- il y a 19 heures
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00:00DH Football Club, le décrassage.
00:11Salut à tous, bienvenue dans le DH Football Club pour un nouvel épisode du Décrassage spécial.
00:16Aujourd'hui, Histoire de Diable, le podcast qui vous fait revisiter toutes les Coupes du Monde des Diables.
00:21Et on s'intéresse aujourd'hui à 2018 avec un invité de Marc, Dédric Boyata.
00:25Salut Dédric.
00:26Salut John.
00:26On va tout de suite replonger, il y a huit ans en arrière, Dédric.
00:33Est-ce que tu te souviens de comment tu as appris que tu étais dans le groupe appelé à jouer
00:39cette Coupe du Monde ?
00:40Non, je me rappelle...
00:43Très vaguement, je me rappelle que j'étais en cours au Celtic à ce moment-là.
00:50Je ne me rappelle plus si on était encore en cours de saison ou pas.
00:53Mais je sais qu'il y avait un long moment d'attente parce que, bien sûr, c'est toujours un
00:58peu la question et l'espoir de si tu vas être sélectionné ou pas.
01:05Maintenant, exactement le contexte est comment ça a arrivé.
01:08T'es un peu stressé ou pas ?
01:10Je dirais que j'avais réellement envie d'être sélectionné.
01:14Mais maintenant, je n'avais aucune garantie.
01:16Donc, ce n'est pas du stress, c'est vraiment cette envie de vouloir y aller.
01:21Est-ce qu'avant le tournoi, on craint d'être blessé et de manquer ça parce que c'est quelque
01:26chose que tu avais vécu deux ans avant ?
01:29Quand on connaît mon histoire, c'est sûr, c'est la chose principale qui me passe par la tête.
01:34Bien sûr, on parle de la sélection, mais c'est de rester fit.
01:38Surtout quand tu arrives vers la fin de la saison avec le nombre de matchs que tu joues, c'est
01:43toujours la peur.
01:44C'est un peu ce qui m'est arrivé en 2016.
01:45Donc, c'est vraiment ce que je voulais éviter.
01:48Il y a une blessure qui va marquer la préparation, celle de Vincent Compagny contre le Portugal.
01:55C'est toi qui le remplaces.
01:56Quel souvenir tu regardes de cette rencontre-là ?
02:00J'ai joué contre le Portugal.
02:01Tu as joué contre le Portugal.
02:04Alors, je me rappelle.
02:05Ah, je suis rentré en fin de match.
02:07Tu es rentré à la place de Vincent.
02:07Oui, je suis rentré en fin de match.
02:11Je disais justement que j'espérais qu'on allait me rappeler certaines choses.
02:14Donc, c'est vrai que j'étais rentré contre le Portugal.
02:18J'ai peu de souvenirs par rapport à ce jour-là.
02:21Mais c'est vrai que pour moi, à chaque fois, être en sélection, c'était une chance.
02:25Et recevoir son opportunité, c'était encore mieux.
02:27Vous comprenez à ce moment-là que le début de Coupe du Monde de Vincent va être perturbé
02:33ou qu'il ne va pas jouer sur les premiers matchs ?
02:35Quand on l'apprend et qu'on comprend, en gros, qu'il y a une certaine durée dans sa blessure,
02:41bien sûr, quand on parle au point de vue collectif, c'est une perte.
02:47Et on s'imagine, on s'attend, on veut savoir quel est le diagnostic par rapport à sa blessure.
02:51Et maintenant, pour moi, bien sûr, c'est toujours la question de...
02:54Est-ce que je vais recevoir ma chance ?
02:57Est-ce qu'il y avait d'autres joueurs aussi ?
02:59Est-ce que d'autres joueurs sont choisis ou pas ?
03:02Et voilà.
03:03Mais c'est vrai que pour une Coupe du Monde, quand tu perds Vincent,
03:05tu te poses vraiment beaucoup de questions.
03:07C'est d'autant plus particulier qu'on connaît la relation qui vous unit.
03:12On connaît aussi son passif de blessure,
03:14parce que Vincent, c'est quelqu'un aussi qui a dû composer avec de nombreux pépins durant sa carrière.
03:19Le préparateur physique des Diables nous disait que, dès le début,
03:22Vincent dit « Ok, moi je serai fit pour les matchs qui comptent, entre guillemets,
03:26la deuxième partie du tournoi ».
03:27Oui, c'est ça.
03:29À partir du moment où le diagnostic tombe,
03:31tu sais que ça va durer un certain temps,
03:34mais que ça ne va pas forcément le mettre sur le côté pour la période du tournoi.
03:38Donc, il a un objectif.
03:40Et bien sûr, il reste d'essayer de pouvoir arriver jusqu'à ce moment.
03:47Et c'est vrai qu'à nouveau, Vincent, c'est une personne qui a eu beaucoup de blessures
03:52dans sa carrière de football,
03:54mais c'est une personne avec une forte détermination aussi.
03:57Donc, quand il dit qu'il va être retour à une certaine date,
04:00on sait que généralement, c'est le cas.
04:02Le départ pour la Russie,
04:05c'est à ce moment-là vraiment que tu te dis « Ok, la Coupe du Monde,
04:08elle commence et je vais disputer une Coupe du Monde ».
04:12Oui, parce qu'il y a les différents facteurs.
04:15Bien sûr, quand tu reçois tous les équipements,
04:20tu voyages, tu prends les bus,
04:22tu as l'avion avec le logo,
04:26tu as les noms sur les sièges.
04:27Je veux dire, par là, c'est toutes des petites choses
04:31qui te préparent à aller au tournoi,
04:33à l'arrivée en Russie.
04:35Là, tu sais que tu es dedans,
04:36tu participes et c'est le bonheur.
04:42Le bonheur même avant d'avoir réellement commencé.
04:45Parce que déjà là, il y a un objectif qui est atteint,
04:49qui est réussi, surtout pour moi personnellement.
04:52Et c'est le rêve.
04:53On sent vraiment à ce moment-là qu'on bascule dans une dimension
04:56que tu n'avais pas forcément connue avant ?
04:59Non, du tout.
05:00Je pense que la Coupe du Monde,
05:04c'est un tournoi prestige.
05:06Et tout l'engouement qu'il y a derrière le tournoi,
05:10tu ne peux pas réellement...
05:11Bien sûr, on l'a tous déjà vécu en tant que,
05:13je dirais, supporter ou jeune garçon,
05:15mais en tant qu'acteur principal,
05:18c'est différent.
05:19Et donc, quand tu te retrouves justement dans ce noyau
05:23et que tu y participes,
05:25c'est quelque chose de différent
05:26de ce que tu vis au quotidien dans ton club.
05:29Tu avais quoi, toi, comme souvenir,
05:31enfant, adolescent de la Coupe du Monde ?
05:33Ça représentait quoi pour toi ?
05:34Ça représente, je me rappelle,
05:37la finale 98 France-Brésil,
05:41le doublé de Zidane,
05:44le but annulé de la Belgique face au Brésil
05:46avec Marc Wilmot,
05:47ce que je me rappelle parce que j'étais en école primaire.
05:48Donc, c'est toutes des petites choses aussi
05:51qui m'ont marqué en tant que jeune.
05:54Mais après, il y a aussi, plus tard,
05:56avec les autres, donc les joueurs de ma génération
05:59qui ont participé à la Coupe du Monde 2014.
06:01Je pense que c'était au Brésil,
06:03si je ne me trompe pas,
06:05que j'avais suivi à distance aussi.
06:07Donc, c'était un objectif pour moi.
06:10Et à partir du moment où, justement,
06:12il y a des joueurs avec qui j'étais en jeune
06:13qui ont participé à ce tournoi,
06:15je me suis dit que je pouvais le faire aussi.
06:18Et pouvoir s'y retrouver justement tous ensemble
06:21en 2018, c'était juste superbe.
06:23Comment tu te prépares à ce premier match
06:25contre le Panama, sachant que Vincent est blessé ?
06:27Est-ce que Roberto Martinez te prend un part
06:29pour te dire,
06:30Lédric, on a confiance en toi,
06:31c'est toi qui vas jouer à la place de Vincent ?
06:33En fait, j'ai fait un déni dans ma tête
06:36dans le sens où je n'y croyais pas
06:40tant que je n'avais pas vu mon nom sur le papier.
06:43Donc, avec les matchs de préparation
06:45qui ont précédé,
06:47j'avais joué, je pense que c'était contre Costa Rica
06:50ou Égypte, où je ne me rappelle plus.
06:52Et bien sûr, je me trouve dans le 11 de basse
06:55parce que Thomas Vermaelen aussi avait sa blessure,
06:58son infection à l'orteil,
06:59donc qui est très bizarre.
07:03Mais bon, je me disais que jusqu'à la fin,
07:06il y allait possiblement où on allait.
07:08Je n'allais pas me retrouver dans le 11 de basse.
07:10Je pense que dans ma tête,
07:12j'ai essayé de me mettre le moins de pression possible
07:13en m'imaginant que ça n'allait pas être le cas.
07:16C'est quoi tu préférais envisager le pire
07:18pour être que surpris dans le bon sens ?
07:19Voilà, exactement.
07:20Dans le sens où, par rapport à la sélection,
07:23mon but a toujours été
07:25de pouvoir jouer le plus de matchs possible.
07:28Mais c'est vrai que par rapport à la concurrence,
07:29je savais aussi qu'il y avait des difficultés
07:32de pouvoir jouer tous les matchs.
07:33Et c'est vrai que sur ces situations-là,
07:35par rapport à la Coupe du Monde,
07:37je voyais les choses.
07:38C'était très clair.
07:39Moi, en même temps,
07:39à partir du moment où ça ne m'avait pas été directement,
07:44je préférais m'imaginer
07:47que ce n'était pas le cas.
07:49Et c'est sûr que quand mon nom était sur le papier,
07:54là, c'était plus que vrai.
07:56Il y a eu beaucoup de nervosité
07:58qui s'est quand même installée.
08:01Mais dans le noyau,
08:02on avait la chance quand même
08:03d'avoir un gars comme Thierry Henry
08:06parce que c'est une personne
08:07qui travaille beaucoup sur l'individuel
08:10et le personnel entre joueurs.
08:12Mais il est beaucoup dans le mental aussi.
08:13et j'avais une très, très bonne relation avec lui.
08:15Donc, il m'a beaucoup aidé.
08:17Il t'a pris à part
08:18une fois que Robert t'a donné la compo ?
08:19Non, non.
08:20Dans le sens où
08:21c'est même sur la préparation de la semaine.
08:22En gros, je veux dire,
08:23par là, c'est sur la préparation du match,
08:26sur les différentes choses
08:27qu'il fallait faire
08:29et surtout sur notre relation individuelle.
08:31Lorsqu'on me parlait,
08:32il me préparait indirectement
08:36à juste être qui je suis
08:38et jouer comme je l'ai toujours fait,
08:40sans devoir me mettre de pression.
08:41mais en même temps,
08:42sans réellement me dire que j'allais jouer.
08:44Et il le faisait très, très bien.
08:46Et c'est pour ça que...
08:48C'est vrai qu'on ne parle pas forcément beaucoup de lui,
08:50mais il a eu un très, très grand rôle
08:51pour beaucoup de joueurs.
08:53Du coup, quand tu vois la compo
08:55et que tu te vois au cœur de la défense,
08:58tu disais, c'est quoi ?
08:59C'est plus de la nervosité ?
09:01C'est-tu dire, ça y est,
09:01c'est un énorme moment dans ma carrière ?
09:03Comment tu vis ça ?
09:06Là, c'est le bonheur absolu.
09:10Mais maintenant, tu sais que derrière, il faut...
09:12C'est que le début.
09:14Ce n'est pas que c'est que le début,
09:15tu te dis déjà,
09:15il faut pouvoir bien performer, en fait.
09:17Parce qu'il y a une réalité qui est là,
09:19c'est qu'en sélection,
09:22par rapport à ma situation,
09:24tu as des joueurs
09:25qui évoluent dans des meilleurs clubs
09:30et qui sont, on va dire,
09:31entre guillemets,
09:32à un meilleur niveau que moi.
09:34Et la place que j'ai,
09:36ça reste une chance,
09:37mais une chance que tu ne peux pas
09:38juste prendre à la légère, en fait.
09:39Parce que si tu veux continuer
09:41ou si tu veux aller le plus loin possible,
09:45tu dois performer, en fait.
09:46Et donc, c'est à ce moment-là,
09:48c'est une chance, bien sûr,
09:49c'est le bonheur absolu.
09:50Il n'y a absolument rien à dire,
09:52mais en même temps,
09:53tu dois rentrer dedans, quoi.
09:54Tu l'as appris le jour du match ?
09:56C'était la veille du match, tu te souviens ?
09:57Je ne m'en rappelle plus.
09:59Je ne m'en rappelle plus.
10:00Mais je sais que la confirmation en elle-même,
10:02c'est le jour du match.
10:03Le jour du match,
10:06avant d'aller au stade,
10:07on a le fameux meeting avec Roberto
10:10et il met les noms en place sur le terrain.
10:14Maintenant, la confirmation en elle-même,
10:16c'est vrai que des fois,
10:17tu peux le voir sur les mises en place
10:19sur le terrain,
10:21pendant les jours qui précèdent.
10:23Mais à nouveau,
10:24je pense que j'étais un peu
10:26dans le déni total.
10:28Du coup, quand tu arrives au stade,
10:30tu as des souvenirs comme ça,
10:32tu as des images qui te reviennent,
10:33des bruits, des odeurs, des sensations.
10:35Oui, oui.
10:36On joue à Sochi
10:38et déjà le jour d'avant,
10:39on nous explique qu'il y a un niveau d'humidité
10:42qui est incroyable,
10:42qui faisait super chaud,
10:43super lourd,
10:44très difficile au niveau de la respiration.
10:47et ça, c'est ma phobie.
10:49Moi, quand tu regardes les parcours que j'ai faits,
10:52je ne vais que dans des endroits
10:53où il fait un peu froid,
10:54où il pleut.
10:55Dès qu'il fait un peu trop chaud,
10:57j'ai l'impression d'étouffer.
10:59Et je me rappelle,
11:02je repasse un peu,
11:04je me rappelle faire ces entraînements
11:06qui précédaient justement,
11:08où on faisait les coups de pied arrêtés,
11:09etc.
11:09où je me disais,
11:10si c'est comme ça demain,
11:11comment je vais faire ?
11:13Mais oui, l'humidité est sûre.
11:15Et bien sûr, le stade de Sochi,
11:16parce qu'on avait déjà été auparavant
11:18avec Martinez aussi,
11:20je pense qu'on avait joué contre la Russie,
11:21on avait fait 3-3.
11:22Et c'était un superbe stade.
11:23Donc, le stade était magnifique.
11:25Et l'entrée, en fait,
11:26je me rappelle de l'entrée sur le terrain,
11:28mais pas pour commencer le match,
11:31mais pour l'échauffement.
11:32Où on se retrouve tous dans le couloir,
11:36l'un côté de l'autre.
11:37Et là, tu dis, c'est bon,
11:39ça commence.
11:41Tu disais que tu avais un peu de mal
11:43à respirer quand il fait chaud,
11:46quand il fait humide.
11:47La première mi-temps a été aussi irrespirable
11:48parce que vous jouez contre une équipe du Panama
11:49qui est très regroupée.
11:51Après, tout est à la pause.
11:53Il y a encore 0-0.
11:54Il y a un peu de stress.
11:55Il y a un peu de tension quand même.
11:56Je pense que ce qui était quand même une force,
12:01c'est qu'on avait beaucoup de patience.
12:02Donc, on avait...
12:04C'est vrai que notre manière de jouer
12:06ne changeait pas forcément.
12:07Après, toutes les années qu'on a passées avec Martinez,
12:10on était assez rodés sur...
12:12Il y avait beaucoup de maturité dans cette équipe.
12:13Il y avait beaucoup de maturité.
12:14Et on savait qu'à un certain moment,
12:18il fallait simplement débloquer le score.
12:20Maintenant, la plupart du temps,
12:22quand on joue,
12:23on joue contre face à des équipes
12:24qui sont regroupées.
12:26Donc, ça demande beaucoup de patience.
12:27Ça demande beaucoup de réflexion
12:30dans notre jeu.
12:31et c'est vrai que cette équipe de Panama
12:33qui était regroupée
12:34était aussi forte physiquement.
12:36Donc, le plus important,
12:38c'était de rester concentré.
12:39Et à partir du moment où on ouvre le score,
12:42c'est notre avantage.
12:44Tu te souviens de la fin du match ?
12:46C'est le sentiment du devoir accompli ?
12:47Qu'est-ce qui te passe par la tête
12:49à ce moment-là ?
12:51Là, je me mets à genoux.
12:52Déjà, je remercie le Seigneur.
12:53Je remercie.
12:54En fait, là, tu passes en revue
12:57toutes les difficultés
12:58par lesquelles tu es passé.
13:01Et c'est vrai que juste un match pareil,
13:03ça te permet d'oublier le tout.
13:06Et c'est sur 90 minutes.
13:08Donc, juste cette sensation-là
13:11de pouvoir se dire
13:15que tu as accompli quelque chose,
13:16un rêve de jeune enfant.
13:19C'est magnifique.
13:21Et donc, je me rappelle en tout cas
13:24mettre à genoux, ça c'est sûr,
13:25avec des crampes, je pense,
13:26si je me rappelle bien.
13:29Je me mets à genoux.
13:30Je remercie le Seigneur.
13:31Je remercie par rapport
13:34à toutes les difficultés
13:35par lesquelles j'ai eu
13:36de pouvoir me retrouver là
13:37et surtout que ça se soit bien passé.
13:40Ton maillot, tu l'as gardé ?
13:42Oui, je les ai tous.
13:44Quoique j'en ai donné un récemment,
13:46un petit garçon,
13:47justement le deuxième maillot de Panama.
13:49Mais sinon, j'ai toujours le premier.
13:50Par rapport à la Coupe du Monde,
13:51j'ai gardé tous mes maillots.
13:53Tu n'en as pas échangé ?
13:56J'ai échangé avec...
13:59Généralement, moi, les maillots,
14:00je les change avec les joueurs
14:01que je connais.
14:03Donc, j'ai échangé avec Kieran Trippier,
14:08dont je sors de l'académie de Manchester City.
14:12Et c'est tout,
14:13parce que sinon, dans le parcours,
14:14je ne me rappelle plus trop,
14:16mais je n'ai pas vu d'autres personnes.
14:18Il y a ce deuxième match ensuite
14:19qui arrive contre la Tunisie.
14:20Vous imposez 5-2 aussi.
14:22On voit une énorme force de frappe
14:24offensivement.
14:25C'est le moment aussi où, déjà,
14:26après deux matchs,
14:27vous êtes qualifié.
14:28C'est vrai qu'il y a une grosse impression
14:29dans le jeu de facilité.
14:31À nouveau, c'est ça.
14:33Tu joues face à une équipe de Tunisie
14:34qui doit se poser des questions.
14:36Est-ce qu'on va se regrouper ?
14:37Est-ce qu'on essaie d'ouvrir un peu plus ?
14:39Et eux, ils ont essayé
14:40de presser un peu plus.
14:41Et ça a donné, justement,
14:42beaucoup plus d'ouverture
14:43pour nos joueurs offensifs
14:45de pouvoir s'introduire
14:48et de marquer.
14:50Je me rappelle que Thomas Thomas
14:51a fait un très bon match.
14:53Romelu, Eden, je pense.
14:56Michy aussi, Marc,
14:57si je ne me trompe pas.
14:59En tout cas, on a montré
15:00notre force offensive.
15:02Et ça a confirmé un peu, déjà,
15:04les attentes par rapport à l'équipe
15:06avant la Coupe du Monde.
15:10Et c'est vrai que, pour nous,
15:11on sait qu'en gagnant ce match-là,
15:14on est d'office qualifié.
15:15Donc, déjà, après deux matchs,
15:16tu as cet objectif qui est atteint.
15:18Et du coup, arrive ce troisième match
15:20un peu bizarre contre l'Angleterre.
15:21Parce qu'en préparant ce podcast,
15:23je me suis souvenu
15:24qu'il y a un peu une dimension de calcul.
15:26C'était un match, finalement,
15:27si défaite il y avait,
15:28mais ce n'était pas forcément embêtant.
15:30Tu te souviens un petit peu
15:32de l'ambiance autour de cette rencontre ?
15:33Oui, il y avait deux groupes.
15:37Si tu perdais,
15:38tu te retrouvais dans un groupe
15:39qui était plus ou moins...
15:39Enfin, du côté un peu moins fort,
15:42on va dire, sur papier,
15:44plus abordable.
15:44Et puis, de l'autre côté,
15:45tu tombais face au Brésil, je pense.
15:47Enfin, le côté du Brésil.
15:51On en a parlé récemment
15:52et avec Thomas aussi.
15:55Et la réalité, c'est que...
15:56Bien sûr, tu vois le tableau
15:59et tu sais ce qui est évident
16:01et ce qui ne l'est pas.
16:03Maintenant, Thomas disait
16:05qu'il avait l'impression
16:05que l'Angleterre n'avait pas forcément joué.
16:08Moi, je n'avais pas forcément
16:09cette impression-là.
16:10Mais de l'autre côté,
16:10ce qui est vrai,
16:12c'est que le troisième match,
16:13on est qualifié.
16:14Après le deuxième match,
16:15on est qualifié.
16:15Donc, tu arrives au troisième match
16:17et Roberto décide
16:18de faire certains changements.
16:19Donc, je pense qu'il y a
16:21Adnan qui jouait
16:22et il y a De Donker
16:23qui jouait aussi.
16:25Michy aussi,
16:26qui était titulaire,
16:26si je ne me trompe pas.
16:28Donc, à la fin,
16:28tu as ces joueurs
16:30qui se retrouvent sur le terrain
16:31et bien sûr,
16:33c'est ce que je disais.
16:35Tu joues un match
16:35de la Coupe du Monde,
16:36tu as envie de le jouer à fond.
16:38C'est ce que tu ne peux pas
16:38te dire.
16:39Tu vas jouer sur un terrain
16:40et tu ne vas pas le jouer à fond.
16:41Donc, voilà.
16:43Et même pour moi,
16:44parce que bien sûr,
16:45je sais que derrière,
16:45il y a Vincent qui arrive
16:47et en aucun cas,
16:50le coach,
16:50il va venir chez nous
16:51et nous dire
16:51ok,
16:52levez le pied
16:54et perdez.
16:55Il ne va pas dire ça.
16:57Maintenant,
16:57c'est vrai que c'était
16:58dans la tête de certains joueurs.
16:59Tu sais que si tu perds,
17:00ce n'est pas dramatique.
17:01tu sais que si tu perds,
17:01ce n'est pas dramatique.
17:03Mais voilà,
17:04moi,
17:04personnellement,
17:05je sais que je jouais
17:06le match à fond.
17:06Maintenant,
17:07je pense que pour la plupart
17:08des personnes,
17:09c'était le cas.
17:10C'était plus ou moins
17:11le cas.
17:12Et en fait,
17:13je ne vois pas comment
17:14tu le ferais différemment
17:16tu vois ce que je veux dire.
17:17Je ne comprendrais pas
17:18comment.
17:18Je ne verrais pas le coach
17:19nous dire,
17:20enfin,
17:20rentrer dans le vestiaire
17:21et dire,
17:22voilà,
17:22on levait le pied
17:23et perdait ce match.
17:25Pourtant,
17:25Thomas,
17:25c'est ce qu'il disait.
17:26Il disait peut-être
17:26qu'on aurait dû le faire,
17:27mais bon,
17:28voilà.
17:28c'est fait.
17:29C'est fait.
17:30Il y a le retour de Vincent
17:31aussi qui se précise
17:33à ce moment-là
17:34du tournoi.
17:35Tu le vois remonter
17:36en puissance
17:37et tu sens aussi
17:38que finalement,
17:39indirectement,
17:39s'il revient,
17:40toi,
17:40tu vas retourner sur le banc ?
17:41Ben oui,
17:42c'est ce que je disais,
17:44c'est que finalement,
17:45pour moi,
17:45c'était une opportunité.
17:48Bien sûr,
17:48avant la Coupe du Monde,
17:49est-ce qu'on me voyait
17:50titulaire ?
17:51Non.
17:51Est-ce que même
17:52on me voyait en sélection,
17:53c'était le point d'interrogation.
17:54Donc,
17:55à la fin,
17:55je m'y retrouve
17:56et j'ai la chance
17:56de jouer les trois premiers matchs,
17:57ce qui se passe très très bien.
17:59Alors,
17:59bien sûr,
17:59il y a la suite
18:00et la suite,
18:00c'est Vincent est de retour.
18:03Dans quel état physique est-il ?
18:05Tu vois,
18:05c'est souvent un peu les questions,
18:06mais Vincent fait partie
18:09de la phase qualicative
18:10avec l'équipe
18:11et bien sûr,
18:12c'est le plus gros plié
18:14ou un des plus gros pliés
18:16de l'équipe.
18:16Donc,
18:17c'est tout à fait normal
18:17qu'il puisse revenir
18:19dans le noyau.
18:20Donc,
18:20je le ressens.
18:23Maintenant,
18:23la réalité,
18:24c'est que
18:25quand tu regardes
18:26l'état d'esprit
18:26dans lequel j'étais,
18:27ce n'est pas comme
18:28quand tu es en club
18:29et que tu as envie
18:29de jouer tous les matchs.
18:31Là,
18:31il y a un objectif
18:32qui est précis,
18:32c'est d'essayer
18:33de gagner cette Coupe du Monde
18:36et c'est d'essayer
18:37de mettre
18:38entre guillemets
18:38l'effectif
18:40le plus fort
18:40sur le terrain.
18:41Donc,
18:42j'accepte.
18:43Ce n'est pas comme si,
18:44même si je n'acceptais pas,
18:45ça n'allait rien changer du tout.
18:46Mais ce que je veux dire par là,
18:47c'est que
18:48tu vois ce qui arrive.
18:51Tout en te sentant prêt aussi
18:53parce qu'il revient de blessure,
18:54on connaît son passif,
18:56dit aussi dans ta tête,
18:57il faut encore
18:57que je continue à être prêt
18:58parce qu'à n'importe quel moment,
18:59finalement,
19:00je pourrais jouer
19:00si Vincent rechute.
19:01Mais bien sûr,
19:02à ce moment-là,
19:03ça ne veut pas dire
19:04que la Coupe du Monde est finie,
19:04c'est juste que
19:05maintenant,
19:06j'ai joué mon rôle
19:08et maintenant,
19:09tu dois attendre
19:10et tu restes prêt
19:10au cas où
19:12quelque chose d'autre arrive.
19:13Tu es sur le banc
19:14sur ce match
19:15contre le Japon
19:16qui est très particulier,
19:170-0 à la mi-temps,
19:18il y a beaucoup de tensions.
19:20Puis là,
19:20il se produit l'impensable,
19:21il marque
19:22deux buts en quatre minutes.
19:25Comment tu sens l'équipe
19:26à ce moment-là ?
19:29Honnêtement,
19:31ce serait faux de dire
19:32qu'il n'y a pas eu
19:34un moment de nervosité.
19:36Bien sûr,
19:36il y a eu beaucoup
19:37de nervosité,
19:38même tu te demandes
19:39si c'est fini,
19:40tu te demandes
19:41est-ce qu'on va réellement
19:42réussir à s'en sortir ou pas.
19:45Maintenant,
19:46dans le foot,
19:47il faut aussi de la chance
19:48parce que clairement,
19:50quand on voit
19:51le but de Yann,
19:53c'est un but chanceux
19:54qui tombe très très bien
19:55mais qui nous redonne
19:56justement ce petit momentum
19:58parce qu'à nouveau,
19:59le Japon,
20:00ils avaient été dangereux aussi
20:01même avant d'avoir marqué
20:03les deux goals.
20:03Donc,
20:05on sentait une équipe
20:06qui prenait en confiance
20:09et c'est comme ça
20:09qu'ils ont marqué
20:10leurs deux goals
20:10et donc par après,
20:12on marque ce but chanceux
20:14qui nous remet dans le match
20:15et qui nous redonne
20:16ce momentum-là.
20:18Tu as eu peur
20:19que ça s'arrête
20:19quand ils mènent 2-0 ?
20:20Bien sûr,
20:21je pense qu'on est
20:22à la 60e minute,
20:23tu as le premier
20:23et juste après,
20:24tu as la 52e.
20:25La 52e,
20:26voilà.
20:26Donc,
20:27à la 52e minute,
20:28c'est 2-0
20:28donc tu te demandes
20:29si c'est...
20:29Mais tu sais qu'il y a le temps,
20:30ça c'est sûr.
20:32Après...
20:32C'est quoi ?
20:33Tu dis qu'il y a un peu de peur
20:34mais est-ce que l'équipe
20:35à ce moment-là
20:36continue à avoir confiance en elle
20:38en se disant
20:38qu'on est sûr de nos forces ?
20:41On joue au foot
20:42donc on sait très bien
20:42qu'il y a beaucoup
20:45de retournements
20:45de situations
20:46donc surtout en plus
20:47avec l'équipe qu'on a,
20:49on sait que tout est possible.
20:51Maintenant,
20:52la réalité,
20:53c'est que ça se joue
20:54sur un match,
20:54ce n'est pas un match
20:55à aller-retour,
20:56ce n'est pas un match
20:56du Champions League.
20:57il te reste 30 minutes
20:59pour essayer
20:59de renverser le tout
21:02et bien sûr,
21:04je suis sûr
21:04qu'il y avait un peu
21:05de nervosité
21:06mais en même temps,
21:06on a plus que les qualités
21:07pour pouvoir
21:08et on l'a démontré.
21:10Le but de Yann,
21:12Marouane qui est égaliste,
21:13et il y a ce fameux
21:15contre en fin de match
21:16amorcé par Thibaut,
21:18Courtois avec Kevin De Bruyne
21:19et conclu par Nasser Chalik
21:20qu'on voit justement
21:21juste derrière toi.
21:22Là,
21:23est-ce que tu te souviens
21:24de cette phase ?
21:26Ah oui,
21:27et en plus,
21:27je l'ai revu
21:28et revu et revu
21:29donc oui,
21:30je me rappelle
21:31de cette phase
21:31parce que...
21:32Quand Thibaut a le ballon
21:33dans les mains
21:33et qu'il relance
21:35comme ça vite
21:35parce qu'on se dit
21:36ok,
21:37ça part d'un corner japonais,
21:39on se dit
21:39bon ben voilà,
21:39on va partir en prolongation,
21:41quand vous le voyez
21:41relancer vite,
21:42vous vous dites
21:42mais qu'est-ce qu'il fait
21:43ou il a raison
21:44de jouer ce coup-là à fond ?
21:46Il a raison de le faire
21:47parce que là,
21:47on est sur une transition offensive
21:48sachant que les japonais,
21:49tu les vois
21:50sur la fin du match
21:51après l'égalisation
21:53de Marouane,
21:53ils étaient réellement fatigués
21:56et à nouveau,
21:56c'était un peu...
21:59On n'en parle pas autant que ça
22:01mais on avait une force
22:02quand même athlétique
22:03avec Thomas et Kevin,
22:05tu sais,
22:06c'est des joueurs
22:06qui sont très forts physiquement
22:08surtout sur les fins de match
22:10et sur cette transition,
22:11je me rappelle bien,
22:12je pense que c'est Kevin
22:13qui fait le premier appel
22:15et Thomas qui fait le sprint après.
22:17Pour nous,
22:17c'est l'occasion,
22:18bien sûr,
22:18c'est une transition,
22:19c'est un corner offensif
22:20pour le Japon
22:22et eux,
22:22le jouent à fond aussi
22:23donc ils essaient réellement
22:24de marquer
22:25et donc quand tu le fais,
22:26tu laisses
22:27des espaces à l'arrière
22:30et bien sûr,
22:31Thibaut,
22:31c'est le premier homme
22:32à l'avoir remarqué
22:34et après,
22:35tout s'est douloureux.
22:37En fait,
22:37tout a été...
22:38On dirait que c'était
22:39quelque chose de préparé
22:40tellement c'est très bien fait
22:43et oui,
22:44Nasser à la fin,
22:46il y a le rôle de Romelu,
22:47bien évidemment.
22:47Très important qu'il laisse passer.
22:49Voilà,
22:49il y a le rôle de Romelu
22:50bien évidemment d'abord
22:51parce qu'il fait deux appels.
22:52Il fait d'abord le premier appel
22:54pour laisser l'espace pour Thomas
22:55et ensuite,
22:56il fait le deuxième appel
22:58et il laisse la balle passer
22:59pour Nasser
23:00donc c'était super bien joué
23:01de sa part.
23:03C'est de la folie à ce moment-là
23:04sur le banc de touche ?
23:04Oh,
23:05c'est la folie.
23:05Là,
23:06on court,
23:07on saute du banc
23:09parce que je ne sais même plus
23:11s'il y avait réellement
23:12des délimitations
23:12pour les célébrations
23:13mais on s'est tous retrouvés
23:14derrière les panneaux publicitaires,
23:16derrière le goal
23:17ou autour de Nasser.
23:19C'était superbe
23:20surtout parce qu'entre-temps,
23:22on avait le coach
23:23des gardiens,
23:24un gardien à Yenaki
23:25qui,
23:26lorsque c'était 2 euros
23:27qui nous disaient
23:28de continuer à espérer
23:30en fait.
23:31Ils nous tapaient
23:32sur la poitrine,
23:33allez,
23:34continue à les soutenir,
23:36allez-y
23:36et là,
23:37on est à la 55e minute
23:38possiblement
23:39et on va le faire,
23:41on va le faire
23:41donc avec beaucoup
23:42de positivité
23:42et quand justement
23:43à la fin,
23:46on marque comme on l'a fait
23:47là maintenant,
23:48enfin,
23:48comme on l'a fait
23:48comme la serre l'a fait,
23:50les émotions,
23:51quand elles sortent,
23:51elles sortent réellement.
23:52Et dans le vestiaire,
23:53du coup,
23:53l'ambiance est comment ?
23:54C'est du soulagement ?
23:55C'est de la joie ?
23:56C'est de la joie totale.
23:57Joie totale.
23:59Joie totale parce que,
24:00voilà,
24:01tu sais que tu viens
24:01de faire quelque chose
24:02d'énorme,
24:05surtout de cette manière-là.
24:07Maintenant,
24:07tu sais aussi
24:08que ce n'est pas fini,
24:09il faut se reposer
24:09le plus rapidement possible
24:10parce qu'il y a un autre match
24:11important qui vient.
24:12Et c'est un match
24:13très important
24:14puisque c'est le Brésil.
24:16Vous pensez déjà au Brésil
24:17à ce moment-là
24:18quand vous êtes dans le vestiaire ?
24:20On sait que ce sera
24:21entre le Brésil,
24:24je ne sais plus
24:25que le prochain tour
24:26c'était le Brésil
24:26et ensuite c'était la France.
24:27Donc le parcours,
24:29on le connaissait.
24:30Maintenant,
24:31c'est vrai que
24:32la victoire face au Japon
24:34était une victoire
24:35qui a été quand même
24:36très difficile physiquement
24:38et mentalement.
24:39C'est vrai qu'on en ressort
24:42victorieux
24:42et plus fort
24:45mentalement
24:45mais on joue
24:47tous les trois jours
24:48donc tu sais que
24:49tu dois
24:50te reposer très rapidement.
24:51Le lendemain,
24:53généralement,
24:53c'est un décrassage.
24:55Deux jours après,
24:55tu ne fais pas grand-chose
24:56et que le troisième jour,
24:57tu joues directement.
24:59Arrive donc ce match
25:00contre le Brésil
25:00avec aussi
25:01ses choix gagnants
25:02de Roberto Martinez,
25:03le positionnement
25:04de Kevin De Bruyne,
25:05le positionnement
25:06de Romelu Lukaku.
25:07Comment vous l'aviez travaillé
25:08ça pour surprendre
25:09les Brésiliens ?
25:11Pour dire la vérité,
25:12on ne l'avait pas
25:13forcément travaillé
25:15auparavant
25:15donc c'était
25:17nouveau
25:17de la part de Martinez
25:20mais
25:22pour lui donner
25:23son crédit,
25:23c'est vrai que
25:24pour le peu de temps
25:25qu'on l'a bossé
25:27ou sur lesquels
25:27on l'a bossé,
25:28c'était très très clair
25:30mais la difficulté
25:31dans tout ça
25:31en fait,
25:32c'est ce qu'il demandait
25:33que ce soit
25:34parce que ce jour-là
25:35on jouait avec Romelu
25:37et Eden en pointe
25:38et il demandait à Romelu
25:39et Eden
25:40de faire des courses
25:41vers l'extérieur
25:41en fait.
25:43Donc ils partaient
25:43de l'intérieur
25:44vers l'extérieur
25:44et t'avais Kevin
25:45qui était en 10
25:45et c'est vrai que
25:46souvent tu fais des mises
25:47en place
25:48mais t'as aucune garantie
25:49en fait que l'équipe adverse
25:51va jouer comme ça.
25:52donc je pense que
25:53par rapport à leur analyse
25:56et les différentes recherches
26:01qu'ils ont faites
26:01ils l'ont très bien fait
26:02parce qu'on s'est retrouvé
26:03justement face à cette équipe
26:04du Brésil
26:04qui jouait de la même manière
26:06et ça justement
26:07nous a permis
26:08ça a permis à Eden
26:09et à Romelu
26:10d'avoir beaucoup plus d'espace
26:12dans la profondeur
26:13en faisant ses appels
26:14et à Kevin
26:15de justement venir
26:16en soutien
26:18pour les deux autres joueurs
26:20donc c'était très très bien fait
26:22de l'apport de Martinez.
26:23Justement
26:24quand toi t'es sur le banc
26:25et que tu vois
26:25que ce qu'il a produit
26:27en théorie
26:28se concrétise
26:29en pratique
26:30avec une équipe du Brésil
26:31qui est comme
26:31ce qu'il avait attendu
26:33là tu te dis
26:34ok
26:34on va le faire ?
26:37Bah là tu
26:38tu sais que c'est la direction
26:39de la demi-finale
26:40donc tu sais que t'es face au Brésil
26:41et que
26:42sur papier
26:43le Brésil est
26:44C'était le favori à l'époque
26:45est le favori
26:46de la Coupe du Monde
26:46donc
26:48tu
26:50tu vois que ça
26:51bien sûr que ça avance bien
26:53mais pendant le match aussi
26:54on a des difficultés aussi
26:55on va pas se mentir
26:56l'arrêt de Thibaut
26:57je pense qu'il arrive
26:58après le 1-0
27:00mais
27:00on a certaines difficultés
27:02parce que tu dois
27:02faire face à des joueurs
27:03individuellement
27:04du Brésil
27:05qui sont très forts
27:06et sur le côté
27:07c'est vrai qu'aussi
27:07il avait très bien fait
27:09le coach
27:09parce que
27:09il avait
27:10il avait mis
27:12des soutiens
27:13pour aider
27:13Thomas
27:14et
27:16et Yannick
27:17Yannick sur le côté
27:18je pense
27:19si je me trompe pas
27:21et du coup
27:22ça a permis
27:22justement
27:22de bien
27:24isoler
27:24de bien
27:24contenir
27:25les deux élits
27:26qui étaient
27:26William et Neymar
27:27si je me trompe pas
27:29donc
27:30en fait
27:31tout ce qui avait été mis en place
27:32du coup tu sens que
27:33voilà
27:34on est prêt en fait
27:34pour gagner ce match
27:35maintenant
27:35il faut juste effectuer
27:37et faire le nécessaire
27:39pour marquer
27:40quand il le faut
27:41et c'est ce qui est arrivé
27:45je me rappelle pas
27:46si c'était Kevin
27:46qui marque le premier
27:47ou si c'est Vince
27:48si c'est le
27:49Fernandinho
27:49avec un contact
27:50mais voilà
27:51du coup
27:51même par rapport
27:52au coup de pied arrêté
27:53tu les prends là dessus
27:54c'est quelque chose
27:55que vous aviez travaillé
27:55c'est pas qu'on avait travaillé
27:57identifié
27:58on l'avait identifié
28:00on l'avait identifié
28:02par rapport à leur joueur en zone
28:04et les différents appels
28:05qu'il fallait faire
28:06sur leur angle mort
28:07et à nouveau
28:08tu sais
28:08même les coups de pied arrêté
28:09tu peux identifier
28:10différentes faiblesses
28:11mais maintenant
28:12voilà
28:12le ballon
28:12il faut aussi
28:13qu'il arrive là
28:14au bon endroit
28:15il faut qu'il y ait
28:15une personne au premier contact
28:17pour la mettre dedans
28:18donc voilà
28:19mais tu voyais que
28:20tout
28:20tout s'était très très bien passé
28:23surtout par rapport
28:24au déroulement
28:24de la préparation
28:25c'était
28:25c'était top
28:27donc tu vois en fait
28:29c'était sport de victoire
28:31quoi
28:32t'évoquais le but de Kevin
28:34l'arrêt de Thibaut Courtois
28:36ce jour-là
28:36il y a aussi
28:37Eden Hazard
28:37qui est
28:38le plus brésilien
28:40de tous
28:40t'avais déjà vu
28:41un joueur
28:42autant dominer son sujet
28:43sur un tel match
28:45ça faisait
28:46c'est vrai que
28:47en fait moi déjà
28:48ce que je dirais
28:49c'est surtout par rapport
28:49à Eden
28:50Eden nous a démontré
28:51beaucoup de bonnes choses
28:52que ça soit
28:52pendant sa saison
28:54en première ligue
28:54quand il gagne
28:55le meilleur joueur de l'année
28:58mais en sélection
28:59bien sûr
29:00ça a toujours été
29:00un de nos piliers
29:01ou le pilier
29:04mais ce jour-là
29:05c'était vraiment
29:07le grand monsieur
29:08et ce qui est encore
29:09meilleur
29:10c'est qu'on parlait
29:11d'un Eden
29:12qui avait déjà
29:14dominé la première ligue
29:15et maintenant
29:17qui est représenté
29:17son équipe nationale
29:18mais qui est aussi
29:19ce joueur
29:20dont on parlait
29:22quand tu vas les mettre
29:23dans la catégorie
29:23des joueurs top classe
29:24un peu
29:26et t'as Neymar
29:27qui est en face
29:27qui est considéré
29:29comme top classe aussi
29:30donc c'était un moment
29:31pour lui aussi
29:31de pouvoir démontrer
29:32et prouver
29:33qu'il faisait partie
29:34de cette catégorie-là
29:35et il a choisi
29:38le meilleur moment
29:39pour le faire
29:40et à nouveau
29:40je pense que
29:41pour toute nation
29:42lorsque tu as
29:43des joueurs
29:44de cette qualité
29:46t'as envie
29:47qu'ils puissent
29:48te montrer
29:50leur niveau
29:51au meilleur moment
29:52et c'est ce qu'il a fait
29:53C'est le meilleur joueur du monde
29:54à cet instant-là
29:57Alors
29:59alors
30:01si on considère
30:03par rapport
30:03à la coupe du monde
30:09individuellement
30:11parce que
30:12aussi de l'autre côté
30:12t'as des joueurs
30:14de la France aussi
30:14qui sont
30:16je dirais
30:16c'est un des meilleurs
30:17joueurs au monde
30:18ça t'aurait rendu fou
30:19de défendre sur lui
30:20ce jour-là ?
30:22Ah mais moi
30:22j'aurais pas fait
30:23j'aurais pas pris le risque
30:24de le suivre
30:25comme les autres
30:26ils ont fait
30:26moi j'aurais
30:27j'aurais joué
30:28le coup du
30:29écoute
30:29si t'es dos au goal
30:31je préfère te laisser
30:32une certaine distance
30:32si tu veux marquer
30:33tu dois courir vers moi
30:34je vais pas commencer
30:35non parce que la difficulté
30:37avec Eden
30:37c'est quand il a le ballon
30:38et qu'il change de côté
30:39à chaque fois
30:39de gauche à droite
30:40c'est très difficile
30:40il te met sur les appuis
30:42et c'est très difficile
30:42de pouvoir redémarrer
30:43alors que lui
30:44redémarre très rapidement
30:46l'ambiance
30:46après cette rencontre
30:47après cette qualification
30:49historique
30:50elle est comment dans le vestiaire ?
30:53elle est énorme
30:54ouais
30:54elle est énorme
30:55c'est la plus grosse
30:55que t'es connue ?
30:56c'est
30:58alors la différence
30:59à nouveau
31:00c'est que t'as pas réellement
31:01le temps de
31:01ouais parce que tu penses
31:02tout de suite à la décision
31:03parce que tu rejoues
31:04directement après
31:06et
31:08généralement
31:08même avec les voyages
31:09t'es très rapidement fatigué
31:11maintenant
31:12sur le terrain
31:13le moment de célébration
31:15là c'est
31:16c'est la folie
31:18parce qu'il y a
31:19il y a des
31:20il y a des émotions
31:21des descriptions
31:22enfin il y a des
31:23des situations
31:24comme celle-ci
31:25qui sont très difficiles
31:26à décrire
31:27et le problème
31:28c'est qu'on fait souvent
31:28le lien
31:29par rapport à
31:30différentes situations
31:31qui t'arrivent dans la vie
31:32aujourd'hui
31:32qui sont censées être
31:34les plus heureuses au monde
31:36mais qui te ramènent pas
31:37le même sentiment
31:38tu sais
31:38et
31:39et c'est vrai que
31:40là c'est très émotionnel
31:42tu as ce nombre de personnes
31:44aussi qui viennent
31:45qui sont là pour toi
31:46toute une nation
31:47qui est dans le stade
31:49et la délivrance
31:50à la fin
31:51c'est
31:51c'est énorme
31:53et surtout quand tu vois
31:53on parle de
31:55demi-finale de Coupe du Monde
31:57bien sûr
31:58tout le monde parlait
31:59de cette équipe
31:59en 86
32:00mais nous on l'a jamais
32:01réellement vu
32:03donc
32:04là tu te dis juste
32:06ok
32:06c'est quoi cette folie
32:07on peut réellement le faire
32:09tu perçois justement
32:10la folie qui peut régner aussi
32:11en Belgique
32:12au travers de vos proches
32:15oui
32:16maintenant
32:17c'est vrai que
32:18je pense que c'est Thomas
32:19qui l'avait dit
32:20les différentes vidéos
32:21qu'on reçoit
32:22quand on est là-bas
32:24sur les différentes
32:26les différentes places
32:27avec différentes projections
32:28qu'il y a
32:29par rapport au match
32:30on sent qu'il y a de la folie
32:32à la maison
32:32il y a
32:33un engouement
32:34qui est incroyable
32:37mais après
32:37il est justifié aussi
32:39il est justifié
32:40c'est
32:42c'est pas tous les jours
32:43clairement
32:44et voilà
32:45et je pense que
32:46parallèlement
32:47ce que nous
32:47on vivait
32:48sur le terrain
32:49on aurait voulu
32:49le fêter
32:51avec tout le monde ici
32:52mais on pouvait pas
32:53parce que voilà
32:53t'avais toujours une autre étape
32:54qui suivait
32:56cette autre étape
32:56justement
32:57c'est le match
32:57contre la France
32:59évoqué
33:00Thomas Meunier
33:01dont tu es proche
33:02Thomas est suspendu
33:03pour ce match-là
33:07avec du recul
33:08beaucoup se disent
33:08que s'il avait été là
33:09les choses auraient pu
33:10être différentes
33:12je pense que
33:15la raison aussi
33:15pour laquelle ils disent ça
33:16c'est parce que
33:17quand tu regardes
33:18bien sûr
33:18tu regardes
33:19les matchs
33:20qu'il joue
33:21au départ
33:22les premiers matchs
33:23il joue des matchs
33:24excellents
33:25on perd ce match
33:26contre la France
33:26et ensuite il revient
33:27contre l'Angleterre
33:29et à nouveau
33:29il est décisif
33:31et voilà
33:32il avait
33:32un apport
33:33qui était
33:34très important
33:35pour l'équipe
33:37et
33:37c'est sûr
33:38qu'il y aurait eu
33:43avec lui
33:44peut-être qu'on aurait eu
33:45plus d'apports
33:47offensifs
33:47et une bonne balance
33:48offensive
33:49et défensive
33:50maintenant
33:51voilà
33:52c'est pas
33:53à cause de son secteur
33:54qu'on perd
33:55ou
33:56voilà
33:57on peut souvent
33:58s'imaginer
33:59différents
34:01scénarios
34:02mais c'est vrai
34:02que sa suspension
34:04nous a coûté
34:05comment vous aviez préparé
34:07cette rencontre
34:07parce qu'effectivement
34:08il a fallu très vite
34:09se remobiliser
34:09après cette grosse
34:10charge de joie
34:11contre le Brésil
34:12pour basculer
34:13sur l'autre
34:14gros favori du tournoi
34:15ouais c'est ça
34:17là on sait
34:17qu'à nouveau
34:18on doit jouer
34:18un match
34:19très important
34:20face à cette équipe
34:21de France
34:22qui
34:23qui était
34:27vice-championne d'Europe
34:28oui exactement
34:30et
34:31avec ces joueurs
34:32qui
34:32bien sûr
34:33qui évoluent
34:33tous dans des très
34:34gros niveaux
34:35maintenant
34:35la plus grosse difficulté
34:37qu'on avait
34:37c'était
34:38c'est de se dire
34:39qu'on allait jouer
34:39face à une équipe
34:40qui avait
34:41très très bonne balance
34:42que ça soit
34:43offensive ou défensive
34:44mais
34:45mais
34:47lorsqu'ils décidaient
34:48en fait même
34:48de rester
34:51on va dire
34:51dans
34:52dans leur zone
34:54défensive
34:55ils le faisaient
34:55énormément bien
34:57et
34:57et le
34:58plus difficile
34:59c'est de se dire
35:00que lorsque tu devais
35:02s'imaginer
35:02essayer de
35:03construire autour d'eux
35:05à partir du moment
35:06où tu laissais des espaces
35:07on a les transitions
35:08ils étaient encore
35:09plus dangereux
35:10donc c'était une équipe
35:11qui était
35:12qui était très complète
35:13très complète
35:14très difficile à prendre
35:15tu sais même pas
35:16par quel bout
35:17finalement la prendre
35:17en fait
35:18non
35:18et c'est pour ça
35:19que
35:19c'est des matchs
35:20qui
35:22en tout cas
35:23à cette époque là
35:24c'était des matchs
35:25qui ne partaient pas
35:26forcément dans la folie
35:27c'était beaucoup
35:27d'observation
35:28c'était beaucoup
35:28de patience
35:30essayer de
35:31attendre l'erreur
35:32de l'autre
35:32voilà
35:33essayer d'attendre
35:34l'erreur
35:34et le bon moment
35:35pour essayer
35:37de débloquer
35:37quelque chose
35:38et on l'a vu
35:40si je me rappelle bien
35:41au début du match
35:43on a eu
35:45avec Eden
35:45justement
35:46qui a essayé
35:47de faire fonctionner
35:48un peu sa magie
35:50mais voilà
35:51sinon à part ça
35:51il n'y a pas eu
35:52grand chose non plus
35:53c'était beaucoup
35:54de l'observation
35:54et c'est vrai
35:55que c'était pas
35:57le match
35:57le plus
35:59excitant
36:00mais en même temps
36:00on parlait de coupée arrêtée
36:02en qu'est-ce que c'est un but
36:03en coupée arrêtée
36:03face à une équipe
36:04qui par après
36:05défend très bien
36:06c'était difficile
36:07carrément c'est difficile
36:08c'est d'autant plus frustrant
36:09que ce duel aérien
36:12c'est Marwan Fellani
36:13qui est sur Samuel Umtiti
36:14Marwan des duels aériens
36:15il n'a pas dû en perdre
36:15beaucoup durant sa carrière
36:16oui c'est ça
36:17c'est vrai que
36:18Umtiti passe
36:19c'est très similaire
36:20en gros
36:21au but
36:22qu'on marque
36:23face au Brésil
36:25la différence
36:25c'est que là
36:25il ne vient pas
36:26d'un angle mort
36:26il vient
36:28d'une situation
36:29où on aurait pu le voir
36:30et le plus difficile
36:31c'est toujours
36:31quand le joueur
36:32coupe juste avant toi
36:33en fait
36:33tu penses l'avoir
36:34il coupe juste avant toi
36:36et voilà
36:36cette tête croisée
36:38et tu te retrouves
36:40de nouveau
36:40dans une position
36:40où tu dois
36:42tu dois courir
36:43après le score
36:44et essayer
36:44de désorganiser
36:45cette équipe
36:46pour essayer
36:46de marquer ce goal
36:48qu'est-ce qu'il a manqué
36:49au final ?
36:52au niveau des actions
36:54on n'en a pas eu
36:54forcément beaucoup
36:55non plus
36:55des très dangereuses
36:57maintenant
36:59je pense que
37:00ça a été très difficile
37:01de désorganiser
37:02parce qu'ils étaient
37:02très bien en place
37:05maintenant
37:06je pense qu'aussi
37:06au niveau
37:08parce que là
37:08on parlait surtout
37:09de notre rapport
37:10au niveau des ailes
37:11parce que généralement
37:12c'est là qu'on essaie
37:12de trouver le danger
37:13lorsqu'on joue face
37:15à une équipe
37:15qui est compacte
37:16mais même par rapport
37:17aux différentes percées
37:19de la part de nos milieux
37:20on n'a pas eu
37:23cette fluidité
37:24non plus
37:25pour essayer
37:26de créer ce danger
37:28et c'est vrai
37:29que c'était
37:30avec la frustration
37:31bien sûr
37:32ça devient compliqué
37:33à nouveau
37:33comme je disais
37:34face au Japon
37:35on arrive à faire
37:36cette romantada
37:37qui est énorme
37:39mais
37:40il n'y a aucune garantie
37:41tu ne peux pas réussir
37:42à le faire tout le temps
37:43et quand tu joues
37:44face à la France
37:45c'est qu'en plus de cela
37:46tu n'arrives pas
37:47à te créer
37:48les occasions
37:48que tu as envie
37:49tu rentres beaucoup plus
37:50dans la frustration
37:51et ça devient
37:52de plus en plus compliqué
37:53et cette équipe de France
37:55aussi lorsqu'ils décident
37:56de garder la balle
37:56du coup
37:58tu te mets en position
37:59du chasseur
38:00tu dois encore plus
38:01dépenser d'énergie
38:03oui ça a compliqué
38:04un peu la chose
38:07il y a clairement
38:09beaucoup de regrets
38:10beaucoup de regrets
38:11parce que finalement
38:11même cette équipe
38:13de France
38:13en fait
38:14ils se sont contentés
38:15d'attendre
38:19après avoir marqué
38:20je veux dire
38:20après avoir marqué
38:21ils se sont contentés
38:21d'attendre
38:22et nous ont laissé
38:23faire le job
38:25volontairement
38:26mais on n'a pas réussi
38:27à les désorganiser
38:29c'est qui le joueur
38:30qui t'a le plus impressionné
38:31sur ce match là
38:32Mathuidi
38:33ouais
38:34Mathuidi
38:35parce que
38:37dans notre noyau
38:39on a
38:39dans notre noyau
38:41on a
38:42au milieu
38:43on a Axel
38:44on a Yuri
38:44on a Kevin
38:45on a Marwan
38:47et c'est tous des joueurs
38:48qui ont
38:49des apports physiques
38:50qui sont
38:52surtout quand tu compares
38:53par exemple Marwan
38:53Marwan sait très fort
38:55physiquement
38:55il a cette capacité
38:57de faire énormément
38:58de boxe to boxe
39:02mais Mathuidi
39:03qui est un gabarit
39:04beaucoup plus petit
39:05en fait
39:05il a cette agressivité
39:06il avait
39:09cette facilité
39:09en fait
39:10de couvrir
39:10tous les espaces
39:11derrière les ailiers
39:12mais sans s'arrêter
39:14et c'était
39:15je ne l'avais jamais
39:16encore vu
39:17jouer comme ça
39:18en face de moi
39:19et dans
39:21ce noyau là
39:21bien sûr
39:22il y a des joueurs
39:22comme Griezmann
39:23il y a des joueurs
39:23comme Mbappé
39:24il y a des joueurs
39:24comme Pogba
39:25Kanté
39:26Kanté
39:26c'est des joueurs
39:27qui sont
39:28qui sont
39:29excellents
39:31mais parler
39:32de leur qualité
39:33ce qu'ils font
39:33généralement
39:34on le sait déjà
39:34on le voit
39:35mais le job
39:36que Mathuidi
39:36a eu
39:37avec Kanté
39:38qui était un boulot ingrat
39:38parce qu'il était
39:39de l'autre côté
39:39enfin il compensait
39:40avec Mbappé
39:41qui était de l'autre côté
39:41exactement
39:41et lui et Kanté
39:44il jouait avec
39:45une complémentarité
39:46qui était
39:47incroyable
39:48et c'est vrai
39:48qu'on parle
39:49on parle de ce secteur-là
39:50on a parlé
39:51beaucoup de Kanté
39:52mais Mathuidi
39:53c'était très très fort
39:55dans le vestiaire
39:56quelle est l'ambiance
39:57c'est le sentiment
39:57d'être passé à côté
39:59de quelque chose
40:00d'encore plus grand
40:00que ce que vous aviez vécu
40:01auparavant
40:03alors le sentiment
40:05c'est de la frustration
40:06et de l'énervement
40:07beaucoup de gens
40:08ont été énervés
40:10mais
40:11c'est de la frustration
40:13positive
40:13dans le sens
40:15on n'est pas énervés
40:16les uns sur l'autre
40:17on est énervés
40:17parce que
40:20tu sentais
40:20qu'il y avait
40:21quelque chose à faire
40:22et donc tu as
40:24tu as un peu
40:25ce dégoût
40:26dégoût
40:26c'est un mot
40:27qui est fort
40:28parce qu'à nouveau
40:29tu dois réaliser
40:30la situation
40:31dans laquelle tu es
40:32et tu sais
40:32que ça ne va pas
40:33forcément arriver
40:33tous les jours
40:35et tout se joue
40:36toujours sur 90 minutes
40:37et quand tu sais
40:38qu'il y a un match
40:40qui est à ta portée
40:41qui te passe
40:43entre les mains
40:44comme ça
40:44ça te ramène
40:45beaucoup de frustration
40:46donc il y a
40:47beaucoup d'énervement
40:48le temps que les émotions
40:49descendent
40:50et ensuite
40:51la réalisation
40:53de là
40:54jusqu'où on a été
40:57et ce qui est encore
40:58possible de faire
40:58il y a quelqu'un
40:59qui avait pris la parole
41:00à ce moment là
41:00c'était quoi
41:01c'était le grand silence
41:02tu t'en souviens un petit peu
41:03non comme ça
41:04je m'en souviens plus
41:05je m'en souviens plus
41:07généralement
41:07c'est difficile
41:08de prendre la parole
41:09parce que directement
41:10après le match
41:10tu as des joueurs
41:11qui partent faire
41:13le contrôle antidopage
41:15donc on sait
41:16que généralement
41:17quand on essaie de parler
41:18on essaie que tout le monde
41:19soit là
41:19dans la pièce
41:22maintenant
41:24dans le vestiaire
41:25non personne n'avait parlé
41:26si je ne me trompe pas
41:27mais personne n'avait parlé
41:29mais par après
41:29par après
41:30bien sûr
41:30il y a un match à préparer
41:31contre l'Angleterre
41:33contre l'Angleterre
41:34et de là
41:35il y a eu
41:36il y a eu des discussions
41:37que ce soit avec le coach
41:38je pense que Vincent
41:39aussi avait pris la parole
41:41et c'était important
41:42pour nous
41:42pour
41:44en tout cas
41:44pour réaliser
41:45en fait
41:45ce qu'il y avait
41:47il fallait finir
41:48d'écrire l'histoire
41:49en terminant troisième
41:50mais en fait
41:51le plus difficile
41:52c'est de se dire
41:53tu sais
41:54t'arrives en finale
41:55tu finis deuxième
41:55tu perds la finale
41:57je pense que tu repars
41:58avec un sentiment
41:59qui est encore
41:59plus dur
42:00et plus compliqué
42:03que la manière
42:04dont on a terminé maintenant
42:06maintenant
42:06le plus difficile aussi
42:07c'est de se dire
42:08tu vois
42:09repartir avec la médaille
42:10de la troisième place
42:11généralement
42:12on n'en parle pas beaucoup
42:15tu vois
42:15on n'en parle pas beaucoup
42:16et tu peux
42:18dans
42:19je ne veux pas
42:20parce que ce n'est pas comme si
42:21j'étais dans ces noyaux là
42:22mais on sait que
42:23généralement pour la troisième
42:23et quatrième place
42:24tu fais beaucoup tourner
42:27maintenant
42:28nous
42:28le temps de réaliser
42:29aussi
42:32l'importance
42:33de la troisième place
42:34tu sais
42:35ça te remet dedans
42:36parce que
42:37bien sûr
42:37tu joues pour la troisième
42:38et quatrième place
42:38et c'est un peu le match
42:39que tu n'as pas envie
42:40de forcément jouer
42:40parce que tu dis
42:41déjà tu fais un mois
42:43dans le tournoi
42:43tu peux rentrer à la maison
42:44parce qu'il y en a qui
42:45veulent rentrer à la maison
42:45il y a un timing
42:46il y a les vacances
42:46qui doivent arriver
42:47et puis la saison
42:48qui doit débuter
42:50et bien sûr
42:51en parallèle
42:52il y a
42:53le résultat
42:54du noyau
42:55de la Belgique
42:56qui avait fini
42:57en demi-finale aussi
42:58en 86
42:59et donc
43:00après il y a la compréhension
43:01de si on finit troisième
43:04on aura fait mieux qu'eux
43:06donc il y a une certaine
43:07et de là
43:08en fait
43:08c'est là comme ça
43:09que tu te remobilises
43:10tu te remobilises
43:11et tu sais
43:12qu'il y a un match
43:13qui suit
43:14qui est encore
43:14très important
43:15pour le pays
43:18d'autant plus
43:19que c'est face
43:20à l'Angleterre
43:20on sait que
43:21vous êtes quasiment
43:22tous passés
43:22par la première ligue
43:23il y a ce côté-là
43:24aussi qui joue ou pas ?
43:25bien sûr
43:25bien sûr
43:26il y a ce côté-là
43:27qui joue
43:28pour nous en tout cas
43:30maintenant pour eux
43:31je ne pense pas
43:31que c'était forcément
43:33la même chose
43:34mais pour nous
43:35ça joue beaucoup
43:39parce que bien évidemment
43:40on se parle souvent
43:40de ce championnat anglais
43:41le meilleur championnat au monde
43:43et patati
43:44et patata
43:45et un tel
43:45qui joue là
43:46et on se connaît tous
43:47donc il y a un moment
43:50on a gagné
43:51en phase de groupe
43:53et bien sûr
43:54c'était un peu
43:56le sujet
43:57où on parlait
43:58est-ce qu'il fallait gagner
43:59ou pas
43:59ben là maintenant
44:00nous on doit le gagner
44:01donc allons-y
44:03et du coup
44:04quand il y a le coup
44:05de sifflet final
44:06tu te rends immédiatement
44:07compte que ça y est
44:08la coupe du monde est finie
44:08on a fini le troisième
44:09c'est quand même incroyable
44:12tu sais
44:13je ne savais pas
44:14qu'il y allait avoir
44:15tu sais la pancarte
44:16avec le troisième place
44:18etc
44:18donc finalement
44:19tu comprends
44:20que ça reste un moment
44:22de célébration
44:23et bien sûr
44:24en fait
44:25le plus incroyable
44:27c'est
44:28ah oui cette fameuse photo
44:29justement
44:31tu repars avec une médaille
44:32en fait
44:33tu vois
44:33et
44:35ça reste
44:36symbolique
44:37tu sais
44:37elle est où cette médaille
44:38maintenant ?
44:39elle est à la maison
44:40j'ai dû aller
44:41en gros
44:42j'ai dû faire une apparition
44:43dernièrement
44:44et
44:44elle m'avait demandé
44:45de la ramener
44:45je savais que je l'avais
44:47parce que j'ai déménagé
44:48entre temps
44:48et
44:49je savais que je l'avais
44:50mis en lieu sûr
44:50mais je ne savais plus trop
44:51si c'était chez mes parents
44:53ou si c'était
44:55dans mon appartement
44:56mais
44:56c'était bien chez mes parents
44:57donc je l'ai retrouvé
44:59et je l'ai montré
44:59d'ailleurs à mon fils
45:00pour la première fois
45:03donc c'est
45:03il y a
45:03moins d'un mois
45:05et
45:05d'ailleurs il a voulu
45:06l'apprendre à l'école
45:07tu sais pour la montrer
45:07à tout le monde
45:08je lui ai dit
45:08il n'y a pas question
45:09tu la restes à la maison
45:10elle reste avec moi
45:11celle-là
45:11il y a une montre aussi
45:12je pense
45:13que vous avez reçu
45:14en cadeau
45:14oui on a reçu
45:15on a reçu une montre
45:16on a reçu une montre
45:18avec
45:18le numéro
45:20les
45:21nos numéros
45:22de
45:23pendant la coupe du monde
45:24et
45:24et le logo
45:26de la coupe du monde
45:27derrière
45:28très très beau souvenir aussi
45:29tu la portes souvent ?
45:31non
45:32je l'ai porté
45:34je l'ai porté
45:36mais
45:36mais il y a le
45:37il y a le logo
45:37de la Belgique
45:38dessus aussi
45:39tu sais
45:39donc quand tu sors avec
45:40et qu'on regarde
45:41avec le logo de la Belgique
45:42on commence un peu
45:43à te dire
45:43ah mais t'es réellement fier
45:45toi
45:45là ça fait quand même
45:475 ans
45:47tu sais
45:47tu peux la laisser
45:48un peu dans ta chambre
45:50donc là
45:51elle est dans un coffre
45:52dans ma chambre
45:53donc c'est top
45:54qu'est-ce qui reste
45:54finalement entre vous
45:56dans le groupe
45:56est-ce que
45:57cette épopée en Russie
45:58elle vous a unis
45:59entre guillemets
46:00à vie ?
46:01bien sûr
46:02après la réalité
46:03c'est que
46:04bien sûr
46:04quand on joue au foot
46:05c'est toujours la même chose
46:05on se trouve
46:07dans des lieux différents
46:08et chacun
46:10évolue
46:12et surtout
46:13par rapport au relationnel
46:15aussi
46:15on a toujours
46:16il y a toujours des joueurs
46:17qui ont un peu plus de liens
46:18avec d'autres
46:19mais finalement
46:20on finit toujours
46:21par se revoir
46:23à un endroit ou l'autre
46:24et bien sûr
46:25ça nous a lié
46:27on partage
46:29ce moment
46:29qui est fabuleux
46:32pour nous tous
46:33et pour le pays
46:34justement
46:34de finir 3ème en Coupe du Monde
46:35en espérant
46:37que les autres
46:37fassent mieux maintenant
46:39mais
46:40ça nous lie
46:41et bien sûr
46:42moi je suis toujours
46:42en contact avec
46:45encore les joueurs
46:46qui sont actifs
46:46et d'autres
46:48qui ont arrêté
46:48comme moi
46:49qui ont différentes fonctions
46:51donc voilà
46:52on fait partie
46:53de cette génération-là
46:54qui ont ramené
46:55cette troisième place
46:56donc on reste lié
46:58vous avez été aussi lié au pays
47:00on va finir là-dessus
47:01les célébrations
47:02sur la grande place
47:06c'était fou
47:08mais à nouveau
47:10tu vois ça
47:11c'est
47:14en parallèle
47:15avec ce que je disais
47:15par rapport à cette troisième place
47:17dont il fallait réaliser
47:19et quand on revient
47:21et qu'on apprend
47:22qu'il va y avoir
47:23une parade
47:26c'est un peu
47:27pour nous
47:28au départ
47:28ce sentiment
47:29de la parade
47:30de l'échec
47:31un peu
47:31et tu reviens
47:32ok on a fini 3ème
47:34les gars
47:34on n'a pas gagné
47:35la Coupe du Monde
47:36et tu as tout ce moment
47:37où tu te dis
47:38ok
47:39on est fatigué
47:40on a envie de rentrer
47:41à la maison
47:42parce que
47:43quand tu finis
47:44mais surtout
47:45quand tu finis comme ça
47:46après un mois de compétition
47:49la compétition
47:50dans la première ligue
47:50elle ne va pas être retardée
47:51ou peu importe
47:52où tu te trouves
47:53ça ne va pas être retardé
47:54donc tu vas recevoir
47:55un certain temps de vacances
47:56qui va être moins que les autres
47:58et puis il faut
47:59donc même 24 heures
48:00si tu peux les récupérer
48:02en vacances
48:02tu veux le faire
48:03mais voilà
48:04c'est un peu le sentiment
48:05et au moment où on arrive
48:07et qu'on nous explique
48:08qu'il va y avoir
48:09un certain nombre de personnes
48:10d'abord
48:11on n'y croit pas
48:12on dit arrêtez
48:13c'est faux
48:15donc première chose
48:16qu'on décide de faire
48:17c'est d'aller célébrer
48:18tous ensemble
48:18avec notre ensemble
48:21justement
48:21notre ensemble
48:22de la Belgique
48:23donc nos trainings
48:24on est descendus de l'avion
48:25on est partis directement
48:26célébrer tous ensemble
48:27et le lendemain
48:29était prévue la parade
48:30donc la plupart sont restés
48:31donc on est restés
48:32avec les mêmes vêtements
48:33de l'avion
48:36la sortie ensemble
48:38et la parade en elle-même
48:40et après
48:41c'est la folie en fait
48:43parce que j'en ai fait des parades
48:45tu sais
48:45je veux pas te mentir
48:47et sans arrogance
48:49j'en ai fait des parades
48:50et c'est vrai que
48:51jamais en fait
48:53sachant que j'ai jamais joué
48:54j'avais encore jamais joué
48:55en Belgique
48:56je m'attendais à faire une parade
48:58en Belgique
48:59et donc
49:03le début en fait
49:04dans le bus
49:05donc d'abord la visite
49:07au palais
49:08et ensuite le début
49:09dans le bus
49:09où il y avait un peu de personnes
49:11où tu te dis
49:11bon
49:11ça va être un peu
49:13une purge
49:14et plus t'arrives
49:16vers la gare centrale
49:18et plus tu vois du monde
49:19et tu te dis
49:20attends c'est la folie ici
49:21et t'arrives
49:22sur la grande place
49:23et moi qui ai grandi
49:24à Bruxelles
49:25tu vois
49:25tu te dis
49:27ah oui
49:27là c'est fou
49:29donc aucun regret
49:30c'était super
49:31c'était magnifique
49:32c'était incroyable
49:32merci beaucoup Dédric
49:34merci à tous en tout cas
49:35de nous avoir suivis
49:36dans ce décrassage spécial
49:38Histoire de Diable
49:39on se retrouve très vite
49:40pour un nouvel épisode
49:41à bientôt
49:42salut
49:42DH Football Club
49:45le décrassage
49:46merci à tous
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