions sortis.
00:51:39Et un des constats
00:51:40qui est partagé
00:51:41depuis quasiment sa création,
00:51:42c'est celui d'une voie
00:51:44qui est toujours considérée
00:51:45comme une voie de second rang.
00:51:47On sait qu'on a 66% des Français
00:51:49qui aujourd'hui considèrent
00:51:50que les élèves issus
00:51:51de milieux défavorisés
00:51:52ont plus de chances
00:51:52d'être envoyés vers ces filières-là.
00:51:55Et derrière,
00:51:55ce qui se pose comme question,
00:51:57et c'est pour ça aussi
00:51:57que ça nous semblait important
00:51:59de le traiter au-delà
00:52:00de la question de l'instruction,
00:52:01c'est que depuis toujours,
00:52:03l'école,
00:52:04elle a une vocation sociale.
00:52:05Elle a une vocation
00:52:06de rencontre sociale.
00:52:08Elle a une vocation
00:52:08d'émancipation.
00:52:10Elle doit permettre
00:52:10cette rencontre.
00:52:12Aujourd'hui,
00:52:13on a parfois le sentiment
00:52:14d'être plus victime
00:52:15du système éducatif
00:52:16que d'en être bénéficiaire.
00:52:17Et ce moment de l'orientation,
00:52:19il caractérise ça
00:52:20parce qu'en plus
00:52:21de s'inscrire
00:52:22dans une lignée
00:52:24de défaillances éducatives,
00:52:26sociales, financières,
00:52:28il inscrit aussi
00:52:29un doute
00:52:30qui persiste,
00:52:31qui ensuite peut se transformer
00:52:31en décrochage scolaire,
00:52:33en décrochage social,
00:52:34parfois en décrochage civique.
00:52:36Et il pose aussi
00:52:37la question
00:52:37de la capacité
00:52:38de l'école
00:52:38et donc de la société globale
00:52:40à répondre à son enjeu.
00:52:42L'orientation professionnelle,
00:52:43c'est souvent
00:52:43quelque chose
00:52:44qui est subie.
00:52:45C'est ça qu'il vous dit.
00:52:46Vous êtes d'accord
00:52:47avec ça ?
00:52:48Oui,
00:52:49je suis d'accord.
00:52:50Je vous l'ai dit tout à l'heure
00:52:50d'ailleurs que pour moi,
00:52:51l'orientation,
00:52:51c'était la mère des batailles.
00:52:53Ça se commençait là.
00:52:54Et moi,
00:52:54en tant que ministre du Travail,
00:52:55je suis embêté aujourd'hui
00:52:56parce que je récupère
00:52:56les gens à 18-20 ans.
00:52:58Il y a tout un chemin
00:52:59qui a été fait
00:52:59qui n'est pas forcément satisfaisant.
00:53:01Et on retrouve des jeunes,
00:53:02jeunes gens à 18-20 ans
00:53:03qui ne se sont pas fait
00:53:04les études qu'ils voulaient,
00:53:05qui ne sont pas à l'aise
00:53:06ou avec le diplôme qu'ils ont,
00:53:07ils ne trouvent pas de travail.
00:53:08Enfin bref.
00:53:09Et nous,
00:53:09on les récupère
00:53:10et dans les missions locales,
00:53:11on fait quelque chose,
00:53:12on arrive à les remettre
00:53:13dans une voie
00:53:14qui leur convient
00:53:14avec un profilé professionnel à eux,
00:53:16des formations adaptées.
00:53:17Donc,
00:53:17je partage vos diagnostics.
00:53:18Et moi,
00:53:18je veux effectivement
00:53:19que l'orientation libre
00:53:22qui n'est pas enfermante
00:53:24mais qu'on donne
00:53:24de l'information aux jeunes
00:53:25et aux familles.
00:53:26Les familles sont prescriptives aussi.
00:53:28Quand on a 12, 13, 14 ans,
00:53:29on va dire
00:53:30papa, maman
00:53:30compte aussi dans l'orientation.
00:53:32Et voilà.
00:53:33Et donc,
00:53:34je voudrais qu'on ouvre plus
00:53:35les jeunes
00:53:36pour qu'ils comprennent
00:53:37toutes les possibilités
00:53:38des entreprises.
00:53:39C'est énorme
00:53:39le nombre de métiers
00:53:40et le type d'entreprise
00:53:41et là-dedans,
00:53:42ils ont envie de trouver
00:53:42quelque chose qui leur plaît.
00:53:43C'est ça qui compte.
00:53:44Et là,
00:53:44je suis d'accord avec vous.
00:53:45Ce qui compte,
00:53:45c'est la motivation,
00:53:46c'est j'ai envie d'eux.
00:53:47Et à partir du moment
00:53:48où j'ai envie d'eux,
00:53:49je suis d'accord avec vous,
00:53:49les gens ont du talent
00:53:50et de la volonté
00:53:51et ils vont suivre leur chemin.
00:53:53On leur doit aussi
00:53:54de leur dire
00:53:54voilà les formations.
00:53:55Voilà aussi la probabilité
00:53:56de trouver du boulot derrière
00:53:57pour faire attention
00:53:57à ne pas former les gens
00:53:59pour qu'ils se fracassent
00:53:59dans des filières
00:54:00où il n'y a pas de travail derrière.
00:54:01C'est aussi une information
00:54:02qu'il faut donner aux jeunes
00:54:02pour éviter un échec
00:54:03à l'issue de la formation.
00:54:05Justement,
00:54:05vous avez réfléchi à ça,
00:54:06Lilana, ici,
00:54:07sur les secteurs en tension.
00:54:08Parce qu'on dit
00:54:09qu'il y a des secteurs en tension.
00:54:10Il y a des secteurs
00:54:11qui ont besoin de gens.
00:54:12Mais le problème,
00:54:13c'est que les jeunes
00:54:13ne savent pas toujours
00:54:14où il faut aller,
00:54:15c'est ça ?
00:54:15Alors, il y a évidemment
00:54:16la question de l'information.
00:54:17Il y a aussi la question
00:54:18de la confiance.
00:54:19Et je pense que c'est
00:54:21la tension qu'il y a
00:54:22historiquement dans l'enjeu
00:54:23lycée professionnel.
00:54:24C'est qu'il est au croisement
00:54:25à la fois d'une vocation sociale
00:54:27de l'école
00:54:27et en même temps
00:54:28d'enjeux et de besoins
00:54:29qui sont très concrets,
00:54:30qui sont très matériels
00:54:31et qui sont nécessaires
00:54:33pour le fonctionnement collectif.
00:54:35Mais souvent,
00:54:35peut-être on perd
00:54:38à substituer
00:54:39à la question du besoin
00:54:40du monde économique
00:54:40et de la société
00:54:41la question des attentes
00:54:42des publics
00:54:43qui vont y être orientés.
00:54:44On sait par exemple
00:54:45que pour revenir
00:54:46et faire le lien
00:54:47avec la question de l'orientation,
00:54:48métier du bâtiment,
00:54:49c'est à peu près
00:54:495 ans d'expérience de vie en moins.
00:54:51On sait qu'on peut avoir
00:54:52de l'orientation subie
00:54:52y compris vers ces filières-là.
00:54:54Comment est-ce qu'on raconte
00:54:55à un enfant
00:54:56qui est orienté
00:54:57dans ces filières-là
00:54:57qu'on ne lui retire pas
00:54:58quelque part aussi
00:55:00des années de santé
00:55:01et comment est-ce qu'on lui dit
00:55:03que ce qu'il va faire
00:55:05ce vers quoi on l'emmène,
00:55:06ça ne sera pas simplement
00:55:07la réalisation
00:55:08d'une nécessité
00:55:09que peut-être lui
00:55:10ne va jamais sentir
00:55:12ni retrouver ?
00:55:13Oui,
00:55:14je pense quand même
00:55:15qu'il faut parler de tout.
00:55:17Il faut peut-être parler
00:55:18effectivement des contraintes
00:55:19liées à tous les métiers.
00:55:20Vous avez raison.
00:55:20Même si là-dessus,
00:55:21on revient à la discussion d'avant
00:55:22dans le BTP,
00:55:23il faut qu'il travaille là-dessus
00:55:24sur l'usure professionnelle
00:55:25et on peut le faire.
00:55:26Je pense que c'est un sujet
00:55:27qui est très lié aux retraites.
00:55:28D'ailleurs,
00:55:28vous voyez que tout revient là-dedans.
00:55:29On ne revaut pas le schéma.
00:55:30Il n'y a pas de fatalité,
00:55:32j'allais dire à ce que vous avez dit.
00:55:33Moi, je pense que les entreprises
00:55:34du BTP doivent travailler
00:55:35pour offrir la santé
00:55:36au travail de leurs salariés
00:55:38dans la durée,
00:55:39bien évidemment.
00:55:39Et pour faire envie aussi.
00:55:41Pour faire envie.
00:55:41Et deuxièmement,
00:55:42je trouve qu'on ne parle pas
00:55:42assez rémunération.
00:55:43Les jeunes, quand même,
00:55:44vous êtes plus jeunes que moi,
00:55:45donc vous savez vous
00:55:45qui allez confirmer,
00:55:46ce n'est pas moi qui dirai.
00:55:47Mais quand même,
00:55:47j'ai le sentiment,
00:55:48les jeunes veulent une rémunération
00:55:50la plus importante possible,
00:55:51rapidement.
00:55:52Moi, de mon temps,
00:55:53on était passion,
00:55:53on montait les petites marches
00:55:54de l'escalier gentiment.
00:55:55Bon, on avait des schémas
00:55:56comme ça dans la tête.
00:55:57Ce n'est plus le cas.
00:55:58Et vous savez que dans l'industrie,
00:55:59par exemple,
00:55:59aujourd'hui, j'étais au Havre.
00:56:00Je peux vous dire,
00:56:01les entreprises au Havre,
00:56:03on est très bien rémunérés
00:56:04dans l'industrie.
00:56:04Donc là encore,
00:56:05c'est l'élément
00:56:05qu'il faut donner aux jeunes.
00:56:06C'est-à-dire,
00:56:07si tu choisis cette voie,
00:56:08à 20 ans,
00:56:08tu peux gagner 2500 euros.
00:56:10Si tu choisis telle autre voie,
00:56:11la voie du service,
00:56:12c'est plutôt 1500.
00:56:13Voilà.
00:56:14Il faut parler argent aussi.
00:56:15C'est un élément du choix.
00:56:16Vous voyez,
00:56:16il faut donner effectivement,
00:56:17comme vous dites,
00:56:17les éléments de contexte professionnel,
00:56:19mais dans ce contexte professionnel,
00:56:20les éléments de la rémunération
00:56:21sont quelque chose
00:56:21qu'il faut indiquer.
00:56:23Et vous savez qu'en ce moment,
00:56:24on manque beaucoup de soudeurs.
00:56:25Je peux vous dire,
00:56:25les soudeurs,
00:56:26c'est 3000 euros par mois
00:56:27à 29-23 ans
00:56:28et vous pouvez monter
00:56:29à 4000-5000 euros
00:56:30à la quarantaine d'années.
00:56:31Cette information
00:56:32n'est pas connue des jeunes.
00:56:33Il faut leur donner.
00:56:34Et je voudrais dire aussi,
00:56:36il n'y a pas de métier genré.
00:56:37Il faut dire aux jeunes filles,
00:56:38pareil,
00:56:38à 12-13-14 ans,
00:56:39vous pouvez tout faire.
00:56:41Tous les métiers vous sont ouverts.
00:56:42Et ça, c'est important
00:56:42par rapport aussi parfois
00:56:43à un renfermement un peu culturel.
00:56:45Il faut élargir.
00:56:46Il faut s'occuper des parents.
00:56:48Il faut s'occuper
00:56:48des conseillers d'orientation.
00:56:50Il faut s'occuper
00:56:50de tous les gens
00:56:51qui gravitent autour
00:56:52de ce choix essentiel
00:56:53qui est de trouver
00:56:53le chemin qui vous plaît.
00:56:56Sur les rémunérations,
00:56:58justement,
00:56:58vous voyez ce que vous dit
00:56:59Jean-Pierre Farandou.
00:57:00Il dit qu'il y a des métiers
00:57:00qui payent moins que d'autres.
00:57:01Ça, c'est un sujet sensible aussi
00:57:03chez les jeunes
00:57:03parce qu'il faut vivre,
00:57:04il faut faire sa vie.
00:57:05J'imagine que...
00:57:06Non ?
00:57:07Si, en fait, absolument.
00:57:08Et je pense que d'abord,
00:57:09il faut aussi redire
00:57:10que là, on dresse le portrait
00:57:12d'un lycée professionnel
00:57:13qui a des difficultés
00:57:13et c'est le cas,
00:57:14il ne faut pas le gommer.
00:57:15Il y a aussi des tas de réussites.
00:57:16C'est aussi un espace
00:57:17qui permet à beaucoup de gens
00:57:18de s'accomplir
00:57:18et il y a aussi des efforts
00:57:20qui ont été faits
00:57:20sur les dernières années
00:57:21donc c'est aussi important
00:57:22de le rappeler.
00:57:24Effectivement,
00:57:24la question de l'argent,
00:57:26de la rémunération,
00:57:26elle est centrale
00:57:27mais elle ne doit pas se...
00:57:31Elle n'est pas annexe
00:57:32du contexte
00:57:33dans lequel on est en train d'évoluer.
00:57:35Elle ne doit pas tout emporter.
00:57:36Elle ne doit pas tout emporter.
00:57:37On parlait tout à l'heure de retraite
00:57:38qui peut paraître même abstrait
00:57:40pour quelqu'un de mon âge.
00:57:43On peut aussi prendre compte
00:57:45du contexte international,
00:57:47des enjeux nationaux
00:57:48qui rendent l'avenir très flou.
00:57:50Et donc l'enjeu qui traverse
00:57:52la génération à laquelle j'appartiens
00:57:53c'est aussi celui du sens.
00:57:55C'est aussi celui de la lisibilité.
00:57:58C'est aussi celui de pouvoir se projeter
00:58:00dans les 20, 30, 40 années qui viennent
00:58:02sans simplement se dire
00:58:04qu'on va servir à répondre
00:58:06à des besoins
00:58:07que peut-être on ne servira pas assez.
00:58:08Donc il y a évidemment
00:58:10la question de la rémunération
00:58:11mais aussi celle de la dignité
00:58:12dans le travail,
00:58:14de la sécurité dans le travail.
00:58:15Il y a des discussions en ce moment,
00:58:17des textes qui sont en train
00:58:17d'être discutés.
00:58:18Je pense qu'il y a une prise de conscience
00:58:19qui était aussi nécessaire,
00:58:21notamment à la suite des drames
00:58:22qui ont été ceux d'élèves
00:58:24qui sont malheureusement décédés
00:58:25sur des lieux de stage
00:58:27et d'apprentissage.
00:58:27Et donc c'est aussi un message
00:58:29à envoyer de dire
00:58:29l'école doit redonner confiance
00:58:31et l'entreprise doit redevenir
00:58:32un espace d'émancipation.
00:58:35Oui, alors je voudrais dire deux choses.
00:58:36D'abord, on n'a pas prononcé le mot
00:58:38mais il faut le prononcer.
00:58:39L'apprentissage dont on a parlé précédemment
00:58:40est une bonne poursuite
00:58:41par rapport au lycée professionnel.
00:58:42Ça, c'est vraiment un succès.
00:58:44Lycée professionnel,
00:58:44puis derrière on embraye,
00:58:45on peut aller un bac plus deux
00:58:46et pourquoi pas ingénieur.
00:58:48Ça, c'est très important.
00:58:49Et ça, cet assemblage
00:58:50entre le lycée pro
00:58:52et l'apprentissage,
00:58:53c'est quand même une belle réussite
00:58:54et il faut en parler
00:58:54parce que c'est en termes de parcours,
00:58:56c'est important.
00:58:57Et ce que vous dites,
00:58:58je suis d'accord avec vous
00:58:59et je suis en train de réfléchir
00:59:01à New Deal du travail.
00:59:02Vous voyez, comment le travail
00:59:03devrait évoluer
00:59:03parce que les choses bougent
00:59:04et les aspirations des jeunes changent.
00:59:06Il faut en prendre compte
00:59:07et en fait, il faut, comme je dis,
00:59:08faire équipe
00:59:09ou aligner les intérêts.
00:59:10On met les mots qu'on veut.
00:59:11Et dans l'imente des intérêts,
00:59:12il y a le sens.
00:59:13Il est très important
00:59:13que les salariés adhèrent
00:59:14au projet de l'entreprise
00:59:15et que le chef d'entreprise
00:59:17passe du temps à discuter
00:59:18avec ses salariés
00:59:19de qu'est-ce que je veux faire
00:59:19de cette entreprise,
00:59:20où je veux aller,
00:59:21pourquoi je suis là,
00:59:22donner du sens.
00:59:22C'est très, très important.
00:59:23Donc, je valide tout à fait.
00:59:24Et on voit bien
00:59:25qu'on en revient
00:59:25à ce que je disais aussi avant.
00:59:26Il faut qu'il y ait ce dialogue
00:59:27entre les jeunes et les entreprises
00:59:29pour que les jeunes
00:59:30repèrent les entreprises,
00:59:31la culture des entreprises.
00:59:32Qu'est-ce qui leur plaît ?
00:59:33Qu'est-ce qui ne leur plaît pas ?
00:59:33Où est-ce qu'ils sont à l'aise ?
00:59:34Pas à l'aise ?
00:59:35Il y a le métier,
00:59:35mais il y a la fois le secteur
00:59:36et l'entreprise.
00:59:37C'est ces trois éléments-là
00:59:38que le jeune doit regrouper
00:59:40et faire son choix
00:59:41pour s'y diriger.
00:59:43Et une autre chose aussi,
00:59:44c'est, vous disiez,
00:59:45il est difficile aussi
00:59:46pour un jeune
00:59:47de savoir
00:59:47ce que seront
00:59:48les métiers de demain.
00:59:49Donc, comment s'orienter
00:59:50quand on ne sait pas
00:59:51ce que ce sera demain ?
00:59:52Moi, je vais dans le sens
00:59:54d'une nécessaire communication
00:59:56entre les deux
00:59:57parce que,
00:59:58de la même façon,
00:59:59on parle beaucoup
01:00:00des métiers de soudeur,
01:00:02de l'intelligence artificielle,
01:00:03de tous ces enjeux-là
01:00:04qui vont traverser
01:00:05et parfois choquer
01:00:05nos générations.
01:00:07Et donc,
01:00:08ce qui est important,
01:00:09c'est d'écouter,
01:00:10de construire le dialogue
01:00:11et de permettre
01:00:12aux premiers concernés
01:00:13justement
01:00:13de s'exprimer sur ça.
01:00:15Oui, moi, je voudrais dire,
01:00:16parce que je vois
01:00:16que le débat avance,
01:00:16je suis d'accord avec vous.
01:00:18C'est l'heure surtout qu'il y a.
01:00:18Non, mais les lycées pros,
01:00:19ça doit être les lycées d'excellence.
01:00:20Ça, je suis d'accord avec vous.
01:00:22Et d'ailleurs,
01:00:22j'ai mis déléguée spécialisée,
01:00:25Sabrina Roubage,
01:00:26qui est pour ça,
01:00:26elle nous a renforcés.
01:00:27Franchement,
01:00:28elle passe son temps de ministre
01:00:30sur les lycées professionnels
01:00:31et la formation professionnelle.
01:00:32C'est très important.
01:00:33Ça vous montre
01:00:34qu'on a mis le paquet là-dessus
01:00:35en disant,
01:00:35il faut effectivement
01:00:36qu'on s'en occupe.
01:00:37Il y a eu une réforme,
01:00:38elle a fait bouger,
01:00:38mais il faut aller plus loin.
01:00:39Je suis complètement d'accord avec vous.
01:00:41Après,
01:00:41le monde qui change,
01:00:42c'est un débat que j'aurais.
01:00:43Je me suis entouré d'ailleurs
01:00:44en termes de procès
01:00:45de six jeunes
01:00:46de votre âge à peu près
01:00:46parce que moi,
01:00:47je suis plus jeune.
01:00:48Il faut que j'ai cette humilité
01:00:49de dire,
01:00:49moi, je suis plus jeune.
01:00:50J'ai besoin de jeunes autour de moi
01:00:51comme vous d'ailleurs.
01:00:52Si vous avez besoin d'un septembre,
01:00:53il y a Lundi Céphane ici qui est là.
01:00:54Pourquoi pas ?
01:00:54C'est très bien.
01:00:56Bravo pour ce que vous faites.
01:00:57C'est important
01:00:58que vous remontiez tous ces messages.
01:00:59Et on va vous remercier,
01:01:08Lundi Céphane ici,
01:01:09bonne semaine
01:01:09et à lundi prochain.
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