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  • il y a 4 heures

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Personnes
Transcription
00:00Moi je ne me suis pas fait d'ami pendant mes années d'espionnage, mes amis je les avais déjà
00:04avant parce qu'on ne peut pas s'ouvrir aux autres, on ne peut pas raconter ce qu'on fait
00:07vraiment.
00:08Le cinéma a fait des espions des mythes, mais dans la vraie vie, le renseignement ressemble rarement à James Bond.
00:13A l'occasion de la sortie du film Projet Mata, on a rencontré Olivier Masse, ancien cadre de la DGSE.
00:19En espionnage, on a un gros fantasme, c'est évidemment James Bond, qui correspond très très peu à la réalité.
00:24James Bond est un très mauvais espion, parce que tout le monde le détecte en moins de deux secondes.
00:28Le métier d'espion au départ, ça ressemble à le métier d'un journaliste.
00:33On fait un petit peu pareil, quand on est à Paris, on mène des enquêtes, on cherche à relier les
00:37points entre eux, à enlever les zones d'ombre.
00:39Les services extérieurs, la DGSE, c'est vraiment un travail à l'étranger, et donc à l'étranger on n
00:44'est pas maître chez nous, on n'a pas de carte police.
00:47Et donc on peut se sentir isolé, on peut se sentir sous la menace des services locaux.
00:51Et parfois quand on est détecté, on va être expulsé, nos sources humaines vont faire de la prison, voire parfois
00:57pire.
00:58Donc c'est le poids du secret de la clonestinité qui est parfois difficile à vivre, mais qui est en
01:04même temps passionnant.
01:05Alors ma femme évidemment savait que j'étais espion, on ne demande pas aux espions que leur conjoint ne soit
01:10au courant de rien.
01:10Il faut de la stabilité, donc ça serait des couples passables du tout.
01:14Concernant les enfants, là c'est à voir, les parents regardent, en tout cas moi mes enfants quand j'étais
01:20en poste à l'étranger, en Asie du Sud, au Moyen-Orient, ils étaient trop jeunes.
01:25Et donc pour éviter qu'ils nous disent à la cour d'école, moi mon papa il est espion, et
01:29bien donc on ne leur disait pas qu'ils...
01:30Là on ne dit pas aux enfants.
01:32Alors c'est sûr que la clonestinité on ne la fait plus de la même manière, c'est-à-dire
01:35qu'à mon époque on pouvait encore avoir des faux noms et des faux papiers faits par l'État, donc
01:39des vrais faux papiers.
01:40Et maintenant on ne peut pas se permettre ça parce que tout le monde est apparu à un moment ou
01:44à un autre sur des réseaux sociaux, sur des pages d'un autre, même si on n'a pas forcément
01:48soi-même ces réseaux sociaux.
01:49Du coup maintenant les clandestins ont fait ce qu'on appelle une IRD, identité réelle démarquée, c'est-à-dire
01:54qu'on part sur son vrai nom et on invente une histoire, et on invente un métier.
01:59Donc on n'est pas espion, mais on est journaliste, on est humanitaire, on est photographe, mais on regarde son
02:04nom d'origine parce que là on n'arrive plus avec la modernité, on n'arrive plus à cacher ça.
02:08Pour Mata, il y a un petit clin d'œil personnel dans ma carrière parce qu'on a vraiment eu
02:12la même couverture.
02:13Elle, capitaine du service action, elle est infiltrée en zone sahéenne comme je l'ai été, sous couverture, sous légende,
02:20comme je l'ai été, comme elle l'est dans le film.
02:23Donc elle, c'est un laboratoire pharmaceutique et moi j'étais un prof d'histoire en burn-out et qui
02:28faisait de l'humanitaire aussi.
02:30Donc je me suis senti comme un poisson dans l'eau en regardant ce film.
02:33Moi je suis très exigeant sur l'espionnage, je veux des films réalistes.
02:37Et avec Mata, on a un film réaliste à hauteur d'humain, ça ne tire pas dans tous les sens,
02:41mais du coup quand l'action arrive,
02:43elle choque parce qu'on y croit.
02:45Je crois qu'il y a beaucoup d'espions qui ont envie ou qui rêvent un jour de devenir romanciers
02:50parce qu'on aime écrire.
02:51Et alors donc dans mon dernier roman, Ombre chinoise, ça se passe à Abidjan et c'est la tentative de
02:56recrutement par la DGSE d'un espion chinois.
03:00Merci.
03:00Merci.
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