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  • il y a 3 mois
L'armée américaine a annoncé avoir abattu deux drones d'attaque iraniens qui menaçaient selon elle le trafic maritime dans le détroit d'Ormuz, alors qu'aucune solution ne semble en vue pour mettre fin à la guerre au Moyen-Orient qui entre ce dimanche 7 juin dans son 100e jour. De son côté, l'Iran a mené hier des frappes sur le Koweït et Bahreïn en riposte à des attaques américaines. L'Iran déclare que les représailles contre Israël sont un "avertissement"

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00:0022h sur BFM TV, soyez les bienvenus, c'est la toute dernière information de ce dimanche soir.
00:05Les tirs iraniens reprennent ce soir sur Israël.
00:08C'est une première depuis le cessez-le-feu du 8 avril dernier.
00:12L'armée israélienne indique ce soir être la cible de trois vagues de missiles.
00:16Partons tout de suite, immédiatement, à Tel Aviv.
00:19Vous retrouvez, Milan Argelas.
00:21Racontez-nous quelle est la situation précisément sur place, Milan.
00:27Eh bien écoutez, Anne, l'armée israélienne fait état de trois salves de missiles iraniens tirés en direction du nord
00:34du pays, du nord d'Israël.
00:35Aujourd'hui, Tsaal qui confirme que tous ces missiles ont donc été tirés vers le nord du pays
00:41et qui, dans un autre message, pour être précis et vous dire ce que l'on sait à cette heure,
00:45affirme que sur les deux premières salves de missiles, tous les missiles ont été interceptés et qu'il n'y
00:50a pas eu de blessés.
00:52En revanche, nous n'avons pas à cette heure de bilan concernant la troisième salve de missiles tirés en provenance
00:59d'Iran vers le nord d'Israël.
01:01Ce qu'il faut rappeler, évidemment, c'est le contexte de ces frappes qui reprennent, donc des frappes iraniennes vers
01:06le nord d'Israël
01:08puisque Téhéran avait affirmé qu'en cas de frappes israéliennes sur la banlieue sud de Beyrouth, alors les frappes iraniennes
01:14reprendraient.
01:15Et c'est donc ce qui s'est passé aujourd'hui puisque l'armée israélienne a choisi de frapper la
01:20banlieue sud de Beyrouth.
01:22Il y a donc eu une réplique de la part de Téhéran comme annoncé lors des derniers jours.
01:27Conséquence directe et première conséquence concrète de ces frappes iraniennes,
01:31ce sont les écoles ici dans tout le pays, dans l'ensemble du pays, qui fermeront dès demain matin en
01:38Israël.
01:38La suite maintenant, puisque c'est la question qui va se poser pour Israël, est-ce qu'Israël va reprendre
01:44et choisir de riposter face à ces frappes iraniennes ?
01:47De hauts responsables politiques israéliens affirment auprès de médias ici qu'Israël va riposter dans les prochaines heures ou les
01:54prochains jours.
01:55Le ministre israélien de la Sécurité nationale, Benvir, affirme même que Téhéran doit brûler cette nuit. Ce sont ses mots.
02:02Milan Argelas en direct de Tel Aviv avec Morgane Dumont.
02:06Et pour reprendre ce que vous disiez Milan, on apprend à l'instant des sources israéliennes qui disent à CNN
02:11que Israël prépare une riposte puissante.
02:13On y reviendra aux tirs de missiles balistiques iraniens.
02:17Pour m'accompagner ce soir, le lieutenant-colonel Guillaume Ancelella.
02:20Bonsoir.
02:21Ravi de vous retrouver. Ancien officier écrivain, auteur du site d'Information Ne Pas Subir.
02:25Et puis Anthony Dabila est là aussi chercheur associé à l'Institut d'études de stratégie et de défense à
02:29Lyon.
02:30Trois-Jean Moulin, spécialiste des relations internationales.
02:32David Kalfa, et là aussi merci David d'être là, co-directeur de l'Observatoire Afrique du Nord Moyen-Orient
02:37de la Fondation Jean Jaurès.
02:40Lieutenant-colonel Guillaume Ancel, c'est l'Iran qui redéclenche la guerre ce soir ou c'est Israël qui avait
02:45déjà préparé le terrain ?
02:46En fait, depuis le début, Netanyahou fait de son mieux pour faire dérailler les négociations entre les États-Unis et
02:54les gardiens de la révolution en Iran.
02:56Et les gardiens de la révolution, qui, je le rappelle, sont un instrument de l'Iran, eux font de leur
03:03mieux pour agresser Israël tous les jours,
03:05alors qu'ils savent pertinemment qu'ils n'ont pas les moyens de les mettre en difficulté.
03:08Donc on est dans un jeu, je dirais, assez cynique et sordide entre Netanyahou, qui sait très bien qu'en
03:15agissant de manière trop puissante contre le Liban,
03:19risque de redéclencher les hostilités de l'Iran, et l'Iran qui agite le Hezbollah au quotidien.
03:24Donc il y a un cessez-le-feu qui n'est jamais respecté.
03:27Mais là, c'est la première fois quand même que des missiles balistiques sont tirés à nouveau depuis le 8
03:31avril.
03:31C'est la première fois aussi, depuis fin mai, que Netanyahou non seulement bombarde le Sud-Liban, mais ça c
03:37'est tous les jours.
03:38Bombarde tir, ça c'est un peu moins quotidien, et surtout bombarde la banlieue de Beyrouth.
03:44La banlieue sud de Beyrouth.
03:45Alors que les Iraniens avaient mis une ligne rouge en disant, en Beyrouth, on n'y touche plus.
03:49Ce que j'ai vu des frappes, je n'en ai vu qu'une, c'est que les frappes pour
03:53une fois étaient relativement ciblées.
03:55Ils n'ont pas fait exploser des immeubles complets, mais ils ont vraiment touché des appartements.
03:59Les frappes israéliennes sur la banlieue sud de Beyrouth.
04:02On voit bien qu'ils cherchaient à, cette fois, tuer une ou quelques personnes.
04:06Pas à détruire un ensemble d'immeubles comme ils avaient fait précédemment à Beyrouth.
04:10Par contre, les Iraniens, évidemment, veulent réassocier complètement le conflit au Liban avec celui en Iran.
04:17Là où Donald Trump fait plutôt le contraire, en expliquant que c'est deux conflits séparés,
04:22qu'en gros, Netanyahou a le droit de continuer sa guerre au Liban contre le Hezbollah,
04:27alors que lui voudrait, prétend qu'il est sur le point de trouver un accord avec les Iraniens.
04:31On va y revenir.
04:32Je vois Thierry Arnaud qui est là.
04:33Merci, cher Thierry, d'être avec nous, qui n'est pas forcément d'accord avec la dernière partie de votre
04:37développement.
04:37Mais on y reviendra.
04:39Accueillons Nicolas Tenzer à distance.
04:41Merci, Nicolas, d'être là.
04:42À l'instant, on l'apprend, les gardiens de la Révolution nous disent que ces représailles contre Israël sont un
04:47avertissement.
04:49Voilà ce que disent ces gardiens de la Révolution.
04:51Est-ce que vous le voyez aussi comme ça, ces trois salves de missiles balistiques qui ont été tirés ce
04:56soir ?
04:57Alors, ça veut dire, je crois, plusieurs choses.
04:59D'abord, effectivement, l'Iran veut toujours démontrer qu'il a des moyens à sa disposition, y compris pour frapper
05:04Israël.
05:05Il veut montrer aussi, ce que l'on sait évidemment depuis le début, que malgré tout, le dôme de fer
05:09n'est pas à 100% efficace, surtout contre des missiles balistiques.
05:14Ça, je crois que c'est la première réalité.
05:16La deuxième réalité, c'est que l'Iran, qui n'a pas nécessairement très envie de conclure tout de suite
05:22un accord de paix,
05:23qui a plutôt envie en fait de faire durer le jeu, finalement est une sorte d'allié objectif.
05:28Je rejoins là ce que disait Guillaume Ancel à l'instant, je dirais, de Netanyahou.
05:33C'est-à-dire que vous avez effectivement un jeu des deux qui ne veulent absolument pas arrêter, je dirais,
05:39la guerre,
05:40ou en tout cas pas qu'il y ait de cesser le feu d'une manière ou d'une autre.
05:43Et donc, Netanyahou continue évidemment son opération sur le Liban.
05:46Et le Hezbollah, et donc l'Iran, parce qu'en fait le Hezbollah n'est jamais avec le bras armé
05:50de Téhéran,
05:51décide de son côté que finalement, on va prendre Israël au mot et on va continuer.
05:56Donc je crois que c'est ça qui est particulièrement dangereux.
05:59Et peut-être un troisième élément aujourd'hui, c'est qu'Israël essaye de montrer que finalement,
06:05il veut le montrer à la fois à sa population, mais aussi à Trump, avec lequel il s'oppose sur
06:10d'autres sujets,
06:11qu'il faut aller beaucoup plus loin dans l'opération contre l'Iran pour être complètement en sécurité.
06:18Et donc c'est en quelque sorte aussi un message qui est envoyé moins aux Iraniens qu'à sa population
06:23et qu'aux États-Unis.
06:25David Kalfa, quel est le message envoyé à la fois aux Iraniens quand on voit les déclarations israéliennes ?
06:30À savoir là, on se prépare à une riposte puissante, c'est ce que nous disent des sources israéliennes à
06:34CNN et aux États-Unis.
06:36Est-ce qu'Israël peut reprendre en premier cette guerre ?
06:39C'est l'ambition des Israéliens.
06:41Enfin, c'est des frappes contre le nord du pays qui peuvent difficilement laisser les Israéliens sans réponse pour une
06:47raison assez simple.
06:48C'est qu'en fait, il y a un élément de contexte qui nous manque ici.
06:51C'est que le Hezbollah, malgré les menaces émises par Netanyahou et consorts, a frappé les villes frontalières du nord
07:00du pays.
07:00Donc, le nord d'Israël, ce qui a déclenché cette frappe chirurgicale contre deux appartements au sein du quartier qu
07:09'on appelle Daryeh,
07:10qui est le QG, le quartier général du Hezbollah.
07:12C'est vraiment le bastion historique du Hezbollah.
07:15C'est une notoriété publique.
07:17Il y a eu des sortes de commandements de terroristes dans le quartier de Daryeh à Beyrouth.
07:20C'est ça.
07:20Ce qui est intéressant, si vous voulez, c'est qu'en réalité, ce qui change la donne, pour moi, c
07:25'est surtout les frappes iraniennes.
07:28Pourquoi ? Parce que, jusqu'à présent, les Iraniens avaient augmenté leur riposte, leur capacité de représailles,
07:35en frappant les alliés arabes des États-Unis dans la région, donc les pays du Golfe, principalement.
07:39Encore le Koweït, dernièrement, on en parlait hier.
07:41Tout à fait ça.
07:42Là, ils frappent Israël, qui est vraiment l'allié stratégique des États-Unis.
07:46Donc, le message est adressé à la fois à Jérusalem et à Washington.
07:51Et il est limpide.
07:53Toute frappe contre l'axe dit de la résistance.
07:57Parce que les Iraniens, ce régime, voient vraiment ces théâtres comme constituant un seul théâtre de guerre.
08:04Ils ne les distinguent pas.
08:06Et en l'occurrence, le Liban, pour lui, c'est une carte maîtresse dans la négociation avec les Américains.
08:10Donc là, il abat cette carte, parce qu'il veut obtenir un levier face aux Américains.
08:15Donc, il augmente la pression militaire.
08:18Et ce qui est intéressant, c'est que pour la première fois, Trump a donné à Netanyahou le feu vert
08:22pour cette frappe contre le QG du Hezbollah à Dakhir, donc ce quartier de Beyrouth.
08:28Là, c'est vraiment un changement qui n'est pas de l'ordre tactique, mais qui est vraiment de l
08:32'ordre stratégique.
08:32Et je pense qu'il faut élargir la focale.
08:34Parce que la réalité, c'est que si on assiste à une escalade aujourd'hui, c'est parce que les
08:39négociations irano-américaines sont dans l'impasse.
08:41Et on le sait, depuis plusieurs semaines.
08:44Votre analyse, Anthony Dabila, alors qu'on apprend aussi qu'Iran ferme partiellement son espace aérien dans l'ouest du
08:49pays.
08:50Tout à fait. L'Iran cherche à rétablir la balance, tout simplement.
08:55Le Ghezbollah est en grande difficulté.
08:57L'armée israélienne a occupé la forteresse de Beaufort.
09:00Et puis, des villages au nord de cette forteresse n'est plus qu'à 3 ou 4 kilomètres de Nabatye,
09:05qu'il n'a pas occupé depuis pratiquement 1982.
09:08C'était en dehors de la zone d'occupation de 1985.
09:11Donc, Israël est très haut dans la zone sud du Liban, qui est principalement chiite et qui est le fief
09:21du Hezbollah.
09:24Cela fait suite aux frappes, et c'est revendiqué comme tel par les gardiens de la Révolution dans leur déclaration
09:30ce soir,
09:30suite aux frappes sur Tire et sur Nabatye, comme le disait Guillaume.
09:35Et donc, on voit bien que là, il y a eu franchissement de lignes rouges du point de vue de
09:42l'Iran.
09:42Et que c'est aussi que le Hezbollah est peut-être en train d'être irrémédiablement affaibli.
09:48Non pas au point d'être défait, mais de commencer à pouvoir entrevoir une solution où c'est l'État
09:53libanais.
09:53Oui, parce qu'il n'est pas mis à terre non plus.
09:54Non, pas du tout. Mais il est très affaibli.
09:57Très affaibli.
09:57Et ce n'est pas un signal de sérénité qu'envoie l'Iran ce soir.
10:01C'est plutôt un SOS envers le Hezbollah.
10:07Je ne parlerai pas de défaite encore ce soir, mais il y a vraiment quelque chose de sérieux.
10:11Les avancées de l'armée israélienne sont en train de mettre en difficulté le Hezbollah.
10:15Et le but, ce n'est pas de vaincre le Hezbollah, c'est de l'affaiblir suffisamment pour que l
10:20'État libanais, l'armée libanaise puisse prendre le relais.
10:23Il y a vraiment une fenêtre d'opportunité politique qui est peut-être en train d'être saisie.
10:26Et si l'Iran agit ce soir, c'est qu'il y a matière à agir.
10:30Alors avant qu'on parte tout de suite en Iran, David Calfa, vous voyez comme un SOS là ?
10:34Oui, j'ai une toute petite nuance quand même, parce que quand même le Hezbollah pose des problèmes aux Israéliens.
10:38Je pense qu'ils ont sous-estimé en partie la capacité de résilience de la milice pro-Iran, notamment avec
10:44ces fameux drones à fibre optique qui occasionnent des dommages considérables.
10:48Et il y a quasiment chaque semaine des soldats israéliens qui sont tués sur le champ de bataille.
10:53Mais oui, en effet, il y a un affaiblissement structurel de la milice qui opère désormais beaucoup plus comme une
10:58guérillaque, comme un mouvement militaire, en tout cas semi-conventionnel.
11:03Et c'est ce qui, par ailleurs aussi, je pense qu'il faut regarder, si on voit ce qui se
11:07passe, toute cette séquence qui se déroule, c'est impressionnant ces images.
11:12Mais n'oublions pas que ce qui aujourd'hui bloque la négociation entre Iraniens et Américains, c'est la question
11:16du déjà les avoir.
11:18En fait, et donc la dimension des avoirs iraniens gelés, on parle de 12 à 24 milliards, 12 milliards tout
11:25de suite, 24 dans un second temps.
11:27Alors tout ça a l'air d'être une espèce de bataille de chiffonniers.
11:30La réalité, c'est que ça a une dimension stratégique.
11:32Pourquoi ? Parce que cette guerre, elle a l'air d'être derrière nous, là, ce soir, de moins en
11:36moins, malheureusement.
11:37Mais aujourd'hui, il y a une bataille des récits entre Iraniens et Américains.
11:41Il faut que chacun essaye de montrer, vis-à-vis de sa propre base, que cette guerre, il l'a
11:47gagnée.
11:47Et les Iraniens ont besoin de ce dégel pour obtenir une concession immédiate, irréversible de la part des Américains,
11:53pour montrer justement qu'ils, non seulement ils ont survécu, mais que par ailleurs, ils ont gagné cette guerre.
11:58Je vous donne la parole tout de suite, parce qu'on doit rejoindre Siavosh Ghazi, qui est à Téhéran.
12:02Merci Siavosh d'être en direct avec nous.
12:05On a appris beaucoup de choses, beaucoup de réactions.
12:07Racontez-nous ce que nous disent les gardiens de la Révolution et les autorités iraniennes ce soir.
12:14Depuis cet après-midi, les avertissements, le pont était plutôt guérié.
12:20Les avertissements se multipliaient.
12:21Selon les médias iraniens et les gardiens de la Révolution, quatre vagues de missiles ont été lancées contre Israël.
12:28Lors de la dernière vague, il y a eu dix missiles balistiques qui ont visé, notamment la base aérienne de
12:37Ramat David,
12:38qui est située à 20 kilomètres au sud de Haïfa.
12:41La ville de Haïfa a également été visée, de même que d'autres villes au centre d'Israël.
12:47Les gardiens de la Révolution ont affirmé que si jamais Israël ripostait, il y aura une attaque encore plus dure
12:53contre Israël.
12:55Et si Israël continuait ses frappes contre Beyrouth, il y aura également des frappes encore plus dures.
13:01Et si les États-Unis intervenaient dans ce conflit, toutes les bases américaines seront de nouveau visées par les gardiens
13:08de la Révolution.
13:08Donc un ton très dur de la part de Téhéran.
13:11Depuis plusieurs semaines, l'Iran avait mis en garde Israël contre la guerre qui a été menée contre le Hezbollah
13:17et les populations chiites
13:19à la faute dans la partie sud du Liban, mais aussi dans Beyrouth, dans les quartiers sud de Beyrouth, où
13:27il y a des populations chiites.
13:29Et donc aujourd'hui, ça a été la goutte, l'attaque d'aujourd'hui contre la banlieue sud de Beyrouth
13:35a été la goutte qui a fait déborder l'eau vache.
13:37On a vu passer dans le ciel de Téhéran, mais aussi d'autres villes, ces missiles qui allaient vers Israël,
13:44et des scènes de liesse dans les rues de Téhéran, mais aussi des villes de province,
13:49et des gens qui sont rassemblés depuis maintenant plus de 90 jours, jusqu'à 2h, 3h du matin,
13:56lancer des slogans pour demander que l'Iran porte le dernier coup, le coup fatal à l'ennemi.
14:04Et donc des scènes de liesse qu'on a vues, qui sont diffusées en permanence par la télévision iranienne.
14:09Sia Vojghazi, en direct de Téhéran, merci à vous Thierry Arnaud.
14:12On voit que le président Donald Trump s'exprime.
14:15C'est à la fois Barack Ravid, très bien informé, qui nous dit ça.
14:17C'est à la fois Fox News aussi, puisqu'il révèle à Fox News qu'il n'aurait pas,
14:21et ça c'est extrêmement important, valider les frappes israéliennes sur Beyrouth, notamment.
14:25Oui, mais trois choses importantes dans les propos que tient le président américain ce soir.
14:29Un, effectivement, il dit qu'il n'a pas validé les frappes israéliennes.
14:33Deux, il appelle...
14:34Donc les frappes de ce dimanche, sur la banlieue sud, c'est ça ?
14:36Absolument, les frappes de l'Iran sur la banlieue sud.
14:38Deux, il dit à Fox News, ce que je suggère à l'Iran, c'est maintenant que vous avez tiré
14:45vos missiles,
14:45revenez à la table des négociations, ça suffit, vous avez fait passer votre message en substance.
14:50Donc maintenant, il faut se remettre à la table des négociations et à discuter.
14:54Et ce qu'il dit à Barack Ravid, ce journaliste d'Axios, c'est la chose suivante,
14:58je vais appeler Netanyahou tout de suite et lui dire de ne pas riposter.
15:03Tout ça dans un contexte où il faut le rappeler, c'est important,
15:05il y a eu cette conversation très tendue il y a quelques jours
15:07entre le Premier ministre israélien et le Président américain,
15:10où Donald Trump a dit à Bibi Netanyahou qu'il était complètement cinglé
15:15et il l'a dit dans un langage encore un peu plus fleuri.
15:19Donc le ton est monté très haut entre le Président américain et le Premier ministre israélien.
15:23Ça fait un moment maintenant que...
15:24Oui, ce n'est pas la première fois, j'allais vous dire.
15:26Oui, mais là, quand même, le Président américain a reconnu qu'il avait employé ces mots
15:29qui sont quand même très forts.
15:32une injure en le traitant, encore une fois, de fou, quoi.
15:36Et en y mettant les formes, si j'ose dire.
15:40Donc ça veut dire que, du point de vue de Donald Trump,
15:43il y a deux choses qui sont importantes ce soir et qui se confirment.
15:45Un, il ne veut surtout pas que ça dégénère.
15:48Et il le dit sur tous les tons et à tous les interlocuteurs
15:51qu'il a au cours des dernières minutes maintenant.
15:53Et deux, il considère que le risque majeur, et ce n'est pas nouveau,
15:56c'est ce que disait cette conversation très tendue avec le Premier ministre israélien,
16:00le risque majeur, c'est que, eh bien, le Premier ministre israélien riposte ce soir
16:04et engage, finalement, force les États-Unis, les entraîne dans l'escalade
16:09dont Donald Trump ne veut surtout pas.
16:12C'est vrai qu'on s'est souvent posé la question, Guillaume Ancel,
16:15à savoir, est-ce qu'Israël pourrait reprendre cette guerre en premier ?
16:17Là, quand on voit aussi même les déclarations de Ben Vier,
16:19qui est vraiment à droite de l'extrême droite,
16:22qui dit, cette nuit, Téhéran doit brûler.
16:23Il y a vraiment une volonté de reprendre du côté israélien cette guerre.
16:27Oui, très clairement.
16:28Et comme l'a indiqué Thierry, ça va exactement à l'encontre
16:31de ce que veut faire Donald Trump,
16:32qui, lui, veut sortir de cette guerre contre l'Iran.
16:35Et c'est pour ça, d'ailleurs, qu'il aimerait dissocier l'affaire du Liban de l'Iran
16:39pour pouvoir trouver un accord plus facilement
16:41quand les Iraliens ne veulent pas en entendre parler
16:43parce qu'ils savent que si jamais ils font ça,
16:45alors là, ils ont perdu le Hezbollah.
16:46Hezbollah qui est déjà isolé du fait de la chute de la Syrie.
16:49Parce qu'aujourd'hui, géographiquement,
16:52il n'y a plus de lien direct entre l'Iran et le Hezbollah.
16:56Donc, si la guerre s'arrêtait, se retrouverait totalement isolée
16:59et effectivement face à une armée libanaise
17:02qui pourrait être tentée à un moment de reprendre enfin le pouvoir.
17:05Mais ce qui est certain, c'est que vendredi,
17:08Donald Trump disait à la chaîne NBC News
17:12« J'aimerais qu'Israël lance des attaques
17:15beaucoup plus chirurgicales contre le Hezbollah ».
17:17Donc, c'était une critique à peine voilée
17:19de la manière de faire de Netanyahou,
17:20de dire « On va arrêter avec les dévastations,
17:22les bombardements relatifs. »
17:34Ce qu'ils ont fait dimanche.
17:37Et quand on dit « Vous savez, on va frapper un QG »,
17:39pardon, mais un QG, c'est une pièce.
17:41C'est un peu comme si on disait « Pour nous tuer,
17:42il suffit de détruire cette pièce ».
17:44Ce qui est important, c'est les personnes qui sont à l'intérieur.
17:46Et ça, Donald Trump, en tout cas ses conseillers militaires,
17:49ils font bien la différence entre frapper des chefs du Hezbollah,
17:52c'est la guerre,
17:53et puis détruire des immeubles entiers.
17:55Les chefs du Hezbollah, ils vont s'installer dans l'immeuble d'à côté.
17:57Alors, Siavoch Gazi, nous parlait de scènes de Liès à Téhéran.
18:02Regardez cette image,
18:03cette image qui nous est parvenue il y a quelques minutes,
18:06du côté de Téhéran avec ses drapeaux
18:09et ses scènes dont nous parlait Siavoch.
18:12Que pouvez-vous nous dire, David Kalfa, sur ces images ?
18:15On a bien mesuré, tout au long de cette guerre,
18:17la partie propagande.
18:18On sait que ce n'est pas l'intégralité, bien évidemment,
18:21de cette population qui se réjouit de ces frappes.
18:24Non, non, la rupture entre le régime
18:26et la société iranienne, je dirais, elle est consommée.
18:28Donc ça, c'est une mise en scène du régime.
18:30Il y a une base sociale qui continue à soutenir le régime.
18:34Il ne faut pas non plus la sous-estimer,
18:35mais c'est très loin, si vous voulez,
18:37de représenter l'ensemble de la population iranienne
18:40qui déteste rien moins que ce régime
18:43et qui espérait, au fond, que cette guerre mène à sa chute,
18:47ce qui n'est évidemment pas le cas.
18:49Je pense qu'il faut aussi comprendre
18:52pourquoi les Iraniens ont frappé Israël aujourd'hui,
18:55parce qu'il y a une espèce de renversement
18:58totalement vertigéneux dans la stratégie iranienne.
19:01Les mandataires du régime iranien,
19:03donc ces milices islamistes sunnites et chiites,
19:05Hamas, du Hamas au djihad islamique,
19:07en passant par le Hezbollah,
19:10avaient pour, si vous voulez, l'objet,
19:12si vous voulez, la constitution,
19:14la création de ce réseau de miliciens,
19:16de ce réseau milicien,
19:17c'était vraiment de créer un glacis défensif.
19:20Si vous voulez, c'est la profondeur stratégique
19:22du régime iranien au Levant.
19:24Et donc, ces proxys, ces mandataires,
19:26ils servaient à protéger,
19:28à sanctuariser le territoire iranien.
19:31Donc c'était eux qui, justement, jouaient ce rôle.
19:33Aujourd'hui, c'est le régime iranien,
19:36c'est l'Iran qui vient à la rescousse
19:37de ces proxys.
19:38Donc il y a un renversement stratégique.
19:40C'est un échec de cette stratégie
19:42qui a été bâtie pendant plusieurs décennies
19:44et qui, encore une fois,
19:45visait à sanctuariser le territoire iranien.
19:48Parce qu'encore une fois,
19:49pour le régime iranien,
19:50le Hezbollah, ce n'est pas seulement un allié.
19:53C'est beaucoup plus que ça.
19:56Aujourd'hui, c'est sa profondeur stratégique au Levant
19:59et c'est une composante essentielle
20:01de ce que le régime appelle l'unité des fronts.
20:04Donc l'unité des fronts, encore une fois,
20:05c'est ce réseau très dense.
20:07Et donc, si vous frappez l'un de ces fronts,
20:09eh bien, désormais, c'est Téhéran qui riposte
20:12et plus seulement ses mandataires.
20:14Allez, on va partir tout de suite aux États-Unis.
20:16Oui, Thierry ?
20:17Oui, je voudrais juste remettre dans le contexte
20:19les cris de joie à Téhéran
20:20que l'on affiche en bas de l'écran
20:22de ceux qui nous regardent.
20:23Je pense qu'on ne peut pas dire
20:24que tous les Iraniens sont en train de descendre
20:25dans la rue pour manifester leur joie.
20:27Non, bien sûr, c'est ce qu'on vient de dire à l'instant.
20:28Parce qu'il y a des missiles
20:30qui sont partis vers Israël.
20:32Donc, il y a évidemment beaucoup de...
20:34C'est ce que David nous disait, très bien.
20:35Il y a évidemment beaucoup de propagande là-dedans
20:38et il faut replacer ça dans ce contexte-là aussi.
20:41Allez, on va repartir aux États-Unis.
20:43Vous retrouvez ce soir, Antoine Lard.
20:45Pourquoi ?
20:45Puisque Donald Trump prend la parole
20:48et s'explique sur ce qu'il s'est passé,
20:50à savoir ces tir iraniens sur Israël.
20:52Mais il dit aussi beaucoup de choses
20:54de la façon de faire israélienne ce soir.
21:00Oui, en fait, Donald Trump s'exprime
21:01notamment auprès du journaliste d'Axios,
21:04Barack Ravid, qu'il le connaît bien.
21:06Et ce que l'on peut retenir avant tout,
21:08c'est que Donald Trump n'a pas du tout
21:10envie d'une escalade.
21:11Et le président américain, ce soir,
21:13cherche à tout prix à calmer la situation.
21:15D'abord, il indique qu'il va appeler
21:17Benjamin Netanyahou
21:18pour lui demander de ne pas riposter.
21:21Est-ce qu'il va réussir à le faire ?
21:22On verra.
21:23Parce qu'il y a le sentiment à la Maison-Blanche
21:25que Netanyahou est devenu un petit peu incontrôlable.
21:27En tout cas, on voit que Donald Trump
21:28veut jouer un peu les pompiers.
21:30Il minimise aussi ce qui s'est passé
21:32en disant, je le cite,
21:34que chacun a eu sa frappe,
21:36à la fois l'Iran aujourd'hui
21:37et Israël un peu plus tôt,
21:39avec ses frappes qui ont visé Beyrouth.
21:42Chacun d'eux s'est amusé, dit Donald Trump.
21:44Israël a eu sa frappe, l'Iran a eu sa frappe.
21:46Nous n'en avons pas besoin d'une autre.
21:48Ce que veut à tout prix éviter Donald Trump,
21:50c'est une reprise des hostilités.
21:51Et ça, on l'a bien compris, depuis plusieurs semaines,
21:53Donald Trump ne veut pas reprendre des frappes.
21:54Donald Trump veut un accord avec l'Iran.
21:57Et justement, il explique ce soir
21:59qu'on est tout près d'un accord.
22:00Ça, il le dit notamment à Fox News.
22:02Trump dit que l'accord pourrait être conclu
22:03en début ou milieu de semaine prochaine.
22:05Et il ne veut pas que ces échanges de tirs
22:08et une potentielle escalade
22:09viennent faire tout déraper,
22:11viennent faire dérailler la situation.
22:13Donald Trump n'a pas envie de reprendre les hostilités.
22:16C'est ce qu'il faut bien reprendre ce soir.
22:17Et il cherche vraiment à calmer la situation.
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