00:00Je l'entends cette femme quand elle dit que ce n'est pas de la faute de la famille qui
00:02ne l'a pas protégée,
00:03c'est de la faute de la justice.
00:04Et plus encore que la justice, c'est de la faute de l'État.
00:06C'est une défaillance de la classe politique en termes de moyens.
00:10On ne va pas revenir sur les chiffres, mais on le sait que la France est extrêmement mal lotie,
00:14dramatiquement mal lotie en termes de budget pour la justice.
00:17Et je pense que si on interroge des procureurs aujourd'hui,
00:20ça ne leur fait pas plaisir de travailler avec 150 dossiers comme les juges d'instruction par jour,
00:25à devoir traiter des dossiers par-dessus le bras,
00:28parce qu'ils n'ont pas le temps, parce qu'ils n'ont pas de moyens.
00:30Ça, c'est une première chose.
00:31La deuxième, c'est aussi ce que j'entends,
00:33c'est une perte de confiance dramatique des citoyens et des justiciables dans la justice.
00:38C'est flagrant, là.
00:39Évidemment, le désir de se faire faire justice à soi-même,
00:42ce que toute société de droit souhaite empêcher,
00:46puisque l'objectif d'une justice, c'est qu'elle inspire suffisamment confiance à ses citoyens
00:49pour qu'on s'en remette à elle.
00:51Aujourd'hui, on se rend bien compte, et je me rends compte moi-même sur le terrain,
00:55que la justice n'a plus le moyen de ses ambitions.
00:57Aujourd'hui, elle n'a plus le moyen, et c'est vrai.
01:00Ça me fait mal de le dire, étant moi-même auxiliaire de justice,
01:03mais d'être témoin tous les jours d'une défaillance grave de la défense des enfants,
01:08alors de tout le monde, des femmes, des adultes,
01:11mais a fortiori des enfants, dans ces dossiers du périscolaire notamment.
01:15Leur parole est entendue mal.
01:17Quand elle est entendue, elle l'est tardivement.
01:19Elle est mal retranscrite.
01:20Elle n'est pas crue.
01:23Et effectivement, beaucoup de choses dans ce dossier, de ce qu'on en voit,
01:26auraient pu en tout cas être prises à temps pour éviter cet enchaînement dramatique.
Commentaires