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  • il y a 15 heures

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00:09Mon invité ce matin dans les échos est la présidente de l'association France Biotech.
00:14Bonjour Marie-Vonne Yance. Bonjour. Merci d'être avec nous ce matin dans les échos. On va parler
00:19des biotechnologies, des medtech également, toutes ces entreprises qui innovent dans le
00:24secteur de la santé. Et il y a quelque chose de très important qu'il faut comprendre, c'est que
00:28d'un côté en France, il y a la recherche publique et vous dites qu'elle est très performante,
00:32très efficace. C'est le cas de l'Inserm, de l'INRIA, du CNRS, il y en a beaucoup d
00:37'autres.
00:37Et il y a de l'autre côté les entreprises privées qui vont mettre sur le marché très
00:41concrètement des produits. Mais vous dites que les passerelles entre le public et le
00:46privé, elles ne sont pas assez fluides et vous lancez avec BPI France un observatoire.
00:52Quels sont les objectifs de cet observatoire ? Effectivement, je crois que c'est une première.
00:57France Biotech s'est associée avec BPI, mais aussi avec tous les organismes de transfert,
01:03parce que chaque centre académique a son propre organisme de transfert, donc qui participe
01:09à l'élaboration du process de transfert de technologie, de la science vers l'académie,
01:15vers les entreprises. Et pour la première fois, nous avons monté un observatoire qui a commencé
01:19par une enquête auprès des entreprises pour savoir quels étaient les freins pour favoriser
01:27la fluidité entre ces organismes de transfert et les entreprises. Donc après un an d'enquête,
01:34nous avons maintenant un certain nombre de faits sur les durées, sur les benchmarks, etc.
01:38Donc nous lançons cet observatoire cet après-midi avec la BPI et les organismes de transfert.
01:45L'objectif, c'est effectivement, nous avons fait un constat, nous essayons, nous proposons
01:51un certain nombre de recommandations et ensuite, tous les ans, nous vérifierons dans le cadre
01:56de cet observatoire la bonne pratique et la bonne mise en place des mesures.
02:02Alors, je vais juste redonner un petit peu de contexte. Cette initiative que vous prenez
02:08avec BPI France, elle est issue du Conseil stratégique des industries de santé qui a
02:13été présenté par Edouard Philippe en juillet dernier. Et à partir du constat que vous avez
02:18fait, justement pour fluidifier les passerelles entre le public et le privé, il y a trois
02:23freins que vous avez repérés, justement, sur les transferts de technologie. Le premier,
02:28les délais pour signer un accord, le deuxième, la copropriété et le troisième, ce sont
02:33les termes financiers. Aujourd'hui, quelles mesures vous préconisez pour aller plus vite,
02:38Marie-Vaignance ?
02:39Alors, un certain nombre de mesures. Déjà, pour les délais, nous essayons effectivement
02:45de comprendre pourquoi c'est si long. Souvent, plusieurs organismes de transfert sont impliqués
02:54dans ce transfert. Il y a l'université, il y a l'Inserm, il y a le CHU et chacun
02:59signe. Rien que
03:02la signature, c'est très lent.
03:03Parce qu'il y a une multitude d'acteurs, en fait.
03:05Il y a une multitude d'acteurs. Et ça, c'est aussi une volonté du ministère de la
03:10recherche d'avoir un mandataire unique, c'est-à-dire un seul interlocuteur avec une seule
03:15entreprise. Donc, les délais devraient être réduits. Ensuite, en ce qui concerne les montants,
03:23eh bien, d'établir un benchmark. Quelles sont les pratiques au niveau national, européen,
03:29voire international ? Et essayer de comparer ces bonnes pratiques avec les pratiques réalisées
03:35en France. C'est déjà un atout formidable pour essayer d'améliorer cette fluidité.
03:43On ne va pas faire du French bashing ce matin dans les échos, mais on suppose que vous avez
03:48quand même mesuré où en est la France par rapport aux autres pays européens en matière
03:54de collaboration entre recherche publique et recherche privée. Aujourd'hui, la France
03:58est-elle en retard ou au même niveau que les autres pays européens ?
04:02Effectivement, on n'est peut-être pas moins performant. On est moins performant au niveau
04:06des délais, etc. Ça, c'est clair, au niveau du process. Par contre, j'insiste sur le fait
04:11que la France reste une des premières mondiales au niveau de la recherche. Ça, c'est l'atout
04:17de base. C'est-à-dire que vraiment, toutes ces industries des technologies innovantes
04:22de la santé s'appuient sur la recherche. Et là, on est très bons puisque le Forum mondial
04:28de l'économie vient de publier un chiffre troisième au niveau mondial, ce qui est une
04:31position quand même confortable. Et ça, c'est très important pour la France.
04:37Et ça, c'est quelque chose qu'on ne dit pas assez, finalement, dans le débat public,
04:40qu'il y a une recherche très forte, très efficace en France et de la recherche publique
04:44très performante également.
04:45Absolument. Sur laquelle il faut s'appuyer.
04:47Ça, je crois qu'on ne le dit pas assez. Et ça, c'est vraiment le pilier des nouvelles
04:52entreprises de la santé de demain. Tout le monde entend parler d'intelligence artificielle,
04:58de nouveaux médicaments biologiques, etc. Et tous ces nouveaux médicaments, qui seront
05:0480% des médicaments dans les années 50, s'appuient sur cette recherche. Et nous avons
05:11une très bonne recherche. Donc, il faut le faire savoir, effectivement.
05:14Et alors, il y a une étude que vous allez publier cet après-midi ou dans les prochains
05:18jours. Mais on va révéler un chiffre en avant-première, en exclusivité, parce que ça permet
05:23quand même de se rendre compte, en France, justement, du dynamisme des petites entreprises
05:28de santé en matière d'innovation. C'est que, finalement, elles mettent sur le marché
05:33plus de produits de médicaments que les Big Pharma, c'est-à-dire que les Sanofi, que
05:38les géants de la santé. Quel est ce chiffre, Marie-Vanians ?
05:41Il y a effectivement ces entreprises de médicaments. Là, je ne parle que du médicament.
05:47Le médicament exclusivement. Je ne parle pas des MedTech et des technologies Big Data,
05:51etc. Médicaments, 1000 produits en recherche et développement environ sur toutes les
05:57entreprises biotech françaises, contre 233 des Big Pharma françaises. Donc ça, l'écart
06:04est énorme. Et ça, ce sont les médicaments de demain. Donc, cela monte à dynamique
06:09française.
06:09Et comment l'expliquer, justement, que des petites entreprises, toutes réunies, arrivent
06:13à être beaucoup plus dynamiques, beaucoup plus présentes sur le marché avec de nouveaux
06:17produits que les Big Pharma, qui, finalement, cristallisent une grande partie du débat ?
06:22Tout simplement, effectivement, il y a une dynamique, une créativité et cette proximité
06:27de la recherche académique et de la recherche privée. C'est-à-dire que, souvent, toutes
06:33ces entreprises sont des spin-off des centres académiques. Ce sont des chercheurs qui deviennent
06:37entrepreneurs. Donc, ils vont très vite dans le développement de leurs produits. Bon,
06:44effectivement, la recherche privée est toujours un peu plus lourde. D'ailleurs, les grandes
06:51pharmas viennent faire leur marché dans les entreprises, dans les start-up, parce que
06:55c'est là où il y a la dynamique et moins de lourdeur de structure.
07:00Bien. Alors, dernier sujet, Marie-Vaigneurs, on a commencé à en parler tout à l'heure.
07:04Le premier ministre Edouard Philippe a annoncé en juillet, a fait un discours dans le cadre
07:08du Conseil stratégique des industries de santé avec plusieurs mesures sur les financements.
07:12Mais cette fois-ci, lors de cette interview, on ne va pas trop en parler. On va se concentrer
07:15plutôt sur deux autres mesures. Une réduction des délais d'autorisation de mise sur le
07:20marché ou encore des délais d'accès au marché à 180 jours. Est-ce que c'est une bonne
07:25impulsion, au final, ce Conseil stratégique des industries de santé ?
07:29Alors, moi, j'ai été ravie. J'ai participé à ce Conseil stratégique et vraiment, le
07:34discours du Premier ministre a été très innovant et ça a été très positif pour nous
07:42parce qu'il a parlé effectivement d'améliorer le transfert technologie. Il a parlé de la
07:48réduction des délais des essais cliniques. Là, on était vraiment les derniers en Europe
07:52et je pense qu'on a beaucoup œuvré pour réduire ces délais et de faire en sorte qu'on
07:58soit compétitif en France. Et là, le Premier ministre a insisté sur ces points-là. Le
08:03market access, c'est-à-dire arriver sur le marché le plus rapidement possible, c'est
08:08très important. Compte tenu de la qualité de notre recherche, il n'est pas acceptable
08:13qu'on soit moins performant pour être sur le marché. Et c'est un peu notre problème.
08:17Je connais des sociétés françaises qui vendent leurs produits en Europe dans tous les pays
08:23sauf la France. Ce n'est pas acceptable alors que le produit est issu de la France. Donc là,
08:27on a un retard et le Premier ministre a vraiment donné une impulsion. Encore faut-il que cette
08:35idée soit mise en action. Et là, on va suivre au sein de France Biotech pour que les mesures
08:41proposées par le Premier ministre soient concrètes. Merci Marie-Vonne Yance d'avoir été mon
08:48invité ce matin dans les échos. Je rappelle, présidente de l'association France Biotech.
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