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  • il y a 2 jours
Peut-on encore faire la fête tranquillement en France ? Matches de football, concerts géants, fêtes populaires, inaugurations de fast-food ou simples rassemblements : partout, les débordements se multiplient. Pillages, agressions, violences gratuites, attaques contre les policiers… En quelques minutes, l’euphorie bascule parfois dans le chaos. Un documentaire choc sur cette ultra-violence qui transforme parfois les moments de joie collective en véritables cauchemars. 

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00:01Peut-on encore faire la fête tranquillement en France ?
00:05Soirée de victoire de club de foot ?
00:13Fête populaire ?
00:18Inauguration de fast-food ?
00:20J'ai négocié mille justice à Baidi gratuits !
00:25Les gens, ils avaient des mortiers ou des fumigènes dans la poche.
00:30C'était une émeute ici, avec des casseurs,
00:33avec d'énormes scènes de bousculade et l'intervention massive des policiers.
00:38Un simple rassemblement comme il y a quelques jours à La Baule.
00:42Les images qu'on a vues de La Baule cette semaine,
00:45c'est une manière pour une population qui se pense encore à l'abri
00:50et qui parfois croit que les spécialistes de ces questions exagèrent,
00:53de prendre tout à coup conscience du réel.
00:55Vous avez des jeunes voyous qui sont venus de quartiers hors contrôle de la ville de Nantes
01:01et qui ont été semés la perturbation dans une ville d'ordinaire fort paisible comme La Baule.
01:07C'est ça qui se passe.
01:09Partout, les débordements se multiplient.
01:11Ils ont débarqué une pelleteuse, je ne sais pas vous.
01:15Ils ont cassé les deux fards arrière, les deux rétroviseurs et le coffre.
01:20Pillage, agression, violence gratuite, attaque contre les policiers.
01:28En quelques minutes, l'euphorie bascule dans le chaos.
01:32La fête aujourd'hui est synonyme de violence.
01:35Alors qui sont ces jeunes ultra violents qui semblent n'avoir peur de rien ?
01:39C'est ce qu'on appelle nous communément notre jargon des racailles.
01:42Toi, le blâme, tu n'as rien à faire dans la rue.
01:46Pourquoi certains événements attirent-ils désormais des bandes prêtes à casser, voler ou frapper ?
01:52Il a sorti de poignard à ce moment-là, il lui a mis un coup dans la côte
01:54et malheureusement, au bout de deux heures, il est décédé de ses blessures.
01:58Face à ces scènes de guérilla urbaine, la justice est-elle suffisamment ferme ?
02:03Le code pénal, on ne l'applique pas.
02:05Il faut aller très très vite.
02:06Avant, on parlait en dizaines d'années, là je vous dis en termes de mois,
02:09si on ne va pas très très vite, on ne pourra plus revenir en arrière, c'est terminé.
02:14Experts, victimes et témoins racontent une France de la fête devenue sous tension.
02:18À aucun moment, je n'aurais pensé qu'on m'aurait agressé pour si peu.
02:21Et je trouve ça triste parce qu'on donne raison aux racistes de se dire que c'est toujours les
02:25mêmes.
02:26Je n'ai pas envie qu'on nous voit comme des gens qui ne savent pas se conforter.
02:28Enquête de terrain, témoignages inédits, immersion au cœur des nuits qui dégénèrent,
02:34ultra violence quand la fête vire au cauchemar.
02:44Camélia, 24 ans, est étudiante infirmière et fan de football à ses heures perdues.
02:49Je suis vraiment le foot. J'en ai fait quand j'étais petite et toute du foot.
02:53Donc j'aime vraiment ça. Je suis vraiment autant la Ligue 1 que la Ligue 1.
02:57Le 6 mai dernier, après la victoire du Paris Saint-Germain face au Bayern Munich,
03:01en demi-finale retour de la Ligue des champions,
03:04cette habitante de Seine-Saint-Denis décide d'accompagner plusieurs amies supportrices du PSG
03:10pour célébrer l'exploit parisien dans les rues de la capitale.
03:14Pour l'occasion, elle prend le volant d'un véhicule qu'une amie lui a prêté.
03:18Tout le monde voulait aller fêter la victoire du Paris Saint-Germain.
03:21Moi, j'étais la seule pour le Bayern. Je voulais pas, mais je voulais faire plaisir à mes copines.
03:24Je voulais pas être égoïste. On a été sur les champs.
03:27Au début, vraiment, c'était bon enfant.
03:29Il y avait de la musique, les gens y chantaient, les chants parisiens et tout.
03:36Ce soir-là, Camélia porte un maillot du Bayern de Munich, l'une de ses équipes favorites.
03:43Une tenue qui va rapidement attirer l'attention et provoquer l'hostilité de nombreux jeunes présents sur place.
03:57Sur le coup, franchement, j'avoue que j'ai pas réalisé, en fait, ce qui se passait.
04:04C'est le début d'une scène surréaliste qui va faire le tour des réseaux sociaux.
04:09Camélia est violemment prise à partie par des dizaines de supporters.
04:17Casse-toi, rentre chez toi. Après, des insus, sale pute, etc.
04:29Je savais pas qu'on allait m'agresser pour un simple maillot.
04:32Aucun moment, j'aurais pensé qu'on m'aurait agressé pour si peu. Vraiment, j'étais choquée encore aujourd'hui.
04:42Certaines personnes conseillent à Camélia de se couvrir afin de cacher son maillot.
04:46Mais elle refuse catégoriquement de céder à la pression.
04:49J'avais pas honte de porter le maillot. Je supporte qui je veux. C'est comme si demain, j'avais
04:53une mini-jupe ou même un habit.
04:56On n'a pas à me le retirer. On n'a pas à me dire comment je dois m'habiller,
04:59comment, à quelle heure.
05:00Vous voyez, chacun est libre de porter ce qu'il veut sans se faire agresser. Enfin, où va le monde
05:05?
05:10Pendant de longues minutes, insultes, intimidations et menaces se multiplient.
05:28Le véhicule est dégradé sous ses yeux.
05:35Camélia reste totalement sidérée par la violence de la scène.
05:38Il y a eu des coups de battre sur la voiture, des coups de pied. Bah, du coup, ils ont
05:42cassé les deux fards arrière, les deux rétroviseurs, le coffre.
05:49Et le calvaire de la jeune femme ne s'arrête pas là. Sur les réseaux sociaux, des centaines de commentaires
05:54sexistes prennent le relais.
05:56Bien fait pour toi. T'as cherché les problèmes sérieux. Voilà l'importance du daron. Parce qu'on a dit
06:02que j'étais aussi mal éduquée et tout.
06:04Certains internautes lui reprochent d'être sortie un soir de match alors qu'elle est une femme.
06:08J'ai eu beaucoup de messages de filles. J'étais choquée carrément que des femmes, elles tiennent ce genre de
06:14discours.
06:14En gros, je voulais attirer l'attention des garçons.
06:16J'étais une femme. Il était minuit, une heure et que j'avais rien à faire dehors, entourée de mecs.
06:24Française d'origine marocaine, Camélia déplore le fait que ces violences donnent une mauvaise image des jeunes issus de l
06:30'immigration.
06:30Dans la vidéo, bon, peut-être qu'il y avait des blancs, mais il y avait aussi plein de noirs
06:33et d'arabes.
06:34Et je trouve ça triste parce qu'on donne raison aux racistes de se dire que c'est toujours les
06:38mêmes.
06:38Mais on voit la vidéo, mais en fait, ils ont raison entre guillemets.
06:41J'ai pas envie qu'on nous voit comme des gens qui savent pas se conforter, qui vandalisent une voiture
06:45pour un C ou pour un non.
06:47Vous voyez, parce que moi, je suis musulmane, je sais pas du tout comme ça que notre religion, elle nous
06:52dit de fonctionner, vous voyez.
06:54C'est rien à voir avec les valeurs que l'islam nous apprend, nous, vous voyez.
07:00Quelques jours après les faits, Camélia doit désormais faire face à plusieurs milliers d'euros de réparation pour le véhicule
07:05endommagé.
07:06J'ai rien demandé, on casse ma voiture et je vais devoir réparer ce que les gens ont fait pour
07:11un simple maillot.
07:19Il y a un an déjà, lorsque le Paris Saint-Germain remportait la Ligue des champions, la capitale avait sombré
07:25dans une nuit d'extrême violence.
07:41Vitrines brisées, magasins pillés, voitures incendiées,
07:57Périphériques bloquées, pompiers agressés, affrontements avec les forces de l'ordre.
08:09En quelques heures seulement, Paris s'était transformé en un véritable champ de bataille urbain, avec plus de 500 interpellations
08:16recensées en une seule nuit.
08:18La violence qui s'exprime autour des événements sportifs et plus généralement autour des événements festifs est une violence qui
08:26tire sa source dans les fractures de notre pays
08:28et dans ce que j'ai bien des premiers à appeler l'ensauvagement, c'est-à-dire l'augmentation régulière
08:35de la violence, toujours plus forte, d'une intensité toujours plus grande, avec des déclenchements toujours plus futiles.
08:43Parmi les jeunes arrêtés ce soir-là, ce casseur filmé en train de s'acharner sur un abribus des Champs
08:48-Elysées.
08:54Un geste qu'il tentera ensuite d'expliquer dans une vidéo postée sur TikTok.
09:12Montant du préjudice, 150 000 euros. Âgé de seulement 15 ans, le jeune homme était déjà connu des services de
09:18police, notamment pour des menaces de mort réitérées.
09:21Comme beaucoup d'autres casseurs interpellés cette nuit-là, il sera finalement condamné à des travaux d'intérêt général, des
09:28sanctions jugées largement insuffisantes par de nombreux observateurs.
09:31Les individus qui sont dans une logique de délinquance, aujourd'hui, ils n'ont plus peur de la justice parce
09:37qu'ils ont l'impression que s'ils se font arrêter, ils ne seront pas sévèrement condamnés.
09:41Et le fait qu'ils ne le craignent plus est en soi le générateur de ces tensions et de ces
09:46faits.
09:46C'est pour ça que moi je prône une justice efficace, c'est-à-dire qui sanctionne à la hauteur
09:51de la gravité des faits commis. Pas trop, mais suffisamment.
09:56Les habitants du quartier, eux, ont assisté impuissants à ces scènes d'une rare violence. Rosa est concierge dans le
10:03très chic 16e arrondissement de Paris.
10:05D'ordinaire calme et cossu, le quartier change complètement de visage lors des grands soirs de match.
10:10Dès qu'il y a un événement, comme un match, dès qu'on perd, on gagne, on casse.
10:16On a eu une pelleteuse, ils ont débarqué une pelleteuse, je ne sais pas d'où.
10:28J'ai réussi à enlever la clé même, mais je peux vous dire que j'ai eu peur.
10:35Les profils des casseurs, c'est des très jeunes, 12, 13 ans.
10:39Ce ne sont même pas des supporters, c'est vraiment des gens qui viennent pour casser et ils sont fiers
10:44de ça.
10:44Et aucun respect, aucune éducation, donc ils sont vraiment là pour faire du mal à la France.
10:50La fête aujourd'hui est synonyme de violence et c'est vraiment quelque chose qu'on ne contrôle plus.
10:56Quelques rues plus loin, un restaurateur ayant préféré garder l'anonymat,
11:00affirme lui aussi avoir vécu un véritable enfer lors de cette soirée de célébration.
11:15Pris à partie par plusieurs jeunes casseurs, il explique avoir été insulté et menacé alors qu'il tentait simplement de
11:21protéger son commerce.
11:22On crache à la figure, on nous balance des noms d'oiseaux toute la soirée, voilà, on ne présente rien
11:28quoi.
11:28Toi le blague, t'as rien à faire dans la rue, voilà.
11:32Ou toi tu dois voter bardé là, hein, on te regarde bien dans les yeux quoi.
11:35Non, je suis apolitique, je ne veux pas de politique, voilà, c'est tout.
11:39Je suis simplement un ouvrier quoi.
11:42Alors cette année, le restaurateur a pris une décision radicale.
11:46Fermer son établissement dès le milieu de journée.
11:48Un sacrifice financier assumé qu'il considère comme le prix à payer pour garantir sa sécurité,
11:54mais aussi celle de ses employés et de ses clients.
11:57C'est pas possible de rester ouvert, c'est trop risqué.
12:00Si ça se passait bien, si c'était bon enfant, on vendrait de la bière, on vendrait des salades, on
12:07vendrait toutes sortes de plats.
12:09Comme ça se passe dans le rugby et dans d'autres sports.
12:15Ce qui est très intéressant et ce qui illustre ces fractures, c'est que alors qu'un grand événement autour
12:21du sport
12:21devrait être l'occasion de s'unir et de célébrer, au contraire, c'est l'occasion de se diviser
12:29et de casser parfois par pur nihilisme parce que les haines de la France, la haine de ce qu'est
12:35notre société
12:36vient déferler en marge de ces événements.
12:41Une question se pose désormais.
12:43Ces débordements peuvent-ils réellement être évités ?
12:46Les autorités disposent-elles de moyens concrets pour empêcher que ces soirées festives
12:50ne basculent systématiquement dans la violence ?
12:52Moi je me souviens d'une chose qui m'avait beaucoup marqué, c'est que quand il y a eu
12:56les fameux samedis noirs des gilets jaunes à la fin de l'année 2018, souvenez-vous,
13:01le gouvernement avait basculé dans un mode de maintien de l'ordre beaucoup plus offensif.
13:07Qu'est-ce que ça veut dire ?
13:07Ça veut dire que les forces de l'ordre étaient beaucoup plus allées au contact.
13:11Et on avait à cette occasion ressorti les blindés légers de la gendarmerie qui étaient des modèles extrêmement anciens
13:18et qui avaient permis dans les semaines suivantes de contenir avec une certaine efficacité
13:24les débordements de certains des gilets jaunes.
13:27En marge de la finale de la Coupe d'Europe l'année dernière,
13:31et alors qu'on savait que ça allait mal se passer, il y a certains moyens qu'on a décidé
13:34de ne pas sortir
13:36comme les nouveaux blindés centaures, qui sont les blindés de la gendarmerie,
13:40qui sont notamment faits pour ce genre d'occasion, et que le gouvernement, je le constate,
13:46a sorti contre les agriculteurs l'hiver dernier, alors qu'on pourrait tout aussi bien dire
13:50que si on les sort pour dissuader des agriculteurs, certes parfois un peu excessifs localement,
13:55on pourrait au moins autant les mettre sur le terrain alors qu'on sait que des événements graves vont se
14:01produire.
14:02Selon Thibault de Montbréal, si les pouvoirs publics hésitent aujourd'hui à déployer des dispositifs plus offensifs face aux émeutiers,
14:09c'est avant tout par crainte qu'une intervention ne dégénère.
14:11La tétanie des politiques, c'est qu'en marge d'événements de cette nature, il y ait un des émeutiers
14:18qui soit tué.
14:19L'idée, c'est de se dire qu'il risque d'y avoir un effet de débordement et d'une
14:24nouvelle séquence,
14:25comme on a connu en 2023, après le refus d'obtempérer et les conséquences du tir des policiers sur Naël.
14:32Et du coup, tout le monde est dans une forme de retenue, alors c'est une retenue légère,
14:36mais qui est suffisante pour qu'en face, les émeutiers se disent, en fait, il n'y a pas de
14:41sujet, ils n'oseront pas.
14:43Pour d'autres, il existe des solutions plus simples pour tenter d'endiguer ce phénomène d'ultra-violence.
14:48Parmi elles, responsabiliser davantage les parents de mineurs délinquants à travers des sanctions déjà prévues par la loi.
14:54Le code pénal, on ne l'applique pas.
14:57La magistrature se fout comme de l'an 40 de ce que peut lui raconter le ministre et le gouvernement
15:02et décide de ne pas appliquer le code pénal.
15:04Je vous donne un exemple précis, l'article 227.17 du code pénal.
15:10Cet article dispose que tous parents d'un enfant mineur, alors écoutez-moi bien,
15:15et qui mettent cet enfant en danger physique ou moral sont passibles de 2 ans de prison et 30 000
15:21euros d'amende.
15:21Quand vous avez des gamins dans des émeutes la nuit à 3 heures du matin qui jettent des cocktails Molotov
15:27sur la police,
15:28ils ne sont pas en danger physique ou moral, et bien jamais, quand les mineurs en question sont arrêtés,
15:35les parents ne subissent quoi que ce soit.
15:37Cet article n'est pas appliqué.
15:38Vous l'appliquez 3 fois sérieusement, il n'y a plus de mineurs émeutiers dans la rue la nuit, évidemment.
15:43Quoi qu'il en soit, les débordements suite à la victoire des parisiens en 2025 ne se sont pas limités
15:49à la capitale.
15:50On est face à une déferlante de violence qui peut frapper potentiellement partout en France, y compris de façon micro
15:57-localisée.
16:03Le 31 mai dernier, Thierry, père de famille installé à Dax, a vu sa vie basculer dans l'horreur.
16:09Ce soir-là, lors d'un rassemblement organisé pour la finale de la Ligue des champions, son fils, Benoît, 17
16:16ans, est tué froidement.
16:20Benoît, c'était un garçon bienveillant, respectueux, généreux, c'est un garçon vraiment adorable quoi, sans histoire.
16:30C'était quelqu'un qui aimait beaucoup la vie, il avait plein de projets, il voulait voyager, il voulait avoir
16:33des enfants, il adorait les enfants.
16:35C'était vraiment un bon garçon.
16:41Tout commence quelques jours plus tôt, avec une simple histoire de casquette volée.
16:45Benoît s'était volé à sa casquette quelques jours plus tôt, le lundi.
16:49Il n'a pas pu la récupérer parce que les complices de l'assassin l'ont un peu menacé,
16:53donc il a dû partir en courant s'il ne voulait pas se prendre, comme on dit dans le jargon,
16:57une raclée quoi.
16:59Le samedi soir, Benoît rejoint un bar avec ses amis pour regarder la finale.
17:04Mais sur place, le jeune homme tombe nez à nez avec celui qui l'accuse de lui avoir dérobé sa
17:09casquette.
17:10La finale a été diffusée sur le grand écran dans les bars, il y avait une bonne ambiance.
17:13Et puis malheureusement, il a rencontré l'autre abruti, en parlant obligatoirement,
17:19qui est là encore, de nouveau, avec sa casquette sur la tête, l'a provoqué,
17:22en lui disant, si tu veux récupérer ta casquette, je te propose de venir dans la rue, te battre.
17:28Au début, Benoît ne réagit pas aux provocations.
17:31Mais sous la pression et les encouragements de certains de ses amis, le ton monte rapidement.
17:35Benoît ne voulait pas du tout parce qu'il n'était pas sorti pour ça.
17:38Et il a eu beaucoup de pression de part et d'autre, par des soi-disant copains à lui, mais
17:43je n'appelais pas ses copains.
17:44Du coup, Benoît a été incité à aller se battre.
17:47Donc Benoît, lui, a été avec son courage et ses points.
17:52Mais à ce moment-là, Benoît ignore que son adversaire, âgé de 16 ans seulement, est armé et littéralement prêt
17:59à en découdre.
18:00L'autre n'avait pas prévu de se battre à la loyale, il avait prévu de le tuer.
18:03Le schéma criminel se décide depuis le mercredi déjà.
18:06Il avait déjà tout prémédité, il n'avait pas l'intention de lui rendre sa casquette, mais il avait l
18:10'intention plutôt de le tuer.
18:11Et c'est ce qu'il a fait d'ailleurs, puisqu'il a sorti de poignard à ce moment-là,
18:14il lui a mis un coup dans la côte.
18:17Benoît donc, surpris, a essayé de s'échapper.
18:19Il l'a rattrapé, il l'a plaqué contre un mur et il en a mis trois autres de plus,
18:23deux points dans le cœur.
18:24Donc quatre coups de couteau en tout.
18:25Benoît essaie encore de s'échapper et il est au monarie cardiaque, puisqu'il y a eu quand même un
18:29coup de couteau dans le cœur à peu près de quatre centimètres.
18:32Les secours sont appelés immédiatement, mais malgré leur intervention, il est déjà trop tard.
18:40Ils ont essayé de le ranimer, de lui poser un drain pour l'hémorragie interne, pour essayer de le sauver.
18:46Ils ont fait revenir même un chirurgien spécialiste de la cage thoracique de Biarritz.
18:51Ils ont réussi à le faire revenir une ou deux fois, je crois, et ils ont tout donné.
18:55Et malheureusement, au bout de deux heures, il est décédé de ses blessures.
18:59Cette affaire, elle illustre exactement le fait que la violence augmente toujours plus en intensité pour des causes toujours plus
19:12futiles.
19:13C'est-à-dire que le seuil de déclenchement de la violence n'arrête pas de s'abaisser et son
19:16intensité n'arrête pas de monter.
19:18Voilà. Se faire poignarder pour une casquette comme ça, c'est exactement ça que ça illustre.
19:22Lorsqu'il apprend la mort brutale de son fils, Thierry s'effondre.
19:26Submergé par la colère, le père de famille pense immédiatement à se faire justice lui-même.
19:31À ce moment-là, moi, j'avais qu'une seule envie, c'est d'attraper l'assassin et de m
19:38'en occuper moi-même et de lui arrêter son compte.
19:40Je le dis franchement, de lui arrêter son compte. Malheureusement, il était déjà parti plus longtemps.
19:47Après une semaine de cavale, l'assassin présumé se rend, puis il est placé en maison d'arrêt.
19:51Les enquêteurs découvrent alors que malgré son très jeune âge, il était déjà connu des services de police.
19:58L'assassin est connu pour cinq délits en 2024.
20:01Refus d'obtempérer, conduit sans permis, stupéfiant, port d'armes et ensuite vol embarganisé.
20:08Ce jeune d'origine serbe aurait grandi dans un environnement familial, lui aussi marqué par de nombreux démêlés judiciaires.
20:15Mais c'est une famille de racailles et de criminels, puisque le grand frère, lui, a déjà commis une tentative
20:20de meurtre.
20:21Le père, violence conjugale et alcoolique.
20:23Le petit frère de l'assassin qui caillassait à 13 ans, les policiers, il n'y a pas d'éducation.
20:29En fait, c'est vraiment une famille qui est totalement à la dérive.
20:33Et forcément, une famille comme ça, avec des parents qui se comportent de cette manière-là,
20:39on ne peut pas avoir des enfants avec des valeurs si eux, ils n'en ont pas déjà.
20:45Mais pour le père de Benoît, pas question de trouver des excuses au meurtrier de son fils.
20:50On va encore au procès, j'imagine, donner des circonstances atténuantes, trouver des excuses.
20:57Mais moi, pour moi, il n'y en a pas.
20:58Parce qu'il y a des enfants qui vivent dans des milieux comme ça, très durs,
21:03et qui arrivent par la suite de s'en sortir, parce que ce sont des enfants qui ont des valeurs
21:08au fond d'eux-mêmes,
21:09et qui peuvent éventuellement s'en sortir avec beaucoup de courage.
21:12Donc je trouve que ce n'est pas une excuse.
21:15Pour Thierry, tous ces éléments auraient dû alerter les autorités bien plus tôt.
21:20Selon lui, le drame qui a coûté la vie à son fils aurait peut-être pu être évité.
21:24Il est connu par la police pour 5 janvier 24 et toujours pas jugé, condamné au jour d'aujourd'hui.
21:29Toujours pas.
21:30Si ça avait été fait correctement, Benoît serait vivant.
21:33Le laxisme de l'État français et de la justice française ont mené à l'assassinat de Benoît.
21:38L'État et la justice ne protègent pas nos enfants.
21:44À ce jour, l'assassin présumé de Benoît n'a toujours pas été jugé.
21:48De son côté, Thierry tente de se reconstruire auprès de sa femme et de sa fille.
21:52Malgré un suivi régulier, il reste profondément marqué par le drame et plongé dans une immense détresse psychologique.
21:59Je suis mort depuis 31 mai 25.
22:02Ma vie ne sera plus jamais la même parce que je suis mort de l'intérieur.
22:07Mais quelque part, comme je suis mort, j'ai plus rien à perdre sauf ma fille et mon épouse qui
22:11sont encore là.
22:13Si j'ai cette force-là, c'est grâce à ma fille et à mon épouse.
22:16Sans elle, je ne suis rien.
22:31Comme des millions de jeunes sur les réseaux sociaux, Joachim, 18 ans, suit régulièrement les vidéos de l'influenceur Fares.
22:41Oh !
22:42Les gardiens, parce que je peux pas !
22:44L'hélicoptère avec le bras, cette fois-ci, ça a changé.
22:49Au mois de septembre dernier, cet étudiant parisien découvre une story publiée par le créateur de contenu.
22:55En vous donnant un rendez-vous, un rendez-vous à 16h, à Croustis Abaidi à Paris.
22:59Je vais vous mettre là l'adresse dans le flyer à côté.
23:01Vous avez intérêt à tous venir.
23:04Une annonce très alléchante pour sa communauté.
23:07Une rencontre organisée à Châtelet-Léal, en plein cœur de Paris.
23:11L'événement se déroule devant le fast-food Croustis Abaidi.
23:15À la clé, 1000 repas offerts aux premiers arrivés.
23:18J'ai négocié 1000 Croustis Abaidi gratuits.
23:22En fait, il s'est né pour dire tout gratuit.
23:25Donc, vous venez et vous avez 1000 Croustis gratuits.
23:31À un moment où je vois qu'il fait une story, je vois 1000 Croustis offerts.
23:36Moi, j'étais un peu un adepte du concept.
23:40Du coup, il a créé beaucoup d'influence et beaucoup d'attente autour de l'événement.
23:45Et les gens, ils ont commencé à republier, à remettre en story.
23:48Ça a commencé à prendre de l'ampleur.
23:50Du coup, j'ai directement été à Châtelet pour essayer de me procurer.
23:55J'essayais de gratter comme tout le monde.
23:59Le jour J, les fans répondent présents par milliers.
24:02Donc, la foule, elle commençait vraiment de là-bas, de l'angle, juste avant le Croustis, jusqu'au bout de
24:09la rue.
24:10Donc, c'était vraiment immense, surtout que c'était assez étroit.
24:13Donc, on sentait un peu serré et tout.
24:15Et on sentait que l'atmosphère, elle allait partir à tout moment.
24:19À partir du moment où il y a des choses dont ils entendent parler sur leur petit TikTok, etc., ils
24:24y vont.
24:24C'est des endroits où ça bouge.
24:26C'est des endroits où on peut peut-être éventuellement piquer un portefeuille ou deux pour se faire un peu
24:30d'argent.
24:31Et puis, où on peut surtout tenir tête, défier et faire tout ce que font les adolescents quand on les
24:37laisse à eux-mêmes.
24:40Et ce qui devait être un événement convivial et festif va rapidement virer au chaos.
24:51Plus de 3000 jeunes affluent sur place en quelques minutes, provoquant un mouvement de foule totalement incontrôlable.
24:59Je voyais les gens, ils avaient des mortiers ou des fumigènes dans la poche.
25:03Donc, ça pouvait à tout moment déraper.
25:05Ils savaient qu'ils pouvaient provoquer une émeute.
25:09Sur place, c'est la panique.
25:11C'est vrai que c'est un peu effrayant.
25:13On ne sait pas comment ça aurait pu finir.
25:15Donc, oui, c'est vrai que je me suis un peu chier dessus.
25:19Face à une affluence devenue ingérable, le restaurant décide finalement d'annuler l'événement à la dernière minute.
25:25Il y a des enfants ici.
25:26Vous êtes pour la plupart très, très jeunes.
25:28Et vous ne vous rendez pas compte de l'enfant gardé devant.
25:31Donc, s'il vous plaît, faites preuve de civisme.
25:33Repartez chacun de votre côté.
25:34Une annulation qui provoque la colère d'une partie des participants.
25:37De nombreux jeunes s'en prennent alors aux forces de l'ordre, en leur lançant des projectiles.
25:44Les policiers répliquent à coups de gaz lacrymogènes, sous une pluie d'insultes et de provocations.
26:00Au lendemain de ce fiasco, le député Renaissance de la première circonscription de Paris, Sylvain Maillard, pousse un coup de
26:06gueule et dénonce une chianlie au cœur de la capitale.
26:09Ça a été une émeute ici, évidemment, avec des casseurs, avec d'énormes scènes de bousculade et l'intervention massive
26:16des policiers pour essayer de rétablir le calme.
26:18Parce que cette enseigne, vous voyez bien, c'est un petit restaurant complètement dépassé, capable évidemment de livrer 1000 repas
26:25en même temps.
26:26L'élu pointe notamment la responsabilité du restaurant, qui chercherait selon lui à faire un coup de com' sur les
26:32réseaux sociaux, peu importe les conséquences.
26:34Cette enseigne fait à chaque fois la même chose, c'est-à-dire qu'elle ouvre un nouvel espace de
26:39vente, que ce soit à Paris, soit à Bordeaux ou dans d'autres endroits.
26:42C'est exactement la même chose avec des repas gratuits, massivement, un influenceur qui invite du monde tous ceux qui
26:50veulent à venir à l'ouverture.
26:52Et puis évidemment, on voit des scènes jusqu'à limite. L'idée, c'est quoi ? C'est de provoquer
26:55une scène de chaos, de faire une émeute, de montrer une énorme population qui veut absolument venir manger dans ce
27:02restaurant pour faire le buzz.
27:04Et moi, ce que je dénonce, c'est qu'il n'y ait aucune sanction, au fond.
27:07Le député met également en cause le comportement d'une partie du public présent ce soir-là.
27:12Selon lui, certains participants étaient déjà dans une logique d'affrontement et de débordement.
27:16Vous avez des jeunes qui sont survoltés, qui viennent ici pour en découdre probablement, qui viennent pour rigoler et qui
27:24viennent pour se battre contre les policiers.
27:26Et donc, d'un seul coup, beaucoup de jeunes, un endroit très passant.
27:30Vous savez, les Halles, c'est la première porte d'entrée de Paris avec des gens qui viennent de partout
27:35et qui viennent pour en découdre avec les policiers.
27:37Sylvain Maillard affirme avoir recueilli de nombreux témoignages de riverains excédés par les nuisances récurrentes dans le quartier de Châtelet.
27:44C'est un enfer. Tout simplement, vous rentrez chez vous, vous êtes chez vous, c'est dangereux, c'est plus
27:50accessible, c'est sale.
27:51La multiplication de certains établissements de restauration rapide attirerait régulièrement des rassemblements difficiles à encadrer.
27:59Ici, au Halles, vous avez évidemment beaucoup de gens de la banlieue parisienne qui viennent ici, qui rentrent à Paris
28:04ici, qui sortent aussi le soir ici.
28:07Et donc, c'est de la nourriture halal et donc l'objectif, il est très clairement d'aller chercher des
28:12jeunes de banlieue.
28:14Et malheureusement, ce type de débordement urbain se multiplie un peu partout dans les grandes villes.
28:18Il y a quelques jours, même type d'opération avec une montre Swatch et d'une grande marque de joaillerie.
28:26Vous avez des sortes d'émeutes dans plusieurs points de Paris.
28:35Le 16 mai dernier, ce qui devait être un simple lancement commercial a viré à la scène d'émeutes urbaines.
28:44À l'occasion de la sortie d'une montre en édition limitée, des milliers de personnes affluent devant plusieurs boutiques
28:50françaises dès le milieu de la nuit.
28:54Ici, dans le 6ème arrondissement de Paris, les habitants du quartier ont découvert avec stupeur les conséquences de cette nuit
29:00de débordement.
29:07Dès le matin, les forces de l'ordre sont présentes pour calmer les esprits.
29:16Le reporter Tony Pitaro est allé à la rencontre de Gaspard, un riverain dont l'immeuble a été envahi pendant
29:22la nuit par plusieurs individus venus se réfugier dans les parties communes.
29:48Au petit matin, l'homme découvre des détritus partout dans sa résidence, mais aussi des traces particulièrement réputées.
29:56C'est ignorante.
29:57Là, on est dans votre hall d'immeuble et c'est une catastrophe. Il y a des gens qui ont
30:00vomi.
30:00Ils se sont introduits cette nuit, c'est ça ?
30:02Oui, ils se sont introduits cette nuit. Je ne sais pas comment, puisque la porte est à code 24h sur
30:0624 et tous les jours de la semaine.
30:08Il y a encore pire.
30:09Il y a encore pire là-bas.
30:10Pire encore, au beau milieu de la cour intérieure.
30:15Des excréments humains.
30:18Une scène à peine croyable.
30:19Je ne vous fais pas de dessin pour savoir ce que c'est. C'est stupeur quand on s'est
30:23levé ce matin.
30:24Voilà ce qu'on découvre dans le hall de l'immeuble qui, je le rappelle, est fermé.
30:27C'est des gens qui ont passé la nuit dehors ou ici et qui ont trouvé le moyen de s
30:30'introduire dans l'immeuble pour faire ça.
30:32Et qui va nettoyer alors ?
30:33Ça va être soit les habitants de l'immeuble qui n'ont rien demandé, soit peut-être les services de
30:38la mairie.
30:40Selon ce commerçant du quartier, une partie de ces jeunes venus semer le désordre ne s'intéresserait même pas réellement
30:46à la fameuse montre en édition limitée.
30:49Non, non.
30:49On les remonte ?
30:49Bien sûr, mais ils n'en ont rien à foutre des montres.
30:52Ils n'en ont rien à foutre.
30:53En fait, parce que ça coûte 380 euros et ils peuvent les revendre plus même.
30:58Mais c'est con que ça soit limité, parce que ça éviterait le marché noir.
31:01Bien sûr.
31:02Ben oui, mais évidemment, c'est un business.
31:04Et c'est business.
31:09Un autre lieu emblématique de la région parisienne fait lieu aussi face à une montée des violences.
31:15Aux portes de la capitale, la Foire du Trône, plus grande fête foraine d'Europe, accueille plus de 700 000
31:20visiteurs par an.
31:23Mais depuis quelques années, la réputation de cet événement populaire a été fortement ternie par des incidents impliquant des bandes
31:30de jeunes.
31:31La police qui recule !
31:36Ils ont gagné !
31:38Bagarre géante.
31:43Atteinte envers le personnel.
31:45Arrupez-le !
31:47Arrupez-le !
31:50Peu à peu, l'ambiance familiale et festive qui faisait l'ADN de la Foire du Trône laisse place à
31:55un climat de tension permanente.
32:00Sur place, nous retrouvons Lucas Pourrier, propriétaire d'un stand sur la Foire.
32:05Je suis forain depuis que je suis né. J'ai un stand de pince Studio Games.
32:09Selon lui, les nombreuses vidéos de violences relayées en masse sur les réseaux sociaux ont fortement impacté la fréquentation de
32:16l'événement.
32:16On a été confrontés l'an passé à quelques bandes de jeunes qui venaient se regrouper sur la Foire pour
32:24faire des vidéos, pour poster sur les réseaux, faire du buzz.
32:27On a eu une très grosse baisse de fréquentation et de plus de 50%.
32:31Quand les gens vont sur les réseaux et qu'ils voient ça, ils n'ont pas forcément envie de venir.
32:35Le forain affirme que les fauteurs de troubles ont souvent les mêmes profils.
32:39Des bandes de jeunes venus avant tout pour semer le désordre.
32:42Bien souvent, oui, ils se donnent rendez-vous dans un endroit pour se bagarrer entre eux.
32:46Mais alors, bagarrez-vous chez vous.
32:48Venez pas embêter des gens qui travaillent, des familles qui se promènent, qui sont là pour passer du bon temps.
32:52Forcément, c'est agaçant quand on nous empêche un petit peu de travailler.
32:56Nous, on a des familles et des enfants à nourrir.
32:59On a tout un tas de choses à payer.
33:02Quand on nous empêche de travailler, c'est compliqué.
33:05Et si on n'a pas assez de sécurité, faire la sécurité nous-mêmes.
33:08Mais bon, c'est pas ce qu'on veut.
33:10Nous, on veut travailler dans de bonnes conditions.
33:13Alors, cette année, pour éviter de nouveaux débordements,
33:16la préfecture a décidé de sortir l'artillerie lourde.
33:19Présence policière renforcée,
33:20contrôle massif à l'entrée,
33:23vidéosurveillance accrue et restrictions d'accès.
33:25Cette année, grâce au nouveau préfet qui a été mis en place,
33:32on a demandé beaucoup plus de sécurité, beaucoup plus de police.
33:35On l'a eu.
33:37Résultat, la Foire du Trône a retrouvé une fréquentation en hausse.
33:40Mais cette sécurité maximale a un coût considérable,
33:44aussi bien pour les professionnels que pour les finances publiques.
33:47On a pris plus de sécurité, plus de police.
33:50Il faut savoir que la Foire du Trône, c'est quand même la Foire
33:52la plus sécurisée de France.
33:54C'est la seule Foire en France qui est fermée,
33:58qui est équipée de caméras de surveillance.
34:01Il y a un poste de police municipale sur la fête,
34:04avec les caméras en direct qui sont reliées à la police municipale
34:08et au commissariat du 12ème.
34:10C'est vraiment une fête qui est sécurisée.
34:18William Maury, policier de nuit, confirme lui aussi le climat de tension permanente
34:23qui s'installe progressivement dans de nombreuses villes françaises,
34:25notamment lors des grands rassemblements populaires.
34:28Pendant les nuits de 18h à 6h du matin,
34:31heureusement que les Français ne voient pas tout ça,
34:32parce que sinon plus personne ne sortirait de chez eux.
34:34Vous avez à faire des refus d'obtempérer.
34:36Le nombre d'agressions, le nombre de coups de couteau au quotidien,
34:39le nombre de vols qui explosent, le nombre d'agressions sexuelles.
34:42Aujourd'hui, vous ne pouvez pas faire une soirée tranquillement.
34:45Policier depuis 2003, l'homme a constaté au fil des années
34:48une dégradation spectaculaire du respect envers les forces de l'ordre.
34:52Il y a 23 ans, ils avaient encore peur de la police,
34:55la peur du gendarme existait, la peur de l'autorité judiciaire existait.
34:59Ça s'est écroulé, donc aujourd'hui on se fait cracher dessus,
35:01on se fait insulter, ils n'ont plus peur.
35:04Toutes ces personnes-là qui font fil des lois en multirécidivistes,
35:08c'est ce qu'on appelle, nous, communément dans notre jargon des racailles.
35:12C'est des gens que vous voyez 3, 4, 5 fois, 6 fois en garde à vue
35:15sur la même semaine ou sur le même mois.
35:17Le profil de ces racailles, c'est des gamins généralement
35:20qui, à partir de 12, 13 ans, traînent dans la rue
35:22avec des parents qui n'ont strictement rien à faire,
35:24qui sont complètement dépassés.
35:26Face à des individus souvent mineurs et parfois extrêmement violents,
35:30une question se pose désormais.
35:31Notre justice est-elle encore adaptée à ces nouvelles formes de violences urbaines ?
35:35On travaille avec une ordonnance de 45 pour les mineurs.
35:39Un mineur de 2026, c'est pas un mineur de 1945, c'est pas vrai.
35:43Et il aurait fallu faire des réformes chocs,
35:45mais encore aujourd'hui, personne n'a eu le courage de le faire.
35:49Selon William Maury, les réseaux sociaux,
35:51utilisés massivement par une grande partie de ces jeunes,
35:54jouent également un rôle majeur dans cette montée de l'ultra-violence.
35:57Les réseaux sociaux ont fait monter en puissance ces violences urbaines
36:00parce que c'était à la ville, au quartier, qui allait en faire le plus
36:04et qui allait brûler plus de voitures, etc.
36:06C'est à celui qui va en faire le plus pour passer,
36:08pour le chef, entre guillemets, au niveau de ses amis.
36:11Taper sur des gens, pour eux, c'est un jeu.
36:14Aujourd'hui, le policier tire la sonnette d'alarme.
36:17On savait qu'on en allait à venir là.
36:19Mais aujourd'hui, c'est soit il y a un choc d'autorité très, très rapide
36:22et que tout le monde prend les choses à bras corps,
36:24soit on va s'enfoncer dans quelque chose que vous pouvez même pas imaginer pour demain.
36:28Il faut aller très, très vite.
36:29Avant, on parlait en dizaines d'années.
36:31Là, je vous dis, en termes de mois, si on va pas très, très vite,
36:34on pourra plus revenir en arrière, c'est terminé.
36:37Dans quelques jours, des millions de Français suivront
36:39une nouvelle finale de Ligue des Champions.
36:41Une question inquiète désormais les autorités, comme de nombreux habitants.
36:45Faut-il s'attendre à de nouvelles scènes de violences urbaines,
36:47voire à des drames encore plus graves ?
36:49Le risque, c'est qu'on va à nouveau avoir les scènes,
36:52vous allez dire les scènes habituelles,
36:54mais sauf que les scènes habituelles,
36:56s'il y a des gens qui sont tués, des femmes qui sont violées,
36:59parce que l'intensité monte à chaque fois.
37:01Là, on basculera dans quelque chose qui sera totalement différent.
37:05Et à ce moment-là, on ne pourra que constater
37:08que si tout n'a pas été fait en amont,
37:11il y aura une responsabilité politique réelle.
37:13Pour tenter d'éviter tout débordement,
37:1622 000 policiers et gendarmes seront mobilisés partout en France.
37:19Mais face à cette montée de l'ultra-violence,
37:21ces moyens seront-ils réellement suffisants ?
37:24Nouvez-Infinement!
37:267 heures- radiante de l' Mythos
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