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  • il y a 5 heures
Déclaration du patron de Canal+, Maxime Saada, lors de l'assemblée générale de Canal+

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Transcription
00:00Alors d'abord, il faut remercier l'immense majorité des professionnels du secteur qui n'ont pas signé cette pétition.
00:07On parle beaucoup des pétitionnaires, mais le secteur, le domaine du cinéma en France, c'est 250 000 professionnels.
00:12250 000, donc on a entre 1 et 2% de ce secteur qui a signé cette pétition.
00:18Pourquoi ? Parce que 99% des professionnels ne se sont pas reconnus dans cette pétition qui attaquait Canal+.
00:23Ce n'était pas le Canal+, qu'ils connaissaient.
00:26Et c'est bien Canal+, qui a été attaqué.
00:30Canal+, n'est plus une filiale de Vivendi depuis 18 mois.
00:34Canal+, n'est pas contrôlé par le groupe Bolloré, qui est notre actionnaire de référence, mais qui n'est
00:38pas en contrôle.
00:40La seule demande de cette tribune, de cette pétition, c'est de bloquer le rachat du GC par Canal.
00:46Donc c'est bien la stratégie industrielle de Canal+, qui est attaquée.
00:51Quand on parle de vision fasciste, de l'imaginaire collectif à côté du nom Canal+,
00:55c'est la réputation des équipes et l'intégrité des équipes de Canal+,
00:59la mienne, mais celle des équipes de Canal+, qui est attaquée.
01:02Quand on siffle le logo Canal+, suite à cette pétition, aux projections, à certaines projections du Festival de Cannes,
01:08c'est bien un préjudice réputationnel pour Canal+.
01:13Moi, je suis le président du directoire de Canal+, et donc mon rôle, entre autres,
01:17c'est de défendre les intérêts du groupe Canal+, et les équipes de Canal+,
01:22l'intégrité, je le disais, et de la considération pour les équipes Canal+.
01:26Donc évidemment, nous avons vécu cela comme une profonde injustice.
01:30Et tout ce que j'ai dit à Cannes, qui a été parfaitement retranscrit d'ailleurs, je dois le dire,
01:37par le film français,
01:37qu'il faut saluer, parce que mes propos évidemment étaient beaucoup déformés,
01:41le film français les a repris en intégralité,
01:45je l'assume totalement.
01:47J'ai évidemment jamais parlé de liste noire.
01:50Il n'est pas question pour nous d'aller traquer les techniciens qui ont signé la pétition
01:54et de ne plus travailler, de ne plus financer les films pour lesquels ils travaillent.
01:59Ça n'a aucun sens, on a un minimum de conscience,
02:02et on ne va pas traquer des gens qui ont besoin de leur travail pour manger et pour vivre.
02:07Évidemment, il n'en a jamais été question, il n'en sera jamais question.
02:13Et on étudiera les dossiers comme toujours au cas par cas.
02:16En comité cinéma, que je préside.
02:19Avec les mêmes prismes que d'habitude.
02:21Pas un prisme politique, mais un prisme artistique.
02:25Un prisme commercial.
02:26Est-ce que ça a de l'intérêt pour nos abonnés ou pas ?
02:28Est-ce que nos intérêts sont ravis de retrouver ce film sur Canal+, ou pas ?
02:31Ce sont ça nos préoccupations.
02:35Mais il est vrai que je vais ajouter une nouvelle dimension sur les dossiers qu'on va étudier.
02:40Et je ne veux pas m'en cacher.
02:42Et cette dimension, ça sera quelle est la considération
02:44qui est portée par les personnes qui portent ce projet vis-à-vis de Canal+.
02:48Quelle est la considération de Canal+.
02:50Est-ce que ces personnes ont porté un préjudice à Canal+, ou non ?
02:53Et je ne peux pas ne pas prendre en compte cela.
02:57Ça serait inconséquent.
02:58Si quelqu'un sonne chez vous, vous traite de fasciste,
03:02et ensuite vous demande de l'argent,
03:04peut-être que vous ne lui donnerez pas de l'argent.
03:05Et on va faire exactement pareil.
03:11Ce n'est pas un sujet de liberté d'expression.
03:13Pardon, je suis un peu long, mais ça n'est pas un sujet de liberté d'expression.
03:16On a beaucoup parlé de la liberté d'expression.
03:18Il n'y a pas une personne chez Canal qui s'opposera à ce que les gens s'expriment
03:21et ou expriment leurs opinions,
03:22quelle qu'elle soit, politique, contre Bolloré, contre qui vous voulez.
03:25Ce n'est pas le sujet.
03:28Mais nous, on l'a vécu, le problème de la liberté d'expression.
03:30Quand on nous ferme une chaîne comme C8,
03:32c'est un sujet de liberté d'expression.
03:33Quand on menace tous les deux jours de fermer CNews,
03:36avec des gens qui appellent à fermer CNews,
03:38pour moi, c'est un sujet de liberté d'expression.
03:40Mais là, dans le cas qu'on évoque,
03:42ce n'est pas du tout un sujet de liberté d'expression.
03:43Tout le monde a le droit d'exprimer son opinion.
03:45Ce n'est pas le sujet.
03:46Et le sujet, c'est le préjudice, encore une fois,
03:48qui est porté à Canal+.
03:50Et exclusivement ça.
03:51Alors oui, il y a eu des tentatives de récupération politique,
03:54évidemment, on est à un an des présidentielles.
03:56Donc ça, c'est inévitable.
03:58Avec des gens qui donnent des leçons à Canal+,
03:59sur le cinéma,
04:00des gens qui n'ont rien fait pour le cinéma,
04:02qui ne connaissent pas.
04:02Nous, on considère qu'on n'a pas de leçons à recevoir
04:04de ces personnes.
04:07Ça fait 23 ans que je suis chez Canapus.
04:09J'ai travaillé pendant près de 10 ans
04:11avec Vincent Bolloré.
04:12Vincent Bolloré, c'était mon voisin de bureau
04:14pendant 4 ans.
04:15Ou alors plutôt, c'était peut-être son voisin de bureau.
04:19Donc on n'a pas fait les choix tout seul.
04:20Il était là.
04:21C'est avec lui, pour ne pas dire grâce à lui,
04:24qu'on a redressé Canal+,
04:25je rappelle que Canal+, en France,
04:26ça perdait 400 millions d'euros.
04:27Donc il n'y avait pas moyen.
04:28On allait droit au mur
04:29et le financement du cinéma,
04:30on pouvait l'oublier.
04:31Donc les choix, ils ont été faits avec lui.
04:33Le redressement de Canal,
04:33il a été fait avec lui.
04:3510 ans que je suis, moi, en charge.
04:3810 ans, c'est à peu près 100 films par an.
04:40Donc c'est 1000 films
04:41qui ont été soutenus par Canal+,
04:42dont au moins la moitié
04:44ne se serait pas fait sans Canal.
04:45Donc je crois qu'on n'a pas de leçons
04:46à recevoir sur ce sujet-là.
04:48Et d'ailleurs, on va continuer notre politique,
04:50la politique de Canal+.
04:51Beaucoup de gens ont parlé d'obligation,
04:53mais il n'y a pas d'obligation.
04:55On a parlé d'une fréquence hertzienne,
04:57on a rendu notre fréquence hertzienne
04:58il y a des années.
04:59Et accessoirement,
04:59il n'y a aucun lien
05:00entre les obligations cinéma
05:01et les fréquences hertziennes.
05:02Ensuite, on nous dit
05:03mais Canal est obligé d'eux,
05:04Canal a des privilèges,
05:05mais c'est des gens
05:06qui ne connaissent pas le sujet.
05:07Ce sont des négociations interprofessionnelles,
05:10donc entre les syndicats
05:11qui représentent le cinéma
05:12et Canal+,
05:12et toutes les obligations dont on parle,
05:15ce sont des choix,
05:16ce sont des clauses que nous acceptons
05:18parce que nous pensons
05:18qu'elles sont positives
05:19pour le groupe Canal+.
05:20Et d'ailleurs,
05:21on a un engagement
05:22d'une centaine de millions d'euros
05:23d'obligations par an
05:24et on est bien au-delà
05:25puisqu'on a des engagements
05:26que nous avons pris,
05:27nous, délibérément,
05:28de 160 millions d'euros par an.
05:30Donc, ce n'est pas un sujet d'obligation,
05:31c'est un choix
05:32de la part de Canal+,
05:33de soutenir le cinéma français
05:35et européen
05:36et nous allons continuer à le faire
05:37dans la diversité
05:39avec des films
05:40que vous avez vus à l'écran,
05:41les Souleymanes,
05:41les Dossiers 137
05:42et tous ces films-là
05:43qui racontent toute la diversité
05:44du cinéma français.
05:45Nous continuerons
05:46quelles que soient les attaques.
05:47Merci pour la question.
05:49Merci.
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