- il y a 2 jours
Dans ces rushs Pathé, Johnny Hallyday revient sur l’évolution de ses spectacles, sa vision de la scène et les innovations qu’il souhaite apporter à ses concerts. Une interview rare qui offre un aperçu de sa réflexion sur la mise en scène et la dimension spectaculaire de ses shows.
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00:00C'est un énorme parmi parce que c'était une super production énorme, il y avait beaucoup de risques.
00:06A chaque fois qu'on fait un spectacle, c'est un nouveau pari, c'est un nouveau risque.
00:11Parce que le temps délégué, on peut dire, c'est-à-dire ça comportait l'Olympia.
00:22D'abord maintenant c'est devenu une tradition, un chanteur quand il fait un spectacle, il fait deux parties.
00:27Deux parties d'une heure, minimum, quand c'est pas une heure et demie en deuxième partie.
00:32C'est comme deux spectacles finalement à l'époque des artistes quand ils faisaient un musical plus traditionnel comme l
00:41'Olympia.
00:42Avant on faisait 50 minutes, il y avait la molette anglaise, il y avait la molette américaine,
00:49il y avait des numéros de jonglage, d'équilibriste ou ce qu'on veut.
00:53Et puis il y avait l'entraide, et puis il y avait la molette qui chantait en deuxième partie.
00:57Et en général un tour de chant était à peu près de 50 minutes.
01:01Et quand ils avaient une matinée et une soirée, on se disait, tu te rends compte de la performance, ils
01:04chantent deux fois dans la journée.
01:06Maintenant ça me paraît invraisemblable parce que maintenant on fait la première et la deuxième partie,
01:10c'est-à-dire qu'on fait les deux rôles en même temps.
01:12Et on fait une heure en première partie et entre une heure et une heure et demie en deuxième.
01:18Alors finalement c'est deux tours de chant par spectacle finalement qu'on fait.
01:21Alors quand on a les matinées, c'est comme si on fait quatre spectacles.
01:25Mais je crois que ça permet de faire un spectacle beaucoup plus équilibré.
01:32Et puis finalement c'est vrai, les gens quand ils viennent voir un artiste,
01:37ils viennent voir cet artiste-là,
01:38et pas obligatoirement des choses qu'ils n'ont pas envie de voir et que finalement on leur impose.
01:45Alors c'est pas un choix d'ailleurs de nous, c'est un choix du public.
01:49Mais il y a quand même une volonté de faire toujours plus fort.
01:52Mais plus fort c'est-à-dire...
01:53Plus fort que tous les autres.
01:54Non c'est pas une question de plus fort, c'est pas une question de vouloir faire plus fort qu
01:57'un tel
01:57ou plus fort qu'un spectacle par rapport à un autre chanteur ou à un autre artiste.
02:04C'est le fait de...
02:05C'est le fait d'essayer de contenter le public surtout,
02:08puisque c'est eux qui viennent au spectacle, c'est eux qui passent.
02:10C'est eux qui payent finalement une place qu'on vit grâce à eux.
02:14Moi je dis toujours que moi je n'ai qu'un seul patron, c'est mon public.
02:20Et...
02:21Le public a le choix de venir ou de ne pas venir voir un spectacle.
02:24En fait, ils viennent pour passer une bonne soirée.
02:29Et nous, notre travail c'est de faire en sorte qu'ils passent une bonne soirée.
02:34Et pour ça c'est d'essayer de créer des choses, de créer des événements,
02:38de créer deux heures de rêve pour que les gens passent une bonne soirée.
02:42Évidemment il ne faut pas chercher une idée à 14 heures,
02:44il ne faut pas se dire, on dirait si, parce que, par rapport à ça ou non.
02:48Simplement c'est essayer de faire passer aux gens deux heures,
02:51enfin, deux heures ou trois heures d'un moment.
02:57Moi quand les gens sortent dans mes spectacles et que j'entends de bouche à oreille,
03:01en disant on a passé une bonne soirée, moi j'ai réussi ma soirée.
03:05Encore maintenant après ?
03:06Oui, surtout maintenant.
03:09Mais c'est un peu angoissant, il y a quand même l'angoisse de râper son coup quelque part.
03:14Mais on est toujours, tout ça, on est sur la penterette,
03:19rien ne dit avant de faire un spectacle qu'on va faire un bon spectacle.
03:23Moi je peux avoir des idées bien précises, je m'entoure de gens
03:27qui, je pense, ont du talent, c'est pour ce que je pense, ces gens-là.
03:31C'est pour essayer de créer un bon spectacle.
03:34Je crois que tout seul on n'y arrive pas,
03:36parce que maintenant c'est un petit peu comme au cinéma,
03:39le musical, la variété, le spectacle de rock'n'roll,
03:43tout dépend de ce qu'on choisit de faire comme style de spectacle ou style de musique.
03:50C'est de faire un spectacle un peu varié pour que ce soit pas toujours la même chose
03:55et puis c'est de faire des choses que les gens ont envie de voir
03:59ou de surprendre les gens, de faire rêver un petit peu les gens
04:04parce qu'il est exact qu'en 84 on rêve moins qu'en 1960
04:10et que c'est bien pour faire rêver les gens.
04:12Moi j'essaie toujours de faire des spectacles par rapport à ce que moi j'aimerais voir
04:15si je vais voir un chanteur que j'aime bien.
04:17Et si vous vous voyez sur scène maintenant, vous diriez quoi ?
04:22Je ne sais pas, le problème c'est que je ne me vois jamais sur scène
04:24puisque j'y suis.
04:26Alors même moi mes spectacles je ne les ai jamais vus en dehors de la télévision
04:31quand ils sont des fois filmés et puis bon...
04:34Et là vous vous dites quoi ?
04:35Ça perd quand même au moins 40% de la télévision.
04:40Enfin la télévision ou le cinéma.
04:44C'est comme un match de football.
04:46Je veux dire quand on va voir un match de football
04:48on est pris dans l'ambiance par les gens qui sont à côté de vous
04:50qui crient, qui se lèvent et a-t-elle à marquer un but.
04:54On regarde ça de son fauteuil dans son salon à la télévision.
04:59Il est égal que l'ambiance n'est pas la même.
05:02Et par exemple par rapport au précédent spectacle
05:05il y a eu un changement complet.
05:06Il y a eu une évolution, pas seulement dans le style mais...
05:11Il faut quand on fait un spectacle, il faut penser aussi à faire quelque chose de visuel.
05:17C'est fini le temps où on vient derrière un micro, où on chante...
05:21À l'époque c'était entre 12 et 14 chansons, où on chante entre 12 et 14 chansons.
05:26On vient faire une deuxième partie et puis on reste derrière son micro
05:29et on chante des chansons que les gens connaissent.
05:31Je crois que ce temps-là est fini et ce temps-là a été un petit peu dépassé
05:38surtout depuis qu'il y a des vidéoclips.
05:41Car maintenant les gens ont pris l'habitude de voir des petits films
05:44avec des chanteurs, qu'ils soient américains, français, anglais,
05:49peu importe la nationalité, mais où on leur montre une petite mise en scène autour,
05:56c'est-à-dire un petit peu comme un film, une petite histoire,
05:59même si c'est une histoire qui n'a rien, mais un vidéoclip, c'est visuel.
06:06Alors maintenant les gens, s'ils voient un chanteur,
06:08il n'y a pas de choses qui se passent autour, les gens sont un peu déçus
06:10par rapport aux vidéoclips qu'ils voient.
06:15Par exemple, moi j'ai des amis, moi, journalistes,
06:18qui auraient été à Jacksonville voir Michael Jackson
06:24quand il a fait ça, on s'attendait.
06:25Et nous, finalement, on ne connaît Michael Jackson que à travers ses clips
06:30qu'il a fait, ce qui sont en plus des clips, des clips formidables
06:33qui ont été faits au niveau de l'Amérique,
06:35des clips qui ont coûté 200 000 dollars,
06:39pas loin de 200 millions de nos fonds français,
06:42et aucun français ne peut se payer un vidéoclip aussi cher
06:45parce qu'on est dans un petit pays.
06:48Et il y en a beaucoup, leur réflexion, c'est qu'il est formidable sur scène,
06:52et il y en a beaucoup qui ont dit qu'il y a quand même une partie du public
06:55qui est déçue sur scène de le voir par rapport à ce qu'ils connaissent de lui
07:00en tant que vidéoclip, parce qu'il est évident que sans la mise en scène
07:04des vidéoclips, il ne reste plus que le chanteur, le musicien,
07:08même si dans cette mise en scène, il n'y a pas tous les effets
07:12qu'il y a dans les vidéoclips.
07:13Donc on est de plus en plus obligé, quand on fait un spectacle,
07:16pas de faire des vidéoclips, c'est pas ça que je veux dire,
07:18mais de donner certains tableaux, dans certaines chansons,
07:22des images un peu, qui bougent un peu, qui soient visuelles.
07:28Est-ce qu'il n'y a pas aussi envie pour vous, précisément,
07:33de rester le meilleur, puisque finalement c'est ce qui se passe depuis un certain nombre ?
07:35Ça ne veut rien dire de être le meilleur.
07:37J'ai été voir le spectacle de David Chen hier soir,
07:39pour moi David Chen c'est le meilleur.
07:41C'est bien, c'est bien, c'est plein plein d'oeil aussi, le spectacle qui...
07:45C'est plein plein d'oeil au cinéma, aussi.
07:50Et je n'ai pas pu rester hier soir, d'ailleurs, je suis monté sur scène à la fin
07:53et j'ai chanté avec lui, j'étais en jettement d'aller.
07:56C'est-à-dire qu'à propos de l'envie de chanter,
07:59vous êtes resté pas mal de temps sans chanter,
08:02il y avait une vraie envie de remonter sur scène ?
08:05Oui, la transition a été difficile,
08:07parce que je venais de finir les films de Godard,
08:10et bon, les films de Godard, c'était complètement...
08:12il y a environ complètement différent.
08:13D'abord, on a vécu pendant des semaines dans le monde de Godard,
08:18qui est loin du monde du rock'n'roll,
08:20ce qui montre d'ailleurs que le rock'n'roll, ça mène à tout.
08:25Il faut le faire, quand même.
08:27Et je dois dire que la transition, moi, je n'ai même pas eu qu'un jour ou un mois
08:30pour me remettre dans mon univers.
08:35Je suis passé sans transition directement des films de Godard
08:39aux répétitions pour le Zénith.
08:42Et finalement, ça s'est bien passé.
08:44Ça s'est bien passé, c'était pas évident,
08:48non, c'était pas évident, parce que c'était un peu comme...
08:49tourner avec Godard, c'est un petit peu comme...
08:52on en parlait tout à l'heure, un peu comme une opération.
08:55Et puis après, il y a le moment de réadaptation,
08:58la rééducation, sans plus dire.
09:01Et puis bon, après, et puis d'un autre côté,
09:03c'est pas si mal, parce que j'ai pas eu le temps de souffler,
09:06j'ai pas eu le temps de...
09:08j'ai foncé, je me suis mis directement dans mon deuxième truc,
09:11et puis bon...
09:13Vous avez eu l'impression que vous pouviez vous planter, comme on dit ?
09:17On peut toujours planter, bien sûr, bien sûr.
09:22Pas obligatoirement des goûts qui vont plaire aux autres.
09:25Au bout de 25 ans, on a quand même...
09:27On se plante, non, même.
09:30C'est pas une question de...
09:31Il n'y a pas...
09:34Je crois que les années de métier ne jouent pas là-dedans.
09:37On peut très vite être dépassé dans ce métier.
09:40Ce qu'il faut, c'est...
09:41C'est pas se laisser se dépasser.
09:43Je crois qu'il faut aimer ce métier aussi pour le faire.
09:45Je crois que les gens qui se faisent dépasser
09:47sont des gens qui n'aiment pas vraiment ça,
09:49qui font ça pour des raisons, pour des besoins,
09:51pour des raisons différentes.
09:53Mais quand on l'a vraiment sur ce métier,
09:55on voit jusqu'au bout.
09:57Et vous n'avez jamais eu, pendant ces 25 ans,
10:00une envie d'arrêter de faire autre chose ?
10:04Si.
10:05Si, on est arrivé de ne pas très longtemps.
10:09C'est un peu comme une drogue
10:11d'aller sur scène en rencontrant du public
10:13ou d'aller sur un tournage de cinéma
10:15et de vivre au peu long de moins avec une équipe.
10:21Quand on a écouté à ça,
10:22je regardais un jour une émission de télévision
10:24avec des anciens de l'époque
10:27qui avaient le moins de succès aujourd'hui.
10:29Certains s'étaient reconvertis.
10:30Il y en a qui étaient charcutiers.
10:32Et je me dis que ces gens-là,
10:33ils donnent l'impression, ils parlent.
10:36Ils ont l'air de trop...
10:37de dire, moi, je suis beaucoup plus duré comme ça,
10:39mais je suis sûr qu'au fond de l'âme,
10:40ils sont quelque part traumatisés
10:42puisqu'ils ont fait cette télévision.
10:44Et tous, quelque part,
10:46ils ont envie de refaire un disque
10:47ou de refaire de la scène.
10:49Et je crois que quand on a touché à ça,
10:51c'est un petit peu comme une drogue.
10:52Quelque part, ça doit vous manquer.
10:54C'est comme avoir eu de l'argent et puis en avoir.
10:57C'est comme d'avoir vécu pendant 10 ans
10:59avec une femme qu'on aime
11:00et puis cette femme pour une raison ou une autre
11:01elle vous quitte et vous vivez tout seul.
11:03Quelque part, je suis content,
11:05je suis rentré célibataire,
11:06je peux vivre comme j'ai envie.
11:07Et finalement, quelque part,
11:09il y a quand même cette averture en soi.
11:12Je voudrais que vous me parliez d'une chanson
11:14de spectacle qui est une petite part.
11:16parce que bon, c'est à la fois très beau sur scène
11:19et en même temps,
11:21vous pouviez la chanter tout très longtemps.
11:22Pourquoi vous avez la tendance ici ?
11:25D'abord parce que c'est pas facile
11:26de chanter Jacques Brèves.
11:28C'est pas facile de chanter Jacques Brèves
11:30après Jacques Brèves.
11:33Jacques Brèves était...
11:35Les chansons de Jacques Brèves, c'est Jacques Brèves.
11:37Et puis personne ne les chanteurage
11:39n'a pas aussi bien qu'il.
11:40En tout cas, les interprèteras.
11:44Alors, je me suis toujours un petit peu dégonflé
11:46de chanter de Jacques Brèves.
11:48Il y a toujours eu...
11:49En plus, en ayant, depuis des années,
11:51eu envie de chanter
11:52de ne m'équipe pas.
11:54Et lors de mon dernier spectacle,
11:57il y a deux ans,
11:59je voulais déjà chanter de ne m'équipe pas.
12:01Et puis, bon, Jacques est mort.
12:06Alors, je ne l'ai pas chanté.
12:08Je l'ai supprimé mon tour de chant.
12:09Je ne l'ai pas chanté
12:10parce que je ne voulais pas
12:11que les gens disent
12:11« Oui, tiens, il l'a joué chanté. »
12:13Mais il l'a chanté, il est mort.
12:14Alors, il en chante...
12:15Vous savez, dans ce métier, ça va vite.
12:17Le côté médisante,
12:18le côté...
12:19Il profite de la situation.
12:22Alors, je ne l'ai pas chanté.
12:23Je ne voulais pas qu'on puisse dire
12:25que...
12:25Quoi que ce soit.
12:27Puis là, maintenant,
12:27il y a du temps qui s'est passé.
12:29Et je crois que maintenant,
12:30c'est plus un hommage que je lui ronde.
12:32En la chantant,
12:34on ne peut plus dire en tout cas
12:35que c'est pour cette raison-là
12:36que je la chante.
12:37Et je la chante
12:38parce que j'adore cette chanson.
12:40Et je crois que...
12:41Les chansons, ce n'est pas facile.
12:42Ce n'est pas facile
12:43d'avoir de bonnes chansons.
12:45Et puis,
12:46je ne m'équipe pas
12:47de pourmer une chanson
12:48que j'aurais bien aimé
12:50créer mon âme.
12:51Mais ce n'est pas du tout
12:52la prétention de la chanter
12:53avec lui
12:53ou d'essayer
12:54d'en faire autre chose.
12:56Je la chante simplement
12:57avec un piano
12:57et je la chante
13:00comme lui l'aurait chanté.
13:02C'est-à-dire...
13:02C'est une belle chanson.
13:04Les belles chansons,
13:04il ne faut pas les...
13:08Il n'y a pas besoin
13:09de mettre des films derrière.
13:10C'est ça que je l'ai dit.
13:10On en a parlé tout à l'heure.
13:11Au départ,
13:12j'avais l'idée
13:12de mettre un film derrière
13:13de moi
13:13et puis de filmer le dos
13:14alors que j'ai chanté
13:15et puis je me dis
13:15non, ce n'est pas la peine.
13:17Il faut faire ça
13:18pour des chansons
13:18qui ont moins l'intérêt.
13:20Vous la chantez peut-être aussi
13:21parce que vous vous sentez
13:22un peu plus sur le dos,
13:24plus fort ?
13:24Non, non.
13:25Mais je crois
13:26que c'est une chanson
13:26qu'il faut avoir vécu
13:28un petit peu dans la vie
13:28pour pouvoir chanter
13:29cette chanson.
13:32C'est vrai ce que je dis.
13:33Il faut connaître
13:35la souffrance,
13:36il faut connaître
13:36les joies,
13:37il faut connaître
13:37les envies,
13:38il faut connaître
13:39la vie.
13:40La vie, c'est ça.
13:41La vie, c'est plein.
13:43La vie,
13:45même pour interpréter
13:46un rôle au cinéma,
13:48il faut avoir souffert,
13:49il faut avoir été heureux,
13:51il faut avoir vécu.
13:53Pour arriver à faire ressentir,
13:57avoir des sentiments
13:58et faire ressentir
13:58ces sentiments-là
13:59au public,
14:00il faut les avoir vécu.
14:02Ici, on ne peut pas
14:03parler de quelque chose.
14:04Moi, je ne suis pas
14:05très bon en politique,
14:06je n'ai jamais été,
14:07je ne parle pas de politique
14:08quand je fais une table
14:09avec des gens.
14:10Il y a des gens
14:10qui font beaucoup de vie.
14:11Moi, je ne parle que des choses
14:12que je connais bien,
14:14alors une chanson,
14:15c'est la même chose.
14:17Vous parliez de la vie
14:18et des expériences,
14:19j'ai l'impression
14:19que vous êtes arrivé
14:20à un moment
14:22où je me lève
14:23pour le reste de la journée
14:24jusqu'au moment
14:25où je me couche,
14:25c'est une expérience pour moi.
14:28C'est l'expérience
14:29de tout ce qu'on a raconté,
14:29enfin, tout ce qu'on sait
14:30de vous,
14:31de comment votre vie.
14:32Ce n'est pas uniquement
14:33par rapport à ma vie,
14:34c'est par rapport
14:35à la vie en général,
14:36par rapport à la vie
14:37et à mes amis,
14:39par rapport à ce que je lis
14:40dans les journaux,
14:41par rapport à ce que je vois
14:41à la télévision,
14:44des expériences
14:45que je vis,
14:45que je vis.
14:47On vous a beaucoup
14:48critiqué en 25 ans.
14:50Non, on me critique toujours.
14:52Mais ce n'est pas grave,
14:53on va toujours
14:53critiquer tout le monde.
14:55J'ai l'impression
14:55qu'on me critique
14:56de moins en moins.
14:58Est-ce que ce serait
14:59le début de la fin ?
15:02Je me remets
15:03par trop mal.
15:04Et ces critiques-là,
15:05ça vous fait
15:06encore quelque chose ?
15:08Je ne dis que ça ne fait
15:10rien du tout,
15:10mais ça vous touche
15:11toujours quelque part.
15:14Ça peut faire mal ?
15:16Il est évident quand on lit
15:17un article dans un journal
15:18d'une critique
15:19et que la critique est mauvaise,
15:20ça fait moins plaisir
15:21que si la critique est mauvaise.
15:23Même si on dit
15:23« je m'en fous ».
15:24Entre toutes,
15:25de dire « je m'en fous »
15:26c'est une autre défense,
15:27quelque part.
15:29Il est évident
15:30que c'est plus
15:30le cycle réel de dire.
15:32J'ai l'idée,
15:33il est formidable
15:33plutôt que de dire
15:36« il ne fait pas
15:37l'espitec,
15:39il est sur la fin »
15:40ou je ne sais pas,
15:40n'importe quel point
15:41on pourrait dire.
15:44Mais la défense
15:45à la fixe
15:46c'est de dire
15:46« je m'en fous ».
15:47Et le tournant
15:48de la quarantaine,
15:49ça compte pour vous
15:50ou c'est passé
15:51la pêmenée par la poste ?
15:54Ça m'a travaillé
15:55avant l'avoir 40 ans.
15:57Une fois que j'ai eu 40 ans,
15:58je me suis dit
15:58« il n'y a rien de changé
15:59avec hier ».
16:01Je crois qu'il y a des gens
16:01qui ont 25 ans
16:03qui sont vieux
16:04dans leur tête.
16:06Et puis d'autres gens
16:07qui en ont 5 ans
16:08qui sont plus jeunes
16:09que les gens
16:10de 25 ans.
16:11Ce n'est pas une question
16:12d'âge, je crois.
16:13C'est une question
16:15de vivre,
16:16c'est une question
16:17d'enthousiasme.
16:18Je crois que quand
16:19on est enthousiaste
16:20pour des choses,
16:21je crois qu'on lâche rien.
16:23Il ne faut pas y penser.
16:28Non, moi,
16:30l'âge,
16:30on ne dérange pas.
16:32En me voyant
16:33entrer en scène
16:34d'autres jours,
16:34je me disais
16:35est-ce que vous vous souvenez
16:37de la première fois
16:39que j'ai entré en scène
16:39ou c'est quelque chose
16:40qui est tellement loin
16:41que c'est tout le monde ?
16:44Oh non,
16:45la première fois
16:45que j'ai entré en scène,
16:46il y a très longtemps,
16:49je devais avoir 9 ans
16:52puisque j'ai vécu
16:53avec des...
16:54bon,
16:55tout le monde le sait,
16:56avec une famille de danseurs
16:57qui m'ont élevé.
16:59et au milieu
17:00de leur numéro de danse
17:02pour qu'ils étendent
17:03dans les costumes,
17:04je montais sur scène
17:05et...
17:05enfin,
17:06je sentais des coulisses
17:07et je chantais une chanson
17:08qui, à l'époque,
17:10était...
17:11c'était...
17:13c'est loin de ce que je fais maintenant.
17:16Et puis,
17:17bon,
17:17avant que j'avais plus
17:19d'au moins l'habitude,
17:20j'ai toujours été élevé
17:20dans les coulisses
17:21des spectacles.
17:23Donc,
17:23ça fait partie...
17:25Je suis en tournée,
17:26finalement,
17:26depuis 40 ans
17:27puisque je suis parti en tournée
17:30à...
17:30j'avais un an
17:33puisque j'ai été élevé
17:33dans cette famille de danseurs.
17:35Et je pense
17:36à la première entrée
17:37professionnelle
17:38Johnny Hallyday.
17:39En tant que chanteur,
17:41c'était en 1900,
17:42oui,
17:42c'était à la Lombra
17:43la première fois,
17:44vraiment.
17:45La fameuse séance
17:46de la Lombra
17:47avec...
17:48avec en vedette...
17:51en vedette...
17:52Raymond Devoz.
17:54Qui, grâce à lui,
17:54d'ailleurs,
17:55n'a pas été viré du spectacle.
17:56Je le redis,
17:57parce que c'est vrai.
18:00Là,
18:00vous allez entrer en scène
18:02dans...
18:02dans quelques minutes.
18:03C'est quoi ?
18:04C'est dans l'angoisse,
18:05le trac ?
18:06Bon,
18:07je suis toujours très nerveux
18:08avant moi.
18:08Même quand c'est
18:09à la fin d'un spectacle,
18:11je veux dire,
18:11même deux mois après,
18:13et tout est rodé.
18:15C'est toujours un petit peu nerveux
18:15parce qu'on sort scène.
18:17D'abord,
18:17ça fait partie
18:18de la mise en forme
18:19d'être nerveux.
18:21Mais l'entrée en scène,
18:23le moment où on entre en scène,
18:24c'est...
18:25ah, mais on est en scène tant qu'on...
18:29c'est toujours les quelques minutes de silence
18:32avant d'entendre le public
18:33qui sont les plus...
18:35comment dire...
18:37les plus...
18:38les plus angoissantes.
18:40les plus angoissantes.
18:42Et on dit toujours que, bon...
18:47on est toujours...
18:49tiens,
18:49publiques,
18:51et...
18:51il est moins bien
18:52qu'hier,
18:52publiques.
18:53Mais c'est pas vrai,
18:54c'est des artistes,
18:55des fois qu'ils sont...
18:57publiques,
18:57c'est le même.
18:58Et vous arrivez de...
19:00d'avoir entré en scène
19:02en ayant envie d'être ailleurs ?
19:03Oui.
19:05Oui.
19:06Pas souvent ?
19:07Non, pas souvent.
19:08Mais ça arrive.
19:09Ça arrive.
19:10Ça arrive.
19:11Des fois,
19:12quand on est...
19:13on a des éclinions de loi,
19:14on est pas en forme.
19:15Ça arrive.
19:15On est...
19:16On est des...
19:16Il faut pas croire
19:17qu'on est des...
19:18des...
19:19des...
19:19des superbes hommes.
19:22Euh...
19:22On a,
19:23comme tout le monde,
19:24des fois,
19:24mal aux ordres,
19:25des fois,
19:25des éclinions de loi,
19:27des...
19:27des fois,
19:28mal à la thèse,
19:29pas en forme,
19:30ça arrive à tout le monde.
19:32Mais quand on y est,
19:33on y est,
19:34on est content.
19:36Toujours autant ?
19:38Oui.
19:40Oui.
19:41Même certains soirs plus.
19:43Ça, ça peut durer
19:44des années encore ?
19:46Écoutez,
19:47ça durera tant que j'en aurais envie,
19:49je ne sais pas.
19:50Mais là,
19:50pour l'instant,
19:51j'en ai envie.
19:53C'est la partie de ma vie
19:54de tous les jours.
19:56Merci.
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