00:00Merci d'être là. On va parler de l'antavirus, bien sûr.
00:03A priori, beaucoup de questions à vous poser, bien sûr.
00:06A priori, le virus n'a pas muté.
00:08C'est le même que celui qui avait été constaté en Argentine en 2018.
00:16Qu'est-ce que vous pouvez nous dire sur ce point-là ?
00:19Alors, on a effectivement des données suisses déjà,
00:21et depuis hier, les données de l'Institut Pasteur,
00:23qui nous confirment qu'on a le même profil de virus
00:26que celui qui s'est vit connu depuis une trentaine d'années en Argentine.
00:29Donc, pas de raison de penser que tout d'un coup,
00:32ces modes de transmission ou son agressivité soient différentes.
00:35On peut se baser sur les notions que l'on a, clairement,
00:38par l'épidémiologie argentine et chilienne.
00:41Donc, ça veut dire que c'est moins inquiétant, un virus qui ne mute pas ?
00:46C'est moins inquiétant.
00:47C'est un virus dont on n'a pas connu, d'ailleurs, de mutation importante
00:50depuis le début où on l'a découvert.
00:52On sait très clairement ce qu'il donne.
00:54Malheureusement, des pathologies très graves chez certaines personnes.
00:56On sait aussi que sa transmission est très limitée,
00:59même si c'est le seul antivirus qui se transmet de personne à personne.
01:03De personne à personne.
01:04S'il n'a effectivement pas muté et qu'en France,
01:06toutes les personnes cas contact, comme c'est a priori le cas,
01:0922 personnes cas contact, ont été un identifiées et deux hospitalisées,
01:14ça veut dire que là, on réduit au maximum le risque de diffusion du virus.
01:21Je pense qu'on peut dire qu'en France, qui est le pays des lumières,
01:23il faut raison garder et qu'effectivement, objectivement,
01:27tous les cas connus ou potentiels sont pour l'instant bien surveillés,
01:30que les cas contact le sont aussi.
01:32On n'a pour l'instant aucun cas contact à distance qui est devenu positif.
01:37Ce sont toutes les personnes qui étaient sur le bateau.
01:38Et donc, logiquement, on a isolé le foyer.
01:41Il n'y a pas de raison qu'il y ait d'autres cas dans la population.
01:44– Ça fait du bien de réentendre la France pays des lumières,
01:48c'est doux à l'oreille.
01:50Depuis Nairobi, Emmanuel Macron a estimé que la situation était sous contrôle en France.
01:56C'est votre point de vue également, quand vous regardez ce qui se passe chez nous ?
02:01– Oui, tout à fait.
02:02Je pense que maintenant que tous les cas sont bien définis,
02:05que tous les contacts sont bien définis,
02:06il faut une surveillance raisonnée de ces personnes,
02:09que ce soit en hôpital ou, comme dit l'OMS, éventuellement à domicile,
02:13si ça peut se faire de manière extrêmement stricte.
02:15Et il faut attendre maintenant l'été,
02:17puisqu'on sait que c'est vers le 21 juin qu'on terminera la période de surveillance,
02:21cette fameuse quarantaine de six semaines.
02:23– Qu'est-ce que vous pouvez nous dire sur la française,
02:26donc croisiériste, gravement touchée, elle a des comorbidités.
02:31Quels sont ses probables symptômes dans son état ?
02:34On l'a dit, dans un état grave.
02:36– Alors, la maladie au départ est effectivement bénigne chez tout le monde.
02:40Et puis, malheureusement, chez certaines personnes,
02:42et on ne sait pas pourquoi ces personnes-là, justement,
02:45elles tournent vers un problème de brèche au niveau des capillaires sanguins du poumon.
02:50Et les capillaires sanguins, comme vous le savez,
02:52comme tous les vaisseaux, sont faits de cellules côte à côte,
02:54de manière à ce que le tuyau soit étanche.
02:56Et malheureusement, sous l'effet du virus,
02:58ces tuyaux ne sont plus étanches.
03:00Le sérum, le plasma plutôt, qui se trouve dans le sang,
03:03passe à travers les poumons, et les poumons sont noyés.
03:05On est vraiment dans une sorte de dame pulmonaire.
03:08Les personnes ne savent plus respirer.
03:09Le cœur pompe, et éventuellement, le cœur peut lâcher
03:12si la personne est déjà âgée ou a déjà des problèmes.
03:15Et donc, on doit, comme c'est le cas, si j'ai bien compris,
03:17pour la patiente française,
03:19la mettre sous ventilation et cœur artificiel,
03:21ce qu'on appelle un ECMO,
03:22qui remplace le cœur et les poumons
03:24pendant le temps où les choses vont se rétablir.
03:27– Voilà, on l'a mis sous ventilation artificielle,
03:29sous poumon artificiel.
03:30On l'a mis un poumon, le temps que c'est poumon, effectivement.
03:33C'est exactement ce qu'a expliqué hier l'infectiologue
03:35lors de la conférence de presse.
03:38On l'a mis sous poumon artificiel.
03:40Ce qui me frappe également avec l'antavirus,
03:42c'est que le taux de létalité, elle-même,
03:44pour les personnes de 20 ans comme de 80 ans,
03:47qu'est-ce que ça dit de ce virus ?
03:49– Ce sont des propriétés intrinsèques qui font que
03:52on n'est ou on n'est pas sensible à ce type de pathologie.
03:55Et personne ne connaît pour l'instant
03:56quelles sont les modulations immunologiques
03:58qui font que certains le sont.
04:00Bien sûr, si déjà d'emblée,
04:01on a des problèmes pulmonaires ou cardiaques,
04:03ça ne va pas faciliter les choses.
04:05Mais tout le monde peut être sensible.
04:06On a eu d'ailleurs ce genre de pathologie-là,
04:08un peu à l'époque du Covid aussi,
04:10où certaines personnes jeunes faisaient des Covid fulminants
04:13parce qu'elles étaient avec une proportion immunologique,
04:16génétique, je vais dire, à faire ce type de pathologie.
04:19– Docteur, est-ce qu'avec le recul,
04:22même si ça a un impact psychologique
04:24pour les personnes concernées, les croisiéristes,
04:26en l'occurrence,
04:27est-ce qu'il n'aurait pas fallu les maintenir sur le bateau ?
04:31– Alors, en dehors de l'impact psychologique que vous soulignez bien,
04:34il y a l'autre problème,
04:36c'est qu'effectivement, lorsque les gens vont mal,
04:38et on ne sait pas si une, deux, trois, cinq, dix personnes,
04:41des passagers vont aller mal,
04:43on a besoin très rapidement, dans les 24-36 heures,
04:46de les mettre avec un poumon artificiel.
04:48Et ça, c'est quelque chose qu'on n'a pas vraiment sous la main directement.
04:51On peut effectivement rêver ou fantasmer d'un beau bateau hôpital
04:54qui se met à côté d'eux avec des moyens extrêmement lourds.
04:57Ce n'est quand même pas facile à faire.
04:59Je pense que la meilleure solution
05:01restait de les traiter dans leur pays,
05:03proches, comme en France, comme en Belgique,
05:05comme en Hollande, par exemple,
05:06proches de soins de santé et de qualité.
05:07Merci.
05:08Merci.
05:09Merci.
05:09Merci.
05:10Sous-titrage FR ?
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