00:00La mort, ça aspire.
00:01Et donc, il faut partir pour ne pas abandonner, mais pour revenir plus forte et avoir des choses à lui
00:07donner aussi.
00:08Souvent, quand les gens s'en vont, les gens qu'on aime, on a beaucoup de regrets.
00:12On se souvient du coup de fil qu'on n'a pas passé, le moment où on n'est pas
00:15venu à l'hôpital et qu'on aurait dû.
00:18Et de toute façon, il y a toujours à culpabiliser, à se dire qu'on n'a pas assez bien
00:22fait, pas assez fait.
00:24En fait, d'avoir la chance de retraverser ces moments-là, même si ça ne les guérit pas forcément,
00:30mais ça permet de mieux comprendre aussi pourquoi il n'y a pas forcément à s'en vouloir autant que
00:36ça.
00:36Il y avait une fille qui m'avait dit « n'oublie pas de vivre ».
00:40Il y avait cette infirmière qui s'appelait Edith dans l'institut de soins palliatifs où moi je dormais beaucoup,
00:48je restais là auprès de ma maman et je décorais la chambre et tout.
00:52Et puis, au bout d'un moment, elle m'a dit « il faut partir là ».
00:54Parce que la mort, ça aspire et donc il faut partir pour ne pas abandonner, mais pour revenir plus forte.
01:00Et avoir des choses à lui donner aussi.
01:03Il y a quelqu'un qui m'a dit aussi, qui s'appelle Uri Milstein,
01:05qui m'a dit que les enterrements, ce n'était pas pour les morts, c'était pour les vivants.
01:13Donc aussi prendre à bras le corps cette chose-là.
01:15Moi, j'avais écrit 45 minutes de texte.
01:21Je pense que ça m'a sauvée deux ans de psychanalyse.
01:22C'est pour ça aussi que je pense qu'échanger de n'importe quelle manière, c'est-à-dire entre
01:27nous en discussion ou là ou dans des films,
01:32j'ai l'impression que les affects et les émotions intimes, ça ne doit pas forcément rester privé des puissances
01:40de circulation et de consolation qu'il faut partager.
01:43En fait, je pense que ça m'a apporté un apaisement, parce que je me suis rendu compte qu'en
01:47fait, j'en avais besoin.
01:50Et je ne le savais pas avant.
01:51Et c'était peut-être un déni.
01:54Et du coup, ça créait une forme d'hystérie du produire, du faire, que je ne vais pas quitter, parce
01:59que j'adore faire plein de choses en même temps.
02:02Il est dans l'endroit où je travaille.
02:05Il est sur un tabouret.
02:05Il est sur un tabouret.
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