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00:01Ici Bourgogne, le réveil 100% local, ici matin.
00:07Moins d'étudiants étrangers à l'université de Dijon, c'est la crainte face à une mesure proposée par le
00:12gouvernement
00:13qui rendrait les frais d'inscription inaccessibles pour beaucoup d'entre eux.
00:16La semaine dernière, le président de l'université Dijon-Bourgogne Europe s'est opposé à cette mesure.
00:20Il est votre invité ce matin à l'heure la balette pour évoquer les difficultés financières des universités en France.
00:26Bonjour Vincent Thomas.
00:27Bonjour.
00:27Le 20 avril dernier, le ministre de l'enseignement supérieur a présenté ce fameux plan d'action.
00:32Il obligerait les universités à augmenter de manière assez impressionnante, exorbitante les frais d'inscription pour les étudiants étrangers.
00:39Déjà, ils sont combien les étudiants étrangers à l'université de Dijon ?
00:42L'université Bourgogne Europe, depuis le 1er janvier 2025, on s'est un peu modifié, un peu transformé.
00:49On a à peu près 10% de notre effectif étudiant, un tout petit peu moins.
00:52On est entre 9,6 et 10% d'étudiants étrangers internationaux.
01:01Donc ça représente un peu plus de 3 000 étudiants.
01:03Europe et hors Europe ?
01:05Alors, hors Europe, parce que les Européens sont considérés comme des étudiants nationaux.
01:09Alors aujourd'hui, ils payent combien leur année, ces étudiants ?
01:11Et demain, avec ce plan du ministère, ça pourrait grimper, si on peut dire, exploser à combien ?
01:16Depuis 2019, les droits, ce qu'on appelle les droits différenciés, c'est-à-dire pour les étudiants internationaux,
01:21ils ont déjà augmenté.
01:22Mais les universités ont jusqu'à présent la possibilité de les exonérer dans la limite de 10% de leurs
01:28effectifs.
01:29Donc, nous avons fait jouer cette exonération jusqu'à présent.
01:32Et le conseil d'administration a toujours voté.
01:34Et a toujours suivi, oui.
01:35Toujours suivi, bien sûr.
01:37Et aujourd'hui, l'évolution, c'est qu'on ne pourra plus voter cette exonération,
01:45sauf pour les étudiants qui reçoivent une bourse de l'État français.
01:47Mais quand on vient de l'étranger, recevoir une bourse de l'État français, c'est infinitésimale.
01:52Et pour vous, c'est important, c'est même essentiel qu'à Dijon,
01:55tous les étudiants, étrangers ou pas, paient des frais d'inscription identiques par égalité sociale, justice sociale ?
02:02Alors, il y a un élément de justice et d'égalité, tout simplement.
02:07Et puis, il y a un élément d'attractivité.
02:09Il faut savoir que nous accueillons beaucoup d'étudiants internationaux au niveau master
02:13et que le niveau master prépare la formation doctorale.
02:15Et derrière la formation doctorale, c'est des gens qui font des doctorats dans nos laboratoires
02:21et qui alimentent avec leur cerveau, avec leur connaissance, avec leur propre parcours,
02:25notre activité de recherche.
02:26Donc, en fait, vous ne pouvez pas vous priver d'eux, si je puis dire ?
02:29Amazion se prive d'eux, c'est une bonne partie de nos laboratoires
02:33qui vont être privés, tout simplement, de cerveau.
02:35Voilà. Et puis, il y a un autre élément, c'est que ça nous permet de rayonner.
02:38C'est une forme de soft power, parce que les gens conformes, après, on garde des relations avec eux,
02:43même quand ils rentrent dans leur pays.
02:44Et pour nous, c'est un moyen de faire rayonner la France.
02:47Donc, meilleure recherche, meilleur rayonnement de la France, donc meilleure attractivité, bien sûr,
02:52parce que le rayonnement et l'attractivité sont les deux faces de la même médaille.
02:55Voilà. Et le coût induit par ces étudiants est finalement assez marginal.
03:02Et surtout, je ne pense pas que leur faire payer plus va nous permettre d'engranger davantage de ressources,
03:09parce que nous allons détourner de nos universités bon nombre des étudiants
03:13qui préfèreront peut-être aller en Russie, en Chine, ailleurs.
03:17– Justement, Vincent, Thomas, comme beaucoup d'universités en France, en celles de Dijon,
03:22est inquiète sur le plan budgétaire. Est-ce que vous allez devoir faire des choix ?
03:25– Oui. – Sur quoi ?
03:27– Ça vient, ça vient. Écoutez, l'État ne nous a pas compensé à peu près 23 millions d'euros
03:33depuis 2019.
03:34Donc, le trou se creuse petit à petit parce qu'il ne compense pas l'augmentation des salaires,
03:40parfois en raison des grilles indiciaires.
03:42Vous vieillissez, vous prenez de l'indice dans la fonction publique, vous êtes mieux payé.
03:45– Ça, ce n'est pas compensé depuis 2019, ça représente 16 millions d'euros pour nous.
03:49Et puis, il y a 7 millions d'euros qui s'ajoutent et qui correspondent aux mesures guérinies de ces
03:53dernières années.
03:54Donc, c'est la prise en charge de la mutuelle des salariés, enfin des personnels.
03:59C'est l'augmentation des retraites, c'est l'augmentation du point d'indice, de rémunération, etc.
04:03Ça, ça représente 7 millions. Donc, au total, c'est 23 millions d'euros qui nous manquent.
04:07– Vous diriez que le modèle des universités françaises, de celles de Dijon-Bourgogne-Europe, est en danger aujourd'hui
04:11?
04:12– Alors, on n'est pas exceptionnel ici à l'Université Bourgogne-Europe, c'est le cas absolument partout.
04:18C'est-à-dire qu'on est plongé par des mesures prises au plan national,
04:22qui ne sont pas accompagnées des moyens supplémentaires,
04:26dans une situation de tension budgétaire, qui va nous obliger à faire des choix pour reprendre votre question.
04:30– Et on sait que beaucoup d'étudiants sont dans des situations financières compliquées,
04:34on l'entend ce matin sur l'ici Bourgogne, du coup, pour les aider,
04:36est-ce que vous allez maintenir coûte que coûte, essayez de maintenir coûte que coûte,
04:39les politiques sociales de l'université de Dijon-Bourgogne-Europe ?
04:42– On est très offensifs, et même, je crois, très à la pointe.
04:45On a une commission solidarité étudiante qui est la seule en France qui existe sous ce format.
04:49On accompagne avec le CRUSS beaucoup de situations.
04:52– À partir d'aujourd'hui, les repas à 1 euro sont mis en place.
04:55– Oui, alors ça aussi, même chose, le repas à 1 euro, moi, j'en avais besoin quand j'étais
04:59étudiant,
04:59parce que mes parents n'avaient pas d'argent, mais tous les étudiants n'ont pas besoin.
05:02Par exemple, mes enfants, aujourd'hui, ils payent 1 euro, ça me fait économiser 2,35 euros par jour,
05:06alors que j'ai les moyens de les payer.
05:07Je crois qu'il ne faut pas mélanger l'égalitarisme un peu démagogique
05:12avec la nécessité d'accompagner les personnes qui en ont besoin.
05:16Et ça, il faut le faire, ce n'est pas douteux dans mon propos,
05:20mais là où il n'y a pas de besoin, pourquoi est-ce qu'il y a une prise en
05:22charge par l'État du repas
05:24d'étudiants dont les parents ont largement de quoi payer ?
05:28Enfin, c'est ridicule.
05:30– Merci beaucoup, Vincent Thomas, d'être venu ce matin dans nos studios.
05:34On rappelle que vous êtes le président de l'université Dijon-Bourgogne-Europe.
05:37– Sous-titrage Société Radio-Canada –
05:37– Sous-titrage Société Radio-Canada
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