- il y a 23 heures
Le conflit en Ukraine semble entrer dans une nouvelle phase. Les Russes ont perdu 280 km2 depuis le début de l'année et les Ukrainiens sont parvenus à frapper au coeur de Saint Pétersbourg. Sur le front diplomatique, Volodymyr Zelenski vient d'adresser à Vladimir Poutine une lettre pour l'inviter à négocier en tête à tête dans un pays tiers. Les Européens et l'Ukraine peuvent-ils forcer Moscou à la paix ? Ici l'Europe ouvre le débat avec les eurodéputés Christophe Gomart (France, PPE) et Daniel Freund (Allemagne, les Verts).
Première partie : Caroline de Camaret reçoit José Manuel Albares ministre des Affaires étrangères espagnol, pour évoquer l'actualité internationale.
Deuxième partie : Caroline de Camaret et Thibault Henocque reçoivent les eurodéputés Christophe Gomart (France, PPE) et Daniel Freund (Allemagne, les Verts) pour un débat consacré à la guerre en Ukraine.
Ici, l'Europe
Chaque semaine, LCP Assemblée nationale, Public Sénat et France24 vous plongent au coeur des questions qui secouent l'Europe : Covid-19, questions migratoires, « Green deal », Brexit ou encore souveraineté digitale. Quel avenir pour l'Union et ses 450 millions d'habitants ? Une demi-heure d'information pour mieux comprendre les enjeux européens.
Première partie : Caroline de Camaret reçoit José Manuel Albares ministre des Affaires étrangères espagnol, pour évoquer l'actualité internationale.
Deuxième partie : Caroline de Camaret et Thibault Henocque reçoivent les eurodéputés Christophe Gomart (France, PPE) et Daniel Freund (Allemagne, les Verts) pour un débat consacré à la guerre en Ukraine.
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00:00France 24, LCP, Public Sénat présente.
00:16Bonjour à tous et merci de nous rejoindre pour ici l'Europe sur France 24 et les chaînes parlementaires.
00:21L'été européen sera chaud, on le sent bien au plan des températures mais aussi des relations internationales.
00:28Nous allons consacrer d'ailleurs notre débat entier dans la deuxième partie à l'Ukraine.
00:33Mais pour commencer, nous recevons le chef de la diplomatie d'un pays méditerranéen, l'Espagne, et ses 50 millions
00:40d'habitants.
00:41Bonjour José Manuel Albares.
00:43Bonjour.
00:43Vous êtes le ministre des Affaires étrangères du gouvernement socialiste de Pedro Sanchez. Merci d'être avec nous.
00:50Alors si vous le voulez bien, on commence par un sujet qui vous préoccupe beaucoup d'ailleurs en Espagne, le
00:54conflit au Moyen-Orient.
00:55L'Union européenne intensifie sa pression sur Israël en préparant des sanctions à l'encontre des ministres
01:00accusés d'inciter à encourager les violations de droits de l'homme, dont le ministre de la Sécurité nationale en
01:06exercice d'extrême droite.
01:07Donc, est-ce que c'est nécessaire ? Est-ce que c'est suffisant ?
01:11Je pense que c'est nécessaire, certainement.
01:13On doit envoyer un message fort à l'Israël et dire à l'Israël que, bien évidemment, nous soutenons l
01:18'existence de l'État d'Israël,
01:19qu'Israël a le droit à un État en paix et en sécurité, mais qu'exactement le même droit à
01:24un État en paix et en sécurité
01:26à les peuples palestiniens et les peuples libanais.
01:29Et que lorsqu'on est en démocratie, et c'est pour cela que nous avons cet accord d'association qui
01:34se base,
01:35comme dit l'article 2, sur le respect des droits de l'homme,
01:37la démocratie respecte les droits de l'homme, la démocratie respecte les droits internationaux.
01:42Et que tant que cette violence perpétuelle sans fin continuera,
01:48un désregard complet du droit international et des droits de l'homme va continuer,
01:52l'Europe ne peut pas avoir la même relation avec l'Israël.
01:56L'accord d'association avec Israël de l'Union européenne, vous êtes pour le suspendre.
02:02Vous l'avez demandé en avril dernier avec la Slovénie et l'Irlande,
02:06mais parmi les 27, il y a des États, notamment l'Allemagne, qui s'y opposent fermement.
02:10Nous ne pouvons pas continuer comme cela.
02:13On doit aussi dire à l'Israël qu'on ne va pas se résoudre à accepter qu'il n'y
02:19a que la guerre
02:20comme façon d'avoir une relation entre l'Israël et les autres peuples du Moyen-Orient.
02:24Il doit y avoir une coexistence pacifique qui garantit la sécurité de tout le monde.
02:31Et deuxièmement, nous devons donner une réponse aussi à nos opinions publiques
02:36qui nous demandent de faire tout ce qui est dans notre pouvoir.
02:40Il y a une partie de l'accord qui peut être suspendu par l'unanimité,
02:44mais une autre par la majorité qualifiée.
02:45Alors je dis, allons vers les votes, vérifiant s'il y a une majorité qualifiée,
02:51par exemple pour la partie commerciale.
02:52Alors monsieur le ministre, comme toutes les semaines,
02:54nous vous proposons tout de suite un condensé de l'actualité européenne.
02:58C'est l'Europe en bref avec Anne-Lime Bottin.
03:04L'Europe veut reprendre le contrôle de son avenir technologique.
03:08Face à sa forte dépendance aux fournisseurs étrangers,
03:10Bruxelles dévoile un nouveau paquet législatif dans les domaines des semi-conducteurs,
03:15de l'intelligence artificielle, de l'informatique en nuage ou cloud et de logiciels libres.
03:20L'objectif, devenir un continent de l'IA tout en garantissant sa souveraineté face aux géants de la tech.
03:25Une préférence dans les achats publics basée sur son sol est au programme,
03:29ce qui pourrait toutefois raviver les tensions avec Washington.
03:33Après des mois de négociations à la suite d'élections serrées,
03:36la première ministre danoise, Mette Frederiksen,
03:39a enfin présenté son nouveau gouvernement avec une particularité.
03:44Pour la première fois dans l'histoire du Danemark,
03:47il y a désormais plus de femmes que d'hommes dans le gouvernement.
03:51Promettant plus de pouvoir d'achat aux familles,
03:54le gouvernement, pourtant dirigé par une socialiste,
03:57veut une politique migratoire des plus strictes.
04:00Le premier ministre hongrois veut tourner la page Orban.
04:04Peter Modior était à Paris après des visites à Varsovie, Berlin ou encore Bruxelles,
04:09où il a obtenu le dégel de 16,4 milliards d'euros de fonds européens
04:13en échange d'efforts pour restaurer l'état de droit.
04:15Le dirigeant s'est aussi dit prêt à rencontrer Volodymyr Zelensky
04:19afin de trouver un accord sur la minorité hongroise d'Ukraine
04:22et ne plus s'opposer à l'adhésion du pays à l'Union Européenne.
04:28Alors, José Manuel Albarès, chef de la diplomatie espagnole.
04:31L'Ukraine, au lendemain de tirs de missiles et de drones qui ont fait 23 morts,
04:37les drones ukrainiens ont eux touché la ville de Saint-Pétersbourg
04:40où se tenait le de Davos en quelque sorte pour les Russes et leurs alliés.
04:44Comment est-ce en train de tourner cette guerre ?
04:47Pour le moment, une guerre qui, d'après Vladimir Poutine, aurait dû prendre un week-end tout au plus 72
04:53heures,
04:53cela fait cinq ans que ça dure.
04:56On peut dire que la Russie est en train de perdre cette guerre.
05:00Ça devait être une guerre facile.
05:01En tout cas, peu importe la situation militaire, ce qu'on ne peut pas accepter en Europe,
05:06c'est qu'une guerre d'agression est une prime pour l'agresseur.
05:10On doit défendre l'indépendance, la démocratie et l'intégrité territoriale de l'Ukraine.
05:16Et par conséquent, nous, comme tous les autres Européens,
05:19nous sommes décidés à soutenir l'Ukraine pour qu'elle gagne non seulement la guerre,
05:24mais surtout qu'elle gagne la paix.
05:25Ouvrir un canal de discussion avec la Russie, comme le suggèrent d'ailleurs les Français,
05:30c'est une bonne idée ?
05:31La vraie question, c'est pour parler de quoi exactement ?
05:34J'aimerais bien, j'aimerais bien qu'il y ait une table de négociation.
05:37J'aimerais bien qu'il y ait un cesse de fait.
05:40Mais il y a un, la Russie, qui ne veut pas entendre parler.
05:43Le président Zelensky a mis sur la table un plan de paix à plusieurs reprises.
05:48Plusieurs médiataires ont essayé de ramener les Russes à la table
05:52et d'obtenir que ce soit un petit cesse de fait.
05:56Ils n'ont pas abouti.
05:58S'il y avait un vrai change pour avoir des pourparelles de paix,
06:02bien sûr, pourquoi pas ?
06:03Cette guerre, ni les Ukrainiens, ni les Européens, ni les institutions européennes l'ont voulue.
06:08C'est la guerre d'un seul homme.
06:10Alors pour moi, la vraie question, ce n'est pas autant parler ou pas à la Russie.
06:13Parler de quoi ? C'est ça qui est important.
06:15Parlons de l'OTAN.
06:16Avec cette visite surprise du secrétaire général Marc Rutteux,
06:20le 3 juin à Kiev,
06:22un drone russe est tombé sur l'un des États membres,
06:25en l'occurrence la Roumanie.
06:27Est-ce qu'on peut encore compter sur l'OTAN ?
06:29Est-ce que ces membres sont protégés ?
06:30Est-ce qu'ils vont être des victimes collatérales ?
06:32Vous connaissez bien ma position là-dessus.
06:35Je crois fermement à la relation transatlantique,
06:38d'un point de vue commercial, d'un point de vue de la sécurité.
06:40Elle est fondamentale.
06:42Nous voulons un OTAN fort.
06:44Mais en même temps, je suis complètement en faveur
06:46que de plus en plus,
06:47comme nos amis américains nous invitent depuis longtemps,
06:51les Européens, nous prenons la détente,
06:54la dissuasion,
06:54et notre propre sécurité dans nos mains de plus en plus.
06:58C'est pour ça que j'appelle à une armée européenne
07:01qui ne substituera pas les armées nationaux,
07:04mais qui pourrait garantir les menaces de l'Europe,
07:08la sécurité face aux menaces à l'échelle européenne.
07:10D'autant que les États-Unis de Trump,
07:12en effet, retirent 5 000 hommes d'Allemagne.
07:15Ils réduisent les forces conventionnelles,
07:17mais veulent renforcer la dissuasion nucléaire de l'OTAN,
07:20sur laquelle reposent les bombes nucléaires tactiques B61,
07:25qui sont stockées dans des dépôts en Europe.
07:28Et d'ailleurs, des Européens qui achètent toujours,
07:30pour cette raison même,
07:32des bombardiers américains.
07:33On n'est pas du tout indépendants,
07:36ni dans cette démarche d'indépendance.
07:38Nous sommes favorables à la préférence européenne graduelle.
07:42Nous pensons qu'autant que l'armée européenne,
07:44l'intégration de l'industrie de défense européenne est importante.
07:49Ça suppose une nouvelle régulation des programmes et des fonds européens.
07:53Et ça ne veut pas dire qu'on va être isolé ou renfermé.
07:56L'Espagne est favorable à la préférence graduelle européenne.
07:59Mais ce n'est pas pour autant qu'on n'a pas de relations
08:02au niveau de l'industrie de la défense avec le Royaume-Uline,
08:05la Norvège, ou même avec les États-Unis.
08:07Mais certainement, pour moi, il y a des choses qui sont fondamentales
08:11pour avoir même un pilier fort de l'OTAN européen,
08:16un pilier européen très très fort au sein de l'OTAN,
08:20une forme d'armée européenne qui ne substituera pas les armées nationaux
08:24et une intégration de l'industrie de défense européenne.
08:26Alors, parlons un peu de votre pays, l'Espagne.
08:28L'ancien ministre des Transports, homme de confiance du Premier ministre,
08:32Pedro Sánchez, est jugé pour corruption sur les marchés publics
08:35pendant la pandémie.
08:37Depuis mi-mai, le prédécesseur socialiste de, justement,
08:41Pedro Sánchez, José Luis Rodríguez Zapatero,
08:44est inculpé pour trafic d'influence.
08:48Ce Premier ministre espagnol, il semble touché par des procès
08:52dans son entourage, dans son parti.
08:54Est-ce qu'il est affaibli à l'intérieur de ce pays
08:57où il dispose d'ailleurs d'une majorité assez faible au Parlement ?
09:00Absolument pas.
09:01La preuve, c'est que nous avons un mécanisme
09:03qui est dans notre Constitution, qui est la motion de censure.
09:06Le président Sánchez l'a utilisé justement pour arriver au pouvoir
09:12contre la corruption du Parti populaire.
09:15Et il n'y a pas une majorité alternative à celle qui existe aujourd'hui.
09:20Et je pense que parmi beaucoup de raisons,
09:24c'est déjà qu'il n'y a pas un seul membre du gouvernement
09:26qui est affecté par aucun cas.
09:29Et deuxièmement, le président Sánchez réagit très différemment
09:33à comme c'était fait de le passer par les partis populaires.
09:36Il agit vite, il ne permet aucune tolérance pour la corruption.
09:42Et on laisse travailler tranquillement la justice.
09:44Alors, l'Union européenne a adopté une législation des plus fermes
09:48en matière d'immigration sous l'effet du durcissement des États membres,
09:52mais aussi d'une majorité alternative entre la droite du Parti populaire européen
09:57et l'extrême droite au Parlement européen,
10:00des centres de retour pour des migrants dans des pays tiers.
10:04Plusieurs États membres, l'Allemagne, le Danemark, les Pays-Bas, l'Autriche et la Grèce
10:07songent déjà à des partenariats avec Kazakhstan, Ouzbékistan, Rwanda.
10:12La France procrastine, mais vous vous y opposez en Espagne.
10:16Nous sommes fermement opposés parce que déjà nous considérons
10:20que ce n'est pas digne pour la dignité des migrants.
10:26Et toute politique migratoire doit avoir au centre le respect des droits de l'homme
10:31et de la dignité de chacun.
10:32Deuxièmement, je trouve que c'est très gênant pour nos partenaires.
10:35On les met dans des situations très, très difficiles.
10:37Et troisièmement, ce n'est pas efficace.
10:40C'est une idée qui est revenue plusieurs fois sur la table.
10:43Qu'est-ce qui est efficace ? Ce qui est efficace, c'est ce qui fait l'Espagne.
10:46Les chiffres officiels de l'Union européenne de Frontex
10:50montrent que la route migratoire dans laquelle il y a
10:55les plus grosses chutes des migrants irréguliers,
10:59c'est celle qui passe par l'Espagne,
11:00soit à travers l'Andalusie et la Méditerranée,
11:02soit à travers les îles Canaries.
11:03On chute jusqu'à 60%.
11:05Et nous, nous avons une politique migratoire
11:08qui se base sur trois volets.
11:10Un dialogue à très haut niveau avec nos partenaires,
11:13au lieu de les gêner avec des contrats de rétention
11:16et de les obliger à avoir des contrats comme ça.
11:21Deuxièmement, une coopération policière
11:23pour lutter avec acharnement
11:26contre les mafias qui trafiquent avec les êtres humains.
11:29Et un triplement, comme on a fait l'Espagne
11:31avec l'Afrique occidentale, de notre aide au développement
11:33pour offrir des voies à la jeunesse africaine,
11:37par exemple, dans le cas de nos voisins.
11:40Et ça augmente votre population d'ailleurs,
11:42qui est maintenant à 50 millions d'habitants.
11:44Nous avons la croissance la plus forte de l'Europe,
11:47qui double à celle de la France, par exemple,
11:49en ce moment,
11:50et qui nous permet aussi d'augmenter nos salaires,
11:54d'avoir un niveau d'emploi record
11:57de plus de 22 millions de personnes
11:59et d'avoir réduit de 40% les dernières années
12:03notre chiffre de chômage qui se trouve au-dessus des 10%.
12:06Alors, il est possible d'avoir une politique migratoire
12:08conforme avec les droits de l'homme
12:11et la dignité de chacun,
12:12de réduire les chiffres d'entrée de migration illégale,
12:16d'avoir la plus forte croissance de l'Europe
12:18et de continuer à faire croître notre population
12:21et notre économie.
12:22Parlons de notre voisinage, justement,
12:24avec un sommet Union européenne-Balkan
12:26qui se tenait le 5 juin à Thivato-Montédégro,
12:31prochain sur la liste des futurs, justement,
12:33pays candidats destinés à l'adhésion.
12:36Est-ce qu'il est urgent d'intégrer des pays
12:38qui ont des problèmes de corruption,
12:40voire de népotisme,
12:41dans un club européen,
12:42déjà très difficile à manœuvrer à 27 ?
12:45On le ressent bien.
12:46L'horizon de l'élargissement doit être là.
12:48Nous sommes favorables.
12:49Nous pensons que le destin final de tous ces pays,
12:52c'est d'être un jour dans l'Union européenne.
12:55Ça doit continuer à être basé sur les mérites,
12:57mais nous pouvons les aider,
12:59avec des projets d'infrastructures, par exemple.
13:01Une leçon que nous avons apprise
13:03de l'élargissement précédent,
13:05nous passons beaucoup de temps
13:06à discuter sur les technicités,
13:10la politique agricole commune
13:12ou les déficits que chaque pays doit en avoir.
13:15Nous devons faire autant sur nos valeurs
13:17et sur la démocratie.
13:19Fin de mai, Paris a appelé Bruxelles
13:21à renforcer ses défenses commerciales
13:23contre la Chine pour créer un nouvel outil
13:26luttant contre les distorsions de marché.
13:29L'Espagne figurait d'abord parmi les signataires
13:31avec l'Italie, les Pays-Bas et la Lituanie.
13:33Vous avez rétro-pédalé,
13:36monsieur le ministre.
13:37Vous êtes très réceptif, semble-t-il,
13:39à l'Espagne et aux investissements chinois,
13:41notamment dans le solaire, l'automobile.
13:43Les États-Unis eux-mêmes vous ont mis en garde
13:45en vous invitant à tenir la Chine
13:47à l'écart des secteurs critiques,
13:48les données, la défense, les télécommunications.
13:51Écoutez, nous sommes très clairs,
13:53la Chine doit s'ouvrir si elle ne veut pas
13:55que l'Europe se referme.
13:57Et nous devons avoir une relation commerciale,
13:59nous voulons avoir une relation commerciale,
14:01mais équilibrée.
14:02Que les mêmes règles s'appliquent
14:03d'un côté et de l'autre.
14:04Sur ça, nous sommes très clairs.
14:06Nous avons un dialogue avec la Chine
14:07qui n'est pas très différent
14:08de ceux qui ont d'autres pays de l'Union européenne,
14:11la France, l'Allemagne.
14:11Pedro Sánchez est très souvent en Chine.
14:13Il est allé quatre fois.
14:14Comme beaucoup d'autres présidents.
14:15Les présidents de la République française,
14:17les chanceliers allemands,
14:18la première ministre italienne
14:20ou les premiers ministres britanniques ou canadiens,
14:22même les présidents des États-Unis,
14:24s'est rendu très récemment.
14:25Alors, on ne fait pas quelque chose de différent
14:27que d'autres.
14:28Et nous avons ce dialogue avec la Chine
14:30pour des raisons.
14:32Un pourcentage immense de notre déficit commercial
14:35est avec la Chine.
14:36Il faut régler ces problèmes.
14:37Et deuxièmement, nous avons une politique étrangère globale.
14:40Et pour avoir une politique étrangère globale,
14:42pour lutter contre le changement climatique,
14:44pour vouloir la paix au Moyen-Orient, en Iran,
14:46nous devons parler avec les grandes puissances,
14:49y compris la Chine.
14:50On va les convaincre de rentrer plutôt
14:52dans le jeu des démocraties ?
14:53Ça, c'est à chaque peuple de décider.
14:55Mais certainement, on essaye de les ramener
14:59vers tout ce qui est paix mondiale,
15:01lutte contre le changement climatique
15:03et les grands accords multilatéraux.
15:05Justement, l'Union européenne se prépare
15:07à une saison des incendies en forêt
15:09en prépositionnant 800 pompiers
15:12dans des zones à risque.
15:13Et ça concerne votre pays, l'Espagne,
15:15mais aussi la Grèce et l'Italie.
15:17L'an dernier, ce mécanisme de solidarité
15:19avait été activé 18 fois par les États membres.
15:24C'est un record.
15:25Beaucoup nient en Europe désormais
15:27le changement climatique.
15:28alors qu'on vient de vivre une canicule
15:31particulièrement pesante.
15:34Est-ce que l'Europe est suffisamment adaptée
15:36et résiliente ?
15:38Ni les changements climatiques,
15:40ni une évidence scientifique
15:42est vraiment allée à l'encontre
15:44de quelque chose qui est existentiel
15:46pour l'humanité.
15:47Dans la Méditerranée,
15:48nous avons des plus en plus de faits,
15:50mais on retrouve aujourd'hui en Europe
15:52des faits dans des pays
15:53où c'était vraiment, vraiment
15:55quelque chose d'inconnu.
15:57Nous avons un mécanisme
15:58de protection civile européenne
16:00pour pouvoir faire face
16:01tous ensemble.
16:02Et nous voulons les faire
16:04de plus en plus robustes,
16:06de plus en plus performants.
16:07L'Espagne y participe.
16:09Parce que malheureusement,
16:10malheureusement,
16:11c'est quelque chose auquel
16:12nous sommes tous confrontés
16:14et nous devons tous faire face.
16:15En tant que chef de la diplomatie,
16:18pour terminer de l'Espagne,
16:20est-ce que vous avez un sentiment
16:21que l'Union européenne
16:23est entouré de pays
16:24de plus en plus autocratiques ?
16:26La démocratie est certainement menacée.
16:29Non seulement à l'extérieur de l'Europe,
16:31c'est pour ça qu'autant à l'extérieur
16:33voudrait voir un projet européen affaibli,
16:36parce que ça voudrait dire
16:37des États européens affaiblis et divisés,
16:39mais aussi la menace est interne.
16:42Les forces d'extrême droite
16:44menacent directement nos démocraties.
16:46Et là, nous, chacun,
16:48chacun d'entre nous,
16:49chaque citoyen,
16:50a son mot à dire
16:51pour être sûr que l'Europe
16:52reste un projet de démocratie,
16:55de paix et de prospérité.
16:57Merci à vous,
16:58Rosé-Emmanuel Albarès,
16:59d'avoir été en notre compagnie.
17:00Vous restez avec nous.
17:01Tout de suite,
17:02c'est la partie débat
17:02consacrée à l'Ukraine
17:04et le soutien de l'Union européenne
17:06à ce pays en guerre.
17:08C'est tout.
17:13Bienvenue pour notre débat de la semaine
17:15consacré aux dernières nouvelles
17:16du front ukrainien.
17:18Beaucoup de mouvements
17:19dans cette guerre
17:20qui concerne les Européens.
17:22Les Russes ont perdu
17:23280 km²
17:25depuis le début de l'année
17:26alors qu'ils progressaient
17:28en 2025.
17:29Les Ukrainiens sont parvenus
17:31à frapper au cœur
17:32de Saint-Pétersbourg
17:33où se tenait
17:34le forum économique
17:36des Amis du Kremlin.
17:38D'eau au mur,
17:39la Russie fait pleuvoir
17:40des drones
17:40et même des missiles balistiques
17:43sur l'Ukraine.
17:44Et sur le front diplomatique,
17:46le président ukrainien
17:47Volodymyr Zelensky
17:48vient d'adresser
17:49à Vladimir Poutine
17:50une lettre
17:51pour l'inviter
17:52à négocier
17:53en tête à tête
17:54dans un pays tiers,
17:55un plan de paix.
17:56Il propose
17:56un cessez-le-feu
17:57durant ces discussions.
17:59Réponse du Kremlin,
18:00Zelensky peut venir
18:01à tout moment
18:01rencontrer Poutine
18:02à Moscou.
18:04Alors comment les Européens
18:05peuvent-ils aider
18:06au mieux leurs alliés
18:07dans cette nouvelle phase
18:09l'UE et l'Ukraine ?
18:10Peuvent-elles forcer
18:11Moscou
18:12à la paix ?
18:13Pour en parler,
18:13deux invités
18:14aujourd'hui.
18:16Christophe Gomart,
18:17bonjour.
18:18Vous êtes ancien commandant
18:19des opérations spéciales
18:20puis directeur
18:21du renseignement militaire
18:22en France.
18:22Aujourd'hui député européen
18:23sous l'étiquette
18:24Les Républicains,
18:25ce qui correspond
18:26au Parti populaire européen
18:27dans l'hémicycle
18:28de Strasbourg.
18:29Et d'ailleurs,
18:29nous sommes avec vous
18:32depuis Bruxelles aussi
18:33en duplex.
18:34Daniel Freund,
18:34vous êtes au Parlement européen
18:35précisément,
18:37député allemand
18:38du groupe
18:38Les Verts.
18:40Alors Christophe Gomart,
18:41sur le plan militaire
18:42d'abord,
18:43la situation ukrainienne
18:44est-elle réellement
18:45meilleure que l'an dernier
18:47ou bien est-ce qu'on
18:48s'illusionne un peu ?
18:49Alors,
18:50elle est meilleure
18:50pour les Ukrainiens
18:51mais il ne faut pas
18:52s'illusionner non plus.
18:53C'est-à-dire que
18:54sur le plan militaire
18:55et sur le plan,
18:56j'allais dire,
18:56du front,
18:56le front bouge peu
18:58même si les Ukrainiens
18:59en effet reprennent
19:00un peu quelques kilomètres
19:01carrés
19:01mais ce qui en soit
19:02n'est quand même
19:03pas grand-chose.
19:04En revanche,
19:05ils lancent des drones
19:07et des missiles
19:08jusqu'au cœur
19:09de Saint-Pétersbourg
19:09puisqu'ils ont même
19:10détruit une frégate
19:12ou une corvette
19:12dans le port même
19:13de Saint-Pétersbourg.
19:14C'est-à-dire que
19:14c'est un fait.
19:16Alors,
19:16c'est un fait de guerre.
19:17Est-ce que ça changera
19:17le cours de la guerre ?
19:18Ça,
19:18je n'en suis pas certain.
19:19Pendant ce temps-là,
19:20les Russes profitent
19:21de l'absence
19:22de défense antiaérienne
19:24ukrainienne
19:24pour lancer
19:25des missiles balistiques
19:27hypersoniques
19:28qui vont entre
19:289000 ou 11000 km heure.
19:31C'est bien la preuve
19:32qu'aujourd'hui,
19:33on a une stabilisation
19:34du front.
19:34C'est d'où la démarche
19:35d'un vol de Mirzelinski
19:36d'inviter à négocier
19:38avec le président Poutine
19:39directement.
19:40C'est bien la preuve
19:40qu'on voit bien
19:41qu'on est arrivé à...
19:42Je vais dire,
19:43aucun des deux pays
19:44ne gagne
19:44et les deux pays
19:45ont l'impression
19:46qu'ils vont gagner.
19:47Et c'est là où,
19:47je pense,
19:49qu'on est dans une impasse
19:50finalement
19:51et la seule sortie,
19:52elle est diplomatique
19:52aujourd'hui
19:53puisque militairement
19:53parlant,
19:54personne ne gagne
19:54sur le terrain.
19:55Ça fait à peu près
19:564 ans qu'on est
19:57dans cette situation
19:58quand même
19:58où les deux pensent
19:59qu'ils vont gagner.
20:00Alors Daniel Freund,
20:01les Ukrainiens sont parvenus,
20:02ils n'empêchent,
20:03à toucher Saint-Pétersbourg
20:04avec des drones,
20:06ce qui fait désordre
20:07pour Poutine
20:07qui tient donc
20:09son forum économique
20:11avec ses alliés.
20:12C'est une humiliation
20:12pour vous ?
20:14Ça montre
20:15ce que l'Ukraine peut faire
20:17et on voit
20:18que ses capacités
20:19surtout d'agir
20:20avec les drones
20:21ont fortement augmenté
20:23encore ces derniers mois.
20:24C'est un bon signe
20:26pour l'Ukraine,
20:27je dirais.
20:28Mais comme mon collègue
20:29vient de dire,
20:30il y a des centaines
20:32de drones russes
20:33aussi qui arrivent
20:34en Ukraine,
20:34des missiles
20:36qui arrivent
20:38et ça fait des morts
20:40en Ukraine
20:41presque chaque nuit.
20:42donc je pense
20:45qu'on a tous intérêt
20:46à ce que cette guerre
20:47se termine
20:48et surtout
20:48que Poutine
20:50arrête
20:50de bombarder,
20:51d'attaquer
20:52l'Ukraine
20:53tous les jours.
20:55Christophe Gomart,
20:55parlant de ces missiles
20:57balistiques,
20:57vous y faisiez référence,
20:59très difficile
20:59à intercepter
21:00pour les Ukrainiens
21:02qui demandent
21:03l'aide des Américains
21:03et notamment
21:04ces fameux patriotes
21:05qui leur manquent,
21:06on a l'impression
21:07que l'Ukraine
21:08ne fait plus
21:08le plein d'armes,
21:09mais évidemment
21:09les Etats-Unis
21:10ont utilisé
21:11beaucoup de munitions
21:12dans le conflit
21:12en Iran,
21:13ça pose problème.
21:14Quel belligérant
21:14est en position
21:15favorable
21:16dans la course
21:17à l'armement ?
21:18C'est difficile
21:18de le dire
21:20parce que d'un côté
21:20les Russes
21:21qui étaient soutenus
21:22par l'Iran
21:24reçoivent
21:24beaucoup moins d'armes
21:25de l'Iran
21:25qui lui-même
21:26est obligé
21:29de se défendre
21:29face à l'attaque
21:31israélo-américaine.
21:34Les Ukrainiens
21:35eux-mêmes
21:35sont en peine
21:36puisque,
21:37comme vous venez
21:37de souligner,
21:38les Américains
21:38ne sont plus en mesure
21:39de leur livrer
21:39des patriotes.
21:40Donc on voit bien
21:41que finalement
21:42les deux sont presque
21:42à égalité
21:44dans le terme
21:44du soutien.
21:45Les Européens
21:46pourtant donnent
21:47de l'argent,
21:48beaucoup d'argent,
21:50mais cet argent
21:51est allé plus
21:52dans l'industrie
21:52de défense américaine
21:53qu'elle est allé
21:54dans l'industrie
21:54de défense européenne
21:55puisque 80%
21:56de cet argent
21:56a acheté de l'équipement
21:57en dehors de l'Europe
21:59même si les Européens
22:00sont tout à fait
22:01en mesure
22:01de construire
22:02et de fabriquer
22:03un suffisant
22:03de missiles anti-missiles.
22:05C'est le cas
22:06des Français
22:06avec le missile Mamba
22:08qui est un missile
22:09franco-italien.
22:10Donc oui,
22:10il y a des capacités
22:11mais nos industriels
22:12lorsqu'on leur pose
22:12des questions
22:13disent
22:13mais moi
22:13j'attends des commandes
22:14donc si vous me payez
22:15moi je fabrique
22:16beaucoup plus
22:17et je suis capable
22:17d'augmenter
22:18ma capacité de production.
22:20Alors Marco
22:20Di Rubio,
22:21Daniel Freund,
22:22le secrétaire
22:23d'état américain
22:24Marco Di Rubio
22:25a fait part
22:26de ses inquiétudes
22:27au sujet
22:27d'une potentielle
22:29escalade
22:29à la suite
22:30des frappes
22:30de drones
22:32à Saint-Pétersbourg
22:34sur la ville
22:35de Saint-Pétersbourg.
22:36À quel jeu
22:37joue l'Amérique
22:38de Trump ?
22:38Est-ce que c'est
22:39le même que le nôtre ?
22:40D'ailleurs,
22:40est-ce qu'elle délivre
22:40les bons messages
22:41et nous les Européens
22:42aussi ?
22:43Les Américains
22:44depuis
22:46Trump est revenu
22:47au pouvoir
22:48ne jouent pas
22:48le même jeu.
22:49On a vu
22:50tant et encore
22:51que Donald Trump
22:53semble plutôt être
22:54du côté russe
22:55et du côté
22:56de Vladimir Poutine
22:57que de défendre
22:59l'Ukraine
23:00et l'intérêt
23:00des Ukrainiens
23:01ou même
23:02des Européens.
23:03Les Américains
23:04ont arrêté
23:05toute aide financière.
23:07Aussi,
23:08l'aide militaire
23:09est quand même limitée.
23:11Ils ont permis
23:11un peu aux Européens
23:12d'acheter des armes
23:13américaines
23:14et donner aux Ukrainiens
23:15mais ils ne livrent plus
23:17de leur propre côté
23:18du support
23:19pour l'Ukraine.
23:21Et on a vu aussi
23:23dans ces,
23:23on ne peut même pas
23:24s'appeler
23:25des négociations
23:26mais quand Trump
23:26a invité Poutine
23:28à Alaska
23:30tout ça
23:31ce n'était pas
23:32dans l'intérêt
23:33des Ukrainiens
23:34et encore moins
23:35des Européens.
23:37Donc,
23:37dans toute cette affaire
23:39les Américains
23:40ne sont pas
23:41nos alliés proches.
23:42Alors parlons
23:43des négociations
23:44et de la diplomatie
23:45des négociations
23:46qui semblent au point mort
23:47depuis que les Etats-Unis
23:48regardent vers
23:49le Moyen-Orient.
23:51La chef de la diplomatie
23:52européenne
23:52Kaya Kalas
23:53le reconnaît.
23:54Écoutez.
23:55Dans les négociations
23:56de paix
23:56il ne se passe pas
23:57grand chose
23:58pour le moment
23:58et nous voyons
23:59également
23:59sur le champ
24:00de bataille
24:01que la Russie
24:02est en position
24:02de faiblesse.
24:03C'est pourquoi
24:04c'est vraiment
24:05le lieu
24:05pour débattre
24:06avec les ministres
24:07des affaires étrangères
24:08de nos intérêts
24:09fondamentaux,
24:10des demandes fondamentales
24:11que nous avons
24:12également
24:12à l'égard
24:13de la Russie.
24:14pour la Russie.
24:14Alors,
24:15s'il ne se passe pas
24:17grand chose
24:17comme le dit
24:18Kaya Kalas,
24:18l'Europe peut-elle
24:19un peu
24:20se considérer
24:21comme responsable
24:22puisque
24:23quels sont
24:24ses efforts
24:24diplomatiques
24:25et faut-il
24:26par exemple
24:27un négociateur
24:28européen ?
24:29Mon discours
24:29reste un peu
24:30le même
24:30depuis le début
24:31de ce conflit
24:31et je trouve
24:32que les Européens
24:33mentent aux Ukrainiens
24:34en réalité.
24:34On leur a donné
24:35beaucoup d'argent
24:36mais sans avoir
24:37une véritable stratégie
24:38c'est-à-dire
24:39qu'on leur donne
24:39de l'argent
24:40pour les soutenir
24:40et ça c'est très bien
24:42mais quelle est
24:43la perspective stratégique
24:44au-delà de ça ?
24:46Est-ce qu'on a poussé
24:47les feux ?
24:47Est-ce qu'on a cherché
24:48à rentrer en contact
24:49avec les Russes ?
24:50Non pas pour discuter
24:51avec eux
24:51mais pour négocier.
24:52Est-ce qu'on a cherché
24:53à inclure la Chine
24:54pour appuyer
24:55sur la Russie ?
24:57Donc je ne sais pas
24:58très bien
24:59j'entends ce que dit
25:00Kayakalas
25:00et de fait
25:01les Européens
25:02sont très absents
25:02et on regarde
25:03le match
25:04entre un Trump
25:05entre un Poutine
25:06entre un Xi Jinping
25:07et un Vladimir Zelensky
25:09qui est finalement
25:10un peu seul.
25:11D'ailleurs on le voit
25:12il fait le tour du monde
25:13il est allé même
25:14vendre ses drones
25:15aux Émirats Arabes Unis
25:16au Qatar
25:17et puis
25:18à l'Arabie Saoudite
25:19donc oui
25:20on est dans une espèce
25:21d'impasse diplomatique
25:22européenne
25:23ce que je regrette
25:24fortement
25:25on est dans un déni
25:26parce qu'on pense
25:27qu'en donnant simplement
25:28de l'argent
25:28on va réussir
25:30et les Ukrainiens
25:30vont gagner la guerre
25:31et on est dans un déni
25:32aussi parce qu'en fait
25:33on s'endette encore plus
25:34surtout je parle pour la France
25:35qui est largement endettée
25:36mais on continue à donner
25:37de l'argent
25:38beaucoup d'argent
25:38puisque la France
25:39sur les 90 milliards
25:40va donner 17 milliards d'euros
25:41sachant qu'on est à 3500 milliards
25:42d'euros de dettes
25:43donc c'est là où je pense
25:45que l'Europe doit se concentrer
25:46beaucoup plus
25:47et faire beaucoup plus d'efforts
25:48qu'elle n'en fait
25:48en tous les cas
25:49en termes diplomatiques.
25:50Alors Daniel Freune
25:50dans un apparent
25:51geste d'ouverture
25:52et avec un peu de malice
25:53les Moscous
25:55a suggéré
25:55l'ancien chancelier allemand
25:57Gerhard Schröder
25:59pour prendre la tête
26:00des négociations européennes
26:02on rappelle qu'elle a été
26:02rémunérée pendant des années
26:03par le géant russe
26:04Gazprom
26:05qu'est-ce que vous en pensez ?
26:06Je ne pense pas
26:07que c'est une bonne idée
26:09après moi
26:10je veux bien
26:11qu'il y ait des négociations
26:12mais pour avoir
26:13des négociations
26:14il faut aussi
26:15une certaine volonté
26:16de négocier
26:19et de respecter
26:20aussi les résultats
26:21de cette négociation
26:23et il y a eu
26:25des offertes
26:26de notre côté
26:28du côté ukrainien
26:29tant et encore
26:31ces dernières années
26:32et pour le moment
26:33on n'a juste
26:33tout simplement
26:34pas vu de volonté
26:36de la part
26:36de Vladimir Poutine
26:37de vraiment négocier
26:38d'arrêter
26:39de faire cette guerre
26:41illégale
26:41contre l'Ukraine
26:43d'envoyer
26:44ses drones
26:45et ses missiles
26:46chaque jour
26:47et c'est ça
26:48la fin
26:48ce qu'il faut
26:49c'est que lui
26:50il arrête
26:51de faire
26:52cette guerre
26:53illégale
26:54et sur le reste
26:55après
26:56on négocie
26:57mais il faut
26:58que ça soit
26:59une négociation
27:01ouverte
27:02et respectueuse
27:04et ça
27:05on ne le va pas
27:07pour le moment
27:07donc
27:08ce n'est pas
27:09la faute
27:09des Européens
27:10ce n'est pas
27:10la faute
27:10de ne pas avoir
27:11encore choisi
27:12le négociateur
27:14c'est que
27:14la volonté
27:15des Russes
27:16de négocier
27:17une paix
27:18pour l'Ukraine
27:19pour le moment
27:20ne semble pas
27:21être là
27:21du coup
27:22je suis tout à fait
27:23favorable
27:24qu'on envoie des signaux
27:25qu'on est ouvert
27:26qu'on propose
27:27mais quand les Russes
27:28n'acceptent pas
27:29ou disent
27:30voilà
27:31Zelensky
27:32il peut venir
27:33à Moscou
27:33quand il veut
27:35ça c'est pas
27:36une négociation
27:39franche
27:40oui c'était
27:40la réponse
27:40des Russes
27:41à cette offre
27:42du président
27:42Zelensky
27:43assez courageuse
27:43d'ailleurs
27:44de proposer
27:45des négociations
27:45en tête à tête
27:46avec Vladimir Poutine
27:47dans un pays neutre
27:48Suisse, Turquie
27:49ou monde arabe
27:51l'Union Européenne
27:52et les Etats-Unis
27:53doivent en faire partie
27:54ajoute-t-il
27:56effectivement
27:56est-ce que ça vous paraît
27:58réaliste ?
27:59depuis le début
28:00on sait que
28:01Vladimir Poutine
28:02ne veut pas
28:03d'une rencontre
28:03en tête à tête
28:03avec Zelensky
28:04à chaque fois
28:05il l'a refusé
28:05à chaque fois
28:06il s'est retiré
28:06au dernier moment
28:07donc c'est quelque chose
28:08dont il ne veut pas
28:09néanmoins
28:09au bout de
28:10quatre ans et demi
28:10de guerre
28:11c'est vrai
28:12qu'il serait bien
28:13qu'il aille à une table
28:14discuter
28:15dans un pays tiers
28:16évidemment
28:16Zelensky n'a pas
28:17allé à Moscou
28:18ou alors
28:18c'est allé à Canossa
28:19j'allais dire
28:20donc il n'est pas
28:21question de ça
28:21en revanche
28:22là où je rejoins
28:23mon collègue Freund
28:24c'est de dire que
28:25oui les Européens
28:27ont appuyé
28:27les Ukrainiens
28:28mais vous savez
28:29pour amener
28:30un Poutine à négocier
28:32comment fait-on ?
28:32Les sanctions
28:33n'ont rien changé
28:34en réalité
28:36seule la capacité
28:38à être craint militairement
28:39c'est dans ça
28:39où l'Europe
28:40doit se renforcer militairement
28:41c'est pour être craint
28:42car en diplomatie
28:44quand on est craint
28:45on est respecté
28:46sinon on devient
28:47la cible
28:48et on devient
28:48le pot de miel
28:49qu'on vient récupérer
28:50dans lequel on vient
28:50se servir
28:51et c'est en ça
28:52où les Européens
28:53doivent se renforcer
28:54et c'est pour ça
28:55que je milite moi
28:56pour avoir un véritable
28:57état-major de guerre
28:57européen
28:58je milite
28:59pour avoir un conseil
29:00de sécurité européen
29:01qui puisse en effet
29:02décider beaucoup plus vite
29:03qu'on ne le fait
29:04parce qu'à 27
29:05c'est toujours très difficile
29:06de s'entendre
29:07et il est nécessaire
29:08en effet de peser
29:09or l'Europe peut peser
29:10450 millions d'habitants
29:12avec un PIB international
29:14qui est quand même très lourd
29:15au regard de ce qui se passe
29:16dans le monde
29:17donc l'Europe peut peser
29:18est-ce qu'elle le veut ?
29:20C'est là où je me pose
29:21la question
29:22On a toujours envie
29:23de dire combien de divisions
29:24et surtout sont-elles
29:25coordonnées entre elles
29:26par un commandement européen
29:27on en est loin pour l'instant
29:28On en est loin
29:29parce qu'aujourd'hui
29:29on s'appuie sur l'OTAN
29:31mais on voit bien
29:32que les Américains
29:33se retirent petit à petit
29:34de l'OTAN
29:34Alors vous parlez de l'OTAN
29:35un autre événement
29:36marquant un drone russe
29:38est tombé le 29 mai
29:39sur la Roumanie
29:40pays membres de l'UE
29:41et de l'OTAN
29:42son président s'en inquiète
29:44Tous les efforts déployés
29:46depuis plusieurs années
29:47par l'état roumain
29:48et l'Europe
29:48sont tout à fait justifiés
29:50On ne peut pas se contenter
29:51de dire que nous sommes
29:52membres de l'OTAN
29:53et que nous n'avons plus besoin
29:55d'investir quoi que ce soit
29:56Il faut se préparer
29:57à faire face à une menace
29:58et ce que fait la Roumanie
30:00ce que fait l'Europe
30:01c'est la bonne chose à faire
30:03Voilà le front est
30:05Daniel Freund
30:05de plus en plus inquiet
30:07d'ailleurs avec beaucoup plus
30:08de discours pro-russe
30:10qui marque des points
30:12dans les pays de l'Est
30:13la Roumanie
30:14un pays de l'UE
30:15et de l'OTAN
30:16qui apparemment
30:16est assez mal protégé
30:18contre les drones
30:19Oui
30:19on voit que les drones
30:21jouent un rôle
30:22de plus en plus important
30:24dans ce conflit
30:26et en Europe
30:28on a manqué
30:29ce développement
30:30pendant des années
30:31Donc voilà
30:32un bon exemple
30:33où une forte collaboration
30:36européenne
30:37pouvait donner
30:38des avantages
30:39qu'on investit
30:40on fait la recherche
30:41ensemble
30:42pour les technologies
30:44autour des drones
30:45et évidemment
30:46il faut une défense commune
30:48contre les drones
30:49sur le front de l'Est
30:51européen
30:52Moi j'avais visité
30:53il y a quelques semaines
30:55le Aircom
30:56qu'on a ensemble
30:57pour la défense aérienne
31:00à Rammstein
31:01et voilà
31:03il y a plus à faire
31:04il y a plus à faire
31:05ensemble
31:06en tant qu'Européens
31:07plutôt que chaque pays
31:09pour lui-même
31:10ça c'est vraiment
31:11un problème
31:13à régler
31:13à l'échelle européenne
31:14plutôt qu'à l'échelle nationale
31:16Alors Christophe Gomarski
31:17a changé aussi
31:18ces dernières semaines
31:19en Europe
31:20c'est l'attitude de la Hongrie
31:21après l'ère Orban
31:22le nouveau premier ministre
31:23Peter Mogher
31:23a débloqué
31:24le prêt financier
31:2590 milliards
31:25il ne bloque plus
31:27l'adhésion
31:27de l'Ukraine à lieu
31:28il accepte de rencontrer
31:30Volodymyr Zelensky
31:31c'est une nouvelle page
31:32et c'est une bonne nouvelle
31:33Oui c'est une bonne nouvelle
31:35néanmoins je ne suis pas certain
31:37que les choses changent
31:38aussi rapidement que cela
31:39en dépit de ce que dit
31:40Peter Mogher
31:40qui va dans le bon sens
31:42de mon point de vue
31:42mais j'allais dire
31:44la Hongrie dépend
31:45énormément du gaz russe
31:46et à ce titre là
31:48je crains que
31:50la Hongrie continue
31:51à ne pas donner d'armes
31:52ni à ne pas vouloir
31:53trop soutenir
31:54l'Ukraine
31:55alors ça sera moins fort
31:57que Victor Orban
31:58évidemment
31:59mais en tous les cas
32:00la Hongrie est très rattachée
32:02sur le plan de l'énergie
32:04à la Russie
32:05et c'est en cela
32:06où je pense que
32:06la liberté d'action
32:08de Peter Mogher
32:08ne sera pas aussi aisée
32:10qu'on veut bien le croire
32:12dans le reste de l'Europe
32:13Vous êtes d'ailleurs
32:14peut-être sur la même ligne
32:15concernant l'adhésion pure
32:16de l'Ukraine
32:17au club européen
32:18Oui
32:18moi je suis
32:19pour un partenariat
32:20je ne suis pas pour que
32:21l'Ukraine rejoigne
32:22l'Union Européenne
32:24ça veut dire beaucoup
32:25pour l'agriculture française
32:26en particulier
32:27ça veut dire beaucoup
32:29également pour l'industrie
32:30de défense européenne
32:31Vous entendez
32:32Daniel Freund
32:33que Christophe Gomart
32:36une partie du PPE
32:37donc la droite
32:38de l'hémicycle
32:40mais aussi la droite
32:41et la gauche radicale
32:42sont franchement hostiles
32:43à l'adhésion de l'Ukraine
32:44à l'Union Européenne
32:45Votre chancelier
32:47chrétien démocrate
32:48Friedrich Schmerz
32:49a proposé une formule
32:50intermédiaire
32:51de membres associés
32:52sans voix au chapitre
32:54Est-ce qu'il faut vraiment
32:55une perspective
32:56d'adhésion claire
32:57à l'UE
32:58de ce pays
32:58l'Ukraine ?
32:59Oui je pense
33:01et le Parlement européen
33:02et une grande majorité ici
33:04sont très très clairs là-dessus
33:05les Ukrainiens se battent
33:08tous les jours
33:09pour avoir les mêmes libertés
33:11les mêmes droits
33:12les mêmes possibilités
33:14que nous on a
33:15au sein de l'Union Européenne
33:16ils ont demandé
33:17cette adhésion
33:18et on leur a dit
33:20qu'elle est là
33:21moi je suis très très très content
33:24qu'enfin
33:25le veto
33:26hongrois
33:27va disparaître
33:28maintenant
33:28et qu'on va enfin
33:30pouvoir commencer
33:31cette négociation
33:32avec l'ouverture
33:33du premier chapitre
33:35ça c'est vraiment
33:35une bonne nouvelle
33:36et je suis d'accord
33:38que la ligne hongroise
33:39n'a pas changé
33:40de 180 degrés
33:41mais déjà
33:42que les vétos
33:43disparaissent
33:44que déjà
33:45l'aide financière
33:46a pu partir
33:47et que maintenant
33:48les négociations
33:49sur l'adhésion
33:50peuvent vraiment commencer
33:51moi je trouve
33:52c'est des bons signaux
33:53et on est tous contents
33:55qu'il y a eu
33:56ce changement de gouvernement
33:57en hongrois
33:58qui nous permet ça
34:00Merci à vous
34:01d'avoir été très clairs
34:02sur ce débat
34:03c'est un véritable débat
34:05quand même
34:05sur l'Ukraine
34:06qui a lieu
34:07dans le club européen
34:08Merci à tous
34:09et bonne suite de programmes
34:10sur nos chaînes
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