- il y a 2 semaines
Tous les mardis, de 16h30 à 17h, LCP-Assemblée nationale prolonge la séance des Questions au Gouvernement en invitant des députés pour analyser les échanges intervenus dans l'hémicycle.
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00:00Et on revient sur ce plateau avec deux députés,
00:04Edouard Bénard pour le groupe Communi,
00:06Julie Delpeche pour le groupe Ensemble pour la République
00:08et quatre citoyens. On a le plaisir d'accueillir aujourd'hui
00:11Lydia, Alexis, Olivier et Lucas.
00:15On va revenir très rapidement sur la séance
00:18qui a duré plus longtemps que prévue,
00:20notamment parce que les députés ont rendu hommage
00:22à la députée Béatrice Bellamy,
00:24décédée hier des suites d'un cancer.
00:27Un mot chacun, c'était important
00:29que la représentation nationale lui rende hommage, Julie Delpeche.
00:33C'était extrêmement important et je vais le faire ici aussi.
00:37C'était une femme extrêmement bienveillante,
00:41souriante, généreuse et courageuse dans son combat.
00:44Et je pense que dans cette période
00:46où parfois les politiques sont un peu décriées,
00:49c'est important aussi de rappeler tout ce qu'on fait,
00:51les combats et c'est important de le faire.
00:53Edouard Bénard, hommage transpartisan,
00:55unanime de l'Assemblée en début de séance.
00:58Transpartisan, je partage les propos de ma collègue,
01:00quelles que soient les divergences de conviction.
01:03Et c'est bien là ce qui fait l'honneur du débat public
01:04et de la démocratie,
01:06avait le visage des serviteurs humbles de la République
01:09et nous lui devions cet hommage.
01:11Et on va passer à présent à la séance citoyenne.
01:20Edouard Bénard, Julie Delpeche,
01:21vous avez l'habitude d'interroger les ministres,
01:23c'est à présent les citoyens qui vont vous interroger.
01:26On a 20 minutes, moins longtemps que prévu,
01:28on s'en excuse, mais je suis sûre
01:29que ça nous permettra de débattre.
01:31Alexis Vissiliot, vous avez 26 ans,
01:33vous êtes cadre dans le secteur bancaire,
01:35vous venez de Boulogne-Biancourt.
01:36Une question sur l'économie,
01:38je pense que nos deux invités
01:39ne seront pas forcément d'accord, on vous écoute.
01:41Bonjour, alors il y a une loi
01:43qui s'appelle la loi de simplification de la vie économique
01:45qui a été adoptée très récemment.
01:47Le fait d'alléger les contrats administratifs,
01:49certes c'est une bonne chose,
01:51néanmoins est-ce que c'est suffisant ?
01:52Est-ce qu'il faut également aller vers
01:56une réduction des dépenses publiques ?
01:58On est dans une conjoncture économique très difficile,
02:00la croissance économique est faible,
02:02le déficit public est élevé.
02:04Est-ce que cette mesure est vraiment suffisante ?
02:08Julie Delpeche,
02:09qui est la simplification,
02:10mais vous avec les troupes de Gabriel Attal,
02:12vous avez aussi d'autres réponses ?
02:13Alors la simplification, évidemment,
02:16même si je pense que cette loi simplification,
02:17elle a été très modifiée,
02:19donc on a peut-être perdu un peu de son sens.
02:21Néanmoins, il y avait un certain nombre
02:22de mesures concrètes dans cette loi
02:24de simplification administrative.
02:27Après, nous, c'est vrai qu'on est dans une famille politique
02:29où on est plutôt pour baisser le coût du travail,
02:32pouvoir inciter les entreprises
02:33à embaucher, à innover, à investir.
02:36Et là, il y a eu des propositions faites par Gabriel Attal,
02:39mais évidemment, la bande passante avant 2027 est réduite,
02:42mais ça sera un vrai enjeu de la présidentielle
02:44sur comment on redynamise notre activité économique.
02:47Et je pense qu'on a un vrai sujet, par exemple,
02:49de rapprocher le salaire brut du salaire net.
02:51Je pense qu'il faut qu'on travaille sur ces points-là.
02:54Et puis, on a un vrai sujet de code du travail.
02:56On a un code du travail qui a plus que triplé
02:58sur les dernières décennies.
03:00Donc il faut qu'on simplifie,
03:02il faut qu'on libère les énergies.
03:03Donc c'est vrai que nous, on est plutôt dans une famille politique
03:05où on pense que, oui, il faut simplifier,
03:07mais il faut aller au-delà,
03:08et notamment sur les allégements de charges et l'impôt.
03:11Alexis, sur cet allégement de charges rapproché,
03:14salaire net, salaire brut,
03:15on voit tous que sur la fiche de paye,
03:17il y en a un peu qui part,
03:18mais finalement, c'est aussi des cotisations sociales.
03:20Je suis sûre qu'Edouard Bénard vous le dira.
03:23Oui, tout à fait.
03:24Je pense que l'objectif, c'est quand même
03:25d'envoyer un signal positif pour nos entreprises.
03:29Il faut absolument qu'on devienne plus compétitif, je pense.
03:32On a la Chine et les Etats-Unis qui prospèrent,
03:36et nous, en Europe, on a quand même quelques difficultés.
03:40Donc moi, c'est surtout de savoir,
03:42est-ce qu'on veut continuer à rester en fait un pays
03:47qui a un niveau de taux de prélèvement obligatoire
03:50extrêmement élevé,
03:51je crois un des plus élevés en Europe,
03:52derrière le Danemark,
03:53ou est-ce qu'on veut, à l'inverse,
03:56vraiment une politique fiscale plus favorable
03:58pour les entreprises ?
03:59Edouard Bénard, parce que vous, ce terme
04:00« coût du travail », vous n'aimez pas tellement ce terme.
04:03Non, je n'aime pas tellement ce terme.
04:05Et puis vous parliez justement
04:06de simplification de la vie économique.
04:08Alors s'il s'agit de simplification administrative,
04:10on sera tous d'accord.
04:11On sera tous d'accord sur le fait
04:12qu'il y en a marre de ces démarches kafkaïennes
04:14pour tout un tas d'artisans, de TPE,
04:16et y compris de collectivités.
04:18On est d'accord qu'il y a un certain nombre
04:21de formulaires, de prasses qui paraissent inutiles, etc.
04:24Mais si ça sert à justifier justement
04:28une compétitivité à tout prix,
04:30moi je me demande, c'est quoi la compétitivité ?
04:31Ça sert à quoi ?
04:32Ça sert à qui ?
04:33Parce que ça fait des années
04:34qu'on nous sert un petit peu les mêmes recettes.
04:36Je me rappelle, mes premiers pas militants,
04:38il y avait le rapport Gallois.
04:40Le rapport Gallois qui faisait
04:41allègement des cotisations,
04:43quelques cadeaux fiscaux, etc.
04:45Et on promettait avec le CICE à l'époque
04:47un million d'emplois.
04:48On les a un million, on les attend toujours.
04:50Par contre, s'il faut réduire la dépense publique,
04:53je pense que ce n'est pas la solution.
04:55Il y a une partie des dépenses publiques à réduire,
04:57c'est effectivement, on parle des cadeaux
05:00faits à des grands groupes,
05:01sans contrepartie,
05:02les fameux 211 milliards offerts
05:04aux grandes entreprises,
05:05qui souvent voient des transferts,
05:07liens de cause à effet,
05:09cadeaux fournis pour la recherche,
05:11pas de contrôle, savoir les dividendes, etc.
05:13Mais s'il s'agit de réduire
05:14les dépenses des collectivités, etc.,
05:16dans ce cas-là, on réduit la commande publique.
05:19Et sans, vous citiez l'exemple,
05:21états-unien et l'exemple chinois.
05:22Ce ne sont pas mes modèles.
05:24Mais en Chine, il y a une planification,
05:26il y a une visibilité sur le long terme,
05:28et je pense que c'est ce qu'on a de mieux
05:29à offrir aux entrepreneurs.
05:30Alexis, sur ces deux réponses,
05:32sur la réponse des doigts,
05:33à la fois, ces cotisations,
05:34elles servent à quelque chose,
05:35d'entretenir le fameux modèle social français ?
05:38Tout à fait.
05:39Alors, il faut préserver notre modèle social.
05:41Néanmoins, il faut trouver, je pense,
05:42aussi un équilibre pour pouvoir faire en sorte
05:44que notre économie soit plus forte,
05:46que notre croissance économique soit meilleure,
05:49et que les agents économiques
05:52soient incités à entreprendre, notamment.
05:55Allez, on va passer à un autre thème.
05:56Je suis désolée, ça va assez vite,
05:58mais effectivement,
05:59notre séance citoyenne est un peu raccourcie.
06:00On va parler avec vous, Lucas Martelossi,
06:0319 ans, étudiant à Clamart.
06:05On a parlé économie,
06:06on va parler santé, système de santé.
06:08Dites-nous.
06:09Exactement.
06:09Ma question est,
06:11comment la France,
06:12puissance, en tout cas,
06:13vue comme une puissance sur la scène internationale,
06:15a-t-elle pu être impuissante ce coup-ci
06:18face au déclin sur presque tous les points
06:20de son système de santé ?
06:21Merci.
06:22Julie Delpeche, votre réponse.
06:24On en parle beaucoup.
06:24Les déserts médicaux,
06:25la situation de l'hôpital.
06:27Alors, effectivement,
06:28moi, je suis sur un territoire extrêmement touché.
06:30Je suis en Sarthe.
06:31On est considéré comme 97e département sur 100
06:35en termes de désertification médicale.
06:36Donc, c'est évidemment,
06:37chez moi, un sujet quotidien.
06:39Je pense qu'il y a plusieurs choses
06:41et je pense que c'est des décennies
06:44de choses qui n'ont pas évolué
06:45dans le domaine de la santé.
06:47La baisse démographique
06:48et l'augmentation de la vie,
06:52c'est une bonne chose,
06:54l'augmentation de la vie,
06:55mais en même temps,
06:55c'est aussi des coûts pour notre système.
06:57Et je pense qu'on n'a pas su s'adapter à ça
06:59et qu'il n'y a pas eu forcément
07:00de grande politique publique là-dessus.
07:02Donc là, il y a eu la levée du numerus clausus,
07:04mais on en verra les effets
07:05qu'en 2028-2030.
07:07Donc, c'est vrai qu'on ne peut pas dire aujourd'hui
07:09que cette levée du numerus clausus
07:10a un effet là,
07:11mais ça va arriver.
07:12Moi, par exemple,
07:13chez moi,
07:13j'ai le dispositif des docteurs juniors
07:15qui va se mettre en place
07:17et donc, c'est des internes
07:18qui vont venir sur les territoires ruraux
07:20en désertification médicale
07:22qui seront accompagnés
07:23par des médecins titulaires.
07:25Moi, j'ai une vingtaine
07:26de docteurs juniors qui arrivent.
07:28Franchement, c'est extrêmement important
07:29pour mon territoire.
07:31Ça va vraiment soulager
07:32autant les médecins
07:33que les patients.
07:35Et après, il y a des dispositifs
07:36comme les infirmiers
07:37en pratique avancée
07:38qu'il faut qu'on continue
07:39de promouvoir,
07:40qu'il faut qu'on continue
07:41aussi de sensibiliser
07:42parce qu'il faut aussi
07:44sensibiliser les professionnels
07:45médicaux.
07:45Il y a des résistances parfois
07:46dans le monde médical.
07:47Bien sûr, et notamment
07:48chez les médecins.
07:49Moi, je le constate sur le terrain.
07:50Un médecin, il va me dire
07:51OK, mais un infirmier
07:53en pratique avancée,
07:54ce n'est pas un médecin.
07:55C'est vrai.
07:55Mais par contre,
07:56il peut faire un suivi
07:57de patients qui ont des maladies,
08:00qui ont des affections
08:01longue durée
08:02où il faut un suivi
08:03assez régulier.
08:05On ne dit pas
08:05qu'il faut faire des ordonnances,
08:06qu'il faut traiter
08:07des grosses pathologies.
08:08Mais en tout cas,
08:08ces infirmiers
08:09en pratique avancée
08:10sont là pour libérer
08:11du temps médical
08:12aux médecins
08:13pour traiter d'autres pathologies
08:14et donc des factos
08:15raccourcir les délais
08:16de rendez-vous.
08:17Lucas, il y a eu
08:18des réponses apportées
08:19sur ces dispositifs
08:20justement pour encourager
08:21les jeunes médecins,
08:22pour donner plus de pouvoir
08:23aux infirmiers
08:24ou aux infirmières,
08:25arrêter avec ce numerus clausis,
08:27diplômer plusieurs personnes.
08:28Ça peut aller dans le bon sens,
08:29même si Julie Delpachdi,
08:30on n'en voit les effets
08:31que dans quelques années.
08:33Oui, bien sûr
08:33que ça va dans le bon sens.
08:34Mais c'est juste...
08:35Donc toutes ces réformes
08:36sont bien.
08:37Mais je trouve que c'est quand même
08:39qu'il y a peut-être un manque
08:40de priorité à l'Assemblée nationale,
08:41sachant que la dernière loi
08:44entre guillemets historique,
08:46en tout cas puissante
08:47sur ce système de santé,
08:49elle date de 2016.
08:50C'est la loi santé.
08:51Donc ça fait une décennie entière
08:52qu'il n'y a pas eu
08:53une refonte de loi
08:56par rapport à ce système de santé
08:57et que même les fonds,
08:59par exemple,
08:59on a remis début d'année
09:0136 milliards d'euros
09:02pour une programmation militaire
09:042024-2030,
09:05ce qui l'amène
09:06à plus de 430 millions,
09:08alors que le système de santé
09:09attend toujours.
09:10Edouard Ménard,
09:11est-ce qu'on investit
09:12dans le système de santé ?
09:13Est-ce que c'est que par l'argent
09:15qu'on peut réussir à le sauver
09:17en lui donnant plus de moyens ?
09:18Si je schématise votre propos,
09:19c'est un petit peu
09:21trop d'obus,
09:21pas assez de sécu.
09:23Mais sur les dépenses de santé,
09:25en particulier,
09:26on a un problème
09:27de gestion entrepreneuriale
09:28de notre système de santé
09:29depuis des années
09:30où on a considéré
09:31le soin comme une dépense
09:32plutôt que comme un investissement.
09:34Et on a eu
09:34des fonds d'âme insuffisants.
09:36On a eu,
09:38pendant les années Covid,
09:39on applaudissait
09:40les aides-soignantes,
09:41je féministe,
09:42parce que ce sont
09:42des métiers
09:43principalement de femmes
09:44et nos infirmières
09:45qui étaient applaudies.
09:47La revalorisation
09:48est quand même attendue
09:49pour grand nombre d'elles
09:51et on voit toujours
09:52nos fermetures de services,
09:53etc.
09:53C'est lié
09:54à cette conception
09:55de la santé
09:56que je considère
09:58qui n'est pas une marchandise
09:59et ne doit pas l'être.
10:01Après,
10:01avec ma collègue,
10:01on partage
10:02la levée du numerus clausus,
10:04ça,
10:04c'est une initiative
10:05qu'on partage,
10:06qu'a fait consensus.
10:07Il y a eu une initiative
10:08transpartisane
10:08l'année dernière
10:09du député Garot,
10:11d'Espé Garot.
10:14Guillaume Garot,
10:14on était tous les deux
10:15co-signataires
10:17de cette proposition de loi
10:18qui a su faire consensus,
10:20qui priorisait
10:21l'installation
10:21de médecins,
10:22la régulation
10:23de l'installation
10:24des médecins
10:24sur les territoires
10:25les plus sous-dotés
10:27en priorité.
10:28Après,
10:28il faut aussi réfléchir
10:29à la place des spécialistes
10:30parce que ce n'est pas
10:30que pour les médecins généralistes.
10:31Il y a 7 millions de Français
10:32sans médecins généralistes.
10:35Mais il y a aussi
10:36des tas de Français
10:36qui sont sans dermatologues,
10:38sans orthophoniste.
10:38Et qui attendent
10:39ou alors des mois
10:40pour un rendez-vous.
10:42Je vous propose
10:42de passer à l'autre thème.
10:44Vraiment,
10:44je sais que ça va très vite,
10:45mais Olivia Cotolobé,
10:4732 ans,
10:48vous êtes fondatrice
10:48de l'Observatoire européen
10:50de la santé menstruelle.
10:51Vous venez d'Anières-sur-Seine.
10:53C'est aussi la santé des femmes,
10:55des règles jusqu'à la ménopause.
10:57Dites-nous,
10:57quel est votre sujet
10:58de préoccupation aujourd'hui,
10:59Olivia ?
11:00Alors, pour commencer,
11:01je voulais rappeler
11:02que nous sommes au mois de mai.
11:03Donc, c'est le mois
11:04de la santé des femmes.
11:05Et le 28 mai,
11:07c'est la journée internationale
11:08de la santé mensuelle.
11:09Et on sait que ce sujet
11:12a été débattu
11:13à l'Assemblée nationale,
11:14que ce soit par rapport
11:15au congé mensuel,
11:16au remboursement,
11:17des protections hygiéniques
11:19ou encore par rapport
11:21au plan endométriose.
11:24ma question,
11:25parce qu'on sait
11:26qu'il y a urgence
11:27face à la santé des femmes
11:28en règle générale,
11:30comment on fait
11:30pour accélérer les choses,
11:32comment on fait
11:32pour accélérer
11:33la prise en compte
11:34de la santé des femmes
11:35et notamment
11:36la santé mensuelle
11:37dans l'agenda politique
11:38quand on est député
11:39et aussi dans votre circonscription ?
11:41Julie Delpech.
11:42Alors, effectivement,
11:43c'est un sujet majeur.
11:44Moi, je suis secrétaire
11:44de la délégation
11:45aux droits des femmes.
11:45Donc, c'est évidemment
11:46un sujet extrêmement important
11:48et qui, dans notre délégation,
11:50est traité par Prisca Thébnaud
11:52qui travaille beaucoup
11:53sur ce sujet
11:53de santé des femmes.
11:55Il y a des choses
11:56qui ont été faites
11:56sur la précarité menstruelle,
11:59notamment avec le remboursement
12:01des protections, etc.
12:03Moi, je pense qu'il faut
12:04effectivement aller plus loin
12:06et notamment sur l'endométriose.
12:07J'avais fait une question écrite
12:08au ministre
12:09pour avoir enfin
12:11le déploiement de ce plan
12:12et je pense qu'on y est,
12:13on avance,
12:14mais c'est un peu comme tout
12:15dans la santé des femmes.
12:16On avance,
12:16mais on avance trop lentement
12:18et je pense qu'effectivement,
12:19il y a des choses à faire.
12:20Après, sur le congé menstruel,
12:23là, on peut avoir
12:23un vrai débat
12:24et je pense qu'on ne sera
12:25pas tous d'accord.
12:25Moi, je ne suis pas pour
12:26à titre personnel.
12:27Je pense que ça stigmatise
12:29encore les femmes.
12:30Je serais plutôt
12:30pour un congé maladie simplifié,
12:33c'est-à-dire sans délai de carence,
12:34avec un arrêt maladie
12:36tout de suite.
12:37Mais je pense que
12:38lors d'un entretien,
12:39ce n'est jamais facile
12:40pour une femme,
12:42ça peut être du secret médical,
12:43il y a des femmes
12:44qui n'ont pas envie d'en parler.
12:45Donc c'est vrai que moi,
12:46ce congé menstruel,
12:47et je l'assume pour ces raisons-là,
12:49par contre,
12:49qu'on ait une vraie politique
12:50de simplification
12:51des arrêts maladie
12:52pour les femmes
12:53avec ce retrait
12:54du délai de carence.
12:55Pas d'avoir à se justifier,
12:57en gros,
12:57d'aller chez le médecin.
12:59On a besoin de cet arrêt,
13:00on l'a de manière très simple,
13:01on n'a pas ce délai de carence
13:02et la femme peut prendre soin d'elle
13:04et se reposer.
13:05Question rapide,
13:06Julie Delpech,
13:09quand on parle de santé menstruelle
13:11ou est-ce qu'on a tendance
13:12à dire,
13:12je vais schématiser un peu,
13:13mais encore un truc
13:14de bonne femme ?
13:16Alors non,
13:16on ne dit pas un truc
13:17de bonne femme,
13:18par contre,
13:18c'est vrai qu'on a encore du mal
13:19à sensibiliser l'opinion publique
13:21sur ces sujets-là,
13:23notamment les hommes,
13:24et c'est vrai que moi,
13:25c'est ce que je regrette
13:25au sein de la délégation
13:26des droits des femmes
13:27à l'Assemblée,
13:27on est beaucoup de femmes,
13:29finalement,
13:29et peu d'hommes,
13:30et ce que je trouve
13:31vraiment dommage,
13:31on a aussi ce sujet
13:33de sensibilisation,
13:34de prévention,
13:35mais vraiment sensibiliser
13:36la société,
13:37parce que ce sujet
13:39de congés menstruels,
13:41c'est un sujet de société,
13:43donc c'est vrai que,
13:44mais on avance,
13:44on avance,
13:45mais...
13:45Olivia Cotolobé,
13:46vous avez l'impression
13:47quand même que ça devient
13:48un sujet politique,
13:49c'est vrai que jusqu'à
13:50l'endométriose,
13:51on a eu le sentiment
13:51de découvrir au fur et à mesure
13:53cette maladie
13:54qui touche énormément de femmes,
13:56beaucoup disent
13:56que si ça touchait les hommes,
13:57tout irait un petit peu plus vite.
13:59Je pense que oui.
14:01Je suis aussi atteinte
14:02d'endométriose
14:03et je pense que le sujet
14:05a permis d'ouvrir la voie
14:06sur la santé mensuelle.
14:08Mon seul problème,
14:09c'est qu'on ne se rend pas compte
14:10à quel point c'est un sujet
14:11qui est systémique.
14:11C'est à la fois au carrefour
14:13des sciences médicales,
14:14des sciences sociales,
14:15des sciences environnementales,
14:17économiques, culturelles, etc.
14:18Et donc,
14:18je pense que c'est important
14:19de prendre la santé mensuelle
14:21dans sa globalité
14:22et évidemment de sensibiliser
14:23un peu plus tout le monde,
14:25notamment les hommes
14:26et les alliés.
14:27Edouard Bénard,
14:28on vous fait répondre
14:28évidemment aussi à ce sujet.
14:30C'est des sujets
14:31qui vous concernent,
14:32ça peut concerner les femmes
14:33dans toute leur vie,
14:35à tous âges de la vie.
14:36C'est des sujets
14:38qui concernent toutes les femmes
14:40et vous,
14:41déjà, bravo pour votre engagement.
14:43Et en second lieu,
14:45vous parliez de l'endométriose.
14:47Sur l'endométriose,
14:48déjà,
14:48on a des errances médicales
14:49énormes
14:50du fait du peu de formation
14:51des professionnels de santé
14:53sur plus particulièrement
14:55les pathologies féminines
14:56et la santé mensuelle.
14:57on est sur 7 à 10 ans
14:59pour les diagnostics
15:00de l'endométriose.
15:01La première chose,
15:02c'est la reconnaissance
15:03à l'Eldé effectif,
15:04pleine, etc.
15:06Affection longue durée.
15:08En affection longue durée,
15:09tout à fait.
15:10Et puis,
15:10vous disiez,
15:11c'est un sujet systémique.
15:13Oui, oui.
15:13Et puis,
15:14ce n'est pas anodin
15:14parce que précarité menstruelle,
15:16c'est 7 millions de femmes,
15:18pardon,
15:184 millions de femmes
15:19qui sont concernées
15:20par la précarité menstruelle,
15:21ce qui est tout de même
15:24assez énorme.
15:25Et c'est confiner
15:27les solutions
15:28à des réponses localisées,
15:29des initiatives locales,
15:31des initiatives d'associations,
15:32d'organisations associatives
15:34ou d'entreprises elles-mêmes.
15:36Effectivement,
15:36je pense que ça doit être
15:37une question politique,
15:38la gratuité
15:39dans les espaces d'études,
15:43dans les lieux universitaires,
15:45au travail, etc.
15:46Ça doit être un sujet politique
15:47sur la formation.
15:49Ça doit être un sujet politique
15:50de transparence aussi
15:52sur les chocs toxiques.
15:53Mais pour ça,
15:54encore faut-il avoir
15:54un éveil sur la santé menstruelle
15:56et dès le plus jeune âge.
15:58Merci beaucoup,
15:59Olivia Cotolomé.
16:00Je suis sûre que
16:02votre témoignage,
16:03Fraiko,
16:04a beaucoup de femmes.
16:04On va finir avec vous.
16:06Je vous rappelle
16:06que si vous souhaitez participer
16:07à la séance citoyenne,
16:08un QR code va s'afficher
16:10juste ici.
16:11Vous pouvez également
16:11vous rendre sur le site
16:12lcp.fr.
16:14Lydia Rabey,
16:1537 ans,
16:15consultante en ressources humaines
16:17et en management.
16:18Vous venez de Seine-et-Marne.
16:19Votre sujet,
16:20c'est la santé mentale,
16:21mais plus précisément
16:22sur les réseaux sociaux,
16:24ce qui peut se passer ?
16:25Dites-nous.
16:25On continue effectivement
16:26sur la thématique de la santé
16:28et plus spécifiquement
16:29sur la thématique
16:30de l'ubérisation
16:31de la santé mentale.
16:32On voit émerger
16:33quand même
16:33depuis plusieurs années
16:35des plateformes
16:36qui utilisent
16:37des données psychologiques,
16:38qui utilisent aussi
16:39des créateurs de contenus
16:40et demain,
16:42l'intelligence émotionnelle
16:45pour vendre de la thérapie.
16:47Alors moi,
16:47je me pose la question
16:48en tant qu'accompagnante
16:49et citoyenne.
16:50Est-ce qu'aujourd'hui,
16:51on a un cadre
16:53suffisamment solide
16:54pour nous protéger
16:56en tant que citoyen ?
16:57Parce qu'on est bien d'accord,
16:59vous considérez
16:59que ça peut être des dérives,
17:00ça peut être risqué
17:01d'utiliser des sites internet,
17:03etc.,
17:04pour faire une thérapie ?
17:05Bien sûr.
17:06Alors moi,
17:07je peux prendre l'exemple
17:07de BetterHelp,
17:08qui est une entreprise
17:10américaine.
17:10Il y a eu un procès
17:12qui a été fait,
17:12notamment dans la diffusion
17:14de données personnelles
17:16très sensibles.
17:17fragiles,
17:17de fragilité.
17:18Voilà,
17:19à des fins publicitaires,
17:20à des groupes
17:21comme Facebook,
17:22Meta,
17:23Criteo.
17:24Et donc là,
17:25effectivement,
17:26on en vient quand même
17:27à un vrai enjeu
17:28de danger,
17:32de diffusion
17:33de la vie privée.
17:34d'informations sensibles.
17:36Et c'est au-delà
17:37juste de la vie privée
17:38parce que c'est
17:39des éléments médicaux.
17:40On est sur le secret médical
17:42et juste pour préciser,
17:43en fait,
17:43cette plateforme
17:44permet d'interagir
17:46avec des psychologues
17:47par message.
17:48Donc là,
17:49il y a aussi quand même
17:49un vrai sujet d'éthique
17:51et de déontologie
17:52sur le secret médical
17:53parce que des personnes
17:55de l'entreprise
17:56BetterHelp
17:57sont amenées aussi
17:58à voir les messages
17:59et les interactions
18:00entre les patients
18:01et les thérapeutes.
18:02Edouard Bénard,
18:03je ne sais pas
18:04si vous connaissiez
18:05justement ces choses,
18:06mais sur cette
18:07ubéridisation
18:08de la santé mentale.
18:09J'ai découvert
18:10cet exemple concret
18:11là ces derniers jours
18:12grâce à la presse,
18:14mais sinon,
18:14je ne sais pas.
18:15La santé mentale,
18:16c'est le parent pauvre
18:17du système de santé
18:18qu'on évoquait tout à l'heure.
18:19La nature ayant au revoir
18:20du vide,
18:21naturellement,
18:21il y a un marché
18:22qui se laisse occuper.
18:24Comme ce n'est pas
18:25une marchandise,
18:25la santé mentale,
18:26j'imagine que
18:27c'est encore plus risqué
18:29que ce soit
18:30une marchandise ubérisable.
18:32Et là,
18:32à travers cet exemple,
18:34ce que j'entends,
18:34c'est qu'il y a
18:35un volet protection
18:36des données
18:37qui n'est pas anecdotique,
18:38mais qui n'est pas
18:39au cœur même des enjeux.
18:42il y a la protection
18:43contre les influenceurs
18:45avec peut-être
18:47une clarification
18:48des partenariats rémunérés,
18:50un affichage clair,
18:51etc.
18:52Et puis aussi,
18:53peut-être une interdiction
18:55à réfléchir
18:57de l'usage publicitaire
18:59des données de santé
19:00parce que les questionnaires
19:01sur l'anxiété,
19:03sur les troubles alimentaires,
19:04etc.
19:04ne doivent pas servir
19:05à nourrir Méta,
19:06TikTok,
19:07et compagnie.
19:07Et quand on voit
19:08après les questions
19:09des algorithmes
19:09sur les réseaux sociaux,
19:11Julie Delpeche,
19:11vous pensez qu'il faut
19:13encadrer ce genre de pratiques,
19:14faire extrêmement attention ?
19:15Bien sûr,
19:16on a voté une loi
19:18en 2023,
19:18la loi dite influenceur,
19:20qui était portée
19:21par Stéphane Vogeta
19:22et Arthur Delaporte,
19:24donc en transpartisan,
19:26qui a du coup imposé
19:29ce partenariat
19:30rémunéré
19:31sur les publications
19:31des influenceurs.
19:32Et moi,
19:33je pense qu'il faut
19:33qu'on puisse étendre
19:34cette loi,
19:36notamment aux plateformes
19:37de thérapie
19:38comme celle
19:39que vous évoquez.
19:40Je pense que c'est majeur,
19:42mais qu'effectivement,
19:43les réseaux sociaux,
19:44je vous dis,
19:45on a voté cette loi
19:46il y a trois ans maintenant,
19:47et en fait,
19:48tout va tellement vite
19:49que cette loi,
19:50elle n'est déjà pas obsolète,
19:51mais il faut déjà
19:53penser à la modifier
19:55pour ajouter
19:56ce type de plateforme.
19:57Et je pense que
19:59ce sujet-là
20:00est majeur
20:00et cette loi,
20:01elle est là,
20:02et je pense que ça peut
20:02être un véhicule
20:03pour pouvoir aussi parler
20:05de ces plateformes-là.
20:06Et après,
20:07encore une fois,
20:08sur les réseaux sociaux,
20:09cette interdiction
20:10des réseaux sociaux
20:11au moins de 15 ans,
20:12et je pense que
20:13ces plateformes-là,
20:14il faudrait peut-être
20:15que ça puisse être considéré
20:16comme un réseau social,
20:18mais on met parfois
20:19des informations,
20:20notamment les plus jeunes,
20:21il faut qu'on les encadre,
20:22c'est extrêmement important,
20:24mais c'est une plateforme
20:24américaine,
20:25et même si l'Europe
20:26est très dotée
20:27d'outils,
20:28on a encore des sujets
20:29avec ces plateformes
20:30qui ne sont pas
20:31des plateformes européennes.
20:32Il faudrait interdire
20:33pour vous, Lydia ?
20:35Interdire ?
20:35Ce genre de plateforme,
20:36la santé,
20:37ça n'a rien à faire
20:38sur Internet
20:39dans un échange comme ça ?
20:40Ou alors,
20:40il peut y avoir
20:41des bonnes pratiques ?
20:42Non,
20:42je pense qu'il faut vivre
20:43aussi quand même
20:43avec son temps,
20:45et je pense que
20:46quand les choses
20:46sont encadrées
20:47et bien faites,
20:48il y a moyen
20:49de maintenir
20:51ces plateformes,
20:52mais il faut
20:53que ça soit encadré.
20:54Effectivement,
20:54vous évoquiez
20:55l'âge,
20:56donc déjà,
20:57d'être très vigilant
20:58sur l'âge
21:00des utilisateurs,
21:01encadrer aussi
21:02le marketing d'influence
21:04parce que là,
21:05il y a plus
21:06d'une centaine
21:06d'influenceurs
21:07qui ont promu
21:09cette plateforme.
21:11Donc là,
21:12il y a un vrai sujet
21:13d'encadrement
21:13du marketing d'influence
21:14sur ces partenariats
21:16rémunérés.
21:16Donc moi,
21:17je pense renforcer
21:18le cadre existant
21:20et donc tout en...
21:22En tout cas,
21:23c'est un beau cas d'usages.
21:24Merci beaucoup.
21:26Merci Lydia,
21:27merci Alexis,
21:28Olivia et Lucas
21:30d'avoir accepté
21:30notre invitation.
21:32Désolée pour cette
21:33séance citoyenne
21:33un peu raccourcie,
21:34mais vous l'avez vécue,
21:35Julie Delpech
21:36et Edouard Bénard
21:37dans l'hémicycle
21:37avec ce moment d'hommage
21:39rendu à votre collègue
21:40Béatrice Bellamy.
21:41La séance a duré
21:42un peu plus longtemps.
21:43Merci beaucoup à vous.
21:44Merci à vous
21:45de nous avoir regardés.
21:45Je vous rappelle
21:46que vous pouvez vous inscrire
21:47par le QR code
21:48ou sur le site
21:49www.lcp.fr.
21:51On se retrouve demain
21:52juste avant la séance
21:53des questions
21:53du mercredi 13h55
21:55toujours sur LCP.
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