- il y a 1 jour
Un déjeuner partagé avec le chef étoilé Jacky Ribault pour parler du poisson, comment le choisir? Comment se repérer entre les différents labels ?
Focus également sur les coulisses du concours du meilleur flan.Quels sont les ingrédients, les astuces et le savoir-faire pour réaliser le meilleur flan de l'hexagone ?
Elsa-Mondin Gava et Jean-Pierre Montanay partagent un repas avec une personnalité : politiques, chefs cuisiniers, artistes.... L'occasion d'aborder un thème d'actualité, autour de reportages et d'un menu élaboré avec des plats typiques de leur région, souvenirs d'enfance ou qu'ils apprécient particulièrement. Comment le contenu de nos assiettes impacte-t-il nos modes de vie ? Tout en parlant gastronomie, c'est l'avenir de notre société et les enjeux de demain qu'ils questionnent.
Focus également sur les coulisses du concours du meilleur flan.Quels sont les ingrédients, les astuces et le savoir-faire pour réaliser le meilleur flan de l'hexagone ?
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00:16Bonjour à tous et bienvenue dans Politique à table, l'émission qui nourrit les corps et les esprits.
00:23Et aujourd'hui nous avons le plaisir, que dis-je, l'honneur de recevoir le chef Jacqui Ribot. Bonjour.
00:28Bonjour, bonjour à tous. Bonjour Jacqui Ribot.
00:30Et bonjour à vous Jean-Pierre Montané. Bonjour Elsa.
00:32Alors Jacqui Ribot, vous avez grandi dans une ferme en Bretagne parmi 7 enfants, familles nombreuses.
00:37A 14 ans, vous rejoignez la ville reine pour travailler dans une brasserie.
00:41Et puis Chamonix, Zurich, Lyon, Paris, en passant par le Japon, vous avez côtoyé les plus grands chefs, Alain Passart,
00:48Pierre Hermé.
00:48En 2010, vous ouvrez votre restaurant Qui plume la lune dans le 11e arrondissement.
00:53Une étoile 4 ans plus tard et en 2018, l'ours à Vincennes.
00:56Votre cuisine, Jacqui Ribot, elle est militante.
00:59Par le prix, notamment, vous essayez de proposer une gastronomie qui reste abordable.
01:04Vous êtes connu comme un des étoilés les moins chers de Paris.
01:07Par le prix et parfois par le lieu, vous n'hésitez pas à traverser le périphérique.
01:11Ça ne vous fait pas peur.
01:12Jacqui Ribot, pour cuisiner, vous essayez d'avoir des produits très locaux,
01:16mais vous avez aussi des inspirations du bout du monde.
01:18C'est un peu à l'image du menu que vous nous proposez aujourd'hui.
01:21L'aspect Jean-Pierre.
01:22Effectivement, avec des asperges vertes sauvages, du thon rouge miso, betterave, sésame noir et mangue.
01:28Et en dessert, une émulsion de lait Ribot, sorbet citron, macaron, azuki, c'est un haricot et coriandre.
01:35Dans le dessous des plats, comment choisir son poisson ?
01:38On va essayer de vous aider pour s'y retrouver parmi les différents labels.
01:42Dans les pieds dans le plat, les coulisses du concours du meilleur flan,
01:45le gâteau régressif par excellence, qui connaît un regain d'intérêt, époux, stou, flan.
01:51Évidemment.
01:52Voilà le menu, en trois temps.
01:54C'est comme ça qu'on dit parfois dans les restaurants.
01:56Jacqui Ribot, on va commencer tout de suite par cuisine et confidence.
02:05Jacqui Ribot, pardon pour cette image, vous êtes un peu le darty de la gastronomie.
02:10N'ayez crainte, vous allez comprendre pourquoi.
02:12Et oui, lorsqu'on réserve chez vous, il faut vous faire confiance.
02:16Oui, c'est ça le contrat de confiance Ribot.
02:18Car chez vous, pas de carte, pas de menu, c'est vous le chef qui décidez,
02:22selon votre inspiration du moment, selon votre humeur, et pas de passe-droit.
02:26Que ce soit donc à Paris, à qui plume la lune, ou bien à Vincennes, à l'ours,
02:29vos deux tables étoilées, le client roi a juste le privilège
02:33de choisir entre quelques menus mystérieux aux prénoms évocateurs,
02:37Théodore, Iphigénie, Angèle, ou aux noms plus bucoliques comme Aubinière,
02:42ou Sapinière.
02:42Aujourd'hui, votre menu n'a pas de nom ni de prénom,
02:45mais encore une fois, on vous fait confiance.
02:48Et oui, la patte du chef est là, car ce plat dit quelque chose de votre parcours
02:52et raconte votre histoire au contact de Cador de la gastronomie,
02:55de la Bretagne à l'Est parisien, en passant par le Japon,
02:57et son choc culinaire.
02:59La synthèse se retrouve donc dans cette assiette hybride, légèrement fusion,
03:04je ne sais pas si vous aimez le mot, une asperge et une betterave d'ici,
03:07un ton rouge d'ailleurs, sublimé par le miso japonais, le sésame noir et la mangue.
03:12Ces quelques ingrédients résument un peu votre vie de chef, on peut le dire comme ça ?
03:17Oui, on va dire que là, il y a mes ingrédients préférés.
03:20La betterave rouge, pour moi, c'est la terre, c'est le côté vraiment terreux,
03:24et dessus, j'ai rajouté un vinaigre de riz pour amener un petit côté qui pique un peu pointu.
03:28La terre, c'est vraiment ce qui me plaît, la betterave, j'adore ça.
03:30La mangue, c'est un de mes fruits exotiques préférés, ça amène vraiment à la fraîcheur.
03:35Et après, la sésame noire que j'adore, parce que du coup, il y a l'instringence qui arrive.
03:39Et derrière, le miso en sabayon, ça, c'est la gourmandise.
03:41C'est comme une mayonnaise froide, une mayonnaise qu'on a chauffée, qui est froide.
03:45Et puis, les petites asperges, oui, parce que c'est la saison, les ornithongales, c'est sympa.
03:48Et le thon, c'est un produit que j'ai adoré, trahi au Japon.
03:51J'ai découvert là-bas le poisson au Japon.
03:53Eh bien, on vous remercie, Jacques Iribot, pour cette assiette, elle est magnifique.
03:57On va voir si elle est aussi bonne que belle, mais j'en suis absolument persuadée.
04:01Oui, parce que là, c'est un tableau.
04:03Exactement, on a limite, on a peur de commencer à faire n'importe quoi.
04:07Dites-nous sur l'émulsion.
04:08Alors, l'émulsion, vous m'avez parlé de mon produit préféré.
04:11Mon produit préféré à moi, ce que j'aime, moi, c'est la crème de homard.
04:14Moi, je suis breton, la crème de homard.
04:17Donc, c'est vraiment que les têtes de homard et les pâques de homard.
04:20On peut dire que c'est une petite bisque ou pas, pas tout à fait, c'est pas le mot
04:22?
04:22Ah non, parce que moi, je ne mets pas de concentré de tomate.
04:25D'accord.
04:25Je ne mets pas de tomate tout dedans.
04:27C'est pas très bien, la bisque est tomatée.
04:28Parce que souvent, la bisque, il y a trop de tomate et la tomate prend le dessus sur l'omard.
04:31Et il triche avec ça, parce que bien sûr, le concentré de tomate est moins cher que l'omard.
04:35Mais là, du coup, c'est vraiment mon produit préféré.
04:37C'est de la crème, du beurre après, puisqu'on a fait une réduction sur 24 heures pour avoir un
04:41jus très réduit de homard.
04:42Moi, ce que j'aime bien, c'est avoir vraiment une essence d'omard et après crémer, beurrer.
04:45Et bien sûr, avec un beurre salé.
04:47Mais alors là, pour ne pas dénaturer.
04:48Non, non, ça, c'est à boire un peu.
04:50On le boit à côté.
04:51Voilà, on ne mélange pas.
04:52Vous aviez raison, Elsa.
04:56Est-ce que ça dit aussi, vous disiez, Bétrave, Asperger, la terre, c'est ce qui est proche et le
05:02Japon, ce qui est loin.
05:03Vous êtes allé au Japon, justement, pour vous former, Jacques Iribeau.
05:06J'ai eu la chance d'aller au Japon il y a 25 ans maintenant.
05:09Et je ne parle ni anglais ni japonais.
05:11Donc, j'ai travaillé dans cinq cuisines différentes pour la famille Isawa à l'époque.
05:14Et je me suis régalé parce que j'ai découvert l'abnégation d'un cuisine japonais, l'abnégation d'avoir
05:20le poisson.
05:21Moi, je n'avais pas compris quand je suis arrivé en cuisine tout de suite.
05:23Il y avait des crochets.
05:24J'ai dit, mais on ne fait que du poisson, mais il y avait des crochets.
05:26Et en fait, le matin, les poissons arrivaient dans des sacs comme le poisson rouge avec de l'eau de
05:30mer, poisson vivant.
05:31Ils les accrochaient, on les faisait comme des morceaux de viande, quoi.
05:35Et c'était d'une fraîcheur hallucinante.
05:36Et ça, ça m'a...
05:37Je me suis dit, en France, on ne connaît pas le poisson, quoi.
05:39Et ça a été un choc.
05:40Je suis breton, hein.
05:44Parce que sur un saumon, mettons, en apprentissage, et je parle du saumon, et moi, je ne travaille pas de
05:48saumon sur celui de la vallée de la Dour, mais bon, il a des prix hallucinants.
05:52Sur un saumon en France, on vous apprend, on jette la tête, on jette le bas-ventre, qui est tout
05:56le côté gras du ventre, on jette les arêtes, on jette la peau.
06:00Nous, au Japon, avec un saumon, les arêtes, on va les faire pocher, sécher, cuire dans du miso et du
06:05saké et de la sauce soja, les faire.
06:07Et on les mange croustillantes comme des chips.
06:08La peau, on va en faire aussi une chips.
06:10La tête, on va en faire une soupe.
06:12Le bas-ventre, on va en faire des kushiyaki, des brochettes trempées, pareil, dans une marina d'yuzu, qu'on
06:18fait griller au barbecue.
06:19Et c'est super bon, parce que j'ai appris là-bas à cuisiner, sans beurre, sans crème fraîche, pour
06:23un breton, c'est dur.
06:24Parce que maintenant, les bretons sont arrivés au Japon, donc il y a de la crème et du beurre.
06:27Ils ont une façon aussi de découper le poisson différente.
06:29Le poisson, en fait, il le coupe vraiment comme un menuiser, taille du bois ou un ébéniste.
06:34Ils vont dans la nervure, ils vont toujours dans le vrai sens du poisson.
06:36Comment on appelle ça, déjà ?
06:37Alors là, vous avez vu.
06:38Une méthode, oui.
06:39Posez-moi la colle.
06:42Et si on revient un peu à votre enfance, justement, en Bretagne, qui cuisinait chez vous ?
06:46Qu'est-ce que vous mangiez chez les ribots ? Parce que famille nombreuse, dans une ferme...
06:50Famille nombreuse, très modeste, pas beaucoup d'argent.
06:52Donc mon père faisait les marchés, donc on récupérait déjà tous les légumes du marché qui n'étaient les invendus,
06:57c'est-à-dire les artichauts qui commencent à devenir jaunes, les choux-fleurs qui sont un peu tachés.
07:02Et donc ça, on mangeait ça.
07:03Et ensuite, à la ferme, on avait des poulets, des volailles, toute la basse-cour.
07:06Moi, dès à 10 ans, j'avais un élevage de faisans, moi j'avais demandé ça.
07:09Pour mes 10 ans, j'avais demandé...
07:10Cadeau de 10 ans, un élevage de faisans ?
07:11Non, mes cadeaux de 10 ans, ça a été une couveuse.
07:13J'ai demandé une couveuse pour mes 10 ans, le soir, j'entrais de l'école en courant pour mirer
07:16les oeufs
07:17et voir où en étaient mes oeufs de poule, de faisans, de poule de barbarie, de canard, etc.
07:22Donc c'était mon truc, quoi.
07:23Ah oui, vous étiez déjà tracés pour être dans la cuisine ?
07:25Oui, je suis fou de ça.
07:27Mais depuis quel âge ? Ça remonte à quand ?
07:28Mes premiers souvenirs, c'est à 8 ans, je voulais être boulanger, pâtissier, cuisinier.
07:32Et ce que vous...
07:33J'adore, je peux pas...
07:34Si je suis sans cuisiner, je meurs.
07:36Mais une couveuse pour avoir vos oeufs à vous ?
07:38Pour avoir mes oeufs, mes petits.
07:39Et ensuite, moi, quand ils étaient beaux, on les prenait et puis on les vendait sur le marché.
07:44Quand ils étaient beaux.
07:45Et est-ce qu'on vous laissait faire la cuisine chez vous, justement ?
07:47Qui cuisinait chez vous ?
07:48Moi, j'ai tenté, mais à l'époque, c'était pas facile parce que grande famille,
07:51donc c'était deux gazinières, deux poulets qu'on met au four.
07:54Par contre, j'aidais mon père à préparer les bestiaux.
07:57C'est-à-dire que quand je rentrais de l'école, on étouffait les pigeons,
08:00on vidait les volailles, on tuait les lapins.
08:02J'ai même, à une époque où, maintenant c'est interdit, bien sûr, tué un veau dans la ferme.
08:05On tuait le cochon aussi, on tuait à peu près un ou deux cochons par an.
08:08On faisait notre propre charcuterie.
08:10Tout ça, j'adorais participer à ça.
08:12Je trouve que c'était très intéressant pour moi d'arriver à un apprentissage à 14 ans et demi, 15
08:15ans
08:16et de savoir déjà comment un lapin est fait.
08:18Ou ce qu'est une échalote, de l'ail ou d'un oignon, ou un oignon nouveau.
08:22Il y avait déjà tout ça chez moi dans le jardin et dans les champs et à la ferme.
08:25Et vous aviez l'habitude, du coup, de manger ce qui était dans la ferme, en fait ?
08:29C'était tout proche.
08:29Mon père qui cuisinait, ma mère s'occupait beaucoup des enfants, mais mon père cuisinait.
08:34Et il cuisinait trop cuit.
08:35C'est-à-dire, mettons, on faisait des pigeons, mon père, il faisait des chivets, des fricassés de pigeons.
08:40Alors que c'est rosé, le pigeon ?
08:41Mais oui, c'était archi-cuit, donc je n'aimais pas trop le pigeon.
08:43Et j'ai découvert, après, bien sûr, que ça se mange rosé, saignant et que c'est délicieux.
08:47Parce que les pigeons, le premier réflexe que j'ai avec les pigeons,
08:49moi, j'adore le pigeon, c'est un de mes plats, je pense, qui m'a donné l'étoile Michelin,
08:53enfin, qui fait partie de l'étoile Michelin dans mon premier instant.
08:55Et on allait avec mon père, quand j'étais gamin, à 8-9 ans, monter dans l'Aragosse, dans les
08:59arbres, en Bretagne,
09:01et on repérait les ramiers, les pichons ramiers, et on voyait s'il y avait un, deux, trois, des fois.
09:06Et quand ils commençaient à grandir, on allait les chercher, on les ramenait à la maison,
09:09on les élevait dans un poulailler, et je les nourrissais le soir, quand on les remplissait.
09:13Je me mettais du blé dans la bouche, et hop, on les remplit, le jabot bien plein.
09:16Et quand ils étaient bien gras, on les étouffait, on les plumait et on les vendait.
09:19– La couveuse, premier pierre d'un destin, la deuxième pierre de ce destin,
09:23c'est quand vous êtes, avec votre apprentissage et CAP en poche,
09:25vous êtes à la fontaine au père, la reine, et là, racontez-nous cette histoire,
09:29vous devez remplacer le chef.
09:31– Oui, le chef, c'était rachet.
09:32– Et ça, c'est des signes du destin qui ne trompent pas, en général.
09:34– Qui est à la retraite, et en fait, oui, j'ai confiance totale qu'il avait en moi et
09:39en lui,
09:40que ça marchait bien, grosse brigade, son frère bouché à côté,
09:43donc l'après-midi, j'allais faire de la boucherie aussi, c'est comme ça que j'ai aimé aussi
09:46la boucherie,
09:46parce que j'ai ouvert une boucherie après, mais on a fait de la boucherie ensemble
09:49et grâce à, comment, grâce, c'est pas grâce, à cause d'un accident malheureux de sa femme
09:54qui n'était plus en salle, lui, il a été en salle,
09:56et donc du coup, je me suis retrouvé à 18 ans comme seconde cuisine, responsable de la cuisine, quoi.
10:01Mais ça a été génial, parce que, bien sûr, c'est pas la même cuisine que maintenant,
10:04et régulièrement, c'est très traditionnel et classique,
10:07mais c'était génial, quoi, à l'époque, d'avoir toutes ces responsabilités, quoi.
10:09– Mais c'était dur aussi, à l'époque, vous disiez, en fait, on comptait pas les heures,
10:14maintenant, quand on voit la jeune génération de cuisiniers,
10:17ils veulent parfois avoir un soir tranquille, un week-end,
10:21mais est-ce que vous comprenez aussi que, voilà, maintenant…
10:23– Je comprends, mais ça m'escagace, ça m'agace très fort.
10:26Mais je comprends, je comprends, bien sûr.
10:27Moi, je suis un vieux schnog, je vais avoir 56 ans, j'ai commencé en 84,
10:31bien sûr, on faisait 17 heures par jour.
10:34Moi, ma plus grosse semaine en apprentissage sur 6 jours, on a fait 110 heures dans la semaine.
10:37Moi, je dormais au-dessus de la cuisine, on finissait à 2 heures,
10:39et on reprenait le matin à 8 heures moins le quart, pas de coupure.
10:42Et souvent, quand vous avez le repos le dimanche, c'était pour laver la voiture du patron.
10:46– Oui, mais est-ce qu'on doit glorifier ce genre de pratique ?
10:49– Pas du tout, les temps ont changé.
10:50– J'en veux à mes parents, mes parents auraient dû y aller,
10:53pas mettre l'inspection du travail forcément, mais gueuler.
10:56Non, là, mon père, il m'a appris le travail, le travail, le travail, on n'a que trois choix.
10:59Maintenant, c'est tout trop.
11:01C'est-à-dire, maintenant…
11:02– C'est peut-être le retour de balancier.
11:03– Oui, c'est un sacré retour, c'est trop.
11:06– Vous avez du mal à trouver de la main-d'œuvre qui est performante à votre goût ?
11:10– J'ai la chance, dans mes deux restants étoilés, d'avoir deux superbes équipes.
11:13Et vraiment, je viens à leur rendre hommage parce que je suis vraiment…
11:15– Souvent, vous postez des photos d'eux, vous êtes très fiers, ça se voit que vous voulez vraiment citer
11:19leur nom.
11:20– Si vous regardez bien, c'est très rare qu'on poste des photos de ses chefs exécutifs
11:24ou de son sommelier ou de son directeur de salle.
11:26Moi, mon directeur de salle, il est avec moi depuis 11 ans.
11:29Mon chef exécutif de l'Ours, il est avec moi depuis 9 ans.
11:32Ce sont des gens que j'aime, vraiment.
11:33– Non, vous voyez, ce matin pour l'émission, il est venu très tôt
11:36et juste pour m'aider à porter les caisses pour me remettre dans le taxi.
11:39Il n'était pas obligé.
11:40Mais non, non, j'ai la chance avec mes équipes.
11:42Mais après, bien sûr qu'il y a un problème de recrutement
11:43et bien sûr que même moi, après le Covid, le Covid a tout bousculé,
11:47je n'ai plus envie de faire 17 heures par jour.
11:48Et encore moi, 56 ans.
11:50Mais après, j'aime ça.
11:51Moi, j'adore me lever le matin, avoir un ton de 30 kilos qui arrive et le lever.
11:55J'adore ça.
11:56Ça, c'est l'amour du métier.
11:58Mais maintenant, les jeunes, ils font passer…
12:01C'est 50-50 maintenant, en fait.
12:03Ce que je leur dis, moi, si vous êtes heureux dans votre vie privée,
12:05vous serez heureux au boulot et vice-versa.
12:06Et donc, il faut trouver un équilibre entre les deux.
12:08Donc, effectivement, comme vous avez dit,
12:09maintenant, les gars, ils travaillent 4 jours et demi.
12:11Ils ont 2 jours et demi de repos tous par semaine.
12:13Ils s'arrangent pour prendre une soirée.
12:14S'il y en a un qui a besoin d'un samedi soir,
12:16parce que c'est le samedi soir, la vie sociale ou le vendredi soir,
12:18ils s'arrangent avec le chef, le directeur.
12:20Et là-dessus, maintenant, je suis hyper cool, hyper zen.
12:22Et c'est vrai qu'avant le Covid, non.
12:24Moi, je n'ai jamais quitté ma cuisine en 25 ans.
12:26Je suis resté dedans à fond, un fou.
12:28Et on a vu des photos, justement, de vos restaurants.
12:30Je le disais, le prix, pour vous, c'est important.
12:33C'est important d'avoir des menus qui restent à un prix abordable.
12:37Parce que c'est vrai que la cuisine étoilée, ça coûte très cher.
12:40On est 664 restants en France, si je ne dis pas de bêtises.
12:43Et c'est vrai que nous, on a fait un menu que j'ai lancé en octobre
12:46à 45 euros à qui plume la lune.
12:47Entrée plat ou plat dessert, avec bien sûr les amuse-bouches et les miniardises,
12:51ce qui est très important pour moi, amuse-bouches et miniardises.
12:52On voit des plats défiler.
12:54Et c'est vrai que j'ai fait ça parce que, moi, j'en ai marre que les gens disent
12:58que c'est trop cher.
13:00Et là, en ce moment, les gens n'ont plus de sous.
13:02Et moi, je fais la cuisine pour tout le monde.
13:03Moi, j'ai fait cuisiner, pas pour...
13:05J'avais l'occasion de m'installer dans le 7e, le 16e, etc.
13:08J'ai refusé les fonds de commerce.
13:09Moi, je fais cuisiner pour que les gens viennent chez moi
13:12et qu'ils poussent la porte pour venir chez moi.
13:14En fait, moi, j'ai besoin d'amour.
13:15Je veux que les gens m'aiment.
13:16Donc, j'ai fait cuisiner parce que je veux qu'on m'aime.
13:18Et en plus, ce que je fais, c'est très intime
13:21puisque vous allez le mettre dans votre bouche,
13:22vous allez le manger, l'ingérer.
13:23C'est très, très intime.
13:25Cuisiner, c'est une passion.
13:26Il faut que ce soit comme ça, une vocation, un sacerdoce.
13:29C'est délicieux.
13:30Je vous reparle juste.
13:31C'est vraiment extraordinaire.
13:33Pour rebondir sur le...
13:34Moi, j'ai tout fini.
13:35Et puis le sésame, la betterave.
13:36Pour rebondir sur le prix, ce que vos menus uniques,
13:39qu'on ne choisit pas, j'ironisais avec le contrat de confiance,
13:43c'est aussi une façon très pragmatique
13:44d'avoir une carte qui n'est pas longue comme le bras
13:46et de faire aussi des économies.
13:48Moi, c'est parti tout simple.
13:49Ça entretient le mystère au début, l'expérience,
13:51mais après, c'est aussi une...
13:52Là-dessus, j'essaye de former mes deux chefs.
13:55J'ai aussi un jeune chef mexicain
13:57qui est avec moi, qui est Plumeleune,
13:58mon premier restaurant à Paris.
13:59Et j'essaye de les former pour qu'ils s'éclatent.
14:01Là, en ce moment, il fait beau.
14:02Moi, j'ai envie d'un sorbet au radis.
14:04J'ai envie de cresson, j'ai envie de trucs frais.
14:06Si demain, il fait froid,
14:08on va repartir sur un dashi chaud,
14:10sur un plat un peu plus chaleureux.
14:12Vous êtes japonisant, toujours.
14:13Toujours.
14:14Mais les gars, ils ont peur.
14:14Oui, parce qu'on fonctionne avec la météo,
14:16on fonctionne avec l'envie.
14:17Non, mais le dashi...
14:18Oui, j'adore le dashi.
14:19Celle de dashi, je ne pourrais pas m'en passer.
14:20La sauce soja, celle de saké,
14:22je ne pourrais pas, je ne pourrais pas.
14:23Et pour en revenir au menu à 45,
14:25et surtout au menu à la carte,
14:27sans carte, justement, des menus improvisés,
14:30c'est venu tout simplement.
14:31C'était un lundi de Pentecôte, il y a très longtemps.
14:33J'ai taqué Plumeleune, il y a 15 ans.
14:35Et j'avais ouvert le lundi.
14:37Et puis, tout d'un coup, j'étais complet.
14:40Et dans la salle, en plus,
14:41il y avait un ami de Pierre Gagnère,
14:44j'avais Pierre Hermé,
14:45j'avais Adeline Grattard,
14:47enfin, j'avais plein de chefs et tous les gars d'un an,
14:48sur 26 couverts.
14:49J'avais dit, oh la vache, j'avais la moitié.
14:51Et je ne savais pas quoi faire.
14:52Et donc, j'ai regardé dans mes frigos,
14:53je n'avais pas prévu ce 26 couverts.
14:55Et en fait, c'est là que j'ai décidé
14:56de faire un menu improvisé.
14:58Avant, j'avais une carte.
14:58Et j'ai dit, non, non, en fait,
14:59j'ai ça dans mes frigos.
15:00J'étais en salle, je dis,
15:01je vais vous faire deux entrées,
15:02un plat, même vin blanc,
15:03même vin rouge pour tout le monde,
15:04champagne, c'est moi qui l'offre,
15:05le même dessert pour tout le monde,
15:06ça vous va ?
15:07Et à l'époque, je ne sais pas,
15:08c'était un menu à 50 francs.
15:09Ils m'ont dit oui, et c'est parti,
15:10j'ai fait ça.
15:10Et puis après, je me suis dit,
15:11mais c'est logique.
15:12Je ne comprends pas les gars
15:13qui ont une carte très longue
15:13où le samedi soir, ils ferment,
15:15dimanche, lundi, qu'est-ce qu'ils font
15:16du homard qu'ils n'ont pas vendu,
15:18du bar qu'ils n'ont pas vendu,
15:18et de la salle.
15:18Ça me fascine toujours, ça.
15:19Il est congèle.
15:20Oui, c'est souvent.
15:21Et puis, ils ressortent le mardi.
15:22Mais le poisson congelé,
15:23ça n'a rien à voir avec un poisson frais.
15:25Et par exemple, vous dites,
15:26tant pis, parfois,
15:27je ne fais pas de marge,
15:28mais au moins, mon restaurant,
15:29il est plein.
15:30Et ça, c'est important.
15:30Sur le 45, je ne fais pas de marge.
15:31Quand on passe devant un restaurant,
15:32quand on voit que toutes les tables sont prises.
15:34Ça ne fait pas de marge.
15:35Le menu à 45, en fait,
15:36je vais vous dire, je l'ai fait,
15:37parce que le midi,
15:38c'était très calme,
15:39à qui plus me l'une.
15:39J'ai dit, il faut retrouver
15:40cette clientèle populaire,
15:41cette clientèle qui ne connaît pas
15:42les étoilés
15:43et qui va venir se faire plaisir.
15:44Bien sûr, ils sont aussi plus exigeants
15:46parce qu'ils en veulent plein dans l'assiette.
15:48Ils sont habitués à manger des...
15:49Ils ne connaissent pas forcément
15:50les codes de ces restaurants.
15:51Voilà.
15:52Les amuse-bouches,
15:52des fois, ils prennent ça pour l'entrée.
15:53Ils disent, oh, là, je ne vois pas.
15:54Non, non, j'ai dit ça,
15:55c'est les amuse-bouches.
15:55Après, ça, c'est un.
15:56Mais par contre, vous avez la chance.
15:58On a la chance,
15:59depuis le mois d'octobre,
15:59d'être complète tous les midis
16:00grâce à ce menu à 45.
16:02Mais derrière, sur ce menu,
16:03oui, je ne gagne pas d'argent.
16:04Parce qu'on fait le même...
16:05Si vous prenez le menu à 70,
16:06110, 150,
16:07ça va être les mêmes produits.
16:08Sauf que vous allez avoir plus de plats.
16:10Ça va être en 7 plats,
16:118 plats,
16:11là, c'est en 2 plats.
16:13Et dernièrement,
16:13il y a eu un couple de messieurs
16:16qui avaient 80 ans.
16:18Et le plus âgé avait 85 ans
16:20et il fêtait son anniversaire.
16:21Et ils sont venus me voir
16:22à la fin du repas.
16:23Ça m'a touché
16:24parce que le mec a dit,
16:25c'est la première fois
16:25qu'on fait un étoilé.
16:26Merci d'avoir mis un menu à 45.
16:28Donc, ils ont pris
16:29deux verres de vin,
16:30deux menus à 45.
16:31Ils ont passé une journée,
16:32d'après un déjeuner magnifique.
16:34Ça, ça me touche.
16:35C'est pour eux que j'ai fait ça.
16:37C'est ça que moi,
16:37ça m'intéresse.
16:38Les gens qui ont de l'argent,
16:39qui vont au restaurant,
16:40ils s'en foutent,
16:41voire amusés,
16:41mais ils ne regardent plus les tableaux.
16:42Ça ne m'intéresse pas.
16:43Conquerre l'Est,
16:44c'est un peu votre côté insoumis.
16:45Je ne sais pas si...
16:46Le quoi, le quoi, le quoi ?
16:47Conquerre l'Est,
16:47c'est un peu votre côté insoumis.
16:49Après, vous avez des retours de bâton quand même.
16:50Mais vous avez aussi eu...
16:52Alors, je ne sais pas,
16:53parce que vous étiez pionnier,
16:54donc quand on est pionnier,
16:55on essuie les plâtres.
16:55Qu'est-ce qui s'est passé
16:56avec les mérovingiens ?
16:58C'est bien,
16:59vous me donnez une taquiner sur un truc qui m'a...
17:00Non, non, je...
17:00Non, parce qu'on ne m'avait pas fermé.
17:02Moi, mon cœur, il saigne.
17:03J'ai perdu plusieurs millions d'euros.
17:06Et ça a été très dur.
17:07Non, mais moi, je trouve que c'est intéressant
17:08de montrer que c'est tellement difficile de...
17:10Non, c'est...
17:10Au fait, ça a super bien marché.
17:13Je peux le dire,
17:13on faisait un chiffre d'affaires de folie.
17:14On était complet midi et soir,
17:16ouvert 7 sur 7,
17:17de 8h à 1h du matin.
17:18J'ai remis en place
17:19des chariots de dessert.
17:20C'était le brasserie, hein ?
17:20Ouais, des chariots de dessert.
17:21Mais les mérovingiens,
17:22parce que Noisy-le-Grand,
17:23où j'étais,
17:24c'est la plus grande nécropole
17:26mérovingienne d'Europe.
17:27On a retrouvé plus de 100 sépultures.
17:29D'où le nom.
17:29Voilà.
17:30Et moi, j'aime bien,
17:30si on ouvre un restaurant,
17:32il faut une identité,
17:32il faut vraiment
17:34s'appuyer sur quelque chose.
17:35Je n'aime pas raconter
17:35une fausse histoire,
17:36il faut raconter quelque chose de vrai.
17:38Donc, on est partis là-dessus
17:39et j'ai fait les chariots de dessert.
17:41On a mis de la côte de maille
17:42pour faire les séparations,
17:43parce que c'était un immeuble moderne
17:45en éco-responsable,
17:46mais très moderne.
17:47Et je voulais retrouver ce côté.
17:48On accroche des...
17:49C'était ma femme qui a fait le décor.
17:51Enfin, des draps en velours.
17:52Comme vous savez,
17:52dans les châteaux,
17:53on se baladait de château en château
17:54avec vos meubles et vos rideaux.
17:56C'était la couille,
17:56les visiteurs.
17:57Oui, un peu, un peu.
17:59Et la cuisine apparente.
17:59Un bar qui fait 30 mètres de long
18:01parce que les cocktails
18:02sont redevenus à la mode
18:02et ça cartonne.
18:04Et le midi,
18:05on faisait un menu à 25 euros
18:06en très plat.
18:06Ah oui.
18:07Et ça cartonnait.
18:09Mais pourquoi c'est parti en vrille ?
18:11Déjà, moi,
18:11je voulais ouvrir à l'Est
18:12et dans 93, Noisy,
18:14puisque Noisy,
18:14j'y ai habité,
18:15j'ai adoré cette ville.
18:17Et moi, je suis pour que...
18:19Enfin, je suis persuadé.
18:21J'ai des amis là-bas.
18:22Les gens dans l'Est
18:23ont aussi un bon palais
18:24que dans le 16e ou dans l'Ouest.
18:26C'est une personne.
18:27Oui, mais nous,
18:28on est toujours un petit peu quand même...
18:29Oui, on est plus côté Ouest
18:31pour les grands restaurants.
18:33Mais l'histoire vous donne raison.
18:33Et le vent avec la pollution.
18:35L'histoire vous donne raison.
18:35Il y a un étoilé maintenant
18:36dans le 93 à Montreuil, je crois.
18:38Oui, toujours.
18:39C'était Camille M. Saint-Luc
18:40qui était là-bas,
18:41qui a ouvert à Paris,
18:42qui a récupéré un étoile
18:42cette année aussi.
18:43Je crois qu'il est dans le 16e maintenant.
18:45Mais justement, vous voyez,
18:46il n'est pas fou.
18:46Il est venu là où il y a de l'argent.
18:48Dans le 16e.
18:49S'il avait été fou comme moi,
18:51il serait dans le 93 encore.
18:53Parce que le 93,
18:54moi, j'ai mis beaucoup d'argent là-bas.
18:56Pourquoi ça s'est cassé la figure ?
18:57Parce qu'à un moment de temps,
18:59moi, je pensais être capable
19:00de bosser 36 heures par jour
19:01et de jamais être fatigué.
19:05Je ne pouvais pas pousser les journées plus.
19:09Je ne peux pas être partout.
19:10Parce que j'ai ouvert en même temps
19:11une boulangerie et une boucherie.
19:12Parce que je voulais faire un rappel
19:13à mon papa.
19:14Boulangerie, boucherie,
19:15j'ai mis les deux comme un petit marché.
19:17Et là-dedans, j'avais 27 employés.
19:18Dans la brasserie, il y a 47 employés.
19:20Parce que les gars,
19:21ils font 8 heures par jour,
19:22matin ou soir, etc.
19:24Mais c'est compliqué.
19:25Pourquoi ?
19:25Parce que je n'y étais plus.
19:25À un moment donné,
19:26je suis retourné dans mon restaurant
19:26Étoilé Lours.
19:27Mon chef exécutif est parti.
19:29Donc, j'étais vraiment au fourneau
19:30midi et soir.
19:31Je n'étais pas dans ma brasserie.
19:32Et si le patron n'est pas là,
19:33c'est fini.
19:35Justement, je reviens sur ces questions
19:36des produits.
19:37Là, par exemple,
19:38vous nous proposez des asperges.
19:39Alors là, elles ont baissé
19:40sur les marchés.
19:42C'est encore très cher.
19:42Ça reste encore très cher.
19:43La blanche est à 20 euros.
19:44La verte est encore plus chère, 25.
19:45Alors, comment vous faites justement
19:46pour ces menus ?
19:47Est-ce que parfois, vous dites
19:48« En fait, j'aimerais bien
19:49quand vous imaginez un menu,
19:50mais vous dites
19:51« Non, ça, c'est trop cher.
19:52Je ne peux pas le présenter à ma carte. »
19:53Ou alors, tant pis.
19:55Vous vous arrangez pour que ça passe.
19:56Les Mérovingiens, je dépensais
19:58et sans compter parce que je voulais
20:00qu'on ait les mêmes fauteuils
20:01dans une brasserie
20:02que dans mes restaurants étoilés.
20:03La même vaisselle dans ma brasserie
20:04que dans les restaurants étoilés.
20:05Le même service.
20:07Pas aussi forcément du même niveau,
20:09mais le même service.
20:09Un beau service.
20:10Donc, les mêmes vins.
20:11À la brasserie, il faut savoir
20:13que sur le menu à 25 euros,
20:14je vendais des bouteilles
20:15de Château Rayas
20:16à 1 200 euros en l'occurrence.
20:19Je les vendais dans une brasserie.
20:21Les gars, ils arrivaient
20:21parce qu'ils venaient
20:22de signer un contrat.
20:23Ils ne vont pas aller faire ça
20:23dans un étoilier.
20:24Ils venaient faire ça dans la brasserie.
20:27Quand Jacques Iribot va au restaurant,
20:28vous allez dans quel genre de restauration ?
20:30Quel genre de restaurant ?
20:31C'est chiant.
20:32Je suis très compliqué.
20:33Très chiant.
20:33Donc, je mange chez moi des pâtes
20:35à 4h du matin.
20:36En regardant la charnel.
20:38Politique à table.
20:39Voilà, c'est vrai.
20:40Non, mais vous allez aussi
20:41un peu chez les autres ?
20:42Oui, j'ai un copain
20:44qui a un restaurant à Altillac
20:47en Corrèze.
20:47Il a une étoile Michelin
20:48en Oscar Garcia.
20:49J'aime bien aller chez lui,
20:50me reposer et le voir.
20:51J'ai été dernièrement
20:52chez Dimitri Drohneau
20:53qui est un copain aussi
20:53que j'adore
20:54ou chez Glenvielle.
20:56Mais voilà,
20:56je vais passer 3 jours.
20:57Mais à part le Japon,
20:58quel genre de cuisine vous intéresse ?
20:59La cuisine française bourgeoise ?
21:00Les cuisines étrangères ?
21:01J'aime tout.
21:02À partir du moment où c'est bon
21:03et c'est fait avec des vrais produits,
21:04ce que je n'aime pas,
21:05c'est tout ce qui est
21:06un petit peu en ce moment partout.
21:07C'est-à-dire
21:08la fausse cuisine auvergnate,
21:10le faux bien manger.
21:12Il y a beaucoup
21:13de très mauvais aligots
21:16avec des saucisses
21:17qui sont dégoûtantes.
21:18Et ça, je reproche.
21:19Alors qu'en fin de compte,
21:19ça va vous coûter quand même 50 balles.
21:20Mais vous n'avez pas très bien mangé.
21:22Mais bon, c'est dommage.
21:23Mais c'est très dur
21:24de trouver des bons bistrots.
21:24Mais il y en a encore.
21:25Il y a chez Marcel,
21:26dans le 6ème que j'adore,
21:27qui a un petit bistrot
21:29ou petit,
21:30c'est comme le studio.
21:31Et vous mangez côte à côte
21:32avec les tables.
21:32J'avais un copain
21:33qui avait chez Denise aussi
21:34la tour Montléry.
21:36Malheureusement,
21:36qui est décédé.
21:37Ça a été revendu.
21:38Mais ils ont gardé
21:38la même philosophie
21:42sur le lieu.
21:42Mais j'aime bien ça.
21:43Là, on vous amène
21:44un plateau de frites comme ça,
21:45les rognons.
21:46À partager.
21:47On sent que c'est le lieu
21:48et l'ambiance qui comptent
21:49aussi pour vous.
21:50On va revenir à cet assiette
21:52magnifique.
21:52Et on va revenir sur ce ton
21:54qui est accompagné
21:55d'un ingrédient,
21:56le miso.
21:57Vous saurez tout
21:58sur le miso
21:59avec les 3 choses à savoir
22:00de Jean-Pierre Montanet.
22:01Alors, le miso,
22:02c'est celui de la fameuse
22:03soupe miso
22:04que vous mangez
22:04dans le petit restaurant japonais.
22:05On vous sert en entrée
22:06dans le menu B.
22:07La soupe miso,
22:08c'est une pâte
22:08qui sert de condiment
22:09dans la cuisine japonaise.
22:11Pâte préparée à partir
22:12de graines de soja,
22:13de sel et surtout
22:14du koji.
22:16ingrédient fondamental
22:17de la cuisine nippone
22:18qui agit en fait
22:19un peu comme un
22:20transformateur de goût.
22:21Il faut bien comprendre
22:22que les japonais
22:23font un peu de la chimie
22:24avec la cuisine.
22:24C'est lui qui va créer
22:25ce fameux umami.
22:27Je ne sais pas si vous
22:28en avez entendu parler,
22:29Elsa.
22:29La saveur.
22:30La cinquième saveur.
22:31La cinquième saveur.
22:32Alors, le koji,
22:33c'est soit du riz,
22:35soit de l'orge
22:36ou encore du soja
22:37qui va fermenter
22:38sous l'action
22:38d'un champignon.
22:39Selon la céréale utilisée,
22:41le miso sera donc différent.
22:43Selon la quantité
22:44de sel employée,
22:45il sera plus ou moins doux.
22:46Et selon la durée
22:47de fermentation,
22:48sa couleur varie
22:49du rouge foncé
22:50au beige clair.
22:52Cette pâte miso,
22:53vous pouvez bien sûr
22:54la faire vous-même.
22:55Mais le plus simple,
22:56c'est de l'acheter
22:56dans les épiceries japonaises,
22:58dans les bonnes épiceries japonaises.
22:59Sachez qu'elle s'intègre
23:00parfaitement dans la cuisine
23:01occidentale
23:02et même dans la cuisine
23:03du quotidien.
23:04Le miso permet
23:05de réaliser des marinades
23:05pour napper du saumon
23:06ou des côtes de porc.
23:08Le miso mélangé
23:08à du mirin
23:09et du saké permet
23:10de réaliser des sauces
23:11pour faire mijoter
23:12des macros.
23:13Par exemple,
23:14le miso dope aussi
23:15vos purées de légumes
23:16et même dans la pâtisserie,
23:17il fait le job
23:18en s'intégrant à merveille
23:18dans des brownies
23:19au chocolat.
23:20Alors,
23:21mon conseil Elsa,
23:22miser sur le miso.
23:23Vous avez misé
23:24sur le miso,
23:25vous en utilisez
23:26beaucoup dans vos plats ?
23:27Oui,
23:27j'adore le miso.
23:28Je trouve que c'est vraiment
23:29un condiment
23:30qui est super.
23:31Non,
23:31non,
23:31moi je l'achète
23:32en l'occurrence,
23:34j'ai Nihiki Dori Anami
23:35qui est un sni
23:36et qui fait des produits
23:37japonais
23:38qui est fantastique
23:39et donc il a des misos
23:40comme vous avez dit,
23:41il a des misos rouges
23:41qui sont d'une force incroyable
23:43et là vous en mettez
23:44très très peu.
23:45Après,
23:45moi j'aime beaucoup aussi
23:46dans le dashi,
23:46bien sûr dans la soupe
23:47et puis mariné
23:48surtout pour des poissons
23:49ou là,
23:49en l'occurrence
23:50pour un sabayon,
23:51voilà,
23:51ça amène
23:52ce petit côté
23:52fermenté en bouche
23:53et c'est trop...
23:54Vous êtes plutôt riz,
23:55soja ou orge ?
23:56C'est riz,
23:57ouais.
23:58Après,
23:59soja aussi,
23:59soja on en a beaucoup aussi.
24:00On va continuer
24:01et ça c'est pareil,
24:03c'est pas seulement une boisson,
24:04c'est tout un art.
24:05Vous avez proposé
24:06comme boisson
24:07un saké,
24:08alors déjà je présente
24:09parce que c'est vrai
24:09que c'est tout un cérémonial
24:11donc il y a
24:11cette magnifique
24:13petite boîte
24:14avec des petits verres de saké.
24:15Je vais...
24:16On se croirait
24:16dans un ryokan.
24:18...de demander Jean-Pierre
24:19de passer
24:20et moi je vais servir
24:20ce fameux saké.
24:21Attention,
24:22il y a un code
24:22pour servir le saké
24:23je pense elles a
24:24avec les japonais.
24:25Alors dites-moi
24:25comment il...
24:25Alors je présente déjà
24:27C'est bon
24:28parce que sinon
24:29il faut le servir
24:29comment normalement ?
24:31Là il est légèrement frais
24:33normalement
24:33on l'a mis un peu au frais
24:34mais on peut le servir
24:35aussi légèrement tiède
24:36ça dépend du plat
24:37avec lequel il s'accompagne
24:38et là on est sur
24:41un saké
24:42qui est 100% bio
24:43avec un grain de riz
24:45qui est fantastique
24:46et qui n'a aucun
24:49oui aucun entrant
24:50c'est vraiment du riz pur
24:51c'est une famille
24:52je ne sais même plus
24:53c'est écrit
24:55Miojashi
24:56je ne sais plus
24:56comment il s'appelle
24:56moi je suis très mauvais
24:57en japonais
25:00Maison Miyajima
25:01Ils sont fantastiques
25:02C'est peut-être des familles
25:03parce qu'au Japon
25:04c'est souvent la règle
25:04pas forcément dans l'alimentaire
25:06qui ont plusieurs siècles
25:07et qui perpétuent
25:08des traditions
25:10depuis des siècles
25:11et qui font du saké
25:13comme il le faisait
25:14il y a 5 ou 6 siècles
25:15Là en l'occurrence
25:16je crois qu'il faisait déjà
25:17pour les samouraïs
25:17Oui exactement
25:18Il y a déjà plusieurs
25:19enfin au moins 200 ans
25:20plus que ça
25:20Alors moi je suis
25:23complètement inculte
25:23mais j'avoue
25:24pour moi le saké
25:25ça se boit
25:26voilà en fin de repas
25:27dans les petits verres
25:28en fait là
25:29on le boit
25:29vous l'accompagnez comment ?
25:31Vous le servez
25:31tout au long d'un repas ?
25:32Non là vous pouvez le prendre
25:33justement sur le dashi
25:34en ce moment
25:34nous on le fait froid
25:35en gelé en ce moment
25:36le dashi
25:37avec un sorbet
25:38tomate green zebra
25:39et des petits œufs twit
25:40qui sont marinés eux-mêmes
25:41au saké
25:41et donc ça marche bien
25:42avec une petite brioche
25:43au sésame
25:44noire et blanche aussi à côté
25:45donc voilà ça
25:46c'est un plat japonais
25:46que j'adore
25:47mais au Japon
25:48moi j'étais
25:49bien sûr quand j'étais là-bas
25:50on a fait beaucoup de bars
25:51à sushi
25:52et ce qui est génial
25:53c'est que bon bien sûr
25:53les sushis mâles vous préparent
25:54le sushi à la mise devant vous
25:56et avec
25:57il y a un sommelier
25:57qui vous met un saké différent
25:59avec chaque plat
26:00et là je me suis rendu compte
26:01qu'en fait c'est comme
26:02des grands bourgognes
26:03le grain de riz déjà
26:04et donc meulé, poncé
26:05ils ne prennent que le cœur
26:06du grain de riz
26:06dans certains sakés
26:07les fermentations sont hallucinantes
26:09et les yeux fermés
26:11en fonction de la température
26:12du saké
26:13je vous assure que moi
26:14j'étais en Bourgogne
26:15sur certains grands sakés
26:17hallucinants
26:17mais il y a des accords
26:18mais vin en France
26:18mais oui ils font des accords
26:19mais saké
26:20avec un petit verre de saké
26:21et puis en plus
26:21c'est des petites quantités
26:22donc
26:23c'est toujours surprenant
26:25c'est le saké chaud quand même
26:26ou tiède
26:27au début c'est un peu
26:29mais j'ai des clients
26:30qui adorent ça
26:31donc
26:32et alors
26:32on peut le boire
26:33au long du repas
26:34et donc vous dans votre cuisine
26:35vous disiez pour faire mariner des oeufs
26:37ou vous en servez aussi ?
26:38on va pas mettre celui-ci
26:38parce que celui-ci
26:39la bouteille est relativement chère quand même
26:41mais on met d'autres sakés
26:42oui bien sûr
26:42non non celui-là
26:43ça c'est vraiment pour déguster
26:45se faire plaisir
26:46ça moi je conseille à tout le monde
26:47d'avoir toujours une bouteille comme ça
26:48à la maison
26:48le soir bien frais
26:50et c'est vrai que c'est pas trop fort
26:53je trouve
26:53ça reste
26:54et Elsa il y a du saké de cuisine
26:55si vous allez dans une épicerie japonaise
26:57vous demandez du saké de cuisine
26:58et ça vous permettra
26:59de faire des marinades
27:00et de cuisiner
27:00comme avec un petit vin blanc
27:02ouais très céréales
27:03après c'est un peu fort quand même
27:05ça a un goût certain
27:07mais bon
27:09vous avez vu
27:09comme on est
27:10nous on vous fait boire
27:11un petit coup de saké
27:12et ensuite on passe au quiz
27:14on est un peu malin
27:15on va voir du coup
27:16si vous arrivez à avoir
27:17toutes les bonnes réponses
27:18à nos quiz
27:23alors votre guide en pâtisserie
27:24fut un certain Maurice Boisier
27:26à la sapinière
27:28dont vous avez repris le nom
27:30pour en faire un menu
27:31exactement
27:31bravo bravo
27:32dont le modèle
27:33est le génial pâtissier
27:34Antonin Carême
27:35il y a d'ailleurs une série
27:37qui passe en ce moment
27:38sur Appel TV
27:38qui est formidable
27:39qui retrace la vie
27:41de ce génial cuisinier
27:44sauriez-vous nous dire
27:45si ces affirmations
27:46sont vraies
27:46ou fausses
27:47à propos de Carême
27:49non pas de Boisier
27:50son surnom
27:51était le chef des stars
27:52et la star des chefs
27:54le chef des stars des chefs
27:55ça c'est faux
27:56c'est le cuisinier des rois
27:57et le roi des cuisiniers
27:58voilà
28:00c'est ça
28:00le chef des rois
28:01et le roi des chefs
28:02et oui c'était une autre époque
28:03effectivement
28:04on n'était pas à l'époque
28:05de la starac
28:06sa plus célèbre invention
28:07est la charlotte
28:09à Carême
28:10vrai ou faux ?
28:12non non c'est faux
28:12bah non c'est vrai
28:13c'était à l'origine
28:14un pouding anglais
28:15qu'il a transformé habilement
28:17en entremets frais
28:18bordés de biscuits
28:19à la cuillère
28:20ce qui est devenu
28:21un peu un totem
28:22de la pâtisserie française
28:23un peu désuet
28:24il y avait vraiment
28:24des prénoms Charlotte
28:25fin 18ème
28:26fin 18ème
28:27je sais pas
28:29Charlotte
28:29ça est bizarre
28:31je l'ai lu
28:31Talleyrand
28:32je vous crois
28:33je vous crois
28:33je suis pas content
28:35non non
28:36si si Talleyrand
28:37a réduit
28:37si si je peux me planter
28:38Talleyrand a réussi
28:39à séduire le tsar
28:40Alexandre Ier
28:41grâce à un somptueux dîner
28:43préparé par Carême
28:44et constitué
28:45de 17 plats
28:46c'est vrai ça
28:46vous connaissez bien
28:48l'histoire de la vraie
28:48en voici quelques-uns
28:498
28:50croquettes de volaille
28:51poulard à la sauce ravigote
28:52petit poil à la française
28:53meringue à l'orange
28:54enfin D
28:55il a eu droit
28:56à une série télé
28:57autobiographique
28:58avec Laurent Lafitte
28:59comme interprète
29:01alors j'ai déjà un peu
29:02spoilé là
29:02mais on parle de l'interprète
29:04Laurent Lafitte
29:05qui jouait Carême
29:05dans cette série
29:06c'est possible
29:07non c'était
29:08Benjamin Voisin
29:09série en 8 épisodes
29:10visible
29:10j'adore Laurent Lafitte
29:12en plus
29:12super comédien
29:13voilà
29:13c'était pas vraiment
29:14une question fusible
29:15c'était une question
29:16cinématographique
29:16non c'est vrai
29:17qu'on était aux confins
29:18du 7ème art
29:20allez on poursuit
29:21avec un deuxième quiz
29:22un de vos mentors en cuisine
29:23fut Pierre Gagnère
29:25vous dites à son sujet
29:25voir Gagnère
29:26et cuisiner avec lui
29:27c'était fou
29:27sauriez-vous nous dire
29:29si ces affirmations
29:29sont vraies ou fausses
29:30alors Pierre Gagnère
29:31était cuisinier amiral
29:33à bord du destroyer
29:34Le Surcouf
29:35en 1971
29:36lorsque celui-ci
29:37a été percuté
29:39par un pétrolier russe
29:41je dirais
29:42c'est bien possible
29:42et bien c'est vrai
29:43il effectuait son service militaire
29:45il n'a pas été blessé
29:46son restaurant
29:47Pierre Gagnère
29:48à Paris
29:48est récompensé
29:49par 3 étoiles
29:50depuis 2010
29:55je dirais que c'est
29:59oui c'est possible
30:00alors c'était avant
30:01peut-être avant
30:02parce que j'ai travaillé
30:03en 97
30:04il y en a que 2
30:07depuis 96
30:08obteni dans son
30:09établissement
30:10stéphanois
30:10et récupéré à Paris
30:11parce qu'il est arrivé
30:12il n'avait que 2
30:12à Paris
30:13au Balzac
30:13et après
30:14il revenait d'avoir 3
30:15alors c'est un fan
30:16de la seule
30:16et il a créé
30:17une centaine de recettes
30:18autour de ce poisson
30:19ça c'est possible aussi
30:20il peut créer
30:21des centaines de recettes
30:22sur un seul poisson
30:24même plus
30:24c'est vrai
30:25alors il y a la seule
30:26au concombre par exemple
30:27ou à la poire
30:28et à la sauce au thé
30:30enfin l'Empire Gagnère
30:31dans le monde
30:32cumule au total
30:3313 étoiles
30:34je pense que c'est un peu plus
30:36c'est 13
30:37c'est 13
30:37c'est 13 avec des tables étoilées
30:39maintenant c'est Yannick Alenot
30:40qui est passé avec 31
30:41Lucas 30 je crois
30:42et avant bien sûr
30:44l'imbâtable
30:44c'est Robuchon
30:46mais Alenot
30:46c'est pas le maintenant
30:47le plus étoilé
30:48c'est le plus étoilé
30:49au monde
30:50c'est dingue
30:51c'est fou
30:51on va passer à présent
30:53à la brève de comptoir
30:57la brève de comptoir
30:58on va demander à chaque invité
30:59une anecdote
31:00autour d'un plat
31:01alors quand on a un chef
31:02comme vous
31:03évidemment vous devez en avoir
31:04des dizaines d'émiliers
31:06mais il a fallu en choisir une
31:07Jacques-Iribeau
31:08laquelle ?
31:08mon anecdote
31:09c'était
31:10pour mes
31:11je dis pas de bêtises
31:12c'était il y a 6 ans
31:12donc pour mes 50 ans
31:14ma femme m'invite
31:15chez Michel Guérard
31:16donc auprès de Génie
31:18et on passe 3 jours là-bas
31:20et le premier soir
31:22on est dans notre chambre
31:23on attend
31:24pour aller dîner
31:25à l'étoilé
31:25et à 19h
31:27le téléphone sonne
31:27dans la chambre
31:28et là c'est
31:29l'hôtesse
31:30de Michel Guérard
31:31qui appelle
31:31et qui fait
31:33monsieur Guérard
31:34aimerait vous recevoir
31:34Jacques-Iri
31:35votre épouse
31:35et votre fille
31:36pour l'apéritif
31:37dans son salon particulier
31:38il aimerait discuter avec vous
31:40c'est génial
31:41quelle classe
31:42le mec
31:42comment il sait
31:43je suis cuisinier
31:43pour moi c'est
31:44c'est Dieu
31:45et donc on arrive
31:47bien sûr à 19h
31:47on passe dans son salon
31:49qui est magnifique
31:50et là
31:51il fait
31:52champagne
31:53foie gras
31:53plein plein de placards
31:55dans tous les sens
31:56et on s'assied
31:57on est bien
31:57il nous raconte toute sa vie
31:58puisqu'il venait de sortir son livre
32:00sur sa vie
32:01sur sa bio
32:02et il nous raconte
32:03plein d'anecdotes
32:03avec 3 gros
32:04avec Bocuse
32:05et là je vois un monsieur
32:06mais d'une humilité
32:07d'une gentillesse
32:08érudit
32:08mais
32:10moi c'est un puits de science
32:11vous vous asseyez
32:12vous écoutez
32:12vous dites merci
32:13c'est tout
32:13et donc ça a duré jusqu'à 21h
32:15et puis à 21h
32:16il dit bon
32:16il faut aller manger
32:16parce que restant ferme à 21h
32:18le 3 étoiles
32:19il dit faut y aller
32:19mais non
32:20c'est deux heures
32:20qu'on est en train de discuter
32:22et un monsieur
32:23il m'a touché
32:23mais vous ne pouvez pas se voir
32:24et donc j'arrive à table
32:25pour manger dans le 3 étoiles
32:26et là pendant une heure
32:28j'ai pleuré
32:28rien que d'y penser
32:29ça me fait pleurer
32:30pendant une heure j'ai pleuré
32:31je ne pouvais pas m'arrêter
32:31comme après un massage relaxant
32:34j'étais complètement
32:36pouf
32:36qu'est-ce qui vous a marqué
32:37dans ces plats
32:37ce que vous avez mangé ?
32:38non c'est même pas les plats
32:39qui m'ont marqué
32:39l'homme
32:40l'homme m'a touché profondément
32:42d'avoir créé tout ce qu'il a créé
32:44d'avoir une minceur en 76
32:45d'avoir le parcours qu'il a
32:46d'avoir une humilité pareille
32:48il me dit
32:48tu sais Jacques
32:48il me dit
32:49maintenant j'ai 3 étoiles
32:50mais je ne sais même pas
32:50si je pourrais en avoir une
32:51à l'heure actuelle
32:52parce que c'est dur
32:52c'est vraiment dur
32:53il dit en 76 j'en ai eu 3
32:55mais maintenant
32:55est-ce que je serais capable ?
32:57j'imagine un monsieur
32:58de plus de 80 ans
32:59qui a 90 ans
33:00qui vous dit ça
33:02donc il m'a fondu le coeur
33:03et le lendemain
33:04quand on est resté
33:05et qu'on a été manger
33:06dans son bistrot
33:07juste à côté
33:08il est revenu
33:09mais en petite souris derrière nous
33:10et il nous a encore fait
33:11la surprise de passer
33:12une heure avec nous
33:12c'est des personnages
33:14fantastiques, hallucinants
33:15qui moi
33:16ça m'émeut
33:17ça me rend fou
33:18on parle beaucoup
33:19de la transmission en cuisine
33:20c'est ça aussi
33:21il n'y a pas de compétition
33:23entre les chefs
33:24c'est vraiment une envie
33:25aussi de partager
33:26je ne sais pas
33:26on n'a pas contact
33:28comme ça avec tout le monde
33:28mettons Alain Ducasse
33:30a été formé
33:30chez Michel Guérard
33:32monsieur Ducasse
33:33je le connais maintenant
33:34on se croise régulièrement
33:35et c'est quelqu'un
33:37pour moi qui était inaccessible
33:38qui est toujours inaccessible
33:39quelque part
33:39mais c'est quelqu'un
33:40d'une gentillesse
33:41qu'il a une vision
33:43de la cuisine
33:44pareil
33:44c'est un savoir
33:45un savoir-faire
33:46et puis il est érudit aussi
33:47moi j'admire ces gens
33:48qui vous impressionnent comme ça
33:50mais après dans la cuisine
33:50réellement entre chefs
33:52il faut arrêter
33:53on n'est pas tous copains
33:54il y a des clans
33:54on se déteste
33:55c'est un peu comme tout le monde
33:56dans la vie
33:57ou dans une famille
33:57je ne vois pas pourquoi
33:58ça serait différent
33:59dans ce qu'on fait des fois
34:00semblant d'être copains
34:02allez cher Jacques Quiribault
34:03vous nous avez servi du thon
34:05et bien justement
34:05on va continuer à parler de poisson
34:07dans le dessous des plats
34:14on va se pencher sur le poisson
34:16alors peut-être que vous
34:17quand vous faites vos courses
34:18vous avez du mal
34:18à vous y retrouver
34:19parmi les différents labels
34:20qu'on trouve chez le poissonnier
34:22et bien écoutez les conseils
34:23d'Alicia Rogge
34:24et de Pierre Beretta
34:26sur les étals
34:28de cette poissonnerie
34:29de petits logos
34:30attirent l'oeil
34:31juste à côté des prix
34:32label rouge
34:33ou encore bio
34:34mais les consommateurs
34:35y prêtent-ils vraiment attention
34:37en général oui
34:38oui je regarde
34:38oui
34:39je me méfie des poissons
34:40comme ça
34:41parce que je ne sais pas
34:41du lien
34:42c'est un certain gage
34:43de qualité
34:43pour Julien
34:44poissonnier
34:45ces labels sont indispensables
34:47pour se repérer
34:48là on indique
34:48on a une petite bague
34:49c'est un petit pin
34:50qui est sur le poisson
34:51et en fait
34:51c'est la carte d'identité
34:53du poisson
34:53et ça permet de retracer
34:55tout son parcours
34:56jusqu'à l'assiette
34:57du consommateur
34:58et pour avoir
34:59la meilleure qualité possible
35:00Julien et son père
35:01se rendent tous les jours
35:02à Rungis
35:03dès 3h du matin
35:04et vérifient tout
35:05celle-là
35:06elle est bonne
35:09ça c'est magnifique
35:12en France
35:12il existe
35:13six labels de pêche
35:14les plus connus
35:16sont MSC
35:16pour la pêche durable
35:17et le label rouge
35:19lui
35:19est axé
35:19sur la qualité gustative
35:21du produit
35:21donc il se différencie
35:23par rapport
35:23à un saumon classique
35:25en termes de goût
35:26c'est quelque chose
35:27qui n'a rien à voir
35:28et même en termes
35:28de conditions d'élevage
35:29c'est des conditions d'élevage
35:31qui sont plus poussées
35:32plus réglementées
35:32donc c'est un saumon
35:34qui a une qualité
35:35bien supérieure
35:36aux autres saumons
35:37qui ne sont pas
35:38à la belle rouge
35:38et pour le label AOP
35:39ça prouve aux consommateurs
35:41et nous acheteurs
35:42tout de suite
35:43on le sait
35:43que cette moule de bouchot
35:45a bien été produite
35:46dans la baie du Mont-Saint-Michel
35:48donc ça montre
35:49que ce produit
35:49vient d'une zone géographique
35:50très précise
35:51mais dans la jungle des labels
35:52la qualité du produit
35:54dépend aussi
35:54de la technique de pêche
35:56vous voyez la dorade
35:57qui est là
35:57elle est sublime
35:58elle n'a aucun label
35:59mais elle est pêchée
36:00à la ligne
36:01on voit tout de suite
36:02la fraîcheur du produit
36:03et c'est de la pêche française
36:06c'est de la pêche
36:07de petits bateaux
36:07ça arrive direct
36:09de Vendée
36:10donc voilà
36:11il n'y a pas besoin
36:11de label
36:12Labellisés ou non
36:13les français consomment
36:14en moyenne
36:1433 kg de poissons par an
36:16pourtant
36:17cette consommation
36:18reste peu diversifiée
36:19le saumon
36:20et le cabillaud
36:20dominent largement
36:21nos assiettes
36:24alors Jacques Ribot
36:25vous quel type de poisson
36:26vous servez
36:27qu'est-ce que vous aimez
36:28particulièrement
36:28et comment vous les choisissez
36:29moi je ne prends que
36:31des poissons de saison
36:32je travaille avec Tom Saveur
36:33qui est à La Rochelle
36:34et qui fait plusieurs ports aussi
36:36et qui est marieur
36:37mais qui a ses acheteurs
36:38un peu partout
36:39j'arrive beaucoup
36:39avec Terroir d'Avenir
36:40qui sont aussi
36:41sur toute la Bretagne
36:42et la Normandie
36:44et aussi
36:45Saint-Jean-de-Luz
36:46d'où vient le ton aujourd'hui
36:48et je leur fais
36:48100% confiance
36:49c'est-à-dire que moi
36:50je ne passe pas par Rungis
36:52eux ils ont des dépôts
36:53à Rungis et à Bercy
36:54mais moi
36:55c'est la nuit
36:56ou le matin tôt
36:57ils m'envoient des mails
36:58avec ce qui a été pêché
36:59et je choisis dedans
37:00mettons en ce moment
37:01il y a de la barbu
37:02il y a du dieu jaune
37:04là en ce moment
37:04il y a les encornés
37:05qui sont superbes aussi
37:06on a les petits rougets
37:07écailles
37:07qui sont fantastiques
37:09voilà
37:10moi je choisis
37:10je ne regarde pas le prix
37:11déjà c'est pour ça
37:12je vous disais tout à l'heure
37:12je ne suis pas bon
37:13mais je veux le meilleur
37:15tout de suite
37:16ce qu'il a
37:16je veux le plus beau
37:17vous n'avez pas besoin
37:17de le voir pour le décider ?
37:19non
37:19dans le mail ça suffit
37:20ah non parce que là
37:21je travaille avec des mecs
37:22Tom Saver
37:23comme Terroir d'Avenir
37:24c'est l'excellence quoi
37:25ils sont
37:26en plus avec moi
37:26ils savent que je veux
37:27le plus beau
37:28je ne parle pas de prix
37:29jamais j'ai parlé de prix avec eux
37:31et ça me coûte une fortune
37:32parce que le poisson
37:33surtout maintenant
37:34un dieu jaune
37:35il y a 10 ans
37:35c'était 10 euros le kilo
37:36maintenant c'est 30 euros
37:37du dieu jaune
37:38justement là maintenant
37:39ça augmente
37:39en plus avec la crise
37:40sur les carburants
37:41on sait que les pêcheurs
37:42sont impactés
37:42vous avez déjà perçu
37:44cette hausse des prix
37:45ça devient de plus en plus compliqué
37:46mettons le Omar Breton
37:47il y a encore 15 jours
37:48je le touchais encore
37:48à 77 euros en taxe le kilo
37:50c'est hors de prix
37:51en fait depuis Noël
37:52il n'a jamais baissé
37:53là ça y est
37:54depuis 15 jours
37:54il est revenu à 55-56
37:56mais normalement
37:57à Omar Breton
37:57ça doit être 30-35 le kilo
37:59donc c'est compliqué
38:00après le fuel
38:02la crise
38:03les guerres
38:03ça bonde tout ça
38:04en fait c'est souvent
38:06ceux qui sont entre les deux
38:07c'est les uns
38:08qui prennent beaucoup d'argent
38:09et là vous avez cité
38:10l'exemple du Omar
38:10mais sur des poissons
38:11qui sont plus accessibles
38:12on le ressent aussi
38:13ah oui regardez le macro
38:14je regardais dimanche matin
38:15je fais mon marché
38:16moi à Vincennes le matin
38:17et je vois les macros
38:18à 14-80 le kilo
38:19c'est n'importe quoi
38:20alors que le macro
38:21c'est le poisson
38:22normalement populaire
38:23ça devrait être à 3-50
38:23en Bretagne
38:24on les a à 3-4 euros le kilo
38:25sur le marché
38:25là 14-80 pourquoi
38:27il a pris un TGV
38:28en première classe
38:29peut-être
38:30un truc
38:30il y a un problème
38:31revenons au ton rouge
38:32on n'a pas parlé tout à l'heure
38:32parce qu'on parle de poisson
38:33parlons-en
38:34alors Saint-Jean-de-Luz
38:35c'est pas le ton de la Méditerranée
38:37non le ton de la Méditerranée
38:38j'en veux pas
38:38parce qu'il y avait un moratoire
38:40les stocks ont été reconstitués
38:42mais vous trouvez
38:43que c'est trop sensible
38:43comme question
38:44ah oui non non
38:44c'est comme le saumon
38:45je travaille pas de saumon
38:46je vous ai dit
38:47le cabillaud en ce moment
38:48c'est pareil
38:48c'est pas top
38:49non non
38:50moi je fais confiance
38:51à mes pêcheurs
38:52à mes gars
38:52qui ont vraiment une éthique
38:54moi avant le poisson
38:55moi ce que j'aime c'est l'homme
38:57j'ai plus confiance dans un homme
38:58que dans un poisson quand même
38:59et ben le mec est en face de moi
39:01s'il me trahit deux ou trois fois
39:02c'est fini
39:03donc j'en veux plus de ces produits
39:04donc non non
39:05il a aucune raison de me trahir
39:06et en plus on s'entend bien
39:07des fois il peut arriver
39:07qu'un poisson soit blessé
39:08par je sais pas
39:10quand il le pêche
39:11ou il y a un coup
39:12comme un bleu
39:12donc j'en veux pas
39:13on le renvoie
39:14il nous met autre chose
39:15c'est pas grave
39:15et en même temps
39:16on voit que les français
39:16parfois sont pas très aventureux
39:18vont acheter ce qu'ils connaissent
39:19un peu le saumon et le cabillaud
39:20vous leur dites
39:21non il faut tenter
39:22même si le poisson
39:23est un peu moche sur l'étal
39:24allez il faut y aller
39:26non non
39:27c'est
39:28le merlan
39:30en ce moment
39:31on parlait tout à l'heure
39:32le carlet
39:32le carlet c'est un poisson
39:33pas très cher
39:34alors c'est une cuisson
39:35qui est très délicate
39:36parce que ça part tout de suite
39:37en purée
39:37et c'est pas comme la sole
39:38ça passe cette fermeté
39:39mais c'est un poisson
39:40qui reste abordable
39:41il n'y a pas cher du tout
39:42ça c'est des poissons superbes
39:43le harang
39:44on travaille pas de harang
39:45un harang grillé
39:46c'est fantastique
39:47bon bien sûr
39:47il y a des arêtes
39:48alors le sujet était sur les labels
39:50mais vous n'en avez pas parlé
39:50ça vous intéresse pas les labels
39:51ou quand je vous dis
39:52MSC, A, SC
39:55qui sont des labels
39:55c'est pêcher à la ligne
39:56j'aime bien
39:57petit bateau
39:58petit bateau
39:59c'est pas vraiment un label
39:59je crois
40:00non mais c'est
40:01vous avez qu'un métier
40:01non mais c'est pas un label
40:02mais c'est deux labels
40:05vous les connaissez pas
40:06et ça vous intéresse pas
40:06donc vous estimez
40:08qu'ils sont pas très fiables
40:08ah si si
40:09j'y estime rien du tout
40:10je les connais pas
40:10non mais il y en a un
40:11qui prête à discussion
40:12MSC
40:12c'est la pêche durable
40:15il y a des associations
40:17écolo
40:17qui disent qu'il est pas très fiable
40:19parce que les méthodes de pêche
40:21sont souvent un peu rudes
40:23comme le chalut de Haute-Mère
40:25le chalut voilà
40:25moi j'ai dernièrement
40:26c'est sur les techniques
40:27un copain qui me disait
40:27au chalut
40:28sur une journée
40:29ils peuvent jeter
40:30200 kg de poissons
40:31rejetés des poissons morts à l'eau
40:32qui n'avaient pas
40:33qui étaient pas leur cible
40:34le bon calibre
40:35qui ont été pris dans le filet
40:36un gâchis
40:36bon c'est un gâchis énorme
40:37alors que le gars qui pêche à la ligne
40:38comme moi mes barres de ligne
40:39mettons j'ai du bar de ligne
40:41ben il en pêche 12 dans la journée
40:42et après il rentre
40:43il est content
40:44moi j'en ai commandé 12
40:45ils m'ont fait 12
40:45j'ai lu mais je sais pas
40:47si c'est vrai
40:47que vous travaillez
40:48avec le dernier pêcheur
40:49d'Ile-de-France
40:50ouais ça c'est Johan Bertolo
40:51qui est à Gomecourt
40:52c'est 78,95
40:53c'est la limite des deux départements
40:55et il y a quoi comme poisson alors ?
40:57ah il est génial
40:57parce que là mettons
40:58en ce moment on traite du cendres
40:59alors lui il va faire des
41:00poissons d'eau douce là maintenant
41:01poissons d'eau douce
41:01que des poissons d'eau douce
41:02la carpe ?
41:04non moi je travaille pas trop
41:05la carpe mais le silure
41:07silure
41:08alors ça dites nous
41:09alors ça
41:10voilà vous me faites
41:11une tête de silure là
41:12ça va pas du tout ça
41:12pour ceux qui connaissent pas
41:14le silure c'est comme
41:15une énorme ambie
41:16c'est un poisson chat énorme
41:17affreux
41:17qui peut manger des pigeons
41:18même t'as pas mangé
41:20des bras d'enfant dans la saune
41:21ça se mange comment alors ?
41:22dans la saune
41:23non alors le silure c'est
41:25moi je veux dire
41:26j'ai rencontré le silure comment
41:27par mon copain Johan bien sûr
41:29mais aussi parce que
41:30quand j'étais jeune
41:30je pêchais
41:31je pêchais les petits poissons chat
41:32et les petits poissons chat
41:33à faire c'est comme un silure
41:35mais c'est très gras
41:36il faut les épuyoter
41:36comme une peau de lapin
41:37et le silure on va dire
41:39que sur un poisson
41:40qui fait 15 kilos
41:41allez j'ai 8 kilos de perte
41:4250%
41:42et derrière
41:43c'est un poisson très gras
41:44donc moi je ne prends
41:45que le coeur de filet
41:47et avec ce coeur de filet
41:48on les fait mariner
41:49on les fait sécher
41:50on les fait fumer
41:51et après
41:52on les taille très fins
41:53et j'en fais des petites empourras
41:54pour la mise-bouche
41:55donc le silure
41:56vous voyez
41:56il fait comme ça
41:57c'est des choses
41:58par contre faire un gros morceau
41:59et se taper un pavé de silure
42:00non merci
42:01c'est comme le ragondin
42:03il y a un chef étoilé
42:04dans
42:05François-Fer
42:06à Blois
42:08qui fait du silure
42:09et c'est vrai que j'avais été
42:10un peu épaté
42:10mais c'est vrai
42:10quand vous le voyez
42:11il ne faut surtout pas mettre
42:12un silure sur un étal de poissonnier
42:14parce que les enfants
42:15partent en courant
42:16c'est moche
42:16c'est un gros poisson chat
42:17mais par contre
42:18ce qui est bien
42:18c'est que
42:18carnivore
42:19ouais ça mange tout
42:20mais en le pêchant
42:21et en le travaillant
42:23déjà c'est un poisson
42:24alors bien sûr
42:24il y a beaucoup de pertes
42:25qui doit être
42:26je ne sais pas
42:26on va dire
42:2610-12 euros le kilo
42:27c'est rien du tout
42:28et donc
42:29c'est bien
42:29c'est écologique
42:30parce qu'il y en a trop
42:31et le peuple
42:32le trône aux étangs
42:33et les rivières
42:34allez le repas avance
42:36évidemment
42:36on va commencer
42:37à parler un peu de sucré
42:39avec les pieds dans le plat
42:46quels sont les ingrédients
42:48les astuces
42:49et le savoir-faire
42:49pour réaliser
42:50le meilleur flanc
42:51de l'Hexagone
42:52et bien vous le saurez
42:53après avoir vu ce reportage
42:54tourner dans les coulisses
42:55du premier concours du flanc
42:57qui réunissait
42:5818 artisans
42:59boulangers pâtissiers
43:00immersion gourmande
43:01signé Alicia Roguet
43:03et Philippe Le Croix
43:05vous êtes prêts ?
43:09c'est parti pour 2h
43:10bon courage
43:11top départ
43:12pour les 18 candidats
43:14en 2h
43:15ils devront réaliser
43:172 flancs
43:17à l'identique
43:18un pour l'aspect visuel
43:20l'autre pour la dégustation
43:22ici le flanc
43:23est bien plus
43:24qu'une simple pâtisserie
43:25c'est aussi
43:26des heures de travail
43:27là la recette spéciale
43:28concours
43:29on va dire
43:29ça fait 2 mois
43:30qu'on s'entraîne
43:31un peu quotidiennement
43:32avec les uns les autres
43:32là je suis en train
43:33d'étaler ma pâte
43:34qui va me servir
43:34pour le flanc
43:37donc ça va être
43:37le rebord et le fond
43:38si chaque geste compte
43:40ce candidat de l'oise
43:41a une bonne raison
43:42de vouloir gagner
43:43on en vendra plus
43:45et si aujourd'hui
43:46tous les flancs
43:47sont à la vanille
43:48de Madagascar
43:49aucun ne se ressemblera
43:51est-ce qu'ils vont utiliser
43:51de l'amidon de maïs
43:52est-ce qu'ils vont utiliser
43:53de la poirine
43:53en fonction des ingrédients
43:54qu'ils vont mettre dedans
43:55et la température de cuisson
43:56qu'ils vont réaliser
43:57et bien derrière
43:58on aura des textures
43:58qui sont complètement différentes
43:59différents mais avec chacun
44:01leur touche finale
44:02je suis en train de napper le flanc
44:04pour qu'il soit moins terne
44:05et plus brillant
44:06il a un aspect quand même
44:08où il donne plus envie
44:09à l'essai
44:09les flancs sont prêts
44:11direction maintenant le jury
44:12et dans ce concours
44:13tout est analysé
44:14je regarde déjà
44:15l'aspect visuel du flanc
44:18des flancs en général
44:19pour avoir quand même
44:20un visu général
44:21sur les flancs
44:23pour savoir
44:24s'il n'est pas trop cuit
44:25s'il est quand même
44:26assez moelleux
44:29c'est sûr que le flanc
44:30c'est quelque chose
44:31qui peut être de simple
44:32mais c'est quand même
44:33un produit
44:33qui est
44:34je dirais presque
44:35emblématique
44:36ça représente la pâtisserie
44:38ce que la baguette
44:38représente ou pas
44:39place maintenant
44:40à la dégustation
44:44et enfin l'annonce
44:45par une jeune fille
44:47Clara Rodriguez
44:50Clara Rodriguez
44:50représente la Moselle
44:52elle n'en revient pas
44:53c'est quelque chose
44:54des pouces du flanc
44:56en plus du prix
44:58cette jeune pâtissière
44:59de 25 ans
45:00remporte un voyage
45:01à Madagascar
45:02le pays
45:03de la vanille
45:05alors j'allais dire
45:06Jacques Iribeau
45:07vous aussi vous faites partie
45:08de ceux qui font
45:08tout un flanc
45:09de ce retour en grâce
45:10du flanc
45:11dessert de notre enfance
45:13régressif
45:13et qui maintenant
45:14revient au premier plan
45:15il n'y a pas un pâtissier
45:16qui n'a pas son flanc
45:16sur ces états
45:17c'est de la folie
45:18ils ont tous du flanc
45:18mais après
45:19c'est vrai que
45:20en régression oui
45:21parce qu'en enfance
45:22moi mon père
45:23le truc
45:23après le marché
45:24le midi
45:24le dimanche midi
45:25ou la matinée
45:26on allait chercher
45:26un flanc à la boulangerie
45:27mon meilleur ami
45:28il se trouve qu'il avait
45:28une boulangerie
45:29il faisait des flancs
45:30fantastiques déjà à l'époque
45:31mais il ne savait pas
45:31avec beaucoup de vanille dedans
45:33et oui j'adore ça
45:34et votre grand-mère
45:35qui vous a appris
45:36à faire des gâteaux
45:36elle ne vous a pas appris
45:37à faire un flanc ?
45:37non ma grand-mère
45:38sa spécialité
45:39c'était tout ce qui est
45:404 quarts
45:41gâteau sec
45:42et je n'ai jamais réussi
45:43à le refaire
45:44l'autre jour
45:44je m'en suis approché
45:45sans le faire exprès
45:45il n'y a même pas
45:46quelques jours
45:46j'ai fait un gâteau
45:48et je crois que je l'ai raté
45:48et du coup
45:49ça avait le goût
45:49du gâteau de ma grand-mère
45:50parce que son four
45:51ne marchait pas
45:51il restait ouvert
45:52le joint était foutu
45:53donc il y avait de la vapeur
45:54qui sortait
45:55et il faudrait que j'achète
45:55une vieille gazinière
45:56un vieux truc des années 60
45:58c'est les erreurs en cuisine
45:58qui font aussi des grands plats
46:00souvent j'adore ça
46:01moi souvent je travaille
46:02des plats comme ça
46:02je commence un plat
46:03et je travaille pendant
46:0415 jours 3 semaines
46:05et quand il aboutit
46:06je l'enlève
46:06et je refais un autre
46:07mais il me faut 3 semaines
46:08donc vous êtes mes cobayes
46:09pendant 3 semaines
46:10avec plaisir
46:11alors là
46:11on peut revenir tous les jours
46:13tester vos plats
46:14il n'y a pas de problème
46:14justement là
46:15on parlait de cette hype
46:16autour du flanc
46:17vous suivez aussi
46:17un petit peu
46:18les tendances etc
46:19pas trop non
46:20au début je suivais à fond
46:22j'achetais 30 magazines
46:23j'étais dans tous les trucs
46:24maintenant non
46:26j'ai pas mal de vieux bouquins
46:28et de bouquins de cuisine tout court
46:29et puis maintenant
46:30je pense que
46:30quand vous viez ici
46:32que vous venez un vieux cuisinier
46:33vous avez tout déjà
46:34dans les tripes
46:35mettons
46:36mes recettes elles sont là
46:37Pierre Hermé
46:38je l'ai vu goûter
46:38faire des plats
46:39sans les goûter justement
46:40il avait déjà tout dans le cerveau
46:41Pierre Gagnard c'est pareil
46:42et moi je sais que
46:43si je mélange un bout de concombre
46:44avec ça et ça
46:45ça donnera ça en bouche
46:46je sais que
46:46quand je cuit le poisson
46:47les gars ils ont tous des thermomètres
46:48ou des sondes
46:50où ils touchent avec leurs lèvres
46:51c'est dégoûtant
46:52la lèvre dans le poisson
46:53et le poisson dans la lèvre
46:54c'est quoi ?
46:54Vous c'est à l'oeil ?
46:55C'est à l'oeil
46:55l'eau elle frémie
46:56je sais que 45 secondes après
46:57le poisson il est bien
46:58après je le prends
46:59je mets un filet d'huile d'olive
47:00sel, poivre
47:01je le passe à la salamande
47:02flashé pendant 3 secondes
47:03après je le laisse reposer
47:05après ça part
47:05et je sais que là
47:07il va être bien cuit
47:07et pareil pour la viande
47:08Concours du flan
47:09on a connu le concours
47:10du meilleur pain
47:11au chocolat
47:12du meilleur millefeuille
47:13du meilleur pâté en croûte
47:14chocolatine pas au chocolat
47:14et qu'est-ce que vous en pensez
47:16de cette inflation
47:18de concours ?
47:19Est-ce que vous trouvez que
47:19c'est bon pour le métier
47:21pour la profession ?
47:22Moi ça me gonfle un peu
47:22mais après
47:24si ça fait parler
47:24que ça fait sortir les gens
47:25pour aller acheter un plat
47:26et tout ça marche
47:27maintenant on vit dans
47:28un monde virtuel
47:28où tout se passe
47:30sur les réseaux sociaux
47:31justement
47:31ou sur Youtube etc
47:32ou sur TikTok
47:34et les gens ont besoin de voir
47:35mais après je suis pas sûr
47:36que ce sont les gens
47:37qui voient
47:37qu'il faut forcément acheter
47:38je suis pas sûr non plus
47:39parce qu'on veut voir
47:41on veut toucher
47:41on veut regarder
47:42mais acheter
47:43c'est encore une autre démarche
47:44mais je suis pas fan
47:45Les concours en cuisine
47:46on pense forcément
47:47au meilleur ouvrier de France
47:49les meufs ?
47:49Ça c'est autre chose
47:51Oui
47:51vous avez pas essayé
47:52de le tenter ?
47:53Ah non moi je suis pas du tout concours
47:54Ah non vous avez pas concours
47:55il y en a qui sont concours
47:56Non non je suis pas concours
47:57et puis j'ai peut-être pas le niveau
47:58non plus
47:59c'est très technique
48:00très peut-être tactique aussi
48:01parce qu'il faut connaître
48:03du monde sûrement
48:03mais c'est très technique
48:04mais après
48:06meilleur ouvrier de France
48:06moi j'ai toujours
48:07un meilleur ouvrier de France
48:08je vous en parlais
48:10hors antenne je dirais
48:11un gars qui a eu son
48:12meilleur ouvrier de France
48:13en 1976
48:13je suis pas sûr
48:14qu'il soit maintenant
48:14meilleur ouvrier de France
48:15pour moi c'est ça qui me gêne
48:16nous l'étoile
48:17on la remet en question
48:18peut-être l'année prochaine
48:18je vais perdre mes étoiles
48:19on la remet en question
48:20tous les ans
48:21c'est comme un César
48:23un Oscar
48:23vous le gardez
48:24mais peut-être que vous êtes
48:24un mauvais acteur
48:2520 ans après
48:26Allez on a commencé
48:27à parler des desserts
48:28avec le flanc
48:29on va continuer
48:30avec le péché mignon
48:35Alors c'est en direct
48:36ça se passe
48:36c'est la première fois
48:37que le chef est incapable
48:38de nous faire un dessert
48:40sans être obligé
48:41de mettre la main à la pâte
48:42au dernier moment
48:43je plaisante
48:44alors qu'est-ce que c'est
48:45c'est une sacrée composition
48:46une émulsion de l'air ribot
48:48pas comme votre nom
48:49ribot
48:50r-i-b-o-t
48:50sorbet citron
48:51macaron azuki
48:52là aussi on aura besoin
48:53d'explications
48:54et coriandre
48:54alors on vous laisse
48:56en même temps
48:57faire la composition
48:58et en parler
48:59c'est pas facile
48:59de faire deux choses à la fois
49:00alors là j'ai juste
49:02un sorbet citron
49:04donc là c'est juste
49:05des très beaux citrons
49:06de menton
49:07de Nice
49:07de Sicile
49:08là c'est du citron
49:09de Sicile
49:10parce que là-bas
49:11ils sont très sucrés
49:11ils sont très bons en ce moment
49:12et j'les adore
49:14et ça c'est toujours pareil
49:15ça avec mes amis
49:15de terroir d'avenir
49:16et j'en achète
49:1730-40 kilos
49:18on va dire tous les 15 jours
49:19et ça j'adore ça
49:20donc là on met un sorbet citron
49:22qui doit être un petit peu plus
49:24consistant
49:24mais votre congélateur
49:25ne marche pas
49:26donc c'est de votre faute
49:27il va falloir acheter
49:28un congélateur
49:28bref
49:29et dessus
49:29donc on a fait une émulsion
49:31de lait ribot
49:31alors expliquez-nous
49:32ce que c'est le lait ribot
49:33c'est le babeur
49:34comme vous avez dit
49:34c'est en fait
49:35c'est quand on barrate
49:37pour faire du beurre
49:38il reste la crème
49:39enfin le petit lait
49:40et avec ce petit lait
49:41donc moi
49:42je prends ce petit lait
49:43le lait ribot
49:44mais j'ai rajouté
49:45parce que je trouve ça
49:45comme vous
49:46un peu trop fort
49:47en vache
49:48le côté animal
49:49qui est trop fort
49:49donc j'en rajoute
49:50de la crème liquide
49:51pour amener un côté
49:51soyeux et crémeux
49:52et j'ai mis des glaçons
49:53aussi dedans
49:54pour le faire très glacé
49:55très frais
49:55un petit peu comme un
49:57comment on appelle ça
49:58les smoothies
49:58un milkshake
49:59ou un smoothie
49:59qu'est-ce qu'on en fait
50:01d'habitude
50:01parce que le lait ribot
50:02on peut en trouver
50:03dans les supermarchés
50:03qu'est-ce qu'on en fait
50:04du lait ribot
50:04j'ai été levé au lait ribot
50:05et j'en ai pas forcément
50:07un beau souvenir
50:07parce que vous rentrez
50:08de l'école
50:08vous prenez de la galette chaude
50:09des patates chaudes
50:10et le lait ribot dessus
50:11chez ma grand-mère
50:12elle faisait beaucoup ça
50:12alors c'est bourratif
50:14c'est nutritif
50:15ça fait des grands garçons
50:16de 130 kilos
50:17mais c'est pas mon truc
50:18le citron
50:19le lait ribot
50:19c'est une émulsion
50:21de lait ribot
50:22attention
50:22c'est pas du lait ribot
50:24émulsion de lait ribot
50:25parce que ce qui est intéressant
50:26là normalement
50:27quand vous prenez
50:27vous prenez que l'écume
50:29parce que moi
50:29je veux le plus léger
50:30même si c'est lourd
50:31avec la crème liquide
50:32quand même
50:32mais là vous mettez ça dessus
50:34alors il y a un macaron
50:36azuki aussi
50:36je me dépêche
50:37je me dépêche
50:37un macaron à l'azuki
50:38le petit macaron
50:40donc c'est juste
50:41un macaron classique
50:42les amandes blanc d'oeuf
50:43et sucre
50:44azuki c'est pas classique
50:45et l'azuki
50:45c'est la pâte d'haricots rouges
50:46ça pareil
50:47j'ai découvert ça au Japon
50:48j'ai trouvé ça fantastique
50:49et l'orico rouge
50:50je l'adore
50:50et je trouve que
50:51dans un petit macaron
50:51c'est un petit macaron
50:52voilà
50:53on va en mettre un
50:54comme ça dessus
50:55magnifique
50:55et pour finir
50:56et pour finir
50:57ça c'est
50:58alors pareil
50:59au début de départ
50:59je ne connaissais pas
51:00les crèches
51:00les mini pousses
51:01et tout ça
51:01quand j'ai commencé
51:02il y a quelques années
51:03enfin il y a des dizaines d'années
51:04mais maintenant
51:04ils font des petites crèches
51:05comme ça
51:05des mini pousses
51:06et c'est du
51:07de la coriandre fraîche
51:09en fait ça c'est tout petit
51:11mais ça a une puissance de feu
51:12et ça je conseille
51:13et ça a le même goût
51:14que la coriandre
51:14c'est même plus fort
51:15oui allez-y
51:16servez
51:16alors parce que la coriandre
51:18c'est clivant
51:18on en reparlera
51:19oui et surtout
51:20qu'il peut y avoir aussi
51:20des allergies à la coriandre
51:22donc il faut faire très attention
51:23ouais c'est vrai
51:24mais après attention
51:25allergie je suis d'accord
51:26mais envie je ne suis pas d'accord
51:28haricots rouges
51:29haricots rouges
51:30c'est
51:31ils en mettent partout
51:32dans les desserts japonais
51:33c'est très bon
51:34moi j'adore
51:34quand moi je suis arrivé
51:35en 2001 au Japon
51:37honnêtement
51:37il n'y avait pas de pâtisserie
51:38française
51:39maintenant 25 ans après
51:40voilà il y a les grands pâtissiers
51:41qui sont tous arrivés
51:42Pierre Hermé
51:43il y a le couvreur
51:45Cédric Grelais
51:45et les autres
51:45mais il n'y avait pas
51:47donc la pâtisserie japonaise
51:48elle est toujours pareil
51:49c'est pour la santé
51:50ils mangent pour la santé
51:51pour élever l'esprit
51:53et la santé
51:53ça c'est vachement bon
51:55c'est délicieux
51:55donc il faut mélanger les touts
51:56vous prenez bien la glace au fond
51:57le petit macaron
51:58ne vous inquiétez pas
51:59là on a bien
51:59et votre lait riveau
52:01du coup effectivement
52:02c'est un petit milkshake
52:03c'est très frais
52:04avec le citron
52:05et l'acidité
52:05et c'est pas sucré
52:06c'est important pour vous
52:07de faire des desserts
52:08qui ne sont pas trop sucrés
52:09vous faites un peu attention à ça ?
52:11on a baissé
52:12comme j'ai vu
52:12on en parlait avec Pierre Hermé
52:13mais on a baissé à peu près
52:14on va dire de 20-30%
52:15le sucre
52:16ces 10 dernières années
52:17dans les desserts
52:18et ça va continuer
52:19ça va continuer
52:20parce que c'est vrai
52:20que ça ne sert à rien
52:21que ce soit très sucré
52:21souvent c'était très sucré
52:22pour conserver
52:23ou pour cacher un goût
52:24ou pour la gourmandise
52:26mais le sucre
52:27il faut le doser
52:28on est très pointu là-dessus
52:29j'aime bien
52:30ça c'est une composition pour nous
52:31ou ça c'est servi
52:32dans vos desserts et toilés ?
52:33ça c'est servi à l'ours
52:35à l'ours
52:35à l'ours
52:36et ça je l'ai fait ça au Japon
52:38donc en 2001 la première fois
52:39et depuis
52:40je ne l'ai jamais enlevé
52:41je ne l'ai jamais enlevé
52:42c'est à ma signature un peu
52:43voilà
52:44si j'ai un dessert signature
52:45voilà il me restera ça
52:47notes sucrées
52:48on finit cette émission
52:49sur des notes de musique
52:51également
52:51vous avez choisi
52:52une chanson
52:53de Feu Chatterton
52:54on l'écoute un peu
52:55et ensuite vous nous dites
52:56pourquoi ce choix
53:20alors on adore Feu Chatterton
53:23vous écoutez
53:24quand vous cuisinez
53:25et pourquoi cette chanson ?
53:26moi j'adore Arthur Teboul déjà
53:27je trouve que c'est un mec pareil
53:29d'une intelligence fracassante
53:30et des textes fantastiques
53:32un peu
53:33ouais
53:34cette chanson
53:35elle me redonne le moral
53:35elle me redonne le moral
53:36pour la jeunesse qui arrive
53:37pour ma fille qui a 20 ans
53:40et voilà
53:41allons voir
53:41allons voir
53:42le monde est ouvert
53:42il est grand
53:43il n'y a pas que Paris
53:44il n'y a pas que la France
53:44il n'y a pas que l'Europe
53:45aller voir dans le monde
53:46ce qui se passe
53:47et tout
53:47tout d'un coup
53:48on s'aperçoit
53:48qu'on est tout petit
53:49et que les humains
53:50sont quand même vachement sympas
53:51même si moi je suis plutôt pessimiste
53:52j'aime pas trop les humains
53:54en règle générale
53:55ça vous force un peu d'optimisme ?
53:57non les humains
53:58c'est très compliqué
53:59très compliqué
53:59on voit bien tout ce qui se passe
54:00oui mais quand on est cuisinier
54:01on est généreux
54:02on aime les humains
54:03on a des a priori favorables
54:04sur l'espèce humaine
54:05puisqu'on a envie de les nourrir
54:06je suis des clients très cons
54:08ah non mais ça
54:08j'en doute pas
54:09je suis des clients très cons
54:10vous mettez de la musique
54:11quand vous cuisinez ?
54:12j'adore mettre la musique à fond
54:13à fond ?
54:14alors vous mettez quoi
54:15par Feu Tacheter Tannes ?
54:16la Reine des Neiges
54:17beaucoup
54:17ah oui ?
54:19libérer des livrets
54:20ça vous fait du bien ?
54:23non non j'aime bien
54:24puis après les années
54:24bien sûr 80
54:26The Cure et compagnie
54:27j'adore
54:28Despêche Mode et tout ça
54:29mais non la musique
54:29le matin moi ça me donne
54:30la patate ça me donne la pêche
54:31et puis j'aime bien
54:32déconner avec mes équipes
54:33moi c'est souvent
54:35avant le service
54:355 minutes avant que la pression arrive
54:37je sais pas
54:38je me mets tout nu
54:39sur mon tabillé
54:39presque mais je fais le con
54:40non non ça c'est interdit
54:41non non tout nu sur mon tabillé
54:42on le voit pas j'ai mon tabillé
54:43il y a une corrélation
54:44il y a une corrélation
54:45entre la nature de la musique
54:46le style de la musique
54:47et ce qui se passe dans l'assiette
54:48in fine
54:49quand on fait du Cure
54:50est-ce qu'on cuisine de la même façon
54:51quand on écoute Libé
54:52non parce qu'après
54:54j'aime bien aussi
54:55j'aime tout
54:56la variété aussi
54:57mais non par contre
54:59cette chanson là
54:59moi elle me touche vraiment
55:00voilà c'est ça
55:01que je voulais dire
55:01c'est super
55:03merci infiniment
55:05Jacques Ribot
55:05magnifique musicien
55:06merci
55:06merci
55:07c'était délicieux
55:09on s'est régalé
55:10merci encore
55:10à très vite
55:11pour un nouveau numéro
55:12de Politique à table
55:13sur LCP
55:20merci
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