00:03La terre, c'était le charbon, le ciel, c'était l'horizon, les hommes, les mineurs de fond.
00:22Nos fenêtres donnaient sur des fenêtres semblables, et mon père, il n'a plus émouillé mon cartable,
00:32mais mon père en rentrant avait les yeux si bleus que je voyais le ciel bleu.
00:38J'apprenais mes leçons, la joue contre son bras, je crois qu'il était fier de moi,
00:44il était généreux comme ceux du pays, et grâce, je lui dois ce que je suis.
00:53Au nord, c'était les corons, la terre, c'est le charbon, le ciel, c'était l'horizon,
01:11les hommes, les mineurs de fond.
01:18Et c'était mon enfance, et elle était heureuse, dans la fumée des lécesiveuses,
01:25et j'avais les terribles, à défaut de montagne, dans où je voyais la campagne.
01:31Mon père était gueule noir, comme l'étaient ses parents, ma mère avait les cheveux blancs.
01:38Ils étaient de la fausse, comme on est d'un pays, grâce à eux je sais qui je suis.
01:44Au nord, c'était les corons, la terre, c'était le charbon, le ciel, c'était l'horizon,
02:03les hommes, des mineurs de fond.
02:08Il y avait à la mairie, le jour de la kermesse, une photo de Jean Jaurès,
02:16et chaque verre de vin était un diamant rose, posé sur fond de silicose.
02:22Ils parlaient de 36 et des coups de grisou, des accidents du fond du trou.
02:28Ils s'aimaient leur métier, comme on aime un pays, c'est avec eux que j'ai compris.
02:37Allez, une dernière voix.
02:38Au nord, c'était les corons, la terre, c'était le charbon, le ciel, c'était l'horizon.
02:52Les hommes, des mineurs de fond.
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