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  • il y a 21 heures
Après l'examen du projet de loi d'urgence pour la protection et la souveraineté agricoles et ses plus de 1 600 amendements du 19 au 30 mai, l'heure du vote a sonné. Présenté en conseil des ministres le 8 avril dernier, le projet de loi devra ensuite être examiné par les sénateurs. Le texte avait été promis par le gouvernement en réaction aux mobilisations agricoles fin 2025. Regardez les députés se succéder à la tribune pour exprimer la position de leur groupe sur un texte largement retravaillé et réécrit au fil des séances.

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00:00:01Générique
00:00:07Bonjour et bienvenue dans la séance est ouverte.
00:00:10Nous sommes le mardi 2 juin, les députés s'apprêtent à voter le projet de loi d'urgence pour la
00:00:14protection et la souveraineté agricole.
00:00:16Le texte présenté en Conseil des ministres le 8 avril dernier a été débattu du 19 au 30 mai.
00:00:22Mais les modifications apportées ne convainquent pas tout le monde.
00:00:25Direction l'hémicycle, regardez.
00:00:28L'ordre du jour appelle les explications de vote et le vote par scrutin public sur l'ensemble du projet
00:00:32de loi d'urgence pour la protection et la souveraineté agricole.
00:00:35Il y aura des explications de vote de 5 minutes par groupe et la première à s'exprimer sera madame
00:00:41Marie Pochon pour le groupe écologiste et social.
00:00:49Merci madame la présidente, mesdames et messieurs les rapporteurs, mesdames les ministres, chers collègues.
00:00:55Je vous cite « Les fermes françaises, globalement de taille intermédiaire, fondées sur un modèle familial, ne peuvent pas toujours
00:01:02tenir la cadence face à des exploitations bien plus vastes.
00:01:05Une phrase à l'ouverture du salon de l'agriculture après une loi d'orientation agricole, une loi permettant l
00:01:10'épandage de pesticides par drone et une loi du plomb pour réautoriser les néonicotinoïdes.
00:01:14Désormais une loi d'urgence et dans tout cela une seule et même doctrine, celle de la compétitivité de la
00:01:19ferme France sur les marchés internationaux face à des holdings nourris aux accords de libre-échange,
00:01:25aux engrais russes, aux tourteaux de soja, aux phyto, celle du nivellement par le bas, du resserrement des prix, de
00:01:30la course à la compétitivité, de la destruction de toutes les normes environnementales et sanitaires,
00:01:35celle de l'infime minorité face à la grande majorité qui disparaîtra, celle qui monte l'agriculture contre l'écologie
00:01:41et contre tout le monde d'ailleurs en réduisant toute démocratie à son sujet.
00:01:46Cent mille agriculteurs ont mis la clé sous la porte depuis l'arrivée au pouvoir d'Emmanuel Macron.
00:01:50Tenir la cadence.
00:01:52Madame la ministre, ce que je vois dans la Drôme et partout en France, ce sont des éleveurs qui sont
00:01:56coincés entre la dépendance aux aides, le foncier précaire et les abattoirs qui ferment.
00:02:00Ce sont les vignerons qui arrachent, les arboriculteurs qui font face aux impacts du changement climatique, les éleveurs laitiers victimes
00:02:07de la surproduction faute de régulation des filières.
00:02:10Ce sont les trésoreries qui sont au plus bas, l'endettement qui s'accroît.
00:02:13Votre loi pour elles et eux ne répond en rien aux urgences.
00:02:17Ce que je vois dans la Drôme et ailleurs, ce sont des élus qui déplacent des montagnes pour l'approvisionnement
00:02:21local et bio de leur cantine scolaire.
00:02:24Ce sont des agriculteurs qui se diversifient, cherchent des solutions face aux crises.
00:02:27Ce sont des éleveurs qui s'installent et ne demandent pas d'anéantir le loup, mais demandent juste à ne
00:02:32pas être seul pour s'en protéger.
00:02:34Ce sont des gens qui veulent vivre en paix avec les habitants de leur commune.
00:02:37Des familles qui veulent vivre dignes avec des revenus décents pour un travail qui les rend fiers.
00:02:41Ces gens-là, ils nous demandent d'assurer leur autonomie, de les aider à structurer et parfois réguler leur filière.
00:02:46De leur garantir des prix rémunérateurs dans les négociations commerciales.
00:02:49D'anticiper avec eux les effets du changement climatique.
00:02:53Alors ici, je veux remercier celles et ceux qui se battent pour un autre destin que la revente par pièce
00:02:57de notre agriculture à des financiers.
00:02:59Je veux remercier les agriculteurs et agricultrices qui s'installent malgré tout,
00:03:03qui ne veulent ni de vos modèles importés d'ailleurs, ni de vos statuts spéciaux, qui veulent juste vivre de
00:03:07leur travail.
00:03:08Ils et elles sont la dignité intacte de notre pays quand vous n'êtes que l'illustration de la collision
00:03:13d'intérêts privés et d'industriels.
00:03:14En leur nom, nous avons pu inscrire l'interdiction de l'importation de produits agricoles cultivés avec des substances interdites
00:03:20en France pour des raisons sanitaires ou environnementales.
00:03:23Une mesure clé face à la concurrence déloyale.
00:03:26Nous avons pu inscrire l'objectif de 100% de viande française servie dans la restauration collective.
00:03:30Nous avons adopté une mesure garantissant que les prix planchers ne puissent être inférieurs au coût de production,
00:03:36ce qui est de bon sens et que cette assemblée avait déjà adoptée.
00:03:40Voilà trois mesures qui répondaient concrètement aux urgences agricoles.
00:03:43Non pas pour tenir la cadence, mais au contraire pour protéger.
00:03:46Non pas pour déréguler en tous sens en espérant que certains parviennent à tenir le choc,
00:03:50mais pour assurer l'attractivité et la fierté des métiers agricoles.
00:03:54Une grande loi de réconciliation, l'appelez-vous.
00:03:57Ce samedi, aux dernières heures d'examen du texte, vous avez fait supprimer,
00:04:00avec le soutien amical des députés du Rassemblement National,
00:04:03décidément des bons paillassons macronistes,
00:04:05la seule disposition intéressante de ce projet de loi, les tunnels de prix.
00:04:09Madame la Ministre, j'avais abordé ce texte avec un sincère espoir
00:04:13qu'il vienne protéger notre marché intérieur des produits qui ne respectent pas nos normes,
00:04:18qu'il assure aux producteurs des revenus dignes,
00:04:20qu'il assure aux enfants français de pouvoir se nourrir sainement.
00:04:24A la fin, il n'y reste qu'une obsession, celle de détruire l'environnement.
00:04:28Il vous faut un bouc émissaire pour cacher votre inaction.
00:04:31Cette fois-ci, ce sont donc les tirs de loups dans les réserves naturelles,
00:04:34l'affaiblissement de la protection des zones humides ou des seuils ICPE,
00:04:37la possibilité pour les préfets de s'asseoir sur les décisions de justice,
00:04:40la suppression des objectifs de sobriété dans les usages de l'eau
00:04:43et des réunions publiques avant les projets de stockage.
00:04:46C'est tout simplement une folie, moins d'un an après la loi Duplomb,
00:04:49elle-même passée en force, sans débat,
00:04:51que de constater les recours et les mobilisations citoyennes sur un sujet
00:04:54et d'y répondre par le passage en force,
00:04:56plutôt que par la concertation et l'appropriation collective.
00:04:59Vous parlez de réconciliation, vous construisez la défiance.
00:05:03Madame la ministre, ce texte sera sans nul doute adopté aujourd'hui.
00:05:07Il sera même empiré au Sénat avec votre ami Duplomb.
00:05:10Il ne sera appliqué qu'à moitié, car de toute façon,
00:05:13on attend encore les décrets des lois précédentes.
00:05:15Vous serez tous très fiers, mais on n'aura rien changé.
00:05:17Le temps de se retourner, on aura encore perdu des dizaines de milliers d'agriculteurs.
00:05:21Alors, de ce sincère espoir que cette loi change quoi que ce soit en bien,
00:05:24comprenez que je n'en ai plus aucun.
00:05:27Nous voterons donc contre ce PJL d'urgence agricole.
00:05:31Merci beaucoup, Madame la députée.
00:05:33La parole est à présent à Monsieur Eric Martineau pour le groupe Les Démocrates.
00:05:41Bonjour, Madame la Présidente.
00:05:49Madame la Présidente,
00:05:51Mesdames les Ministres, Messieurs les Réporteurs,
00:05:55mes chers collègues.
00:05:56Au terme de l'examen du projet de loi d'urgence pour la protection et la souveraineté agricole,
00:06:02le groupe Les Démocrates votera en faveur de ce texte.
00:06:06Nous le ferons parce que notre agriculture traverse une période de profonde mutation
00:06:11et de forte tension.
00:06:13Et parce que ce texte apporte des réponses concrètes
00:06:15à plusieurs préoccupations exprimées par le monde agricole.
00:06:19Depuis plusieurs années, nos agriculteurs sont confrontés à l'accumulation des difficultés.
00:06:25Hausse des coûts de production, instabilité des marchés, conséquences du changement climatique,
00:06:30pression normative, tensions géopolitiques et interrogations sur l'avenir de certaines filières.
00:06:37Dans ce contexte, notre responsabilité est claire.
00:06:40Préserver notre capacité à produire, garantir notre souveraineté alimentaire
00:06:44et permettre à celles et ceux qui nous nourrissent de vivre dignement de leur travail.
00:06:48C'est dans cet esprit que le groupe Les Démocrates a abordé ce texte.
00:06:52Nous l'avons fait en recherchant des solutions concrètes plutôt que des postures,
00:06:56en défendant une ligne d'équilibre entre impératifs de production,
00:07:01exigences économiques et lutte contre le changement climatique,
00:07:05en se donnant les moyens de la transition environnementale.
00:07:08Car nous refusons d'opposer agriculture et environnement.
00:07:14La souveraineté alimentaire sera durable ou ne sera pas.
00:07:18Nous refusons également de laisser croire que les difficultés du monde agricole
00:07:22pourraient être résolues par quelques slogans ou par des mesures symboliques et inefficaces.
00:07:28Ce texte contient des avancées utiles.
00:07:31Je pense par exemple à la lutte contre les concurrences déloyales,
00:07:35l'accès à l'eau, la protection du potentiel productif,
00:07:39notamment à travers le soutien à la construction de bâtiments d'élevage,
00:07:43mais aussi la lutte contre les excès de la prédation,
00:07:46la défense de l'outil du travail agricole, en particulier face aux dégradations.
00:07:52Lors de l'examen de ce texte, plusieurs dispositions contradictoires,
00:07:57inopérantes ou démagogiques ont néanmoins été adoptées
00:08:01par l'alliance de l'extrême droite et l'extrême gauche.
00:08:03La poursuite de la navette parlementaire devra permettre d'en améliorer la cohérence,
00:08:09tout en préservant les avancées utiles et les équilibres construits au fil des discussions.
00:08:15Notre groupe Les Démocrates a porté et obtenu plusieurs avancées concrètes au cours des débats.
00:08:21Nous avons renforcé les contrats d'avenir,
00:08:24afin qu'ils participent pleinement aux objectifs de souveraineté alimentaire,
00:08:28de transition et de renouvellement des générations.
00:08:31Nous avons fait adopter plusieurs dispositions sur la gestion de l'eau,
00:08:36la transparence des instances locales
00:08:38et sur l'assouplissement applicable aux petits plans d'eau de moins d'un hectare en zone humide.
00:08:45Nous avons également renforcé la protection de l'outil de travail agricole
00:08:49et porté des dispositions sur le sanitaire et le foncier.
00:08:53Sur le revenu, nous avons défendu l'amélioration des indicateurs économiques utilisés dans les relations commerciales.
00:09:02A titre personnel, je pense que nous devrons avancer encore davantage sur la structuration des filières
00:09:08et en encourageant les regroupements en associations d'organisations de producteurs,
00:09:13car l'impact concret des lois EGALIM dépend en grande partie de la capacité des filières
00:09:19à se les approprier et à s'organiser.
00:09:23Enfin, notre groupe aura soutenu des mesures de transparence concernant les objectifs d'EGALIM
00:09:28et veillé à préserver la crédibilité des dispositifs de qualité auxquels les consommateurs sont attachés.
00:09:35Nous savons que ce texte ne résoudra pas à lui seul tout l'ensemble des difficultés du monde agricole.
00:09:41Mais ces avancées traduisent la méthode qui est la nôtre.
00:09:45Simplifier sans fragiliser, protéger sans opposer et produire sans renoncer aux transitions nécessaires.
00:09:54D'autres chantiers restent devant nous.
00:09:56La mise en œuvre effective des mesures adoptées, la préparation de la future PAC
00:10:00et surtout le défi du renouvellement des générations,
00:10:04qui peut et doit être une opportunité pour faire face aux défis climatiques.
00:10:10Dans les prochaines années, de nombreux agriculteurs partiront à la retraite.
00:10:14Si nous voulons maintenir une agriculture forte, diverse, résiliente sur l'ensemble de nos territoires,
00:10:21nous devons redonner confiance à celles et à ceux qui souhaitent s'installer et entreprendre.
00:10:27C'est précisément parce que ce texte contient des mesures utiles,
00:10:31circonscrites en particulier à l'eau, la prédation ou le revenu des agriculteurs
00:10:36et parce qu'il renforce plusieurs outils attendus par ces mêmes agriculteurs
00:10:40et contribue à la protection de notre souveraineté alimentaire,
00:10:44le groupe Les Dévotes Cratins votera tout en appelant à rester vigilant dans la suite des débats.
00:10:51Je vous remercie mesdames les ministres et vous tous.
00:10:53Merci.
00:10:53Merci beaucoup, Monsieur le député.
00:10:56La parole est à présent à Monsieur Thierry Benoît pour le groupe Horizon et Indépendance.
00:11:12Merci, Madame la Présidente.
00:11:14Mesdames les ministres, Monsieur le Président de la Commission des affaires économiques,
00:11:17je voudrais saluer l'ensemble des quatre rapporteurs
00:11:22et adresser mes premiers mots à vous, Madame la ministre de l'Agriculture,
00:11:26Madame la ministre en charge de l'environnement et de la tradition écologique, vous me pardonnerez,
00:11:29mais je voudrais saluer le courage de la ministre de l'Agriculture,
00:11:32votre courage, Madame la ministre, parce que vous avez parcouru l'ensemble des 1500 amendements.
00:11:40Je voudrais aussi saluer le travail de nos quatre co-rapporteurs, Jean-René Cazeneuve, Julien Dive, Nathalie Cogia et Xavier
00:11:49Roseraine,
00:11:50parce que cette équipe, cet arsenal, cette armada a fait qu'au final,
00:11:56moi de mon côté avec le groupe Horizon et Indépendance, je vois le vert à moitié plein.
00:12:01On a travaillé ici dans l'hémicycle avec les rapports de force que nous connaissons.
00:12:06Donc ce n'est pas simple, tout n'est pas parfait, il faut que le texte aille au Sénat,
00:12:10qu'il nous revienne en commission mixte paritaire.
00:12:13Mais ce que je retiens quand même, c'est que, Madame la ministre,
00:12:16vous aviez identifié aussitôt après les mouvements des agriculteurs de France à l'hiver dernier,
00:12:23quelques sujets qui étaient notamment la question de l'eau,
00:12:27les prédateurs et plus particulièrement le loup et les moyens de production.
00:12:30Un premier point, moi, que je veux souligner et qui fait le lien avec la loi d'orientation agricole
00:12:36qui avait été portée à l'époque par Marc Fénaud, ce sont les projets d'avenir agricole.
00:12:41C'est cher aux jeunes agriculteurs, mais cette politique de projet, cette politique de filière,
00:12:47peut et doit surtout encourager et développer la notion de polyculture élevage
00:12:53dans un maximum de régions de France.
00:12:55Le deuxième point que je voudrais souligner, c'est tout ce qui tourne autour de la concurrence
00:12:59des loyales et le fait qu'on fasse venir dans notre pays pour la consommation
00:13:05et notamment la restauration collective, des produits tracés, bien identifiés,
00:13:10avec, pour la restauration collective, des mentions valorisantes accrues dans la poursuite des galimes
00:13:16avec les 50% de circuits courts, produits locaux, durables et d'agriculture bio.
00:13:22Je voudrais aussi souligner et remercier le travail collectif qui a permis à des agriculteurs,
00:13:27à des associations, l'exemple de Bleu Blanqueurs, qui font que leur travail décennal,
00:13:34de plusieurs dizaines d'années, est reconnu dans ce texte de loi.
00:13:38Souligné pour ce qui concerne l'eau, on a travaillé pour sécuriser l'accès à l'eau,
00:13:43la constitution de réserve, la proportionnalité des compensations des zones humides,
00:13:48tout ça va dans le bon sens, en maintenant les normes environnementales,
00:13:52madame la ministre de l'Environnement, en simplifiant les procédures administratives
00:13:57et en fluidifiant finalement les circuits de décision.
00:14:01Pour ce qui concerne le loup, grâce au travail de notre rapporteur
00:14:06et au dépôt de ses amendements avec l'appui d'une majorité de députés,
00:14:11nous avons pu identifier et travailler sur la notion de tir de nuit
00:14:15à vision nocturne ou thermique, mais dans les cas de tir de défense,
00:14:20la notion de tir d'effarouchement à OCT a été bien circonscrite
00:14:25et enfin la définition du plafond annuel du nombre de loups abattus
00:14:30sera donc définie par arrêté conjoint, ministère de l'Agriculture, ministère de l'Environnement.
00:14:35Pour ce qui concerne les moyennes productions, moi qui suis député de Bretagne,
00:14:40je suis naturellement sensible à la question des élevages et des installations classées
00:14:45pour la protection de l'environnement et je voudrais saluer les propositions
00:14:49qui ont été celles du gouvernement, les vôtres, madame Genevin, madame la ministre,
00:14:53pour permettre à nos agriculteurs de France de moderniser leurs bâtiments,
00:14:59pour tout d'abord travailler sur la question de la compétitivité de l'agriculture française,
00:15:03travailler sur la question du bien-être animal, travailler sur la question de la maîtrise de l'énergie dans les
00:15:12bâtiments
00:15:12et la question des conditions de travail de nos éleveurs.
00:15:15A titre d'exemple, ne serait-ce que dans le secteur de la volaille,
00:15:19nous avons besoin de 2200 poulaillers d'ici à 2035.
00:15:24Je salue aussi tout le travail qui a été réalisé, notamment par l'appui de Jean-René Cazeneuve, rapporteur,
00:15:30sur le renforcement de la lutte contre les intrusions.
00:15:35Dorénavant, quelqu'un qui va s'introduire dans un bâtiment d'élevage ou dans des parcelles,
00:15:40intrusion, dégradation ou vol, non seulement ces biens sont considérés comme faisant partie du patrimoine privé
00:15:47des agriculteurs et des exploitations agricoles,
00:15:50mais surtout ces vols, ces dégradations et ces intrusions feront l'objet de sanctions renforcées.
00:15:57Et je trouve que c'est une excellente chose.
00:15:59Les recours abusifs qui font que les dossiers qui sont en faveur de la souveraineté agricole et alimentaire
00:16:06et qui retardent les projets seront là aussi bien encadrés et sanctionnés.
00:16:12Et donc je dirais que tous ces éléments vont dans le bon sens.
00:16:14Il reste un point crucial, c'est tout ce qui tourne autour de la poursuite des négociations commerciales,
00:16:19les tunnels de prix, les prix planchers.
00:16:22Là, il faut vraiment que le Sénat travaille et qu'en commission paritaire,
00:16:26on trouve un atterrissage, je dirais, plausible pour que l'agriculture française reste compétitive
00:16:33dans l'Union Européenne mais aussi dans le monde.
00:16:35Et donc le groupe Horizon et Indépendant votera ce texte de loi.
00:16:40Je vous remercie.
00:16:40Merci beaucoup, monsieur le député.
00:16:43La parole est à présent à monsieur David Topiak pour le groupe Liberté indépendant Outre-mer et Territoire.
00:16:56Madame la Présidente, Mesdames les Ministres,
00:17:00Madame et Messieurs les rapporteurs,
00:17:02Monsieur le Président de la Commission des Affaires Économiques,
00:17:05Madame la Présidente de la Commission des DAT,
00:17:08chers collègues,
00:17:10Aujourd'hui, la question est simple.
00:17:11Ce texte va-t-il changer la vie des agriculteurs,
00:17:14leur permettre de vivre mieux de leur travail,
00:17:18les aider face aux crises climatiques, sanitaires et économiques ?
00:17:22Il y a des avancées, améliorées par les débats.
00:17:25Les projets d'avenir agricole permettront une planification rare et salutaire,
00:17:30accompagnée de financements.
00:17:32Notre groupe a obtenu des précisions importantes,
00:17:34le maintien des outils de transformation dans les abattoirs
00:17:37et la prise en compte des réalités ultramarines,
00:17:40notamment les filières à forte valeur ajoutée
00:17:42et la pollution des sols au chlordécone.
00:17:45Sur la restauration collective,
00:17:47nous avons fait inscrire l'exemplarité de l'État
00:17:49dans le respect des objectifs égalimes,
00:17:51obtenus des plans d'action pour les établissements de santé
00:17:54qui ne les respectent pas
00:17:55et l'extension de l'obligation de servir des produits européens
00:17:58à la restauration collective privée
00:18:00contre l'avis du gouvernement.
00:18:02Nous regrettons que l'objectif de 10% des produits issus
00:18:06du commerce équitable européen n'ait pas été retenu.
00:18:08Le commerce équitable inclut des produits français
00:18:11comme ceux d'étiquables implantés dans mon territoire.
00:18:15Sur la protection de l'eau potable,
00:18:17une première étape l'est franchie.
00:18:18Il fallait sortir de l'immobilisme du gouvernement,
00:18:21mais il faudra aller plus loin encore
00:18:22pour protéger les Français et accompagner les agriculteurs.
00:18:26Nous saluons les mesures de préservation des terres agricoles,
00:18:28notamment via les affaires,
00:18:30et la lutte contre les vols.
00:18:32Le démantèlement récent d'une filière de vols
00:18:34de GPS agricole montre l'ampleur du prix judice.
00:18:36Plus de 150 faits recensés
00:18:38pour un coût estimé à 2,5 millions d'euros.
00:18:41Il reste cependant de vraies fragilités.
00:18:44L'article 2 pose question
00:18:46pour les Outre-mer
00:18:47qui dépendent d'importations de produits alimentaires
00:18:49de pays hors Union européenne.
00:18:51Le gouvernement doit garantir
00:18:52que le dispositif ne créera pas de rupture,
00:18:54d'approvisionnement ni de hausse de prix.
00:18:57Sur le changement climatique,
00:18:59l'équilibre n'est pas satisfaisant.
00:19:01Oui, il faut pouvoir stocker l'eau
00:19:03lorsque c'est nécessaire et encadré,
00:19:05mais les financements prennent souvent défauts
00:19:07faute d'une cartographie des cours d'eau
00:19:09en déficit à jour.
00:19:10En Occitanie,
00:19:11territoire expérimental sur l'eau,
00:19:13il faudra également soutenir
00:19:14l'adaptation des cultures
00:19:15et le développement des pratiques agroécologiques.
00:19:19La gouvernance de l'eau doit rester lisible
00:19:22et démocratique.
00:19:23Multiplier les dispositifs,
00:19:24diminuer le rôle des commissions locales de l'eau
00:19:26ne simplifiera pas forcément les décisions.
00:19:30Sur la prédation,
00:19:31des avancées existent pour le loup.
00:19:32Il faudra vite en évaluer l'efficacité
00:19:34pour les troupeaux et la préservation de l'espèce.
00:19:37En revanche,
00:19:37le gouvernement a tort d'écarter
00:19:38les amendements sur l'ours,
00:19:40les sangliers ou le corps moral,
00:19:41laissant les acteurs sans réponse.
00:19:43Autre faiblesse,
00:19:44c'est la méthode sur les sujets sanitaires.
00:19:46Le gouvernement veut légiférer par ordonnance
00:19:48alors que les conclusions des assises sanitaires
00:19:51et les travaux du CIRAD sur la DNC
00:19:53restent attendues.
00:19:54Il écarte l'anticipation,
00:19:56la recherche et la prévention.
00:19:58Même problème aux articles 317,
00:20:00encore des ordonnances,
00:20:01encore un Parlement mis à distance.
00:20:03Mais la grande faiblesse du texte,
00:20:05c'est le revenu agricole.
00:20:07Vivre dignement de son travail
00:20:08est un droit fondamental
00:20:09qui aujourd'hui,
00:20:10pour beaucoup d'agriculteurs,
00:20:11n'est pas garanti.
00:20:12Depuis des années,
00:20:13l'agriculteur français
00:20:14a gagné en productivité.
00:20:16Les agriculteurs produisent le plus,
00:20:17mieux,
00:20:18avec des exigences croissantes.
00:20:21Pourtant,
00:20:21beaucoup ne voient pas
00:20:22leur revenu suivre.
00:20:24La valeur est diffusée
00:20:25hors des exploitations.
00:20:26Vers les consommateurs,
00:20:28pas des prix contenus,
00:20:28vers l'amont,
00:20:29vers l'aval,
00:20:30via la transformation,
00:20:31la logistique
00:20:32et la distribution.
00:20:34Le problème n'est donc pas forcément
00:20:36la création de valeur,
00:20:36mais sa répartition.
00:20:38C'est cela qu'il faut traiter
00:20:39et le texte n'est pas à la hauteur.
00:20:41L'article 21
00:20:43qui devrait porter
00:20:43les tunnels de prix
00:20:44a été supprimé
00:20:45par le groupe EPR
00:20:46avec le soutien du gouvernement.
00:20:47Justifier cette suppression
00:20:49par un amendement jugé
00:20:50trop ambitieux
00:20:50à l'article 19
00:20:51est profondément contestable.
00:20:53Si un dispositif est fragile,
00:20:55on le retravaille,
00:20:57on ne le supprime pas.
00:20:58Le principal article
00:20:59sur le revenu
00:21:00était nécessaire
00:21:01en fin d'examen,
00:21:02un samedi,
00:21:03après des jours de débat
00:21:04sans alternative.
00:21:06Le gouvernement
00:21:07avait déjà en commission
00:21:08conditionné des tunnels
00:21:09de prix
00:21:09et une demande formelle
00:21:11des interprofessions
00:21:11rendant le mécanisme inopérant
00:21:13dans plusieurs filières,
00:21:14notamment la viticulture,
00:21:15qui attend beaucoup
00:21:16sur ce sujet.
00:21:18Arrêtons d'afficher
00:21:18des ambitions
00:21:19et de reculer au moment
00:21:20d'inscrire des outils
00:21:21effectifs dans la loi.
00:21:22Notre groupe votera
00:21:23majoritairement en faveur
00:21:24de ce texte,
00:21:25sans illusion
00:21:26et sans enthousiasme.
00:21:27Ce n'est pas un blanc-seing.
00:21:29Nous appelons le Sénat
00:21:30à reprendre ses responsabilités.
00:21:32Pour certains d'entre nous,
00:21:33le vote après la CMP
00:21:34dépendra des avancées
00:21:36sur la question du revenu.
00:21:37La réalité est simple.
00:21:39Pas de souveraineté alimentaire
00:21:41sans producteur,
00:21:42pas de producteur sans revenu
00:21:43et pas de revenu
00:21:45sans meilleure répartition
00:21:46de la valeur.
00:21:47Je vous remercie.
00:21:48Merci beaucoup,
00:21:49Monsieur le député.
00:21:51La parole est à présent
00:21:52à Monsieur Julien Bruggerolle
00:21:54pour le groupe
00:21:54Gauche, Démocrate et Républicaine.
00:22:08Merci Madame la Présidente,
00:22:10Mesdames les Ministres,
00:22:12Monsieur le rapporteur,
00:22:12Monsieur le Président de la Commission,
00:22:13chers collègues.
00:22:15La première lecture
00:22:16de ce projet de loi
00:22:17dit d'urgence agricole
00:22:18aura malheureusement
00:22:19confirmé l'appréciation
00:22:21que nous avions initialement
00:22:22sur ce texte.
00:22:24En dehors de quelques mesures
00:22:25bienvenues,
00:22:26comme l'extension
00:22:27du cadre d'intervention
00:22:28des SAFER afin de préserver
00:22:29le foncier agricole
00:22:30ou le renforcement
00:22:32des exigences
00:22:33au regard des produits
00:22:33servis dans la restauration
00:22:35collective publique,
00:22:36nos débats ont confirmé
00:22:38nos traintes
00:22:38sur les orientations
00:22:39que soutient le gouvernement.
00:22:41À quelques encablures
00:22:42de l'élection présidentielle,
00:22:44l'intention était visiblement
00:22:45de donner des gages
00:22:47aux organisations syndicales
00:22:48agricoles majoritaires.
00:22:50Mais il n'est pas du tout certain
00:22:51que l'atterrissage législatif
00:22:53soit même à la hauteur
00:22:54des attentes du monde agricole.
00:22:56Nous pensons même
00:22:57qu'il risque de renforcer
00:22:58au final certaines fractures.
00:23:00D'abord,
00:23:01parce que c'est paradoxalement
00:23:03à la toute fin
00:23:03de l'examen
00:23:04de ce projet de loi
00:23:05que nous avons commencé
00:23:06à aborder
00:23:06une des principales
00:23:08urgences
00:23:08qui touche
00:23:08nos agriculteurs.
00:23:09Je veux parler
00:23:10de la question centrale
00:23:11du revenu
00:23:11et de la répartition
00:23:13de la valeur ajoutée.
00:23:14Que révèlent nos débats ?
00:23:16Que l'opposition
00:23:17du gouvernement
00:23:18à la garantie
00:23:18de prix minimum
00:23:19traduit bien
00:23:20les deux visions politiques
00:23:21qui s'opposent.
00:23:22Une vision libérale
00:23:23qui continue
00:23:25de vouloir esquiver
00:23:26les rapports de force
00:23:26qui s'exercent
00:23:27tout au long
00:23:27de la chaîne de valeur
00:23:28en s'en tenant
00:23:29à des indicateurs
00:23:30de prix de référence
00:23:31sans pouvoir
00:23:32d'intervention réelle
00:23:33des producteurs
00:23:34et de leurs organisations
00:23:35et la suppression
00:23:36de l'article 21
00:23:38en étant sans doute
00:23:39l'ultime aveu.
00:23:41Et une vision
00:23:42de notre côté
00:23:43interventionniste,
00:23:44la nôtre,
00:23:44qui assume
00:23:45qu'il faut répondre
00:23:46à l'absence
00:23:46de prix rémunérateurs
00:23:47par des outils
00:23:48de régulation des prix
00:23:49et d'intervention publique
00:23:50très fort
00:23:51pour sécuriser les revenus.
00:23:53Alors ce débat
00:23:54n'est pas nouveau
00:23:54mais il nous semble
00:23:56toujours plus d'actualité
00:23:57à l'heure
00:23:58où les contraintes
00:23:59économiques,
00:23:59climatiques,
00:24:00sanitaires
00:24:01et environnementales
00:24:02qui pèsent sur l'activité
00:24:03agricole
00:24:03se renforcent chaque jour.
00:24:05Force est de constater
00:24:06que la question
00:24:07des revenus agricoles
00:24:08n'a pas été résolue
00:24:09par les différentes lois
00:24:10EGALIM
00:24:11et que les déséquilibres
00:24:12persisteront
00:24:13si la liberté contractuelle
00:24:15continue de primer
00:24:16sur la régulation
00:24:17et sur le pouvoir
00:24:18d'intervention
00:24:19des producteurs
00:24:19dans la détermination
00:24:21des prix d'achat.
00:24:22Sans réorientation profonde,
00:24:24aujourd'hui comme hier,
00:24:26c'est toujours
00:24:26vers le gaspilleur financier
00:24:29qui ira à la richesse
00:24:30des champs
00:24:31pour paraphraser Jaurès.
00:24:33De la même façon,
00:24:35la lutte contre
00:24:35les concurrences déloyales
00:24:37est un enjeu décisif.
00:24:38Mais comment ne pas
00:24:39s'interroger devant
00:24:40la fuite en avant
00:24:41à laquelle nous assistons,
00:24:43intracommunautaire
00:24:44d'une part
00:24:44avec la dissolution
00:24:46progressive
00:24:46de la politique agricole
00:24:47commune
00:24:48et d'autre part
00:24:49avec la frénésie
00:24:51de la conclusion
00:24:51d'accords de libre-échange.
00:24:53Cette folie
00:24:54de la concurrence
00:24:55nourrit la course
00:24:56à la compétitivité prix
00:24:57qui nourrit
00:24:58la baisse
00:24:59des prix d'achat
00:25:00qui nourrit
00:25:01elle-même
00:25:01la disparition
00:25:02de dizaines de milliers
00:25:03d'exploitations supplémentaires
00:25:04comme nous l'avons
00:25:05tristement vécu
00:25:06ces dix dernières années.
00:25:09Y répondons-nous
00:25:10efficacement
00:25:11en réduisant
00:25:12les protections
00:25:13visant l'environnement
00:25:14et les consommateurs
00:25:15comme les outils d'ailleurs
00:25:15de régulation
00:25:16au service des agriculteurs.
00:25:17Je ne le crois pas.
00:25:19Répondons-nous
00:25:19aux effets structurels
00:25:20de cette mise
00:25:21en concurrence permanente
00:25:22par un simple
00:25:23renforcement
00:25:24des contrôles
00:25:25qui resteront
00:25:27marginaux
00:25:27au regard des volumes
00:25:28importés
00:25:28et de la faiblesse
00:25:30des moyens
00:25:30humains mobilisables.
00:25:32Je ne le crois pas.
00:25:33Plus grave encore
00:25:34Madame la Ministre,
00:25:35certains articles
00:25:36de ce texte
00:25:37risquent d'accompagner
00:25:38le glissement
00:25:39de notre modèle agricole
00:25:40vers une agriculture
00:25:41toujours plus alignée
00:25:42sur les standards
00:25:43internationaux
00:25:44au risque
00:25:45de porter
00:25:45un coût fatal
00:25:46à nos structures
00:25:47familiales
00:25:47au détriment
00:25:48de l'emploi
00:25:49et de la qualité
00:25:50des productions.
00:25:52Soulignons aussi
00:25:53qu'aucun des enjeux
00:25:55en matière
00:25:55de renforcement
00:25:56de l'autonomie alimentaire
00:25:57dans nos territoires
00:25:58d'outre-mer
00:25:59n'a été abordé
00:25:59par ce texte.
00:26:01Enfin,
00:26:02je terminerai
00:26:02sur les dispositions
00:26:03adoptées
00:26:04en matière
00:26:04de gestion
00:26:04de l'eau.
00:26:05Nous ne sommes pas
00:26:07de ceux
00:26:07qui s'opposent
00:26:08à tout projet
00:26:09de stockage
00:26:09mais les articles
00:26:11adoptés
00:26:11ne feront
00:26:12que déstabiliser
00:26:13le fragile équilibre
00:26:15existant
00:26:16en matière
00:26:17de gestion
00:26:17de l'eau
00:26:17par bassin
00:26:18versant
00:26:18pour lui
00:26:19substituer
00:26:20des outils
00:26:21dérogatoires
00:26:21aux contours
00:26:22et à la gouvernance
00:26:23toujours plus flou.
00:26:25Ils ne feront,
00:26:26j'en suis persuadé,
00:26:27qu'accentuer
00:26:28les conflits
00:26:29d'usage
00:26:29aux dépens
00:26:30d'une gestion
00:26:31démocratique
00:26:32cohérente
00:26:32par bassin
00:26:33et sous-bassin
00:26:34que les contraintes
00:26:35climatiques
00:26:35qui vont s'exercer
00:26:36sur l'ensemble
00:26:37du territoire
00:26:37rendent
00:26:38indispensables.
00:26:39Devant les enjeux
00:26:40de partage
00:26:41de la ressource
00:26:41et de planification
00:26:42des usages,
00:26:43nous n'échapperons
00:26:44pas à la nécessité
00:26:45d'une grande loi
00:26:46sur l'eau.
00:26:46Pour toutes ces raisons
00:26:48et malgré l'apport
00:26:49de certaines dispositions
00:26:50du texte,
00:26:51les députés communistes
00:26:53et du groupe
00:26:53de la gauche démocrate
00:26:54et républicaine
00:26:55s'y opposeront.
00:26:58Merci beaucoup
00:26:59Monsieur le député.
00:27:00La parole est à présent
00:27:01Monsieur Pierre-Henri Carbonel
00:27:02pour le groupe UDR.
00:27:13Madame la Présidente,
00:27:14Madame la Ministre,
00:27:15Messieurs les rapporteurs,
00:27:16mes chers collègues,
00:27:17je prends aujourd'hui
00:27:18la parole
00:27:18à une conviction profonde
00:27:19qu'en France,
00:27:20l'agriculture
00:27:21n'est effectivement
00:27:21pas un secteur
00:27:23comme un autre.
00:27:24Si l'agriculture française
00:27:25venait à disparaître,
00:27:26ce ne serait pas seulement
00:27:28une crise économique,
00:27:29ce serait l'effacement
00:27:30silencieux
00:27:31d'une part
00:27:31de la France elle-même.
00:27:33elle est ce qui a façonné
00:27:34nos paysages,
00:27:35structuré nos villages,
00:27:36dessiné nos territoires.
00:27:38Elle est ce qui a créé
00:27:39notre art de vivre,
00:27:40notre gastronomie,
00:27:41notre rapport à la terre
00:27:42et au temps.
00:27:43Elle est une part
00:27:44de notre identité nationale.
00:27:46Et lorsque l'agriculture
00:27:47souffre,
00:27:48c'est une certaine idée
00:27:49de la France
00:27:50qui vacille.
00:27:51Je parle ici
00:27:52comme agriculteur
00:27:53profondément enraciné
00:27:54dans son territoire
00:27:55où chaque exploitation
00:27:56qui disparaît
00:27:57est un drame humain,
00:27:58familial,
00:27:59territorial.
00:28:00Alors oui,
00:28:01ce projet de loi
00:28:01comporte quelques avancées
00:28:03obtenues grâce
00:28:03à l'Alliance RNUDR.
00:28:05Elles sont modestes,
00:28:07largement insuffisantes,
00:28:08mais elles existent.
00:28:10Grâce à notre travail,
00:28:11ce texte a été ramené
00:28:12vers la production,
00:28:13la souveraineté
00:28:14et le bon sens paysan.
00:28:15Sans nous,
00:28:16le gouvernement
00:28:16aurait bien été incapable
00:28:18de protéger
00:28:19les agriculteurs.
00:28:20Mais nous ne nous mentons pas,
00:28:21ce texte ne répond pas
00:28:22aux causes profondes
00:28:23de l'effondrement agricole
00:28:24que traverse notre pays.
00:28:25Car le principal problème
00:28:27demeure intact,
00:28:29celui d'une concurrence
00:28:30déloyale
00:28:30devenue insupportable.
00:28:33Vous continuez
00:28:34de défendre
00:28:34une prétendue
00:28:35préférence européenne
00:28:36alors même
00:28:37que les écarts de normes,
00:28:38de charges
00:28:38et de contraintes
00:28:39au sein de l'UE
00:28:40explosent sous nos yeux.
00:28:42Dans le même temps,
00:28:43lors des discussions,
00:28:44le gouvernement
00:28:45a systématiquement refusé
00:28:46toute idée
00:28:47de préférence nationale
00:28:48dans les commandes
00:28:49publiques ou privées.
00:28:51Le résultat,
00:28:52nos agriculteurs
00:28:52se doivent de respecter
00:28:54toujours plus de règles
00:28:55pendant que les produits
00:28:56étrangers,
00:28:57souvent produits
00:28:57dans des conditions
00:28:58que nous nous intervierions
00:28:59chez nous,
00:29:00entrent librement
00:29:00sur notre marché.
00:29:02Mais je vous le demande,
00:29:03comment ne peut-on
00:29:04pas être révoltés ?
00:29:05La vérité,
00:29:06c'est que ce texte
00:29:06refuse soigneusement
00:29:07de toucher au cadre européen
00:29:09qui est pourtant au cœur
00:29:10d'une grande partie
00:29:10des difficultés agricoles
00:29:12françaises.
00:29:13Et parfois même,
00:29:14ce projet de loi recule.
00:29:16Je pense notamment
00:29:17aux attentes
00:29:17contre un signe officiel
00:29:18de qualité et d'origine.
00:29:19Mais pourquoi ?
00:29:21Eh bien,
00:29:22simplement parce qu'au fond
00:29:23demeure toujours
00:29:24la même obsession
00:29:24idéologique autour du bio,
00:29:26y compris lorsque cela
00:29:27conduit à importer
00:29:28des produits
00:29:28venus de l'autre bout
00:29:29du monde,
00:29:30alors même que nos filières
00:29:31Label Rouge AOP,
00:29:32IGP,
00:29:33respectent des cahiers
00:29:34de charges
00:29:34extrêmement stricts
00:29:36et exigeants,
00:29:37maintenant l'emploi local
00:29:38et structure nos territoires.
00:29:40Vous préférez importer
00:29:41vertueusement
00:29:42plutôt que de produire
00:29:43souverainement.
00:29:44Sur la question de l'eau
00:29:46également,
00:29:46ce texte reste
00:29:47d'une timidité inquiétante.
00:29:50Nous avons empêché
00:29:51que l'eau,
00:29:51qui est une condition
00:29:52vitale de production,
00:29:54soit une fois de plus
00:29:55transformée
00:29:55en outil de contrôle
00:29:57et de blocage.
00:29:58Aucune agrade avancée,
00:29:59aucune rupture,
00:30:01toujours les mêmes
00:30:01blocages administratifs
00:30:03et idéologiques.
00:30:04Pourtant,
00:30:04sans eau,
00:30:05il n'y aura demain
00:30:06ni souveraineté alimentaire
00:30:07ni agriculture française.
00:30:10Mais ce sujet
00:30:11demeure tabou,
00:30:12enfermé dans une vision
00:30:13punitive des croissances
00:30:14qui condamne progressivement
00:30:16notre capacité de production.
00:30:18Sans nos groupes,
00:30:19ce texte serait devenu
00:30:20le trophée d'une gauche
00:30:21qui rêve d'une agriculture
00:30:22dans des jardinières
00:30:23quand nous défendons
00:30:25l'agriculture
00:30:26qui nourrit la France.
00:30:28Mes chers collègues,
00:30:29ce texte porte surtout
00:30:30la marque d'un échec politique
00:30:31plus profond.
00:30:32Car il est difficile
00:30:33de croire à une vision,
00:30:35à une grande ambition agricole
00:30:36venant d'un gouvernement
00:30:37qui,
00:30:38il y a quelques mois,
00:30:39répondit au cri du cœur
00:30:40des agriculteurs
00:30:41par des blindés
00:30:42et des CRS.
00:30:43Il est difficile
00:30:43de croire à un sursaut
00:30:45lorsque les propres députés
00:30:46de la majorité
00:30:47ont eux-mêmes déposé
00:30:49des amendements
00:30:49contre des pans entiers
00:30:51du texte gouvernemental.
00:30:53Ce projet de loi
00:30:54est finalement
00:30:54à l'image du macronisme,
00:30:56beaucoup de communication,
00:30:58quelques ajustements techniques,
00:30:59mais aucune remise
00:31:00en cause réelle
00:31:01du système
00:31:01qui détruit progressivement
00:31:03notre agriculture.
00:31:04Il y a dans cette fin
00:31:06de règne technocratique
00:31:07quelque chose
00:31:08de profondément honteux.
00:31:09Pourtant,
00:31:10nous savons sur le terrain
00:31:11que la moindre avancée
00:31:12compte désormais
00:31:13pour des exploitations
00:31:14déjà à bout de souffle.
00:31:16Quand tant d'agriculteurs
00:31:17vivent sans visibilité,
00:31:19sans revenu digne,
00:31:20sans possibilité
00:31:21de transmission,
00:31:22chaque simplification utile
00:31:24peut permettre
00:31:24à certains
00:31:25de tenir encore.
00:31:26Alors,
00:31:27parce que nous refusons
00:31:27de méprimer
00:31:28les quelques reméditions
00:31:29concrètes
00:31:30contenues dans ce texte,
00:31:31le groupe UDR
00:31:32votera en faveur
00:31:33de ce projet de loi.
00:31:34Mais nous le faisons
00:31:35avec gravité
00:31:36parce qu'au fond,
00:31:37ce débat laisse un goût amer,
00:31:38le goût d'un pays
00:31:39qui regarde disparaître
00:31:40ceux qui le nourrissent.
00:31:41Et l'histoire jugera sévèrement
00:31:43ceux qui ont laissé mourir
00:31:44nos agricultures
00:31:44pendant qu'ils administraient
00:31:46son déclin.
00:31:47Je conclurai
00:31:47avec ces mots de Voltaire.
00:31:48On a trouvé,
00:31:49en bonne politique,
00:31:50le secret
00:31:51de faire mourir de faim
00:31:52ceux qui,
00:31:53en cultivant la terre,
00:31:55font vivre les autres.
00:31:56Mes chers collègues,
00:31:57à force d'abandonner
00:31:58nos agriculteurs,
00:31:59il pourrait venir
00:32:00le jour
00:32:00où la France
00:32:01elle-même
00:32:01ne reconnaîtra plus
00:32:03dans son paysage,
00:32:04dans ses campagnes,
00:32:05ni même dans ce qu'elle
00:32:06met dans son assiette.
00:32:06Et ce jour,
00:32:07il sera trop tard.
00:32:08Je vous remercie.
00:32:10Merci beaucoup,
00:32:11Monsieur le député.
00:32:12La parole est à présent
00:32:14à Monsieur David Manier
00:32:15pour le Rassemblement National.
00:32:19Applaudissements.
00:32:32Madame la Présidente,
00:32:34Mesdames les Ministres,
00:32:36Messieurs les rapporteurs,
00:32:37chers collègues,
00:32:38au moment de nous prononcer
00:32:40de manière solennelle
00:32:41sur ce projet de loi,
00:32:42un constat s'impose
00:32:44à quiconque a suivi
00:32:45nos débats.
00:32:45Cet examen a mis en lumière
00:32:47une fracture idéologique
00:32:49désormais béante
00:32:50au sein de cet hémicycle.
00:32:52Alors même que l'entrée
00:32:53en vigueur de l'accord
00:32:55avec le Mercosur
00:32:56expose nos producteurs
00:32:57à une concurrence
00:32:58internationale déloyale
00:33:00d'une violence inédite.
00:33:01D'un côté,
00:33:03il y a ceux qui croient
00:33:04qu'en la France rurale,
00:33:07ceux qui soutiennent
00:33:08nos exploitants
00:33:08et qui font de la souveraineté
00:33:10alimentaire
00:33:11un impératif vital.
00:33:13De l'autre,
00:33:15sur les bancs
00:33:16de la gauche
00:33:16et de l'extrême gauche,
00:33:18s'agit-il le camp
00:33:19de la décroissance agricole
00:33:21et de l'écologie totalitaire.
00:33:24Pendant deux semaines,
00:33:26nous avons vu
00:33:26la gauche
00:33:27tenter d'imposer
00:33:28la surenchère punitive
00:33:29au détriment des intérêts
00:33:31du monde agricole
00:33:32et donc de ceux
00:33:33de la France.
00:33:34Car oui,
00:33:36la souveraineté alimentaire
00:33:37n'est pas une formule
00:33:38incantatoire.
00:33:39C'est un concept
00:33:40qui doit redevenir
00:33:41la réalité en France.
00:33:44C'est une arme stratégique,
00:33:46un pilier
00:33:46de notre sécurité nationale
00:33:48et la mise en valeur
00:33:49de nos terroirs
00:33:50d'une diversité exceptionnelle.
00:33:52Pourtant,
00:33:53ils ont voulu
00:33:54sanctuariser
00:33:54les moindres fossés,
00:33:56multiplier
00:33:56les redevances punitives
00:33:57et en même temps,
00:33:59tenter de désarmer
00:34:00juridiquement nos éleveurs
00:34:01face aux attaques
00:34:02de loups.
00:34:03Plus grave encore,
00:34:04nous les avons vus
00:34:05défendre l'impunité
00:34:06des activistes
00:34:07qui vandalisent
00:34:08les exploitations
00:34:09en demandant
00:34:10la baisse des sanctions
00:34:11pour les dégradations.
00:34:13C'est une honte.
00:34:15Pour eux,
00:34:16l'agriculture
00:34:18est le coupable idéal
00:34:19et nous le savons.
00:34:21Pour nous,
00:34:22au Rassemblement National,
00:34:23il est le gardien
00:34:24de notre terre
00:34:25et de notre indépendance.
00:34:27Alors,
00:34:27soyons lucides.
00:34:29Ce texte présenté
00:34:30par le gouvernement
00:34:31manque cruellement
00:34:32d'ambition
00:34:32et n'apporte pas
00:34:33les réformes structurelles
00:34:34dont nos filières agricoles
00:34:36ont cruellement besoin
00:34:37pour pérenniser
00:34:38son avenir.
00:34:40C'est une réponse timide
00:34:42à une crise profonde
00:34:42et les agriculteurs,
00:34:44eux, le savent.
00:34:46Sur l'utilisation
00:34:47des produits phytosanitaires,
00:34:48par exemple,
00:34:49nos producteurs
00:34:50ont consenti
00:34:51des efforts immenses
00:34:52pour en réduire
00:34:53les usages.
00:34:54Il est criminel
00:34:55de laisser aujourd'hui
00:34:56certaines filières
00:34:57dans des impasses techniques.
00:34:58Mais face à cette urgence,
00:35:00le groupe Rassemblement National
00:35:01a tenu
00:35:02une ligne de bon sens.
00:35:03Nous avons refusé
00:35:04la passivité.
00:35:05Nous avons investi
00:35:06ce texte.
00:35:07Nous y avons insufflé
00:35:09nos propositions
00:35:09et grâce à notre mobilisation,
00:35:11nous avons transformé
00:35:12ce projet de loi
00:35:13en y inscrivant
00:35:14des victoires vitales
00:35:15pour le monde agricole.
00:35:18Sur le revenu,
00:35:19d'abord,
00:35:20une mesure majeure
00:35:22de notre programme
00:35:23a été adoptée
00:35:24avec l'instauration
00:35:25de prix plancher
00:35:25basé sur les coûts
00:35:27de production.
00:35:28Donc,
00:35:28fini la vente à perte.
00:35:30Nos producteurs
00:35:31auront enfin la garantie
00:35:32d'une rémunération digne.
00:35:34Sur la concurrence
00:35:35des loyales,
00:35:35nous avons permis
00:35:36l'interdiction
00:35:37des denrées produites
00:35:38avec des substances
00:35:39interdites chez nous
00:35:40et là,
00:35:40c'est la fin
00:35:41de l'hypocrisie.
00:35:42Concernant la priorité nationale,
00:35:44nous imposons
00:35:45l'achat de produits français
00:35:46dans la restauration collective
00:35:47avec une priorité absolue
00:35:49aux produits locaux.
00:35:52Sur la guerre de l'eau,
00:35:53nous avons réussi
00:35:54à faciliter
00:35:55l'implantation
00:35:56de retenues d'eau
00:35:56et limiter
00:35:57les délais de recours.
00:35:58Nous avons sanctuarisé
00:35:59le fait que
00:36:00les pollutions historiques
00:36:01du passé
00:36:01ne pourront plus servir
00:36:03le prétexte
00:36:03de harceler
00:36:05les exploitants
00:36:06d'aujourd'hui.
00:36:06Mieux encore,
00:36:07nous avons supprimé
00:36:08la redevance
00:36:09des intrants
00:36:11introduites en commission
00:36:12encore une fois
00:36:13par la gauche.
00:36:15Nous avons ensuite
00:36:17agi contre
00:36:17l'explosion
00:36:18des importations
00:36:19qui organisent
00:36:20le décrochage
00:36:21de nos filières.
00:36:22Nous avons fait adopter
00:36:23la présomption
00:36:23de légitime défense
00:36:24des troupeaux
00:36:25avec des tirs immédiats
00:36:26contre les loups
00:36:27en cas d'attaque imminente.
00:36:29Nous avons également
00:36:30permis de réduire
00:36:31les délais d'application
00:36:32des mesures
00:36:33de simplification
00:36:34administrative
00:36:34pour le port
00:36:36et la volaille
00:36:36en interdisant
00:36:38formellement
00:36:38au gouvernement
00:36:39d'aller au-delà
00:36:40des exigences européennes
00:36:41et de durcir
00:36:43les peines
00:36:43contre les vols
00:36:44et les blocages
00:36:45des écoterroristes.
00:36:47Mes chers collègues,
00:36:48ce texte reste insuffisant
00:36:50mais le logiciel
00:36:50du bloc central
00:36:51continue,
00:36:52comme d'habitude,
00:36:52de manquer
00:36:53de souffle
00:36:54et de courage.
00:36:55Mais parce que
00:36:55le groupe
00:36:56Rassemblement National
00:36:57a su imposer
00:36:59ses arbitrages
00:36:59parce que nous
00:37:00plaçons l'intérêt
00:37:01de nos agriculteurs
00:37:02au-dessus
00:37:02des querelles
00:37:03partisanes
00:37:04et parce que
00:37:04chaque centimètre gagné
00:37:06contre la décroissance
00:37:07et la surtransposition
00:37:08est une bouffée
00:37:09d'oxygène
00:37:10pour nos campagnes.
00:37:11Nous prendrons
00:37:12nos responsabilités.
00:37:13Demain,
00:37:14lorsque nous serons au pouvoir
00:37:15aux côtés de Marine Le Pen
00:37:17et Jordan Bardella,
00:37:18nous donnerons enfin
00:37:19à la Ferme France
00:37:20la grande loi
00:37:20de refondation
00:37:22structurelle
00:37:22qu'elle attend.
00:37:23Alors oui,
00:37:25pour la justice économique
00:37:27envers nos agriculteurs,
00:37:28pour la sécurité
00:37:29de nos éleveurs,
00:37:30pour la fierté
00:37:31de nos terroirs
00:37:32et pour notre
00:37:33souveraineté alimentaire,
00:37:34le groupe
00:37:36Rassemblement National
00:37:37votera pour ce texte.
00:37:38Je vous remercie.
00:37:39Merci beaucoup,
00:37:40monsieur le député.
00:37:42La parole est à présent
00:37:44madame Anne-Sophie
00:37:45Ronseret
00:37:45pour le groupe
00:37:46Ensemble pour la République.
00:37:49Applaudissements
00:38:01Merci madame la présidente,
00:38:03mesdames les ministres,
00:38:04monsieur le président
00:38:05de la commission
00:38:06des affaires économiques,
00:38:07monsieur le rapporteur,
00:38:08mes chers collègues.
00:38:09Depuis le début
00:38:10de nos travaux
00:38:11sur ce projet de loi
00:38:12d'urgence agricole,
00:38:13le constat est simple.
00:38:14L'agriculture française
00:38:15est un moment de vérité.
00:38:17L'agriculture est un pilier
00:38:19fondamental de la nation
00:38:20et touche à ce que nous avons
00:38:21de plus essentiel,
00:38:22notre alimentation,
00:38:24notre souveraineté,
00:38:25l'équilibre de nos territoires
00:38:27et la vitalité
00:38:28de notre ruralité.
00:38:30Or, cette capacité à produire
00:38:32est aujourd'hui fragilisée.
00:38:34Nos agriculteurs font face
00:38:35à des crises sanitaires,
00:38:37à des aléas climatiques,
00:38:38à des tensions géopolitiques,
00:38:40à la volatilité des revenus
00:38:42et à des charges
00:38:42qui pèsent lourdement
00:38:44sur les exploitations.
00:38:46Ils doivent répondre
00:38:47à des exigences élevées,
00:38:49soulevant légitimes
00:38:50mais rendues parfois
00:38:51incohérentes
00:38:52par l'accumulation
00:38:53de règles
00:38:54mais aussi par la concurrence
00:38:56de produits importés
00:38:57qui ne respectent pas
00:38:58nos lois
00:38:58ni nos normes sanitaires.
00:39:01Ce déséquilibre
00:39:02n'est plus supportable.
00:39:04Pour la première fois
00:39:05depuis 1978,
00:39:06la balance commerciale
00:39:08agroalimentaire
00:39:08de la France
00:39:09est déficitaire.
00:39:10Ce constat
00:39:11ne doit pas nourrir
00:39:12le fatalisme
00:39:13ou la désillusion
00:39:14mais au contraire
00:39:15nous conduire
00:39:16à l'action.
00:39:17Car les attentes
00:39:19du monde agricole
00:39:19sont connues.
00:39:21Lutter contre
00:39:21la concurrence déloyale,
00:39:23simplifier les démarches,
00:39:24sécuriser l'accès
00:39:25aux ressources,
00:39:26notamment à l'eau,
00:39:28protéger les exploitations
00:39:29et le foncier,
00:39:31mieux valoriser
00:39:31la production
00:39:32et renforcer
00:39:33leur place
00:39:34dans la chaîne de valeur.
00:39:36Pour répondre
00:39:37à ces priorités,
00:39:38ce projet de loi d'urgence
00:39:39apporte
00:39:39quelques outils
00:39:40supplémentaires
00:39:41pour consolider
00:39:42durablement
00:39:43notre souveraineté
00:39:44alimentaire
00:39:44et l'avenir
00:39:45de nos filières.
00:39:47Depuis neuf ans,
00:39:48avec les lois EGALIM
00:39:49et la loi d'orientation
00:39:50agricole,
00:39:51nous avons posé
00:39:52un principe essentiel.
00:39:53La rémunération
00:39:55des agriculteurs
00:39:55ne doit pas être
00:39:56la variable
00:39:57d'ajustement
00:39:58du prix final.
00:39:59Mais sur ce sujet,
00:40:01les oppositions
00:40:02préféraient
00:40:02le coût politique
00:40:03à la solution utile.
00:40:05Les mesures
00:40:06adoptées à l'article 19,
00:40:08main dans la main,
00:40:08par la France Insoumise
00:40:09et le Rassemblement National
00:40:11sur les prix planchers
00:40:13ont largement
00:40:14détourné
00:40:14l'objectif initial
00:40:15et fragilisé
00:40:17l'équilibre
00:40:17que nous cherchions
00:40:18à atteindre.
00:40:20En prétendant
00:40:21défendre
00:40:21nos agriculteurs,
00:40:22vous avez en réalité
00:40:23mis en difficulté
00:40:25nos producteurs,
00:40:26nos transformateurs
00:40:27et les débouchés
00:40:28du monde agricole.
00:40:30Pire encore,
00:40:31ces mesures
00:40:31ont rendu inopérant
00:40:33l'article 21
00:40:34qui visait précisément
00:40:35à mieux sécuriser
00:40:36le revenu agricole
00:40:37avec un mécanisme
00:40:39compris par les filières
00:40:40et par les acteurs
00:40:41concernés.
00:40:42Voilà la triste réalité.
00:40:44Vous avez voulu
00:40:45une victoire politique
00:40:46au détriment
00:40:46d'une solution de terrain
00:40:48attendue
00:40:49par tous les acteurs.
00:40:50Eh bien non,
00:40:51ce n'est pas cela
00:40:52défendre le monde agricole.
00:40:53Les agriculteurs
00:40:55n'ont pas besoin
00:40:56de postures
00:40:56pour quelques applaudissements
00:40:57dans l'hémicycle
00:40:58mais de dispositifs
00:41:00applicables
00:41:00et capables
00:41:01de produire
00:41:02des effets réels
00:41:03sur le revenu
00:41:04et sur le travail.
00:41:06C'est cette exigence
00:41:07que notre groupe
00:41:08a tenue en particulier
00:41:09sur l'eau
00:41:10et tous nos débats
00:41:11l'ont confirmé.
00:41:12L'eau ne peut pas
00:41:13devenir le terrain
00:41:14d'une opposition stérile
00:41:15entre l'écologie
00:41:17et l'agriculture.
00:41:20Les mesures adoptées
00:41:22vont dans ce sens.
00:41:23Protéger la ressource,
00:41:25garantir une eau potable
00:41:26de qualité aux citoyens
00:41:28et donner aux agriculteurs
00:41:29les moyens
00:41:30d'adapter leurs exploitations.
00:41:32C'est cette ligne
00:41:33que notre groupe
00:41:34a défendue
00:41:34tout au long
00:41:35de l'examen de ce texte
00:41:36et sur l'ensemble
00:41:37des sujets abordés.
00:41:38Une ligne de responsabilité,
00:41:40une ligne d'équilibre
00:41:41et une ligne d'efficacité.
00:41:44Alors mes chers collègues,
00:41:45depuis près d'un mois,
00:41:46nos agriculteurs
00:41:47nous regardent
00:41:48et attendent de nous
00:41:49des réponses
00:41:50à la hauteur
00:41:50de leurs difficultés
00:41:51et au terme
00:41:53de cette première lecture,
00:41:54nous savons
00:41:54qu'une correction
00:41:55sera indispensable
00:41:56au Sénat,
00:41:57notamment sur les articles
00:41:582, 19 et 21.
00:42:01A quelques minutes
00:42:02de ce vote,
00:42:03chacun ici
00:42:03devra assumer son choix,
00:42:05la posture politique
00:42:06ou la responsabilité.
00:42:08Pour le groupe
00:42:09Ensemble pour la République,
00:42:10le choix est clair,
00:42:11celui d'une France
00:42:13qui ne se résigne pas
00:42:14à dépendre des autres,
00:42:15qui fait confiance
00:42:16à ses agriculteurs
00:42:17et qui continue
00:42:19à choisir avec force
00:42:20la ferme France.
00:42:22Pour toutes ces raisons,
00:42:23nous voterons
00:42:24en faveur
00:42:24de ce projet de loi.
00:42:25Je vous remercie.
00:42:26Merci beaucoup,
00:42:27Madame la députée.
00:42:28Je fais annoncer
00:42:29le scrutin
00:42:30dans l'enceinte
00:42:30de l'Assemblée nationale
00:42:31et je donne la parole
00:42:33à Madame Mathilde Digné
00:42:34pour la France insoumise.
00:42:49Madame la Présidente,
00:42:51Mesdames les ministres,
00:42:52collègues,
00:42:52absence de revenus,
00:42:54crise sanitaire en série,
00:42:56aléas climatiques
00:42:56à répétition,
00:42:57difficultés majeures
00:42:58pour s'installer,
00:42:59voilà la réalité
00:43:00quotidienne
00:43:01des agriculteurs
00:43:02et des agricultrices.
00:43:03Face à cela,
00:43:04pour la quatrième fois
00:43:05en quatre ans,
00:43:06vous nous présentez
00:43:07un texte
00:43:08qui n'est qu'un étalage
00:43:09de mesures bas de gamme.
00:43:10Vos mesures
00:43:11ne sont que de la poudre aux yeux,
00:43:12de l'affichage politique
00:43:14uniquement inspiré
00:43:15des désirs d'Arnaud Rousseau.
00:43:16Regardez la réalité en face.
00:43:18La majorité
00:43:19des citoyens et citoyennes,
00:43:20des habitants du monde rural
00:43:22refusent les pesticides,
00:43:23refusent les méga-bassines,
00:43:25refusent les poulaillers géants
00:43:26de 80 000 poules.
00:43:27En ignorant cela,
00:43:28vous ne faites que renforcer
00:43:29la colère
00:43:30et la mobilisation
00:43:31sur le terrain.
00:43:32Pire encore,
00:43:33vous mettez en porte-à-faux
00:43:35les agriculteurs eux-mêmes.
00:43:36Ce sont eux
00:43:37qui vont devoir
00:43:38au quotidien
00:43:38répondre aux demandes
00:43:39de la société
00:43:40et se justifier
00:43:41auprès de leurs voisins.
00:43:42Vous jouez avec le feu.
00:43:44Vous alimentez
00:43:45les tensions
00:43:45dans nos villages
00:43:46et dans nos hameaux.
00:43:47Vous mettez en danger
00:43:48la santé des paysans
00:43:49et paysannes,
00:43:50des salariés agricoles
00:43:51et j'ai l'impression
00:43:52que cela vous amuse.
00:43:54Pourtant,
00:43:54lors de l'examen
00:43:56de ce texte,
00:43:56nous avons prouvé
00:43:57qu'une autre agriculture
00:43:58est possible.
00:43:59A commencer par une mesure
00:44:00de bon sens contre
00:44:01la concurrence déloyale,
00:44:03l'interdiction d'importer
00:44:04en France des produits
00:44:05contenant des pesticides
00:44:06interdits chez nous.
00:44:07Nous entendons
00:44:08la colère des paysans
00:44:09qui s'expriment
00:44:10depuis des années.
00:44:11Que demandent-ils ?
00:44:13Des prix,
00:44:13juste des prix.
00:44:15Aujourd'hui,
00:44:15un cinquième des agriculteurs
00:44:17vit sous le seuil
00:44:18de pauvreté.
00:44:1843% touchent moins
00:44:20que le SMIC
00:44:20et c'est inacceptable.
00:44:22Il était donc vital
00:44:23de faire des propositions
00:44:24sérieuses
00:44:25pour garantir
00:44:26une rémunération
00:44:27juste et digne.
00:44:28C'est tout le sens
00:44:29de nos amendements
00:44:30adoptés à l'article 19.
00:44:31Mettre en place
00:44:32des prix planchers
00:44:33en dessous desquels
00:44:34il est interdit
00:44:34d'acheter
00:44:35pour ne pas vendre
00:44:38sous les coûts
00:44:39de production.
00:44:40Même la Fédération nationale
00:44:42bovine
00:44:42et la Fédération nationale
00:44:43des producteurs letiers
00:44:44vous invitent
00:44:45à respecter
00:44:46au moins ça.
00:44:47Je vous le demande,
00:44:48comment pouvez-vous
00:44:49vous gargariser
00:44:50d'être du côté
00:44:51des agriculteurs
00:44:52quand vous vous opposez
00:44:53à leur garantir un revenu
00:44:54ou bien quand vous supprimez
00:44:56de votre propre texte
00:44:59la seule avancée
00:45:00qui permettrait
00:45:00de ne pas vendre
00:45:01à perte
00:45:01et de réguler les marchés.
00:45:03Ah, réguler le marché,
00:45:05je sais que ce n'est pas
00:45:05dans votre vocabulaire.
00:45:07Pourtant,
00:45:08le voilà le prédateur
00:45:09de nos campagnes,
00:45:10c'est le loup
00:45:10de Wall Street
00:45:11ou de Chicago
00:45:11et face à lui,
00:45:13nous portons des mesures
00:45:14de protectionnisme.
00:45:16Votre vision
00:45:17de l'agriculture
00:45:18n'a absolument rien à voir
00:45:19avec la souveraineté alimentaire.
00:45:21Vous ne faites qu'accentuer
00:45:23notre dépendance.
00:45:24Dépendance aux importations
00:45:25d'engrais,
00:45:26dépendance au soja OGM,
00:45:28dépendance aux accords
00:45:29de libre-échange.
00:45:30Tout cela
00:45:30avec l'illusion
00:45:31qu'un jour,
00:45:32peut-être,
00:45:32nous serons compétitifs
00:45:33au niveau international.
00:45:35Mais regardez
00:45:36la suite de l'histoire.
00:45:37Quand toutes les normes
00:45:38environnementales
00:45:39auront été abattues
00:45:40et que l'agriculture
00:45:41ne sera toujours pas
00:45:42assez compétitive
00:45:43à votre goût,
00:45:44à quoi vous attaquerez-vous ?
00:45:46Au droit des travailleurs
00:45:47et des travailleuses.
00:45:48Alors,
00:45:48j'adresse un message clair
00:45:50aux paysans et paysannes,
00:45:51aux ouvriers et ouvrières agricoles.
00:45:53Ne soyez pas dupes
00:45:55et ne croyez pas
00:45:56que le projet
00:45:57du Rassemblement National
00:45:58soit différent.
00:45:59Vous serez les prochains
00:46:00sacrifiés
00:46:00sur l'autel de la compétitivité.
00:46:03Le débat sur les ICPE
00:46:05et les normes
00:46:06n'oppose pas
00:46:07les paysans à l'écologie.
00:46:08Il oppose les industriels
00:46:10capables d'imaginer
00:46:11n'importe quoi
00:46:12pour préserver leurs profits
00:46:13au reste du monde.
00:46:15derrière l'idée
00:46:16que de grosses unités
00:46:18agro-industrielles
00:46:19tenues par des firmes
00:46:20doivent remplacer
00:46:21des petites fermes
00:46:22jugées inefficaces,
00:46:23se cache une réalité dramatique.
00:46:27La disparition
00:46:28de notre tissu social.
00:46:30Moins d'emplois
00:46:30par animal,
00:46:31donc moins de paysans,
00:46:32moins de fermes
00:46:33et finalement,
00:46:34moins de vie
00:46:35dans nos campagnes.
00:46:36La concentration industrielle
00:46:38n'apporte de la valeur ajoutée
00:46:39qu'aux géants
00:46:40de l'agro-business.
00:46:41Pendant ce temps,
00:46:42les paysans et paysannes,
00:46:43eux, gardent les risques
00:46:44et accumulent les emprunts.
00:46:46Cela fait 4 ans
00:46:47que je suis élue,
00:46:494 ans que je suis entrée
00:46:50dans cet émixicle
00:46:51comme la première ouvrière
00:46:52agricole à y siéger.
00:46:55Ces quelques années
00:46:56m'ont confirmé
00:46:57un pressentiment.
00:46:59Vous ne défendez pas
00:47:00le peuple.
00:47:01Notre boussole,
00:47:02c'est l'intérêt général
00:47:03du producteur au consommateur.
00:47:04Votre boussole,
00:47:05ce sont les intérêts économiques
00:47:06de quelques-uns.
00:47:08Mais il y a une chose
00:47:09qui me rassure.
00:47:10Grâce à la France insoumise
00:47:11et à Jean-Luc Mélenchon,
00:47:12je ne serai pas
00:47:13la dernière ouvrière agricole
00:47:14assiégée à l'Assemblée nationale.
00:47:16Vous êtes pour le pays
00:47:18ce que la datura
00:47:19et pour le champ de blé.
00:47:20Le seul moyen
00:47:21de s'en débarrasser,
00:47:22c'est de l'arracher.
00:47:23Alors en 2027,
00:47:24nous arracherons
00:47:25cette page de l'histoire
00:47:26et nous ferons mieux.
00:47:28Paysans, paysannes,
00:47:28salariés, ouvriers,
00:47:30agricoles,
00:47:30comptez sur nous
00:47:31pour défendre
00:47:32ce qui fait la fierté
00:47:33de vos métiers,
00:47:34protéger le vivant,
00:47:35nourrir de ses voisins
00:47:36et en vivre.
00:47:40Merci beaucoup
00:47:41Madame la députée.
00:47:42La parole est à présent
00:47:44à Madame Mélanie Thaumain
00:47:45pour le groupe socialiste.
00:47:52Bien sûr.
00:47:58Merci.
00:48:06Madame la Présidente,
00:48:07Mesdames, Messieurs les Ministres,
00:48:09Mesdames, Messieurs les Rapporteurs,
00:48:10Mes chers collègues.
00:48:11Les députés socialistes
00:48:13et apparentés
00:48:13se sont engagés
00:48:14dans l'examen
00:48:15de ce projet d'oie d'urgence
00:48:16avec responsabilité,
00:48:18avec sérieux
00:48:18et dans un état d'esprit constructif.
00:48:21Nous l'avons fait
00:48:21avec une idée simple.
00:48:22Les agriculteurs
00:48:23n'ont pas besoin de posture.
00:48:25Ils ont besoin
00:48:25de réponses concrètes.
00:48:27Mais apporter des réponses concrètes
00:48:29aujourd'hui
00:48:29suppose de regarder
00:48:31le monde tel qu'il est.
00:48:32Et le monde agricole
00:48:33dans lequel nous légiférons
00:48:35n'est plus celui d'hier.
00:48:37Pendant que nous examinions ce texte,
00:48:39pendant que nous étions réunis
00:48:40dans cet hémicycle,
00:48:41nos circonscriptions
00:48:42ont connu
00:48:43des variations de température
00:48:44d'une brutalité exceptionnelle
00:48:46pour un mois de mai.
00:48:47Cet épisode climatique
00:48:49nous rappelle
00:48:49une réalité
00:48:50que personne ne peut ignorer.
00:48:52Notre pays
00:48:53est vulnérable.
00:48:54Nos ressources
00:48:55sont fragiles.
00:48:56Notre capacité
00:48:57à produire
00:48:58dépend de plus en plus
00:48:59directement du climat,
00:49:00de l'eau,
00:49:01de l'état des sols,
00:49:02de la santé animale
00:49:03et de la résilience
00:49:04de nos filières.
00:49:05Y compris dans les territoires
00:49:06où la production agricole
00:49:08a longtemps été vécue
00:49:09comme une évidence,
00:49:10y compris dans ces terres
00:49:12d'abondance
00:49:12qui nourrissent
00:49:13notre pays.
00:49:14C'est pourquoi
00:49:15la question posée
00:49:15par ce texte
00:49:16n'est pas seulement
00:49:17comment répondre
00:49:18à la crise agricole,
00:49:19la question est aussi
00:49:20comment y répondre
00:49:22sans fragiliser
00:49:23ce qui permettra
00:49:24encore
00:49:24de produire demain.
00:49:26C'est cela pour nous
00:49:27le point central.
00:49:27Ce qui peut changer
00:49:29concrètement
00:49:29dans les corps de ferme.
00:49:31Il faut produire,
00:49:33défendre notre
00:49:33souveraineté alimentaire,
00:49:35il faut soutenir
00:49:35l'élevage,
00:49:36protéger les agriculteurs
00:49:38face aux rapports
00:49:38de force économique
00:49:39qui les dominent
00:49:40et les écrase
00:49:41dans certaines interprofessions.
00:49:43Mais il faut aussi
00:49:44préserver l'eau,
00:49:45protéger la santé humaine,
00:49:47la santé animale,
00:49:47la qualité des sols,
00:49:49préparer nos filières
00:49:49au changement climatique,
00:49:51stocker l'eau,
00:49:52oui,
00:49:52mais en garantissant
00:49:53un partage juste,
00:49:54concerté
00:49:55et raisonné
00:49:56des ressources.
00:49:57Autrement dit,
00:49:58il fallait un texte
00:49:59d'équilibre
00:50:00entre l'urgence agricole
00:50:01et l'urgence climatique,
00:50:03entre la fierté
00:50:04de produire
00:50:04et la nécessité
00:50:05de préserver,
00:50:06entre la réponse immédiate
00:50:08aux difficultés
00:50:08des agriculteurs
00:50:09et les politiques publiques
00:50:11qui permettent
00:50:11à notre pays
00:50:12de rester résilient
00:50:13et solidaire.
00:50:14Or,
00:50:15au fil de l'examen
00:50:16en séance,
00:50:17cet équilibre
00:50:18a été rompu.
00:50:19Nous avons vu disparaître
00:50:20des garanties
00:50:21de gouvernance locale
00:50:22sur l'eau,
00:50:23au profit des pouvoirs
00:50:24dérogatoires des préfets,
00:50:25au détriment
00:50:26des élus locaux.
00:50:27Nous avons vu reculer
00:50:28l'exigence de sobriété.
00:50:30Madame la Ministre,
00:50:31vous avez refusé
00:50:32le constat,
00:50:33pourtant partagé
00:50:34par les scientifiques,
00:50:35de la raréfaction
00:50:36de l'eau disponible
00:50:37pour tous les usagers.
00:50:39Nous avons vu
00:50:40s'affaiblir
00:50:41la protection
00:50:41des captages d'eau potable,
00:50:43se réduire
00:50:43la capacité
00:50:44de protéger
00:50:45les zones humides,
00:50:45éponge naturelle.
00:50:47Derrière toutes
00:50:48vos mesures
00:50:49dites de simplification,
00:50:50nous avons vu
00:50:51se dessiner
00:50:52le risque
00:50:52d'une dérégulation
00:50:53au bénéfice
00:50:54des modèles
00:50:55les plus capitalistiques,
00:50:56au détriment
00:50:57de l'agriculture familiale
00:50:58que nous défendons.
00:50:59Ce texte
00:51:00n'aura même pas besoin
00:51:02de son passage
00:51:03au Sénat
00:51:03pour envoyer
00:51:04le signal
00:51:05de plusieurs régressions
00:51:07que vous prenez soin
00:51:08de faire passer en force
00:51:09par ordonnance
00:51:10sans l'avis
00:51:11des parlementaires.
00:51:12Nous ne pouvons
00:51:13l'accepter.
00:51:13Car l'époque
00:51:14que nous vivons
00:51:15impose de l'humilité,
00:51:17elle impose
00:51:18de la responsabilité
00:51:19dans la manière
00:51:20de légiférer
00:51:21pour l'agriculture.
00:51:23Dans nos circonscriptions,
00:51:25les députés
00:51:26socialistes
00:51:26et apparentés
00:51:27sont profondément
00:51:28attachés
00:51:28à l'agriculture
00:51:29extensive,
00:51:30l'élevage
00:51:31à taille humaine,
00:51:32les exploitations
00:51:33familiales,
00:51:34le pastoralisme
00:51:35qui font vivre
00:51:36des territoires
00:51:36entiers.
00:51:38Ils permettent
00:51:38de produire
00:51:39une alimentation
00:51:40de qualité
00:51:40pour des dizaines
00:51:42de millions
00:51:42de consommateurs
00:51:43en grande
00:51:44et moyenne surface,
00:51:45en circuit court
00:51:46pour la restauration
00:51:47collective.
00:51:48manger français,
00:51:49local,
00:51:50équitable,
00:51:51bio,
00:51:51manger des produits
00:51:52de qualité
00:51:52ne doit pas être
00:51:54sur condition
00:51:55de ressources
00:51:55et réserver
00:51:57à une clientèle
00:51:57qui s'est décodée
00:51:58les étiquettes.
00:52:00Nous pensons
00:52:01qu'il ne peut y avoir
00:52:01d'avenir pour l'agriculture
00:52:02française sans régulation.
00:52:04Régulation du foncier
00:52:06pour lutter
00:52:06contre l'accaparement
00:52:07des terres agricoles.
00:52:09Régulation face
00:52:10aux concurrences déloyales
00:52:11sans mentir
00:52:12aux agriculteurs
00:52:13sur la réalité
00:52:14du marché européen.
00:52:15Régulation économique
00:52:17pour garantir
00:52:18des revenus dignes
00:52:19aux producteurs
00:52:20face aux pressions
00:52:21de certains industriels
00:52:22et de la grande distribution.
00:52:24Régulation des rapports
00:52:26de force
00:52:26dans les filières
00:52:27pour que la valeur
00:52:28revienne d'abord
00:52:29à celles et ceux
00:52:30qui produisent
00:52:31vivent les organisations
00:52:32de producteurs.
00:52:34A ce titre,
00:52:35nous pensons que
00:52:35l'article tunnel des prix
00:52:37était la proposition phare
00:52:39de ce projet de loi.
00:52:40Vous l'avez délibérément
00:52:42décapité samedi
00:52:43quand nos victoires
00:52:44sur le rôle des OPs
00:52:45dans la construction du prix
00:52:46ont entaché
00:52:47la douce musique
00:52:48de la compétitivité
00:52:49avant la dignité
00:52:50des producteurs.
00:52:52Accompagnement
00:52:52des transitions
00:52:53enfin
00:52:54parce que le changement
00:52:55climatique
00:52:55et les risques sanitaires
00:52:56ne sont pas
00:52:57des sujets périphériques.
00:52:58Bref,
00:52:59nous avons cherché
00:53:00des compromis
00:53:00partout où il était
00:53:01possible d'en trouver.
00:53:02Vous connaissiez aussi
00:53:03nos limites
00:53:04que vous n'avez pas respectées.
00:53:06Madame la ministre,
00:53:07nous regrettons
00:53:07de vous voir bâtir
00:53:08l'avenir de l'agriculture française
00:53:10sur un modèle
00:53:10qui domine
00:53:11et s'accapare les usages
00:53:12au détriment
00:53:13de tout le reste.
00:53:14Le temps est venu
00:53:15de planifier
00:53:15et de concerter
00:53:16car la souveraineté alimentaire
00:53:18concerne chacun
00:53:19de nos concitoyens.
00:53:20Madame la ministre,
00:53:21notre responsabilité
00:53:22aujourd'hui
00:53:23est de dire clairement
00:53:23notre infinie déception.
00:53:25C'est la raison
00:53:26pour laquelle
00:53:26le groupe socialiste
00:53:27et apparenté
00:53:28votera contre
00:53:29ce projet de loi
00:53:30d'urgence agricole.
00:53:34Merci beaucoup
00:53:35Madame la députée
00:53:36et merci
00:53:37de faire silence
00:53:38pour le dernier orateur
00:53:39Madame Christelle Minard
00:53:41pour le groupe
00:53:41droite républicaine.
00:53:53Madame la présidente,
00:53:55mesdames les ministres,
00:53:57messieurs les rapporteurs,
00:53:59mes chers collègues,
00:54:00durant près d'un mois
00:54:01nous avons débattu
00:54:03en commission
00:54:03puis en séance
00:54:05du projet de loi
00:54:06d'urgence
00:54:06pour la protection
00:54:08de la souveraineté
00:54:09agricole.
00:54:10Certes,
00:54:11l'agriculture a été
00:54:12au centre
00:54:12des préoccupations
00:54:13de l'Assemblée nationale
00:54:15pendant un mois
00:54:16mais disons-le clairement
00:54:18si ce texte
00:54:19apporte des avancées,
00:54:21son examen
00:54:22à l'Assemblée
00:54:23ne répond pas pleinement
00:54:24à ce qu'attendait
00:54:25l'immense majorité
00:54:27des agriculteurs
00:54:28de ce pays.
00:54:30Les amendements
00:54:31portés par LFI
00:54:32et les écologistes
00:54:33ont affaibli
00:54:34plusieurs dispositions
00:54:35importantes,
00:54:37notamment sur la concurrence
00:54:39déloyale
00:54:39et l'accès à l'eau.
00:54:41Il faudra compter
00:54:43sur nos collègues
00:54:44sénateurs
00:54:45pour réintroduire
00:54:46dans l'article 19
00:54:47et 21
00:54:48des dispositions
00:54:50plus conformes
00:54:50aux attentes
00:54:51de nos éleveurs.
00:54:52Enfin,
00:54:54il faudra rapidement
00:54:55poursuivre le travail
00:54:56sur la question
00:54:57essentielle
00:54:57des moyens
00:54:58de production
00:54:59et des surtranspositions
00:55:01qui pénalisent
00:55:02durablement
00:55:03la compétitivité
00:55:04de notre agriculture.
00:55:06L'urgence
00:55:07désormais
00:55:08est que ce texte
00:55:09aille au bout
00:55:10de son examen
00:55:11parlementaire
00:55:12et que les décrets
00:55:13d'application
00:55:14soient pris rapidement
00:55:15afin d'apporter
00:55:16des réponses
00:55:17concrètes
00:55:18au terrain.
00:55:19Malgré cela,
00:55:21ce texte
00:55:21comporte des mesures
00:55:22bienvenues.
00:55:23Les projets
00:55:24d'avenir agricole
00:55:25dans la continuité
00:55:26des conférences
00:55:27de la souveraineté
00:55:28alimentaire.
00:55:29Des mesures
00:55:30pour faciliter
00:55:31la création
00:55:31d'ouvrages
00:55:32de stockage
00:55:33et sécuriser
00:55:34l'accès à l'eau.
00:55:35Le report
00:55:36des zones
00:55:36de non-traitement
00:55:37vers les projets
00:55:38d'urbanisme
00:55:39et non plus
00:55:40sur les parcelles
00:55:41agricoles.
00:55:42Le renforcement
00:55:43de la lutte
00:55:44contre la prédation
00:55:45du loup.
00:55:46Le renforcement
00:55:47des sanctions
00:55:48contre les délits
00:55:49de vol
00:55:50et dégradation
00:55:51commis
00:55:51sur les exploitations.
00:55:53Un dispositif
00:55:54plus adapté
00:55:55au relèvement
00:55:56des seuils
00:55:56de production
00:55:57pour nos élevages
00:55:58et un dispositif
00:56:00pour lutter
00:56:00contre les recours
00:56:02abusifs
00:56:02qui ne visent
00:56:04qu'à empêcher
00:56:04les projets
00:56:05agricoles.
00:56:07Je veux saluer
00:56:08les avancées
00:56:09que nous avons
00:56:09obtenues
00:56:10avec mes collègues
00:56:11de la droite
00:56:12républicaine.
00:56:14Nous avons
00:56:15supprimé
00:56:16plusieurs articles
00:56:17introduits
00:56:18en commission
00:56:19par des députés
00:56:20manifestement
00:56:21hostiles
00:56:22à notre agriculture.
00:56:24L'article 5
00:56:25Terre
00:56:25qui visait
00:56:26à diminuer
00:56:27une nouvelle fois
00:56:28la représentativité
00:56:29agricole
00:56:30dans les comités
00:56:31de bassins.
00:56:32L'article 8
00:56:33Terre
00:56:33qui visait
00:56:34à instaurer
00:56:35une nouvelle taxe
00:56:36sur les moyens
00:56:37de production
00:56:38pénalisant
00:56:39encore un peu plus
00:56:40nos producteurs.
00:56:41L'article 6
00:56:43BIS
00:56:43qui imposait
00:56:44la télérelève
00:56:44à l'ensemble
00:56:45des prélèvements
00:56:46d'eau
00:56:46et de nombreux
00:56:47autres car
00:56:48les partisans
00:56:49de l'agribashing
00:56:50sont décidément
00:56:51très créatifs
00:56:52lorsqu'il s'agit
00:56:53de pélaniser
00:56:54notre agriculture.
00:56:56Nous avons
00:56:57par ailleurs
00:56:58permis
00:56:59des avancées
00:57:00pour nos éleveurs.
00:57:02L'augmentation
00:57:03des abattages
00:57:03de loups
00:57:04en cas d'attaque
00:57:05et autoriser
00:57:06l'usage
00:57:06de lunettes
00:57:07thermiques
00:57:08grâce à l'amendement
00:57:09défendu
00:57:10par ma collègue
00:57:11Émilie Bonniva.
00:57:13L'instauration
00:57:15d'un délai maximal
00:57:16dans les négociations
00:57:17commerciales
00:57:18pour mieux encadrer
00:57:19les discussions
00:57:20entre les industriels
00:57:22et les distributeurs.
00:57:24Enfin,
00:57:24une meilleure transparence
00:57:26sur le prix
00:57:26de la matière première
00:57:27agricole
00:57:28dans les négociations
00:57:29avales.
00:57:31Parce que l'eau
00:57:32est essentielle,
00:57:33nous avons obtenu
00:57:34et introduit
00:57:35de nouvelles mesures
00:57:36pour favoriser
00:57:37l'implantation
00:57:38de retenues
00:57:39collinaires
00:57:40en montagne
00:57:41et favoriser
00:57:42la réutilisation
00:57:43des eaux usées.
00:57:45Ce projet de loi
00:57:47visait à apporter
00:57:48à nos agriculteurs
00:57:49des solutions concrètes
00:57:51en soutenant
00:57:52des mesures
00:57:52applicables
00:57:53tout de suite
00:57:54pour que nos agriculteurs
00:57:56puissent rapidement
00:57:57en voir
00:57:57les effets.
00:57:59L'article 2
00:58:00visait par exemple
00:58:01à lutter
00:58:02contre l'importation
00:58:03de denrées
00:58:04qui ne respectent
00:58:05pas les normes
00:58:06européennes.
00:58:07Nous regrettons
00:58:08que certaines alliances
00:58:10politiciennes
00:58:11les rendues
00:58:12inopérants.
00:58:14Je reste particulièrement
00:58:16choquée
00:58:16par la défiance
00:58:17de certains groupes
00:58:18politiques
00:58:19vis-à-vis de nos agriculteurs
00:58:20accusés
00:58:21de tous les maux.
00:58:23Quand on parle
00:58:24d'agriculture,
00:58:26certains dans cet hémicycle
00:58:27n'ont que deux obsessions
00:58:29en tête
00:58:31taxées
00:58:31et réglementées.
00:58:33cette vision
00:58:34n'est pas
00:58:35la nôtre.
00:58:36Avec mes collègues
00:58:37de la droite
00:58:38républicaine,
00:58:39nous voterons
00:58:39ce projet
00:58:40parce qu'il apporte
00:58:41des réponses
00:58:42concrètes
00:58:42aux difficultés
00:58:43de nos agriculteurs,
00:58:45parce qu'il donne
00:58:45une place
00:58:46prépondérante
00:58:47à l'alimentation
00:58:48française
00:58:49dans la restauration
00:58:50collective,
00:58:51parce qu'il protège
00:58:52davantage
00:58:53celles et ceux
00:58:54qui nous nourrissent
00:58:55face au délit
00:58:56dont ils sont
00:58:57victimes,
00:58:58parce qu'il donne
00:58:59à nos agriculteurs
00:59:01plus de moyens
00:59:02pour produire,
00:59:03vivent de leur travail
00:59:04et préparer l'avenir.
00:59:06Chers collègues,
00:59:07je vous remercie.
00:59:08Merci beaucoup
00:59:09Madame la députée.
00:59:15Alors nous allons
00:59:16mettre au voie
00:59:17le projet de loi,
00:59:19c'est un scrutin public.
00:59:21On va attendre
00:59:22que Madame la députée
00:59:23et que notre dernière
00:59:24oratrice
00:59:25reviennent à sa place.
00:59:31Le scrutin
00:59:33est ouvert.
00:59:37Le scrutin
00:59:38est clos.
00:59:42Voici le résultat
00:59:44du scrutin.
00:59:44Votant 562
00:59:46exprimés
00:59:46547,
00:59:47majorité
00:59:48274
00:59:49pour
00:59:49369
00:59:50contre
00:59:51178.
00:59:52L'Assemblée nationale
00:59:53a adopté.
00:59:54Madame la ministre,
00:59:56vous souhaitez
00:59:57prendre la parole ?
01:00:01Merci Madame la Présidente.
01:00:03Je voudrais tout d'abord
01:00:05remercier
01:00:05l'ensemble
01:00:06des députés
01:00:06sans exception
01:00:07pour la qualité
01:00:09des débats
01:00:10toujours sur le fond
01:00:11ainsi que
01:00:12pour leur sens
01:00:13mesuré
01:00:14du droit d'amendement
01:00:15toujours dirigé
01:00:17vers le fond du texte.
01:00:19Remercier
01:00:19les deux présidents
01:00:20de commission
01:00:21Sandrine Lefeur
01:00:22et Stéphane Travers
01:00:23pour la qualité
01:00:24des débats
01:00:24en commission.
01:00:26Remercier
01:00:26les rapporteurs
01:00:27Julien Dive,
01:00:28Jean-René Cazeneuve,
01:00:29Nathalie Coggia,
01:00:30Xavier Roserène
01:00:31pour leur travail
01:00:32très sérieux
01:00:32au service du texte.
01:00:34Les WIP
01:00:35des groupes politiques
01:00:36pour les échanges
01:00:37approfondus
01:00:38et constructifs
01:00:39depuis la jeunesse
01:00:40du texte.
01:00:41Les fonctionnaires
01:00:42de votre Assemblée
01:00:43Madame la Présidente
01:00:44qui une fois de plus
01:00:46ont su démontrer
01:00:47le bien fondé
01:00:47de leur réputation
01:00:48et bien sûr
01:00:50mes équipes
01:00:50et celles
01:00:51de chacun d'entre vous.
01:00:52Enfin,
01:00:53je veux bien sûr
01:00:54saluer l'engagement
01:00:55du monde agricole
01:00:56qui a nourri
01:00:57sans jeu de mots
01:00:58nos débats
01:00:59et qui attend
01:01:00des réponses concrètes.
01:01:01Les agriculteurs
01:01:02n'attendent pas
01:01:03de nouveaux principes.
01:01:04Ce texte leur apporte
01:01:05des réponses concrètes
01:01:07pour préparer l'avenir
01:01:08avec les contrats d'avenir
01:01:10soutenus
01:01:10par les jeunes agriculteurs,
01:01:12pour lutter
01:01:13contre la concurrence
01:01:14des loyales,
01:01:15pour faciliter
01:01:16l'accès à l'eau,
01:01:17pour protéger
01:01:18les terres agricoles,
01:01:19pour simplifier
01:01:21les projets d'élevage,
01:01:22pour protéger
01:01:23les troupeaux
01:01:24contre la prédation
01:01:25du loup,
01:01:26pour renforcer
01:01:27la protection sanitaire,
01:01:29le revenu
01:01:30des agriculteurs,
01:01:32la lutte
01:01:32contre le vol,
01:01:33les dégradations
01:01:34et les recours abusifs.
01:01:36Ce large vote
01:01:37est une étape
01:01:38importante
01:01:38pour notre agriculture.
01:01:40La copie
01:01:41qui vient d'être votée
01:01:42se veut très proche
01:01:43de l'ambition initiale
01:01:44du gouvernement
01:01:45qu'avec ma collègue
01:01:46Monique Barbu,
01:01:47nous avons travaillé.
01:01:49Bien sûr,
01:01:49ce texte reste perfectible
01:01:52et le travail parlementaire
01:01:54se poursuit au Sénat.
01:01:55Merci à tous.
01:01:57Merci beaucoup
01:01:58Madame la Ministre.
01:02:00Les députés
01:02:00viennent d'adopter
01:02:01le projet de loi
01:02:02d'urgence agricole.
01:02:03C'est donc cette version
01:02:04que les sénateurs
01:02:05examineront
01:02:06à partir du 29 juin.
01:02:07C'est la fin
01:02:08de cet épisode.
01:02:09A bientôt sur LCP.
01:02:10A bientôt sur LCP.
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