00:04A une dizaine de kilomètres de son chef lieu de sous préfecture Koua dans le département de
00:10Fakobli, Tiebli semble vivre au rythme paisible des villages agricoles de l'ouest ivoirien.
00:18Ici les femmes s'affairent dans les concessions, les hommes reviennent des plantations et les
00:23enfants jouent sous les arbres. Pourtant, derrière ce décor familier se cache une autre réalité.
00:29A Tiebli, presque chaque conversation finit par évoquer une urgence.
00:35La première urgence porte un nom, la route. Une piste devenue difficilement praticable.
00:43Les véhicules de transport évitent désormais le village. Pour se déplacer, transporter des
00:49produits agricoles ou évacuer malades, les habitants dépendent presque exclusivement des motos.
00:54Un isolement qui, selon les populations, freine le développement de toute la localité.
01:00Depuis 2018, depuis 2018, la route a été répopulée. On se déclare difficilement.
01:10On a provins de la route, provins de nos routes. L'a fait que les canaux ne rentrent pas dans
01:15nos villages.
01:16Pour les habitants, le désenclavement constitue aujourd'hui la priorité des priorités.
01:21Les difficultés se lisent également à l'école primaire publique. Face à l'augmentation des
01:28effectifs, certaines classes sont installées sous des paillotes. Lorsque les pluies tombent ou que le
01:34vent souffle, les cours sont perturbés. À cela s'ajoutent d'autres insuffisances. Absence de
01:41cantine, manque de latrine, absence de point d'eau et de logement des maîtres. Une situation qui affecte les
01:48conditions d'apprentissage de centaines d'élèves.
01:52On est confronté à des difficultés telles que celles que vous voyez. Je suis au CM2. Normalement, les élèves du
01:59CM2 sont
01:59censés être dans une classe normale. Mais nous sommes exposés. On voit les passages des animaux, vous voyez.
02:07Nous sommes exposés. Donc, nous sommes sous des paillotes. Vraiment, on a besoin de l'aide, de l'état.
02:13Sans un meilleur cadre, un cadre confortable, on ne peut pas avoir de meilleur apprentissage.
02:19Mais l'urgence qui revient le plus souvent concerne l'eau. Chaque jour, des habitants parcourent
02:24plusieurs fois le même trajet jusqu'au Marigo, devenu l'une des principales sources d'approvisionnement
02:31du village. Une eau utilisée pour la cuisine, la lessive, la toilette et parfois même pour la consommation.
02:39Cette eau, nous lavons, nous buvons, nous faisons tout avec cette eau. Le problème d'eau potable ici,
02:44il y a un grand souci même. Ceux d'en haut même souffrent beaucoup, énormément. Et c'est cette eau
02:51-là,
02:52les gens meurent beaucoup parce que souvent des cadavres qui meurent dans l'eau, les gens défectent
02:57dans l'eau, les bœufs viennent boire dans l'eau et vraiment les gens meurent beaucoup de ça. Donc, on
03:03a un grand souci d'eau potable.
03:04Les pompes existantes ne suffisent plus à couvrir les besoins d'une population en constante
03:10croissance. Beaucoup réclament désormais l'installation d'un château d'eau.
03:15A Tiébli, même la santé porte les traces des attentes inachevées. Derrière les hautes
03:21herbes se dresse un bâtiment jamais achevé. Il devait accueillir le centre de santé du village.
03:28Aujourd'hui encore, les habitants parcourent plusieurs kilomètres pour accéder aux soins des
03:34plus proches. Eau potable, centres de santé, salles de classe, électricité, routes praticables.
03:41A Tiébli, les besoins sont nombreux. Mais derrière chacune de ces attentes demeure la
03:46même conviction, celle de voir enfin les infrastructures accompagner le développement
03:51d'un village qui continue de grandir.
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