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00:04ça reste quand même ça reste quand même quelque chose de de crucial dans ma vie et finalement
00:12quand j'évoque le temps et de me dire que ça fait presque presque 50 ans j'ai vraiment du
00:18mal à y croire tellement tout ça est très très présent à mon esprit et est très très vivant
00:25ça reste quand même quelque chose d'assez inimaginable pour moi parce que quand je l'évoque
00:30comme en plus il ya les films ça m'est arrivé de voir des morceaux de films comme ça à
00:33la
00:33télévision et notamment les l'homme de rio quand c'est repassé c'est ça devient assez assez irréel
00:41oui tellement c'est vivant tellement puis la voix la voix de quelqu'un c'est quelque chose moi j
00:45'ai
00:45la chance de pouvoir entendre sa voix et la reconnaître quand on perd quelqu'un c'est vrai que malheureusement
00:50c'est la chose qui s'estompe et on a du mal à continuer à à sentir à entendre la
00:55voix de
00:56quelqu'un et c'est vraiment quelque chose qui manque beaucoup ça dans quand quelqu'un a disparu
01:01elle est littéraire pour moi c'est un personnage de roman c'est un personnage totalement issu d'un
01:08roman de Fitzgerald elle est Fitzgeraldienne elle est tendre et elle est nocturne elle a déjà et l'allure
01:18et la mentalité et la personnalité d'une d'une femme des années 70 c'est ce qu'on appelle
01:25véritablement une silhouette d'avant-garde un ovni pop françoise d'orléac est née le 21 mars 1942 la
01:35famille d'orléac avait quatre filles françoise était la seconde catherine la troisième 18 mois
01:40les séparés fille de maurice d'orléac comédien qui joua en 40 ans 200 pièces 12 films et de rené
01:47simono comédienne elle aussi qui fut pensionnaire à l'odéon françoise ne tarda pas à épouser leur
01:51vocation d'abord elle voulait être religieuse et puis deux trois ans après elle a décidé qu'elle
01:56voulait faire du théâtre et puis elle faisait de la danse aussi elle adorait la danse mais moi elle se
02:01destinait pas vraiment être dans ce sein il n'y a pas vraiment pensé je pense que le fait d
02:06'avoir
02:06été si jeune comme ça proche évidemment de l'activité de mon père qui était évidemment très
02:12prenante le doublage c'est vraiment quelque chose de c'était quelque chose de très important dans sa
02:16vie on l'a déjà accompagné on allait le voir pour nous c'était c'était au studio de la
02:20paramount c'était
02:21très loin en dehors de paris donc il y avait quelque chose voyez c'était par rapport à notre univers
02:24quotidien de l'école et tout ça c'était donc c'est vrai qu'elle est là vraiment beaucoup beaucoup
02:29plus baigné dedans mais je crois vraiment que le théâtre c'était quand même très vite c'est quand
02:33même sa vocation et françoise je l'ai connu quand j'étais au théâtre je jouais une pièce qui avait
02:38eu
02:39beaucoup de succès qui s'appelait l'année du bac alors là les années 60 ans et puis je suis
02:48rentré au
02:48conservatoire et françoise la deuxième année ma deuxième année elle est rentrée au conservatoire
02:54bon plus grand charme plus pétillante plus vive plus drôle je connais pas et avec un charme fou et
03:05qui avait le chic pour au conservatoire elle était dans la classe de le doux moi j'étais à la
03:09classe de
03:10yonel donc un tragédien je m'efforçais de prendre la voix grave pour paraître tragédien et elle elle
03:17arrivait toujours en retard mais elle arrivait toujours en retard je sais pas pourquoi elle
03:22faisait pas exprès mais l'arrivée en retard et toujours elle fracassait la porte oh elle criait
03:27oh pardon oh pardon je suis encore en retard je suis désolé et toute la classe se tournait vers
03:33elle et c'était l'ingénue et l'innocence et l'ingénue jouée aussi qui était formidable élève au
03:43conservatoire interprétant gigi au théâtre elle joue une sauve à jeune dans les loups dans la
03:46bergerie suivent ce soir ou jamais de michelle deville les portes claques premier film avec sa
03:53soeur catherine la production avait parlé comme ça devant elle il savait qu'elle a su qu'ils cherchaient
04:01une jeune fille pour jouer le rôle de sa soeur dans le film c'est comme ça qu'elle m
04:05'en a parlé et que j'ai
04:06fait des essais et que et que j'ai été sa soeur dans les portes claques oui en tous les
04:12cas j'ai
04:13commencé grâce à elle c'est certain parce que moi j'avais pas tellement envie d'être actrice
04:16je ne sais pas du tout du tout une chose que qui m'attirait j'avais pas pensé particulièrement donc
04:22c'était vraiment le vraiment le hasard donc d'une certaine façon oui parce que même après j'étais
04:27pas sûr de de vouloir continuer à être actrice si j'avais pas rencontré jacques demi je ne pense pas
04:34que je serais peut-être devenu actrice est-ce que vous aimez mieux faire du cinéma ou faire du théâtre
04:40oui c'est à dire que maintenant que j'ai un vrai rôle au cinéma enfin je m'aperçois que
04:43c'est aussi
04:44passionnant que le théâtre mais ce que je trouve plus intéressant au théâtre c'est que on a le
04:47public avec soi c'est ça qui est extraordinaire on a vraiment avec lui il est là tout près on
04:52peut
04:52lui parler vraiment à lui alors le public vous manque vraiment au cinéma oui un peu qu'est ce qui
04:58vous a
04:58amené à faire du cinéma je ne sais pas c'est à dire mes parents sont comédiens mon père est
05:02comédien
05:03elle s'appelle maurice d'orléac et rien ne m'a amené spécialement je crois que depuis que je suis
05:07petite
05:07j'ai rêvé de faire du cinéma et du théâtre j'ai rêvé d'être comédienne toujours françoise apparaît dans
05:13la fille aux yeux d'or de jean-gabriel bicoco qui représenta la france au festival de venise en 1961
05:20elle s'amuse dans arsène lupin contre arsène lupin malgré les films qui s'enchaînent elle a
05:26l'impression de stagner dans des petits rôles et quand françois billedoux lui écrit un rôle sur mesure
05:31le film est un échec commercial cependant la gamberge lui permet de montrer son côté fantasque
05:38elle dit je veux pas être la troisième je vais pas être la deuxième je vais être la première donc
05:43il ya une ambition extrême dès l'âge de 17 18 ans et elle se donne absolument tous les moyens
05:49pour y
05:49arriver elle dit des choses stupéfiantes elle dit je veux jouer les rôles de greta garbo je veux
05:57jouer les rôles de viviane lee elle veut être scarlett elle veut être la reine christine la
06:02dame au camélia donc il ya une sorte d'intellectualité chez cette très jeune fille et une espèce de passion
06:09mise au service de son itinéraire qui va être fulgurant du reste elle va énormément tourner elle
06:15sortait beaucoup elle vivait seul mes parents lui avaient demandé de partir parce que sinon
06:21elle serait chez mes parents à 20 ans passés c'était incroyable donc elle s'était acheté un
06:25appartement en face de chez mes parents ça ma mère pouvait aller le matin la voir au milieu de
06:30toutes ses pluches parce qu'elle avait une collection de peluches absolument inouïe c'était bon tout le
06:35monde connaît sa passion pour les animaux c'était une passion vraiment excessive c'était on n'a même pas
06:40le droit d'écraser un moustique devant elle c'était quand même insensé moi je dis que c'est de
06:45la faute de
06:45mon père est quand même sûrement elle adorait mon père et mon père surtout l'adorait le fait
06:50qu'elle ait eu autant de mal à partir de chez elle enfin de l'appartement de mes parents ça
06:55me
06:55paraît une chose incroyable quand même à 20 ans passés c'était surtout à l'époque il n'y avait
07:00pas les problèmes d'appartement qu'aujourd'hui les jeunes gens qui restent chez leurs parents
07:03pour des raisons matérielles c'était vraiment non elle voulait rester elle voulait être la fille
07:07dresser la fille d'eux moi je peux comprendre moi je sais moi qui l'a protégé beaucoup j'avais
07:14l'impression
07:14d'avoir plus d'expérience qu'elle mais moi c'est vrai que j'étais partie très jeune de chez
07:18moi que
07:18j'ai eu un enfant très jeune donc ça m'a donné une maturité que qu'elle n'avait pas
07:22du tout parce que
07:23c'est quand même la personne la plus immature que j'ai connu pendant des mois philippe de broca
07:28lutte pour l'imposer dans l'homme de rio avec ce film la carrière de françoise dorléac prend de
07:33l'ampleur être l'appartenaire de jean paul bemondo dans une comédie qui a très bien marché je crois en
07:38plus vraiment oui bien sûr que ça fait une grande différence pour une jeune actrice j'ai connu françoise dorléac
07:44évidemment puisque elle elle tournait le film mais je dois dire que j'avais une sympathie
07:50particulière pour elle parce que c'était une femme à la fois très simple pas du tout actrice actrice
07:59les producteurs alexandre mnouskine et george dansinger ne ne voulaient pas d'elle je pense je n'ai
08:10pas je ne connais pas le secret absolu mais je pense il n'avait pas envie
08:15d'elle mnouskine disait toujours ah s'il y avait le giovanna rallye je sais pas pourquoi il était
08:26entiché obsédé par cette actrice italienne peut-être c'était tout grossièrement une question de coproduction
08:35elle a eu comment je dirais la vie difficile pendant le tournage de l'homme de rio parce que
08:45elle était disons très fofolle c'est à dire qu'elle était elle elle passait sa vie à aller danser
08:53dans
08:53les boîtes de nuit à rio en plus elle elle s'était entichée de mon assistant j'étais premier assistant
09:00de
09:01mon second brésilien qui était un gentil garçon et donc tout ça n'arrangeait pas sa situation les
09:12producteurs et prétendaient que ça influait sur son sur son image à l'écran ce dont je me rappelle
09:21surtout avec elle c'était là c'est la scène où elle dansait dans la favela et là où elle
09:30est vraiment
09:31elle crevait l'écran elle et puis en plus c'était complètement là oui improvisé et spontané
09:39ses mises à danser c'est une espèce d'emportement et de naturel extraordinaire et d'enthousiasme entraînant
09:50le petit oubirassi et puis les tous les gens de la favela autour d'elle
10:16elle était vraiment elle même elle et on n'avait jamais l'impression qu'elle utilisait une technique
10:25on avait toujours l'impression qu'elle arrivait et puis que ça se passait comme ça qu'elle était oui
10:33complètement spontanée complètement spontanée et avec une légèreté d'ailleurs je trouve que ça m'a frappé la
10:40dernière fois que j'ai vu le film c'est cette espèce de oui de fraîcheur de légèreté formidable
10:49que et ça c'est on n'avait jamais l'impression d'un travail technique je veux dire il n
10:56'y avait pas de
10:56préparation de de mise en condition là belmondo la la disons l'entraîné beaucoup oui dans les scènes
11:06difficiles et les scènes spectaculaires il a provoqué l'homme de rio elle est vraiment absolument
11:15incroyable et absolument délicieuse dans l'homme de rio elle fait des trucs aussi parce qu'il y a
11:18quelque chose d'assez innocent chez les deux dans leur exubérance quand même jean paul belmondo
11:23il est il fait des choses extravagantes et des fois on a l'impression qu'il se surprend lui même
11:27quoi
11:27qu'il n'est pas c'est pas quelque chose de réfléchi de tenu de tendu c'est pas james
11:31bond du tout
11:31c'est vraiment quelque chose de très fougueux et de très et de très innocent en même temps et elle
11:36avait aussi ce côté des choses qui arrivent à l'instant où elle les fait quoi des choses vraiment
11:41où on se laisse emporter par le l'humeur l'ambiance enfin quelque chose de très de très fantasque
11:47c'est presque un peu comme un personnage de rêve d'une certaine façon je l'aimais bien voilà
11:58en rentrant à paris du tournage de l'homme de rio françoise apprend par son agent que françois
12:03truffaut a un rôle pour elle la peau douce c'est un film c'est un drame sur l'adultère
12:11en fait et qui
12:14provient beaucoup de la vie personnelle de truffaut comme comme souvent c'est à dire que c'est une
12:20époque où en fait il va quitter son épouse parce qu'il est tombé amoureux de barré france pisier
12:24qu'il a découvert sur l'amour à 20 ans dans le sketch où on retrouvait antoine douanel la peau
12:29douce
12:29est parti d'une idée d'une image que j'ai vu quelques années avant que j'ai imaginé du
12:34moins
12:34d'un couple dans un taxi alors je voyais ça je me disais il est 7h30 du soir ils doivent
12:40rentrer
12:40dîner ils ne sont pas mariés du moins ils sont mariés chacun de leur côté peut-être avec des
12:44enfants et c'est un baiser terriblement charnel dans ce taxi toute cette scène n'existe pas n'est
12:50pas dans le film mais c'est quand même partie d'une image la précise d'une image et d
12:53'un son parce
12:54que j'imaginais qu'on entendrait même le bruit des dents pendant leur baiser qu'on entendrait les dents
12:58qui sont trop chocres quand françois truffaut et françois dorléac se rencontrent c'est en mars
13:0363 à tel aviv parce que le unifrance a organisé un festival pour promouvoir le cinéma français
13:09ils ont un a priori en fait l'un par rapport à l'autre c'est à dire que lui
13:15pense que dorléac est
13:16insupportable et elle pense que truffaut est un peu hautain donc finalement via via ce festival ils
13:22apprennent à se connaître et finalement ils s'apprécient beaucoup ils se revoient à paris ils s'échangent des
13:27livres enfin et truffaut va certainement voir des choses que qu'on voyait pas forcément avant c'est
13:32à dire que elle a toujours elle s'aimait pas en fait elle est très complexée par son physique par
13:36son par sa personnalité et on la voyait souvent parler très vite courir en tous les sens et lui il
13:43va lui dire non on va on va on va ralentir tout ça oui il voulait la ralentir vraiment la
13:48calmer alors
13:49je sais qu'elle connaissait françois truffaut elle le connaissait vraiment mais je pense que c'est surtout
13:54qu'il avait beaucoup observé parce que moi j'ai retrouvé vraiment des choses d'elle très extrêmement
13:58personnel dans sa façon de se tenir sa façon de relever les cheveux de se mettre et je crois
14:03qu'il ya vraiment un phénomène d'identification de la part des deux alors pour ceux qui qui aiment
14:08françoise dorléac et ils sont nombreux pour ceux qui l'admirent la peau douce c'est sa signature c'est
14:15son
14:16film joyau son film diamant la raison en est à mon avis le regard que pose françois truffaut sur
14:26elle c'est à dire que ce sont de long traveling presque comme des caresses il ya une extrême sensualité
14:32dans la façon de la filmer de la mettre en scène une extrême distance une extrême pudeur et donc elle
14:41est
14:42filmée finalement dans une intériorité alors que c'était une actrice qui était plutôt dans
14:48l'exubérance autrement dit il la modifie de même qu'il a modifié jeanne moreau dans julie jim c'était
14:56un
14:57directeur d'acteurs exceptionnel et comme bien souvent il tombait amoureux de son sujet à savoir de son
15:06héroïne et bien cela donner à chaque fois une espèce de portrait de femme particulier quelle
15:13que soit l'héroïne et on voit bien qu'il la filme il a ce regard il ya la vraie
15:20françoise dorléac
15:20qu'elle a quand elle danse et puis toute la scène avec la séance photo on a l'impression qui
15:25va à
15:26l'intérieur du film même prendre quelque chose d'elle même presque à son corps défendant quoi je veux dire
15:32c'est c'est vraiment la vraie françoise qu'on va voir dans le film en fait attend on va
15:36en faire
15:36encore une mais j'aime pas tellement les jambes comme ça pas croisé non non attends je vais t'expliquer
15:48comme ça assez vite quand la liaison débute entre le héros et nicole entre lachene et nicole il
15:58l'emmène dans une boîte de nuit on peut supposer que c'est castel on ne sait pas trop boîte
16:02de nuit
16:0213 années 60 parisienne et alors là elle a elle a l'art de porter la toilette comme très rares
16:12très
16:12rares actrices long et elle a une petite robe noire échancrée bras nus une mini robe noire en satin
16:20le film étant noir et blanc et elle va se lancer sur la piste et danser une espèce de mambo
16:27absolument
16:27déjanté complètement à la fois comme elle était qu'il représente très bien au sens où il est à la
16:35fois sophistiqué et sauvage et selon moi ce mambo envoûtant sensuel très particulier des modes
16:48instantanément le mambo de et dieu créa la femme voilà ça pour moi c'est la scène clé en tout
16:55cas
16:55la scène extrêmement nouvelle vague de ce film qui n'est pas nouvelle vague mais que pense-t-elle
17:01elle même de l'accueil fait au film quand françois truffaut présente la peau douce au festival de cannes
17:15donc trois fois une longue histoire avec cannes il y a été en tant que critique il a été banni
17:20à
17:20mon donné puis il y a été il a présenté les 400 coups qui a eu un prix où ça
17:24l'a lancé vraiment
17:26ben en fait le film est très mal accueilli très mal accueilli par la critique qui sera ensuite très
17:31mal accueilli par le public c'est un film qui sera un échec commercial la peau douce n'a pas
17:37été bien
17:38accueilli ce qui est quand même étonnant quand on mais moi j'en avais j'en avais beaucoup souffert parce
17:43qu'il y avait quand même une proximité entre nous non c'était vraiment c'était vraiment difficile
18:02le paradoxe c'est que à cannes en 64 qui a également la soeur de france d'orléac catherine deneuf
18:07qui est
18:08dans le film de jacques de mille et les parapilles de cherbourg qui lui va obtenir la palme d'or
18:12et donc
18:13voilà les deux soeurs sont un dans l'échec l'autre dans le grand succès
18:17je ne dirais pas que ça m'a gâché mon plaisir mais disons quand même que ça a terni quand
18:21même un peu
18:22elle se décourageait elle se désespérait et truffaut lui avait d'ailleurs écrit une lettre très très très
18:28jolie où il lui parlait d'elle et il lui disait qu'il fallait être patiente et attendre et qu
18:32'elle trouverait plutôt
18:33dans quelques années vraiment les rôles à sa sa mesure disons par rapport à son caractère et son
18:38la personne qu'elle était que ce serait qu'il fallait encore patienter quelques quelques années
18:42ce que dira truffaut c'est que il pense que grâce finalement à cannes des gens beaucoup de gens du
18:49métier ont pu voir le film et c'est grâce à ça qu'elle a pu ensuite faire des films
18:54anglais ou américains
18:56parce que des gens de la profession des réalisateurs étrangers l'avaient vu à cette occasion là
19:01c'était la période où tous les deux
19:04Gérard Brage et moi on était bien plongé dans le théâtre absurde on aimait tout ça et on essayait de
19:12faire un film qui était dans cette optique
19:15on était juste à quelques jours du commencement du tournage on n'avait toujours pas de
19:21d'actrice principale il fallait une une fille un peu fofolle un peu un peu dingue et tout d'un
19:38coup j'ai appris que
19:40françoise était à londres et j'ai décidé de lui parler de la voir et ça s'est très bien
19:48passé
19:51ce ce premier rendez vous et c'est comme ça qu'elle était engagé il est très exigeant oui très
19:59exigeant c'était quelqu'un de très précis avec un esprit très curieux comme ça qui pouvait partir
20:05dans une direction très excessive et je trouve que c'est pas ça se voit bien que c'est pas
20:10un film
20:11français moi j'avais pas de difficulté avec françoise du tout non la difficulté plutôt avec
20:18lionel standard et elle aussi avec lionel il y avait une scène surtout dont je me souviens très
20:26bien où il il la fouette avec son sa ceinture et on n'avait pas beaucoup de moyens on tourner
20:39sur le
20:39vrai sol du de la d'une terrasse du château c'était donc des pierres il devait s'asseoir sur
20:49elle carrément
20:50un califournichon califourchon califourchon califourchon et il l'a batté pour de vrai et il s'est débatté et elle
21:05hurlait
21:06il lui a fait vraiment mal il a je crois touché une ou deux fois avec la la boucle de
21:15la ceinture et
21:18comme elle s'agitait beaucoup il se fait mal aux genoux et il a comment il s'est levé il
21:27commençait à
21:27l'insulté l'équipe a très mal pris tout ça il l'a ressenti et il s'excusé mais ça
21:38a beaucoup changé dans
21:40les rapports entre lionel et le reste de l'équipe on était déjà près de la fin du film et
21:48comment on a
21:49beaucoup dépassé le plan travail à cause de du très mauvais temps je cherchais les moyens à finir tout
22:02et surtout dans cette scène et qui était très longue où au départ on voit on voit les deux personnages
22:19françoise devait aller dans ses baignets très loin la plage était très plate et très très étendue
22:35et à un moment on devait la voir revenir elle devait sortir
22:43nul de l'eau quelqu'un de l'équipe est venu vers moi chuchoter françoise s'est évanouie alors je
22:54lui
22:55répondu mais faites quelque chose pour pour la dérevanouir et j'avais une seule chose en tête c'est de
23:06finir la
23:07prise qui était très très bonne toujours la meilleure mais là tout à l'heure tout un peu plus tard
23:14je
23:15vu qu'ils étaient en train de la porter donc c'est le tournage était fini l'équipe tout d
23:22'un coup
23:24était très rebelle comme si j'étais un bourreau en fait il faisait froid je peux vous dire sa maman
23:33ce
23:33qu'elle m'a dit qu'elle avait pensé qu'elle allait mourir de froid ça avait été terrible je
23:38crois
23:38qu'elle a vraiment eu un problème même un problème réel de ça a été une scène très très difficile
23:45mais
23:45elle ne m'a dit que ça après quand j'ai vu le film évidemment j'ai j'ai compris
23:49parce que c'était
23:49quand même il faisait très froid c'était une saison déjà très avancée mais je me souviens très bien
23:55de son chihuahua parce que c'est un horrible animal sans poils vous savez tout petit qui qui râlait
24:05tout le temps et qui mordait et elle a amené dans sa dans son sac malgré les règles très strictes
24:17en
24:19angleterre près de la fin du tournage elle elle a dit qu'elle ait qu'elle a besoin de voir
24:27le
24:28dentiste son dentiste à paris elle croyait pas un dentiste anglais elle avait peut-être raison donc
24:39on s'est débrouillé avec beaucoup de difficultés et pour tourner trois jours je crois sans elle elle
24:46est partie elle devait revenir au plus vite et c'est là où on a appris qu'elle a pris
24:52son chihuahua avec
24:53elle c'était donc un peu risqué en fait le douanier mettant la main dans son grand sac s'est
25:08fait
25:09mordre par le chihuahua et c'était la fin pratiquement du film là naturellement les six mois
25:19des quarantaines six mois en tout cas c'était une catastrophe et heureusement qu'on avait d'une
25:28gouttocki le producteur qui est à londres à ce moment là il s'est rendu tout de suite à l
25:33'aéroport je
25:34sais pas quel genre de négociation quel genre de connaissances avait-il pour pour se débrouiller et
25:43de renvoyer le chien avec je sais pas qui à paris il ya une grande différence entre catherine
25:54et françoise catherine est bien droite dans ses bottes françoise beaucoup plus erratique un peu
26:05fofolles françoise était assez enfantine dans certaines choses les leçons rapport avec les
26:15animaux les poules et les coques vous savez elle elle s'est vengé sur les coques qui sautait les
26:23poules elle est traitée elle courait après avec le ballet parce que les coques aussi pique la nuque de la
26:31poule elle était déjà elle était déjà féministe en ce qui concerne les poules vous voyez j'aimerais
26:41beaucoup qu'il ait une redilection pour l'histoire dans léa comme c'est continuerait à tourner avec
26:45elle et comme c'est un merveilleux metteur en scène c'est un très grand metteur en scène je
26:48crois et ce serait merveilleux de continuer à tourner avec lui que pensez-vous de lui comme
26:53metteur en scène dans le travail est-ce qu'il est très dur on dit qu'il est très dur
26:56très difficile
26:58je crois que c'est une des personnes les plus difficiles avec lequel j'ai travaillé mais le
27:04résultat tellement formidable que ça en vaut la peine ça en vaut toujours la peine pour un bon
27:08résultat elle n'est pas matérielle elle n'est pas matérialiste elle n'est pas concrète du tout
27:16oui elle cherche en permanence le prince charmant c'est un cliché mais l'homme de sa vie il y
27:22a eu
27:22plusieurs hommes dans sa vie elle a eu plusieurs hommes dans sa vie car elle n'était pas heureuse
27:27elle n'était pas disons pleinement satisfaites de quoi que ce soit au plan de sa vie privée sa vie
27:34amoureuse et sentimentale qui est évidemment un rebondissement fréquent un chapitre qu'on tourne
27:40et qu'on écrit très vite elle est romantique elle veut aimer être aimé et comme elle n'est pas
27:46ou
27:46qu'elle n'est plus ou qu'elle aimerait l'être ça va pas oui c'est une insatisfaction sur
27:52le plan
27:54psychologique sentimentale qui était oui oui d'ailleurs c'était une grande amoureuse aussi
27:57quand elle est en province qu'elle allait tourner qu'elle voyageait elle emmenait toujours toutes
28:03ses affaires parce que si jamais elle rencontrait l'homme de sa vie pour pouvoir partir immédiatement
28:08avec lui c'est magnifique le rôle elle partait en voyage avec une quantité de choses comme si je ne
28:15sais
28:15pas comme si elle allait se retrouver bloquée quelque part et qu'il fallait parer à tout donc
28:22elle pouvait en porter une valise entière avec que des produits de soins de maquillage et de talc
28:27parce qu'elle se talquait entièrement le corps ça c'était une espèce d'obsession elle pouvait
28:33passer des heures à se maquiller le matin avant de sortir personne ne l'a vu pratiquement sans maquillage
28:39elle faisait d'abord cette ligne là et après elle faisait la paupière ou dans l'autre sens mais en
28:45tout cas ici elle s'est croisée c'est aussi un déguisement le maquillage vous permet de ne pas
28:50montrer votre vrai visage moi le visage que je connais d'elle d'abord quand on a tourné puis
28:55aussi dans la vie moi je l'ai vu dans la vie non pas vraiment maquillé c'était une une
29:03petite fille
29:04émouvante c'était plus du tout une femme c'était quelqu'un qui aimait les choses un peu excessives
29:09elle se faisait des maquillages des yeux incroyables comme il avait tout à l'heure dans cléopâtre
29:14enfin c'était c'était assez étonnant et elle était mais elle était plus belle que jolie je dirais
29:19ma soeur elle était elle était vraiment belle parce que quand je revois des photos d'elle ou quand
29:24je la vois dans les films enfin surtout quand je vois les photos elle était elle était vraiment belle
29:29lorsque unifrance m'a demandé de faire un court métrage sur les jeunes actrices françaises en
29:35développement elle avait déjà fait je crois la peau douce catherine de neuve avait déjà fait
29:42plusieurs films enfin bref j'ai réuni ces quatre femmes du bois d'orléac et d'arc et pour faire
29:52le
29:52court métrage je les ai longuement vu comment elle vivait pour parler avec elle m'entretenir avec
29:59elle et c'est là que j'ai vraiment fait ma vraie rencontre avec françoise on s'est vu je
30:03crois une
30:04fois chez elle une fois dans un bistrot une fois sur un plateau de télé où je prépare autre chose
30:10bon
30:11il ya eu et je lui ai très vite proposé de faire comme je demandais aux autres actrices ce qu
30:17'elle voulait
30:32on a fait un boulot oui très nouvelle vague très libre la caméra l'aimait ça c'est très subtil
30:49et
30:49mystérieux mais son visage ses yeux son ovale sa ciné génie correspondait parfaitement à ce que
31:00cherchaient les chefs opérateurs ou les mettant en scène
31:24il faut il faut aussi se souvenir quand même derrière tout ça de l'incroyable fougue la flamme qui
31:34l'anime lorsqu'elle se met sur une piste de lance c'est incroyable donc ça veut dire quoi là
31:39encore c'est
31:40je fais exulter mon corps et je me débarrasse de tout et je suis ailleurs parce que vous allez quand
31:49vous dansez comme ça vous êtes en possession d'autre chose d'un mouvement d'une envie de fuite et
31:59c'est
31:59vrai que le soir quand on sortait ensemble sont les sorties quand même assez jeune du fait qu'on
32:03était deux ma mère était moins s'inquiète elle pouvait elle rester des nuits entières à danser pieds
32:11nus sans alors elle ne fait pas de goûte d'alcool elle ne fumait pas mais elle dansait elle pouvait
32:15rester des heures à danser mais c'était absolument incroyable on a fait ensemble ce numéro cette bobine
32:25de danse totale qui est son son son son exubérance sa joie de vivre sa joie d'être et sa
32:33joie de sortir
32:34d'elle-même et en même temps je me suis dit ça suffit pas puisque j'avais peu de temps
32:40c'est encore
32:40méta j'ai dit dans 15 minutes pour la définir il me faut autre chose donc j'ai simplement demandé
32:45de pénétrer dans un bistrot s'asseoir à une table et d'être qu'elle était elle pouvait plonger dans
32:53un oui dans un oui un état de non pas de tristesse ni de nostalgie mais mélancolie
33:38beaucoup de choses j'ai mis des longs métrages en scène avec des grandes stars il est belmondo des
33:43montants de part dieu et autres et bien malgré tout c'est cinq six minutes ou sept ou huit je
33:52ne sais plus
33:52dans ce court métrage demeure quelque chose de très fort encore aujourd'hui on parle d'elle
34:00c'est parce que c'est inachevé c'est c'est c'est comme en musique le morceau inachevé de
34:09schumann ou
34:09schoubert ou qui vous voulez devient avec le recul particulier
34:16enfin je crois que c'est surtout sa modernité qui fait qu'aujourd'hui encore moi je rencontre des
34:19gens qui me disent à votre soeur françoise d'orléac et je comprends très bien elle était elle
34:24aimait bien les choses elle était très attirée par les choses extrêmes les choses qui étaient un
34:28petit peu en norme autant moi je voulais être dans le le chose disons normal pas être trop remarqué
34:34faire les choses qui sont même pas trop remarqué autant elle pouvait vraiment jaillir comme ça surgir
34:40s'habiller même dans des tenues souvent extravagantes des robes décolletées jusqu'au bas
34:44du dos enfin elle était très c'était très étonnant ce paradoxe entre ses complexes et sa façon de
34:49s'exposer quand jacques demi on a commencé à faire des films musicaux ensemble je lui ai dit écoute
35:00il y a deux soeurs formidables pour lequel j'ai fait un musique sur un film il ya deux trois
35:06ans et
35:09j'ai dit va les rencontrer parce qu'ils sont magnifiques quoi jacques avait choisi un chorégraphe
35:15londonien donc on est allé un peu à londres avec le chorégraphe qui s'appelait normand main
35:25et il travaillait dans un studio à londres avec les deux soeurs pour leur montrer les pas les
35:30choses suffisamment simple parce que ce n'était pas des danseuses professionnelles l'une et l'autre
35:36à
35:39à
35:40à
35:43à
35:44à
35:45à
35:45à
35:45à
36:13Sous-titrage MFP.
36:28Sous-titrage MFP.
37:14Sous-titrage MFP.
37:17Oui, et il a donné le rôle de chanteuse à Françoise alors que c'était plutôt Catherine qui voulait chanter.
37:22Mais dans tout ça, il y a, j'allais dire, l'art français.
37:31Elles ont toutes les deux incarné la beauté des femmes françaises.
37:38Comme dans une grande tradition qui remonte à Madeleine Sologne, à Michel Morgan et à toutes ces actrices qui incarnaient
37:52l'élégance française, la beauté française.
37:53C'est que dans ce genre de film, quand j'écris la musique des Parapluies de Cherbourg, de Mademoiselle de
38:00Rochefort ou de Podam,
38:02je m'arrange pour que, ou Yentel, enfin les musicaux, j'ai travaillé, pour que la musique soit de tout
38:14temps.
38:15Elle n'a pas d'époque.
38:19On a l'impression qu'on connaît ces mélodies-là depuis trois siècles et qu'on les connaîtra peut-être
38:25encore, mais au trois siècles, ils sont hors du temps.
38:30Moi, je suis un homme hors du temps.
38:32Et tout ce que j'écris est hors du temps.
38:34Et c'est la raison pour laquelle je crois que les choses dures restent.
38:40Vous savez, une musique, quand on dit qu'elle est très belle ou qu'elle est belle, ça veut dire
38:49qu'elle dégage beaucoup d'émotions.
38:52Et quand la musique déclare beaucoup d'émotions, les émotions, c'est quelque chose d'éternel.
38:59Ça ne s'éclipse jamais.
39:05Le film a été très bien reçu.
39:07On l'a présenté plusieurs fois ensemble.
39:11Moi, je suis vraiment, au-delà du film, je suis très heureuse d'avoir pu faire ce film-là avec
39:14elle.
39:15Parce que finalement, quand on était actrice, on se voyait, on était soeurs, on était proches.
39:19Et donc, ce film-là nous a beaucoup rapprochés.
39:23Et pour moi, c'est vraiment très, très important d'avoir pu faire ce film-là avec elle.
39:27Oui, vraiment.
39:28Les deux fameuses soeurs jumelles nées sous le signe du gémeau, ce n'est pas du tout des soeurs jumelles
39:33en réalité.
39:34Elles sont radicalement différentes, je crois.
39:38C'est ce qui fait leur particularité.
39:43Oui, elle est proche de Catherine, mais elle est complètement son contraire.
39:46Mais ça, c'est ce qui arrive dans toute fratrie.
39:49Une rivalité, non.
39:51Une gémélité, oui.
39:53Les deux mauselles de Rochefort, ce sont des jumelles.
39:55Elles vont tourner toutes les deux et c'est très intéressant.
39:57Avec les mêmes metteurs en scène, au fond.
40:00On trouve Truffaut et on trouve Polanski, ce qui est quand même le cœur battant du cinéma génial de cette
40:06époque-là.
40:08Souvent les mêmes rôles.
40:09Et ce qui est très amusant, c'est que c'est la cadette Catherine qui se laisse entraîner dans le
40:14sillon de cette tornade si énergique, si solaire qu'est Françoise Dorléac.
40:20Non, mais c'est certain que je pense des fois que si ma sœur, voilà, il y a des films
40:23peut-être que moi, je n'aurais pas fait si elle était là.
40:27Et je pense la même chose parfois aussi de Romy Schneider.
40:29Je ne suis pas des films, je me dis que je ne suis pas sûre que ce sont des films
40:32qu'on m'aurait proposés si Romy Schneider était là.
40:35Donc, j'ai un peu cette...
40:37Enfin, disons que c'est quelque chose auquel je pense de temps en temps.
40:40Je pense qu'à partir du moment où elle a fait du cinéma, le cinéma pour elle, c'était ça
40:44aussi.
40:44C'était tourner des films en langue anglaise.
40:47Elle a eu des grands partenaires.
40:48Elle n'était pas typiquement le genre d'actrice qu'on voit dans ces rôles-là, dans ce genre de
40:54cinéma.
40:55La carrière internationale de Françoise Dorléac, c'est quelque chose d'assez particulier.
40:59C'est-à-dire que les Françaises, en règle générale, ne parlent pas assez bien anglais pour être demandées en
41:04Amérique, en Angleterre, etc.
41:06Elle, elle va tourner avec David Neven, avec Omar Sharif.
41:10Elle va donc accéder à quelque chose d'assez exceptionnel.
41:13Elle le vit très bien.
41:14Elle aime s'envoler et partir tourner à l'étranger.
41:17C'est flatteur de travailler avec David Neven et Omar Sharif, qui sont des stars internationales.
41:23Sauf que là, ce n'est pas de chance.
41:25C'est que les films ne sont pas excellents.
41:27Mais ça donne un petit peu le ton.
41:30Ça donne la mesure de cette fille.
41:32Cette fille est exceptionnelle.
41:33Elle arrive à la vingtaine à décrocher des rôles outre-Atlantique,
41:38ce que les Françaises ne réussissent pas forcément à faire.
41:41C'est dans des conditions atroces que Françoise d'Orléac a trouvé la mort hier au soir.
41:45Il était 18h30, sur l'autoroute Esterelle-Côte d'Azur, à proximité de l'aéroport de Nice,
41:51où elle devait prendre l'avion à destination de Paris.
41:56La voiture de Françoise d'Orléac s'est écrasée contre un pylône de signalisation de l'autoroute
42:00et a pris feu immédiatement.
42:01Le seul témoin du drame, M. Giuliano, qui s'était précipité au secours de la comédienne,
42:05ne put rien faire, le feu faisant rage et les portières de la voiture étant complètement bloquées par le choc.
42:10Le hasard a fait que le jour de sa disparition, nous étions ensemble à Saint-Tropez, côte à côte.
42:23Nous avons déjeuné ensemble à Tahiti, à la plage de Tahiti.
42:28Nous étions évidemment très entourés.
42:30On ne s'en est pas très manquante, vous savez, à l'époque.
42:32On était...
42:34Il y avait des nuages de garçons autour de nous.
42:38Et elle avait une façon très cavalière de les traiter,
42:41que j'admirais beaucoup, que je trouvais...
42:43Moi, j'étais plus fragile qu'elle, de ce point de vue,
42:46et je l'admirais beaucoup pour ça.
42:48Et puis, tout d'un coup, elle a regardé sa montre,
42:50elle a dit « Oh là là, j'ai un avion ! »
42:51Elle s'est précipitée dans sa voiture et elle est partie.
42:54Quand j'ai appris le drame,
42:57je ne sais pas comment vous dire,
42:59j'ai l'impression que ça avait commencé là,
43:02sur cette plage,
43:03que c'est là que déjà,
43:05elle était partie de travers,
43:07que quelque chose ne...
43:10n'était pas juste,
43:11qu'elle n'aurait pas dû partir,
43:13j'aurais dû la retenir, je ne sais pas, j'aurais dû...
43:16Je me souviens, c'était un énorme choc
43:17pour tout le monde.
43:20Tout le monde.
43:27C'est terrible.
43:28Vraiment, c'est une...
43:30Quelle horreur,
43:31quelle tragédie,
43:33quelle...
43:34Comment...
43:37Comment mon cas,
43:38ça aurait été une star à coups,
43:41certains,
43:42certains.
43:42Mon dernier souvenir d'elle,
43:44c'est quand nous l'avons tous enterrée,
43:46tous et toutes,
43:47tous les gens que je viens de vous parler,
43:48c'est-à-dire,
43:49tous les acteurs, actrices,
43:52Brigalli,
43:54et autres,
43:55qui étaient là,
43:56je ne sais plus où c'était,
43:58dans un cimetière qui n'était pas à Paris,
44:00un peu plus loin,
44:00et j'ai le souvenir d'une allée,
44:03une grande allée,
44:04où on marchait tous ensemble
44:06en sortant de la cérémonie,
44:09avec la sensation commune et collective
44:12que cette génération-là
44:14venait de perdre
44:16un être particulièrement important.
44:22Elle a vécu très intensément,
44:24elle a eu vraiment des amoureux,
44:26elle a été souvent très amoureuse,
44:27d'une façon très excessive.
44:34et quand elle est morte,
44:37il y a un homme qui a envoyé
44:42pendant des années,
44:44on ne savait pas qui c'était,
44:46des fleurs,
44:47le jour de l'anniversaire de sa mort,
44:49pendant plus de 30 ans.
44:52Et puis un jour,
44:54il y a eu un...
44:55parce qu'on voulait savoir qui c'était,
44:57on savait que ce n'était pas français,
44:58que ça ne venait pas de France,
45:00et un jour,
45:00moi je me doutais,
45:01je me doutais que c'était un amoureux
45:03qu'elle avait eu un Brésilien
45:04pendant son tournage de L'Homme de Rio,
45:07et puis un jour ça s'est arrêté
45:09et j'ai compris que cet homme,
45:10sans doute, n'était plus là.
45:12Mais ça m'avait toujours beaucoup...
45:14parce que ça correspondait à l'intensité
45:16des rapports qu'elle avait avec les gens aussi,
45:17mais vous voyez quelqu'un
45:18qui envoie des fleurs tous les ans,
45:19pendant 30 ans quand même.
45:21C'est quand même quelque chose
45:22d'un côté comme ça un peu littéraire,
45:24on se dit que c'est vraiment une image de...
45:26Mais non, c'était la réalité.
45:29Les gens qui l'ont connue
45:30et bien connue,
45:32l'adoraient.
45:33Sous-titrage Société Radio-Canada
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