- il y a 3 jours
Le ministre de la Justice, Gérald Darmanin, est auditionné par les députés de la commission d'enquête sur le traitement judiciaire des violences sexuelles incestueuses parentales commises contre les enfants et la situation des parents protecteurs, notamment des mères protectrices. En préambule de la création de la commission d'enquête, le député socialiste Christian Baptiste, qui en est à l'origine, rappelle le constat de la Ciivise : en France, chaque année, environ 160 000 enfants sont victimes de viols ou d'agressions sexuelles, dont près de 77% commises au sein de la famille. Retrouvez l'audition du garde des Sceaux par les députés.
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00:00:00Générique
00:00:07Bonjour à tous et bienvenue dans la séance est ouverte.
00:00:11Dans ce numéro, je vous propose de retrouver l'audition du garde des Sceaux, Gérald Darmanin,
00:00:16par la commission d'enquête sur le traitement judiciaire des violences sexuelles incestueuses.
00:00:21Regardez.
00:00:22La justice est au cœur même de cette commission.
00:00:25C'est précisément pour comprendre les décisions judiciaires, leurs conséquences sur les enfants
00:00:32et les éventuels dysfonctionnements de la chaîne de protection que cette commission a été créée.
00:00:40Hier, nous recevions votre collègue, le ministre de l'Intérieur.
00:00:45Nous avons beaucoup parlé du travail des enquêteurs, des difficultés de terrain, du manque de moyens,
00:00:52du recueil de la parole des enfants et des investigations menées dans les dossiers d'inceste et de violences sexuelles
00:01:02sur mineurs.
00:01:03Mais ensuite, c'est la justice qui tranche.
00:01:06Et là, beaucoup d'entre nous, beaucoup de familles, ce sont ces situations dans lesquelles les éléments matériels existent.
00:01:21Parfois, des constatations médicales, fissures anales, parfois des contenus pédopornographiques retrouvés,
00:01:30parfois des traces physiques et, ou malgré cela, les dossiers aboutissent à des classements sans suite
00:01:39pour preuves insuffisamment caractérisées ou à des décisions qui continuent d'exposer l'enfant aux parents mis en cause.
00:01:52Nous entendons souvent la question du manque de moyens, qui est réelle.
00:01:58Mais nous nous interrogeons aussi sur les dispositifs existants, sur les expertises,
00:02:05sur l'articulation entre le civil et le pénal, sur la place accordée à la parole de l'enfant
00:02:12et sur la manière dont notre justice appréhende encore, aujourd'hui, les violences incestueuses.
00:02:21Car derrière ces dossiers, il y a des enfants, des enfants à protéger.
00:02:29Et la question qui traverse l'ensemble de nos travaux est finalement simple.
00:02:34Notre système judiciaire est-il aujourd'hui réellement construit pour protéger l'enfant
00:02:43lorsqu'il dénonce des violences sexuelles et intrafamiliales ?
00:02:48Merci, M. le ministre.
00:02:51Merci, M. le rapporteur.
00:02:53M. le ministre, je vous rappelle que cette audition est ouverte à la presse
00:02:57et qu'elle est retransmise en direct sur le site de l'Assemblée nationale.
00:03:01Avant de vous laisser la parole, M. le garde des Sceaux,
00:03:03et d'entamer nos échanges pour environ deux heures, si c'est bien votre timing,
00:03:09je vous rappelle que l'article 6 de l'ordonnance du 17 novembre 1958,
00:03:13relative au fonctionnement des assemblées parlementaires,
00:03:17impose aux personnes entendues par une commission d'enquête
00:03:19de prêter serment de dire la vérité, toute la vérité, rien que la vérité.
00:03:23Je vous invite donc à lever la main droite et à dire, je le jure, M. le ministre,
00:03:28après avoir activé votre micro.
00:03:30Je le jure.
00:03:32Je vous remercie.
00:03:33Donc je vous laisse la parole pour quelques mots introductifs.
00:03:36Merci.
00:03:38Merci, Mme la présidente, M. le rapporteur,
00:03:41Mesdames et Messieurs les députés.
00:03:43Évidemment, comme ministre, je réponds à toutes les convocations
00:03:48de l'Assemblée nationale et du Sénat.
00:03:50Mais je sais qu'une commission d'enquête qui enquête sur le traitement de l'inceste
00:03:57dans notre pays, du traitement judiciaire de cet inceste et de manière générale de
00:04:02la protection des enfants est particulière parce que, évidemment, moi, je ne suis pas
00:04:07très fier pour répondre à la question que vous m'avez posée en équipite, Mme la présidente.
00:04:12Pas très fier de notre système, c'est le mot qu'on peut dire.
00:04:14Je pense même qu'il est à plusieurs égards scandaleux dans la façon d'où nous organisons.
00:04:20Je ne parle pas simplement du ministère de la justice, mais aussi du ministère de la justice,
00:04:24la protection de l'enfance.
00:04:29La façon dont nous protégeons les victimes de manière générale,
00:04:33et aux enfants en particulier qui sont les victimes les plus vulnérables, sans doute,
00:04:41est une défaillance grave de notre système.
00:04:43Je me suis exprimé à plusieurs reprises depuis que je suis ministre de la justice,
00:04:46mais depuis maintenant un an.
00:04:48La victime n'est pas au centre du travail de la justice.
00:04:51Elle n'est pas au centre du travail judiciaire.
00:04:53Elle n'est pas au centre du procès pénal.
00:04:57Alors ça peut paraître bizarre de le dire ainsi,
00:05:00mais je constate même d'ailleurs qu'il y a beaucoup de voix pour me dire que c'est normal.
00:05:05Que c'est le procès de l'auteur, c'est le profil de l'auteur,
00:05:11c'est l'application des peines de l'auteur,
00:05:14et ce n'est pas le lieu de la victime,
00:05:16qui bien sûr a sa place, mais une petite place dans notre système judiciaire.
00:05:22Alors évidemment, une fois qu'on a dit ça, on constate aussi des choses très concrètement.
00:05:27Il n'y a pas de juge des victimes, il n'y a pas de direction des victimes au ministère
00:05:32de la justice.
00:05:32Je en crée une dans quelques jours désormais, ça fait un an que j'ai lancé ces travaux.
00:05:39Et le ministère de la justice, donc l'ensemble des services de son autorité,
00:05:44à commencer par l'autorité judiciaire, qui est une autorité particulière évidemment dans le fonctionnement du ministère,
00:05:49est irrigué par cette idée que la victime n'est pas au cœur de l'action,
00:05:53puisque ce qui est au cœur de l'action judiciaire, c'est soit la manifestation de la vérité,
00:05:57et donc accessoirement à l'écoute de la victime,
00:05:59mais surtout, me semble-t-il, l'auteur.
00:06:03Alors évidemment, quand on part de ce principe,
00:06:06on voit bien que les victimes les plus vulnérables,
00:06:09on l'a vu lorsqu'il a fallu améliorer le traitement des violences faites aux femmes,
00:06:13mais ce n'est pas que ce sujet.
00:06:15Les plus vulnérables sont particulièrement touchés, handicapés par ce fonctionnement,
00:06:21et c'est évident que les enfants le sont particulièrement.
00:06:26Alors si je pense que tout ça est assez scandaleux,
00:06:29et que notre écosystème est particulièrement défaillant,
00:06:33c'est mon expérience de maire peut-être,
00:06:37de ministre de l'Intérieur, j'y reviendrai,
00:06:39mais aussi ministre des Comptes Publics,
00:06:40puisque j'avais sous mon autorité des douanes,
00:06:42et les douanes ont fait un travail sous mon autorité,
00:06:46je remercie d'ailleurs les directeurs de douanes qui m'ont accompagné,
00:06:49je pense à un bon de maire qui a été ma directrice,
00:06:51notamment de lutte contre les viols en direct sur le dark web,
00:06:55c'était sur leur commencement que pourchassait la Dénérodée et les douanes,
00:07:02donc ça fait quasiment maintenant 10 ans que j'essaie de m'intéresser à cette politique,
00:07:06dans un département particulièrement touché d'ailleurs par le dysfonctionnement
00:07:10de l'aide sociale à l'enfance ou par les violences faites aux enfants,
00:07:13mais je l'ai croisé partout, cette défaillance.
00:07:17Au ministère de l'Intérieur, j'ai créé le premier office de protection des mineurs,
00:07:23qu'on appelle l'OFMIN, qui maintenant compte quasiment une centaine d'enquêteurs,
00:07:28quand je serais au ministère de l'Intérieur, il n'y avait pas de lieu d'office spécialisé de police
00:07:33judiciaire,
00:07:34alors qu'on sait tous que, bien sûr, il peut y avoir des enquêtes,
00:07:37j'allais dire simples, le drame est absolu, mais simples, d'un viol sur un enfant,
00:07:43qu'il soit son enfant ou celui d'un cercle familial ou celui d'un lieu de société des enfants,
00:07:48mais on sait aussi qu'il y a une organisation criminelle autour des viols,
00:07:52autour de la maltraitance profonde des enfants,
00:07:56c'est vrai avec beaucoup de pays, notamment d'Asie ou d'Afrique,
00:08:00et que c'est aussi vrai de notre propre consommation, quand je dis nous, c'est les Français.
00:08:06Quand j'ai créé l'office pour mineurs, je rappelle que beaucoup de gens y étaient opposés,
00:08:11la magistrature d'ailleurs, les services de police eux-mêmes,
00:08:14qui se demandaient pourquoi nous faisons des choses pareilles.
00:08:17Il y avait évidemment des services spécialisés, notamment la préfecture de police,
00:08:20qui d'ailleurs mélangeaient à la fois le maltraitant des enfants
00:08:23qui piquaient des portefeuilles commandés par des réseaux étrangers avec les viols,
00:08:27donc c'était vraiment une vision de l'enfance qui était quand même assez large,
00:08:30et donc peu spécialisée, c'est le mot qu'on puisse dire.
00:08:33Mais quand on a créé cet office pour montrer qu'il y avait derrière cela
00:08:37un système organisé de criminalité organisée,
00:08:40l'une des premières choses qui nous a permis ensuite de faire des enquêtes sous pseudo,
00:08:42enfin bref, tout ce que vous avez peut-être entendu par le monsieur le ministre de l'Intérieur,
00:08:48l'une des premières choses qu'a fait cet office,
00:08:49c'est qu'il a commencé à faire ce que fait un service de renseignement de police judiciaire,
00:08:53c'est-à-dire une cartographie du risque, c'est quoi l'état de la menace.
00:08:57Et j'ai été extrêmement impressionné, pour ne pas dire particulièrement honteux,
00:09:02lorsqu'ils m'ont démontré sur une grande carte numérique,
00:09:05je pense que cette carte numérique, cette grande ordinateur géant, vous l'avez vue,
00:09:08je l'ai fait installer du coup à l'entrée de cet office,
00:09:11quand j'ai vu ça sur l'ordinateur de l'enquêtrice en l'occurrence qui me l'avait montré,
00:09:15les points de connexion de la semaine sur des sites pédopornographiques
00:09:19ou d'échanges d'images pédopornographiques.
00:09:20Et je peux vous assurer que le nombre de points de connexion en France était immensément nombreux
00:09:26et qu'il y en avait dans chaque rue, de chacune des communes sur lesquelles on zoomait.
00:09:33Donc j'ai aussi vu des policiers et des policières, des gendarmes extrêmement impliqués,
00:09:38qui font un métier affreusement difficile,
00:09:40qui sont eux-mêmes père et mère de famille,
00:09:41et vraiment je ne peux pas avoir une pensée directe pour eux.
00:09:44Parfois c'est eux-mêmes qui se font passer, vous le savez bien, pour des enfants
00:09:47et qui échangent des photos, des vidéos pour essayer de faire parler à un pédocriminel.
00:09:52On ne peut pas ne pas parler derrière ces gens qui font un travail
00:09:55qui doit quand même beaucoup les toucher personnellement.
00:09:58J'ai doublé le nombre d'unités d'accueil pédiatrique pour enfants en danger,
00:10:01quand j'étais mis à l'intérieur en 80,5.
00:10:02J'ai doublé le nombre de salles Mélanie, on a désormais plus de 400.
00:10:06Nous avons équipé en vidéo l'intégralité des auditions des enfants,
00:10:12ce qui n'était pas tout à fait le cas auparavant,
00:10:14parce que dans l'une des raisons du mauvais traitement judiciaire,
00:10:16c'est aussi que le procureur de la République exige d'avoir l'intégralité des propos.
00:10:23Et on faisait répéter parfois les enfants plusieurs reprises,
00:10:26ce qui était un trauma, et parfois ils se contredisaient,
00:10:29parce que quand on a 4 ans ou 3 ans, nous avons une difficulté assez forte.
00:10:35Je vous entends, Mme la députée, il y en a 151 d'accueil pédiatrique,
00:10:38et 400, c'est Mélanie, c'est donc 600 structures en tout.
00:10:46Merci de laisser à M. le ministre terminer ses propos introductifs.
00:10:50Merci.
00:10:52Notre sujet, c'est donc évidemment de pouvoir avoir ces preuves.
00:10:59Et l'une des difficultés, c'est d'ailleurs, je voudrais le souligner comme ça en passant,
00:11:02c'est que nous avons très peu de moyens technologiques pour aider les enquêteurs
00:11:06et les policiers, gendarmes, magistrats, qui s'occupent de façon annexe de ces sujets,
00:11:11puisqu'il n'y a pas de speech to texte, par exemple, pour des voix d'enfants,
00:11:13parce qu'on n'a pas de base de données de voix.
00:11:16On a d'ailleurs lancé une start-up d'État, voilà, deux ans pour essayer de trouver cela,
00:11:19parce que si on pouvait faire au moins la transcription directe, on gagnerait énormément de temps.
00:11:23Sainte-Mélanie, pour ceux qui l'ont visité, c'est un enfant auditionné,
00:11:28parfois deux dans la journée, mais ce n'est pas beaucoup plus,
00:11:30pour plein de raisons qui sont notamment des raisons de difficultés à tout taper,
00:11:35à tout entendre et à tout bien regarder.
00:11:37Au ministère de la Justice, pour reprendre le sujet de mon ministère d'aujourd'hui,
00:11:43j'ai été assez frappé en arrivant de savoir qu'il y avait à peu près 450 à 500 dossiers
00:11:47pour un juge pour enfants.
00:11:49Dedans, il y a toutes les mesures, des mesures d'assistance éducative,
00:11:55des mesures de condamnation pénale lorsqu'ils font des bêtises.
00:12:01Comment peut-on travailler quand on a 450 à 500 dossiers,
00:12:04ou toujours des enfants qui ont des âges différents, des profils différents ?
00:12:09J'ai donc réorienté une partie de la création de postes de magistrats
00:12:13qui a parfois déplu à une partie de la majorité ou l'opposition de l'Assemblée nationale,
00:12:18parce que c'était des postes promis par mes prédécesseurs qui ne m'ont pas arrivé,
00:12:21mais j'ai créé 50 postes supplémentaires de juge pour enfants,
00:12:23mais il nous faudrait 200 à 300 postes supplémentaires de magistrats pour enfants,
00:12:28et on aurait l'occasion d'en reparler.
00:12:31Une fois qu'on a dit cela, je rentrerai peut-être dans les propositions
00:12:38qui, j'espère, vont faire le parallèle dans le fait que je trouve que notre système
00:12:42est scandaleux et honteux et qu'on pourrait s'excuser en effet
00:12:44de la façon dont on traite la protection de l'enfance.
00:12:48D'abord, je pense en effet que le principe de précaution, personnellement,
00:12:52doit s'appliquer sur la parole de l'enfant.
00:12:55Et là, je suis en contradiction avec une immense partie de ce que pensent,
00:12:58je sais bien, les magistrats de mon ministère, pas tous, à 100%,
00:13:01enfin une grande partie, parce que je pense que s'il y a bien un moment
00:13:08où on doit pouvoir peut-être distinguer le vrai du faux,
00:13:12de ne pas être l'otage de séparation douloureuse, je n'ignore pas tout ça,
00:13:16je pense que le principe de précaution doit s'appliquer,
00:13:19il s'applique dans l'environnement, il devrait s'appliquer pour l'humanité,
00:13:24que représente un enfant qui pourrait être absolument traumatisé,
00:13:26dont on laisse par ailleurs à continuer à vivre des violences,
00:13:29alors que nous avons une alerte.
00:13:31C'est quand même important.
00:13:33Donc je porte un texte extrêmement critiqué par ma propre administration
00:13:38et par les magistrats, pour une partie des magistrats,
00:13:41qui est l'ordonnance de sûreté,
00:13:43que j'ai fait mettre dans l'article 1er de la loi avec Mme Riste de Porton,
00:13:47qui n'a pas été disjoint par le Conseil d'Etat cette semaine,
00:13:50qui est donc validé par le Conseil d'Etat,
00:13:51même si j'anticipe l'avis de l'Assemblée Générale du Conseil d'Etat
00:13:54qui va être rendu public,
00:13:55et qui j'espère sera voté par les parlementaires,
00:13:58qui consiste à appliquer ce principe de précaution,
00:14:01qui en effet privera le père, la mère,
00:14:04sans doute plus souvent le père que la mère,
00:14:07puisque c'est les hommes qui sont l'auteurs de l'immense majorité
00:14:10des faits d'inceste ou de maltraitance,
00:14:12pendant quelques semaines,
00:14:14sans doute est-ce trop,
00:14:16mais je pense que n'importe quel père,
00:14:17moi je suis père de deux petits garçons,
00:14:20n'importe quel père peut comprendre,
00:14:21ceux qui sont bien intentionnés,
00:14:23que oui, pendant trois, quatre semaines, cinq semaines,
00:14:25si la justice va vite, évidemment,
00:14:26il faut qu'on en discute,
00:14:27que cette levée de doute soit faite très rapidement
00:14:33pour protéger cette enfance.
00:14:35Et je pense que ça, c'est une révolution très importante dans notre droit.
00:14:39Aujourd'hui, il y a des parquetiers,
00:14:40ce serait faux de dire l'inverse,
00:14:41qui le vendredi, souvent c'est le vendredi après-midi,
00:14:43au moment où les gardes alternés
00:14:46prennent un certain nombre de dispositions.
00:14:49Ils ne sont pas spécialisés dans ça,
00:14:51ils font dans le flot des urgences du vendredi après-midi très souvent,
00:14:55et je pourrais les avoir vus faire des dizaines de fois,
00:14:57c'est le taux de téléphone,
00:14:59ça dure quelques instants,
00:15:00il faut prendre une décision très vite,
00:15:02peut-être qu'il y a déjà un antécédent,
00:15:04peut-être qu'on sait que le divorce est douloureux,
00:15:07peut-être qu'on sait qu'il y avait déjà eu des signalements,
00:15:08puis que voilà.
00:15:09Je pense que ce n'est pas du tout une bonne manière de fonctionner,
00:15:11on ne protège pas les enfants assis,
00:15:13malgré le bon esprit des magistrats qui le font.
00:15:16Et je souhaite très fortement
00:15:18que cette ordonnance soit très vite mise en place,
00:15:21parce qu'elle nous permettrait
00:15:23de protéger, d'appliquer ce principe de précaution,
00:15:26et nous obligerait surtout,
00:15:27c'est mon deuxième point,
00:15:28à aller très vite.
00:15:30nous prenons un temps infini pour non seulement traiter des plaintes,
00:15:34dont 75% des plaintes qui touchent les mineurs sont classées,
00:15:38mais par ailleurs, à la fin,
00:15:40condamner ou à protéger.
00:15:42Protéger l'enfant et condamner les éventuels auteurs.
00:15:45Et on a bientôt un texte sur les délais d'audiencement,
00:15:49voilà, 5 à 6 ans,
00:15:50c'est grosso modo aussi ce qu'on connaît comme viol incestueux.
00:15:54Bon, 5 ou 6 ans,
00:15:56vous êtes commencé à violer à 6-7 ans,
00:15:59vous imaginez dans quel état de traumatisme
00:16:01vous retournez d'ailleurs,
00:16:02alors que vous êtes encore dans un système éducatif,
00:16:04si vous n'avez pas fait de tentative de suicide,
00:16:06si vous n'avez pas des maladies chroniques,
00:16:07si, si, si, si,
00:16:08et que vous avez trouvé un cadre protecteur,
00:16:11ce qui n'est pas évident,
00:16:12je pense évidemment aux gamins de l'ASEU
00:16:13qui connaissent encore plus de difficultés sociales,
00:16:16dont une grande partie d'entre eux
00:16:18sont soit handicapés,
00:16:19soit morts avant l'âge moyen des autres enfants,
00:16:25je pense que c'est un traumatisme immense.
00:16:28Donc nous devons essayer de regarder ça en allant vite.
00:16:31Comment on peut aller vite au ministère de la Justice
00:16:32sans d'immenses moyens supplémentaires ?
00:16:35Je pense qu'il y a une solution
00:16:37que j'ai expertise depuis plusieurs mois,
00:16:40dont je ne pense pas avoir le poids politique
00:16:42avec l'Assemblée nationale d'aujourd'hui de l'imposer,
00:16:44parce qu'elle créera, je crois,
00:16:45énormément de difficultés
00:16:47avec la profession d'avocat,
00:16:48avec la magistrature sans doute aussi.
00:16:51C'est un juge unique des familles.
00:16:55Et ce juge unique des familles
00:16:56qui supprimerait les fonctions de magistrats
00:17:01écartelés entre le civil et le pénal,
00:17:04on réglerait beaucoup de nos difficultés.
00:17:07Peut-être pas toutes les difficultés,
00:17:08mais beaucoup de difficultés.
00:17:10Il est évident qu'entre le civil et le pénal,
00:17:13les gens doivent se parler,
00:17:14s'accompagner très rapidement,
00:17:19écouter ce temps de la justice.
00:17:20Et ce juge des familles,
00:17:22qui serait donc une fusion des juges d'aujourd'hui
00:17:24qui s'occupent des enfants,
00:17:25serait accompagné de parquets spécialisés.
00:17:27Alors je ne pense pas qu'il faille un parquet national,
00:17:28parce que ce n'est pas une criminalité organisée
00:17:30en tant que telle.
00:17:31Et ce serait absurde.
00:17:32Mais que nous ayons un parquetier
00:17:35ou une parquetière
00:17:35dans chacun des ressorts de France
00:17:37qui est spécialisé par référent.
00:17:39Le référent, il y a plein de références.
00:17:40Il définit par être référent de tout,
00:17:42la laïcité, les élus, les enfants.
00:17:45Mais un parquetier entièrement spécialisé.
00:17:48Il en faudrait donc,
00:17:49si je regarde très vite les choses,
00:17:50à peu près un petit 200.
00:17:52Ce n'est pas non plus absolument immense.
00:17:54Et même dans le plus petit ressort de France,
00:17:56où il y a parfois trois magistrats au parquet,
00:17:58on accepterait d'en mettre un quatrième
00:17:59qui serait spécialisé intégralement
00:18:02dans la protection de l'enfance.
00:18:07Si nous arrivons à faire une ordonnance de sûreté
00:18:09qui permet d'appliquer le principe de précaution,
00:18:13si nous faisons un juge des familles
00:18:15qui fait l'union entre le civil et le pénal
00:18:19et l'enfant d'un qu'interlocuteur,
00:18:21d'ailleurs, les gamins de l'ASEU,
00:18:23les gamins placés, mis compris à la PJ,
00:18:25ils vous disent « mon juge », d'ailleurs.
00:18:26C'est assez étonnant parce que même,
00:18:27ils ont un rapport particulier.
00:18:29C'est d'ailleurs parfois la seule autorité
00:18:30qui les aient rencontrés.
00:18:31Et c'est parfois les parents qui disent
00:18:33« vous le savez bien,
00:18:34dans d'autres circonstances que celles de l'inceste,
00:18:36dites-lui, monsieur le juge, madame le juge que ».
00:18:38Donc je pense qu'il y a vraiment un rapport particulier
00:18:40de l'enfant, quel qu'il soit,
00:18:41qui soit victime, délinquant,
00:18:43et souvent les deux, avec son juge.
00:18:46Qu'on comprend très bien ces difficultés civiles,
00:18:50les gardes, et en même temps les difficultés pénales
00:18:52ou la responsabilité pénale des parents,
00:18:55je pense que nous gagnerions beaucoup, beaucoup de temps.
00:18:59Je sais très bien que le juge unique des familles
00:19:02et que le parquet spécialisé dans chacun des ressorts
00:19:06n'est pas du tout la majorité
00:19:08de ce que pensent une immense partie
00:19:10des auxiliaires de justice et des magistrats.
00:19:13Je me suis également exprimé, madame la présidente,
00:19:15pour dire que j'étais favorable
00:19:16à la prescriptibilité des crimes commis sur les mineurs.
00:19:19Donc je le répète une nouvelle fois.
00:19:21Et d'abord avec un argument que je trouve
00:19:25assez fallacieux pour ceux qui pensent
00:19:26que la prescriptibilité doit continuer à vivre.
00:19:31Je comprends bien le débat théorique et juridique.
00:19:33Mais d'abord, on peut mettre beaucoup, beaucoup de temps
00:19:36en ressortir de son trauma de l'enfance.
00:19:38Donc c'est vraiment...
00:19:40Moi, j'ai personnellement connu quelqu'un
00:19:42qui, à 75 ans, a avoué avoir été violé quand il était petit
00:19:46et pleuré comme un enfant, justement.
00:19:48Et je pense que ça, il y a des moments
00:19:50où on a envie d'en parler.
00:19:51Par exemple, à l'heure de sa mort,
00:19:52on a envie d'en parler peut-être à ses propres enfants
00:19:53de le trauma qu'on a eu.
00:19:55Je pense que ça, c'est quand même quelque chose de très...
00:19:58C'est difficile de ne pas évoquer cela
00:20:02et de ne pas trouver un statut de victime à tout ça.
00:20:03Et puis surtout, les preuves, désormais,
00:20:05les preuves d'aujourd'hui ne sont plus les preuves de 1960.
00:20:07Il y a des preuves numériques, des preuves médicales.
00:20:10Et donc le côté « il y aura un procès sans preuve »,
00:20:14c'est faux, ou en grande partie faux.
00:20:17Désormais, les enfants violés aujourd'hui
00:20:18ou qui connaissent inceste aujourd'hui,
00:20:21une partie d'entre eux pourront témoigner,
00:20:24garder un certain nombre de données,
00:20:25ce qui n'était évidemment pas le cas de 1960.
00:20:27Donc je comprends le débat de 1960,
00:20:29mais j'ai du mal à le comprendre en 2026.
00:20:32On a été assez injustes avec les travaux de la civise,
00:20:36me semble-t-il.
00:20:37J'ai reçu à plusieurs reprises
00:20:39un ministère de l'Intérieur,
00:20:41un ministère de la Justice.
00:20:42Après, je comprends qu'il y a aussi des questions de personne
00:20:44et je ne veux pas rentrer dans cela,
00:20:45mais je pense qu'on devrait aussi entendre
00:20:47une partie importante de leur préconisation.
00:20:53On peut tout à fait respecter
00:20:55la présomption d'innocence, me semble-t-il,
00:20:59et entendre la parole de l'enfant.
00:21:01Voilà, donc je crois que c'est tout à fait compatible.
00:21:06Pour terminer, peut-être, notre système,
00:21:10je pense que c'est un système qui broie ses enfants
00:21:15parce qu'il est le même que pour tous les autres.
00:21:17Et comme il est déjà assez déconnant,
00:21:21je ne le dirai pas dans la commission d'enquête,
00:21:24mais il est déjà assez délirant par certains points de vue
00:21:26d'attente, de délai, de répétition,
00:21:29de traumatisme secondaire,
00:21:32de l'absence de la victime au cœur du procès
00:21:36ou au cœur d'instruction ou au cœur de l'enquête.
00:21:39Je pense que, voilà, si on doit faire des choix
00:21:41de politique publique,
00:21:43il faut peut-être prendre une bretelle d'autoroute
00:21:44un peu à part pour les enfants
00:21:45et dire que c'est là où on doit mettre le poids de corps.
00:21:49C'est un point très important que de se dire
00:21:51que ce n'est donc pas une justice spécialisée
00:21:53qu'il faut faire, mais une justice prioritaire.
00:21:56Et pour faire une justice prioritaire,
00:21:57je ne pense pas qu'il faille énormément de moyens.
00:22:00Je pense que, allez, c'est déjà beaucoup,
00:22:03mais je pense que 400 magistrats,
00:22:05c'est une promo de l'ENM aujourd'hui, quoi.
00:22:06400 magistrats de plus pour le parquet,
00:22:09pour le juge des victimes, pour le juge des familles,
00:22:12ce serait une révolution assez forte
00:22:13dans notre façon de fonctionner.
00:22:16Le principe de précaution serait une façon assez forte
00:22:18de fonctionner.
00:22:20L'imprescriptibilité aussi.
00:22:21On n'aura pas réglé le problème profond,
00:22:23sans doute de l'inceste,
00:22:24mais on aura sans doute réglé le problème
00:22:26de ceux qui dénoncent
00:22:27et, par notre mauvaise action publique,
00:22:31continuent de vivre les traumatismes
00:22:33qu'ils ont pourtant eu le courage de dénoncer.
00:22:37Merci beaucoup, M. le ministre,
00:22:40pour ces propos introductifs.
00:22:44Je me permets de dire que c'est agréable
00:22:46d'entendre quelqu'un qui connaît ces dossiers.
00:22:50Je vais laisser la parole à M. le rapporteur.
00:22:54Oui ?
00:22:55Je vais laisser la parole à M. le rapporteur,
00:22:57mais j'ai juste une première question à vous poser.
00:22:59Je voudrais savoir,
00:23:02je ne sais pas si vous avez changé d'avis
00:23:04sur ce sujet-là,
00:23:06parce que je ne vous avais pas forcément entendu
00:23:08en parler avant,
00:23:08mais qu'est-ce qui vous a fait arriver
00:23:09à la prescription ?
00:23:11Parce que vous savez que je porte le sujet
00:23:13depuis le début de mon mandat en 2017.
00:23:16Il y a eu des réticences de part et d'autre.
00:23:19Alors, quand je vous ai entendu dire
00:23:20que, voilà, sur l'ensemble des crimes,
00:23:23ce que je pensais intimement déjà,
00:23:24vous étiez favorable à cette imprescriptibilité,
00:23:28j'ai trouvé ça vraiment très intéressant.
00:23:31Comment est-ce que vous avez réfléchi,
00:23:34comment est-ce que vous avez abouti
00:23:36à cette réflexion ?
00:23:42Je n'ai jamais varié,
00:23:45je ne suis jamais prononcé contre
00:23:47la fin de la prescriptibilité.
00:23:50Mais comme je n'étais pas ministre de la Justice,
00:23:53peut-être que je connaissais moins bien les choses,
00:23:55j'ai moins réfléchi.
00:23:56C'était présenté comme un dogme,
00:23:58souvent,
00:23:59de notre droit pénal.
00:24:02Et je ne m'étais pas permis
00:24:03de rentrer dans le débat public
00:24:04sur ce point-là.
00:24:05Mais quand je suis devenu ministre de la Justice,
00:24:07assez vite,
00:24:07j'ai essayé d'interroger.
00:24:10Et d'ailleurs,
00:24:10ce qui m'a un peu inquiété,
00:24:11c'est l'unanimité avec laquelle
00:24:12tout le monde était contre.
00:24:14Et je me dis,
00:24:15tiens, c'est un peu bizarre
00:24:16que tout le monde soit contre.
00:24:19C'est toujours un peu bizarre
00:24:20quand tout le monde est contre quelque chose.
00:24:21Moi, j'ai une tendance,
00:24:23parfois, à essayer
00:24:23d'avoir un esprit de contradiction.
00:24:25Parce que je crois vraiment que,
00:24:28bon, tous les crimes,
00:24:29on pourrait encore en discuter
00:24:31à l'extrême limite.
00:24:32Mais je crois vraiment
00:24:32que ce débat sur les preuves
00:24:35est un débat dépassé.
00:24:36C'est-à-dire que le vrai...
00:24:39Il y a deux sujets.
00:24:40Il y a l'idée que la société
00:24:41doit, au bout d'un moment,
00:24:42pardonner et oublier.
00:24:45Bon, je pense que c'est facile
00:24:46à dire pour la société.
00:24:47C'est sans doute pour quelqu'un
00:24:48qui a connu un inceste,
00:24:51une meurtrissure extrêmement profonde.
00:24:53Je pense qu'on ne peut pas demander à ça.
00:24:54Je pense que quelqu'un
00:24:55qui a été violé
00:24:55quand il avait 3 ans, 4 ans, 5 ans, 8 ans,
00:25:00le traumatisme était irréversible.
00:25:02C'est incontestable.
00:25:03Et d'ailleurs,
00:25:04l'argument de dire
00:25:05qu'il n'y a que les crimes
00:25:06contre l'humanité
00:25:06qu'on a cela
00:25:08parce que c'est au-dessus
00:25:09de tout autre,
00:25:09je pense qu'on tue
00:25:10chaque humanité
00:25:10de chaque enfant
00:25:11quand on fait ça.
00:25:11Donc je trouve que
00:25:12c'est un argument
00:25:13peut-être un peu facile
00:25:14mais que, personnellement,
00:25:15moi, me touche personnellement.
00:25:17Le deuxième sujet,
00:25:19en dehors du fait
00:25:19que la société doit tourner la page
00:25:21d'un certain temps,
00:25:22bon,
00:25:23parce qu'il ne faut pas poursuivre
00:25:24de sa vindicte
00:25:25des générations et des générations,
00:25:28je considère que l'argument
00:25:29le plus faible
00:25:30qui est souvent donné,
00:25:31c'est l'argument
00:25:32du manque de preuves.
00:25:33Et d'ailleurs,
00:25:33c'est tellement faux
00:25:34comme argument
00:25:35que la justice elle-même
00:25:36a accepté
00:25:37sous le coup du législateur
00:25:38que même quand c'était prescrit,
00:25:40il fallait faire
00:25:40des actes d'enquête.
00:25:41Bon, vous voyez
00:25:42que c'est un petit peu
00:25:43tautologique quand même,
00:25:43c'est un peu bizarre
00:25:44de raisonner ainsi.
00:25:47Moi, je pense encore une fois
00:25:48que l'épreuve d'aujourd'hui
00:25:51vont démontrer
00:25:53pour l'avenir
00:25:54la possibilité de poursuite.
00:25:56Après, on peut toujours discuter
00:25:57s'il faut une condamnation pénale
00:25:58au bout de 50 ans
00:25:59ou une condamnation symbolique
00:26:01du statut de victime,
00:26:03des réparations civiles,
00:26:04on peut toujours discuter
00:26:05de c'est quoi la fin
00:26:06de la prescriptibilité.
00:26:07Bon, c'est pas un mauvais débat
00:26:10d'ailleurs entre nous.
00:26:11Est-ce que quelqu'un
00:26:11va qu'il va en prison
00:26:1250 ans après les faits ?
00:26:13Ça a du sens
00:26:14quand il a 85 ans, 90 ans ?
00:26:16Bon, on peut toujours en discuter.
00:26:18En revanche,
00:26:19je pense que le moment symbolique
00:26:21de la condamnation,
00:26:23de la révélation de la vérité,
00:26:25de la reconnaissance
00:26:26que cette personne
00:26:26n'était pas menteuse,
00:26:28je pense que c'était très important.
00:26:29Et des dommages civils,
00:26:30ça peut évidemment exister.
00:26:33Donc, voilà,
00:26:35quand je suis devenu
00:26:36garde des Sceaux
00:26:36et qu'assez vite
00:26:37on m'a posé la question,
00:26:39je pense que ça devait être
00:26:39le deuxième mois
00:26:40ou le troisième mois
00:26:40après mon arrivée
00:26:41à la chancellerie.
00:26:42J'ai évoqué au début
00:26:44ce que la question
00:26:45m'avait été posée justement
00:26:45sur les viols
00:26:46qui concernaient les enfants.
00:26:48Et comme le procureur général
00:26:49près de la Cour de cassation,
00:26:50parce que tous les magistrats
00:26:51ne sont pas contre,
00:26:51moi je constate
00:26:52que Rémi Hetz,
00:26:53par exemple,
00:26:54a aussi dit,
00:26:55après une intervention
00:26:55d'ailleurs que j'ai pu faire,
00:26:56qu'il était favorable
00:26:57parce que les preuves
00:26:58avaient évolué
00:26:59sur la fin de la prescriptibilité.
00:27:02Merci beaucoup.
00:27:02Je vais passer donc
00:27:03la parole à M. le rapporteur
00:27:05pour une première question.
00:27:07Très bien, oui.
00:27:09M. le garde des Sceaux,
00:27:10j'ai trois questions
00:27:10importantes à vous poser.
00:27:12Vous avez reçu
00:27:15un questionnaire
00:27:15que je vous ai envoyé,
00:27:16donc vous aurez
00:27:18encore le temps
00:27:18de pouvoir y répondre
00:27:19par écrit.
00:27:20Et c'est vrai que
00:27:22il y a à peu près un an,
00:27:23j'ai posé une question
00:27:24au gouvernement
00:27:25sur l'inceste
00:27:27et quelques jours après,
00:27:28vous avez répondu,
00:27:29vous avez donné votre position,
00:27:30donc il corroberait
00:27:31à ce que vous venez de dire.
00:27:33M. le garde des Sceaux,
00:27:35depuis le début
00:27:36de nos auditions,
00:27:38une question revient sans cesse.
00:27:42Comment protéger
00:27:43immédiatement un enfant
00:27:45qui dénonce
00:27:46des violences incestueuses
00:27:47alors même
00:27:48que l'enquête pénale
00:27:50n'est pas encore terminée ?
00:27:52Et tout à l'heure,
00:27:53vous disiez
00:27:54que l'administration
00:27:56de la preuve
00:27:57est un débat
00:27:57qui est déjà dépassé,
00:27:58fort de cette affirmation.
00:28:02Êtes-vous favorable
00:28:03à ce que,
00:28:05dès lors qu'un enfant
00:28:06dénonce
00:28:06des violences sexuelles
00:28:08intrafamiliales,
00:28:09le droit
00:28:10de visite
00:28:12et d'hébergement
00:28:12du parent
00:28:13mis en cause
00:28:14puisse être suspendu
00:28:15à titre conservatoire
00:28:17le temps
00:28:18que la justice
00:28:19vérifie les faits ?
00:28:22Et même question
00:28:23pour l'autorité
00:28:24parentale.
00:28:28On vous laisse répondre
00:28:29à cette première question,
00:28:30M. le ministre,
00:28:31même si vous l'avez déjà évoqué,
00:28:33si vous pouvez développer
00:28:34un petit peu.
00:28:35Merci.
00:28:35Oui, M. le rapporteur,
00:28:36moi, je suis très favorable
00:28:38d'appliquer un principe
00:28:39de précaution
00:28:41à la condition,
00:28:42mais ça, c'est à nous
00:28:42de l'organiser,
00:28:43que la justice aille vite.
00:28:44parce que, évidemment,
00:28:48pour un père
00:28:48ou pour une mère,
00:28:49ne pas voir ses enfants
00:28:52alors qu'il n'aurait rien fait
00:28:54ou qu'il serait l'otage
00:28:59d'un moment très difficile
00:29:00que passe sa vie de famille,
00:29:03ce n'est pas acceptable non plus.
00:29:04Je considère cependant
00:29:05que c'est moins grave
00:29:06comme atteinte aux personnes
00:29:08que de laisser un enfant
00:29:10continuer à se faire violer
00:29:11par son père.
00:29:13Donc, dans l'échelle
00:29:14de ce qui est grave,
00:29:16j'essaye de classer.
00:29:17Ça ne veut pas dire
00:29:18que si on fait ça,
00:29:19il faut dire
00:29:20pendant six mois,
00:29:21je ne vois pas mon gamin
00:29:21parce que le divorce
00:29:23est extrêmement conflictuel
00:29:24et qu'il y a un doute
00:29:24et qu'il n'est pas vérifié.
00:29:26Je pense que ça aussi,
00:29:27ce serait pas un bon
00:29:28service public rendu,
00:29:29mais je crois que oui,
00:29:31je pense qu'il faut le faire.
00:29:31D'où l'ordonnance de sûreté
00:29:35qui est un peu l'esprit
00:29:36que vous évoquez.
00:29:37Alors, moi, je les place
00:29:38ce parquet,
00:29:39on peut le placer au siège,
00:29:40on peut discuter de tout ça.
00:29:41L'important, c'est que ça aille vite.
00:29:43D'où aussi, me semble-t-il,
00:29:46l'une des difficultés
00:29:47que nous avons à la justice,
00:29:49c'est la difficulté des experts.
00:29:53C'est-à-dire qu'il y a
00:29:54de moins en moins d'experts,
00:29:56de moins en moins disponibles.
00:29:58Donc, il faut aussi
00:29:59beaucoup plus d'experts,
00:30:00notamment de psy,
00:30:02qui puissent aider la justice
00:30:04à distinguer des choses,
00:30:06qui peuvent aider
00:30:06aux services enquêteurs également.
00:30:08Voilà.
00:30:08Bon, donc, il y a
00:30:09tout un écosystème
00:30:10à travailler autour de ça.
00:30:11C'est du GACA Faucon.
00:30:13Et moi, je suis persuadé
00:30:14que le juge unique
00:30:14des familles
00:30:17nous aiderait beaucoup
00:30:18parce qu'on prendrait
00:30:19l'écosystème global
00:30:20entre le civil et le pénal.
00:30:22Voilà.
00:30:23Bon, une fois que j'ai dit ça,
00:30:25je ne peux répondre
00:30:25que rapidement
00:30:26en vous disant
00:30:26« Oui, oui, je suis favorable
00:30:27à ce principe de précaution,
00:30:29y compris sur la garde
00:30:30ou sur l'autorité parentale. »
00:30:33Monsieur le rapporteur.
00:30:33Merci.
00:30:35Deuxième question.
00:30:35Monsieur le garde des Sceaux,
00:30:37plusieurs parents protecteurs,
00:30:39très majoritairement des mères,
00:30:40nous ont expliqué
00:30:41avoir été poursuivis
00:30:43ou menacés
00:30:44de poursuite
00:30:45pour non-représentation d'enfants
00:30:46après avoir refusé
00:30:47de remettre leur enfant
00:30:49à un parent
00:30:49mis en cause
00:30:50pour les violences incestueuses.
00:30:53Dans le même temps,
00:30:54plusieurs professionnels
00:30:55nous ont rappelé
00:30:56l'existence
00:30:57de l'article D47-11
00:30:58du Code de procédure pénale
00:31:00qui permet notamment
00:31:01aux procureurs
00:31:02et aux juges
00:31:02d'informer
00:31:03certaines autorités
00:31:04ou administrations
00:31:04lorsque mineurs
00:31:05sont susceptibles
00:31:06d'être en danger.
00:31:08Pourtant,
00:31:08malgré l'existence
00:31:09d'outils juridiques
00:31:10de protection,
00:31:11certaines familles
00:31:12nous décrivent
00:31:14encore des situations
00:31:15dans lesquelles
00:31:15l'enfant continue
00:31:17d'être remis
00:31:18aux parents
00:31:19mis en cause
00:31:21pendant la procédure.
00:31:23Quel bilan
00:31:24faites-vous aujourd'hui
00:31:25du décret de 2021
00:31:26relatif à la non-représentation
00:31:28d'enfants ?
00:31:29Permette-t-il réellement
00:31:31d'éviter les poursuites
00:31:33contrôlées par
00:31:33les parents protecteurs
00:31:34lorsque des violences
00:31:35sexuelles sur mineurs
00:31:36ont été dénoncées ?
00:31:38Êtes-vous favorable
00:31:39à un statut
00:31:40spécifique
00:31:43pour les enfants protecteurs
00:31:45qui dénoncent
00:31:46similairement à celui
00:31:47des lanceurs d'alerte
00:31:48afin de les protéger
00:31:50du harcèlement
00:31:53judiciaire ?
00:31:54Existe-t-il
00:31:55des consignes
00:31:56claires
00:31:56adressées
00:31:57aux parents
00:31:58afin de mieux
00:31:59prendre en compte
00:31:59le contexte
00:32:00incestueux
00:32:01avant d'engager
00:32:02des poursuites
00:32:03pour non-représentation
00:32:04d'enfants ?
00:32:05Et plus largement,
00:32:06M. le ministre,
00:32:07êtes-vous favorable
00:32:08à un renforcement
00:32:09du principe
00:32:10de précaution judiciaire
00:32:12dont vous avez déjà évoqué
00:32:13lorsqu'un enfant
00:32:14dénonce
00:32:14des violences sexuelles
00:32:16intrafamiliales ?
00:32:17Enfin,
00:32:18êtes-vous favorable
00:32:18à l'imprescriptibilité
00:32:21des violences sexuelles
00:32:22commises sur mineurs
00:32:23comme le prononcent
00:32:25nos collègues
00:32:26Périne Goulet
00:32:27et Arnaud Bonnet
00:32:28dans leur proposition
00:32:29de loi
00:32:29visant à rendre
00:32:30imprescriptibles
00:32:31les crimes commis
00:32:32sur les mineurs ?
00:32:37M. le ministre,
00:32:38c'est important,
00:32:38donc oui,
00:32:39pour la prescriptibilité,
00:32:40je pense que
00:32:40j'ai détaillé.
00:32:42Sur la question
00:32:43des parents
00:32:44qui ne présentent pas
00:32:45parce qu'eux-mêmes
00:32:46font ce travail
00:32:47de protection,
00:32:49je ne sais pas
00:32:50s'ils font un statut
00:32:50particulier,
00:32:51pourquoi pas,
00:32:52je n'ai pas opposé,
00:32:53je n'ai pas réfléchi.
00:32:54Ce qui est sûr,
00:32:54c'est que,
00:32:54les poursuites,
00:32:55je dis normalement,
00:32:56c'est important,
00:32:57les poursuites sont suspendues,
00:32:59mais il y a des poursuites
00:33:00qui ne sont pas suspendues
00:33:02parce que je crois
00:33:03qu'il n'y a pas
00:33:04de magistrats
00:33:04assez spécialisés
00:33:05ou assez formés.
00:33:07Moi, j'ai rappelé
00:33:08dans une circulaire
00:33:09de politique pénale
00:33:09cela.
00:33:10Bon, je ne suis pas
00:33:11absolument certain
00:33:12que tous les magistrats
00:33:12lisent tous les jours
00:33:13les circulaires
00:33:14qu'on vit par le garde des Sceaux.
00:33:15Ma directrice
00:33:15d'affaires criminelles
00:33:16m'assure que oui,
00:33:17mais je n'en suis pas
00:33:17tout à fait certain.
00:33:19Et quand je vois
00:33:19que 60% des magistrats
00:33:20qui auraient dû
00:33:22suivre une formation
00:33:23dans l'année
00:33:24ne le suivent pas
00:33:25parce que,
00:33:26d'abord,
00:33:26ils sont débordés,
00:33:27il y a plein de raisons
00:33:27pour lesquelles
00:33:28ils ne le font pas,
00:33:29je serais très heureux
00:33:30qu'on puisse discuter
00:33:30bientôt du texte
00:33:31sur la justice criminelle
00:33:32puisque,
00:33:33pour la première fois,
00:33:34un garde des Sceaux
00:33:35va mettre dans la loi organique
00:33:36le fait que si les magistrats
00:33:37ne font pas
00:33:38les formations obligatoires
00:33:39de l'année
00:33:41qui concourent
00:33:42à leur spécialité,
00:33:45la cour criminelle
00:33:46pourrait juger les viols
00:33:47ou les juges pour enfants
00:33:48pour s'occuper des enfants,
00:33:49alors ils ne peuvent plus
00:33:50siéger.
00:33:50Bon,
00:33:51ça nous aidera,
00:33:52me semble-t-il,
00:33:52beaucoup à comprendre
00:33:54et à mettre,
00:33:55et à mettre,
00:33:55et à mettre,
00:33:57à l'ordre du jour.
00:33:59Petite anecdote,
00:34:00je réunis souvent
00:34:01des magistrats
00:34:02en Assemblée Générale
00:34:03quand je vais dans les tribunaux
00:34:04ou les chefs de cours
00:34:05et un jour,
00:34:06on parle de quelque chose
00:34:07en particulier,
00:34:08je ne vous dirai pas quoi
00:34:09tellement c'est assez énorme
00:34:10et quelqu'un me se lève la main
00:34:12et dit
00:34:12ça fait 30 ans que j'en fais
00:34:13et vous n'allez pas
00:34:13me l'expliquer comment faire.
00:34:14Bon, je me suis permis
00:34:15de dire qu'on peut faire
00:34:1630 ans mal quelque chose.
00:34:17C'est pas,
00:34:18c'est pas,
00:34:19voilà,
00:34:19donc je pense que tout le monde
00:34:20doit se former,
00:34:21les magistrats aussi,
00:34:22il y en a beaucoup
00:34:22qui le font
00:34:22et surtout que
00:34:23l'économie de la magistrature
00:34:25a fait beaucoup de progrès
00:34:27dans la formation initiale
00:34:28et surtout continue.
00:34:30Donc les poursuites,
00:34:31normalement,
00:34:31elles sont suspendues.
00:34:32Donc je ne pense pas
00:34:33qu'il faille changer la loi,
00:34:34il faut juste qu'on l'applique
00:34:34et qu'on forme les magistrats
00:34:35et ce qu'on essaye de faire
00:34:36et je pense que la loi organique,
00:34:38moi je n'ai pas de pouvoir
00:34:39de sanction sur ces magistrats,
00:34:40donc c'est pour ça
00:34:41que les magistrats,
00:34:42ce n'est pas des préfets,
00:34:43ce n'est pas des policiers,
00:34:45ça ne se dirige pas pareil,
00:34:47moi qu'on puisse dire,
00:34:47ça ne se dirige pas
00:34:48et donc je pense que
00:34:49si ce n'est pas dans l'organique,
00:34:50on aura du mal
00:34:51à assurer
00:34:53qu'ils fassent cette formation.
00:34:55Cependant,
00:34:56moi j'ai un point quand même
00:34:57à votre commission
00:34:57et je sais que ce n'est pas évident
00:34:59parce que c'est très touchant,
00:35:00c'est médiatique
00:35:00et j'ai été saisi,
00:35:02je suis saisi d'innombrables,
00:35:04soit en tant qu'il local
00:35:05et encore plus
00:35:06depuis que je suis ministre de la justice,
00:35:07comme tout le monde ici,
00:35:08de fait,
00:35:09quand on les lit,
00:35:09on se dit c'est horrible,
00:35:10le système judiciaire
00:35:11est totalement délirant.
00:35:13Pourquoi cette femme
00:35:14continue à être poursuivie
00:35:17ou pourquoi
00:35:18elle doit absolument
00:35:19donner son enfant
00:35:20à son ex-mari
00:35:21qui manifestement
00:35:22est un bourreau,
00:35:23on a envie de croire
00:35:23tout le monde évidemment.
00:35:25Il y a parfois des cas
00:35:26où dans nos ans
00:35:27j'ai un cas médiatique en tête
00:35:28où beaucoup de gens
00:35:29m'ont interpellé,
00:35:30il y a eu 13 magistrats différents
00:35:32dans 13 décisions
00:35:34de justice différentes
00:35:35qui ont donné tort
00:35:35à cette femme.
00:35:37Au bout d'un moment,
00:35:39bien sûr que,
00:35:40bon,
00:35:41on peut tous avoir
00:35:41notre intime conviction
00:35:42de notre doute
00:35:42sur des faits rapportés
00:35:44sur la maîtresse d'une mère.
00:35:46Mais le rôle du ministre
00:35:47ou le rôle des magistrats,
00:35:48ce n'est pas au bout
00:35:48de 13 décisions
00:35:49de magistrats indépendants
00:35:52de dire non,
00:35:53le gamin ne doit pas
00:35:53être présenté au papa.
00:35:55Donc ça,
00:35:56c'est aussi un peu compliqué.
00:35:57Donc je pense
00:35:58qu'il faut aussi
00:35:58qu'on se dise
00:35:59que si on met des moyens
00:36:00et un principe de précaution
00:36:03extrêmement important
00:36:03et c'est ce que j'essaie
00:36:04de vous proposer,
00:36:05la contrepartie,
00:36:06c'est qu'il faut aussi
00:36:07faire confiance
00:36:07à ce système judiciaire.
00:36:10Parce que si le principe
00:36:11de précaution,
00:36:12si je prends un exemple
00:36:13sur l'écologie,
00:36:14consiste à penser
00:36:15qu'on ne fait rien du tout
00:36:18parce que même
00:36:18si tout le monde a dit
00:36:19qu'il n'y avait pas de problème,
00:36:20il y a quand même
00:36:20peut-être un problème
00:36:21et puis personne l'a montré.
00:36:22Ça bloque évidemment
00:36:23l'activité économique
00:36:24de notre pays.
00:36:27Donc il faut quand même
00:36:28que de temps en temps,
00:36:29on prenne le temps,
00:36:30je sais que ce n'est pas facile
00:36:31dans le monde des réseaux sociaux,
00:36:32dans le monde médiatique
00:36:33et devant tant d'émotions,
00:36:34mais on prenne le temps
00:36:34de se dire,
00:36:34au bout d'un certain temps,
00:36:36quand des gens très sérieux
00:36:37se sont à plusieurs reprises
00:36:39penchés sur cette question,
00:36:40c'était le cas d'ailleurs
00:36:41de cette dame
00:36:41où les magistrats
00:36:42étaient spécialisés
00:36:43au moins dans une partie
00:36:43des décisions,
00:36:45voilà,
00:36:45ce n'est pas à nous
00:36:46de refaire la justice
00:36:47à la place des juges
00:36:47indépendants
00:36:48sur cette question.
00:36:48Mais sinon,
00:36:49oui,
00:36:50vous avez raison,
00:36:52il faut que,
00:36:52enfin en tout cas,
00:36:53il faut suspendre
00:36:55ces poursuites.
00:36:55Est-ce que c'est par un statut ?
00:36:56Bon,
00:36:57je crois qu'il faut juste
00:36:58appliquer la loi.
00:36:59Est-ce que j'ai mes vertus
00:37:00à faire ?
00:37:03Monsieur le rapporteur.
00:37:04Merci.
00:37:05Vous avez parlé
00:37:05de la formation,
00:37:07monsieur le garde des Sceaux.
00:37:09Plusieurs professionnels
00:37:10auditionnés
00:37:10par notre commission
00:37:12nous ont expliqué
00:37:13que certains enfants victimes
00:37:15avaient le sentiment
00:37:16de ne pas être crus
00:37:17par l'institution judiciaire
00:37:19lorsqu'ils dénoncent
00:37:20des violences incestueuses.
00:37:23Plusieurs spécialistes
00:37:24nous ont également rappelé
00:37:25qu'en matière d'inceste,
00:37:27les mécanismes
00:37:28de psychotrauma,
00:37:29d'emprise,
00:37:30de sidération
00:37:30ou encore de silenciation
00:37:33peuvent profondément
00:37:35modifier la manière
00:37:36dont un enfant parle,
00:37:38se comporte
00:37:38ou raconte les faits.
00:37:40Or,
00:37:41sans formation spécifique,
00:37:43certains comportements
00:37:44de l'enfant
00:37:45peuvent être interprétés
00:37:47à tort
00:37:47comme des incohérences
00:37:50ou des signes
00:37:51de mensonges.
00:37:53Pensez-vous
00:37:54aujourd'hui
00:37:54que l'ensemble
00:37:55des magistrats
00:37:56appelés à traiter
00:37:56les affaires
00:37:57de violences sexuelles,
00:37:58notamment sur mineurs,
00:38:01disposent
00:38:02d'une formation
00:38:02suffisante
00:38:03sur le psychotrauma,
00:38:06les mécanismes
00:38:08d'emprise,
00:38:09les violences incestueuses
00:38:11et le recueil
00:38:13de la parole
00:38:13de l'enfant ?
00:38:14Êtes-vous favorable
00:38:16à une formation
00:38:17spécialisée
00:38:18et obligatoire
00:38:20pour tous
00:38:21les magistrats
00:38:22intervenant
00:38:22dans ce type
00:38:23de dossier
00:38:24afin de mieux
00:38:25appréhender
00:38:26la spécificité
00:38:27des violences sexuelles
00:38:27intrafamiliales
00:38:28et éviter
00:38:28que certains
00:38:29biais culturels
00:38:32ou représentations
00:38:32erronées
00:38:33ne conduisent
00:38:35à des décisions
00:38:36et suffisamment
00:38:37protectrices
00:38:38pour l'enfant ?
00:38:42Alors la première question
00:38:44est-ce que c'est suffisant
00:38:46est-ce qu'ils sont formés
00:38:47la réponse est non
00:38:47il y a des exceptions
00:38:49évidemment
00:38:50mais non
00:38:51pas assez formés
00:38:53et surtout pas
00:38:54au concept
00:38:55que vous évoquez
00:38:58d'écoute
00:38:58et avec la nouvelle
00:39:00application scientifique
00:39:05psychologie de l'enfant
00:39:06évidemment
00:39:06il y a très peu
00:39:08de psy pour enfant
00:39:08par ailleurs
00:39:09il y a très peu
00:39:09de formateurs
00:39:11disponibles par ailleurs
00:39:12mais vous avez raison
00:39:13non
00:39:13ils ne sont pas formés
00:39:14ou très peu formés
00:39:17Deuxième sujet
00:39:20oui je suis favorable
00:39:21à ce que je vous l'ai dit
00:39:23et je le rend obligatoire
00:39:23à la formation
00:39:25je ne suis pas
00:39:25assez compétent
00:39:27pour savoir
00:39:28si les formations actuelles
00:39:30sont les bonnes
00:39:31pas les bonnes
00:39:31je pense que
00:39:32ce n'est pas un ministre
00:39:32j'y connais peu de choses
00:39:36si ce n'est ce que j'en lis
00:39:37et ce qui me passionne
00:39:38mais je ne veux pas être
00:39:40dans l'ultra
00:39:41crépit d'arianisme
00:39:42donc dire que moi
00:39:43je sais
00:39:43alors que je ne n'ai qu'une opinion
00:39:45très lointaine
00:39:47mais on peut tout à fait
00:39:48auditer
00:39:49nos formations
00:39:50c'est d'ailleurs
00:39:51ce que font en général
00:39:51les grandes institutions
00:39:53moi je suis tout à fait prêt
00:39:53à m'y engager
00:39:55il m'a semblé quand même
00:39:56pouvoir parler beaucoup
00:39:57avec l'école nationale
00:39:58de la magistrature
00:39:58qui en charge
00:39:59de la formation continue
00:40:00et initiale
00:40:01que l'une de nos difficultés
00:40:03c'est à part le fait
00:40:04que les magistrats
00:40:05ne suivaient pas toujours
00:40:06ces formations
00:40:06ou le faisaient de manière
00:40:07un peu lointaine
00:40:08type webinaire
00:40:09enfin un truc
00:40:09qui n'est pas toujours extrêmement
00:40:10j'ai rien à côté webinaire
00:40:12mais je pense qu'il n'y a pas
00:40:13la même attention
00:40:14que quand on fait
00:40:16quelque chose en physique
00:40:16ou on travaille
00:40:19en petits groupes
00:40:19je pense qu'on a un sujet
00:40:21de
00:40:22encore une fois
00:40:23d'experts
00:40:23ou de formateurs
00:40:24et de psy
00:40:24qui peuvent nous aider
00:40:25et ça c'est quand même
00:40:27c'est quand même
00:40:28notre difficulté
00:40:30si je prends un exemple
00:40:34difficile
00:40:34dans un divorce
00:40:35par exemple
00:40:36imaginons un moment
00:40:37tout juste
00:40:38civil
00:40:40les parents
00:40:41ils vont essayer
00:40:42de mettre de leur côté
00:40:42le maximum
00:40:44lorsqu'ils n'ont
00:40:45pas un avocat
00:40:46en commun
00:40:47le maximum
00:40:48de points de leur côté
00:40:50devant le juge
00:40:50donc ils vont parfois
00:40:52même
00:40:53et il est tout à fait possible
00:40:55cacher
00:40:56les difficultés
00:40:57autour d'un enfant
00:40:58ou au contraire
00:40:59les souligner
00:41:00les exagérer
00:41:01il faut évidemment
00:41:01que le juge
00:41:04puisse distinguer
00:41:04ce qui est le moment
00:41:06du divorce
00:41:06ou de la séparation
00:41:07un révélateur
00:41:08qui doit absolument
00:41:08être dénoncé
00:41:09et donc protéger
00:41:10l'enfant en conséquence
00:41:12ou ce qui est dissimulé
00:41:14pour les difficultés
00:41:16ou ce qui est souligné
00:41:18ça je pense que le juge
00:41:19il ne peut pas le faire tout seul
00:41:21et je ne pense pas
00:41:22qu'il puisse appuyer
00:41:23intégralement
00:41:23sur les avocats
00:41:24qui sont partis
00:41:24de leurs clients
00:41:25il faut bien qu'il y ait
00:41:26des psys
00:41:26me semble-t-il
00:41:28qui écoutent
00:41:29parents et enfants
00:41:29d'ailleurs
00:41:30lorsqu'il y a ces difficultés
00:41:31je ne parle même pas
00:41:32d'inceste
00:41:32je parle de choses
00:41:33parfois plus bénines
00:41:35est-ce que tu veux
00:41:36rester à ton école
00:41:37est-ce que tu veux
00:41:37aller ailleurs
00:41:39il veut absolument
00:41:39continuer le foot
00:41:40donc il ne pourra pas le faire
00:41:41si jamais il va chez son papa
00:41:43et ça je pense que
00:41:44l'enfant il est souvent
00:41:45pris en otage
00:41:46quand même
00:41:46de cela
00:41:47et je ne parle même pas
00:41:48encore une fois
00:41:48de violence sexuelle
00:41:49je parle de choses
00:41:51de petites difficultés
00:41:53et ça on a
00:41:54moi ce que je constate
00:41:54chez les juges pour enfants
00:41:55ou chez les magistrats
00:41:56qui font les divorces
00:41:57c'est l'absence totale
00:41:58de disponibilité de psy
00:42:00et je pense qu'on aura
00:42:02on aura quand même
00:42:03beaucoup avancé
00:42:03sur la voie de l'enfant
00:42:04pour prendre le nom
00:42:05d'une grande association
00:42:06si la justice
00:42:07pouvait avoir
00:42:08à sa disposition
00:42:09et peut-être qu'il faut
00:42:10que nous le fassions nous
00:42:11dans une politique publique
00:42:12particulière
00:42:12peut-être là
00:42:13on va faire des psychologues
00:42:15pendant des enquêtes
00:42:15dans le cas de la loi
00:42:16justice criminelle
00:42:17voulue par le ministre
00:42:18à l'intérieur
00:42:18c'est une bonne disposition
00:42:19un statut particulier
00:42:20peut-être faut-il réfléchir
00:42:21à un statut particulier
00:42:22de psychologue
00:42:23qui travaille
00:42:24pour l'enfant
00:42:25auprès du ministère
00:42:25de la justice
00:42:26et de l'ensemble
00:42:26de la chaîne
00:42:27donc je pense que oui
00:42:28il faut des formations
00:42:29je ne sais pas
00:42:30si elles sont
00:42:32au niveau
00:42:32je m'engage
00:42:34à les auditer
00:42:35et à rendre peut-être
00:42:36public auprès
00:42:37de votre commission
00:42:39ou des membres
00:42:40si elle est terminée
00:42:41et moi je soulignais
00:42:43le manque de formateurs
00:42:44et le manque de psy
00:42:44qui peuvent nous accompagner
00:42:48merci monsieur le ministre
00:42:49merci monsieur le rapporteur
00:42:52j'ai une question
00:42:54que j'ai formulée hier
00:42:55et que certains internautes
00:42:57ont souhaité formuler
00:42:59aussi à leur tour
00:43:00alors je vais vous la poser
00:43:02c'est la suivante
00:43:05dans le cas où un père
00:43:07mis en cause
00:43:07pour pratiques incestueuses
00:43:09c'est en cours d'instruction
00:43:11porte plainte
00:43:12pour non-représentation
00:43:13d'enfants
00:43:14quel est aujourd'hui
00:43:15l'ordre de saisie
00:43:17des forces de l'ordre
00:43:19c'est à dire que
00:43:20qu'est-ce qui sera considéré
00:43:21comme prioritaire
00:43:23aujourd'hui
00:43:23qu'est-ce qui est considéré
00:43:24comme prioritaire
00:43:25parce que
00:43:26le sujet qui avait été
00:43:27soulevé hier
00:43:29c'était
00:43:31qu'il y avait
00:43:32apparemment une propension
00:43:33à ce que les forces
00:43:34de l'ordre
00:43:34interviennent
00:43:35assez rapidement
00:43:36au domicile
00:43:37du parent
00:43:38qui était
00:43:39en non-représentation
00:43:40d'enfant
00:43:41alors que
00:43:42semblait
00:43:43s'éterniser
00:43:44les procédures
00:43:46pour
00:43:47le parent
00:43:48qui était mis
00:43:48en accusation
00:43:53la logique
00:43:54est ce qui se passe
00:43:54normalement
00:43:55mais je veux bien
00:43:56croire qu'il y ait
00:43:57des exceptions
00:43:58c'est que lorsqu'il y a
00:43:59ce genre d'accusation
00:44:00d'enquête
00:44:02et de procédure
00:44:03ouverte
00:44:05la plainte
00:44:06en ce qui concerne
00:44:07la non-présentation
00:44:09est suspendue
00:44:10en attendant
00:44:11la fin
00:44:12de
00:44:13je vous dis
00:44:14normalement
00:44:15la fin
00:44:16de la culpabilité
00:44:20de
00:44:21prouver
00:44:22de
00:44:22de l'auteur
00:44:24de l'inceste
00:44:24un peu comme
00:44:26ce même mécanisme
00:44:27vous êtes
00:44:27accusé de quelque chose
00:44:29vous portez plein
00:44:29pour diffamation
00:44:30votre diffamation
00:44:31elle est suspendue
00:44:31en attendant
00:44:32la fin
00:44:33de la première
00:44:35accusation
00:44:36qui est dans l'échelle
00:44:37évidemment plus grave
00:44:38j'imagine bien
00:44:39que c'est pas toujours
00:44:39comme ça que cela se passe
00:44:40puisque chez moi-même
00:44:41des témoignages
00:44:42qui le démontrent
00:44:43je pense que ça dépend
00:44:44aussi beaucoup
00:44:44me semble-t-il
00:44:46du statut
00:44:47de l'auteur présumé
00:44:50c'est à dire que
00:44:51les gens qui sont mis
00:44:52en examen
00:44:53il y a des indices
00:44:54graves et concordants
00:44:56comme le dit
00:44:57la loi
00:44:58on peut comprendre
00:45:00que
00:45:01on doit absolument
00:45:02le faire
00:45:03il y a donc quelque chose
00:45:04la personne n'est pas coupable
00:45:05mais enfin
00:45:05il y a quand même
00:45:06des indices graves
00:45:07et concordants
00:45:07si le magistrat
00:45:08ne l'aurait pas mis
00:45:08en examen
00:45:10je pense qu'il est
00:45:11hors de question
00:45:12que si jamais
00:45:13les choses comme ça
00:45:14se passent
00:45:14alors que quelqu'un
00:45:14est mis en examen
00:45:15dans une affaire
00:45:16d'inceste
00:45:16on puisse continuer
00:45:17à imaginer
00:45:19évidemment
00:45:19s'il n'est pas mis
00:45:19en détention provisoire
00:45:20de pouvoir instruire
00:45:22une plainte
00:45:22pendant présentation
00:45:23d'enfant
00:45:23je pense que
00:45:24peut-être que la difficulté
00:45:25je ne connais pas
00:45:26le cas que vous évoquez
00:45:26mais moi
00:45:27la difficulté que j'ai vue
00:45:28c'était
00:45:29je dépose plainte
00:45:30pour inceste
00:45:32pour viol
00:45:34le juge
00:45:34le procureur
00:45:35les policiers
00:45:36n'ont pas encore fait
00:45:36tout à fait l'enquête
00:45:37où ils sont en train
00:45:37de la faire
00:45:38le procureur
00:45:38n'a pas encore
00:45:39tout à fait poursuivi
00:45:40le magistrat
00:45:41n'a pas encore
00:45:41convoqué tout le monde
00:45:42et c'est une période
00:45:43interstitielle
00:45:44qui peut durer
00:45:45très longtemps
00:45:47et là où
00:45:47ce n'est pas extrêmement clair
00:45:48et normalement
00:45:50les circulaires
00:45:51des différents gardes
00:45:52des Sceaux
00:45:52qui m'ont précédé
00:45:53et de moi-même
00:45:54l'esprit de la loi
00:45:55c'est
00:45:56d'abord on fait l'inceste
00:45:58on attend que ça se termine
00:45:59et après
00:45:59on étudie
00:46:00la plainte
00:46:01pour nos présentations
00:46:02ce que je crois
00:46:04comprendre
00:46:04en fait
00:46:05c'est
00:46:06le jeu
00:46:07des citations
00:46:07directes
00:46:08et c'est pour ça
00:46:09en fait
00:46:10que c'est problématique
00:46:11parce que là
00:46:12il y a une réaction
00:46:12immédiate
00:46:13il y a vraiment
00:46:14un sujet
00:46:14sur ce point-là
00:46:15monsieur le ministre
00:46:17oui oui
00:46:19en fait
00:46:20ça pose
00:46:20une question
00:46:21plus large
00:46:21de l'organisation
00:46:22de l'accusation
00:46:24parce que
00:46:24si on est
00:46:25alors là
00:46:26je vais absolument
00:46:27révolutionner
00:46:27toute la justice
00:46:29et notre organisation
00:46:31mais à partir du moment
00:46:31où il n'y a plus
00:46:32d'instructions individuelles
00:46:32données par exemple
00:46:33par le garde des Sceaux
00:46:35puisque la loi Taubira
00:46:36l'en empêche
00:46:37et qu'il n'y a que
00:46:37des instructions
00:46:39générales
00:46:39des circulaires
00:46:40générales
00:46:41de politique pénale
00:46:42on pourrait se poser
00:46:43la question
00:46:44d'autant
00:46:44alors ça sera encore
00:46:45plus vrai
00:46:45quand le parquet
00:46:46sera indépendant
00:46:47totalement dans ses nominations
00:46:49avec un avis conforme
00:46:50si la réforme constitutionnelle
00:46:51va jusqu'au bout
00:46:52ce que je souhaite
00:46:52personnellement
00:46:54mais on peut
00:46:54on peut se poser
00:46:55la question
00:46:55de savoir
00:46:56pourquoi il y a encore
00:46:57des citations directes
00:46:58ou des plaintes
00:46:58avec partie civile
00:46:59puisque le procureur
00:47:00lui qui l'a
00:47:01il a l'opportunité
00:47:02des poursuites
00:47:02il n'est plus
00:47:03sous l'autorité
00:47:04directe du garde des Sceaux
00:47:06doublé
00:47:07par des citations directes
00:47:08par des questions
00:47:09de partie civile
00:47:09par des plaintes
00:47:10ça complexifie
00:47:11beaucoup notre procédure
00:47:14normalement
00:47:14le procureur de la réhabilité
00:47:15il a cette petite procédure
00:47:16et puis il y a un appel
00:47:17qu'ils avaient le procureur général
00:47:19chacun gratuitement
00:47:20peut écrire
00:47:20si on dit
00:47:21moi je comprends
00:47:21en quoi le proc
00:47:22il m'a classé
00:47:22je vois plein
00:47:23et je pense que
00:47:23ils le font
00:47:24les procureurs généraux
00:47:26donc c'est sûr
00:47:27que le jeu
00:47:27des différentes saisies
00:47:28avec différents juges
00:47:30parfois dans différents endroits
00:47:33crée des difficultés
00:47:35inacceptable
00:47:35que vous évoquez
00:47:36et incompréhensible
00:47:36pour nos concitoyens
00:47:37je rappelle d'ailleurs
00:47:38qu'il n'y a pas
00:47:39de système informatique
00:47:40aujourd'hui
00:47:40on est à leur
00:47:41je pense qu'on était
00:47:42à l'après-histoire
00:47:43on a dû passer
00:47:43maintenant à l'antiquité
00:47:44numérique
00:47:45donc on a quand même
00:47:45un peu progressé
00:47:47donc je vais essayer
00:47:48d'arriver au Moyen-Âge
00:47:49d'ici mon départ
00:47:50mais c'est un système
00:47:51voilà
00:47:52moi j'ai fait deux grands ministères
00:47:53au Bercy et à l'intérieur
00:47:54j'ai pu mener un peu la source
00:47:55j'ai fait la dématérialisation
00:47:56de la plainte
00:47:57on a fait la visioplainte
00:47:58on a fait
00:47:59bon le ministère de la justice
00:48:00c'est très
00:48:01très arriéré
00:48:02numériquement
00:48:04une partie d'ailleurs
00:48:05de nos difficultés
00:48:06que ne comprennent pas
00:48:06les français
00:48:07c'est juste que les greffiers
00:48:08font tout à la main
00:48:08il y a beaucoup de papiers
00:48:09ça ressemble à une trésorerie
00:48:12avant la source en 2017
00:48:14j'ai dit
00:48:14des trésoreries
00:48:15dans vos circonscriptions
00:48:15il y a eu du papier partout
00:48:16c'était la compatibilité de PITEL
00:48:17maintenant on a besoin de trésorerie
00:48:18plus personne ne voit du papier
00:48:20bon la justice
00:48:21n'a pas fait cette révolution là
00:48:22et pourtant on parle
00:48:23de l'IA
00:48:24tout le temps
00:48:25donc on a des avocats
00:48:26ou des notaires
00:48:27qui utilisent l'IA
00:48:28pour soulever par exemple
00:48:29des nudités
00:48:30ou pour faire un certain nombre
00:48:31de démarche
00:48:31tout à fait
00:48:32et nous
00:48:32on répond
00:48:33au nombre de greffiers
00:48:34et papiers
00:48:34donc évidemment
00:48:35on est en asymétrie
00:48:37donc je pense qu'à la fois
00:48:38la multiplication des procédures
00:48:39de saisie
00:48:40et le fait qu'on n'ait pas
00:48:41de base de données
00:48:42bon je caricature un petit peu
00:48:43mais je pense que chacun voit
00:48:44comment fonctionnent les tribunaux
00:48:45ils sont très courageux
00:48:46de fonctionner dans ces circonstances là
00:48:48fait que oui
00:48:49il doit y avoir des loupées
00:48:50incontestables
00:48:50qui desservent les enfants
00:48:51qui desservent les familles
00:48:52qui desservent ceux qui saisissent
00:48:53et ça doit rendre
00:48:55absolument
00:48:55un sentiment d'injustice
00:48:56très profond
00:48:57quand il s'agit de son enfant
00:48:58par ailleurs
00:48:59je le comprends très bien
00:49:03et qu'est-ce qu'on pourrait faire
00:49:05dans l'immédiat
00:49:06monsieur le ministre
00:49:07sur ce sujet
00:49:07on pourrait
00:49:08on pourrait
00:49:09c'est un débat très compliqué
00:49:11mais on pourrait
00:49:11dépénaliser
00:49:12la non-présentation d'enfants
00:49:14alors évidemment
00:49:17non mais
00:49:18c'est pas simple
00:49:19de dépénaliser
00:49:20la non-présentation d'enfants
00:49:21parce que
00:49:21évidemment
00:49:22si vous êtes père ou mère
00:49:23et qu'on ne vous présente pas
00:49:25votre enfant
00:49:25au bout d'un certain temps
00:49:27surtout qu'il y a des gens
00:49:27qui sont assez parfois spécialistes
00:49:29moi j'ai des cas
00:49:30je me rappelle
00:49:30dans ma circonscription
00:49:32d'ailleurs c'était
00:49:33une dame
00:49:34qui venait de se plaindre
00:49:35de son ex-mari
00:49:36et des dizaines
00:49:37de non-présentations d'enfants
00:49:38bon
00:49:39on pourrait peut-être se dire
00:49:40que
00:49:40voilà
00:49:42on pourrait imaginer
00:49:43que oui bien sûr
00:49:44c'est sanctionné par la loi
00:49:45par la justice
00:49:47mais de là
00:49:47à mettre des gardes à vue
00:49:49à pénaliser
00:49:50peut-être que c'est un peu
00:49:51disproportionné
00:49:51je veux pas avoir
00:49:53un avis définitif
00:49:53sur cette question
00:49:54parce qu'elle est
00:49:54évidemment très sensible
00:49:56on ouvre le débat
00:49:56mais si vous voulez
00:49:58résoudre votre problème
00:49:59très vite
00:50:01vous dépénalisez
00:50:01la non-présentation d'enfants
00:50:02ça veut dire
00:50:03qu'on ne sanctionne pas
00:50:05ça veut dire
00:50:05qu'on ne le pénalise plus
00:50:06c'est assez différent
00:50:10non
00:50:11on me demande
00:50:11ce qu'il faut faire
00:50:12moi je pense
00:50:12que
00:50:13c'est gros
00:50:14mais bon
00:50:16ça va être
00:50:16avec le principe
00:50:17de précaution
00:50:17qu'on évoquait
00:50:18voilà
00:50:18donc vous choisissez
00:50:19dans le principe
00:50:20de précaution
00:50:20les échelles de précaution
00:50:21qu'on applique
00:50:22on va commencer par
00:50:24Émilie Bonivard
00:50:25et juste après sa question
00:50:26et la réponse du ministre
00:50:27ce sera Béatrice Roulon
00:50:28merci beaucoup
00:50:30madame la présidente
00:50:31monsieur le rapporteur
00:50:32monsieur le ministre
00:50:33sur 160 000
00:50:35victimes estimées
00:50:36par an en France
00:50:37seules 2000 condamnations
00:50:38sont prononcées
00:50:39en cas d'inceste
00:50:40ou de violence
00:50:42sur mineurs
00:50:43soit 1,24%
00:50:45des victimes
00:50:46estimées
00:50:46la reconnaissance
00:50:48de la parole
00:50:48de l'enfant
00:50:48comme élément probant
00:50:49dans notre système judiciaire
00:50:51est aujourd'hui fondamentale
00:50:53cette parole
00:50:53est bien souvent
00:50:54la seule preuve
00:50:55de l'agression
00:50:56j'ai donc une question
00:50:57comment imaginez-vous
00:50:58concrètement
00:50:59au sein de notre système judiciaire
00:51:00renforcer la crédibilisation
00:51:02de la parole
00:51:03de l'enfant
00:51:04dans le processus judiciaire
00:51:06vous avez parlé
00:51:06des moyens
00:51:08donc je pense
00:51:08que ça rejoint
00:51:09beaucoup ce que vous avez dit
00:51:10mais est-ce que vous estimez
00:51:11que le renforcement
00:51:12de cette crédibilisation
00:51:13elle est possible
00:51:15tout en
00:51:16gardant l'équilibre
00:51:17évidemment
00:51:19du contradictoire
00:51:19vous avez parlé
00:51:21du principe de précaution
00:51:22pardonnante de sûreté
00:51:23je vous en remercie
00:51:23sincèrement
00:51:24par ailleurs
00:51:25j'ai une question
00:51:25qui est un petit peu
00:51:26décalée par rapport
00:51:27à votre ministère
00:51:27mais comme vous connaissez
00:51:28parfaitement le sujet
00:51:29je voudrais avoir
00:51:30votre avis
00:51:31que pensez-vous
00:51:31des campagnes
00:51:32de communication publique
00:51:33de prévention
00:51:34de l'inceste
00:51:35et des viols sur mineurs
00:51:36vous l'avez dit
00:51:37les points de connexion
00:51:38sur les sites
00:51:39pédopormographiques
00:51:39sont multiples
00:51:42une campagne
00:51:43de communication
00:51:43permettra à la fois
00:51:44de favoriser
00:51:45la prise de parole
00:51:46des enfants
00:51:46de prévenir
00:51:48les passages à l'acte
00:51:49en orientant les auteurs
00:51:50potentiels vers
00:51:51numéros vert
00:51:52et de leur dire
00:51:53le durcissement
00:51:54et le renforcement
00:51:54de l'efficacité
00:51:55de notre justice
00:51:56à identifier
00:51:58poursuivre et condamner
00:51:59les auteurs
00:52:00on a des campagnes
00:52:00sur la prévention routière
00:52:02sur un fléau
00:52:03aussi massif
00:52:04est-ce que vous imaginez
00:52:05que des campagnes publiques
00:52:06gouvernementales
00:52:07seraient possibles
00:52:07enfin je veux vous remercier
00:52:09très sincèrement
00:52:10monsieur le ministre
00:52:10pour votre mobilisation
00:52:11sincère
00:52:12concrète
00:52:13pour avancer
00:52:13très vite
00:52:14sur ce sujet
00:52:14souvent contre
00:52:16l'ordre judiciaire
00:52:17établi
00:52:17notamment pour
00:52:18l'imprescriptibilité
00:52:20un très grand
00:52:21merci à vous
00:52:22on s'en souviendra
00:52:23je crois
00:52:24nous avons de la chance
00:52:25de vous avoir
00:52:26et le temps perdu
00:52:28que nous constatons tous
00:52:30et qui nous fait honte
00:52:31à tous
00:52:31peut se rattraper
00:52:33grâce à vous
00:52:33et grâce à nous
00:52:34les prochains mois
00:52:35pour accélérer
00:52:35considérablement
00:52:36sur ce sujet
00:52:38afin
00:52:39avant les prochaines élections
00:52:40présidentielles
00:52:42comment voyez-vous
00:52:42les possibilités
00:52:43d'avancer
00:52:44concrètement
00:52:44et vite
00:52:45sur les différents
00:52:45sujets
00:52:45entre vous
00:52:46et nous
00:52:46pourrez nous
00:52:47vous donner
00:52:47la liste
00:52:48de tous
00:52:48les projets
00:52:49que vous avez
00:52:49dans lesquels
00:52:50la protection
00:52:51de l'enfant
00:52:51l'inceste
00:52:52et qu'est-ce que
00:52:53vous préconisez
00:52:53sur ce qui peut être
00:52:55à notre initiative
00:52:56pour avancer
00:52:57et compléter
00:52:58votre travail
00:52:58non je pense
00:52:59que d'ailleurs
00:53:00politiquement
00:53:00dans l'année qui vient
00:53:01s'il y a des choses
00:53:02utiles à faire
00:53:03et qui peuvent être
00:53:03transpartisans
00:53:04à partir d'un travail
00:53:05politique du parlement
00:53:06parce que je pense
00:53:06que il y a sans doute
00:53:08une trop grande politisation
00:53:10de la part du ministre
00:53:11qui proposerait quelque chose
00:53:12donc je pense que ça
00:53:12c'est à vous
00:53:13votre commission d'enquête
00:53:14les propositions
00:53:14moi je suis tout à fait prêt
00:53:15à les accompagner
00:53:15on peut faire voter
00:53:16un grand texte
00:53:17dans une année
00:53:17de protection
00:53:19de l'enfance
00:53:19et de lutte contre l'inceste
00:53:21je pense qu'on peut le faire
00:53:22cette année
00:53:22je crois que
00:53:24même accompagné
00:53:25d'un rapport annexe
00:53:26qui mettrait des moyens
00:53:28d'une forme de mini
00:53:29loi de programmation
00:53:29qui concernerait ce sujet
00:53:31qui est en fait
00:53:31assez interministériel
00:53:32c'est pas le ministère de la justice
00:53:33moi j'y serais très favorable
00:53:35et je pense que c'est
00:53:35si on cherche tous
00:53:36quelque chose à faire
00:53:38dans la dernière année
00:53:40qui à mon avis
00:53:40ne verra pas de grand clivage
00:53:41entre les candidats
00:53:42par ailleurs
00:53:43et les présidentielles
00:53:43c'est bien ça
00:53:44donc je suis tout à fait prêt
00:53:45on a une liste très importante
00:53:48de propositions
00:53:49qu'on peut évidemment
00:53:50vous faire prévenir
00:53:51et qu'on a déjà
00:53:52très largement étudiées
00:53:53et dont une partie
00:53:54des écritures
00:53:54sont déjà faites
00:53:55moi j'ai prévu
00:53:56personnellement
00:53:57il y a le loiriste
00:53:58que je porte avec elle
00:53:59qui est importante
00:54:00mais c'est plus sur la ZEU
00:54:01enfin l'ordonnance de sûreté
00:54:02dans la loiriste
00:54:02c'est un énorme sujet
00:54:03l'ordonnance de sûreté
00:54:05et encore une fois
00:54:06bon là on parle
00:54:07entre gens
00:54:08qui manifestement
00:54:08sont assez d'accord
00:54:09mais c'est pas si évident
00:54:10que ça
00:54:13sur les statistiques
00:54:14je pense qu'il faut
00:54:15faire attention
00:54:15sur les classements
00:54:16sans suite
00:54:17si on veut
00:54:19mesurer aussi
00:54:20notre efficacité
00:54:20parce que dedans
00:54:21il y a les dossiers
00:54:23prescrits
00:54:25et donc on n'a pas
00:54:26de statistiques
00:54:27de plaintes déposées
00:54:29qui
00:54:29tant que la prescription
00:54:31n'est pas
00:54:32abolie
00:54:32mais en fait
00:54:34ne serait pas poursuivie
00:54:35par nature
00:54:36vous voyez ce que je veux dire
00:54:36il faudrait qu'on distingue
00:54:37on n'a pas ces statistiques
00:54:38entre le ministère de l'intérieur
00:54:39et le ministère de la justice
00:54:40c'est dommage
00:54:40mais il faudrait qu'on distingue
00:54:42ce qui relève
00:54:44de la prescription
00:54:44bon et que c'est pas la peine
00:54:46d'ouvrir
00:54:46sauf exception
00:54:47et ce qui relève
00:54:48de ce qu'on pourrait faire maintenant
00:54:49voilà
00:54:49donc je connais pas
00:54:50ce chiffre
00:54:50il est sans doute très important
00:54:51mais sur la campagne
00:54:53de communication
00:54:53moi je suis très favorable
00:54:55c'est pas sans doute ça
00:54:56qui fera
00:54:57le changement profond
00:54:58mais enfin ça peut
00:54:59y contribuer
00:55:00d'ailleurs on lance
00:55:01au ministère de la justice
00:55:02en quelques jours
00:55:03une campagne
00:55:03je suis victime
00:55:04qui s'adresse aux enfants
00:55:06dont j'ai pris l'initiative
00:55:07après les scandaleuses
00:55:08organisations
00:55:09des périscolaires à Paris
00:55:11bon pour avoir été
00:55:12maire de ma commune
00:55:13c'est compliqué
00:55:14d'être maire
00:55:15et d'avoir à gérer
00:55:16moi j'ai une centaine
00:55:17d'écoles à Tourcoing
00:55:19sans doute
00:55:19on a des ratés
00:55:21enfin
00:55:22je suis quand même
00:55:23très étonné
00:55:24qu'on n'appelle
00:55:24quasi judiciaire
00:55:25aujourd'hui
00:55:25périscolaire
00:55:26dans des grandes villes
00:55:28comme Paris
00:55:28ça me paraît très particulier
00:55:30surtout qu'on peut
00:55:31on peut expliquer
00:55:32quand il y a un tourneuveur
00:55:33très important
00:55:33des dames qui font la cantine
00:55:34etc
00:55:35mais enfin là
00:55:35il ne s'agit pas de ça
00:55:36donc là je me suis dit
00:55:37on a quand même
00:55:37un petit sujet
00:55:38nous même
00:55:38sans doute de sensibilité
00:55:40si même les grands élus
00:55:41ou les grands dirigeants
00:55:42d'administration territoriale
00:55:43ne se rendent pas compte
00:55:44que c'est minimum
00:55:45minimum
00:55:45qu'on attend
00:55:45de l'école publique
00:55:47c'est un problème
00:55:49donc là
00:55:49nous on lance
00:55:50une campagne de communication
00:55:51elle n'est pas immense
00:55:52mais elle va être importante
00:55:53au nom du ministère de la justice
00:55:54moi je suis persuadé
00:55:55que c'est plutôt
00:55:55par les professionnels
00:55:58qui touchent les enfants
00:55:59de se mobiliser
00:56:00comme je suis persuadé
00:56:02que si vraiment
00:56:02on veut lutter totalement
00:56:03contre les féminicides
00:56:04et les violences conjugales
00:56:04je rappelle que 30% seulement
00:56:06des plaintes
00:56:07pardon
00:56:08sur 100% des féminicides
00:56:09chaque année
00:56:10en moyenne
00:56:11seulement
00:56:11c'est déjà beaucoup trop
00:56:13mais seulement 30%
00:56:14des femmes
00:56:15qui sont morts
00:56:15sous le coup de leur conjoint
00:56:17ont déposé plainte
00:56:18ou ont signalé
00:56:19à la police de la gendarmerie
00:56:20donc là on est très mauvais
00:56:21parce que ces 30%
00:56:22c'est un chiffre
00:56:22sur lequel
00:56:23on pourrait très largement
00:56:24s'améliorer
00:56:25mais 70% d'entre eux
00:56:26n'ont pas eu de contact
00:56:26avec les policiers et les gendarmes
00:56:27par contre ils ont eu
00:56:28des contacts avec les médecins
00:56:29la dame elle était allée
00:56:305 fois voir son médecin
00:56:31on a vu les hématomes
00:56:33où elle a évoqué
00:56:33sa détresse psychologique
00:56:34et là il n'y a pas
00:56:36comme pour les enfants
00:56:37et heureusement
00:56:37ça a été changé
00:56:38je me rappelle d'ailleurs
00:56:38que j'étais ministre de l'intérieur
00:56:40lorsque j'ai voulu lever
00:56:41le secret de la confession
00:56:42je mettais d'ailleurs
00:56:43que j'étais en même temps
00:56:44ministre des cultes
00:56:45une explication assez claire
00:56:46avec l'église catholique
00:56:46mais il est évident
00:56:48qu'il ne peut pas
00:56:48y avoir de secret professionnel
00:56:50me semble-t-il
00:56:51ni médical
00:56:56ni religieux
00:56:58ni professionnel
00:56:58de manière générale
00:56:59si un enfant est en danger
00:57:01donc je pense qu'il y a
00:57:02les services de logement
00:57:03des mairies
00:57:03les bailleurs sociaux
00:57:05le temps périscolaire
00:57:07les clubs de sport
00:57:08il y a plein
00:57:09les médecins
00:57:10sans doute
00:57:10par exemple
00:57:12on parle de psychologues
00:57:13voilà
00:57:13les orthophonistes
00:57:14il y a plein de moments
00:57:15où l'enfant
00:57:15il peut aussi apporter
00:57:16un témoignage particulier
00:57:17je pense que c'est plus efficace
00:57:19encore que notre
00:57:19communication générale
00:57:20et puis
00:57:21enfin oui
00:57:22je pense que la parole
00:57:23de l'enfant
00:57:23elle est facilement
00:57:25plus entendable
00:57:26si j'ose dire
00:57:27que si on part du principe
00:57:28de manière générale
00:57:29dans la justice
00:57:29que c'est la victime
00:57:30qui est au coeur
00:57:31de notre action
00:57:32et pas l'accuser
00:57:33mais ça
00:57:34on aura un petit sujet
00:57:35de changement profond
00:57:37de paradigme
00:57:37et ça vaut pas
00:57:38que pour les enfants
00:57:39Monsieur le ministre
00:57:40je voulais vous remercier
00:57:41d'être présent déjà
00:57:42d'une part
00:57:43et surtout
00:57:44d'avoir dit clairement
00:57:46que le principe
00:57:47de précaution
00:57:48ne s'opposait pas
00:57:49à la présomption
00:57:50d'innocence
00:57:51effectivement
00:57:52le principe de précaution
00:57:53c'est quelque chose
00:57:54que l'on met par définition
00:57:55en précaution
00:57:56et ça ne préjuge
00:57:57absolument pas
00:57:58de l'innocence
00:57:59de la personne
00:58:00dont on a écarté
00:58:03par exemple
00:58:04de l'enfant maltraité
00:58:05donc je vous remercie
00:58:05pour ces propos
00:58:06et ça devrait servir
00:58:07de fil rouge
00:58:08moi aujourd'hui
00:58:09j'aurais plein de questions
00:58:10à vous poser
00:58:10mais j'ai concentré
00:58:11mes questions
00:58:12sur deux
00:58:12le classement sans suite
00:58:14et les mères protectrices
00:58:16alors les mères protectrices
00:58:18notre rapporteur
00:58:19nous a lu
00:58:20justement
00:58:20un témoignage
00:58:21que je ne vais pas
00:58:22vous le relire
00:58:22la personne en question
00:58:24effectivement
00:58:24qui est poursuivie
00:58:26pour 39 plaintes
00:58:28de non-présentation
00:58:30d'enfants
00:58:30va passer
00:58:31le 20 mai prochain
00:58:32je crois
00:58:34elle sera jugée
00:58:35le 20 mai prochain
00:58:36donc nous serons
00:58:36tous très attentifs
00:58:37à ce jugement
00:58:38j'ai un autre dossier
00:58:39qui est à peu près
00:58:40similaire
00:58:41et je vous le lis
00:58:41parce que comme ça
00:58:42ça éclaire
00:58:43la représentation nationale
00:58:45un dossier
00:58:46pour lequel j'ai fait
00:58:47un article 40
00:58:49enfin j'ai alerté
00:58:51le procureur
00:58:51donc une grande tente
00:58:53d'un enfant
00:58:57qui a apporté
00:58:59donc l'effet suivant
00:59:00à ma connaissance
00:59:01la mère de l'enfant
00:59:03a emmené son enfant
00:59:05à des urgences
00:59:06où on a constaté
00:59:0815 vulvovaginites
00:59:10avec extension de l'anus
00:59:12la mère porte plainte
00:59:14fin 2003
00:59:17et la petite fille
00:59:19dira
00:59:19Didier me touche
00:59:21la pissa
00:59:22et l'ami de Didier aussi
00:59:23et aujourd'hui
00:59:25cet enfant
00:59:26a été retiré
00:59:27à sa mère
00:59:28protectrice
00:59:30et apparemment
00:59:32donc
00:59:32elle voit toujours
00:59:33le grand-père
00:59:35alors au-delà
00:59:36de ces faits
00:59:37que je n'ai pas pu vérifier
00:59:38mais que j'ai quand même
00:59:40dénoncé au procureur
00:59:41je voulais savoir
00:59:42si vous seriez favorable
00:59:44il faut être prudent
00:59:45effectivement
00:59:46sur le fait
00:59:46de dépénaliser
00:59:48la représentation
00:59:49d'enfant
00:59:50parce que
00:59:50quand ça nous arrive
00:59:51à nous
00:59:53dans un divorce
00:59:54on serait bien content
00:59:55d'être protégé
00:59:56par ce délai pénal
00:59:58mais à ce moment-là
00:59:59est-ce qu'on ne pourrait
01:00:00pas prévoir
01:00:00un fait justificatif
01:00:02qui dise deux choses
01:00:03quand il y a des faits
01:00:04comme ça
01:00:05qui sont constatés
01:00:07il serait impossible
01:00:08de condamner
01:00:09ce serait un fait justificatif
01:00:10et je vais même plus loin
01:00:12monsieur le ministre
01:00:12j'ai la chance
01:00:13de vous avoir aujourd'hui
01:00:14et vous allez pouvoir
01:00:15entendre ça
01:00:16moi quand j'entends
01:00:17des mères
01:00:19qui disent
01:00:20mon enfant
01:00:20s'est caché
01:00:22dans le jardin
01:00:23pour ne pas aller voir son père
01:00:25moi en tant qu'avocate
01:00:26quand j'avais des personnes
01:00:28qui me disaient
01:00:28tous les vendredis
01:00:29j'avais mal au ventre
01:00:30parce qu'on m'obligeait
01:00:31un juge m'obligeait
01:00:32à aller voir mon père
01:00:33et bien
01:00:34je pense
01:00:35qu'au 21ème siècle
01:00:37à l'époque où nous vivons
01:00:39où nous disons
01:00:39que les enfants
01:00:40ressentent
01:00:41dès qu'ils sont portés
01:00:42dans le ventre de la mer
01:00:43et où les animaux
01:00:44sont aussi des êtres sensibles
01:00:45il n'est absolument pas normal
01:00:47il est cruel
01:00:48d'imposer à un enfant
01:00:49d'aller voir l'un de ses parents
01:00:51quand il ne souhaite pas
01:00:52quand il hurle
01:00:53quand il revient
01:00:54avec des boutons
01:00:55etc
01:00:55donc effectivement
01:00:56je pense qu'on pourrait avoir
01:00:58un fait justificatif
01:00:59un de fait
01:01:01que je vous ai décrit là
01:01:01mais même
01:01:02d'une situation
01:01:03symptomatique de l'enfant
01:01:04qui pourrait être constatée
01:01:06et dans ce cas là
01:01:07et bien
01:01:08on ne pourrait pas
01:01:09poursuivre le parent
01:01:10qui refuse
01:01:11de voir son enfant
01:01:12maltraité
01:01:13ça c'était pour le premier point
01:01:15sur les mères maltraitantes
01:01:16sur le deuxième point
01:01:17c'était les signalements
01:01:20alors je vais rapporter aussi
01:01:22je ne sais pas
01:01:23si certains d'entre vous
01:01:24l'ont lu
01:01:25et je pense que oui
01:01:26le livre de Karine
01:01:27et Laurence Brunet-Jambu
01:01:28elles sont venues ici
01:01:30témoigner
01:01:30lors d'une précédente
01:01:31commission d'enquête
01:01:33ce sont des personnes
01:01:34enfin une jeune fille
01:01:37qui a été violée
01:01:37toute son enfance
01:01:38et sa mère protectrice
01:01:40a cherché justement
01:01:41à porter plainte
01:01:41elle a porté plainte
01:01:42plusieurs fois
01:01:42je vous passe les détails
01:01:44et au bout du compte
01:01:45au bout du compte
01:01:46au bout du compte
01:01:46elle a réussi à faire reconnaître
01:01:48la culpabilité
01:01:49et la justice a reconnu
01:01:50son erreur
01:01:51je crois d'ailleurs
01:01:52à verser des dommages intérêts
01:01:53ça a fait l'objet
01:01:54d'un téléfilm
01:01:55et ce livre
01:01:56est quand même
01:01:57très éclairant
01:01:57sur certains dysfonctionnements
01:01:59alors vous avez parlé
01:02:00j'en suis ravie
01:02:01de l'ordonnance de sûreté
01:02:03moi je termine
01:02:05je termine
01:02:05je pensais aussi moi
01:02:07à ce que j'appelle
01:02:08une ordonnance de protection
01:02:09qui permettrait quoi
01:02:10qui me permettrait
01:02:11en fait qui serait
01:02:12le calque
01:02:13de ce qu'on fait
01:02:14pour les violences
01:02:15faites aux femmes
01:02:15je suis une femme maltraitée
01:02:17j'ai le droit
01:02:17d'aller saisir un juge
01:02:18qui en 6 jours
01:02:20se prononcera
01:02:21sur l'utilité
01:02:22de mesures provisoires
01:02:23et bien je suis un enfant
01:02:25mon représentant légal
01:02:27ou le médecin
01:02:27ou le corps enseignant
01:02:28peut en 6 jours
01:02:29s'il a des faits
01:02:30saisir le juge
01:02:32pour prendre des mesures
01:02:33de précaution
01:02:34c'est un projet
01:02:35que j'ai porté
01:02:36je vous demande
01:02:37d'y porter une attention
01:02:38particulière
01:02:39monsieur le ministre
01:02:39merci beaucoup
01:02:40monsieur le ministre
01:02:42oui madame la députée
01:02:44l'ordonnance de sûreté
01:02:45l'ordonnance de protection
01:02:46que vous évoquez
01:02:46objectifiquement
01:02:47sont extrêmement similaires
01:02:48pour que vous regardiez
01:02:49le texte
01:02:49mais on peut vous le faire passer
01:02:50c'est exactement ça
01:02:52c'est exactement calqué
01:02:53sur la protection
01:02:54des femmes
01:02:55en améliorant
01:02:55je l'espère encore plus
01:02:56ce dispositif
01:02:57fin temps court
01:02:58parce qu'il s'agit bien
01:02:58là de quelque chose
01:03:00de très important
01:03:01à la fois pour l'enfant
01:03:01mais aussi pour le parent
01:03:02qui ne voit pas son enfant
01:03:03et on lève le doute
01:03:04s'il y a un doute
01:03:05on continue d'ailleurs
01:03:07peut-être on laisse
01:03:07en magistrat
01:03:08si jamais c'était le parquet
01:03:09dans un premier temps
01:03:10la confirmation de la mesure
01:03:11et effectivement
01:03:13en quelques jours
01:03:15on lève ce doute
01:03:16voilà
01:03:16donc c'est exactement
01:03:18on a deux noms différents
01:03:19pour le dire
01:03:19mais on a le même dispositif
01:03:21sur votre premier point
01:03:26quel est l'intérêt
01:03:27du juge unique
01:03:28des familles
01:03:29c'est d'éviter
01:03:30les contradictions
01:03:31entre les magistrats
01:03:32qui sont nombreux
01:03:33sur des thèmes différents
01:03:34à s'occuper
01:03:35de la même famille
01:03:35ou du même enfant
01:03:37parce que l'une des difficultés
01:03:38que vous évoquez
01:03:39dans vos dossiers
01:03:39je ne les connais pas
01:03:41mais souvent ce que j'ai vu
01:03:42c'est il y avait un juge
01:03:42des femmes familiales
01:03:43qui dit un truc
01:03:44il y avait un juge correctionnel
01:03:45qui disait un autre
01:03:46il y avait un juge des enfants
01:03:47qui disait une troisième chose
01:03:49et donc tout le monde
01:03:50est balotté
01:03:50dans une partie différente
01:03:52du tribunal
01:03:53et finalement
01:03:54le seul point commun
01:03:54c'est le fait
01:03:55qu'on ait une famille
01:03:57en grande difficulté
01:03:59avec un enfant
01:03:59souvent en très grande difficulté
01:04:00mais l'autorité judiciaire
01:04:02elle est divisée
01:04:03et si je rajoute au fait
01:04:04qu'on met du temps
01:04:05pour voir ses juges
01:04:06et que je rajoute
01:04:07en plus du fait
01:04:07qu'il parfois il change
01:04:11les gens ne se parlent pas toujours
01:04:12alors qu'on a des petits tribunaux
01:04:13il peut arriver
01:04:15qu'on se parle davantage
01:04:16mais vous imaginez Paris
01:04:18ou des grands centres urbains
01:04:20c'est pas du tout vrai
01:04:21donc le juge unique des familles
01:04:22c'est pardon de le dire comme ça
01:04:24c'est un peu méchant
01:04:25mais c'est un peu caricatural
01:04:26pour les magistrats
01:04:27enfin c'est le guichet unique
01:04:28du service public
01:04:29de la justice
01:04:30c'est à nous de nous organiser
01:04:31pour avoir les 360 degrés
01:04:34de la situation familiale
01:04:35et de l'enfant
01:04:36et il y a un volet de garde
01:04:38et un volet de famille
01:04:39et au sens civil du terme
01:04:41il y a un volet assistance éducative
01:04:44parfois cet enfant
01:04:44il a aussi fait des bêtises
01:04:46parce qu'on peut le comprendre
01:04:47quand il subit des traumas
01:04:48aussi importants dans sa famille
01:04:50ça permet de voir aussi
01:04:51les frères et sœurs
01:04:52voilà
01:04:53parce que si on maltraite un enfant
01:04:54en général
01:04:55on maltraite un peu la fatrie
01:04:56c'est possible aussi
01:04:57et puis le juge correctionnel
01:04:59le juge correctionnel
01:04:59il est aussi là pour dire
01:05:00bah tiens
01:05:00peut-être qu'on va traiter les animaux
01:05:02en même temps
01:05:02peut-être qu'on tape sa femme
01:05:04en même temps
01:05:04peut-être que
01:05:05donc le juge des familles
01:05:07il
01:05:08voilà
01:05:09c'est une révolution
01:05:10vraiment très importante
01:05:11me semble-t-il
01:05:12de mon ministère
01:05:13si nous le mettons en place
01:05:15et il est là
01:05:16pour être celui
01:05:17à 30 ans
01:05:17donc je pense que
01:05:18la question se poserait moins
01:05:20dans les cas que vous évoquez
01:05:21voilà
01:05:21après sur le fait justificatif
01:05:23why not
01:05:24et du coup ce juge des familles
01:05:25qui connaît la relation
01:05:27parfois difficile
01:05:28du divorce
01:05:29qui en même temps
01:05:30sait bien qu'il y a eu
01:05:31des difficultés pénales
01:05:32et qui par ailleurs
01:05:33sait que le gamin
01:05:33est en assistance éducative
01:05:34mais qui sait aussi
01:05:35que dans d'autres cas
01:05:36le père a déjà été poursuivi
01:05:38par exemple
01:05:39parce qu'il y a eu
01:05:39il y a 15 ans
01:05:40une plainte qui avait été déposée
01:05:41pour lui pour viol
01:05:44il pourrait justifier
01:05:45d'autant plus
01:05:46le fait justificatif
01:05:48donc oui
01:05:48je serais pas en désaccord
01:05:50sur ça
01:05:50mais à condition
01:05:51qu'on ait un juge unique
01:05:52qui permet de pas baloter
01:05:53la décision de justice
01:05:54et de la famille
01:05:55les violences sexuelles
01:05:56faites aux enfants
01:05:57font malheureusement
01:05:57souvent l'objet
01:05:58d'enquêtes indigentes
01:06:00c'est la conclusion
01:06:02d'un rapport
01:06:02d'une mission
01:06:03inter-inspection
01:06:04d'évaluation
01:06:05des procédures
01:06:05de signalement d'enquête
01:06:06classement et poursuite
01:06:07en matière de violences sexuelles
01:06:08faites aux enfants
01:06:09de 2022
01:06:09qui avait été fait
01:06:11suite à une commande
01:06:13de la civile
01:06:14ce rapport
01:06:15il énonçait la chose suivante
01:06:17la qualité des procédures
01:06:18transmises à l'autorité judiciaire
01:06:20connaît une baisse
01:06:21signalée par les parquets
01:06:22non pas dans la retranscription
01:06:23des auditions
01:06:24des victimes mineures
01:06:25mais au regard
01:06:26du recours partiel
01:06:27et parfois insuffisant
01:06:28aux techniques d'investigation
01:06:29visant à rechercher
01:06:30des éléments matériels
01:06:31à titre d'exemple
01:06:33la mission a noté
01:06:34que dans seulement
01:06:3530% des dossiers
01:06:36constituant son échantillon
01:06:38au moins un acte
01:06:39d'investigation
01:06:40avait été réalisé
01:06:41c'était il y a 4 ans
01:06:42est-ce que depuis
01:06:43les choses ont changé
01:06:45ma deuxième question
01:06:46elle concerne
01:06:47ce qu'on appelle
01:06:48les stocks invisibles
01:06:49je vais vous citer
01:06:50le même rapport
01:06:51lors des bilatérales
01:06:53les chefs de cour
01:06:53et de juridiction
01:06:54ont souligné
01:06:54de manière répétée
01:06:55l'existence de stocks invisibles
01:06:57en amont de la chaîne pénale
01:06:58dans les services d'enquête
01:06:59en particulier
01:07:00dans ceux de la police nationale
01:07:01cette problématique
01:07:02serait commune
01:07:03à tous les services d'enquête
01:07:04et les parquets
01:07:04quelle que soit leur taille
01:07:06les stocks pourraient représenter
01:07:07entre 25 et 40%
01:07:09du nombre de procès-verbaux
01:07:10et de procédures
01:07:11enregistrées
01:07:11chaque année
01:07:12ce rapport
01:07:16il fait suite
01:07:16à un rapport
01:07:17de l'inspection générale
01:07:19de la justice
01:07:19lui de 2021
01:07:21donc encore plus ancien
01:07:22et ce rapport
01:07:24nous enseignait
01:07:25la même chose
01:07:2625 à 40%
01:07:27du nombre de procès-verbaux
01:07:28et de procédures
01:07:28enregistrées
01:07:29chaque année
01:07:30par contre
01:07:31en 2023
01:07:31il y a eu un autre rapport
01:07:32une autre révélation
01:07:34plutôt du monde
01:07:35et cette révélation
01:07:36c'est la suivante
01:07:37c'est que 2,7 millions
01:07:38de plaintes
01:07:39étaient en perdition
01:07:40dans les commissariats
01:07:41mais là
01:07:41ça concerne
01:07:42toutes les infractions
01:07:43et pas forcément
01:07:44les infractions
01:07:45à caractère sexuel
01:07:46qui touchent
01:07:47les enfants
01:07:48dans ce stock invisible
01:07:49combien d'affaires
01:07:51sont donc
01:07:51des violences sexuelles
01:07:52incestueuses
01:07:53est-ce que votre ministère
01:07:55a des statistiques
01:07:56sur le sujet
01:07:57on a parlé
01:07:58juste avant
01:07:59du délit
01:08:00de non-représentation
01:08:01d'enfants
01:08:02est-ce que vous êtes
01:08:03pour l'abrogation
01:08:04de ce délit
01:08:04ou pour qu'il soit
01:08:05modifié
01:08:06à minima
01:08:07et on parle souvent
01:08:07des questions pénales
01:08:08qu'on a réévoquées
01:08:09tout à l'heure
01:08:10mais on parle moins
01:08:10des questions civiles
01:08:11puisque dans les questions
01:08:12d'inceste
01:08:13il y a aussi
01:08:14la matière civile
01:08:15qui doit être évoquée
01:08:15par exemple
01:08:16l'obligation alimentaire
01:08:18elle fait qu'aujourd'hui
01:08:20un enfant
01:08:21plutôt un descendant
01:08:22est obligé
01:08:24par la loi
01:08:24de payer l'EHPAD
01:08:25dans le cas
01:08:26où son père
01:08:27qui a pourtant été
01:08:27qui aurait pu l'agresser
01:08:29ou le violer
01:08:30n'aurait pas les moyens
01:08:32de le payer lui-même
01:08:33qu'est-ce que vous en pensez
01:08:33aussi sur le
01:08:34qu'est-ce que vous pensez
01:08:35de ce volet civil
01:08:35et même chose
01:08:36en matière de succession
01:08:37puisqu'en matière
01:08:38de succession
01:08:39lorsqu'une personne
01:08:39n'a pas de descendant
01:08:40et bien ce sont
01:08:41ses ascendants
01:08:42qui sont les héritiers
01:08:42en ligne directe
01:08:44et donc
01:08:45une victime
01:08:46de violences sexuelles
01:08:48peut
01:08:49lorsqu'elle décède
01:08:50on peut se retrouver
01:08:51dans des situations
01:08:52où c'est le père
01:08:53incestueux
01:08:54qui hérite
01:08:54là aussi
01:08:55qu'est-ce que vous en pensez
01:08:56c'est justement
01:08:56le rapport de la civise
01:08:57on a reçu d'ailleurs
01:08:58les représentants
01:08:59de la civise
01:09:01que j'ai décidé
01:09:02de créer l'office
01:09:03de protection
01:09:04des mineurs
01:09:05l'office judiciaire
01:09:06qui a été créé en 2023
01:09:08quelques mois après
01:09:09le rapport
01:09:10qui a été rendu
01:09:11et les discussions
01:09:12qu'on avait eu
01:09:12autour de ce sujet
01:09:13qu'est-ce qu'il fait
01:09:14ce office
01:09:14et en quoi il répond
01:09:16à l'une des préoccupations
01:09:17que vous évoquez
01:09:17et qui avait été constaté
01:09:18par la civise
01:09:19en effet que les enquêtes
01:09:20étaient grosso modo
01:09:21mal faites
01:09:21ou pas assez bien faites
01:09:23bon il y a
01:09:23un manque d'enquêteurs
01:09:24on l'a dit etc
01:09:24mais enfin c'est pas la seule raison
01:09:26l'office
01:09:27fait de l'international
01:09:28le second office
01:09:28du judiciaire
01:09:29c'est un truc
01:09:29qui fait de l'international
01:09:31de la coopération
01:09:32on l'a dit
01:09:32sur les affaires
01:09:33avec la Thaïlande
01:09:34avec quelques pays d'Afrique
01:09:35avec des pays du Maghreb
01:09:36avec d'autres pays européens
01:09:37bon
01:09:40ça prend quelques grosses enquêtes
01:09:44il y a eu une affaire
01:09:45quand j'étais mis à l'intérieur
01:09:46qui est sortie en 2024
01:09:47une des grosses affaires
01:09:48de l'office
01:09:48qui venait d'arriver
01:09:50où je ne sais pas si vous vous rappelez
01:09:50il y avait une trentaine
01:09:51d'interpellations
01:09:52partout en France
01:09:53de gens qui s'échangeaient
01:09:54des vidéos et des photos
01:09:56ils violaient leurs propres enfants
01:09:57pour se les échanger
01:09:58bon voilà
01:09:58ça sert d'office
01:09:59le judiciaire qui sait faire ça
01:10:00si on n'avait pas créé l'office
01:10:01on n'aurait sans doute pas pu le faire
01:10:02on aurait arrêté
01:10:03dans chacun des commissariats
01:10:04sans doute les personnes du courant
01:10:05mais on n'aurait pas vu
01:10:05que c'était un réseau
01:10:06on a découvert beaucoup de choses comme ça
01:10:08et puis surtout troisième point
01:10:09pour répondre à votre question
01:10:10sur le rapport
01:10:11un office de police judiciaire
01:10:12il est là pour faire une doctrine
01:10:14il est là pour faire une instruction
01:10:15pour faire des formations
01:10:16et pour les vérifier partout
01:10:17sur le territoire national
01:10:18donc son boulot
01:10:19et il faut que
01:10:20je ne sais pas si vous les avez entendus
01:10:22ces gens de l'office
01:10:23leur boulot
01:10:24c'est de dire
01:10:24voilà les procédures
01:10:25elles doivent être comme ça
01:10:25les policiers doivent être formés
01:10:27comme si
01:10:27les nouveaux concepts
01:10:28ils doivent être compris comme cela
01:10:30les jurisprudences
01:10:30les voilà
01:10:31vous devez absolument poser ces questions
01:10:33vous devez absolument pas poser ces questions
01:10:34vous devez absolument pas poser ces questions
01:10:34ces premières explications
01:10:35en gros de professionnaliser
01:10:36la chaîne de police judiciaire
01:10:39et je crois
01:10:40mais il faudrait poser désormais
01:10:41la question à cet office
01:10:43je crois que désormais
01:10:44ça a beaucoup progressé
01:10:46dans cette partie là
01:10:48de l'action de la police
01:10:50je crois qu'il y a plus de 600 policiers
01:10:52je ne parle pas des gendarmes
01:10:53qui sont désormais formés
01:10:54chaque année par cet office
01:10:56pour être dans chacune des brigades
01:10:58de vif
01:11:01en France
01:11:04sur la question
01:11:06sur la justice
01:11:07et notamment sur les classements
01:11:09non je ne pense pas
01:11:10qu'on ait les statistiques
01:11:11que vous demandez
01:11:12mais on peut les regarder
01:11:13et puis je les communiquerai
01:11:15bien évidemment
01:11:16moi je crois que l'une de nos difficultés
01:11:17c'est aussi aujourd'hui
01:11:18la preuve numérique
01:11:20et notamment le recueil
01:11:21de cette preuve numérique
01:11:22parce que beaucoup
01:11:22pardon
01:11:25oui c'est ce que je dis
01:11:26c'est la difficulté
01:11:26madame la députée
01:11:27voilà
01:11:27le recueil de la preuve
01:11:29le recueil de la preuve numérique
01:11:30ça c'est une grosse difficulté
01:11:32et ça va de pair
01:11:33beaucoup avec la préhistoire numérique
01:11:35que j'évoquais aussi
01:11:36au sein du service
01:11:37du ministère de la justice
01:11:39un petit peu au ministère
01:11:40de l'intérieur
01:11:40avec je dois dire
01:11:41des désaccords
01:11:42parfois assez profonds
01:11:43avec nos partenaires européens
01:11:45sur c'est quoi
01:11:46la preuve numérique
01:11:46et comment on la garde
01:11:47Eric Dupond-Moretti
01:11:48avait beaucoup porté ce dossier
01:11:52c'est extrêmement compliqué
01:11:54parce que c'est
01:11:54affreusement technocratique
01:11:55et surtout ça demande
01:11:56des moyens très importants
01:11:58voilà ça marche à moitié
01:12:00ça marche pas
01:12:00ça marche pas totalement
01:12:01c'est moi qui on puisse dire
01:12:03sur les plaintes
01:12:03et les 2,7 millions de plaintes
01:12:06bon je pense qu'il y a de tout
01:12:07et si on est
01:12:08si on est honnête
01:12:09il y a beaucoup de plaintes
01:12:10qui sont déposées
01:12:11non pas pour qu'on poursuive
01:12:13moi je suis très favorable
01:12:14à l'idée
01:12:14qu'on arrête d'embêter
01:12:15les policiers
01:12:16et les gendarmes
01:12:16alors j'avais été battu
01:12:17au parlement d'ailleurs
01:12:19il y a deux ans
01:12:19sur cette question
01:12:20quand on fait des dépôts de plaintes
01:12:22sur
01:12:23parce que
01:12:24sa voiture a été rayée
01:12:25on le fait juste
01:12:26parce que c'est sa voiture
01:12:26de service
01:12:27et qu'on le fait juste
01:12:28pour son assurance
01:12:29ou son téléphone portable
01:12:30on l'a perdu
01:12:30ou sa pièce d'identité
01:12:32on dit qu'on
01:12:33c'est quand même
01:12:34beaucoup de plaintes aussi
01:12:34donc c'est très bien
01:12:35qu'elles ne servent
01:12:36objectivement pas à grand chose
01:12:37on pourrait très bien
01:12:38imaginer une autre forme
01:12:39c'est pour ça
01:12:40que j'ai fait la plainte en ligne
01:12:42qui désormais
01:12:43ne s'adresse pas aux personnes
01:12:44mais qui s'adresse
01:12:46pour simplement montrer
01:12:47qu'à 1h du matin
01:12:47si on doit montrer
01:12:49un document
01:12:49à son employeur
01:12:50on est le sujet
01:12:50donc il faudrait distinguer
01:12:52ce qu'est la plainte
01:12:53dont on sait
01:12:54qu'elle ne sera jamais poursuivie
01:12:55parce que
01:12:55voilà
01:12:56ça n'a aucun intérêt
01:12:57de la plainte en revanche
01:12:58où il y a deux dents
01:12:59et notamment
01:13:01des graves atteintes
01:13:02aux personnes
01:13:03voilà
01:13:03de parfaitement raison
01:13:04normalement
01:13:04le rôle d'un bon commissaire de police
01:13:06ou d'un bon capitaine de gendarmerie
01:13:09c'est de tenir sa boutique
01:13:11et de prioriser
01:13:12de dire
01:13:13s'il y a des plaintes
01:13:13qui touchent les personnes
01:13:15évidemment
01:13:15on les met à part
01:13:16on les poursuit
01:13:17le procureur de la république
01:13:18son boulot
01:13:19c'est de venir
01:13:19au commissariat de police
01:13:20ou à brigade de gendarmerie
01:13:22ou tous les mois
01:13:22faire le point
01:13:23avec ses enquêteurs
01:13:23pour dire on en est où
01:13:25donc normalement
01:13:25on pourrait distinguer
01:13:26on pourrait vous donner
01:13:27ces chiffres nationalement
01:13:28de ce qui relève
01:13:29des plaintes
01:13:30sans numéraire
01:13:31et des plaintes
01:13:32qu'on ne poursuit pas
01:13:34parce qu'on n'a pas les enquêteurs
01:13:35ou parce qu'on est mal organisé
01:13:38sur la dépénalisation
01:13:39c'est ce que je disais
01:13:40je ne sais pas si je suis pour
01:13:42la mettre fin au délit
01:13:43à la pénalisation
01:13:44de la non-présentation d'enfants
01:13:45mais je suis d'accord
01:13:46qu'il faut un débat sur ce point
01:13:48je pense que c'est un débat compliqué
01:13:50mais je pense que c'est une
01:13:51une des voies possibles
01:13:52en effet
01:13:53pour protéger ses parents protecteurs
01:13:55en essayant de trouver
01:13:57une limite
01:13:58une limite au
01:13:59aux abus
01:14:00qui pourraient
01:14:01qui pourraient exister
01:14:02il me semble
01:14:03qu'en matière civile
01:14:04vous avez parfaitement raison
01:14:05de le dire
01:14:05l'obligation alimentaire
01:14:07il y a une dispense
01:14:08prononcée par le juge
01:14:09si vous la demandez
01:14:11dans le cas
01:14:11où vous avez
01:14:13montré la culpabilité
01:14:14de votre ascendant
01:14:17donc là
01:14:18effectivement
01:14:19donc la question
01:14:19est-ce que c'est une peine
01:14:20automatique
01:14:21est-ce qu'on peut toujours
01:14:22en discuter
01:14:22mais enfin ça existe
01:14:24merci madame la présidente
01:14:25monsieur le rapporteur
01:14:26monsieur le ministre
01:14:27je voulais vous remercier
01:14:28vraiment sincèrement
01:14:29de votre présence
01:14:30aujourd'hui ici
01:14:32et je vous remercie aussi
01:14:33pour vos réponses
01:14:34à la fois claires
01:14:35et vos propositions
01:14:36également
01:14:37et je sais bien
01:14:38que c'est un sujet
01:14:39qui vous préoccupe
01:14:41vraiment
01:14:41alors la protection
01:14:42des enfants victimes
01:14:43de crimes physiques
01:14:44et psychologiques
01:14:45sont tout à fait
01:14:46destructeurs
01:14:47l'inceste
01:14:48c'est pas une option
01:14:49aujourd'hui
01:14:50de protéger les enfants
01:14:51on parle d'enfants
01:14:52qui sont broyés
01:14:53qui feront demain
01:14:54des adultes abîmés
01:14:55broyés aussi
01:14:56alors aujourd'hui
01:14:57nous l'avons entendu
01:14:58à maintes reprises
01:14:59les enfants
01:15:00sont trop souvent
01:15:00oubliés
01:15:01par une justice
01:15:03défaillante
01:15:04pas toujours
01:15:05mais il s'avère
01:15:06quand même
01:15:06des défaillances
01:15:08nombreuses
01:15:08alors dans le cas
01:15:09du prochain projet
01:15:10de loi
01:15:10relatif à la protection
01:15:11de l'enfance
01:15:12vous portez l'ordonnance
01:15:13de sûreté
01:15:13de l'enfant
01:15:14ma question
01:15:15c'était
01:15:15devra-t-elle relever
01:15:16de la compétence
01:15:17du juge
01:15:18aux affaires familiales
01:15:18ou du juge
01:15:19des enfants
01:15:19c'est un sujet
01:15:20qui nous a été
01:15:20souvent reporté
01:15:22vous vous nous parlez
01:15:23du juge unique
01:15:24des familles
01:15:24c'est une proposition
01:15:26très forte
01:15:27mais en attendant
01:15:27voilà
01:15:28quelle sera
01:15:28l'articulation
01:15:29juridictionnelle
01:15:30sur ce sujet
01:15:32autre point
01:15:33dans ces familles
01:15:34dysfonctionnelles
01:15:35l'urgence
01:15:36est bien entendu
01:15:36de protéger
01:15:37l'enfant victime
01:15:38mais également
01:15:39les frères et sœurs
01:15:40et aussi
01:15:40le parent protecteur
01:15:41le plus souvent
01:15:43la mère
01:15:43alors on le sait
01:15:44le contexte familial
01:15:45peut constituer
01:15:46un facteur aggravant
01:15:47notamment lorsque
01:15:48le parent agresseur
01:15:49présente des conduites
01:15:50addictives
01:15:51liées à l'alcool
01:15:52ou au stupéfiant
01:15:53ça c'est comme dans
01:15:54les violences faites
01:15:55aux femmes
01:15:55au cours des auditions
01:15:57on a aussi identifié
01:15:59qu'il y avait
01:16:01une vraie reproduction
01:16:02de l'inceste
01:16:03dans certaines familles
01:16:04il y a de l'inceste
01:16:05de génération
01:16:06en génération
01:16:07alors dès lors
01:16:08plutôt que d'éloigner
01:16:10l'enfant
01:16:10et sa famille
01:16:11du foyer
01:16:12ou de l'agresseur
01:16:14ne faudrait-il pas
01:16:15plutôt inverser
01:16:16la logique de protection
01:16:17en écartant
01:16:18le parent agresseur
01:16:19du cadre familial
01:16:20celui-ci
01:16:21pourrait peut-être
01:16:21alors faire l'objet
01:16:22d'un accompagnement
01:16:23et de soins adaptés
01:16:24pour garantir
01:16:25la sécurité immédiate
01:16:27de la cellule familiale
01:16:28alors est-ce qu'une telle approche
01:16:30peut être envisagée
01:16:31et enfin une dernière question
01:16:33mais très très très pratique
01:16:36que j'ai posée hier
01:16:37au ministre de l'Intérieur
01:16:38qui m'a dit
01:16:38que ça ne
01:16:38n'était pas de son ressort
01:16:40mais du vôtre
01:16:41alors du coup
01:16:41je vous pose la question
01:16:42j'ai une directrice d'école
01:16:44à Paris
01:16:44qui suit la procédure
01:16:47et qui a fait un signalement
01:16:48à la CRIP
01:16:50la cellule de recueil
01:16:51des informations préoccupantes
01:16:53pour une jeune adolescente
01:16:54de 14 ans
01:16:55qui racontait
01:16:56qu'elle était violée
01:16:57depuis 6 ans
01:16:58par un membre
01:16:58de sa famille
01:17:00elle a fait
01:17:01ce signalement
01:17:03n'ayant pas de nouvelles
01:17:04elle a rappelé
01:17:04la CRIP
01:17:0575
01:17:07et on lui a dit
01:17:07bah oui
01:17:08en fait on a reçu
01:17:08votre dossier
01:17:09mais c'était au moment
01:17:09des vacances
01:17:10donc on ne s'en est pas occupé
01:17:11donc 4 mois après
01:17:12le signalement
01:17:13est tombé
01:17:13aux oubliettes
01:17:14il ne s'est rien passé
01:17:17alors vous parliez
01:17:18tout à l'heure
01:17:19de préhistoire
01:17:20d'antiéquité
01:17:20de Moyen-Âge
01:17:21alors j'espère
01:17:22qu'au Moyen-Âge
01:17:22de l'IA
01:17:23et du numérique
01:17:24on peut peut-être
01:17:25trouver des solutions
01:17:26pour qu'aujourd'hui
01:17:27honnêtement
01:17:28les signalements
01:17:29soient vraiment
01:17:30pris en compte
01:17:31et qu'ils ne tombent pas
01:17:32dans les oubliettes
01:17:33on a eu ça
01:17:33pendant de très nombreuses auditions
01:17:35on fait un signalement
01:17:36et derrière
01:17:37il ne se passe rien
01:17:38voilà je vous remercie
01:17:40non mais sur les signalements
01:17:41vous avez parfaitement raison
01:17:42et oui les moyens informatiques
01:17:43aussi pourraient largement
01:17:44nous aider à tenir à jour
01:17:45parce que normalement
01:17:45ils doivent être pour le coup
01:17:46systématiques
01:17:46les signalements remontés
01:17:48voilà
01:17:48ça c'est absolument
01:17:49c'est absolument certain
01:17:51après je pense que
01:17:52la proposition
01:17:53d'un parquetier spécialisé
01:17:55dans chacune des juridictions
01:17:57qui nous aiderait
01:17:58à traiter
01:17:59peut-être plus rapidement
01:18:01également
01:18:01donc il y a du numérique
01:18:02et un peu d'humain
01:18:02mais vous avez parfaitement
01:18:04parfaitement raison
01:18:04surtout sur les signalements
01:18:06qui touchent des enfants
01:18:07sur l'ordonnance de sûreté
01:18:09alors en attendant
01:18:10en effet le juge
01:18:12des familles
01:18:14aujourd'hui
01:18:15ce que nous avons prévu
01:18:16c'est que l'ordonnance de sûreté
01:18:17ce soit à la main
01:18:18du juge des enfants
01:18:19parce que c'est lui
01:18:19aujourd'hui
01:18:20qui est le juge
01:18:21de l'enfant en danger
01:18:23et l'inceste
01:18:24n'est pas le seul
01:18:25n'est pas le seul
01:18:26la seule question
01:18:29de difficulté
01:18:30dans la garde
01:18:30il y en a d'autres
01:18:31l'ordonnance de sûreté
01:18:32ce ne sera pas que
01:18:33pour protéger l'inceste
01:18:35évidemment
01:18:35l'inceste
01:18:36voilà
01:18:36maintenant on est ouvert
01:18:37si vous pensez
01:18:38que c'est un autre juge
01:18:39on peut toujours en discuter
01:18:40voilà moi je sais
01:18:41le raisonnement
01:18:42qu'on en a fait
01:18:43sur les prises en charge
01:18:45de l'auteur
01:18:45en domicile
01:18:46moi je partage
01:18:47votre avis
01:18:50c'est aussi une question
01:18:51de lien
01:18:52avec
01:18:53la victime
01:18:54et l'auteur
01:18:55c'est à dire
01:18:55que ça on l'a vu
01:18:56sur
01:18:57on l'a vu
01:18:58sur les violences
01:18:59faites aux femmes
01:18:59pendant longtemps
01:19:00on a déplacé
01:19:01la théorie
01:19:02c'était de déplacer
01:19:03la dame
01:19:03et il fallait trouver
01:19:04des logements
01:19:05notamment avec
01:19:06les collectivités locales
01:19:06ou les bailleurs
01:19:07avec plus ou moins
01:19:08d'énergie
01:19:08d'ailleurs sans aucune
01:19:09couleur politique
01:19:10quand j'étais mis
01:19:10à l'intérieur
01:19:10je constate
01:19:11qu'il y avait plus ou moins
01:19:12des maires volontaires
01:19:13et parfois il y avait
01:19:14des discours assez différents
01:19:15à la télévision
01:19:16et dans l'application
01:19:17quand on était en responsabilité
01:19:19pour trouver ne serait-ce
01:19:19que des logements
01:19:20et parfois même
01:19:21des logements
01:19:21qui travaillent en intercommunalité
01:19:23ou en département
01:19:24pour que ce soit pas seulement
01:19:26dans une petite commune
01:19:27qui se croise quand même
01:19:29donc c'est aussi
01:19:30une question de principe
01:19:31et puis c'est une question
01:19:32de relation avec les collectivités
01:19:33de même que nous avons
01:19:35trop peu de lieux
01:19:37pas simplement
01:19:38parce qu'on manque d'argent
01:19:39mais aussi d'acceptation
01:19:40pour que les gens
01:19:41les accueillent
01:19:41de lieux neutres
01:19:43si j'ose dire
01:19:44pour que les enfants
01:19:46voient quand même
01:19:47leurs parents
01:19:49dans un lieu
01:19:49qui est quand même
01:19:50sous protection
01:19:50vous voyez ce que je veux dire
01:19:52c'est à dire que
01:19:53le magistrat
01:19:54pourrait décider de dire
01:19:55ok pour la non-présentation
01:19:56de l'enfant
01:19:57mais il va quand même
01:19:58voir son enfant
01:19:58dans un endroit
01:19:59qui est un endroit
01:20:00un tiers lieu
01:20:01ou une association
01:20:02par exemple
01:20:04donc il y en a
01:20:05mais par exemple
01:20:08il y en a
01:20:09mais par exemple
01:20:11on a du mal
01:20:11à trouver des collectivités
01:20:13qui les accueillent
01:20:14voilà
01:20:15parce que
01:20:15on se dit
01:20:16tiens il y a peut-être
01:20:17des problèmes autour de ça
01:20:19donc non non
01:20:19je partage à la fois
01:20:20sur les signalements
01:20:23sur les parents
01:20:25les prises en charge
01:20:26de l'auteur
01:20:28et sur le zeu
01:20:29je pense vraiment
01:20:29que c'est le juge des enfants
01:20:30sauf si vous avez une meilleure idée
01:20:31on serait prêt à l'écouter
01:20:32je voulais revenir
01:20:34sur un terme
01:20:36que vous avez utilisé
01:20:37dans vos propos liminaires
01:20:39ça ne m'a pas semblé anecdotique
01:20:41moi ça m'a fait réagir
01:20:42vous avez dit
01:20:43vous êtes
01:20:44vous êtes confié
01:20:46une de vos connaissances
01:20:48vous a un jour
01:20:50avoué à 74 ans
01:20:52avoir subi
01:20:52des agressions sexuelles
01:20:54j'ai réagi
01:20:55parce que ça a fait écho
01:20:56à un exemple
01:20:57utilisé par
01:20:58madame la présidente
01:20:59hier
01:21:00relatant
01:21:01qu'à la suite
01:21:01d'un signalement
01:21:02des enquêteurs de police
01:21:03seraient allés auditionner
01:21:04une petite fille
01:21:05de 3 ans et demi
01:21:06à son école
01:21:07et revenus
01:21:08au commissariat
01:21:09ils auraient conclu
01:21:10elle n'a pas avoué
01:21:13mais l'aveu
01:21:14qu'est-ce que l'aveu
01:21:16c'est la reconnaissance
01:21:18d'une infraction
01:21:21et on se place
01:21:22du côté
01:21:22de l'auteur
01:21:23pas
01:21:24de la victime
01:21:25et je crois
01:21:26que ce que je vais
01:21:27qualifier d'abus de langage
01:21:28nous montre aussi
01:21:29le chemin collectif
01:21:31qu'il nous reste
01:21:32à parcourir
01:21:32sur ces questions
01:21:33de violence sexiste
01:21:35et sexuelle
01:21:36et d'agression
01:21:37et de viol
01:21:39dans ce même esprit
01:21:40parce que les mots
01:21:42ont un sens
01:21:44le classement
01:21:45sans suite
01:21:46est une expression
01:21:47qui est
01:21:48très douloureusement
01:21:50vécue par les victimes
01:21:51alors que
01:21:52il ne vaut pas
01:21:55non culpabilité
01:21:57souvent
01:21:59l'infraction
01:22:00n'est pas suffisamment
01:22:01caractérisée
01:22:02que penseriez-vous
01:22:03que pensez-vous
01:22:05de cette proposition
01:22:05faite
01:22:06de le renommer
01:22:08en enregistrement
01:22:10sans poursuite
01:22:11ou en tout cas
01:22:12qu'une réflexion
01:22:14puisse être menée
01:22:15pour que
01:22:15la terminologie
01:22:16ne soit pas
01:22:17une douleur
01:22:19supplémentaire
01:22:19enfin
01:22:20on peut espérer
01:22:22que les moyens
01:22:22supplémentaires
01:22:23d'enquêteurs
01:22:24dont hier
01:22:25le ministre
01:22:26Nunez
01:22:26nous a fait part
01:22:28puissent conduire
01:22:30à plus
01:22:31de condamnations
01:22:33pensez-vous
01:22:34qu'il soit nécessaire
01:22:34de renforcer
01:22:35les moyens
01:22:35des services spécialisés
01:22:37pour le suivi
01:22:38socio-judiciaire
01:22:39des agresseurs
01:22:39je pense au manque
01:22:40notoire de psychiatres
01:22:43près de 40%
01:22:44des postes
01:22:45sont vacants
01:22:46dans l'hospitalière
01:22:47il y a un manque
01:22:48de moyens
01:22:49criants
01:22:49de psychiatres
01:22:50de psychologues
01:22:50d'infirmiers
01:22:52psychologues
01:22:52exerçant en détention
01:22:54si on veut
01:22:55traiter
01:22:56l'ensemble
01:22:57de la chaîne
01:22:58que
01:22:59pensez-vous
01:23:00qu'il faille
01:23:01concomitamment
01:23:02ajouter des moyens
01:23:03à ce maillon
01:23:04de la chaîne
01:23:05je vous remercie
01:23:06sur le dernier point
01:23:07oui sans doute
01:23:07qu'il faut continuer
01:23:08à améliorer
01:23:09l'ensemble de la chaîne
01:23:10et voilà
01:23:10sans doute évaluer
01:23:12combien il faudrait
01:23:13je n'en sais rien
01:23:14mais je pense
01:23:15que ce que vous a dit
01:23:16monsieur le ministre
01:23:16intérieur
01:23:17doit être accompagné
01:23:17partout
01:23:18sinon ça n'a pas de sens
01:23:19y compris
01:23:19Missana Santé
01:23:20on oublie toujours
01:23:21Missana Santé
01:23:22qui est en fait
01:23:22notre partenaire
01:23:23essentiel
01:23:24avec l'intérieur
01:23:24et la justice
01:23:25qu'il s'agisse
01:23:26de la détention
01:23:26ou des victimes
01:23:27qu'il s'agisse
01:23:28des auteurs
01:23:28ou des victimes
01:23:29on a besoin
01:23:30de cet accompagnement
01:23:31sanitaire
01:23:32d'ailleurs de prévention
01:23:33de prévention
01:23:33comme d'accompagnement
01:23:35si on peut
01:23:36bien sûr
01:23:37qu'on peut
01:23:39changer des mots
01:23:41est-ce que ça évitera
01:23:42le réel
01:23:42je ne sais pas
01:23:45donc pourquoi pas
01:23:46nous-mêmes
01:23:47d'ailleurs à la chancellerie
01:23:48nous sommes en train
01:23:49de travailler
01:23:50à une nouvelle façon
01:23:51de classer
01:23:52les plaintes
01:23:53avec honnêteté
01:23:54vis-à-vis des gens
01:23:54c'est-à-dire
01:23:55nous allons
01:23:56imposer
01:23:56puisque c'est le ministère
01:23:57de la justice
01:23:58et notamment
01:23:58les procureurs
01:23:59d'appui
01:23:59qui les classent
01:24:00au service enquêteur
01:24:01quand on va envoyer
01:24:02la lettre aux gens
01:24:03on essaiera d'expliquer
01:24:04qu'il y a aussi
01:24:05des affaires
01:24:06que l'on va classer
01:24:07par manque d'investigation
01:24:10ce qui n'est pas
01:24:10tout à fait
01:24:11la même chose
01:24:11que par manque de preuve
01:24:13ou qui n'est pas
01:24:14tout à fait
01:24:14la même chose
01:24:14que ça ne relève
01:24:16pas d'une infraction
01:24:18donc c'est
01:24:19déjà cette vérité
01:24:21de dire
01:24:22on n'a pas pu
01:24:23poursuivre
01:24:24parce qu'on n'avait
01:24:24pas d'enquêteur
01:24:25ou parce qu'on n'avait
01:24:25pas de moyens
01:24:26pour le faire
01:24:26c'est au moins
01:24:27une honnêteté
01:24:29qui peut-être
01:24:30permet de dire
01:24:30que ce n'est pas
01:24:31en effet
01:24:31une preuve
01:24:33de non-culpabilité
01:24:35rajoutons quand même
01:24:35que ce n'est pas
01:24:36non plus une preuve
01:24:36de culpabilité
01:24:37c'est pas parce qu'il y a
01:24:38un classement en 68
01:24:39que par ailleurs
01:24:39on doit tous en déduire
01:24:40que toutes les personnes
01:24:41qui connaissent
01:24:42cette plainte
01:24:44sont coupables
01:24:45parce que sinon
01:24:45je pense qu'on vivrait
01:24:46dans un drôle de monde
01:24:48mais donc d'abord
01:24:49peut-être qu'il y a
01:24:50les motifs de classement
01:24:50et comment on l'explique
01:24:51aux personnes
01:24:52d'ailleurs j'ai fait rajouter
01:24:53sur les trames
01:24:54des procureurs de la république
01:24:56encore en indication
01:24:56parce que je ne peux pas
01:24:57les obliger
01:24:58qu'ils peuvent saisir
01:24:59les français
01:25:00qui reçoivent ce courrier
01:25:01enfin toute personne
01:25:02d'ailleurs
01:25:02qui reçoit ce courrier
01:25:03peut saisir
01:25:04le procureur général
01:25:05en mettant l'adresse
01:25:06du procureur général
01:25:07et c'est gratuit
01:25:08et ils peuvent faire un appel
01:25:09beaucoup de gens
01:25:10ne le savent même pas
01:25:11ils n'ont pas besoin
01:25:12d'un avocat pour le faire
01:25:13ils peuvent le faire
01:25:14et puis deuxièmement
01:25:15de mettre le numéro
01:25:15de la station de victimes
01:25:17qui travaille dans le ressort
01:25:18et qui peut les conseiller
01:25:19les accompagner
01:25:20et peut-être même
01:25:20leur expliciter
01:25:21pourquoi ce classement
01:25:23changer le nom du classement
01:25:24en enregistrement
01:25:25pourquoi pas
01:25:25madame Jolicoze
01:25:27à qui j'ai commandé
01:25:27un rapport sur les violences
01:25:28faites aux femmes
01:25:30qui est une magistrate
01:25:31extrêmement importante
01:25:32et qui nous soutient
01:25:33beaucoup dans le travail
01:25:34aujourd'hui
01:25:34elle est première présidente
01:25:35de la cour d'appel
01:25:37elle propose
01:25:38elle m'a proposé
01:25:39elle m'a proposé
01:25:40deux choses
01:25:40que je trouve particulièrement
01:25:42intéressant
01:25:43à la fois
01:25:44de réimaginer
01:25:47avec la classement 108
01:25:47elle va un peu plus loin
01:25:48que votre proposition
01:25:48c'est pas que le nom
01:25:49c'est aussi une façon
01:25:50de fonctionner
01:25:50à cause de reparler
01:25:52si vous le souhaitez
01:25:53et deuxièmement
01:25:53de parler des ITT
01:25:56parce que je crois
01:25:57qu'il y a aussi
01:25:58une autre violence
01:25:58madame
01:25:59c'est quand on dit
01:26:00après un viol
01:26:02après une violence
01:26:03c'est six jours
01:26:04huit jours
01:26:04d'un jour d'ITT
01:26:06non seulement
01:26:07sans doute
01:26:07l'ITT
01:26:07est à vie
01:26:08mais par ailleurs
01:26:10les gens ont tendance
01:26:11à regarder aussi
01:26:12c'est pas si grave que ça
01:26:13s'il n'y a que trois
01:26:13ou quatre jours
01:26:14six jours
01:26:14il y a plein de gens
01:26:15qui subissent des traumas
01:26:16qui dès le lendemain
01:26:16vont travailler
01:26:18ou trois jours après
01:26:19ou quatre jours après
01:26:20donc je pense que ça aussi
01:26:21c'est un truc
01:26:22alors pour le coup
01:26:22c'est une réflexion
01:26:23à faire avec le ministère
01:26:23de la santé
01:26:24mais baser des condamnations
01:26:25baser des poursuites
01:26:26baser des jugements
01:26:28y compris sur
01:26:29ce que le médecin
01:26:30a constaté
01:26:30dans une mesure
01:26:32qui n'est plus du tout
01:26:33habituelle aujourd'hui
01:26:35je pense qu'il faut
01:26:36qu'on fasse sauter
01:26:36ce carcan
01:26:38parce que là
01:26:38pour le coup
01:26:39ça n'aide pas
01:26:39tout à fait les victimes
01:26:40parce qu'elle se dit
01:26:41bon voilà
01:26:41la justice ou la police
01:26:43m'a maltraité
01:26:44ou en tout cas
01:26:44me parle
01:26:45comme si
01:26:46il ne s'était rien passé
01:26:47et la médecine
01:26:48me dit qu'en fait
01:26:49je ne suis pas vraiment malade
01:26:50et qu'au bout de 6 jours
01:26:51je peux aller travailler
01:26:52grosso modo
01:26:52donc ça je pense que
01:26:53c'est les deux angles
01:26:54sur lesquels il faut travailler
01:26:55puisque vous parlez des mots
01:26:56qui font mal
01:26:57je pense que ceux-là
01:26:58ils font mal aussi
01:26:59Voilà pour ce numéro
01:27:00de la séance est ouverte
01:27:01à très bientôt
01:27:02sur LCP
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