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Les conseils de notre docteur Brigitte Milhau sur les sujets santé qui vous concernent dans #BonjourDrMilhau
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00:00Bonjour, aujourd'hui dans la santé, expliquer à ma fille, je répondrai aux questions de Sacha sur l'antavirus.
00:08Ce virus encore inconnu du grand public il y a quelques jours et qui est désormais au cœur de toutes
00:14les conversations.
00:15Puis avec le docteur Martin Blachier, nous vous dirons s'il est légitime de s'inquiéter ou pas.
00:26Alors Sacha, aujourd'hui on va faire un point sur cet antavirus dont on parle beaucoup depuis le début du
00:32mois de mai
00:32et peut-être plus particulièrement depuis le 10 mai où les cinq passagers français ont été rapatriés, ils sont à
00:40l'hôpital Bichat
00:40et avec une française notamment testée positive à l'antavirus.
00:46Alors justement, est-ce que tu peux nous dire ce que c'est ce virus et surtout comment il se
00:51transmet, comment il est apparu, d'où il vient, etc.
00:54nous faire un petit historique de l'antavirus ?
00:57Alors en fait, ce n'est pas de l'antavirus, ce sont des antavirus.
01:00En fait, c'est une grande famille, il y a une cinquantaine d'espèces, on les connaît depuis les années
01:0550 à peu près.
01:07En fait, le réservoir principal de ces virus, ce sont les rongeurs, même s'il y en a un petit
01:13peu chez les poissons, il y en a un petit peu chez le reptile
01:15mais le principal réservoir du virus, les rongeurs.
01:18Chez les rongeurs, tout se passe bien, eux ils ne sont pas malades, tout va bien.
01:22Mais ils peuvent transmettre le virus à l'homme et chez l'homme, ça se passe moins bien.
01:26Alors comment ils le transmettent déjà ?
01:28Alors, les rongeurs peuvent le transmettre de différentes manières.
01:32Soit ils te mordent directement, de manière directe.
01:35Soit, imaginons que vous ayez un cabanon dans votre jardin, qui est très prisé par les rongeurs, ils viennent, ils
01:44font leur vie
01:45et en fait, à partir des excrétas, à partir des déjections, des sels, des urines ou de la salive, tout
01:53ça, ça va s'accumuler dans votre petit cabanon
01:55puis après ça va sécher, puis après ça peut s'aérosoliser si tu veux, être dans l'air.
02:02Tu arrives, tu vas balayer ton cabanon pour ranger tes outils ou je ne sais quoi
02:06et là tu peux respirer du virus et tu peux être contaminé par l'aérosol.
02:12Donc ça veut dire que n'importe qui peut être contaminé de cette façon alors ?
02:16N'importe qui, il y en a.
02:17Alors ça existe sur tous les continents, avec à chaque fois des espèces différentes.
02:21Mais par exemple en France, il y a une centaine de cas chaque année d'antavirus.
02:26Il y en a beaucoup dans le nord-est de la France.
02:28Donc ça se transmet du rat en fin de ces déjections, etc.
02:32Des rongeurs.
02:33Des rongeurs, plus largement, à l'homme.
02:36Et après, est-ce que ça se transmet, c'est ça qui est important, des hommes aux hommes ?
02:39C'est exactement ça, la vraie question.
02:41Alors, je t'ai dit, on les a trouvés dans les années 50.
02:44Et puis après, en 1995, on a vu, donc Chili, Argentine, tout ça,
02:51on a eu quelques cas où il y avait en fait plusieurs personnes proches qui étaient contaminées.
02:56Là, on s'est dit, ça a commencé à dire, tiens, là, ils n'ont pas tous fréquenté les mêmes
03:01rongeurs au même moment, etc.
03:03Donc sur 16 personnes quand même contaminées, ça c'était en 2002, sur 16 personnes contaminées, il y a eu
03:11quand même eu 8 décès.
03:13Donc ça fait quand même 50% de mortalité.
03:15Après, il y a eu des petits cas sporadiques comme ça aussi.
03:19Il y en a eu au Chili, il y en a eu en Argentine.
03:21Par exemple, dans des familles, il y avait des gens qui étaient malades en même temps.
03:26Donc on s'est dit, a priori, là aussi, ça doit se transmettre de l'homme à l'homme.
03:32Et là, il y a eu la célèbre épidémie de 2018, dans un petit village en Patagonie.
03:40Une personne a été contaminée par un rongeur.
03:44Elle va à un anniversaire.
03:47Là, lors de l'anniversaire, elle contamine plusieurs personnes.
03:50Après, certaines personnes de l'anniversaire qui étaient contaminées vont au funérail d'une personne,
03:56contaminent d'autres personnes lors des funérailles.
03:58Et on a eu une épidémie de 34 personnes contaminées avec 11 décès.
04:06Donc, ce que je veux dire par là...
04:08Ça se transmet en forme.
04:09Donc là, ils ont eu la certitude qu'il y avait une contamination interhumaine.
04:16Mais si je te raconte ça, c'est juste pour qu'on comprenne bien.
04:20Depuis début mai, on parle de cet antivirus.
04:23En fait, on parle de ce que l'on connaît d'une cinquantaine de cas.
04:28Entre les premiers cas dont je t'ai parlé en 1995, puis en 2002, puis en 2018, ça fait à
04:33peu près une cinquantaine de cas.
04:35Donc, quand on dit oui, nous le connaissons bien, on connaît très bien les antivirus.
04:40Mais cette fameuse souche qui s'appelle la souche l'antavirus des Andes, la souche hondès, on dit aussi,
04:46c'est celle-ci qui se transmet d'homme à homme.
04:49On la connaît finalement sur une cinquantaine de cas.
04:52C'est pour cette raison que dans la conférence de presse de mardi, il y a eu des réserves,
04:56aussi bien sur la contamination, sur la période de contagion.
05:02Tu vois, on s'est dit sur la létalité, c'est-à-dire la mortalité de la pathologie.
05:07Tu vois, on a émis des réserves parce qu'effectivement, sur 50 cas, c'est assez difficile d'affirmer avec
05:14certitude ce que l'on sait de ce virus.
05:16Mais est-ce qu'on a quand même des informations sur les signes ?
05:21Quand on est infecté, qu'est-ce qui va se passer ?
05:23Alors ça, tu as raison.
05:24Les symptômes, les signes, qu'est-ce qui va nous arriver une fois qu'on est infecté comme symptômes ?
05:28Tu as raison. Là, on a des informations sur les symptômes.
05:33Alors, c'est un peu piégeux parce qu'en fait, au début, il y a ce qu'on appelle la
05:38phase prodomique.
05:39C'est-à-dire, au début, tu ne sais pas vraiment, tu ne te sens pas très bien et tout.
05:44Puis, il vont apparaître des symptômes à la phase initiale, une fatigue.
05:49Mais des symptômes qui peuvent correspondre à d'autres pathologies.
05:52Fatigue, fièvre.
05:53Voilà. Fatigue, fièvre, maux de tête, douleurs musculaires.
05:57On peut aussi avoir des nausées, des vomissements, des accélérations du transit.
06:01Donc, ça peut être confondu aussi avec un trouble digestif, tu vois.
06:04Ça, c'est la phase de début qui peut durer plusieurs jours.
06:07Et parfois, brutalement, et c'est vraiment ce qui caractérise et ce qui fait la gravité de cette pathologie,
06:14parfois, brutalement, il y a une atteinte respiratoire avec cette fois-ci des signes,
06:18ce qu'on appelle la phase respiratoire, avec des signes de la toux, un essoufflement.
06:22Et on peut avoir un œdème pulmonaire, une chute de tension artérielle.
06:27Et ça peut aller jusqu'au choc cardiopulmonaire et jusqu'au décès des patients.
06:32Mais comment ça peut entraîner un choc cardiopulmonaire ?
06:36Qu'est-ce qui va se passer à l'intérieur ?
06:38Alors, en fait, ce que l'on sait, c'est que ce virus, il peut s'attaquer aux capillaires.
06:45Les capillaires, ce sont des vaisseaux tout fins, fins, fins, fins, fins.
06:47Notamment aux capillaires des poumons.
06:49Tu sais que nos poumons, le souffle, c'est ce qu'il y a de plus vital.
06:53C'est ce qui apporte l'oxygène dans toutes les cellules du corps.
06:56On ne peut pas rester plus d'une minute sans respirer.
06:58A moins de faire de l'apnée, bien sûr.
07:00Et donc, l'oxygène, il est apporté par l'air que tu respires,
07:04qui après passe dans le sang et est apporté à toutes les cellules.
07:07Et bien là, dans cette pathologie, le virus va attaquer la paroi des capillaires, des vaisseaux,
07:13et va la rendre perméable.
07:15C'est-à-dire qu'en fait, le sang va sortir...
07:17Il ne reste plus dans les vaisseaux.
07:18Il ne reste plus dans les capillaires.
07:20Il va sortir des capillaires.
07:21Il va aller inonder les poumons.
07:24C'est un œdème pulmonaire.
07:26Donc, l'oxygène ne pourra pas passer dans la circulation sanguine.
07:30Les poumons ne peuvent plus faire leur boulot, si tu veux.
07:33Après, cette vasodilatation, ça va entraîner une chute de tension.
07:37Ensuite, le cœur, il va s'accélérer quand même pour aller apporter quand même de l'oxygène.
07:41Puis après, avec l'œdème qu'il a en amont, il n'arrive plus à travailler.
07:44Donc, ça peut aller jusqu'à un choc cardio-respiratoire et jusqu'au décès des patients.
07:50Et alors, qu'est-ce qui s'est passé sur ce bateau ?
07:52Parce que là, on a l'explication de la maladie.
07:55Mais comment s'est passée la transmission ?
07:58On ne va pas faire toute la route et tout le détail.
08:00C'est un bateau de croisière qui part de Patagonie, du Chuaïa, en Argentine,
08:07qui devait aller au Cap Vert.
08:09Et puis, à bord de ce bateau, un patient commence à présenter des troubles.
08:13Un néerlandais de 70 ans, des troubles avec des signes respiratoires.
08:18Et cette personne est décédée.
08:20Donc là, on voit que quelques jours après, son épouse commence à présenter des signes.
08:27Un arrêt sur l'île Sainte-Hélène.
08:30On transfère la patiente, donc la femme de ce monsieur, 69 ans aussi,
08:36qui est transférée de Sainte-Hélène à Johannesburg
08:39et qui devait après repartir à Rotterdam.
08:43En fait, là, son cas s'aggrave et qu'elle meurt quelques jours après son mari à Johannesburg.
08:50Là, il y a une troisième femme, une Allemande, qui meurt aussi sur le bateau.
08:54Il y a un britannique qui est toujours d'ailleurs hospitalisé,
08:58qui a été hospitalisé à Johannesburg.
09:02Voilà.
09:02Et là, on teste et on s'aperçoit que c'est l'antavirus des Andes,
09:08donc celui qui peut se transmettre d'homme à homme.
09:12Et puis après, on connaît l'histoire.
09:13Et on va demander au docteur Martin Blachier
09:15si c'était une bonne idée de rapatrier ses passagers.
09:18Et surtout, on va lui demander s'il faut s'inquiéter ou pas.
09:27Docteur Martin Blachier, bienvenue.
09:29Je rappelle que vous êtes médecin de santé publique, épidémiologiste.
09:34Et aujourd'hui, on va essayer de répondre aux questions que tout le monde se pose,
09:37notamment une qui revient souvent.
09:39Pourquoi a-t-on rapatrié les passagers dans chaque pays ?
09:45Est-ce que c'était une bonne idée ? Fallait-il le faire ?
09:47Ça a été fait dans l'intérêt des passagers de ce bateau pour deux raisons.
09:51La première, c'est les gens qui, effectivement, avaient été en contact avec le virus.
09:54Si leur casse se dégradait et qui avait des premiers symptômes,
09:56il fallait être capable de les prendre en charge avec des plateaux de réanimation
10:00parce qu'on sait que c'est une situation qui peut s'aggraver très rapidement.
10:05Et puis aussi pour tous les gens qui n'étaient pas contaminés dans le bateau,
10:08qu'on n'allait pas laisser forcément en contact d'un milieu
10:11qui semblait quand même être à risque de contamination.
10:13Donc à la fois pour les gens contaminés qui risquaient de se dégrader
10:16et pour les gens qui n'étaient pas contaminés,
10:18qu'on n'allait pas laisser en contact avec ce virus,
10:20dont on sait qu'il est quand même relativement mortel,
10:22on a décidé de les rapatrier dans l'intérêt des gens qui étaient sur le bateau.
10:26D'accord.
10:26Mais n'y avait-il pas une possibilité,
10:29c'est aussi une question qui revient souvent justement,
10:32de laisser ces passagers et d'avoir à côté une espèce d'hôpital,
10:37ça peut s'imaginer aussi,
10:40avec des lits de réanimation
10:42et qui auraient pu justement prendre en charge ces personnes
10:44sans aller les mettre,
10:46qui est en Australie, qui est en Allemagne,
10:47qui est aux Etats-Unis,
10:48qui est au Royaume-Uni,
10:50qui est en Espagne ?
10:52Je pense qu'au moment où la décision a été prise,
10:54c'est une option qui n'était pas sur la table.
10:56Je pense qu'on n'avait pas les moyens de faire ce niveau-là de réanimation
10:58parce qu'on parle quand même de poumons artificiels,
11:01comme ils ont dit,
11:01d'ECMO,
11:02c'est quand même de la réanimation très poussée
11:04avec des patients qui sont relativement instables.
11:06Je pense qu'au moment où on a pris la décision,
11:08ce scénario n'a même pas été envisagé
11:10parce qu'il n'était pas réaliste.
11:11D'accord.
11:11De toute façon,
11:12ce qui est fait, est fait.
11:14Dans les angoisses
11:15et que l'on peut tout à fait comprendre,
11:18les images qu'on a vues
11:19font remonter tous les mauvais souvenirs du Covid.
11:23Alors, j'aimerais bien
11:24que vous nous fassiez la différence point par point
11:26entre le SARS-CoV-2,
11:29le virus du Covid,
11:30et le virus Andes
11:33qui donne ces syndromes respiratoires.
11:35En fait, ce sont deux extrêmes d'épidémie.
11:37Dans un cas,
11:38vous aviez un virus
11:38qui était relativement peu létal,
11:41mais qui allait extrêmement vite.
11:43Il y avait des patients asymptomatiques
11:44qui transmettaient.
11:46Que létal, ça veut dire la mortalité,
11:48c'est-à-dire 1%.
11:49Ce n'est pas très grave.
11:49C'est-à-dire qu'il était très grave
11:51pour des gens qui étaient particulièrement âgés
11:54ou des gens qui avaient un terrain très fragile.
11:57Mais il y avait tellement d'infections
11:58qu'en fait,
11:59on a eu,
11:59malgré le fait que c'était grave
12:01pour très peu de patients,
12:02on avait quand même beaucoup de gens
12:03qui étaient à l'hôpital.
12:03Là, c'est l'inverse.
12:04On a très peu de gens
12:05qui sont contaminés
12:06parce qu'en fait,
12:07le virus ne se transmet pas très bien
12:08d'homme à homme.
12:09Mais par contre,
12:09quand ça touche quelqu'un,
12:10c'est extrêmement grave.
12:12Dans le premier cas,
12:13en fait,
12:13vous ne pouvez quasiment rien faire.
12:14C'est-à-dire que ce nouveau virus
12:15arrive dans une population
12:16et vous ne pouvez pas faire
12:18la politique du Covid.
12:19Donc, rappelez à chaque fois,
12:20pour le SARS-CoV...
12:20Je parle pour le Covid.
12:21Je parle pour le Covid.
12:22Ça, ce n'était pas possible.
12:23D'ailleurs,
12:23les pays qui ont essayé,
12:24comme la Chine,
12:25ils n'y ont pas réussi.
12:26Alors qu'ils ont mis
12:26tous les moyens,
12:27on voit quelle extrémité
12:28ils ont été pour essayer
12:29de stopper la propagation
12:30de ce virus,
12:30ce n'est pas possible.
12:32Dans le cas de l'antavirus Andes,
12:34c'est tout à fait possible
12:35parce que le virus
12:36va beaucoup moins vite
12:37et il est beaucoup moins discret.
12:38Donc, la façon dont on lutte...
12:39Beaucoup moins ?
12:40Discret.
12:41C'est-à-dire que
12:41quand quelqu'un est symptomatique...
12:43Il y a des symptômes.
12:44Il y a des symptômes.
12:44La personne est très rapidement isolée.
12:46D'ailleurs,
12:46à chaque fois qu'il y a eu
12:46des clusters en Amérique du Sud,
12:48là où est présente cette souche,
12:50on a réussi assez facilement,
12:51finalement,
12:52à stopper la propagation.
12:53Donc, dans le cluster
12:54qui était concerné,
12:54c'est dramatique
12:55parce qu'on a des gens
12:55effectivement qui décèdent.
12:57Au niveau de la population du pays,
12:59de la population argentine notamment,
13:01il n'y a jamais eu
13:01de propagation très importante
13:02de cette souche.
13:03On ne peut pas avoir
13:03de patients asymptomatiques
13:05avec l'antavirus Andes ?
13:07Aujourd'hui,
13:08on n'est pas extrêmement au clair
13:10sur si un patient asymptomatique
13:12peut transmettre le virus ou pas.
13:16Il y a des études
13:17qui vont être faites.
13:17On pense que probablement très peu,
13:20mais on ne peut pas garantir
13:21à 100% qu'un patient asymptomatique
13:24ou avec des symptômes très légers
13:25puisse transmettre le virus.
13:26Autre question,
13:28quand on voit l'historique,
13:30donc avec la fameuse épidémie
13:32dont j'ai parlé de 2018,
13:34il y a un anniversaire,
13:36donc il y a quand même
13:36une contagiosité
13:37lors de cet anniversaire.
13:40Il y a des funérailles,
13:40il y a quand même
13:41une contagiosité.
13:42Après, il y a l'exemple du bateau
13:43où il y a une contagiosité.
13:45Ce n'était pas forcément des couples.
13:46Il y a eu aussi de...
13:47Donc, quand on nous dit
13:48rapport à rapprocher,
13:50très peu contagieux,
13:51on voit qu'une fête,
13:52ça suffit tout de même
13:53à transmettre le virus.
13:54En fait,
13:55quand on parle de rapports
13:57très rapprochés,
13:58il faut voir ce qu'on entend derrière.
14:00Comparé à ce qu'on avait
14:01pour le Covid,
14:02ça n'a rien à voir.
14:02Le Covid, je rappelle
14:03qu'une personne dans un gymnase,
14:05pendant deux heures,
14:06était capable de contaminer
14:07la totalité du gymnase.
14:08C'est ce qu'on a vu
14:08notamment dans un cluster
14:09dans l'Est des Etats-Unis.
14:10C'est ce qu'on a vu
14:11dans plein d'événements
14:12pendant le Covid.
14:14Ce qui se passe
14:15pour ce virus-là,
14:16c'est que oui,
14:16ça se transmet d'homme à homme,
14:17donc il faut être proche,
14:19probablement avec des grosses
14:20gouttes de salive,
14:20mais encore une fois,
14:23cette précision exacte
14:24de la contamination,
14:25on ne sait pas.
14:25Ce qu'on sait,
14:26c'est que c'est beaucoup
14:26moins contagieux
14:27et on sait aussi
14:28que les croisières
14:30sont des endroits
14:31où les virus se transmettent.
14:32Oui, on en a eu la preuve
14:33encore cette semaine.
14:34On en a eu, voilà.
14:35Donc c'est vraiment
14:36cette souche-là
14:37dans un bateau
14:38qui est une circonstance
14:39très particulière
14:40qui a créé,
14:41qui a créé effectivement
14:43ces contaminations.
14:44Mais la contamination populationnelle,
14:46ce n'est pas pour l'antavirus.
14:47Autre période,
14:48autre différence aussi,
14:49la période d'incubation.
14:51Absolument,
14:52là, on a une période
14:52d'incubation
14:53qui n'est pas particulièrement
14:54grande,
14:55à l'inverse du Covid
14:56où on avait à peu près
14:57deux semaines
14:57et puis c'était plutôt
14:59surtout une période
14:59d'une semaine
15:00pour la plupart des patients.
15:01Là, c'est une période
15:02d'incubation qui est plus grande
15:03malgré le fait
15:04que ce soit
15:04beaucoup moins contagieux.
15:06Donc on voit
15:06que ce sont deux virus
15:07qui effectivement
15:07sont complètement différents
15:09et le traitement
15:10qu'on fait des deux épidémies
15:11est radicalement différent.
15:12Justement,
15:12vous parlez de traitement,
15:14là, on n'a pas de traitement.
15:16Contrairement au Covid,
15:18on a eu en un an
15:19un vaccin,
15:20on a eu des traitements.
15:22Alors déjà,
15:22une maladie virale,
15:24c'est beaucoup plus difficile
15:25de faire des traitements
15:26que quand c'est une maladie
15:27bactérienne
15:27avec les antibiotiques
15:28comme on sait.
15:29Il n'y a pas de traitement
15:30pour l'antavirus.
15:31L'antavirus,
15:31c'est un virus
15:32qui est très rare.
15:33On ne peut pas dire
15:33que ce soit la priorité
15:34des développements
15:35jusqu'à aujourd'hui
15:36de l'arsenal thérapeutique
15:38quant au vaccin.
15:39Des antavirus,
15:40il y en a énormément
15:41sur tous les continents.
15:42Il y a très peu de cas.
15:43Mais même de façon générale,
15:45c'est-à-dire que l'antavirus,
15:46ça n'a pas été identifié
15:47jusqu'à aujourd'hui
15:48comme un problème
15:48de santé publique majeur.
15:49Il y avait quelques cas
15:50en Europe,
15:51quelques cas aux Etats-Unis,
15:52il y avait cette souche
15:53particulièrement sévère
15:54en Amérique du Sud.
15:55Mais comme c'est essentiellement
15:57des cas qui sont
15:58d'une transmission
15:58d'un rongeur à l'homme
16:00et qu'il y a très très peu
16:01de chaînes de contamination
16:02homme à homme
16:02en dehors de ce cas
16:03de circonstances exceptionnelles
16:05qui peuvent être dus aussi
16:07à quelqu'un
16:07qui est un peu
16:08un super spreader,
16:09c'est-à-dire qu'il va
16:09beaucoup plus transmettre
16:10aux autres.
16:11Du coup,
16:12bon ben voilà,
16:13ça n'a pas été priorisé
16:14dans les programmes
16:15de recherche et de développement.
16:16Vous êtes en train
16:16de nous dire
16:16qu'on ne va pas chercher
16:18de traitement
16:20parce qu'il y a peu de cas.
16:21Je vous ai dit que jusqu'à...
16:22Pourtant, on a entendu
16:23lors de la conférence de presse
16:24qu'on était en train
16:25de chercher des vaccins,
16:27qu'on était en train
16:27de chercher des anticorps.
16:29Jusqu'à cet événement
16:31qui s'est passé sur le bateau,
16:33ce que je dis,
16:33c'est qu'il n'y avait pas
16:35florilège de programmes
16:36de développement
16:36sur l'antavirus.
16:37Bon, là, on en parle.
16:38Tout le monde dit
16:39que ça va s'accélérer.
16:40Si l'épidémie prend fin,
16:41je ne suis pas persuadé non plus
16:42que ce sera la priorité
16:43des priorités.
16:44Autre question
16:45qu'on peut se poser,
16:47transmise par les rongeurs
16:49dans les villes,
16:50pas que dans les villes d'ailleurs,
16:52il y a beaucoup de rongeurs
16:52qu'on appelle des rats.
16:53Oui.
16:54Est-ce que les rats
16:56peuvent transmettre
16:58les antivirus ?
16:59Alors, il y a quelques cas
17:01en France
17:02de transmission,
17:03notamment sur les populations,
17:04les professions exposées
17:06comme les égoutiers,
17:07les gens qui sont
17:07responsables de la dermatisation.
17:09On a quelques cas,
17:10mais quelques dizaines
17:11de cas par an
17:12de gens, effectivement,
17:13qui attrapent un antivirus
17:14parce qu'ils sont
17:15en contact direct
17:16des rongeurs
17:17et notamment des rats.
17:18Alors, c'est une forme
17:19qui est une forme
17:21européenne,
17:21beaucoup moins sévère.
17:22Dans quelques rares cas,
17:24c'est très sévère.
17:25Mais si vous parlez
17:25à des réanimateurs parisiens,
17:26par exemple,
17:27ils ont vu dans leur carrière
17:28un ou deux cas
17:29d'antavirus
17:30qui avaient été attrapés
17:31directement par un rat.
17:33D'accord.
17:34Bien, je ne sais pas
17:34si c'est très rassurant.
17:36Après, tout le monde
17:37se demande, évidemment,
17:39est-ce qu'il va falloir
17:39que je change
17:41mon mode de vie ?
17:42Est-ce que je peux
17:43prendre un avion ?
17:44Est-ce que...
17:45Là, il y a quand même
17:48des vacances
17:48qui approchent,
17:50l'avion ?
17:51Est-ce que je vais
17:52mettre un masque ?
17:53Est-ce que je peux
17:53aller voir mes grands-parents ?
17:54Enfin, toutes les questions
17:55que les gens se posent.
17:56Non, mais aujourd'hui,
17:57l'antavirus n'est pas du tout
17:58disséminé dans aucune population.
18:00Ça reste essentiellement
18:02un virus qui se transmet
18:04d'un rongeur vers l'homme
18:05dans de très, très rares cas.
18:07Ce n'est pas ça
18:07qui doit nous empêcher
18:08de vivre une vie normale.
18:10On suit de très, très près
18:12les quelques chaînes
18:13de contamination
18:14de l'antavirus
18:15parce qu'on suit ça
18:16un peu comme un thriller.
18:18On n'est pas du tout
18:18dans une situation
18:19où ça va impacter
18:20nos habitudes de vie.
18:21Donc, évidemment,
18:22on vit normalement
18:23et on suit la situation
18:24parce que c'est effectivement
18:26particulièrement létal
18:28que c'est un nouveau virus
18:29et que c'est devenu
18:29un phénomène
18:30quasiment de société.
18:31Oui, mais vous comprenez bien
18:32que je mets la place des gens.
18:35On voit qu'il y a
18:36une conférence de presse organisée,
18:38qu'il y a des réunions
18:39deux fois par jour,
18:40qu'on est en train
18:41de mettre au point
18:43le stock de masques.
18:46Tout ça,
18:47ça ravive
18:48des souvenirs terribles.
18:50Tous les médecins,
18:51tous les pharmaciens
18:51ont reçu des lettres
18:52de la Direction Générale
18:53de la Santé
18:54leur disant
18:55voilà ce qu'il faut faire
18:56s'il y a un casque,
18:57s'il y a une contamination,
18:58vous appelez tout de suite
18:59le SAMU, etc.
19:01Donc comprenez
19:02que ça puisse être
19:03inquiétant pour les gens.
19:04Je pense qu'il faut séparer
19:06la réalité épidémiologique
19:08d'une très très forte probabilité
19:10de la réponse politique.
19:12Je pense que la réponse politique
19:13d'ailleurs
19:13elle est assez bien menée
19:14parce que les gens
19:14sont plutôt satisfaits
19:15de ce qui est fait.
19:16Mais après,
19:17quand vous regardez
19:17et qu'on parle entre nous,
19:19j'écoute tous les experts,
19:20on dit à peu près tous
19:21la même chose,
19:22ça reste un antivirus,
19:24une contamination essentiellement
19:26du rongeur vers l'homme,
19:27quelques contaminations
19:28dues à la situation
19:29de ce bateau d'homme à homme
19:30et des chaînes de contamination
19:32qui vont être contrôlées
19:33en France et dans les pays
19:34dont on parle tout le temps
19:35comme elles ont toujours été
19:36contrôlées en Amérique du Sud.
19:38C'est le scénario scientifique.
19:40Après, il y a le scénario
19:41de communication,
19:42le scénario politique,
19:42c'est autre chose.
19:43On reste dans le scénario scientifique.
19:44Il y a eu des cas contacts
19:46qui sont restés dans la nature.
19:48Après, ils ont été évidemment tracés,
19:51on les a hospitalisés.
19:53Mais ces cas contacts
19:54ont été avec des cas contacts aussi,
19:56ont eu des cas contacts aussi forcément.
19:58Donc, est-ce qu'on ne va pas avoir
19:59dans les semaines prochaines,
20:01dans les jours prochains,
20:02dans les semaines prochaines,
20:02d'autres cas ?
20:03C'est possible.
20:04C'est possible qu'on ait
20:05quelques cas qui émergent
20:06comme c'est le cas
20:07en Amérique du Sud
20:10de cas qui sont déclarés
20:11avec peut-être des gens
20:13qui seront malades
20:13et puis ce sera éteint
20:15très rapidement
20:15comme à chaque fois.
20:16Donc, en fait,
20:17c'est peut-être qu'il y a
20:17encore quelques petites flamèches
20:18autour de ce qui s'est passé là.
20:20Mais ça restera la gestion
20:22de la propagation très limitée
20:25d'un germe particulièrement dangereux
20:27mais qui n'a pas la capacité
20:29de se répandre
20:30à l'échelle populationnelle.
20:31Pour vous,
20:31dans combien de temps
20:32on n'entendra plus parler ?
20:34La question piège.
20:34Je prenez votre boule.
20:36La question piège.
20:37Non, je pense que,
20:38voilà, ça peut durer encore.
20:40On va en parler,
20:41je pense,
20:41pendant deux, trois semaines.
20:42C'est un débat
20:43que j'ai avec des proches.
20:45mais je pense que la nature
20:47de cette épidémie fait que...
20:48Vous dites pendant
20:49deux ou trois semaines ?
20:50Non, mais je pense
20:50qu'il y a un phénomène,
20:51voilà, le sujet est arrivé
20:52donc il va encore être développé.
20:54On va attendre de voir
20:55comment se comportent
20:56les cas contacts.
20:56On va voir s'il y a des symptômes
20:57qui se développent.
20:58Plus on avance dans le temps,
20:59moins c'est probable quand même.
21:01Il y aura peut-être
21:02quelques cas secondaires
21:03mais au-delà de ça,
21:04il ne risque pas
21:05de se passer grand-chose.
21:05Oui, après,
21:06la France,
21:07on le sait très bien,
21:08les virus traversent les frontières.
21:09Est-ce que tous les autres pays
21:12ailleurs vont aussi
21:13avoir les mêmes mesures que nous ?
21:15Oui, déjà,
21:16tous les pays sont soucieux
21:17de la situation.
21:18Ce n'est pas parce qu'il y a
21:19une micro différence
21:20entre les protocoles
21:21que ça va changer drastiquement.
21:22Donc c'est pareil,
21:23ça va être suivi
21:24dans les différents pays.
21:25Peut-être qu'il y a un cas
21:25qui va émerger quelque part
21:27mais à chaque fois,
21:27ça va être des petites chaînes
21:28de contamination
21:29avec une réponse appropriée.
21:31Je pense que s'il y a une,
21:32un risque assez faible
21:34qui est bien pris en charge,
21:35c'est bien celui-là en ce moment.
21:36Donc vous nous avez rassuré ?
21:38Oui, je suis tout à fait rassuré.
21:42Après, vous êtes avancé
21:43sur le temps.
21:43Vous avez dit
21:44dans deux ou trois semaines.
21:45Non, mais voilà,
21:46c'est comme ça
21:46que j'envisage les choses.
21:48Aussi bien sur le traitement médiatique
21:49que sur la gestion
21:50de ce cas aigu
21:52qui a eu lieu.
21:53Tout ceci est enregistré,
21:54ne vous inquiétez pas.
21:55Oui, j'ai l'habitude.
21:56Merci beaucoup
21:57d'être venu nous apporter
21:59votre expertise.
22:00Merci beaucoup,
22:01docteur Blachier.