00:00Demain soir, ce sera soir de match en France.
00:03Et quel match ?
00:04La finale de la Ligue des champions, le PSG, va affronter Arsenal.
00:08Et 22 000 policiers et gendarmes sont sur le pont.
00:11La France retient son souffle, Paul Sujit.
00:13Oui, l'inquiétude sécuritaire évidemment est très forte.
00:15Une fois encore, on a le sentiment que le plaisir du football est gâché
00:19avant même que le match n'ait lieu par des inquiétudes
00:21qu'on ne devrait pas avoir à éprouver au fond.
00:23C'est difficile de ne pas voir en quoi la situation paraît dystopique.
00:27On se souvient de ce film de Spielberg, Minority Report,
00:30où on peut anticiper les crimes avant qu'ils ne soient commis
00:35et fournir aux autorités avec précision l'heure, le lieu et le nom du coupable
00:39avant même que la chose n'ait lieu.
00:40On en est presque au même point.
00:42On sait avec une assez grande précision où et quand surgira le chaos.
00:46Nous connaissons sans peine le profil des fauteurs de troubles.
00:49Pourtant, nous avons tellement de peines à l'empêcher.
00:52Au fond, ce seul état de fait montre la déliquescence de notre pacte civique.
00:55Nous ne savons plus faire respecter les règles du jeu.
00:58Des cohortes entières parmi nos concitoyens s'en sont affranchies.
01:01Et ce ne sont malheureusement pas 22 000 policiers un soir de match
01:04qui pourront quelque chose à cette situation.
01:07Encore une fois, moi, ce qui me frappe, c'est qu'on a tendance à trop traiter l'événement
01:11alors qu'il s'agit d'un phénomène.
01:13Un événement surprend par son caractère imprévisible et sa brièveté.
01:16Nous, ce qui nous inquiète, ce n'est pas le détail exact des violences
01:19et des actes de vandalisme qui vont empoisonner la vie commune demain soir,
01:22mais c'est la situation sociale et politique qui les rend possibles
01:26et qui fait que malheureusement, ils risqueront encore de se répéter.
01:29Il s'agit d'un test pour le ministre de l'Intérieur, Laurent Nunez ?
01:33Oui, bien sûr.
01:34Et je crois que Laurent Nunez l'a identifié comme tel.
01:36On doit lui reconnaître ce courage.
01:37Il ne contourne pas l'obstacle en commençant dès à présent
01:39à diluer son éventuelle responsabilité dans le maintien de l'ordre demain soir.
01:42Mais au contraire, il a écrit cette nuit au préfet
01:45et aux responsables des forces de sécurité intérieure
01:46pour leur demander une tolérance zéro,
01:49ne laisser passer aucune violence et aucune dégradation.
01:52La consigne est normale, mais elle est satisfaisante
01:55parce qu'on a le sentiment que le ministre de l'Intérieur
01:56prend au sérieux l'inquiétude et la désolation des Français
02:01qui seront demain aux avant-postes de ces violences.
02:03Le ministre, lui, se dit sans crainte, déterminé et serein.
02:07On aimerait avoir le même calme, mais au moins les choses sont claires.
02:10Dimanche matin, si la nuit est restée calme
02:12et si la violence a été contenue,
02:14ce sera à mettre entièrement à son crédit.
02:16Je n'ose espérer qu'il en soit autrement, bien sûr,
02:18mais si ça devait être le cas,
02:19il lui sera impossible de ne pas en endosser la responsabilité politique.
02:23Au fond, en politique, ce sera comme sur le terrain du PSG.
02:26L'issue du match sécuritaire ne peut rester indécise.
02:29Ce sera une victoire ou une défaite politique pour le ministre.
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