- il y a 2 jours
Dans « LCP-Lundi C'est Politique », en partenariat avec Radio Classique et Challenges, Francis Letellier reçoit Sébastien Chenu, député Rassemblement nationale du Nord et vice-président de l'Assemblée nationale
Avec :
Laurent Fargues pour Challenges
Hervé Gattegno pour Radio Classique
Stéphanie Depierre pour LCP
Hugo au perchoir pour Twitch
Face à vous : Patrice Machuret
Ancien journaliste politique, maire de Bretteville-sur-Odon, directeur d'Ehpad
« Papa, maman, qu'est-ce qu'on va faire de vous ? »
En première partie de l'émission : un tête-à-tête avec une grande personnalité politique, pour mettre en perspective l'ouverture de la semaine parlementaire, avant les Questions au Gouvernement du mardi.
Francis Letellier est ensuite rejoint en plateau par trois chroniqueurs, journalistes politiques des rédactions de LCP, Radio Classique et Challenges, pour un échange avec l'invité.
Pour conclure l'émission, le face à face : une personnalité issue du monde culturel, économique ou social (écrivain, artiste, expert...) interpelle l'invité et réagit à ses propos.
Hugo au Perchoir, « streamer » politique et parlementaire sur Twitch, intervient également en relayant les questions de sa communauté.
Diffusée le lundi à 19h30 et rediffusée à 23h30, l'émission est également disponible en replay sur LCP.fr et la chaîne YouTube de LCP. Les moments forts seront aussi relayés sur Radio Classique et Challenges.
Avec :
Laurent Fargues pour Challenges
Hervé Gattegno pour Radio Classique
Stéphanie Depierre pour LCP
Hugo au perchoir pour Twitch
Face à vous : Patrice Machuret
Ancien journaliste politique, maire de Bretteville-sur-Odon, directeur d'Ehpad
« Papa, maman, qu'est-ce qu'on va faire de vous ? »
En première partie de l'émission : un tête-à-tête avec une grande personnalité politique, pour mettre en perspective l'ouverture de la semaine parlementaire, avant les Questions au Gouvernement du mardi.
Francis Letellier est ensuite rejoint en plateau par trois chroniqueurs, journalistes politiques des rédactions de LCP, Radio Classique et Challenges, pour un échange avec l'invité.
Pour conclure l'émission, le face à face : une personnalité issue du monde culturel, économique ou social (écrivain, artiste, expert...) interpelle l'invité et réagit à ses propos.
Hugo au Perchoir, « streamer » politique et parlementaire sur Twitch, intervient également en relayant les questions de sa communauté.
Diffusée le lundi à 19h30 et rediffusée à 23h30, l'émission est également disponible en replay sur LCP.fr et la chaîne YouTube de LCP. Les moments forts seront aussi relayés sur Radio Classique et Challenges.
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NewsTranscription
00:00:01Alors que le paysage de la prochaine présidentielle se met en place, le RN n'a toujours pas sa tête
00:00:05d'affiche définitive.
00:00:06Entre Marine Le Pen et Jordan Bardella, qui sera sur la ligne de départ ?
00:00:10Pour l'heure, le RN surf sur les sondages flatteurs, mais il y a encore un an à tenir.
00:00:14Les députés RN restent mobilisés en attendant avec comme prochain rendez-vous le budget 2027.
00:00:19Prochaine épreuve pour le gouvernement et leur décompte aussi certainement pour les oppositions.
00:00:24Sébastien Chenu, député du Nord, vice-président de l'Assemblée nationale et l'invité de LCP, l'indice est politique.
00:00:42Sous-titrage Société Radio-Canada
00:01:00Bonsoir à tous les trois. Et bonsoir Hugo Couturier.
00:01:03Hugo Perchoir avec la chaîne Twitch LCP Assemblée nationale.
00:01:06C'est vous qui allez nous dire s'il y a des questions, des interpellations.
00:01:09Il y en a.
00:01:10À destination de Sébastien Chenu.
00:01:11Et puis en fin d'émission, nous recevrons face à vous Patrice Machuré.
00:01:14Il dirige un EHPAD dans la région de Caen.
00:01:16Le grand âge sera un enjeu pour les années qui viennent et certainement au cœur de la prochaine présidentielle.
00:01:21On va commencer par la victoire du PSG en finale de la Ligue des champions.
00:01:25Mais ce n'est pas tellement ça qui est intéressant.
00:01:26C'est tout ce qu'il y a eu depuis.
00:01:28D'abord sur le terrain politique.
00:01:30Parce que les dégradations à Paris essentiellement ont rallumé le débat sur la sécurité autour de cet événement.
00:01:36En recevant les joueurs hier soir à l'Elysée, Emmanuel Macron a jugé les débordements inacceptables.
00:01:41Ce n'est pas sale foot, ce n'est pas le sport, a-t-il dit.
00:01:42Il y a eu au total 890 interpellations, 178 membres des forces de l'ordre blessés, 68 personnes sont en
00:01:49garde à vue à l'heure qu'il est.
00:01:50Les premières comparutions en justice ont eu lieu aujourd'hui.
00:01:53Et ce matin, Jordan Bardella a enfoncé le clou.
00:01:57Réveillez-vous parce que la France est en train de devenir un pays où la vie et la fête sont
00:02:02devenus aujourd'hui totalement impossibles.
00:02:04On détruit tout sur son passage, on casse les commerces, on casse les abris de bus, on brûle des voitures
00:02:09et ensuite on pille.
00:02:12Et je dis aux Français, réveillez-vous parce que dans quelques temps, ils casseront la porte des immeubles et ils
00:02:18rentreront dans vos appartements.
00:02:19Si l'État ne reprend pas la main sur sa politique de sécurité, sur sa politique pénale et par-dessus
00:02:27tout sur sa politique migratoire.
00:02:30Sébastien Chouny, on vient d'entendre les propos de Jordan Bardella.
00:02:32L'année dernière, il y avait eu aussi déjà des incidents comme ça.
00:02:35Ces propos n'étaient pas aussi virulents.
00:02:37Là, ce sont vraiment des propos virulents.
00:02:38Est-ce que l'approche de la présidentielle explique ce changement de ton ?
00:02:43Non, parce que tout simplement l'année dernière...
00:02:45Est-ce que ça peut rapporter au Réveillez-vous ?
00:02:46Non, mais il y a une augmentation de 45% des faits et des personnes interpellées par rapport à l
00:02:52'année dernière.
00:02:5245% de plus de personnes interpellées.
00:02:55C'est-à-dire que les faits sont encore plus graves.
00:02:57C'est-à-dire qu'en fait, on est en train, pas nous, le Rassemblement national, pas les Français,
00:03:01mais ceux qui nous gouvernent sont en fait en train de s'habituer à l'inacceptable,
00:03:05d'essayer de nous habituer à l'inacceptable.
00:03:07Quand j'entends M. Nunez, ministre de l'Intérieur, qui nous dit que la situation est sous contrôle,
00:03:10si elle n'était pas sous contrôle, ce serait quoi ?
00:03:12Alors M. Nunez est très content.
00:03:14Il nous dit qu'il y a eu 800 interpellés.
00:03:16Les interpellés sont très contents d'être en liberté.
00:03:18Finalement, tout le monde est très content, sauf les Français.
00:03:20Qu'est-ce que vous préconiseriez, vous, pour que ça ne se reproduise pas ?
00:03:23Mais vous savez...
00:03:24Quelle est la mesure qu'il faut prendre ?
00:03:25Il faut bien voir les choses. Il y a une espèce d'extension du domaine de l'émeute.
00:03:29C'est-à-dire que les choses qui étaient marginales auparavant
00:03:33deviennent aujourd'hui habituelles dans tous les domaines de la fête, du sport, etc.
00:03:37Qu'est-ce qu'il faut prendre comme mesure pour éviter que ça ne se reproduise ?
00:03:41Jordan Bardella l'a dit, interpellés, condamnés, expulsés...
00:03:45Mais il vaut mieux avant, quand même. Il vaut mieux agir avant.
00:03:47Oui, d'accord. Là, on est sur...
00:03:49Il vaut mieux agir avant. On va en parler, oui, on peut en parler.
00:03:52On peut parler d'éducatif, etc.
00:03:53Imaginez, il va y avoir la Coupe du Monde.
00:03:54Là, vous me demandez de réagir à un événement précis.
00:03:58Mais il va y avoir la Coupe du Monde.
00:03:59Il peut y avoir des incidents.
00:04:01Pour éviter ces incidents, quelles mesures vous prenez en amont ?
00:04:04Les stratégies, moi, je ne me mets pas à la place du ministre de l'Intérieur.
00:04:07Les stratégies d'organisation, combien faut-il de policiers sur le terrain ?
00:04:11Est-ce qu'il faut des fans zones ?
00:04:12Ce n'est pas moi qui vous le dire.
00:04:13Non, moi, je pense que c'était très bien d'en mettre une,
00:04:15simplement, là où elle était, j'oublie, elle était au champ de Mars, de mémoire.
00:04:19Je pense que ça, c'était bien.
00:04:20Est-ce qu'il faut interdire les rassemblements sur les chances des idées, par exemple ?
00:04:23Attendez, j'y viens.
00:04:24Non, mais là, on va finir par renverser la problématique.
00:04:28C'est-à-dire qu'on va finir par demander aux Français de rester chez eux,
00:04:31de s'enfermer, de se cloîtrer, de ne pas pouvoir célébrer un événement festif.
00:04:35On est le seul pays européen dans lequel il y a autant de débordements.
00:04:38Non, simplement, qu'est-ce que vous préconisez, juste,
00:04:39parce que vous êtes responsable politique de l'opposition ?
00:04:42Vous avez des idées, j'imagine ?
00:04:43Oui, oui, mais je vais, évidemment, vous en parler.
00:04:45D'abord, il y a une surreprésentation dans ces actes de délinquance de qui ?
00:04:50De la jeunesse, d'une partie de la jeunesse.
00:04:52Il y a plus de jeunes dans ces actes de délinquance qui sont mis en cause
00:04:54et de gens issus de l'immigration.
00:04:56Donc, tant que vous n'agissez pas de façon très ferme sur la jeunesse,
00:05:02en tous les cas, les mises en cause liées,
00:05:04les jeunes mis en cause dans ces événements,
00:05:06et sur l'immigration, vous n'en viendrez jamais à bout.
00:05:09Donc, nous, on dit qu'il faut revoir, évidemment, les chaînes des peines,
00:05:12qu'elles soient adaptées.
00:05:14Si ces jeunes interpellés imaginaient qu'un jour,
00:05:18ils finiraient derrière les barreaux,
00:05:19imaginaient, ou dans des centres de rétention,
00:05:21qu'ils soient plus adaptés, probablement, au délit,
00:05:24des centres de, j'ai dit rétention, ce n'est pas le mot,
00:05:26des centres d'éducation fermés.
00:05:28Ou s'ils avaient, au-dessus de leur tête,
00:05:30l'idée qu'ils allaient payer jusqu'à la fin de leur jour
00:05:32des amendes pour réparer, même quand ils entreraient,
00:05:35éventuellement pour ceux qui entreraient dans la vie professionnelle,
00:05:38des amendes jusqu'à la fin de leur jour,
00:05:40eh bien, c'est peut-être, ce n'est pas le seul élément, dissuasif.
00:05:43Donc, nous, nous considérons qu'il y a quelque chose à faire
00:05:44sur la jeunesse, sur l'immigration.
00:05:46On a vu, en 2025, qu'un certain nombre de mises en cause
00:05:49étaient ou de nationalité étrangère, ou de nationalité française,
00:05:52mais pour ceux qui sont de nationalité étrangère,
00:05:54eh bien, il faut les expulser.
00:05:56Quelqu'un qui...
00:05:56Mais ça, c'est après coup.
00:05:57D'accord, monsieur.
00:05:58Qu'est-ce qu'on fait pour éviter que ça arrive ?
00:06:00Eh bien, on fait en sorte que...
00:06:01On responsabilise aussi les familles.
00:06:03Moi, j'ai vu des tas de gamins qui avaient l'air d'être mineurs.
00:06:05À l'œil, ça se voit.
00:06:06Ils avaient l'air d'avoir 12, 13, 14 ans.
00:06:08Elles sont où, les familles ?
00:06:09Eh bien, on responsabilise les familles avant.
00:06:11Il faut que les familles sachent
00:06:12qu'elles auront effectivement des sanctions
00:06:14sur leurs aides sociales,
00:06:16sur les allocations familiales,
00:06:17si leurs gamins se comportent mal.
00:06:19Ça, on le fait avant.
00:06:19On le fait savoir avant, voyez-vous.
00:06:21C'est pour ça que je vous demandais avant,
00:06:22pour éviter que ça arrive.
00:06:23Et ça, c'est assez dissuasive.
00:06:24Autre question.
00:06:24Le Qatar, propriété du PSG,
00:06:27est-ce qu'il doit être tenu responsable financièrement
00:06:31et aidé aux réparations ?
00:06:33Je ne vois pas bien en quoi le club de foot en lui-même
00:06:37doit prendre part aux réparations.
00:06:40Je vous pose la question,
00:06:41parce qu'en dehors du PSG,
00:06:42il n'y a pas tellement d'histoire.
00:06:43Non, parce que si vous allez dans cette logique-là,
00:06:45vous allez finalement, d'un côté,
00:06:48déshabiller la responsabilité des faiseurs de troubles
00:06:51ou de ceux qui commettent des actes de délinquance
00:06:53et faire porter au club des charges,
00:06:55qu'elles soient financières ou de responsabilité,
00:06:58alors qu'ils n'en ont aucunement.
00:06:59Non, non.
00:07:01Centrons-nous sur les choses.
00:07:03Des jeunes gens, des jeunes voyous,
00:07:05pas des jeunes supporters,
00:07:06des jeunes voyous cassent dans notre pays,
00:07:09désormais sous n'importe quel prétexte.
00:07:11Eh bien, ce sont eux qui doivent payer les conséquences.
00:07:13Ce n'est pas au club de payer les conséquences.
00:07:14Ce n'est pas aux Français de s'enfermer.
00:07:16Je veux dire, au bout d'un moment,
00:07:17sinon, vous déresponsabilisez les intéressés.
00:07:19Est-ce que vous avez vu les images
00:07:21sur les réseaux sociaux du député macroniste Carl Olive
00:07:23qui fêtait la victoire du PSG
00:07:24en montant sur le capot d'une voiture ?
00:07:26Est-ce que ça vous a choqué ?
00:07:29Je vais vous dire, moi, je suis...
00:07:31J'entre jamais dans ces schémas
00:07:33qui visent à juger les comportements
00:07:35de mes collègues députés,
00:07:36les comportements personnels
00:07:37de mes collègues députés.
00:07:38Vous me demandez si ça m'a choqué ?
00:07:40Oui.
00:07:41Parce que...
00:07:41Alors, après, ils nous expliquent,
00:07:42c'était des amis,
00:07:43je me suis amusé, j'en sais rien.
00:07:45Mais je trouve qu'effectivement,
00:07:46quand on est député,
00:07:47mieux vaut s'abstenir de ce genre de comportement,
00:07:50de monter sur des voitures.
00:07:51Voilà.
00:07:51Qu'est-ce que vous voulez que je vous dise ?
00:07:52Là, je m'adresse au vice-président de l'Assemblée nationale.
00:07:54Ce n'est pas très digne, quoi.
00:07:55Je m'adresse au vice-président de l'Assemblée nationale
00:07:57que vous êtes.
00:07:58Est-ce que Carl Olive doit être entendu,
00:08:00par exemple, par le bureau de l'Assemblée nationale
00:08:02pour s'expliquer ?
00:08:03Non, écoutez, les sanctions
00:08:06qui sont amenées à être prononcées
00:08:08contre les parlementaires,
00:08:09elles le sont dans le cadre, d'abord,
00:08:12de comportements qui seraient,
00:08:13qui auraient lieu dans l'enceinte
00:08:15de l'Assemblée nationale.
00:08:16Elles peuvent avoir d'autres cadres.
00:08:17On peut lever des immunités pour des députés
00:08:20qui ont des problèmes avec la justice, etc.
00:08:21Tout ça, très bien.
00:08:22Concernant Carl Olive,
00:08:23je ne crois pas qu'il faille l'entendre.
00:08:27Moi, je crois, je vais vous dire
00:08:27que les images parlent d'elles-mêmes
00:08:30et lui font probablement beaucoup plus de mal
00:08:34qu'une admonestation de ses collègues
00:08:37de l'Assemblée nationale.
00:08:38Je trouve ça un peu pathétique.
00:08:40Et ça dévalorise.
00:08:41Moi, je veux dire,
00:08:41ce qui me navre là-dedans,
00:08:42c'est que, parce que Carl Olive,
00:08:44ce n'est pas un plus mauvais député qu'un autre,
00:08:46mais c'est qu'il dévalorise complètement
00:08:49le boulot que font les parlementaires.
00:08:51Il participe à l'idée que les Français...
00:08:53Il s'est excusé depuis, il a dit...
00:08:55Oui, oui, très bien.
00:08:55D'abord, on ne s'excuse pas,
00:08:56on présente ses excuses.
00:08:57C'est moi qui le dis comme ça, attendez.
00:08:59C'est moi qui le dis comme ça.
00:09:00Eh bien qu'il présente ses excuses
00:09:01et puis il y a ses électeurs
00:09:02qui doivent être consternés
00:09:03d'être présentés de cette façon-là.
00:09:05Des milliards venus du monde entier
00:09:06qui vont être investis
00:09:07dans l'économie française,
00:09:08dans les usines,
00:09:09dans des data centers.
00:09:12Le sommet Choose France à Versailles,
00:09:15créé par Emmanuel Macron,
00:09:16en est à sa neuvième édition,
00:09:17avec une promesse
00:09:18de 93 milliards d'euros d'investissement
00:09:20et plus de 15 000 emplois à la clé.
00:09:24Cette édition de Choose France à elle seule
00:09:28va permettre de cristalliser
00:09:29un montant record
00:09:30de 93 milliards d'euros d'investissement
00:09:33confirmés
00:09:34pour plus de 15 000 emplois.
00:09:36C'est évidemment de très loin
00:09:38une édition record
00:09:39et c'est historique.
00:09:40Hervé,
00:09:41la France est devenue
00:09:42un des pays
00:09:43les plus attractifs d'Europe,
00:09:45sinon le plus attractif
00:09:47pour les capitaux étrangers.
00:09:48Est-ce que c'est un résultat
00:09:50dont vous créditez
00:09:51le président de la République,
00:09:52Emmanuel Macron ?
00:09:53Pas complètement,
00:09:54parce qu'en fait,
00:09:54je veux dire,
00:09:55moi je me méfie un peu
00:09:56des mises en scène
00:09:57côté un peu Potemkin
00:09:58et je pense qu'il faut regarder
00:09:59les choses dans le détail.
00:10:01D'abord,
00:10:01les investissements directs étrangers,
00:10:03ce dont on parle,
00:10:04ils ont baissé
00:10:05en termes de valeur ajoutée,
00:10:06c'est-à-dire qu'il y avait
00:10:0715 % de ces investissements
00:10:08qui représentaient
00:10:0915 % de valeur ajoutée,
00:10:11je rappelle qu'en Allemagne
00:10:11c'est 18 %,
00:10:12en Italie c'est 18 %,
00:10:14ils sont moins importants
00:10:14et ils ont baissé aussi
00:10:16ces investissements,
00:10:16c'est-à-dire qu'en fait,
00:10:17on est passé
00:10:17sur une pente descendante.
00:10:19Le nombre de projets
00:10:20a baissé,
00:10:21a baissé de 17 %,
00:10:23je ne veux pas dire de bêtises,
00:10:24mais c'est ce que j'ai
00:10:25cru comprendre.
00:10:27Deuxième chose,
00:10:27on annonce parfois
00:10:28des projets
00:10:28et puis à la fin,
00:10:29moi je l'ai vu dans le Nord,
00:10:31à la fin,
00:10:32le compte n'y est pas.
00:10:33Et surtout,
00:10:34combien d'emplois
00:10:35derrière ça ?
00:10:36Parce que ce qui est intéressant
00:10:36c'est est-ce que ça bénéficie
00:10:37réellement à l'économie française ?
00:10:39Regardez,
00:10:39vous parliez de data center
00:10:40et vous avez raison,
00:10:41mais un data center
00:10:42c'est 80 emplois à peu près.
00:10:45Donc ce n'est pas non plus
00:10:46énormissime,
00:10:47voyez-vous,
00:10:47ce n'est pas une industrie lourde
00:10:49qui vient et qui embauche
00:10:50ou ce n'est même pas
00:10:51une industrie logistique
00:10:52comme Amazon par exemple.
00:10:53Quand Amazon arrive
00:10:54sur un territoire,
00:10:55moi je ne suis pas
00:10:55l'avocat d'Amazon,
00:10:57bon c'est en général
00:10:57à peu près 1000 emplois.
00:10:58Donc ce sont des projets,
00:11:00les data centers
00:11:01avec un petit nombre d'emplois,
00:11:03donc je me méfie
00:11:05des mises en scène
00:11:06qui sont toujours un peu
00:11:08glorieuses comme ça
00:11:09et quand on rate,
00:11:09ce n'est pas aussi
00:11:11satisfaisant que cela.
00:11:12Vous parlez de mise en scène
00:11:13mais dans le monde actuel
00:11:13face à des concurrents
00:11:14comme Donald Trump,
00:11:15n'est-ce pas incontournable
00:11:17de chercher à travailler,
00:11:18à améliorer l'image du pays ?
00:11:21Mais si, bien sûr,
00:11:22tout ce qui peut aller
00:11:23dans le bon sens,
00:11:23il faut s'en satisfaire.
00:11:24Moi je préfère ça
00:11:25que des résultats inverses.
00:11:27Je préfère aussi,
00:11:28j'aimerais aussi,
00:11:29qu'on mette beaucoup,
00:11:30beaucoup,
00:11:31beaucoup de moyens
00:11:32pour développer un champion
00:11:33de l'IA
00:11:36au niveau français
00:11:37ou européen,
00:11:37en tous les cas français.
00:11:38Est-ce que les data centers
00:11:38ce n'est pas favorable
00:11:40à la souveraineté française ?
00:11:41Bien sûr,
00:11:42mais parce que
00:11:42pour stocker des données,
00:11:43en réalité,
00:11:44il ne faut pas dépendre
00:11:45des autres
00:11:45parce qu'on est très en dépendance
00:11:48notamment des Américains,
00:11:49enfin de l'Amérique du Nord
00:11:50et je pense qu'on doit
00:11:52faire des efforts,
00:11:52notre pays doit faire des efforts
00:11:53sur le stockage de données
00:11:55pour essayer de fabriquer
00:11:56un grand champion.
00:11:57Je rappelle qu'il y a eu,
00:11:58j'oublie le nom de l'entreprise
00:11:59qui s'est lancée
00:12:00il y a peu,
00:12:01qui a levé 1,5 milliard d'euros,
00:12:03ce n'est pas mal,
00:12:03mais quand vous voyez
00:12:04ce que les champions
00:12:06internationaux font
00:12:07en matière d'IA,
00:12:09on est loin encore.
00:12:10Justement sur l'IA, Laurent.
00:12:11Oui, sur l'IA,
00:12:11pour vous,
00:12:12c'est un vrai secteur d'avenir,
00:12:14une vraie source
00:12:15de progrès économique
00:12:16ou est-ce qu'il y a aussi
00:12:17un danger pour l'emploi
00:12:18et comment éviter
00:12:20le danger de l'IA
00:12:20pour l'emploi ?
00:12:21Non, bien sûr,
00:12:22mais c'est un vrai secteur d'avenir.
00:12:23Je pense que
00:12:25l'IA peut faire peur,
00:12:27évidemment,
00:12:28mais une fois qu'on a dit ça,
00:12:29on n'a rien dit,
00:12:29et comme toute nouveauté,
00:12:31moi je pense que
00:12:31la révolution de l'IA,
00:12:32c'est comme l'arrivée
00:12:33de l'électricité.
00:12:34Je vais vous dire,
00:12:34ça va être aussi fort
00:12:35en termes de création,
00:12:37destruction d'emplois,
00:12:38c'est-à-dire qu'en fait,
00:12:39des emplois vont mourir,
00:12:40des emplois vont naître
00:12:41et c'est à nous,
00:12:42effectivement,
00:12:42pouvoir public,
00:12:43d'accompagner,
00:12:45effectivement,
00:12:46ce mouvement.
00:12:46Comment faire ?
00:12:47Je pense que la régulation
00:12:48ne peut pas se faire
00:12:49au niveau national.
00:12:49Il y a une certaine forme
00:12:50de régulation qui doit se faire.
00:12:51Marine Le Pen l'avait exprimée
00:12:52d'ailleurs dans une interview
00:12:54l'année dernière,
00:12:55je crois,
00:12:55en disant qu'effectivement,
00:12:56voilà des régulations
00:12:57qui au niveau de l'ONU,
00:12:59au niveau international,
00:13:00pourraient être
00:13:00des enjeux intéressants.
00:13:01Eh bien,
00:13:02je crois beaucoup à ça.
00:13:03Alors,
00:13:03on va parler maintenant...
00:13:03Le Pape aussi,
00:13:04pardon,
00:13:04le Pape aussi a fait
00:13:05une encyclique
00:13:06la semaine dernière.
00:13:07Oui,
00:13:07sur le contenu.
00:13:08Très intéressante,
00:13:08très politique.
00:13:10En disant que là où il y a passé,
00:13:12l'humanisme très passé,
00:13:13en gros.
00:13:13Oui,
00:13:13mais c'était intéressant,
00:13:14c'est intéressant.
00:13:14d'accord,
00:13:15mais là,
00:13:15il prend un sujet.
00:13:16Oui,
00:13:16mais ça veut dire
00:13:17qu'il y a aussi derrière ça
00:13:18un sujet intellectuel,
00:13:19un sujet philosophique,
00:13:21derrière le sujet économique.
00:13:24Et je pense qu'il faut
00:13:24l'avoir en tête.
00:13:25D'où l'histoire
00:13:26de la régulation,
00:13:26la nécessité d'une régulation
00:13:27qui se fasse
00:13:28au niveau international.
00:13:29Mais pas forcément
00:13:30par le Pape.
00:13:31Plutôt le nom.
00:13:33On va parler d'économie
00:13:34avec le SMIC
00:13:36qui a augmenté
00:13:36de 2,4% aujourd'hui.
00:13:38Laurent ?
00:13:39Oui,
00:13:39alors pendant la campagne,
00:13:41et puis d'ailleurs,
00:13:41c'est une position
00:13:42que porte Marine Le Pen
00:13:43depuis pas mal d'années,
00:13:44elle disait toujours
00:13:44moi je suis contre
00:13:45la hausse du SMIC.
00:13:47Notamment pour rassurer
00:13:48les entreprises,
00:13:49pour pas dégrader
00:13:50la compétitivité
00:13:50des entreprises.
00:13:51Est-ce que ça veut dire
00:13:52que vous limitez
00:13:54la revalorisation du SMIC
00:13:55au niveau de l'inflation
00:13:56et que vous êtes défavorable
00:13:58à tout coup de pouce ?
00:13:59Non,
00:13:59il y a deux façons
00:14:00de revaloriser le SMIC.
00:14:02Il y a effectivement
00:14:02le coup de pouce
00:14:03qui peut avoir lieu.
00:14:04Là,
00:14:04il est de 2,4%.
00:14:06Ce qui représente
00:14:07je crois à peu près
00:14:0735 euros.
00:14:08Non, pardon.
00:14:09Là,
00:14:09on suit l'inflation.
00:14:10Voilà.
00:14:11On suit l'inflation.
00:14:12Et puis dans les textes,
00:14:13il y a la revalorisation.
00:14:14En général,
00:14:14c'est au 1er janvier du SMIC
00:14:16qui n'est pas toujours
00:14:17d'ailleurs réalisé
00:14:18mais qui est prévu
00:14:19ça par les textes.
00:14:20Nous,
00:14:20ce que nous croyons,
00:14:21c'est que d'abord,
00:14:22il ne faut pas se limiter
00:14:24au SMIC.
00:14:25Nous,
00:14:26on a une proposition
00:14:27qui en général
00:14:28est bien reçue
00:14:29par les chefs d'entreprise
00:14:29qui est celle
00:14:30de l'augmentation
00:14:31des salaires
00:14:32parce qu'en fait,
00:14:32il y a une problématique
00:14:33salariale dans notre pays
00:14:34qui est importante,
00:14:35qui est forte
00:14:35et qui reste jusqu'à
00:14:363 fois le SMIC
00:14:37de 10% de salaire
00:14:39jusqu'à 3 fois le SMIC
00:14:39et en échange,
00:14:41il y a un gel
00:14:41des cotisations patronales.
00:14:42Pourquoi ?
00:14:43Parce qu'évidemment,
00:14:44augmenter le SMIC,
00:14:45quelle que soit
00:14:45l'augmentation
00:14:46qui en est faite,
00:14:47on a des compétiteurs,
00:14:49des adversaires politiques
00:14:50qui, eux,
00:14:51parlent d'une augmentation
00:14:51très forte et très brutale
00:14:53finalement du SMIC,
00:14:54ça amène à quoi ?
00:14:55Évidemment,
00:14:55à quelque chose
00:14:56d'inflationniste.
00:14:57Vous demandez,
00:14:58notamment dans les PME,
00:14:59les TPE,
00:14:59vous demandez à votre boulanger
00:15:00d'augmenter très fortement
00:15:01le SMIC
00:15:02de son employé
00:15:04qui est au SMIC.
00:15:05Moi, je le vois
00:15:05dans mes boulangeries
00:15:06de ma circonscription,
00:15:07souvent,
00:15:08il y a 3 personnes
00:15:08dans une boulangerie,
00:15:09c'est souvent un couple
00:15:10et un employé.
00:15:10Eh bien, vous lui dites
00:15:11on va augmenter très fortement
00:15:12le SMIC,
00:15:13immédiatement,
00:15:14il faut qu'il le répercute.
00:15:16Est-ce qu'il le répercute ?
00:15:17Parce qu'il n'a pas
00:15:18beaucoup de marge de manœuvre,
00:15:19il le répercute évidemment
00:15:20par l'augmentation
00:15:21de ses produits.
00:15:22Donc nous,
00:15:22on pense qu'effectivement,
00:15:23ce n'est pas comme ça
00:15:24qu'il faut procéder
00:15:25et la baisse,
00:15:26alors je sais que la baisse
00:15:27des charges,
00:15:27ce n'est pas obligatoire,
00:15:35le SMIC,
00:15:35vous êtes favorable
00:15:36avec le SMIC,
00:15:37évolue avec l'inflation.
00:15:38Mais pas seulement le SMIC.
00:15:40Sur le SMIC,
00:15:41si vous étiez au pouvoir,
00:15:43vous l'augmenteriez ?
00:15:43Mais nous,
00:15:43on ne prendrait pas
00:15:44les choses par là.
00:15:44Au même niveau de l'inflation ?
00:15:45Non, non,
00:15:46on ne nous dirait pas.
00:15:47Il faudra décider
00:15:48de savoir si le SMIC
00:15:48vous l'augmenterait
00:15:49sur l'inflation
00:15:50ou pas sur l'inflation.
00:15:50C'est bien ce que je vous dis,
00:15:51on n'aborderait pas
00:15:52cette question du SMIC
00:15:53par un ajustement
00:15:53sur l'inflation,
00:15:54on aborderait la question
00:15:55du SMIC
00:15:55qu'on intégrerait
00:15:56à la politique
00:15:57de hausse des salaires
00:15:58à travers une grande
00:15:59négociation collective
00:16:00qu'on mène en créant
00:16:01aussi un cadre.
00:16:03Par exemple,
00:16:03la baisse de la TVA
00:16:04sur les énergies
00:16:05dont on parlera peut-être,
00:16:06mais ça permettrait
00:16:07aussi aux employés,
00:16:09je vous parlais
00:16:09du fameux boulanger,
00:16:11etc.,
00:16:11quand vous lui faites baisser
00:16:12le coût de son énergie,
00:16:13vous lui redonnez
00:16:13des marges de manœuvre.
00:16:14Le gel des cotisations patronales
00:16:16en est une autre,
00:16:17mais vous avez aussi
00:16:18la baisse des impôts de production
00:16:19pour les entreprises
00:16:19plus importantes.
00:16:20C'est assez chenu
00:16:21sur le gel des cotisations patronales
00:16:22justement,
00:16:22puisque le gouvernement,
00:16:23en augmentant le SMIC,
00:16:24a dit,
00:16:25par contre,
00:16:26les exonérations
00:16:27de cotisations patronales
00:16:28ne vont pas suivre
00:16:28l'augmentation du SMIC.
00:16:30Est-ce que,
00:16:31là,
00:16:31vous vous mettez en faux ?
00:16:33Est-ce que vous dites
00:16:34que le gouvernement
00:16:34fait fausse route ?
00:16:35Oui,
00:16:35parce qu'en fait,
00:16:36le gouvernement,
00:16:37on voit bien,
00:16:37en faisant ça,
00:16:38il ne fait pas un cadeau,
00:16:41j'allais dire,
00:16:42aux entreprises.
00:16:42Le but,
00:16:43ce n'est pas de faire
00:16:43des cadeaux aux entreprises,
00:16:44d'ailleurs.
00:16:44Donc,
00:16:44il faudrait rétablir le niveau ?
00:16:47Mais c'est la raison
00:16:48pour laquelle,
00:16:48moi,
00:16:48je vous dis,
00:16:49notre proposition,
00:16:50elle a du sens
00:16:50parce qu'il n'y a pas de perdant.
00:16:54exonération des cotisations patronales
00:16:56pour que ça suive le SMIC.
00:16:57Oui,
00:16:57mais c'est...
00:16:58Nous,
00:16:58enfin,
00:16:59j'en viens à notre logique.
00:17:00Nous,
00:17:00notre logique,
00:17:01c'est une hausse des salaires,
00:17:02dont le SMIC,
00:17:03avec,
00:17:04en miroir,
00:17:05une baisse des cotisations,
00:17:06un gel des cotisations patronales.
00:17:07C'est ça,
00:17:08la vraie logique.
00:17:08Le reste,
00:17:09le bricolage qui est fait,
00:17:11en réalité,
00:17:11est insatisfaisant des deux côtés.
00:17:12Mais c'est un peu
00:17:12ce que fait le gouvernement
00:17:13parce que le SMIC augmente,
00:17:15il gèle les cotisations patronales.
00:17:17Pour l'instant,
00:17:18c'est uniquement sur le SMIC,
00:17:19donc c'est là où je trouve
00:17:20que le gouvernement
00:17:21ne va pas dans le juste.
00:17:23On va parler des retraites,
00:17:23maintenant, Hervé.
00:17:25Jordan Bardella,
00:17:26désormais,
00:17:27se dit favorable
00:17:28à une réforme des retraites
00:17:29qui abolirait l'âge pivot
00:17:32alors que Marine Le Pen
00:17:33préconise,
00:17:34elle,
00:17:35une réforme des retraites
00:17:36ou un statu quo,
00:17:37une forme de statu quo
00:17:38sur les retraites
00:17:39où,
00:17:40en fonction de la durée des carrières,
00:17:41on pourrait partir
00:17:42entre 60 et 62 ans.
00:17:44Entre ces deux positions,
00:17:46laquelle est la vôtre ?
00:17:47Bon,
00:17:47il n'a pas dit ça exactement.
00:17:48Il n'a pas dit
00:17:49d'abolir l'âge pivot.
00:17:50Il a même dit
00:17:51que l'âge pivot,
00:17:51ça ne sert à rien.
00:17:52Je veux dire,
00:17:53aujourd'hui,
00:17:54on a une réforme des retraites.
00:17:56Il faut savoir
00:17:56de quoi on part
00:17:57et où on veut aller.
00:17:58Nous,
00:17:58on ne veut pas
00:17:58une réforme paramétrique,
00:17:59c'est-à-dire qu'on veut
00:18:00une réforme de société.
00:18:01On veut choisir.
00:18:02Aujourd'hui,
00:18:02on a une réforme des retraites
00:18:03qui est celle qu'on connaît,
00:18:05qui a été la réforme bande,
00:18:06qu'on considère comme injuste,
00:18:08mais surtout,
00:18:09ce qui est intéressant de voir,
00:18:10c'est qu'elle capte
00:18:1214% de la richesse du PIB.
00:18:15Nous,
00:18:15on souhaite toujours
00:18:16une réforme des retraites
00:18:17qui soit à peu près pareille.
00:18:18Le corps,
00:18:18le comité d'orientation
00:18:21des retraites,
00:18:22le conseil d'orientation
00:18:23des retraites,
00:18:23nous dit jusqu'à 2050,
00:18:25voire même peut-être
00:18:25un peu plus loin,
00:18:26il n'y a pas de problème
00:18:26de ce côté-là.
00:18:27Donc très bien.
00:18:28Nous,
00:18:28on considère que si on ne veut
00:18:29pas que la réforme soit paramétrique,
00:18:30si on veut que ce soit
00:18:31une vraie réforme de société,
00:18:32il faut qu'elle bénéficie
00:18:33en premier lieu
00:18:34aux gens qui commencent
00:18:35à travailler
00:18:35très peu,
00:18:36moins de 20 ans.
00:18:36Reprenons la question d'Hervé.
00:18:38Vous dites nous,
00:18:40Jordan Bardella,
00:18:40Marine Le Pen et vous,
00:18:41c'est la même position ?
00:18:42Écoutez,
00:18:42jusqu'à preuve du contraire,
00:18:43Jordan Bardella,
00:18:44Marine Le Pen,
00:18:44on défend les mêmes projets
00:18:46aux élections présidentielles,
00:18:47aux élections européennes,
00:18:48aux élections législatives.
00:18:50Mais quand il dit
00:18:50jusqu'à preuve du contraire,
00:18:51on n'a pas la preuve du contraire
00:18:52en ce moment ?
00:18:53Non,
00:18:53nous n'avons pas
00:18:53la preuve du contraire.
00:18:54Mais Jordan Bardella
00:18:55dit quelque chose d'intéressant.
00:18:56Il dit qu'effectivement,
00:18:57ce qu'il faut,
00:18:57c'est qu'il y ait plus de gens,
00:18:58il le dit dans certaines interviews,
00:19:00plus de gens qui entrent
00:19:01sur le marché du travail,
00:19:02en particulier plus jeunes
00:19:03et derrière,
00:19:04que les seniors soient maintenus
00:19:05le plus tard possible
00:19:06dans l'emploi.
00:19:07Et c'est là où il faut réfléchir,
00:19:08effectivement,
00:19:09à la façon dont on incite,
00:19:10dont on permet
00:19:10à plus jeunes et plus âgés
00:19:12de se maintenir dans l'emploi.
00:19:13Pour être très clair,
00:19:13pour vous,
00:19:13l'âge pivot,
00:19:14ça a toujours un sens,
00:19:15un âge de référence
00:19:16de départ à l'arrière.
00:19:17Oui,
00:19:17parce que ça a toujours un sens
00:19:18parce que si vous faites sauter
00:19:20l'âge pivot,
00:19:20vous avez des Français,
00:19:21c'est bien légitime,
00:19:22qui dans certains domaines
00:19:23vont dire,
00:19:23nous on part plus tôt,
00:19:24moi je veux partir plus tôt.
00:19:25Et puis ça va avoir un coût,
00:19:27évidemment,
00:19:27parce que quand on part plus tôt,
00:19:29on peut aussi partir
00:19:30en mauvaise santé,
00:19:30on peut partir,
00:19:31donc ça aura un coût
00:19:32et le coût,
00:19:32ces Français-là vont aussi
00:19:33le supporter,
00:19:34pas que la collectivité,
00:19:35mais même vont s'apercevoir
00:19:36que ça coûte cher.
00:19:36Donc,
00:19:37il faut toujours aller vers
00:19:38cette proposition,
00:19:41nous avons toujours
00:19:42cette même proposition
00:19:42qui est 60 ans,
00:19:4420 ans,
00:19:45pour ceux qui ont commencé
00:19:46à travailler à moins de 20 ans,
00:19:47avec 40 années de cotisation
00:19:49et puis évidemment,
00:19:49à partir de 62 ans
00:19:50et 42 années de cotisation
00:19:52et de façon progressive
00:19:53pour les autres.
00:19:53Je crois que c'est assez équilibré,
00:19:55je crois que c'est assez juste
00:19:56et que ça n'empêche pas
00:19:57de réfléchir,
00:19:58comme l'a dit Jordan,
00:19:59à des possibilités,
00:20:00effectivement,
00:20:02d'entrer sur...
00:20:02C'est une réflexion.
00:20:03Donc,
00:20:03le président de votre parti,
00:20:05Jordan Bardella,
00:20:06a engagé,
00:20:08seul ou à peu près seul,
00:20:09une réflexion
00:20:10qui est un peu dissonante
00:20:11par rapport à la position
00:20:12que vous expliquez.
00:20:12La réflexion qu'il a engagée,
00:20:13elle est nécessaire.
00:20:15Faire rentrer des jeunes
00:20:16plutôt sur le marché du travail
00:20:17parce que,
00:20:18en fait,
00:20:19la problématique...
00:20:19Ce n'est pas de ça,
00:20:20donc je vais un petit peu
00:20:21sur les mots,
00:20:21mais...
00:20:21Non,
00:20:22je crois être exactement
00:20:23dans ce qu'il a toujours défendu.
00:20:25La position du RN aujourd'hui,
00:20:26elle est toujours la même,
00:20:28elle est toujours la même.
00:20:29La position sur l'âge pivot,
00:20:30elle est toujours la même.
00:20:3160 ans et 62 ans.
00:20:33Il y a maintien
00:20:33d'un âge de référence.
00:20:34Donc,
00:20:34ça sert bien à quelque chose.
00:20:36Oui,
00:20:36absolument.
00:20:36Contrairement à ce qu'a dit
00:20:37Jordan Bardella.
00:20:38ça sert à quelque chose
00:20:39et en tous les cas,
00:20:40je crois que...
00:20:41Vraiment,
00:20:42les efforts sur lesquels
00:20:43on doit porter notre attention
00:20:44parce que c'est là
00:20:45où ce n'est pas une réforme
00:20:46de paramètres chez nous,
00:20:47c'est une réforme de société,
00:20:48c'est la façon
00:20:48dont on fait entrer plus jeunes
00:20:49les jeunes sur le marché du travail.
00:20:51Et là,
00:20:51il y aura une grande réforme
00:20:52probablement apportée
00:20:52au niveau de l'éducation.
00:20:53Dans le journal Le Monde
00:20:54samedi,
00:20:55un député de votre groupe,
00:20:57cité anonymement,
00:20:59évoque une paralysie interne
00:21:01sur la question des retraites
00:21:03et annonce que
00:21:04le dossier des retraites
00:21:05sera tranché
00:21:06à l'intérieur du RN
00:21:07le 7 janvier,
00:21:08autrement dit...
00:21:09Le 7 juillet, pardon.
00:21:11Autrement dit,
00:21:11par la décision de la justice
00:21:13sur la possibilité ou non
00:21:15pour Marine Le Pen
00:21:16d'être candidate
00:21:17à l'élection présidentielle.
00:21:18Au fond,
00:21:19est-ce que ça veut dire
00:21:19que c'est indirectement
00:21:20la justice qui va se actuer
00:21:22sur la position
00:21:23du RN sur les retraites ?
00:21:25C'est intéressant.
00:21:26Je crois que d'ailleurs
00:21:26c'est plutôt
00:21:28effectivement très étonnant
00:21:29qu'en démocratie,
00:21:30ce soit la justice
00:21:31qui décide
00:21:31de qui sera le candidat
00:21:33du RN à l'élection présidentielle.
00:21:35Notre candidate,
00:21:35c'est Marine Le Pen.
00:21:37Mais la justice va peut-être
00:21:37priver ou leur priver
00:21:39Marine Le Pen
00:21:39de sa rencontre
00:21:40avec les Français.
00:21:41Et donc,
00:21:42par conséquent,
00:21:43le projet de réforme
00:21:44des retraites
00:21:45que Marine Le Pen porte
00:21:46et que le RN
00:21:47porte
00:21:48et que Jordan Bardella
00:21:49et Marine Le Pen
00:21:50ont toujours défendu
00:21:50devant les Français,
00:21:51il est le même.
00:21:52Vous êtes sûrs
00:21:52qu'il est le même ?
00:21:53Il n'y a aucun doute.
00:21:54Oui, vous verrez,
00:21:54il est le même.
00:21:55Hugo ?
00:21:55Oui, M. Chenu,
00:21:56petite question
00:21:57sur les réseaux sociaux.
00:21:59Il y a plusieurs militantes
00:22:00féministes
00:22:01qui se sont mobilisées
00:22:02puisque Jean-Luc Laé
00:22:03a été accueilli
00:22:04au théâtre municipal
00:22:06de Hénin-Beaumont.
00:22:08Il va être accueilli
00:22:08dans une autre ville,
00:22:09Rassemblement National,
00:22:10en juillet.
00:22:11Malgré ses condamnations
00:22:12pour atteinte sexuelle
00:22:13sur mineurs
00:22:14et une mise en examen
00:22:15pour viol,
00:22:16Jean-Philippe Tanguy
00:22:17avait dit dans une interview
00:22:18heureusement que la société civile
00:22:19est mobilisée
00:22:20par rapport à la pédocriminalité.
00:22:22Pourquoi vous accueillez
00:22:23quelqu'un qui a été condamné
00:22:23pour des faits
00:22:24de pédocriminalité
00:22:25dans des communes
00:22:26que vous dirigez ?
00:22:27De façon très simple.
00:22:28Quand quelqu'un est condamné,
00:22:29il exécute sa peine
00:22:30et puis ensuite
00:22:31il revient dans la société.
00:22:32Il exécute sa peine,
00:22:33y compris d'ailleurs,
00:22:34il peut être privé
00:22:35d'exercer son emploi.
00:22:36Mais ensuite,
00:22:37il revient dans la société.
00:22:38C'est le cas
00:22:38pour toutes les peines,
00:22:39pour tous les gens
00:22:40qui sont condamnés.
00:22:41Donc ça a été le cas
00:22:42pour Jean-Luc Laé,
00:22:43il a exécuté sa peine
00:22:49une présomption d'innocence
00:22:55qui vaut
00:22:55et dont on peut débattre
00:22:57à l'infini.
00:22:58Moi, j'entends
00:22:59toujours avec beaucoup de sérieux
00:23:01et beaucoup de sensibilité
00:23:02la parole des victimes présumées.
00:23:06Mais de l'autre côté,
00:23:08le principe du droit
00:23:08de la présomption d'innocence
00:23:09me semble être tellement important
00:23:11parce que c'est un des principes
00:23:13fondamentaux de notre droit.
00:23:14Si celui-ci s'écroule
00:23:15à force d'être percuté comme ça,
00:23:17c'est l'ensemble
00:23:18de notre système juridique
00:23:19démocratique qui s'écroule.
00:23:20Là, on a fait un petit détour.
00:23:21On va revenir aux retraites,
00:23:22si vous le permettez,
00:23:23avec vous, Laurent,
00:23:24pour parler de la question
00:23:25de la capitalisation.
00:23:26Oui, autre question
00:23:27sur les retraites.
00:23:28Jordan Bardella a évoqué
00:23:29parfois l'introduction
00:23:30d'une dose de capitalisation
00:23:31dans notre système de retraite.
00:23:33Je rappelle,
00:23:33la capitalisation,
00:23:34c'est en fait proposer
00:23:36aux Français
00:23:36de placer de l'argent
00:23:37qu'ils récupéreront
00:23:38une fois à la retraite.
00:23:40Est-ce que les réflexions
00:23:41sont véritablement en cours
00:23:43sur ce sujet
00:23:43et est-ce que ça sera
00:23:44une capitalisation obligatoire
00:23:47ou non obligatoire ?
00:23:47Non, jamais obligatoire.
00:23:49Jamais obligatoire.
00:23:50On a le droit
00:23:50de réfléchir.
00:23:52Moi, je pense que la capitalisation,
00:23:53si elle est facultative,
00:23:55si elle donne des possibilités,
00:23:56on doit regarder
00:23:57de façon à ce que ça ne crée
00:23:58pas non plus de déséquilibre.
00:23:59Elle existe déjà.
00:24:00Quand on dit déséquilibre,
00:24:01des inégalités, vous voulez dire ?
00:24:02Absolument, des inégalités.
00:24:03Parce que ça veut dire
00:24:03qu'il y a des gens
00:24:04qui le pouvaient
00:24:04et des gens qui ne pouvaient pas.
00:24:05D'abord, elle ne peut pas être
00:24:06obligatoire pour ces raisons-là.
00:24:08Mais elle existe déjà.
00:24:10Les plans épargne-retraite,
00:24:11c'est de la capitalisation.
00:24:12Je note d'ailleurs
00:24:12que le gouvernement
00:24:13les a taxés.
00:24:14Avec la hausse de la CSG
00:24:16sur les revenus,
00:24:18le gouvernement a taxé
00:24:19ces plans épargne-retraite.
00:24:21Donc, il faut qu'on entame
00:24:22cette réflexion
00:24:23sur la capitalisation
00:24:23qui ne sera jamais obligatoire.
00:24:25Qu'est-ce que vous apporterait
00:24:26de nouveau
00:24:26par rapport à ce qui existe ?
00:24:28Ils parlent parfois
00:24:28du fonds souverain
00:24:29en disant que ça s'articulerait
00:24:30avec le fonds souverain.
00:24:31Qu'est-ce que vous allez proposer
00:24:32exactement aux Français ?
00:24:33On aurait pu en parler
00:24:34d'ailleurs avec l'intelligence artificielle
00:24:36du fonds souverain.
00:24:36Vous savez que les Français
00:24:37ont énormément d'épargne,
00:24:39y compris dans ces moments
00:24:42les Français épargnent beaucoup
00:24:43et ce fléchage de l'économie
00:24:44des Français
00:24:45a été assez peu pensé.
00:24:47Donc, on pourrait imaginer,
00:24:48peut-être,
00:24:49d'ailleurs avec l'intelligence artificielle,
00:24:51on pourrait penser
00:24:51que ce soit un objet également
00:24:55de mobilisation
00:24:56de l'épargne des Français,
00:24:56de fléchage de l'épargne des Français.
00:24:58Les retraites en font partie aussi.
00:25:00Stéphanie ?
00:25:00Vous avez entendu Gabriel Attal
00:25:01samedi.
00:25:02Il dit peu ou prou
00:25:02la même chose que Jordan Bardella,
00:25:04plus d'âge légal,
00:25:05de la capitalisation.
00:25:06Elle est où la différence
00:25:07entre le président de votre parti
00:25:08et Gabriel Attal ?
00:25:09Non, moi, je n'ai pas entendu
00:25:10la même chose
00:25:11chez Gabriel Attal.
00:25:12mais surtout, je vais vous dire,
00:25:13Gabriel Attal a été,
00:25:15ils adorent ce terme,
00:25:16les macronistes,
00:25:16en responsabilité.
00:25:17Mais sur le fond,
00:25:18la différence,
00:25:18elle est où ?
00:25:19Mais je n'ai pas en tête
00:25:19exactement ce que raconte
00:25:20Gabriel Attal.
00:25:21Parce que lui,
00:25:22il dit plus d'âge légal,
00:25:23de la capitalisation.
00:25:24Mais nous,
00:25:24nous ne disons pas
00:25:25plus d'âge légal.
00:25:27Nous devons avoir
00:25:28une réflexion sur le fait
00:25:29d'entrer plutôt
00:25:29sur le marché du travail.
00:25:30On doit avoir cette réflexion
00:25:32que Gabriel Attal
00:25:33dit plus d'âge légal
00:25:34et que de la capitalisation.
00:25:35Nous, je viens de vous dire,
00:25:36jamais de capitalisation
00:25:38obligatoire.
00:25:38Lui, il va aller vers un système
00:25:39où la capitalisation
00:25:40sera un des leviers,
00:25:43si ce n'est obligatoire,
00:25:44en tous les cas fondamentaux
00:25:45de sa réforme.
00:25:46Ce n'est pas exactement
00:25:46la même chose.
00:25:47Et à la fin,
00:25:47les Français s'apercevront
00:25:48que ce n'est pas exactement
00:25:49la même chose.
00:25:49On va parler d'autres sujets
00:25:50maintenant,
00:25:50l'actualité parlementaire,
00:25:52parce que les débats
00:25:53parlementaires se poursuivent,
00:25:54même si on parle beaucoup
00:25:54de la présidentielle
00:25:55et des projets à venir.
00:25:56Stéphanie, on commence par ?
00:25:59Le projet de loi de finances
00:26:00rectificatif ?
00:26:01Absolument.
00:26:02Les premières aides
00:26:03pour les carburants,
00:26:04pour les gros rouleurs
00:26:04sont versées en ce moment.
00:26:07Vous les réclamiez,
00:26:09vous réclamez aussi un PLFR,
00:26:11projet de loi de finances
00:26:13rectificatif.
00:26:13A priori, il n'y en aura pas.
00:26:15Est-ce que vous abandonnez l'idée ?
00:26:16Vous dites que de toute façon,
00:26:17ce n'est pas grave ?
00:26:18Ou est-ce que vous insistez encore
00:26:19en disant au gouvernement,
00:26:20il faut absolument
00:26:21ce projet de loi de finances
00:26:22rectificatif ?
00:26:23Il est nécessaire,
00:26:24ce projet de loi de finances
00:26:26rectificatif, je vous le dis.
00:26:26Pourquoi ?
00:26:27D'abord, parce qu'il y a
00:26:27des risques de dérapage
00:26:28très importants par rapport
00:26:29à ce que le gouvernement
00:26:30nous a raconté.
00:26:31Je rappelle que le budget,
00:26:32il a été construit
00:26:33sur une croissance à 0,9%.
00:26:34On est a priori à 0%,
00:26:36pour ne pas dire qu'on est
00:26:37en récession,
00:26:37mais enfin, on va être
00:26:38à 0% de croissance.
00:26:39Et sur une inflation à 1,7%,
00:26:40à mon avis,
00:26:41on est déjà à plus de 2.
00:26:43De 4.
00:26:43Voilà, de 4 d'inflation.
00:26:45Donc, ça veut dire que déjà
00:26:46la construction même du budget,
00:26:48elle a besoin d'être rectifiée.
00:26:50Ensuite, vous avez un budget
00:26:52qui doit s'adapter
00:26:53à une situation
00:26:54qui est particulièrement évolutive,
00:26:55qui est celle de la crise internationale
00:26:57qu'on paye sur les hydrocarbures.
00:26:59Donc, nous, on considère
00:26:59qu'à partir de là,
00:27:00le gouvernement doit...
00:27:02Alors, c'est ce que vous dites,
00:27:03doit, mais pour l'instant,
00:27:04le gouvernement,
00:27:04il ne veut pas.
00:27:06D'accord.
00:27:06Mais nous, notre boulot,
00:27:07écoutez, excusez-moi,
00:27:08mais enfin, en tant que législateur,
00:27:09c'est de contrôler aussi
00:27:09l'action du gouvernement.
00:27:11Oui.
00:27:11Et donc, si le gouvernement
00:27:13raye d'intérêt de plume
00:27:14un certain nombre de crédits ouverts,
00:27:15il peut le faire jusqu'à 1,5%
00:27:17des crédits ouverts.
00:27:18Ensuite, il doit aller au-delà.
00:27:19Ensuite, il doit aller au-delà
00:27:20à travers un projet
00:27:21de loi de finances rectificatif.
00:27:22Mais quels sont vos moyens
00:27:23d'imposer un débat ?
00:27:24D'accord.
00:27:25Non, mais je sais bien
00:27:25qu'en Macronie,
00:27:26on a l'habitude de gouverner
00:27:27contre le peuple,
00:27:28c'est-à-dire contre l'Assemblée nationale.
00:27:30Mais au bout d'un moment...
00:27:31Mais la question, c'est aussi
00:27:31comment on fait adopter
00:27:32un projet de loi de finances rectificatif
00:27:34quand on a vu les difficultés
00:27:35à faire adopter un budget ?
00:27:36Bien sûr.
00:27:37Mais ça, c'est la difficulté
00:27:39du gouvernement.
00:27:40Ils n'ont qu'à faire
00:27:41un peu une révolution intellectuelle
00:27:42sur ce qu'ils veulent faire.
00:27:42Ils ne veulent toucher à rien.
00:27:44Parce que c'est ça aussi le drame.
00:27:45Alors, ils ne veulent pas baisser la TVA,
00:27:47ils ne veulent pas toucher à l'immigration,
00:27:48ils ne veulent pas toucher aux agences.
00:27:49Enfin, je veux dire,
00:27:50ils ne veulent toucher à rien.
00:27:51Donc, effectivement,
00:27:52si vous réfléchissez à périmètre constant,
00:27:54vous ne faites rien,
00:27:54vous ne pouvez en porter
00:27:56l'adhésion de personne.
00:27:57Contrôler l'action du gouvernement,
00:27:58c'est ce qu'a rappelé
00:27:58Yael Brunpivet l'autre jour
00:27:59à la tribune
00:28:00en s'adressant à la ministre
00:28:01de l'Agriculture.
00:28:02Est-ce que donc vous demandez
00:28:03éventuellement à Yael Brunpivet
00:28:04d'interpeller le gouvernement
00:28:13Oui, mais j'avais été très choqué,
00:28:14je veux dire,
00:28:15le jour où Yael Brunpivet
00:28:16avait accepté d'invalider,
00:28:18c'était pendant le débat
00:28:19sur la réforme des retraites,
00:28:19un certain nombre d'amendements,
00:28:21des amendements de l'extrême-gauche,
00:28:22d'ailleurs de LFI,
00:28:24au motif de l'article 40,
00:28:25elle les avait déclarés irrecevables.
00:28:27Et c'était sous la pression de l'exécutif.
00:28:29Et moi, cette immixion de l'exécutif
00:28:30dans le champ législatif
00:28:32m'avait beaucoup choqué.
00:28:32J'aurais préféré que Yael Brunpivet
00:28:35résiste aux pressions.
00:28:36Elle ne l'a pas fait.
00:28:37Et je pense que c'était une erreur.
00:28:38Là, aujourd'hui,
00:28:39elle a matière à effectivement
00:28:40demander que le Parlement
00:28:41soit respecté
00:28:42en faisant un projet
00:28:43de loi de finances rectificatifs.
00:28:44En tout cas,
00:28:45en faisant en sorte
00:28:46que le gouvernement
00:28:46nous présente
00:28:47un projet de loi de finances rectificatifs.
00:28:48Clairement, vous lui demandez
00:28:49de faire la démarche.
00:28:49Bien sûr.
00:28:51Bien sûr, parce qu'elle a l'autorité
00:28:52pour le faire.
00:28:53Elle a l'autorité pour le faire.
00:28:54Elle peut saisir le gouvernement.
00:28:57Donc vous lui demandez
00:28:57de saisir le gouvernement.
00:28:58Mais bien entendu,
00:28:59je pense qu'elle serait
00:28:59tout à fait dans son rôle.
00:29:01Comme nous, nous sommes dans le nôtre.
00:29:02Défini ?
00:29:02La proposition de loi
00:29:04après l'affaire Bétarame
00:29:05est en discussion
00:29:06à l'Assemblée nationale.
00:29:07Ça se termine ce soir à minuit.
00:29:09Est-ce que vous,
00:29:09vous souhaitez que ça aille
00:29:10jusqu'au bout,
00:29:11que ça aille au vote ?
00:29:13Écoutez, ça dépend
00:29:14de ce qu'il y a d'autre.
00:29:15Enfin, aller au vote,
00:29:15ce n'est pas trop le sujet.
00:29:18C'est ce qu'il y a dedans.
00:29:19Moi, je suis favorable
00:29:20à ce qu'on protège les enfants.
00:29:21Je suis favorable
00:29:22à ce que lorsqu'on se retrouve
00:29:23dans des cas de figure épouvantables,
00:29:25on puisse reconnaître
00:29:27un état de victime,
00:29:28éventuellement une indemnisation,
00:29:29comme je crois,
00:29:30on en parle dans le texte.
00:29:31Il y a deux écueils, je crois,
00:29:33dans le texte
00:29:33qui est en discussion ce soir.
00:29:34C'est le contrôle de l'ense...
00:29:36C'est la mise sous tutelle,
00:29:37je vous le dis, en fait.
00:29:37Un risque de mise sous tutelle
00:29:39de l'enseignement privé
00:29:40par l'État.
00:29:41Il y a quand même
00:29:41un peu la volonté,
00:29:42à travers l'un des deux rapporteurs,
00:29:44M. Vannier,
00:29:45qui est d'extrême-gauche,
00:29:46qui est de LFI,
00:29:46de vouloir aller percuter
00:29:48l'enseignement privé.
00:29:49Mais c'est de là
00:29:49qu'il y a des affaires.
00:29:50On parle de faits
00:29:50qui se sont produits
00:29:51dans l'enseignement privé.
00:29:52Oui, oui, mais regardez
00:29:54sur la mairie de Paris,
00:29:55si on parle de ce qui s'est passé
00:29:56dans un certain nombre
00:29:57d'établissements
00:29:58qui accueillaient
00:29:58du public très jeune.
00:30:00On n'est pas dans
00:30:00des établissements privés.
00:30:01Paul Vannier propose justement
00:30:03d'étendre un peu
00:30:03les prérogatives de la loi
00:30:05au périscolaire.
00:30:06Là où il y a
00:30:06une population très jeune,
00:30:08il y a évidemment un risque
00:30:09que cette population très jeune
00:30:10rencontre, croise le chemin
00:30:12un jour d'un prédateur.
00:30:13Et puis il y a quand même
00:30:14un truc sur le secret
00:30:14de la confession
00:30:15qui, moi, me heurte un peu,
00:30:17puisque dans cette proposition
00:30:20dite métaram,
00:30:21puisque c'est comme ça
00:30:22qu'elle est appelée,
00:30:24on touche un peu
00:30:25à cette liberté de conscience
00:30:26qui est le secret
00:30:26de la confession
00:30:27qui a été reconnue
00:30:28comme telle.
00:30:29Qui est au-dessus
00:30:29des lois de la République.
00:30:30Qui a été reconnue
00:30:31comme telle
00:30:31par la Cour de cassation.
00:30:34Et donc c'est une liberté.
00:30:35C'est une liberté individuelle
00:30:37qui est reconnue
00:30:38par notre droit.
00:30:39Mais même pour des faits
00:30:40aussi graves
00:30:40que des agressions sexuelles
00:30:42ou des viols pour enfants ?
00:30:43Il y a un certain...
00:30:44Le droit, tout à l'heure,
00:30:45je vous parlais
00:30:45d'un certain nombre
00:30:46de principes de droit.
00:30:47Je crois que, là encore,
00:30:49c'est un principe du droit.
00:30:51La liberté de conscience,
00:30:52moi, j'y suis très attaché.
00:30:53On pourra peut-être
00:30:53tout à l'heure parler
00:30:54de la loi sur la fin de vie
00:30:55et la liberté de conscience.
00:30:58Faire violence aux individus
00:30:59contre leur conscience
00:31:00me semble être quelque chose
00:31:01qui ne va pas
00:31:02dans le bon sens.
00:31:03Oui, mais là,
00:31:03c'est la violence
00:31:04contre la conscience
00:31:05à l'encontre
00:31:05des violences qui sont couvertes.
00:31:07Ça n'empêche qu'il faut recueillir.
00:31:07Ça n'empêche qu'il faut recueillir.
00:31:09Évidemment,
00:31:11ce n'est pas uniquement
00:31:12dans le cadre de la confession
00:31:13que ça se fait
00:31:13et surtout pas, d'ailleurs,
00:31:14à mon avis,
00:31:15dans le cadre de la confession.
00:31:16Mais il faut recueillir
00:31:16la parole des victimes.
00:31:18Il faut aller peut-être même
00:31:20les aider à la chercher,
00:31:22la prendre très au sérieux.
00:31:25Mais là, je crois qu'il y a...
00:31:25Si le texte
00:31:26contient cette disposition,
00:31:27vous voterez contre, donc ?
00:31:28Écoutez, je ne sais pas.
00:31:29Ça dépend des dispositions
00:31:30qui...
00:31:31Mais moi, ça me choque.
00:31:32À titre personnel,
00:31:33ça me choque beaucoup.
00:31:34Je trouve que...
00:31:35Puis je vais vous dire
00:31:36parce qu'il y a un sous-texte
00:31:37derrière ça.
00:31:38À un moment,
00:31:38je veux dire,
00:31:39on n'est pas des enfants de cœur,
00:31:40c'est le cas de le dire.
00:31:41M. Vanier,
00:31:42il mène un combat
00:31:44derrière ça
00:31:45contre l'enseignement libre.
00:31:47Moi, je suis un enfant
00:31:47de l'école publique,
00:31:48je le dis avec beaucoup
00:31:48de liberté.
00:31:49Il mène un combat
00:31:50contre l'enseignement libre
00:31:51et contre les cathos.
00:31:52C'est une réalité.
00:31:53Mais il y a des faits,
00:31:54quand même.
00:31:54À l'inverse,
00:31:55on peut le dire dans l'autre sens.
00:31:55Il y a des faits,
00:31:56la justice doit...
00:31:57On doit pouvoir,
00:31:58je vous l'ai dit,
00:31:59accueillir, indemniser,
00:32:00reconnaître, accompagner.
00:32:01Oui, très clair.
00:32:02Un curé, c'est un homme.
00:32:03À l'inverse,
00:32:04s'il entend des choses
00:32:05et qu'il ne dit rien,
00:32:05ça ne vous choque pas ?
00:32:06Alors que tous citoyens
00:32:08doivent les s'en céder.
00:32:09Non, non, non.
00:32:09Ce sont des citoyens normaux.
00:32:10Vous avez beaucoup de professions
00:32:12et je crois que les journalistes
00:32:13en ont dans lesquelles
00:32:20la révélation.
00:32:20Des sources, oui,
00:32:21mais les faits, non.
00:32:22Des sources chez les journalistes,
00:32:23je crois que...
00:32:23Sébastien Chenier,
00:32:24des sources, oui,
00:32:25mais pas les faits.
00:32:25J'entends.
00:32:27Les faits sans qu'elles soient sourcées,
00:32:30indiquer des faits
00:32:31sans qu'elles soient sourcées
00:32:31en la matière
00:32:32n'ont peut-être pas
00:32:33beaucoup d'intérêt.
00:32:34Stéphanie.
00:32:35On change de sujet.
00:32:36La loi d'urgence agricole,
00:32:37elle va être votée demain
00:32:38dans l'Hemstic.
00:32:39Est-ce que vous la voterez ?
00:32:42Je crois que Hélène Laporte,
00:32:43qui suit notre texte,
00:32:44ne s'est pas encore prononcée,
00:32:45en tous les cas,
00:32:46elle ne l'a pas dit,
00:32:46mais elle ne m'a pas chargé
00:32:48de le dire ce soir
00:32:50sur votre antenne.
00:32:50En tout cas,
00:32:50elle m'a indiqué
00:32:51qu'effectivement,
00:32:52on allait émettre
00:32:52un vote positif
00:32:53sur cette loi
00:32:54d'orientation agricole.
00:32:55Alors, ce n'est pas
00:32:55la grande loi de l'année.
00:32:58C'est une loi intéressante,
00:32:59c'est une loi d'urgence,
00:33:01oui,
00:33:01parce que les agriculteurs
00:33:02souffrent énormément,
00:33:02mais on va la voter
00:33:03parce qu'on estime
00:33:04qu'on a fait bouger des lignes.
00:33:06Par exemple ?
00:33:06Vous suivez l'actualité parlementaire,
00:33:08on a fait bouger des lignes,
00:33:11on a obtenu un certain nombre
00:33:12de victoires sur des amendements.
00:33:13Par exemple,
00:33:15inclure des organisations syndicales
00:33:17ou professionnelles agricoles
00:33:18dans un certain nombre de projets.
00:33:20Par exemple,
00:33:20des projets de méga-bassines,
00:33:22des projets d'organisation territoriale.
00:33:25On a pu le faire
00:33:25sur la facilité,
00:33:27le stockage de l'eau,
00:33:29aller permettre d'épauler
00:33:30beaucoup des agriculteurs
00:33:33face au loup,
00:33:34qui était une menace.
00:33:35La rémunération aussi
00:33:36sur des agriculteurs
00:33:38avec des prix planchés.
00:33:39c'est un amendement élevé
00:33:39que vous avez voté.
00:33:40Oui, mais on l'a voté.
00:33:41C'est passé grâce à nous.
00:33:43Donc, par conséquent,
00:33:45nous,
00:33:45on s'est imposé aussi
00:33:47l'achat français
00:33:48pour la restauration collective.
00:33:50Acheter français
00:33:51pour la restauration collective.
00:33:52Amendement élevé
00:33:52que vous avez voté.
00:33:53Non, mais ils en ont voté
00:33:54et d'autres groupes
00:33:55ont voté les nôtres
00:33:56puisque nous n'aurions pas eu de succès
00:33:57si les autres groupes
00:33:58ne l'avaient pas.
00:33:58Mais votre grand combat,
00:33:59c'était la réautorisation
00:34:00de l'insecticide,
00:34:01de l'acétalipride.
00:34:02Ça, vous ne l'avez pas eu.
00:34:03Mais peu importe,
00:34:04vous votez quand même.
00:34:04Oui, mais on a eu autre chose.
00:34:06On a pu interdire,
00:34:07je pense à l'importation
00:34:08et la mise, je crois,
00:34:09sur le marché
00:34:10d'un certain nombre
00:34:11d'enrées
00:34:12qui auraient été créées
00:34:13avec des substances
00:34:13qui, elles-mêmes,
00:34:15étaient interdites.
00:34:17Oui, mais enfin,
00:34:18on a eu ce...
00:34:18Ce n'est pas le plus grand succès,
00:34:20mais c'est un premier succès.
00:34:21C'est globalement positif.
00:34:23Donc, globalement,
00:34:23on se dit,
00:34:24avec tout ce que je vous ai listé
00:34:25et que j'ai repris,
00:34:26que nos députés ont défendu,
00:34:29ils ont été très combattifs,
00:34:31nos députés,
00:34:32eh bien,
00:34:33je pense qu'effectivement,
00:34:34on peut voter
00:34:34et on va voter cette loi.
00:34:36Laurent, on va parler
00:34:37de la Corse, maintenant.
00:34:38D'accord.
00:34:38Même question
00:34:39sur le projet de loi
00:34:40de révision du statut
00:34:41de la Corse
00:34:41qui doit arriver aussi
00:34:42dans quelques semaines
00:34:43à l'Assemblée.
00:34:44Même question.
00:34:45Est-ce que vous pouvez voter
00:34:46ce texte ?
00:34:47Est-ce qu'il vous convient ?
00:34:48Bon, qu'il y ait plus
00:34:49de décentralisation,
00:34:50pourquoi pas,
00:34:51mais il faut nous dire
00:34:51pour faire quoi,
00:34:53quand, avec qui.
00:34:55Je crois que les garanties,
00:34:56aujourd'hui,
00:34:56sont un peu
00:34:57un point d'interrogation.
00:34:59Nous, on n'est pas hostile
00:35:00à ce qu'il y ait
00:35:01plus de décentralisation,
00:35:03mais je vais vous dire,
00:35:04le bon...
00:35:04Je crois, en tous les cas,
00:35:05que le bon mode d'emploi,
00:35:06ce serait de faire
00:35:07un référendum en Corse
00:35:09sur l'avenir de la Corse
00:35:10pour les Corses.
00:35:11Je pense que ce sont
00:35:12les premiers concernés
00:35:13et qu'il faut leur donner
00:35:14la parole sur ce sujet-là.
00:35:15Vous avez évolué,
00:35:16le Rassemblement national,
00:35:17sur cette question,
00:35:18parce que c'est vrai
00:35:19que vous étiez plutôt
00:35:21assez jacobin
00:35:21dans votre vision
00:35:22de la Corse.
00:35:23Et on voit,
00:35:24ces derniers mois,
00:35:25ces dernières années,
00:35:26que Marine Le Pen,
00:35:27il y a une inflexion
00:35:28pour, finalement,
00:35:30défendre les identités locales.
00:35:31Ça n'empêche pas.
00:35:32Il y a toujours eu ça.
00:35:33Je vous renvoie, d'ailleurs,
00:35:34à 1986,
00:35:36l'arrivée des premiers députés
00:35:37du Front national.
00:35:38On a toujours eu
00:35:39une conscience régionaliste.
00:35:40On avait le leader régionaliste
00:35:44alsacien
00:35:44qui avait été élu
00:35:45sous nos couleurs.
00:35:46Donc, on a toujours été
00:35:47très attentifs
00:35:47aux identités régionales
00:35:49qui sont des composantes,
00:35:50effectivement,
00:35:51de notre pays,
00:35:52de l'identité de notre pays.
00:35:53Mais il ne s'agit pas
00:35:54d'aller vers une autonomie.
00:35:55Il ne s'agit pas d'aller vers...
00:35:57Il s'agit d'aller vers
00:35:58plus de démocratie.
00:35:59Est-ce que c'est lié aussi
00:36:00à des accords électoraux ?
00:36:01Parce qu'on a vu
00:36:01que vous avez fait
00:36:01des accords électoraux
00:36:02aux municipales
00:36:03avec des mouvements
00:36:05plus identitaires en Corse.
00:36:08Vous pensez à Nicolas Batini,
00:36:09par exemple.
00:36:10Je pense qu'il se reconnaît,
00:36:10effectivement,
00:36:11dans ce que nous défendons
00:36:12aujourd'hui, oui.
00:36:13Vous évoquiez tout à l'heure
00:36:14la fin de vie.
00:36:14Vous avez dit,
00:36:15on va peut-être en parler.
00:36:15C'est l'occasion, Hervé,
00:36:16d'évoquer ce sujet
00:36:18qui traîne depuis des années,
00:36:20maintenant.
00:36:20Le texte qui instaure
00:36:22un droit à l'aide à mourir
00:36:27dans peu de temps.
00:36:29Lorsqu'il a été présenté
00:36:31au vote, ce texte,
00:36:32le groupe RN s'est divisé.
00:36:34Vous-même, vous avez voté pour.
00:36:35Je crois que vous étiez
00:36:3617 membres du groupe
00:36:37à avoir voté pour.
00:36:38Marine Le Pen,
00:36:39elle, a voté résolument contre,
00:36:41on le sait.
00:36:42Est-ce que vous souhaitez
00:36:43que le texte puisse être adopté
00:36:46avant l'été ?
00:36:47Est-ce que vous pensez
00:36:47que c'est possible ?
00:36:48Alors, on n'a pas été divisé.
00:36:50Ce n'est pas comme ça.
00:36:50Non, mais on est un peu...
00:36:52Factuellement, je veux dire.
00:36:52Oui, mais je veux dire,
00:36:53on est un peu comme les Français.
00:36:54On avait la liberté de vote
00:36:55et vous savez que c'est un sujet
00:36:56qui, évidemment,
00:36:58touche beaucoup les consciences
00:36:59des uns et des autres.
00:37:00On n'est pas dans la technique.
00:37:01Bon, d'abord, on a tous voté
00:37:02pour le texte sur les soins palliatifs.
00:37:04Sur ça, on était tous d'accord.
00:37:05Mais je crois qu'il y avait
00:37:05une unanimité, d'ailleurs,
00:37:07à l'Assemblée nationale.
00:37:07Je ne disais pas
00:37:08que vous étiez disputé.
00:37:09Je disais que vous étiez disputé.
00:37:10Mais voilà, c'est pas une...
00:37:11D'ailleurs, c'est pas une dispute
00:37:13en tant que telle.
00:37:14Ça s'est fait de façon
00:37:15très respectueuse.
00:37:16Puis après, il y a le texte Falorni
00:37:17qui revient
00:37:18parce que le Sénat,
00:37:19effectivement, l'a rejeté.
00:37:22Moi, il y a des choses
00:37:23qui, je l'ai voté
00:37:24parce que je pense
00:37:24qu'on doit encadrer ce droit
00:37:27et que les gardes-fous
00:37:28qui existent
00:37:29me semblaient suffisants
00:37:31et nécessaires.
00:37:32Et donc, j'ai été attaché
00:37:34à ces gardes-fous.
00:37:35Maintenant, si, par exemple...
00:37:37Moi, je suis hostile,
00:37:38par exemple, au délit d'entrave.
00:37:41S'il y avait ce délit d'entrave
00:37:42qui revenait,
00:37:43ça me gênerait considérablement.
00:37:44Vous voyez, ça nous refait penser
00:37:45tout à l'heure
00:37:46à notre débat sur les consciences.
00:37:48Moi, je crois qu'effectivement...
00:37:50que ça soit adopté avant l'été ?
00:37:51Je ne sais pas.
00:37:52C'est une réforme
00:37:53qui a été menée un peu
00:37:55à la fois dans l'urgence
00:37:56de façon un peu cavalière.
00:37:57Ça s'est arrêté.
00:37:57C'est une convention citoyenne,
00:37:58quand même.
00:38:00On ne peut pas dire
00:38:00que c'est improvisé
00:38:01comme débat, quand même.
00:38:02Non, mais moi, je regrette
00:38:03que on n'ait pas...
00:38:04Vous savez, les sujets de société,
00:38:05moi, je pense que c'est toujours
00:38:05aux Français de les trancher.
00:38:08Là, c'est une convention
00:38:09qui vient du Parlement.
00:38:10Vous disiez tout à l'heure
00:38:10que l'Assemblée, c'est le peuple.
00:38:12On aurait pu émettre
00:38:13sur ces grands...
00:38:14Oui, moi, je crois
00:38:14que les sujets de société,
00:38:16traitement par la société.
00:38:18Donc ?
00:38:19Ce n'est pas le cas.
00:38:20Un référendum, ça...
00:38:21Ça aurait pu avoir du sens
00:38:22parce que je pense
00:38:23que sur tous les sujets de société,
00:38:24c'est bien que la société
00:38:25s'en empare.
00:38:26Bon, ça n'a pas été le cas.
00:38:27Ça pourrait encore ?
00:38:28Je demeurerais,
00:38:28si le texte n'évolue pas
00:38:29de la façon dont je vous indiquais,
00:38:31favorable à voter ce texte.
00:38:33Et puis, nous aurons
00:38:35ce droit encadré
00:38:37qui existera
00:38:38et qui permettra,
00:38:39parce que moi,
00:38:39c'est beaucoup ce qui me heurtait,
00:38:41à des gens
00:38:41de ne pas s'expatrier,
00:38:43de ne pas quitter leur pays
00:38:44en plus que de devoir
00:38:46quitter la vie.
00:38:47Alors, on va parler maintenant
00:38:48du fonctionnement
00:38:48de l'Assemblée nationale.
00:38:49Stéphanie ?
00:38:50Depuis plusieurs mois,
00:38:51Yael Brunpivet
00:38:51et tous les groupes politiques
00:38:52réfléchissent à des changements
00:38:54dans la manière
00:38:55dont fonctionne l'Assemblée.
00:38:56Vous, qui êtes vice-président
00:38:57de l'Assemblée nationale,
00:38:58qu'est-ce qu'il faut changer
00:38:59en priorité ?
00:39:00Vous savez,
00:39:01la crise que traverse notre pays,
00:39:02elle est économique,
00:39:03elle est sociale,
00:39:04elle est sécuritaire,
00:39:04elle est migratoire,
00:39:05mais elle est aussi institutionnelle.
00:39:06En réalité, tout à l'heure,
00:39:07je disais
00:39:09la Macronie gouverne
00:39:10contre le peuple.
00:39:13Il a pu, avec ses premiers ministres d'ailleurs,
00:39:16essayer de contourner
00:39:17l'Assemblée nationale.
00:39:18On a parlé de l'utilisation
00:39:20très forte du 49-3 de Mme Borne.
00:39:22Je pense que c'est une utilité,
00:39:23le 49-3,
00:39:24mais pas utilisé de cette façon
00:39:25de toute façon
00:39:26tout à fait répétitive
00:39:28pour bloquer les débats.
00:39:29Il faudrait limiter
00:39:30le nombre de 49-3 utilisables ?
00:39:33On peut ouvrir le débat.
00:39:34En tout cas, il est utile.
00:39:35Je ne dis pas
00:39:36qu'il faut l'interdire du tout,
00:39:37mais enfin, là,
00:39:38c'était devenu un réflexe pavlovien.
00:39:41Donc, il faut le limiter,
00:39:41de ce fait ?
00:39:42Il faut la pratique.
00:39:44Vous savez, vous avez les textes,
00:39:45vous avez la pratique.
00:39:45Oui, mais si c'est autorisé,
00:39:47comment voulez-vous ?
00:39:47Ce que je vous dis,
00:39:48c'est que, oui,
00:39:48mais il n'y a pas eu besoin
00:39:49les années précédentes
00:39:50dans la vie parlementaire,
00:39:51effectivement.
00:39:52Michel Rocard,
00:39:53il avait des majorités vieux.
00:39:54Oui, mais Michel Rocard,
00:39:55vous parlez de Michel Rocard,
00:39:56il n'avait pas de majorité,
00:39:57il est allé chercher
00:39:57les quelques voix
00:39:58qui lui manquaient.
00:39:59Il faisait énormément
00:40:00de 40-3.
00:40:01Oui, mais sur les autres sujets,
00:40:02il est allé chercher
00:40:04des majorités.
00:40:05Au-delà de ça,
00:40:06vous avez des articles
00:40:07sur lesquels,
00:40:08l'article 45
00:40:13On n'a pas la même appréciation
00:40:15à l'Assemblée nationale
00:40:16et au Sénat.
00:40:17Ça vaudrait le coup
00:40:18de se pencher dessus.
00:40:19La représentativité,
00:40:20pour éviter sincèrement
00:40:21de donner cette image
00:40:22un peu piteuse
00:40:23que donnent parfois
00:40:24les députés à la rentrée,
00:40:25est-ce qu'il doit y avoir
00:40:26des vice-présidents,
00:40:27RN, LFI, que sais-je ?
00:40:29Écoutez,
00:40:29la proportionnelle pure et simple
00:40:30dans la gestion
00:40:32de l'Assemblée nationale
00:40:33permettrait de corriger les choses.
00:40:35L'inscrire, l'inscrire, quoi.
00:40:35Voilà, les séances de nuit,
00:40:37est-ce qu'on légifère bien
00:40:38la nuit dans un pays
00:40:39comme la France ?
00:40:40Moi, sincèrement,
00:40:42l'inscrire doit être revu
00:40:43à la semaine, au mois, à l'année.
00:40:45Il y a beaucoup de choses
00:40:45à faire de ce côté-là.
00:40:46Donc oui, il y a besoin
00:40:47de réformes d'ampleur
00:40:51concernant notre Assemblée nationale.
00:40:52Et parmi les propositions,
00:40:54il y aurait la création
00:40:55de deux nouvelles sanctions
00:40:55contre les députés
00:40:56qui perturbent les débats.
00:40:57C'est-à-dire une sanction
00:40:58qui interdit temporairement
00:40:59à un député
00:41:00de prendre la parole
00:41:01et une autre pour l'exclure
00:41:03immédiatement de l'hémicycle
00:41:04alors qu'à l'heure actuelle,
00:41:05il faut un peu de temps
00:41:06et on l'exclut totalement
00:41:07du Palais Bourbon,
00:41:08pas que de l'hémicycle.
00:41:08Est-ce que vous,
00:41:09qui est présidé des séances
00:41:10à l'Assemblée,
00:41:10vous êtes favorable à ça ?
00:41:11Mais on peut regarder
00:41:12parce que l'échelle des sanctions
00:41:13n'est pas très adaptée.
00:41:14Vous passez d'une sanction
00:41:14qui est très symbolique
00:41:15à une sanction d'exclusion.
00:41:17Donc on peut regarder ça aussi.
00:41:18Mais moi, je crois que,
00:41:19vous savez, pour revenir
00:41:20au fait de, tout à l'heure,
00:41:22du citation du 49-3,
00:41:24moi, je crois que ce qu'il faut,
00:41:24c'est de la stabilité
00:41:25dans notre institution.
00:41:26Lui redonner du pouvoir,
00:41:27pas plus de pouvoir,
00:41:29pas prendre le pouvoir
00:41:30d'autres institutions.
00:41:32Lui permettre à notre Assemblée
00:41:33d'exercer tous ses pouvoirs,
00:41:34mais d'être représentative.
00:41:39qui représente réellement
00:41:40le nombre d'habitants.
00:41:41Vous avez des circonscriptions
00:41:41qui ont plus d'habitants
00:41:43et moins de députés.
00:41:44Alors, c'est-à-dire
00:41:45ce que c'est par département ?
00:41:46Non, mais est-ce que vous avez,
00:41:47par exemple, je vous donne un exemple,
00:41:48Alpes-Maritimes et Haute-Garonne,
00:41:49ils ont plus d'habitants
00:41:51inscrits sur les listes électorales,
00:41:52ils ont plus d'inscrits
00:41:52sur les listes électorales
00:41:54que la Seine-Saint-Denis.
00:41:54Et la Seine-Saint-Denis
00:41:55a plus de députés
00:41:56que ces départements
00:41:57parce qu'elle a plus d'habitants
00:41:58qui ne sont pas inscrits
00:41:59sur les listes électorales.
00:42:00Je pense qu'il faut
00:42:00avoir des coupages,
00:42:01ça permettrait de rendre
00:42:02les choses un peu plus équilibrées
00:42:04aussi, en plus de la proportionnelle.
00:42:06Alors, parlons maintenant
00:42:06de la présidentielle qui approche
00:42:08parce que tout le monde
00:42:08a ça en tête.
00:42:09Et juin, c'est la saison
00:42:10des meetings
00:42:10des candidats à la présidentielle.
00:42:12Samedi, c'était Gabriel Attal
00:42:13et il a ciblé
00:42:15le Rassemblement National
00:42:16et la France Insoumise.
00:42:18Mes adversaires,
00:42:19ce sont les marchands de haine,
00:42:21les apôtres du déclin,
00:42:22les artisans de la nostalgie.
00:42:25Mes adversaires,
00:42:27c'est la France Insoumise
00:42:28et le Rassemblement National.
00:42:29Ils veulent briser le pays,
00:42:32opposer les Français.
00:42:34Là, c'est clairement
00:42:35votre adversaire, Gabriel Attal,
00:42:36quand vous l'entendez.
00:42:37C'est lui qui se positionne
00:42:40en adversaire
00:42:40du Rassemblement National.
00:42:41Mais tout ça,
00:42:42on sait bien que c'est un jeu
00:42:44de dupes par rapport
00:42:45à Edouard Philippe.
00:42:46Il cherche à se marquer
00:42:47à la culotte.
00:42:47Semeur de haine,
00:42:48le Rassemblement National.
00:42:49Vous savez, c'est comme
00:42:49dans Siena de Bergerac,
00:42:51on n'abdique pas l'honneur
00:42:52d'être une cible.
00:42:53Donc, nous n'abdiquerons pas
00:42:54l'honneur d'être la cible.
00:42:54Mais semeur de haine,
00:42:55ça vous...
00:42:56Vous savez, Gabriel Attal
00:43:00a très peu de sincérité,
00:43:01moi, je trouve.
00:43:02C'est quelqu'un
00:43:02qui est très plastique
00:43:03dans sa capacité
00:43:04à défendre tout et son avers.
00:43:06Je le dis sur des faits
00:43:07très importants.
00:43:08Tout à l'heure,
00:43:08on a parlé du SMIC.
00:43:09Quand Gabriel Attal
00:43:10arrive à Matignon,
00:43:11il dit, je vais
00:43:12désmicardiser la France.
00:43:13Moi, j'avais trouvé ça intéressant.
00:43:14Il est arrivé,
00:43:15il y avait 12% des travailleurs
00:43:16qui étaient au SMIC,
00:43:16il est reparti,
00:43:17il y en avait 17%.
00:43:18Il dit avec moi,
00:43:18le Mercosur, c'est non.
00:43:19Le Mercosur, ça a été oui.
00:43:21Et en plus, il l'a voté.
00:43:22Donc, si vous voulez,
00:43:26bien avant Gabriel Attal,
00:43:29ceux qui nous regardent
00:43:29ne le savent peut-être pas,
00:43:30mais vous avez été membre
00:43:31du RPR dans les années 90.
00:43:34De l'UMP.
00:43:35Non, du RPR d'abord,
00:43:36puis ensuite de l'UMP
00:43:37jusqu'en 2014.
00:43:39Est-ce que vous diriez,
00:43:40comme Nicolas Sarkozy,
00:43:42que Jordan Bardella,
00:43:43à certains égards,
00:43:44vous rappelle le jeune Jacques Chirac ?
00:43:46Il a une sorte d'énergie
00:43:48qui rappelle peut-être
00:43:49celle de Chirac,
00:43:51une sorte de vitesse, etc.,
00:43:53qui peut rappeler...
00:43:54Vous alliez lui dire
00:43:54d'où vient toute cette énergie ?
00:43:55Jacques Chirac,
00:43:56mais moi, j'avais soutenu Chirac,
00:43:59notamment face à Édouard Balladur
00:44:01à l'époque,
00:44:02et en cela,
00:44:02il peut lui ressembler,
00:44:04mais...
00:44:04Mais que sur l'énergie ?
00:44:06En comparaison,
00:44:06on n'est pas raison.
00:44:08Vous savez,
00:44:08on est dans une autre époque,
00:44:09on est dans un autre rapport
00:44:10aux choses.
00:44:12Voilà, je pense qu'on ne peut pas
00:44:13C'est Nicolas Sarkozy
00:44:14qui dit ça à nous,
00:44:14on ne fait que reprendre.
00:44:15Hervé.
00:44:16On interroge régulièrement
00:44:18les candidats
00:44:19et le personnel politique
00:44:20à l'approche
00:44:20d'une élection présidentielle
00:44:21sur ce qu'ils feraient
00:44:22en cas de deuxième tour
00:44:24entre Jean-Luc Mélenchon
00:44:25et le candidat
00:44:26du Rassemblement National.
00:44:28Je voudrais savoir
00:44:29ce que vous feriez,
00:44:29vous,
00:44:30si le candidat
00:44:31du Rassemblement National
00:44:32n'était pas au deuxième tour.
00:44:34Ah oui ?
00:44:35Je ne sais pas,
00:44:35il y aurait qui,
00:44:36donc,
00:44:36dans votre imaginaire ?
00:44:37Je ne sais pas,
00:44:38mais imaginons ensemble,
00:44:39par exemple,
00:44:40Jean-Luc Mélenchon
00:44:40est un candidat
00:44:42de ce qu'on appelle
00:44:42le bloc central.
00:44:43Moi, je ferais barrage
00:44:43à Jean-Luc Mélenchon.
00:44:44Donc, vous voteriez
00:44:45Edouard Philippe
00:44:45si c'était lui en place.
00:44:46Donc, vous voteriez
00:44:47Edouard Philippe.
00:44:47Mais j'aurais du mal
00:44:48à voter Edouard Philippe.
00:44:49Donc, vous voteriez blanc.
00:44:50Donc, je voterais blanc
00:44:52ou Edouard Philippe.
00:44:53Ça, c'est pas faire barrage
00:44:53de voter blanc.
00:44:56Parce qu'en fait,
00:44:57moi, si vous voulez,
00:44:57jamais je voterais
00:44:58Edouard Philippe
00:44:59pour que Demeure continue
00:45:01la situation qu'il a créée
00:45:02pour la retraite à 67 ans
00:45:03pour les 80 km heure,
00:45:04jamais je voterais
00:45:05pour un candidat
00:45:05qui aurait ce programme-là.
00:45:06Mais face à Jean-Luc Mélenchon ?
00:45:07Renonce à tous ces dogmes
00:45:09face à Jean-Luc Mélenchon
00:45:12et renonce à la retraite
00:45:13à 67 ans, etc.
00:45:15Alors, il devient possible
00:45:16de voter pour lui
00:45:17face à Jean-Luc Mélenchon.
00:45:18Donc, vous n'êtes pas vraiment
00:45:19pour le tout sauf Mélenchon,
00:45:21si je comprends bien.
00:45:22Quand même,
00:45:22ce serait une catastrophe, Mélenchon.
00:45:24Mais il faudrait que Edouard Philippe
00:45:25fasse quelques efforts quand même.
00:45:26C'est pas un chèque en blanc.
00:45:27Je ne peux pas...
00:45:28Moi, c'est fini le temps,
00:45:29je vais vous dire,
00:45:30et ça doit marcher
00:45:30dans tous les sens
00:45:30où on fait un chèque en blanc
00:45:32en disant barrage,
00:45:33on ferme les yeux,
00:45:34on se bouche le nez, etc.
00:45:35Ça donne des catastrophes, tout ça.
00:45:37Laurent ?
00:45:38Oui, on l'a vu tout à l'heure
00:45:39sur les retraites,
00:45:40sur d'autres sujets.
00:45:40Il y a parfois des dissensions
00:45:41entre Marine Le Pen
00:45:42et Jordan Bardella
00:45:43sur le programme.
00:45:45Si Jordan Bardella
00:45:46est le candidat
00:45:47du Rassemblement National
00:45:48pour 2027,
00:45:49est-ce qu'il aura la main
00:45:50sur son programme
00:45:51ou est-ce que ce sera
00:45:52le Rassemblement National,
00:45:53Marine Le Pen,
00:45:53qui décideront
00:45:55de quel sera son programme ?
00:45:56Non, un candidat,
00:45:58et c'est, je crois,
00:45:58à l'esprit de nos institutions
00:46:00à la main sur son programme.
00:46:01Un candidat,
00:46:02il a sa sensibilité,
00:46:04il a son histoire,
00:46:05son expérience.
00:46:06Il y a des sujets
00:46:06qui le passionnent parfois
00:46:07et d'autres beaucoup moins.
00:46:09Jusqu'où ?
00:46:09Et il aura la main
00:46:10totalement.
00:46:12Il peut changer
00:46:13la ligne des partis,
00:46:14le candidat.
00:46:14Il y a le programme
00:46:16des partis politiques
00:46:17et il y a le programme
00:46:18des candidats.
00:46:19Et c'est toujours comme ça
00:46:20parce que les candidats
00:46:21parfois se mettent
00:46:23un peu plus loin
00:46:24de leur parti
00:46:24sur un certain nombre
00:46:25de sujets
00:46:25ou au contraire,
00:46:26ils collent
00:46:27très favorablement.
00:46:27Donc, le candidat,
00:46:28si c'est Jordan Barbella,
00:46:29il aura un programme
00:46:31auquel il croit,
00:46:32qu'il aura validé,
00:46:33qu'il portera.
00:46:33Mais c'est nécessaire.
00:46:35Donc, sur les retraites,
00:46:36le programme pourrait changer ?
00:46:37Il n'y a qu'entre
00:46:37Gabriel Attal et Edouard Philippe
00:46:38que le programme
00:46:39est interchangeable.
00:46:39Sur les retraites,
00:46:40le programme pourrait changer
00:46:41fortement ?
00:46:42Non, je ne crois pas.
00:46:43Non, je ne crois pas.
00:46:44Il y a des sujets
00:46:45sur lesquels le programme ?
00:46:45Non, je pense que vous serez déçu.
00:46:46Il y a des sujets
00:46:47sur lesquels le programme
00:46:48pourrait changer ?
00:46:49Il aura peut-être envie
00:46:50d'avoir des inflexions
00:46:51sur des sujets
00:46:51qui lui sont très propres
00:46:52de donner une couleur.
00:46:54Non, je viens de vous dire
00:46:55l'inverse.
00:46:55Oui, mais c'est ce que vous dites.
00:46:56C'est ce que vous nous dites.
00:46:57Non, je viens de vous dire
00:46:59sur les retraites,
00:47:00vous serez.
00:47:01Là, pour les retraites,
00:47:01il doit signer.
00:47:02C'est totémique.
00:47:04Voilà, sur les retraites.
00:47:04C'est un totémique.
00:47:05Donc, il aura fait envie
00:47:06sur d'autres sujets
00:47:07de faire évoluer le programme
00:47:08dans un sens ou dans un autre.
00:47:09On a bien compris.
00:47:10Sur les retraites,
00:47:11pas le droit d'y toucher.
00:47:12Mais ce n'est pas
00:47:12pas le droit d'y toucher.
00:47:13C'est quelque chose
00:47:14qu'on a construit ensemble
00:47:15avec Jordan.
00:47:17Oui, et s'il est candidat,
00:47:18est-ce qu'il doit démissionner
00:47:19de la présidence du parti ?
00:47:21Pas forcément.
00:47:22Marine Le Pen a eu
00:47:22les deux cas de figure.
00:47:23Elle a été candidate
00:47:24en étant présidente du parti.
00:47:25Puis, elle a été candidate
00:47:26sans être présidente du parti.
00:47:27Je crois que c'est à lui
00:47:28de choisir.
00:47:29Il n'y a pas de raison.
00:47:30Ce n'est pas obligatoire
00:47:31d'ailleurs dans la vie
00:47:32démocratique non plus.
00:47:33Hugo ?
00:47:33Oui, M. Chenu,
00:47:34si jamais Marine Le Pen
00:47:35est inéligible
00:47:36et que Jordan Bardella
00:47:38devient président,
00:47:39est-ce que vous êtes pour
00:47:40une loi d'amnistie
00:47:41ou une grâce présidentielle
00:47:42pour Marine Le Pen
00:47:43et les différents prévenus
00:47:44du Rassemblement National ?
00:47:45Je ne me suis jamais
00:47:46posé la question
00:47:47mais je ne crois pas
00:47:48qu'on soit favorable
00:47:49à ce type de loi d'amnistie
00:47:50qui nous toucherait nous-mêmes.
00:47:52Je ne crois pas
00:47:53que ce soit l'esprit de la maison.
00:47:55Je crois même l'inverse.
00:47:56Un mot sur André Santini
00:47:58qui a été un des piliers
00:47:59de l'Assemblée Nationale
00:48:00qui est décédé aujourd'hui,
00:48:0185 ans.
00:48:01Il était député
00:48:02des Hauts-de-Seine,
00:48:03entre autres,
00:48:03maire d'ici Émilie-Morino.
00:48:04Il avait été réélu en mars.
00:48:06Grand défenseur
00:48:07du cumul des mandats.
00:48:08Le cumul des mandats
00:48:09n'est plus autorisé.
00:48:10Est-ce que vous seriez
00:48:11favorable, vous,
00:48:12à un retour
00:48:12au cumul des mandats ?
00:48:14Non, je trouve que la loi
00:48:15telle qu'elle est
00:48:16n'est pas mal.
00:48:17Elle permet de cumuler
00:48:17deux mandats.
00:48:18Moi, je suis conseiller
00:48:19régional des Hauts-de-France.
00:48:20Je ne suis pas dans l'exécutif,
00:48:21je suis dans l'opposition.
00:48:22C'est ça, deux mandats exécutifs.
00:48:23Oui, mais ça suffit.
00:48:24Je pense que, je veux dire,
00:48:25c'est déjà,
00:48:25quand on veut bien exercer
00:48:26ses mandats, suffisant.
00:48:28Au-delà de ça,
00:48:29moi, je n'avais pas eu...
00:48:30Il était drôle,
00:48:31il a fait d'ici
00:48:32les Moulinots
00:48:32quelque chose de bien.
00:48:34Je n'avais pas une sympathie
00:48:35extraordinaire pour André Santini.
00:48:37Qu'on se présente
00:48:38à 85 ans
00:48:39alors qu'on est
00:48:40dans un lit d'hôpital
00:48:42au suffrage des habitants.
00:48:43Ils l'ont réélu,
00:48:44il n'y a pas de problème
00:48:45avec ça.
00:48:45Je trouve que c'est
00:48:46une façon un peu étrange
00:48:48de considérer...
00:48:49Là, on n'est pas
00:48:50sur le cumul des mandats,
00:48:50on est sur la continuité
00:48:51des mandats dans le temps.
00:48:52Je trouve que c'est
00:48:53une façon un peu désinvolte
00:48:56de construire son rapport
00:48:57avec les habitants.
00:48:58André Santini ne gouvernait
00:48:58pas sa mairie
00:49:00d'ici les Moulinots
00:49:01ces dernières années.
00:49:01Il faut le regretter
00:49:02parce que c'était
00:49:03un homme malade.
00:49:04Mais je trouve
00:49:05que sa pratique du pouvoir
00:49:07dans ce que j'en voyais
00:49:08de l'extérieur
00:49:08ne me plaisait pas tellement
00:49:09pour vous dire.
00:49:10Donc sur le cumul des mandats,
00:49:12je suis encore une fois
00:49:12en désaccord avec lui.
00:49:14On va parler
00:49:14de la loi Grantage.
00:49:15C'est le hasard du conducteur
00:49:17d'en parler à ce moment-là.
00:49:18Il en est question
00:49:19depuis des années.
00:49:19Ce n'est pas encore
00:49:21le cas cette fois-ci
00:49:22parce que ça n'a toujours
00:49:23pas été réglé.
00:49:24Dans un instant,
00:49:25vous allez en débattre
00:49:26avec face à vous
00:49:26Patrice Machuré,
00:49:27ancien journaliste.
00:49:28Il a décidé de changer
00:49:29de métier il y a 10 ans
00:49:30pour diriger un EHPAD
00:49:31dans le Calvados.
00:49:32Et il alerte sur le manque
00:49:33de place dans les maisons
00:49:34de retraite.
00:49:35Ça ne va pas aller
00:49:35en s'arrangeant.
00:49:37Marco Pommier
00:49:37nous dresse son portrait.
00:49:40Face à vous,
00:49:41Sébastien Chenu,
00:49:42un témoin du grand âge.
00:49:44Ancien journaliste,
00:49:45maire de Breuteville-sur-Odon,
00:49:47mais aussi directeur d'EHPAD
00:49:49et d'une résidence d'autonomie.
00:49:51Aux premières loges donc
00:49:52pour observer les fragilités
00:49:54de la prise en charge
00:49:55des personnes âgées.
00:49:56Aujourd'hui,
00:49:57il publie ce livre.
00:49:58« Papa, maman,
00:50:00qu'est-ce qu'on va faire de vous ? »
00:50:01Un cri d'alerte
00:50:02sur le vieillissement
00:50:03de la population
00:50:04et sur les difficultés
00:50:06des enfants
00:50:06face à la perte
00:50:07d'autonomie des parents.
00:50:08Les EHPAD
00:50:09ne sont pas des mouroirs.
00:50:10C'est la dernière adresse.
00:50:11Vous dites fin de parcours
00:50:13sur 2, 3, 4 ans de vie.
00:50:15Et il faut aussi
00:50:16que les familles,
00:50:17pour les déculpabiliser,
00:50:18le sentiment
00:50:18de ne pas condamner
00:50:20leurs parents
00:50:20en leur faisant passer
00:50:21la porte de l'EHPAD.
00:50:22Car les Français
00:50:23vieillissent de plus en plus.
00:50:24Les plus de 65 ans
00:50:26étaient 10 millions
00:50:27il y a 20 ans.
00:50:28Ils sont aujourd'hui
00:50:29près de 15 millions.
00:50:30Avec un enjeu majeur,
00:50:31celui de la dépendance.
00:50:33En 2050,
00:50:342,7 millions de seniors
00:50:36pourraient subir
00:50:37une perte d'autonomie,
00:50:3830% de plus
00:50:40qu'aujourd'hui.
00:50:41Selon notre invité,
00:50:42la société française
00:50:43n'est pas prête
00:50:44à affronter
00:50:45ce choc démographique.
00:50:47110 000 places
00:50:48pourraient manquer
00:50:48dans les EHPAD
00:50:49d'ici 2030.
00:50:50Manque de place,
00:50:52manque de personnel aussi.
00:50:53Quand on met une annonce
00:50:54et qu'on n'a aucun CV
00:50:55d'infirmière
00:50:56en 2-3 mois
00:50:56sur un EHPAD
00:50:57dit de qualité
00:50:58avec une bonne réputation,
00:50:59on s'interroge.
00:51:00Sans oublier
00:51:01le reste à charge,
00:51:03souvent trop élevé
00:51:03pour les familles.
00:51:04Quand les familles
00:51:05viennent vous voir
00:51:06toutes les semaines
00:51:06dans votre bureau
00:51:07pour vous dire
00:51:08je ne peux plus financer
00:51:09les 3 000 ou 3 500 euros
00:51:11de l'EHPAD,
00:51:12y compris dans le public
00:51:12ou à l'aide sociale.
00:51:14Alors Sébastien Chenu,
00:51:15comment prendre en charge
00:51:16le vieillissement
00:51:17sans faire peser
00:51:18tout l'effort
00:51:18sur les familles ?
00:51:19Et comment financer
00:51:20la perte d'autonomie
00:51:21dans une France
00:51:22qui vieillit ?
00:51:23Face à vous,
00:51:24Patrice Machuré.
00:51:27Nous accueillons
00:51:28Patrice Machuré
00:51:28sur ce plateau.
00:51:29Je vous laisse saluer
00:51:30Sébastien Chenu.
00:51:32Bonsoir Patrice Machuré.
00:51:33Je vais dire bonsoir Patrice
00:51:34parce qu'il faut quand même
00:51:35rappeler que Patrice Machuré
00:51:36a été journaliste politique
00:51:37à France Télévisions.
00:51:38C'est un ancien collègue.
00:51:39Voilà.
00:51:39Donc on se connaît.
00:51:40Patrice, je vous laisse
00:51:41face à Sébastien Chenu
00:51:43pour parler justement
00:51:44de la prise en charge
00:51:45des anciens
00:51:46et notamment sur le fait
00:51:47que d'abord
00:51:47tout pèse sur les familles.
00:51:48Et les résidents ?
00:51:50Alors, vous savez,
00:51:51j'ai préparé quelques chiffres.
00:51:521 500 euros de retraite
00:51:53en moyenne pour les Français,
00:51:5517 millions de retraités
00:51:56et des EHPAD
00:51:57qui commencent autour
00:51:57de 1 800,
00:51:582 000 euros par mois
00:51:59et qui peuvent aller
00:52:00beaucoup plus haut
00:52:00dans le privé.
00:52:01Trois secteurs confondus,
00:52:02associatifs, publics et privés.
00:52:04Et il n'y a pas une semaine
00:52:05où un directeur d'EHPAD
00:52:07ne reçoit pas une famille
00:52:07dans son bureau
00:52:08qui lui dit
00:52:08je ne peux plus payer.
00:52:10Faites-moi 10%,
00:52:1020% à trouver une solution,
00:52:12je n'y arrive plus.
00:52:12Y compris pour ceux
00:52:13qui bénéficient de l'aide sociale
00:52:15à l'hébergement
00:52:15puisque c'est récupérable
00:52:20que vous êtes censé
00:52:21être un parti de gouvernement
00:52:22donc peut-être un jour
00:52:23être au pouvoir.
00:52:24Qu'est-ce que vous ferez
00:52:25pour les familles ?
00:52:26Est-ce que c'est
00:52:26à la solidarité nationale
00:52:28finalement de financer
00:52:30cette prise en charge
00:52:31de nos anciens ?
00:52:33Merci, monsieur le directeur,
00:52:34monsieur le maire,
00:52:35je ne sais pas comment
00:52:36vous vous appelez.
00:52:37Directeur en l'occurrence,
00:52:39c'est une question fondamentale.
00:52:41Vous savez,
00:52:41on a des problématiques
00:52:42dans notre pays
00:52:43qui sont,
00:52:43pour reprendre l'expression
00:52:44de François Béroud,
00:52:45des Himalayas devant nous,
00:52:46le narcotrafic,
00:52:47l'immigration,
00:52:47qui sont, j'allais dire,
00:52:48les Himalayas durs
00:52:49et puis on a
00:52:50les problématiques
00:52:51des Himalayas d'où ?
00:52:52Les problématiques de santé,
00:52:54les problématiques
00:52:54d'accompagnement,
00:52:55les problématiques démographiques
00:52:56qui sont moins violentes
00:52:57dans leur approche
00:52:58mais qui sont extrêmement
00:53:00percutantes pour nos sociétés.
00:53:02Moi, j'ai eu le...
00:53:03Ce n'est pas un malheur d'ailleurs,
00:53:05j'ai été confronté
00:53:05à cette problématique-là
00:53:06avec mon père
00:53:07qui a été placé pendant...
00:53:08Nous avons placé
00:53:09pendant trois ans
00:53:11dans un établissement
00:53:12et je suis tellement reconnaissant,
00:53:14j'en profite pour le dire,
00:53:15finalement,
00:53:15ça me touche,
00:53:16c'était à Bouchin
00:53:17dans ma circonscription,
00:53:18tellement reconnaissant
00:53:19à la fois au personnel
00:53:21de direction,
00:53:23d'encadrement,
00:53:23de soins,
00:53:24de l'avoir accompagné
00:53:24jusqu'à la fin
00:53:25mais aussi,
00:53:26finalement,
00:53:27à cette solidarité nationale
00:53:28à laquelle vous faites allusion
00:53:30qui lui permettait...
00:53:31Alors,
00:53:31ça absorbait toute sa retraite,
00:53:33toute sa retraite
00:53:34mais pas plus.
00:53:35Ce qui,
00:53:36pour nous,
00:53:37ses enfants
00:53:37était effectivement
00:53:39plus confortable
00:53:40parce que...
00:53:41Il y a des familles
00:53:42qui ne peuvent pas...
00:53:42Et l'héritage
00:53:43va devenir un luxe
00:53:44en France.
00:53:45Absolument.
00:53:46Et on pourrait parler...
00:53:46Les familles coulent,
00:53:47entre guillemets,
00:53:48alors avec beaucoup de bienveillance,
00:53:50coulent le patrimoine familial
00:53:52et ça,
00:53:53c'est du tout
00:53:54dans la culture française
00:53:54de ne rien laisser
00:53:55à ses enfants
00:53:56pour financer
00:53:57des personnes
00:53:57qui vont jusqu'à 102,
00:53:58103, 104, 105 ans
00:54:00et pour lesquelles
00:54:01le domicile ne suffit plus.
00:54:03La question,
00:54:04elle est tellement vaste
00:54:05parce qu'elle touche
00:54:05tellement de choses.
00:54:06Si on parle
00:54:06d'une société qui vieillit,
00:54:08enfin,
00:54:08on rebondit sur l'IA
00:54:09tout à l'heure
00:54:10qui nous dit
00:54:10que dans 10 ans,
00:54:11on aura 140 ans
00:54:12d'espérance de vie
00:54:13en bonne santé,
00:54:14donc pas forcément
00:54:15en établissement,
00:54:16mais enfin,
00:54:16la question de l'âge,
00:54:17elle est devant nous.
00:54:17D'abord,
00:54:18il y a la question
00:54:18pour un certain nombre
00:54:19d'EHPAD privés
00:54:20de la rentabilité.
00:54:21Il y a une logique
00:54:22de rentabilité
00:54:23sur laquelle il faut
00:54:24quand même se pencher.
00:54:25On a vu un certain nombre
00:54:26de scandales,
00:54:26il y a un certain nombre
00:54:27de grands groupes
00:54:27sur lesquels
00:54:29qui devraient...
00:54:29Et je crois qu'on avait
00:54:31demandé, nous,
00:54:31une commission d'enquête,
00:54:32si ma mémoire est bonne,
00:54:33je crois que Marine Le Pen
00:54:33avait demandé
00:54:34une commission d'enquête
00:54:34sur les EHPAD.
00:54:35Donc il y a une logique
00:54:36de rentabilité
00:54:36sur laquelle il faut se pencher.
00:54:38Il y a des leviers fiscaux
00:54:39qu'on peut utiliser.
00:54:42Nous, on plaide beaucoup
00:54:43pour le rétablissement
00:54:44d'une demi-part supplémentaire
00:54:45pour les veufs et les veufs
00:54:46parce qu'en fait,
00:54:47en réalité,
00:54:47c'est ce qui peut permettre
00:54:48peut-être,
00:54:49c'est un petit levier
00:54:49de donner...
00:54:50Aujourd'hui, on ne peut déduire
00:54:51que 2 500 euros par an
00:54:52ce n'est pas un crédit d'impôt,
00:54:55c'est déductible
00:54:55des retraites.
00:54:56C'est plafonné, etc.
00:54:57Donc, il y a des leviers fiscaux
00:54:59sur lesquels il faut agir.
00:55:00J'avais pris quelques notes.
00:55:01Il y a évidemment
00:55:02des créations de places.
00:55:03Vous disiez dans votre reportage
00:55:04110 000.
00:55:05Nous, dans le programme
00:55:05de Marine Le Pen en 22,
00:55:06on était favorables
00:55:07et partant pour la création
00:55:09de 100 000 places d'EHPAD,
00:55:10ça se finance.
00:55:11Il faut regarder, évidemment,
00:55:12mais je crois que c'est
00:55:13les besoins en tous les cas
00:55:13qui sont devant nous.
00:55:15110 000 places.
00:55:16Oui, avec d'ailleurs
00:55:17une infirmière
00:55:18et un médecin coordonnateur
00:55:20dans chaque établissement.
00:55:22Ça nous semble être
00:55:22une exigence minimale.
00:55:24Ce n'est pas le cas partout
00:55:25parce qu'on ne fabrique pas
00:55:26dans les faits.
00:55:27On a un tiers des EHPAD français
00:55:28qui n'ont pas de médecins.
00:55:30Mais évidemment,
00:55:31ça, ce n'est pas prévu par les textes.
00:55:32C'est parce qu'on n'arrive pas
00:55:33à recruter.
00:55:33Et c'était ma deuxième question
00:55:35sur l'attractivité.
00:55:36Comment vous allez faire ?
00:55:37Alors, merci en tout cas
00:55:38de lever la présomption
00:55:39de maltraitance
00:55:41parce que c'est ce qu'on subit
00:55:42depuis l'affaire Orpéa,
00:55:43quand même.
00:55:43Il faut le savoir.
00:55:44L'image est quand même
00:55:45très dégradée.
00:55:46Ça va vous rappeler
00:55:47des souvenirs
00:55:47ou des points communs.
00:55:48Mais justement,
00:55:49à ce propos,
00:55:49Sébastien Chenu parlait
00:55:50de rentabilité.
00:55:51La question de la rentabilité.
00:55:52Il y a eu des scandales
00:55:53autour de ça.
00:55:54Vous en parlez dans votre livre.
00:55:55J'en parle dans le livre.
00:55:55Moi, je vais être honnête avec vous.
00:55:56On fait partie d'un groupe privé.
00:55:58On dégage à peu près
00:55:59entre 2,5 et 6 %
00:56:00de résultats nets
00:56:02selon les établissements.
00:56:03Et quand on est propriétaire
00:56:04de Sébio,
00:56:04on peut monter jusqu'à 10-12 %.
00:56:06Là où je vous rejoins
00:56:07en tout transparent,
00:56:07je pense qu'il y a eu
00:56:08des années un peu folles
00:56:09où il y a un certain nombre
00:56:10de personnes
00:56:11qui se sont faites de l'argent.
00:56:12Il y a eu des cols blancs aussi
00:56:13qui ont un petit peu triché
00:56:14avec l'argent public
00:56:15dans les hautes sphères
00:56:16de certains grands groupes privés.
00:56:17Mais aujourd'hui,
00:56:18ce n'est plus le cas.
00:56:19Si vous voulez faire
00:56:20une prise en charge de qualité,
00:56:21quel que soit le secteur
00:56:22associatif, public,
00:56:23vous savez que 70 %
00:56:24des EHPAD publics
00:56:25sont en déficit quand même.
00:56:26Parce que la masse salariale,
00:56:28les besoins de toute façon
00:56:29sont de plus en plus importants.
00:56:31Et autant vous dire
00:56:31qu'on ne gagne plus d'argent
00:56:33aujourd'hui avec les EHPAD.
00:56:34C'est d'ailleurs le problème.
00:56:35C'est que les investisseurs
00:56:36dont on a besoin aussi,
00:56:38parce qu'on a besoin
00:56:38des 160 000 lits du privé
00:56:40comme des autres,
00:56:41ils se barrent à l'étranger,
00:56:42ils s'en vont en Europe
00:56:43parce que là,
00:56:44il y a moins de contraintes
00:56:45administratives
00:56:46et il y a effectivement
00:56:47un équilibre
00:56:48qui est mieux trouvé.
00:56:49Ça rapporte plus.
00:56:50Ça rapporte plus,
00:56:51mais avec un taux d'encadrement,
00:56:53attention,
00:56:53qui n'est pas du tout le même.
00:56:54Vous allez sur les pays du Nord,
00:56:56il faut savoir
00:56:56que les pays européens
00:56:57ont gardé ce principe
00:56:59de prise en charge
00:56:59collective de nos anciens.
00:57:01Donc sur le principe,
00:57:02ce n'est pas décrié,
00:57:03c'est le nombre de personnels
00:57:05qui n'est pas du tout le même.
00:57:06Le taux d'encadrement
00:57:07est beaucoup plus fort
00:57:08dans d'autres pays d'Europe.
00:57:08Sur l'encadrement,
00:57:09et bien entendu,
00:57:10on touche aussi la problématique
00:57:11des normes,
00:57:12de la suradministration,
00:57:14etc.
00:57:14C'est une problématique
00:57:15qu'on connaît
00:57:16et à laquelle il faut
00:57:17évidemment s'attaquer.
00:57:18Sur l'attractivité des métiers,
00:57:19on a un problème,
00:57:20que ce soit médecin ou infirmière,
00:57:22au moins sur ces métiers-là,
00:57:23mais il y en a sur tant d'autres,
00:57:24on ne fabrique pas assez
00:57:26de médecins, d'infirmières.
00:57:27Rappelons-nous auparavant,
00:57:29dans notre pays,
00:57:30toutes les petites filles
00:57:30voulaient devenir infirmières,
00:57:31toutes les petits garçons
00:57:31voulaient devenir policiers.
00:57:33Je crains que ce ne soit plus
00:57:34exactement l'envie
00:57:36des plus jeunes aujourd'hui.
00:57:38Mais parce qu'on ne traite pas
00:57:39non plus les questions
00:57:39qui ne sont pas uniquement
00:57:40des questions de statut,
00:57:41pas uniquement des questions
00:57:42de rémunération,
00:57:42mais moi je le vois
00:57:43dans mon département du Nord,
00:57:45des questions de transport
00:57:46et des questions de logement.
00:57:47Parce qu'évidemment,
00:57:48quand vous ne pouvez pas
00:57:49vous transporter,
00:57:49quand on n'est pas
00:57:50de transport collectif,
00:57:51que vous habitez loin
00:57:53de votre lieu de travail,
00:57:54quand vous avez des problématiques
00:57:55de logement qui sont chères
00:57:56dans les grandes villes,
00:57:57évidemment,
00:57:57et que vous êtes infirmière
00:57:58ou en tous les cas
00:57:59que vous vous destinez
00:57:59à être infirmière,
00:58:00vous vous dites
00:58:01quelle vie je suis en train
00:58:02de me fabriquer.
00:58:02Donc ça fait baisser
00:58:03l'attractivité
00:58:04de ces professions-là.
00:58:06Donc je pense que tant
00:58:06qu'on ne réglera pas
00:58:07la problématique du statut,
00:58:09des salaires,
00:58:09mais aussi du transport
00:58:10et des logements,
00:58:11ça fait beaucoup,
00:58:12je sais, à régler,
00:58:13mais faire la politique,
00:58:14c'est essayer d'anticiper
00:58:15les choses,
00:58:15essayer de les prévoir.
00:58:16Et moi je fais,
00:58:17enfin je vous le dis,
00:58:18je fais l'oeuvre
00:58:18de beaucoup d'humilité.
00:58:20C'est vous qui pouvez nous nourrir
00:58:21en termes de propositions.
00:58:23C'est vous qui pouvez nous dire
00:58:24très concrètement
00:58:24vous y êtes 24 heures sur 24.
00:58:27J'espère la vous fait
00:58:27justement modestement.
00:58:29Et donc je lirai beaucoup,
00:58:30avec beaucoup d'attention,
00:58:31votre ouvrage
00:58:32parce que je pense
00:58:32que c'est un des défis
00:58:34majeurs qui est devant nous
00:58:37et savoir...
00:58:38Mais ce n'est pas un défi
00:58:38avec nous,
00:58:38il y a vraiment,
00:58:39vous verrez,
00:58:39des témoignages.
00:58:40J'espère des rires,
00:58:40des larmes pour expliquer.
00:58:41Moi vous savez,
00:58:43on sort d'une grande période
00:58:44de chaleur
00:58:44qu'on voyait des jeunes
00:58:46de 22, 23 ans
00:58:47et puis des anciens
00:58:48qui ont 10, 20 ans de métier
00:58:49s'occuper d'une personne âgée
00:58:51qui est en incontinence,
00:58:52avec des odeurs fortes,
00:58:53avec une chaleur,
00:58:54avec un masque à porter.
00:58:56Vous savez,
00:58:56c'est vraiment respectueux.
00:58:57Enfin, on se dit
00:58:58c'est extraordinaire.
00:58:59J'en suis sûr,
00:58:59mais je l'ai vécu.
00:59:00Vous l'avez vu avec votre papa
00:59:01et je vous en remercie,
00:59:03en tout cas de l'exprimer
00:59:04parce que vous n'étiez pas
00:59:05obligé de le faire,
00:59:05mais c'est vrai que
00:59:06moi j'ai beaucoup de respect
00:59:07pour cette population.
00:59:08Mais on a aussi un problème,
00:59:10c'est que travailler en EHPAD
00:59:11ou à domicile,
00:59:12parce que,
00:59:12je me permets une parenthèse,
00:59:13on pousse le gouvernement
00:59:14depuis des années,
00:59:15et ce n'est pas seulement
00:59:16le gouvernement actuel,
00:59:17pousse vers l'aide à domicile.
00:59:18Mais on connaît aussi
00:59:19les limites de l'aide à domicile
00:59:20avec des personnes
00:59:21extrêmement dévouées,
00:59:22mais vous le savez sans doute,
00:59:23il y a encore plus
00:59:24de pénuries de personnel
00:59:25sur l'aide à domicile
00:59:26et on l'oublie,
00:59:27c'est beaucoup moins contrôlé.
00:59:28Alors ça,
00:59:29c'est un tabou
00:59:29dont on ne parle pas,
00:59:30c'est beaucoup moins contrôlé
00:59:32que les EHPAD.
00:59:32Donc ça présente aussi
00:59:34un risque de bonne prise en charge
00:59:35alors que nous,
00:59:36on est ultra contrôlé.
00:59:37Alors puis l'affaire Orpéa,
00:59:38c'est caricatural,
00:59:39j'en parle aussi.
00:59:40C'est-à-dire qu'on est inondé
00:59:41de contrôles d'audits
00:59:43internes, externes,
00:59:44des autorités.
00:59:44Vous êtes totalement noyés.
00:59:46Vous savez,
00:59:46ça avait pensé
00:59:46aux généralistes de campagne
00:59:47qui dit j'arrête
00:59:48parce que je passe le dimanche
00:59:49à remplir des docks
00:59:50au lieu d'être sur le terrain.
00:59:51Ce que vous faites,
00:59:52d'ailleurs,
00:59:52vous l'avez dit dans le livre aussi,
00:59:53vous passez beaucoup
00:59:54vos week-ends
00:59:55à faire des papiers.
00:59:56Surtout ce qui est
00:59:57hospitalisation
00:59:57ou maintien à domicile.
00:59:58Pas hospitalisation,
00:59:59forcément,
00:59:59maintien à domicile.
01:00:00Il y a aussi
01:00:01toute la problématique
01:00:02du statut des aidants
01:00:03sur lequel on peut
01:00:03probablement aller plus loin.
01:00:05Ce n'est pas uniquement
01:00:05pour les gens
01:00:05qui sont en grand âge
01:00:07ou qui sont en fin de vie.
01:00:08C'est aussi pour des gens
01:00:09qui peuvent avoir
01:00:09un certain nombre
01:00:10de maladies très compliquées
01:00:12à gérer
01:00:13mais qui peuvent se gérer
01:00:14à domicile.
01:00:15Je crois que sur ce statut
01:00:16des aidants,
01:00:16on doit pouvoir aussi
01:00:18aller plus loin.
01:00:18C'est un dossier
01:00:19qu'on avait un peu regardé
01:00:20mais il faut aller plus loin
01:00:22sur les congés professionnels
01:00:24pour pouvoir aider
01:00:27ces personnes
01:00:27qui ont statut d'aidant.
01:00:28Je pense qu'on peut
01:00:29aller plus loin.
01:00:29Il reste une minute.
01:00:30Est-ce que dans les pays
01:00:31européens voisins,
01:00:32on fait mieux
01:00:33que chez nous en France ?
01:00:34En tout cas,
01:00:35le taux d'encadrement
01:00:36n'est pas du tout le même.
01:00:36On est à 1 pour 1.
01:00:38Nous, on est à 1 pour 6
01:00:38ou 1 pour 8.
01:00:40Le système fiscal
01:00:41n'est pas du tout le même.
01:00:42Toujours difficile
01:00:43de comparer
01:00:44un pays scandinien
01:00:44avec la France.
01:00:45Mais globalement,
01:00:46encore une fois,
01:00:46la prise en charge
01:00:47collective de nos aînés,
01:00:48ça reste une obligation.
01:00:49Il ne faut pas rêver.
01:00:50Ou alors,
01:00:50on va changer
01:00:51de culture et de système
01:00:52et on va récupérer
01:00:53ce que vous auriez peut-être fait
01:00:54pour votre papa
01:00:55si vous n'aviez pas le choix.
01:00:56Vous parliez des aidants,
01:00:57c'est garder au maximum,
01:00:59voire avoir la maison
01:01:00ses parents.
01:01:00Et je ne pense pas
01:01:01qu'aujourd'hui,
01:01:02comme avant,
01:01:03ce soit possible
01:01:04de récupérer,
01:01:05entre guillemets,
01:01:05je dis avec respect,
01:01:06papa ou maman à la maison.
01:01:07Non mais vous l'avez dit,
01:01:09ça touche beaucoup de sujets,
01:01:12ça touche l'héritage
01:01:13sur lequel nous on est favorables
01:01:14parce qu'on allège au maximum
01:01:16effectivement la possibilité
01:01:17d'hériter.
01:01:18Ça touche des tas de sujets.
01:01:19C'est un Himalaya
01:01:20qui est devant vous.
01:01:21Merci de vous y attaquer
01:01:22avec probablement
01:01:22beaucoup plus de justesse
01:01:24que nous.
01:01:24Merci d'en faire un thème
01:01:25de campagne présidentielle.
01:01:26C'est ce que j'allais dire.
01:01:27Ce n'est pas toujours le cas.
01:01:27Ça vaut le coup.
01:01:28On retrouve le journaliste politique.
01:01:29Ce sera effectivement
01:01:31un thème de débat de 2027.
01:01:32Merci Patrice Machuré
01:01:33d'être venu sur le plateau
01:01:34de l'Indicé politique.
01:01:35Merci Sébastien Choulu
01:01:35d'avoir accepté notre invitation
01:01:36sur le plateau de l'Indicé politique.
01:01:38Un petit clin d'œil
01:01:39à Tonio Pérez,
01:01:40notre réalisateur.
01:01:40C'est sa dernière émission aujourd'hui
01:01:42parce qu'il part à la retraite.
01:01:43Bonne soirée.
01:01:44Bonne semaine sur LCP.
01:01:46Plus de 60.
01:01:4763 je crois
01:01:47d'après ce qu'on a dit dans l'oreillette.
01:01:49Bonne semaine sur LCP.
01:01:50A bientôt.
01:01:52A bientôt.
01:02:05Sous-titrage Société Radio-Canada
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