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  • il y a 7 heures
L'ancien gardien du RC Lens Guillaume Warmuz revient sur la victoire du club en Coupe de France et livre son pronostic pour la finale de Ligue des Champions entre le PSG et Arsenal.

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Transcription
00:00Alors je rappelle quand même que vous avez été champion de France en 1998
00:03et vous avez aussi disputé la Coupe de France, mais vous ne l'avez pas gagné Guillaume.
00:08C'est ça, c'est un peu une anomalie qui nous était arrivée en 1998,
00:11à savoir que la Coupe de France, comme vous l'avez souligné,
00:14c'est d'abord la compétition qui maille le football amateur et le football professionnel.
00:19Et donc un club populaire comme Lens a échoué, nous avons échoué nous en 1998,
00:24mais avant c'était en 50 et 76 et le club n'avait jamais gagné cette Coupe de France.
00:29Et je crois que la justice est rendue dans ce sens.
00:31Il y a une justice dans un terme, j'ai envie de dire sportif.
00:37Aujourd'hui, cette réalité est vraiment exceptionnelle parce que les générations se sont succédées.
00:44Il y a eu une histoire qui est vraiment spécifique avec cette ville de Lens,
00:50avec ce club qui a été créé en 1906.
00:53Ensuite, Félix Bollard qui a donné cette dimension sociale,
00:56qui a œuvré, qui a vraiment mis les corons, les houillères.
00:59Et puis après-guerre, le professionnalisme est venu.
01:02Et il y a cette continuité avec ce peuple historique, j'ai envie de dire,
01:05maillé aussi avec un environnement européen qui est venu se mêler avec cette tradition locale,
01:11qui fait qu'aujourd'hui, non seulement le club valide cette Coupe de France populaire,
01:16mais en plus, cette longue tradition est vraiment régénérée.
01:20Et c'est vraiment formidable de faire partie de cette aventure-là.
01:22– Guillaume, vous comprenez pourquoi je voulais qu'on commence cette émission avec ça ?
01:26Parce qu'on a souvent, malheureusement, et je l'évoquais tout à l'heure,
01:30on a évoqué, et on y reviendra, cet avant-match entre Nice et Lens,
01:34et ces affrontements, ces scènes de chaos.
01:35Et ça, c'est le foot que je n'aime pas, c'est le foot qu'on n'aime pas.
01:37Mais le foot que l'on aime, c'est le foot que vous représentez,
01:40c'est le foot que vous incarnez, Guillaume, avec ces valeurs, cette communion.
01:43Et comme quoi, il est possible de faire la fête sans qu'il y ait des heurts.
01:47Et c'est toute la magie du Nord, les gens du Nord, qui ont parfois été critiqués.
01:51Et pas juste titre, d'ailleurs, si vous voyez ce que je veux dire.
01:54Et ça, ça fait plaisir à voir.
01:56– Oui, tout à fait.
01:57Bon, après, c'est de bonne guerre, tout le monde essaie d'avoir des arguments,
02:00des fois, quelquefois, un peu fallacieux.
02:02Non, ce qu'il faut bien comprendre, c'est que cette tradition,
02:06elle vient de longue date, c'est familial, c'est populaire.
02:10Et tout le monde s'identifie et garde à travers cette idée-là,
02:13eh bien, cette continuité.
02:15Et donc, quand on va au Stade Bollard, on vient en famille,
02:18on vient avec les enfants, on vient célébrer.
02:20Mais si ça ne marche pas comme on veut, on vient, ben voilà, on est triste.
02:23Quelquefois, ça a été tendu, quelquefois, c'est chaud.
02:25Les supporters, on les représente.
02:28Mais il y a une obligeance de faire mieux en tant que footballeur.
02:34Mais aussi, les supporters restent très présents, très précis,
02:37pour ne pas tomber dans l'excès.
02:38C'est ça qu'il faut retenir, je pense.
02:42Et au jour d'aujourd'hui, quand on voit malheureusement tout ce qui se passe,
02:45moi, j'ai envie de dire, ne prenez pas en otage le football.
02:49Le football, c'est une des plus belles choses qui arrive sur cette planète.
02:53Il est universel au sens où tout le monde peut y jouer.
02:56Alors, laissons-le.
02:57Venons tous comme nous sommes, partageons tout cela.
02:59Et si vous avez envie de casser, faites-soi de la boxe
03:02ou engagez-vous dans des forces spéciales ou faites autre chose.
03:05Mais venez juste célébrer et vivre ces moments exceptionnels.
03:07Oui, vous avez été un énorme gardien, une figure historique de ce club de Lens, Guillaume.
03:12Et moi, je vous admirais.
03:14Et c'est vrai, quand on voit ce qui s'est passé entre Nice et pas des supporters de Lens,
03:20d'ailleurs.
03:20C'était plutôt des supporters du PSG.
03:22Et quand on aime ce sport comme vous l'aimez, comme vous le défendez,
03:25et vous en parlez tellement bien et c'est tellement beau de vous entendre, mon cher Guillaume.
03:29Ben voilà, c'est un sacré pied de nez à tous ces casseurs qui sont tous des supporters de foot.
03:33Oui, je crois qu'il faut être un petit peu sévère, un petit peu radical.
03:37Partout dans le monde, il y a des excèdes parce que le football, c'est une passion.
03:41Et il exacerbe justement les passions.
03:43Il faut savoir les maîtriser, même si quelquefois il y a des débordements.
03:46Mais de tels débordements ne représentent pas notre...
03:48Alors évidemment, c'est le sport le plus populaire.
03:50Donc quand on voit ce qui se passe dans le monde, dans nos sociétés,
03:54ben forcément, on a des problèmes aussi, puisque toute la société représentée,
03:57le plus pauvre, le plus riche, celui qui a une grande intelligence, celui qui l'a peut-être moindre.
04:01Donc je crois qu'il faut garder cet espace vraiment.
04:06Et les Anglais, par exemple, les hooligans ont été, quand il y a eu le hooliganisme,
04:10ils ont été extrêmement sévères et radicals pour éradiquer ça.
04:12Et puis ben voilà, au jour d'aujourd'hui, c'est pas dit que tout est angélique,
04:16mais on doit garder vraiment cet espace-là.
04:19Et là, aujourd'hui, le lançoit de cœur que je suis, même plus que ça,
04:23puisque dans cette histoire-là, notre génération a été les premières à ouvrir,
04:28comme des mineurs, à ouvrir une grosse gaillette à mettre sur le toit de la France,
04:33en 98-99.
04:35Et là, j'ai eu le bonheur, le grand honneur de faire partie de la représentation
04:40pour porter la coupe avant le match.
04:42Et puis le président Ougourian a eu ce geste exceptionnel.
04:46Il n'était pas obligé.
04:47Il n'est pas, j'ai envie de dire, historique au sens local.
04:51Il a pris le président historique, Gervais Martel,
04:53qui l'a accompagné pour venir soulever le trophée.
04:55Lui, le local, j'ai envie de dire, le puré du relançois.
04:58Donc, vous voyez, c'est toute cette tradition
04:59et cette belle histoire du Racing Club de Lens.
05:02Guillaume, on m'a dit que vous suiviez fidèlement notre émission.
05:05Donc, ça me touche et ça me fait plaisir que vous nous suiviez fidèlement.
05:08Mon cher Guillaume, est-ce que je peux prendre un peu de votre temps ?
05:10Parce que j'aimerais vous faire écouter Alain Fickenkraut,
05:13qui était l'invité du rendez-vous politique ce matin
05:15et qui a parlé justement de ce qui se passe à Lens.
05:18Et j'aimerais vous faire réagir.
05:19Je fais réagir mes invités également, qui piafent d'impatience.
05:21Écoutez Alain Fickenkraut et je vous donne la parole, Guillaume.
05:25Lens m'a évité d'être totalement asbine.
05:31Parce que j'ai vu des images des supporters lansois
05:35qui accueillaient leur équipe au retour du grand match contre l'OGC Nice.
05:44Et il y en a eu un notamment, les larmes aux yeux, qui a dit
05:48« Mon grand-père était mineur, j'aurais voulu qu'il voie ça ».
05:52Là, j'étais très ému.
05:54Pas à la moindre violence, pas à le moindre souci.
05:59Voilà.
06:00C'est simplement une grande émotion pour un peuple, en effet,
06:04qui se trouvait reconnu à travers cette victoire.
06:07C'est beau, Guillaume, ce que vient de dire Alain Fickenkraut, le philosophe.
06:11Complètement.
06:12Et pour aller complètement dans ce sens-là,
06:14aujourd'hui, c'est aujourd'hui,
06:16et c'est tous les joueurs et le staff aujourd'hui
06:18qui méritent d'avoir ce retour-là.
06:20À ma génération 98, quand on a fait la même chose,
06:23après le titre, nous sommes arrivés à 3h du matin,
06:26pareil, nous sommes montés pour aller à la mairie.
06:29Et en descendant du bus, il y a un monsieur qui m'interpelle,
06:32comme c'est un monsieur assez âgé,
06:33qui m'interpelle et qui me tire la chemise.
06:35Et ce monsieur insiste, insiste.
06:37Il me dit, voilà, c'est le plus beau jour de ma vie.
06:40Ah ben alors, comme beaucoup, beaucoup étaient en larmes.
06:42Et il me dit, j'ai fait le débarquement en Normandie.
06:45J'étais dans la deuxième DB.
06:47Et j'ai pris un obus sur Outa Beach.
06:50Et je n'ai pas pu continuer.
06:52Alors moi, évidemment, je dis immédiatement,
06:53j'ai dit, monsieur, c'est quand même relatif.
06:56Moi, je viens de gagner la Côte.
06:57Mais il pleurait.
06:58Il a dit, non, non, c'est le plus beau jour de ma vie.
07:01De ma vie, pardon.
07:02C'est plus beau d'avoir libéré la France.
07:04C'est pour vous donner un ordre d'idées.
07:07On ne peut pas se rendre compte tant qu'on n'a pas vécu.
07:09Donc évidemment, quand on est néophyte
07:10ou qu'on découvre un peu,
07:12qu'on regarde le football un peu de loin
07:13ou qu'on ne connaît pas,
07:14ça paraît complètement...
07:16Qu'est-ce que c'est que cette bande de sang et or
07:18qui débarque sur le toit de la France ?
07:20Mais à l'intérieur et à la base de cette identité,
07:23depuis 1906, la création du club,
07:27ces générations n'ont cessé de vivre
07:29à travers justement ce sang des mineurs
07:31et l'or qui représente l'espoir,
07:34leur espoir de les représenter partout,
07:36en France et en Europe
07:38et même pourquoi pas dans le monde.
07:39Et c'est peut-être ce qui explique effectivement ce succès.
07:42Allez, avant, je vous libère,
07:43parce que je ne veux pas apprendre de votre temps,
07:45mais je n'ai pas oublié que vous avez joué Arsenal,
07:47mon cher Guillaume.
07:48Et il y a un certain PSG Arsenal.
07:51Alors, je ne vais pas vous demander pour qui votre cœur bat,
07:54mais peut-être un petit pronostic quand même.
07:58J'ai une grande...
07:59Alors, pour être tout à fait complet dans ce que nous parlons,
08:02vous savez que les...
08:02Enfin, peut-être que vous ne le savez pas,
08:03mais à la base,
08:04le Racing Club de l'Ange jouait en 1906 en rouge et noir.
08:07Et c'est parce que les couleurs de l'Espagne
08:08ont plu au fondateur que ses sang et or.
08:12Donc, j'en viens...
08:13Je fais le lien avec le Paris Saint-Germain.
08:14Pour moi, Louis Henrique est un entraîneur exceptionnel mondial.
08:18Donc, il a réussi à gagner l'année dernière,
08:20à ouvrir la voie du Paris Saint-Germain au niveau européen.
08:25On est français,
08:26donc d'abord le Paris Saint-Germain numéro un.
08:28Évidemment, j'aurai...
08:29Voilà, si Paris ne gagne pas,
08:31bon, j'ai joué Arsenal.
08:32Donc, ce sera moins grave, j'en veux.
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