00:00Parlons d'abord de Neymar.
00:01Donc, il y a quelques jours...
00:03Comme prévu, il est blessé.
00:04Oh, toi aussi !
00:05Comme prévu, oui.
00:06Je savais qu'il avait une contracture.
00:08C'est pas de ma faute, il est blessé au...
00:10Bon, en tout cas, effectivement, il est blessé au mollet.
00:14Et on parle...
00:15Alors, moi, je vais m'adresser à Daniel, spécialiste
00:17des blessures au mollet de grade
00:19tant avant les Coupes du Monde, si je puis me permettre.
00:22Donc là, Daniel,
00:26lésions musculaires,
00:27deuxième degré,
00:28grade 2 au mollet.
00:30Grade 2, c'est beaucoup, hein ?
00:31Bah, au mieux...
00:32Ah, mais grade 2, c'est selon les médecins, excuse-moi !
00:35Et ils ont précisé, ce n'est pas E-Dem.
00:37Au mieux, j'ai pas vu le calendrier du Brésil,
00:39c'est au mieux, il fait 5 minutes dans le deuxième match.
00:42Mais encore !
00:43Non, mais...
00:44Grade 2, vraiment ?
00:45Parce que d'ici là, il suffit qu'il sorte une soirée
00:48et il se refait un grade de plus.
00:51Et les 3, c'est plus grave.
00:53Non, mais en fait...
00:54Le problème, il n'est pas là, et moi, c'est ça qui m'intéresse,
00:56et c'est ça que j'ai demandé à Gary.
00:58Il y a grade 2, il y a grade 2 aussi.
00:58C'est qu'on a dit, on le prend parce que le vestiaire le kiffe,
01:02ça calme le pays, c'est fantastique et tout.
01:04On sait qu'il n'est pas en forme,
01:05et qu'en gros, il vient en joker,
01:06et qu'il y a un deal passé avec Ancelotti
01:08pour que ça se passe bien.
01:09Ça, c'est l'explication qu'on m'a donnée.
01:11Et après tout, moi, je veux bien l'entendre,
01:12je n'ai pas de problème, moi, je n'ai rien contre lui.
01:14Moi, s'il fait le héros dans un midième de finale,
01:16je suis le premier à l'applaudir et tout,
01:17je n'ai aucun problème.
01:18Sauf qu'aujourd'hui, j'ai entendu la confie de Casemiro.
01:21Et là, le fameux deal,
01:25je me suis demandé jusqu'à quand ça va durer.
01:28Parce que Casemiro,
01:30à part lui casser les bonbons sur Neymar,
01:32on n'a rien fait, on n'a parlé que de ça.
01:34Et Casemiro, ça a fini par le chauffer.
01:36Il a dit Neymar, Neymar, Neymar,
01:38vous ne me parlez que de Neymar.
01:40Donc, qu'il vienne,
01:41mais il vient,
01:42on ajoute une blessure,
01:44on ne sait pas son état physique,
01:45tout le monde ne parle que de ça,
01:49soi-disant, ça va protéger le groupe.
01:50Le premier match du Brésil, le 14.
01:51Ok, ça va protéger le groupe.
01:52Maintenant, je veux que Gary m'explique.
01:54Normalement, le grade 2,
01:55c'est quand même 10 jours d'immobilisation.
01:5810 jours, tu ne fais rien.
01:59Bah oui.
01:59Surtout le mot,
02:00tu ne peux même pas marcher,
02:01tu ne dois pas mettre le pied par terre.
02:02Ça, je n'ai pas trop eu le mot.
02:03Le médecin du Brésil a parlé de 2 à 3 semaines.
02:06Voilà, 3 semaines.
02:06Normalement, c'est 3 semaines pour être à 100%.
02:08C'est pour ça que je t'ai dit,
02:09je n'ai pas vu le calendrier du Brésil,
02:10je t'ai dit, au mieux, le deuxième match.
02:12Le premier match, 14 juin,
02:13le deuxième match, le 20 juin,
02:14contre Haïti.
02:1514, le deuxième ?
02:16Non, le 20, le premier.
02:18Mais il y a une échéance importante.
02:20Pour le deuxième,
02:22tu pourras faire continuer.
02:24Il y a une échéance importante.
02:26Laquelle ?
02:27Le 12 juin.
02:28La date limite pour échanger un joueur.
02:30En fait, on part déjà de ça au Brésil.
02:31Ils ne vont pas l'échanger.
02:32Ah, mais pourtant,
02:33c'est quelque chose dont même la sélection
02:36a communiqué avec des journalistes.
02:37C'est sorti au Brésil,
02:40c'est-à-dire qu'ils vont se donner
02:41jusqu'au 12 juin
02:42pour prendre la décision
02:43de savoir si Neymar reste ou pas
02:45selon l'évolution de sa blessure.
02:47Après, il y a un truc
02:47qui m'a quand même
02:49un peu intéressé
02:50au moment de la liste
02:50sur Ancelotti,
02:51c'est que j'ai eu vraiment
02:52la sensation,
02:53y compris dans la façon
02:54dont Ancelotti en parlait,
02:55qu'il l'a pris, si tu veux,
02:57pour s'acheter une paix sociale
02:58à tous niveaux.
02:59Oui, c'est ce qu'on a dit.
03:00La paix vestiaire,
03:01la paix sociale.
03:02Et donc, quelque part,
03:04je ne vais pas te dire
03:04qu'il se satisferait
03:06que Neymar soit blessé et absent.
03:08Mais en tout cas,
03:08s'il y a un moindre doute
03:09sur la capacité de Neymar
03:12à vraiment être important,
03:14à vraiment jouer,
03:15à être décisif,
03:16c'est-à-dire à être en forme,
03:18je pense qu'Ancelotti,
03:19si c'est un verdict
03:21purement médical,
03:22par exemple le 12 juin,
03:23sera soulagé
03:24parce qu'il aura fait
03:24ce qu'il fallait
03:26pour faire plaisir,
03:27on va dire,
03:28à la vox populi,
03:29à tous les gens
03:29qui réclament Neymar.
03:30Et puis finalement,
03:31il devra s'en passer.
03:32Alors excusez-moi,
03:32ça me rappelle une situation...
03:33Oui.
03:34Tu te rappelles 2002 ?
03:35Ben non, non.
03:36Ça me rappelle une situation
03:37dont on parlait,
03:39je parlais en rigolant
03:40avec Daniel
03:41il y a quelques minutes.
03:43Oui.
03:43Un gars blessé
03:44qui, d'un coup,
03:45ça arrange tout le monde
03:45que finalement,
03:46on lui dise de rentrer chez lui.
03:48Oui, oui, oui.
03:48Bien sûr,
03:49c'est un peu là.
03:49Là, ça pourrait être un peu ça.
03:50Pour le coup,
03:50je ne sais pas si ça se terminera
03:51au tribunal comme pour moi.
03:53Non, mais c'est...
03:54Moi, ça me rappelle deux choses.
03:56Ça me rappelle effectivement Benzema
03:57parce que je pense
03:57qu'effectivement,
03:59Ancelotti l'a pris
03:59pour de mauvaises raisons au départ
04:02parce qu'en quelque sorte,
04:03tu te dis,
04:04tu fais un pari
04:04et tu dis,
04:05je ne peux pas faire autrement.
04:06Et la deuxième chose,
04:07ça me rappelle Zidane 2002.
04:09C'est-à-dire que là,
04:09pour le coup,
04:10ça va polluer,
04:11là, je reviens sur la conf
04:12de Casemiro,
04:12ça va totalement polluer
04:15l'avant-coupe du monde,
04:17du Brésil.
04:17Moi, j'ai une autre version.
04:19Est-ce que Gary peut quand même
04:20nous raconter ce qu'il se raconte au Brésil ?
04:20Je termine avec ma version
04:22et après,
04:22je laisse la place à Gary.
04:23J'ai une autre version
04:24un petit peu plus calculatrice
04:26qui est celle de dire,
04:28je dis que je te prends,
04:29ça crée un mouvement,
04:30au Brésil,
04:31on est content,
04:31ça permet de protéger tout le monde,
04:33mais on sait que tu ne viendras pas,
04:34on sait que tu vas te blesser
04:35et le cœur brisé,
04:37et le cœur brisé,
04:38nous dirons à tout le monde,
04:39il ne peut pas venir,
04:41mais soutenez-nous quand même.
04:42Théorie du complot.
04:43Non, ce n'est pas du complot,
04:44c'est du calcul.
04:45C'est du calcul.
04:46Moi, je pense que c'est ça,
04:49mais sans se l'être dit.
04:50C'est-à-dire qu'il l'a fortement pensé,
04:52il l'a espéré
04:53et il s'est dit,
04:54Neymar,
04:54il va venir me faire une dinguerie avant.
04:56Il a surtout espéré
04:57qu'il lui mette un doublé au pronomatique.
04:58Bon, alors Gary !
04:59Il faut se rendre compte,
05:03c'est que Carlo Ancelotti,
05:05c'est le premier coach non-brésilien
05:08à être sélectionneur du Brésil
05:09pendant un mondial.
05:11Et comme tu disais,
05:13tu as raison,
05:13je pense qu'il a voulu s'acheter
05:14la paix sociale,
05:15ça c'est une certitude.
05:16Il s'est pris un pressing
05:17de la société brésilienne.
05:19Je pense qu'on n'a pas idée
05:21à quel point ils étaient sur lui
05:23tous les jours.
05:23Juste pour vous raconter une anecdote,
05:25je ne sais pas si on l'a vu en France,
05:27mais au Brésil,
05:28on en a beaucoup parlé.
05:30Pendant le carnaval de Salvador,
05:33Carlo Ancelotti était dans ce qu'on appelle
05:34en camarote,
05:35dans le carnaval brésilien,
05:37c'est-à-dire une sorte de loge
05:38où il est un peu mis en avant
05:39par le sponsor de la sélection.
05:41Et il y avait un concert,
05:43le chanteur s'est arrêté,
05:44a donné un micro à Ancelotti,
05:46ils ont un peu échangé quelques mots,
05:48et à la fin, il disait,
05:49n'oublie pas de convoquer Neymar.
05:50Et tout le monde a crié
05:52pour appeler Neymar.
05:55Il a une pression énorme pour l'appeler.
05:58Moi, je trouve ça magnifique.
05:59Et après, ce dont parlait Daniel
06:02cet après-midi,
06:04la conférence de presse de Casimiro,
06:07c'était d'un ridicule,
06:08c'est-à-dire que toutes les questions
06:09tournaient autour de Neymar,
06:11c'est-à-dire que Neymar,
06:12il n'est pas là,
06:12mais quel va être son rôle ?
06:14Est-ce qu'il peut être important,
06:15même en étant blessé ?
06:17Tout tournait autour de ça.
06:18Au bout d'un moment,
06:18il s'est retourné vers l'attaché de presse
06:19et il a dit, tu vois,
06:20on ne fait que parler de Neymar.
06:21Que Neymar, Neymar, Neymar, Neymar.
06:23Gary, si je peux me permettre,
06:24en fait, on a du mal à se rendre compte
06:28des différences de culture
06:29selon les pays,
06:30de comment on voit le foot selon les pays.
06:31On croit qu'on sait.
06:32On croit qu'on sait comment ça marche au Brésil
06:34parce qu'on dit,
06:35ouais, c'est la passion, c'est la passion.
06:36On croit qu'on sait comment c'est au Portugal,
06:38on croit qu'on sait comment c'est en Italie.
06:39En fait, on ne sait pas.
06:40Si tu ne connais pas cette culture,
06:43si tu n'y es pas parce que tu n'y vis pas
06:44ou tu n'y as pas vécu,
06:45en fait, on ne sait jamais.
06:46On croit qu'on sait,
06:47mais on ne sait pas.
06:48Et au Brésil, je ne le sais pas,
06:51donc j'interroge Gary.
06:52Bon, nous, comme on nous raconte beaucoup
06:54de par notre métier,
06:55mais ils n'ont pas la même vision.
06:57Et voilà, Neymar occupe totalement
07:00du matin au soir.
07:00Oui, mais s'il n'avait pas été là,
07:02c'est vrai que le cas quand même.
07:05Il faut se rendre compte du PXL.
07:07Le Brésil, c'est une sorte d'États-Unis.
07:09C'est 290 millions de personnes
07:11complètement fous pour ce sport.
07:13C'est le sport, c'est la religion au Brésil,
07:16le football, que ce soit pour les clubs
07:17ou la Célestin.
07:19Et la Célestin, pendant la Coupe du Monde,
07:21c'est encore plus fou.
07:22C'est-à-dire qu'il y a vraiment des fanatiques
07:24autour de Neymar.
07:26Et le Brésil, il est scindé en deux
07:28avec ceux avec qui tu peux discuter
07:30et ceux avec qui ce n'est pas la peine de parler.
07:32Moi, je voyais des journalistes
07:34parce que les journalistes,
07:35les commentateurs,
07:35ils se mouillent un peu plus.
07:37Ils disent que Neymar,
07:37il n'est pas apte à jouer
07:39parce qu'il faut savoir que Neymar,
07:40il joue dans une équipe de bas de tableau
07:42qui lutte pour ne pas descendre
07:43et que même dans un championnat Paulista,
07:44il ne fait pas des prestations sérieuses.
07:46Et ils te disent que Neymar,
07:47il peut encore être bon à la Coupe du Monde
07:49et que le Brésil est logiquement
07:50un favori de la Coupe du Monde.
07:52Oui, à travers.
07:54Les supporters du Brésil y croient
07:55parce qu'ils voient Neymar.
07:57En fait, c'est la belle histoire.
07:58C'est la belle histoire qu'ils veulent raconter.
08:00C'est-à-dire, Neymar,
08:01c'est l'enfant chéri du Brésil.
08:02Il a été adoré.
08:04On oublie souvent son passage à Santos
08:06et tout le temps où il est resté au Brésil
08:08avant de venir en Europe,
08:09où à chaque fois,
08:10ça a été déplacé.
08:12Le départ, il a été déplacé.
08:13Et ce qu'il a réalisé à Santos,
08:14c'était extraordinaire pour son jeune âge.
08:16Aller chercher cette liberté d'oresse, etc.
08:18C'était du jamais vu quasiment depuis Pelé.
08:20Donc, c'était complètement fou
08:22tout cet amour qu'il y avait pour lui.
08:23Et c'est un peu l'enfant chéri.
08:24Et tout ce qui s'est passé dernièrement pour lui,
08:26c'est mes aventures.
08:27Ça a créé un engouement autour de son retour.
08:30C'était une télé-novela, quoi.
08:32C'était vraiment ça.
08:32Et lui, il a créé sa chaîne YouTube
08:34où il veut revenir en sélection, etc.
08:37Il y a cette pression,
08:38mais sur Carla Chayoti.
08:39Et cette pression, elle est énorme.
08:41On ne se rend pas compte.
08:43Chayoti, juste un point.
08:44Je pense qu'Ancelotti, il est très pragmatique.
08:46On le sait dans toute sa façon de fonctionner,
08:48dans son management.
08:49Et il s'est dit, comme disait Kevin,
08:50qu'est-ce qui se passe si je ne le sélectionne pas ?
08:53La pression, elle aurait été toute identique.
08:55Parce qu'au moindre problème,
08:57au moindre faux pas, au moindre souci.
08:59Et même avant, il y aurait eu aussi,
09:01pendant dix jours,
09:02pourquoi tu ne l'as pas sélectionné ?
09:04Il va nous manquer.
09:05Regarde, on a fait un mauvais match, etc.
09:07C'est pour ça qu'il le prend,
09:09et puis après, nous constatons ensemble
09:10qu'il est blessé.
09:11Et tout le monde reste calme,
09:12et plus personne ne l'est.
09:13En tout cas, c'est dans ces différences culturelles.
09:15Je suis curie que tu ne sois pas intervenu,
09:16parce que toi, tu le sais très bien.
09:18C'est comme quand on parle du foot africain,
09:20ou de la canne et tout.
09:21On croit qu'on sait.
09:22On parle tout le temps de la passion,
09:24machin et tout.
09:24Mais tu ne sais pas.
09:27Il y a même des gens originaires,
09:29des pays là-bas,
09:29ils pensent savoir,
09:31mais s'ils n'y vont pas très régulièrement et tout.
09:33C'est pour ça que pas grand monde n'a compris
09:35les enjeux du fameux Maroc Sénégal.
09:37Bien sûr.
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