00:0022 ans après, Arsenal est de nouveau champion d'Angleterre.
00:03C'est la conséquence du match nul de Manchester City 1-1 sur la pelouse de Bornemus.
00:08Et Julien Laurence est avec nous, bien sûr, notre correspondant à Londres.
00:11Salut Julien !
00:12Salut Jean-Louis, salut à tous !
00:14Salut Julien !
00:15Il y a le sourire dans la voix de Julien quand même, il y a un petit sourire dans la
00:17voix.
00:18Il a compris que la fin de saison s'est faite !
00:20Depuis que l'after existe, tu n'avais pas été champion !
00:23C'est vrai, c'est vrai, c'est vrai !
00:24Allez, régale-toi un petit peu !
00:26J'invite tout le monde à dîner, tous les...
00:29Il recommence !
00:34Raconte-nous un peu l'émotion qu'il doit y avoir déjà un peu à Londres, l'événement que ça
00:37représente.
00:39Ouais, 22 ans c'est long, c'est long pour un club comme Arsenal aussi, d'attendre pour ce titre
00:43de champion qui a été aussi acquis,
00:45même si pour moi c'est la meilleure équipe du championnat, mais dans la difficulté.
00:51Oui, dans la difficulté Julien, exactement.
00:53En même temps, un titre de champion d'Arsenal, il fallait bien que ça accoupe un moment avec Julien.
00:58Non, il n'y a pas que l'émotion.
00:59Oui, il y a la qualité technique de l'installation de Julien.
01:03Mais bon, on va le retrouver en meilleure qualité dans une seconde.
01:05C'est le Laurent Sico en fait, le PSG Arsenal en finale.
01:06Ah oui, la finale, oui, bien sûr.
01:07Et il va la vivre en toute détente, surtout.
01:10Maintenant qu'il y a le titre.
01:12Et c'est aussi l'enseignement de la soirée, on va revenir.
01:15Il est de retour Julien, vas-y.
01:18Oui, désolé, désolé.
01:18Je vous disais que c'était un petit peu la fête déjà ce soir dans les rues du Nord de
01:21Londres.
01:22Et ça le sera jusqu'à la parade qui aura lieu au lendemain de la finale de la Ligue des
01:27Champions.
01:28Qu'il la gagne ou qu'il la perde, quoi qu'il arrive, il y aura le trophée des champions,
01:31le champion d'Angleterre qui traversera les rues du Nord de Londres.
01:33Et ça veut dire que là, il y a 11 jours vraiment pour se préparer.
01:36Je pense qu'Arteta, il ne s'attendait pas à autant de confort, entre guillemets, pour préparer la finale.
01:41Oui, c'est vrai, tu as raison.
01:42Maintenant, le match de Crystal Palace dimanche à l'extérieur compte pour rien, quoi.
01:46Même s'il y aura la haie d'honneur des joueurs de Palace.
01:50C'est vrai que ce n'est plus du tout le même suspense, le même enjeu, forcément.
01:55Est-ce qu'il va faire reposer ? Est-ce qu'il va faire jouer les champions, l'équipe championne
01:58?
01:58On verra bien.
01:59Mais c'est vrai, même si on avait pensé que ce match-là pour City à l'extérieur à Bournemouth
02:04serait compliqué.
02:05Et il l'a été.
02:06Ils sont même chanceux au final d'égaliser parce qu'ils ont été de loin la moins bonne équipe ce
02:12soir sur le terrain de Bournemouth.
02:14C'est vrai qu'on avait pensé que c'était peut-être ce soir que ça allait jouer.
02:16D'où le but très important de carrière verte hier pour Arsenal contre Burnley pour cette victoire-là.
02:20Mais ce soir, je suis un peu déçu par City quand même.
02:22Par les choix de Guardiola, de mettre Cherki sur le banc, par exemple, ce soir, pour moi, ça n'a
02:25aucun sens.
02:27Et au final, je trouve que ce n'est pas la première fois que Guardiola a fait un petit peu
02:30n'importe quoi ces dernières semaines.
02:31Et au final, il le paye.
02:32On y reviendra sur Guardiola et le match-là ce soir.
02:34Mais quand même, le titre d'Arsenal, Daniel, ça a été souvent dit.
02:38Julien en a souvent parlé.
02:39Mais c'est quand même incroyable que ce soit cette équipe qui a une tradition de jeu très forte sur
02:44ces 20 dernières années.
02:45Qu'elle soit championne l'année où il y a moins de jeu dans cette équipe.
02:48Il y a eu le boring Arsenal avant.
02:49Oui, c'est peut-être que je dis des 20 dernières années.
02:51Effectivement, ça dépend.
02:52Puisqu'on parle d'un club anglais et qu'en Angleterre, on sait à quel point la notion d'histoire
02:57est très importante.
02:58Elle ne peut pas se résumer aux 20 dernières années.
03:01Et effectivement, déjà cette année, il y a pas mal de gens qui disaient
03:04que l'histoire d'Arsenal, c'était justement de ne pas être brillant.
03:07En fait, ils renouent aux traditions.
03:09Et que quand ça gagnait, c'était chiant.
03:12Moi, les premières fois que je joue à Arsenal, même dans les années 80 et encore plus années 90,
03:19dans ce match contre le PSG en 94, c'est une équipe absolument détestable,
03:23avec des joueurs détestables.
03:25Et le champagne, il est venu bien après.
03:27Donc l'histoire d'Arsenal, c'est un membre historique du fameux Big Five,
03:32qu'on a un peu oublié ce qu'était cette notion en Angleterre.
03:35Mais c'est un des plus grands clubs historiquement en Angleterre.
03:38Une histoire riche, fait de beaux jeux, mais aussi d'autres moments.
03:42Donc, je crois que ce soir, très honnêtement, les supporters,
03:44je pense qu'ils n'en ont rien à cirer.
03:47C'est comme je dis toujours, on est tous pour le beau jeu.
03:49On a tous envie que ce soit des belles aventures.
03:52Après, quand t'as jamais gagné, tu passes sur cet élément-là.
03:57Et quand ça fait très longtemps que t'as pas gagné,
03:59et surtout que t'as été humilié en te faisant reprendre,
04:01en passant pour l'équipe de losers,
04:03l'équipe, comment il disait, Patrice Evra, des petits-enfants.
04:06Ils ont tellement été moqués.
04:07T'as même cru, cette saison, que ça allait se reproduire aussi.
04:10Ils ont tellement été moqués.
04:10Encore cette année, on a ressorti le couplet des petits-enfants
04:13qui vont se faire claquer le beignet par les grands.
04:16Je pense que ce soir,
04:17il n'y a pas une personne qui ne va pas penser
04:20que Miguel Arteta est un héros.
04:23Que sa tactique de mettre des buts sur coup de pied arrêtés,
04:26ce n'est pas totalement novateur dans le football.
04:28Et je vais même te dire, je pense que ce soir,
04:30ils sont même en train de croire
04:32qu'ils peuvent faire une saison absolument historique
04:34et que gagner à la finale la Ligue des Champions 1-0 sur corner,
04:38ils s'ignoreraient tout de suite.
04:40Justement, ça change un truc, moi, je trouve, dans la vision,
04:42ce titre.
04:43Effectivement, comme dit Daniel,
04:44peu importe maintenant les conditions dans lesquelles il était obtenu,
04:47c'est par rapport à la confiance sur la finale.
04:49C'est-à-dire que le fait d'avoir ce titre,
04:50le fait d'avoir ce jeu assumé, effectivement,
04:52et cette force sur les coups de pied arrêtés,
04:54c'est aussi un moyen d'être en contrepoint du Paris Saint-Germain.
04:58Il ne doit pas battre le Paris Saint-Germain
04:59en jouant le même football que le Paris Saint-Germain.
05:04Personne n'a envie de faire ça.
05:06Donc, quelque part, Arteta, il propose,
05:08et tant mieux pour lui que ça aille au bout en championnat,
05:10parce qu'il peut assumer cette stratégie-là,
05:12de dire, OK, moi, je propose autre chose,
05:14on gagne le titre avec ça,
05:15et on va être en mesure d'embêter le Paris Saint-Germain.
05:18Ce qui plus est, tu as raison,
05:19avec le repos supplémentaire que tu t'octroies là,
05:21tout ça rebâts un peu les cartes de l'analyse
05:23aussi de la finale de la Ligue des Champions.
05:27Julien ?
05:28Je suis là, je suis là, pardon.
05:29Excuse-moi, je ne sais pas.
05:30Je regardais le match de Tottenham Chelsea aussi.
05:32Ah oui, pas de souci.
05:34Tout le monde va faire une statue à Arteta,
05:37peu importe le jeu, peu importe ce qu'il s'est passé.
05:38C'est ça qu'on disait un peu là, ces dernières semaines ?
05:41Ouais.
05:41Non, je ne sais pas, c'est un peu tôt encore,
05:45mais là où il faut lui reconnaître beaucoup de crédit,
05:47ou lui donner beaucoup de crédit, pardon,
05:48c'est qu'il a su, à son arrivée,
05:52recréer une identité dans ce club-là.
05:54Alors oui, ce n'est pas le football de Wenger,
05:56du début Wenger, c'est sûr,
05:58mais il ne faut quand même pas oublier que
05:59sur les dix dernières années de Wenger
06:01et les années d'après, Emmery,
06:05tout ce qu'on veut,
06:06on était très loin du niveau d'arsenal,
06:10voilà, et donc il a fallu recréer une identité,
06:13recréer un ADN aussi,
06:15cette culture qui part de tout en bas au club
06:18jusqu'à tout en haut,
06:19et ça, il a été très bon là-dessus.
06:20Alors qu'on discute du style de jeu
06:23et de tout ce qu'on veut,
06:24je suis tout à fait d'accord,
06:26je l'ai dit depuis le début,
06:27il a créé une machine défensive,
06:28ça c'est sûr et certain,
06:29c'est pour moi la meilleure équipe sans ballon
06:31actuellement,
06:32et ce ne sera pas un plaisir pour le PSG
06:34de la rencontrer en finale des champions,
06:37mais pour ça, je pense qu'il mérite
06:39beaucoup de crédit,
06:40parce que sincèrement,
06:40il a su créer cet état d'esprit-là
06:42qui n'existait plus du tout quand il est arrivé,
06:44quand il est arrivé,
06:45il a trouvé un effectif
06:46qui était déconnecté de sa base de supporters,
06:49un effectif qui était déconnecté
06:50à l'intérieur même de son vestiaire,
06:51il y a cette fameuse scène
06:53où quand il arrive,
06:54il demande au joueur,
06:55chacun dans son coin,
06:56de prendre une feuille de papier
06:57et d'écrire un seul mot
06:58pour décrire l'ambiance
07:00à ce moment-là au sein du club,
07:02selon le joueur,
07:03et il y a des mots qui sont catastrophiques,
07:05il y a des espoirs,
07:07ce n'est que des mots négatifs,
07:08tout ce que les joueurs écrivent
07:09à ce moment-là,
07:10quand il arrive il y a 6 ans,
07:116 ans et demi,
07:11ce n'est que négatif,
07:13et donc c'est dans ce climat-là
07:15qu'il arrive au club
07:15et sincèrement,
07:17quand tu vois aujourd'hui
07:18le climat actuel au club,
07:20la solidarité,
07:21l'état d'esprit,
07:22mais pas que les joueurs,
07:23tout autour des joueurs,
07:24encore une fois,
07:25de tout en haut du club,
07:26des propriétaires américains,
07:28jusque-là,
07:28T-Lady tout en bas,
07:30il a fait un travail monstrueux
07:31sur cette identité-là
07:32et cette cohésion
07:33et état d'esprit
07:35de groupe et de club.
07:36Ça, c'est agréable à constater,
07:38de se dire que c'est aussi
07:39la récompense du travail
07:40et de la stabilité.
07:41Justement,
07:41je voulais parler de la stabilité
07:43par rapport à ça,
07:44c'est 6-7 ans,
07:44je crois,
07:45Arteta.
07:456 ans, oui.
07:466 ans.
07:47Guardiola,
07:48ça a été long aussi à City
07:49et c'est deux équipes
07:50qui,
07:51City a gagné,
07:52Arsenal gagne maintenant
07:53versus Chelsea
07:55et Manchester United
07:57dans leur gouvernance.
07:58C'est aussi quelque part intéressant.
08:00Ça, c'est le premier point
08:01quand même,
08:01avec de la stabilité,
08:03quand tu crois à un projet
08:04y compris dans les moments
08:05où ça tangue,
08:05c'est quand même pas mal
08:06d'arriver à ça.
08:07Et puis,
08:08il faut le dire aussi,
08:09c'est un entraîneur espagnol.
08:10C'est la poursuite aussi
08:11quand même
08:12avec Guardiola,
08:13avec Arteta,
08:14avec Luis Enrique.
08:15Tu as quand même
08:16une prégnance
08:17de d'autres espagnols
08:18avec des styles
08:19très différents
08:19d'ailleurs,
08:20selon les séjours.
08:21Ils sont plutôt de la même école
08:22mais c'est marrant
08:24de voir que
08:24il a évolué.
08:26Et les faits ont fait
08:27que Luis Enrique
08:29a évolué,
08:30Miguel Arqueta a évolué,
08:31Guardiola aussi.
08:32Il y a des joueurs
08:32aujourd'hui
08:33à Manchester City
08:35qu'on n'aurait pas imaginé
08:35dans un effectif
08:36de Guardiola.
08:37Je trouve que leur
08:38intelligence
08:39situationnelle
08:39entre guillemets
08:40et d'Arqueta en particulier,
08:41elle est là.
08:42Elle est là aussi.
08:43Alors avant le titre d'Arsenal,
08:44on voulait t'avoir,
08:44Julien,
08:45pour parler aussi
08:45du départ de Pep Guardiola,
08:47de Manchester City.
08:49Donc déjà,
08:49tu es énervé
08:50sur sa gestion du match
08:51ce soir ?
08:52Ce soir,
08:53je n'ai pas très bien
08:53et je n'ai pas compris.
08:54Kovacic au milieu de terrain
08:55par exemple,
08:55pour un match pareil
08:56alors qu'il a rarement
08:56joué cette saison,
08:57je ne comprends pas du tout
08:58pourquoi il est titulaire
08:59et d'ailleurs,
09:00il n'a rien à faire
09:01sur le terrain
09:01en première période.
09:03Tu m'expliques
09:04effectivement qu'à un moment
09:06par rapport au pressing adverse,
09:07on sait que Bornemont
09:07c'est une des équipes
09:08qui presse le mieux
09:09en première ligue.
09:10Il a sûrement pensé
09:10qu'ils allaient jouer très haut,
09:11qu'ils allaient les presser très haut
09:12et que Kovacic
09:13t'offre effectivement
09:14ce côté très résistant
09:15au pressing adverse.
09:17Je veux bien,
09:17sauf qu'en fait,
09:18ça n'a pas du tout été le cas
09:19et que c'était un bloc médian
09:20de la part de Bornemont
09:21qui n'allait pas chercher haut
09:22et Kovacic là-dedans,
09:23il n'a servi à rien.
09:24Que Cherki soit sur le banc,
09:26encore une fois,
09:26on l'avait déjà vu sur le banc
09:27pour la finale
09:28de la Coupe d'Angleterre,
09:29je n'avais pas trop compris non plus.
09:31Pour moi,
09:31c'était une erreur.
09:33Et au final,
09:34peut-être que c'était le match
09:35un petit peu trop ce soir aussi,
09:37qu'ils se sont un peu essoufflés,
09:38ils ont beaucoup joué
09:39ces derniers temps
09:40et je pense que ce qu'il a énervé aussi,
09:42et c'est vrai,
09:42c'est que son départ
09:44fuite comme ça lundi soir
09:46alors qu'il aurait voulu le garder
09:47jusqu'à dimanche.
09:48C'est sûr qu'hier,
09:49on annonce son départ,
09:50le lendemain,
09:51dans un match
09:52qu'il doit absolument gagner
09:53pour entretenir
09:54l'espoir du titre,
09:55la façon dont ses événements
09:57se sont bousculés
09:57n'a pas joué en sa faveur.
09:59Pas cadeau pour lui.
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