Passer au playerPasser au contenu principal
  • il y a 13 heures
Touché par un lésion musculaire, Neymar pourra-t-il vraiment disputer la Coupe du monde avec la Seleção ? La promesse était belle lors de sa convocation par Carlo Ancelotti. Le storytelling aussi… sauf qu'il se heurte aux faits. Pour le moment, le joueur passé par le Barça et le PSG ne donne aucune garantie pour être prêt. Va-t-il finir par devenir un boulet pour la sélection auriverde ? Décryptage avec Gary De Jesus. 

Catégorie

📺
TV
Transcription
00:00Parlons d'abord de Neymar.
00:01Donc, il y a quelques jours...
00:03Comme prévu, il est blessé.
00:04Oh, toi aussi !
00:05Comme prévu, oui.
00:06Je savais qu'il avait une contracture.
00:08C'est pas de ma faute, il est blessé au...
00:10Bon, en tout cas, effectivement, il est blessé au mollet.
00:14Et on parle...
00:15Alors, moi, je vais m'adresser à Daniel, spécialiste
00:17des blessures au mollet de grade
00:19tant avant les Coupes du Monde, si je puis me permettre.
00:22Donc là, Daniel,
00:26lésions musculaires,
00:27deuxième degré,
00:28grade 2 au mollet.
00:30Grade 2, c'est beaucoup, hein ?
00:31Bah, au mieux...
00:32Ah, mais grade 2, c'est selon les médecins, excuse-moi !
00:35Et ils ont précisé, ce n'est pas E-Dem.
00:37Au mieux, j'ai pas vu le calendrier du Brésil,
00:39c'est au mieux, il fait 5 minutes dans le deuxième match.
00:42Mais encore !
00:43Non, mais...
00:44Grade 2, vraiment ?
00:45Parce que d'ici là, il suffit qu'il sorte une soirée
00:48et il se refait un grade de plus.
00:51Et les 3, c'est plus grave.
00:53Non, mais en fait...
00:54Le problème, il n'est pas là, et moi, c'est ça qui m'intéresse,
00:56et c'est ça que j'ai demandé à Gary.
00:58Il y a grade 2, il y a grade 2 aussi.
00:58C'est qu'on a dit, on le prend parce que le vestiaire le kiffe,
01:02ça calme le pays, c'est fantastique et tout.
01:04On sait qu'il n'est pas en forme,
01:05et qu'en gros, il vient en joker,
01:06et qu'il y a un deal passé avec Ancelotti
01:08pour que ça se passe bien.
01:09Ça, c'est l'explication qu'on m'a donnée.
01:11Et après tout, moi, je veux bien l'entendre,
01:12je n'ai pas de problème, moi, je n'ai rien contre lui.
01:14Moi, s'il fait le héros dans un midième de finale,
01:16je suis le premier à l'applaudir et tout,
01:17je n'ai aucun problème.
01:18Sauf qu'aujourd'hui, j'ai entendu la confie de Casemiro.
01:21Et là, le fameux deal,
01:25je me suis demandé jusqu'à quand ça va durer.
01:28Parce que Casemiro,
01:30à part lui casser les bonbons sur Neymar,
01:32on n'a rien fait, on n'a parlé que de ça.
01:34Et Casemiro, ça a fini par le chauffer.
01:36Il a dit Neymar, Neymar, Neymar,
01:38vous ne me parlez que de Neymar.
01:40Donc, qu'il vienne,
01:41mais il vient,
01:42on ajoute une blessure,
01:44on ne sait pas son état physique,
01:45tout le monde ne parle que de ça,
01:49soi-disant, ça va protéger le groupe.
01:50Le premier match du Brésil, le 14.
01:51Ok, ça va protéger le groupe.
01:52Maintenant, je veux que Gary m'explique.
01:54Normalement, le grade 2,
01:55c'est quand même 10 jours d'immobilisation.
01:5810 jours, tu ne fais rien.
01:59Bah oui.
01:59Surtout le mot,
02:00tu ne peux même pas marcher,
02:01tu ne dois pas mettre le pied par terre.
02:02Ça, je n'ai pas trop eu le mot.
02:03Le médecin du Brésil a parlé de 2 à 3 semaines.
02:06Voilà, 3 semaines.
02:06Normalement, c'est 3 semaines pour être à 100%.
02:08C'est pour ça que je t'ai dit,
02:09je n'ai pas vu le calendrier du Brésil,
02:10je t'ai dit, au mieux, le deuxième match.
02:12Le premier match, 14 juin,
02:13le deuxième match, le 20 juin,
02:14contre Haïti.
02:1514, le deuxième ?
02:16Non, le 20, le premier.
02:18Mais il y a une échéance importante.
02:20Pour le deuxième,
02:22tu pourras faire continuer.
02:24Il y a une échéance importante.
02:26Laquelle ?
02:27Le 12 juin.
02:28La date limite pour échanger un joueur.
02:30En fait, on part déjà de ça au Brésil.
02:31Ils ne vont pas l'échanger.
02:32Ah, mais pourtant,
02:33c'est quelque chose dont même la sélection
02:36a communiqué avec des journalistes.
02:37C'est sorti au Brésil,
02:40c'est-à-dire qu'ils vont se donner
02:41jusqu'au 12 juin
02:42pour prendre la décision
02:43de savoir si Neymar reste ou pas
02:45selon l'évolution de sa blessure.
02:47Après, il y a un truc
02:47qui m'a quand même
02:49un peu intéressé
02:50au moment de la liste
02:50sur Ancelotti,
02:51c'est que j'ai eu vraiment
02:52la sensation,
02:53y compris dans la façon
02:54dont Ancelotti en parlait,
02:55qu'il l'a pris, si tu veux,
02:57pour s'acheter une paix sociale
02:58à tous niveaux.
02:59Oui, c'est ce qu'on a dit.
03:00La paix vestiaire,
03:01la paix sociale.
03:02Et donc, quelque part,
03:04je ne vais pas te dire
03:04qu'il se satisferait
03:06que Neymar soit blessé et absent.
03:08Mais en tout cas,
03:08s'il y a un moindre doute
03:09sur la capacité de Neymar
03:12à vraiment être important,
03:14à vraiment jouer,
03:15à être décisif,
03:16c'est-à-dire à être en forme,
03:18je pense qu'Ancelotti,
03:19si c'est un verdict
03:21purement médical,
03:22par exemple le 12 juin,
03:23sera soulagé
03:24parce qu'il aura fait
03:24ce qu'il fallait
03:26pour faire plaisir,
03:27on va dire,
03:28à la vox populi,
03:29à tous les gens
03:29qui réclament Neymar.
03:30Et puis finalement,
03:31il devra s'en passer.
03:32Alors excusez-moi,
03:32ça me rappelle une situation...
03:33Oui.
03:34Tu te rappelles 2002 ?
03:35Ben non, non.
03:36Ça me rappelle une situation
03:37dont on parlait,
03:39je parlais en rigolant
03:40avec Daniel
03:41il y a quelques minutes.
03:43Oui.
03:43Un gars blessé
03:44qui, d'un coup,
03:45ça arrange tout le monde
03:45que finalement,
03:46on lui dise de rentrer chez lui.
03:48Oui, oui, oui.
03:48Bien sûr,
03:49c'est un peu là.
03:49Là, ça pourrait être un peu ça.
03:50Pour le coup,
03:50je ne sais pas si ça se terminera
03:51au tribunal comme pour moi.
03:53Non, mais c'est...
03:54Moi, ça me rappelle deux choses.
03:56Ça me rappelle effectivement Benzema
03:57parce que je pense
03:57qu'effectivement,
03:59Ancelotti l'a pris
03:59pour de mauvaises raisons au départ
04:02parce qu'en quelque sorte,
04:03tu te dis,
04:04tu fais un pari
04:04et tu dis,
04:05je ne peux pas faire autrement.
04:06Et la deuxième chose,
04:07ça me rappelle Zidane 2002.
04:09C'est-à-dire que là,
04:09pour le coup,
04:10ça va polluer,
04:11là, je reviens sur la conf
04:12de Casemiro,
04:12ça va totalement polluer
04:15l'avant-coupe du monde,
04:17du Brésil.
04:17Moi, j'ai une autre version.
04:19Est-ce que Gary peut quand même
04:20nous raconter ce qu'il se raconte au Brésil ?
04:20Je termine avec ma version
04:22et après,
04:22je laisse la place à Gary.
04:23J'ai une autre version
04:24un petit peu plus calculatrice
04:26qui est celle de dire,
04:28je dis que je te prends,
04:29ça crée un mouvement,
04:30au Brésil,
04:31on est content,
04:31ça permet de protéger tout le monde,
04:33mais on sait que tu ne viendras pas,
04:34on sait que tu vas te blesser
04:35et le cœur brisé,
04:37et le cœur brisé,
04:38nous dirons à tout le monde,
04:39il ne peut pas venir,
04:41mais soutenez-nous quand même.
04:42Théorie du complot.
04:43Non, ce n'est pas du complot,
04:44c'est du calcul.
04:45C'est du calcul.
04:46Moi, je pense que c'est ça,
04:49mais sans se l'être dit.
04:50C'est-à-dire qu'il l'a fortement pensé,
04:52il l'a espéré
04:53et il s'est dit,
04:54Neymar,
04:54il va venir me faire une dinguerie avant.
04:56Il a surtout espéré
04:57qu'il lui mette un doublé au pronomatique.
04:58Bon, alors Gary !
04:59Il faut se rendre compte,
05:03c'est que Carlo Ancelotti,
05:05c'est le premier coach non-brésilien
05:08à être sélectionneur du Brésil
05:09pendant un mondial.
05:11Et comme tu disais,
05:13tu as raison,
05:13je pense qu'il a voulu s'acheter
05:14la paix sociale,
05:15ça c'est une certitude.
05:16Il s'est pris un pressing
05:17de la société brésilienne.
05:19Je pense qu'on n'a pas idée
05:21à quel point ils étaient sur lui
05:23tous les jours.
05:23Juste pour vous raconter une anecdote,
05:25je ne sais pas si on l'a vu en France,
05:27mais au Brésil,
05:28on en a beaucoup parlé.
05:30Pendant le carnaval de Salvador,
05:33Carlo Ancelotti était dans ce qu'on appelle
05:34en camarote,
05:35dans le carnaval brésilien,
05:37c'est-à-dire une sorte de loge
05:38où il est un peu mis en avant
05:39par le sponsor de la sélection.
05:41Et il y avait un concert,
05:43le chanteur s'est arrêté,
05:44a donné un micro à Ancelotti,
05:46ils ont un peu échangé quelques mots,
05:48et à la fin, il disait,
05:49n'oublie pas de convoquer Neymar.
05:50Et tout le monde a crié
05:52pour appeler Neymar.
05:55Il a une pression énorme pour l'appeler.
05:58Moi, je trouve ça magnifique.
05:59Et après, ce dont parlait Daniel
06:02cet après-midi,
06:04la conférence de presse de Casimiro,
06:07c'était d'un ridicule,
06:08c'est-à-dire que toutes les questions
06:09tournaient autour de Neymar,
06:11c'est-à-dire que Neymar,
06:12il n'est pas là,
06:12mais quel va être son rôle ?
06:14Est-ce qu'il peut être important,
06:15même en étant blessé ?
06:17Tout tournait autour de ça.
06:18Au bout d'un moment,
06:18il s'est retourné vers l'attaché de presse
06:19et il a dit, tu vois,
06:20on ne fait que parler de Neymar.
06:21Que Neymar, Neymar, Neymar, Neymar.
06:23Gary, si je peux me permettre,
06:24en fait, on a du mal à se rendre compte
06:28des différences de culture
06:29selon les pays,
06:30de comment on voit le foot selon les pays.
06:31On croit qu'on sait.
06:32On croit qu'on sait comment ça marche au Brésil
06:34parce qu'on dit,
06:35ouais, c'est la passion, c'est la passion.
06:36On croit qu'on sait comment c'est au Portugal,
06:38on croit qu'on sait comment c'est en Italie.
06:39En fait, on ne sait pas.
06:40Si tu ne connais pas cette culture,
06:43si tu n'y es pas parce que tu n'y vis pas
06:44ou tu n'y as pas vécu,
06:45en fait, on ne sait jamais.
06:46On croit qu'on sait,
06:47mais on ne sait pas.
06:48Et au Brésil, je ne le sais pas,
06:51donc j'interroge Gary.
06:52Bon, nous, comme on nous raconte beaucoup
06:54de par notre métier,
06:55mais ils n'ont pas la même vision.
06:57Et voilà, Neymar occupe totalement
07:00du matin au soir.
07:00Oui, mais s'il n'avait pas été là,
07:02c'est vrai que le cas quand même.
07:05Il faut se rendre compte du PXL.
07:07Le Brésil, c'est une sorte d'États-Unis.
07:09C'est 290 millions de personnes
07:11complètement fous pour ce sport.
07:13C'est le sport, c'est la religion au Brésil,
07:16le football, que ce soit pour les clubs
07:17ou la Célestin.
07:19Et la Célestin, pendant la Coupe du Monde,
07:21c'est encore plus fou.
07:22C'est-à-dire qu'il y a vraiment des fanatiques
07:24autour de Neymar.
07:26Et le Brésil, il est scindé en deux
07:28avec ceux avec qui tu peux discuter
07:30et ceux avec qui ce n'est pas la peine de parler.
07:32Moi, je voyais des journalistes
07:34parce que les journalistes,
07:35les commentateurs,
07:35ils se mouillent un peu plus.
07:37Ils disent que Neymar,
07:37il n'est pas apte à jouer
07:39parce qu'il faut savoir que Neymar,
07:40il joue dans une équipe de bas de tableau
07:42qui lutte pour ne pas descendre
07:43et que même dans un championnat Paulista,
07:44il ne fait pas des prestations sérieuses.
07:46Et ils te disent que Neymar,
07:47il peut encore être bon à la Coupe du Monde
07:49et que le Brésil est logiquement
07:50un favori de la Coupe du Monde.
07:52Oui, à travers.
07:54Les supporters du Brésil y croient
07:55parce qu'ils voient Neymar.
07:57En fait, c'est la belle histoire.
07:58C'est la belle histoire qu'ils veulent raconter.
08:00C'est-à-dire, Neymar,
08:01c'est l'enfant chéri du Brésil.
08:02Il a été adoré.
08:04On oublie souvent son passage à Santos
08:06et tout le temps où il est resté au Brésil
08:08avant de venir en Europe,
08:09où à chaque fois,
08:10ça a été déplacé.
08:12Le départ, il a été déplacé.
08:13Et ce qu'il a réalisé à Santos,
08:14c'était extraordinaire pour son jeune âge.
08:16Aller chercher cette liberté d'oresse, etc.
08:18C'était du jamais vu quasiment depuis Pelé.
08:20Donc, c'était complètement fou
08:22tout cet amour qu'il y avait pour lui.
08:23Et c'est un peu l'enfant chéri.
08:24Et tout ce qui s'est passé dernièrement pour lui,
08:26c'est mes aventures.
08:27Ça a créé un engouement autour de son retour.
08:30C'était une télé-novela, quoi.
08:32C'était vraiment ça.
08:32Et lui, il a créé sa chaîne YouTube
08:34où il veut revenir en sélection, etc.
08:37Il y a cette pression,
08:38mais sur Carla Chayoti.
08:39Et cette pression, elle est énorme.
08:41On ne se rend pas compte.
08:43Chayoti, juste un point.
08:44Je pense qu'Ancelotti, il est très pragmatique.
08:46On le sait dans toute sa façon de fonctionner,
08:48dans son management.
08:49Et il s'est dit, comme disait Kevin,
08:50qu'est-ce qui se passe si je ne le sélectionne pas ?
08:53La pression, elle aurait été toute identique.
08:55Parce qu'au moindre problème,
08:57au moindre faux pas, au moindre souci.
08:59Et même avant, il y aurait eu aussi,
09:01pendant dix jours,
09:02pourquoi tu ne l'as pas sélectionné ?
09:04Il va nous manquer.
09:05Regarde, on a fait un mauvais match, etc.
09:07C'est pour ça qu'il le prend,
09:09et puis après, nous constatons ensemble
09:10qu'il est blessé.
09:11Et tout le monde reste calme,
09:12et plus personne ne l'est.
09:13En tout cas, c'est dans ces différences culturelles.
09:15Je suis curie que tu ne sois pas intervenu,
09:16parce que toi, tu le sais très bien.
09:18C'est comme quand on parle du foot africain,
09:20ou de la canne et tout.
09:21On croit qu'on sait.
09:22On parle tout le temps de la passion,
09:24machin et tout.
09:24Mais tu ne sais pas.
09:27Il y a même des gens originaires,
09:29des pays là-bas,
09:29ils pensent savoir,
09:31mais s'ils n'y vont pas très régulièrement et tout.
09:33C'est pour ça que pas grand monde n'a compris
09:35les enjeux du fameux Maroc Sénégal.
09:37Bien sûr.
Commentaires

Recommandations