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  • il y a 2 jours
Chaque soir, Maxime Switek vous accompagne de 22h à 00h dans BFM Grand Soir.

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00:00Mais d'abord la guerre en Iran, les dernières heures, ces dernières heures ont été particulièrement tendues, les pires tensions
00:05peut-être depuis quasiment deux mois.
00:07Avec deux images à vous montrer ce soir, l'aéroport de Koweït ciblé par des frappes iraniennes, vous êtes à
00:14l'intérieur de l'aéroport, les dégâts sont considérables.
00:40On compte ce soir un mort, 63 blessés du côté de Koweït, des employés de l'aéroport, des voyageurs qui
00:45ont été touchés, regardez la panique sur une route à proximité de l'endroit des frappes, au moment justement des
00:52frappes.
01:18Et on va en parler avec nos invités ce soir, Elsa Vidal, bonsoir Elsa, Sergei Giranoff avec nous également, l
01:24'amiral Rogel, bonsoir amiral, merci d'être avec nous ce soir.
01:27Le lieutenant-colonel Guillaume Ancel, bonsoir Guillaume, Ulysse Gosset avec nous, Elisa Hadef qui est là.
01:32Cette fois-ci c'est sérieux, amiral, quand on voit les dégâts ? Ça fait quelques semaines que l'on
01:37voit des échanges de tirs, etc.
01:39Ça n'avait pas atteint ce degré-là ? Et j'allais dire même peut-être cette précision-là ?
01:44– Alors d'abord je pense qu'on est toujours dans le bras de fer dans le cadre des négociations
01:50et que les deux belligérants,
01:53alors je mets de côté pour l'instant Israël, les deux belligérants ont décidé de se rendre coup pour coup.
01:59On le signalait l'autre jour sur votre plateau, on voit que ça augmente un peu d'intensité,
02:05donc on n'est pas à la prise d'un dérapage.
02:08Néanmoins, ce que j'observe, c'est que cette attaque du Koweït, elle vient après une attaque d'un pétrolier
02:15iranien…
02:16– Et je vais refaire tout le scénario dans un instant, vous avez raison.
02:18– Par la marine américaine et par une attaque sur une tour de communication sur l'île de Koweït,
02:23qui est juste devant Bandar Abbas, et donc c'est la réplique iranienne.
02:28Ce que j'observe, c'est que c'est une attaque qui a été faite avec des missiles balistiques et
02:32des drones,
02:33donc ça conforte l'idée qu'on évoquait l'autre jour d'un commandant de contrôle,
02:38un C2 iranien qui fonctionne quand même, c'est-à-dire on est de bord et de bord.
02:44– Tu me frappes, je te frappe, mais à chaque fois on a l'impression,
02:47je ne sais pas ce que vous en pensez avec Guillaume Ancel, qu'on passe un cran supérieur.
02:51Enfin là, pardon, mais les images, ces images-là, ce ne sont pas les images qu'on a vues ces
02:54dernières semaines,
02:55ce ne sont pas forcément les images qu'on a vues depuis l'entrée en vigueur du cessez-le-feu,
02:59c'est-à-dire autour du 8 avril, on a une cible civile,
03:05alors ciblée ou est-ce que c'est de la destruction par la défense antiaérienne, etc., je ne sais pas,
03:08mais à l'arrivée, les dégâts sont considérables, on a un mort et 60 blessés.
03:11– En fait, les dégâts ne sont pas gigantesques, mais ils font énormément d'effets, pourquoi ?
03:15Parce que c'est l'aéroport qui est touché, et donc là, on n'est pas sur une base américaine
03:19où il y a un vague abri qui a été consommé, même si pour les Américains, ça coûte cher,
03:24mais honnêtement, pour le public, tout le monde s'en fout.
03:27L'aéroport, moi hier, il y a une amie qui me demandait
03:29si elle pouvait transiter par Koweït pour partir en Asie du Sud-Est.
03:33– Pas vraiment, non.
03:34– Je lui ai dit que ce n'était pas une idée géniale en ce moment,
03:36et ce soir, elle doit se dire, tiens, des fois, c'est bien de lui poser la question.
03:39Pourquoi ? Parce que ça met en insécurité toute la région.
03:43Et par ailleurs, il faudrait faire presque un parallèle avec l'escalade
03:46qu'on observe actuellement au Liban, où le Hezbollah provoque consensueusement
03:51au quotidien Israël, mais plus Israël frappe, et plus, en fait,
03:55il y a de provocations de Hezbollah.
03:57Donc on a l'impression que c'est une escalade sans fin,
03:59et on voit bien que dans ces escalades, les Américains, comme les Israéliens,
04:03sauf Netanyahou, qui cherchent à faire dérailler, manifestement,
04:06le processus de négociation, les deux réalisent que l'option militaire
04:11n'est pas efficace, qu'en fait, plus ils frappent, et puis plus ils se trouvent emportés.
04:16Et le fait que les Iraniens ont très bien saisi que ça ne servait à rien
04:20de s'opposer à l'Américaine, mais qu'il fallait frapper les pays du Golfe
04:23sur des cibles civiles, fait de gros dégâts, trois points de suspension médiatiques.
04:28– Sergei ?
04:28– C'est justement ça, parce qu'en fait, si vous regardez les communiqués de CENCOM,
04:33en fait, eux, ils disent, ça a été envoyé sur une base militaire,
04:36donc en Koweït et à Bahreïn, mais tous les missiles étaient abattus
04:41et tous les drones étaient abattus.
04:42Donc en fait, les Américains n'ont absolument pas souffert de ça.
04:45Ça veut dire qu'eux, ils ont répondu, et là, c'est une cible civile,
04:49un aéroport civil, en plus un aéroport important,
04:52qui a l'habitude, sur lequel on a l'habitude de faire transiter
04:56beaucoup, beaucoup de trafic entre l'Europe et l'Asie.
05:01Et bien évidemment, ça fait énormément de dégâts aux pays,
05:05aux pays qui étaient concernés.
05:07Et donc, du coup, la pression de Koweït sur les Américains, sur Donald Trump.
05:12– Alors justement, Lisa Haddèv, réaction ce soir de Donald Trump
05:14après ces frappes-là contre Koweït.
05:15– Oui, il était en train de signer des décrets, il a évoqué le sujet,
05:19il dit, on les a frappés plus forts que d'habitude,
05:21certains diront qu'ils ont été provoqués.
05:23Le cessez-le-feu dans cette partie du monde,
05:25c'est quand il y a des tirs plus modérés.
05:27– Oui, c'est une question d'intensité et degré.
05:29Surtout, ce qui est important, c'est qu'on voit que
05:31ce ne sont pas vraiment les actions militaires
05:33qui nous permettent de déterminer si le cessez-le-feu a volé en éclats,
05:37c'est l'appréhension, plutôt la compréhension,
05:40qu'en font les participants.
05:41Et en fait, ils ont l'air pour le moment d'être d'accord
05:44pour tolérer ce niveau de violence.
05:47Et les deux participants, les protagonistes,
05:50je dis deux, mais en réalité, ils sont trois,
05:52les États-Unis, Israël et l'Iran,
05:56peut-être plus si on compte les alliés du Golfe,
05:58eh bien, ils sont d'accord pour tolérer ce niveau de violence.
06:01Chacun s'en sert pour affirmer sa détermination,
06:05sa capacité à rendre coup pour coup.
06:07Et tant qu'on en sera là,
06:08on ne peut pas être sûr qu'on va sortir des négociations.
06:10Ulysse ?
06:11Escalade, oui, mais maîtrisé des deux côtés.
06:14On voit bien que le CENCOM répond parfaitement du tac au tac
06:17aux communiqués de l'Iran, en démentant, vous savez,
06:19en grosses lettres, c'est faux.
06:21Et les Iraniens, eux, disent, nous sommes dans une opération de représailles
06:24après l'expulsion de diplomates iraniens.
06:26Du tac au tac.
06:27Mais on est dans une spirale.
06:29Et c'est bien le danger.
06:29C'est qu'une étincelle peut provoquer d'autres escarmouches.
06:33On n'est pas au-delà pour l'instant.
06:35Le gros de la guerre, il se poursuit au Liban.
06:38Et c'est sans doute pour les Iraniens devenu, je dirais, le point central.
06:42C'est-à-dire que si Israël continue,
06:45même si jusqu'à présent, Netanyahou s'est arrêté.
06:48Il faut bien le noter.
06:49Vous savez, on raconte cette histoire.
06:51Lorsqu'il y a eu ce fameux coup de téléphone orageux
06:53entre Trump et Netanyahou, Trump a dit qu'il faut que ça s'arrête.
06:57Et il l'a confirmé au New York Times.
06:59Vous savez, notre ébahissement, lorsque Lisa nous a annoncé
07:03que Trump avait traité Netanyahou de taré,
07:05en lui disant, si je n'étais pas là, tu serais déjà en prison.
07:09Mais ce qui s'est passé concrètement, c'est que les avions israéliens
07:11étaient déjà en vol pour aller bombarder le sud de Beyrouth
07:14et qu'ils ont été arrêtés, retour à l'aéroport, sur pression de Trump.
07:18Donc c'est devenu le point central pour les Iraniens qui disent
07:21« S'il n'y a pas un cessez-le-feu véritable à Beyrouth et au sud-Liban,
07:27eh bien la guerre va reprendre. »
07:28Est-ce qu'on est, je dirais, à un point où la guerre pourrait reprendre ?
07:32Moi, je ne le pense pas.
07:33Je pense que Trump, d'ailleurs, il le dit encore ce soir,
07:35il dit finalement « les choses se passent bien ».
07:37Ça se passe bien.
07:37Ce n'est pas vrai.
07:38Mais il dit, il ajoute, ça pourrait se conclure ce week-end ou pas.
07:43Et autre déclaration importante…
07:44Ça, c'est du Trump.
07:45– Oui, oui, mais il a même dit dans une interview à une télévision
07:50qu'il pouvait dire « A » et 20 minutes plus tard,
07:53ça serait « B » parce que la situation a changé et que ce n'était pas de sa faute.
07:56Mais aujourd'hui, au Congrès, il y a quand même eu une intervention intéressante
07:58de Marco Rubio, le secrétaire d'État américain, qui a dit « la guerre est terminée ».
08:02– Vous êtes en train de piquer la prochaine réplique de Iraniens.
08:04– Non, mais je pense que Marco Rubio, c'est quand même l'un des plus sérieux de l'administration,
08:10si ce n'est le plus sérieux, le plus crédible.
08:11Et donc, il dit « la guerre est terminée », l'opération Épique Fury, c'est fini.
08:17Donc, il faut lire ses messages, mais pour l'instant, il n'y a pas d'accord.
08:21– Sergueil ou Guillaume, débrouillez-vous.
08:23– Sergueil, je ne tombe pas.
08:24– Non, merci Guillaume.
08:26En fait, Ulysse a volé les répliques de tout le monde.
08:32– Donc, il n'a plus rien à dire, j'ai pris la parole.
08:34– C'est juste la confirmation, parce qu'en fait, Trump a dit
08:37« Les fake médias ont dit que tout est fini, les pourparlers sont finis,
08:41c'est foutu pour foutu ».
08:43– Ah non ! Il a dit « Avant-hier, il y a eu des pourparlers,
08:47avant-hier, il y avait des pourparlers, hier, il y avait des pourparlers,
08:49aujourd'hui, il y a des pourparlers ».
08:50Ça veut dire que les pourparlers continuent.
08:52– Ce n'est pas foutu.
08:53– En fait, on voit bien les deux porteurs de tendance antagoniste auprès de Trump.
08:59Il y a Marco Rubio qui, comme l'a rappelé Ulysse,
09:02lui, essaie de rester sur une voie diplomatique.
09:04– Ministre américain des Affaires étrangères.
09:06– C'est son job.
09:07– Et son job, c'est de dire aux militaires,
09:10« Bon, maintenant, vous arrêtez là.
09:11Surtout, vous ne faites pas escalader la situation,
09:13parce qu'on essaye de conclure un accord,
09:15et on voit bien que l'accord est extrêmement difficile. »
09:17Et de l'autre, il y a Pitex-7,
09:19qui lui, je dirais, finalement, assez proche de Netanyahou.
09:21Fait tout pour qu'on reprenne la guerre.
09:23Et donc, dans les escalades, on imagine…
09:26– Pas sûr, pas sûr.
09:26– Pardon, pardon, Ulysse.
09:27– Pitex-7, il obéit à Donald Trump.
09:29Et d'ailleurs, au passage, une information,
09:31il sera en France le 6 juin, c'est samedi,
09:33pour les cérémonies du débarquement.
09:36C'est la première fois qu'il vient,
09:37on aura peut-être l'occasion d'interviewer.
09:38Il est là-bas avec Sébastien Lecornu,
09:42qui sera le grand maître de cérémonie.
09:43– Lecornu.
09:44– Lecornu.
09:45– Lecornu.
09:46– Je le disais avec l'accent de Pitex-7, pardon.
09:47– Mais, désolé, je ne serai pas le 6 juin
09:50pour accueillir Pitex-7,
09:52mais je confirme que Pitex-7, lui,
09:55défend une option de « il faut absolument y aller »,
09:57comme Netanyahou, dont il est assez proche du cercle,
10:00sur le thème, on est en train de louper une occasion
10:03de détruire beaucoup plus l'Iran.
10:05Et donc, on voit bien qu'il pousse en avant,
10:07en permanence, une option militaire.
10:09– Justement, parce que Trump dit
10:10« tout se passe bien ce soir ».
10:11Pardon, je vais vous montrer à quel point
10:13tout se passe bien.
10:13Les tensions dont on parlait,
10:14les frappes contre Koweït,
10:16elles étaient montées, ces tensions au fil des heures,
10:18jusqu'à cette frappe contre l'aéroport, on l'a vu.
10:20On va essayer de reprendre le scénario dans l'ordre,
10:22avec d'abord, la nuit dernière,
10:23ces tirs américains contre un pétrolier,
10:25tir contre la salle des machines,
10:27vous allez voir les images,
10:28pour l'empêcher d'atteindre l'île de Cargue.
10:31Ce pétrolier avait ignoré
10:33les mises en garde américaines.
10:35Sanctions, un missile Hellfire
10:36vers la salle des machines,
10:37et le bateau s'arrête.
10:39Les Américains qui ont aussi intercepté
10:40plusieurs drones iraniens
10:41qui ciblaient un navire marchand,
10:43et les Américains qui ont aussi frappé
10:45l'île de Kesh,
10:46une tour de télécommunication,
10:48notamment, qui a été visée,
10:50et à l'arrivée, donc,
10:51frappe iranienne,
10:52contre le Koweït,
10:53contre Bahreïn.
10:53Les Iraniens disent « on réplique,
10:55on riposte à ce que les Américains nous ont fait ».
10:57Bahreïn, on le rappelle au passage,
11:00c'est le siège de la cinquième flotte américaine.
11:02Amiral, à quoi jouent les Américains ?
11:05Que cherchent les Américains
11:06quand, par exemple,
11:07ils vont frapper l'île de Kesh,
11:09quand ils frappent une tour de télécommunication
11:11à cet endroit-là ?
11:12C'est quoi le but ?
11:13– Alors, sur le pétrolier,
11:15ils appliquent leur blocus à la lettre,
11:18comme font les Iraniens, d'ailleurs.
11:19C'est-à-dire, tout bateau qui enfreint
11:23la règle fixée par les Américains
11:25et par les Iraniens est frappée.
11:29La tour de communication de l'île de Kesh,
11:31c'est probablement pour brouiller
11:33ou empêcher la mise en œuvre facile
11:36de drones ou de relais
11:38vers les vedettes rapides iraniennes.
11:42– Sergueï ?
11:43– En fait, ce pétrolier était à vide.
11:45Et vous avez remarqué,
11:46ils se trouvaient à côté de l'île de Cargue.
11:48Ça veut dire qu'ils venaient là-bas
11:50pour être chargés
11:53parce qu'ils sont en train
11:54de se noyer dans le pétrole.
11:56On en a parlé il y a un mois quasiment.
11:59Et en fait, on disait,
12:00dans deux semaines, ça va être terminé,
12:02il faudra qu'ils ferment les puits.
12:03Et c'est pour ça, d'ailleurs,
12:05que les Américains l'ont rattrapé
12:07quasiment à côté de cette île
12:08pour l'empêcher de le faire.
12:10– Oui, Elsa ?
12:12– Je disais qu'il y a quelque chose
12:13d'un peu pathétique quand même
12:14dans le déroulé de ce cessez-le-feu,
12:16même si ça fait maintenant
12:19quasiment deux mois qu'il tient.
12:20Tout ce qu'on voit,
12:21tout ce qui se passe
12:22était prévu dans les jeux de guerre
12:24qui étaient réalisés par le Pentagone,
12:26mais aussi par le département d'État américain.
12:29– Les jeux de guerre,
12:29c'est-à-dire que c'est des simulations ?
12:31– Les simulations qu'on fait autour d'une table
12:32pour envisager
12:34quelle va être la réplique à notre stratégie.
12:36Il y a une équipe qui joue l'ennemi,
12:38une équipe qui joue la patrie qu'on défend.
12:40– La Mérale a joué.
12:41– Évidemment.
12:42– Et on essaie d'anticiper le plus possible
12:46ce que pourrait être la bataille.
12:48Et dans toutes les anticipations,
12:50on savait que l'Iran bloquerait Hormuz,
12:52on savait aussi que l'Iran
12:53allait taper sur les alliés américains.
12:56Et qu'est-ce qui est arrivé ?
12:58Ce qui est arrivé,
12:58c'est qu'en fait,
12:59il y a plein de diplomates américains
13:01qui ont été purgés par l'administration Trump,
13:04d'autres qui sont partis aussi.
13:06Il en manque encore énormément.
13:07Et en fait, on a des cerveaux tout à fait capables
13:09aux États-Unis de faire infiniment mieux que ça.
13:12Mais non, le bourbier,
13:13il a été créé par cette espèce de purge,
13:15par cette orientation ultra-politique.
13:17– Je vous donne la parole.
13:18Vraiment, je donne tout.
13:20Vous pourrez dire ce que vous voulez dans un instant.
13:21Mais d'abord, qu'est-ce que vous dites
13:22de ces images-là, Guillaume Ancel,
13:24où on voit des images publiées par Sencom,
13:26par le commandement central américain,
13:27justement d'un navire frappé visiblement
13:30par un projectile américain pour le stopper ?
13:33– C'est une interception qu'ils ont déjà pratiquée.
13:37Le missile Hellfire, c'est un missile
13:39qui a une toute petite charge,
13:41une charge de 25 kg.
13:42Donc on ne cherche pas à couler le navire.
13:44On détruit un endroit particulier.
13:46Normalement, ils ont appelé avant
13:47pour prévenir que le bateau allait faire l'objet d'un tir.
13:51Et donc la salle des machines a été évacuée.
13:53Mais ça va faire une destruction à l'intérieur
13:55qui est suffisante pour rendre pratiquement inopérant le bateau.
13:58Et puis surtout, pour faire peur à l'équipage,
14:00de dire si on va plus loin,
14:01la prochaine frappe, ça pourrait être une frappe
14:03où là, le bateau risquerait...
14:04– Et pardon, Guillaume, Amiral, pour faire peur
14:05aux autres équipages surtout,
14:07c'est-à-dire des bateaux environnants
14:09qui pourraient se dire « tiens, et si je tentais ? »
14:11– Ils appliquent leurs règles d'engagement.
14:13Ce genre de situation s'y entraîne en permanence
14:16lorsqu'on est une marine,
14:18qu'elle soit américaine ou française d'ailleurs.
14:22C'est d'abord des avertissements euros.
14:24Ensuite, c'est…
14:25Alors là, visiblement, il n'y en a pas eu,
14:27mais c'est des coups de saumon,
14:28c'est pour dire « bon, maintenant, c'est sérieux ».
14:29Et puis la troisième étape,
14:32c'est d'empêcher le bateau d'avancer.
14:34Pour empêcher le bateau d'avancer,
14:35vous visez soit la salle des machines,
14:37soit le gouvernail.
14:38Et donc c'est ce qui a été mis en œuvre,
14:40c'est un processus qui est assez courant,
14:43si je puis dire.
14:43C'est d'ailleurs, je crois, la sixième fois
14:45que les Américains tapent sur un bateau
14:51qui allait charger,
14:52puisque ce bateau-là,
14:53il avait un pavillon du Botswana,
14:54si mes renseignements sont exacts,
14:56qui allait charger ou décharger en Iran.
15:00Dans un instant, on verra d'ailleurs avec l'ISADEF,
15:03la stratégie qu'essaie d'adopter les Américains
15:06pour essayer de débloquer en partie Hormuz,
15:08beaucoup plus discrète que ce qu'il avait pu faire jusqu'à maintenant.
15:11Mais Diomencelle, je vous rends la parole
15:12parce que je vous l'avais volée.
15:13Merci beaucoup, parce que j'aimerais faire le parallèle ce soir,
15:15parce qu'on est très concentré sur le Golfe Persique,
15:17avec ce qui se passe en Ukraine et en Russie.
15:20parce que cette escalade,
15:22et je dirais surtout cette escalade dans les ripostes
15:24que les États-Unis n'arrivent pas à contrer,
15:27c'est exactement ce qui se passe pour Poutine,
15:29qui n'arrive pas à contrer les vagues de ripostes
15:32auxquelles procèdent désormais les Ukrainiens,
15:36qui ont touché une raffinerie près de Saint-Pétersbourg
15:38au moment où il y avait le Davos russe.
15:39Donc évidemment, ça ne faisait pas très bon effet
15:41de dire que la situation est maîtrisée,
15:43mais simplement l'incendie qui est là-bas,
15:44c'est les Ukrainiens qui l'ont déclenché.
15:46Et surtout, les Russes, comme les Américains,
15:49sont débordés par le phénomène des drones,
15:53parce que les drones, ça se tire à saturation.
15:55Ce n'est pas un engin technologiquement avancé,
15:57ce n'est pas un engin très puissant,
15:59tu es incapable de taper une cible durcie,
16:01mais le fait qu'on les tire en centaines d'exemplaires
16:04fait qu'aujourd'hui, personne ne s'est intercepté à coup sûr.
16:07C'est typiquement ce qui s'est passé sur Koweït,
16:10les Américains ont remarquablement intercepté
16:12ce qui venait sur les bases militaires,
16:13mais le drone qui est allé frapper l'aéroport civil
16:16où il y a des civils qui sont en train de transiter,
16:19ça, ça fait des dégâts médiatiques considérables.
16:22Le parler avec l'Ukraine, il est tout à fait justifié,
16:24mais moi, il m'inquiète beaucoup,
16:26parce que ce à quoi on assiste actuellement dans le Golfe,
16:28c'est qu'on s'installe dans une sorte de période
16:31de ni paix ni guerre, de drôle de guerre,
16:32où on a un jour un pétrolier iranien
16:35qui est attaqué par les Américains,
16:37un autre jour les Iraniens qui attaquent un pétrolier
16:40qui est sous couvert américain,
16:42et les Américains qui attaquent l'île de Keshe.
16:45Souvenez-vous, au début de la guerre,
16:46pendant la vraie guerre, pendant les premiers 40 jours,
16:48si l'Amérique avait attaqué l'île de Keshe,
16:50ça ferait la une et on parlerait toute la soirée.
16:52Là, c'est devenu quasiment banal.
16:54Donc on s'installe dans cette série de banalités,
16:58d'escarmouches, de ripostes, etc.
17:01Et quand vous me dites l'Ukraine,
17:02moi je dis 4 ans de guerre.
17:04Est-ce que ça veut dire qu'on va s'installer
17:05pendant des mois, on en est déjà à plus de 90 jours,
17:09et est-ce que ça peut durer jusqu'à la fin de l'année ?
17:10Est-ce que Trump a le temps finalement
17:12de patienter et d'attendre que l'accord vienne
17:15alors que les économies européennes, asiatiques et autres souffrent ?
17:19Et quelle va être la répercussion de tout cela
17:21sur les agriculteurs en Afrique, en Asie et même ailleurs ?
17:25Avec la hausse des coûts des engrais,
17:27on peut avoir des dégâts absolument majeurs
17:30dans l'agriculture mondiale,
17:31donc la hausse des prix également dans ce domaine-là.
17:33Donc si vous voulez, moi je suis assez préoccupé
17:35par ce climat, où on a l'impression
17:37que finalement on va laisser faire,
17:38et puis tant que ça ne va pas trop loin,
17:40tant que ça ne déborde pas dans une nouvelle guerre
17:42et une offensive majeure américano-israélienne,
17:45eh bien on s'y habitue et on va laisser faire.
17:47Je suis curieux de voir ce que vous notez, Amiral.
17:49Je prends quelques petites notes pour essayer de ne pas faire
17:57le parallèle entre l'Iran et l'Ukraine justement.
18:00Je crois que la différence fondamentale,
18:03qui a été rappelée à tout le monde avec force
18:05lors de cette affaire iranienne,
18:07c'est que l'une des voies de communication essentielles
18:11pour les sociétés, qui est la mer,
18:13a été coupée au détroit d'Hormuz.
18:17– Ce n'est pas le cas en Mer-Noir, même s'il y a des attaques.
18:20Ce n'est pas le cas en Baltique, avec Saint-Pédard-Zour,
18:23même si tout le monde traque la flotte photome.
18:26Je crois que, en tout cas mon impression,
18:28c'est qu'en réalité si tout le monde dit qu'il a le temps,
18:33Trump dit qu'il a le temps,
18:34qu'il peut attendre indéfiniment jusqu'au mi-terme,
18:36– Oui, il dit qu'il se moque de tout de toute façon,
18:38mais en réalité non.
18:40Trump a quand même un problème politique maintenant sur les bras,
18:43et je pense, je suis d'accord avec vous,
18:44en disant que c'est Rubio qui a pris la main
18:47là-bas pour essayer de sortir
18:49de cet effet militaire
18:51qui n'aboutit plus,
18:52et puis du côté iranien, ils sont quand même
18:54exsangues financièrement,
18:56et ils n'arrivent pas à se débarrasser de leur pétrole.
18:59Donc je crois qu'on est dans
19:01une phase là qui est,
19:03j'espère ne pas me tromper,
19:05mais je ne vois pas la guerre s'éterniser.
19:07Alors sur quoi ça aboutira
19:09l'accord ?
19:10Ça ne sera pas un accord de paix, ça sera un accord de cesser le feu,
19:13je pense, ça ne sera sûrement pas un accord de paix.
19:15Et chacun devra faire des concessions
19:16sur le nucléaire,
19:17sur Hormuz, sur...
19:18Vous parlez de Trump à l'instant,
19:20Amiral, on ira à la Maison-Blanche dans un instant,
19:21parce que Trump a une nouvelle idée,
19:22c'est qu'il veut rencontrer Moshtaba Khomeini,
19:24le guide suprême iranien.
19:27On y reviendra avec Antoine Delar qui nous attend à la Maison-Blanche.
19:29Mais d'abord, on reste dans l'étroit d'Hormuz,
19:31l'Isadev,
19:31parce que les Américains ont développé une nouvelle stratégie.
19:34On se souvient du projet liberté de Trump
19:37qui voulait vider Hormuz
19:39de ces pétroliers,
19:40notamment en les escortant,
19:41les protégeant, etc.,
19:42à grand fort de tambours et de trompettes.
19:44Ça avait duré 48 heures,
19:45ça s'était arrêté.
19:46Les Américains ont mis en place une nouvelle stratégie,
19:48beaucoup plus discrète.
19:49Alors, plus light,
19:50c'est comme ça que c'est qualifié,
19:51plus discrète,
19:51précisément pour être plus efficace.
19:54Le plan des Américains,
19:55c'est concrètement de créer un couloir maritime
19:57très précis,
19:58dans lequel ils estiment évidemment
20:00qu'il n'y a aucune mine iranienne.
20:01Regardez,
20:02ce couloir est situé
20:03près des côtes Omanais
20:05et il faut les longer
20:06comme ceci
20:07jusqu'au détroit d'Hormuz
20:08pour atteindre le golfe Persique.
20:10Et il y a des règles,
20:11les navires doivent désactiver
20:12leurs transpondeurs
20:13et doivent rester en contact
20:15avec l'armée américaine.
20:17Et grâce à cette gestion à distance,
20:18cette surveillance à distance,
20:19si jamais l'Iran attaque les navires,
20:22les États-Unis leur offrent là
20:23une protection.
20:24Ce n'est pas une escorte
20:25à proprement parler,
20:26mais plutôt une coordination.
20:28C'est en tout cas comme ça
20:28que c'est qualifié,
20:29coordination pour réguler
20:31le transit des navires.
20:32Vous n'avez pas l'air
20:32totalement confiant, Guillaume Roussel.
20:34Je connais moins les armateurs
20:35que Bernard,
20:36mais je n'en connais pas
20:37beaucoup d'armateurs
20:38qui oseront faire ça.
20:39Parce que risquer un bateau
20:41à 100 millions de dollars
20:42pour une vague promesse
20:43de ne vous inquiétez pas,
20:45on vous protège,
20:46mais à distance,
20:46d'autant que la menace principale
20:48ce ne sont pas les mines,
20:50ce sont les drones.
20:51Or les Américains
20:52ont parfaitement démontré
20:53qu'ils ne savaient pas
20:53protéger d'attaques de drones.
20:55Donc votre bateau
20:56qui est attaqué deux ou trois fois
20:57par des drones,
20:58vu la facture,
20:59à mon avis les assureurs
21:00ont envie de faire l'arbitre
21:00et pas au sens des États-Unis.
21:02– Mais la réalité,
21:03vous contredit Guillaume,
21:04parce qu'ils le font,
21:05parce qu'il y a plusieurs bateaux
21:06qui ont débranché justement
21:07leurs transporteurs
21:08et donc en fait,
21:09à compte-gouttes,
21:11ça commence à...
21:11À compte-gouttes pour le moment.
21:13– À compte-gouttes.
21:13– À compte-gouttes,
21:14mais ça commence à circuler.
21:15– Mais juste une chose,
21:17Amiral,
21:19cette stratégie-là
21:20pour vider Hormuz
21:21d'une certaine manière,
21:22ça peut durer longtemps,
21:23ça peut tenir réellement longtemps,
21:24d'avoir la marine américaine
21:26qui dit,
21:26attendez,
21:26vous inquiétez pas,
21:27on est là pour vous protéger,
21:28etc.
21:28– Le principe,
21:29c'est de faire,
21:30comme ça a été très bien montré
21:31sur la carte,
21:32de faire que les bateaux
21:33rasent la péninsule nord d'Omane
21:37pour une simple raison,
21:38c'est de pouvoir avoir
21:39une couverture aérienne
21:42pour détruire éventuellement
21:44les drones.
21:44Là,
21:45ce à quoi on est assis,
21:47c'est pas le rétablissement
21:48des 120 bateaux jours d'Hormuz,
21:50on est sur quelques unités
21:52qui passent ultra protégées
21:54par la marine américaine.
21:56Donc,
21:57c'est un Liberty 2.0,
22:00infiniment moins flamboyant
22:04que l'opération.
22:05Ils peuvent le faire,
22:07mais ils le feront ponctuellement,
22:08ils pourront pas couvrir
22:09une centaine de bateaux
22:11qui passeraient par là
22:12et qui resteront malgré tout
22:14une cible pour les drones
22:15mais aussi pour les petites
22:16vedettes rapides
22:16et les missiles anti-navirs.
22:18Je rappelle quand même
22:19que la largeur d'Hormuz,
22:21c'est 30 kilomètres,
22:22donc c'est largement emporté
22:23de tous les missiles iraniens.
22:24Évidemment, Ulysse ?
22:24C'est un scénario, je pense,
22:26assez fin et assez intelligent,
22:28un peu comme l'a été la décision
22:30de faire un blocus américain
22:31pour contrer le blocus iranien.
22:33Alors, évidemment,
22:35ce corridor peut être attaqué
22:36par les drones,
22:37ça c'est clair,
22:38mais c'est les eaux omanaises.
22:40Donc, juridiquement,
22:41les Iraniens n'ont aucun droit.
22:43Et donc, les Américains,
22:44s'ils ont la capacité
22:46d'une no-fly zone,
22:48entre guillemets,
22:48s'ils ont les systèmes
22:50de défense anti-drone,
22:52et ils les ont,
22:52ils le montrent tous les jours.
22:54Quand les Iraniens disent
22:55on a lancé des drones
22:56sur tel et tel bâtiment,
22:57et bien les Américains disent
22:57oui, il y a eu,
22:58mais on les a tous interceptés.
23:00Donc, ils ont la capacité militaire,
23:02c'est une zone
23:02beaucoup plus réduite,
23:03donc c'est intéressant.
23:04Et surtout, je pense qu'on verra
23:06si ça fonctionne ou pas,
23:07mais c'est surtout le fait
23:08que les Américains
23:08cherchent chaque fois la riposte
23:10pour essayer de contrer l'Iran
23:12et de remettre l'Iran
23:14dans son couloir à lui,
23:15c'est-à-dire de l'autre côté
23:17du Détroit.
23:18Donc, intéressant.
23:19Non, et ça va un peu
23:21dans le sens du scénario lent
23:22dont on parlait,
23:23c'est-à-dire que si Trump
23:24arrivait avec ses bateaux de guerre
23:26à faire ce scénario-là,
23:27eh bien, il pourrait, en fait,
23:29prendre son temps
23:30et ne pas exiger un accord
23:31demain matin des Iraniens,
23:33ce qui nous ramène
23:34à des semaines
23:35et des semaines supplémentaires
23:36d'attente.
23:36Guillaume ?
23:37Intéressant,
23:38mais pas suffisant,
23:39Agnès.
23:39Certainement pas.
23:40Pas suffisant,
23:40parce que justement,
23:41la question, c'est le flux.
23:42On a besoin de faire passer
23:44120 bateaux par jour.
23:45Donc, si vous en escortez,
23:46vous arriverez à en faire
23:47une vingtaine ou une trentaine
23:48au maximum.
23:49Et donc, ça veut dire
23:49qu'on ne résout pas l'équation
23:51de comment est-ce qu'on réalimente
23:52ce circuit international
23:54qui est crucial
23:54pour toutes nos économies.
23:56Au contraire,
23:56on organiserait une forme
23:57de rareté.
23:58Et donc, ce serait une pression,
24:00une tension permanente
24:01sur les prix.
24:02Et là, je reviens
24:03sur ce que tu expliquais
24:04tout à l'heure.
24:04C'est vrai qu'on arrive
24:05dans une situation hybride
24:07où on a d'un côté
24:08un Marco Rubio
24:09qui déclare qu'il n'y aura
24:09plus d'opérations militaires
24:10soutenues,
24:11mais on n'est pas vraiment
24:12en situation de paix.
24:13Donc, on est limite
24:15de l'enlisement
24:15dans cette situation-là.
24:17Amirad,
24:18je veux voir réagir ?
24:18Non, on ne sera pas...
24:19On ne sera plus à horizon visible
24:23dans une situation de paix.
24:24On sera dans un cessez-le-feu
24:25plus ou moins appliqué
24:27qui reposera sur une confiance minimale
24:30entre les Iraniens
24:32et les Américains.
24:33Mais je pense que pour des années
24:35et des années,
24:35on ne pourra pas parler de paix.
24:36Ce n'est pas un processus de paix.
24:37Pour des années et des années ?
24:38Oui, c'est un processus
24:39de cessez-le-feu.
24:40Ce n'est pas un processus de paix.
24:42Alors, logiquement,
24:43à ce moment de l'émission,
24:44Antoine Nellard doit apparaître
24:45en direct de la Maison-Blanche.
24:46Antoine, est-ce que vous êtes là ?
24:47Oui, je vous vois.
24:48Bonsoir, Antoine Nellard,
24:50à la Maison-Blanche.
24:51Antoine, je lisais
24:51la dernière idée de Donald Trump.
24:53Il le dit.
24:54Il voudrait,
24:55je ne sais pas à quel point
24:56c'est sérieux ou pas,
24:57rencontrer le guide suprême iranien
24:59Mojtaba Ramenei.
25:03Oui, parce que Donald Trump
25:04indique que Ramenei
25:06est personnellement impliqué
25:08dans les discussions.
25:09Et donc, Donald Trump
25:10dit qu'il veut à terme
25:11le rencontrer.
25:13Il affirme même
25:13qu'il a beaucoup de respect
25:14pour le nouveau guide suprême.
25:16Alors, cette déclaration,
25:17elle est parfaitement cohérente
25:18avec la logique de Donald Trump.
25:20Trump est convaincu
25:21qu'il peut régler
25:21tous les problèmes du monde
25:22grâce aux relations personnelles
25:24qu'il peut avoir
25:25avec certains dirigeants.
25:26Il est convaincu
25:27que dans ses rencontres
25:28en tête à tête,
25:29il peut conclure des deals.
25:31Et c'est pour ça
25:31qu'il s'est rapproché
25:32de Vladimir Poutine,
25:33de Xi Jinping
25:33ou même de Kim Jong-un
25:35lors de son premier mandat.
25:37Et donc, aujourd'hui,
25:38Mojtaba Ramenei.
25:39Alors, pour le moment,
25:40autant vous dire
25:40que cette rencontre
25:41n'est pas du tout
25:42à l'ordre du jour.
25:43Ça relève plus du fantasme.
25:45Mais ça fait aussi partie,
25:46finalement,
25:47de ce que Donald Trump
25:47aime faire.
25:48Si d'aventure,
25:49cette rencontre avait lieu,
25:50si d'aventure,
25:50il avait une poignée de main
25:51entre Trump
25:52et le guide suprême,
25:53ce serait évidemment
25:54un moment historique
25:55pour les livres d'histoire,
25:56un moment où
25:57les caméras du monde entier
25:58seraient braquées
25:58sur Donald Trump.
25:59Et ça, le président américain
26:00adore, il adore être
26:02au centre du jeu.
26:03En attendant que ce moment
26:05potentiellement arrive,
26:06Trump s'attache surtout
26:07à dire aux Américains
26:09que tout va bien,
26:10que les dénégociations
26:10avancent vite
26:11et qu'elles pourraient même
26:12aboutir dès ce week-end.
26:14C'est la dernière déclaration
26:15qu'il a faite
26:16il y a quelques minutes
26:16depuis le bureau Oval
26:18où il a organisé
26:18un point presse improvisé.
26:20Antoine Nelard
26:21à la Maison-Blanche
26:22pour BFM TV.
26:23Elsa Vidal,
26:24vraiment,
26:24quand on sait,
26:25pardon,
26:25mais entre les Américains
26:26et les Iraniens,
26:27je ne sais pas comment dire ça,
26:28les valises de détestation,
26:30de haine,
26:31de mauvais souvenirs,
26:32de douleur.
26:33Il n'en a pas toujours
26:34été comme ça
26:34et je crois que
26:35Donald Trump
26:36a vraiment
26:37une confiance extraordinaire
26:39dans sa capacité
26:40à négocier,
26:42on dirait aller vers
26:43et il se compare
26:45aux plus puissants,
26:47aux plus brutaux
26:48et il aime,
26:49je pense,
26:51se poser en égal.
26:52Il a cette confiance
26:54dans la capacité
26:55à tisser
26:56des liens personnels
26:57et encore une fois,
26:58il a envie
26:59de se positionner
27:00à ce niveau.
27:01Alors,
27:01il a quand même
27:02eu des propos
27:02très déplacés
27:03vis-à-vis de Moustaba Khamenei
27:05en disant
27:05qu'il est en pièce détachée
27:06au même moment
27:07où il disait
27:07j'ai envie de le rencontrer.
27:09Donc,
27:09bon,
27:10qui a-t-il vraiment
27:11envie de rencontrer
27:11et dans quel état ?
27:12Est-ce que c'est pour faire
27:13étalage de sa supériorité ?
27:15Mais en réalité,
27:16il y a beaucoup
27:17de présidents américains
27:19qui ont rencontré
27:19des leaders iraniens
27:20et il n'y a pas toujours eu
27:22cette tension extrême
27:24qu'on voit.
27:25Donc,
27:25ça pourrait avoir un sens
27:27mais ça ne peut avoir un sens
27:28qu'une fois un accord conclu.
27:30Autant dire
27:30qu'on est très très loin
27:32dans une lointaine galaxie.
27:34Sergueil vous disait
27:34il a raison.
27:35Il a raison
27:36parce que,
27:37vous savez,
27:37il y a deux mois,
27:40on s'est posé la question
27:41Trump va peut-être
27:43aller au Pakistan.
27:45et vous avez posé
27:47la question
27:47et je vous ai répondu
27:48pour rencontrer qui ?
27:51Parce que,
27:51c'est ça le problème
27:52en Iran.
27:53Parce que,
27:53la seule personne
27:54qui est à son niveau,
27:55c'est Mosh Tabak Khamenei.
27:57Bon,
27:58pour le moment,
27:59il est plutôt virtuel.
28:00On ne sait pas
28:01s'il est en pièces détachées
28:02mais en tout cas,
28:03il est caché.
28:04C'est un imam caché.
28:05Donc,
28:05c'est quelque chose
28:06que les Chis connaissent bien
28:09et apprécient.
28:10mais c'est tout à fait
28:11logique pour Trump
28:12et en fait,
28:13Elisa,
28:14vous avez dit
28:14il l'a traité
28:15de tous les noms
28:16mais souvenez-vous
28:17avec Kim Jong-un ?
28:18Absolument.
28:19Rocket Man,
28:20enfin,
28:20les noms d'oiseaux
28:22qui ont volé
28:23pendant des semaines
28:23et des semaines
28:24et puis après,
28:25boum,
28:25Trump dit
28:26je vais le remercier.
28:27ok,
28:28il nous reste très peu de temps
28:29mais juste une chose,
28:30je voyais bien l'intérêt
28:31que pouvait avoir
28:32Kim Jong-un
28:33à rencontrer Trump.
28:35Quel est l'intérêt
28:36de Khamenei dans ce cas-là ?
28:37Alors,
28:37attendez,
28:38moi je pense que c'est intéressant
28:39que Trump lance
28:40ce nouveau poisson,
28:41j'y crois pas du tout,
28:42c'est-à-dire que je vois pas du tout
28:43Trump aller en Iran
28:44tant que les gardiens
28:45de la révolution
28:45sont au pouvoir.
28:46Mais par contre,
28:47il envoie un signal
28:47au guide lui-même,
28:48quel que soit son état,
28:49on sait qu'il est grillement blessé,
28:50qu'il est probablement incapable
28:52de paraître devant une caméra,
28:54mais d'une certaine manière,
28:55il légitime
28:56l'actuel système iranien
28:58qui repose toujours officiellement
28:59sur ce guide suprême
29:00avec les gardiens de la révolution.
29:02Et donc,
29:02le message,
29:03il est clair,
29:03on peut discuter
29:05et finalement,
29:05c'est un interlocuteur.
29:08Que vont en faire les Iraniens ?
29:09C'est la prochaine état.
29:10Vous avez 20 secondes,
29:11Guillaume Ancel,
29:11et 20 secondes pour l'amiral.
29:12Comment est-ce qu'on peut encore croire
29:13Donald Trump ?
29:14Je rappelle qu'ici,
29:15il y a deux soirs,
29:16il avait dit qu'il avait obtenu
29:17un accord de cessez-le-feu
29:18entre Israël et le Hezbollah,
29:19et que l'armée israélienne
29:20n'allait plus frapper Beyrouth.
29:22Alors quand il dit
29:22que le week-end prochain,
29:23il y aura un truc,
29:24je rappelle que c'est juste
29:24le huitième week-end
29:26où il nous annonce
29:26qu'il va avoir un accord.
29:28Amiral.
29:28Moi, je partage l'avis
29:30d'Ulysse Gosset
29:31sur le fait que c'est assez habile.
29:33Il remet le pouvoir religieux
29:34au centre du jeu,
29:36alors que les principaux opposants
29:38à l'accord,
29:38c'est les jusqu'au boutisme
29:39des gardiens de la révolution.
29:41Donc, ce n'est pas si idiot que ça.
29:43Alors, ça ne se fera pas,
29:45probablement.
29:46Je pense que Trump a aussi
29:48une grande confiance
29:49dans son pouvoir
29:49de persuasion personnelle,
29:51ça c'est clair.
29:52Mais je trouve qu'il y a
29:54une certaine logique,
29:55en tout cas dans l'état
29:56des négociations.
29:57Attention à ce qui se passe
29:58en Israël,
29:59entre Netanyahou,
30:00le Premier ministre,
30:00et son opinion publique.
30:01Il y a un choc frontal
30:02et la cause de tout,
30:04c'est Trump qui dit
30:05arrêtez les bombardements
30:06à Beyrouth.
30:07On continue à suivre tout ça,
30:08évidemment, sur BFM TV.
30:09Merci à tous les cinq.
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