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Retrouvez le replay de la chronique Pourquoi ? de l'Équipe de Greg du 14/05/2026.
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00:19C'est le drame d'un footballeur, le rêve d'enfant malheureusement qui ne se réalisera jamais.
00:28Alors l'histoire du football, une très belle infographie, regorge l'exemple de très grands joueurs qui n'ont jamais
00:33disputé la Coupe du Monde.
00:35Exactement, ils ont tout gagné en club, parfois à titre individuel aussi, mais rien avec la sélection, souvent parce qu
00:40'ils viennent de pays mineurs, parfois parce qu'ils n'ont pas eu trop de chance aussi, ça existe.
00:44On a fait un top 5 avec Victor Coudreau et Pierre Crépu, on commence avec Abédie Pelé, le Ghana jamais
00:49qualifié, du temps où il jouait.
00:51Numéro 4, Ryan Giggs, même chose pour lui, trop seul au Pays de Galles pour espérer quoi que ce soit.
00:56En troisième position, on a choisi George Best, nord-irlandais, encore un pays mineur, on va dire.
01:01Il n'a joué qu'un amical avec la Grande-Bretagne dans sa carrière.
01:04Le deuxième, c'est Mister George, George Weah, Ballon d'Or 95, le Liberia évidemment, un tout petit pays d
01:09'Afrique.
01:10Et le numéro 1, on a choisi la légende, Alfredo Di Stefano.
01:13Alors lui, il a joué avec l'Argentinien, avec l'Espagne, mais il était blessé lors de la Coupe du
01:17Monde 62, donc il n'a pas joué avec l'Espagne.
01:19Voilà, toutes ces stars ont déjà évoqué évidemment leur regret de ne jamais avoir disputé de Coupe du Monde.
01:24En France, on peut citer Samir Nasri qui a raté le Mondial en 2010 et en 2014, un crève-cœur.
01:29Il le disait en 2015 dans une interview avec Sébastien Tarrago.
01:34Rater de Coupe du Monde, c'est la plus grande déception de ma carrière.
01:40C'est quelque chose dont je rêvais depuis que j'étais gosse, vouloir jouer une Coupe du Monde et deux
01:46fois rester à la porte
01:48avec des prétextes que je pourrais être néfaste à l'esprit de groupe.
01:55C'est ça qui me fait le plus marrant.
01:58Alors Nasri figure dans le 11 des Français qui n'ont pas eu la chance, encore une fois, de connaître
02:02le plus grand événement de foot planétaire.
02:04Alors ce 11, on l'a constitué nous-mêmes et il a de la gueule, comme souvent.
02:08Alors, chaque cas est différent, on pourrait en parler longtemps, mais on a vraiment une belle équipe.
02:12À droite, on a mis Atem Ben Arfa.
02:14Là encore, Sébastien Tarrago l'avait rencontré pour la chaîne L'Équipe.
02:16C'était pendant sa carrière et il espérait encore connaître ce grand frisson.
02:20Oui, j'ai besoin de pouvoir contribuer à quelque chose pour mon pays.
02:26J'ai besoin de... C'est un accomplissement aussi, ça.
02:30Ça fera partie d'un accomplissement.
02:32Alors, quand on pense aux joueurs écarter des listes, on pense forcément à ce psychodrame de France 98.
02:38Et oui, rappelez-vous, on est juste avant la Coupe du Monde.
02:41André Mejaquet annonce une liste de 28, donc 6 joueurs de trop par rapport à la liste de 22 définitive
02:46qu'il doit fournir.
02:47Ce sera vraiment le feuilleton de toute la préparation.
02:49Et le 22 mai, à seulement 3 semaines du premier match face à l'Afrique du Sud,
02:53eh bien, il réunit les 6 malheureux dans une chambre de Clairefontaine vers 21h30.
02:58Lionel Letizzi, Martin Jetou, Sabri Lamouchi, Pierre L'Aigle, Ibrahimba et Nicolas Anenka
03:04apprennent qu'ils ne disputeront pas la Coupe du Monde.
03:06Le coup est dur, très dur.
03:08Alors, Letizzi a raconté ça dans le podcast La Voix des gardiens d'Alexandre Plumet.
03:12Bonsoir.
03:14On est convoqués dans la chambre du coach chez Mejaquet.
03:17Et puis là, on est les 6.
03:19Et avec tout le staff, on a compris.
03:22Et quand je suis rentré dans la chambre, j'ai vu que c'était le moment.
03:26Il y avait le devoir qui correspondait, il y avait le staff.
03:29Après, ça s'est plus ou moins bien passé.
03:31Ça a été un petit peu houleux.
03:34Moi, j'étais jeune, donc moi, je n'ai rien dit.
03:36J'ai écouté.
03:38Et puis, ils nous avaient donné le choix de dormir encore à l'hôtel, enfin au château,
03:44ou de partir de suite.
03:46Et puis, il y en a certains qui voulaient partir de suite.
03:48Donc, finalement, on est tous partis de suite.
03:51Effectivement, ils sont tous partis sur le champ.
03:54Un autre témoignage par rapport à cette soirée-là, ça vient des archives de l'équipe.
03:57On remercie la documentation.
03:58C'est Sabri Lamouchi en 2000.
04:00J'ai été touché au plus profond de moi-même.
04:03Et c'est vrai que quand on aspire à toucher au niveau et qu'on travaille tous les jours pour
04:09y arriver,
04:11que ça...
04:12Conscient d'une chose, c'est que j'ai la chance de faire de ma passion mon métier.
04:19Et à un moment donné, la train est partie sans moi.
04:23Et moi, ils m'ont laissé sur le quai.
04:25J'essaie de dire ça comme ça.
04:26Et oui, rendez-vous compte, évidemment, du traumatisme pour eux de rater une Coupe du Monde.
04:30Qui plus est en France ?
04:31On a retrouvé des extraits de l'équipe de l'époque.
04:34Et en fait, la gestion de cette situation par Aimé Jacquet avait été très, très critiquée.
04:38Mouss Mazouz, l'agent d'Anelka, déclare dans l'édition du lendemain
04:41« Je suis allé chercher Nicolas Anelka et Ibrahim Ba,
04:44qui ont été déposés comme deux clochards au portail de Clairefontaine. »
04:47Et deux jours plus tard, Vincent Duluc écrit
04:49« Il était difficile de faire pire. »
04:51Aimé Jacquet l'a fait.
04:52L'affaire des 28 était boiteuse dès le départ.
04:54Celle des 22 entrera dans l'histoire.
04:56Alors justement, Vincent, on a parlé avec lui aujourd'hui.
04:5940 ans de carrière, autant à suivre les Bleus.
05:02Et il n'avait jamais vu ça.
05:04Je pense que la nuit de 98 et la fuite des 6 exclus de Clairefontaine,
05:08c'est sûrement le truc le plus violent qu'on ait vu dans l'histoire des listes
05:12et des phases finales, que ce soit la Coupe du Monde ou l'Euro.
05:15Je pense qu'aucun des 6 exclus de la nuit de Clairefontaine ne s'en est réellement remis.
05:21Le seul qui s'en est remis, c'était le plus jeune, c'était Nicolas Anelka.
05:24Mais pour les autres, ça a été d'une violence extrême.
05:27D'abord parce qu'ils n'ont plus jamais eu la chance de disputer une Coupe du Monde.
05:30D'abord parce que disputer une Coupe du Monde en France, c'était la chance d'une vie.
05:34Et pour en avoir parfois longuement parlé avec eux,
05:37au fil d'entretiens formels ou informels,
05:40c'est un déchirement qu'ils n'oublieront jamais.
05:42Et une cicatrice qui ne guérira jamais.
05:46Alors je suppose que ça n'a jamais été refait derrière.
05:49Il y a quand même eu l'épisode de l'hélicoptère à Tignes.
05:52C'était sous Raymond Domenech, 7 joueurs dont Mathieu Flaminique, vous voyez ici,
05:56qui s'en vont pendant la préparation et qui quittent le rassemblement en hélicoptère.
06:00Ce qui ajoute un peu, on va dire, à la dramaturgie de la scène.
06:03Alors ça, c'était avant l'Euro 2008.
06:05Mais là où l'épisode 98 a vraiment marqué les esprits,
06:08c'est pour les compétitions qui ont suivi juste après, en 2000 et en 2002,
06:11les explications de Vincent Duluc.
06:14Roger Lemaire, qui était l'adjoint des Méjaquais en 98,
06:17avait tellement été marqué par la cruauté de cet épisode
06:19qu'il avait décidé, lui devenu sélectionneur,
06:22d'ajouter les joueurs au fur et à mesure de la fin de saison
06:25plutôt que de prendre des réservistes qui en seraient exclus.
06:28Et c'est comme ça qu'en 2000, il avait d'abord publié une liste de 12 ou 13 joueurs,
06:32puis ensuite seulement sa liste des 23.
06:34Et qu'en 2002, pour la Coupe du Monde,
06:36il avait encore plus morcelé l'annonce de sa liste
06:40avec 10 joueurs par-ci, puis 3, puis 4, puis 5.
06:43Et voilà, c'était sa manière à lui d'être sans doute un peu plus humain,
06:49mais pour autant de pas n'être beaucoup mieux compris.
06:52Et puis pour les joueurs, il y a l'impact à court terme
06:54et à long terme aussi qui peut être énorme.
06:56Il faut réussir à se remettre, évidemment, mentalement.
06:59Ceux qui l'ont traversé parlent de tristesse, de colère, d'injustice, évidemment.
07:03Et puis sportivement, l'impact aussi est énorme.
07:05On a pris les 6 recalés de 98, leur carrière en bleu derrière.
07:09Eh bien, c'est pas terrible.
07:10Letizy, Jetou, Lamouchi ont très peu joué.
07:12Le seul qui a duré, c'est Anelka.
07:14En même temps, il n'avait que 19 ans en 98.
07:17Et Pierre Lègle et Ibrahimba, par exemple,
07:18eh bien, ils n'ont plus jamais été appelés.
07:20Pour en revenir à Letizy, il confiait dans la voix des gardiens
07:22qu'il avait été en difficulté lors de la saison qui a suivi la Coupe du Monde.
07:26C'est après que j'ai eu un contre-coup.
07:28C'est septembre, octobre de la saison d'après, où j'ai un petit contre-coup.
07:33C'était contre-coup, quoi, de repenser à une déception de l'été.
07:37Un peu tout.
07:39De se rendre compte qu'on n'est pas champion du monde avec tout ce que ça comporte.
07:43On rentre un peu dans le rang, en fait.
07:44Moi, j'avais vécu deux ans à Metz.
07:46Enfin, quatrième, deuxième, l'équipe de France.
07:49Elle est touchée presque à une participation à la Coupe du Monde.
07:53Et puis là, on se retrouve à jouer septième, huitième place.
07:56Voilà, on a eu un peu de...
07:58On retombe un petit peu, quoi.
08:00Un joli témoignage de l'ancien gardien Lionel Letizy.
08:03Pour vous donner un exemple aussi, on a essayé de les contacter.
08:05Tous les joueurs, par exemple, de 98 aujourd'hui,
08:07il y en a un notamment qui nous a répondu
08:08« Non, je ne peux pas vous parler.
08:10Je suis passé à autre chose, tout simplement, forcément. »
08:12La cicatrice, elle est toujours là.
08:13Et ça peut même être encore pire quand son pays gagne la Coupe du Monde.
08:17Merci beaucoup, Romain.
08:18Bien sûr.
08:20Ça me fait penser...
08:21Votre dernière phrase, vous dites « Ça peut même être encore pire
08:23quand son pays gagne la Coupe du Monde. »
08:24Jeanneau, vous en avez suivi, des Coupes du Monde et des Bleus, évidemment.
08:27Kossi Elni, il a extrêmement mal vécu sa blessure.
08:32Oui, c'était la blessure.
08:32Mais bien sûr, mais il ne la joue pas en 2018.
08:35Et il se dit « Je suis champion du monde. »
08:37Et en fait, il a dit « Je ne dis pas qu'il était pour la Croatie. »
08:40Mais en fait, c'était invivable.
08:43J'étais avec lui il y a 48 heures pour en parler, justement, pour RTL.
08:47Et c'est vrai que c'est resté encore bien ancré dans son esprit.
08:52Parce que, bien évidemment, quand il déclare en plus à l'époque à Canal, en octobre,
08:56qu'il annonce sa fin de carrière internationale et qu'il dit « Oui, dans ma tête,
09:01j'avais envie qu'il perde, quelque part. »
09:03Mais c'est fort ce qu'il dit là.
09:05Mais c'est égoïste.
09:06Mais c'est compréhensible aussi par rapport notamment à l'attitude qu'il avait eue précédemment
09:11sur ce fameux match.
09:12Souvenez-vous du match Allé en Ukraine, où il y a la défaite 2-0, où il a ce geste
09:17stupide
09:18par rapport à l'agression que subit Debussy.
09:20Il prend un rouge.
09:20Il n'est pas là au retour.
09:21Dans l'avion du retour, il s'excuse auprès de ses partenaires de ne pas être là
09:25et de ne pas pouvoir jouer et disputer ce match-là, que finalement, l'équipe va renverser
09:30en s'imposant 3-0 avec le doublé de Mamadou Sako.
09:34Donc voilà, il y a des choses qui font qu'à un moment donné, c'était peut-être écrit
09:37que Koscielny n'irait pas à cette Coupe du Monde.
09:40Et souvenez-vous aussi, l'Euro 2016, quand Rami, qui n'est pas dans les réservistes,
09:46est appelé dans un premier temps puisqu'il ne prend pas Varane.
09:48Et derrière, il y a la blessure de Mathieu.
09:51Et là, réapparaît Oumtiti, alors que lui faisait partie des réservistes.
09:55C'est l'histoire des choix de sélectionneurs.
09:58Et ce qui se passe là aujourd'hui avec l'histoire de Kamavinga, Yé, Yépa, 25-26,
10:02je pense qu'il y a un petit jeu de chat et la souris entre le sélectionneur,
10:06le staff et certains de nos confrères, certains journalistes.
10:09Parce que c'est comme ça aussi que tu peux garder un tout petit peu de suspense
10:13jusqu'à l'annonce de ta liste.
10:14Un mot là, on sort un tout petit peu du pourquoi, parce qu'on a encore d'autres nouvelles infos.
10:18On va suivre ça, ça va être notre feuilleton toute la soirée.
10:20Raphaël, on fait un point liste avec vous.
10:22Exactement, un point.
10:23On va prendre des précautions avec les incertitudes.
10:26On vous a beaucoup parlé tout à l'heure de Risser et Ema Teta qui devraient être dans la liste.
10:30Risser au poste de troisième gardien.
10:32Ema Teta comme neuvième attaquant.
10:35Le doute subsiste désormais quant à la présence au milieu de terrain d'Edouardo Camavinga
10:42car il y aurait eu une ultime réunion avec Didier Deschamps et le staff de l'équipe de France
10:46et il y aurait un ultime changement, alors au détriment de qui ?
10:49Avec la présence d'un neuvième défenseur qui est Maxence Lacroix
10:53qui avait donné satisfaction au staff de l'équipe de France au mois de mars
10:55lors des matchs face au Brésil et face à la Colombie.
10:59Donc Maxence Lacroix, a priori, serait dans la liste.
11:02On va y aller tranquille, évidemment.
11:05Mais la réalité, c'est qu'à ce moment-là, ce que je disais tout à l'heure sur Lucas
11:08Hernandez
11:08qui pourrait jouer à gauche et Lacroix qui pourrait doubler en défense centrale
11:11referait sens aussi de cette façon-là, en triplant les postes différemment.
11:15Olivier, vous avez joué une Coupe du Monde en 78.
11:19C'est toujours un moment à part.
11:21Est-ce que de toute votre carrière, disputer cette Coupe du Monde,
11:25avant que la France ne soit plus forte, finalement, quelques années après 82-86,
11:30ça reste aujourd'hui votre plus grand souvenir de footballeur ?
11:33Oui, totalement.
11:37Même si j'ai disputé les Jeux Olympiques à Montréal en 76,
11:41qui est aussi un moment, je peux vous dire, assez exceptionnel,
11:44mais la Coupe du Monde, c'est la Coupe du Monde.
11:46C'est un truc de dingue.
11:46Et pour revenir à la tristesse des joueurs qui ne le sont pas pris,
11:51moi, par exemple, le match de Calife contre la Bulgarie,
11:55je suis sélectionné et je me blesse.
11:57Je me blesse, donc je ne suis pas pris.
11:59Et bien là, j'ai ressenti certainement une tristesse aussi forte que...
12:03Parce que je me suis dit...
12:05Je ne savais pas si j'y allais, mais je me suis dit,
12:07oh merde, qu'est-ce qui t'arrive ?
12:08Bon, heureusement, c'était sans gravité.
12:10J'étais quand même dans le match, j'étais au Parc des Princes pour la Calife,
12:13donc c'était important.
12:14Mais non, mais la Coupe du Monde, ça reste la Coupe du Monde.
12:18On ne peut pas s'imaginer ce qu'on ressent, ce qu'on vit.
12:22Alors nous, ça n'a pas duré longtemps, on n'a fait qu'un tour, mais quand même.
12:25Avec des beaux maillots verts pour l'histoire.
12:26Oui, oui, mais ce n'est pas le problème.
12:27C'est que tu te retrouves à jouer contre l'Argentine.
12:31Franchement, tu rentres, tu montes l'escalier et tu tournes la tête
12:35et tout d'un coup, tu vois ces millions de petits papiers qui tombent du ciel.
12:39Mais je ne te mens pas.
12:41Je vous en parle, j'ai automatiquement la chair de poule.
12:43Mais c'est un truc de dingue.
12:45Tu joues l'Argentine.
12:46Le pays organisateur, bon certes, on s'est fait avoir par l'armée de Suisse,
12:50mais quand même, mais quand même.
12:52Je veux dire, c'est des moments...
12:53Oui, c'est l'époque où, pour les plus jeunes, c'est l'époque où on se faisait arnaquer.
12:56Mais oui, c'était extraordinaire.
12:59Regarde, nous, on avait, alors la malchance ou la chance, je ne sais pas,
13:03mais on partageait l'hôtel avec l'équipe d'Italie.
13:07Et on jouait le premier match de la Coupe du Monde contre l'Italie.
13:11Un truc de dingue.
13:12Un truc de dingue.
13:13Après, on a bien appris des erreurs, on a refait en 2002.
13:15Oui, mais ça, c'était l'organisation de l'époque.
13:18Oui, mais bien sûr, c'était une autre chose.
13:19Et tu voyais les Italiens s'entraîner, puis nous, on arrivait derrière.
13:23Donc, tu vois, tu vis des moments extraordinaires.
13:25Et c'est la Coupe du Monde.
13:27Tu sais, le trophée jury, mais on le regarde, on le regarde, on le regarde.
13:32Je te jure.
13:32C'est un truc, tu te dis, surtout nous, ça faisait 20 ans qu'on n'avait pas mis les
13:36pieds là-dedans.
13:36Bien sûr, on est arrivé dans une zone, mais ça n'existait pas.
13:38Mais il faut le rappeler.
13:40Je te jure.
13:40Il y a des joueurs comme ça ?
13:42Est-ce que, par exemple, l'histoire des 6 de Clairefontaine, c'est quelque chose qui vous a marqué ?
13:45Vous étiez peut-être trop jeune, je ne sais même pas, en fait, comment vous pouvez vous dire.
13:48Ah non, non, je n'étais pas trop jeune.
13:49Moi, je me rappelle très bien, Ibouba, il était à Bordeaux, donc pour moi, il était parti pour être un
13:53joueur générationnel.
13:53Ce qui, finalement, n'a pas été le cas, malgré son talent.
13:56Il y a un joueur comme ça auquel vous pensez ?
13:58Moi, quand j'ai vu la liste tout à l'heure, Cantona, par exemple, il y a des joueurs comme
14:01ça.
14:02Pas forcément la liste des 6, mais je veux dire des immenses joueurs qu'on a connus, que nos parents,
14:06pour le coup, moi, c'était mon papa.
14:07Non, non, Cantona, ce n'est pas mon papa, c'est moi.
14:09Voilà, moi, il était amoureux de Ginola et, je pense, de Cantona en tant que joueur.
14:13J'en ai toujours entendu parler, j'étais bercée par ces joueurs-là.
14:16Et pourtant, c'est des joueurs, voilà, j'ai toujours su qu'ils n'avaient pas disputé de Coupe du
14:19Monde.
14:19Je pense que pour beaucoup de générations, en tout cas, moi, j'en fais partie, la Coupe du Monde, c
14:23'est une des portes d'entrée par lesquelles on accroche au football.
14:26C'est le barbecue dans le jardin, l'été, on est tous ensemble, les copains, les voisins, on regarde.
14:30Et je pense que c'est aussi le dénominateur commun de beaucoup de joueurs et de joueuses qui se sont
14:35plongées à ce moment-là,
14:36qui ont plongé leurs yeux sur les rectangles verts.
14:38Et c'est là où je partage un peu la tristesse, parce que ce que décrit Olivier, l'esprit un
14:42peu village olympique, évidemment, à la Coupe du Monde,
14:43je pense que tous les joueurs en rêvent de ça.
14:46De par la rareté, évidemment, c'est tous les quatre ans. De par l'universalité, c'est la grande fête
14:50mondiale.
14:51Et par exemple, aujourd'hui, ce n'est pas encore acté, mais je pense évidemment à Lucas Chevalier, moi.
14:55Parce que je me dis, il vit une saison qui est cauchemar, c'est une descente aux enfers.
14:59Et je ne sais pas si, de par la rareté de cet événement, il aura l'occasion un jour d
15:02'en redisputer une nouvelle.
15:03Je trouve ça tellement dur, en fait.
15:04Johan, rapidement, je suis désolé, parce qu'après on va être dans le live.
15:07Il y a un joueur comme ça aussi, pour qui vous avez une pensée particulière ?
15:11Ou finalement, maintenant, vu la place que prend la Ligue des champions, ce n'est plus la même chose ?
15:14Oui, mais surtout maintenant, c'est qu'il y a l'évolution.
15:16Il y a de plus en plus de pays, par exemple, Curaçao, c'est ça qui est beau.
15:20Là, on va avoir des pays plus petits qui vont avoir le bonheur de vivre ça.
15:23Et c'est ça aussi l'avantage de cette Coupe du Monde, disons, plus grande.
15:26C'est que des pays qui n'avaient pas l'habitude vont avoir ce bonheur.
15:28Et je pense aussi, tu dis les joueurs qui ratent la Coupe du Monde, c'est un drame.
15:31Mais pour eux-mêmes, nous, les passionnés, t'imagines les Italiens, les jeunes Italiens,
15:343 Coupes du Monde dans la maison.
15:34Et moi, je me souviens, je suis en 78, le souvenir de ma vie, le plus beau de foot, c
15:38'est 86, j'ai 8 ans, une Coupe du Monde extraordinaire.
15:40Mais après, t'imagines, j'ai 12 ans, pas de Coupe du Monde en 90 pour les Bleus.
15:43J'ai 14 ans, pas de Coupe du Monde en 94.
15:45Donc, nous aussi, on souffrait moins en tout cas.
15:47En 90, ce n'est pas la même Coupe du Monde sans les Bleus.
15:49Tes gamins, t'imagines, il n'y avait pas de Bleus.
15:52Donc, c'est aussi terrible, pas seulement pour les joueurs, mais pour les passionnés.
15:55Ah ben, ça, c'est bien.
15:56Vraiment, vous avez raison, parce que moi, mes seules larmes de foot, c'était après la Bulgarie.
16:00Exactement.
16:01Merci beaucoup, Romain Aram.
16:03Dans un instant, comment Marcola reste finalement un remplaçant ?
16:07Et puis, on va traquer cette liste, essayer de tout vous dévoiler.
16:11Bougez pas.
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