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Tous les mardis, de 16h30 à 17h, LCP-Assemblée nationale prolonge la séance des Questions au Gouvernement en invitant des députés pour analyser les échanges intervenus dans l'hémicycle.

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Transcription
00:00Et voilà, nous sommes de retour en plateau après la séance des questions au gouvernement.
00:04On va revenir sur les principaux thèmes avec deux députés, Boris Tavernier pour les écologistes et Frédéric Valtoux pour le
00:11groupe Horizon.
00:11Mais vous le voyez, derrière moi, on a aussi le plaisir d'accueillir quatre citoyens, eux aussi.
00:15Ils ont des questions à poser aujourd'hui. Camille, Sanjay, Françoise et Patrick nous font plaisir d'être sur notre
00:22plateau.
00:23Revenons tout d'abord quelques minutes sur leur séance.
00:25Les semaines se ressemblent puisqu'on parle toutes les semaines de la question des carburants.
00:31Vous avez suivi la séance Clément Perrault et vous revenez sur la réponse du Premier ministre Sébastien Lecornu et un
00:36échange assez tendu.
00:37Oui, Elsa, je me trouvais dans l'hémicycle pour cette séance.
00:41Et c'est vrai qu'il y a eu un moment assez tendu avec cette passe d'armes entre le
00:44Premier ministre Sébastien Lecornu et les députés de la France insoumise.
00:47Le Premier ministre a fait une intervention assez longue sur les prix du carburant.
00:52Et alors que ce n'était pas eux qui avaient posé la question, il s'est tourné vers la gauche
00:56de l'hémicycle.
00:57Et il a eu ces mots.
00:58On peut avoir un débat respectueux sur la redistribution des richesses de Total sans tomber dans le Total bashing.
01:07C'était clairement adressé aux députés LFI qui illico ont réagi.
01:11Ils ont tous fait ce signe, ce chiffre 5 comme les 5 milliards de bénéfices réalisés par Total au premier
01:19trimestre.
01:20Ce qu'il a répondu, Sébastien Lecornu, il a dit que Total payait des impôts en France à hauteur de
01:252 milliards de prélèvements
01:27et qu'il ne fallait pas faire croire qu'il n'en payait pas du tout.
01:29Ensuite, le Premier ministre a dit qu'il travaillait dans l'intérêt général.
01:33Là, les députés LFI ont commencé à rire de façon ironique.
01:36J'en ai même entendu un lui dire au Premier ministre.
01:39Ah mais non, là, tu rigoles.
01:41Alors, dit comme ça, ça peut paraître un peu familier.
01:43Mais c'est souvent comme ça, dans l'hémicycle, les groupes d'opposition cherchent à déstabiliser les ministres.
01:49Sébastien Lecornu, en tout cas, est resté, lui, concentré.
01:52Il a indiqué notamment que sur les 70 pays où le groupe pétrolier Total était présent,
01:58la France était le seul à lui imposer un plafonnement sur ces prix.
02:03Merci beaucoup, Clément Perrault.
02:04On va revenir justement sur ce qu'a dit le Premier ministre
02:07puisqu'il a annoncé des nouvelles mesures en début de semaine prochaine.
02:11Je vous propose d'écouter Sébastien Lecornu.
02:16L'enjeu, c'est le soutien à l'activité et à celles et ceux qui travaillent.
02:20Si on veut soutenir la croissance, si on veut soutenir le pouvoir d'achat,
02:24si on veut faire en sorte de ne pas gaspiller l'argent du contribuable n'importe comment
02:27en promettant des baisses de taxes complètement illusoires aujourd'hui
02:30pour mieux voter des augmentations d'impôts à l'automne,
02:33il faut tenir ce cap qui est le soutien à l'activité.
02:35Et d'un mot, je pense qu'on peut tenir ce cap,
02:38mais désormais, Monsieur le Ministre, il va falloir changer d'ampleur et d'échelle
02:42et donc le gouvernement sera amené à reprendre la parole dans les tout prochains jours
02:45et en début de semaine prochaine pour adapter l'ensemble des dispositifs
02:48au soutien à l'activité et à l'économie avec pragmatisme, sans cynisme et sans mensonge.
02:55Frédéric Valtoux, un changement d'échelle, est-ce que ça veut dire que d'après vous,
02:59le Premier ministre va annoncer des mesures plus globales la semaine prochaine ?
03:02On sait que pour l'instant, tout est très ciblé sur cette question d'aide pour les carburants.
03:06– Je ne sais pas ce que vont être les annonces du gouvernement.
03:09Ce qu'on voit simplement depuis le début de la crise,
03:13c'est que le gouvernement ajuste sa réponse à une crise dont on ne sait pas quelle va être la
03:17durée,
03:18dont l'ampleur, dont on ne connaît pas l'ampleur,
03:20puisque c'est lié effectivement à des tensions militaires, internationales,
03:24qui viennent perturber le marché de l'énergie.
03:27Et donc la réponse, c'est effectivement de s'ajuster.
03:30Et donc tous les 15 jours, finalement, on le voit depuis quelques semaines,
03:35le gouvernement adapte la réponse à ceux qui, effectivement, sont pénalisés sur le plan économique,
03:41parce qu'ils sont amenés à rouler plus que d'autres, plus que la moyenne des Français.
03:45Et donc pour eux, la question du coût de l'essence, du coût de l'énergie, elle est vitale.
03:51– Boris Tavernier, quand le Premier ministre dit qu'il faut agir avec pragmatisme,
03:55entre les lignes, il dit qu'en fait, comme on n'a plus d'argent,
03:58on ne peut pas non plus faire ce qu'on veut.
04:00C'est comme ça que vous lisez aussi cette stratégie du gouvernement,
04:03qui ne veut pas, pour l'instant, avoir de mesures qui concerneraient l'ensemble des Français.
04:08– C'est d'une violence sans nom.
04:11Aujourd'hui, certaines personnes préfèrent, en tout cas préfèrent, subissent,
04:14sont obligées d'arrêter de travailler plutôt que d'utiliser leur voiture,
04:17parce que ça leur coûte trop cher, ou alors vont sauter des repas,
04:20parce qu'ils n'ont pas les moyens de manger après avoir fait un plein.
04:23Donc il y a une vraie difficulté structurelle.
04:25Là, on répond dans l'urgence, on est toujours dans l'urgence,
04:28quand on sort d'échec par-ci par-là, quand il y a une urgence,
04:31mais il faudrait quand même essayer de planifier,
04:33d'avoir une vraie politique en matière énergétique aujourd'hui.
04:38Il y a quelques mois, c'est le retour des moteurs thermiques,
04:41on arrête les voitures électriques, et puis maintenant, peut-être qu'il faut y revenir.
04:45Donc c'est surtout, on a besoin d'un cap aussi.
04:46Donc oui, il faut répondre à l'urgence, parce qu'il y a des personnes
04:48qui ne peuvent plus travailler ou qui ne peuvent plus se nourrir,
04:50mais il faut aussi quand même voir un petit peu plus loin.
04:52Alors justement, Patrick, vous, vous aviez une solution, parlez-nous, vous, vous utilisez un...
04:56Ce n'est pas vraiment une solution, ça existe depuis...
04:58Un carburant particulier ?
05:00Oui, ça existe depuis la crise pétrolière de 1973,
05:02où le GPL avait été développé pour les voitures thermiques qu'il consommait.
05:06Et on peut le voir dans le 94, les bus roulent au biométhane.
05:10Biométhane, je veux dire, tout le monde en fait,
05:11les stations d'épuration en font, les centres de recyclage en fait.
05:14Pourquoi, effectivement, il n'y aurait pas cette solution à pousser, à mettre en avant ?
05:18On regarde les moteurs thermiques, c'est du rétrofitage basique, ça vaut 3 000 euros à peu près,
05:22ou 5-6 000 euros, mais on peut même maintenant rétrofiter des moteurs diesel au GPL, voire au GNV.
05:28Adapter les flottes du sement de véhicules, parce qu'on dit à beaucoup, la solution c'est l'électrique,
05:32mais quand on voit les prix, Frédéric Valtoux, on ne peut pas dire aux gens,
05:35équipez-vous d'une voiture électrique comme ça.
05:37Est-ce qu'il y a des adaptations qu'on pourrait faire avec l'existant ?
05:40Non, mais il y a des adaptations de long terme, et aujourd'hui, il y a des filières qui émergent,
05:44qui émergent depuis quelques années, peut-être pas assez, peut-être pas assez vite,
05:48chez moi aussi, il n'y a pas que dans le Val-de-Marne, en Seine-et-Marne aussi, à
05:51Fontainebleau,
05:52les réseaux de transport publics fonctionnent effectivement au GNL,
05:56et donc on a effectivement peut-être des filières à développer,
06:01il y a des municipalisateurs qui se créent dans les campagnes de Sud-Seine-et-Marne,
06:04qui permettent effectivement de venir alimenter ces nouvelles filières.
06:08Mais là, je reviens sur ce qu'on dit, il y a une crise qui est une crise,
06:12tout d'un coup, qui nous tombe dessus, parce qu'il y a la guerre au Proche-Orient
06:15qui s'accentue, qui s'intensifie autour de l'Iran.
06:17Alors je veux bien qu'on parle de planification, de poser dans le temps,
06:21de donner de la visibilité, etc., mais aucun gouvernement aujourd'hui
06:25n'a de visibilité quant à la manière dont cette crise de l'énergie,
06:30combien de temps elle va durer, jusqu'où elle va s'intensifier,
06:34personne ne sait, on est un peu tributaire de ce qui se passe,
06:36entre des puissances militaires qui aujourd'hui se font face
06:39et effectivement bloquent le débat dans le monde.
06:41– Tributaire de ce qui se passe, mais Boris Tavernier,
06:44on finira sur ce sujet, est-ce que ce n'est pas l'occasion de dire,
06:46en gros, il faut qu'on trouve maintenant tous les moyens
06:48de ne plus dépendre complètement du pétrole ?
06:51C'est vous, c'est le discours que tiennent les écologistes ?
06:53– On le voit dans l'agriculture, on parle de souveraineté alimentaire,
06:56mais on est dépendant des intrants qui viennent de l'autre bout du monde
06:59et on est dépendant aussi au pétrole.
07:00Donc effectivement, il faut qu'on arrive aussi à être souverain
07:04au niveau énergétique, clairement.
07:05– Allez, on va passer à un nouvel exercice,
07:08c'est les citoyens qui vont se prêter au jeu des questions
07:10lors de la séance citoyenne.
07:12– Vous le voyez, ils sont quatre sur ce plateau,
07:20j'en profite pour vous dire que si vous voulez venir aussi
07:22sur le plateau d'LCP, on est juste en dessous de l'Assemblée nationale,
07:27n'hésitez pas à scanner le QR code qui s'affiche
07:29et Stel Cassado se fera un plaisir justement de discuter avec vous,
07:32savoir ce que vous voulez faire pour interpeller les députés.
07:35On va commencer avec Françoise Larivière, vous avez 65 ans,
07:38vous êtes responsable d'un atelier de couture à Paris,
07:41vous vouliez parler de la question des violences
07:43et de la sécurité, quelle est votre question Françoise ?
07:46– Tout à fait, bonjour messieurs,
07:48donc moi il y a un sujet qui me terrifie de plus en plus,
07:52c'est la montée inexorable et ahurissante de la violence en France.
07:57Alors quand je parle de violence, j'inclus toutes les violences,
08:01c'est-à-dire la violence perpétrée par les très jeunes,
08:03les gamins de 13 ans qui vont à l'école avec un couteau,
08:06une machette et qui plantent leurs profs, leurs compagnons et compagnie,
08:11les balles perdues au niveau des points de deal,
08:14les mamies de 90 ans qui se font violer, il y en a encore eu une il y a 15
08:19jours,
08:20la violence dans la rue, dans le métro, dans le bus, on fait quoi maintenant ?
08:25– Frédéric Valtou, vaste question, cette question de la violence…
08:28– Oui, alors si vous me laissez couler une vingtaine de minutes pour répondre,
08:30parce que là votre question, madame, elle est très large,
08:32je ne dis pas, elle est totalement fondée.
08:34– C'est un sujet de préoccupation, cette question de la sécurité.
08:36– La réponse, elle est à plusieurs niveaux,
08:39il y a bien sûr des réponses qui ont trait plutôt à la répression
08:43et à la manière dont effectivement il y a une efficacité de la réponse pénale,
08:49il y a la prévention aussi,
08:51parce que la prévention n'est pas que aux mains du niveau national et de l'État,
08:55elle est aussi aux mains des collectivités locales,
08:57il y a des moyens effectivement d'accompagner ce qui se passe dans l'espace public
09:01et il y a beaucoup de maires qui aujourd'hui,
09:04quelles que soient leurs couleurs politiques d'ailleurs,
09:05c'est comme l'armement des polices municipales,
09:07tout le monde y vient finalement,
09:09c'est-à-dire qu'on cherche des outils, des équipements
09:12qui permettent de sécuriser l'espace public,
09:14je pense aux caméras, je pense à tous ces outils
09:18qui permettent effectivement de caméras dans les transports,
09:21agents publics, pas forcément armés,
09:23mais agents publics à nouveau dans les rames de métro
09:26pour parler de la situation parisienne
09:27ou dans les rames de transports publics.
09:30Voilà, donc les réponses elles sont multiples,
09:32la société est de plus en plus violente bien sûr,
09:34la société française comme les sociétés occidentales,
09:38il faut maintenant effectivement,
09:40on doit chercher des réponses qui sont appropriées
09:43à cette montée des violences qui partent des incivilités
09:46jusqu'à des crimes que vous évoquez bien sûr.
09:48Je vais vous redonner la parole Françoise,
09:50peut-être un mot Boris Tavernier sur cette vaste question
09:52que pose Françoise aujourd'hui ?
09:54Effectivement, chacun et chacune devrait pouvoir vivre en sécurité dans notre pays,
09:57ça c'est évident, on est bien d'accord là-dessus,
10:01il n'y a pas une seule réponse à un problème complexe.
10:03Aujourd'hui, nous on a toujours milité,
10:05notamment pour le retour de la police de proximité.
10:07C'est quelque chose qui fonctionne,
10:08les gendarmes sont par exemple très très proches
10:11des habitants, des commerçants, des élus sur un territoire,
10:14je pense que la disparition de la police de proximité
10:17a fait beaucoup de mal.
10:18Donc il faut des moyens pour la police, évidemment,
10:20il faut aussi des moyens pour la justice,
10:21parce que quand la police fait son travail et que derrière,
10:23on n'arrive pas à donner de suiste judiciaire,
10:26c'est aussi problématique.
10:27Donc en fait, il faut vraiment des moyens pour les services publics,
10:30malheureusement en général, dans l'éducation aussi,
10:33dans l'enfance, tout ça, on doit agir à tous les niveaux.
10:37Après, il y a des petites solutions,
10:40notamment sur les violences à Lyon, par exemple,
10:43dans les bus le soir,
10:46il y a déjà plus de personnel sur les bus de nuit,
10:50et puis on peut s'arrêter entre deux stations,
10:52plus proche de chez soi, par exemple.
10:54Il y a le dispositif Angela pour les violences sexistes et sexuelles
10:58faites aux femmes,
10:59où on peut rentrer dans un commerce,
11:01je suis Angela,
11:02et on est protégé.
11:03Donc il y a pas mal de petites choses qui peuvent se mettre en place
11:05à tous les niveaux, au niveau local et aussi au niveau national, évidemment.
11:07– Françoise, des solutions,
11:09mais on voit bien, pas de solution magique pour éradiquer cette violence,
11:13c'est des solutions dans différents, à court, à moyen terme,
11:16au niveau de la prévention, mais aussi de la répression.
11:19En fait, c'est plein de petites choses à mettre en place,
11:22il n'y a pas vraiment de solution miracle ?
11:24Vous avez le sentiment ?
11:24– Non, il n'y a pas de solution miracle,
11:26mais il y a des choses à mettre en place,
11:29quand même, drastiques.
11:32Mais à chaque fois qu'on sort une loi par rapport à ça,
11:37vous avez ou le Sénat,
11:40ou le, oui, le Sénat et compagnie,
11:43qui retoquent la loi en disant
11:45« Ah non, non, non, il y a les droits de l'homme,
11:48on ne peut pas faire ci, on ne peut pas faire ça ».
11:49Vous ne pensez pas qu'à un moment donné,
11:51il faudrait vraiment pondre une loi ou des lois
11:56qui soient vraiment dissuasives ?
11:58– Vous pensez que l'arsenal législatif n'est pas assez dissuasif ?
12:02– Oui, mais le rôle des parents, je suis d'accord avec vous,
12:05mais si les parents sont déjà…
12:07– Non, mais je veux dire, ce n'est pas que l'État
12:08et la puissance publique.
12:10La réponse, elle est aussi dans le fonctionnement de chacun.
12:13– Des lois dissuasives, c'est ça qui manque d'après vous ?
12:15Elles ne sont pas assez dissuasives ?
12:17– Ah non, il n'y a pas de loi dissuasive.
12:20Quand je vois un gamin de 13 ans
12:24qui fait la chouffe devant son immeuble
12:27à qui on donne 300 euros tous les jours,
12:31à quoi ça sert d'aller lui dire
12:32« Oh mon petit shérif, il vaut mieux aller à l'école,
12:34c'est quand même plus intéressant ».
12:37Il va éclater de rire le gamin,
12:39il se fait 300 euros devant son immeuble.
12:42– C'est des la chouffe, c'est donc des enfants
12:44qui guettent un petit peu quand il y a du trafic de drogue.
12:47Boris Tavernier, ce sentiment qu'à François,
12:49un peu, que la puissance publique est finalement impuissante.
12:53– Je pense que ça peut être dissuasif.
12:58Après, c'est l'application derrière.
12:59La semaine dernière, j'étais avec une brigade de gendarmerie dans le Rhône.
13:02Ils ont arrêté un voleur de voiture en flagrant délit.
13:06Donc ils ont récupéré la voiture,
13:08ils ont arrêté la personne.
13:10Et derrière, il ne s'est rien passé
13:12parce qu'il n'y avait plus de place en comparution immédiate.
13:15Donc peut-être que si cette personne avait vraiment été arrêtée
13:18et jugée et condamnée,
13:20peut-être qu'elle n'aurait pas recommencé, je ne sais pas.
13:21Mais il y a vraiment un manque de moyens.
13:24Il nous faut des avocats, il nous faut des greffiers,
13:25il nous faut des juges.
13:26Il faut des forces de police en plus
13:27et aussi du matériel de police.
13:29Aujourd'hui, cette même brigade me disait,
13:31au niveau humain, on n'est plutôt pas trop mal,
13:33même s'il manque un peu d'effectifs.
13:34Mais on a six voitures, il y en a deux qui ne roulent plus.
13:36Enfin, voilà, c'est encore une fois,
13:38on a besoin de moyens qu'on n'a pas aujourd'hui dans notre pays.
13:41– Frédéric Valtou, pour finir ?
13:42– Oui, c'est aussi s'adapter,
13:45adapter les réponses que l'on bâtit face à ces phénomènes.
13:49On a, dans quelques semaines, un projet de loi
13:52sur les pouvoirs des polices municipales.
13:55Aujourd'hui, un policier municipal ne peut pas contrôler une identité.
13:57Aujourd'hui, un policier municipal peut constater un fait,
14:00il peut être en direct, il peut voir,
14:02il peut même attraper quelqu'un qui est en train de shipper des trucs
14:05dans une boutique, prenons cet exemple, dans un commerce.
14:08Il ne peut même pas contrôler son identité.
14:10Donc, ça part déjà de là.
14:12Donc, vous voyez, on va, à travers ce texte qui arrive,
14:15pouvoir donner de nouvelles compétences aux policiers municipaux,
14:18parce que les polices municipales, elles existent maintenant
14:20dans la quasi-totalité des villes,
14:21et elles permettent, en complément des forces de police nationale,
14:24gendarmerie ou police nationale,
14:26de pouvoir, effectivement, être,
14:27de jouer ce rôle plus fortement de proximité.
14:31Eh bien, je pense qu'on sera nombreux,
14:33enfin, je l'espère, à pouvoir, effectivement,
14:35aller dans ce sens-là, donner des pouvoirs,
14:38notamment de police judiciaire, comme on dit,
14:41aux polices municipales pour être plus efficaces sur le terrain.
14:43Oui, enfin, ce n'est pas l'idée de tout le monde.
14:46Quand vous voyez à Saint-Denis qu'on veut désarmer les policiers,
14:50alors, on leur met des pistolets à eau,
14:53qu'est-ce qu'ils font devant une Kalachnikov ?
14:55Certains maires vont expérimenter des désarmements,
14:58d'autres vont continuer à maintenir l'armement
15:00pour les polices municipales.
15:01On va passer à un autre thème, Patrick Chopinet.
15:06À votre gauche, vous avez 55 ans,
15:08vous êtes journaliste technique,
15:09vous venez de Sainte-Geneviève-des-Bois.
15:10On passe à un autre thème, celui de la réindustrialisation.
15:14On en parle beaucoup.
15:15Beaucoup.
15:16Alors, Patrick, dites-nous ce que vous en pensez.
15:18On va réindustrialiser la France.
15:20Et moi, qui couvre les événements, les salons professionnels,
15:23j'ai plusieurs échos.
15:25L'avantage, c'est que j'ai déjà le pied dans l'industrie,
15:27donc je peux me permettre d'en parler en connaissance de cause.
15:29Tous les chefs d'entreprise, tous les industriels me disent,
15:32les industriels me disent,
15:33on n'arrive pas à trouver de compétences,
15:36de personnes compétentes.
15:38Vous allez au salon Vivatech,
15:40haute technologie,
15:41ils n'ont pas vraiment ce problème-là.
15:43Donc, c'était faire la comparaison
15:45avec l'attractivité côté industrie,
15:47usine,
15:48qui a cette image quand même assez négative,
15:50et côté high-tech.
15:52Et surtout au niveau de la formation.
15:54Alors, vous poursuivrez votre question,
15:56mais déjà sur cette question,
15:56c'est vrai qu'on dit beaucoup,
15:58par exemple,
15:58on citait beaucoup cet exemple dans les soudeurs,
16:00par exemple,
16:01on manque de soudeurs, etc.
16:02L'industrie, est-ce qu'elle donne envie
16:05pour le recrutement, Boris Tavernier ?
16:07Il faut leur donner envie, effectivement.
16:09C'est des dizaines de milliers d'emplois
16:10qui ne sont pas pourvus aujourd'hui dans l'industrie.
16:12Je confirme.
16:13Dans l'industrie.
16:14Je confirme.
16:14Chiffre 2024.
16:15150 000, je crois.
16:17Je vais parler pour la maintenance industrielle.
16:19Chiffre 2024.
16:20Plus de 70 000 postes non pourvus en France.
16:23Donc, il y a du travail, c'est énorme.
16:24Mais comment on valorise aussi dans nos écoles ?
16:26Mais regardez, il y a des métiers,
16:28il y a des salaires qui sont convenables,
16:32des bonnes conditions de travail.
16:33C'est comment on valorise ça aujourd'hui ?
16:34C'est ça, Frédéric Valtoux.
16:35Est-ce qu'il y a une mauvaise image dans l'industrie ?
16:37On se dit, ça va être dur, c'est physique.
16:41On a quand même, aujourd'hui,
16:42fait, je trouve, des progrès
16:44quand on voit l'explosion de l'apprentissage
16:46et la manière dont, effectivement,
16:48a été, depuis 5-6 ans, libéré,
16:51accompagné, facilité l'apprentissage,
16:52avec ce qui a été un vrai succès.
16:54Et les filières, aujourd'hui, de formation,
16:57je pense, par exemple, aux filières consulaires,
16:58des chambres de métiers,
16:59qui accompagnent souvent vers des métiers très précis,
17:02des métiers de la main, comme on dit,
17:04eh bien, c'est aussi pour nourrir ce type d'emploi.
17:08Mais c'est vrai qu'après,
17:09les métiers ne sont pas tous attractifs.
17:10On manque de gens dans les métiers du soin aussi,
17:12parce que les métiers du soin
17:13sont réputés durs physiquement,
17:15moralement, psychologiquement.
17:16Et donc, pour des raisons,
17:17on peut mettre en place des accompagnements,
17:20des facilités.
17:22Il faut aussi donner envie aux jeunes de s'investir.
17:25Et c'est vrai qu'aujourd'hui,
17:27ils regardent peut-être avec les yeux plus pleins d'étoiles
17:29les métiers de la tech,
17:31les métiers numériques,
17:32les métiers dits de demain,
17:33plutôt que des filières industrielles
17:35qui leur paraissent peut-être...
17:37Des filières du passé,
17:38alors qu'on veut rebâtir une industrie en France.
17:40Patrick, quel est l'autre souci ?
17:42Qui ont l'air de filières du passé.
17:44Je n'ai pas dit qu'elles l'étaient.
17:44Oui, mais j'ai l'impression qu'on revit un peu
17:47ce qu'ont vécu le milieu rural dans les années 50,
17:50où on quittait, effectivement,
17:51le milieu paysan pour aller en ville et dans les usines.
17:54Parce que c'était plus confort,
17:56parce qu'on gagnait mieux sa vie.
17:57J'ai l'impression qu'en France,
17:58on est en train de revivre,
17:59mais pas qu'en France, en Belgique aussi,
18:00mais on est en train de revivre cette période
18:02où, en gros, on quitte l'industrie
18:04pour aller dans le milieu de la tech
18:05parce que c'est plus confortable,
18:07parce que ça paye mieux, je vous confirme.
18:09Et là, on ne peut pas agir quelque part,
18:10on ne peut pas les attirer,
18:11on ne peut pas les attirer,
18:12ne serait-ce que monétairement parlant,
18:14financièrement parlant.
18:15J'ai presque une question à vous poser, pardon,
18:16mais est-ce que l'IA ne va pas redistribuer
18:18complètement les cartes
18:19et, finalement, on va tellement bouleverser
18:22les tâches qui sont liées aux différents métiers
18:26que ça va...
18:27Oui, c'est-à-dire qu'il n'y a pas l'industrie d'un côté
18:29et le numérique de l'autre.
18:30Maintenant, l'industrie de demain,
18:31elle est intéressantement liée aussi à ça, j'imagine.
18:35Les deux.
18:35Il y a aussi une crainte.
18:37Moi, je suis fils d'ouvrier
18:39et quand on voit aujourd'hui le nombre,
18:41parce qu'on parle de réindustrialisation,
18:43il faudrait déjà stopper la désindustrialisation.
18:45Quand on voit le nombre d'usines qui ferment,
18:47de plans sociaux, de territoires qui disparaissent,
18:50moi, j'ai vraiment vécu ça dans mon pas-de-calet natal,
18:52ça ne donne pas envie non plus de me dire
18:53je vais travailler dans l'industrie
18:56parce qu'on a peur du lendemain.
18:58Alors, quoi d'autre, Patrick,
18:59pour réussir cette réindustrialisation ?
19:01Déjà, quelque part, comme ça, je ne sais pas trop,
19:05mais donner envie.
19:07Et moi qui vais dans les lycées professionnels,
19:10quand je regarde le niveau,
19:11le niveau scolaire, le niveau technique,
19:13je ne vais pas vous faire ici l'anecdote,
19:14que je peux vivre dans la vraie vie,
19:16mais c'est catastrophique.
19:18Il faut presque avoir des ingénieurs
19:19qui savent utiliser un multimètre
19:21dans une armure électrique.
19:24Quand vous leur parlez de Claude François,
19:26ils vous regardent des yeux ronds,
19:28qu'est-ce qu'a apporté Claude François
19:29au niveau des sécurités électriques ?
19:31Ils ne savent rien,
19:32ils sont complètement nuls
19:35en termes de niveau technique.
19:36Donc, pour arriver à travailler dans l'industrie
19:38avec de telles personnes,
19:39c'est dramatique.
19:40Est-ce que les formations sont bien adaptées ?
19:43On se dit parfois que dans l'industrie,
19:44on se forme finalement plus dans l'usine
19:47avec le contre-maître ou le chef
19:49qui vient t'aider.
19:50Plutôt, est-ce que ça,
19:51au niveau de la formation,
19:52elle suit Frédéric Valtoux ?
19:54Sur les formations comme ça,
19:55je ne sais pas.
19:56L'exemple de Claude François,
19:57c'est un contre-exemple,
19:57il ne faut pas mettre les doigts dans la prise.
19:58Bon, mais peut-être que...
20:00Voilà, je ne sais pas si les plus jeunes
20:01de nos téléspectateurs ont la référence,
20:03mais voilà, avec l'électrocution,
20:05il y a eu certainement des avancées
20:07après que le transport...
20:07Ça, c'est la formation des premiers jours,
20:08on ne peut pas mettre les doigts dans la prise.
20:09Oui, c'est ça.
20:09Mais bon, au-delà de ça, sérieusement,
20:11j'imagine, moi,
20:13la formation, elle est aujourd'hui aussi portée
20:16par des filières professionnelles.
20:18J'imagine qu'eux sont capables de dicter
20:20ou plutôt d'apprécier ce dont ils ont besoin,
20:24la manière dont les métiers évoluent.
20:26Et je parlais des filières,
20:27par exemple, des chambres de métier et de l'artisanat,
20:28elles sont faites avec des filières professionnelles.
20:30Donc, les contenus sont définis
20:31avec les chefs d'entreprise, les artisans,
20:34les patrons de sites industriels eux-mêmes.
20:38Donc, j'espère qu'elle est adaptée.
20:41Maintenant, c'est vrai que la technologie va tellement vite
20:43et que la révolution numérique qu'on en a connue
20:46avec la révolution de l'IA qui arrive
20:48vont amener à des changements tellement rapides
20:50que la formation qu'on aura eue
20:52entre 17 et 19 ans,
20:55elle sera périmée quatre ans après.
20:57Une phrase pour finir, Patrick,
20:59parce qu'on va passer à l'autre thème.
21:01Une phrase.
21:02Bon courage.
21:03Ah ben voilà.
21:04À vous aussi, nous tous.
21:06Dans des CFA, dans la vallée de la chimie,
21:08à côté de Lyon,
21:10des écoles qui travaillent directement
21:11avec les entreprises
21:12et qui ont le même matériel à l'école,
21:13donc qui forment les futurs salariés
21:15de l'entreprise sur le même matériel.
21:17Avec des acteurs connectés.
21:18Et qu'il y a vraiment des échanges
21:19entre l'école et l'entreprise.
21:20Je pense que ça peut être un début.
21:21Allez, passons à un autre thème
21:23avec Sanjay Dumières.
21:25Vous avez 42 ans,
21:26vous êtes chef d'entreprise,
21:27vous êtes représentant du médiateur
21:29à la ville de Paris.
21:31Justement, parlez-nous de cette médiation.
21:34Pourquoi c'est important d'après vous ?
21:35Pourquoi ça peut résoudre
21:36un certain nombre de conflits, Sanjay ?
21:38Alors, bonjour à messieurs les députés.
21:43La médiation a pour but
21:44de créer un dialogue
21:46entre une collectivité,
21:48ses administrés,
21:49quand les choses ne vont pas forcément bien.
21:51Et l'idée, c'est de renouer
21:54un contact fort et durable
21:56entre une ville et son habitant
22:00sur plusieurs sujets.
22:02Ça peut être un problème
22:03aussi basique que du stationnement
22:06ou un problème
22:07quand on est locataire
22:09d'un logement social.
22:11Donc, la médiation joue un rôle énorme.
22:14Et ma question pour vous aujourd'hui,
22:17c'est est-ce que la médiation
22:19peut éventuellement devenir
22:21un nouveau levier
22:23de démocratie participative
22:25dans nos collectivités,
22:26dans les collectivités
22:28que vous, en tant que députés,
22:31vous représentez ?
22:32Et ne serait-il pas peut-être opportun
22:35au vu de la polarisation
22:37de toutes nos institutions
22:39aujourd'hui,
22:40de travailler sur un projet de loi
22:44pour travailler
22:45sur le fond du problème
22:46qui est le manque de respect
22:48des institutions,
22:49des élus
22:50et d'essayer de travailler
22:53sur ce point
22:54par le biais
22:55de la médiation ?
22:57Qu'en pensez-vous ?
22:58Alors, Lyon et Fontaine,
22:59vous pourrez peut-être
23:00nous citer des exemples.
23:01Ces médiateurs,
23:02ils sont importants.
23:03Sans déjà dire,
23:03finalement,
23:04c'est le lien parfois
23:04entre la collectivité
23:06et l'habitant
23:08qui a un problème.
23:09Ça peut aller du petit problème
23:10de stationnement,
23:11un problème plus grave.
23:12Boris Tavernier.
23:13À Lyon,
23:15la municipalité a créé
23:16un médiateur de la ville
23:17en 2024,
23:18justement pour toutes
23:19les problématiques
23:19qui n'ont pas été résolues.
23:21Donc ça,
23:21c'est plutôt, je pense,
23:22un point qui va dans votre sens.
23:24Effectivement,
23:25aujourd'hui,
23:25on a des conseils de quartier,
23:26on a des budgets participatifs,
23:27on a des conseils d'intérêts locaux.
23:29Il y a pas mal de choses
23:29qui existent,
23:30mais on a encore besoin d'outils.
23:32Et vous souleviez aussi
23:33qu'il y a eu une problématique
23:34sur le manque de respect des élus
23:37ou en tout cas de la parole tenue.
23:38On a aussi besoin de transparence.
23:40Je pense que si on manque
23:43de confiance en nos élus,
23:44c'est peut-être qu'on a toujours
23:44l'impression qu'ils nous cachent des choses.
23:46Donc d'être transparent
23:46sur les comptes de la ville,
23:48sur les dépenses qui ont été réalisées,
23:50ça peut aussi rassurer.
23:51Mais en tout cas,
23:52la médiation,
23:52elle est importante.
23:53J'ai beaucoup travaillé
23:54dans les quartiers populaires.
23:55Les médiateurs qui font le lien
23:57entre les habitants
23:58et les bailleurs sociaux,
23:59c'est vital.
24:01Sinon, il y a rien qui se passe.
24:01Vous citiez cet exemple,
24:02Saint-Jean Frédéric Valtout,
24:03la médiation,
24:04ça peut finalement éviter
24:07qu'un conflit
24:07ne dégénère.
24:08Ah oui, bien sûr.
24:09Mais la médiation,
24:11elle est importante,
24:12elle est majeure.
24:12Je reprendrai,
24:14j'adhère complètement
24:15aux propos qui viennent
24:16d'être tenus
24:16par mon collègue.
24:18C'est vrai qu'elle est nécessaire
24:19pour parfois
24:21désamorcer des conflits,
24:23des tensions,
24:24pour expliquer.
24:27Mais on a la chance
24:28d'avoir en France
24:29quasiment,
24:29enfin, c'est pas quasiment,
24:30on a un demi-million
24:31de Français
24:32qui s'investissent
24:33dans des mandats locaux
24:34et qui sont conseillers municipaux.
24:36Ils ne sont pas tous
24:36maires de très grandes villes
24:37ou adjoints
24:38avec de vastes responsabilités.
24:39C'est parfois
24:40dans des villages tout petits.
24:41On a 10,
24:4215 personnes
24:42dans un village
24:43de 150 habitants
24:44qui a un mandat
24:46et les premiers
24:47des médiateurs,
24:47c'est ces 500 000 Français
24:49qui acceptent
24:51finalement
24:51de tenir un rôle
24:53un peu particulier
24:54au compté
24:54de leurs concitoyens
24:55dans leurs communes.
24:56Alors bien sûr,
24:57dans des entités
24:57plus vastes,
24:58urbaines,
24:59il faut rajouter
25:01des médiateurs
25:02peut-être plus professionnels,
25:03spécialisés,
25:04dont c'est le métier.
25:05Mais pour moi,
25:06médiation et démocratie participative,
25:08c'est deux choses.
25:09Peut-être que la démocratie participative,
25:11là, on a des vrais progrès à faire
25:14parce qu'effectivement,
25:15peut-être qu'on n'interroge pas assez
25:17les citoyens sur les projets.
25:18Une fois qu'on a été élu,
25:20la tendance est peut-être
25:21de dérouler son projet
25:23sans se réinterroger,
25:24sans réinterroger les citoyens.
25:25Et puis à l'inverse,
25:26parce que le sujet,
25:27il n'est jamais,
25:28la responsabilité,
25:28elle n'est jamais que d'un côté.
25:30C'est aussi aux citoyens
25:31de s'intéresser
25:32à leur vie démocratique.
25:34Moi, quand j'ai été 17 ans maire,
25:36j'ai essayé de tout faire
25:37pour intéresser les gens
25:38aux conseillers municipaux,
25:40aux projets, etc.
25:41Et on se retrouvait dans des réunions
25:43où il y avait 4 personnes,
25:445 personnes.
25:44Alors, ce n'est pas grave.
25:45On se dit, un jour, ça prendra.
25:47Mais malgré tout,
25:48on voit que l'intérêt,
25:49il est parfois difficile
25:51à essayer de susciter.
25:53Et Sanjay,
25:54au niveau du médiateur,
25:56justement,
25:56c'est des gens
25:57qui n'arrivent pas par eux-mêmes
25:58à joindre.
25:59Parce que j'imagine
26:00quand on veut contester
26:01une amende
26:02ou qu'on n'est pas d'accord,
26:03c'est quoi ?
26:04C'est que maintenant,
26:04il n'y a plus beaucoup d'humains
26:05et passer par un médiateur,
26:06ça permet de poser les choses ?
26:08Alors, justement,
26:09on a beaucoup de municipalités
26:11qui souhaitent dématérialiser
26:14beaucoup de leurs procédures.
26:16On a quand même 14 millions
26:18de Français
26:19qui souffrent d'électrolisme,
26:21c'est-à-dire une peur
26:22de la téléprocédure.
26:24Et aujourd'hui,
26:25ces gens-là,
26:26ne sachant pas comment faire,
26:27ils ne font pas.
26:29Et très souvent,
26:30quand c'est des amendes
26:30qui sont transmises
26:33par la suite
26:34à la Direction générale
26:35des finances publiques
26:36et qui donnent suite
26:37à des saisies
26:38sur tiers détenteurs,
26:39donc des saisies
26:40sur compte bancaire,
26:42quand vous avez
26:42des personnes retraitées,
26:44cela peut être
26:46très problématique.
26:48Et on le voit,
26:49nous,
26:49tous les représentants
26:52du médiateur,
26:54on a tous vu des cas.
26:56moi,
26:56je voulais juste revenir
26:57un instant,
26:58si vous le voulez bien,
26:59sur la question
27:00des conseils de quartier.
27:01Parce que moi,
27:02j'ai siégé au sein
27:03d'un conseil de quartier
27:05à Paris.
27:06Et en fait,
27:07on voit très rapidement
27:08qu'il a ses limites.
27:10Pourquoi il a ses limites ?
27:11parce qu'il est phagocyté,
27:13en fait,
27:14par aujourd'hui
27:16le pouvoir en place.
27:17Et donc,
27:18je pense qu'il est
27:19extrêmement important
27:21que si on travaille
27:22sur un texte de loi,
27:23justement,
27:24pour renforcer
27:25cette notion
27:26de démocratie participative,
27:28qu'il faut travailler
27:29également sur le fait
27:30que cette instance
27:32soit consultative,
27:34parce qu'il ne faut pas
27:34supprimer le rôle
27:35de l'élu,
27:36mais qu'elle soit
27:36aussi indépendante.
27:38Allez,
27:38en 20 secondes chacun
27:39puisqu'on a un dernier thème.
27:41Mais c'est vrai
27:41que Sanjay a raison.
27:42Parfois,
27:42on dit aux gens
27:43venez, venez,
27:43et puis les gens,
27:44ils viennent,
27:44ils parlent,
27:45ils n'ont pas le sentiment
27:45que ça sert derrière,
27:46c'est toujours le même
27:46qu'on écoute, etc.
27:48Ce n'est pas seulement
27:49proposer aux gens
27:50de participer,
27:50Boris Tavernier,
27:51il faut que c'est
27:51quelque chose derrière.
27:52Je vous rejoins sur le numérique.
27:53On a besoin de voir
27:54des humains, en fait.
27:55On est aussi
27:56des animaux sociaux,
27:57donc on ne peut pas rester
27:58seul devant un écran,
28:00ça c'est terriblement important.
28:05En fait,
28:06tout est souvent déjà décidé
28:07en avance,
28:08donc il faut arrêter
28:09de faire semblant aussi
28:10et plutôt de parler
28:10de co-construction.
28:11On va vraiment
28:12faire un projet ensemble.
28:13C'est ce que les gens
28:14redoutent un peu
28:15qu'on les consulte,
28:15Frédéric Valtoux,
28:16et puis qu'à la fin,
28:17on leur dit merci beaucoup
28:17d'avoir donné votre avis.
28:18Je parle de consultation,
28:20de vote,
28:21parce qu'on ne peut pas,
28:22à partir du moment
28:23où on fait voter un projet,
28:24on peut difficilement
28:25aller contre un vote.
28:26Et le vote,
28:26il vient un peu cranter
28:27un choix public.
28:29Et puis,
28:29dans ma commune,
28:30moi j'ai créé
28:31un poste d'écrivain public
28:32et j'ai été frappé
28:34de voir à quel point
28:35il était utile.
28:35Pour aider justement
28:36les gens à rédiger
28:37des courriers administratifs.
28:39Je n'ai rien inventé,
28:39je me suis inspiré
28:39de ce qui était
28:40dans d'autres communes
28:42et malheureusement,
28:43j'allais dire,
28:43ça marche,
28:44c'est-à-dire il est utile.
28:46Allez,
28:46vous parliez de gens
28:47qui ne sont pas très à l'aise
28:48avec la technologie,
28:48je rappelle quand même
28:49le QR code.
28:50Si vous souhaitez participer
28:51à l'émission,
28:52vous pouvez aller aussi
28:52sur notre site
28:53www.lcp.fr
28:55mais c'est vrai
28:56qu'on n'a pas
28:57de standard téléphonique
28:58malheureusement,
28:59mais n'hésitez pas
28:59à candidater
29:00pour participer
29:01à l'émission.
29:02On va finir avec vous
29:03Camille Davouse,
29:03vous avez 32 ans,
29:04vous êtes directrice
29:05des services
29:06de grève judiciaire,
29:07vous êtes présidente
29:08du think tank Metanova,
29:09vous venez de Paris.
29:10Alors,
29:11vaste question
29:12sur le rôle des parlementaires
29:13par rapport à la loi Camille,
29:15on vous écoute.
29:15Bonjour monsieur les députés.
29:17Bonjour.
29:17Alors,
29:18je souhaite toujours
29:20dans la direction
29:21de la démocratie participative
29:23voir avec vous
29:24la crise
29:25de la démocratie représentative
29:27en France
29:28avec aujourd'hui
29:29un sentiment grandissant
29:31de dépossession démocratique.
29:33On oppose souvent
29:34donc démocratie représentative
29:36et démocratie participative
29:38mais moi je pense
29:39qu'on peut articuler les deux.
29:41Alors,
29:41vous,
29:41vous êtes parlementaire,
29:42vous êtes député
29:43et vous êtes élu
29:44au suffrage universel direct
29:45donc vous avez reçu
29:47le mandat
29:47de définir
29:49ce qu'est la loi
29:49et il ne s'agit absolument pas
29:51de se substituer à vous
29:53mais peut-être,
29:54je pense,
29:55il y a quelque chose
29:55à faire
29:55pour faire contribuer
29:57les citoyens
29:57ainsi que les experts,
29:59les professionnels,
30:00les sachants aussi
30:03davantage
30:03à la fabrique
30:04de la loi.
30:05Alors,
30:06moi je le vois
30:06à travers certaines
30:07de mes expériences
30:08notamment en tant que directrice
30:10des services de grève judiciaire.
30:11Concrètement,
30:12la loi s'applique parfois
30:13avec des difficultés
30:14en juridiction,
30:15difficultés que le terrain
30:16pourrait identifier
30:17très vite.
30:19Notamment,
30:20j'ai créé,
30:21donc je suis présidente
30:21de Metanova,
30:22un think tank transpartisan
30:24que j'ai créé
30:25dans cette optique-là
30:26justement
30:26pour plus de représentativité
30:28des citoyens,
30:29aider justement
30:30à créer un espace
30:31où les sachants
30:32et tous horizons
30:33de domaines professionnels,
30:35des experts,
30:36des universitaires,
30:37des juristes,
30:38des ouvriers
30:39peuvent nourrir
30:40le débat public
30:40et apporter aux parlementaires
30:41justement cette expertise
30:42concrète
30:43dont parfois
30:44ils peuvent manquer.
30:45Alors justement,
30:46sur le sentiment
30:47qu'a Camille
30:48que parfois la loi
30:49elle est écrite
30:49et puis en application
30:51c'est plus compliqué
30:52que ça,
30:53Boris Tavernier.
30:54Alors moi,
30:54je vous rejoins vraiment,
30:56je travaillais dans la lutte
30:57contre la précarité alimentaire.
30:58Quand on organisait
30:59des réunions,
31:00il y avait tous les acteurs
31:02sauf les personnes
31:02qui vivaient la précarité alimentaire
31:03qui sont quand même
31:04les experts de cette situation.
31:06Ma campagne électorale
31:07il y a deux ans,
31:07c'est la seule promesse
31:08que j'ai faite,
31:08c'est de faire avec ceux
31:09qui savent.
31:10Et aujourd'hui,
31:10tous les textes
31:11que je vais construire,
31:12que je vais écrire,
31:14je vais les travailler.
31:15Je travaille sur une PPL
31:16sur l'alimentation
31:17à l'hôpital,
31:17j'ai rencontré
31:18des nutritionnistes,
31:18j'ai rencontré des médecins,
31:19j'ai rencontré
31:20la restauration collective,
31:21j'ai rencontré
31:21des directeurs d'hôpitaux,
31:22j'ai rencontré des patients.
31:23Enfin, c'est la base.
31:25Moi, j'essaie vraiment
31:26de travailler comme ça
31:26avec un nombre incalculable
31:27d'associations, d'ONG,
31:29mais je pense qu'il y a
31:29quand même beaucoup
31:30des collègues
31:30qui ont ce fonctionnement.
31:31Et Frédéric Valtou,
31:32en tant que président
31:33de la commission
31:33des affaires sociales,
31:35avant d'examiner
31:36un texte de loi,
31:37bien souvent,
31:37vous rencontrez,
31:38vous auditionnez
31:39les personnes concernées
31:40qui peuvent aussi
31:41vous mettre en garde,
31:42etc.
31:42C'est un travail que vous faites ?
31:43Alors ça,
31:44c'est le travail
31:44du parlementaire,
31:46effectivement,
31:46de travailler en amont
31:47des textes
31:48soit qu'il rédige,
31:49soit qu'il a à discuter
31:51et à travailler
31:52avec des experts.
31:53Néanmoins,
31:53effectivement,
31:54il y a sans doute
31:54ce sentiment
31:55qu'il y a d'autres experts,
31:57toujours plus de personnes
31:58à consulter.
31:59Moi, je serais peut-être
32:00moins négatif que vous,
32:02même si vous avez
32:02totalement raison
32:03et je trouve très justifié
32:04votre question.
32:05Je trouve qu'on a quand même
32:06des sujets.
32:06Regardez le sujet
32:07sur la fin de vie
32:08à donner lieu quand même
32:09à deux ans de conventions citoyennes,
32:11de rapports multiples,
32:12de contributions,
32:13de gens qui ont écrit
32:14des tribunes,
32:15des livres,
32:16des collectifs
32:17qui se sont mobilisés,
32:18des réseaux de patients.
32:19Il y a eu cette démarche
32:20de conventions citoyennes
32:21qui s'est réunie
32:21pendant un an et demi.
32:22Donc, on peut toujours
32:23faire plus,
32:24on peut toujours allonger
32:25le processus de fabrication,
32:27de maturation de la loi
32:28et sur ce sujet-là,
32:30ça le nécessitait.
32:31Mais il y a d'autres exemples.
32:32Et la convention citoyenne
32:33sur la transition écologique,
32:35peut-être qu'elle n'a pas été
32:36assez écoutée
32:36dans ses conclusions,
32:37mais elle a existé
32:38et elle a dit des choses
32:40qui ont été rendues publiques
32:41avec des travaux
32:41qui étaient tout à fait publics.
32:43Donc, aujourd'hui,
32:44la décision publique,
32:45elle s'invite,
32:47enfin, comment dire,
32:47les citoyens s'invitent
32:49de plus en plus
32:49dans les process.
32:50Vous parliez de,
32:52tu parlais de l'hôpital.
32:53À l'hôpital,
32:54aujourd'hui,
32:54on a des patients
32:55qui siègent
32:55dans les conseils
32:56de surveillance,
32:57ce qui n'était pas le cas
32:57il y a encore quelques années.
32:59Moi, je connais
32:59des fonds de recherche
33:01qui sont présidés,
33:02non pas par des fonds
33:03de recherche médicaux,
33:05qui sont présidés,
33:05non pas par des professeurs
33:06de médecine,
33:07mais par des patients
33:09qui apportent leur avis.
33:10Ce qui n'est pas toujours
33:11évident non plus,
33:12c'est que les experts
33:13entre eux
33:13ne sont pas forcément
33:14toujours d'accord
33:14et j'imagine que les Français,
33:15quand vous les consultez,
33:16ils ne sont pas toujours d'accord.
33:17Est-ce que le député,
33:18son rôle,
33:18ce n'est pas de trancher aussi,
33:21de choisir un camp ou l'autre ?
33:22Est-ce qu'on pourrait vraiment
33:23avoir un collège d'experts
33:25ou de personnes concernées
33:26qui iraient tous
33:27dans le même sens ?
33:28Oui, c'est tout à fait
33:29le but d'un think tank,
33:30en fait.
33:30Ça veut dire réservoir à idées.
33:32C'est justement,
33:33ce qui est intéressant,
33:33c'est de confronter
33:34les différentes idées
33:35et après de vous,
33:36c'est à vous,
33:37c'est votre appréciation souveraine,
33:38vous trancherez.
33:39Nous, par exemple,
33:40actuellement avec Metanova,
33:41on est sur des travaux
33:42de bioéthique.
33:43On va passer au Sénat
33:44pour un colloque
33:45sur la GPA
33:46parce que, par exemple,
33:47il y a un flou artistique,
33:49un flou juridique
33:49sur la loi
33:50et parce qu'elle n'avait pas
33:51été forcément créée
33:52par des sachants
33:54et qu'il y avait
33:55des problèmes d'exéquature,
33:56des problèmes d'application
33:56de la loi
33:57dans le temps,
33:58dans l'espace.
33:58Donc nous,
33:58on s'est proposé
33:59de revenir
34:00avec un groupe de travail
34:01en allant consulter
34:02des experts.
34:03Donc là,
34:03quand vous parlez
34:04de la fin de vie,
34:05c'est un monstre sacré
34:06de notre pays
34:08parce que la fin de vie,
34:09c'est quand même
34:10un gros débat de société.
34:12Mais moi, par exemple,
34:12je parle peut-être
34:14de thématiques
34:14qui sont moins connues,
34:16moins visibles
34:17et sur lesquelles,
34:18finalement,
34:18on ne va peut-être
34:19pas forcément avoir
34:22eu une réflexion
34:23assez poussée.
34:25Voilà.
34:25Et je voulais juste,
34:26au titre peut-être
34:27de solutions
34:28auxquelles j'aurais pensé
34:29pour améliorer ça.
34:30Si on prend,
34:31par exemple,
34:31on parle beaucoup aussi
34:32d'ajouter une dose
34:33de proportionnel
34:35au niveau des législatifs,
34:36ça peut être très bien.
34:37Moi, je pense qu'il faut
34:38quand même aussi
34:39peut-être parler
34:39un peu plus concret.
34:41Par exemple,
34:41si on prend au Royaume-Uni
34:42qui est une monarchie parlementaire,
34:43une des plus anciennes d'Europe,
34:46eux, par exemple,
34:47ils font des pétitions.
34:4810 000 pétitions,
34:49c'est une réponse
34:50du gouvernement.
34:51100 000 signatures
34:52sur la pétition,
34:53c'est un groupe
34:54de travail ouvert.
34:55Allez, on va finir
34:56sur ce mot,
34:57sur les pétitions.
34:58On en a beaucoup parlé
34:58à l'Assemblée
34:59parce qu'il y a des pétitions
34:59et puis on n'y voit pas forcément
35:00le bout.
35:01Est-ce que si on fait une pétition,
35:02il faudrait pouvoir
35:03après obliger un débat,
35:04un vote,
35:05Frédéric Valtou,
35:05Boris Tavernier,
35:06très rapidement ?
35:07Sur la loi Duplomb,
35:08il y a eu un débat
35:09qui a eu lieu.
35:10Alors, il ne remet pas
35:11en cause la loi,
35:11mais en tous les cas,
35:12il permet d'avoir un débat
35:13aussi transparent
35:14et dans l'hémicycle,
35:15à nouveau,
35:16où chacun peut donner
35:17son avis.
35:18Je pense qu'on tâtonne
35:20et qu'il y a des progrès
35:22à faire,
35:22c'est indiscutable
35:23pour mieux associer
35:24la population
35:24parce que le faire,
35:26c'est rendre plus fort
35:27nos institutions,
35:28c'est-à-dire,
35:28aux yeux des gens,
35:29les rendre plus légitimes
35:30et on a besoin.
35:31Merci beaucoup,
35:32Boris Tavernier,
35:33Frédéric Valtou,
35:34merci infiniment,
35:35merci à tous les quatre,
35:37Camille Sanja.
35:38Je sais,
35:38Boris Tavernier,
35:39vous l'a parlé,
35:39mais on a plus le temps.
35:40Je suis navrée,
35:41vous poursuivrez le débat.
35:42Françoise Patrick,
35:43merci beaucoup.
35:44Généralement,
35:44les députés restent
35:45pour échanger encore
35:45un petit peu
35:46avec les citoyens.
35:47Merci beaucoup à vous
35:48de nous avoir suivis.
35:49N'hésitez pas à consulter
35:50le QR code
35:50ou le site internet
35:51pour venir participer
35:52à la séance citoyenne.
35:53Très bel après-midi
35:53à tous sur LCP.
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