- il y a 2 jours
Au menu de ce nouveau Banquet animé par Anna Cabana et Christophe Ono-dit-Biot : la bataille culturelle en cours. De l'audiovisuel à l'édition en passant par le cinéma, on se déchire sur les notions de liberté d'expression et de création. Alors que la présidentielle de 2027 est déjà dans les esprits, serait-on en train de redécouvrir que la culture est aussi une arme politique ?
Pour en discuter, Anna Cabana et Christophe Ono-dit-Biot reçoivent :
-Alain Finkielkraut, philosophe, membre de l'Académie française ;
-Aurélie Filippetti, ancienne ministre de la Culture, directrice des affaires culturelles de la ville de Paris, écrivaine ;
-Sarah Knafo, députée européenne, vice-présidente du parti Reconquête ;
-Alexis Corbière, député Écologiste et Social de Seine-Saint-Denis, rapporteur de la commission d'enquête sur la sécurisation des musées.
Parce qu'il manquait une émission qui prenne la culture au sérieux sans se prendre au sérieux. Parce que comprendre le monde, c'est aussi comprendre les récits qui le façonnent. Parce qu'il est temps de réconcilier le savant et le populaire. « Le banquet » est une émission qui parle de la culture savante de manière populaire et de la culture populaire de manière savante. Un temps long, une respiration, un espace de réflexion, dans un monde saturé d'informations et de débats immédiats. Aux manettes :
Anna Cabana et Christophe Ono-dit-Biot, tous deux journalistes et écrivains, dressent une table singulière où se croisent idées, oeuvres, figures et imaginaires.
Deux fois par mois, « Le banquet » s'attaque à un grand thème culturel, éclairé à la fois par l'histoire des idées, la sociologie, la politique, et la pop culture. Dans un esprit résolument humaniste, mais jamais élitiste, l'émission fait dialoguer Platon et Netflix, Molière et Marvel, Barthes et les réseaux sociaux.
Installez-vous à table, la discussion peut commencer
Pour en discuter, Anna Cabana et Christophe Ono-dit-Biot reçoivent :
-Alain Finkielkraut, philosophe, membre de l'Académie française ;
-Aurélie Filippetti, ancienne ministre de la Culture, directrice des affaires culturelles de la ville de Paris, écrivaine ;
-Sarah Knafo, députée européenne, vice-présidente du parti Reconquête ;
-Alexis Corbière, député Écologiste et Social de Seine-Saint-Denis, rapporteur de la commission d'enquête sur la sécurisation des musées.
Parce qu'il manquait une émission qui prenne la culture au sérieux sans se prendre au sérieux. Parce que comprendre le monde, c'est aussi comprendre les récits qui le façonnent. Parce qu'il est temps de réconcilier le savant et le populaire. « Le banquet » est une émission qui parle de la culture savante de manière populaire et de la culture populaire de manière savante. Un temps long, une respiration, un espace de réflexion, dans un monde saturé d'informations et de débats immédiats. Aux manettes :
Anna Cabana et Christophe Ono-dit-Biot, tous deux journalistes et écrivains, dressent une table singulière où se croisent idées, oeuvres, figures et imaginaires.
Deux fois par mois, « Le banquet » s'attaque à un grand thème culturel, éclairé à la fois par l'histoire des idées, la sociologie, la politique, et la pop culture. Dans un esprit résolument humaniste, mais jamais élitiste, l'émission fait dialoguer Platon et Netflix, Molière et Marvel, Barthes et les réseaux sociaux.
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00:00Bonjour à tous, bonjour Christophe. Bonjour Anna.
00:02C'est un plaisir de vous retrouver pour notre banquet.
00:05Aujourd'hui on va s'intéresser à la bataille culturelle suprême,
00:08celle de l'élection suprême. Je veux bien sûr parler de la présidentielle.
00:12Car comme vous le savez, Christophe, les batailles politiques se gagnent d'abord sur le terrain culturel.
00:17Oui, c'est l'intellectuel italien Antonio Gramsci, emprisonné par Mussolini,
00:23qui a théorisé ça et on voit bien aujourd'hui que les luttes idéologiques sont au cœur des conflits,
00:28que ce soit autour de l'audiovisuel public comme de l'édition.
00:31Le vieux monde se meurt, le nouveau monde tarda, apparaître et dans ce clair-obscur survissent les monstres,
00:37écrivait Gramsci.
00:39Et bien c'est dans ce clair-obscur, Christophe, que se prépare déjà la présidentielle de 2027.
00:45Et pour en discuter, je vous propose de retrouver tout de suite nos invités,
00:48Alain Finkielkraut, Sarah Knaffo, Aurélie Philippetti et Alexis Corbière.
01:13Alain Finkielkraut, bonjour.
01:15Bonjour Anna Cabana.
01:16Vous êtes philosophe, membre de l'Académie française,
01:19vous êtes le mécontemporain le plus connu de France.
01:22Votre dernier livre, Le cœur lourd, paru chez Gallimard,
01:26est un livre insolite, profond, sous forme d'entretien,
01:30avec le journaliste Vincent Trémollet de Villers.
01:33Bonjour Sarah Knaffo.
01:34Bonjour Anna Cabana.
01:35Vous êtes eurodéputée, vice-présidente de Reconquête.
01:38En mars, vous avez été candidate à la mairie de Paris.
01:41Vous vous êtes fait connaître du grand public en parlant beaucoup d'économie et de finances.
01:46Mais mon petit doigt me dit que vous ne sous-estimez pas tout à fait l'importance de la bataille
01:50culturelle.
01:50Votre petit doigt a raison.
01:51Aurélie Philippetti, bonjour.
01:53Bonjour.
01:54Vous avez été ministre de la Culture, François Hollande.
01:56Vous êtes aujourd'hui directrice des affaires culturelles, la ville de Paris.
01:59Et vous êtes aussi écrivaine, Alexis Corbière.
02:02Bonjour.
02:03Vous êtes député écologiste et sociale de Seine-Saint-Denis.
02:06Oui.
02:06C'est fondamentalement qui s'appelle l'après,
02:08c'est-à-dire l'Alliance pour la République écologique et sociale.
02:11Mais je siège avec les écologiques.
02:13Et vous faites partie de ces insoumis qui ont été purgés.
02:15C'était le mot que vous aviez employé à l'époque par Jean-Luc Mélenchon.
02:20Bienvenue à tous les quatre.
02:21On est très heureux, avec Christophe, de vous accueillir au Poinçon.
02:25Alors avant de commencer, j'aimerais vous proposer de revoir un extrait de cette commission d'enquête
02:29qui a fait couler tellement, tellement d'encre.
02:31C'est six mois d'audition ultra tendue à l'Assemblée nationale sur la neutralité,
02:36le fonctionnement et le financement de l'audiovisuel public.
02:40Son rapporteur, le désormais très connu député UDR Charles Aloncle,
02:44a été accusé de transformer les séances en tribunal politique.
02:48Voici un extrait.
02:49Donc c'est un échange entre Charles Aloncle et le patron de médias et banquier Mathieu Pigasse.
02:54C'était le 2 avril.
02:56Vous avez été reçu, je pense que vous vous attendez à ma question,
02:59le 11 septembre dernier dans l'émission Politique de France 2 par Caroline Roux.
03:04Et vous avez été introduit par Caroline Roux en ces termes.
03:07Ce n'est pas facile d'avoir des patrons qui viennent dans des émissions politiques.
03:10Alors elle vous introduit, elle vous présente simplement comme un patron.
03:13Elle oublie de rappeler par exemple que quelques mois auparavant,
03:16vous aviez appelé publiquement à voter pour le nouveau Front populaire en 2024.
03:20Elle oublie par exemple de rappeler que vous avez fait la une de Libération
03:22quelques semaines, quelques mois auparavant en début de l'année
03:25pour expliquer que vous mettriez tous les moyens dont vous avez à vos dispositions
03:29pour lutter contre la droite radicale.
03:31Elle oublie de rappeler aussi que vous êtes le cofondateur de la société MediaOne
03:36qui produit des émissions dont elle est elle-même animatrice sur le service public.
03:40Est-ce que vous n'avez pas l'impression parfois que MediaOne
03:44prend du poids et de l'influence sur des émissions du service public
03:47en rupture totale avec l'indépendance éditoriale
03:50et avec les principes de neutralité qui nous sont chers ?
03:53Bien, oui, j'hésite à rire.
03:57Je vous remercie beaucoup de me poser cette question.
03:59Non mais, monsieur le rapporteur, si vous pouvez juste écouter la réponse,
04:04ça me fascine en fait, parce que vous avez dit à de multiples reprises
04:09un certain nombre, et pardon de ce terme, de mensonges sur ce sujet.
04:13Que j'avais été invité dans l'émission L'événement de France Télévisions,
04:16que je produisais moi-même.
04:19Non mais j'ai votre déclaration, vous voulez que je vous la lise un peu ?
04:22Vous pouvez me donner acte que je ne la produisais pas ?
04:24Non mais est-ce que vous m'en donnez acte ?
04:26Je demande au président de...
04:27Voyez, ambiance, et comme ça on en a des heures et des heures.
04:32Alors, in fine, le rapport à l'oncle, puisque c'est comme ça qu'on va l'appeler,
04:35pour simplifier, préconise un milliard d'euros d'économie,
04:39la fusion de France 2 et de France 5, la suppression de France 4,
04:42de Slash et du Mouv, Alain Finkielkraut.
04:45Vous faites partie, font du paysage de l'audiovisuel public,
04:48vous produisez répliques sur France Culture depuis 41 ans.
04:51La commission à l'oncle, c'est comme ça qu'on l'appelle désormais,
04:55a été accusée d'être un instrument de la bataille culturelle.
04:58Est-ce que cette accusation vous paraît fondée ?
05:01Écoutez, je ne sais pas, Charles Allongle a dit
05:04qu'il refusait l'idée même d'une privatisation de services publics,
05:08je lui en donne acte.
05:10Pour le reste, ce rapport dénonce une gabegie financière,
05:15des salaires mirobolants aux journalistes d'enquêter.
05:19En plus, effectivement, le rapport s'inquiète des entorses à la neutralité.
05:25Et ce qui est étrange, c'est que les événements qui ont suivi sa publication,
05:30notamment chez ceux qui la critiquent, n'ont fait que confirmer ce diagnostic.
05:34J'en veux pour preuve d'abord la retransmission de la cérémonie des Molières,
05:41caricature allemand woke et islamo-wokechiste,
05:44et surtout la réaction du syndicat des journalistes de France 2
05:49quand il a appris ce syndicat la nomination d'Eugénie Bastier
05:54pour la réédition de l'heure de vérité.
05:59Et ça, c'est très intéressant.
06:00Les critiques ont fusé de partout, et là, j'ai sous les yeux une chronique
06:05de Daniel Schlederman, dans Libération, bien sûr.
06:10Cette commission a atteint son but.
06:12Les directions de Radio France et de France Télévisions
06:15se savent désormais sous le regard de l'extrême droite et donnent des gages.
06:19Dernier exemple en date, l'embauche de la polémiste Eugénie Bastier
06:24en tant que chroniqueuse de la future émission politique de France 2.
06:29polémiste Eugénie Bastier, journaliste au Figaro.
06:32Et ça, c'est un gage à l'extrême droite.
06:34Autrement dit, quand on est aujourd'hui à la droite de Mediapart et de Libération,
06:41on fait partie de la fachosphère.
06:43Ça fait du monde.
06:44Et le syndicat, visiblement, des journalistes de France 2, pense la même chose.
06:50Donc, aurait-on voulu, si vous voulez, confirmer le diagnostic de Charles à l'oncle ?
06:58On ne se serait pas pris autrement.
07:00Aurélie Philippetti.
07:02Le rapport à l'oncle préconise la nomination des dirigeants audiovisuels publics
07:05par le président de la République.
07:07Or, si je ne m'abuse, c'est vous, quand vous étiez ministre,
07:10qui avez mis fin à cette pratique.
07:12Pourquoi ?
07:12Parce que c'est une aberration démocratique,
07:16que ce soit le président de la République qui nomme les présidents de l'audiovisuel public.
07:20Et d'ailleurs, ça avait été instauré par Nicolas Sarkozy.
07:24Auparavant, les présidents de l'audiovisuel étaient nommés par l'ancêtre de l'ARCOM,
07:30qu'on appelait à l'époque le CSA ou avant la Haute Autorité.
07:33C'était un gage d'indépendance.
07:35Pourquoi ?
07:35Parce qu'au moins, dans une commission, il y a effectivement une pluralité de voix.
07:40Il y a des auditions et il y a une forme de transparence dans les processus de nomination.
07:46Donc, on voit bien qu'au fond, ce rapport, il n'a pas pour objectif
07:50de régler des problèmes pour le service public,
07:53ni de contribuer d'une manière intellectuellement honnête
07:57aux débats publics sur l'audiovisuel.
08:00Il a pour objectif de saper toutes, finalement, les bases de la place
08:08de l'audiovisuel public dans une société démocratique.
08:12Et ça, je crois que c'est essentiel à rappeler.
08:14Dire qu'on va faire un milliard d'euros d'économies sur l'audiovisuel,
08:17il n'y a pas besoin de privatiser.
08:18Si vous vous dites qu'on coupe d'un tiers, vous tuez l'organisation.
08:22Donc, ça veut dire simplement que l'objectif, c'est de mettre à bas
08:26ce qui est l'un des piliers de toute société démocratique,
08:29c'est-à-dire un service public de l'audiovisuel qui fonctionne
08:34selon des principes qui sont, je le rappelle, définis par la loi.
08:39Puisque les principes de pluralisme, d'objectifs en termes d'information,
08:46mais aussi de divertissement, de soutien à la création culturelle française,
08:52il faut le rappeler, ça fait aussi partie des objectifs du service public,
08:55tout cela, finalement, serait mis à bas.
08:59Au fond, l'objectif, il est aussi dans la méthode,
09:03parce que sur ce rapport, je dirais que l'imprincipale critique,
09:07en fait, elle vient d'être assez bien illustrée,
09:10c'est la haine qui se suintait des propos et de l'attitude de ce rapporteur.
09:14Moi, j'ai été parlementaire, je n'ai jamais vu une telle attitude de haine.
09:20Et ça, c'est très inquiétant.
09:21Vous utilisez un mot très fort, Aurélie Philippetti, par haine.
09:24Qu'est-ce qui vous fait penser ou caractériser cette attitude par le mot haine ?
09:30Mais écoutez, moi, par exemple, j'ai été auditionnée en même temps
09:33que Rosine Bachelot, Franck Rister et Rima Abdulmalak.
09:38Donc, on était quatre anciens ministres.
09:40Le rapporteur a attaqué Mme Bachelot d'une manière extrêmement personnelle,
09:45avec la même virulence avec laquelle il s'en est pris à Mathieu Pigasse,
09:48en lui demandant des comptes sur le fait qu'elle avait été invitée
09:51huit fois, je crois, sur le service public.
09:54Il s'est attaqué à Rima Abdulmalak en prétendant qu'elle avait des liens privés
09:59avec tel ou tel...
10:00C'est-à-dire, c'est des attaques ad hominem, c'est des attaques personnelles
10:04et c'est des attaques d'une violence et d'une vulgarité sans nom.
10:08Ça, c'est inédit pour vous.
10:09Ça, c'est inédit.
10:10Je veux dire, on avait vraiment l'impression d'être en face de Wyshynski.
10:15Sarah Knafo.
10:15Les mots sont très forts.
10:18Quand on vient de regarder les images, c'est ce qui compte,
10:21puisqu'on parle de cette commission d'enquête, autant lire le rapport et regarder les images
10:25de cette commission d'enquête.
10:26Juste pour qu'on sache, vous, vous voulez une privatisation ?
10:29Je vais y venir.
10:29Revenons sur la prétendue haine du rapporteur Charles Aloncle.
10:33Quand on regarde les images qu'on vient de voir, de quel côté suante la haine ?
10:37Quand on écoute Mathieu Pigasse parler, la morgue avec laquelle il s'exprime,
10:42le mépris affiché, sincèrement, avec des amis comme ça,
10:45les défenseurs de l'audiovisuel public n'ont plus besoin d'ennemis.
10:48Il fait le travail à la place de Charles Aloncle.
10:50On aurait pu l'écouter parler pendant toute la commission et cela aurait suffi.
10:53Et Rosy Bachelot et Rima Abdulmalak, vous pensez qu'elles avaient aussi un discours d'arrogance ?
10:58Je vais essayer juste de...
11:00Il a été comme ça avec tout le monde, avec tous les gens qui n'étaient pas de son camp.
11:04Ensuite, quand on aborde le fond, donc au-delà du ton, des propos, etc.,
11:07quand on aborde le fond, vous disiez tout à l'heure que l'une des preuves
11:11que Charles-Henri Aloncle voulait en réalité, la disparition de l'audiovisuel public,
11:14c'était qu'il voulait que le président de la République, je cite,
11:19nomme le directeur, la directrice de France Télévisions, c'est faux.
11:23Dans son rapport, je ne sais pas si vous l'avez lu, c'est 500 pages, c'est conséquent.
11:27Quand on lit son rapport, il ne dit pas ça, il ne dit pas que le président de la République
11:30doit nommer,
11:30il dit qu'il doit y avoir un vote à l'Assemblée nationale et au Sénat.
11:33Donc, il y a eu beaucoup de fake news qui ont été émis sur ce rapport, ça en fait partie.
11:37Pardon, pardon, le vote à l'Assemblée nationale et au Sénat,
11:40il est simplement obligatoire pour toutes les nominations qui relèvent de l'article 13 de la Constitution.
11:44Et il ne change pas ça, vous disiez qu'il n'est pas lui qui le propose,
11:46c'est la Constitution de 1958 qui le précise.
11:49Donc, on est d'accord, il n'y a pas de changement.
11:50Non, mais si, si, il y a un énorme changement.
11:52Il y avait un problème de transparence, il n'y en a pas.
11:53Non, vous avez dit une contre-vérité.
11:55Je vais essayer de me finir, je vous ai dit que madame.
11:55Vous avez dit une contre-vérité.
11:57Ce n'est pas lui qui propose.
11:59Lui propose que ce soit le président qui choisisse.
12:02Et comme dans toutes les nominations de l'article 13,
12:05n'importe quel choix du président de la République sur une nomination
12:08doit être enterriné par un vote.
12:11Avec un vote de l'Assemblée, vous parliez de transparence, c'est important.
12:15J'invite les gens à aller revoir quelques minutes avant ce que vous disiez.
12:18Vous disiez qu'il y aurait un problème de transparence.
12:19Il n'y en aurait aucun, puisque le Parlement pourrait voter sur la question.
12:24Je clôt cette parenthèse pour continuer sur la privatisation.
12:28Vous dites, madame la ministre, il faut un audiovisuel public
12:31pour avoir du divertissement sur les chaînes.
12:36J'ai dit qu'il y a un ensemble de missions du service public
12:40dont le divertissement.
12:41Ne nous coupons pas, je ne vous couperai pas tout à l'heure.
12:42Pour ne pas qu'on se focalise simplement sur les chaînes habituelles.
12:47Je vais juste lister ce que vous avez dit.
12:48Je ne vais pas me focaliser uniquement sur le divertissement.
12:51Vous parliez d'abord de divertissement, ce qui prête en effet à sourire
12:54quand on sait qu'aujourd'hui, on vit dans un pays
12:55où l'armée ne tiendrait pas trois jours en termes de munitions
12:59en cas de conflit de haute intensité,
13:00où vous avez des policiers qui doivent se payer des gilets par balle eux-mêmes.
13:04Donc entendre que 3 milliards d'euros, ce ne serait pas assez...
13:06Mais vous dites n'importe quoi.
13:07Enfin, ce n'est pas possible, ça.
13:09Mais vous dites n'importe quoi.
13:10Ce n'est pas possible de débattre dans ces...
13:12C'est-à-dire une mission...
13:13Dire que le service public a plusieurs missions.
13:16Je vais continuer quand même.
13:17Informer, soutenir la création...
13:19Non, mais c'est vrai qu'il faut juste s'entendre.
13:22Elle n'a pas dit le divertissement.
13:24Elle a prononcé le mot divertissement,
13:25mais elle n'a pas limité l'action du service public au divertissement.
13:30Il faut bien débatte, il faut s'entendre sur ce que dit chacun.
13:33Sinon, on ne va pas pouvoir en effet.
13:34Et je venais de le dire si vous m'avez écouté.
13:36Donc, le divertissement, première chose.
13:38Deuxième chose, l'information.
13:39Si on regarde toutes les missions que vous avez citées,
13:41on observe que c'est déjà le cas sur des chaînes privées.
13:45Quand on compare la grille de TF1 et de France 2,
13:47quelle différence on y voit ?
13:48Vous avez du sport, vous avez du divertissement,
13:50vous avez de l'information.
13:52Si on parle d'œuvres culturelles,
13:54vous avez Radio Classique.
13:55Alors, peut-être que ça ne vous plaira pas,
13:56c'est Bernard Arnault.
13:56Mais ces Radio Classique,
13:57c'est quand même de la musique classique.
13:59C'est quand même le privé qui l'a fait.
14:01Pourquoi ?
14:01Parce qu'un, il y a un marché,
14:02il y a des amateurs.
14:03C'est-à-dire, vous pouvez fixer un cahier des charges
14:05à toute chaîne qui vient émettre sur une fréquence.
14:08On a fait fermer des chaînes, par exemple, C8.
14:12Emmanuel Macron a fait fermer cette chaîne
14:13parce qu'il ne respectait pas son cahier des charges.
14:15On peut fixer...
14:16Ce qui était une réalité.
14:17On peut fixer dans un cahier des charges
14:18qu'on veut tondeur de programmation culturelle,
14:22tondeur de soutien à la production française,
14:25vous le disiez.
14:25Il y a aussi Canal+,
14:26si c'est un acteur privé
14:27qui soutient fortement la production française,
14:29on pourrait le citer et leur rendre hommage aussi.
14:31On pourrait donc fixer un cahier des charges,
14:34ce qui continuerait de respecter les objectifs
14:36que vous citiez,
14:37sans avoir besoin de mettre 4 milliards d'euros par an
14:40dans ce tonneau des Danaïdes.
14:41Et je finis sur cette phrase.
14:42En ayant des millions de téléspectateurs captifs,
14:46des abonnés captifs
14:47qui doivent payer 130 euros par an
14:48pour un abonnement à France Télévisions
14:50et à l'audiovisuel public,
14:52alors que parfois,
14:52ils ne regardent pas cette chaîne,
14:54ces chaînes, pardon,
14:54qu'ils se sentent méprisés par ces chaînes
14:56parce qu'on n'a pas encore parlé
14:57du problème de la neutralité
14:59qui n'est plus du tout respectée,
15:00quitte à citer les obligations légales,
15:02autant dire celle-ci.
15:03Mais là, aujourd'hui, il n'y a plus de redevances.
15:03Aujourd'hui, il n'y a plus de redevances.
15:04Ce n'est pas de la redevance, c'est de l'impôt.
15:06Quand vous prenez 4 milliards d'euros
15:07que vous les divisez par le nombre de foyers en France,
15:0931 millions,
15:09vous obtenez 130 euros.
15:11Donc, c'est 130 euros par an
15:12d'abonnement captif.
15:13Vous ne pouvez pas résilier.
15:15Même Netflix coûte moins cher,
15:169 euros par mois.
15:17Par ailleurs,
15:17et là, on peut résilier.
15:18On n'est pas obligé de rester abonné.
15:20Donc, il y a quand même un problème
15:21à voir ces chaînes-là
15:22qui ne sont pas aujourd'hui
15:23plébiscitées par le public
15:25parce qu'elles sont publiques,
15:26mais parce qu'ils aiment bien
15:27certains de ces programmes.
15:28C'est étonnant
15:28qu'elles ne soient pas plébiscitées
15:30par le public.
15:30On va laisser Alexis.
15:31Si on prend par exemple France Inter,
15:33France Inter,
15:34une grande radio de services publics.
15:36qui ne prend pas France Culture,
15:37mais j'aime beaucoup France Culture
15:38et les émissions d'Alain Finkielkraut.
15:40Mais quand même,
15:41France Inter,
15:41c'est une radio
15:42qui est la première radio de France.
15:45Il y a beaucoup de gens
15:46qui n'aiment pas
15:47le programme de reconquête
15:48et qui, malgré tout,
15:49par leurs impôts,
15:50contribuent,
15:51puisque vous touchez
15:51du subvention public,
15:53à financer le programme de reconquête.
15:54Figurez-vous qu'on vit des dons
15:55de nos adhérents.
15:56Je vais quand même répondre
15:57en une phrase.
15:59Il faut écouter la fin des phrases
16:00et j'ai dit
16:00que ces chaînes ne sont pas
16:02plébiscitées
16:02parce qu'elles sont publiques,
16:03mais parce que certains programmes
16:06ont plébiscité la chaîne 1 TF1
16:07avant sa privatisation.
16:09Il l'aime encore plus
16:10depuis qu'elle est privatisée.
16:11Donc, ça ne veut pas dire
16:12que ces chaînes vont disparaître.
16:13Ça veut dire
16:13qu'elles ne seront pas payées
16:14de manière obligatoire
16:15par tous les contribuables français.
16:17Alexis Corbière,
16:18est-ce que vous auriez voté ce rapport ?
16:20Évidemment, non.
16:21Mais vous avez commencé l'émission
16:23par quelque chose qui est intéressant.
16:24Vous avez dit
16:24que c'est l'élection suprême,
16:26je l'ai noté,
16:26qui aura lieu l'année prochaine.
16:27Qu'est-ce que ça veut dire ?
16:28Ça veut dire que notre vie politique
16:29fonctionne autour
16:30de l'ultra-présidentialisme.
16:32On a un président de la République.
16:33Vous voyez,
16:33moi, j'ai fait un rapport
16:34sur la question des musées.
16:35Vous en parlez, mamie.
16:36Non, mais le président du musée du Louvre
16:38est nommé par le président de la République,
16:39celui d'Orsay,
16:40de Versailles,
16:40des directeurs de théâtre.
16:41Et là, on a une proposition,
16:43même si j'ai bien compris
16:43qu'il y a l'habillage
16:44du fait que ça passera
16:45devant une commission parlementaire,
16:46qu'il a redonné
16:47encore plus de pouvoir
16:48au président de la République,
16:48qui va même lui donner
16:49un avis assez important,
16:51on connaît la musique,
16:51sur celui même
16:52qui va présider
16:54ce qui est quand même
16:54un grand média
16:55qui diffuse des idées
16:56dans la société.
16:57Quel naïf ne croit pas
16:58qu'il y aura malgré tout
16:59un regard politique
17:00sur celui ou celle
17:01qui serait nommé ?
17:01Le problème que nous avons aujourd'hui,
17:03qui est un débat,
17:04qui a été extrêmement bien exprimé
17:06au lendemain de la Seconde Guerre mondiale
17:07dans le programme
17:08du Conseil national de la résistance,
17:09celui de l'indépendance des médias.
17:11Un média,
17:12ce n'est pas un fabricant
17:13de chaussettes
17:13ou de parapluies,
17:14c'est quelqu'un
17:15qui diffuse des idées
17:17dans la société.
17:17C'est un outil
17:18culturel et idéologique
17:20qui diffuse certains types d'idées.
17:22Est-ce que personne
17:22ne voit le problème
17:23du fait qu'aujourd'hui
17:24se concentre entre les mains
17:25de quelques-uns,
17:269 milliardaires dit-on,
17:27là, 80%,
17:28le chiffre,
17:29corrigez-le s'il est faux,
17:30de nos médias ?
17:31À qui appartient Libération ?
17:33Mais c'est de la presse...
17:34Oui, en quoi c'est un argument ?
17:36Vous voulez une presse écrite d'État
17:36dans ce cas-là ?
17:37Non mais je parle de...
17:37Vous voulez une presse écrite d'État
17:38puisque le problème
17:39c'est d'appartenir à des milliardaires ?
17:40Je parle du fait que...
17:41Il faut le laisser finir
17:42parce que...
17:42Je parle du fait que...
17:43Non, non, non,
17:44mesdames et messieurs...
17:45Y compris quand vous voyez
17:46dans certains médias
17:47qui sont des médias
17:48comme Libération
17:49puisque ça a été dit
17:50il y a aussi des clauses
17:50au sein des rédactions
17:51qui font que
17:52même si le propriétaire
17:53peut changer la rédaction
17:55à toute une série
17:56de codes déontologiques
17:57qui garantissent normalement
17:58l'indépendance de la rédaction.
17:59Mais le mouvement
18:00dans lequel nous sommes aujourd'hui
18:01on va citer la figure
18:02de M. Bolloré
18:03mais ça n'est pas le seul.
18:04C'est le fait que plus en plus
18:04les médias se concentrent
18:06entre les mains
18:06de quelques-uns de gens
18:07qui ont des agendas économiques
18:08et des agendas politiques.
18:10C'est pas faire injure
18:11à M. Bolloré
18:12de considérer que M. Bolloré
18:13est non seulement un homme d'affaires
18:14mais un homme qui a
18:14un regard politique.
18:15D'ailleurs la privatisation
18:16ne sert pas à ses intérêts.
18:18Est-ce qu'on accompagne
18:19ce mouvement
18:19qui consiste à dire
18:20même si le service public
18:21doit être critiqué
18:22il n'y a pas de problème
18:23on a le droit
18:23mais que quand même
18:24est-ce que cet îlot aujourd'hui
18:25médiatique
18:26qui échappe à cette logique privée
18:27la grande annonce
18:28qu'on va faire aux Français
18:29c'est de dire
18:29vous savez quoi
18:30même ça ça va disparaître
18:31tout va être privé.
18:32Bon les Français
18:33qui ne sont pas idiots
18:33voient bien que ça veut dire
18:34que ce sera de plus en plus
18:35concentré entre les mains
18:36de quelques-uns
18:37notamment des puissances économiques
18:39qui vont diffuser
18:39un certain discours politique
18:44l'indépendance
18:44qui amène à dire
18:45qu'on critique le service public
18:46sera mieux garantie.
18:47On sait tous de quoi je parle
18:48il y a des chaînes privées
18:49sans lesquelles jour et nuit
18:50vous avez un certain discours
18:51idéologique qui est matraqué
18:52et nous je considère
18:54qu'il faut défendre
18:55le service public
18:56et matraquer un discours de gauche
18:57plutôt sur le service public
18:58Il y a Alain Finkielkraut
18:59qui t'a fait un peu
19:00C'est intéressant
19:00ce qu'il y a dans le plafot
19:01je vous invite à regarder
19:02le service public
19:03ça n'est pas comme discours de gauche
19:04contrairement à ce que vous pensez
19:05Alain Finkielkraut
19:06lève le doigt
19:07sans ouvrir la bouche
19:08la parole est à vous
19:09un gentil petit garçon
19:10je lève le doigt
19:11J'ai vu que vous lèviez le doigt
19:13Donc Alexis Corbière
19:15parlait de l'influence grandissante
19:18d'un certain nombre de milliardaires
19:20qui ont un agenda politique
19:22disons un mot justement
19:24de Mathieu Pigasse
19:26Vous avez choisi votre milliardaire
19:28Oui, non mais justement
19:29avant cela
19:30je voudrais vous rappeler
19:32un éditorial au vitriol
19:35consacré par Le Monde
19:36au rapport à l'oncle
19:37c'est une dénonciation totale
19:40sans que le journal s'inquiète
19:42des phénomènes
19:43de gavgie financière
19:45dont je parlais tout à l'heure
19:46on pourrait dire
19:47oui, il y a un véritable problème
19:49l'un des propriétaires du monde
19:51est Mathieu Pigasse justement
19:53qui a un empire de presse
19:56très très conséquent
19:59il possède
20:00Les Inrecuptibles
20:02Radio Nova
20:03et il est copropriétaire
20:06du monde
20:07Il a vendu beaucoup de sépare
20:08dans le monde
20:09mais il reste
20:09Il reste
20:10Il reste
20:11l'observateur
20:12Il reste copropriétaire
20:13mais dans une petite
20:14avec un objectif assumé
20:15de bataille culturelle
20:16Oui, effectivement
20:17il a un véritable objectif
20:19de bataille culturelle
20:21Après que Guillaume Meurisse
20:23a été évincé
20:25de France Inter
20:28pour une blague antisémite
20:30Netanyahou
20:31une sorte de nazi sans prépuce
20:33dite deux fois
20:35il a été accueilli
20:36le même Guillaume Meurisse
20:37par Radio Nova
20:39Par Radio Nova
20:40Absolument
20:40Par Radio Nova
20:41la chaîne de Mathieu Pigasse
20:43Donc moi je m'inquiète
20:44Il y a un combat là aussi
20:46Non, c'est-à-dire qu'il y a
20:47des combats culturels
20:49Mathieu Pigasse
20:50est un milliardaire
20:51d'extrême-gauche
20:52Pas de gauche
20:53d'extrême-gauche
20:54Donc Bolloré
20:55C'est-à-dire le niveau
20:57de l'extrême-gauche
20:58pour Alain Finkielkraut
20:59Quand Bolloré
20:59Oui, c'est-à-dire que
21:00pour lui
21:04Raphaël Luchman est de droite
21:05Il veut se mêler
21:06de la candidature de la gauche
21:09aux élections présidentielles
21:11et il explique sur X
21:13que Raphaël Luchman est de droite
21:15Voilà où il en est
21:16Donc moi je m'inquiète
21:18effectivement
21:18de voir Bolloré
21:20mettre ses troupes
21:23éditoriales et médiatiques
21:25en ordre de bataille
21:26Mais j'éprouve
21:27la même inquiétude
21:28devant les agissements
21:29d'un autre milliardaire
21:30Mathieu Pigasse
21:31J'espère que
21:32nous aurons droit
21:34à une conversation civique
21:36délivrée
21:37de ces deux personnages
21:38Mais Alain Finkielkraut
21:38En quoi la privatisation
21:39du service public
21:40règle ce que vous êtes
21:41en train de dire ?
21:41Je ne vois pas
21:42parce qu'il y a bien
21:42quelqu'un qui va le racheter
21:43ce service public vendu
21:45Qui va l'acheter ?
21:46Moi je n'ai pas les moyens
21:47D'accord ?
21:48Alors si quelqu'un
21:48vous n'aille pas
21:49pour la privatisation
21:50Et je ne crois pas
21:50que ce soit un média populaire
21:52qui va se mettre en place
21:53avec des actions
21:53Il vous a répondu
21:54il est contre la privatisation
21:56Ah non mais
21:56j'ai bien compris
21:57Donc défendons
21:58le service public
21:59et ne soyons pas du...
22:00Après je voudrais dire
22:01autre chose
22:01sur la frustration
22:02du député
22:02en Ve République
22:04et en particulier
22:04à l'heure actuelle
22:04Pourquoi ces commissions
22:05d'enquête ont cet écho ?
22:06C'est qu'évidemment
22:07il y a des députés
22:08qui dans l'hémicycle
22:09n'ont aucun pouvoir
22:09mais à l'occasion
22:10d'une commission d'enquête
22:11comment se faire mieux mousser
22:12que d'inviter Nagui
22:13et lui dire
22:14parlez-nous de vos salaires
22:15Évidemment vous faites un carton
22:16parce que sans aucun doute
22:17que ce que gagne
22:18M. Nagui
22:18est exubérant
22:19Moi j'ai pas de problème
22:20à ce qu'on discute de ça
22:20Mais si derrière ça
22:22l'agenda n'est pas
22:22que d'un seul coup
22:23M. Lalon
22:23qui est choqué
22:24par les salaires
22:24mis en volant
22:25Je ne l'ai jamais entendu
22:26sur ce terrain-là
22:26Lui il est pour que les gens
22:27restent au SMIG
22:28et quand je propose
22:28l'invitation du SMIG
22:29il se m'a hurlé
22:29Donc voyez bien
22:30ne soyons pas
22:31on n'est pas des gogos
22:32on voit bien l'enjeu
22:33qu'il y a derrière
22:34Est-ce qu'on est pour
22:35aujourd'hui un système
22:36plus juste
22:36où éventuellement
22:37on pourrait proposer
22:38que dans le service public
22:38il n'y a pas des quarts
22:39de salaire
22:39de 1 à 10
22:40ou de 1 à 20
22:40Ça ça m'intéresse
22:41C'est pas du tout ça
22:43J'en doute pas
22:43dès que je parle
22:44de monter le salaire
22:45avec monsieur Zemmou
22:45Elle voulait répondre
22:47sur le point antérieur
22:49Je suis comme M. Corbière
22:51contre le fait
22:51de donner plus de pouvoir
22:53au président de la République
22:54et à l'État tout entier
22:56sur l'audiovisuel
22:57C'est pas la même chose
22:57L'État et le président de la République
22:59ce n'est pas la même chose
23:00Je peux quand même
23:01avoir ma propre pensée
23:02et ne pas me contenter
23:03d'être d'accord avec
23:04M. Corbière
23:04Je suis d'accord sur
23:05le fait de ne pas donner
23:06plus de pouvoir au président de la République
23:08sur l'audiovisuel public
23:09Mais soyez conséquents
23:10Si ça vous choque
23:11que l'exécutif puisse avoir
23:12tant de pouvoir sur les médias
23:14allez au bout
23:15et dites comme moi
23:16qu'une télévision d'État
23:18c'est choquant aujourd'hui
23:19Moi ça me choque
23:19Je me souviens d'une gauche
23:20d'une gauche mitterrandienne
23:22qui s'enorgueillissait
23:23d'avoir libéralisé
23:24les ondes radio
23:25qui était fière
23:26d'avoir libéré les ondes
23:27et d'avoir permis à tout le monde
23:28de pouvoir s'installer
23:29sur la fréquence
23:30Soyons conséquents
23:31Aujourd'hui
23:32un vrai combat pour la liberté
23:33c'est de dire qu'on arrête
23:34avec cette télévision d'État
23:36Dans les années 60, 50, 60
23:38il était logique économiquement
23:40qu'il puisse y avoir l'État
23:42qui vienne interférer
23:43sur le marché de l'audiovisuel
23:44parce que ça coûtait extrêmement cher
23:46d'avoir une chaîne de télé
23:47La diffuser et la créer
23:48c'était des moyens colossaux
23:49Aujourd'hui vous avez
23:50près de 300 chaînes en France
23:52sans compter le fait
23:53que chaque personne peut
23:54aujourd'hui créer sa propre chaîne
23:55avec un iPhone et YouTube
23:57en même pas un jour
23:59Les moyens techniques et logistiques
24:01aujourd'hui ne justifient plus
24:03qu'un acteur comme l'État
24:04s'immisce dans l'audiovisuel
24:06Je pense que le sud de l'histoire
24:07ça va être que dans tous les pays
24:09on va privatiser petit à petit
24:10Je dis allons-y
24:11et ça ne veut pas du tout dire
24:13qu'il faut que ça appartienne
24:14à une seule personne
24:15Vous parliez de M. Bolloré
24:16ça ne répond pas du tout
24:17à ses intérêts économiques
24:19Aujourd'hui les gros acteurs économiques
24:20de l'audiovisuel
24:21ne veulent pas la privatisation
24:22de l'audiovisuel public
24:23parce qu'ils se disent
24:24que ça réduira leur part
24:24de marché publicitaire
24:26Moi je défends l'intérêt général
24:27je ne défends pas
24:28les intérêts particuliers
24:29de certains milliardaires
24:29Si vous voulez bien
24:30on va parler de l'ORTF
24:31public et télévision d'État
24:33ce n'est pas tout à fait la même chose
24:34Et il y a un moment marquant
24:36sur lequel Christophe
24:38vous voulez revenir
24:38qui date du 15 décembre 1971
25:01Christophe
25:01Chacun a le droit de diffuser
25:03son propre petit film
25:04avant le débat
25:05Alors ce soir-là
25:06c'est Maurice Clavel
25:07philosophe, journaliste, essayiste
25:09ancien gaulliste
25:11passé à gauche
25:13après mai 68
25:13Il doit débattre
25:15avec le ministre du commerce
25:16Jean Royer
25:17sur la société permissive
25:20Sauf que l'ORTF
25:23a coupé quelques mots
25:24de son film
25:25le mot aversion
25:27qui en fait
25:28faisait référence
25:30à Georges Pompidou
25:30donc qui aurait eu
25:32de l'aversion
25:33selon Clavel
25:34pour la résistance
25:35intérieure française
25:36Un mot
25:37aversion
25:38un seul mot
25:38mais Clavel l'avait dit
25:40couper un mot
25:41ou une page
25:42c'est strictement
25:43la même chose
25:44c'est un principe
25:45qui est en jeu
25:46on écoute
25:47Le film que vous venez de voir
25:49a été censuré
25:50par la télévision française
25:53quant au peuple français
25:54auquel je viens
25:56très modestement
25:57de lancer un appel
25:59au soulèvement
25:59de la vie
26:00contre ces espèces
26:02de morts
26:03que sont la censure
26:04et autres fascismes
26:05j'ose
26:06non moins modestement
26:08lui donner rendez-vous
26:10pour bientôt
26:11dans la liberté
26:12pour la liberté
26:14messieurs les censeurs
26:16bonsoir
26:24ce qu'on voit pas
26:25il y a le tonnerre
26:26d'applaudissements
26:26il quitte la salle
26:28le débat évidemment
26:28est annulé
26:30donc Alain Duhamel
26:31est obligé
26:32de dire
26:32qu'il annule
26:33le RTF reçoit
26:34des milliers de lettres
26:35les ouvriers
26:36du bâtiment
26:36écrivent
26:37dans le monde
26:38qu'ils ont
26:39à travers Clavel
26:39retrouvé un peu
26:40de mai 68
26:41et quelques mois plus tard
26:42l'agence de presse
26:43de Clavel
26:43et de Sartre
26:44soutient la création
26:45du quotidien
26:46libération
26:46voyez on retrouve
26:47les mêmes acteurs
26:48c'est pour vous dire
26:49que voilà
26:50télévision publique
26:51et d'état
26:52c'est quand même
26:53un peu différent
26:53il faudrait pas
26:54horrible
26:56vraiment je crois
26:56que c'est ça
26:57l'essentiel
26:58c'est qu'aujourd'hui
26:59le service public
27:00de l'audiovisuel
27:01ce n'est pas
27:02l'ORTF
27:03c'est à dire
27:03c'est tout
27:03sauf une télévision
27:04ou une radio
27:06d'état
27:06et d'ailleurs
27:07quand on parle
27:08de l'audiovisuel public
27:08il faut se rappeler
27:09qu'il y a aussi
27:10évidemment
27:11Arte
27:11France Média Monde
27:13TV5
27:13avec nos partenaires
27:14de la francophonie
27:15donc c'est une télévision
27:17qui est un espace public
27:19mais qui s'inscrit
27:20dans un cadre
27:21complètement ouvert
27:22libéralisé
27:23pluraliste
27:24avec effectivement
27:25des chaînes
27:26de radio
27:27de télé
27:27qui sont privées
27:28donc pourquoi
27:29est-ce que
27:29les français
27:30n'auraient pas le droit
27:31d'avoir aussi
27:33un espace
27:34de service public
27:34comme tous
27:35d'ailleurs
27:36nos voisins
27:37européens
27:37tous nos voisins
27:38encore une fois
27:38dans tous les pays
27:39démocratiques
27:40je crois qu'un espace
27:42de service public
27:43c'est aussi
27:43un espace
27:44de référence
27:45de reconnaissance
27:46dans lequel
27:47les français
27:49finalement
27:50retrouvent
27:50quelque chose
27:51qu'ils apprécient
27:51et dont ils connaissent
27:53la qualité
27:53et ça veut pas dire
27:54qu'on va interdire
27:55les chaînes privées
27:56personne n'a dit ça
27:57comme vous l'avez dit
27:57c'est d'ailleurs
27:58la gauche
27:58qui a lancé
27:59les radio-libres
28:00je suis pour le service
28:06public
28:06parce que
28:07c'est un espace
28:09soustrait
28:09à la publicité
28:10autre chose
28:11et qui est très paradoxal
28:13c'est donc après
28:14la fameuse sortie
28:16de Maurice Clavel
28:17qui a été créée
28:18un peu dans la foulée
28:19le journal Libération
28:20et c'est ce journal
28:21aujourd'hui
28:22qui appelle
28:23à la censure
28:24d'un certain nombre
28:25de gens
28:25qui pensent mal
28:26et qui donc
28:27sont situés
28:27à l'extrême droite
28:28et là je veux parler
28:29de la chronique
28:30de Schellermann
28:30sur Eugénie Bastier
28:32donc il y a
28:33un renversement
28:33de perspective
28:34qui est très intéressant
28:36aujourd'hui
28:36il y a une fâcheuse
28:37tendance
28:38à fasciser
28:39l'adversaire
28:40le fasciser
28:41c'est l'excure
28:42de l'humanité
28:42et donc c'est
28:43vouloir le censurer
28:44donc ce que je veux dire
28:45c'est que l'État
28:46aujourd'hui
28:47on le voit
28:48avec la cancel culture
28:49n'a pas le monopole
28:50de la censure
28:51hélas
28:51ils ont fait aussi
28:52un article
28:53très fouillé
28:53et vraiment pas très gentil
28:55contre Mathieu Pigasse
28:56j'aimerais qu'on aille
28:58au-delà de l'audiovisuel public
28:59parce qu'on est d'accord
28:59que la bataille culturelle
29:00elle ne se joue pas
29:01uniquement dans l'audiovisuel public
29:02vous avez vu
29:03ce qui s'est passé
29:03dans l'édition
29:04le limogéage
29:05par Vincent Bolloré
29:06du président
29:07des éditions
29:08grâce à Olivier Nora
29:09qui a provoqué
29:10quand même
29:10certains remous
29:11je précise que
29:12Christophe et moi
29:12ont fait partie
29:13des auteurs
29:14qui avons signé
29:14un texte pour annoncer
29:15qu'on ne publierait pas
29:17notre prochain livre
29:17dans cette maison d'édition
29:19Sarah Knafo
29:20vous allez publier
29:21on va arrêter
29:21si je me trompe
29:22en septembre
29:22votre premier livre
29:23et ce sera
29:23chez Fayard
29:24donc une maison
29:25du groupe
29:26HL Vivendi
29:26propriété de Vincent Bolloré
29:28est-ce qu'on est obligé
29:29de choisir son camp ?
29:31j'espère pas
29:31j'espère que ce livre
29:32sera aussi lu
29:33par des gens de gauche
29:34et que j'arriverai
29:35à les convaincre
29:36et par des gens
29:36qui n'ont pas
29:37d'opinion politique
29:37donc non
29:38je pense pas
29:38qu'on doit choisir
29:39son camp
29:40de cette manière là
29:41en revanche
29:42ce que je trouve positif
29:43c'est que dans le secteur privé
29:45ça ne me choque pas
29:46qu'il y ait des éditeurs
29:47qui penchent plutôt à droite
29:48des médias
29:49qui penchent plutôt à gauche
29:51à droite ou à gauche
29:52peu importe d'ailleurs
29:52quand ils trouvent
29:53leur lectorat
29:54quand ils trouvent
29:54leur spectateur
29:55s'il s'agit de chaîne
29:56quand ils trouvent
29:57leur public
29:57et leur clientèle
29:58après tout
29:59moi ça ne me choque
29:59absolument pas
30:00et même qu'il y ait
30:01des médias d'extrême gauche
30:02des médias de droite dure
30:03peu m'importe après tout
30:04le seul bémol
30:06que je place
30:07c'est lorsqu'on force
30:08les gens à financer ça
30:09c'est à dire que moi
30:09ça me dérange
30:10en tant que française
30:11que citoyenne
30:12et que contribuable
30:13d'écouter un manque
30:14d'impartialité
30:15lorsque c'est financé
30:16par de l'argent public
30:17dès lors qu'on parle
30:17d'argent privé
30:18ils trouvent leur lecteur
30:19dans un secteur quand même
30:21où le point principal
30:22je sais qu'on va entendre
30:23parler de propriétés
30:24de milliardaires
30:25qui détiennent
30:26X parts de l'édition française
30:27moi ce qui me choque
30:28ce qui est une réalité
30:29ce qui est une réalité
30:30mais ce qui me choque surtout
30:31c'est que ces parts de marché là
30:33baissent
30:33et quand on arrête
30:34avec le langage
30:36capitalistique
30:36qu'est-ce que ça signifie
30:37que les parts de marché
30:39globales du milieu
30:39de l'édition baissent
30:40que les français lisent
30:41de moins en moins
30:42quand on voit
30:43que seulement 50%
30:44des français
30:45se disent lecteurs réguliers
30:47c'est ça qui fait peur
30:48je veux dire que
30:48tous ces milliardaires
30:49qui ont investi de l'argent
30:49dans l'édition
30:50on perd beaucoup d'argent
30:51pourquoi est-ce qu'on a besoin
30:54que ce soit des milliardaires
30:55qui achètent aujourd'hui
30:56les maisons d'édition
30:57parce que quelqu'un
30:58qui n'aurait pas
30:59une grosse surface financière
31:00aujourd'hui n'aurait pas
31:01les reins financiers
31:01c'est solide
31:02mais ça c'est faux
31:03Alexis Cambier
31:04ça c'est intéressant
31:06parce que précisément
31:06ça ne rapporte pas
31:07je suis d'accord
31:08nécessairement
31:08pourquoi ils le font
31:09parce que précisément
31:10c'est du software
31:11c'est de la bataille culturelle
31:13et on est au coeur
31:14de notre sujet
31:15mais au-delà
31:15c'est que ce qui est politique
31:17évidemment les défaites culturelles
31:19annoncent des défaites politiques
31:20ou à l'inverse
31:20vous êtes grave chien
31:21tout le monde est grave chien
31:22mais là on est tous grave chien
31:25évidemment que
31:26ce qui est une bataille culturelle
31:272027 sera
31:28quel projet nous avons
31:29pour la France
31:30qu'est-ce que la République
31:31quelle idée on s'en fait
31:32et évidemment
31:32ça n'est pas seulement
31:33des questions sonnantes
31:34et trébuchantes
31:35même si la question sociale
31:36est une question culturelle
31:37quand on a une certaine idée
31:38de la République
31:38comme moi
31:39d'une République sociale
31:39mais ce que vous dites
31:41est intéressant
31:41par exemple
31:42aller dans un relais
31:43dans les gares
31:43vous savez
31:44voilà
31:45qu'est-ce qu'on voit
31:45comme type de bouquin
31:46aujourd'hui
31:47à 80%
31:48le type d'ouvrage
31:49en particulier porté
31:50par le groupe Bolloré
31:52des auteurs
31:53qui sont politiquement
31:53très marqués
31:54et qui vendent le mieux
31:55de quoi ?
31:55d'accord
31:56c'est là où il y a le débat
31:57on me répond
31:57c'est ceux qui vendent le mieux
31:58mais si vous avez
32:00une force de frappe
32:01qui vous permet
32:01que chaque fois
32:02que vous allez prendre le train
32:03une fois que vous allez
32:03acheter votre journal
32:0480% des bouquins
32:05que vous voyez
32:06c'est celui de M. Zemmour
32:06M. Nolo
32:07M. Bardella
32:08il répondait 500 000 exemplaires
32:09quand il était chez Albin Michel
32:10sans le groupe Relais
32:11par ailleurs
32:11Eric Zemmour
32:12que tout le monde a connu
32:13grâce au service public
32:14sur France 2
32:14qui lui a donné une exposition
32:15etc
32:15donc vous voyez
32:16c'est beaucoup plus compliqué
32:17que ça
32:17oui mais je veux dire
32:18il ne faut pas raconter
32:18l'histoire
32:19sur la censure
32:20c'est marrant
32:21comme M. Finkenckroth
32:22s'indigne du fait
32:23que dans Libération
32:24il y aura une tribune critique
32:25sur Eugénie Bastier
32:26on peut ou pas partager
32:27ce que dit Daniel Stederman
32:28mais le fait
32:29qu'il y a une censure
32:30matérielle
32:30qui fait que vous avez
32:31un certain type de bouquin
32:33qui est quasiment
32:33devenu obligatoire
32:34si vous voulez acheter un livre
32:35avant de prendre le train
32:36ça ça ne choque personne
32:37c'est-à-dire
32:37si vous laissez faire le marché
32:39là encore
32:39bien naïf
32:40celui qui croit
32:41qu'en laissant faire le marché
32:43vous n'avez pas derrière
32:44un certain type d'ouvrage
32:45un certain discours culturel
32:46une certaine idée politique
32:47qui est portée
32:48c'est ça le débat
32:49mais le service public
32:51permet de corriger ça
32:52à gauche
32:52pas nécessairement
32:54le pluralisé
32:54qui a levé le doigt
32:55mais il a levé la main
32:56entière à l'infiltre de gauche
32:58Aurélie Philippetti
32:59moi aussi je lève la main
33:00ce qui est frappant
33:01c'est que
33:02chez Grasset
33:02il y avait des zones
33:03des auteurs
33:04et des autrices
33:05d'absolument toute tendance
33:07politique
33:08idéologique
33:09esthétique aussi
33:10et cette pétition
33:12de 300 auteurs
33:13qui disent
33:14on ne publiera plus
33:16chez Grasset
33:16elle veut dire quelque chose
33:18comme avec ce qui s'est passé
33:20dans cette pseudo commission
33:22sur l'audiovisuel public
33:23finalement
33:24ce que ces gens
33:25ne supportent pas
33:26c'est justement
33:28le pluralisme
33:29c'est-à-dire
33:30qu'il existe
33:30des espaces
33:31que ce soit
33:32le service public
33:33que ce soit
33:34des maisons d'édition
33:36privées
33:36avec une culture éditoriale
33:38ce que c'est qu'un éditeur
33:39c'est quelqu'un
33:40qui va chercher
33:41des auteurs
33:41qui les accompagnent
33:43toute une vie
33:43durant
33:44et qui les aide
33:45à devenir
33:45ce qu'ils sont
33:46en tant qu'auteurs
33:46vous êtes aussi écrivaine
33:48vous avez publié
33:49votre dernier livre
33:49qui est un roman
33:50chez Fayard
33:51oui
33:51est-ce que vous allez
33:53rester
33:53et auparavant
33:55chez Stock
33:56et auparavant
33:56chez Stock
33:57en effet
33:57les derniers jours
33:59je n'aurais pas envie
34:00et pourquoi je n'aurais pas envie
34:01parce qu'il faut absolument
34:03avoir une relation
34:04de confiance
34:04avec son éditeur
34:06pour pouvoir travailler
34:07avec lui
34:08et pour pouvoir être édité
34:09un livre
34:10c'est comme un enfant
34:12non mais
34:12c'est un rapport
34:13personnel
34:14et
34:15par ailleurs
34:16mon éditrice
34:17Sophie de Closet
34:18chez Fayard
34:18a été
34:19elle aussi
34:19comme par hasard
34:20virée
34:21de chez Fayard
34:23mais elle a été virée
34:24de chez Fayard
34:25il faut quand même
34:25rappeler l'histoire
34:26c'est à dire
34:27ce n'est pas un gentil
34:28milliardaire
34:29qui vient
34:29et qui va sauver
34:30une maison en difficulté
34:31non
34:32achète livre
34:32c'était la troisième
34:34maison d'édition au monde
34:36c'est à dire
34:36c'était un succès absolu
34:37que s'est-il passé
34:38d'abord
34:39monsieur Bolloré
34:40avec Nicolas Sarkozy
34:42on virait
34:42Arnaud Noury
34:43qui était le président
34:44qui avait justement
34:45fait en sorte
34:47que achète devienne
34:47ce succès économique
34:49ensuite ils ont
34:50viré
34:50limogé
34:51Sophie de Closet
34:52qui était
34:53directrice
34:54de chez Fayard
34:55et il restait
34:56qui ?
34:56Olivier Nora
34:57grande figure
34:58d'indépendance intellectuelle
35:00le patron de grâce
35:01c'est quelqu'un
35:02qui était respecté
35:02unanimement
35:03quelles que soient
35:04encore une fois
35:04les couleurs politiques
35:06et bien
35:06lui
35:07sa tête a été mise
35:09sur un billot
35:09et maintenant
35:10il est parti
35:11donc d'un point de vue
35:12économique
35:12et d'un point de vue
35:13culturel
35:14c'est une catastrophe
35:15alors évidemment
35:16tous ces gens
35:17tous ces auteurs
35:18tous ces éditeurs
35:19partent ailleurs
35:19mais c'est quand même
35:20dommage
35:21que ce qui était
35:21un grand groupe français
35:23un véritable champion français
35:24achète
35:25soit aujourd'hui
35:26finalement
35:27devenu l'ennemi
35:28de la diversité
35:29il faut que ça appartienne
35:30à l'état aussi
35:31alors dans ce cas là
35:32ça doit aussi appartenir
35:33heureusement il reste
35:33d'autres maisons
35:34il y en a beaucoup d'autres
35:35qui sont des maisons indépendantes
35:36il faut une diversité
35:37oui enfin
35:37achète était quand même
35:38la plus grosse
35:39et par ailleurs
35:39achète il y a aussi
35:40un système de distribution
35:41pardon je ne veux pas
35:42comme pour l'audiovisuel
35:43je dis qu'il faut donc
35:45nationaliser
35:45achète c'est aussi
35:46un système de distribution
35:47des livres
35:48et d'exposition
35:49dans les relais
35:50etc
35:50donc c'est en fait
35:51une concentration verticale
35:53qui est en train
35:53de se mettre en place
35:54alors il faut la nationaliser
35:55non mais vous savez bien
35:56écoutez
35:57vous caricaturez le débat
35:58pour vous en sortir
35:59vous savez très bien
36:00qu'hormis des petits libraires
36:01en province
36:02qui sont aujourd'hui
36:03en grande difficulté
36:04par ailleurs
36:04et qu'il faudrait aider
36:05notamment par la puissance publique
36:07parce que c'est un marché
36:08qui ne peut pas être laissé
36:08comme ça uniquement
36:09comment dirais-je
36:10de manière neutre
36:12j'espère que vous
36:12vous êtes sans doute
36:13pour que dans chaque ville
36:14il y ait une boulangerie
36:15il y ait une librairie
36:15et qu'il ne soit pas seulement
36:16exactement
36:17et que les gens lisent
36:17oui mais ça il faut l'aider
36:18par la puissance publique
36:19par quoi j'ai commencé
36:20il faut que les gens lisent
36:20alors précisément
36:21il n'y a pas de traité
36:23c'est que vous avez
36:24malgré tout
36:25vous n'avez pas répondu à la tue
36:26quand vous avez la force
36:27de frappe des relais
36:27dans les gars
36:28et de beaucoup d'autres endroits
36:29dans les supermarchés
36:30qui vendent un certain type
36:31de bouquins
36:32liés en raison de la distribution
36:33voyons que progressivement
36:34vous formatez
36:35malgré tout
36:36le choix est limité
36:38vous savez
36:38je fais partie de ceux
36:39qui achètent beaucoup de bouquins
36:40les bouquins des fois
36:41je les achète
36:41parce que je les découvre
36:42en librairie
36:43je ne sais pas ce que je veux acheter
36:44j'ai ce luxe
36:44comme vous d'ailleurs
36:45d'aller et en fonction
36:47de ce que je vois
36:47je vous dis tiens
36:48j'avais prévu d'acheter ça
36:49et puis bon
36:50si vous avez
36:51ce qui est réduit
36:52par ailleurs ça m'amène aussi
36:53d'acheter les livres
36:54de monsieur Zemmour
36:55et tout ça
36:55parce que je les vois
36:56et vous savez très bien
36:57que le champ intellectuel
36:58est beaucoup plus large
36:59en vérité
36:59et donc l'enjeu
37:00là encore
37:00c'est un enjeu
37:01d'une bataille culturelle
37:03et ça a été dit tout à l'heure
37:04j'incite là-dessus
37:04ça ne rapporte pas d'argent
37:06nécessairement
37:06mais c'est du pouvoir
37:08politique
37:09Alain Fickelkrut
37:10je pense d'abord
37:12qu'en effet
37:12l'éviction
37:14d'Olivier Nora
37:15est scandaleuse
37:16elle est injustifiable
37:17je ne crois pas pour autant
37:19que le fascisme
37:20soit à nos portes
37:21une des autrices
37:23en révolte
37:24a dit
37:25que cette éviction
37:26avait eu lieu
37:26le jour de l'anniversaire
37:28de Hitler
37:28c'est un
37:29c'est allé chercher
37:31un peu loin
37:32mais pour autant
37:33je n'aime pas
37:34l'idée d'un éditeur
37:36qui a à ce point
37:38un agenda politique
37:39c'est effectivement
37:41le cas
37:42de Vincent Bolloré
37:43on le voit
37:43avec ce qu'il fait
37:45chez Faglia
37:45mais ce n'est pas un éditeur
37:46c'est un propriétaire
37:47de maisons d'édition
37:48et ce n'est pas
37:49le cas
37:50des autres éditeurs
37:51en France
37:51les maisons d'édition
37:52ont pour mission
37:54d'être pluralistes
37:55si on choisit
37:56vivant
37:57un engagement
37:58unilatéral
37:59pour une maison d'édition
38:00je trouve ça
38:01condamnable
38:02et inquiétant
38:03une maison d'édition
38:04ne peut pas être pluraliste
38:05par ailleurs
38:05une maison d'édition
38:06peut avoir un certain
38:07je pense qu'un bon éditeur
38:09sait s'intéresser à tout
38:10d'ailleurs on fait comme s'il n'y avait
38:11que des essais politiques
38:12vous avez des romans
38:13on n'est pas obligé
38:13d'être de droite ou de gauche
38:14quand on écrit de la fiction
38:15vous voyez bien qu'aujourd'hui
38:16Fayard par exemple
38:17polarise
38:18mais Fayard publie des romans
38:19polarise plus que jamais
38:19vous avez un auteur
38:20qui s'appelle
38:21Louis Fishman
38:21qui vient de publier
38:22un fait divers
38:22qui est le sien d'ailleurs
38:23qui n'est pas
38:24que je peine à qualifier
38:25de fait divers
38:26qui est sa propre vie
38:27mais il n'est pas de droite
38:28ou de gauche
38:29quand il publie ça
38:29là on est en train
38:30de tout politiser
38:31on n'est pas en train
38:32d'inventer nous
38:33ici la polarisation
38:34vous reconnaissez quand même
38:35qu'il y a une bataille
38:35culturelle en cours aujourd'hui
38:37évidemment
38:37il y a bataille aujourd'hui
38:39parce que
38:39mon sentiment
38:40est que depuis 80 ans
38:42la gauche était la seule
38:43à endoctriner
38:45à peu près partout
38:46endoctriner
38:47j'ai dit parler de haine
38:48endoctriner le mot
38:49attendez attendez
38:50c'est intéressant
38:51ce que vous dites
38:51c'est à dire un mot
38:54madame Philippe
38:55ça veut dire
38:58on vous écoute
39:03pourquoi est-ce qu'on parle
39:03de bataille aujourd'hui
39:04comme si c'était
39:06l'actualité
39:06qui n'avait jamais existé
39:07auparavant
39:08parce que la droite
39:08ne se défendait jamais
39:09la droite pensait
39:11qu'il suffisait
39:11de prendre le pouvoir politique
39:12donc de gagner les élections
39:14et en réalité
39:15était très naïve
39:15parce que pendant ce temps-là
39:17la gauche
39:18désolé
39:18c'est pas pour vous faire réagir
39:20mais je pense que c'est un fait
39:21et que vous le théorisez très bien
39:22je vous ai entendu
39:22plusieurs fois le théoriser
39:24je ne vais pas vous inclure
39:25chez Jean-Luc Mélenchon
39:26mais lui aussi
39:27le théorise beaucoup
39:28le fait d'obtenir aussi
39:30le pouvoir
39:30par les cerveaux
39:32par les esprits
39:32par l'université
39:33par l'enseignement
39:34et par les professeurs
39:35par exemple
39:36j'ai été élue de l'Uni
39:37quand j'étais à la Sorbonne
39:38donc au conseil du FR
39:39de la Sorbonne
39:40à Tolbiac
39:40autant vous dire
39:41que j'ai vu de près
39:42ce qu'était la gauchisation
39:44de l'enseignement supérieur
39:45je faisais de l'économie
39:46c'était impossible
39:47d'avoir une pensée
39:48qui était un tout petit peu
39:49à droite de Keynes
39:50impossible
39:51vraiment
39:51on pouvait être marxiste
39:52ou keynésien
39:53c'est tout
39:53pas d'autre couleur politique
39:55possible
39:55on sait que les économistes
39:56qu'on voit bien
39:56dans le débat public
39:57sont tous des marxistes
39:58la racnafo
39:58la réponse de l'Église
39:59il y a des mots
40:00de France 3
40:01qui ont été employés
40:02je veux dire
40:02le mot endoctrinement
40:03depuis 80 ans
40:05ça veut dire en gros
40:05depuis la fin
40:06de la deuxième guerre mondiale
40:10il n'est endoctriné personne
40:12depuis 80 ans
40:13ça veut dire quoi
40:14vous parlez à une femme
40:14de confession
40:15ça veut dire quoi
40:16c'est pas Éric Zemmour
40:18qui a dit que Pétain
40:20avait sauvé des juifs
40:21mais qu'il y a le honte
40:21madame Philippe Pétain
40:22je pense que vous choquez
40:24tout le monde
40:24franchement
40:24c'est incroyable
40:25Éric Zemmour a dit
40:26Pétain a sauvé des juifs
40:28donc vous dites
40:29depuis 80 ans
40:31est-ce qu'il a dit ça
40:33vous vous enfoncez
40:34répondez-moi sur l'endoctrinement
40:35il vous propose de revenir
40:36à ce qui nous réunit ici
40:37c'est d'essayer
40:38de parler
40:39de cette bataille culturelle
40:41mais c'est la bataille des idées
40:41il me semble
40:42et c'est pas faire un jour
40:43les français qui ont élu
40:44De Gaulle
40:45ils étaient endoctrinés
40:46ils étaient endoctrinés
40:47je vous laisse
40:48ils étaient endoctrinés
40:48la pression de De Gaulle
40:50non mais franchement
40:51Aurélie Philippetti
40:52juste une chose
40:55vous confondez
40:56l'esprit des Lumières
40:58puisqu'on a bien compris
40:59en fait
40:59que c'est ça
41:02l'objectif
41:03de ce combat idéologique
41:04c'est revenir
41:05sur les acquis
41:06de la révolution française
41:07et de l'esprit des Lumières
41:09l'esprit des Lumières
41:10il dit quoi ?
41:11qu'on doit développer
41:12à travers l'éducation
41:13l'esprit critique
41:14et c'est ça je crois
41:15ce qui a été fait
41:16au sein de l'éducation nationale
41:18avec un grand succès
41:19mais c'est ça qui était
41:20l'objectif philosophique
41:22c'est celui finalement
41:24de s'inspirer
41:25de l'esprit des Lumières
41:26pour permettre
41:27à chaque jeune français
41:29et jeune française
41:30de développer
41:31sa liberté
41:32de conscience
41:33et ses propres capacités
41:36ça veut dire
41:38que finalement
41:39on a conçu
41:40un système scolaire
41:41qui évidemment
41:42était méritocratique
41:44avec ses défauts
41:46etc
41:47mais où
41:48ce qui était
41:49appris aux enfants
41:50c'est d'apprendre
41:50à penser par eux-mêmes
41:51et c'est-à-dire
41:52le contraire
41:53de l'endocrinement
41:54je vous propose de parler
41:55mais vous ne pourrez pas dire
41:56non Alexis Corbière
41:57parce que c'est un clin d'oeil
41:58qui vous est fait
41:58je vous propose de parler
41:59de Joconde
42:00je voudrais qu'on regarde
42:01les images d'arrivée
42:02de la Joconde
42:03dans la cour du Louvre
42:04en mars 1963
42:06au retour d'un voyage
42:08aux Etats-Unis
42:09on regarde
42:10la Joconde est à nouveau
42:11parmi nous
42:12il est un peu plus de midi
42:14le musée du Louvre
42:15dont au milieu de tant
42:16et tant de chefs-d'oeuvre
42:17elle est le plus
42:18universellement célèbre
42:20voit pénétrer
42:21en ses enceintes
42:22secrètes
42:23les voitures
42:24de son escorte
42:25venant du Havre
42:26où elle était arrivée
42:27quelques heures plus tôt
42:41la porte de la cour
42:42dite du fer à cheval
42:44s'étend immédiatement ouverte
42:46la Joconde passe
42:47devant la danse de Carpeau
42:50je vous avais promis
42:52que ça allait pacifier
42:53les esprits
42:54donc on est en mars 1963
42:58et donc
42:58elle revient en France
42:59après un triomphe
43:00aux Etats-Unis
43:01alors d'abord
43:02vous avez vu
43:02les stafettes
43:03on n'imagine plus
43:03les stafettes
43:06en 2026
43:07je vous disais que c'était
43:08un petit clin d'oeil
43:09qui vous était fait
43:09Alexis Corbière
43:10parce qu'il y a quand même
43:11une commission d'enquête
43:12qui est moins médiatique
43:13celle sur le visuel public
43:14mettons que vous avez été
43:15le rapporteur
43:16la commission d'enquête
43:17sur la sécurisation
43:18des musées
43:19le rapport a été adopté
43:21à l'unanimité
43:22est-ce qu'aujourd'hui
43:23on protège encore
43:24aussi bien
43:25notre patrimoine ?
43:26là c'est compliqué
43:27parce qu'il n'y a pas
43:28plus de vols
43:29dans les musées
43:29mais on a une modification
43:30à la nature des vols
43:31où c'est souvent moins
43:32les oeuvres
43:32qui sont visées
43:33que les matériaux
43:34par exemple
43:35il y a eu
43:36à Paris le Monial
43:37il y avait un musée
43:38eucharistique
43:39comme on dit
43:39qui a été attaqué
43:40parce que
43:41ce qui a été volé
43:42c'est l'ivoire
43:43c'est l'or
43:43etc
43:43ils ont détruit l'oeuvre
43:44d'ailleurs
43:44et c'est d'ailleurs
43:46assez symptomatique
43:46ce qui s'est passé au Louvre
43:47manifestement
43:48les voleurs
43:49en mode en plus braquage
43:50c'est plus Arsène Lupin
43:51qui fait un coup de magie
43:52c'est coup de poing
43:53comme ça
43:53ils volent
43:54des oeuvres
43:55qui semblent qu'en août
43:56devraient être fondues
43:57et les diamants
43:57vont être utilisés
43:59parce que c'est invendable
44:00par ailleurs tel quel
44:01on en avait à la discussion
44:02tout à l'heure
44:02moi ma critique
44:03que je porte
44:03c'est que
44:04le musée du Louvre
44:05et sa présidente
44:06a été manifestement
44:07plus obsédé
44:07à plaire à celui
44:08qu'il avait nommé
44:09à savoir le président
44:10de la république
44:10et donc a pris du retard
44:12sur le schéma directeur
44:13qui datait depuis 2021
44:14qui était en place
44:14on a perdu du temps
44:15parce qu'elle est nommée
44:16par le président de la république
44:17c'est pourquoi je me méfie
44:18moi je suis pour
44:19déprésidentialiser
44:20toutes ces nominations
44:20et faire qu'il y ait un pouvoir
44:21notamment pour ce qui est
44:22du musée du Louvre
44:23et ses grands musées
44:23par le conseil d'administration
44:25plus collégial
44:25avec leur bontant des personnels
44:27le Louvre
44:27ce qui est un scandale
44:28c'est que vous avez
44:289 millions de visiteurs par jour
44:30François Mitterrand
44:31débloque les choses
44:32on passe de 2 à 4 millions
44:33c'était l'objectif
44:339 millions
44:34et le Louvre Renaissance
44:35veut aller jusqu'à
44:3612 à 15 millions de visiteurs
44:37et si on visite
44:39la Joconde aujourd'hui
44:40c'est un hall de gare
44:40absolument insupportable
44:42on fait 3 selfies devant
44:43on s'en va
44:44et donc on voit bien
44:45que la question culturelle
44:46est aussi souvent
44:46une production de quelque chose
44:48où est-ce qu'il y a
44:49un choc culturel
44:49quand vous voyez
44:50la Joconde dans une salle
44:51bondée de touristes
44:52etc
44:53moi je ne crois pas
44:54de quoi on parle
44:54quand on parle de culture
44:55de vraiment créer les conditions
44:56que le musée
44:57qui est une invention révolutionnaire
44:59malgré ce qu'on pense
45:00souvent Eric Zemmour
45:01qui trouve que la révolution française
45:02est une révolution française
45:05vous n'êtes pas obligé
45:06d'aller dans la polarisation
45:07excessive ici même
45:09je les prends au sérieux
45:11mais écoutez-moi
45:12je les prends au sérieux
45:13ce sont des gens
45:14qui mènent actuellement
45:15une bataille culturelle
45:16idéologique très forte
45:17moi je lis
45:18alors je vais arrêter
45:19de citer son nom
45:20mais le président de son parti
45:21et je vous lirai aussi
45:22ce sont des gens
45:22qui mènent cette bataille
45:23de manière conséquente
45:24et qui même d'ailleurs
45:24ont profité du fait
45:25que sans incondite
45:26le Rassemblement National
45:27sur ses acquis
45:28l'amène moins
45:28donc les idées
45:30c'est important
45:30et je ne veux pas revenir
45:31sur la polémique
45:32parce que vous allez hurler
45:33mais l'enjeu de
45:33est-ce que le paysage politique
45:35quelle idée
45:35on ne peut pas s'en embêter
45:36ce que disait Aurélie Filippetti
45:37est-ce que le paysage politique
45:39issu de la seconde guerre mondiale
45:40est encore opérant
45:41et à partir du moment
45:42où vous dites finalement
45:43ce qu'on vous a appris
45:44à savoir que
45:45le maréchal Pétain
45:46c'était le mal absolu
45:47et la résistance du général de Gaulle
45:49avec les communistes
45:50on libérait la France
45:51si vous dites qu'en vérité
45:51c'est plus compliqué que ça
45:52et que même
45:53eh bien je vous ai écouté attentivement
45:55vous au sens large
45:56si vous dites que vous revenez
45:57sur la théorie du glaive
45:58et du bouclier
45:58qu'en vérité c'est pas ça
45:59qui a eu lieu
46:00et que même à sa manière
46:01le maréchal Pétain
46:01a défendu les juifs
46:02vous ouvrez
46:03un autre champ intellectuel
46:04sur ce qu'est la France
46:05et vous amenez à dire aujourd'hui
46:06ce qui était la marque
46:07de la seconde guerre mondiale
46:08la fin de l'alliance
46:09entre la droite et l'extrême droite
46:10qui est devenue impossible
46:11à partir de 1945
46:12si vous appelez ça
46:13l'union des droites
46:15écoutez
46:15dans les années 30
46:16la droite et l'extrême droite
46:17étaient en lien
46:19écoutez moi
46:20ce que je dis
46:20je dis au niveau des idées
46:22qu'on y réfléchisse
46:23si vous dites
46:24que tout ça a changé
46:25et qu'en quelque sorte
46:26il faut refermer la parenthèse
46:27de la seconde guerre mondiale
46:28et du paysage politique
46:29pour rentrer dans une nouvelle étape
46:31où l'alliance
46:32entre la droite et l'extrême droite
46:33redevient possible
46:33il va de soi
46:34et je vais vous mener cette bataille
46:36je vous prends au sérieux
46:37je suis radicalement contre vous
46:38mais je combat sur les idées
46:39en prenez-moi bien
46:39je ne suis pas en train de polémiquer
46:40avec vous
46:40je vous prends au sérieux
46:41je dis là
46:42on voit bien comment
46:43cette bataille culturelle
46:44il faut la mener
46:44par des idées
46:45par des journaux
46:46par des médias
46:46par des bouquins
46:47des chaînes de télévision
46:48et des maisons d'édition
46:48il est atterré
46:51Alain Finkielkraut
46:52non écoutez
46:53je vais me concentrer
46:55sur une chose
46:58effectivement on voit
46:59qu'elle peut avoir lieu
47:00même sur ce plateau
47:01je pense que la vraie bataille culturelle
47:04doit être une bataille
47:06pour la culture
47:07oui
47:08parce que
47:09c'est Kundera qui disait
47:10qu'au Moyen-Âge
47:12l'unité de l'Europe
47:14reposait sur la religion
47:15et puis Dieu s'est absenté
47:17cette unité ensuite
47:18reposait sur la culture
47:20sur la culture disait-il
47:22et il disait
47:23dès 1983
47:24la culture c'est de la place
47:26et il se possède la question
47:28de savoir à quoi
47:29et bien on le voit très bien
47:30aujourd'hui
47:31avec l'efflorescence
47:33des nouvelles technologies
47:35les enfants
47:36lisent de moins en moins
47:38c'est vraiment la panique à bord
47:40même les parents
47:41ne savent pas quoi faire
47:42pour leur arracher
47:44leur portable
47:45et pour les détourner
47:47du fameux scrolling
47:48et de TikTok
47:49donc si les enfants
47:51lisent de moins en moins
47:53si la transmission
47:54ne se fait plus
47:56à l'école
47:56il n'y aura plus personne
47:58bientôt dans les librairies
47:59j'aimerais bien
48:00je vais tous vous mettre d'accord
48:01en écoutant Malraux
48:02parce que je pense que Malraux
48:03là
48:04ici même
48:05voilà
48:05même Aurélie
48:05Philippe et puis Soury
48:06vous avez fait un compliment
48:08Malraux
48:08on est Malraux
48:10donc le premier ministre
48:11des affaires culturelles
48:12de la république française
48:13on est en 1959
48:16allez un petit voyage
48:17dans le temps
48:18Alain Finkielkraut
48:18ne résistez pas
48:19on regarde
48:20si la quatrième république
48:22dans le domaine culturel
48:23s'est montrée si hésitante
48:25cela tient en grande partie
48:27à la subordination
48:27des affaires culturelles
48:28à l'éducation nationale
48:29à la précarité des gouvernements
48:32mais aussi à une absence
48:34de toute doctrine
48:35due à la confusion
48:36dans tout l'Occident
48:37de la notion de culture
48:38il semblait que celle-ci
48:40fut un ensemble de connaissances
48:42ou une forme de raffinement
48:43mais depuis le début du siècle
48:45la confrontation
48:46des grandes cultures
48:47de l'humanité
48:48a fait de la culture
48:49un problème
48:50problème dont la solution
48:52un peu schématique
48:54serait peut-être
48:55la culture
48:56et l'héritage
48:57des œuvres du passé
48:58qui concourent
48:59à la qualité de l'homme
49:01lorsque cette qualité
49:02n'est plus fondée
49:03sur la foi
49:04de ce point de vue
49:06la doctrine
49:06de la cinquième république
49:07est de rendre présentes
49:09les œuvres
49:10les plus hautes
49:11de l'humanité
49:11et d'abord de la France
49:14au plus grand nombre
49:15possible de français
49:18je savais que ça
49:19vous ferait du bien
49:19non mais avouez
49:21ce qu'il y a d'intéressant
49:22c'est que
49:24tout n'est pas culture
49:25et ce que j'ai essayé
49:26de dire peut-être
49:26malheureusement tout à l'heure
49:27il ne suffit pas
49:28d'avoir la joconde
49:28pour que ce soit vraiment
49:29un acte culturel
49:31encore faut-il accompagner
49:31les gens
49:32moi je m'intéresse toujours
49:33quand je discute
49:33à la direction des musées
49:34quel public va au musée
49:35c'est pas parce qu'il y a du monde
49:36que nécessairement
49:37les milieux populaires
49:38vont au musée
49:38on est aussi dans
49:39les reproductions sociales
49:40ça nous intéresse
49:40ceci dit moi j'ai un désaccord
49:42c'est très prétentieux
49:42un peu avec ce que dit Malraux
49:43qui est aussi la culture
49:44n'est pas que le patrimoine
49:46du passé
49:46la culture aussi
49:47elle est vivante
49:48il y a des actes de création
49:49qui ont lieu
49:49et là aussi ça peut être
49:51la France n'est pas quelque chose
49:52de figé
49:53de toute manière
49:54il y a des créateurs
49:55qui sont là
49:56il y a des choses
49:56y compris des choses culturelles
49:58qu'on a pu ne pas apprécier
49:59à une époque
49:59dont il y a grand intérêt
50:00aujourd'hui à les mettre en valeur
50:01donc c'est un enjeu
50:02là aussi de combat
50:03c'est politique
50:04de dire est-ce que nous sommes
50:05un pays dont il faut maintenir
50:06sa grandeur passée
50:07fantasmée par ailleurs
50:08et dont le seul acte culturel
50:10c'est en quelque sorte
50:11je vais provoquer
50:12faire du puits du fou
50:13vous n'avez dit pas de provocation
50:15non mais c'est intéressant
50:16parce que c'est un des plus grands
50:17parcs culturels aujourd'hui
50:18moi aussi ça m'intéresse
50:19dans sa fréquentation
50:21c'est le parc qui a été fondé
50:22par un certain
50:23Philippe de Villiers
50:23avec de l'argent public
50:24même si
50:25et qui est aujourd'hui
50:25un carton
50:26en termes de fréquentation
50:27qui est le deuxième
50:29derrière de Snelland
50:29moi ça m'intéresse
50:30par exemple j'ai critiqué
50:31le service public
50:32parce que je trouve que
50:32quand les seules émissions d'histoire
50:33c'est Stéphane Bern
50:34et Laurent Deutsch
50:35ou à l'époque même avec d'autres
50:36ça me pose un problème
50:38Stéphane Bern est très sympathique
50:39mais c'est une vision de l'histoire
50:41qui vise à raconter
50:41notre histoire de France
50:42à travers les rois de France
50:44mais oui j'aimerais bien
50:44j'aimerais avoir les moyens
50:45à travers les rois de France
50:47si j'en avais les moyens
50:48et de ce point de vue là
50:49il y a un génie de Philippe de Villiers
50:50je ne conteste pas son talent
50:51mais un homme politique
50:53il a compris
50:54qu'il faut mener
50:55la bataille culturelle
50:55et je pense que les républicains
50:57ceux qui ont une certaine idée
50:58comme moi
50:58des défenseurs de la révolution française
51:00dans sa grandeur
51:00devraient aussi être présents
51:02sur le terrain culturel
51:03donc vous aussi vous la menez
51:03cette bataille culturelle
51:06je ne sais pas à quoi il sert
51:07mène une bataille culturelle
51:09faire circuler des idées
51:10raconter une histoire de France
51:11du passé pour montrer
51:12comment nous procèdons
51:13circuler ou faire en sorte
51:14que ces idées triomphent
51:15vous meniez la bataille
51:16quand vous êtes enseignant
51:17également
51:17la polarisation est obligatoire
51:19d'ailleurs on le voit
51:20sur ce plateau aussi
51:20non mais dans le conflit
51:21c'est intéressant
51:22comment vous avez cité
51:23Maurice Clavel
51:23c'est le premier buzz
51:24de l'histoire de la télé
51:25c'est génial
51:25l'histoire est picro-colline
51:26en vérité sur la censure
51:27mais il met un coup de génie
51:28qui résonne avec l'idée
51:29que l'ORTF
51:30le ministre passe des coups de fil
51:32pour éventuellement
51:33interdire des gens
51:33de passer à la télé
51:34Sarah Knafou
51:35oui
51:36pendant la campagne
51:38pour Paris
51:39vous avez parlé
51:40d'une politique du beau
51:42pour Paris
51:42qu'est-ce que ça veut dire ?
51:44c'est-à-dire que tout le monde
51:45a le droit
51:46d'accéder à la beauté
51:47j'ai grandi en Seine-Saint-Denis
51:48et c'est vrai que
51:49c'était pas
51:50l'endroit le plus beau du monde
51:52en tout cas là où je vivais
51:53il y a de très beaux endroits
51:54il y a Saint-Denis
51:55il y a de très belles choses
51:56mais pas là où je vivais
51:57entre Bondy et Olnay-Soubois
51:58c'était pas la beauté incarnée
51:59beaucoup de construction
52:01des années 60-70
52:02à une époque
52:03où je considère
52:03qu'il y a eu une chute
52:05du goût
52:05une chute de la beauté
52:06en tout cas architecturale
52:07la victoire
52:08d'un certain fonctionnalisme
52:09dans l'architecture
52:10c'est pas seulement mon avis
52:12quand on regarde
52:12ce qui est plébiscité aujourd'hui
52:14que ce soit par les français
52:15ou par les touristes
52:15qui viennent en France
52:16on s'aperçoit que souvent
52:17c'est plutôt l'hypothèse
52:19l'époque classique
52:21plutôt de l'aussmanien
52:22qui a perduré
52:23et qui est resté
52:23si on veut à la mode
52:24alors que rien n'est plus démodé
52:26que ce qu'on a construit
52:27dans les années 60 et 70
52:29ce qui est quand même un paradoxe
52:30donc je considère
52:32je me dis que ce que je n'ai pas eu
52:34quand de mes 0 à mes 20 ans
52:36quand je vivais en Seine-Saint-Denis
52:37quand je suis arrivée à Paris
52:38pour moi c'était un émerveillement quotidien
52:39je marchais dans les rues
52:41je me souviens
52:41je regardais toujours en l'air
52:42parce que tout m'apparaissait
52:44somptueux, sublime
52:44et on n'a pas la même vie
52:45quand on grandit
52:47en voyant du béton
52:48et des blocs en bas de chez soi
52:49et quand on vit en face des invalides
52:50on n'a pas la même vie
52:51c'est un havre qui vous parle
52:53l'architecture très fonctionnaliste
52:55de Perret au Havre
52:56d'après-guerre
52:57et aujourd'hui
52:58patrimoine mondial de l'UNESCO
52:59et ce n'est pas des magots
53:00ne soyez pas des magots
53:01je voudrais juste terminer
53:02les cités qu'on serait à la va vite
53:04avec des matériaux qui ont mal vie
53:05je voudrais juste terminer
53:05c'est-à-dire qu'en fait
53:06qu'est-ce qui permet de dire
53:07qu'une chose est belle ou pas
53:09selon qu'elle il y a
53:10alors si on en est à ce degré
53:11de relativisme
53:12je comprends qu'on n'arrive pas
53:13à créer une politique culturelle
53:14quand même
53:16quand on fait aux Etats-Unis
53:17par exemple
53:17quand Donald Trump dit
53:18il ne faut faire que du néoclassique
53:19parce que voilà
53:20c'est comme ça que ça se passe
53:20que le reste est moche
53:22on peut considérer
53:24on a le droit
53:25de trouver que le béton
53:26c'est joli
53:27j'invite d'ailleurs
53:28ceux qui nous regardent
53:28à aller écrire
53:29cette texture
53:30de la Seine Saint-Denis
53:31sur Google
53:31de regarder ce bâtiment
53:33de bloc de béton
53:34très soviétique
53:35s'ils trouvent ça beau
53:36ils ont le droit
53:37d'avoir chacun leur goût
53:38mais comme je le disais tout à l'heure
53:39quand on regarde
53:40à quel point c'est plébiscité
53:41et par les français
53:42et par les touristes
53:43qui viennent chez nous
53:43on peut quand même se dire
53:44qu'il y a peut-être
53:45quelque chose
53:45qui dépasse notre relativisme
53:47ou notre envie parfois
53:48de polémiquer
53:48sur qu'est-ce que le beau
53:49il y a peut-être
53:52pour accueillir
53:53la bourgeoisie parisienne
53:54c'est pas la même chose
53:55que ces cités d'urgence
53:55fait pour accompagner
53:57la place ouvrière
53:58c'est ça le problème
53:59si vous n'y voyez pas
54:00au Havre
54:01l'architecture ferrée
54:03était une architecture d'urgence
54:05Monsieur Corbière
54:05j'ai commencé par ça
54:06en disant
54:06on a tous le droit
54:07à la beauté
54:08c'est un actif essentiel
54:09de la France
54:10donc oui
54:10une politique du beau
54:11stop à l'enlédissement
54:13de nos villes
54:14de nos campagnes
54:15à la fonctionnalisation
54:16de tout
54:16aux abords
54:17des ronds-points
54:18quand on voit
54:19toutes ces mêmes
54:20enseignes
54:20mais quand on réclame
54:21des moyens
54:21pour la Seine-Saint-Denis
54:22vous hurlez
54:23quand moi je dis
54:24que c'est un département
54:24sous-doté
54:25vous dites qu'on a
54:25gaspillé l'argent
54:26Juste pour rappeler
54:28puisque Alexis Corbière
54:31disait oui
54:31Malraux a une vision
54:33trop en gros
54:34passéiste
54:35c'était uniquement
54:36l'extrait
54:36parce qu'en fait
54:37la réalité
54:38c'est que le programme
54:39défini pour le ministère
54:40de la Culture
54:40par Malraux
54:41il est extrêmement moderne
54:43et extrêmement complet
54:43puisqu'il dit
54:44il faut effectivement
54:45transmettre
54:46les grandes œuvres
54:47de l'esprit
54:48et d'ailleurs aussi
54:50en particulier
54:52les artistes
54:53français
54:54d'expression française
54:55et aussi
54:57s'adresser
54:57à tous les publics
54:59surtout les plus défavorisés
55:01mais il y a aussi
55:03évidemment
55:04développer
55:04un tissu créatif
55:05sur l'ensemble du territoire
55:06il n'a jamais opposé
55:07la création
55:08et le patrimoine
55:09je pense qu'on est tous
55:10d'accord sur l'idée du beau
55:11sauf qu'en fait
55:12le beau est aussi
55:12une construction
55:13et que ça s'apprend
55:14voir des choses
55:16dans leur beauté
55:17arriver
55:18à les comprendre
55:19à en comprendre
55:19la complexité
55:20les subtilités
55:21même en matière
55:22d'architecture
55:23effectivement
55:23on peut être rebuté
55:24par certaines choses
55:25et puis quand on les comprend
55:26comme dans n'importe quelle
55:28œuvre d'art
55:28un peu complexe
55:30un opéra
55:31on peut avoir
55:32une émotion immédiate
55:33à l'opéra
55:33mais ça peut aussi
55:34nécessiter un peu plus
55:38de...
55:38j'ai besoin de savoir
55:40est-ce que vous ne pensez pas
55:41que protéger la culture
55:42c'est essayer
55:43de laisser les artistes
55:45échapper
55:45à cette polarisation
55:47du monde
55:47ah bah évidemment
55:49évidemment
55:50c'était...
55:51non mais cette polarisation
55:52que ce plateau
55:53que cette conversation
55:54illustre aussi
55:54cette polarisation politique
55:56effectivement
55:57les artistes
55:58doivent se tenir
55:59à l'écart
55:59mais je pense que
56:01oui
56:02la culture
56:04c'est aussi
56:05notre manière
56:07de converser avec les morts
56:10Malraux disait
56:11de la culture
56:12qu'elle était l'héritage
56:13de la noblesse du monde
56:14et cet héritage
56:15à nous
56:16de le faire
56:17crutifier
56:18et si nous pouvons
56:19de l'enrichir
56:20mais je vous citerai aussi
56:21une lettre
56:23de Flaubert
56:25je n'écris pas
56:26pour le lecteur
56:27d'aujourd'hui
56:28mais pour
56:29tous les lecteurs
56:30qui se présenteront
56:31tant que la langue
56:33vivra
56:33et Barth
56:34commente cette phrase
56:36en disant
56:37si Racine
56:40est démodée
56:41complètement
56:41oubliée
56:42complètement demain
56:43ce n'est pas à cause
56:44de sa description
56:45de la passion
56:45c'est parce que sa langue
56:47effectivement
56:47ne dira plus rien
56:49à personne
56:49et c'est ça
56:50le danger
56:51où nous sommes
56:52je parlais
56:53des nouvelles technologies
56:54mais il faut voir aussi
56:55l'effondrement
56:57de la langue
56:58autour de nous
56:58il suffit d'ouvrir
56:59les oreilles
57:00la langue
57:01vraiment
57:02la langue française
57:04sa syntaxe
57:04son vocabulaire
57:05sont en train
57:06de sombrer
57:07et ça c'est aussi
57:08donc effectivement
57:09nous devons
57:10vis-à-vis
57:11de la culture
57:12pour qu'elle continue
57:13à avoir
57:14un rapport
57:15protecteur
57:16c'était le mot
57:17de la fin
57:17d'Alain Finkercrode
57:18je vous remercie
57:19à tous d'être venus
57:20je vous promets
57:20qu'on refera des émissions
57:21sur la bataille culturelle
57:23je vois les passions
57:24que ça suscite
57:25on est qu'au début
57:26exactement
57:27et donc le déchaînement
57:28pourra se poursuivre
57:29aussi sur ce plateau
57:30merci
57:31merci encore à tous
57:32avant de se quitter
57:33je rappelle
57:33le titre de votre livre
57:35Alain Finkercrode
57:36le coeur lourd
57:37chez Gallimard
57:38au revoir à tous
57:38à très bientôt
57:39sur LCP
57:40pour continuer
57:41cette bataille culturelle
57:42ensemble
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