00:00Il faut une commission de réparation et ça doit aller au-delà du symbolique en termes de réparation.
00:05Si le président a pu surmonter ce tabou-là en disant « oui, la question se pose ».
00:11Et c'est vrai que l'ONU, l'Afrique, la Caraïbe, en l'espèce la CARICOM,
00:17posent la question en termes de justice réparatrice.
00:21Il a dit des choses importantes, il a fait des annonces importantes.
00:24Il faut voir comment s'ouvre le débat sur les réparations, sur la reconnaissance.
00:31J'étais évidemment, vous ne m'en voudrez pas, très marquée par le discours de Christiane Taubira.
00:40Toujours la même profondeur de champ de la pensée et en même temps de la hauteur de vue.
00:46Elle arrive à faire les deux à la fois.
00:47Le président de la République, à mon sens, il dit « oui, je suis pour la bogation du Code noir
00:53».
00:53Et après, il parle de réparation.
00:56Il parle de réparation et les réparations, je trouve qu'il ne va pas très loin.
01:01Parce qu'il décide déjà.
01:04Il ne dit pas « nous allons voir ensemble ».
01:06Il fait plus qu'une suggestion.
01:09C'est-à-dire, bon, ça peut être dans le savoir, l'université, etc.
01:13Je ne suis pas contre.
01:14Mais ce n'est pas à lui seul de dire « voilà ce qu'on va faire ».
01:17Moi, je retiens que Mme Taubira a été égale elle-même,
01:20qui a fait un très, très beau discours, en train de beaucoup d'émotions.
01:22Par contre, le président de la République, il a dit un certain nombre de choses.
01:25Mais je trouve que ça ne va pas suffisamment loin.
01:28Notamment lorsqu'on parle des réparations.
01:30La réparation, ce n'est pas donner de l'argent à chaque individu.
01:33Mais c'est de prendre un certain nombre de résolutions
01:35qui permettraient à ces territoires qui ont connu l'esclavage
01:37de pouvoir mieux prospérer et d'assurer un meilleur développement.
01:40Ce qui n'est pas le cas aujourd'hui.
01:42En tout cas, je peux dire que ce n'est pas du tout le cas de la Guyane.
01:44Merci.